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 Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]

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Théodoric
Humain
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MessageSujet: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Lun 12 Oct 2009 - 21:23

Ah, la vie de chevalier n’est pas seulement celle qu’on lit dans les contes de fées… Il est bien rare d’aller dans des grottes secourir une princesse d’un méchant dragon crachant le feu… De pourfendre la bête et d’en sortir toujours scintillant et fier, sans que la blessure ne croise son chemin. D’ailleurs, de mémoire de Melasinir, jamais ils ne purent graver leur noms dans pareilles mises en scènes, avec l’absence d’une princesse digne des contes, bien qu’il ne fait aucun doute qu’un jour, la délicate Lyhann en devienne une et les dragons comme race éteinte depuis des lustres ne pouvait guère faire office de monstre.
Mais ce n’est pas là ce que recherchait Théodoric, la gloire était une notion qui lui était lointaine, il ne la recherchait pas, ne la cultivait pas, son nom, connu en Erac, peut-être même au-delà, signifiant tant pour la chevalerie, ne s’était construit que sur des petits riens sans conséquence mais racontés, transmis, exagérés, ils fondaient une légende, des histoires pour les enfants à travers les âges, tant et si bien qu’elle s’était inscrit sans jamais le désirer dans l’esprit et les contes populaires, devenant en un sens immortel bien qu’on ne les cite jamais.
Des services rendus, dépassant l’usage de l’épée ou bien l’héroïsme commun, ne délaisser personne, offrant les bienfaits d’une Déesse à tous sans attendre plus que le bonheur et la joie d’un sourire en récompense. Ainsi était grossièrement la vie chevaleresque véritable.

Mais en ces temps troubles, l’attente était une chose qu’il était dur d’accepter, chaque matins passant, regardant par la fenêtre la direction de Diantra, il imaginait ces hommes et ces femmes, ces enfants innocents, sans défense contre le barbarisme et la cruauté gratuite sans nom qu’on donnait à l’espèce sombre au-delà des Terres Stériles mais que les hommes savaient copier sans peine. Il n’y avait là aucune espèce de justice que celle du mensonge et de l’égoïsme, un combat voilé sous un idéal fort camouflant l’horrible vérité d’un désir et de pulsions sauvages, d’un souci de posséder le pouvoir pour soi sans se soucier de ceux que ces prétendants aux trônes auraient du défendre…
Où sont la chevalerie, l’honneur et la dignité qui fait du combat plus qu’un massacre ? Le sort des faibles pour ces monstres n’importaient peu, la mort, les viols désolant les femmes innocentes les rendaient inhumains, inférieur même à la condition animale…
Devant tant de cruauté, lui qui ne voulait qu’exercer son droit de prononcer la justice par l’épée, une justice sanglante mais dont l’idéal sans voile serait pure, que la protection des faibles et la sentence pour ceux qui ont fait le mal, pour l’ignominie, la félonie et l’infamie de ces vermines pullulant qui ne mériteraient pour ces choix déraisonnable que l’abandon par la Déesse, ne voulait qu’aller au secours des faibles et des opprimés, ne pouvait qu’attendre et patienter, attendant que la politique des nobles se fasse et soit prononcée…

Puis vint ses ordres, remis par la régente et demi-sœur de sa Majesté le Roi et Duc d’Erac, Astéride. Sa cousine, Ashenie de Sephren, fille de feu la duchesse de Langehack, Esidenir de Sephren, était arrivée dans la plus grande discrétion en Erac… Alors que les rumeurs parlaient de sa mort, que la raison du conflit était l’idée de venger un complot contre elle de la part du Roi Trystan, elle était là, dans ce château et ce soir là, alors que la nuit portant la pleine lune déjà était tombée, ses ordres avaient été de veiller sur elle, de la protéger et de servir ses besoins quel qu’il soit tant que cela n’allait pas contre sa sécurité…
Ainsi, parcourant les couloirs dans sa tenue la plus courante, un surcot au couleur d’Erac , un pantalon de cuir et des bottes remontant jusqu’à mi-jambe, son épée à la ceinture, son habituel chevelure en bataille, il se rendit dans les appartements alloués à la cousine royale, mais il eut à peine l’occasion de quelques rapides présentations alors qu’elle décidait d’un bain avant de poursuivre un éventuel échange…
Le temps passa, il put sans souci feuilleter nombreux livres, assit sur une chaise à proximité de la porte de la salle d’eau, si d’aventures, elle put avoir besoin de lui… Ce n’est qu’après plus d’une heure à barboter dans l’eau qu’il put entendre des signes encourageants de mouvement de la jeune héritière des Sephren, à nouveau pleinement attentif, mais il n’espérait pas grand-chose pour ce soir, la soirée bien avancée, elle ne tarderait sans doute pas à disposer de lui et trouver le sommeil.
Puis un léger son, celui d’une glissade, un cri aigu et le voila debout, laissant tomber son livre sans plus en prendre soin, entrant en trombe dans la salle d’eau sans réfléchir plus à ce qu’il pouvait y trouver, peut-être aurait-il du, mais trop tard, le « mal » était fait et il vit lui tomber dessus Ashenie, la réceptionnant dans ses bras avant lui-même de basculer lourdement sur le sol de marbre, évitant à la demoiselle une chute des plus douloureuses, mais à quel prix ?

Qu’aurait pu penser un spectateur extérieur découvrant cette scène… ? Un chevalier et la fille d’une duchesse, tous deux dans une salle d’eau, la demoiselle pure et chaste par l’enseignement, vierge encore jusqu’à son mariage, nue, détrempée allongée dans les bras de son chevalier lui-même au sol, à l’éducation sans doute aussi stricte que celle de la fille ? Il vaut mieux éviter de l’imaginer…
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Ashenie De Sephren
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Mar 13 Oct 2009 - 16:16

La vapeurs d’eau distillaient les merveilles de la rose en un parfum doux et entêtant. La chaleur de la pièce contrastait avec l’hiver sanglant qui gisait au dehors, laissant le froid étreindre les chutes de neiges en une folle course contre le temps, où la lenteur douce se devait d’être couronnée. Rude et délicate, la dame blanche laissait ses bras virevolter au sein d’une poussière merveilleuse, chacune enfermant l’habitat d’une fée du soleil, miroir illusoire face à la douceur imaginaire dont la poupée de cristal s’éprenait. Le visage paternel se dessinait aux fenêtres, et son fantôme contemplait l’enfant nue, avec un désir dissimulé sous l’amour et l’extase. La château d’Erac conduisait ses âmes à veiller sur cet instant de méditation, et noyait dans son ventre la folie prémédité et grave, au cœur lourd, voilant Ashenie dans une somptuosité passive. Gardée par les apparitions grave et indélébile de la douleur, ainsi que par la chair réelle d’un chevalier de vertu au service du prince noir, la princesse blanche contemplait les reflets de l’eau chaude, en une longue exorcisation des souffrance encourues, suppliant par le cœur les dieux de fortune et de miséricorde, épuisant les volonté du ciel en un sacrifice de longueur, jusqu’au tréfonds de l’âme, où trônait le portait idéal d’un père absent.

Les cascades d’aurore ruisselaient en éclat mouillés sur les courbes d’Ashenie, tombant en une mélopée délicate dans le cuvier d’or. La voix de la pucelle accompagnait les notes d’une mélodie claire, et douce, aux aléas fous. Un chant accompagné des rossignols et oiseaux chanteurs, lorsque les êtres féeriques rassemblaient leurs oreilles autour des papillons de douceur. L’harmonie de sa voix cristalline chantait les louanges d’une langue ancienne, assimilée à une prière à la déesse de la vie, et au dieu de l’amour.


Tempus noster, at animus eternum
Quando catenae laceras sunt ab fiduciae ortus semamor librum
Tempus quando somnium tanti negate possunt florere
Tantum ut proferemus is amor quam debemus nunc Calare


Un instant notre, au cœur d’éternité,
Lorsque les chaines sont lacérées par le courage né d’un unique amour libéré.
Un instant lorsque les rêves si longuement reniés peuvent éclore,
Aussi longtemps que nous dévoilerons l’amour que nous devons uniquement cacher.


L’incantation lente laissait place à la douce folie des songes de clarté, nouant l’âpreté des cendres illusoires au cœur d’un néant perditif, sous la voûte céleste des fantômes de son cœur. Et dans le miroir, se dessinait la froideur fantomatique des traits du duc, encore aigri par la mort rongeant sa peau et ses sens. La voix d’Ashenie convoquait les éprit d’horreur, sous la magie cruelle du dieu de l’amour. La douceur de sa voix trouvait les échos de la pièce, réchauffant l’atmosphère d’une teinte suave et cristalline, chaleur délicate combattant la glace du dehors.

L’empire du parfum s’étendait doucement sur sa peau, et caressait la clarté opale d’une délicate sujétion du ciel. Les cris d’amour s’étouffaient dans un dernier espoir disparu. Une larme solaire venait parfaire le regard doux de la pucelle éperdue, laissant luire les coloris de son regard. La sensualité écarlate d’une fragilité tendre luisait, semblable à la perle océane prisonnière de ses coquillages de fer. Et le hurlement interne s’intensifiait sous les tambours d’une guerre incendiaire. Les airs se troublaient du crescendo de la folie, et la tempête s’élevait, âpre et lourde. L’homme la contemplait, fière, et serein. Les vagues affectives luttaient, amenant la cage de verre au bord de l’éclat, fissurée de toute part par le destin tragique.

L’âme blanche d’Ashenie vacillait, doucement illuminée par les songes éperdus. Ses yeux meurtris se voilaient d’une illusion nouvelle, et ses sens décelaient la présence même de son père, jusqu’à en inventer l’odeur. L’invention était-elle seulement bafouée par la folie maladive ? Les allusions fantomatiques grinçaient, sous les lents murmures aux sanglots longs. Les rochers du destin brisaient doucement la damoiselle à son égo propre, gisant à la merci même des crocs du souverain juge. Les papillons du toucher s’effaçaient dans une réalité abstraite, et jouait de leurs ailes colorés pour éblouir le regard vairon de la petite duchesse. Perdue dans l’étau de verre, elle se blottissait, infantile, dans la chaleur de l’eau.

La fraicheur tactile d’un contact illusoire venait conforter un sourire douloureux dans sa racine. Les éclats d’étoile de ses yeux se teintaient d’une immensité grave. Prise par le contacte saisissant, elle rêvait l’effleurement de son père. Elle le voyait encore, trônant dans les yeux de Kazil, lumineux et fier. Sa douceur la laissait doucement valser dans les eaux du tumulte de ses illusions d’horreur. Douce, la pression appuyée sur son épaule laissait de nouvelles larmes naître, et cambrait son corps avec force en descendant vers les eaux. L’océan s’ouvrait en un gouffre autour d’elle. Sa gorge nouée émettait de faibles gémissements face à la mort qui s’engouffrait sur elle. Le cadavre de son père gisait, se décomposait à ses yeux, et agrippait son cou de sa main glaciale. L’eau chaude semblait vouloir engloutir son visage. La main morte devenait étouffante, serrant toujours plus la gorge de façon illusoire. Prise au cœur, Ashenie sombrait dans une lutte perdue.

Une longue plainte s’échappait des lèvres rosée de la poupée de cristal. Ses mains effleuraient le poitrail de l’eau sculptée en un vaste mâle de cœur, méandre de ses souvenirs empoisonnés. Un bruissement ample, brisant le calme de la mélodie, déchainait les percussions de la peur. Le cœur battant le rythme de l’espoir, la fille du duc voyait ses songes s’intensifier. Elle se débattait pleinement sous les rugissements de l’eau. Les effluves fantomatiques du duc la redressaient, apeurée. Fondant autour d’elle, et s’orientant vers la porte, la force fantomatique entrainait le déséquilibre forcé.

La porte s’ouvrait à la volée, et le sauveur dessinait les abîmes de l’espoir mortifère. Projetée sur le héro à l’épée saillante, se corps voletait doucement dans les airs froids et électrisés du fantôme de ses illusions. Un léger gémissement ponctuait le choc de la poitrine trempée d’Ashenie sur le velours voilant le torse du chevalier magistral. La gravité les entrainait au sol dans un second choc, à la douleur grandissante. Le souffle coupé du chevalier de vertu répondait à l’entrave des poumons de la petite pucelle, tandis que le cuvier d’eau chaude se déversait lentement sur le sol, inondant les corps.

Le visage d’Ashenie se blotissait dans contre l’épaule du maître des épées, et son souffle hiératique caressait périodiquement en charmes doux et suaves la peau dévoilée du cou de Théodoric de Melasinir, découlant de la surprise et de la peur submergeant les sens immobilisés. Le temps se figeait sur cet instant douloureux. Les mains d’Ashenie, conservant encore les écumes de l’eau, s’étaient machinalement agrippées aux revêtements blancs et cyan, tandis que l’une de ses paumes couvrait le blason d’Erac. La douceur de son toucher se calquait aux muscles saillants et dessinés par l’eau, dont la puissance émanait sous la poitrine rebondie, blottie à même le torse du sauveur. La pointe de sa poitrine pressait ses pectoraux saillant, en une douceur féminine sur l’hégémonie même d’une masse musculaire tressée et moulée dans l’avenance certaine. Le ventre lisse de la petite princesse de cristal effleurait les abdominaux contractés à la force sans conteste. Les bras de l’homme s’étaient lentement refermé en une étreinte indigne et profane, laissant émaner une protection avortée par la chute, et grandiose dans son sang. La respiration grandie d’Ashenie battait rapidement sa poitrine sur le corps étendu du chevalier, et intensifiait le contact de la virilité masculine à la clémence ronde féminine. Les doigts de l’homme s’étaient saisi de ses hanches, et gardait machinalement le corps hors d’atteinte d’un quelconque danger, étreinte au creux des courbes, à la limite même d’une intimité indécente plus prononcée. Ses jambes s’étaient emmêlées aux siennes, pressant le bas ventre de l’homme en un geste erroné, amusé des deux. Le cuir vêtant les jambes du chevalier effleurait la peau nue de la petite De Sephren, glissant une jambe entre le sienne par le fâcheux destin.

Les yeux d’Ashenie s’écarquillaient doucement sous le choc. Les bras d’un homme s’étaient refermés sur elle, indignement. Son corps dévoilé était à la portée du regard du chevalier, et ses songes bataillaient, figeant son corps et attirant sa respiration vers la peur. Presque tremblante, et encore victime de ses illusions, elle s’accrochait, cherchant l’espoir d’un réconfort. Incapable de bouger, elle gisait sur le corps de son sauveur, une fine expression de gène s’échappant de ses lèvres. Elle n’avait jamais connu pareille inimité, et se refusait d’admettre les faits, rougissant de sa honte et de son pêché immense. Un soupire de surprise dessinait les lèvres de la peur, et ses traits désolés s’intensifiaient. Son âme se torturait, invalide, tandis que ses yeux cherchaient ceux du sieur de Melasinir.


Dernière édition par Ashenie De Sephren le Jeu 15 Oct 2009 - 14:21, édité 1 fois
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Théodoric
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Mer 14 Oct 2009 - 16:40

Perdu… Errant dans les confins même d’un esprit troublé…


Il n’y eut d’abord que l’obscurité, pleine et entière, occupant l’espace autour de lui, perdant le chevalier dans un labyrinthe sans mur, sans structure que celui d’un déluge sombre l’engloutissant sans répit, le noyant dans les ombres profondes d’une semi-conscience. Désireux d’avancer à tâtons là où il n’est rien à toucher, pas même le sol, il progressait dans ce monde étrange et uniforme, cherchant la sortie autant qu’une réponse… Comment était-il arrivé ici ? Comment avait-il pu entrer dans le monde transitoire, où la réalité autant que l’inconscience sont absent ?

Les souvenirs flous lui revinrent, éclairant et emplissant le sombre pays dans lequel il se trouvait d’images et de sensations, le tout lui parvenant comme un coup de masse, la noyade dans un déluge affolant les sens de l’esprit, manquant de l’étouffer puis tout fut plus clair, du moins, presque…

Il réentendit la plainte en provenance de la salle de bain, de sa protégée, l’agitation même de l’eau, l’inquiétude en cet instant précis, l’envahissant et dictant ses actes suivants, chaque geste décidé et convenu non par la crainte mais par le devoir et le souci de voir celle qu’il devait servir et garder mise à mal, en danger. Les grincements d’une chaise rejetée en arrière, frappant le mur sous l’impulsion, le sifflement du livre flottant dans l’air avant de tomber au sol dans un bruit sourd, le crissement des bottes alors qu’il amorçait son mouvement vers la porte… Tout ses sens, ces sons s’en trouvaient amplifiés et devenaient clair alors qu’il ne se souvenait pas même les avoir entendus la première fois.

Un instant plus tard, il se trouvait sur la porte, la poussant avec force et sans la moindre hésitation, et là, ses sens furent troublée, une nouvelle vague plus forte encore le submergea et le brisa à ce moment précis où la porte fut entre-ouverte… Une force inconnue et invisible semblait le retenir, vouloir même le repousser, entravant ses mouvements, son entrée, mais là n’était pas le seul impact de cette force, son intrusion était plus profonde, frappant l’âme et le cœur même du chevalier. Un frisson qu’il n’avait pas eu le temps de percevoir l’avait parcouru, un souffle glacé, plus froid même que l’hiver le plus rude… Puis l’angoisse fut maitresse, lui qui savait pourtant braver la peur et la mort elle-même, ce qu’il perçut à cet instant sut passer outre tout cela.


Envahi… Le voila submerger de sentiments étrangers…


Au-delà d’un frisson, le voila se noyant dans une nouvelle vague… Les sensations, les souvenirs intrus l’imprègnent, l’envahissent sans peine, pénétrant chaque couche de l’âme et du cœur, y laissant des traces qui ne sauraient disparaitre… L’esprit souillé scelle son destin et la marque s’inscrit en profondeur pour demeurer à jamais.

Un combat s’engage, un siège pourtant perdu d’avance tentant de contrer l’envahisseur mais c’est vain, une lutte qui ne saurait être remportée pour la préservation, mais bientôt tombent les défenses, la porte est ouverte et s’engouffre le flot incessant.
Bientôt, il ressent de nouvelles choses, ce qui ne lui appartient pas mais lui a été transmis, accidentellement ou volontairement, qui pourrait le savoir ?

C’est l’amour d’un père pour sa fille… Un amour qui ne saurait souffrir d’aucune limite que celle du respect qu’il lui porte, le désir profondément bon de ne pouvoir lui faire du tord, de faire outrage à sa personne. Celui d’un regard, source d’une perdition infinie, d’une contemplation évasive et sans fin qui ne cessera jamais de le subjuguer, à l’en rendre presque fou…
S’en est un, effleurant les limites imposées par les mœurs, allant bien au-delà même dans les fantasmes qu’il fait naître… Plus qu’être un père, c’est un désir de la posséder, de la garder pour soi sans pour autant manquer de dignité, affecter la pureté et l’innocence que l’on veut sauvegarder. Plus pur que bien des amours, plus profonds que la plupart des sentiments et d’une beauté à en faire pâlir le plus beau des paysages sous un coucher de soleil.

C’est la passion d’un homme pour sa plus grande et seule fierté, celle qui justifie seule le sacrifice d’une vie entière passée dans les ombres à subir sans dire mot, acceptant le sort qui était le sien. C’est celle d’un soleil, une apparition sous les traits angéliques et purs d’une jeune fille parfaite, d’une douceur, d’une tendresse sans pareille, la lumière qui égare d’un chemin tracé dans l’obscurité d’une existence triste…

Alliance de l’amour et de la passion prenant par la main et faisant sombrer dans les méandres de la folie, devenant une colère, une haine, un mépris sans demi-mesure, la jalousie envers les hommes gravitant autour, ne voir dans leurs regards que le désir de la souiller, n’y voir que des menteurs, tentateurs cherchant à la lui voler, à s’en emparer et à la perdre, la faire tomber de ce piédestal divin sur lequel elle reposait, si belle.
Une noble folie que celle de vouloir préserver par amour, ne jamais en être séparé, pas même par la mort… Mais tant de tristesse nait de cela, car l’inaccessible l’est autant pour soi et la crainte de la voir s’évanouir est permanent. Une vie dans la peur constante d’échouer et de la voir marier à l’odieux, à l’infâme qui abusera d’elle, de sa gentillesse, de ses charmes pure, de sa douceur.

Découvrant la profondeur au-delà de la surface troublée des eaux sombres, il ne put qu’être prit d’affection, de pitié et de peine pour cet homme qui parut toujours tellement froid, sombre et matériel, ayant fait la richesse de Langehack et qui, désormais dévoilait aux sens du chevalier la surprenante grandeur de ses sentiments louables, admirables en tant d’aspect.



Libérée… L’âme s’éveille enfin…


Enfin, la noirceur le quitta, et doucement, ses yeux retrouvèrent la lumière, à nouveau. Ses sensations de l’instant revenaient, peut-être eut-il été mieux qu’elles ne le fassent pas. Une douleur au crâne le fit gémir légèrement alors que ses yeux peinaient encore à voir clairement, il se remémora alors la chute précédant le trou noir, mais si c’était tout ce qu’il retrouvait, il en aurait été rassuré…

Ses sens eux-mêmes se perdaient, lui offrant un aperçu qu’il eut du mal à accepter, à reconnaître et il se rendit compte de plus important que la douleur, sa présence. La tête sur son épaule et le souffle doux et chaud, balayant rapidement et régulièrement son cou, lui offrant de nouvelles merveilleuses sensations qu’il n’aurait pas imaginé même dans ses songes tant agréable… Sa respiration elle-même irrégulière chantait avec celle de la demoiselle une union parfaite et permanente au gré des mouvements de leurs poitrines, ses courbes délicate et harmonieuse trouvant un écho masculin à chaque expiration la plaquant contre le chevalier.

Ses mains purent profiter de la douceur même de la peau du joyau d’Arathor, il n’était là aucune caresse indigne, outrage à la demoiselle, seul substituait les restes d’un sauvetage que ses sens et sa conscience endolories n’avaient pas encore effacés. Les jambes emmêlées, l’appuie sur son bas ventre, pression involontaire sans nul doute, conséquence malheureuse et accidentelle de la chute n’aidait en rien à dissiper la gêne de l’instant, la paralysie même devant pareille situation.

Par réflexe autant que par souci de dissiper l’indécence, il remonta légèrement ses mains dans une caresse involontairement délicate et tendre, appréciant plus encore le contact de sa peau, il put avoir un portrait de la situation, sans même la voir.
La gêne devait être semblable à celle que devait ressentir la pucelle de Langehack, il n’avait jamais été dans une telle situation, et c’était là quelque chose qui allait contre les manières qu’on lui avait enseigné sur ce sujet, il voguait désormais en territoire inconnu, trop troublé pour parcourir les codes et les manières, tout ce qu’on avait pu lui apprendre pour mettre un terme à cela… Mais le choc encore neuf de l’étrange invasion spirituelle et cette découverte avait balayé sa facilité à réfléchir.

Finalement, il recouvra totalement la vue, d’abord le plafond, il souleva légèrement la tête, entendant les gouttes perlant dans la flaque présente sous lui, l’amenant à un détail auquel il n’avait pas fait attention, mais quelle importance à cet instant ? Son regard émeraude, pareil à celui de son cousin se posa sur celui qui le cherchait, et le croisant, il se perdit à son tour, comme Arathor, comprenant et ressentant cette évasion, cette chute vertigineuse dans un paradis visuel battant dans ces yeux. Devant l’air apeuré, troublé de la demoiselle, qui trouvait son reflet dans le sien, il prit pleinement conscience de ce qu’était les soucis posés par leur position, il put se réjouir que ses yeux ne quittent pas les siens, ainsi, l’outrage serait atténué par cette clairvoyance.

Il retira l’une de ses mains du dos de la pucelle, reposant sa tête contre le sol trempé doucement, se frottant les yeux, le crâne comme si cela pouvait suffire à tout régler et la laissa reposer à côté de lui. Enfin, commençant à reprendre conscience de tout, il décida de rompre la glace avec quelques mots, mais le trouble continuait d’imposer sa loi, jusque dans sa voix légèrement plus aigu que celle de son cousin mais tout aussi mélodieuse, bien qu’en cet instant, elle parut brisée.


- Vous allez bien Dame… ?

Point de grands discours, de paroles rassurantes dans l’immédiat, rien qu’une question qui aurait peut-être comme conséquence de mettre à mal la tension qui les rongeait tout deux. Mais il dut rajouter quelque chose, il en savait assez sur ces choses là et lisait sur le visage de la petite duchesse la confirmation de ses pensées.

- Je… Je suis désolé de vous mettre dans pareille situation…
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Ashenie De Sephren
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Sam 17 Oct 2009 - 10:56

L’instant s’était arrêté, figé dans un mur de glace pressant les cœurs et battant la chaleur régulière en un tourbillon de saveurs parfumées. La rose se mêlait à la fraicheur extérieure, et la température s’épandait sur la peau de la petite duchesse en une caresse ample de l’hiver. Un frisson de froid baisait les plages du corps de la princesse de cristal, et soufflait tendrement, avec un passion négligée, sur les méandres de ses courbes douces, alors que la lourdeur de la chute s’évaporait en une fine brume perditive. Les cascades folles s’intensifiaient, s’écartant avec panache sous les doigts du chevalier Théodoric de Melasinir, remontant lentement dans le creux du dos de la demoiselle de Sephren. Les mains de la petite pucelle s’agrippaient, lentement, et cherchaient le refuge de son père, encore présent…

Les diamants de la nuit remplaçaient le soleil de ses yeux, démultipliant les images fantomatiques de son père en un vaste étau d’esprit, sidérant sa poitrine, meurtrissant son cœur, bannissant les affres de l’extase en un tremblement de peur sur ton son corps, vibrant aux soins éperdus qu’il gardait encore pour elle. Les voiles drapés de l’inconscient tournoyaient autour de son âme, s’éprenant encore de sa voix, l’entourant des bras de la virilité paternelle, et créant encore l’odeur même de sa peau, la saveur de ses yeux, en un vaste étau sombre, devenant peu à peu néant.

Une main s’élevait, déliant l’âme figée d’Ashenie en un soupire doux, et délicat, une note haute fendant l’air en un minuscule écho de l’esprit. Tendre, la voix ingénue exprimait le gène, bientôt couverte du gémissement du sieur de Melasinir, tandis que l’eau s’éclatait en vagues laiteuses sur l’horizon abrupt de leurs corps enlacés. La poitrine d’Ashenie battait avec crainte la lente harmonie des respirations mêlées, pressant le torse viril dont la puissance exhalée se maintenait sous elle. Le poitrail imposant soulevait l’enveloppe féminine de la poupée de cristal en un vaste reflux, robuste et intense, la laissant flotter, un instant encore, bercée de ce souffle chaud et léger qui s’épandait sur son visage et ses épaules. Le zéphyr doux et cristallin de la petite duchesse répondait, amplement, guidé par la peur et la honte, s’écoulant en flux harmonieux sur le cou de Théodoric de Melasinir.

Les regards s’étaient croisés, fébriles. Les yeux du poupon de soie dénudé s’étaient épris des coloris scintillants, purs et grandioses. L’émeraude de l’un se confondait à l’autre, et elle sombrait dans les méandres d’une folie perditive. Profondément transpercée par le regard, elle se sentait voler en éclat, pourtant figée, comme si le temps ne daignait plus s’écouler sur le regard, le laissant aux affres d’un instant éperdu de tentation et de souvenirs amères aux vagues de tendresse. Brisée par le coloris de béryl, luisant, semblable aux joyaux perdus, inestimables et à la teinte de richesse du cœur. Les yeux vairons de la petite pucelle s’envolaient, par delà les frontières du réel, dans le monde hermétique trônant dans l’émeraude du sieur de Melasinir. L’essor de ses larmes s’élevait dans le ciel verdoyant, et scintillant de mille étoiles filantes, semblable à une lente attraction effrénée. Les élans de son envolée trouvaient les échos nuageux, sculpté par les ailes aphrodisiaques d’un ange de clarté, et déjà dégringolait de l’acropole de verre, s’effondrant peu à peu dans les extases de l’âme endormie, miroir véritable des traits fantomatique de son père éteint. Son cœur palpitait, s’intensifiant encore au rythme des tambours d’amour, et sa main presque élevée un instant, semblait se rapprocher du visage altéré par les visions aliénées. Ses doigts se ravisaient, se refermant dans sa paume en un toucher délicat, et tendre, tandis que son esprit ensorcelé tournoyait dans ses illusions de folie. Les merveilles d’un monde nouveau se découvraient à ses yeux ébahis. L’ingénuité caressait son visage, gravant l’expression de poupée de porcelaine sur ses traits, jouant d’une délicatesse parfumée et touchante.

La voix de Théodoric brisait, laissait la demoiselle prise d’un sursaut écarquiller les yeux. Son corps voluptueux se redressait soudainement, avec la même habilité que la danse conférait pour voltiger dans les airs. Le ciel de cristal se déchirait, infini, et un léger gémissement venait accompagner la brusque dissipation des illsuions. La pointe de la poitrine d’Ashenie effleurait longuement le torse du chevalier, se retirant avec grâce, bientôt couverte à ses yeux par son bras. Sa cuisse s’évadait en un mouvement léger, et caressant, se déportant avec volupté. Le bas ventre de la petite princesse effleurait, honteusement, le cuir de la cuisse de Théodoric de Mélasinir, laissant une trace humide imbiber le tissu. Reposée sur sa cuisse, et presque assise, Ashenie gardait son intimité hors de vue, encore figée de cette expression d’incompréhension, pourtant délicate à ses traits, conférant un air mignon au visage interrogateur. Ses genoux serraient doucement la cuisse à peine quittée du chevalier, non loin d’elle.

Avec candeur, sa voix douce et subtile s’élevait en un chant de délicatesse harmonieux, teinté d’un réel gène. La peur palpable se mariait avec la tendresse naturelle de la voix féminine, s’élevant dans les airs en échos gracieux témoignant des aléas des chants.

« - Néera pardonne ma confusion…Que…

Ses yeux se posaient sur la teinte rouge et sanglante, s’évadant en une brume écarlate dans la marre d’eau chaude, baignant le sol. Les parfums entêtants et délicats contrastaient avec cette vision d’horreur. Avec une tendresse presque sainte, l’inquiétude concernée affectait les traits d’Ashenie, et ses larmes naissantes luisaient à la lueur ocre des chandeliers.

Le mal ronge le refuge de votre corps! Jusqu'où la souffrance vous enivre t-elle?»

La princesse de cristal retenait une plainte, alarmée.
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Théodoric
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Lun 19 Oct 2009 - 20:06

Le temps ralentissait, ne laissant bientôt couler que quelques grains dans son sablier d’or, allongeant l’instant dans des proportions astronomiques, apportant à chaque secondes s’écoulant une trace éternelle et une intensité sans commune mesure, affolant les sens submerger de messages venant de tout ce qui l’entourait…

Ainsi, bien qu’il ne s’en rende pas véritablement compte, il entendait la respiration irrégulière, toujours affolée, effrayée de la demoiselle, l’eau s’écoulant encore, chaque froissement de son surcot trempé provoqué par les tremblements de la pucelle. Mais ses sens étaient les instruments de la farce d’Arcam, vile manipulateur de cette scène, et le marionnettiste des deux innocents usa de ses talents pour augmenter encore la gêne, amenant les tremblements jusque dans les jambes de la jeune fille, mais il est un endroit des plus sensibles qui subit les assauts et les stimulations involontaires de sa protégée… Des choses qu’il ne voulait pas présent dans son crâne, des réactions du corps dérangeante, pour lui comme pour elle, apparaissant doucement, lentement heureusement, mais l’idée qu’elle doive s’écarter au plus tôt était présente, il voyait son organisme le prendre en traitre, agir contre lui, et il fallait éviter les débordements au plus vite.
A ces tremblements secouant la virilité affirmée mais par chance pas encore épanouie du chevalier s’ajoutant ces souvenirs et ses idées étrangères, les rêves, les fantasmes d’un père pour sa merveilleuse fille, s’en était troublant et ne s’annonçait pas au bon moment, et comme si cela ne suffisait pas, ses propres idées, enfouies bien en profondeur à l’accoutumée, son désir, la volonté et les envies purement charnels vinrent saluer le pauvre chevalier, uniquement armé d’un bouclier qu’on appelle la morale et d’une épée que sont ses principes et le respect de la gente féminine et de la demoiselle… Ainsi, les combats n’étaient pas encore terminés mais l’ennemi était légion à ses portes.

Pourfendant, repoussant non sans mal chacun de ses adversaires, il ne put tout retenir, et à contre cœur, il se sentait prendre de l’ampleur et de la hauteur, doucement mais surement, rongé par des images absurdes et inconvenantes, voyant la petite duchesse nue, non pas avec ses yeux, puisqu’il évitait de porter son regard sur elle, mais dans ses songes, hantés par le pervers étranger, immonde envahisseur aux bagages troublants. Mais là n’était pas encore la fin d’un cauchemar qu’il tentait d’éviter, la jeune fille semblait en proie à ses propres démons, approchant dangereusement sa main de sa joue, se ravisant mais l’effleurant, foudroyant d’un déluge de sensations, ses sens mêlées à ces pensées parasites, embellissant et donnant à cet effleurement le goût d’un délice, accentuant à l’extrême la douceur, la tendresse tendant désormais vers l’infini, agissant sur son trouble physique comme une nouvelle poussée… Comment pouvait-il lutter et vaincre tant de choses à la fois, sachant qu’à chaque échec, à chaque brèche sa faiblesse grandissait, le désir malsain prenant le pas, progressant doucement mais sûrement vers une victoire.

Enfin, elle se redressa, il détourna rapidement une nouvelle fois son regard, luttant contre l’envie de l’admirer dans cette souplesse dénudée, découverte à son regard émeraude, et se dégageant de sa virilité, elle lui offrit des renforts, atténuant les assauts qu’il devait contrer, mais le mal était fait et l’effleurement de la délicate poitrine, lui apparaissant en images un court instant le comblèrent encore de sensations formidable et intense, et si d’aventure, les yeux de l’innocente s’aventurait sur son corps, elle découvrirait la curiosité d’un relief improbable, léger mais bien présent, distendant le cuir, formant une légère bosse discrète mais pourtant visible, malheureusement.

Quand elle eut finit de se redresser, se dégageant pour s’installer à demi-assise sur sa cuisse, enserrant doucement celle-ci entre ses genoux, le chevalier tenta de trouver les ressources pour repousser les assauts mental, les mettant de côté pour se reconcentrer… Il remercia son père à cet instant, et ses innombrables heures de gymnastique cérébrale afin de contrôler les émotions qui pouvaient l’affecter, utile dans ce genre de circonstance, tant qu’Ashenie ne faisait rien pour renforcer les assaillants, bien entendu.
Et à peine eut il calmé ses idées qu’elle parla… C’est dans ces moments qu’on découvre la véritable force d’une voix, car si il en est pour qui le discours compte plus que l’intonation et la mélodie chantée, celle demoiselle n’avait pas ce souci, surtout avec les aides étrangères qui s’étaient invitées et il fut envouté, enivré par la balade des sirènes troublée mais magnifique dont elle le gratifiait. Ses défenses cédèrent encore du terrain à l’assaillant appréciant la venue de ses nouveaux outils…
Il savait qu’il ne sauterait jamais sur elle, n’abuserait jamais de son corps comme un vandale, ses propres pensées, celle de l’étranger n’allait pas en ce sens, mais quelques caresses discrète pour apprécier sa douceur, la perfection de sa peau, des regards portés, admirant ses traits délicats et sublime, cela, pouvait arriver.

Le ton changea, le discours aussi… De l’inquiétude, de la peur mais pas celle que pouvait générer cette situation, c’était autre chose… Elle parla d’un mal rongeant son corps, d’une souffrance qu’il ne ressentait pas, tout au moins jusqu’à ce qu’elle en parle. Ses sens l’alertèrent alors, écartant les pensées vicieuses pour se concentrer sur ce seul souci… Une blessure à la cuisse, la douleur était légère, sans doute comme l’entaille mais il pouvait sentir le sang chaud s’écoulant de la plaie, doucement mais assurément. Il pouvait encore sentir la lame sortit de son fourreau contre sa peau, dans sa chair ouverte, et louait la demoiselle de ne pas s’être assise de manière franche.
Il se redressa soudainement, prenant appuie sur l’un de ses bras, pliant sa jambe très légèrement pour ne pas appuyer avec sa cuisse, se retrouvant face à face avec la demoiselle, à nouveau dans une proximité troublante, mais il déporta son regard sur le sang puis en revint à Ashenie, lui adressant un sourire tendre et doux, se voulant rassurant, décidant de reprendre les choses en main, il laissa s’échapper quelques mots.


- Dame… Je vous remercie de vous soucier de ma blessure, mais, sans vouloir vous manquer de respect, pourriez-vous vous relever, je détournerais mon regard bien entendu, sans prendre davantage appuie sur ma jambe… Vous pouvez vous servir de mes épaules, ça serait mieux.

Une précaution pour qu’elle évite d’enfoncer plus profondément la lame, dès qu’elle serait debout, il écarterait cette maudite lame, mais à cet instant, il détourna les yeux d’elle, vers un mur vierge.
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Mar 20 Oct 2009 - 12:54

La dame des neiges déchaînait son courroux, chargé de ces électriques apparitions fantomatiques. L’orage hivernal pointait sur le château d’Erac, lourd et menaçant l’horizon de sa noirceur ample. Les vents lourds tournoyaient, balayant les diverses chaleur en un microcosme du cataclysme nouveau, tandis que le ciel se disloquait sous la voûte céleste, gravement atteint et déchiré par la grêle abondante. Le ciel foudroyant balayait amplement l’extérieur du fort de son souffle rauque, sifflant dans le château, inquiétant. Le courroux divin se déchainait au dehors, semblable à une déchirure, grondant, et menaçant. La vie préservée n’était pas étanches, laissant filtrer la peur et le tumulte au travers des portes de la demeure.

Le calme pourtant se figeait sur l’instant riche au cœur de la petite pucelle, quoi qu’aussi tumultueux que l’orage du dehors. La tempête déchainée dans les sens de la princesse de cristal se gravait de cette âpre douceur, dans l’indécence sulfureuse d’un instant éperdu. Les yeux émeraude du mâle épargnaient le vice dans les yeux vairons d’Ashenie. Le céruléen tendre se teintait d’une brillance extrême, mêlé au lime dissonant, éclatant de cette pureté virginale à la candeur mouillée par les émotions fantomatiques. L’âme enchevêtrée s’éprenait des coloris fou, et, un instant encore, l’inquiétude se teintait d’un mystère enivrant, une aliénation de réalité paternelle, tendrement mené par le cœur aimant.

L’odeur du sang brisait la chaîne de l’infini, tandis que l’éternité était balayée de cette plainte lacrymale, où les larmes trônaient souveraines de l’inquiétude. Le temps allongé se brisait, effondré par l’envol alarmé des sens. L’aube nouvelle gisait à même le sol, teintée de sanguin et de mal, couvant en lui comme un feu rongeant la paille du corps. La cuisse d’Ashenie effleurait la brume épandue, embrassant la rougeur de la folie. Le regard doux et compatissant se parait des larmes alarmées, et laissait battre son cœur d’un souffle nouveau. Les traits de son visage se teintaient du trouble de l’anxiété, et ses lèvres rosées et tremblantes exprimaient le péché mignon de la crainte.

Le chevalier se redressait, non sans peine, soudainement. La main d’Ashenie s’était dépêchée de fondre à son aide, le tirant doucement pour l’aider, tandis que son inattention portait sa jambe à se mouvoir doucement. Le genou du chevalier se repliant, laissant tomber la cuisse gauche de la petite pucelle en un écart troublant. Leur proximité s’intensifiait, tant qu’elle devenait intense, et grave. L’aura du chevalier contrastait avec la possession virginale de la petite damoiselle, battement perditif au rythme des cœurs alanguis. Les yeux vairons contemplaient, intensément, mouillés d’un émoi tendre et rassuré, quoi que palpitant d’une peur puissante, le visage du chevalier rapproché. Le vice glissait dans son regard preux, tandis qu’il cherchait l’affut du sang entre les cuisses de la damoiselle, écarquillant les yeux, avant de s’écarter en un léger mouvement.

Pourtant, le visage du sieur de Melasinir émettait un sourire tendre et rassurant, troublant dans son essence les affres psychédéliques de la damoiselle. Virevoltant dans la longue valse du destin, l’aura la choyait dans une étreinte de verre, tandis que le labyrinthe creusait son amertume à même le sol, et laissait grandir une atmosphère de puissant trouble. Ses mots n’évoquaient aucune vision, aucun choc indécent, tant bien que la damoiselle semblait vaciller dans ses songes impurs. Elle s’alarmait de nouveau, pris entre les deux feux de l’idéal. La virginité bienséante combattait l’atrocité de l’empathie, rongeant la poupée dans ses entrailles.

Les paroles du chevalier d’Erac brisaient les doux voiles du rêve, ramenant dans un sursaut tendre la damoiselle à une réalité brutale. Contemplant la blessure, ses yeux s’emplissaient de compassion ardente et digne, coulant à flot dans la voie lactée des songes. Le sang coulait, baignant l’entaille d’une atroce marée rouge, frappant au cœur et dans l’âme même. La prison de verre volait en éclat. Une légère plainte sortait des lèvres rosée de la petite pucelle, dont le cœur s’affolait, indistinctement, sous sa poitrine bombée. Sa voix s’élevait en une mélopée ingénue, douce et gracieuse, prenant son envol dans la voûte céleste. Teinté d’un affolement compatissant, elle trahissait son état concerné, et son inquiétude ample.


« - Vous ne pouvez souffrir d’avantage, sir… Cette vision est trop douloureuse à mes sens. Ne brusquez pas vos mouvements… »

Elle se glissait, hors d’atteinte de sa peau, en une fine caresse ouverte le long de sa jambe. Le corps d’Ashenie se redressait, faiblement, félin et élancé d’une grâce sans nom. Pourtant indécente, la posture s’appuyait sur ses quatre membres au sol, et dégageait la sensualité féminine dans la candeur de la nudité. Le sol glissant laissait souffrir ses pas d’une lenteur ample, sauvegardant sa posture fébrile. Son avancé voilait son intimité aux yeux du chevalier, mais laissait la dame exposée à une perversité masculine abjecte et ignoble, quoi qu’endurée par la pucelle dans le but de stopper les écoulements de sang. Sa main se tendait, lentement, avant d’agripper une draperie blanche.

Sa posture dévoilait, un instant, sa poitrine ample et rebondie, dressée par les frissons et l’eau s’écoulant encore de son corps. Sa jambe légèrement repliée voilait son bas ventre, laissant ses hanches rebondies et saillantes luire avec éclat. Ses doigts agrippaient suavement le tissu, bientôt trempée sur le sol de marbre. Les éclats déchainés martelaient le château, tandis que l’orage souffrait de cette folie des tambours, tonnant sans appel. Un lourd éclat illuminait un instant la pièce, déviant les regards vers sa provenance, à l’extérieur. Les yeux ingénus s’ouvraient devant la puissance divine, arrêtant, un instant le temps…

La lourdeur tonnait gravement, laissant battre le cœur d’une anxiété faramineuse. Déchiré par le bruissement sourd, les sens d’Ashenie s’affolaient, tandis que le petit poupon de clarté cherchait le réconfort des yeux, enfantine, et apeurée par cette noirceur climatique intense. La nuit promettait l’ardeur embrasée d’un soleil noir. Les appuis incertains d’Ashenie se mouvaient, tangible, sur le sol trempé et savonneux. Le parfum enivrant dérangeait les idées, noyant la sécurité dans la hâte d’un réconfort chatoyant. L’aura apaisante du chevalier laissait frémir la damoiselle, et ses yeux la perdaient un instant. Son inattention coûtait, grave, chère…

Le corps d’Ashenie se déportait, glissant sur le marbre détrempé, une nouvelle fois. Sa cuisse portait son corps entre les jambes du chevalier d’Erac, tandis que sa chair frôlait, sensuellement, le cuir tendu couvrant ses jambes. Elle le heurtait, doucement, continuant se mouvement, s’étendant presque sur lui. Ses mains agrippaient les épaules du chevalier, tendis que son regard se hissait à la mesure du sien. Collée à lui, tremblant par la peur, elle s’était blottie, malgré elle, dans l’aura chaleureuse du chevalier. Son bas ventre rencontrait la tension du cuir, saillante et dessinée. Un léger gémissement du à la chute venait ravir les lèvres chantantes de la petite pucelle. Ses yeux mouillés d’émois oscillaient entre pureté, inquiétude, et peur, toujours épris d’une compassion tendre et douce…


« -Théodoric… »

La plainte formulait excuses et volonté de réconfort, inquiétude et honte d’être de si près rattaché à lui. La pointe de la poitrine effleurait doucement le torse trempé de l’homme, tandis que la draperie couvrait maigrement le sol, et le torse de l’homme. Dans le miroir s'était dessiné le portrait indigne de la féminité ; vice condamné, œuvre prohibée de la sœur bonté.


Dernière édition par Ashenie De Sephren le Ven 23 Oct 2009 - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Mer 21 Oct 2009 - 12:38

Ainsi, voila que les rôles s’inversent, et l’épée, symbole de son devoir devient l’instrument d’un échec…Elle souffrait, dévorée par l’inquiétude grandissante à l’égard de cet homme blessé par l’outil qui devait préserver sa vie, celle des autres, par la peur et la terreur que lui infligeait la découverte d’une blessure, de tout ce sang s’écoulant de sa cuisse… Il devait la préserver, apporter pour elle une sécurité, le sentiment d’être en sûreté et la voila subissant une douleur qu’il a provoqué… C’était un échec, c’était pitoyable, il se sentit faible en cet instant, oubliant les pensées nées de la perversité masculine pour se concentrer sur sa culpabilité, sur sa faiblesse du moment, priant même Néera de pardonner son serviteur pour cette erreur.

Il écouta néanmoins la demoiselle, de toute manière, c’était plus sage de ne pas bouger, et s’intéresser à sa plaie, c’était prendre le risque de découvrir encore davantage la demoiselle et provoquer plus qu’il ne l’avait déjà fait… Il se contenta d’écouter chaque mouvement alors que dehors la nature se déchainait, lui était là, contemplant un mur, attendant tout en demeurant attentif à ce que pouvait faire la jeune fille, ne désirant pas troubler sa pudeur, porter atteinte à sa vertu vantée et source de nombreuses convoitises partout dans le Royaume, tant voulaient la posséder, comme si elle était le joyaux illuminant par sa grâce et sa pureté ces terres, mais devenant l’intérêt des perfides et sombres seigneurs, désireux autant d’utiliser ce qu’elle représente que de souiller un corps magnifique et chaste… On l’avait utilisé pour justifier une guerre, un drame qui sans nul doute avait fait naître des larmes pour celle qui tient tant à préserver la vie, même d’une petite entaille.

Bientôt, la pièce fut totalement illuminée par les déchainements naturelles s’abattant sur le château, un instant, le temps cessa d’être et au suivant, le grondement sévère tonna, faisant même trembler légèrement les murs sous l’impact, mais si le chevalier n’eut aucune réaction, guère ennuyé par les caprices et les colères d’une nature puissante, divine même, ce ne fut pas le cas de la demoiselle de Sephren. Elle s’était figée, il l’avait entendu… L’idée qu’elle put craindre la foudre lui vint, il le savait, nombreux étaient ceux qui voyaient en cela une colère divine, le déchirement d’un ciel désireux de punir les hommes.
Un geste d’inattention, à nouveau le son d’une glissade, un genou perdant son appuie sur un sol détrempé et la voila se précipitant dans sa maladresse, née d’une peur certaine, sur lui, glissant entre ses jambes, se blottissant dans ses bras, les mains sur les épaules, l’agrippant comme par peur qu’il ne s’évanouisse, cherchant dans son regard le réconfort et la sécurité, tremblante tout entière.
Les revoilà au point de départ, sa position pourtant gênant n’affecta cette fois pas le chevalier, malgré sa virilité subissant les tensions du bas ventre de la demoiselle, illuminant un instant la perversité qui verrait dans cette proximité une occasion, mais bien vite, elle s’effaça devant un sentiment bien plus fort, qu’il connaissait et appréciait plus que les idées dérangeantes… Celui d’un protecteur, d’un gardien.

Dans ses mots délicats se trouvaient l’écho d’une peur enfantine pour les caprices de cette nature, et revint au galop le véritable chevalier, une occasion de laver l’offense qu’il avait fait à la jeune fille en se montrant faible, incapable de la protéger et la faisant souffrir. Il passa une main dans son dos, au creux de ses reins, l’autre glissant jusqu’à la nuque, la retenant, il usa de sa seule force pour les redresser tout deux, lui assit, elle naturellement à genoux, assise sur ses talons devant lui.

Audacieux mais désireux de la rassurer, il glissa ses lèvres jusqu’au abord de son oreille, sentant par ses mains le cœur et la respiration s’accélérer encore, la peur encore présente se mêlant sans doute à la surprise et à la possible indécence nécessaire de cette position. Son souffle chaud et doux, à nouveau calme et assuré glissait là, dans son cou, sur son oreille alors qu’un chant apaisant, susurré, rassurant, doux et tendre à la fois s’égarait, se perdant jusqu’à la jeune fille.


- Ashenie…

Un instant s’écoula, et la mélodie reprit.

- N’ayez crainte, je suis là… Je vous protégerais de l’orage et de cette tempête, je ne vous abandonnerais pas et ils ne vous feront rien aussi longtemps que je veillerais sur vous, par Néera et sur mon honneur, je vous en fais la promesse solennelle…

Encore une petite pause, cherchant les bons mots, le bon ton et il continua de lui chanter l’assurance de sa présence.

- Calmez-vous maintenant, détendez-vous, ça va aller…

Il recula sa tête, posant son regard sur le sien, au serment mélodieux s’ajoutait celui d’un regard d’émeraude, laissant s’écouler dans sa profondeur la conviction et l’assurance, l’apaisement qu’il tentait de lui transmettre, scellant un serment à la demoiselle, il la gardait contre lui, se voulant rassurant, car elle n’était qu’une enfant, et loin de la perversité, de l’outrage, il n’y avait là que le désir d’être présent pour celle qui en avait plus que besoin, pour chasser la peur et la tension.
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Ven 23 Oct 2009 - 23:43

Le choc léger laissait la glissade ample ravir les corps d’une douce étreinte caressée, involontaire et dépendante du désir des divins. Du haut de leurs remparts nuageux, les sourires inaccessibles teintaient le ciel orageux de leur amusement narcissique. L’enveloppe charnelle dénudée s’était blottie, infantile, malgré elle, contre le chevalier. Sa chute n’avait laissé qu’une trace dans l’eau, soudainement transformé en gouffre humide, passage funeste et malheureux du vice pourtant atténué. Une expression ingénue ravissait les traits de la petite duchesse, dont la chevelure tournante, imbibée d’eau, tombait en un long et lourd typhon par delà son épaule gauche, semblant presque coiffée. Le tourbillon ample et ruisselant évitait soigneusement la lourde poitrine, et tombait en une ample boucle relevée au niveau de ses hanches…

Le cœur battant de la vierge cristalline semblait voler en éclat, à chaque instant davantage. Les boutons de rose de sa poitrine éclose imprégnaient le torse du chevalier d’Erac en un doux appui délicat et suave, chantant presque les louanges de la sensualité en une finesse tendre. Le cœur des boutons aux trésors alanguis semblait se dévoiler sous la lourde pression, jeu divin dont les marionnettes humaines languissaient le destin, et semblaient subir le courroux sans même en comprendre la signification. Piètre amendement que celui de la fissure des dogmes de la Sœur Bonté, veillant comme un fantôme pesant sur le couple de son courroux céleste, et pourtant fou, auquel la damoiselle virginale était encore soumise jusqu’à la possession totale de son être par un potentiel mari fébrile. Délicate, la pression du désir se faisait presque intense et enivrante, quoi qu’atténué par la sainte innocence de la demoiselle, et ses traits pures face au vice qu’elle incarnait par sa condition féminine, tentatrice par le sang au regard des hommes. Le chant du divin Arcam résonnait en échos plaintifs sur la scène d’émois langoureux, tandis que le buste bombé de la rosière cristalline tentait de s’effacer en douce caresse, prodiguant une étincelle supplémentaire dans l’air de rose embrasé, dansant même dans une passion ardente et perditive, dont le goût prohibé trônait sur les lèvres en une vaste brume délicate et fragile.

Un léger bruissement faisait onduler la soie de l’air parfumé, imbibé de la rose douce épandue dans l’air. Au travers des lèvres incarnadines, fines et délicates, de la vierge soufflait le vent gémissant, léger sursauté d’une conscience écarquillée, grandiose dans sa sainteté, et petite de cette impuissance féminine. Le choc avait projeté le contact intime dans la prohibition totale. Les cuisses ouvertes d’Ashenie avaient effleuré le bas ventre en une caresse appuyée, indécente, semblant désireuse et dévorante, et qui, sous les vibrations de la peur, paraissait se délecter du contact de la chair chaude. La fragilité chaste de la damoiselle subissait la virilité de Théodoric qui semblait s’engouffrer dans la prison de cristal, perforant les barrières de vertus d’une légère caresse humide et nouvelle, interdite dans le dogme le plus stricte. Sa bouche de poupée pure laissait émaner le léger cri d’un instant, d’une surprise douce et involontaire, atroce et souffrante, vicieuse et condamnée, pourtant ne causant aucun mal que spirituel, et prodiguant au corps une sensation d’étreinte, presque rassurante par l’aura du chevalier.

La tension du chevalier se communiquait de l’un à l’autre, et pressait durement la chair entrouverte de la damoiselle pure. L’excroissance masculine, dont la puissance émanait de la solidité, s’accompagnait de reflux soigneux et lents, semblable aux effusions sanguines parcourant l’anatomie troublée du chevalier. La tension du cuir semblait prendre plaisir au stupre de la caresse, s’aventurant en lieux inconnus, prohibés, trop purs pour n’être dévoilés qu’au légitime possesseur. La petite pucelle restait sans voix, alarmée, blottie, apeurée et à fleur de peau, ne comprenant que l’outrage aux dogmes sans même pouvoir projeter les images du vice, trônant sur cette sainteté douce et extrême.

Les mains d’Ashenie s’agrippaient aux épaules du sieur de Melasinir, semblables à des fleurs de rose écoloses, dont les lianes épineuses d’amour s’enroulaient infantilement tel le lierre à la pierre. Jamais l’un sans l’autre, sans que la mort seule ne puisse les rompre tous deux. Tandis que les tremblements éconduisaient le corps féminin égaré, de toute vertu innocent, le péché s’inscrivait en gouttes oppressantes sur les pétales de rose, véritable fleuve indélébile d’une indécence affligeante. Noyée dans le regard émeraude du chevalier, son souffle atteignait ses lèvres, parsemé de peurs et de trouble, encore épris du tumulte de la chute, tandis que ses doigts incandescents parsemaient les épaules de Théodoric d’une poussière féerique tendre, et féminine. Usant du même doigté habile qui se jouait des cordes de la harpe mélodieuses, la poupée de cristal déclinait toute la tendresse de sa peau, ressentie au bout de ses doigts délicats. Prodiguant au surcot mouillé les caresses infantiles de la vierge, elle cherchait le réconfort par delà l’aura rassurante, dans les bras virils du chevalier.

Leurs corps enlacés se reflétaient dans le miroir vicieux de la nudité, dévoilant à l’œil d’un diable ses échéances perditives. Les apparitions démoniaques joignaient leurs jougs à peindre les louanges des anges, union sacrée et habile et extérieur du vice et de la vertu, au jour même d’une nuit orageuse. Le mariage harmonieux des coloris nuptiaux teintaient le verre et l’air de la voie lactée du désire, où la brillante Etoile de l’extase d’Arcam brillait dans le labyrinthe sans fin au nom de la rose. Les yeux de braises de Théodoric témoignaient des rayons du soleil d’or, trônant maître sur sa galaxie, gravitant parmi les astres d’argent du regard d’Ashenie. La croisée de l’émeraude aux vairons lime et céruléen laissait témoigner de cet affres brillant, étoile nuptiale dont l’aurore boréale déchaîne les rubans sur les étendues célestes et tendres, étrangement calmes dans la salle d’eau.

Les ombres vacillante à la lueur des chandeliers se répercutaient, semblable à la roue de la fortune, intense et habile, promettant l’extase et la déchéance, traçant le destin à bien des égards. Tremblant, accouplés et décuplés en silhouette unique, ils semblaient incertains, pareils à l’orage qui s’abattait au dehors, indistinctement de cet instant perdu et éperdu, tendre et merveilleux, au son même du vice alarmant et du paradis de l’oubli. L’éclair résonnait encore, dans un accès de folie, dans le corps vibrant d’Ashenie, traçant les voies longues et langoureuses des prémices d’une sensualité mêlée à la peur, propre même de la protégée à la candeur gracieuse. Evanescente, la peur de l’orage se transcrivait dans son corps en un tambour assourdissant, résultant du tumulte fou, jusqu’à se répercuter à son corps. Dans ses yeux mêmes se lisait la précarité de sa fragilité, et son corps tremblait, toujours plus, au son de cette folie qui l’habitait. Ses yeux se noyaient dans l’émeraude presque paternelle de Théodoric, quoi que distincte, d’un éclat nouveau et inconnu, fou et fourbe, passionné et passionnel, vertueux et vicieux, dans une unique saveur intense. L’éclair déchirait, l’espace d’un instant, le gémissement du cœur dans le corps blottit entre les bras du chevalier.

Sous la ronce de son cœur, l’éclat d’un espoir attendri, conservé sous la pureté, naissait admirablement, tandis que le regard s’intensifiait. Lentement, une puissance émanait, pressant le corps d’Ashenie. La position indigne renforçait les liens du vice, et le cuir pressait davantage la chair, semblant vouloir s’en imbiber, sous le regard de la princesse cristalline, indigné et incompréhensif, doté d’une culpabilité intense et d’une absolution divine à l’égard du chevalier. Sa force arrachait un second gémissement au travers des lèvres entrouvertes et rosée de la poupée opale, légèrement teinté de cet embrasement virginal et outré, et pourtant doux. La plainte glissait dans l’air, ingénue, presque subie, sans le moindre mot, alarmant les oreilles, exigeant l’arrêt de ces folies. La voix au timbre cristallin appelait au réconfort, prônant les boucliers virils autour d’elle, demandant, sans risque, le refuge ardent à ces pressions répétées, et au tonnerre de ses sens.


« - Théodoric ! »

Doux et délicat, le prénom était prononcé dans un soupire surpris, et apeuré, semblant dénué d’autorité. La douce supplique s’ajoutait à la pression des corps. La musculature contractée laissait en emphase la puissance du chevalier, dessinée, pressant doucement sur la poitrine rebondie de la pucelle, dont le cœur battant animait les pulsions graves. Les cuisses d’Ashenie glissaient, se le sol, au rythme de la levée du chevalier. La féminité lévitait dans les bras virils, s’abreuvant d’une source de chaleur douce. Ses mains, glissées sur la peau, avaient trouvé la douceur de la porcelaine, et des cheveux détrempés, émettant les doux mets fruités du cœur de rose, tendrement parachevé d’amour. L’enveloppe charnelle se cambrait sous le soulèvement, et l’effort intense, tandis que la douceur ingénue s’appuyait fébrilement sur le torse sculpté du chevalier. L’aurore naissait dans les yeux d’Ashenie, Théodoric en était le soleil. Ses jambes, passant sous le pont de ses cuisses, restaient blotties à même sa peau.

Redressée, le creux de son dos s’arquait en une courbe délicate, féminine et souple, tandis que ses épaules tiraient vers l’arrière laissant son buste en emphase se blottir contre le torse viril. L’atmosphère troublée se figeait pourtant, malgré la caresse glissante, et humide du bain encore présent, reversé sous leurs pieds. La nudité de la pucelle s’accordait en une mélodie harmonieuse à son statut virginal et infantile, tandis que leurs yeux intenses mêlaient braises et réconfort en un souffle chaleureux du destin. Le ciel de son père recouvrait leurs têtes en un voile émeraude, frissonnant, et mystique, veillant sur le couple, comme si sa fille donnée était le fruit d’un mariage tendre de la vertu à la protection.

La caresse intime glissait enfin, hors d’atteinte du vice sournois, arrachant un nouveau soupire à la damoiselle, sursautant à la disparition du cuir humide. L’indécence immaculée tâchait le corps, souillant presque cet éclat aux yeux de la Sœur Bonté en une humide horreur des démons de la nuit. Elle se paierait, dans le sang, dans la punition divine qui châtiait l’infantile désir derrière les portes condamnées de la pureté, à jamais scellée derrière les confessions afin que l’absolution prisse fin dans le cercle mystique de craie et de pierre de cristal.

La peau intense se mêlait à l’aura de vertu du chevalier, qui, presque tendre, éconduisait cette valse lancinante et rassurante dans les lents tumultes d’un réconfort abstrait, et néanmoins solide. Douce, elle se perdait un instant dans ses bras, semblant presque apaisée de tous songes, quand son corps frémissait toujours de cette anxiété taquine et magistrale. Son visage gardait l’emprunte d’une ingénuité tendre, sous le masque de stupeur et de tendresse mêlées, qui attisaient les feux d’une compassion ardente dans ses yeux étoilés. Fusionnels, le lime et le céruléen se perdaient dans le néant de l’atmosphère, tandis que l’âme même exhalait sa sentence perditive.

La douce mélopée chevaleresque effaçait lentement les péchés de la chair en une étreinte passive et spirituelle, calmant les échos infinis du tonnerre dans ses oreilles rosières. La peur pourtant gardait l’instinct primitif ouvert, et blottissait la damoiselle contre le preux. Son souffle chaud contrastait pleinement avec le tremblement craintif de la jeune fille. Son cou s’animait d’un frisson intense et incontrôlé, preuve de sa sensibilité à fleur de peau, tandis que ses paupières se refermaient lentement sur la prunelle de ses yeux lumineux, dans la douceur d’un instant éperdu et rassurant. La mélodie chantant doucement son prénom en une symphonie harmonieuse et tendre à ses oreilles e verre, pourtant fissures par la débauche régnant dans les lieux, quoi qu’une certaine vertu trône maitresse de cet orage.

Les paroles de l’homme imbibaient doucement la dame d’une sécurité certaine, un enchevêtrement même de stupeur, de douceur, refuge à l’âpre tempête du dehors. Remontant doucement les draps de la vertu sur le corps nu d’Ashenie, par de simples mots, il transcendait l’irréel d’un coup d’épée, vif et vigoureux, la parant de son bouclier d’acier. Les doigts de la vierge caressaient, malgré elle, la chevelure du sieur de Melasinir. La poudre de fée, au bout de ses doigts, épandait la douceur de sa peau en une poussière boréale sur le blond ternit, tirant légèrement vers le brun. La liane de chevelure s’enroulait en boucle sucrée sur la pointe ondulée de son cheveu. Son corps se lovait de lui-même près de la puissance masculine du chevalier aux prouesses étincelantes, alors que ses yeux éclissaient se perdaient dans la lente langueur émeraude du chevalier.

Avec lenteur, elle retrouvait les coloris nouveau d’un homme vertueux, effaçant le vice qui les liait quelques instants plus tôt. Surplombé par l’image de son père, le cœur d’Ashenie tendait à considérer le sieur dans son être profond, encore troublé des tonnerres de la foudre. L’orage grondait dans son fort intérieur, citadelle imprenable d’une pureté éclatante, et pourtant sans défense, prise dans cette prison de cristal, infantile et tendre. Sa voix s’évaporait sur un nuage de suavité en une caresse amplement délicate, embrasant les sens a bien des égard. Les cordes accordées de la harpe vocalique jouaient d’elle-même la mélodie dramatique d’une passion sans nom, transcendant la réalité sulfureuse d’un cœur battant au de la même de la compassion ardente. Ses lèvres rosées, soufflaient doucement sur les siennes, parfumées et délicates.


« - Néera soit louée de votre présence, seigneur, vos paroles sont douces et vos mots sont d’un lierre suffisant. L’aura qui émane même de vous parvient à atteindre mes entrailles, et illuminer l’instant de ma frayeur, dont je vous remets les plus sincères excuses. Ma condition m’interdit pareilles indignations… Oh, je ne saurais comment justifier mes actes, qui ne méritent que mon repentir. Mais le sang s’écoule alors même que je profite de votre bienséance.. il faut, par ce draps, bander…»

A nouveau le bruissement sourd, et illuminé de la foudre tombait, non loin du couple de fortune. Le cœur déchiré par les éclaires, la damoiselle sautait. Le grondement sourd s’épandait, semblable a un lourd nuage noir, imbibé de crainte sous les tambours de la peur. Les tremblements reprenaient, intenses, tandis que l’enveloppe de la poupée de cristal s’était blottit contre Théodoric. Sa voix s’élevait en une plainte, figée dans la même ambiguïté du vice et de la vertu.


« -Théodoric … »

Le soupire doux se composait de tendresse et d’indignation, soutenu de cette sainteté pure. Le bas ventre de la pucelle avait, par le sursaut, retrouvé indécence d’une caresse pourtant oubliée. Délicate, la chair épendait sa chaleur encore humide sur le cuir laissé à l'abandon, et les lèvres roses d'Ashenie filtraient un gémissement susurré, sensuel et pure, doux et délicat, presque mélodieux et révissant. Troublée à l'essence même de son être, la pression intensifait le trouble sans détour. Le frémissement se rependait dans tout le corps en un long frisson tendant doucement l’enveloppe féminine, cambrée. Les bras d’Ashenie s’étaient glissés derrière le cou du chevalier. Les fleurs écloses de sa poitrine enchevêtraient son torse. Le drap, lâché sous le choc délicat. Grave, la pucelle semblait atteinte de la caresse, et s’agrippait, malgré elle. Sa respiration tremblante s’accompagnait d’un cœur battement palpable…
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Théodoric
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Dim 25 Oct 2009 - 17:38

Tant de chemins, se perdant à son champ de vision, se cachant de son regard, sombres et sinueux, tant brumeux que lumineux, raisonnent en certains les chants des sirènes, servantes du divin marionnettiste, se jouant de ses sens, mettant à l’épreuve celui qui toute une vie durant emprunta la pure voie du Juste, ne s’égarant pas dans les sentiers du vice et du péché, se voulant véritable héritier d’une vertu traditionnelle, envoutant, se voulant les instruments d’une luxure interdite, un appel à la faute, à l’abus. Tant de passages, de sentiers dans ce labyrinthe complexe qu’est l’esprit humain quand vient le moment d’être confronté à l’inconnu, la nouveauté l’entraîne dans son sillage dans cet océan déchainé par la tempête des émotions intenses, cherchant dans cette noirceur abondante, secoué de toute part par les vagues déferlantes tentant de renverser son embarcation précaire dans ce monde agité, l’espérance, la lumière rassurante d’un phare, il tente d’échapper à l’emprise des mélodies enivrantes et tentatrices le menant aux récifs qui briseraient les principes et la vertu sur laquelle il repose.

Cette lumière rassurante, salvatrice lui apparut, véritable guide dans son égarement, le souci de sa protégée, l’abnégation qui l’amenait à s’oublier, écartant ses propres envies, sa blessure pour ne penser bientôt qu’à elle. Elle, cette jeune fille encore si fragile, innocente et pure, cherchant dans ses bras le réconfort et la relative sécurité qu’il lui promettait, qu’il lui avait finalement offert bien avant cette rencontre, le jour où, devant la noblesse de ce pays, il avait juré allégeance à une famille, un peuple, une cause et un idéal… Elle était son phare sans cette tempête, sa douceur, sa peur était le moteur d’un désir de retrouver son chemin pour la préserver d’un mal naturel, mais, involontairement, elle était aussi ce chant qui l’attirait vers les périls et la mort, par ses caresses délicates, ses effleurements sans nul doute possible, que celui qui remettrait en cause sa vertu, offense à sa personne, inconscients de leurs effets, que le souhait de trouver et se réfugier plus encore derrière le preux bouclier, confirmant sa présence, le contact réconfortant.

Mais c’était là des épines plantées, douloureux, tentant de mettre à mal sa tenue, car il était des rumeurs finalement avérées, désormais confirmées au sujet de la jeune fille, et cela éprouvait la forteresse déjà lourdement ébranlée par des harcèlements constant. La douceur d’un contact, sous ses doigts tout d’abord, mais surtout, ses égarements dans sa nuque, ses cheveux, permettant au brave d’apprécier sa délicatesse et la surprenante tendresse féminine… Il se retrouvait face à l’inédit, car jamais, Néera lui soit témoin, il ne s’était retrouvé dans une telle situation, devant pareilles plaisirs que celui que lui procurait ces petites touches, la présence de la frêle mais sublime petite duchesse, source de tant de convoitises et de désirs partout dans ces terres, nue dans ses bras, sensible, fragile et vulnérable, cherchant toujours plus en lui la chaleur d’un refuge.

Il comprenait soudain, demeurant distant mais contemplant les messages d’un désir, les pensées d’un père, de nombreux nobles, car elle était une rose approchant la perfection, délicate et précieuse, tant qu’on ne pouvait que désirer la posséder, remarquable parmi ses sœurs, enivrante en bien des aspects, mais plus encore, c’était chez lui le souci de la protéger, car ses épines ne sont guères pour l’infâme des outils dissuadant, bien au contraire, elles attirent plus qu’elles ne repoussent, qui primait, car devant cette faiblesse, il fallait un bouclier, un protecteur vigilant, veillant dans ce jardin étendu, pour que nul ne puisse faire outrage à sa beauté, à sa pureté jusqu’alors cultivée, gardée du vice.
Mais dès lors qu’apparut cette pensée, il prit plus encore conscience de ce qu’il représentait, et les mots charmants, divinement soufflés par la Rose firent naître en lui une profonde et éprouvante culpabilité, car par une série d’accident, œuvre du fourbe Arcam, il l’avait mis dans une mauvaise posture, face à nombre de choses, de sensations et émotions que son éducation semblait interdire, pareille situation, pareille position ne saurait être décent dans ce monde, et elle devait être gênée, prenant sur elle la faute commise alors qu’il était lui-même l’un des acteurs du drame orchestré par le divin, il était comme elle de ceux qui participèrent à cette scène, alors la faute devait être partagée.
Un nouveau éclair illuminant la pièce, interrompant un court instant le théâtre dansant des ombres tournoyant autour d’eux au gré des chandelles vacillante, donnant un aspect magique, figé à l’instant, troublante étaient ces sombres filles de l’obscurité, interprétant une danse des deux corps reflétés dans la noirceur, comme invoquant plus encore le vice dans la chorégraphie les montrant l’un en l’autre, mêlés et indissociable, unis par ce contact.

A nouveau, le tonnerre frappa, ébranlant la fragile poupée de cristal, la ramenant dans le creux de ses bras, se lovant là, dans ce refuge de chair vertueux qu’était le chevalier, bouclier mortel mais inébranlable et invincible pour tous, sauf face à la mort frappant la vie quand elle en arrive à son terme. Un soupire qui manqua de faire chavirer l’embarcation secouée par la tempête ponctua ce retour de la belle dans les bras du juste, tout juste repris par l’assurance qu’elle n’était pas celle qui le pousserait par-dessus bord, le noyant dans les eaux tourmentés d’un vice, perdant l’abri flottant que représentait la vertu, mais en tout cas, sa maladresse enfantine et apeurée manquait de peu de faire s’effondrer, brisant la coque en morceau, encore maintenant, elle appuyait à nouveau sur son bas ventre, ramenant cette pression, cette tension un instant amoindri, intensifiant encore la puissance des courants, la force des vagues frappant le frêle navire vertueux. Sa posture tout entière même était malgré elle un appel au péché, se rapprochant de celle d’une compagne se suspendant au cou de son homme, c’est d’ailleurs plus encore ce qu’aurait pensé l’observateur devant cette image, un couple, deux amoureux secrets se laissant aller à leurs sentiments réciproques dans une étreinte passionnée. Mais il en était tout autre au sein même de l’étreinte, les sentiments n’étaient pas là, pas ceux qui lient les tourtereaux en tout cas.

Mais il n’était pas que la petite duchesse pour être maladroit dans les actes devant une telle situation, et sa main se glissa dans la chevelure d’or, ramenant délicatement la tête de celle-ci dans le creux de son épaule, sa main remontant jusqu’à l’arrière du crâne, laissant s’échapper une douce et lente caresse se perdant dans cette pluie dorée, scintillant au gré des flammes disposées tout autour, son autre main demeurant dans son dos, la maintenant contre lui, marquant sa présence autour d’elle malgré l’indécence, signifiant qu’il la protégera par les actes.
Il tourna alors doucement la tête, effleurant son oreille avec ses lèvres et dans un murmure léger, la mélodie grave mais tendre, douce et rassurante retentit à nouveau, s’échappant en un souffle chaud glissant sur l’oreille, jusque dans le cou, la nuque de la jeune fille.


« Ashenie… Calmez-vous, je vous en prie… »

Il laissa un court silence s’installer, cherchant les mots justes pouvant exprimer sa pensée, et ce qui devait être fait, car si elle semblait plus se soucier de sa blessure, qui, d’ailleurs s’en rendit-il compte en y repensant, sentant le contact de la chair à vif effleurant la douceur de la peau délicate de la rose, souillait de son sang la damoiselle, lui préférait résoudre l’inconfort de la situation avant de s’occuper d’une blessure, certes loin d’une petite égratignure, mais qui était secondaire, à son sens.

« Ashenie… Je sais que vous vous faites du souci pour moi… Pour cette blessure, mais avant de s’en occuper, peut-être devrions-nous écarter de nos pensées l’inconfort et l’indécence de notre situation… Ce n’est pas elle qui m’amènera devant Tari, je vous le jure, et vous n’avez pas à vous sentir coupable d’ainsi m’utiliser pour mettre à mal votre peur, c’est là mon devoir… »

A nouveau, il demeura silencieux, ce n’était peut-être pas là les mots les plus justes, mais qu’importe, il n’était pas l’heure de faire de la poésie.

« Maintenant, détendez vous, prenez le temps qu’il vous faut pour vous remettre… Soyez ensuite forte face à la foudre planant au dessus de nous… Je vous le jure, par Néera, si elle en vient à vous menacer, je vous en protégerais… Ensuite couvrez-vous, je ne voudrais pas plus faire outrage à votre vertu et votre pureté… »

Sur ces mots, il relâcha doucement la pression légère qu’il exerçait sur elle, lui indiquant qu’elle pouvait s’en extirper quand elle s’en sentirait prête, il ne la bousculait pas, lui laissant le temps qu’il lui fallait pour se libérer de ses craintes, les affronter et agir ensuite.
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Ashenie De Sephren
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Mer 28 Oct 2009 - 11:35

Lorsque les songes s’égaraient, et que la foudre tonnait dans le ciel de verre,
Lorsque la valse s’alourdissait, et que le lierre s’enroulait au roc de la pierre,
Lorsque les draps de soie voletaient, sous les sabliers d’extase de l’air,
Lorsque le cœur chantait, sous les reflux lents des vagues de la mer
Lorsque les méandres divins luisaient, et que son grondement menaçait l’atmosphère
Lorsque la harpe étincelante scintillait, sous les auréoles de grâce de la terre…
Le temps s’arrêtait, à mesure des rythmes sanguins, des éternels tourbillons artistes du destin,
Et la vie choyait, entre ses bras sereins, les amants d’un instant au brasier de satin.

Sous les mots à peine prononcés, l’orage du dehors grondait dans un cœur épargné du destin, lourd de chagrins s’épandant en pluie d’étoile, poussière douce et âpre, d’une froideur échaudée par l’extase d’une atmosphère où la foudre trônait souveraine. Les violons de son cœur tournaient en une spirale infernale, un siphon doux de clarté, d’une œuvre diabolique si obscure qu’elle en frémissait, contemplant l’ombre poindre dans l’intimité la moins accessible. Les yeux d’Ashenie se ravissaient de perles d’orage, et dévastaient son regard d’une irrésistible pression intense, aux éclats suaves et fragiles. L’œil lime se mariait au céruléen avec candeur et volupté, sculptant le regard en une merveille d’intensité, un océan coloré aux cendres sulfureuses. Les lentes vagues troublaient la réalité amère, là où l’émeraude semblait la distordre dans un affre délicate, confondant chimères et chevaliers, père-amant et protecteur-enjôleur. La mer déchaînée grondait, grave et fière, et aiguisait le tumulte de l’orage inconnu dans ses yeux tendres, épris de compassion ardente, et de passion chaste, tandis que le corps en témoignait à l’inverse. Le procès de la vertu s’échafaudait sur le bourreau nouveau, idéalisant à même le réalisme irréel de la scène fantasque. La fantasmagorie de ses yeux éperdus trouvait l’écho du destin, à même la soie du soleil haut, et fier. Les yeux de la pucelle de cristal épandaient leur lueur ample et douce en ceux de Théodoric de Melasinir, déversant chaque goutte d’émois avec plus de folie, prohibée dans leurs états et néanmoins étrangement salvatrice dans l’âme. L’épée du chevalier semblait avoir fait couler son propre sang, à même sa cuisse, et le déverser directement à son cœur. Les sangs battaient leurs poux, tandis que les âmes enchevêtrées se perdaient dans le labyrinthe d’Arcam, douce folie perditive, à la lueur guidant chaque pas avec le même souffle que ceux des éperdus courtois. Un instant, un instant seulement, n’avait-elle pas le droit d’être femme ? De n’être plus ces balivernes, ces infantilités, ces titres, ces prestiges, ces vertus et ces charmes ? Et dans les yeux de son brave, danser sous les flammes interdites ? Assurément non. Et pourtant, rien de tout cela ne semblait vain dans le labyrinthe étoilé de l’esprit d’Ashenie, comme si le sens même du destin avait communiqué de l’un à l’autre, en une souveraineté pacifiée. Son ciel mourrait dans les yeux de Théodoric, et le parfum de son être s’évaporait sur les lèvres du chevalier servant, l’espace d’un instant. Le rythme des corps langoureux se laissait guider sur la gondole de l’extase. Outrée et outragée, la vertu pourtant se sublimait d’une nouveauté passive, plus que la compassion même, dans l’essence de la rose d’âme qui dessinait le labyrinthe interne de la damoiselle de Sephren. Elle sombrait.

L’appel du péché se tarissait sous la source nouvelle, s’écoulant d’une brève douceur d’un instant éperdu, flottant dans le temps comme les prémices d’une folie ailées, dessinant le Paradis et sa grandeur dans les enfers d’un étau condamnable. L’écrin de protection offert par le chevalier de vertu guidait la damoiselle, lentement, dans la valse funèbre de ses chimères. La pression intime laissait grandir le gouffre inconfortable de leurs émois, mêlés en une ronce sanglante, délicate, perditive. Pourtant, les secondes ralentissaient, amoindrissaient l’outrage, le vice, la vertu et les espoirs, seulement soumis à la tempête intense qui gravissait le cœur de foudre de la petite duchesse. L’ivresse des sens gagnait la réalité, suspendue aux lèvres du destin, et les yeux hallucinés de la poupée de cristal embrasaient la voûte de verre d’éloges bienfaisants, sainte action. Les péchés lui étaient destinés, et elle s’en condamnait sans même y songer, éperdue d’un instant de rêve aux coloris étranges. De l’autre coté du miroir, la réalité grinçait.

Le corps d’Ashenie se déportait, lentement, longuement, en une vaste ondulation gracieuse et sensuelle, qui, malgré elle, contribuait à alimenter le désir vicieux qui les liait, et prédominait à quelques regards leur partage. Pourtant, l’esprit vierge de la rosière laissait le temps s’épandre sans même gémir son mécontentement, altérant les vitres du réel en une spirale d’intrigue passionnelles au cœur d’argent. Le miroir ondulait, avec la même lenteur que l’eau troublée d’un océan de tumulte doux, et passionnel, dont l’écume fend le rivage léché par le ressac brumeux. Le visage du père s’effaçait, emporté par le vacillement de l’irréel, et laissait place, sur la plage du cœur, au visage masculin et viril. Ses traits de sable se gravaient dans la roche morcelée et claire, moulant les mêmes yeux d’émeraudes éclatantes. Sa chevelure de soleil resplendissait en rayons vénitien sur ses épaules d’or. Ses lèvres légèrement rosées et masculine invoquaient le souffle parfumé de la pucelle de cristal, s’épandant en un fin de rose sur le sable coloré. La texture douce semblait y émaner à même le regard, se mariant à la perfection avec la fraicheur opale de la petite damoiselle. Ses yeux perçant luisaient en deux émeraudes, douces et tendres, éprise de cette protection vertueuse, attirant les foudres du regard d’Ashenie en un lent brasier de tumulte. La main, pareil à l’éclosion d’un bouton de rose, s’ouvrait avec délicatesse aux rayons embrasés, tournoyant dans ces éclats de folie certaine. L’instant s’arrêtait, doux, entrainant la damoiselle dans son sillage rugueux. Ses doigts avaient effleuré l'enveloppe charnelle de Théodoric, en une longue et chaste caresse sur sa peau de trouble, alors qu’il la serrait contre lui. Le marbre de son épiderme sculptée se confondait en puissance troublante, force masculine émanant sous son corps d’une virilité ample et rassurante. L’aura enveloppait la fragile poupée de cristal, dont les yeux s’étaient figés en un étoilé de velours. Le touché s’arrêtait au brusque retour de la réalité, alors que la vague s’effaçait sur le rivage de l’abandon. Les traits d’un homme, unique, se dessinaient aux yeux de la damoiselle pure, dont la délicatesse émanait d’un idéal chevaleresque. La compassion de ses yeux vairons s’animait d’une sainte tendresse, et d’une douceur unique, décharnée, épurée de toute circonstance autre. L’espace d’un instant, le lierre épris de la pierre renforçait son étreinte, si bien qu’Ashenie sans Théodoric ne pouvait subsister. Alors dépendante, elle ne voyait que lui.
« - Jamais l’un sans l’autre… »

Avait-elle soufflé ces mots sur les lèvres du chevalier d’Erac ? L’avait-il entendu ? Pouvait-il sonder l’esprit épris ? Un instant, elle s’arrêtait, croyant avoir trahit le serment vierge de pureté qu’elle se devait de respecter. L’affront se paierait de ce sang rosière et clair, sans même attendre l’extase d’un autre instant. L’indécence n’était plus, et pourtant la percutait de plein fouet. La pression s’intensifiait, mesure que la main de la pucelle se refermait sur le surcot immaculé, pareille à l’éclosion inverse du lis blanc, symbole virginal par excellence. La lune tirée par ses chevaux d’étoile semblait tourner autour d’eux en un typhon de saveurs, et les lumières se confondaient, indistinctes, dans les yeux d’émeraude de Théodoric, sous le brasier ardent qui liait l’intimité de l’un à l’autre. Indécentes et condamnées, les cuisses ouvertes de la damoiselle et sa chaste féminité exposaient sa peau nue à l’air enjôleur, et sa chair au cuir, bavant l’âpre douceur d’un partage étrange. Le contact s’intensifiait, alors que le souffle du jeune chevalier trônait encore sur la peau et les songes de la damoiselle de cristal. Ses mots semblaient provenir encore de ses lèvres douces, pourtant charmeuses des vices du diable. Et lorsque la main du jeune homme se retirait, à présent, après le long battement qui avait animé les songes de la pucelle, un soupire indistinct s’était mêlé au léger et doux reflux, s’échappant en fil de braise de ses lèvres tendre, pareil à l’envol d’une colombe, supplique douce et chaste soumise à la protection du chevalier :
« Non… ». Presque inaudible, l’oreille du chevalier eut pu, à quelque égard d’attentions, y déceler les paroles, et en comprendre le sens, quoi que l’ambiguïté de la situation contribuait à la fièvre. L’âme avait tant crié son refus, se révoltant dans sa prison dogmatique, que la plainte s’était répercutée en échos doux et délicats sur la bouche rosée d’Ashenie. Sa main, portée sur la peau même de Théodoric, n’osait se retirer, découvrant avec stupeur la véritable identité des prohibitions de la Sœur Bonté. Les yeux épris de la damoiselle de Sephren se confondaient en un océan d’émotions dans ceux du chevalier de Melasinir, ne formant qu’une immense voie lactée ou chaque étoile se retrouvait dans un regard luisant. Tout n’était que folie.

La main de la pucelle s’ouvrait de nouveau, agrippée au surcot blanc et trempé de Théodoric; elle glissait, soyeusement, sur son corps en une lente caresse de sulfure dénotant l’aliénation même d’un instant éperdu, et s’arrêtait là où les battement du cœur viril se faisaient les plus intenses, tumulte passionnel du lent reflux prohibé. Elle semblait ressentir chaque vibration dans tout son être, tandis que son âme chantait sous les rythmes du tambour de guerre masculin, entamant le lent requiem du deuil. La harpe de l’âme se mêlait au cor de guerre émanant de Théodoric, en un opéra fusionnel et grandissant, crescendo voluptueux et grandiose, montant en une puissance phénoménale au cœur d’un répondant vertueux. Le soprano se mêlait au baryton, la candeur au virilisme en un couple harmonieux et accordé, et les voix enchevêtrées érigeaient l’édifice spirituel d’une union enlacée. La fierté du ciel, la dureté du roc aux rayonnements solaires et les joies éparses de la douceur se mêlaient en un velouté puissant, indéniable et indélébile. Le corps d’Ashenie se dressait, cambrant ses courbes en une longue caresse pourtant sulfureuse, dont la pureté même émanait de la peau, sans que la damoiselle eut besoin d’en justifier la conséquence désastreuse de leurs bas-ventres. Son visage contemplait celui de Théodoric, si près, et encore trop loin pour le brasier de l’âme. Le sceau de la tendresse animait ses traits ronds, transcendé d’une lumière pure et inconnue, vibrant d’éclat de cristal, fragile, précieux et délicate. Son souffle s’épandait en un parfum suave au goût de la rose délicate en une brume savoureuse et chaleureuse sur les lèvres de Théodoric, vibrant d’une peur palpable. Les codes vocales de la damoiselle chaste chantaient la prière délicate, supplique douce et mélodieuse, semblant s’adresse au divin au travers du chevalier, ou peut-être était il lui-même le divin ravissant ses yeux.

« - Gardez-moi du courroux du ciel… épanchez votre bouclier vertueux sur l’indécence d’une femme qui ne demande que votre salut… Que la volonté de Néera soit faite, ses attributions ne peuvent me laisser résolue à abandonner votre santé à son sort. La pureté m’en pardonne, je m’acquitterais de ma dette lorsque votre sang ne coulera plus, sieur Théodoric … »

Des larmes semblaient parfaire le regard vairon de braise, plongé dans l’émeraude de Théodoric. Le rossignol de sa voix chantait d’une étrange tendresse, sainte et évanescente. La main d’Ashenie glissait le long de la joue du mâle en une finesse tendre et démesurée, dont la douceur du toucher émanait de la peau opale, et presque céleste. Son corps se détournait en un lent demi-tour, après un dernier regard flamboyant. Les fleurs douces de la poitrine dépeignaient un doux effleurement sur son torse, délicat et suave, tandis que tout son corps en harmonie usait de sa grâce pour se défaire de l’indécence. Une légère pression sur leurs bas ventre arrachait un soupire dérangé aux lèvres de la damoiselle, avant qu’une lente caresse tendre sépare la chair du cuir, exposant à merveille la nudité de la femme aux yeux de l’homme. Glissant sur le sol, elle se reposait sur ses cuisses, l’une sur l’autre, replié, voilant le bas ventre entre les jambes serrées. Son corps se baissait avec soin, avec la même grâce que les révérences des dames du haut monde, et ses mains déportaient le drap blanc autour de sa cuisse.

Un léger cri d’effroi saccadait la respiration de la pucelle, affolant sa poitrine rebondie à la vue du sang s’écoulant, gouttant avec soin dans la mare écarlate. Ses yeux se transcendaient d’une compassion ardente, folle, tandis que son âme se disloquait à la vue d’une pareille blessure, handicapant le chevalier protecteur de sa vertu. Un lien persistant, enfoui, la poussait davantage à s’alarmer à la vue de cette horreur, pourtant minime, tant bien qu’il était refoulé par les dogmes de la Bonté. Rien qu’un attachement solide semblait étouffer la plus grandiose des pièces maîtresses de son âme, au profit d’une ère nouvelle. Le bandage s’enroulait avec soin autour de sa cuisse, sous les tremblements délicats de la princesse de cristal. Sa longue chevelure tombait en éclats parsemés d’or, vivant encore dans le spectre de Théodoric. Doucement, son buste s’arquait, relevant à vue sa poitrine, et ses yeux cherchaient l’épée du sieur de Melasinir, non sans oubliée le trouble ingrat qui les avait habité, causant les chaleurs étranges et la dureté du roc. L’atmosphère lourde glissait les parfums de la passion nouvelle, tandis que la main d’Ashenie feignait d’attraper l’épée, bien trop lourde pour elle. Elle peinait, tandis qu’une nouvelle pique fantomatique transcendait son âme. Assurément, elle n'en avait pas le droit, jamais, et ses actes s'impregnait de l'essence du mâle, partout en elle. Inférieur, il la possédait...

Un long filament de verre trépanerait à jamais son esprit, sous le cor de guerre
Et la harpe scintillante glissait les lèvres de l’âme dans un baiser éphémère.
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Théodoric
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Dim 1 Nov 2009 - 23:15

« - Jamais l’un sans l’autre… »



Noir… Tout autour de lui, que la noirceur d’une tempête parfois déchirée par les éclairs intense, et le tonnerre grondant s’ajoute aux hurlements déchainés des vagues d’une mer prise dans les tourments d’un cœur criant l’agonie passionnée d’un assaut éprouvant, les déferlements d’un océan épris s’abattent, se brisant sur les défenses fragilisées d’une forteresse, reposant sur la vertu que le cœur tente de corrompre, influençant ses décisions pour la faire céder, car déjà, lui se perd dans les méandres délicieux d’un labyrinthe édifié par Arcam, dont le trésor, reposant au centre même, animant les battements nouveaux, intenses et perdus depuis ces mots à peine soufflés dans les courants violents, se fracassant finalement sur les récifs.
Il imprégnait la forteresse et ses occupants d’un désir, la tentation rongeait les pierres, creusant des interstices, fragilisant la structure tout entière d’un esprit qui se voulait solide, taillé dans le roc, battit sur les fondations pourtant prétendues inébranlables, que par un sentiment unique, par une tradition si ancienne qu’on en oublia même l’origine. Et chaque nouvelle tentative, les travaux entreprit étaient des occasions pour l’enivrante pensée de créer des failles en d’autres endroits… Tant et si bien que bientôt, il était de nombreuses fuites menaçant l’édifice, assombrissant l’avenir d’un présage mauvais, annonçant l’engloutissement même de la demeure, promettant la noyade à son occupant.
La divination appelait au désespoir, et l’interdit sournois gagnait en influence, mais la vertu du preux ne devait faillir… Il ne pouvait devenir plus que le chevalier, il ne le devait pas, même si en lui grandissait l’envie d’être plus qu’une épée, un bouclier dressé, couvrant la demoiselle qui avait provoqué cette tempête, il ne voulait pas être autre que des ailes bienveillantes, chaudes et douces, l’entourant, l’amenant dans l’abri de ses bras pour la préserver du malin, de la malveillance des vivants du monde, il fallait rester fort devant l’ennemi vicieux, pourtant épuré par la vertu et les principes. L’idéal chevaleresque appelait aux sentiments les plus purs, c’était une évidence dont il avait connaissance, mais son rang, sa situation invoquait la raison… Mais devait-il y répondre ? Devant ce sentiment qu’il combattait, et qui pourtant était le fer de sa lame, la force guidant son bras, les barrières d’un monde rejetant jusqu’à son importance dans la vie devaient-elles exister ? Devaient-elles être prises en compte dans le jugement ? Il écarta même la question, début même de sa déchéance, agent d’un cœur qui avait déjà sa réponse.

Voila les vagues, déferlantes s’écrasant et imposant au brave les égarements de l’imaginaire, illustration allégorique d’un trouble envahissant et désormais bien présent, grandissant à chaque folie de la demoiselle, se perdant tout autant que lui dans une passion interdite mais incontrôlable, conduisant les deux enfants à leurs noyades, enlacés et désormais inséparables, écho de ses propres perditions, de ses doigts s’égarant dans la nuque, dans la chevelure, le dos de la jeune fille, à chaque instant où son souffle doux et chaud balaie son cou, invitation involontaire à la noyade dans les courants tourmentés des désirs inconnus mais enivrant, tentations même pour ceux qui n’ont jamais connu, que dans les récits et les recommandations d’un père, dans les brumes secrètes, voilées au yeux d’une jeune enfant par une religieuse.
Les amants involontaires, victimes malheureuses du divin prisonnier, unis dans leurs ombres vacillantes, dansant au gré des flammes les entourant, étroitement liés autant par les colères de la nature que leurs sentiments contradictoires, s’opposant, se percutant en fracas. Le désir de l’autre affronte l’interdit né de l’éducation. Sous la caresse, rien qu’un frisson léger mais agréable, appréciant la tendresse et la douceur de la belle, sa tête imperceptiblement s’appuyant pour plus encore apprécier le contact dans un geste inconscient et ces mots… Les mots à l’origine du trouble, les mots qui intensifièrent plus encore la tempête intérieure, laissant penser qu’elle était la proie des mêmes maux que lui, les mêmes poisons du délice et du vice s’infiltre et l’envahissait, et bientôt, lui-même pensa ses mots… Il ne se vit pas sans elle, comme la douce et chaude lumière qu’elle incarne à ses yeux, phare à ses sens, empêchant son cœur d’échouer, pour le puissant et robuste chêne, courbant ses feuillages, ses branches pour couvrir sa protégée. En cet instant unique, écho de ce souffle, il n’exista plus de monde, plus de temps, plus d’espace… Il n’y avait que lui, qu’elle et c’était tout…

Et son corps en réponse lui offrit plus d’intensité encore, dans sa manière de ressentir le contact, et le lien qui affectait les intimités, de l’un comme de l’autre, chaque effleurement, sa peau contre la sienne, devint autant de brasiers enflammant les sens et il fut malheureux qu’à nouveau, son corps en émoi réagisse malgré la promiscuité, accentuant la pression sur le bas ventre de la vierge pure, augmentant son trouble, comme si l’actuel ne suffisait pas. Mais quand il choisit de commencer à rompre le contact, dans un effort visant à amoindrir le trouble, la gène, l’indécence même de la situation pour ensuite s’occuper de sa blessure, il fut bien surpris d’entendre dans un nouveau souffle cette négation… Sans bien comprendre la pleine signification, c’était là une réaction étrange, mais peut-être la jeune fille encore peu assurée ne voulait pas finir sans ce délicat mais virile contact qu’il lui offrait, rassurante protection physique d’un homme offert, dévoué à sa seule personne.
Et dans les yeux vairons de la damoiselle, il se perdit dans l’océan même de la folie qui les rassemblait et les rapprochait en cet unique moment… Délicieuse perdition réciproque, trouvant l’écho dans l’émeraude de son regard. La frêle main féminine glissait alors sur son torse, se posant sur son cœur chantant les louanges des charmes et l’expression de ses sentiments envers la jeune fille en cet instant, témoignant de ce que le regard semblait troubler, voilé… Et là, alors qu’il croyait avoir déjà tant ressenti, les tambours, battant à la mesure de ses émotions accentuèrent encore leur rythme quand la proximité de leurs visages fut tel qu’il pouvait sentir son souffle chaud balayer ses lèvres, et le désir de s’emparer là, maintenant, de cette source de tentation, première expression physique d’un sentiment rongeant l’âme, criant sa plainte et la volonté d’agir fut bien forte, et elle put le sentir sous ses doigts délicats, captant le moindre mouvement de son cœur hurlant la passion qui le submerge.
A nouveau, alors que l’intensité atteignait son apogée, elle fit retentir délicatement la beauté de son chant, mélodie délicieuse à l’oreille du preux qui voyait à chaque seconde sa forteresse envahit, les eaux mouvementées s’engouffrant partout où elles pouvaient le faire… Et encore une fois, elle se refusa à l’écouter, elle voulait le guérir en priorité et devant les larmes et la douce caresse qui accompagnèrent ses mots, il ne put rien répondre, troublé autant que convaincu, acceptant la décision qu’elle prenait, lui cédant, faible qu’il était. Et dans un mouvement gracile et délicat, elle rompit finalement le contact et l’étreinte, arrachant un léger soupire, une déception invisible l’avait envahit, et le désir de retrouver sa douceur et la fragile chaleur, devenues le besoin essentiel, au même titre que l’eau ou l’air.

Il ne détacha pas son regard d’elle, inquiet devant ses petits cris, avait-elle déjà vu les effusions carmin d’une blessure auparavant ? Il l’ignorait, mais la folie qui les gagnait tout deux en était peut-être tout aussi responsable, que la sensibilité à fleur de peau qui faisait de la jeune fille la rose que l’on ne peut que vouloir protéger… Mais il ne dit rien, serrant les dents sans émettre le moindre gémissement quand elle termina de bander la blessure, c’était une bonne chose de fait…

Il ne réagit, revenant de sa contemplation indécente et punissable de la belle damoiselle, que lorsqu’il la vit tenter de déplacer l’épée qui était la sienne, mais ses maigres efforts ne semblant peu concluant, et désireux de la ménager, l’une de ses mains vint se poser sur le manche, effleurant celle d’Ashenie tandis que l’autre glissait sous son menton, l’invitant à relever les yeux vers lui alors qu’il faisait glisser l’épée avant de la repousser plus loin, là où elle ne saurait les menacer, ni lui, ni elle… Il reposa son regard dans le sien, s’égarant encore dans ces yeux sublimes et uniques, lui souriant avant de susurrer un délicat « Merci… ».

« Non… »


Les eaux agitées se calmaient doucement, et bientôt, le soleil apparu à nouveau, éclairant de sa chaleur radieuse et lumineuse la forteresse saccagée, ébranlée mais encore debout, ayant tenu face à cette nature déchainée, tempête des émotions libérées s’abattant sur l’âme pour la faire céder à ses caprices et ses envies... Fruit de la tentation et du désir incarné par la damoiselle aux cheveux d’or.
Mais voila, c’était terminé… Tout était bel et bien fini.

Alors qu’il menait ses pas dans chaque recoin dans la vertueuse bâtisse, estimant du regard les dégâts que les vagues déferlantes de la passion avaient provoqué, son regard fut attiré par un étroit chemin semblant même sorti des eaux paisible désormais d’un bleu azure. Ses yeux alors cherchèrent la destination de cet étrange sentier de terre, mais il n’y avait qu’une lumière pure, l’aveuglant, l’éblouissant. Poussé par sa curiosité, il courut, descendant les marches quatre à quatre jusqu’à la porte menant à cette curiosité et sans réfléchir un seul instant, entreprit de le parcourir.

La route sembla durer une éternité, et au lointain, toujours cette lumière éclatante, enivrante et attirante le menant bien loin de cet abri battit durant toute sa vie, mais qu’importe les risques, il voulait savoir à quoi menait le sentier… Les jours et les nuits s’écoulèrent encore, et encore…

Et un beau jour, la clarté sembla perdre en intensité, il en découvrit alors l’origine, devant lui se dressèrent majestueuses d’immenses portes d’or, et au-delà, les plaines verdoyante d’un paradis terrestre, tentateur… Doucement, il poussa alors les portes…


« - Jamais l’un sans l’autre… »


Perdu dans ses pensées, il ne prit pas conscience de ses gestes, il s’était rapproché d’elle, une main glissant sur sa joue, avec douceur, la seconde demeurant auprès de celle de la damoiselle, au sol… Il s’était alors penché, cherchant de ses lèvres, dans un mouvement lent, le contact des siennes. Oubliant les questions, les limites dictées au sein de sa forteresse, les conséquences et l'avenir, il allait désormais, se laissant emporter par les folies d'un cœur...



On dit du Paradis qu’il est l’œuvre parfaite de l’union de deux cœurs dont les mélodies harmonieuses résonnent ensemble, formant une seule et unique voix, création de la passion et du plus pur des sentiments…

Oserez-vous, marionnettes malheureuses, éprise des folies d’Arcam, franchir ces portes… ?


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Ashenie De Sephren
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Sam 7 Nov 2009 - 14:32

Les voiles de blancheur épandaient leurs courses folles au rythme du temps, éperdue de chaque seconde enflammée d’Arcam qui caressait les corps chaste de leurs essences tumultueuses. L’immaculé brillait de toutes les vertus, contrastant avec le sombre orage, et la folie qui imbibait les yeux, souverain du corps de la poupée de cristal, à bien des égards. Les tissus de satin de l’esprit pur ondoyaient en une vaste spirale, tandis que les extrémités d’or se paraient des perles éclatantes et lumineuses en un soleil levant, une aube rose et claire, guidant les naufragés vers la plage du repos. Sauvée de l’oubli, l’âme d’Ashenie édifiait la citadelle de marbre, forteresse imprenable et dévoilée, prestigieuse et souveraine, dont le toit d’or blanc était le refuge du désespoir et du sang. L’onde délicate de l’esprit voguait dans la mer de sable, et les ressacs doux alimentaient le bercement chérit du souffle spirituel, pourtant blottit au tréfonds d’elle-même, apeuré et fragile.

Le regard du protecteur glissait sur sa peau mouillée, suave et délicat, faisant preuve de la vertu du chevalier au bouclier saillant. Sans même oser relever ses yeux inférieurs sur le maître absolu, par son sexe, son rang, et sa stature, elle sentait la vision de Théodoric l’envelopper d’un doux cocon de réconfort et de sûreté, tandis que la prison de l’âme frémissait à cette idée. La Bonté matriarcale eut du, à bien des égards, broyer la moindre sensation de ce celles comparaissant en effusions splendides et colorés sous le regard virile. L’opposition grave jouait les notes d’un requiem de cristal, morcelé, prêt à s’effondrer, et qui pourtant tenait bon face aux assauts immanquables des deux partis. Les sentiers du labyrinthe sinueux de la rose d’or menaient continuellement au cœur de la folie perditive, champs de guerre immense et intérieur opposant l’ecclésiaste à la chevalerie. Les chemins langoureux d’étoiles éparses ternissaient l’affrontement infini d’une culpabilité intense, et les sentiers empruntés dans la guerre sublime fanaient au son des tambours de révolte. La prison de cristal vibrait, au sein même de la jeune pucelle, tiraillée dans son être par cette émancipation interdite. Elle n’avait pas le droit d’être femme, elle n’était que poupée. Dans la condition prohibée s’élevaient les clameurs du cœur et de l’esprit, en tourments conjugués vers le soleil d’or et d’argent. L’astre de sa condition illuminait son être d’une merveille de rayonnement, une perle océan perdue et éperdue du lent reflux des vagues, voguant en extase déchaîné contre les paroisses de la citadelle. Et les cris tonitruants de l'océan raisonnaient en elle, en un trouble consenti et contenu.

Sa posture cambrée et affinée, allongeant les courbes de son corps pour atteindre l’épée, dévoilait l’indignité de la damoiselle de condition. Ses doigts fébriles tentaient de soulever l’arme d’homme, dont la poignée n’obéissait pas à la faiblesse des femmes. La chaleur de la main masculine échaudait l’air d’une passion savoureuse, fondant en mets odorants dans les airs, tandis que les yeux de la pucelle contemplaient la vision de clarté. Symbole même des cœurs, leurs mains s’effleuraient, sans que la moral en eut formulé l’exigence. Et la prison oppressait l’esprit, dévoilant ses serres plantées dans les lambeaux de la chair, et s’emparant non sans folie de cette citadelle dressée. Les épines de verre laissaient verser le sang en effluves admirables, tendre mélopée d’une rudesse incontestable. Pourtant, la sensation chaleureuse demeurait, apaisante et tranquille, semblable à un bercement vigoureux et protecteur. L’aura de l’homme envoûtait l’air, et le corps dénudé de la pucelle de cristal, fièrement dressée en une candeur blanche et immaculée de tout vice. La tempête de tarissait pas, jamais. L’orage du dehors se reflétait dans le miroir du cœur, où la foudre frappait sans relâche, électrisant la moindre sensation en un frisson s’épandant dans toute l’enveloppe de cristal. Fragile et délicate, le toucher lui apparaissait pourtant comme la lumière de Néera, et la main qui serrait l’épée avait si souvent été le bras de la déesse que l’amalgame était incontestable.

L’épée glissait sur le sol de marbre détrempé, dans un fracas grinçant, tandis que l’homme attirait le visage d’Ashenie au sien. Ses yeux d’émeraude se confondaient encore avec la mer folle, où les tumultes régulaient les visages d’un flux à l’autre, alternant le père-protecteur et le chevalier-amant. L’émeraude perditive glissait de l’un a l’autre, hypnotisant les yeux lime et céruléen de la petite duchesse, liée intimement au regard de son chevalier protecteur. La rose de son cœur subissait l’éclosion du temps aux arômes alanguis. Les souffles s’enlaçaient doucement sous la buée de la douceur. Les peaux se trouvaient, s’effleuraient, aux portes même d’un désir sublimé par la céleste Néera, et pourtant appuyé par l’enjôleur Arcam. Le litige intense s’intensifiait, acclamant les frontières de chasteté, et les vagues de l’émoi. Ashenie se déchirait sous le poids même de cet extase nouveau, et n’en comprenait le sens que par les chants d’Arcam qui transcendaient son esprit. La harpe de son cœur jouait la sainte mélodie de langueur, et à l’écho du cor de guerre, répondait par cette même sérénade des flots enjoués et envoûtés, régnant en maître sur cet échange interdit. Elle sombrait dans ses yeux…

Ashenie contemplait le passage, la lumière, la folie, la citadelle, l’espoir dans les yeux du chevalier de Melasinir, folle un instant d’une seconde éperdue et embrasée, sentant son corps revivre, l’espace d’une seconde, chaque émotion avec plus d’intensité. Approchés, près, si près... que les démons même les enchevêtraient l’un à l’autre. Ou peut être était-ce là les anges de Néera ? Son corps s’arquait, lentement, sans que ses yeux parviennent à se détacher de la virilité de l’émeraude. Ses sens s’évaporaient, fusionnels. Son cœur se déchirait en une folie outrageuse. Offerte, rien n’était plus à sa portée, et son corps léger s’envolait dans les tumultes d’une folie ample. Son regard se parait d’étoiles, semblant même abriter l’aube d’un soleil nouveau. La voie lactée céruléenne et lime s’embrasait d’étoiles passionnées et fusionnées. Mouillée d’un émoi transcendant, imbibant chaque parcelle de son corps, elle s’envolait dans les yeux de son protecteur. L’étreinte de la rose se prolongeait de l’un a l’autre, tandis qu’il chaviraient ensemble dans les méandre d’une folie douce. En elle, l’ecclésiaste trônant sous l’image de la Bonté s’alarmait en un sursaut à peine décelée, couvert de cette passion véritable. Doucement, sa voix s’élevait, tandis que ses lèvres frôlaient celles du chevalier penché. Elle ne se détachait plus de ses yeux. L’intensité de l’instant brûlait dans les parfums des deux souffles conjugués. La sensation douce de leurs lèvres rosées se répétait sur les cœurs, à bien des égards. Un long frisson parcourait Ashenie.

« -Non… ! »

Mais déjà, le murmure mélodieux, au son du cristal, étouffait sa symphonie. Les lèvres d’elles même se refermaient, communiquant la passion de l’un à l’autre. Le paradis dessinait ses portes amples et folles dans les nuages de la fusion. Les doigts d’Ashenie glissaient dans la chevelure d’or du chevalier de Melasinir, tandis que sa joue vibrait toujours sous la main virile. L’enveloppe délicate de la petite rosière s’embrasait de tremblements puissants, vibrant depuis l’âme même. Doucement, lentement, le couple semblait s’affaisser vers le sol, sous la cambrure d’Ashenie. Les lentes vagues les y avaient poussées, et l’homme prenait naturellement l’ascendant tandis qu’en essayant de s’échapper en vain, Ashenie désirait la couverture humaine de l’amant. Non.. Non !

Les lèvres du péché combattaient lentement les gravures du ciel
Les cœurs de vertu s’unifiaient dans un brasier éternel.

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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Dim 8 Nov 2009 - 15:03

L’Obscurité laisse sa place à la Lumière, éblouissante et douce, la chaleur de ses bras couvre le cœur des amants du soir, œuvres tout deux de la vertu épanouie et légère, agréable citadelle onirique, image d’un sanctuaire trônant dans les songes éclairés, les protégeant des vices qui partout ailleurs grouillent et se multiplient, préservant la pureté des cœurs en cet instant tourmentés par les folies d’Arcam, le désir de l’un et l’autre, se perdant dans les labyrinthes qu’il dressa et où ils furent poser, tout deux en cette soirée d’hiver… La tempête avait mené leur pas et au centre de ce dédale, cherchant la récompense de l’effort, ils s’étaient trouvés, et devant eux, les portes d’un paradis rêver, délire même du Divin Prisonnier offert à ces jeunes gens.
Un instant, un seul et unique instant, une hésitation sous les traits d’un murmure de la douce tenta de briser le moment, son intensité et la folie qui le menait, mais à peine prononcé, il était étouffé, et la Lumière se fit plus intense, explosion véritable des sens et des sentiments, les sensations décuplées, aidées encore par les pensées désirables, tendirent vers l’infini, se perdant loin, bien au-delà, dans les cieux immenses, des tumultes déchirant l’air et grondant gravement dans un vacarme effrayant.
Devant les portes du paradis, il n’existait dès lors plus rien de ce que le monde offrait, que le regard vairon de la damoiselle qui doucement prenait en otage son cœur vertueux, sans qu’aucune rançon ne soit prononcée, la douceur de sa peau sous ses doigts, comblant alors le toucher avant la surenchère… Et bientôt, il y eut une nouvelle explosion, point celle d’un orage non… Pareille à celle qui créa les étoiles qui parsèment l’univers et le ciel tout entier, illuminant bientôt les cieux, plafond de la citadelle des rêves épris, née de la passion partagée des deux amants, elle s’éternisait alors que le temps lui-même ne semblait pas insensible à l’intensité qui électrisait ce moment particulier et magique, quand les lèvres des deux jouets se rencontrent, fusionnant et se désirant l’un l’autre, ne voulant guère rompre le contact de peur d’en souffrir, d’agoniser devant la perte du précieux instant. Cette explosion, semblable à celle qui créa les mondes et les astres célestes, avait elle-même été la mère d’un univers, celui des songes, unis et semblable, des deux amoureux.

Ce premier baiser, marque de l’union des deux cœurs épris et envoutés, enivrés d’une passion partagée s’étendit en même temps que les corps l’un contre l’autre s’affaissaient, une chute lente et douce, parfaitement contrôlée, vers le sol encore trempé de la salle d’eau. Là, ils savourèrent encore le délicieux goût de l’interdit épanouit, s’embrasant dans les corps des malheureuses victimes des chants d’Arcam, bien qu’il n’y ait pas trace de regrets, qu’aux confins des forteresses respectives, où la plainte des éducations souffle comme un courant d’air parcourant les couloirs désormais vidés de leurs occupants, mais il n’y avait guère d’échos se propageant jusqu’à l’oreille du chevalier de vertu, emporter par les courants jusqu’au cœur d’une graine d’extase récoltée sur les lèvres délicates de la pucelle…

Mais toute chose à une fin, surtout les plus belles, selon les dires… Bien que peut-être cette croyance vienne de l’impact de cette finalité, les bonnes choses amènent le regret, les mauvaises conduisent à la tranquillité et à l’épanouissement. En tout cas, quittant temporairement ce pur et mémorable instant de félicité, soupirant doucement quand leurs lèvres et leur contact enlacé s’achevait, ne s’éloignant guère, mais ce fut tout son corps qui s’animait, lentement, progressivement… Il ne savait quoi dire, partager entre le devoir et le désir… Car ce qu’il pensait, ce qu’il faisait même lui aurait été interdit, non par les commandements du chevalier, car jamais, que Néera en soit témoin, l’amour avait été exclus… Mais ce qu’incarnait Ashenie était un idéal plus pur que celui que son bras défendait, innocent car c’était ses mots, si doux, si tendre, envoûtant à ses sens qui proclamaient et conduisaient à la sérénité d’un moment de paix, non la lame purificatrice mais imprégner du sang des indésirables, coupable déjà maintes fois, certes dans les saintes et précieuses règles d’une justice détachée, d’avoir emporté des vies.
Mais plus que cet idéal, elle était la fille d’une défunte duchesse, promise par les mœurs et l’éducation à un mariage pour la grandeur de sa famille et sans doute quelques relations établis, un mariage pour sceller l’alliance, dont l’amour serait absent, que l’obligation et le devoir enseigné pour faire d’elle une parfaite épouse. Et lui, humble chevalier d’une modeste famille de noblesse relativement jeune… Son nom partout en ces terres dont il était originaire et fidèle rappelait certes le prestige et l’honneur de ses ancêtres, et la figure même d’une chevalerie respectée et idéale, jamais corrompue par les âges quand ailleurs ce nom ne signifiait rien de plus qu’une source de gloire et de prestige, oubliant la beauté vertueuse et délicate d’une philosophie, d’un art de vivre et de combattre, mais il n’était que cela… Point de grand titre, point de terres que celle offerte par le Roi allant de paire avec le manoir familiale, et toute la pureté de ce qu’il représentait et prolongerait encore ne comptait pour rien pour la haute-noblesse, et cela il le savait.
Un instant, son devoir tenta de le rappeler à l’ordre… Il ne devait pas faire cela, il n’en avait pas le droit, bien que l’un comme l’autre le désirent, il fallait qu’il sache que peut-être, l’excès conduirait à la chute de la jeune fille, que peut-être braver les interdits, plus que nuire à son nom, entacherait tout ce qu’elle représentait partout dans la Péninsule.

Le chevalier fut alors confronté à l’homme vertueux mais sensible à l’appel des sentiments, aux délicieux tintements d’une harpe jouant pour lui, pour l’amener à elle, et la garder pour elle, mais déjà les portes d’un paradis s’étaient ouvertes, qu’importe les conséquences, il sacrifierait sa vie si c’est le prix à payer pour racheter la conduite, mais il ne pouvait refuser l’amour, le sentiment fort et la demande même, folle certes, de la damoiselle s’accrochant à lui.
Ainsi fut-il décidé, non sans protestation, qu’il continuerait ainsi que sa chute dans les remous des émotions le voulait… Plus qu’un symbole, plus qu’une poupée agitée pour tranquilliser et tenter les hommes, il voulait lui montrer un regard épris d’elle, la montrer femme à ses sens, Dame en son cœur, guidant sa lance et son épée à travers les batailles, sa raison d’être, de combattre et de survivre, pliant sous ses caprices même, assujettis à sa divine personne autant qu’à son seigneur afin de la satisfaire et lui faire honneur.
Il la voulait ainsi qu’elle était en son cœur en cet instant totalement et éperdument à elle, un soleil brûlant et brillant, éclairant sa route et les pavés sombres d’une vie, motivant ses actes plus encore que le code qui régissait son existence.
Un murmure s’échappa, comme un souffle qui aurait survécu depuis la forteresse… Il avait conscience de sa culpabilité, la vulnérabilité d’un cœur devant celle qui l’avait brisé et infiltré. Juste un discret «
Désolé mais je… »

Se redressant, il décida d’agir, réponse à la confrontation et au débat. Un bras glissant dans son dos, la soulevant d’abord en douceur, pour terminer son chemin au dessous des omoplates, l’autre se perdant derrière les genoux pliés de la damoiselle, il entreprit de se relever alors qu’elle passait ses mains sur ses épaules, l’une passant derrière son bras, le serrant et se cramponnant, l’autre allant se poser directement pour s’agripper à lui, ne semblant désirer en aucune façon se séparer de lui, la tête reposant sur son cœur pouvait écouter retentir dans sa poitrine les chants des battements en son honneur, uniquement adressé à elle.
Se redressant encore, il remercia le ciel de l’avoir doté d’un corps puissant, d’abord à genoux, il remit sur pied une de ses jambes, tremblant à peine quand enfin, il usa de ses forces pour se relever sans trop de difficulté malgré la jouvencelle présente dans ses bras, et la blessure à la cuisse. Une fois debout, il se perdit un instant dans le regard vairon, traçant sur ses lèvres sans qu’un son ne s’échappe le nom de celle qui menait la conquête du cœur vertueux.
Progressant lentement, afin d’éviter une nouvelle glissade qui, plus que pour lui, risquait de blesser la damoiselle, il termina de sortir de la salle d’eau, enfin… Laissant derrière lui son épée et les lieux de naissance de cette folie, l’image prenait vie dans la réalité… L’épée, symbole de la chevalerie, de cette forteresse en proie aux eaux étaient laissés là-bas alors qu’il parcourait un chemin, accompagné et baigné dans l’aura lumineuse et douce de la jeune fille.
Sur le trajet, il n’y eut que peu de bruits, que celui léger des bottes pénétrant les tapisseries, y laissant l’empreinte éphémère des pas, et celui des gouttes tombant des chevelures d’or et des corps et tenues des deux amants, bientôt, sans faire plus attention aux luxueux appartements offerts à la pupille du Duc, trop perdu qu’il était dans l’océan vairon et la contemplation du visage angélique, son attention autrement seulement portée sur son cheminement, non sur la beauté des lieux.

Enfin s’achevait leur court périple qui les amenait dans la chambre de la damoiselle, et c’est dans un univers bien différent de celui duquel ils étaient partis qu’ils terminaient leurs routes… Là, dans cet endroit presque similaire à un sanctuaire dans sa symbolique particulière, car c’est ici que se reposait l’une des perles, précieuses représentantes d’un idéal divin, et c’est avec ce sentiment pieux, comme celui d’un fidèle pénétrant un temple qu’il continua d’avancer. Tout ici respirait la douceur et la pureté mais aussi la grandeur et la toute puissance, ramenant et amplifiant encore l’image même de la pucelle, renforçant la vertu et la pensée qu’il avait à son égard, le pouvoir qu’elle avait sur lui… Il n’eut guère pourtant l’occasion de profiter des lieux, bien qu’elle ne se plaigne pas de sa situation, il fallait mener ce voyage à son terme.
Lentement, il la mena jusqu’au lit à baldaquin, sublime ouvrage décoré de voiles, et l’y déposa lentement, le plus doucement et délicatement possible, comme si il eut été possible qu’elle se brise malgré l’infini confort qu’offrait ce lit. Alors qu’il allait pour se relever, ne quittant pas même son regard, toujours subjugué, comblé dans sa perdition, ses mains glissant sur sa peau, s’en détachant, car il n’avait guère la tenue et le sentiment de pouvoir aller plus loin, se fut elle qui le retint, restant cramponné à son surcot.
Il aurait pu s’en détacher sans mal devant la force de la petite vierge, mais son cœur lui disait de rester, et devant elle, face à elle et pour se confronter, il perdait tous ces avantages, il était faible, vulnérable à la moindre des envies, des volontés de la jeune fille.

Curieux de ce désir de le garder ainsi, pencher, de ne pas vouloir qu’il s’éloigne encore, il resta interdit et ne tenta pas de s’en séparer, admirant son regard alors que son souffle, hésitant, il laissait s’échapper une question simple…


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Ashenie De Sephren
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Mer 11 Nov 2009 - 23:42

L’aube chantait les louanges d’une vertu ingénue, sous le soleil d’or et d’émeraude qui éclaboussait la lande du corps d’Ashenie de mille reflets colorés, difractés en un arc-en-ciel tumultueux et pastels dans les gouttes de passion. L’un à l’autre fusionnait dans l’espace infini du bain reversé, semblant à une mer déchaîné au ventre attendrit, renfermant le trésor infime des sentiments voilés. Le cœur en bouton de rose semblait mimer l’éclosion de la fleur dans sa splendeur, dévoilant un à un ses pétales. Les épines pénétraient le flux sanguin du chêne puissant, tandis que la douceur blanche des pétales ruisselants caressaient, en de multiples révérences, le torse imbibé du cœur de l’arbre masculin jusqu’à en dévoiler celui de la rose. Et l’un à l’autre chantait les échos d’éternité à l’âme, en une fusion ample et délicate, une perdition douce et suave, tant bien qu’elle en était hasardeuse. La blancheur des voiles de satin s’éprenait avec fougue de Théodoric, et Ashenie contemplait avec douceur la fusion dans un émoi transcendant, fou et magistral.

Le corps de la délicate poupée de cristal semblait s’élever dans un lit aux draps de brume, sculpté dans les nuages du temps et dans le marbre céleste, où l’astre d’émeraude des yeux de Théodoric guidait les songes. Les bras d’une extase parfumée la portaient doucement sur les flots, tandis que la ligne de l’horizon s’effaçait dans la prunelle scintillante teintée de céruléen et de lime. Le tableau dissonant dépeignait dans les miroirs de verre la parfaite fusion de l’un à l’autre, du cœur à l’esprit, sous l’enchevêtrement de l’âme même, dont l’amplitude ne cessait de croître. La détresse de l’âme brisait la prison de verre, alarmée, tangente dans cet équilibre perdu. Les préceptes de la Bonté matriarcale criaient la folie des corps, tournoyant en une tempête de feu dévastatrice et purificatrice en elle. Les cris tonitruants de l’âme s’éteignaient dans un brasier amer et ample. Les violons de son cœur s’embrasaient sans détour, rongé de cette culpabilité intense qui causait les larmes d’émois. Elles glissaient, sournoisement, dans les yeux ingénus en une trajectoire tortueuse, faignant de se retenir aux coloris divergents pour ne pas couler. Et la dévastation contenue semblait au ravage des sentiments passionnés, grandiose dans leurs essence, parés d’or et d’argent, et pourtant nus et démunis face à l’intensité rose. L’essence même du rêve dévalait les pénitences de l’arc-en-ciel, jusqu’à sombrer dans l’interdit prohibé aux couleurs de la résonance de l’abstinence morcelée en éclats de verre.

Les lèvres rosées d’Ashenie glissaient sur celles de Théodoric, s’y accrochaient en une ferme attention délicate, en entrelacement ample et doux, semblable a une tendre symphonade éperdue. Les souffles se mêlaient tandis que la texture des lèvres se confondait. Le baiser de l’amant brillait de mille éclats, en un doux toucher prodigué, semblant à une caresse de l’âme par la chair. Le voile de la tendresse recouvrait le baiser d’une touche délicate et passionnelle, tandis que le désire d’un instant était sublimé d’un sentiment déchaîné, une vague émotive et fragile tempêtant sur l’île isolée en plein océan de son cœur. Le baiser s’allongeait dans le confort de d’un échange, tandis que l’espoir subodoré éclatait en une vaillance ample. Le saint combat du bras de Néera guerroyait contre le mensonge grave de La Bonté, dans cet épic champs de bataille du cœur au paradis et à l’enfer incontesté, tournoyant en un même univers de splendeur. La pucelle contemplait, impuissante et fascinée, le combat acharné du sieur immiscé en elle face aux racines profondes des préceptes virginaux. La fleur de sa poitrine mouillée effleurait le torse du chevalier avec maintient et retenue, suscitant cette caresse inattendue et incontrôlée gardant toute la fraicheur de l’ingénue pure.

Théodoric rompait le baiser sous le soupire tendre de la damoiselle agrippée, dont les yeux mi-clos émanaient d’une tendresse ample et délicate, se plongeant des les abîmes longues et langoureuses de l’émeraude du chevalier de Melasinir. Les bouches se détachaient, glissant, étreinte les unes aux autres. La lèvre supérieure de Théodoric, glissée entre celles d’Ashenie, agrippées et enlacées, se détachait lentement, glissant avec une lenteur suprême et une candeur passionnée, tandis que les souffles mêlés s’engouffraient dans les cavités du cœur, au travers des lèvres entrouvertes, cherchant l’étreinte des âmes encore fusionnées. La poupée de verre gardait le goût délicat et féérique de Théodoric sur elle, savourant encore l’exquise enquisse d’amour qu’il lui avait prodigué, tandis que l’âme alarmée en rejetait toute la saveur. Passionnée, conquise et rejetée, elle souffrait intérieurement de cette dévastation enflammée et torride, lutte sanglante de l’éducation et du sentiment trop grand, tarissant ses moindres ressources jusqu’à l’inaction. Les yeux émeraude de l’homme la rendaient faible, impuissante et folle, prise d’une ivresse sainte et torpillée jusqu’à l’âme même, creusant les vestiges d’une citadelle éprise. L’épique épopée du chevalier à la virilité saisissante résonnait en mille images miroirs dans l’esprit de cristal de la jeune pucelle, submergée par les sens et l’admiration, perdue dans l’immensité émeraude du chevalier magistral. Le dos d’Ashenie baignait dans le marbre inondé d’une mer chaude et tumultueuse, arrivant au terme de ses replis. Sa respiration ample battait sa poitrine douce, dont la pointe en bouton de rose caressait de l’extrémité de ses pétales le torse mouillé et presque dévoilé de Théodoric, sous le tissu blanchâtre collant à la peau. Les cuisses s’effleuraient, lentement, dans un contact indécent et sulfureux. L’orage du dehors rythmait leur passion à son grondement perditifs. Les cœurs alarmés battaient le temps d’une lente épopée majestueuse et tragique, sombre douceur de l’âpre lune des temps ancien. Sacrifiée sur l’autel d’Arcam, Ashenie ne voyait plus, aveugle de cette folie des passions en cette nuit d’hiver rude. Elle était seule, face à Théodoric.

La voix de l’homme s’élevait, laissant les échos de la pièce la porter aux oreilles de la pucelle. Ses mots de désolation lui fendaient le cœur, déjà ouvert face à l’immensité chevaleresque et héroïque d’un homme aux mœurs fascinantes. Lentement, le corps de la poupée de cristal se cambrait, ne laissant apparaitre sur son visage qu’une expression douce et ingénue, comblée encore du goût de Théodoric. Sa main s’élevait dans les airs, en un envol délicat et surprenant, brisant l’infériorité, l’espace d’un instant, et la passivité émotive d’une femme trop restreinte. La colombe de ses doigts dessinait l’irréalité d’un nouveau monde, aux parures multicolores et aux perles lacrymales de vertu, gouttant le long de ses doigts. La distorsion de la réalité se lisait dans les yeux de la petite rosière, difractant les coloris fantasmagoriques en une unique vision, distillant la vision d’un amour pur et étrangement guidé par les spectres de ses songes. Brillant d’une folie splendide, le monde illusoire confondait passé et présent en une spirale folle, un instant éperdu de clarté du cœur se dévoilant aux ports céleste, ou naviguait les colombes blanches. Décollant, dérivant, chavirant, tournoyant et défaillant au travers du ciel de diamant infini, aux milles reflets du paradis, les colombes s’engouffraient dans le ventre de la réalité, changeant la vision d’un instant pour ne plus voir que Théodoric. Le bout de ses doigts doux effleurait avec candeur les lèvres du jeune chevalier, semblant interrompre ses mots proches de l’aveu, ne laissant s’envoler qu’un « je… » indéterminé dans la mer commune de la passion ardente. Sa main déclinait les saveurs d’un toucher délicat, semblant briller de lui même au contact, animant étrangement Théodoric, comme si elle lui eut donné toute sa force. Le rêve prenait le goût d’une réalité nouvelle, tandis qu’Ashenie restait impuissante face à la puissance virile de l’homme démontrée et décharnée. De ses lèvres s’échappaient les filets indistincts du souffle, épris des mots et de leur jeu, du paradis et de l’extase, imbibés de la passion et de l’amour transcendant qui semblait la tuer à petit feu sous l’indignation complète de son esprit trop enchainé. Et l’enchevêtrement laissait place à un murmure, si délicat que le vent, si fou que l’instant, si étendu que l’océan :
« Les âmes s’étreignent à jamais… »

La complainte était à peine murmurée, dans le tumulte de l’instant, voguant jusqu’aux oreilles de Théodoric avec éclat. Le tremblement d’Ashenie s’intensifiait à mesure des aiguilles du temps, la faisant glisser vers l’aurore nouvelle de ses sens. Sa voix de cristal semblait rythmée par le chant d’une harpe enchantée, éprise du vent soufflant jusqu’au cœur de ses entrailles dénudées et voilées au regard des hommes, pourtant à jamais marquée du sceau interdit. Son corps s’élevait sous la puissance émanant des bras de Théodoric, tandis qu’elle s’agrippait avec force et ingénuité, sous l’expression éperdue et contemplative du visage du chevalier. Le visage de poupée de la petite duchesse s’était figé dans un goût délicat embrumant les sens et se délectant d’humer les délices d’un instant. Les yeux vairons de la rosière océane s’était épris des lueurs de l’admiration, tandis qu’elle s’était figée en un poupon délicat dans les bras du mâle souverain. Son corps dénudé trônait en un trophée de magnificence dans les bras puissant du chevalier de Melasinir. Il l’emportait, tandis que ses petits poings délicats s’étaient refermés, pareil à l’éclosion inverse d’un bouton de rose, serrant de sa petite force fragile le corps virile de l’homme idéal. Les lèvres d’Ashenie avaient laissé échapper des gémissements mélodieux au son de la harpe de sa voix, tendre mélodie suave au renom de majesté. Le mistral des sens envoûtait le couple enlacé, dépeignant la virilité et la féminité dans leur fusion la plus câline, tandis que les pas étaient rythmés par les battements amples du cœur puissant de Théodoric. Les joues rosées d’Ashenie s’empourpraient davantage au son des tambours de l’amour, résonnant dans son être comme une mélodie ample. Le cœur de la pucelle glissait les échos sournois de la passion enlacée aux sentiments du chevalier pur.

Le corps féminin était lentement déposé dans le lit voilé, à baldaquin et orné d’or blanc, dans le faste richissime que la famille de Langehack drainait avec elle. Agrippée à Théodoric, elle sombrait, lentement, semblant taire dans le velouté du tissu les plaintes internes, tandis que l’image du chevalier étincelant sublimait son esprit. La main de l’homme déviant sur sa hanche, elle retenait avec peine les sensations démultipliées de l’esprit et de l’âme, enivrés des parfums de la rose. La force insoutenable du chevalier vertueux pressait Ashenie, dans une étreinte prolongée, prenant les corps en otage dans l’écrin d’amour. Penché vers elle, leurs corps se frôlaient, dans cette même caresse qui effleurait le désir prohibé quelques instant plus tôt, et qui à présent se rangeait presque dans la sainteté de la pureté. La pression de Théodoric s’effaçait, si infime que les membres de la petite duchesse restaient agrippés, dans une complainte douce, claire, gémissant encore une fois de la séparation. Comme si l’un sans l’autre ne pouvait subsister, le chevalier lui était devenu nécessaire, indispensable à la vie, comme si le bras chevaleresque de Néera était celui qui nourrissait l’âme de la poupée de cristal. Ses lèvres laissaient échapper le refus, dans l’harmonique accordé du souffle, à peine murmuré, en un mistral des plus doux, un zéphyr d’amour.

« - Non…»

L’étreinte d’Ashenie se resserrait, ses yeux de passion se plongeaient dans l’océan émeraude, submergé des ouragans de la folie. Son cœur battait, si fort qu’il semblait sorti de sa poitrine. Ses lèvres rosées, entre-ouvertes, recevaient le souffle de son prénom, doux et chuchoté, animé de cette même passion, et de la surprise de son étreinte. Le corps d’Ashenie se déportait vers celui de Théodoric. La harpe de sa voix jouait la symphonade de la douceur. Lentement, elle envoûtait l’air du chant du rossignol.

« - Théodoric…»

Les prénoms fusionnés, enlacés, abritaient le refuge de l’inavouable.
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Jeu 12 Nov 2009 - 23:13

L’aube voyait le temps de son règne arriver, étendant son éphémère influence sur les plaines et les forêts verdoyante d’un paradis de songes né des sentiments mêlés, se faisant écho les uns aux autres… C’était la naissance de ce monde, s’animant et voyant pointer le jour premier de son existence, conséquence même des émotions s’unissant, fusionnant pour la toute première fois dans les esprits des âmes éprises. Reflet onirique des sensations nouvelles, sans l’un des deux, s’écroulant et s’évanouissant, il n’était que la création des deux cœurs chantant d’une même voix les louanges d’un monde rien qu’à eux, juste pour eux…

Plongé dans le regard vairon, bercé même par les chants délicieux de la harpe, il ne pouvait s’en détacher, ne concevait plus même cette vie, ce monde, son combat sans elle… Il s’était perdu dans les méandres d’une folie mélodieuse, résonnant dans son âme, répercuté jusqu’au plus profond de son cœur vertueux et dessinant les traits de la douce damoiselle, elle était devenue celle dont il rêvait plus que nulle autre, elle était celle qu’il attendait depuis toujours… Son existence soudain prit des airs d’introduction à ce seul instant, comme si, finalement, il n’avait vécu jusqu’ici que pour ce moment, cette rencontre amenant l’aube d’une vie nouvelle dont elle faisait parti, duquel elle était indispensable.

Dans les yeux de la douce, il trouvait le réconfort d’un reflet à ce sentiment, son corps même l’exprimait, le désirait autant que lui, et bientôt, il ne pensait qu’à le laisser s’exprimer, ne plus résister, ne plus écouter que partiellement les murmures lointains de la forteresse conseillant la modération, la prudence et s’en rester là… Mais son cœur exprimait tout autre chose, il n’y avait pour elle que la tendresse et l’amour d’un homme vertueux, que le désir de la combler de bonheur, d’un sentiment de sécurité, de sa présence même. Encouragé par les chants divins, il se tourna vers cette voie, réponse même à la folie que témoignait les yeux de celle qui envahissait la moindre de ses pensées.

Il se redressa légèrement, passant ses mains sur les siennes, les caressant, l’invitant sans un mot, que ces tendres attentions à relâcher la prise qu’elle portait sur lui, ce qu’elle fit sans plus de résistance, que la condition déjà entendue, souhaitée même par lui de ne pas rompre même un seul instant ce contact délicat et doux. Il ramena leurs mains sur le ventre de la damoiselle, lui souriant avant de glisser dans un murmure une autre invitation d’un autre genre…

«
Pouvez-vous… »

Si ses lèvres ne trouvèrent pas les mots justes pour exprimer, ses yeux, son visage en quelques mouvements de la tête le firent à sa place, et, saisissant le sens de ses pensées, de son désir, elle se décala tout juste un peu, s’écartant du bord du lit duquel elle s’était rapprochée un instant plus tôt. A peine eut-elle cessé de se mouvoir qu’il s’asseyait au bord du lit, au plus près d’elle, car si la blessure était superficielle, ne provoquant pas une grande gêne de manière générale, le maintient de sa position fléchit l’aurait éprouvé, devenant à nouveau douloureuse, ce qu’il voulait plus que tout éviter en cet instant…

Il libéra l’une de ses mains de l’emprise d’Ashenie pour venir caresser à nouveau avec la tendresse de l’amant épris son délicat et sublime visage, lui souriant légèrement, peignant son expression de la vertueuse passion qu’il éprouvait à son égard avant de se pencher à nouveau vers elle, à la rencontre de ses lèvres. Doucement, les corps se retrouvaient, progressivement leurs contacts retrouvaient son apogée perdue quelques minutes plus tôt, mais il était une barrière désormais encombrante, empêchant l’instant d’être sublimé, et si jusqu’alors, elle ne lui avait pas paru dérangeante, il ne voulait plus la ressentir, coller sa peau sous l’humidité, incapable même de capter la moindre parcelle de peau de celle qu’il désirait et aimait tant déjà. Se redressant, arrachant un soupire à la jeune fille, il transgressa même sa promesse, rompant le contact des mains un court moment. D’un geste mécanique, il se débarrassa de ce surcot trempé et le laissa sans plus s’en préoccuper tomber au sol, au pied du lit, sans perdre des yeux l’être aimé, dévoilant la musculature saillante et finement dessinée qu’elle avait pu deviner dans sa chute, quelques anciennes marques et cicatrices venant plus encore renforcer la virilité et la combattivité supposée du chevalier.

Il reprit ses gestes là où il les avait laissés, reprenant une main, caressant la joue, le cou. Se penchant à nouveau, son corps désormais pouvait épouser sans obstacle celui de sa belle, déesse en son cœur, savourer l’entière saveur d’une peau tellement agréable au toucher… Plus rien ne venait troubler l’union charnels des deux amants, et bientôt, sa main glissant dans la nuque, les cheveux ensuite avant de cueillir ses lèvres alors qu’une main à nouveau s’immisçait dans sa chevelure, scellant le mariage des corps vertueux. Et cet instant magique sembla même se prolonger à l’infini, le temps suspendait son cours, laissant aux deux amoureux fous, victimes des chants d’Arcam, la joie immense, intense, de profiter pleinement de ce délicieux moment, de chaque sensations les envahissant, les amenant rapidement au abord du firmament des sens, sans pour autant toucher à l’extase parfaite.

Quand il rompit le contact des lèvres, sa main reprit sa course sur le cou et son corps doucement se déportait, ne brisant jamais pleinement le contact, et bien vite, il fut allongé à ses côtés, contre elle, ses pieds toujours bottés suspendus dans le vide dans une attention inconsciente de ne pas voir les draps entaché par maladresse, car déjà trempé par l’intrusion des deux amants n’ayant guère pris la peine de se sécher, sa main sur sa joue invita Ashenie a tourner la tête vers lui…

Son visage exprimé l’ampleur de ses sentiments, son amour se lisait même dans l’émeraude de ses yeux alors qu’il parcourait de sa main libre son corps, l’effleurant à peine pour finir sa course sur sa hanche.
Son propre chant coula dès lors de ses lèvres, baigner, imbiber des émotions interdites mais pourtant si délectable, attirante, enivrante et maintenant exprimée librement.

«
Ashenie, je vous… »

Aime ?... Etait-il vraiment si simple d’aimer ? Etait-ce là tout ? Une mauvaise chute et le voila amoureux de sa protégée ? Non, c’était autre chose qui en était à l’origine… Les sirènes, leurs chants envoutant dans la tempête… Il ne l’avait jamais rencontré auparavant, il ne la connaissait pas, et pourtant, il la désirait plus que quiconque. On pourrait prétendre que c’est là la folie des corps, mais il ne saurait approuver ces dires, car au fond de lui, il le savait, son besoin d’elle, cette sensation qu’il n’existerait plus si il devait s’en séparer, qu’il ne serait dès lors plus que l’ombre même du chevalier qu’il était, de l’homme radieux et vertueux qu’il était en sa compagnie… Ce n’était pas physique, pas uniquement… Et pourtant, quelques heures plus tôt, elle était encore qu’un tas de rumeurs à son sujet, des connaissances vagues, erronées pour certaines.
Alors que lui arrivait-il ? Arcam et ses chants l’avaient emprisonné dans une spirale folle dont il ne voulait pas, en ces conditions, se libérer, il voulait prolonger l’instant de bonheur.
Que pouvait donc être la fin adéquate… Faute de mieux, il préféra le silence, et sa voix mourut d’elle-même sans achever son œuvre, ne laissant qu’un trouble dans son regard.
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Ashenie De Sephren
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Ven 20 Nov 2009 - 14:00

Le firmament d’un monde onirique pointait à l’horizon

Le monde se teintait d’arcs-en-ciel aux coloris féériques, portés par les créatures célestes même, dont l’abri nuageux s’ouvrait aux deux fous qui s’étreignaient de façon si troublante. Le coloris du ciel baignait sa mer tumultueuse d’une merveille attendrie, tandis que les lucioles guidaient le chevalier et sa dame au travers du sentier illuminé jonché de pétales de rose. La citadelle avait sombré dans le tumulte langoureux des vagues, léchant avec avidité chacune des parcelles de ses murs. Les violons de l’orage semblaient s’apaiser d’une douce mélodie, sous la pluie battante de l’émoi. La foudre des cœurs atteignait les âmes, s’enlaçant dans le royaume onirique à la voie lactée flamboyante. Le voile nuptial du ciel baignait dans un berceau de verre, à la clarté lunaire. Les feux du firmament se dessinaient avec prestige, animant le paradis stellaire d’une folle aurore boréale du cœur. Le corps de la petite pucelle s’élevait doucement dans le lit de l’innocence, bordé d’étoiles et de constellations dessinant la fusion folle de l’un à l’autre. Le lierre à la pierre était indispensable, et le chèvrefeuille s’alliait au noisetier, et la rose au chêne, unissant les vies végétales en une splendeur commune et partagée, un lent reflux qui dévoilait l’amour dans son éclosion parfaite. L’enveloppe de la poupée de cristal semblait quitter le paradis terrestre des sens, sublimée par la passion du rêve, et le navire onirique voguant sur l’horizon, entre ciel et mer. Son aube brillait d’un éclat nouveau, imbibé des louanges de l’ardeur, et des flammes brûlantes dévastant les cages intérieurs en un même songe, habité de cette clarté enivrée, doucement choyée dans le creux des doigts enlacés. Les corps, si près, réclamaient inconsciemment le contact de l’autre. L’attraction câline prédisait l’étreinte, tandis que la poitrine ronde frôlait avec douceur le surcot imbibé. Le zéphyr désireux d’amour glissait des lèvres de l’un à l’autre caressant les restes d’un baiser à peine consumé. Les vents de la passion tournoyaient autour d’eux, alors que le chevalier guidait lentement les mains de la petite rosière de ses doigts viriles. Un simple contact créait le monde illusoire crié par leurs cœurs fusionnés en une magnificence d’amour. Battant au rythme des tambours grandioses, ils échafaudaient ensemble l’union intime et prohibée, qui à présent imposait sa voie. Les refus s’étaient taris à l’insondable, encore présents et bien écartés. Comme possédés par les folies d’Arcam, les corps ne répondaient plus que du monde qu’ils s’étaient façonné. Les yeux d’Ashenie s’éveillaient au soleil, sous l'univers infini qui l’offrait au chevalier, contre tout gré que celui de la passion.

L’océan géant aux ondes féériques vainquait la raison

Vaincue, doucement, elle abaissait ses gestes, laissant la valse des corps guider son âme et son esprit dans la cascade dansante des doigts fusionnés. Dégringolant sur les arcs-en-ciel délicats, ils parcouraient les landes battues par les ouragans de leur folie commune, fusionnée et enlacée en une délicate étreinte des âmes. Le sublime espoir ravivait ses coloris, laissant les vagues sculpter le visage de Théodoric en une statue trônant dans son esprit. Seul maître d’elle, il la conviait à l’interdit si délectable, au goût de ses lèvres. Au simple contact des doigts de Théodoric sur le ventre de la damoiselle, porté par l’interdit indigne, elle se cambrait, lentement, doucement, comme offerte à la somptuosité du chevalier. Les échos de leurs tourments voguaient intensément, à présent dévoilés ouvertement. Ses yeux clos ressentaient les longs frissons sculptant les corps, semblables à une mer déchainée de sentiments croissants et intenses, plongeant l’être dans une course folle, incessante, traversant les fourrés les plus grands dans lesquels une dame de condition se devait de ne pas se fourvoyer. Un océan immense baignait leur contacte, laissant les enveloppes de l’un et l’autre voguer, à présent épris d’une passion véritable. Doucement, les défenses de la pucelle, alarmées, se taisaient, permettant aux vagues immense de provoquer le naufrage tant désiré et pourtant si sauvegardé jusqu’alors. Les voix vertueuses reconnaissaient le combat du juste à l’épée saillante, pourfendant les mensonges graves et distillé en un venin de chasteté par la Bonté matriarcale. Pourtant, le retour n’en serait que plus grave.

L’émerveillement d’une seconde épique peignait la passion

Le rossignol de l’aurore glissait le son de la mélodie des langueurs dans les deux enveloppes charnelles éprises, sous le soleil vaporeux et passionné. L’un à l’autre, la justice et le droit semblaient se cambrer sous l’hégémonie du courtois et de l’interdit, faisant valser en éclats tranchants les déchirures des Hommes. La voix susurrée de Théodoric lui parvenait, et sans qu’elle eut pu entendre avait elle déjà comprit ce que les mots à peine commencés lui confirmaient. Lentement, son corps se déportait, laissant à Théodoric le soin de prendre possession du lit qui lui ouvrait les bras.
Les corps savouraient leur proximité de nouveau, avec une lenteur suave, un grain de folie parsemant les coloris qui les jonchaient en une poussière d’étoile couvrant la nudité des corps. Lentement, les caresses reprenaient l’emprise des corps, les attentions couvraient les complaintes de la droiture, la morale s’effaçait sous l’intensité émotionnelle et ample. Les mains parcouraient les plages du corps bercé par le ressac doux de l’amour, y laissant la marque de leur souveraineté. La passion d’un instant enivrait le regard vairon de la petite pucelle, jouant des violons fous et fantasques de son esprit, dépeignant les tableaux embrasés de l’enfer dans son regard aux yeux mi-clos, où trônait l’image vertueuse de Théodoric, détruisant le diable et ses lutins malfaisants. La poupée s’alliait au soldat de plomb, et leur enveloppe de pantin se mouvait sous l’œil du divin Arcam. Du haut de son rempart nuageux, le céleste pouvait admirablement jouir de cette folle torture, dont la dualité entre amour et haine marquait inlassablement les esprits, jusqu’à la sublimation de l’être par le baiser charnel tant attendu.
Les lèvres se frôlaient, dans un souffle d’âme imperceptible, et s’unissaient dans un gémissement étouffé et cristallin, chantant le bonheur du rossignol à l’orée d’une symphonie d’organdi. La saveur de firmament se distillait en un nectar savoureux sur les lèvres de la pucelles, atteintes des sortilèges du diable. Les sorcières d’Arcam envoûtaient l’âme dans un enchevêtrement empoisonné, distillant le venin du cœur de la rose éperdue des sens, en voie d’éclosion, comme si l’élévation de ses pétales ailés succombait aux gémissements du ciel, et à ses appels résonnant en échos tendres et tumultueux dans la mer de l’âme. L’élévation du corps se trahissait par cette posture cambrée, caressant l’enveloppe du mâle par la peau de la damoiselle de cristal, semblant écrire les nouvelles pages d’un conte pour enfant, histoire magistral d’une poupée et d’un soldat de plomb. Les violons des âmes enlacées accompagnaient dans un ode au dieu de l’amour les gestes funambules des deux amants à peine retrouvés, comme si le destin prédestiné avait conduit les pas de l’un au vol de l’autre, et que ciel, terre et mer se confondaient en un vaste univers de leur passion commune et flamboyante, étreignant l’esprit de mille subtilités désireuses, et de tendres maux de regards taris dans la source inépuisable des lèvres qui s’abreuvaient de l’autre. Une seconde à peine animait l’intensité gravée à jamais sur la bouche à la chair rosée et au goût plus sucré que le miel, délices des saveurs interdites et prohibées dont la simple évocation eut du faire plonger la vierge dans un repentir éternel.

Le dévêtement d’une exonde fantasmagorique délivrait l’admiration

Le contact charnel s’estompait dans un soupire incontrôlé et murmuré, emprunt de cette folie perditive qui grondait dans les sens comme l’orge au dehors. La pluie de l’extase s’abattait sur les yeux d’émerveillement où trônait souveraine la voie lactée du dehors en un ciel dégagé et teinté de lime et de céruléen. Les étoiles cérulées brillaient de toute part, scintillant en une poussière de perle fines, découvrant avec une émotion intense la peau prohibée d’un mâle et le tore aventureux de la virilité vertueuse, plongeant les ressacs du regard dans une écume laiteuse, s’écrasant sur les falaises sculptées avec panache. Les constellations limées se paraient d’un détail délicat et d’une tendre infinie, trônant dans le regard comme un miroir de l’âme et de ses folies. Le visage de la poupée de cristal mouvait légèrement ses traits lisses en une fine expression mêlant la douceur à la merveille, l’ingénue à la découverte. Le brasier et les océans de flammes de ses yeux redoublaient, semblant jaillir d’elle malgré sa volonté, victime des sortilèges d’Arcam par la plus grande de toutes ses folies. Un murmure tentait encore de raisonner son âme. «Renoncer à la folie…». Pourtant, les yeux de la pucelle délicate effleuraient la peau claire et dévoilée du chevalier, se parant d’une sensibilité étrange, d’un regard trouble aux auréoles fastueuses. Une lumière divine semblait y déposer son nectar et sublimer la vision éperdue de sens surhumains, comme prise dans l’étau de bras et du corps qui lui faisaient face sans même l’effleurer. Son corps réclamait malgré elle la simple couverture chaste du sien, afin de se couvrir aux yeux du monde. Théodoric n’était plus le monde… Il était l’univers du firmament d’un instant, dansant et chavirant sur la prise folle aux ronces enlacées. La rose s’ouvrait davantage, laissant perler les lucioles de son cœur à celui du chêne durcis.

Le chuchotement d’une bonde lyrique aspirait à l’incinération

Le brasier intense soufflait sur les lèvres, de l’un à l’autre, retrouvant leur étreinte éperdue dans un gémissement suave et délicat, pris d’une douceur flagrante, comme la sensibilité était à fleur de peau, et que le contact électrique de Théodoric s’abattait sur Ashenie comme la foudre en son cœur. Les yeux de la poupée de tendresse se fermaient avec une lenteur embrasant chaque seconde d’extase. Les corps s’effleuraient, se trouvaient, tremblaient de l’interdit fou et de la situation destinée des dieux. Les boutons de rose de sa poitrine dessinaient leurs pétales sur le torse à peine effleuré du chevalier puissant. Le jardin des secrets dressait ses draperies autour d’eux. L’onirisme envahissait les courbes des corps, parés d’arcs-en-ciel. La peau d’Ashenie effleurait celle de Théodoric, en une fusion adroite. Ses doigts se perdaient dans la poussière d’or de ses cheveux, œuvre des fées du destin et des chimères de la nuit, des spectres du passés et des divins de l’avenir. Le sublime onirique se mêlait à la réalité, chassant l’horreur des sens de la rosière fragile. Les caresses glissaient, lentement, dévalant la vallée des fils d’or et se perdant dans les plaines de la virilité, effleurant du bout des doigts le dos du mâle puissant. Les cascades de tendresses dévalaient tendrement les plages du corps, et jusqu’au bout. L’étreignant, infantile, Ashenie réclamait sa chaleur sans un mot. Son âme criait. «- Couvrez-moi de brasiers… » . Les mots d’un instant furent le miroir de ses lèvres, à peine le baiser terminé, soufflé au creux de ses lèvres. L’avait-il seulement compris ? Les sens a l’affut semblaient capter le moindre mot, même interdit, de l’autre.
Les visages se contemplaient dans un silence embrasé. Le regard de la petite duchesse s’était perdu dans celui du chevalier vaillant, sous le parfum âcre de la courtoisie. Elle découvrait un monde, un univers féerique, en étrange échos avec le passé et l’avenir à peine dissimulé. L’aveu du seigneur la faisait trembler, de toute part. Prise dans les assauts éternels, elle s’abandonnait dans un soupire.

Son visage se figeait en une expression intense, dépassant celui de la poupée, sublimé par un étrange trouble qu’elle n’aurait jamais du ressentir. Le visage de Théodoric, miroir du sien, semblait en refléter les attraits et les folies. Légère et envoûtante, sa voix teintait l’air d’un parfum passionnel, semblant jouer la symphonade de l’exquis. Se délectant du goût du péché, elle semblait virevolter dans un convoi astral. La harpe de sa voix jouait une mélodie de cristal, plus claire, plus pure que les dogmes l’avaient imposé.

« - Je ne peux en ouïr davantage… Ça n’est en aucun cas une répression mais de l’... »

Le tonnerre tombait, sous le sursaut de la damoiselle. Le grondement lourd atteignait ses oreille, et les tremblements la gagnaient. La peur s’accompagnait du besoin de virilité. La complainte de ses yeux implorait la supplique d’amour, trahissant la folie de son être dans l’écrin de la tendresse. Elle cherchait sa chaleur, ses bras, son corps, ses yeux, son cœur! Prise dans l’étreinte de verre de la peur, elle se morcelait, comme profondément atteinte par l’éclair du dehors. Les dieux jugeaient.

« - Théodoric ! »

Le souffle mélodieux, légèrement susurré, appelait l’étreinte des deux corps.
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Sam 28 Nov 2009 - 8:29

Rêve… Au cœur du paradis, au-delà des tempêtes et des vagues déferlantes se brisant sur les récifs, du vent hurlant, couvrant jusqu’au moindre cri, avertissement même étouffé des principes au cœur guidant le corps et l’esprit dans les méandres d’une douce folie chantée par les muses d’Arcam, sirènes de ce monde aquatique et agité bordant les vastes plaines fleurissant de mille et une couleurs, apportant les odeurs salés d’un océan, les deux amants, jouets mortels entre les divines mains du chanteur, continuaient leur exploration de ces terres inconnues de leurs sens, de leurs rêves.

Les valeurs dictées par les principes et l’éducation ne parvenant pas à leurs oreilles, c’était main dans la main qu’ils parcouraient les verdoyantes prairies, savourant ce délicieux fruit, ce lieu tant merveilleux tant interdit à leur sens par ceux qui avaient voulu façonné les esprits. Dansant même, entrainés dans les torrents de cette presque félicité, car les corps s’effleurant à peine, frissonnant à ce contact, mais réclamant plus encore, toujours plus… Et la pression s’accentuait alors que l’éclair, fureur même d’une nature, ou invitation d’Arcam, se jouant des peurs de la damoiselle pour l’amener à se rapprocher, la menant dans les bras de son chevalier servant, vers ce cœur aimant asservit à sa cause, perdu, emmêlé dans les voiles de douceur l’étreignant et le gardant auprès d’elle, ne pouvant, ne sachant pas même envisager de s’en éloigner.

Ainsi donc, l’invitant, le suppliant même de revenir contre elle, il n’eut pas l’ombre d’une hésitation, sachant déjà ce qu’il se devait de faire, répondant à l’appel du devoir autant que de l’envie, exécutant la demande de sa protégée apeurée, cherchant un refuge, une protection et sa présence rassurante, sa chaleur, peut-être bien plus encore, mais elle n’aurait pas à souffrir d’un refus de sa part, pas un seul instant il ne l’abandonnerait, la laissant à son sort. Quelques mouvements agitaient ses jambes, bientôt suivit de deux bruits sourd consécutif et se perdant plus encore dans ce rêve, abattant les quelques frontières encore présente, son corps entier entrait alors dans le sanctuaire même de la vertu, miracle d’une divinité en cet instant, pénétrant pas après pas ce lieu sacré qui jamais ne fut foulé, avant ce jour, que dans les rêves égarés, sans échos, froid et vide des nuits solitaires pour ceux qui se sont épris de la damoiselle…

Jamais l’un sans l’autre… Les corps se mêlent, le chêne couvre la rose, la protégeant de la tempête grondant, déchirant le ciel, et bientôt, les chants, échos de l’un et de l’autre se font chœur. La harpe à la mélodie emplie de douceur, invoquant le réconfort et la sécurité de celui se faisant gardien d’un corps, d’un cœur, se mêle à l’olifant de tendresse virile et la rassurante présence. Les cœurs bravant l’interdit, appréciant cet instant de félicité apportent leurs voix à l’unisson, plus accordé l’un et l’autre qu’ils ne pourraient l’être, accompagnant désormais le divin.
Dans les bras de son chevalier, à l’abri désormais des déchirements d’un monde s’abattant sur la terre, elle put apprécier à nouveau le mélodieux son de sa voix, pleine de cette assurance, de cette tendresse se mêlant à l’amour d’un être vibrant pour elle.

« Ashenie… Calmez-vous, je suis là… »

Reculant légèrement la tête, cherchant à retrouver ce regard vairon dans lequel il n’avait aucune difficulté à se perdre, s’égarant dans les méandres et les tourments de la folie de l’instant, reflet même de sa propre perdition, l’émeraude apportait un renfort supplémentaire à ce réconfort qu’un corps et un cœur tentait d’apporter à la rosière. Alors qu’une main glissait dans son dos, son côté, la seconde s’égarait sur la joue dans un geste lent, épris d’une douceur certaine avant qu’à nouveau, les lèvres ne laissent s’échapper dans un souffle léger, à peine audible, plongé dans l’intimité liant les deux amants cachés aux yeux du monde sous les voiles obscures d’une nuit d’orage, sous l’attention du divin prisonnier.

« Ne vous égarez pas dans les tourments des cieux, soleil à mon cœur, je vous veux ici… Restez avec moi et permettez-moi de vivre encore. »

Laissant mourir ce souffle, il retrouva ses lèvres, encore, partageant un nouveau baiser avant de glisser dans son cou, appréciant le parfum subtile et délicat de la jeune fille, le couvrant de doux baisers, laissant son souffle chaud balayer l’endroit où désormais il s’égarait alors que ses mains continuaient leurs offices, prodiguant de légères caresses dans le dos, sur les hanches, effleurant à peine les frontières de la délicate poitrine pressée sur le torse viril, se ravisant, n’osant pas encore se perdre totalement et apprécier les trésors de ce corps féminin s’offrant à ses attentions.
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MessageSujet: Re: Ainsi, tout commença par une glissade...[PV Ashenie]   Mer 16 Déc 2009 - 12:21

Les tempêtes intenses les menaient dans le cœur d’un cyclone de bravoure et de passion, à l’interdit même dans son essence la plus véridique. La rose éclose en une boite à musique prohibée laissait les amants tournoyer au rythme des valses langoureuses et intenses, sous les battements irréguliers des deux cœurs-échos accompagnant l’orchestre lyrique des deux voix entrelacées. La harpe répondait au cor de guerre, et la symphonie luisait des essences foudroyantes d’un orage d’amour. Les touchers délicats harmonisaient les notes éparses en une finesse désaccordée et pourtant si agréable à entendre. Loin des règles, des gammes et des arpèges, les partitions envolées des deux musiciens improvisés se dessinaient en une perle unique d’un instant perdu du temps, et éperdu des sens, tandis que la conviction du passé se taisait. L’écrin de cristal s’ouvrait aux arc-en-ciel du monde chevaleresque, sous la main virile et agréable du sieur de Mélasinir. Les échos des mille tourments s’échappaient, enlacés aux chants épars de la folie délicate. Prisonnière du destin d’Arcam, elle s’abandonnait, cédant devant les assauts de Théodoric.

Les yeux vairons de la poupée de porcelaine se levaient, mi clos, devant le regard du sieur de Melasinir. Une aura intense s’en échappait par teintes féeriques, et presque palpables, tandis qu’une véritable voie lactée laissait entrevoir ses milliers d’étoiles dans le reflet de ses iris-enfants. Les coloris divergeant émanaient d’une lueur inconnue jusqu’alors, et teintaient la petite duchesse d’une grâce divine, ouvrant les sentiers prohibés. Elle contemplait le chevalier avec éclat et extase, dans l’océan de leurs sensations tumultueuses. Unique à ses yeux, il se posait conquérant unique de son corps féminin et réservé. Des ailes le portaient, l’ondin des mers d’amour naissait, et l’ange délicat d’une passion pure étincelait à ses yeux de petite fille. Comme touchée par la révélation de l’intense, elle ne voyait que le divin en lui, plus que n’importe quel être dans les terres humaines et le royaume de Tyra. L’aube d’un nouveau monde pointait, et le mâle langoureux l’emportait dans un ciel parsemé d’extase. L’incroyable vision des plages de son cœur laissait présager les sentiments les plus troubles et indescriptibles, à présent maîtres de la citadelle blanche du cœur. Aucun n’eut jamais frôlé cette intimité, et aucun ne le ferait jamais plus que cet être lumineux et merveilleux.

Les corps se trouvaient, entiers, sous le soupire délicat de la damoiselle de Sephren, prise de l’affection la plus puissante. La passion enchantait ses doigts égarés sur la peau de Théodoric. Son souffle s’épandait sur le cou de l’homme incarnant ses rêves. Ses lèvres en effleuraient la peau, et dévalaient en un ruisseau silencieux les rochers de son corps. Le frôlement s’embrasait un peu plus sur chaque centimètre de l’enveloppe charnelle, et teintait le partage d’une folie commune et délicate. Le péché saint se gravait sur les lèvres rosées, suivant les courbes délicates de l’homme rassurant. Pourtant, l’amour sublimait à bien des égards les échanges de feu, dont chaque seconde blanche rythmait la folie perditive. Au rythme de ses attentions, l’homme s’aventurait sur elle, et son corps pressait contre le sien. Un instant, un seul, un murmure faillit inonder l’air d’un parfum lancinant et délicat, sans en trouver le chemin. Cependant, sur ses lèvres, trônait l’aveu intime de la passion décharnée et folle.

Les corps s’apposaient en une étreinte câline et fusionnelle. La douceur des effluves laissait la tendresse s’emparer des corps épris, alors confinés dans les attentions les plus douces. La poupée de cristal se cambrait sous l’homme de marbre, laissant s’effleurer les peaux dans un contact intime et osé. Bravant les interdits de la Bonté grandissante, elle s’abandonnait à chaque instant davantage, lâchant les derniers gardiens de sa vertu. Un amour enchanté ravissait ses sens. Pourtant, la peur avait pris le pas sur la passion, l’animant de folie dévastatrice, et de cette fusion intense. Comme pour y faire face, elle s’était glissée au plus profond de ses bras. Des tremblements animaient le corps virginal, agrémentant les caresses de sensations nouvelles et incontrôlées. D’amour et de peur, les sentiments fusionnaient et offraient à Théodoric l’intimité d’Ashenie sur un plateau d’argent, à cœur ouvert. La voix rassurante de l’homme raisonnaient en échos épars dans ses oreilles et jusqu’à son cœur, l’embrasant d’une douce mélopée berçante: une magie divine s’abattait sur eux. Alors que le divin grondait dans toute sa splendeur, la peur de la vierge se tarissait au profit des bras câlins du bellâtre enjôleur. Et l’aveu augmentait la perdition des sens. Le regard de Théodoric envoûtait Ashenie, et sa voix faisait manquer un battement à son cœur. Les tambours de l’amour battaient soudainement, fortement, au point d’en déchirer la poitrine d’extase. La douceur du chevalier se mêlait à la tendresse de la vierge. La folie envoûtait les deux amants éperdus, à jamais confinés dans cette bulle tendre de clarté solaire. Belle et magistrale, l’étoile d’Ashenie venait de trouver sa place dans un ciel d’amour, teinté du visage de Théodoric, illuminant sa vie.

Un dernier soupire glissait des lèvres de l’un à l’autre, passionné et amoureux, soufflant le dernier rempart de la vertu mourante. L’agonie se teintait de la mélodie cristalline de la voix d’Ashenie. Folle et embrasée, douce et séduisante, calme et posée, tremblante et apeurée, sa voix mêlait les émotions éparses et diverses de son cœur atteint, couvert de cette immensité unique. Destinés, elle semblait s’offrir davantage, même dans le refus. Son visage compatissant s’illuminait à ses mots, leur donnant presque un second sens ironique.

« - Non…»

Plus qu’un refus, le ton enjoué et désireux sublimait la négation en un brasier de folie, vite étouffé par un baiser intense et partagé. Les lèvres se cherchaient, se trouvaient, s’effleuraient dans le tumulte des sens. Un paradis dessinait les lueurs folles autour d’Ashenie. Les peaux se caressaient, la douce rosière se cambrait. Son corps effleurait de lui-même les caresses du chevalier de ses rêves. Sa poitrine effleurait ses doigts, davantage, risquant la plus dangereuse des folies au près de son amant. Ses lèvres retenaient des gémissements d’amour, s’embrasant de soupire susurrés. La bouche d’Ashenie ne laissait plus échapper que le prénom de son conquérant, encourageant presque ses entreprise, pourtant involontaire et fragile. Prête à se briser, elle s’offrait à lui, tremblant sous les caresses, perdant ses doigts dans les cheveux de l’amoureux transit. Doucement, ses mains glissaient sur le corps de marbre, effleurant la peau de son dos, et jusqu’à ses flancs. Les draps légèrement humides se teintaient de la mer de leur amour partagée et pourtant inavouable. Le bout des doigts s’égaraient à trouver le cuir mouillé, et s’aventuraient, non sans oser davantage, sous l’habillement du jeune homme. Prise dans l’étau de la folie, elle semblait ne plus contrôler ses gestes, sur les flancs de Théodoric. Ashenie murmurait, lentement, lui offrant la contemplation la plus pleine d’un amour naissant dans ses iris passionnés. La mer les borderait, jusqu’au bout de la nuit…

Doucement, la voix de la pucelle s’élevait en une mélopée cristalline. Ses lèvres s’étaient égarées à saisir l’oreille du chevalier, et les caressaient à présent d’une fougue véritable. Son souffle à peine prononcé s’épandait jusqu’aux tympans. L’une de ses cuisses glissait sur les flancs de l’homme, s’agrippant à lui, comme pour ne jamais en être séparée. La harpe scintillait de mille éclats, tambours de l’âme et du cœur. La voix embrasait l’air d’un murmure pur et délicat. Les yeux vairons de la damoiselle luisaient d’un amour sans précédant. Un soleil s’élevait, fier.

« - Je suis vôtre, Théodoric. Emportez-moi dans les cieux divins de l’égard que vous portez à mon cœur. Je ne veux souffrir votre absence… Je… oh, je…»

Les baisers suffisaient à interrompre le murmure, et ses doigts serraient machinalement le cuir couvrant les jambes du chevalier, semblant le tirer délicatement, sans que le geste eut été contrôlé. Candide et claire, elle s’abandonnait enfin, fermant les yeux, tombant dans les draps…
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