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 Songe de l'âme | Prio Kata

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Nolfinë
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MessageSujet: Songe de l'âme | Prio Kata   Jeu 5 Nov 2009 - 22:49

Entrain.
Vivacité.
Farouche mélodie qui s'élève. Entre un baril percé et une cagette délabrée, au coin d'une ruelle. A deux pas, un passant... qui lève la tête, attiré. Un caprice du vent, fraîcheur inattendue, et l'homme n'est plus là. Mais la mélodie chante, chante encore.
Chants éternels, grêle de cristal qui s'abat sans répit et résonne du cœur des ténèbres. Ruelle sombre. Un éclat. Chevelure pâle qui rayonne et danse au rythme de la mélodie. Chevelure d'or penchée sur son hymne à la pureté, dédiée toute entière à son œuvre. Fière cascade qui irradie d'éclats épars.

Interruption. Echos évanouis. Souffle suspendu. La cascade se coiffe d'une auréole de clochettes, et repart de plus belle en se dirigeant vers la sortie de la ruelle. Démarche sautillante, presque dansante, à l'image des grappes de cristal qui s'échappent sans fin de la flûte traversière de la jeune demoiselle.
Jeune demoiselle ? En effet, car celle ci vient de se mettre en pleine lumière, attirant du même coup quelques regards sur l'origine de l'air. Hymne à un unique nom, qui continue sans cesse. Cascades enjouées, sarabande entraînée... entêtantes.
Et l'on peut enfin aperçevoir une partie de ce que dissimule la chevelure pâle. L'auréole de clochettes, d'abord, qui borde la cascade d'or d'une myriade d'éclats iridescents... qui saurait reconnaître l'éclat subtil de l'Etanelle, parmi ce public épars ? Personne malheureusement, et beaucoup ont repris la marche monotone de leurs activités coutumières. Mais quelques grappes de regards s'accrochent encore à la demoiselle, rayonnante dans sa tunique bariolée et festive. Tunique habituellement réservée aux personnes de basse extraction, louant leurs services pour égayer les cours... Tunique qui détourne d'instinct nombre de gens, cachant à ceux ci l'agréable finesse de ses traits. Sous l'aspect peu flatteur socialement des vêtements se cache toutefois une ravissante jeune femme... envoûtante. Pas très haute, pieds nus, mais presque... magique. Oh oui, c'est le terme... magique. Du genre qu'on ne voit que dans les contes, en personnage secondaire mais bien présent. Certes, c'est tricher... mais puisque je peux tricher, pourquoi m'en priver ? J'avais envie, c'est tout. Enfin, si les chances de confondre cette charmante créature avec une personne de nobles origines sont évidemment infimes, nul ne saurait douter de son talent à la flûte. Mais le talent n'est point suffisant pour garder accrochées plus de quelques paires d'yeux attentifs, rendant la jeune femme aussi invisible que pourrait l'être un ornement maintes fois vu et revu, auquel on ne prête plus guère attention.
Triste est le sort des invisibles... car elle ne l'est point à une paire d'yeux vengeurs.


"Hé ! La gamine !"

Gamine ?
La symphonie du Sti se mue en une grêle de trilles courroucées alors que le garde se rapproche, maugréant des imprécations relatives à ce qu'il a bien pu faire pour mériter ça. Mériter quoi ? Je n'ai fait que profiter de la musique et l'offrir à tout le monde... ce qui n'est pas du goût de monsieur. Et monsieur agrippe l'un des bras de la jeune artiste, déclenchant un cri de protestation. Est-ce sa voix ou la fuite éperdue de l'hymne ? Toujours est-il que la mélodie de cristal continue, bien que l'inquiétude teinte d'écarlate le pur dessein de la musique.


"Dégage, tu gênes."

"Mais je n'ai rien f..."

La musique du garde est bien moins raffinée que la mienne : une gifle soudaine interrompt les protestations et colore ma joue gauche. Rustre ! Brute ! Incapable ! Impuissant ! Enfin, pas tout à fait exact pour le dernier mais si tu continues à me gonfler tu vas vite l'être, malappris ! Heu... oui, bon, d'habitude je reste polie. Mais c'est pas à voix haute, ça compte pas, si...? Ah si, vu que ce sont les pensées qui comptent. Les incarnations ont parfois des inconvénients... enfin.
La sublime incarnation ne regarde plus le flot presque tari de passants. Mais si quelqu'un regardait à cet instant en direction de la malheureuse, ne verrait-il réellement qu'un garde strict réprimandant une malchanceuse ? La main égarée sur la tenue à un endroit inapproprié passerait-elle inaperçue, comme l'espère le vil ? Oh, peut être, pour un passant inconscient et pour qui ce geste ne signifierait peut-être même rien. Mais pour quelqu'un qui sent les vilenies de l'homme comme autant d'échardes dans son âme, devoir supporter ceci demeure une torture... à laquelle je ne puis malheureusement pas répondre dans l'instant.
Que désire t-il le plus ? L'éclat de ma coiffe, qui promet fortune, ou l'éclat de mon corps, qui promet mille douceurs pour lui et mille tourments pour moi si je n'étais qu'une faible femme étant parfaitement ce qu'elle souhaite montrer ? Sauf que je n'ai nulle envie de déchirer le voile de mon identité... Un ou deux passants m'auront peut-être reconnue comme étant Éléonore, jeune étourdie qui sévit parfois dans les rues de la ville. Vais-je être reconnue comme le Sti et obligée de changer encore une fois, ou puis-je rejoindre l'éclat empreint de magie qui me nargue depuis un moment ? Amère question.

Sa main s'aventure plus loin, ce qui rendrait impossible à un observateur averti l'incompréhension de ses intentions. Tiens, la richesse physique l'intéresse donc plus que la richesse matérielle ? A moins qu'il ne compte dérober mes trésors en même temps que ma supposée vertu.
Aurait-il fait cela si il y avait eu plus de monde ? Si il n'était point à demi dérobé par l'ombre traîtresse ? Si le moindre de ses supérieurs savait ce qu'il compte faire ? Oh, Erac est pure... mais la pureté individuelle de chaque maillon de la longue chaîne n'est point assurée. La menace suffirait à le faire reculer. Mais comment puis-je le menacer, si il ne compte point laisser de traces de ma personne ? Si il compte ne laisser qu'un corps anonyme au fond d'une machoîre sombre, jeunesse broyée par l'obscurité fatale d'une banale ruelle ?

En ce cas... compte tenu de la situation et de mon désir de garder intact mon identité...
...à l'aide ?


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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Dim 8 Nov 2009 - 2:40

Songe de l'âme
Erac, troisième semaine du printemps

Katalina poussa un profond soupire. Elle était lasse. Le voyage avait été long et éprouvant, depuis Alëandir. Bien entendu, ils avaient pris leur temps, mais il avait tout de même fallut plus de deux semaines pour atteindre enfin Erac. L’épisode de Serramire les avait ralentis, leur faisant perdre une journée, mais elle ne le regrettait pas. Revoir son père lui avait fait du bien, elle avait eu l’impression de renouer avec son passé après un long cauchemar. Désormais, elle se trouvait dans la même ville que son Roi, et il lui tardait de le rencontrer de nouveau. Elle avait eu la chance de le voir deux fois déjà, mais cela lui avait suffit amplement pour affirmer qu’elle « l’aimait bien » - quoi qu’elle ne l’aurait sans doute pas formulé ainsi. Lui et sa Reine étaient venus à elle alors que rien ne les y obligeaient, et elle n’était pas prête de l’oublier. Elle ne s’était cependant pas présentée à lui directement, cependant. Ils étaient tout simplement arrivés trop tard, et elle avait eu besoin de repos. Etant déjà venue plusieurs fois à Erac, elle connaissait la ville et savait déjà où dormir. Mieux valait que Trystan ignore qu’elle avait boudé son hospitalité, mais elle avait besoin de réfléchir. Ne disait-on pas que la nuit portait conseil ?

Au petit matin, elle était prête à faire son grand retour. Mais pas le matin même, non… Cela attendrait l’après-midi. Elle avait peur, en vérité, de la réaction que pourraient avoir les nobles quand il la verrait. Elle n’était pas censée avoir le visage d’un elfe… Aussi, plutôt que d’affronter tout ce petit monde préféra-t-elle se perdre dans les rues de la cité. Seule. Parce qu’elle allait mieux, et qu’elle était capable de se débrouiller comme une grande, sans la protection d’Aerandir. Il ne fallait pas se méprendre, elle était reconnaissante au sang-mêlé de l’avoir accompagnée alors que rien ne l’y obligeait, mais ce n’était pas pour ça qu’il devait l’accompagner tout le temps.

Le moins que l’on pouvait dire, c’était qu’elle attirait les regards. Ce n’était guère étonnant, étant donné qu’elle portait encore les vêtements qu’on lui avait donné à Alëandir - c'est-à-dire une magnifique robe noire et bleu, à la mode des elfes - et que ses traits faisaient penser au Premier Peuple. On murmurait sur son passage, on s’écartait légèrement, croyant avoir à faire surement à un être ancestral. N’importe qui ayant déjà côtoyé les elfes se seraient rendu compte de l’idiotie - à cause de ses formes trop prononcées - mais peu de braves gens d’Erac pouvaient s’enorgueillir d’avoir vu un sylvain.

« Dégage, tu gènes.
- Mais, je n’ai rien f… »

Les éclats de voix attirèrent son attention, bien qu’elle ne puisse dans un premier temps déterminer d’où ils venaient. En cherchant un peu, elle finit par découvrir un spectacle des plus dérangeants… Un garde s’en prenait à une femme innocente, et semblait bien parti pour… La main de Katalina se porta par reflexe sur sa poitrine, comme pour cacher le « N » déjà dissimulé aux yeux du monde par sa robe. Non, elle ne pouvait le supporter. Elle fit un pas en leur direction, puis se figea. Elle était seule. Pourquoi avait-il fallut qu’elle parte seule ? Elle réfléchissait très vite, dégoutée par le spectacle qui s’offrait à ses yeux.

Et puis, elle décida qu’elle n’avait plus le temps de réfléchir.

« Garde ! »

La voix était claire et calme, le ton assuré, le visage serein mais sévère. Comme elle l’avait fait tant de fois, avant, elle retrouvait le plaisir de jouer un rôle. Elle était une actrice de talent, après tout, il le fallait bien pour se faire une place dans un monde qui ne voulait pas de femme trempant dans le commerce. Elle rayonnait d’une confiance en elle qu’elle ne possédait pas, mais le plus important était qu’il croit. Et elle était convaincante. Il fallait dire que les apparences jouaient pour elle. Au premier coup d’œil, on savait qu’elle n’était pas n’importe qui.

« Je ne suis pas sûre que cette demoiselle veuille profiter de vos largesses. » Elle était l’elfe plusieurs fois centenaires, aux traits figés dans une éternelle beauté. Pas pour tout le monde, certes, mais elle voulait croire que le rustre auquel elle avait à faire se laisserait berner. « Vous avez sans doute mieux à faire, non ? »

Elle avait fait tout ce qu’elle avait pu pour que sa dernière phrase ressemble à un ordre et non à une question. Comme elle ne s’était pas approchée, elle avait du parler fort, et plusieurs passants regardaient désormais dans leurs directions. Tous attendaient désormais la réaction du garde. Surement n’avait-il pas prévu d’être ainsi le centre des attentions.


Dernière édition par Katalina le Mar 29 Déc 2009 - 21:03, édité 1 fois
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Nolfinë
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Dim 8 Nov 2009 - 12:55

Trouble.
Quelqu'un vient déranger le flux paisible. L'instant également, puisqu'une injonction autoritaire retentit. Oh, mes perceptions sont altérées sous cette forme, mais restent bien présentes. Encore heureux, d'ailleurs... et je connais l'identité de ma bienfaitrice avant de tourner le regard vers elle. Un chaos de fils inextricablement entremêlés. Pfff... sagouins. On a pas idée de mettre un tel désordre chez les gens. Mais au moins, ce chaos ci ne peut appartenir qu'à une seule personne... et mon regard s'illumine en réalisant que ça devenait enfin intéressant.

Ce qui ne m'empêche pas de hausser un sourcil quand je vois enfin ses traits. Eh ? On a changé de partition ? Elle n'était pas plus... humaine, avant ? Arcam. La seule personne à pouvoir m'enquiquiner autant que l'inverse.
Et elle a changé. Au moins en apparence... mais je ne peux pas aller piocher dans son esprit impunément pour m'en assurer. Ne serait-ce que par Aerandir, si elle ne se rendait pas compte que quelque chose clochait, lui le saurait. Et j'aimerais bien rester Eleonore encore un moment... d'autant plus qu'il serait capable de me reprocher d'avoir pris un modèle réel. Pfff... il est parfois rabat-joie... mais tant qu'il reste loin, ça peut aller. Mais ça veut dire que je dois continuer à me faire passer pour la simple demoiselle que je suis sensé être.


"Et qui êtes v..."

Ah, apparemment lui aussi vient de la voir. Et vient enfin la suite de la réprimande. A la première phrase... la vraie Eleonore aurait rougi tandis que Nolfinë se serait contenté d'un magistral sourire ironique au garde. Une brève seconde de conflit... avant de pester intérieurement contre les désagréments de l'incarnation et d'un corps qui esquisse un pâle sourire gêné en plus de rougir. Et mon sourire ironique, alors ? Certes, ça colle moins au personnage... mais quand même ! J'ai une réputation à tenir, quoi...
La réprimande se finit sur un regard interloqué de plusieurs passants. Tsss, manants. Quoi que je sois obligé... obligée... obligé ? Rhaa. Stupide incarnation. Enfin, je dois leur reconnaître que voir une pseudo-elfe réprimander un garde lubrique ne doit pas être banal. Pas le garde lubrique, l'elfe.
Et le garde ? Pendant que moi je songe à aller pendre ce corps impossible à contrôler, le garde a l'air assez surpris, lui aussi. Surpris de quoi ? De se faire surprendre ? Que quelqu'un ose l'interrompre ? Enfin, ça suffit pour lui faire reprendre une position à peu près normale, bien que l'une de ses mains serre toujours mon bras. Mais... mais... mais aïeuh ! Un esprit ne peut avoir mal, mais mon corps m'indique que le garde serre un peu trop fort. Pfff... "Aie" ? Foutue incarnation. Sauf que le garde semble réaliser quelque chose... et à son air, il a... eh bien il a l'air d'avoir touché le jackpot.

Regard sur les passants.


"Y'a rien à voir. Dégagez."

Ô, toute puissance du Verbe. Si seulement les mages pour lesquels je dois intervenir écoutaient aussi bien que ces pauvres lapins détalant comme la souris devant un chat. Hum... donc... reste... Moi, Katalina et le garde. Ou pour les perceptions d'Eleonore, Katalina, le garde et moi. Trivialités de l'incarnation... mais on s'en fiche, je passe en premier et c'est tout.
Sauf que pour le garde, j'ai l'air de devenir soudain secondaire. Ah, j'ai pigé. Normal : ils ne voient pas d'elfe souvent... sauf que lui, en prime, il est raciste. Courant, mais chiant. Héhoo ! Je suis toujours là ! Et moi, alors ? Boah... tant pis. Mais est-ce qu'il pense vraiment qu'il pourrait faire ce qu'il veut ? Oh, ses pulsions lubriques sont toujours dirigées vers moi -Brrr-, mais il a l'air de réellement penser que son supérieur approuverait ses actes si il maltraitait une elfe... même pseudo-elfique.


"Personne ne vous a dit qu'on ne voulait pas de votre... espèce, ici ?"

Rustre. Et raciste, mais ça on peut pas vraiment lui reprocher... la faute à l'éducation ? Au pire, on peut juste lui reprocher d'être un abruti. Et d'essayer de lever la main sur Katalina.
Ou bien pire : de s'être détourné de moi et de n'avoir donc pu voir que je portais à nouveau ma flûte à mes lèvres. S'échappent de nouvelles envolées courroucées à l'intention du garde. Puis une brève note suraiguë quand il la touche...
Eclair.
Lumière.
Et un garde à terre quand je peux voir à nouveau. La prochaine fois, je penserai à fermer les yeux. Avec Nolfinë, la lumière ne m'aurait même pas gêné, mais avec Eleonore... Pfff... Bon. Je ne me suis pas trahi... après tout, pas mal de gens utilisent la musique pour véhiculer leur magie. Mais alors pourquoi je l'aurais pas utilisé avant ? Parce que le garde me tenait, certes. Mais encore avant ? Pfff...
En tout cas, le garde commence à douter. Mais il est vraiment con, ou quoi ? Mon incarnation a des effets sur mes capacités, mais lui corps ou pas il a l'air fin. Est-ce qu'il s'est seulement rendu compte que c'est moi qui suis responsable du coup qui l'a mis à terre ? Visiblement non : pour lui, il est bien plus probable que la magie vienne de ce qu'il croit être une elfe. Et la peur remplace peu à peu le doute dans ses yeux... non, je ne vois pas ses yeux mais la peur qu'il dégage est suffisamment forte pour que je le sache sans avoir besoin de regarder ou d'être Nolfinë. Son prochain mouvement est de se retourner pour détaler à quatre pattes, puis de se relever tant bien que mal quand il juge être à distance raisonnable... sans pour autant arrêter sa course. Orgueil blessé ? Peut être pas... mais je corrige cette erreur en l'accompagnant de trilles amusées, semblables à un rire d'enfant. Si j'aime autant cette incarnation, c'est surtout parce qu'Eleonore rend la musique plus expressive que la voix...

...en contrepartie, j'hérite d'un esprit agité, quelque peu confus. Et je m'affaisse contre le mur proche, rabattant mes genoux contre ma poitrine, la flûte toujours entre les mains. De l'extérieur, je dois avoir l'air choquée... le contrecoup de ce qu'il vient de se passer, peut être. De l'intérieur, je dois faire une 'pause' pour reclasser les pensées embrumées et essayer de conserver l'indépendance réciproque de l'esprit et du corps. Garder des traces d'une incarnation qui rougit à la moindre remarque m'ennuierait... vraiment.
En revanche, le monsieur risque de revenir avec d'autres monsieur comme lui. Ce qui risque de poser problème, vu que la jeune fille adossée au mur doit avoir l'air assez traumatisée.
Non, Katalina n'abandonnerait pas quelqu'un contre le mur après l'avoir 'sauvée', si ? Surtout qu'elle doit avoir quelques questions à me poser...
Ai-je fait une erreur ?



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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Lun 9 Nov 2009 - 18:43

L’espace d’un instant, Katalina se demanda pourquoi elle arrivait toujours à se mettre dans des pétrins pas possibles. L’espace d’un instant seulement, et puis l’urgence de la situation lui fit se rappeler qu’elle ne jouait pas à un jeu, malgré les apparences. A vouloir épargner des tourments qu’elle avait elle-même vécu et qu’elle ne connaissait que trop bien à une jeune demoiselle, elle s’y était exposée sans réfléchir… Une attitude stupide, mais elle n’avait pas pu s’en empêcher. Peut-être parce que l’idée qu’au fond drows et humains partageaient les mêmes vices la révulsait. Mais voilà qu’elle devait supporter sans fléchir et sans se départir de son imitation du calme légendaire des elfes le regard lubrique et profondément hostile d’un homme qui pourrait faire exactement ce qu’il voulait d’elle à l’instant où il le voudrait.

La seule chose qui l’empêchait de flancher restait les manants qui commençaient timidement à se masser autour d’eux. On jetait un regard dans la direction du regard et on observait l’atterrante scène. Il n’était jamais agréable de voir un garde malmener une jeune fille, ça ne se faisait pas. Seulement quand il s’agissait d’une prostituée ou d’une prisonnière de guerre… Or elle ne semblait faire parti d’aucune des deux catégories. Le voir s’arrêter et douter était une première victoire, et cela tranquillisa Katalina. Sa posture froide et hautaine, calme et glaciale se fit plus naturelle, et elle se laissa imprégner par son rôle. C’était agréable, elle avait l’impression d’être plus forte. On avait plus besoin de la protéger, elle le faisait très bien elle-même.

Mais le garde ne semblait pas être du même avis qu’elle.

Bien entendu, les spectateurs le dérangeaient. Il incarnait la loi, et il n’était jamais bon de la teinter de luxure. Bien entendu, certains gardes abusaient de leurs privilèges, c’était un fait inconnu de personne, mais on préférait tout de même qu’ils le fassent discrètement. Alors il aboya. Nul autre mot n’aurait pu mieux convenir. Quoi que ce fût peu flatteur pour la race canine qui voyait son moyen d’expression ainsi dévalorisé. Mais c’était efficace, le manque d’éloquence étant largement compensé par l’agressivité sous-jacente aux propos. Il y avait autre chose derrière son « dégagez ». Une menace à peine voilée de répression. Et voilà que volait en éclat le maigre réconfort de la dernière Noblegriffon.

Mais elle ne se laissa pas démonter. Elle était seule, certes, mais il n’avançait pas vers elle. Elle lança un rapide regard à la victime de toute cette histoire. La pauvre devait totalement paniquer… surtout qu’il posait toujours ses mains sur elle. Ses mains sales et malodorantes. Katalina empêcha la colère de s’inviter sur son visage, seul son regard flamboya un instant. Elle ne pouvait pas le supporter. Elle ne verrait pas la barbarie des mâles, pas ici, pas chez elle. Il éleva de nouveau la voix, et elle crut qu’elle allait éclater de rire. Amère. Elle s’y attendait, bien sûr… Mais qu’on parle de son « espèce » avait quelque chose de terriblement blessant. Mais il n’était pas encore l’heure de flancher.

« Le jour où vous pourrez me dire où je suis la bienvenue n’est pas encore venu. Maintenant, lâchez cette… »

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que celle qu’elle cherchait à secourir portait sa flûte à ses lèvres. Une réaction des plus surprenantes pour une demoiselle en détresse, Katalina aurait plus parié sur une fuite en bonne et due forme. Quelques notes s’élevèrent dans les airs, et le garde se retourna pour lui arracher l’instrument des mains. La jeune noble tendit le bras… Et fut forcée de fermer les yeux. Quand elle put enfin les ouvrir, elle avait le bras à moitié replié pour se protéger… Elle le laissa mollement retomber quand elle contempla la scène. D’un coup, son aide n’était plus nécessaire. Le rustre était allongé à terre, et semblait incapable pour le moment de nuire à quiconque. Et personne ne bougeait plus. Elle croisa son regard, et passa de « l’espèce étrangère » au « monstre à craindre et à redouter ».

Le voir ramper loin d’elle lui procura une joie indicible, et ce même si elle n’y était, au final, pour rien.

La joie laissa place à l’inquiétude quand elle porta son regard sur celle qui avait le plus souffert de l’échange… Et l’auteur de l’étrange phénomène ? Katalina n’était pas une experte en magie, loin de là, mais elle savait que l’éclair de lumière n’était pas venu d’elle, et encore moins du garde. Tout comme son soudain abattement ne pouvait que la surprendre. Elle avait assez d’énergie pour jouer de la flûte quelques secondes avant, et là voilà qui s’effondrait contre le mur, les yeux dans le vague. Elle s’approcha rapidement, ne se souciant plus des apparences. Seul comptait désormais de s’éloigner des lieux du crime. Elles pourraient toujours se rendre dans son comptoir, comme sa présence n’avait plus besoin d’être secrète. Ou retourner dans l’auberge et rejoindre Aerandir. Alors qu’elle saisissait doucement le bras de la prostrée, elle se rendit compte qu’elle aurait aimé qu’il soit là.

« Tu peux te lever ? » Elle la secoua doucement, histoire de capter son attention. Si elle ne bougeait pas, il faudrait se résigner à la tirer avec elle. « Il reviendra, mais pas seul. Aussi, si tu tiens à ta vertu, je te conseillerai de me suivre. »

La voix était implacable. Elle n’avait pas le temps de tergiverser.
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Nolfinë
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Ven 13 Nov 2009 - 20:56


De quoi ai-je l'air ?
De quoi a l'air celui qui peut se vanter de pourrir la vie des Dieux eux mêmes ? Du Veilleur ? De quoi avons nous l'air ? Le pluriel se dissipe avec mon incarnation. Plus l'incarnation est forte, plus nous subissons son influence... et plus cette forme physique influe sur les actes. Nolfinë est parfait... presque. La perfection est ardue à atteindre, même après tout ce temps. Mais Nolfinë remplit parfaitement son usage.
Mais parfois, le changement appelle... et ces fois, Nolfinë cède la place à d'autres. Oh, pourquoi créer quand on peut copier ? Après tout, quel plus beau pied de nez aux Eternels que de reproduire leurs créatures pour les narguer ? Sauf que sous cette forme, plus de limites sont posées... relatives au corps, surtout.
Nolfinë ne peut souffrir. Nolfinë peut à sa guise prendre tous les risques... mais pas Eleonore. Pas les autres. Les autres souffrent. Ressentent. Eprouvent. Nolfinë est la magie, mais Eleonore appartient bien aux êtres de chair. Avec tous les liens que cela implique, ou presque. La Magie reste. Et avec elle, un certain nombre d'avantages... et d'inconvénients.
De quoi ai-je l'air ?
Katalina paraît forte, joue un rôle malgré... tout. Mon incarnation a parfois du mal à traiter les données physiques. Quasi inexistantes pour Nolfinë... mais Eleonore semble ressentir tous les évènements de façon pleine et entière, presque exacerbés.
De quoi-ai-je l'air ?
De quoi, pour que Kata se rapproche et s'inquiète ?
De quoi ai-je l'air ?
Sur l'instant, d'une jeune femme qui peine à lever un regard vague sur celle qui devrait lui être inconnue. Oh, je te connais... même si sous cette forme, certaines informations m'échappent. Est-ce que je peux me lever ? Oui. Le Veilleur peut se lever. Nolfinë peut se lever. Mais est-ce qu'Eleonore peut ? Oui... peut être. Je crois. D'autres informations. Encore du physique. Toujours du physique. Secousse. Et mots.
Oui, il reviendra. Bien sûr, qu'il reviendra. La vengeance est rarement consommée froide chez les humains, et la seule notion de consommer -vengeance ou pas- les poussent à toutes les stupidités possibles et imaginables. Bien sûr, que je peux me lever.

La jeune musicienne se lève et affiche un pâle sourire -à peine- forcé. Encore le caractère d'Eleonore. Sourire ? Et puis quoi encore ? Nolfinë sourit parce qu'il est amusé, pour se moquer de quelqu'un, pour un but précis... pas simplement parce qu'il est... "là". Pourtant je savais à quoi je m'exposais. Mais est-ce que ce n'est pas en partie pour ça que j'ai fait ce choix ? Après tout, le changement est amusant...


"Mmmmm..."

Mmmmm ? MmmMMMMmmmMM ? mmmMM ? MMM ! Oui. Peut être. Ou peut-être pas.
Ou juste un marmonnement indistinct, au fond. Oui, je peux la suivre. J'acquiesce d'un hochement de tête vaguement perceptible. Et je parle encore, accrochée à ma flûte comme naufragé à son débris de navire.


"Oui... je vous suis..."

Oui, je peux suivre. Suivre. Emboîter le pas. Accompagner. Talonner. Ou juste du mal à classer l'overdose d'informations sensorielles, au fond.
Quelques mètres. Je suis, vaguement. Le brouillard se lève. Pas sur la ville. Après tout... quelle serait la meilleure solution ? Rien. Marcher. Suivre. Mais dès qu'on peut être considérées comme "hors de danger", une voix faible s'élève à nouveau. Faible, mais toujours aussi mélodieuse... une chose sur laquelle je n'ai pas besoin de tricher, même si je ne m'en prive jamais pour le reste.


"Katalina... Pourquoi m'aider ?"

Question.
Sourire.
Quelle serait la meilleure solution ? Une pause.
Totale.
Ténèbres.

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Jeu 19 Nov 2009 - 22:22

Katalina ne pouvait s’empêcher de se demander qui avait reçu le coup… magique ? C’était bien possible. Mais si c’était le garde qui s’était retrouvé à terre, elle avait l’impression qu’il avait été moins sonné que la jeune fille qu’elle venait à peine de rejoindre. Au moins lui avait pu se relever et s’en aller assez rapidement. En rampant, certes, mais tout de même, il avait paru bien plus assuré qu’elle. La jeune noble secoua la tête, pressée de s’éloigner de la « scène du crime ». Elle se retenait avec peine de saisir l’épaule de la malheureuse et de la tirer jusqu’à ce qu’elle daigne se mettre en mouvement. Son marmonnement étouffé faillit la faire céder, d’ailleurs. Heureusement pour tout le monde, elle finit par acquiescer à sa proposition. Celle qui avait vu Elda et Alëandir aida sa compagne de fortune à se lever, et elle la soutint durant les premiers pas, cachant son soulagement derrière une façade inquiète. Mais ce fut de courte durée, et il ne lui fallut que quelques secondes pour se figer brutalement, sans prévenir, livide. Autour d’elle, le monde trembla, alors que l’air se froissait doucement au rythme des paroles prononcées. C’était si improbable qu’elle cru d’abord qu’elle avait mal entendu. Troublée, elle faillit ne pas remarquer la perte de confiance aussi soudaine qu’inattendue de la jeune fille. Si bien que quand elle voulut arrêter sa course infernale vers le sol, il était trop tard, et elle ne put que tomber avec elle.

Chose dont elle se serait bien passée, et sa robe aussi. Lâchant le corps amorphe juste à temps pour se protéger de ses mains, elle s’écorcha légèrement les paumes. Ses genoux ne furent pas en reste, et elle ne put retenir un gémissement contrarié. Sa robe coutait une petite fortune, avait-elle perdu la tête en s’aventurant dans Erac avec ?! Heureusement, il y avait plus grave, et elle put détourner son esprit de ces considérations purement matérielles quand elle jeta un regard à la pauvre enfant qui gisait à côté d’elle. Il fallait agir vite et bien, elle ne devait pas oublier ce qui les attendait si elles ne bougeaient pas très vite.

« Réveille-toi, allez… »

Se remettant à genoux, elle tenta de la soulever. Elle était légère, et heureusement pour elle, car Katalina était loin d’être musclée, et les récentes épreuves n’avaient pas vraiment arrangé les choses. Outre ces considérations purement physiques, il y avait aussi une autre raison qui faisait qu’elle souhaitait ardemment le réveil de la potentielle apprentie magicienne : comment avait-elle pu se débrouiller pour connaître son prénom ?! C’était impossible, la noble n’était pas une habituée de la cité d’Erac, et même si c’était le cas, elle avait assez changé pour passer inaperçu. L’espace d’un instant, elle hésita à l’abandonner simplement où elle était… Mais elle n’en était tout simplement pas capable. A la place, elle entreprit de traîner comme elle pouvait le sac à patate du jour jusqu’à un endroit plus fréquenté… Mais du renoncer au bout de quelques pas. Elle entreprit de l’allonger comme elle put, et lui tapota doucement la joue.

« Tu m’entends ? »
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Nolfinë
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Sam 19 Déc 2009 - 13:45

L'utilisation de dons sous une forme physique est toujours le plus gros souci. Prenez une gourde, ouvrez la et renversez la : vous aurez un débit normal, métaphore des mages mortels. Chacun déploie plus ou moins d'Energie, mais tous restent bien en deçà de leurs limites réelles... une Incarnation, elle, force sur la gourde et tente d'en faire sortir trop vite une eau toujours renouvelée. Et s'adapter au pitoyable niveau commun d'un mortel... l'impossibilité est malheureusement regrettable pour le corps utilisé.
Certains sont plus forts que d'autres, moins impliqués. Nolfinë est parfait, ou presque... mais il n'a que peu de liens avec le réel. Eleonore, elle, est à l'opposé : de par sa magie il m'est difficile d'user de mes dons directement à travers une forme d'elle. Oh, une règle magique simple aurait peut-être pu éviter ce genre de désagrément... mais c'aurait été moins drôle.
Tout de même, certains problèmes sont... quelque peu irritants. Plus la forme est maintenue, et plus le lien est fort. Et la force du lien restreint l'étendue du pouvoir que je peux utiliser sans risquer d'endommager la forme physique. Cette fois... c'était un peu trop. Pas assez pour tuer le corps, mais assez pour m'obliger à nettoyer moi même les conséquences de ma théâtralisation excessive. Oh, j'aurais pu former un jet correct, bien en forme, élégant... non, j'ai envoyé un sort direct, brut. L'incarnation se répercute également sur les réflexes et les capacités cognitives, malheureusement... la qualité d'Immatériel n'offre pas que des avantages.

L'arrêt est-il fini ? Non, ce n'est pas moi qui ballote cette forme physique... ne pas savoir est parfois une torture. Quelques dégâts se sont annoncés... oh, j'ai dû chuter. Evidemment... les considérations physiques telles que la gravité étant plus ou moins étrangères à un Immatériel. Mais j'aurais dû y penser : ce genre de dégât n'était pas prévu aux réparations... et devra donc guérir seul. Après tout, les cicatrices sont l'apanage des mortels, laissons leur ça. Le corps a l'air d'être... non, en fait impossible à dire.
Toujours est-il qu'à mon retour, Eleonore est allongée à terre... enfin, "je" suis allongé à terre. Ouvrir les yeux ? Non. Ah... on me demande si je peux entendre. Entendre ? Suis-je d'accord ? Suis-je en état de percevoir un son ? Langue barbare... Les oreilles semblent être en bon état, les liaisons également... je puis percevoir. Quand à connaître le sens de la question... logique mortelle, je suppose. Je me force à ouvrir les yeux avant de répondre... du moins, avant de tenter une réponse.


"Mje... Mm." Maudites soient les contraintes physiques. Quelques secondes...
"Oui... il me semble. Vaguement."

Suis-je vraiment là ? Aurais-je été un élève que le maître m'aurait giflé pour mon inattention. Après tout, ces corps là mettent un temps à pleinement récupérer... et après, on s'étonne des piètres performances de leurs mages.
Je lève un regard hébété sur Katalina...


"Oui, j'entend. Mon corps semble en bon état, si la question recouvrait cela aussi."

Si la logique mortelle me semble parfois obscure, c'est la mienne qui doit leur paraître étrange.
Nolfinë reprend une part de présence, de par la... 'pause'. Mais Eleonore reviendra vite. J'entreprend de me placer en position assise, avant de poursuivre.


"Où sommes nous ? Toujours au même endroit, non ?
Aussi... une autre question est restée en suspens..."


Oui, après tu pourras me poser la tienne. C'est le jeu, après tout...
Au moins, nous avons quelques minutes de tranquillité... le temps des questions. Le garde mettra un moment avant de revenir et la plupart des passants sont indisposés par les concentrations de magie... l'esprit les pousse à contourner, au travers de leurs faibles perceptions. L'instinct de survie caractérise peut être une part de leur lâcheté... mais au moins, c'est l'une des rares chose qui fonctionne.

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Sam 19 Déc 2009 - 18:52

Il y avait quelque chose d’étrange, avec cette jeune demoiselle. Katalina aurait été bien en peine de dire quoi, mais il y avait bien assez d’événements troublants pour lui mettre la puce à l’oreille. L’étrange façon dont le garde avait été mis à terre, d’abord, sous-entendait que la gamine était une mage. Ayant côtoyée les elfes plus d’une saison, elle était devenue plus tolérante envers les forces occultes, mais tout de même, elle restait une humaine… par définition méfiante, donc. Son peuple avait souffert de son manque de prédisposition envers la magie, dans les différentes guerres qu’il avait pu mener au cours de son histoire, et il était donc normal qu’il considère la chose avec peu d’enthousiasme. Mais ce n’était pas le pire, loin de là. Alors qu’elle secouait doucement l’épaule de l’évanouie, en se retenant de crisper son poing sur sa robe déjà bien froissée, elle ne pouvait oublier les quelques mots qu’elle avait prononcé.

« Katalina… Pourquoi m’aider ? »

La question en elle-même était légitime. Il n’était pas dans la nature humaine d’aider un inconnu. Individualiste, l’homme préférait poursuivre son chemin quand cela ne le concernait pas directement. De plus, le fait était qu’il valait mieux éviter de se mettre la garde à dos, ce qui était plus ou moins la conséquence obligatoire quand on s’opposait à ses membres les moins… subtils. Pourtant, la jeune noble l’avait fait, et sans hésiter, et c’était en soi inhabituel, et cela méritait en effet éclaircissement - quoi que la plus part des gens se seraient contenté de la remercier. Non, le plus dérangeant était qu’elle connaissait le nom de sa sauveuse. Et c’était impossible, du point de vue de la principale concernée. Elle était partie depuis plus de deux mois, et n’avait donné aucune date de retour, même pas au couple royal, et ils s’agissaient des seules personnes ayant eu connaissance de ses motivations d’alors. Elle avait voyagé aussi discrètement que possible. Certes, Aerandir avait été vu à Serramire, mais elle n’avait pas été vue en sa compagnie - et même si, les nouvelles ne voyageaient pas aussi vite. Et, cerise sur le gâteau, même elle avait du mal à se reconnaître quand elle apercevait son reflet.

Mais plus que tout, Katalina voulait la voir se réveiller. Elle n’avait aucune envie de l’abandonner sur place, mais l’idée de se retrouver seule face à une bande de soldats à l’air patibulaire ne lui disait absolument rien. Alors elle secouait, secouait encore, ayant rapidement constaté que tapoter la joue ne servait à rien. Oh, elle aurait pu le gifler, surement l’effet aurait-il été immédiat - et elle n’avait pas abandonné l’idée - mais elle avait vu ce qui le sort du garde et ne souhaitait pas le partager à cause d’un reflexe malheureux. Avec les mages, comment être sûr ? Les sons inintelligibles qui s’échappèrent finalement de sa bouche arrachèrent un soupire de soulagement à la négociante qui n’en était plus vraiment une, si bien qu’elle arrêta de la martyrisée pour l’observer. Quand finalement, des paroles distinctes parvinrent à ses oreilles, ce ne fut que pour la troubler un peu plus d’avantage. On ne s’exprimait pas comme ça ! Ce n’était pas… naturel ! Comme si ce n’était pas sa langue maternelle. Mais elle décida de passer outre. Alors que sa nouvelle « amie » se remettait en position assise, elle se retenait de la forcer à se lever, sur le qui-vive.

« Tant mieux… Vous pouvez marcher ? »

Elle ne sembla pas être entendue, au contraire. A la place d’une réponse, elle reçut une question. Ou, plutôt, le rappel d’une question. Au vu de la situation assez… urgente, Katalina ne gouta pas à la plaisanterie et se releva brusquement et l’observa, glaciale.

« Si ça vous amuse, tant mieux, mais sachez que vous vous amuserez toute seule. Je ne me suis pas exposée à un garde pour le plaisir d’en voir accourir plusieurs. » On ne s’amusait pas impunément de Katalina Noblegriffon, tout de même. Surtout qu’elle n’était pas vraiment d’humeur. « Vous pouvez me suivre si vous le souhaitez, mais évitez de me parler jusqu’à ce qu’on soit en sécurité. »

Se retournant, elle commença à s’éloigner… Lentement, au cas où. Elle n’était pas encore assez énervée pour abandonner une jeune fille aux mains de gardes sans foi ni loi.
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Jeu 24 Déc 2009 - 20:40


Puis-je marcher ? Apparemment les fonctions motrices n'ont pas été altérées... mais vu la réaction affichée à la dernière réponse de ce genre, je crois qu'il est préférable de garder le silence. Je me contente donc de passer aux questions. Ô, ardent brasier de la curiosité, maîtresse parmi les pulsions mortelles... et travers dont nous autres esprits ne sommes point dépourvus.
Si la curiosité est un trait commun et pitoyablement prévisible, ce que je n'aurait pu prévoir est la réaction de Katalina à ma remarque. Pourquoi ce revirement ? Quel est le problème ? Nous sommes -temporairement du moins- en sécurité, et... et cela, elle ne le sait pas. Evidemment, puisque l'inverse aurait été désastreux pour le secret de mon identité. Au vu de la situation, il est donc... "normal" qu'elle s'indigne de ma question en apparence déplacée.

J'écoute 'sagement', en affichant un air où l'on aurait vainement cherché toute trace de gêne. Peut être que cet air étrange contraste avec ma -très- temporaire résolution de "petite fille sage" ? Peut être. En tout cas, l'un et l'autre volent en éclat dès son point final.


"Me taire ? Mais..."

Quoi ? Me taire ? Une... misérable humaine me rabroue et m'ordonne de... me taire ? A moi, No... ah non, Eleonore. Et effectivement, elle a effectivement d'influence qu'une faible petite jeune fille qui joue les bouffons dans les rues de la ville.
Un poil vexée... vexé, j'entreprends de me relever et de chasser la poussière accrochée à ma tenue bariolée. Pfff. Une moue boudeuse vient s'installer sur mon visage alors que je lance ma reddition à une Katalina déjà en train de partir.


"Bon, d'accord..." Grand soupir.

Qu'ai-je fait pour mériter pareil traitement ? Certes... de nombreuses choses, il est vrai. Mais c'est tellement... inhabituel. Après tout, mon rôle "normal" est de ramener dans le droit chemin et d'enquiquiner autant que possible... eh bien, tous les autres, à vrai dire.
Je trottine péniblement pour rattraper ma sauveuse, et l'accompagne... ma moue boudeuse toujours sur les lèvres. Maiiis... même pour Eleonore... elle n'avait pas le droit ! Pas le droit ! Oh, qu'il est frustrant de se retrouver dans le rôle de ceux qui sont habituellement mes victimes. Je préfère de loin être enquiquineur qu'enquiquiné. Notez au passage cette magnifique figure de style... mais bref. Elle n'avait pas le droit ! Si les humains se mettent à rabrouer à tour de bras, à piquer une crise et à ne plus se laisser embêter, mais... mais où va le monde ?

Bon, ce n'est pas tout de bouder, mais... bon d'accord, l'Art subtil de la bouderie est une fin en soi. Ô plaisir raffiné tu "tu-m'as-rien-fait-mais-juste-pour-le-plaisir-je-te-fais-la-gueule". L'Art d'être chiant a de tout temps été un raffinement recherché et une fin en soi. Ce n'est pas un moyen, c'est un accomplissement personnel, une conscience de soi poussée au paroxysme du parasitage intempestif.
Mais... mais il faut parfois écarter cet art subtil pour... faire chier d'une autre manière. Quoi que je puisse tout aussi bien la contenter... après tout, d'un point de vue strictement humain, la musique n'est pas un Art de paroles. Aussi ma flûte se porte t-elle à mes lèvres après quelques courtes minutes de bouderie. Quelle mélodie puis-je faire résonner en ces rues ? Eh bien... pour le peu de temps qu'il me reste, j'entame un air joyeux.
On en entendrait presque l'habile conteur qui s'élance au coin du feu crépitant, narrant l'inénarrable narration des fières histoires de dragons, bravant logique et sentiments. Ouais, en clair : elle est douée, cette petite. Et au moins, c'est beau. Mais comme toute bonne chose -sauf peut être pour Kata, après tout son conseil sur la parole réclamait peut être le silence-, celle ci a une fin... a peu près à l'endroit où elle pourrait nous juger "en sécurité".

En sécurité ? Mais... où sommes nous ? Pas chez elle, certainement. Dans l'un de ses comptoirs, non ? Mais le décor ne m'intéresse pas, pour l'instant... Je lève mon regard vers elle, un soupçon d'espoirs aux yeux... ai-je enfin droit à une réponse...?
S'il te plaît ?


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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Ven 25 Déc 2009 - 22:23

La situation n’était vraiment pas banale, et Katalina en venait à regretter amèrement de s’être levée ce matin là. Il aurait été tellement plus simple de rester confortablement allongée dans ses draps, à attendre que le temps passe, comme elle avait pu le faire à Alëandir… Si elle avait été plus sereine, elle aurait sans doute esquissé un sourire à ce souvenir, mais y repenser ne fit qu’augmenter d’un cran sa frustration et son anxiété. Au moins, chez les elfes, elle ne craignait pas de se faire agresser dans la rue… et encore moins par les peu nombreux gardes qui assuraient la sécurité des citadins. C’était dans ce genre de situation… urgente qu’elle se rendait compte du fossé séparant les deux races pourtant voisine. Et, étrangement, même en sachant cela, même alors qu’elle risquait de passer un moment désagréable si les gardes leur mettaient la main dessus - et c’était bien le comble pour elle d’en être réduite à fuir comme la première des ribaudes - elle ne parvenait pas à regretter son retour. Ces terres étaient celles qui l’avaient vu naître, elles étaient son foyer, plus que ne le serait jamais la Prime Forêt… bien trop calme à son goût. Elle était humaine, pas elfe, elle n’avait pas des siècles de contemplation à meubler, après tout.

En vérité, Katalina ne craignait pas pour sa sécurité. Son nom suffirait à la protéger de quelques gardes un peu véreux, du moins elle voulait le croire. Après tout, elle était connue et reconnue comme étant une amie du Roi en personne… et donc du duc d’Erac, Seigneur de leur cité. Si le Roi aurait du théoriquement suffire, mieux valait avec ce genre de personnes être ami avec leur supérieur le plus proche possible, hiérarchiquement parlant. Et quel meilleur supérieur que celui qui les payait chaque moi ? Sauf que Katalina tenait à son anonymat, et elle préférait donc éviter une altercation avec la garde. Aussi, il fallait que sa protégée fasse un effort de son côté et la suive sans plus parler, ce qu’elle ne semblait pas être décidée à faire. Aussi la jeune humaine regardait, un brin anxieuse, sa compagne de fortune sortir de sa torpeur, impatiente de se remettre en route. Elle devait rapidement la décevoir, car à ses questions, elle répondit par une autre question. Et quelle question ! Une belle provocation, oui, du moins c’est ainsi que le prit Katalina. Et l’air innocent et un brin enfantin de la demoiselle ne changerait rien à son jugement, bien au contraire. Ayant évolué quelques temps à la Cour de Diantra, du temps où elle se dressait encore fièrement sur ses fondations, elle avait l’habitude des faux semblants. Elle-même se considérait comme une actrice de talent.

La question urgente, surclassant toutes les autres, était de déterminer ce que savait exactement sa « protégée ». Car si, sous le coup de la colère, elle l’avait menacé de la laisser là, c’était surtout pour la motiver à se lever elle-même, une petite stratégie qui porta ses fruits même si elle ne sembla pas plaire à la principale concernée. Evitant de marcher trop vite, afin de ne pas semer une jeune fille qui semblait encore éprouvée par le récent épisode… magique - encore une question qu’elle aurait à poser - et Katalina la supposait capable de s’effondrer d’un instant à l’autre. Et comme ça n’avait pas été agréable la première fois, elle supposait que ça ne le serait pas non plus la seconde. Aussi la gardait-elle à l’œil, s’empêchant de courir à vive allure quand elle en avait follement envie. Ce qui lui permit au passage de noter l’air boudeur… Un trésor du genre, mais tellement inapproprié à la situation que la jeune noble n’avait qu’une envie, la gifler sans plus perdre de temps. Une tentation qu’elle devrait remettre à plus tard. Choisissant au plus court, elle rejoignit rapidement les bâtiments qui formaient son comptoir, et prit un instant pour les admirer. Flottant fièrement sur le toit de l’édifice, l’étendard Noblegriffon dominait les bâtisses aux alentours, et c’était une des raisons qui avaient poussé Katalina à s’installer ailleurs qu’en Serramire. On pouvait désormais admirer les armoiries de sa famille un peu partout sur la Péninsule, et en cela elle estimait réaliser la « mission » confiée par son père. Pour autant, elle ne s’attarda pas trop en contemplation et rentra rapidement se réfugier dans ses murs protecteurs. Au moins ici savait-elle qu’on ne viendrait pas la déranger. Dès son entrée, un homme s’approcha d’eux. La trentaine, il avait un visage avenant - un peu comme tout les employés de Katalina, d’ailleurs… elle ne laissait rien au hasard - et le sourire facile. Brun, comme bien des hommes, il gardait une silhouette fine et élégante, à la manière d’un courtisan, même s’il n’avait pas la moindre goute de sang noble.

« Bienvenue, mes Dames, dans le Comptoir Noblegriffon d’Erac. Que puis-je pour vous satisfaire ?
- Faire préparer mes appartements, Valerian. »


Esquissant un léger sourire, Katalina observa la réaction du pauvre homme qui, cherchant sur quel pied danser, avait sans le savoir crisper son si beau sourire. Secouant la tête, la noble ne fit rien pour l’aider, si bien qu’un long silence s’installa entre le négociant et les deux femmes venues toquer à sa porte. Douchant la colère naissante de la jeune femme, elle ne put retenir un éclat de rire.

« Mon pauvre ami, je sais que j’ai bien changé, mais tout de même, vous ne pouvez pas faire l’effort de me reconnaître ?
- C’est… Dame Noblegriffon ? C’est votre voix mais… Qu’est-il arrivé à… »
Se rendant compte à temps de l’impair qu’il allait peut-être commettre, il se rattrapa. « Il semblerait que votre voyage à Alëandir vous ait fait beaucoup de bien, vous êtes rayonnante, ma Dame.
- Merci, Valerian… Vous pouvez donner les ordres nécessaires, s’il vous plaît ? »


L’homme s’inclina légèrement, avant de se retirer pour obéir à son employeuse, encore légèrement sous le choc même si le brave essayait de le cacher. Ah… Il faudrait qu’elle s’excuse de ce petit tour, un jour, mais surprendre ceux qui travaillaient pour elle était toujours une bonne chose à faire. Même si, sur ce coup là, elle y avait été un peu fort. Se retournant vers la cause la jeune fille qu’elle avait secourue, et négligée depuis son entrée « chez elle », elle fronça légèrement les sourcils.

« Nous devrions être tranquilles, désormais. Quand Valerian reviendra, nous irons rejoindre mes appartements, mais en attendant, j’imagine que tu peux au moins me dire ton nom ? »

Etrangement, son attitude quelque peu froide et reservée collait parfaitement avec son nouveau physique… à moins que ce ne soit son visage sans âge qui rendait son attitude encore plus convaincante. Les deux étaient possibles.
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Sam 9 Jan 2010 - 16:46


Ah, fier étendard... au moins, le doute n'est plus permis : nous sommes bien dans l'un de ses comptoirs. Pourquoi ici ? Et pourquoi rester loin d'Aerandir ? Après tout, de ce que l'on en dit... c'est son petit protecteur attitré. Dommage, il aurait pu être drôle de faire se rencontrer le Gardien et mon incarnation... mais cela aurait probablement mis fin au jeu et j'ai envie de continuer. Malgré le... léger incident, j'ai à peu près récupéré et je suis en pleine forme pour persécuter de faibles femmes sans défenses. A la différence près que je suis limité par ce corps, mais on fera avec...
Je décoche un sourire éclatant à celui qui nous accueille... et tire la langue à Kata quand il devient évident qu'elle ne me répondra pas maintenant. C'est injuste... je la met en danger, je l'embête, je l'exaspère, et elle... et elle, elle me boude ! Oui, bon, d'accord... mais c'était pas tout à fait ma faute, au début. Au moins, le sourire revient quand elle répond à celui qu'elle nomme Valerian. Je me suis retenue de faire un commentaire sur sa fierté apparente à posséder cette bâtisse, mais là elle y aura droit... pas tout de suite cependant, je préfère assister à la fin du spectacle.

Valerian est pas mal, pour un humain... choisi pour ça, peut être ? Enfin, tout le monde voudrait avoir les meilleurs chez soi, évidemment... Katalina a juste les moyens de se les payer, elle.
Rapidement, il s'avère que j'ai bien fait de me taire : c'est assez drôle, en effet. Pour un peu, je le plaindrais presque... presque. Mais je regarde sans voix, épargnant mes habituels commentaires sarcastiques aux deux. Valerian finit par se faire congédier, et Katalina reporte son attention sur moi... et reprend la parole face à des yeux qui s'arrondissent depuis un moment déjà.
Mais... mais... c'est pas juste ! Aerandir avait pas le droit ! Et moi, je m'amuse comment après ? Comment est-ce que je peux faire mes gamineries si un Gardien à la noix s'amuse à changer radicalement mon jouet avant que j'aie pu mettre la main dessus ? Elle est pas comme ça, normalement... c'est pas juste ! Enfin, je finis par réussir à me reprendre... et à répondre. A la question ? Non, à Katalina.


"Et tu m'accuserais presque d'être étrange ou d'avoir des réactions insensibles..."

C'est vrai quoi, je répond -et agis- systématiquement à coté de la plaque, mais elle aussi fait mumuse avec son pauvre domesti... heu, employé.

"Mais... pourquoi ne... Oh, pardon." Ah oui, elle a posé une question. Cette fois, elle n'aurait peut être pas pu se retenir. Alors... heu... eh bien je crois que je vais répondre. "Tu... peux m'appeler S... Eleonore."

Oh, il est clair que je n'aurais pas donné directement mon vrai nom à Katalina, mais pourquoi ne pas lui avoir simplement répondu Sya ? Outre que j'ai une certaine affection pour tous les noms commençant par un S, le nom de mon incarnation est peut être une mauvaise idée... Certes, il y a plusieurs Eleonore, mais une seule avec ce physique là. Oh, et puis... Oh. C'est vicieux, mais ça pourrait être amusant... oh oui, très. Faire connaissance avec Katalina, puis m'amuser encore au travers... Ooh, bien. Bref. Je reprend donc.

"Connaissant déjà ton nom je n'ai nul intérêt à cette question, et je suppose que tu me demanderas bientôt comment. Après tout, les humains sont assez prévisibles en tant qu'individus...
Il est manifeste que j'en sais plus sur toi que toi sur moi... c'est donc à toi de commencer, si tu as assez confiance en cet endroit et ses occupants pour y entendre les réponses."


Sadique ? Non, juste terriblement direct, cette fois. Oh, elle s'est bien rendue compte que je connaissais déjà son nom, il est inutile de le rappeler... mais je sais que je vais pouvoir m'amuser quand on commencera les vraies questions. Qui es-tu ? Comment connais tu mon nom ? Ca, c'est le prélude... certains demandent plutôt "qu'es tu", ou toute autre variante... Et là, on peut commencer à s'amuser vraiment.
Si elle juge l'endroit sûr, on pourra s'amuser ici... sinon... eh bien, on attendra d'être dans ses appartements. Après tout, j'ai tout mon temps.


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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Dim 24 Jan 2010 - 0:22

Si Katalina estimait avoir appris quelque chose, au grès de ses aventures et mésaventures, c’était bien que rien n’était jamais simple. Il fallait toujours qu’il arrive un incident pour compliquer une situation déjà bien complexe. Alors qu’elle se trouvait chez elle, dans ce comptoir qui n’existait que parce qu’elle l’avait voulu, elle se sentait un peu plus forte, comme si être dans son élément lui procurait un peu d’assurance. « Jouer » avec Valerian lui avait presque fait oublier le fait qu’elle venait plus ou moins de sauver une jeune femme d’un très probable viol. Mais la présence de la miraculée, juste dans son dos, ne pouvait que lui rappeler combien elle le regrettait, désormais. Non pas qu’elle aurait pris un quelconque plaisir à laisser une gamine subir l’horreur des envies masculines mais… elle devait avouer qu’elle trouvait dérangeante la façon dont elle était remerciée. Comment une parfaite inconnue, qu’elle n’avait jamais vu, pouvait bien l’avoir reconnue ? Non pas qu’elle n’avait plus rien à voir avec la femme qu’elle avait pu être, loin de là… Mais il était à son sens tout simplement impossible qu’on pense à elle en l’observant. Comme il était inutile de nier, elle décida plutôt de demander son nom à la jeune femme… et grinça des dents quand la réponse obtenue se fit entendre. Ou plutôt, quand elle reprit la parole, on ne pouvait pas vraiment parler de réponse dans le cas présent. Lâchant un soupir légèrement exaspéré, elle marmonna quelques mots en elfique, par réflexe.

« Je n’oserai pas, pas après une telle démonstration de gratitude. »

Surement inconsciemment se disait-elle que son interlocutrice ne comprendrait pas sa phrase. Après tout, il était peu probable qu’une Eracienne sache parler la langue des Aînés… Mais il était tout aussi peu probable qu’une Eracienne la reconnaisse du premier regard. Heureusement, Eleonore - ainsi se présenta-t-elle - ne la força pas à lui redemander une nouvelle fois. Pour autant, même si recevoir une véritable réponse lui plut indubitablement, elle avait l’étrange impression qu’on continuait à se payer sa tête.

« Enchantée, S… Eleonore. »

Moqueuse, elle ? Non, pas le moins du monde ! Son regard méfiant parlait pour elle, et elle gardait le silence, attendant de voir ce que la concernée pourrait bien ajouter, et elle ne fut pas déçue. Non pas que la jeune pucelle fit le moindre effort pour apporter le moindre éclaircissement sur la situation plutôt trouble dans laquelle elles étaient plongée, bien au contraire… Chaque parole qu’elle prononçait apportait une nouvelle question, chaque son rendait Katalina un peu plus confuse.

« A quel jeu joue-t-on ? »

La colère était clairement décelable dans sa voix, mais encore bien douce. Pourquoi fallait-il toujours qu’on joue avec elle ? C’était manifeste, Eleonore s’amusait comme une folle. Faire bien sentir à sa « victime » - qui pour l’occasion était aussi sa sauveuse - qu'elle lui était supérieure était manifestement un de ses petits plaisirs. Même si les méthodes utilisées n’étaient pas les mêmes, « Nhil » avait lui aussi pris un malin plaisir à lui démontrer toute sa supériorité. Mais elle ne se laisserait pas intimider, cette fois-ci. Pas alors qu’elle était chez elle, dans son élément, qu’il lui suffisait d’un cri pour qu’on vienne à son secours.

Une chose était sûre, Eleonore ne dormirait pas chez elle. Bientôt, elle allait rejoindre le Roi en son château et pourrait alors jouir de sa protection en plus de celle d’Aerandir. Son retour serait alors connu et le fait qu’une gamine soit au courant ne serait plus un souci.
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Nolfinë
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MessageSujet: Re: Songe de l'âme | Prio Kata   Lun 8 Mar 2010 - 19:21

Bon, d'accord, je n'ai toujours pas donné mon nom. Mais ce n'était pas une raison pour râler, quand même...
...bon d'accord, si, ça doit être une bonne raison. Mais dans une langue étrangère ? Pourquoi une langue étrangère ? Quand on veut se faire comprendre, en général on choisit plutôt la langue qu'on suppose être celle de son interlo... ah. Oui. Sauf que les humains ont parfois un léger souci face aux langues et que la plupart s'enferment dans leurs discours pour ne pas être compris... ouais, comme moi, en somme. Sauf que moi, visiblement, je suis beaucoup plus agaçant. Ce qui n'est parfois... souvent... pas un avantage.
Je finis par me présenter. Il était temps, je crois... pff... mais c'est pas ma fau... bon, si, c'est ma faute. J'aime jouer avec les nerfs des gens. Mais j'ai une -petite- excuse : cette incarnation me pourrit la cervelle et m'empêche de réfléchir. Correctement, en tout cas... non, je n'oserais jamais accuser Eleonore de ne pas réfléchir. C'est pas du tout mon genre. Bref, elle a enfin mon nom... enfin, un de mes noms. Et j'ai encore gaffé... et ça lui plaît pas. Et... oui, encore un "et". "Et" c'est tout. J'avais pensé pouvoir embêter à la fois Katalina et Eleonore, mais à peine émergée l'idée se dirige déjà vers la sortie... à oublier.
Et apparemment, ce n'est pas ma réplique suivante qui arrange les choses, au contraire... Pourquoi est-ce que j'ai la désagréable impression que je vais devoir arrêter de faire le pitre si je veux m'épargner quelques morts de plus ? Il y a certaines personnes que je n'ai pas forcément envie de me mettre totalement à dos, d'autres que cela amuse de me tuer encore et encore... et si Kata fait déjà partie de la première catégorie -sisi... tout est dans le "totalement"-, j'ai comme l'impression qu'elle risquerait de faire bientôt partie de la seconde si je poursuis dans cette voie...

C'est pas drôle. Bon... et plus sérieusement... je peux dire quoi ? Heu... bon, on va commencer... par le plus proche.


"Tu peux m'appeler Sya, si tu préfères... mais là, ça serait carrément un mensonge."

Hé, non, stop. Pas parler. C'est toujours à moi. A vrai dire je sais même pas si elle allait dire quelque chose, vu que je reprend tout de suite.

"D'un certain point de vue, Eleonore n'est pas tout à fait approprié non plus... mais pour le moment, je 'suis' Eleonore.
Oui, dit comme ça, ça a l'air encore plus confus... Désolé... désolée, je n'ai pas l'habitude de m'exprimer pour être compris aisément"
Et je n'ai pas non plus l'habitude de parler au féminin. Triste mais vrai : me corriger pour un lapsus qu'elle n'aurait pas compris sinon, et n'a peut être toujours pas compris, je fais fort... "Bref... que dire ? Je te dois quelques explications, vu que je n'ai apparemment plus l'opportunité de continuer le mystère. Dommage, ça me plaisait bie... pardon. Je disais donc... par le début..."

Qu'est-ce que je peux bien lui dire ? Bon, je vais peut être effectivement arrêter le mystère... mais je ne peux décemment pas lui dire toute la vérité. En revanche je l'ai assez embêtée pour lui en devoir une partie... contrepartie obligatoire, cette fois ça sera un lot de réponses.

"Donc. Pour commencer, je ne suis pas l'Eleonore originelle... la vraie est quelque part dans la nature, probablement à faire ce que je faisais au moment où tu m'as vu : s'amuser avec la musique. En revanche, je ne suis pas à proprement parler une copie... après tout, techniquement ce corps n'est pas un faux. Et plus je reste ainsi, plus je m'approcherai de ce qu'elle est réellement." Ce qui n'est clairement pas un avantage pour mes capacités intellectuelles. Brève pause. "En parlant de la musique, d'ailleurs... à l'origine, ce n'était pas particulièrement pour toi : je te savais dans les parages, mais il y avait d'autres personnes aussi... désolé que ça ait pourri ta journée." Bon... pas tout à fait en réalité, mais au moins j'essaie de paraître sincère. La plupart n'y ont même pas droit... c'est déjà un progrès, non ? "Enfin... apparemment, mon anonymat est de toute façon fichu. Donc, pour revenir aux sujets sérieux : je dispose d'autres formes, d'autres noms... concrètement, je suis un esprit, une Entité... pour la Magie. Et comme je suppose que tu iras de toute façon le demander à Aerandir, je peux aussi te donner le nom qu'on me donne d'habitude..." Et puis même si ça venait d'une bourde ignoble et ridicule de ma part, elle m'a quand même aidé. Ce qui n'a servi à rien au final, mais elle m'a aidé. Pfff... d'habitude, je m'amuse plus quand je donne ce nom là. "Nolfinë."

Heu... Mouais. Puis, avec un pâle sourire.

"Désolé, il m'arrive d'être franchement peu doué quand j'emprunte ce genre d'incarnation... D'autres questions ? "

Ouais, il m'arrive aussi d'être réaliste.
Parfois...
...rarement.
Mais au moins, elle a sa vérité. Je suppose qu'elle va me virer et que je vais retourner à ma musique, maintenant ? Ou alors je vais avoir droit à d'autres questions ? Pff... ça fait partie du suspense... 'puis il va déjà falloir qu'elle se remette de ça.



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