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 Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]

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Gabriel
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MessageSujet: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Jeu 28 Jan 2010 - 13:55

Il pestait.

Depuis plusieurs heures, il ne cessait de pester contre l'emmerdeuse qui lui collait aux basques et ne semblait pas vouloir le lâcher de si tôt. Il s'arrêta brutalement et fit volte face pour la dominer de toute sa taille et lui faire sentir le poids de son ire :

- "Bon, mission terminée, tu peux retourner sur le Fossoyeur maintenant, pas la peine de faire du zèle."

Quelle plaie cette bonne femme! Elle ne voulait rien entendre et se contentait de le regarder avec un petit sourire narquois pour bien se foutre de sa gueule. Mais c'est qu'il n'avait pas le temps de jouer. Il devait trouver Katalina Noblegriffon et lui dire deux mots, avant de se servir d'elle pour enfin accomplir sa vengeance. il s'était renseigné discrètement ces derniers jours... Il savait où la trouver. Et il savait aussi quel redoutable compagnon veillait sur elle... Le Gardien d'Arcamenel, rien que ça. De quoi faire reculer les plus hardis. Mais peu importait les conséquences, son coeur se consumait de rancoeur depuis des années.

- "Lâche moi Syria, retourne avec les autres, ce que j'ai à faire ne te concerne pas."

Non, ça ne la regardait pas... Il allait se confronter à son passé, que tous ignoraient. Kassandra était la seule à en avoir une idée et encore, il ne lui avait pas tout révélé. Il espérait juste qu'elle ne le trahirait pas... Il profitait de la mission de sauvetage de Sepiida pour régler ses vieux comptes et avait donc décidé de proposer un plan de diversion qui permettrait au Fossoyeur d'approcher les côtes sans se faire remarquer. Et naturellement, qui l'avait suivi? Syria! Alors qu'il n'avait rien demandé à personne... Un vrai poison cette fille! Il avait bien essayé de la renvoyer, de gueuler après elle, de la menacer, de la semer, mais rien n'y avait fait. Et il ne décolérait pas... Il n'avait pas de temps à perdre, mais enlever Katalina avec Syria dans les pattes lui posait un gros problème.
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Sirya
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Jeu 28 Jan 2010 - 14:07

-Change de refrain Gabe.

Rétorqua tranquillement la demie elfe en se contentant de hausser une épaule, fort peu impressionnée par la taille du Second. Mais la question se posait quand même, qu'est ce qu'elle fouttait là ? A vrai dire, ça avait débuté par une mission de diversion, oui, jusque là, pas de soucis, mais quand Gabriel avait voulu faire cavalier seul pour je ne sais quelle raison, elle l'avait suivit sans se poser de question. Tssss...Résultat, ça faisait quelques miles qu'elle se bouffait un Gabe de super humeur qui lui déclamait des poèmes a tour de bras. Ceci dit, elle en profiterait peut être pour rendre hommage a son Dieu, chose qu'elle avait légèrement oublié de faire ses derniers temps...Pire que tout, elle avait raté la Nuit des Passions...Sa mère allait la tuer si elle apprenait ça.

Le pire étant qu'elle ne comprenait même pas son propre entetement sur le coup là, mais rien a faire, elle n'avait pas réussit a se convaincre de lacher l'affaire et de rentrer sagement, allez savoir pourquoi, elle s'était imaginé tout un tas de chose qui, avouons le, étaient plutôt déplaisantes en soit...Devenait elle trop posséssive ? Surtout avec quelque chose qui n'était même pas a elle....y a pas a dire, elle ne se comprenait même pas, mais toujours est il qu'elle se retrouvait sur la route, un petit sac jeté sur l'épaule et un...gentil compagnon de voyage la régalant de ses exploits sur les mers.

-Arrête de ronchonner...Si tu dois te retrouver nez à nez avec Aerandir, je serais une aide précieuse alors ferme la et avance.

Oups, elle en avait dit un peu trop là....

-Ah oui, j'oubliais, tu n'es pas encore assez discret.

Ajouta-t-elle en souriant légèrement et en le dépassant tranquillement d'un pas moqueur.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Ven 29 Jan 2010 - 1:24

Il se figea instantanément alors qu'elle parlait du Gardien d'Arcamenel. L'eut-elle frappé qu'il n'aurait pas été plus immobile ni stupéfait. Comment... ? Merde, comment est-ce qu'elle savait ça? Elle ne l'avait pas espionné quand même? Elle n'aurait pas osé n'est-ce pas? Apparemment si... Syria osait tout. Et elle était plus discrète qu'il ne l'avait présumé. Merde... Ses traits se modifièrent subtilement pour recomposer un masque impénétrable. Mais c'était un peu tard, Syria avait fait mouche et elle le savait. Sciemment ou non, elle s'était trahie. Elle continua dans sa lancée en se foutant de lui, puis le dépassa, lui tournant le dos. C'était peut-être de l'inconscience. Ne sentait-elle pas la rage du l'hybride? ou avait-elle donc tellement confiance en elle qu'elle ne se souciait pas de tourner le dos à un potentiel adversaire? A moins qu'elle ne le voie pas ainsi. Vif comme un cobra, il s'empara de son poignet et la tira violemment vers lui, se saisissant de sa gorge d'albâtre de l'autre main. Il était furieux. Il lui suffisait de serrer pour lui écraser le trachée et se débarasser enfin d'un épineux problème.

- "Et toi, tu es trop curieuse et trop bavarde pour ton propre bien... Qu'est-ce que je vais faire de toi Syria? Comment as-tu osé t'immiscer ainsi dans mes affaires? Je ne t'emmerde pas dans ta vie privée, alors laisse-moi mener la mienne sans interférer. Mais là, tu en sais déjà un peu trop..."

Il raffermit sa prise, serra davantage le cou de la jeune femme. Il pouvait l'étrangler là et laisser son cadavre pourrir au soleil. Personne ne trouverait rien à y redire. Néanmoins, malgré sa fureur, il avait conservé toutes ses facultés intellectuelles et sa petite phrase anodine lui revint en mémoire.

Il aurait besoin d'elle pour s'occuper du Gardien... En quoi avait-il besoin de cette chieuse?

- "Dis moi comment tu pourrais m'aider contre un gardien? Et qu'est-ce que tu sais exactement?"

Il relacha son emprise, caressant la peau qui commencait déjà à rougir, mais sans lâcher son poignet.
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Sirya
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Ven 29 Jan 2010 - 1:50

Merde ! Il était réellement en rogne, fais chier ! Jura-t-elle mentalement en essayant tant bien que mal de ne pas grimacer de douleur. Elle n'aurait pas assez de force pour lui faire lacher prise, même si sa main droite c'était enroulée, dans un reflexe autour du poignet de l'hybride. Inutile de tenter la déglutituion, il n'y avait plus assez d'espace dans sa gorge pour que ça passe. Saloperie, par moment, elle detestait n'etre qu'une simple bonne femme, même si elle était capable de se défendre, elle n'avait pas la puissance d'un homme et ça...c'était chiant. La pensée qu'il la tue sur place l'effleura mais elle préféra la repousser au loin, ce n'était pas le moment de paniquer bêtement. Inspirer profondément était un excercice impossible mais elle s'appliqua le mieux qu'elle le pouvait a ne rien laisser transparaitre, gardant un visage inexpressif, si ce n'était l'étincelle fugace de colère qui traversa ses prunelles glaces.

Oui, certes, elle avait poussé le bouchon un peu loin en « l'espionnant » mais etait ce de sa faute si les gens étaient bavard ? Surtout face a une femme ? Certes, elle avait posé des questions, mais de telle manière qu'il était impossible de savoir si c'était elle ou le pauvre bougre en face qui menait l'entretient.

Elle respira un bon coup quand il la lacha, repoussant les doigts encore trop prêt de sa gorge meurtrit d'un revers de la main.

-Y a pas a dire, tu sais parler aux femmes Gabe.

Ironisa-t-elle en essayant de reprendre un souffle normal et régulier, excercice difficile alors que sa trachée se remettait a peine de son agression.

-Un Gardien te ferait il peur Gabe ?

Vas y joue les provocatrice ma grande, tu es bien partie pour finir 6 pieds sous terre a ce rythme, finalement, elle se massant la nuque de sa main libre.

-Il se trouve que ma mère est une Grande Prêtresse du culte d'Arcamenel, a ce titre je peux parfaitement approcher Aerandir facilement, plus facilement que toi d'ailleurs. Parce que aller vouloir lui piquer sa compagne sous le nez, c'est limite du suicide. Pour le peu que j'en sais, il est légèrement....

Son index vint frapper sa tempe avec un air entendu avant de reprendre narquoise :

-Tu as beau être très fort, mon chou, tu ne pourras pas grand chose contre sa colère.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Ven 29 Jan 2010 - 2:02

Elle était exaspérante! Même alors qu'il avait failli la broyer, elle le provoquait encore et jouait les bravaches.

- "Ma tolérance a des limites Syria... Ne cherche pas à les tester. Ta foutue fierté finira par te tuer, tu le sais?"

C'était l'hôpital qui se foutait de la charité là. Sauf que lui, il avait les moyens physiques de se défendre. Syria n'était pas une faible femme, certes, mais contre un homme et si près, elle ne pouvait gagner du point de vue de la force pure. Certes, elle savait se servir de sa dague, elle le lui avait déjà prouvé... Mais cette fois, il ne lui en avait pas laissé le temps, ni l'opportunité. Il s'était fait avoir une fois, pas deux. Il haussa un sourcil quand elle lui demanda si un Gardien lui faisait peur.

- "Tu me prends pour un idiot? Evidemment qu'un Gardien me fait peur! Surtout celui d'Arcam... C'est manipulation et compagnie ce culte."

Il avait parlé un poil trop vite, puisque Syria lui avoua que sa mère était prêtresse du dieu de l'amour et que cela faciliterait donc les choses. Voilà qu'elle lui proposait ni plus ni moins de l'aider en s'occupant du Gardien pendant qu'il s'occuperait de sa compagne. C'était dangereux.

- "S'il découvre que tu m'as aidée, il s'en prendra aussi à toi. Et que ferais-tu de plus que moi contre sa colère?"

Question légitime. Elle lui cachait quelque chose. Il en était persuadé. Il la lâcha définitivement et se remit en route, songeur. Il n'était pas stupide et Syria lui offrait une alternative intéressante... Mais il répugnait à lui laisser entrevoir son passé.

- "Pourquoi m'aiderais-tu? Et à quelles conditions? Je te dois assez de faveurs comme ça, je n'ai pas envie d'en rajouter une."
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Sirya
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Ven 29 Jan 2010 - 2:13

Ah ça...Ce qu'il disait n'était que trop vrai, un jour sa foutue fierté l'enverrait bouffer des pissenlits par la racine, elle ne le savait que trop bien, mais il était difficile de refréner ce trait de caractère.

Finalement, il la lacha, mais nul doute qu'il était prêt a lui sauter dessus a la moindre occasion pour se débarrasser d'une nuisance, enfin...ce qu'il considérait comme une nuisance en cet instant même.

-Manipulation...Ouais, tu ne crois pas si bien dire.

Bougonna-t-elle en se remémorant le nombre de choses qu'elle avait faite, juste pour arriver a ses fins, et sans le savoir, Gabriel en avait été aussi une victime et l'était toujours d'ailleurs...

-Bah, je pourrais te retourner la question Gabe, sauf que moi, je connais le culte dans ses moindres recoins et même si Aerandir est connu pour être totalement imprévisible, il suffit de taper juste.

Plus facile a dire qu'a faire cependant. Sa mère ne lui avait que très peu parler du Gardien, c'était un peu comme une icône, une statue que l'on ne peut approcher, un mirage irréel. Elle avait même du mal a l'imaginer avec une femme comme le plus simple des mortels.

-De plus, j'ai raté la Nuit des Passions, c'est une bonne excuse pour l'approcher, je doute qu'il refuse de recevoir une prêtresse en pénitence.

Fit elle avec une moue agacée avant de pouvoir, enfin, être libre de ses mouvements. Pas de doute, elle allait avoir un bleus, songea-t-elle en ce massant le poignet.

-Ah ça, c'est une bonne question, répose la moi plus tard, pour l'instant, je n'ai pas de réponses.

Rétorqua-t-elle franchement, légèrement contrariée par la justesse de ses paroles, parce que pour une fois, elle ne tournait pas autour du pot.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Ven 29 Jan 2010 - 3:19

- "J'espère juste que tu ne me feras pas payer le prix fort avec des intérêts."

C'était gagné. Il acceptait son aide. Il ne réussirait pas à virer Syria, elle était trop têtue pour ça et à part l'assommer et l'enfermer quelque part, il n'en tirerait rien malheureusement. Autant faire contre mauvaise fortune bon cœur. Elle semblait connaitre les ficelles du culte et avait, en effet, un moyen imparable de s'approcher du Gardien et de le distraire. Pendant ce temps là, Gabriel approcherait Katalina et l'enlèverait. Ce n'était pas bien difficile, il y avait bien des moyens de l'approcher suffisamment près. Il pouvait l'assomer, ce qui était un peu radical... Il avait aussi de quoi l'endormir, merci Seizaar et sa connaissance des plantes. Bien qu'il soupçonna que Syria aurait été tout aussi compétente.

Ils continuèrent ainsi leur route, d'arrêtant dans une auberge pour mettre leur plan au point. Gabriel ne ronchonnait plus, n'était plus désagréable. Il avait un but, il avait de l'aide et Syria ne le faisait plus chier, se montrant même utile et pertinente dans ses remarques.

Les jours suivants furent mis à profit pour repérer Aerandir et Katalina, noter leurs déplacements et fignoler leur plan. Gabriel rongeait son frein, sachant pertinnamment que le précipitation risquait juste de tout faire capoter.

Enfin, le jour J, ils se séparèrent.

Syria, à la recherche d'Aerandir.

Gabriel, à celle de Katalina.

Ce ne fut pas bien difficile. Jour de marché, la jeune femme lâchée dans les rues, sans son précieux protecteur. Avouons le, c'était une époque troublée où les âmes héroiques n'étaient pas légion. Gabriel s'approcha assez vite de la jeune femme pour se retrouver derrière son dos et coller un poignard acéré entre ses cotes.

- "Un seul cri et je vous tue, compris?"

Il attendit quelques secondes avant de reprendre :

- "Suivez moi bien gentiment."

Elle n'avait d'autre choix que de coopérer, son agresseur étant bien plus grand et fort qu'elle et sa voix trahissant une détermination et un sérieux qu'elle ne pouvait nier. Il l'emmena dans une petite ruelle sombre, à l'abris des regards. Il sortit alors quelques herbes en poudres et colla sa main sous le nez de la jeune femme, l'obligeant à les respirer.

- "Bonne nuit Katalina."

Avec froideur et détachement, il récupéra le corps lourd de la jeune femme et le prit dans ses bras, direction une cave oubliée de tous où il l'installa à terre, avant de s'adosser au mur et de l'observer, pensif. La luminosité était très faible, mais étant nyctalope, cela ne le genait en rien. Kataina, en revanche, serait pratiquement aveugle. C'était toujours ça de pris. Il observa sa nièce avec attention, retrouvant dans son visage assoupi les traits de sa mère. Il avait beaucoup aimé sa mère, qui s'était montrée gentille avec ce petit batard. Katalina lui ressemblait, mais elle était bien plus belle encore, avec un petit quelque chose de la grâce des elfes. Oui, elle avait des traits elfiques et cela, il ne l'expliquait pas... Et dire que la dernièe fois qu'il l'avait vu, elle n'étit qu'un nourrisson... Le temps passait... Katalina était devenue une superbe jeune femme, son père un vieux crouton et son oncle un jeune homme avide de vengeance. Il s'approcha d'elle et s'accroupit, caressant son visage et repoussant les mèches brunes éparses. Vraiment très jolie. Trop jolie, elle faisant monter le désir chez le pirate. Pourquoi ses nièces devaient-elles toutes êtres de vraies beautés?

- "Désolé Katalina, tu n'es qu'un pion vers un but plus grand."

Juste un murmure de regret. Son visage se durcit et il retourna s'adosser au mur, jouant avec son poignard en attendant que les herbes ne fassent plus effet.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Ven 29 Jan 2010 - 9:36

Le parfum de la vengeance est si doux
Erac, sixième semaine du printemps

Katalina ne se sentait pas bien. Pitoyablement affalée contre le mur irrégulier d’une cave eracienne, assise à même un sol sale et poussiéreux, elle oscillait entre inconscience et veille, le crâne douloureux, la gorge sèche et légèrement irritée. Elle entendait vaguement des sons, sans savoir s’ils étaient réels ou non. Et puis vint le brusque retour à la réalité, claire et limpide, horriblement brutale. Ses yeux s’ouvrirent sans trouver aucune lumière, elle avait froid, son dos lui faisait mal à cause d’une position inconfortable… Un son strident finit de la réveiller totalement, et il lui fallut moins d’une seconde pour comprendre qu’elle en était l’origine. Ses mains se ruèrent vers sa gorge, certaine de rencontrer le métal glacial du collier qu’elle avait pu porter jadis…

*
* *
Le printemps était désormais bien avancé, et jamais Katalina ne s’était sentie aussi bien. Elle rayonnait littéralement, ne pouvant s’empêcher de sourire du matin au soir, et du soir au matin. Elle ne s’était jamais sentie aussi légère. Et quand on connaissait son histoire et ce qui l’avait conduit là où elle était désormais, il ne fallait pas réfléchir très longtemps pour deviner pourquoi. Sans en avertir personne, non pas par honte mais parce que cela ne regardait qu’elle et le principal concerné, elle s’était tout naturellement installé dans la chambre d’Aerandir, rien que pour avoir le plaisir de s’abandonner au sommeil en même temps qu’à ses bras. Elle n’avait pas pris la peine de se renseigner, mais elle était prête à parier que son petit manège n’était pas passé inaperçu et que les rumeurs commençaient déjà à fleurir. Rien ne restait jamais secret très longtemps dans « l’intimité » de la Cour. Mais loin de la déranger, cette possibilité l’amusait. Qu’ils parlent, qu’ils parlent, pour une fois qu’ils pouvaient parler sur un sujet qui la faisait sourire, ils n’avaient pas à s’en priver. Son tragique enlèvement s’effaçait lentement mais surement, la guerre civile était désormais terminée, et elle avait désormais la certitude qu’il y aurait toujours quelqu’un pour se soucier d’elle et pour la soutenir quand elle en avait besoin. S’ouvrait alors un avenir radieux devant elle, une foule de perspectives qui ne manquaient jamais de la faire sourire quand elle y pensait. S’il y avait un mot pour résumer son état d’esprit, « bonheur » aurait été amplement suffisant.

Le sang-mêlé lui avait annoncé quelques heures plus tôt qu’il serait occupé jusqu’en milieu d’après-midi si ce n’était plus. Elle avait hoché la tête, l’avait embrassé sur la joue et lui avait souhaité une bonne journée, avant de s’éclipser, prise d’une inspiration soudaine. Après s’être convenablement habillée, elle avait entrepris de sortir du château, direction son comptoir. Elle avait envie de faire plaisir à son Gardien… et sa richesse lui permettait d’envisager plusieurs possibilités afin d’y parvenir. Et heureusement, Aerandir avait bien pour lui une certaine virtuosité dans l’art du maniement des arcanes… il fallait bien qu’elle ait, elle aussi, une corde à son arc. Mais ce qui devait être une petite promenade agréable tourna brusquement au cauchemar… un cauchemar étrangement familier, et terriblement redouté.

*
* *
La dernière crise de panique de Katalina remontait à ce fameux jour, en Alëandir, ou elle avait pour la première fois aperçu Aerandir dans son plus simple appareil. Le résultat avait été des plus désastreux, et il avait fallut que le Gardien use de ses talents pour la ramener à la raison. Pour autant, les choses étaient légèrement différentes. La jeune humaine crut pendant les premiers instants à un retour inattendu dans sa geôle du Puy, mais l’image du demi-elfe qu’elle invoqua par pur reflexe et la rassurante constatation qu’elle n’était pas enchaînée parvinrent à lui faire garder son sang froid... Au moins en partie. Encore groggy par les drogues qu’on l’avait forcée à inhalée, elle tenta péniblement de se relever.

« Il y a quelqu’un… ? »

Malgré tous ses efforts, elle n’était pas parvenue à effacer totalement l’angoisse de sa voix, mais il y avait plus important que de sauver les apparences. Clignant péniblement des yeux, elle tenta de s’habituer à l’obscurité qui régnait dans la… pièce ? Où était-elle ? Elle aurait donné cher pour le savoir.

*
* *
Katalina n’avait pas souvent eut l’occasion de se faire menacer à bout portant par une dague, mais cela ne l’empêcha pourtant pas de comprendre que la menace qu’on proférait à son oreille n’était pas vaine. Se tendant soudainement, elle retint sa respiration. Pourquoi ? Tout était si parfait, pourquoi fallait-il que tout menace de s’effondrer ? Déglutissant péniblement, elle allait parler mais l’homme - il n’y avait aucun doute à ce sujet, elle avait à faire à un homme - ne lui en laissa pas l’occasion et l’obligea à avancer. Les sens en alerte, elle tenta de rester calme et fit ce qu’on lui disait.

« Vous êtes sûr de vouloir faire ça… ? »

Sa maigre tentative sembla tomber dans l’oreille d’un sourd, et ils pénétrèrent tous les deux dans une… ruelle sombre. La pauvre noble sentait l’angoisse monter à mesure qu’elle s’éloignait de la foule et de sa protection relative, regrettant de ne pas avoir crié quand elle l’avait pu. Qu’allait-il lui arriver ? Son esprit, dopé à l’adrénaline, imaginait tous les scénarii possibles, et aucun ne lui plaisait. Il était peut probable qu’elle s’en sorte indemne. Le spectre de ce qu’elle était devenue au lendemain de sa libération la hanta quelques secondes, mais elle le chassa. Elle ne devait pas paniquer, pas encore. Finalement, une main puissante vint se plaquer sur sa bouche et sur son nez, et elle avala autant de poudre qu’elle en respira. Se sentant soudainement étouffer, elle se débattit brusquement et parvint à s’arracher de la poigne solide de son ravisseur. Elle se retourna alors qu’il lui souhaitait bonne nuit, et sa vision était déjà troublée quand elle tenta de discerner ses traits.

« Qui êtes… vous… ? »

La suite ne lui appartenait plus.

*
* *
Rien n’était jamais simple, elle l’avait bien compris. Mais elle ne pensait pas le monde aussi injuste. Alors qu’elle commençait à peine à discerner des éléments de décors, elle crut percevoir une masse sombre appuyée contre le mur d’en face. Prenant son courage à deux mains, elle brisa le silence qui s’installait.

« Qui êtes-vous ? »
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Ven 29 Jan 2010 - 16:12

Le temps passa dans un silence total alors que l'hybride jouait avec sa dague sans faire réellement attention à son otage. Distrait, il agissait avec dextérité, une adresse née de l'expérience. Pourtant, ses sens étaient en éveil, et cela aurait été une cruelle erreur de penser qu'il était ailleurs. Il s'était accroupi, alors qu'il replongeait dans le passé. Il avait été assez heureux finalement... Aimé par une mère de substitution, bien éduqué... Il aurait pu faire de grandes chose si son cadet n'avait pas pris ombrage de la menace qu'il représentait sur son pouvoir. Comme si Gabriel avait pu hérité de quoique ce soit! Il n'était qu'un bâtard, il n'avait absolument aucun droit. Sauf si l'héritier légitime venait à disparaitre. Et pas sans peine. Noah avait-il eu peur que Gabriel ne se débarrasse de lui? Le pirate eut un petit rictus. Il avait été un enfant et un adolescent inoffensif. Totalement innocent.

Noah en avait fait une racaille, un voleur, un assassin.

- "Et tu découvriras bientôt le fruit de ton œuvre mon cher frère."

Sa voix résonna doucement dans le silence. La respiration de Katalina restait calme et régulière. Elle dormait toujours. Il espérait juste qu'elle n'allait pas comater pendant des jours. Il avait envie d'en finir avec cette histoire. Il ferma les yeux alors que les images de son enfance remontaient à la surface. Il revoyait la mère de Katalina, peu de temps après son accouchement, sa fille dans ses bras et un sourire tendre aux lèvres. Elle avait laissé le gamin qu'il était s'approcher et observer le nourrisson. Jamais elle ne l'avait considéré avec mépris. Il regrettait de ne pas l'avoir mieux connu et se demanda distraitement ce qu'elle avait pu penser de sa disparition. Il avait peur de la réponse, peur qu'elle s'en soit fichée et que ses dernières illusions ne s'étiolent définitivement.

Puis, lui revint en mémoire sa noyade... l'eau glacée et insidieuse qui se referme sur lui et l'acceuille en son sein. Mais il avait lutté, jusqu'au bout de ses forces et s'était découvert une légère affinité avec l'élément liquide qui lui avait sauvé la vie. Et une nouvelle vie avait commencé.

La respiration de Katalina se modifia et il l'observa alors qu'elle tentait d'émerger. il s'était relevé, commençant à souffrir de ses anciennes blessures. Machinalement, il tata dans sa bourse et sortit une herbe qu'il ingéra. Ce n'était peut être pas le moment de se droguer, mais la souffrance était une compagne qu'il ne voulait plus connaitre. Il l'avait assez reçu.

La question de la jeune femme résonna dans le silence. Elle avait peur. C'était légitime après tout. Elle avait été enlevée par un inconnu et se retrouvait aveugle dans un endroit contigu. Il y avait de quoi paniquer. Mais elle ne paniqua pas. Elle avait connu pire n'est-ce pas? Il avait apprit pour son enlèvement par un drow... Nul doute que ce qu'elle avait alors vécu était mille fois pire que ce qu'il pourrait lui faire. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand elle lui demanda qui il était.

- "Tu as déjà posé cette question. Et je n'y répondrai pas pour le moment."

Il s'avança de quelques pas vers elle, décidant de s'accroupir de nouveau malgré la douleur, afin de se retrouver à sa hauteur.

- "Comme tu peux le constater, tu n'es pas entravée. Je te déconseille pourtant de tenter quoique ce soit contre moi. Ce serait une mauvaise idée qui me mettrait en colère et tu n'as pas envie de me voir en colère, je te l'assure. Reste sage et tout se passera bien. Compris?"

Il parlait d'une voix assurée et basse, parfaitement compréhensible. Il ne semblait pas le moins du monde nerveux. Il semblait même détaché.

- "Bien, maintenant, tu vas me dire ce que tu sais à propos de Noah Noblegriffon... Ses affaires, sa famille, sa vie privée... Je veux tout savoir... Et qui sait? Peut-être alors aurais-je des choses à t'apprendre sur ton géniteur... D'ailleurs, comment se porte-t-il? Il doit être assez âgé maintenant..."
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Sam 30 Jan 2010 - 3:46

Le plus important était de ne pas perdre son calme. Si elle commençait à paniquer, elle savait qu’elle ferait quelque chose de stupide qui aurait alors de fortes chances d’énerver son ravisseur. Or penser à cette simple perspective suffisait à augmenter d’un cran l’angoisse de la jeune femme... Un cercle vicieux, en quelque sorte. Son cœur battait la chamade, et elle tentait péniblement de distinguer quelque chose dans la pénombre. Debout malgré tout, un léger tournis menaçait de la ramener brutalement vers le sol si elle ne faisait pas attention. Mais que lui avait-on fait respirer, pour la mettre dans un tel état ? Finalement, elle repéra rapidement quelqu’un et demanda qui il était. La réponse ne se fit pas attendre, et avec elle cessa tout espoir d’en apprendre plus rapidement. Pourquoi ceux qui la capturaient privilégiaient-ils toujours le mystère et l’angoisse ?

« Cela change vraiment quelque chose de me garder dans l’ignorance ? »

Elle regretta presque instantanément ses paroles quand il s’approcha d’elle. L’envie de fuir était grande mais elle la réfréna comme elle put. Fuir où ? Fuir comment ? Elle était coincée, aveugle dans une pièce inconnue, et surtout son corps était encore endolori par les drogues qu’on l’avait forcée à prendre. Elle se pressa malgré tout contre le mur, pur reflexe contre lequel elle ne pouvait rien… comme si les briques sombres pouvaient s’écarter pour la laisser passer puis se remettre à leur place originelle pour la protéger ensuite. Il se mit à sa hauteur, et elle put ainsi discerner son visage, et constata, amère. Encore une fois, ce n’était pas un humain qui avait décidé de s’en prendre à elle, du moins ne l’était-il pas entièrement. Il parla de nouveau, et se fit une joie de la menacer. Elle écouta, impuissante. Elle avait l’impression, en l’écoutant, d’être une gamine punie pour elle ne savait quel faute, et de recevoir un sermon réprobateur. « Sois sage », « Tu ne veux pas me mettre en colère »…

« Je comprends tout à fait. »

Il était proche, bien trop proche. D’expérience, douloureuse expérience, elle savait de quoi était capable un mâle quand il se trouvait seul avec une femme. Les yeux rivés dans les siens, elle invoquait l’image rassurante de son Gardien. Comme elle aurait aimé qu’il soit là…

« J’espère au moins que vous vous amusez. » marmonna-t-elle plus pour elle que pour lui.

C’était stupide, mais elle n’avait pas pu s’en empêcher. Ainsi était Katalina, sa colère était bien souvent salvatrice, et alors que la jeune femme était de nouveau ballotée par les événements, alors qu’elle était frappée par l’injustice d’un monde aveugle, elle naissait au creux de son ventre et lui donnait, en plus de la certitude qu’Aerandir viendrait la sauver, la force nécessaire pour faire front. Pour autant, la surprise doucha tout le reste et elle resta quelques secondes bouche bée.

« Mon… père ? » L’étonnement était présent dans sa voix, gommant même en partie l’angoisse qui était sienne. « En quoi les histoires de mon père vous intéressent-t-elles ? Je ne l’ai pas vu depuis plus d’un an, et nous n’avons échangé pratiquement aucune nouvelle. »

C’était un mensonge, bien entendu, elle avait été lui rendre visite juste avant de rejoindre Erac, mais cela, l’homme qui l’avait enlevée n’avait aucun moyen de le savoir. Personne ne l’avait vu entrer et personne ne l’avait vu ressortir, grâce à l’aide du demi-elfe.

« Je ne peux pas vous aider, je suis désolée. » ajouta-t-elle, parvenant à garder un ton neutre, dénué de toute l’ironie qu’elle aurait pu y mettre.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Dim 31 Jan 2010 - 13:34

- "Pour le moment oui. Tu en sauras davantage par la suite... Si les choses se déroulent comme prévues."

Après tout, il allait lui confier son histoire en lui parlant de son père, lui apprendre qui il était.

- "Tout vient à point pour qui sait attendre."

Sa voix n'était pas sèche, ni chaleureuse... Dénuée d'émotions en fait. Ce qui était peut-être encore pire qu'une voix tranchante ou vibrante de colère. Mais il savait se contrôler... La plupart du temps. Et puis cela faisait tellement longtemps qu'il imaginait ce moment... il avait élaboré des dizaines de scénarios, pensant à tout ce qui pouvait se passer, se préparant pour chaque option. Il était d'un calme froid. Il s'approcha d'elle et remarqua son mouvement de recul. Elle avait peur. Bien. Elle aurait été idiote si cela n'avait pas été le cas. Un sourire en coin se dessina sur les lèvres de l'hybride. Il tendit la main vers elle, mais se figea quand elle marmonna qu'il devait bien s'amuser. Sa main retomba alors que son sourire s'effaçait et que ses yeux prenaient une teinte minérale sous l'effet de la colère étouffée... et des regrets.

- "Ca te consolerait si je te disais que cela ne me procure nul plaisir? Cela changerait-il quelque chose?"

Il poursuivit d'une voix tranchante :

- "Bien sûr que cela changeait quelque chose... Les drows ont du s'amuser avec toi, eux."

Remarque mesquine et assassine. Il était pirate, il avait du sang drow, il en avait cotoyé... Il savait parfaitement de quoi ils étaient capables et qu'elle était leur mentalité... Alors enlever Katalina, la fière Katalina qui osait se rebeller avait du beaucoup les amuser... La briser, la faire ramper, implorer, voilà de quoi jouir totalement... Mais brisée, l'était-elle? Il n'en avait pas l'impression. Elle avait peur oui, mais elle se controlait. Il parla alors de Noah, la prenant au dépourvu. Il soupira ostensiblement à sa réponse, comme contrarié.

- "Kata... Kata... Que vais-je faire de toi si tu ne m'es d'aucune utilité? Vois-tu, j'avais escompté que nous pourrions deviser toi et moi... Mais là, je me retrouve fort désappointé de constater que tu n'as rien à me dire... Je pensais échanger ta vie contre une petite discussion."

Il avait toujours son poignard en main. Rapide comme l'éclair, il plaqua Katalina contre le mur et lui mit son arme sous la gorge. De sa main libre, il lui caressa la joue avant de susurrer d'une voix enjoleuse :

- "C'est dommage... Une si belle femme... Tu me fais beaucoup penser à ta mère."

Il piqua sa curiosité. Peut-être que cela l'amènerait à se délier la langue. Il n'avait pas très envie de la tuer. Parce qu'il lavait connue nourrisson, dans les bras de sa mère au sourire si doux. Même si elle était la fille de Noah, elle ne méritait pas de mourir de cette façon...
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Dim 31 Jan 2010 - 15:06

Katalina ne parvenait pas à quitter son ravisseur, ou plutôt l’ombre de son ravisseur, des yeux, écoutant avec avidité ses paroles… Espérait-elle l’entendre annoncer qu’elle était de nouveau libre ? Peut-être bien… Même si elle était assez lucide pour se rendre compte que c’était peine perdue. Il voulait quelque chose d’elle, forcément… Elle devait juste découvrir quoi, et alors peut-être aurait-elle une chance de s’en sortir et de retrouver Aerandir. D’ailleurs, où se trouvait-il, en ce moment ? Avait-il compris que quelque chose n’allait pas ? C’était difficile à dire, pour ce qu’elle en savait, elle pouvait très bien avoir colmaté une semaine. L’inconvénient quand on avait été droguée de façon aussi barbare, elle se rappelait encore l’horrible sensation d’étouffer alors qu’une bonne partie du produit s’était égarée dans sa gorge.

Il lui conseillait de prendre son mal en patience… Cette même patience qui lui avait bien souvent fait défaut, pour le meilleur et pour le pire. Mais elle ne crut pas bon de lui faire remarquer ce détail, le risque de l’énerver était bien trop grand. De nouveau, elle devait sous peser ses paroles, faire attention à ne pas vexer l’orgueil du mâle qui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de lui imposer son joug. Cette seule idée alimentait sa colère, et sa colère alimentait son courage. Le commentaire acide qu’elle ne put retenir sembla couper le géant dans son élan. Etait-il surpris ? S’était-il attendu à la voir craquer à la première menace ? C’était mal la connaître. Il s’était produit la même chose au Puy, elle avait tenu quelques jours de cette façon. Jusqu’à ce qu’il… Elle préférait ne pas y penser, entreprise rendue délicate par un commentaire qui l’était tout autant.

« Ne… »

Que dire ? Elle préféra se taire, lui lançant un regard assassin. Elle en avait oublié qu’il ne faisait pas cela pour le plaisir. Mais le faisait-il à contre cœur ? La mise en scène laissait supposer le contraire. La façon dont il la traitait laissait supposer le contraire. Sinon, elle n’aurait pas été plongée dans l’obscurité. La grande question demeurait, et aucun élément de réponse n’avait encore été apporté. Que voulait-il ? Il posa des questions sur son père, et instinctivement, Katalina crut à un subterfuge. Pourquoi son père, lui qui n’avait plus aucun pouvoir, aucune influence réelle ? Il essayait d’attirer son attention vers un point, histoire de lui faire oublier tout le reste, c’était obligé. Si elle avait su… Décidant de ne pas rentrer dans son jeu, elle lui raconta la vérité, ornée d’un petit mensonge qu’il ne pourrait mettre à jour qu’en la torturant. Une perspective peut réjouissante. La réponse qu’elle reçu la fit douter de son analyse.

« Je suis… »

Elle se serait fait une joie de continuer sur sa lancée, mais on ne lui en laissa guère l’occasion. Son ravisseur faisait bien deux têtes de plus qu’elle, et il était visible qu’il était habitué à se défendre par lui-même. La dague qui vint chatouiller sa gorge et la vitesse à laquelle elle était arrivée là étaient une preuve suffisante. Le pire était qu’elle se retrouva par la même occasion plaquée au mur. La proximité physique qui résulta de ce changement de position fut un nouveau coup porté au calme relatif qu’elle cherchait à préserver depuis son réveil. La légère mais néanmoins horrible caresse dont il lui fit grâce un second, presque aussi terrible. Elle tourna nerveusement la tête, cherchant à la fuir sans s’offrir à la dague menaçante. En clair, elle était coincée.

« Lâchez… moi… »

Percevrait-il l’angoisse qui plus que jamais déformait sa voix, la rendait légèrement plus aigue ? Percevrait-il le malaise qui s’insinuait en elle, rendant sa respiration haletante et saccadée ? Surement, et surement y prendrait-il un certain plaisir. Il était tout puissant, seul maître à bord de cette aventure dans laquelle il avait embarqué la jeune noble. Il parlait de la tuer… des regrets que cela lui procurerait. Mais surtout, il parlait de sa mère. Et cela, elle ne l’accepta pas. Sans le savoir, il lui donna le soutien nécessaire pour ne pas céder à la panique grandissante. Il donna un nouveau souffle à sa colère.

« Que vient… faire ma… mère… dans cette… discussion ? »

Elle cherchait toujours à échapper à la dague et à la main baladeuse, se tordant le cou comme elle pouvait sans parvenir à un résultat notable. Le corps de son ravisseur pressait contre le sien pour la maintenant en place, lui procurant une sensation aussi oppressante que désagréable. Mais elle tenait bon. Ce ne serait pas le cas indéfiniment. Elle ne se sentait pas capable de tenir tête plusieurs jours, et savait qu’elle céderait malgré elle au bout de quelques heures… voir moins, s’il savait exhumer ses vieilles blessures. Alors qu’elle luttait contre l’envie déraisonnable de se débattre, elle tentait de penser à Aerandir et uniquement à lui, sans y parvenir vraiment.
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Lun 1 Fév 2010 - 2:42

Il avait fait mouche en parlant de sa captivité, lui coupant le sifflet et lui permettant de prendre l'avantage. Oh, il n'y avait pas à s'en vanter. Facile de dominer quelqu'un dans ces conditions, en se servant des séquelles du passé pour s'introduire dans une brèche déjà existante. C'était nécessaire. Mais comme il le lui avait avoué à demis mots, cela ne m'amusait pas. Il n'y avait rien de jouissif dans toute cette sordide histoire qui durait depuis maintenant trop longtemps. Peut-être s'accorderait-il un moment d'exultation quand il tiendrait Noah entre ses mains et le tuerait... Et encore, il n'en était même pas certain. Mais il devait se venger, ne serait-ce que pour faire disparaitre le poison qui était logé dans son cœur et ses veines, cette rancœur qui l'étouffait.

Il s'imposait, la menaçait et elle ne pouvait que subir. Néanmoins, il perçut sa peur quand elle lui demanda de le lâcher. Sa tension aussi. Légitime sans aucun doute. Surtout qu'il jouait en effleurant sa peau. oh elle était attirante, mais il n'était pas dans ses intentions d'abuser d'elle. Elle était sa nièce après tout. Mais il sentit la colère lui donner un nouveau souffle et il laissa échapper un petit rire amusé devant sa rage impuissante. Un chaton qui feule sans avoir de griffes, voilà ce qu'elle lui rappelait.

- "Ce qu'elle vient faire là dedans? Allons Katalina, penses-tu que je m'intéresse à ta famille pour l'argent? Que je cherche ton père pour lui extorquer quelques souverains? Non ma chère, j'ai un compte à régler avec ta famille et surtout avec ce bon vieux Noah... Je suppose que tu adores ton père hein? Lui qui est l'emblème de la maison Noblegriffon... Le noble, le vertueux, le puissant Noah. Mais es-tu si certaine de connaitre ton géniteur? Tu le protèges, mais sais-tu seulement qui tu protèges?"

Il la lâcha subitement, se reculant de quelques pas, remettant sa dague dans son fourreau et croisant les bras sur sa large poitrine.

- "Vois-tu j'ai connu ta mère, ton père, ton grand-père... J'ai cotoyé ta précieuse famille."


Un sourire ourla ses lèvres.

- "Je t'ai même connu alors que tu tétais encore les seins de ta mère."

Son sourire se fit plus nostalgique.

- "Tu lui ressembles beaucoup, en plus belle... Je ne comprends pas, il y a quasiment quelque chose d'elfique en toi alors que je sais pertinnamment que tes parents n'avaient pas une once de sang du beau peuple dans les veines... Beaucoup de rumeurs courent sur toi. Tu m'intrigues"

Il haussa les épaules et s'assit gracieusement à terre.

- "Tu devrais t'asseoir, ce que j'ai à te dire risque d'être un peu long et je pense que les effets de la drogue ne sont pas encore estompés. Tu ne voudrais pas t'évanouir alors que je suis dans les parages n'est-ce pas?"

Il allait la laisser juger de son père. La laisser se rendre compte de quel homme il était. Peut-être changerait-elle d'avis et lui dirait-ele ce qu'elle savait. Si ce n'était pas le cas... Il se servirait d'elle pour attirer Noah et enfin exercer sa vengeance. Tout allait dépendre de sa nièce.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Lun 1 Fév 2010 - 4:08

Le rire de son ravisseur fut comme une gifle pour la pauvre Katalina. Totalement dominée, elle n’avait d’autre choix que de grincer des dents et d’attendre la suite des événements… Une suite qui s’annonçait peu attirante au vu de leurs positions respectives. Elle aurait voulu se débattre, le repousser, le griffer, le mordre, même, si seulement elle avait pu, mais elle ne pouvait qu’espérer qu’il la lâche enfin. Sauf qu’il semblait avoir d’autres projets. Il parla, comme si c’était la chose la plus importante qu’il n’avait jamais faite, comme s’il en avait rêvé des années durant. Un texte appris par cœur, chargé de rancœur. Cela déstabilisa légèrement la jeune noble, qui arrêta un instant de lutter.

Elle fut récompensée de son obéissance car il la lâcha quelques secondes après. Luttant contre l’envie de se laisser tomber au sol, elle resta bravement debout, le souffle court. Il y avait trop de questions sans réponse, trop de non-dits. Elle aurait voulu lui hurler de dire ce qu’il avait à dire et de la laisser s’en aller, les mots se bousculaient dans sa gorge, mais elle gardait les lèvres closes. Elle ne lui ferait pas le plaisir de lui montrer qu’elle avait déjà les nerfs à vif. Mais surement le savait-il… Cruelle gente masculine. Il s’était éloignée, avait rengainé sa lame et la fixait désormais, bras croisés, comme… comme quoi ? Elle ferma les yeux, prise soudainement de vertige. La drogue ne s’était pas entièrement dissipée, et le stress ne l’aidait pas, mais alors pas du tout à lutter contre ses terribles effets.

« Je m’en moque… » articula-t-elle à peine.

Le géant n’était pas totalement humain, il avait surement du sang elfique dans les veines… Mais il lui était pratiquement impossible d’avoir compris ce qu’elle avait cherché à dire. Limite, il put associer le son qui franchit ses lèvres à un gémissement plaintif, à un sanglot saccadé, ou à ce qu’il était réellement, des paroles inarticulées. Toujours est-il qu’il continua sur sa lancée, et elle ouvrit brusquement les yeux.

« Vous avez connu… »

Elle ne termina pas sa phrase, serrant les dents. Non, elle ne se laisserait pas avoir ! Il parla de sa mère, affirma l’avoir connu, et elle retint un nouveau cri de rage. C’était impossible. Tout simplement impossible. Sa famille n’avait jamais côtoyé que des humains, après tout. Il mentait, cherchait à endormir sa méfiance pour mieux lui arracher… ce qu’il voulait lui arracher. Qu’il s’étonne de ses traits si ça lui faisait plaisir, qu’ils s’intéressent aux rumeurs qui se répandaient sur son passage, il pouvait même écrire un livre sur elle s’il le voulait, mais il n’avait pas besoin de la maintenir en cage pour ça. Elle l’intriguait, vraiment ?

« Ils me disent tous ça. »

Il fallait qu’elle sorte de là, qu’elle retrouve la chaleur du soleil sur son visage et la fraicheur du vent dans ses cheveux. Elle savait pertinemment qu’elle allait dans la mauvaise direction, qu’il aurait mieux valut qu’elle mime l’indifférence, ou mieux encore, qu’elle lui donne des réponses qui paraissaient assez vraies pour être crues. Mais sa colère qui pouvait la faire paraître forte était en vérité sa plus grande faiblesse. Tant qu’elle était là, elle faisait face, mais si la flamme était impressionnante, elle n’en restait pas moins impuissante face au vent hurlant. Qu’il souffle assez fort, et elle s’effondrerait, la colère s’en irait et alors, alors… Il serait trop tard. L’ombre menaçante qu’était redevenu son agresseur quand il s’était éloigné s’affaissa et elle comprit qu’il s’était assis. Il l’invita à faire de même.

« Pourquoi vous croirai-je ? »

Le ton était agressif, comment pouvait-il en être autrement ? Katalina n’était pas le genre de femme qui aimait être ainsi rudoyée, surtout pas après ce qu’elle avait vécu. N’était-ce pas assez, le Puy d’Elda ? Fallait-il que les Puissances s’amusent encore un peu avec elle en la livrant à un autre ? Un peu plus d’un an s’était écoulé, un an de hauts et de bas, et quand le très haut pointait le bon de son nez…

« Vous me menacez en pleine rue, vous me droguez, vous m’enfermez dans une… cave malodorante et plongée dans l’obscurité, et je devrais croire la moindre de vos paroles comme étant vraies ? »

La question était légitime, et surement avait-il prévu les doutes de la jeune femme. Enfin, s’il les avait envisagés, il n’avait rien fait pour les éviter. Prise d’un nouveau vertige, elle se laissa glisser le long du mur pour éviter une mauvaise chute, fermant les yeux. Ce n’était peut-être pas plus mal. Les vertiges avaient douché la colère, l’empêchant de dire des choses qu’elle aurait pu regretter, mais elle restait là, latente, prête à jaillir de nouveau en cas de besoin.

« Que m’avez-vous donné… ? »
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Lun 1 Fév 2010 - 14:24

Elle était à bout. Et elle était affaiblie par la drogue qu'il lui avait fait renifler. Elle était donc plus vulnérable qu'à l'ordinaire. il s'en désolait presque. Il avait entendu parler de la terrible Katalina Noblegriffon, cette femme à la poigne de fer qui gérait ses affaires de main de maitre. Sauf que sa rencontre avec un drow avait brutalement changé cette femme, la rendant plus fragile et plus humaine. Il jouait de ses peurs, il imaginait ce qu'elle avait pu vivre et s'en servait dans son prorpe intêret. Il n'en ressentait nulle culpabilité, juste une pointe de regret en songeant à ce qu'aurait pu être sa vie et ses relations avec Kassandra et Katalina si Noah n'avait pas décidé de le faire disparaitre. S'il avait été accepté par la famille, il serait aujourd'hui un batard de noble, certes, mais avec un nom et peut-être une famille. Certes, Kassandra et lui étaient proches, mais ils s'étaient rapprochés de la mauvaise façon. Et la honte avait creusé un fossé entre eux qui ne se comblerait peut être jamais.

Il commença à titiller sa curiosité en parlant de sa famille et notamment de sa mère. Un sourire en coin acceuillit le commentaire inachevé de Katalina. Elle était intéressée. Elle ne voulait pas le montrer, mais tout cela l'intriguait. Forçément. Il l'aurait été aussi.

- "J'imagine oui. Tu dois subjuguer les hommes Katalina."

C'était sincère. Elle était belle, vraiment belle. Mais il n'était pas attiré par elle. Qu'ils soient du même sang aidait. Qu'une demie elfe aux courbes avenantes et au regard glacial hante son esprit permettait aussi cela. S'il l'avait caressé, c'était uniquement pour l'effrayer.

- "La beauté est un don... et une malédiction. Mais je ne t'apprends rien je suppose."


Il eut un petit rire amusé quand elle se défia de lui.

- "Pourquoi en effet? Mais pourquoi te mentirais-je?"

Il lui renvoyait sa question, semant le doute. Oh, elle pouvait penser qu'il la manipulait pour arrive rà ses fins. Ce serait logique et une bonne raison de mentir.

- "Je reconnais que mes méthodes n'ont rien de galantes. Pardonne moi pour cette... barbarie. Mais je ne voyais aucun autre moyen de t'approcher et de te forcer à m'écouter. Vois-tu, je ne suis pas exactement de ton monde, ni quelqu'un de très recommendable. Tu es une jeune noble inaccessible avec un gardien des plus... dissuasifs."

Oui, il savait qui la protégeait. Elle devait attendre qu'il vienne la sauver et châtie comme il se doit son ravisseur.

- "J'ai pesé le pour et le contre tu sais? Mon objectif vaut-il vraiment que je risque ma vie de par la vengeance de la voix d'un Dieu? La réponse est oui."

Il haussa un sourcil alors qu'elle se laissait glisser à terre et lui demandait ce qu'il lui avait donné.

- "Aucune idée. Je me suis fié à l'expérience d'un autre. Ca ne te tuera pas. Ca ne te laissera même pas de séquelles. Tu vas juste être un peu faiblarde pour les prochaines heures."

Il n'esquissa pas un geste vers elle, restant de marbre. Sa présence restait menaçante par elle-même, mais au moins son attitude ne l'était-elle plus.

- "Dis moi Katalina, combien de membres de ta famille sont encore en vie?"

Il laissa échapper un nouveau rire ironique et reprit :

- "Ah non, question piège. Je reformule : combien de membres légitimes de ta famille sont encore en vie?"

Il marqua une petite pause.

- "Ahh... La noble famille des Noblegriffon... Une famille sans tâche, qui met l'honneur et la pureté de son sang au dessus de tout..."

Il cracha par terre avec dégout et reprit, avec une pointe de véhémence :

- "Une famille tout aussi hypocrite que toutes les autres!"

Sa voix se fit monocorde :

- "Je me demande ce que tu sais de ta précieuse famille Katalina... A mon avis, pas grand chose... tu es si jeune, Noah a sans doute du te cacher tous les secrets les plus inavouables... oui, sans aucun doute, ton père ne s'embarasse pas de scrupules quand il s'agit de préserver les apparences..."

Il braqua ses yeux glace dans ceux de la jeune noble.

- "Ne commences-tu pas à comprendre qui je suis ma douce? Tout le monde loue ton intelligence, j'aimerais que tu en fasses bon usage. Je reconnais que la situation ne s'y prête guère. Te sentirais-tu plus à ton aise si ta vue d'humaine ne souffrait pas de l'obscurité? Je t'offre une lueur dans les ténèbres en guise de bonne foi."
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Mar 2 Fév 2010 - 12:33

Le compliment laissait une impression de décalage à la pauvre Katalina. Le plus étrange était qu’il n’était pas moqueur, ni méprisant, ni même ironique. Il était sincère, et c’était surement le plus troublant. Mais la jeune noble ne se laissa pas le temps d’hésiter, elle oublia tout simplement cette nouvelle facette de son ravisseur et passa à autre chose. A Aerandir, qui devait l’attendre… ou la chercher, cela dépendait. Il était rageant d’avoir perdu la notion du temps, réellement rageant, mais elle n’y pouvait rien et devait donc se résigner à rester dans l’ignorance. A moins que…

« Quel jour sommes-nous ? »

Elle voulait le prendre à contre pied, le surprendre, même si ce n’était qu’infime. Il n’y avait pas de petites victoires quand le désespoir menaçait. Malheureusement, qu’elle qu’ait été sa réaction, elle n’eut pas réellement le loisir d’en profiter, tout allant bien trop vite. Il recommença à parler de sa mère, comme si le sujet lui tenait vraiment à cœur. Sauf que Katalina n’avait pas vraiment envie de parler de sa mère, le sujet n’était déjà pas vraiment plaisant, et les conditions ne se prêtaient vraiment pas à une séance souvenir. Il lui demanda pourquoi il pouvait bien lui mentir, et elle retint de peu le ricanement moqueur et un brin nerveux qui lui chatouilla la gorge. Elle ne savait même pas son nom ! Comment croire un homme sans nom qui l’avait droguée pour mieux la conduire dans une cave obscure ? Elle ne dit rien, se contentant d’écouter. Et il y avait de quoi écouter, Gabriel était entré dans son monologue.

Elle tiqua quand il parla de son Gardien, mais tenta de garder son calme. Entendre parler de lui à voix haute ne fit que lui rappeler à quel point elle espérait le voir arriver rapidement. Pour ce qu’elle en savait, il en avait largement les moyens… Ce n’était qu’une simple question de temps et de patience. Et si elle pouvait faire un effort pour la seconde, la première n’était pas de son ressort. C’était son ravisseur qui jouait sa partition, sans rien lui laisser comme véritable choix. Il distillait surement ses confessions parmi ses mensonges, mais instinctivement, elle décida de prendre chaque parole qu’il pouvait lui livrer comme un mensonge. Il avait pesé le pour et le contre, disait-il ? Elle aussi, et il ne lui avait pas fallut longtemps pour conclure qu’elle ne pouvait et ne devait pas lui faire confiance, même de la plus basique des façons.

Les effets du produit qu’il lui avait administré continuaient à se faire sentir, et elle était aussi faible qu’un nouveau né. Il s’était assis, elle avait prévu de rester debout, mais son corps ne lui avait pas laissé le choix. Elle s’assiérait, où tomberait, avait-il décrété. Cédant, elle s’était laissée glisser le long du mur, froissant sa robe encore un peu plus, et elle attendait désormais que le vertige la quitte. Elle grimaça de colère, alors qu’il avait ne pas savoir ce qu’il lui avait donné.

« J’espère que cet autre s’y connaît plus que vous. » lâcha-t-elle, légèrement acerbe.

Il était oppressant. Il ne bougeait plus, ne la menaçait plus, il s’était éloigné et pourtant, elle désirait encore et toujours s’écarter un peu plus. Garder les yeux fermés étaient encore pire, elle se privait alors d’un sens et son imagination prenait le relais. Il recommença à parler de sa famille, toujours sa famille… C’était étrange, et malsain. Pour elle ne savait quelle raison, elle commençait à soupçonner qu’il cachait peut-être quelque chose qu’elle ne souhaitait pas connaître. Malaise confirmé quand il parla d’héritiers… légitimes. Elle déglutit péniblement, alors qu’elle le sentait s’agiter, et se recroquevilla même légèrement quand il cracha son mépris. Ce n’était pas sa voix, ni son ton, ou encore sa gestuel, non… C’était le tout que son attitude formait. Et cette attitude la mettait horriblement mal à l’aise. De nouveau, il parla de son père, et malgré un ton très monocorde, elle crut déceler dans les paroles comme de la… haine ? Elle allait lui demander où il voulait en venir quand il affirma qu’elle devait commencer à comprendre. Peut-être, mai elle n’était pas prête à l’accepter.

« Je… »

Elle secoua la tête, mal à l’aise. Elle ne devait pas le croire, elle ne pouvait pas lui faire confiance. Elle se força à reprendre une voix plus neutre. Il n’avait peut-être pas voulu parler au premier degré, elle ne savait pas, mais décida de le prendre comme tel, tant pis si elle passait pour une idiote.

« Un peu de lumière ne serait pas de refus, en effet. Je n’ai pas la chance de percer les ténèbres sans un peu de lumière, contrairement à vous. »
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Mer 3 Fév 2010 - 11:50

- "Le même que celui où tu as été enlevé..."

Il retroussa les lèvres en un sourire narquois.

- "Tu n'as dormi que quelques heures ma chère. La nuit ne devrait plus tarder à tomber."

Et ce fut un rire qui acceuillit la remarque acerbe de Katalina alors qu'elle se désolait sans doute de constater qu'il n'en avait rien à faire de savoir ce qu'il lui avait administré.

- "Ne t'en fais pas. il sait ce qu'il fait. Il vaut mieux pour lui d'ailleurs."

Seizaar n'avait pas intêret à se planter et à tenter de doubler ses acolytes. Mais Seizaar n'était pas capable d'une telle duplicité. Téoh si, mais Gabriel espérait que l'humain ne racontait pas tout au drow. Gabriel se lanca alors dans un long monologue que Katalina n'interrompit pas. il parlait, la laissant faire ses déductions, fort déplaisantes. Il décida alors de l'aider à se détendre un peu. Jusqu'ici, il avait misé sur la frayeur. Elle avait compris que son ravisseur ne plaisantait pas et était dangereux, elle ne l'oublierait pas. Mais il avait besoin qu'elle coopère. D'où son élan soudain de gentillesse.

- "Il faut bien tirer parti de certaines tares."

Sous entendait-il que son sang elfique et drow étaient trop lourds à porter? peut-être... S'il avait été humain, peut-être aurait-il été mieux accepté chez les Noblegriffon... S'il avait été humain, il serait vieux maintenant... Plus que Noah. Idée dérangeante. Il sortit alors tout ce qu'il lui fallait pour créer une flamme d'une petite bourse pendue à sa ceinture. un peu de bois sec, une étincelle et la lumière fur, révélant aux yeux de Katalina des mèches acajou, un visage séduisant mais sévère, des yeux bleu très froids. Sa peau sombre était visible, mais sans réussir à deviner qu'elle lui venait d'un ancêtre drow. Ses oreilles effilées, en revanche, étaient parfaitement visibles. Il portait un pantalon de cuir sombre, des cuissardes et une chemise noire. Le tout était très simple et trahissait son appartenance au peuple, alors même que son phrasé dénotait une excellente éducation.

- "Nous voilà davantage à égalité."

Il voyait toujours mieux qu'elle, mais qu'importe.

- "Tu sais que beaucoup de personnes enlevées pensent que de voir le visage de leur ravisseur signifie qu'ils vont mourir?"

Il jouait cette fois. La faisant douter. Pourtant, son attitude n'était plus menaçante et il semblait même vouloir avoir son approbation. Pour quoi, ça elle ne le savait pas encore.

- "Comprends-tu ce que je veux Katalina? Non? Alors je vais être direct : ouvre grandes tes oreilles, même si cela ne va surement pas te plaire. Il y a un peu plus de 65 ans, un jeune noble rencontrait la fille de deux peuples qui jadis ne faisaient qu'un et qui désormais sont ennemis... Appartenant à deux races immortelles et pourtant n'appartenant à aucune... Ils tombèrent amoureux, eurent quelques étreintes passionnées et ce qui devait arriver arriva : elle tomba enceinte. Mais je ne t'apprendrais rien en te disant que cette relation était impossible... Il devait épouser une femme de sa condition et elle retourner dans l'oubli. Elle mourut en couches et le seigneur décida de faire élever son batard par une servante. Quelques années plus tard, il eut un fils légitime. Tout aurait pu continuer ainsi si ce fils n'était tombé gravement malade et, que par peur de le perdre et de ne plus avoir d'héritiers, il avait rappelé le batard et l'avait préparé à hériter... Mais son fils se remit et le batard retourna dans l'ombre. Son demi frère se maria et il y a 26 ans, il donna naissance à une petite fille... Et, par peur d'un jour se voir évincer par son ainé, il décida de profiter de l'évènement pour abuser le garçon et le précipiter droit dans les bras d'Eris, se débarasant ainsi de son seul rivale."

Tout avait été déclamé d'une voix sans timbre. Gabriel braqua son regard dans celui de Katalina, un regard brulant.

- "Le jeune homme s'appelait Reldas et sa maitresse éphémère Niniel. Son fils légitime fut nommé Noah..."

Voilà, il avait donné tous les éléments à Katalina. Et il guettait sa réaction avidement.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Jeu 4 Fév 2010 - 14:08

Ainsi, il ne s’était écoulé que quelques heures depuis son enlèvement. En d’autres termes, il y avait de fortes chances qu’Aerandir ne se soit pas encore rendu compte de son absence. Nerveusement, elle se mordit la lèvre inférieure. Avec cette simple observation, c’était un espoir de libération rapide qui s’envolait. Mais elle ne se laissa pas aller à un quelconque découragement, pas encore. Elle devait se montrer forte, pour lui. Elle retiendrait ses larmes, aussi nombreuses soient-elles, pour le simple bonheur de se laisser aller dans ses bras. Elle allait être forte, pour pouvoir être fragile ensuite. Parce qu’il était la seule personne en qui elle avait parfaitement confiance, et qu’elle savait qu’il n’en profiterait pas.

Katalina retrouvait des paradoxes familiers… Des sentiments contradictoires dont elle se serait bien passée. Sa colère s’opposait à sa peur, et elle ne savait plus très bien sur quel pied danser. Surtout que son ravisseur semblait avoir un lourd secret qu’il lui tardait de partager. Sauf que la jeune humaine, elle, n’y tenait pas tant que ça. Elle se doutait qu’il n’était guère plaisant. Alors qu’il parlait dans un presque monologue, qu’il justifiait son attitude sans vouloir entrer dans les détails, elle ne pouvait qu’écouter. Oh, elle avait bien des choses à dire, mais cela aurait été rentrer dans son jeu, et elle ne le souhaitait pas. Heureusement, il changea lui-même de sujet de conversation, lui proposant d’éclairer un peu la pièce. Une proposition qu’elle ne pouvait décemment pas refuser, aussi inattendue qu’appréciée. Elle accepta donc, et elle l’entendit plus qu’elle ne le vit s’activer pour faire jaillir le feu.

L’intensité de la flamme avait beau être relativement faible, elle ne put que plisser des yeux dans un premier temps, à moitié aveuglée. Portant sa main en visière, elle tenta de discerner des détails nouveaux, mais dut tout de même attendre quelques secondes avant d’y parvenir. Alors c’était ça, son ravisseur… Comme elle l’avait deviné, il était réellement impressionnant. Un véritable colosse, il n’avait du avoir aucun mal à la porter jusque dans son « antre ». Quoi qu’il tente, elle savait qu’elle n’était pas de taille à s’y opposer, et c’était une cruelle constatation. Non pas qu’elle eut pu avoir beaucoup d’espoir à ce sujet, mais tout de même.

« A égalité ? »

Katalina n’avait jamais aimé qu’on se moque d’elle. Comment pouvait-il parler d’égalité, alors qu’elle ne connaissait même pas son nom et ne daignait pas lui dire où elle était. Dans une cave, ça elle l’avait bien compris… Mais encore ? Elle était un otage, il n’y avait aucune égalité là dedans.

« Vous m’auriez déjà tué, si c’était dans vos projets. Je n’ai rien à vous apprendre sur mon père, or c’était ce que vous vouliez, non ? Apprendre je ne sais quels détails sur lui ? »

Il y avait une pointe de défi dans sa voix, alors que la situation évoluait doucement vers une sorte de statut quo. Elle en profitait pour essayer d’en apprendre d’avantage, histoire de deviner ses projets. Les drows ne l’avaient pas tué, c’était la preuve irréfutable qu’elle avait une valeur certaine. Raisonnement tour à tour réducteur et rassurant, d’ailleurs, mais qui avait le mérite de lui permettre d’envisager une fin heureuse à toute cette histoire. Il parla de nouveau, mais sa voix était tellement sinistre qu’elle aurait aimé qu’il se taise. Si elle ne comprit pas où il venait en venir, au début, elle pâlit légèrement quand les pièces du puzzle s’agencèrent d’elles même. Elle ne l’interrompit pas, pas une seule fois, et garda le silence quelques secondes, le temps qu’il confirme ses doutes. Elle secoua doucement la tête.

« Vous mentez. »

Mentait-il vraiment ? Etrangement, ses paroles trouvaient un écho lointain dans ses souvenirs, une discussion avec sa mère… pratiquement effacée de sa mémoire par le temps cruel, mais ravivé par cette incroyable confession. Mais cela n’avait pas d’importance, et elle repoussa cet embryon de souvenir ressuscité. Elle ne devait pas douter, elle se l’était promis. Pourtant, si elle avait tenté de se montrer convaincante, force était de constater qu’elle n’y était parvenue qu’à moitié.

« Je répète ma question : pourquoi devrai-je vous croire ? Je ne connais même pas votre nom. »

La raison n’avait que peu d’importance, mais elle avait réellement besoin de savoir comment il s’appelait. Comme si savoir ce petit détail pouvait l’apaiser un peu…
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Jeu 4 Fév 2010 - 14:30

Bien sûr, elle ne voulait pas le croire. Il s'y était attendu. Oh il avait bien une preuve de ce qu'il avançait, une chevalière à son nom et aux armoiries Noblegriffon, avant que Reldas ne décède et que Noah ne décide de faire place nette. Mais Katalina semblait d'humeur contrariante et irait surement imaginer que ce bijoux était faux.

- "Je répète ma réponse : pourquoi te mentirais-je?"

Il soupira alors qu'il finissait par céder et reprendre, laconique :

- "Gabriel."

Il doutait fortement que ce nom dise quoique ce soit à la jeune fille. Qui lui aurait parlé de lui? Son père? surement pas. Les domestiques? Non plus, cela devait être tabou. Avec sa mort, Noah avait effacé toute trace de son existence et tout juste les vieux serviteurs se rappelaient ils qu'il y avait eu un batard dans la famille... Une rumeur, une légende, davantage qu'un fait avéré.

- "La vérité est parfois davantage néfaste que le mensonge... Ma vie entière est un mensonge. Je n'existe plus dans aucune mémoire de ta famille. Noah y a veillé. Mais contrairement à ses souhaits, je ne suis pas mort... Il faut croire que les dieux avaient d'autres projets pour moi..."

Son regard se perdit un instant dans les flammes qui jouaient sur le cuivre de ses cheveux. Il semblait moins terrible, plus triste qu'en colère. Il avait déversé son fiel, il s'était confié à sa nièce. C'était étrange de penser ainsi... Il avait encore un secret à lui révéler, mais celui-ci ne lui appartenait pas. Et il ne trahirait pas ainsi Kassandra.

- "Aux dernières nouvelles, ton père est encore en vie... Vieux mais en vie... C'est ironique non? En 26 ans, je suis devenu un homme peu fréquentable, toi tu es devenue une magnifique jeune femme et ton père s'est décrépi."

Son regard s'adoucit, alors qu'il reprenait, s'adressant à elle comme une égale et non plus comme à une prisonnière :

- "Qu'est devenue ta mère?"

A son ton, on devinait qu'il avait apprécié l'épouse de son frère. Peut-être étaient-ce là des souvenirs douloureux qu'il ravivait chez Katalina, mais il avait envie de savoir quelle avait été la vie de cette femme remarquable, mariée à un salopard de première.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Sam 6 Fév 2010 - 4:56

Katalina était piégée. Pauvre enfant, soumise aux caprices d’un destin aveugle. Ne pouvait-il pas changer de marionnette ? Ne pouvait-il pas en trouver une autre à tourmenter ? Elle avait connu les griffes sombres d’Elda, elle avait connu les tourments sournois de la dépression… Et voilà qu’elle connaissait les doutes insidieux. Mentait-il, disait-il la vérité ? Elle connaissait son père, mieux que quiconque depuis la mort de sa mère. Noah Noblegriffon était capable de bien des choses, elle le savait. Mais de là à tuer son propre frère ? Demi-frère, certes… Porteur des sangs de bien des peuples, certes… De trop de sang. D’un seul coup, sa présence se faisait plus oppressante. Elle ne savait que trop bien ce que pouvait infliger une partie de son héritage.

« Ca me semble évident, pourtant. »

Elle détourna le regard, craintive soudainement d’y trouver la même lueur de folie que dans celui de « Nhil ». Pourquoi… Pourquoi ?! Elle avait envie de hurler, de lui renvoyer toutes ses confession à la figure. Elle avait envie de sentir le soleil réchauffer sa peau, le vent caresser son visage. Elle avait envie de retrouver enfin Aerandir, de pleurer dans ses bras, de lui demander conseil. Gabriel, car tel était son nom, mentait-il réellement ? Ce souvenir qui furetait aux limites de sa conscience était-il une invention de sa part, ou une réalité trop dure à digérer ?

« Mon père a beaucoup de défauts, mais ce n’est pas un meurtrier. Pourquoi faites-vous cela ? »

Etait-elle convaincue ? Le sang-mêlé paraissait si sérieux. C’était bien des tourments qu’elle lisait sur son regard, elle avait assez appris à décrypter le langage détourné des traits qu’elle ne parvenait pas à en douter. Mais elle savait aussi qu’on pouvait les faire mentir, avec un peu d’expérience et beaucoup d’entrainement. Elle-même pouvait feindre à peu près n’importe quel état d’esprit et paraître crédible un temps au moins. Alors pourquoi pas lui ?

« Mon père est vivant, oui. Il n’est pas du genre à se laisser enterrer trop vite. »

Elle ne savait qu’une chose : son père était en danger. Gabriel parlait de lui un peu trop souvent, et avec une haine un peu trop visible. S’il croyait lui-même à son histoire, alors il chercherait sans doute à se venger. Si tout était vrai… Il voulait « tout savoir » à son sujet. Pour mieux l’approcher ? Pour le tuer plus facilement ?

« Ma mère est morte il y a neuf ans. »

Quelques semaines après le mariage de sa fille, pour être tout à fait exact. Elle n’avait pas fait attention au visage de Gabriel, trop occupée à chercher une solution à une situation qui n’en avait pas, et elle ne put s’empêcher de parler un peu sèchement. Elle avait fini par surmonter sa peine, et la tristesse qu’elle ressentait n’était qu’un pâle reflet de ce qu’il avait été, mais cela faisait parti de ces blessures qui jamais ne se remettaient vraiment. « Un parent ne devrait jamais avoir à enterrer un de ses enfants » était une maxime bien connue… mais terriblement égoïste, aux yeux des dits enfants qui devaient accepter de voir partir ceux qui les avaient vus grandir.

« Laissez-moi partir… Vous avez parlé d’Aerandir, vous savez ce qu’il est, vous ne pouvez douter qu’il finira par me retrouver. Libérez-moi avant qu’il ne soit trop tard. Nous reparlerons de toute cette histoire, au calme, dans des circonstances qui me pousseront à vous croire. »

Elle mentait. Elle le savait, il s’en douterait, mais elle n’avait pas d’autre choix. Oh, bien sûr, Aerandir la sauverait… Du moins elle l’espérait. Elle ignorait encore l’étendu de ses pouvoirs, mais ne voulait pas douter qu’il serait impuissant à la secourir. Si Gabriel disait vrai, son comportement prenait un nouveau sens. S’il disait vrai, ils étaient du même sang. S’il disait vrai, elle ne voulait plus que du sang coule à cause de son père.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Sam 6 Fév 2010 - 5:54

Nouveau petit rire sardonique.

- "Je pourrais mentir, c'est vrai... Mais sincèrement Katalina, ne penses-tu pas qu'il y a des mensonges plus simples et plus crédibles?"

S'il mentait, il n'avait pas choisi la voix la plus simple. C'était tellement gros comme histoire. Jamais il n'aurait été inventé de faux liens de parentés et une fausse histoire de vengeance. Et la jeune femme devait s'en douter.

- "Tu essaies de te convaincre, mais au fond de toi, tu sais que j'ai raison."

Il remarqua sa façon de l'éviter, de fuir son regard. A quoi pensait-elle donc? Il se rendait surtout compte à quel point elle avait peur. Peur de lui, de la menace qu'il représentait, pas seulement physiquement, mais aussi pour sa petite vie qu'elle pensait acquise. Il lui révélait un pan de son père, un pan qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne voulait pas connaitre.

- "On ne connait jamais vraiment les gens Katalina, tiens le toi pour dit. Ce que tu sais de ton père n'est que la facette qu'il souhaite te montrer. Pas un meurtrier? Vraiment? Tu ne l'as jamais connu comme moi je l'ai connu, jeune, dévoré par l'ambition et craignant la rivalité. Il était ivre, il a suffit de quelques gouttes d'alcool dans son sang pour que ses pulsions deviennent réalité."

Pourquoi faisait-il ça? Une expression adoucie passa sur le visage de l'hybride.

- "Ne comprends-tu pas? N'as-tu pas une petite idée de ce que je peux rechercher?"

La vengeance. Le droit d'être reconnu, de prouver qu'il existait encore. La découverte de son lien de famille avec Kassandra l'avait décidé. Avant que Noah ne meure. Ah, Katalina apprendrait aussi un jour que son père avait couru la gueuse... L'image de Noah le vertueux allait en prendre un sacré coup.

- "Nous avons au moins un point commun."

Remarque cinglante d'un demi frère qui était censé être mort noyé 26 ans plus tôt. Mais s'il avait fait le mort tout ce temps, il n'avait pas rejoint Tari pour autant. Il s'enquit de la mort de sa belle soeur et la réponse de Katalina fut lapidaire. Sujet sensible.

- "Déjà 9 ans... Que lui est-il arrivé?'

Mais Katalina commit l'erreur de mentir à son ravisseur en misant sur un raisonnement logique. L'hybride se ferma de nouveau et l'on pu presque sentir l'air crépiter de sa colère qui flamboyait de nouveau. Il se leva brusquement et fondit sur la jeune fille, s'emparant de son bras et la regardant droit dans les yeux, avant de siffler:

- "Ferme-la!"

Puis, d'un ton plus mesuré, mais toujours aussi froid :

- "JE décide de la suite des évènements. J'ai les cartes qu'il me faut en main pour décider de mon avenir. Ne me pousse pas à bout Katalina. Ne commets pas cette erreur ou ton Gardien ne trouvera que ton cadavre gisant sur le plancher."

Il la lâcha tout aussi brutalement et s'éloigna de nouveau, sans la quitter des yeux.

- "Je suis navré ma belle, mais tu vas rester avec moi. Tu as libre accès à la demeure de ton père et ceux qui t'accompagnent également. Tu vas m'emmener voir Noah Katalina. Que mon cher frère voit que je suis jeune et en pleine santé quand lui n'est qu'un vieillard sur le déclin."


Il ne précisa pas qu'il désirait le tuer. Cela n'inciterait pas Katalina à l'emmener. Même si elle devait avoir quelques doutes quant aux intentions de l'hybride. Mais pouvait-elle rester de marbre devant la tragédie qu'avait été la vie d'un bâtard qui n'avait pas demandé à venir au monde dans ces conditions? Sa main plongea sous le col de sa chemise et il en tira une cordelette en cuir qui retenait une chevalière. Il dénoua le lien et envoya l'objet vers Katalina.

- "La voilà ta preuve, si tu ne me crois pas."

Les armoiries des Noblegriffons... Et le nom de l'hybride.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Lun 8 Fév 2010 - 4:19

Des mensonges plus crédibles… Certes, il avait raison. Les meilleurs mensonges étaient les plus simples, ceux que l’esprit arrivait à concevoir sans peine et qui s’imposaient d’eux-mêmes. Mais il y avait aussi les plus énormes, qui paraissaient tellement impossibles qu’on ne pouvait douter qu’ils étaient vraies. Katalina ne savait plus qui croire. D’un côté, l’histoire de Gabriel était assez convaincante pour la faire fortement douter, et de l’autre, elle n’arrivait pas à imaginer son père capable de tuer quelqu’un simplement pour garantir la pérennité des Noblegriffon.

« N’oublie jamais, Katalina, que ton père est capable de beaucoup pour sa lignée. Il en a déjà bien trop fait. »

Sa mère faisait-elle référence à Gabriel, quand elle lui avait glissé cet… avertissement ? Peut-être, peut-être pas, comment savoir ? Les idées se mélangeaient, le vrai était faux et le faux était vrai pour une jeune humaine déjà stressée par sa position peu enviable.

« Vous n’avez aucune idée de ce à quoi je peux penser. »

Qu’il se taise, qu’il la laisse partir, qu’il sorte de sa vie de la même façon qu’il y était entré : rapidement, bien trop rapidement. Si seulement elle n’avait pas été aussi faible, aussi fragile… Si seulement elle avait pu faire quelque chose, n’importe quoi, pour se sortir de l’impasse dans laquelle on l’avait fourrée. Mais elle ne pouvait pas. Dans un monde de guerre et de mystère, d’épée et de sortilège, elle était totalement démunie. L’hybride aurait pu lui tendre une dague qu’elle n’aurait pas su par quel bout l’utiliser. Sa dernière et unique tentative avec une telle arme s’était soldée par un monumentale échec et la punition avait été douloureuse : « Nhil » l’avait presque assommée d’un coup de coude bien placé.

Son père était-il réellement capable de tuer son propre frère - ou demi-frère, mais cela revenait au même aux yeux de Katalina - pour préserver son héritage ? L’homme qui l’avait élevée, qui avait jeté les bases de ce qu’elle était devenue, n’était-il donc rien d’autre qu’un monstre d’ambition sans émotion ? Elle le connaissait, quoi que pouvait en dire son ravisseur, elle savait très bien quels étaient ses défauts et ne s’était jamais fait d’illusion. Elle savait qu’il l’aimait, mais elle savait aussi que rien ne remplacerait jamais dans son cœur les quelques lettres qui formaient son héritage. Noblegriffon. Il avait pleuré sa mère, et surement sa fille quand il l’avait cru morte, mais jamais il ne les pleurerait autant que son nom si celui-ci venait à disparaître.

« Vous… »

Elle ne termina pas. Elle s’était promis de ne rien croire, mais elle devait avouer qu’il était déjà trop tard. C’était possible. Sa mère le lui avait dit, elle ne l’avait pas écoutée. Son père le lui avait montré toute sa vie, elle n’avait pas voulu regarder. Et désormais, Gabriel ne lui laissait plus le choix. Il la mettait face à cette réalité qui dérangeait, et la forçait à la contempler. Mais il restait encore une solution pour que tout s’arrête sans plus de conséquences. Il lui suffisait de le convaincre que son entreprise était vaine, qu’il n’y avait rien à attendre de la vengeance qui le rongeait surement de l’intérieur depuis plus de vingt-cinq ans. Mais il parla de sa mère, et elle se mordit les lèvres alors qu’elle repensait à celle qui l’avait mis au monde…

« Elle ne s’est jamais vraiment remise de ma naissance. »

… et qui en était morte. Katalina vivait avec cette vérité depuis qu’elle était née, celle d’avoir entamé la lente déchéance de sa mère. C’était le remord d’une enfant, et l’adulte avait beau savoir qu’elle n’y était pour rien, il était toujours là. Elle préférait juste ne pas y penser. Elle revint rapidement sur un problème plus d’actualité, et tenta de persuader Gabriel de la laisser s’en aller. Peine perdue, elle obtint juste de le remettre sur ses gardes, et pire encore, de déclencher sa fureur. Tel un fou furieux il se releva brusquement et fondit sur elle. Terrifiée, Katalina laissa échapper un cri, levant les bras pour se protéger. La punition fut immédiate, la poigne écrasante du sang-mêlé se referma sur son poignet et il serra en même temps que cingla sa voix. « Ferme-la ! », juste ça, mais cette exclamation lui scella les lèvres plus efficacement que n’importe quel autre traitement. Il l’écouta la menacer, lui rappeler leur rôle et la facilité avec laquelle il pourrait mettre fin à sa vie. Elle déglutit péniblement et hocha vigoureusement la tête, et soupira avec un gémissement plaintif quand il la lâcha. Se massant l’avant bras douloureux, elle garda le regard rivé vers le sol.

Ne pas pleurer, attendre d’être dans ses bras. Ne pas pleurer, attendre d’être dans ses bras…

Ce fut plus difficile quand il lui expliqua enfin pourquoi elle était là. Il allait l’utiliser pour atteindre plus facilement Noah ! Il allait se servir de sa nièce pour s’en prendre à son frère. Non, elle ne voulait pas. Il ne lui laissa pas le temps de répondre et lui lança un objet… une chevalière, pour être précis. Elle n’eut même pas besoin de la regarder pour savoir ce qu’elle abordait. Quelque part dans sa chambre, il y avait la même. La seule chose qui changeait était l’inscription. « Katalina » à la place de « Garbiel ». Elle retint avec peine le sanglot qui lui montait. Rien n’était jamais simple.

« Vous feriez mieux de laisser votre… nièce en paix et de régler vos histoires avec votre… frère seul comme un grand. »

Elle avait buté sur les mots, car c’était reconnaître qu’il avait raison. Mais la preuve était là, entre ses doigts.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Mer 10 Fév 2010 - 2:45

Il haussa un sourcil narquois alors qu'elle rétorquait qu'il ne pouvait pas savoir ce qui traversait son esprit en ce moment même. Ah oui? Vraiment? Allons, il semait le doute dans sa jolie petite tête et elle était surement en train d'analyser toutes les discussions qu'elle avait eu avec son père, tout ce que les gens en avaient dit, son comportement durant tout le temps qu'elle l'avait connu. Bien sûr que si, il savait exactement à quoi elle pensait! Il pouvait presque voir les rouages de son esprit s'agiter frénétiquement. D'ailleurs, sa réponse avait manqué de vigueur.

- "Tu te trompes, je sais exactement ce qui s'agite dans ta jolie petite tête."

Elle commençait à le croire. Elle ne parlait pas, se contentant de l'écouter alors que ses souvenirs se mettaient en branle, de même qu'elle revoyait sa vie sous un ange nouveau. Qu'elle voyait sa père d'un point de vue plus objectif, dépouillé de l'amour filial. Ses illusions étaient balayées violemment par un ouragan de vengeance et, quelque part, il regrettait d'enterrer ainsi les lambeaux de son enfance. Car c'était bien l'enfance de Katalina qu'il souillait ainsi en lui révélant l'horrible vérité sur un père manipulateur et sans scrupules... Qu'il ai aimé sa femme et sa fille, Gabriel n'en doutait pas. Mais si l'une ou l'autre avait mis en péril son nom... Il n'aurait surement pas hésité à corriger le tir. De façon drastique. Et expéditive.

Un voile de regrets passa dans le regard froid de l'hybride alors que Katalina lui apprenait que c'était sa naissance qui avait tué sa mère... Qui était décédée quand la jeune femme avait 16 ans tout de même. Elle avait mis le temps si cela était la faute de sa fille.

- "Elle était pourtant si heureuse de t'avoir et si fière de montrer quelle merveille elle avait mise au monde..."

Il se rappelait sans peine le doux sourire qui l'avait acceuilli quand il était venu voir sa nièce, en cachette. Elle avait semblé épuisée et fragilisée, mais sereine et ravie de pouvoir montrer son trésor à cet adolescent curieux et dégingandé. Qu'est-ce qui avait changé? Son roganisme avait-il réellement souffert de la naissance? S'était-elle alors étiolée jusqu'à mourir? Peut-être... Gabriel n'était pas très au fait de ces choses là.

Alors, la jeune captive rompit ce petit moment nostalgique de façon maladroite. Si le pirate s'était laissé amadouer par les souvenirs et s'était montré bien plus humain et capable de douceur, le fauve se réveilla aussitôt et bondit sur sa pauvre proie, la faisant de nouveau trombler de peur devant son imprévisibilité.

La pauvre était au bord des larmes. il lui enf aisait voir de toutes les couleurs et il devait admettre qu'elle était courageuse. Sa mère serait fière d'elle, il en était certain. Son père également, même s'il rechignait à penser ainsi à son demi frère.

- "J'y ai pensé ma douce. Me croirais-tu si je te disais que je regrette de te mêler à cela? Pourtant, il fallait que tu saches. J'ai vécu dans l'ombre trop longtemps, j'ai le droit d'exister, sans que quiconque n'en décide autrement. Ton père a voulu racheter la faute de son père... Et pourtant... Si tu savais de quoi ton père est fautif... Si tu savais les péchés qui souillent son âme... Il t'aime sans doute énormément, comme il a aimé ta mère. Mais ne te fais pas d'illusions : il aime le pouvoir et son prestige davantage encore. Décois le, souille son nom, deviens une menace, et tu ne seras plus rien d'autre qu'un pion à abattre."

Il se rapprocha à nouveau d'elle, sans brusquerie, s'accroupit à sa hauteur et saisit délicatement le poignet qu'il avait durement malmené une minute plus tôt. Ses longs doigs fins le caressèrent, comme pour effacer sa violence et son regard plongea dans celui de Katalina.

- "Je ne peux pas te laisser partir avant que cette affaire ne soit réglée. Je ne peux me permettre de te laisser le prévenir que je suis vivant et de le mettre sur ses gardes. Cela fait 26 ans que j'attends ce moment, tu ne m'en priveras pas."
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Mer 10 Fév 2010 - 12:06

Katalina en était réduite à fermer les yeux et à hocher frénétiquement la tête, comme une gosse que l’on punit pour avoir fait une bêtise trop grosse. La poigne de Gabriel sur son poignet lui faisait mal, et elle ne voulait plus qu’une seule chose : qu’il la lâche. Elle avait l’impression d’être plongée dans un cauchemar déjà mille fois vécu, et d’en découvrir la millième variante. C’était le gros inconvénient des cauchemars, ils ne se contentaient pas de troubler une pauvre âme le temps d’une nuit, non… Ils revenaient, encore et toujours, toujours plus sombres, toujours plus menaçant, contrairement aux rêves qui s’invitaient souvent quand on ne s’y attendait pas et qui ne laissaient qu’une ombre fugace aux réveils. Le cas de l’ancienne négociante, devenue tour à tour otage des drows, exilée chez les elfes, compagnes du Gardien et désormais prisonnière de sa propre famille, était plus sournois encore car c’était bien ses phases d’éveil qui se teintaient d’onirismes malsains. Ses menaces résonnaient dans l’air, lourdes de sens, terribles et surtout, surtout, incroyablement crédible. Il n’était pas « Nhil », qui n’avait vu en elle qu’un moyen de parvenir à ses fins… Lui était guidé par ses sentiments, par une vengeance qui le rongeait depuis la naissance de sa victime.

Elle se recroquevilla quand il la lâcha, autant pour serrer son poignet meurtri contre elle que pour se protéger du venin qu’il distillait rien qu’en parlant. Gabriel ne lui demandait rien de moins que de trahir son père. Plaçant sa vengeance comme unique justification de ses actes, comme si avoir souffert l’autorisait à des retours de bâtons aveugles sur ceux qui n’étaient pour rien dans son malheur, il comptait se servir d’elle pour atteindre son demi-frère et… Katalina n’était pas idiote, elle savait très bien ce que pouvait projeter son « oncle ». Quoi qu’ait pu faire son père, elle ne souhaitait pas devenir complice malgré elle de son meurtre, et les réactions violentes et disproportionnées de l’hybride ne laissaient pas de place au doute.

Et comme cela ne semblait pas lui suffire, comme si l’enlever, la priver de la lumière du soleil n’était pas déjà assez cruel, il décida de porter un dernier coup, fatal, à la jeune femme. Depuis le début, il ne lui avait pas laissé le choix, allant jusqu’à la droguer pour être certain qu’elle ne ferait aucune histoire, et il semblait bien parti pour continuer sur sa lancé. Les doigts tremblants de la jeune femme serraient une petite pièce de métal, un lourd anneau qu’elle ne connaissait que trop bien, une chevalière qui ne pouvait en aucun cas mentir. Sa chevalière, la même forme, les mêmes dessins, le même blason. Ca aurait du être sa chevalière, mais ça ne l’était pas. « Gabriel ». Ces quelques lettres accusaient son père, et elle n’avait plus rien à répliquer. Ca aurait pu être une contrefaçon, bien entendu, mais il aurait déjà fallu qu’un hypothétique orfèvre véreux mette la main sur un original, et c’était déjà impossible. Et il était difficile d’imiter les marques des années avec autant de précision que les années elles-mêmes. Non, elle avait à faire un original, elle le savait, et cela la détruisait, d’une certaine façon.

Qui était son père ? De quoi était-il capable ? Jusqu’où pouvait-il aller pour la noblesse de son nom ? S’il avait essayé de tuer son frère, qu’est-ce qui l’empêchait de tenter encore ? Elle n’avait jamais décelé la moindre once de remord dans son regard, était-ce un secret qu’il avait caché par honte ? Une erreur fatale, commise sous l’impulsion de la peur, de l’alcool, d’elle ne savait encore ? Où était-ce un acte réfléchis, dont l’exécution avait été aidée par le doux réconfort d’une quelconque liqueur ? Bien entendu, il pouvait très bien avoir tout inventé, du moins la façon dont les ponts avec la famille Noblegriffon avait été coupés. Il aurait pu…

« Il en a déjà bien trop fait. »

Cette simple phrase, hantise surgie du fin fond de sa mémoire, la poussait à le croire. D’une voix légèrement brisée, elle lui demanda implicitement pourquoi il faisait tout cela. Pourquoi la mêler à cette vengeance personnelle ? La réponse lui arracha un rire entrecoupé de sanglots, amer et blasé. Elle le laissa finir, puis releva son regard vers lui. Ses yeux bleu-gris, rougis, le fixèrent froidement en silence. Ainsi, il regrettait. Surement pas autant que Katalina, surement pas. Il s’approcha de nouveau, et elle ne flancha pas. La colère la maintenait droite, la fatigue l’empêchait d’exprimer ses véritables émotions… Si bien qu’elle ne réagit même pas quand il se saisit de nouveau de son poignet. Elle sentit à peine la caresse immonde qu’il lui prodigua, trop pleine d’hypocrisie pour une jeune femme qui contemplait une nouvelle fois l’égoïsme des hommes. Finalement, elle retira sèchement sa main.

« Vous n’avez même pas le courage d’assumer vos actes. »

La voix était froide, polaire même, mais elle n’était pas pour autant assurée. Elle avait envie de pleurer, mais gardait son visage inexpressif. Elle avait envie de hurler mais gardait un ton aussi détaché que possible. Pour autant, cela lui demandait bien des efforts, et son contrôle sur elle-même s’était assez émoussé pour laisser entr’apercevoir le vrai sous le masque.

« Vous vouliez me parler pour une seule, une unique raison… Parce que vous voulez détruire mon père, par tous les moyens possibles. Ce n’est pas pour moi que vous me racontez votre histoire, juste pour vous. Vous en avez besoin… »

Sa gorge se serra. D’un seul coup, toute l’attitude de Gabriel devenait évidente… terriblement évidente. Elle le comprenait, ou croyait en tout cas le comprendre, et elle n’aimait pas ce qu’elle voyait. Peut-être parce qu’elle comprenait, d’une certaine façon, sans pour autant pardonner. Ca jamais.

« Vous voulez qu’il ne lui reste plus rien… qu’il se sente aussi seul que vous quand… »

Elle ne termina pas sa phrase. Gabriel devait avoir compris, car si elle le croyait sur parole, il y pensait depuis plus de vingt cinq ans.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]   Mer 10 Fév 2010 - 14:51

Étrangement, alors qu'elle se dérobait à sa caresse et lui rétorquait sèchement qu'il n'était en fat qu'un lâche, il ne se mit pas en colère comme quelques minutes plus tôt. Peut-être que ses digues se rompaient sous la violence des sentiments exacerbés par sa nièce... Lui qui était toujours si indéchiffrable et égal à lui-même, voilà qu'il se trouvait... ébranlé. Ebranlé par ce bout de femme qui résistait vaillamment et qui méritait de retourner à une vie heureuse. pour la première fois depuis des années, naissaient en lui des... scrupules. il avait échafaudé sa vengeance sans penser à la composante humaine. Katalina n'était qu'un pion. Du moins, aurait-il aimé continuer à la considérer ainsi.

Et elle lui assenait des vérités qui faisaient mal à entendre. Mais contrairement à elle, il ne se braqua pas. Elle avait raison, il avait besoin de se confier à quelqu'un, d'exister au moins auprès d'une personne. il avait aussi besoin qu'elle le comprenne, quelque part. Il n'espérait pas son pardon. Pas alors qu'il l'avait enlevée et malmenée et qu'il allait tuer son père. Juste de la compréhension.

- "J'ai besoin que tu comprennes Katalina. Que tu comprennes pourquoi ton monde va, encore une fois, être bousculé."


Son regard se voilà alors qu'elle en arrivait à sa conclusion. Il semblait plus chaleureux, plus compréhensif... Sincère. De nouveau, il prota une main vers la jeune femme, se saisissant d'une de ses mèches de cheveux soyeuses qu'il tint entre ses doigts, avant de la lâcher.

- "C'est à peu près ça. Sauf que pour lui faire du mal, il y aurait un moyen bien plus douloureux encore que de s'en prendre à lui. Je pourrais m'en prendre à son unique héritière, sa fille chérie en qui il a fondé tous ses espoirs. Alors, nous serions quittes. Alors, il connaitrait la douleur, l'abandon..."

Son visage se rembrunit alors qu'il continuait :

- "Mais je ne le ferais pas. Tu ne mérites pas d'être ainsi sacrifiée... Et je dois bien ça à ta mère."


Même si elle n'était plus là pour le voir. Mais relâcher Katalina était hors de question.

- "Tu viendras avec moi. Et tu seras libre comme l'air ensuite, je te le promets. Sauf si tu me trahis ou me fais un coup tordu. Là, évidemment, je n'aurais aucune pitié."

De la pitié, il en avait déjà. Mais connaissant ses fureurs, il savait qu'il ne suffirait de pas grand chose pour qu'il s'énerve et la tue... Surtout si elle le mettait en danger. Il ne comptait pas mourir dans cette entreprise, même si l'on pouvait penser qu'il était suicidaire à enlever la copine d'un Gardien.

- "Je ne te demande pas de m'aimer ou de me pardonner. Je te demande juste de ne pas me haïr totalement. De ne pas me juger. Tu ne sais pas ce par quoi je suis passé, ce que j'ai vécu. Comme je ne peux deviner tout à fait ce que toi, tu as vécu."
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Le parfum de la vengeance est si doux [Syria, Kata]
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