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 La fin d'un voyage | Erialeth

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: La fin d'un voyage | Erialeth   Lun 3 Aoû 2009 - 2:45

Fin du voyage
Alëandir, première semaine semaine d'hiver

Tout avait été vite, si vite. Katalina était rentrée du voyage sans un mot… et les mains bandées. Et pas que légèrement. Les bandes blanches s’enroulaient autour de ses paumes et de ses poignets, laissant les doigts visibles et apparemment intacts. Sans un mot, elle s’était assise et avait tenté de rédiger une lettre… Elle n’avait pas arrêté de grimacer, de s’arrêter, alors que la douleur affluait surement le long de ses bras, mais elle avait couché de l’encre sur cinq parchemins, jusqu’à ce que les bandages se teintent doucement de carmin. Elle avait donc du les changer, ce qui avait permis à une certaine elfe de voir l’étendue des dégâts. Le tout dans un silence quasi religieux. Il était peu probable, de toute façon, qu’Erialeth face le premier pas et le brise, mais si elle tenta tout de même, elle dut supporter de n’avoir aucune réponse en retour.

Les deux femmes avaient quitté l’auberge le lendemain matin, à l’aube. La jeune noble n’avait que peu dormi. Elle avait fini par céder, vaincue par une journée riche en émotions… Un mariage d’intérêt, grouillant d’une activité qu’elle n’avait plus connu depuis bien longtemps. Et puis la rencontre avec le Gardien, bien entendu. Après avoir demandé à sa protégée de ne prendre que le minimum, l’humaine et l’elfe s’étaient rendues aux écuries, et avaient récupéré Quiétude. La jeune noble savait visiblement où elle allait car elle rejoignit rapidement… Aerandir. Celui là même qui était surement responsable de l’étrange comportement de Katalina. Escortés par ce qui semblait être des fidèles du Dieu de l’Amour, ils se mirent en chemin…

Deux longues semaines de chevauchées, deux semaines ternes durant lesquelles les mains de la noble ne semblaient pas vouloir guérir. Si cela inquiéta Erialeth, ce fut bien la seule. L’escorte ne parlait pas ou peu, comme si la présence du Gardien de leur Culte les plongeait dans une profonde méditation silencieuse. Quant à savoir ce que lui ressentait… C’était une mission hautement délicate, en vérité. La principale concernée, quant à elle, semblait résolue à les oublier. C’était elle qui conduisait Quiétude, son vieux cheval de trait, toujours calme et assez fort pour supporter le poids des deux jeunes femmes. Il lui arrivait parfois de ne pouvoir retenir une légère grimace quand la douleur devenait insoutenable.

Ils traversèrent Scylla, et continuèrent leur chemin jusqu’à rejoindre le beau duché de Serramire. Pour autant, ils ne prirent pas la direction de la capitale, comme on aurait pu s’y attendre. Continuant plus au nord, ils rejoignirent la fière baronnie d’Oësgard, et s’ils furent gênés par les troupes mises en branle par les relents de guerre civile, la présence d’Aerandir permit un passage simple. En fait, il s’agissait un peu du sésame qui ouvrait toutes les portes… Même les plus improbables. Mais comment refuser quelque chose à celui qui peut affirmer, et prouver, qu’il est la Voix d’un Dieu. Quand ils pénétrèrent dans la Forêt d’Aduram, Katalina se fit plus angoissée. Et pour cause, il lui semblait reconnaître à chaque instant les lieux de sa capture. Elle revivait les scènes, en songe ou éveillée. Il lui arrivait souvent de se demander ce que pouvait ressentir Erialeth. La pauvre n’allait pas bien et voilà que la seule personne qui tentait de lui sortir la tête de l’eau plongeait avec elle… Quoi que l’idée n’était pas des plus accueillantes, surtout quand on connaissait la phobie de la jeune noble.

Elle se détendit quand ils pénétrèrent dans la mythique forêt d’Anaëh. Une première pour les deux, que Katalina savoura à sa juste valeur. Son regard se perdait dans les décors féériques. Elle comprenait enfin pourquoi on disait que les Elfes parlaient toujours avec orgueil, fierté et mépris pour les autres bois de leur Forêt Natale. Le « Berceau de la Vie », comme l’appelait certains. Un spectacle dont elle ne se lassa pas, alors même qu’elle s’enfonçait toujours plus… jusqu’à Alëandir, la Prime Cité. La Cité aux pierres blanches. Elle se rendait compte, alors qu’elle commençait à être confrontée à ce peuple séculaire, qu’elle ne connaissait réellement rien des Elfes. Et si ce voyage était imprévu, il servirait au moins à combler ses lacunes. Elle demanda d’ailleurs à son guide de lui apprendre l’elfique le plus rapidement possible. Tout simplement parce que l’idée de devoir dépendre d’un traducteur tierce n’était pas pour lui plaire, loin de là. Katalina était un esprit trop fier et indépendant pour ça. Il y avait aussi le fait que l’enthousiasme de l’accueil semblait décroitre à mesure qu’ils pénétraient dans le Royaume des Elfes… La question était : pourquoi ? Et elle était déterminée à le découvrir par elle-même.

Et puis, quand allait mourir le seizième jour, Alëandir s’offrit à leur vue. Le soir même, elles dormaient dans une chambre du Temple d’Arcamenel. Une nuit sans rêve, une nuit calme et enfin reposante. Peut-être parce que le voyage l’avait épuisée. La traversée d’Aduram lui avait confirmé ce qu’elle soupçonnait déjà : les blessures étaient loin d’être renfermée. Et après tout, n’était-ce pas normal ? Un mois à peine avait passé depuis sa libération. Cinq semaines, exactement. Son calvaire avait presque duré autant de temps… Pourtant sa capture lui semblait avoir eu lieu il y avait de cela des années.

Katalina se réveilla avec le soleil, pas en pleine forme, mais toute de même légèrement reposée. Du regard, elle chercha Erialeth… Dormait-elle encore ?


Dernière édition par Katalina le Mar 29 Déc 2009 - 21:08, édité 1 fois
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Erialeth
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MessageSujet: Re: La fin d'un voyage | Erialeth   Mer 14 Oct 2009 - 5:51

Maintenant sans foyer où retourner, qu'une faible lueur engendré par Katalina pour éclairer un chemin dont les ombres ne lui paraissaient que plus sombre, Erialeth continuait encore et toujours à s'enfermer dans ce coma sentimental qui était le sien. Ce n'était ni bon, ni mauvais. C'était simplement vide. Pas de bonheur, pas de malheur. Pas de joie, pas de peine. Un être qui était en vie, mais qui ne vivait pas. Certes, on avait pu voir des "améliorations", mais cela restait tout de même bien loin de "vivre". Au moins, le corps survivrait à la mort du coeur.

Et lorsque Katalina s'en fut ce matin-là pour accomplir quelque obligation, la jeune elfe fit la seule chose qu'elle était encore capable de faire : dormir, encore et encore, dormir afin de fuir ce monde. Malgré les paroles de l'humaine qui prenait tant soin d'elle, malgré l'absence de reconnaissance visible, malgré la gentillesse et les attentions données gratuitement, l'enfant dormi. Ce fut ainsi tout le matin durant. Le midi, on lui apporta à manger, car il en était des ordres de la dame Noblegriffon, mais Eri n'avala pas plus que ce qu'on lui avait apporté, ne bu pas plus que ce que contenait son verre et refusa dans une silencieuse obstination à s'alimenter ou s'abreuver pour que cela. Par la suite, elle dormi de nouveau d'un sommeil sans rêve. Un sommeil qui lui permettait de ne pas voir, de ne pas entendre, de ne pas sentir et ressentir, encore moins se souvenir. Étendue dans le petit lit qu'on lui avait préparé la veille, nul ne fut en sorte de la tirer de là, que ce soit pas la menace, les suppliques ou la force. Sans volonté, Erialeth n'était rien de plus qu'une poupée de chaire respirant.

Le retour de Katalina ne la sortit qu'à moitié de sa torpeur. Son regard d'un vert désormais terne s'était tournée dans sa direction, fixant les mains sans vraiment les voir. Si la jeune femme ne lui parlait pas, c'était qu'elle non plus n'avait pas besoin de parler. Tant mieux. Puis l'annonce du départ vint, ne faisans pas plus réagir l'elfe qui était alors assise, l'habitude de se faire réprimander lorsqu'elle dormait ayant prit le dessus. Le lendemain, elles partaient à cheval, Eri tout aussi coopérative qu'à son habitude. Elle savait Katalina aveuglément, n'ayant rien d'autre, finalement, qui la retenait ailleurs.

Rapidement, leur cheval rejoignit un groupe. Son regard passa sur les visages des inconnus, s'attardant sur celui qu'elle ne savait pas encore être le gardien d'un dieu. Cependant, ce ne fut pas sa beauté, le respect que semblait lui témoigner les autres cavaliers ou la confiance que semblait avoir sa protectrice à son égard qui fit en sorte qu'Erialeth le remarqua plus que les autres. Non. Ce fut cette aura, effrayante, qui semblait émaner de lui. À lui seul, l'homme réunissait tout ce qu'elle ne voulait plus : les sentiments, les émotions, le bon et le mauvais que l'on peut en retirer... Dès qu'elle le vit, l'elfe ne put que le craindre, et le craindre encore plus pour lui faire ressentir cela.

En somme, les deux semaines qui passèrent furent un calvaire totale pour la jeune fille. Repliée sur elle-même, toujours loin du gardien et plus que jamais muette, elle ne lutta toutefois pas contre la crainte, la peur, sa volonté brisée étant incapable d'un tel exploit. De tout le voyage, Eri ne cessa de craindre, et fut certaine de ne jamais pouvoir cesser tant que cet homme serait là.

Si Katalina s'émerveilla de la forêt des elfes, Eri, quant à elle, posa des yeux vides sur cette splendeur vantée encore et encore. Plutôt, elle continua à se réfugier dans le sommeil. Que lui importait les terres de sa mère si elle n'était pas là? Que lui importait de vivre si son oncle l'avait quitté? Que lui importait tout cela si tout ceux qu'elle aimait avait disparu? Fermée au reste du monde, elle attendit d'arriver à destination.

Le seizième jour marqua leur arrivé. Une chambre leur fut donné, mais ce qui compte, c'était que le gardien n'était plus là. Seule avec Katalina, elle pouvait désormais retourner à son silence chéri. Du moins, c'est ce qu'elle crut. Un son, des sons, attira son attention : alors que tous dormaient, une musique résonnait à ses oreilles, belle et sans fin. Pendant la chevauchée, Erialeth l'avait ignoré, mais maintenant que plus rien ne pouvait détourner son attention, la mélodie se faisait toujours plus présente, plus forte malgré qu'il lui sembla qu'elle vint de loin.

Toute la nuit, l'elfe écouta à la fenêtre, sans trouver le repos. Elle écouta, encore et encore, alors que la musique jouait pour elle. Après des heures, Erialeth avait comprit : c'était la forêt qui chantait. Sans comprendre, sans vouloir comprendre, la jeune fille avait alors laissé la forêt chanter, observant un silence désormais respectueux. Oui. Ici, peut-être réussirait-elle à oublier. La nuit avait lentement cédée sa place à l'aurore, puis au matin, et toujours, Erialeth écoutait, les yeux fixés vers l'océan d'arbres des elfes.
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