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 Veille du Mariage | Erialeth

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Veille du Mariage | Erialeth   Mer 15 Juil 2009 - 17:07

Veille du mariage
Scylla, seizième semaine de l'automne

Pour la première fois de sa vie, Katalina avait boudé la selle de son fidèle Quiétude. Elle aurait aimé se dire que c’était pour ménager la jeune Erialeth, encore sous le choc de la mort de son oncle. Elle aurait aimé, mais cela aurait été mentir, du moins en partie. Car s’il était vrai que l’adolescente n’était pas prête pour une telle chevauchée, affirmer le contraire pour la jeune noble aurait été présomptueux. Le souvenir du corps de Reldas la planquant contre l’encolure de sa monture était encore trop vivace pour ne pas être ignoré. Et c’est ainsi qu’elle s’était retrouvée enfermée dans un carrosse, privée de la possibilité de profiter pleinement du trajet. Le seul point positif était qu’elle avait pu parler - un peu, elle n’était pas très loquace - avec sa nouvelle protégée. Au final, le voyage s’était déroulé de façon paisible, sans incident notoire, mais dépourvu de la touche excitante qui caractérisait ses précédentes expéditions.

Ils étaient arrivés avec une journée d’avance, au grand étonnement de Katalina. Mais, loin de lui déplaire, la nouvelle lui enlevait un poids. Elle n’avait pas pu s’empêcher, pendant le trajet, de jeter des regards au travers des fenêtres du véhicule. Tout en sachant que c’était à la fois ridicule et insensé, elle s’attendait à voir débouler une troupe de mercenaires sans foi ni loi et une brume opaque s’échapper des entrailles de la terre. C’était arrivé de cette façon, la première fois. Le prélude a bien des scènes d’horreurs, de souffrances… De pleurs aussi, même si elle regrettait chaque larme qu’elle avait pu verser devant son bourreau.

Elle n’avait pas mis longtemps avant de décider l’endroit où elle et son escorte passerait la nuit. Elle ne connaissait pas vraiment Scylla, aussi avait-elle demandé à quelques badauds. Son choix s’était arrêté sur la plus prestigieuse auberge de la ville, et elle ne l’avait pas regretté. Elle avait réservé toute un étage, forçant quelques bourgeois à changer de chambre voir d’auberge… C’était les privilèges de la richesse, et surtout de la noblesse. Quand une noble riche et qui en prime avait, disait-on, l’oreille du Roi entrait dans votre établissement, il était difficile de refuser ses demandes. Katalina le savait et ne s’était jamais privée. Une fois les pièces échangées, elle avait lancé un regard complice à Erialeth.

« Rien ne leur ferait plus plaisir que de me rendre la pareille, sauf qu’ils ne peuvent pas. » Son sourire s’élargit légèrement. « Et même s’il le pouvait, je ne suis pas sûre qu’ils oseraient. »

Elle avait ensuite conduit l’Elfe dans leur chambre, qui était une sorte de copie miniature de l’appartement que lui avait donné Merwyn quand elle s’était installée dans le Château Ducal, à ceci près qu’il y avait un lit pour une servante. Katalina aurait bien aimé offrir mieux à sa protégée, mais c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé de pouvoir garder Erialeth près d’elle. Une fois qu’elles furent installées, elle se s’assit sur son lit - très confortable, au passage - et, après un rapide coup d’œil par la fenêtre, observa l’adolescente.

« Tu dois être épuisée… » Elle retint le bâillement qui lui venait et esquissa un léger sourire. « Et je ne suis pas non plus pleine d’énergie. Voyager en carrosse est presque plus fatiguant que de monter, aussi surprenant cela soit-il. »

Elle poussa un soupire, puis en revint à la fenêtre. Une heure à peine, et il ferait nuit. Plus à elle-même qu’à Erialeth, elle murmura quelques mots.

« Demain sera une longue journée… »


Dernière édition par Katalina le Mar 29 Déc 2009 - 21:16, édité 1 fois
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Erialeth
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Jeu 16 Juil 2009 - 4:11

Au début, il n’y avait rien.

Les premières jours, la jeune adolescente étaient resté inconsciente et on avait craint pour sa vie. Que les elfes puissent mourir de chagrin soit vrai ou non, le temps où elle resta alité se fit avec une profonde incertitude. Autant à cause du mythe que de l’état physique de l’elfe qui s’était détérioré. Quoiqu’il en soit, un peu plus d’une semaine pour tard, on avait retrouvé Eri assisse sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. Un profond soupir de soulagement s’était alors fait sentir des domestiques et gardes au courant de sa situation précaire.
Toutefois, il ne fallait pas croire que son réveil avait tout arrangé. Au contraire, c’était dans un sens encore plus inquiétant. Si l’elfe était bel et bien éveillé, sa conscience était encore « absente ». Son regard fixait un point au loin, mais ne réagissait pas aux stimuli. Elle restait la plupart du temps silencieuse, mais lorsqu’elle se retrouvait seule, elle tenait de longue conversation avec sa « famille » sur tout et rien. Les sujets revenant presque toujours sur les souvenirs d’autrefois fois.
C’était, dans un sens, extrêmement triste, car pour qui pouvait surprendre ces rares moments, on pouvait y percevoir une nostalgie profonde et un bonheur passé, éteint.
Le seul point positif fut que la jeune fille se mit à manger et boire la nourriture et l’eau qu’on lui apportait. Elle suivait les directives simples, malgré son manque de loquacité et d’énergie.
Son regard restait éteint, son corps, malgré les repas riches en énergie, faible, sa volonté, absente. Elle mangeait quand on lui disait de manger, buvait quand on lui disait de boire, dormait quand on lui disait de dormir, portait les vêtements qu‘on lui disait de porter. Sinon, rien. Rien du tout.

Puis, petit à petit, de sa profonde léthargie, Erialeth recommença lentement à vivre, à ramasser les morceaux de son être brisé. Oh, il ne s’agissait en rien d’une quelconque manière de se reconstruire, ni de se retrouver. Encore moins de chercher à oublier la douleur et la peine. C’était... Un geste mécanique, presque automatique de sa part. Si, lorsqu’elle commença à bouger, on put croire à un signe de rétablissement, on se rendit rapidement compte ce n’était pas le cas. C’était... Une amélioration, mais guère plus. Au moins, elle recommença à communiquer, quoique brièvement et par de courtes phrases, avec le monde extérieur.

Katalina avait alors prit en charge de s’occuper d’elle, geste d’une grande bonté pour celle qui avait tout perdu. Néanmoins, Eri n’y réfléchit pas une seconde, se contentant de se laisser entraîner par le flot, quitte à s’y noyer. Devait-elle ressentir de la reconnaissance? Une gratitude quelconque? Il lui semblait que ressentir quoique ce soit, physique ou émotionnel, lui était désormais inaccessible. À la place, il y avait cette constante impression de ne pas être réellement là, de ne pas réellement « exister ». Sensation étrange, la seule vraiment tangible pour l’elfe. C’était... Étrange. Comme si elle se voyait de l’extérieur de son corps et n’avait aucun contrôle sur la situation. Dans un sens, c’était tout aussi bien ainsi. Dans son état actuel ou en pleine possession de ses moyens, cela n’aurait rien changé. Peut-être que la douleur aurait simplement été plus forte, plus vive.

Plus vrai.

Et puis, un jour, Katalina lui avait annoncé qu’elle partait. Eri avait hoché la tête en signe de compréhension et avait prit le peu d’effets personnels qu’elle possédait. Au décompte, il y avait la cape de sa mère, quelques morceaux de vêtements, son ocarina et son stylet. Un trésor de plus s’était néanmoins ajouté à la brève liste : une chaîne de fer auquel pendait deux alliances. Les bijoux avaient appartenu à l’oncle Gerik, même si elle en avait toujours ignorer la provenance. Il l’emporterait dans la tombe...

Ainsi avait commencé le voyage jusqu’à Scylla. Le carrosse ne lui fit ni chaud, ni froid. Pas plus que l’escorte ou les cahotement de la route. Encore moins loquace que sa débitrice, la conversation ne furent pas leur fort. Pour tout dire, Eri ne faisait que répondre et n’engageait jamais la discussion. Elle n’avait rien à dire de toute façon. Chacune avait ses propres démons intérieurs, à quoi bon les étaler? Déjà faible physiquement et mentalement, le voyage lui fut atrocement éprouvant. Être ballottée en permanence était pénible, et lorsqu’elle s’endormit, il y avait toujours une pierre pour lui faire reprendre conscience. Pourtant, pas une fois, elle ne se plaint. Démentant même le fait lorsque l’on soulevait le point. Elle n’avait pas envi d’être un poids encore plus lourd. Elle n’avait pas envi d’en parler.

Lorsqu’elles mirent enfin pied à terre, Eri se sentit soulagée. Encore plus qu’au château, elle était fatiguée et souhaitait plus que tout s’étendre dans un lit et fermer les yeux. Longtemps. Très longtemps. Et donc, véritable ombre de la noble, la jeune elfe avait suivit les échanges sans dire un mot, écoutant, observant, mais restant toujours à l’écart afin de ne pas déranger, tête basse, silencieuse.

Même les mots et le sourire de Katalina ne put que lui en arracher un faible paraissant atrocement faux. Elle savait que c’était une pointe d’humour, mais n’en avait pas cerné le quart. La grande fatigue qui s’abattait sur elle ne fit rien pour aider son cerveau à discerner la subtilité de la chose. Eri entreprit donc de suivre l’humaine jusqu’à la chambre qui lui était assigné sans plus de commentaires, baillant à s’en décrocher la mâchoire. Sans vraiment le vouloir, et cela était peut-être dû aux nombreuses années où elle avait travaillé dans une taverne, la jeune elfe s’intéressa à ce qui l’entourait plus en détail. Les gens, les décorations, les bagages que l’on transportent... Tout cette vie, tout cela créait une bruit d’arrière-fond qui lui sembla agréablement doux, réconfortant. Ça lui donnait l’impression d’être de retour en arrière. Mais il n’y avait pas de retour possible. Elle ne le savait que trop.

Les affirmations de Katalina lui firent hoché la tête, quoique celle-ci dodelinait déjà au départ à cause de la fatigue. Devait-elle répondre à ces quelques mots? Engager une conversation lui semblait au dessus de ses moyens. Malgré tout, Erialeth se força à ouvrir la bouche, geste devenu extrêmement rare, et à émettre quelques sons :

- Pourquoi?

Quelques sons? Deux syllabes lentement prononcées plutôt. Le regard dans le vague, ses paupières lui paraissant atrocement lourdes, Eri ne put que se trouver bête, mais s’en ficha complètement. Paraître intelligente ne la préoccupait pas. À quoi ça lui servirait de toute façon? Plutôt, elle tenta d’exprimer plus clairement ses pensées :

- Qu’est-ce qu’il y a, demain? Je peux venir?

Était-ce mieux? Non, pas vraiment. C’était comme si elle s’était enfoncée. Était-ce vraiment grave? Elle n’avait plus envi de se casser la tête pour quoi que ce soit. Dormir. Voilà ce qu’elle désirait. Fermer les yeux et laisser le sommeil la prendre et lui conférer quelques heures de paix.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Jeu 16 Juil 2009 - 19:00

Katalina ne laissait rien paraître, malgré la léthargie de l’elfe. La présence de l’adolescente à ses côtés l’avait poussée à mettre de côté ses propres peines pour se concentrer sur la douleur de la désormais orpheline, sa convalescence devenue la priorité de la jeune noble. Grâce à tout cela, elle avait pu enfermer tout ce qui la minait jusqu’alors au plus profond d’elle-même. Les plaies, béantes, existaient toujours, mais elles étaient protégées par une volonté de fer, celle de voir un jour Erialeth rire à nouveau. Voir que ses tentatives actuelles ne portaient pas leurs fruits ne la dérangeait pas, elle n’en était que plus motivée à continuer. La voix étouffée de l’elfe la tira de sa contemplation pensive de la fenêtre. Ses yeux bleu-gris se posèrent sur sa protégée, surprise qu’elle prenne seulement la parole. Elle esquissa un sourire encourageant, l’invitant à continuer sur sa lancée, ce qu’elle fit, plus ou moins vite et avec plus ou moins de convictions.

« Demain, June des Isles, la comtesse de Scylla, se marie avec Hannibal de Roch, Conseiller militaire du Roi. La noblesse célèbrera son plus vieux rite, le mariage d’intérêt. »

Aucun regret, aucune médisance dans son ton. Elle-même avait subi ce que vivrait June, et elle était désormais bien placée pour savoir qu’il y avait bien pire. Certes, elle avait eu de la chance, Elyas n’était pas réellement ce qu’on pouvait appeler un homme à femme, sa musé étant d’or, de préférence moulée en pièce. Elle n’avait donc pas eu à souffrir ses intrusions que relativement peu souvent. Et, dans tout les cas, cela n’avait rien à voir avec la sauvagerie dont avait pu faire preuve « Nhil ».

« Je n’ai jamais compris ce qui nous poussait, nous autres humains, à toujours conclure nos alliances par l’union de nos enfants. »

Elle avait aimé Elyas, d’une certaine façon. Pas comme une amante éprise d’un prince charmant, pas comme une épouse chérissant son mari… A sa façon, elle s’était prise d’affection pour ce trentenaire passionné par son métier et plein d’énergie. Sans aller jusqu’à pleurer sa mort, elle avait regretté qu’il ne puisse pas pousser plus encore son enseignement. Car, Katalina devait bien l’admettre, si elle était devenue une des premières fortunes du Royaume, c’était en grande partie grâce à lui. Repenser à lui, après ce qu’elle avait vécu, lui laissa une étrange impression. Comme un regret. Elle regrettait la Katalina encore jeune, apprenant les ficelles d’un métier qu’elle ferait sien plus encore que son précepteur. S’il l’avait su, alors, peut-être aurait-il agi différemment.

« Et, heureusement pour toi, tu ne m’accompagnes pas. Il n’y a rien que tu pourrais trouver intéressant dans la cérémonie qui m’attend demain. Crois moi, tu seras bien plus à l’aise dans cette chambre que moi entourée des grands de notre Royaume. »

Elle avait tenté de se montrer convaincante, afin de faire oublier l’essentiel à la jeune adolescente : elle l’abandonnait pour une journée. Certes, ce n’était pas grand-chose, mais tout de même, Katalina ne souhaitait pas voir Erialeth se renfermer sur elle-même une nouvelle fois. Malgré tout, elle était résolue à se rendre à ce mariage. Un défi personnel qu’elle s’était lancée, un gant à la figure lointaine de « Nhil ».

Non, elle n’était pas une petite souris, terrée dans sa chambre, incapable de réagir et de se mêler à ses semblables. Elle était Katalina, dernière héritière de la famille Noblegriffon.
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Erialeth
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Dim 19 Juil 2009 - 7:46

Sommeil. Elle avait sommeil. Ses paupières se fermaient toutes seules et de plus en plus longtemps contre sa volonté. À quelque part au fond d’elle-même, Erialeth se dit qu’écouter Katalina était important pour de multiples raisons, la première étant qu’elle l’avait recueillit, mais son esprit à la base déjà brumeux en permanence était devenue une vraie purée de pois. C’était son esprit et son corps qui se liguait contre elle pour la pousser à succomber à la tentation de fermer les yeux et de plonger dans la bienheureuse sensation de vide que lui procurait son absence de songes. En effet, phénomène singulier, depuis cette... Journée, l’adolescente avait tout simplement arrêté de rêver. Ainsi donc, son sommeil était devenu un grand vide où elle pouvait connaître pendant quelques heures, quoique le temps lui parut toujours trop court, une certaine paix d’esprit. Lorsqu’elle dormait, il n’y avait pas de peine, pas de tristesse, pas de vide où son coeur ou de peur. Il n’y avait rien. Qu’une délicieuse sensation de ne rien être. De ne pas exister.

La mention du mariage arrangé aurait pu la faire grimacer, mais la fatigue et sa constante léthargie firent en sorte qu’elle ne fronça les sourcils que légèrement. L’ancienne Eri aurait probablement bondie d’indignation. Un mariage d‘intérêts, quelle horreur! Oui, l’ancienne elle aurait très certainement pester contre ces traditions de nobles, en profitant pour dire haut et fort sa façon de penser sur le sujet. Plus maintenant. Ça... Ne la concernait pas. Elle n’avait plus envi d’être concernée.

Erialeth leva néanmoins les yeux vers Katalina, penchant légèrement sa tête sur le côté dans une habitude indicatrice d’une certaine réflexion de sa part. Les humains? Son expérience avec les autres races n’étaient pas vraiment développés. Elle ignorait complètement leurs coutumes, encore moins si les mariages d’intérêts se faisaient ou non. Ce que ça pouvait être difficile, toutes ces histoires. Et plus encore alors que l’elfe sentait que, bientôt, elle ne pourrait plus ignorer la fatigue.

Pourtant, une pensée fit lentement son chemin dans ses pensées : Est-ce que Katalina avait déjà vécu cela? Son interrogation ne demandait pas vraiment de réflexion plus poussées, ni même de réponse de la part de la principale concernée. Non, c’étai une question découlant d’une suite de lien plus ou moins reliés qui avait aboutie à un quelque chose sans vraiment d’importance, mais qui avait réussis à s’imposer avant de disparaître tout aussi lentement. Si Eri avait apprit une chose depuis son réveil dans le château de Serramire jusqu’à maintenant, c’était qu’il fallait parfois se taire au sujet de certains questionnement la concernant. Que cela soit justifié ou non, la jeune fille préféra appliquer cette règle. La question ne l’intéressait pas réellement pour le moment de toute façon.

Une pointe de déception, du moins, un quelque chose qui y ressembla, se lut alors qu’elle essuyait à peine un long bâillement. Depuis que Katalina s’occupait d’elle, Eri était devenu, pour ainsi dire, son ombre, la suivant comme celle-ci et ne restant que très peu de temps éloignée. Dans cet univers qu’elle ne connaissait pas, c’était son seul point d’accroche, hors de question de s’en séparer. Son argumentation tenait toutefois la route. De plus, elle doutait profondément qu’une parfaitement étrangère issu du petit peuple soit bienvenue, protégée ou non par Katalina. Elle avait probablement raison, mieux valait rester là, à attendre. Il y eut un moment de silence avait qu’Eri ne réponde :

- Je comprends. J’attendrai ici. Bonne chance.

Si Eri ne connaissait pas vraiment les raisons qui avaient emmené Katalina dans son présent état, elle savait que la femme avait cruellement souffert. Aller dans ce genre d’endroits, pleins de nobles et de gens importants devaient être affreux.

- Je dormirai, alors ce ne sera pas long.

Certes, ses paroles manquaient de conviction, mais avec son état actuel, c’était pardonnable. Elle se montrait égoïste à afficher ce qui lui servait de mécontentement et d’incertitude, mais même si l’elfe s’en rendait parfaitement compte, l’idée que Katalina ne revienne pas lui faisait peur. Et si, pour éviter qu’elle s’éloigne trop longtemps, Erialeth devait se user de la gentillesse de l’humaine, ça ne lui dérangeait pas. Ça ne lui donnait pas de remords. Elle pouvait avoir l’air d’une enfant, d’une idiote ou d’une profiteuse, ça ne l’atteignait pas. Son petit monde si fragile tenait à peine debout. Elle voulait le protéger, ne serais-ce que pour arrêter d’avoir mal.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Lun 20 Juil 2009 - 1:27

La pauvre Erialeth tombait de fatigue. De cela au moins Katalina était certaine, à voir la façon dont elle semblait lutter pour garder les yeux ouverts. Elle pouvait le comprendre sans peine, sentant elle aussi les affres de la fatigue. Elle avait mal au dos et à la nuque, ses épaules s’affaissaient légèrement et elle n’aurait pas été contre une bonne nuit de sommeil. Pour autant, elle était résolue de ne pas se coucher avant d’être certaine de l’état de la jeune elfe, aussi se détourna-t-elle de la fenêtre et fixa son attention sur sa protégée, l’observant avec insistance jusqu’à ce qu’elle daigne lui répondre.

Ses efforts furent récompensés quand parvint à ses oreilles une réponse ô combien laconique. Katalina se retint de froncer des sourcils, alors qu’elle lui souhaitait bonne chance. Ce n’était pas de chance dont elle avait besoin, la chance n’avait rien à voir avec ses problèmes. Non, ce qu’il fallait à la jeune noble, c’était de la détermination, beaucoup de détermination. Et il en allait de même pour l’adolescente, qui n’arriverait à rien tant qu’elle se morfondrait. L’envie de la prendre par les épaules et la secouer jusqu’à ce qu’elle réagisse la prit mais elle n’en fit rien, sachant très bien qu’il en résulterait plus de mal que de bien. Tout comme dormir à outrance, ce à quoi semblait aspirer la pauvre orpheline.

« J’ai une meilleure idée. »

Pour la première fois depuis le début de la soirée, Katalina ne ponctua pas sa phrase d’un sourire encourageant, bien au contraire. Son visage se teinta de mystère et elle se leva sans plus de précision. Oh, oui, elle avait une bien meilleure idée pour Erialeth qu’une journée gâchée à se laisser aller à un sommeil inutile. A grand pas, elle rejoignit la malle qui contenait la majeure partie des affaires qu’elle avait sélectionnées pour le voyage. Après l’avoir ouverte, elle fouilla son contenu pendant quelques secondes avant d’en retirer un livre lourd et assurément âgé. Observant un instant la première page de couverture, laissant sa main courir sur son revêtement de cuir, elle murmura le titre de l’ouvrage.

« Contes et Légendes du Peuple Sylvain… »

Sa protégée le lui avait avoué, elle ignorait tout de ses semblables. Si Katalina avait bien compris, la jeune adolescente avait toujours vécu sur les Terres Humaines. Contrairement aux apparences, elle n’avait pas oublié ce petit détail, le gardant bien précieusement dans un coin de sa mémoire. Il devait être terrible de ne pas savoir d’où l’on venait, et même si Erialeth avait toujours vécu sur la Péninsule Miradelphienne, ses origines trouvaient leur racine dans cette forêt mythique qu’était Anäeh. Se relevant avec un léger gémissement de fatigue, elle se rapprocha du lit et s’y rassit, avant de tapoter la place juste à côté d’elle, comme une invitation.

« Si j’ai bien compris… Tu ignores tout du Royaume Elfique. Malheureusement pour toi, il est fort probable que la majorité des Humains, dont moi, n’en savent pas plus que toi. Pour autant… Je me suis dit qu’un tel livre pourrait t’intéresser. »

Elle esquissa un léger sourire, avant de porter un instant son regard sur son présent.

« Je ne peux pas t’assurer que chaque ligne écrite sur ces pages est la pure vérité. Ton peuple cache trop bien ses secrets pour ça. Par contre, je peux te dire qu’il est bien plus fiable que beaucoup d’autres manuscrits du même type. » Elle le lui tendit alors. « Prends le, il est à toi. »
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Erialeth
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Mer 22 Juil 2009 - 7:44

Une fois de plus, un long bâillement échappa à la jeune elfe qui se frotta les yeux de fatigue. Plus le temps passait et plus Eri doutait de se capacité à résister au sommeil qui l’envahissait. Au même titre que les nombreuses semaines où elle était restée cloîtrée dans son mutisme, elle avait de la difficulté à suivre la conversation et avait, par moment, des absences dans son regard. Bonne ou mauvaise, l’idée de Katalina ne retiendrait que peut de temps l’adolescente. Tôt ou tard, volontairement ou non, elle s’endormirait.

Les yeux plus fermées qu’ouvert, Erialeth regarda sans un mot l’humaine se diriger vers sa malle pour y fouiller. L’elfe releva la tête, n’étant pas sûre si elle devait réagir ou non. L’épais livre qu’elle en retirait lui fit penser qu’il le faudrait prochainement, malgré que l’envi et la motivation lui manque grandement à ce faire. Voulait-elle lui lire une quelconque histoire avant de dormir? C’était inutile. Dès qu’elle pourrait fermer les paupières, Eri plongerait certainement dans l’apaisante noirceur qu’était devenu son sommeil sans rêve. « Contes et légendes du peuple sylvain »... C’est ce qu’évoquait le tire à ses oreilles. Pourquoi Katalina avait-elle prise la peine d’apporter dans ses bagages un tel livre?

- J’ai si sommeil... songea-t-elle intérieurement. J’ai envi de dormir...


Mais elle ne succomba pas à la tentation de profiter de l’inattention de sa protectrice pour se réfugier sous les couvertures. Ce ne serait pas bien. Ça, elle ne l’avait pas oublié. La femme tapota la place sur le lit qui se trouvait à ses côtés. Pas nécessairement curieuse, Erialeth se leva tant bien que mal et prit place près de la dame Noblegriffon. C’était très pénible de devoir lutter contre la chose qu’elle attendait le plus, soit le sommeil, ainsi que les appels de son corps pour s’étendre et se reposer, mais elle le fit. Parce qu’elle ne voulait pas être détesté, ni laisser de côté.

Puis, l’humaine lui expliqua ses pensées, lui rappelant le jour où Eri lui avait confié ne rien savoir sur les elfes, son peuple. Ça lui parut extrêmement lointain, tout ça, mais elle hocha la tête pour lui faire signe qu’elle écoutait et savait autour de quoi la conversation tournait. Une sorte de réflexe afin que son interlocuteur ne se vexe pas inutilement. D’ailleurs, elle ne savait pas vraiment comme réagir. C’était le premier livre qu’on mettait entre ses mains. C’était la première fois qu’on lui disait de « lire » . À travers la fatigue mentale et physique, c’était plus que déstabilisent.

- ... Je... Merci, mais je crois que ce ne sera pas utile : je ne sais pas lire. dit-elle tout bas, d’un ton neutre, mais où le sommeil pouvait facilement être discerné. On ne m’a... Jamais apprit à lire. Ce n’était pas important pour une personne comme moi.

Ses mains étaient posées sur ses genoux, agrippant le tissus de sa robe. La classe sociale à laquelle elle appartenait apprenait rarement à lire et écrire. Ça ne servait à rien dans les champs après tout...

- Merci... Quand même.

Elle aurait voulu en dire plus, lui dire qu’elle lui était reconnaissante de l’attention et la gentillesse qu’elle portait à son égard, mais les mots restèrent terrés dans sa bouche, refusant de sortir. C’était comme si tout son corps se liguait contre elle pour lui dire qu’il était temps d’aller dormir. Ses paupières se fermèrent et Eri se dit que les laisser fermer trois ou quatre secondes de plus ne dérangerait personne. Sa tête dodelina une moment, puis elle bascula lentement sur le côté jusqu’à s’accoter à l’épaule de Katalina.

- Merci... Quand... Même... marmonna-t-elle dans sa demi-conscience.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Mer 22 Juil 2009 - 23:53

Katalina s’était bien rendue compte qu’Erialeth était fatiguée, mais elle n’aurait jamais soupçonnée un tel état d’épuisement. La jeune adolescente avait du mal à garder les yeux ouverts plus de dix secondes sans ressentir le besoin de les fermer - plus ou moins longtemps. De même, elle semblait ne pas être capable de suivre une conversation, sa tête oscillait parfois et il en fallut de peu, selon la jeune noble impuissante devant un spectacle pareil, pour qu’elle ne s’effondre pas sur l’instant. Aussi, et elle s’en rendit bien compte, son cadeau ne déclencha pas l’enthousiasme attendu. Pour autant, il y a une chose à laquelle elle ne s’attendait pas : la petite ne savait pas lire. Au fond, ce n’était surprenant. Elle aurait même pu s’y attendre, prévoir le coup, et lui proposer d’abord de combler ses lacunes. Apprendre à lire n’était pas bien compliqué, du moins elle n’y avait jamais trouvé une difficulté excessive, du moins pas dans ses souvenirs étiolés par le temps.

Il se produisit alors un étrange phénomène, presque amusement et très certainement attendrissant. Vaincue, définitivement, par la fatigue, la jeune elfe se laissa doucement aller contre l’épaule de sa protectrice. Et si Katalina ne put réprimer un léger frisson de dégout, réaction instinctive en cas de contact non désiré héritée de son petit séjour au Puy, elle ne fit rien pour la repousser. Erialeth marmonnait des paroles qu’elle voulait sans doute rassurante. « Ce n’est pas grave ». Non, ça ne l’était pas, en effet. Car la noble ne s’avouait pas vaincue, et viendrait rapidement le moment où l’elfe devrait se confronter aux lettres des hommes. Mais pas ce soir.

Doucement, elle se dégagea, remplaçant son épaule par son bras comme appui à la « paresseuse », puis elle entreprit de l’allonger doucement sur le lit. Quand ce fut fait, elle souleva tout aussi doucement les jambes et la fit pivoter, de sorte qu’elle fut bientôt allongée sur un lit qui n’était à la base pas le sien. Relevant délicatement la tête, elle cala un oreiller pour une nuit plus confortable, et passa une couverture sur le corps endormi. Elle jeta ensuite un regard sur ce qui l’accueillerait finalement le temps d’une nuit. Le lit d’une servante, bien plus étroit et surement moins confortable que celui qu’on venait de lui ravir. Enfin, elle avait vu bien pire, et Erialeth avait plus besoin de repos qu’elle.

Fouillant sans un bruit dans sa malle, elle trouva sa robe de nuit. La posant sur le couvercle fermé entre temps, elle entreprit ensuite de se déshabiller, louant la sagesse qui l’avait fait s’habiller simplement le matin même. Elle ne pouvait en effet pas compter sur sa protégée pour l’aider à se débarrasser d’un corset trop serré. Finalement, quand elle fut fin prête pour la nuit, elle n’alla pas se coucher mais s’approcha de la fenêtre. Son regard se posa sur la lune, cachée en partie par les nuages. Etait-elle pleine ? Elle en aurait mis sa main à coupée, mais ne pouvait avoir aucune certitude. Après une bonne heure silencieuse, à regarder les nuages recouvrir un à un l’astre nocturne. Avec un soupir, elle finit par s’en détourner, se détournant de la fenêtre. Après un regard pour Erialeth, elle s’allongea, ajusta son drap et attendit que le sommeil la prenne. Et il prit son temps. Elle resta immobile, à fixer le plafond, pensant et repensant à ce qui l’attendait demain, avant qu’on lui fasse finalement la grâce de l’emmener dans le doux royaume des songes.

Sans surprise, ce fut elle qui se réveilla la première. Elle aurait été étonnée de voir la jeune elfe debout avant elle, au vu de la façon dont elle s’était endormie. Le soleil venait de se lever, le mariage ne commencerait pas avant un bon moment, et elle avait donc tout le temps qu’il lui fallait pour se préparer à y assister. Se rendant compte que le soleil n’allait pas tarder à illuminer les traits pourtant détendue de l’adolescente, elle tira ce qui servait de rideaux. Retournant à sa malle, elle récupéra la robe qu’elle porterait pour les festivités. S’assurant une dernière fois que sa colocataire dormait, elle commença à se déshabiller. Il n’était jamais trop tard pour se réhabituer à quelque chose d’aussi contraignant qu’un châle…
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Erialeth
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Lun 27 Juil 2009 - 0:01

Étrangement, ses yeux refusèrent de se rouvrir lorsqu’elle les ferma. Au début, c’était environs ce qui s’était produit. Oui. Alors qu’elle avait souhaité ne plus jamais se réveiller, son corps s’était refusé à lui obéir. Elle avait donc dormi pendant longtemps, si longtemps, afin d’oublier, de pouvoir mourir, mais l’oublie n’était pas venue, la mort non plus. À la fin, elle avait dû se résoudre à abandonner son souhait et bouger à nouveau. À son réveil, le monde était devenu une infinie obscure et brumeuse, sans repère, sans espoir, sans désespoir. Il n’y avait rien. Oui, c’était si beau à ses yeux. Il n’y avait alors plus de bonheur, mais plus de douleur. L’absence de sensations avaient été une bénédiction. Puis, elles avaient recommencées à se faire ressentir au fuir et à mesure que sa conscience refaisait surface de cet océan de vide.

Si elle devait vivre éternellement, elle aurait aimé y rester éternellement.
Cela n’avait pas été le cas, malheureusement...

Le corps de la jeune elfe s’affaissa, sa respiration ralentit, signe qu’elle s’était profondément endormie. Katalina n’eut donc aucun mal à l’étendre doucement dans le lit sans aucune résistance. Erialeth marmonna quelques mots sans sens, mais rien de plus. Comme on dit : sage comme une image. La jeune femme n’aurait pas à se soucier de sa protégée pendant un bon moment. Même au matin, alors que la noble entamait ses préparations, Eri resta encore un long moment parfaitement immobile, son souffle lent et régulier comme seul indicateur de sa présence bien vivante.

La jeune elfe reprit donc conscience lentement avec cet impression de ne pas avoir dormi que laisse le sommeil sans songe. Elle était encore fatiguée et aurait bien put refermer les yeux, mais un bruit attira son attention. Erialeth n’identifia pas le son pourtant aisément reconnaissable, se redressa dans le lit et se frotta les yeux pour en chasser le reste de fatigue qui y subsistait, tout cela sous les yeux de Katalina encore entrain de se changer. D’ailleurs, le regard de l’elfe se déplaça lentement jusqu’à tomber sur la scène.

Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, elle n’eut pas une réaction, ne dit pas un mot, pas même un petit son. Plutôt, Eri cligna des yeux pour s’assurer que c’était réel, puis se recoucha dos à la scène. Quelques secondes plus tard, elle refit le même manège et, devant la scène inchangée, réitéra son action, mais se réfugia sous les couvertures.

- Je dors, vous pouvez continuer...

Intérieurement, Eri ne comprit pas tout ce qui venait de se produire, mais décida qu’il valait mieux enfouir cette vision au plus profond de sa mémoire et de ne pas en parler. C’était devenu son credo : se taire sur les sujets délicats ou et faire comme si ne rien était. Décidément, dormir était la meilleure des options.

- Faites comme si je n’étais pas là...
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Lun 27 Juil 2009 - 22:52

Dire que Katalina fut surprise ? Très certainement, et le cri qu’elle laissa échapper bien malgré elle le prouvait. Peut-être un peu de colère aussi, d’être ainsi prise en défaut. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’Erialeth sorte si tôt de son sommeil, et encore moins alors qu’elle se trouvait dans une situation aussi embarrassante. Sentant le rouge monter à ses joues, elle entreprit de s’habiller avec l’énergie du désespoir. Vraiment, qu’est-ce qui lui avait pris d’être aussi idiote ? L’adolescente n’avait surement rien manqué du spectacle, contemplant les quelques séquelles qui lui restaient de son emprisonnement. Son intense maigreur, qui avait tant inquiétée son entourage, n’était plus qu’un mauvais souvenir, mais elle n’avait tout de même pas retrouvée toutes ses formes. Et puis, il y avait le N… Cette marque honnie, ce rappel constant des cauchemars qu’elle avait pu vivre.

Dans son dos, elle entendit une voix étouffée lui proposer de faire comme si elle n’était pas là. Un coup d’œil par-dessus son épaule lui confirma ses doutes : Erialeth s’était réfugiée sous les couvertures. La proposition en elle-même aurait pu être indécente, mais il était difficile de s’offusquer quand l’objet du courroux faisait apparemment tout pour ne pas voir. Terminant de cacher ce qui devait l’être, elle prit à parti de calmer sa respiration et de chasser la honte de son visage. Au vu de la réaction de sa jeune protégée, elle pouvait espérer qu’elle avait voulu se soustraire au spectacle qu’elle offrait bien involontairement le plus vite possible.

« Tu peux sortir ta tête de là, Erialeth, j’ai terminé. »

Katalina était une bonne comédienne, c’était là tout le talent du personnage. Aussi sa voix ne trahissait-elle aucun sentiment. En vérité, elle oscillait entre l’amusement devant cette situation cocasse, le gène d’avoir été surement dévisagée alors qu’elle était partiellement nue, la colère contre elle-même et son manque de prévoyance… Mais elle n’avait aucune envie de commencer du mauvais pied une journée qui s’annonçait déjà difficile, et encore moins de vexer Erialeth à cause d’une erreur de sa part.

« Il serait dommage que tu t’étouffes. » ajouta-t-elle avec un temps de retard, ajoutant une petite note amusée dans sa voix.

Et c’était bien l’amusement qui prédominait, une fois la part des choses faite. S’approchant du lit, elle s’y assit, avant d’attraper la couverture et de « libérer » l’elfe de sa cage. Dans un bruissement d’étoffe, l’adolescente recroquevillée fut livrée à la terrible lumière du jour. Elle avait assez dormi, il était temps qu’elle se réveille et qu’elle fasse quelque chose. Quoi ? Katalina ne savait pas encore, mais elle trouverait, elle n’avait aucun doute la dessus. Elle n’avait qu’à lui enseigner les bases de l’écriture et de la lecture… Très succinctement, par contre, car elle était malheureusement attendue ailleurs. Bien que l’idée de passer une journée avec Erialeth était bien plus motivante que celle de plonger de nouveau dans le monde de la noblesse.

« Allez, un peu de nerf, fainéante ! »

L’état dans lequel semblait se complaire l’orpheline n’était pas pour lui plaire, loin de là. Elle avait toujours l’angoisse, diffuse, de retrouver un cadavre à la place de la jeune elfe pleine de vie qu’elle devrait être. Bah, elle finirait bien par trouver le moyen de l’égayer un peu, jusqu’à finir par lui rendre véritablement le sourire. Au fond, elle n’aspirait qu’à cela : lui rendre sa joie de vivre. Avec le secret espoir que la sienne revienne par la même occasion.
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Erialeth
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Jeu 30 Juil 2009 - 5:06

Cachée sous les couvertures, s’attendant au pire, Erialeth attendit, les yeux fermés si fort qu’elle en eut mal, que Katalina réagisse, s’énerve, se fâche ou, au contraire, rit ou ignore simplement l’incident. Les deux dernières possibilités étaient les plus attrayantes, pour autant qu’une situation puisse lui paraître attirante dans son état de perpétuel léthargie volontaire. Risible ou pas, la situation lui donna encore plus envi de s’enfoncer et d’arrêter de voir. Depuis le début, elle avait su que Katalina était extrêmement maigre et en mauvais état, mais le voir de ses yeux, même quelques secondes d’inadvertance, sans vêtement pour cacher le pire, fit naître un malaise notoire chez elle. Une sensation horriblement désagréable en soit, sortit qu’Eri ne souhaitait ressentir rien, quitte à oublier ce qu’est le bonheur si cela lui permettait d’oublier ce qu’était le malheur.

Bientôt, la voix de la noble s’éleva dans la chambre. Malgré qu’il n’y eut aucun sentiment de réellement détectable dans le ton, Eri resta sous les couvertures, bien à l’apprit de tout. De toute façon, incident ou pas, l’envi de quitter le doux refuge qui l’entourait ne venait pas. Rester ainsi toute la journée lui semblait la situation la moins mauvaise.

Un autre intonation de voix venant de sa protectrice autoproclamée. Ah... Étouffer. Elle n’y avait jamais pensé pendant tout ce temps. L’idée traversa son esprit comme une solution envisageable. Si Katalina avait su, elle en aurait certainement été horrifiée. Qu’une enfant ait de telles pensées, n’importe qui réagirait probablement de la sorte, en lui disant que c’est mal et que ça ne mènerait à rien. Toutefois, alors que l’idée de se donner elle-même la mort germait dans cet esprit brumeux, la logique perverse des désespérés fit son intrusion dans l’esprit de l’elfe. Si elle mourrait, elle pourrait revoir sa mère, tante Claudie et oncle Gerik. C’était tellement logique. Si elle mourrait, ils pourraient être tous réunit de nouveau.

Si elle avait encore été capable de pleurer, les larmes auraient sûrement coulées. Toutefois, ses yeux restèrent bien secs, toujours aussi vide d’un quelconque éclat de vitalité, désertés de toute lumière. Ce fut ce moment que choisit Katalina pour tirer les couvertures, la livrant aux rayons du soleil qui l’aveuglèrent un instant.

Ses iris verts se tournèrent lentement vers la responsable, mais elle ne réagit pas plus. Erialeth laissa d’ailleurs rapidement tomber l’idée, fixant plutôt le mur à quelques centimètres d’elle. Sa voix, faible et encore pâteuse de la nuit qui venait de passer s’éleva tout même dans la pièce :

- Vous avez plus important à faire... Je peux rester ici...

Ses paroles se perdirent et l’elfe se roula un peu plus en boule dans le lit, ne cessant pas de fixer le mur d’un regard vide.

Maintenant que l’idée avait fait son chemin, la possibilité de se laisser mourir était envisageable. D’ailleurs, elle se demanda comment elle avait vécu, les premières semaines. Elle n’en gardait aucun souvenirs, pas même le plus petit. Peut-être qu’au final, c’était ça, mourir. Ça lui plut. Ne rien ressentir, ne rien être. Ne pas avoir à faire le moindre effort pour continuer à vivre, même si elle n’en avait pas envi... Puis, une autre pensée fit son bout de chemin. Certes, Katalina s’occupait d’elle, mais était-ce par une véritable envie ou par devoir? Et encore... Y avait-il ne serais-ce qu’une autre personne en ce monde qui avait besoin d’elle? Y avait-il ne serais-ce qu’un endroit où retourner? Malgré la gentillesse de la noble à son égard, Erialeth se sentit affreusement seule. Encore une sensation horrible. Désormais, peu importait l’endroit où elle irait, personne ne l’attendrait. Personne n’aurait besoin d’elle.

Pourquoi n’était-elle pas morte?
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Jeu 30 Juil 2009 - 19:48

Une nouvelle fois, la réaction d’Erialeth ne put que la consterner, et Katalina resta quelques secondes à ne pas bouger, hésitante désormais quant à la conduite à suivre. Il avait mieux, en effet, pour la tranquillité d’esprit de la jeune noble qu’elle ignore tout des sombres pensées qui pouvaient hanter l’adolescente. Comment, à son âge, pouvait-on envisager de se laisser mourir ? Comment pouvait-on penser plus de quelques secondes à quitter un monde qui avait tant à offrir… et autant à prendre. Car oui, tout n’était pas beau et lumineux. La pauvre avait perdu la dernière personne qu’elle considérait comme étant de son sang, le dernier membre de sa famille, et c’était l’unique chose qui empêchait l’humaine de la gifler sans autre forme de procès. Car, même si elle ignorait tout des envies suicidaires de sa protégée, son attitude commençait à l’inquiéter. La gifle ne serait pas alors un moyen d’extérioriser son agacement mais bien l’unique recours devant autant d’apathie.

La bonne humeur relative de Katalina se fissura quand les yeux verts d’Erialeth quittèrent les siens, et elle retint avec peine un soupire. Néera en soit témoin, elle aurait aimé pouvoir faire plus, faire quelque chose qui donne réellement une raison à l’elfe de recommencer à vivre. Mais quoi ? Rien ne lui venait à l’esprit qu’elle jugeât assez convaincant, aussi décida-t-elle de guerre lasse d’abandonner l’idée. Il serait toujours temps, après l’épreuve qui l’attendait, de recommencer à chercher une solution. Il y en avait surement une, il suffisait d’avoir la chance d’y songer.

« Allez, Erialeth. Lève-toi, tu ne vas pas passer ta journée dans mon lit. » dit-elle, ne parvenant pas cette fois à dissimuler toute sa tristesse à la voir ainsi se laisser aller dans les bras d’une léthargie qu’elle jugeait dangereuse.

Son lit… Encore aurait-il fallu qu’elle puisse y dormir. L’elfe ne semblait pas avoir compris encore qu’elle n’avait pas passé la nuit là où elle aurait du. Oh, ça n’avait pas dérangé Katalina outre mesure… Après avoir dormi plusieurs nuits à même la roche cruelle du Puy, couverte de ses excréments et autres joyeuseté, elle ne se sentait pas capable de maudire un lit de servante pour un pseudo-manque de confort. Secouant doucement la tête, elle reprit la parole, adoptant un ton beaucoup plus neutre.

« Tu sais… » Elle tendit la main, lui caressant les tempes et remettant en place quelques mèches rebelles d’une façon qu’elle voulait réconfortante. « Tu n’arriveras à rien si tu continues comme ça. »

Il y avait surement mieux à dire, quelque chose de plus pertinent et de plus réconfortant. Sauf que Katalina ne trouva rien d’autre à dire sur l’instant. Elle hésita à suspendre son geste, mais n’en trouva pas la force, ayant l’impression que c’était la seule chose qu’elle faisait qui avait un peu d’impact. Elle ne pouvait pas fuir cette main amicale caressant ses cheveux, alors qu’elle semblait ne pas faire l’effort d’écouter des paroles que la noble pesait pourtant avec soin.

« Qu’est-ce que je peux dire qui te fasse sortir de ta somnolence, Erialeth… Aide-moi, parce que je ne sais vraiment plus quoi dire ou quoi faire. »

Ca lui avait échappé, et elle regretta un instant ses paroles. Mais elle ne voyait pas comment la situation pouvait être pire qu’elle l’était déjà, aussi ne s’en voulut-elle pas trop longtemps.
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Sam 1 Aoû 2009 - 4:58

Erialeth n’avait presque pas conscience de toute la frustration et l’inquiétude que son cas pouvait occasionner chez Katalina. Son esprit s’était enfoncé dans cet état où, désireux d’effacer tout ce qui pouvait la blesser, sacrifiant ce qui pourrait la rendre heureuse, il passait volontairement outre l’empathie habituel d’un être intelligent. Ressentir les sentiments négatifs ou positifs des gens l’entourant ne feraient que raviver ceux que l’elfe tentait presque inconsciemment d’oublier, d’effacer. Elle n’avait pas besoin d’émotions si c’était pour souffrir autant à chaque fois.

Son lit? Ah... Oui. Elle n’était pas dans le lit qu’on lui avait assigné. Katalina avait dû la laisser là lorsqu’elle s’était endormie et prendre le sien. Ça la dérangeait? Très bien. Elle changerait de lit. Que ce dernier soit celui d’un roi ou un simple sol de roche, ça ne changeant rien pour elle. Ça restait un endroit pour s’allonger et tenter d’arrêter de penser. Le confort ou l’inconfort ne comptait pas. Désormais, Eri ferait attention à respecter le désir de la noble en dormait dans son lit. Il faudrait s’en souvenir...

Les paroles de l’humaine semblèrent venir de très loin, tout comme la faible sensation physique lorsqu’elle la toucha. C’était comme si ce n’était plus son corps, mais qu’elle regardait de l’extérieur. C’était comme... Être spectatrice, de regarder d’un coin de la pièce. Oui, ça lui semblait être les mots pour exprimer la façon dont elle ressentait son environnement. Le brouillard était toujours aussi épais, mais tant qu’Erialeth ne tentait pas de comprendre, il n’y avait pas de problèmes. C’est cela. Aucun problème. Juste cette sensation étrange qui la privait de toutes les autres.

Ça n’avait que peu d’importance, au final, que Katalina dépense autant d’énergie à s’occuper d’elle. Tout comme ça n’avait aucune importance qu’elle tenta de la faire sortir de son état actuel. Erialeth ferma les yeux un moment, mais l’impression d’être à l’extérieure de son corps ne la quitta pas. Ainsi, elle se sentait presque bien. Ne rien ressentir, ne pas penser... C’était bon.

L’adolescente prit une grande inspiration lorsque la jeune femme lui demanda de l’aide. Ne faites rien, c’est ce que je désires... Laissez-moi m’enfoncer dans cet océan de vide silencieux et noir. Laissez-moi oublier toutes les douleurs et les peines du monde, tout comme ses joies et ses rires. Je n’en ai pas besoin... Je n’en ai plus besoin. Je n’en aurai plus besoin. Je veux... Dormir. Disparaître. Ne plus être. Je veux arrêter de penser et me souvenir. Je veux être vide. Si je suis vide, je ne souffrirai plus. Si je restes ainsi, je serai soulagé du poids de la souffrance et du malheur. Laissez-moi...

Pourtant, malgré ses désirs égoïstes, son apathie, sa léthargie, la jeune elfe trouva le moyen de se redresser. C’était un problème, que Katalina tente aussi désespéramment de la sortir de son état. Elle ne voulait pas la laisse tranquille, la laisser oublier. Son regard d’un vert terne croisa les yeux de la noble, fixes, ne cherchant nullement à exprimer quoi que ce soit.

- Je...

Sa voix s’éteignit. Parler lui semblait de plus en plus dur. C’était si forçant. Si fatiguant... Un sourire tout aussi vide se peignit sur son visage inexpressif.

Si elle croit que tout va mieux, alors elle va arrêter. Si je lui fais croire que je vais mieux, alors elle arrêtera d’essayer.

- Je vais bien. assura-t-elle. Vous n’avez pas à... vous inquiéter. Il n’y a rien à dire.

Ses paroles sonnèrent horriblement faux, au même titre que son sourire. L’enfant ne semblait toutefois pas en avoir conscience. C’était une tentation ratée qui n’aurait même pas berné un aveugle. Était-ce important à ses yeux? Pas vraiment. Qu’elle réussisse ou non, cela ne changerait pas le fait qu’elle continuerait à s’enfoncer, jusqu’à trouver le moyen de mourir.

J’ai tenté pendant si longtemps de rester forte. Si longtemps... Je n’en peux plus. Je n’en peux plus... La douleur ne s’efface pas. Au contraire, elle se mélange à toutes les autres et ne cesse de prendre en force, de me faire plus mal. Pendant si longtemps, j’ai tenté de sourire et d’accepter, de prendre sur moi cette souffrance, mais je n’en suis plus capable. Je ne veux plus essayer, je ne veux plus faire semble d’être heureuse. Je suis fatiguée...
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Veille du Mariage | Erialeth   Sam 1 Aoû 2009 - 22:15

Katalina ne savait définitivement plus quoi faire. Elle n’avait eu que peu d’espoir, au fond, de voir Erialeth réagir à sa dernière remarque. Il aurait été surprenant que l’adolescente se sorte d’un coup de la léthargie dans laquelle elle s’était elle-même plongée, il était trop tard désormais pour qu’un simple effort de volonté suffise à défaire ce qui avait été fait. Alors quoi ? L’humaine ne savait pas comment réagissait les elfes fassent au deuil ? Sa réaction était-elle naturelle ? La brusquer risquait-il d’avoir l’effet inverse que celui escompté ? Autant de questions sans réponse pour une noble qui, sans regretter son choix, commençait à manquer d’option.

Bien, il semblait qu’elle ait perdu la partie, du moins pour cette fois. Comme tout allait bien, que le monde était beau, que les oiseaux chantaient et qu’il n’y avait rien à dire, Katalina ne dirait rien. Mais elle ne s’avouait pas vaincu. Dès son retour, elle commencerait à lui apprendre à lire. Malheureusement, elle ne savait pas parler elfique, et ne pourrait donc pas apprendre à Erialeth cette partie de son héritage. Mais elle s’assurerait qu’elle connaisse son peuple au moins à travers les contes qu’elle avait pu rassembler. Un bien maigre départ, mais un départ quand même.

« Très bien. »

La voix était plus sèche que ce qu’elle voulait réellement paraître. S’en rendant compte, elle la modula, afin qu’elle reprenne sa neutralité. Il n’était pas dans ses intentions de braquer l’elfe, aussi mieux valait y aller en douceur. Se relevant, elle entreprit de remettre de l’ordre dans sa robe. Qu’elle n’aimait pas se sentir impuissante. Peu lui important dans quelle situation, se retrouver en face du mur et n’avoir aucune idée de comment le contourner la mettait hors d’elle. Mais elle ne se permit pas de céder si facilement à l’irritation. Elle avait mieux à faire.

« Je risque d’être partie une bonne partie de la journée… Peut-être même de la nuit, je ne sais pas. »

Elle ne savait pas, mais n’espérait pas non plus. Le plus vite serait le mieux, Néera soit témoin de son angoisse rien qu’à l’idée de se confronter à ces vipères. Néera, mais pas Erialeth qui n’avait elle accès qu’a un visage charmant bien que trop neutre pour être honnête. Elle termina sa préparation, tentant d’ignorer sa protégée.

« Dans tout les cas, si tu as faim ou soif, n’hésite pas à aller voir dans les cuisines. »

Elle ne savait pas pourquoi, mais elle doutait d’apprendre que l’adolescente avait été gourmande pendant son absence. Plus surement, elle n’aurait même pas quitté sa chambre… Se laisserait-elle mourir de faim ? Cette idée glaça la jeune noble, qui sans vraiment s’en rendre compte marqua un temps d’arrêt, le temps de poser un regard légèrement inquiet sur la principale concernée. Non, elle ne ferait surement pas ça. Qui le ferait ?

Quand elle eut terminé, elle convoqua Olo et Legir et… advienne que pourra, comme on disait parfois.
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