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 Les festivités

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MessageSujet: Les festivités   Dim 21 Fév 2010 - 12:30

Les rues de Diantra résonnent de chants, de rires et de musique. Diverses activités se proposent à vous, si vous ne souhaitez pas rester autour de la lice tout le temps. Quelques forains ont ouvert leurs stands à l'entrée de la ville, chamboule tout et pêche aux bouchons de couleurs font la joie des petits et des grands enfants. Un concours de tir à l'arc est organisé en parallèle du Grand Tournoi. La récompense est de 10 Souverains. Prêt à montrer votre habileté?

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
Site de l'artiste: http://www.3mmi.org/v9/
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Mar 23 Fév 2010 - 17:42

    Une pluie d’étincelle illumina la scène improvisée au milieu d’un cercle de badauds creusé dans la foule mouvementée qui avait envahit Diantra à l’occasion du Grand Tournois organisé par le Roi. Les spectateurs éblouis manifestaient leur ébahissement à grands renforts de « Oooh » et de « Aaaah » alors que le voile lumineux s’estompait peu à peu, révélant un Dandelo plié en deux pour son salut. Applaudissements et sifflets accueillirent le jeune homme bigarré qui faisait passé une corbeille pour recueillir les bravos du publique sous leur forme la plus parlante : des pièces. Et l’osier s’emplissait d’oseille, menaçant de déborder alors que certains bourgeois poussait jusqu’au souverain hors de leurs bourses peuplées. Tout était parfais pour l’artiste qui se retournait à présent pour …

    SBAM !

    « Aïeuh ! »

    La foule en délire avait disparue leurs généreuses poignées d’écus avec. Dandelo se massa la tête, là où la douleur était la plus forte, et tâcha d’analyser la situation. Il était au sol, dans une pièce à la pénombre troublée par quelques rayons lumineux qui échappaient au filtre des persiennes. Au dessus se balançait un filet auquel ses affaires étaient restées accrochées. Une odeur de sciure flottait dans l’air. Tout lui revînt enfin. Après une rixe légère dans une auberge, le jeune homme s’était réfugié dans cette menuiserie pour la nuit, le filet avait parut être tout indiqué en guise de lit.
    Un sourire naquit sur son visage lorsque son regard glissa sur les formes fines de Lucie qui s’éveillait à son tour. La fée se redressa et s’étira copieusement puis elle battit doucement des ailes pour les dégourdir. C’était là un spectacle charmant que le jeune homme ne se lassait pas d’observer. Le petit être se tourna vers lui et lui adressa à sourire fatigué à faire rougir un Sombre avant de laisser un bâillement lui échapper.
    Dandelo attrapa manteau et masque et se vêtit de leurs couleurs d’arc-en-ciel. Il releva le postiche d’argile sur son crâne et sortit de la bâtisse poussiéreuse dans laquelle il avait passé la nuit, suivi de près par sa fée. Le soleil les éblouit tous deux en guise d’accueil et le couple saugrenu se mêla à la foule. L’agitation de la ville était semblable à celle d’une fourmilière que l’on asticote avec le bout d’un bâton et Dandelo s’en voulut ne s’être pas levé plus tôt. Tous les emplacements stratégiques étaient occupés, il ne lui restait plus la moindre place pour faire son numéro.
    Après avoir fait le tour des grands axes marchands de la ville où s’entassait la populace, il fut contraint de se faire à l’idée qu’aucune place libre ne subsistait. Il s’adossa à un mur, entre des caisses et un haut tonneau, pour réfléchir à ce qu’il pourrait faire pour rattraper le coup. Des vapeurs agréablement envoûtante parvinrent à ses narines et il réalisa que le mur contre lequel il était appuyé appartenait à l’un de ses fumoirs où les bourgeois venaient crapoter leurs drogues. L’un d’eux qui se tenait en terrasse, lâcha une longue bouffée de fumée qui se mêla au voile épais et acre qui flottait dans et devant l’établissement. Il fit un signe de tête au coloré et lui adressa la parole en ces termes :

    « Et bien huron, quel lacrimable menestrel vous faiste ! Vous possédez l’habit mais qu’en est-il du reste de votre panoplie ?
    - Hélas, répondit le jeune homme sans employer le patois du riche homme, je suis là un saltimbanque sans scène ni mécène, gentilhomme.
    - Prends-donc ces caisses comme estrade, répliqua l’autre en abandonnant son jargon, et j’assurerais ton pécule de moult jaunets. Conte-nous une histoire de tes créations. »

    Dandelo réfléchit une brève seconde avant de finalement demander :

    « Le gentilhomme entend-t-il mieux la fable ou préfère-t-il la geste ?
    - Ce que tu voudras, bouffon, mais mainemain ! »

    L’artiste salua et abaissa son masque, dissimulant son visage sous l’argile coloré. Une geste plairait au plus grand nombre des passants et attirerait certainement un public. Il sauta donc sur la planche improvisée et envoya voleter un jet d’étincelle au dessus de la foule tandis qu’il se mouvait lui-même en un tourbillon bigarré. De nombreuse tête se tournèrent pour tomber sur cet arc-en-ciel masqué qui entama d’une voix forte la phrase fatidique :

    « Il était une fois… »

    Les vapeurs verdâtre qui s’échappaient du fumoir s’animèrent aussitôt et vinrent s’agglutiner près du jeune homme. Un château se modela et le prince qui en sortait charma le public. La fumée ondulait, rythmée par les paroles presque criées de Dandelo qui captivait son auditoire. Les aventures du prince fumigène s’enchaînèrent, attirant de nouveaux spectateurs à chaque péripétie. Le héros volatile affrontait ronciers et dragons, illustrant devant tous, les dires du conteur. Ce dernier quitta les caisses qu’il avait gravit et le tonneau voisin devînt un donjon où une mignonne princesse -interprétée par la plus jolie des fées – restait incarcérée. Les figures vaporeuse entamèrent le combat final au cours duquel le bon prince pourfendait le perfide drow qui tenait la belle en cage. Cela fait, la fumée couronnée délivra la princesse qui récompensa son héros d’un baiser. Au moment où ses lèvres minuscules rencontrèrent la vapeur, cette dernière se dispersa en tourbillonnant tandis qu’un nouveau rideau d’étincelle lancé par Dandelo faisait de la scène improvisée sa conquête, voletant comme des confettis enflammés.
    Le jeune homme accueillit les compliments d’une révérence et récupéra les pièces promises pour sa prestation. Il fourra son salaire dans une des poches de son manteau avant de finalement s’éclipser pour profiter des joies installées dans la cité pour l’évènement. Son masque relevé sur le devant de son crâne, le jeune homme évoluait habilement dans la foule, caressant les belles femmes du regard et prêtant son palais aux curiosités culinaires qui se vendaient aux échoppes. Il acheva sa gourmandise par une brochette de bœuf épicé d’origine méridionnale et garda la baquette de bois entre les dents. Comme Lucie paraissait tout à fait lymphatique, il poussa la taquinerie pour vérifier qu’elle ne boudait pas après les évènements de la veille :

    « Lucie ? Tu ne veux pas manger ? Oh mais je vois, tu dévore ces type du regard… »

    Il acheva sa phrase par un clin d’œil tout en désignant un groupe gardes que l’uniforme ne mettait pas tous en valeur. Pour toute réponse, le petit être lui jeta un regard furibond. Brusquement les jambes de l’homme bigarré s’emmêlèrent, répondant au pouvoir magique du petit être ailé. Et Dandelo trébucha sur lui-même, plongeant en avant, bras tendus, dans l’espoir de pouvoir se retenir à quelque chose et d’éviter la chute…


[ :huhu: ]
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Mar 23 Fév 2010 - 21:27

    Un cri, retentissant, provenant des dizaines de voix à l'unisson qui exprimaient leur surprise, suivit la chute du saltimbanque, qui choit alors sur la seule proie assez volontaire - ou non - pour amortir l'élégante cascade ... Alors que l'inconnu relèvera son regard vers le sien, il aura tout le loisir de faire face à ces deux perles myosotis qui le fixent, la lueur de la malice dansant dans les tréfonds de la pupille. Une mèche rousse vient balayer les yeux qui un instant s'effacent sous les paupières, alors qu'un rire nonchalant perce le couvert de l'atmosphère tendue, interrogatrice, et surtout avide de voir comment va se passer la suite. Ainsi Dandelo rencontra t-il Kassandra, et vice versa.

    Tout bas, presque sur le ton de la confidence, elle chuchote, malicieuse jusqu'au bout des ongles.

    « Tiens donc, bonjour ... »

    Mais retour dans le passé, pour comprendre d'où venait donc cette pirate qui avait abandonné les flots pour les complots.

    ~~~

    La chaleur était douce et agréable, le soleil caressant la peau hâlée de la jeune femme qui se promenait, sa chevelure aux boucles indisciplinées et tout aussi décorées détonnant parmi ce flot de passants aux toilettes propres, bien soignées ou hors de prix. Elle, se contentant de ses bottes aux talons qui martyrisaient le pavé sans aucune pitié, sa jupe si courte que certains se retournaient de manière discrète, du moins le croyaient-ils, pour jeter un coup d'oeil appréciateur au bronzage de la demoiselle - bronzage réprimandé, car la blancheur était si chérie dans ce monde hypocrite -, et son corset écarlate enjolivant les formes féminines, faisait peut-être pâle figure : elle n'avait pas de tissu chatoyant de colibri, pas de plumes, de fourreaux magnifiquement travaillés, de chemises cousues d'or, d'argent et de robes ornées de pierreries qui auraient pu nourrir tous les mendiants d'Erac. Mais elle était remarquée et remarquable, sa provocante allure tâchant le paysage faste et somptueux.

    Elle avait quitté sa chambre d'auberge qu'elle avait hâtivement prise il y avait quelques jours, juste après son débarquement sur la terre de Diantra. Le manteau hivernal qu'elle avait connu avait de nouveau quitté le sol pour laisser place à un Printemps frais et naissant comme un bambin. Kassandra n'était cependant pas ici pour partager la joie et le bonheur des habitants qui retrouvaient le soleil chaleureux ; mais la perspective et les murmures d'un Tournoi reconnu aux quatre coins du continent avait retenu son attention plus que de raison ; et c'était empreinte de son habituelle curiosité que l'ancienne mousse devenue étrangère et vagabonde voguait sur les mers sans remous des rues endiablées de Diantra. L'animation suintait de toute part, et les jongleurs vêtus d'habits chatoyants côtoyaient les cracheurs de feu aux muscles saillants et à la peau tannée, quelques enfants jouaient de ci de là, et de nombreux passants observaient les spectacles improvisés, propagandes provenant de chaque région de Miradelphia pour séduire un peu plus un public conquis.

    La rouquine observait ce manège, dubitative. Meca était absente ici, et elle n'était guère intéressée de savoir si les petits chanteurs de Langehack avaient une voix plus digne de son écoute que l'admirable joueur de luth venant des provinces du sud. En fait, elle s'en fichait. Elle cherchait simplement un coin pour fumer, tranquillement. Toute cette agitation lui donnait le vertige ; non, ca n'était même pas ça, c'était plutôt le tourbillon de pensées incessantes et violentes qui rendait ses réflexions si saccadées et intenables. Un peu de "tabac" fait maison la détendrait.

    Avisant d'un coup d'oeil que le flot de passants s'était un peu tari vers une rue plus large mais plus calme où seul le filet d'une voix masculine résonnait dans des intonations théâtrales et comiques, la rouquine extirpa de sa fameuse petite boîte ouvragée un rouleau de sa composition, l'allumant puis inspirant la première bouffée d'une longue série, recrachant un nuage de papillons fumants et volatils. Les premières taffes, rapides et sèches, happées avec précipitation, anesthésièrent timidement la naissance de la boule d'angoisse dans son ventre. Oublié Noah, oublié Serramire, plus rien n'avait d'importance que ce timbre suave qui résonnait au loin ... Qui était-ce ?

    Ses pieds se mirent en marche d'eux-même, et la flamboyante jeune femme reprit sa marche, assurée - avec le temps, elle s'était accoutumée à la drogue et ne tanguait pas comme les débutants en la "matière" -, laissant son imaginaire vaquer à ses occupations rendues fertiles. La fumée sucrée l'enivrait, et elle n'avait que faire de ne pas savoir où elle allait, de peut-être se perdre, ou de tomber sur une bande de troubadours idiots et dangereux. Elle se moquait éperdument de tout.

    Par chance pour elle, son hasard la mena droit à la source du vacarme sonore : ses yeux détaillèrent l'endroit rapidement après un léger temps de retard. Jeunes demoiselles gloussaient, vieillards bourgeois et compagnes aux griffes protectrices posées sur leurs maris, enfants, une petite troupe à la fois homogène avait rejoint une partie de ces nobles, qui, là-haut, sur leur terrasse d'or, se pavanaient en dominant physiquement le spectacle qu'ils avaient quémandé. Et l'artiste semblait doué : il avait captivé l'attention de la foule. Son assistante était une fée, et Kassandra en haussa les sourcils d'amusement. Perplexe devant l'existence et la capacité à fréquenter les humains de ces petites "choses", la jeune femme finit par reporter son attention sur les "tours" de l'homme.

    Il enchaînait les histoires, trouvant des trésors d'ingéniosité et liant le son à l'image en créant de toute pièce des acteurs de fumée et des illusions avec lesquelles la fée se prêtait au jeu décadent de petite scénettes. Il était habile, à n'en pas douter. Et plus d'une lorgnait le saltimbanque davantage que la fée, allez savoir pourquoi. Le physique exotique ? L'aisance naturelle ? Le charme ? Ou la maladresse de cette chute soudaine qui ... Oh, nous revoilà donc là où nous nous étions arrêtés.

    ~~~

    Kassandra achève son hilarité, avant de repousser avec une douceur polie, une main sur le torse, le conteur d'histoires nébuleuses pour l'aider à se redresser et l'époussète au passage, l'air de rien, avec ce petit sourire malin qui trahit sa pensée goguenarde. A la cantonade, elle esquisse dans l'air ambiant un geste rassurant à la foule qui guette et attend.

    « Ne vous inquiétez pas Messieurs Dames ! Il est sain et sauf, par chance ... Et moi aussi, d'ailleurs. »

    Quelques rires fusèrent, d'aucuns souriant devant la fraîcheur de nos deux comparses improvisés. D'autres songeaient peut-être à une mise en scène bien ficelée, mais sûrement aucun d'entre eux ne remarquait la petite fée qui s'agitait, ou fulminait sans aucun doute de voir son compagnon retenu par la délicatesse d'une créature plus que délicieuse d'apparence.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Sam 27 Fév 2010 - 20:46


    Dandelo tomba des nues devant la beauté qui l’avait empêché de manger un pavé. Il se laissa à sourire en contemplant le visage d’abord, et les vêtements pour le moins aéré ensuite. « Tomber des nues » l’expression prenait tout son sens. Le jeune homme, redressé, ôta finalement ses mains du premier relief qu’il avait pu atteindre – accidentellement cela va de soi - sur sa sauveuse, sa poitrine. Il ne la quitta des yeux qu’une fois pour lancer un bref regard à Lucie qui était d’autant plus furieuse qu’elle l’avait elle-même poussé dans les bras de cette inconnue à l’allure peu farouche. Il revînt ensuite à la jeune femme en question, plongeant son regard dans l’améthyste de ses yeux dans lequel se reflétaient ses iris azurées. Il y eut un bref instant d’immobilité avant qu’il ne brise finalement le silence.

    « Ma Dame
    , lança-t-il exagérément en faisant la référence avec son masque comme d’autres la faisait avec le chapeau, vous avez sauvé, sinon ma vie, l’émail de mes dents. Il semble que je sois votre débiteur. »

    Il se redressa finalement, avec une moue ironique. La pique de bois dépassait toujours de sa bouche, mais il faillit la faire tomber lorsque le visage de la jeune femme vira au vert, puis au bleu avant de se parer de pustules gras qui envahirent rapidement tout son visage. Un résidu de bave jaunâtre se dessina sur la commissure de ses lèvres tandis qu’un filet de bave débordait de sa bouche. Une mèche de cheveux sales et emmêlés cacha un instant son visage. Une main ridée la replaça derrière son oreille décollée, révélant un nez nouvellement crochu et des joues pendante dégoulinant sur un double menton.
    Devant une telle vision d’horreur, Dandelo eut du mal à se contrôler mais il finit par fermer les yeux et souffler d’une voix rendue sèche par sa stupéfaction :

    « Lucie arrête ! »


    La fée croisa les bras et détourna la tête, haussant le menton alors que le clown relevait ses paupières pour revoir à nouveau le plaisant visage encadrés de boucle acajou. La femme n’avait pas réagit, comme si l’illusion qu’avait provoquée Lucie et la réaction de Dandelo n’avait jamais eu lieu. Le jeune homme la détailla plus largement. Il contemplait les formes qui se dessinaient sous ces habits frivoles et que l’on devinait facilement le reste du temps. Son regard pénétrant disséquait chaque parcelle de peau et déshabillait la fille du regard. Sans se départir de sa moue rieuse, il fixa finalement son visage et devina qu’elle venait de se livrer à un examen semblable en rencontrant son regard. Ses lèvres charnues arboraient un sourire moqueur, provocateur, tentateur.
    Il ferma les yeux, sentant son sourire s’accentuer encore, puis, approchant le bras de la taille de la jeune femme, il l’invita à marcher avec lui. Comme il l’avait espéré, elle ne se fit pas prier et l’accompagna parmi la foule.

    De nombreux gens du spectacle faisaient leur apparat, usant de leur talent pour émoustiller les attentions de la populace. Il y avait là des ménestrels, des dresseurs d’ours, des prestidigitateurs, des conteurs et marchands de curiosité. Tous attiraient publique, auditoire et clientèle pour le plus grand bonheur de l’économie du royaume. Pourtant, il n’y avait rien à y faire, peut importait leur capacité à captiver la foule, la plupart des têtes se tournait plus ou moins discrètement vers le couple tape-à-l’œil qui évoluait dans les rues, suivit de près par une fée au vol nerveux.
    On murmurait à une oreille, on chuchotait à un voisin. Il y eut quelques « C’est une honte ! » et d’autres critiques plus flatteuse. Mais un « Elle est bien bonne la gueuse ! » revigora le sourire de Dandelo. Le jeune homme se reprit alors à contempler sa voisine. Son accoutrement ressemblait à celui d’une catin mais tout dans son attitude appelait à un sang noble. Le mépris qui émanait d’elle laissait penser à une personne orgueilleuse, du genre qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Le clown se fit intérieurement remarquer qu’il ne savait pas dans quel affaire il allait s’embarquer avec celle là…
    *Tu t’en tape elle est canon !
    - Et si cette séduction était une feinte ?
    - Une feinte ? Pourquoi ? T’es pas assez important pour qu’on veuille conspirer contre toi !
    - Tseuh !
    - Avoue, son exotisme ne te laisse pas indifférent…*

    Son dialogue avec sa conscience se clôtura sur un nouveau sourire – décidément – et le magicien invita la fille à s’assoir à une terrasse avec lui. Il capta le regard du tavernier qui ne savait comment prendre l’arrivée de ce type qui rassemblait sur lui plus de couleur qu’il n’en connaissait et cette femme à l’allure effrontée. Il se détourna finalement pour retourner à l’intérieur de l’établissement.
    L’homme arc-en-ciel se tourna à nouveau vers celle qui paraissait désignée pour devenir sa maîtresse du soir et lui souffla d’une voix à laquelle il injecta ses accents les plus veloutés :

    « Je brûle d’envie de te connaître, que peux-tu m’apprendre ? »

    Il la sentait bien comme ça : droit au but, tutoiement et tout le toutim. Celle là ne semblait pas être de celle qui se laisse facilement impressionner, mais plutôt le genre de femme que la courtoisie dégoûte. L’avenir nous dira si le flair fut bon.

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L'Illusionniste
Elfe
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MessageSujet: Re: Les festivités   Sam 27 Fév 2010 - 22:57

Une pluie de lumière inondait la cité d’une éclatante beauté. La Dame avait eu tôt fait de caché ses blessures indignes derrière le voile des joyeuseries. Et notre roi, notre bon roy, observait de son œil aveugle ses sujets reconstruire peu à peu leur vie.
Il faisait bon, une légère brise caressait paisiblement la joue usée du vieil homme. Un sourire mystique peignait son visage d’une couleur nouvelle, comme si, en cet instant, il fût heureux. Le temps semblait être suspendu aux lèvres d’un saltimbanque tout d’arc en ciel vêtu, mais le vieillard restait, comme d’ordinaire, invisible aux yeux des puissants. Tout se passait à merveille… Vraiment ?

Non bien sûr, la guerre civile avait arraché au Clair-obscur une de ses perles les plus sombres… Armand le Fou, artiste visionnaire, torturé par son art, avait périt une froide nuit d’hiver. L’Illusionniste n’avait découvert qu’un atelier vide, rongé par les flammes de l’ignominie. Triste nouvelle que cet homme qui avait préféré mourir plutôt que de laisser sombrer ce tableau qu’il nommait chef d’œuvre. Il était mort à coté de cette Tyra qu’il admirait tant, parmi les visions de peinture et les aplats de rêve obscur…
Dame Amaranth n’avait, évidemment pas apprécié la nouvelle. Et son chagrin se portait entièrement envers l’œuvre perdue… Mais bientôt la nouvelle d’un tournoi avait égayé ce qu’il restait de son cœur. Les ordres avaient été donnés, il fallût agir avec empressement, mais tout avait finalement été mis en place dans les délais. L’Illusionniste se sentait fier de la progression fulgurante de cette guilde, l’œuvre dont il consacrait tous les derniers vestiges de son âme.

Des lances solaires frappaient inlassablement sur les épaules de la foule mais celle-ci ne semblait pas s’en plaindre. Au contraire, elle s’élançait dans un tourbillon de réjouissances, de fêtes baroques, de couleurs, de bruits et d’étincelles d’émerveillement. Un tourbillon si puissant que toute la cité s’était laissé s’emporter, toutes joies dehors. Mot d’ordre : Se Divertir !

L’être sans âge avançait tranquillement, glissant entre ces vagues d’esprits gluants, telle une lame tranchant la chaire. Un conglomérat d’yeux était tourné vers un jeune homme. Debout sur une caisse il déblatérait avec verve et passion, les spectateurs, admiratifs, suspendus au moindre de ses gestes. Quelle douce mélodie que le bruit de tous ces cœurs battant à l’unisson d’un conte. La peur, la joie, les larmes et les rires… Tout y est possible.

L’Illusionniste se laissa à contempler le spectacle et se surprit à le trouver plutôt bon. Intéressant… le garçon aux milles couleurs était prometteur… Il veillerait à prévenir Monsieur Chance. Bientôt le garçon descendit de son piédestal et, alors que Papi s’éloignait déjà, une brusque chute teinta sa journée d’une saveur plus voluptueuse.

Deux carrefours plus tard, il aperçut une foule agglutinée. Décidément…

Deux ou trois êtres s’encanaillaient derrière des masques colorés. Il fût facile de reconnaitre Urgon, petit homme trapu, la face rouge et le nez long, qui criait auprès de son domestique. Le pauvre hère, Tharin de son nom répliquait bien au maitre qu’il n’avait aucun lien avec le vol de sa bague, mais le petit vieillard fulminant n’y voulait rien entendre. Les coups de bâton pleuvaient sous les « Oh » malheureux d’une foule compatissante. Dirman alors, éternel coquin, prétexta l’arrivée d’un représentant royale pour poudrer son maitre et le vêtir de manière ridicule. Vint alors le prêtre de Néera, grand dévot et adepte de la sobriété absolue. Devant le spectacle qu’il vit il ne put qu’afficher son mépris et annuler un contrat dont Urgon ne cessait de vanter son mérite. Simple… Mais la foule, peu lettrée s’était amusée de cette bouffonnerie habile, qui savait faire rire le peuple.
L’illusionniste remarqua la demoiselle Merci qui passait parmi les bourses. Ces dernières tachèrent bien de remplir le petit sac d’osier que serraient deux quenottes frêles. A la vue du vieillard, la gamine éclaboussa son minois immaculé d’un large sourire. Lui répondant d’un clin d’œil amusé, l’Illusionniste afficha ses mains vides, puis récupéra une piécette doré derrière l’oreille de la jeune fille qui se gloussa du tour et partit d’un pas léger, bondissant presque comme une petite fée.
Morgane avait le don de redonner le sourire au vieillard. D’un geste de la tête, il salua Gabriel, le chef de la troupe du Clair-obscur et continua sa route.

Le temps était à la fête mais d’autres projets attendaient le mendiant. Ses pas l’entrainaient vers des ruelles plus sordides…
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Dim 28 Fév 2010 - 14:02

    Son regard avait croisé celui de Dandelo au moment précis où lui-même retraçait le parcours de ses prunelles azurées. Elles avaient longuement cheminé sur son propre corps, alors qu'elle-même ne s'était aucunement gênée pour lui envoyer une réplique similaire, retenant notamment dans sa mémoire la peau douce marquée par un soleil intense, les yeux céruléens, et la musculature, fine mais élégante, le vêtement chatoyant et coloré, et la malice, imprimée sur son visage.

    « Sur ce, Messieurs Dames, amusez-vous bien ! Que Néera vous protège ! »

    Elle s'amusait bien, la petite mesquine, à implorer par ci par là des Dieux en qui elle n'avait aucune foi, et son timbre cynique qui jeta ces paroles à la foule noble le témoignait plutôt bien. Quelques passants s'écartèrent de leur chemin, tandis qu'une nuée d'applaudissements se composa, musique de leur départ de cette scène improvisée où peu à peu, chacun retournait à son occupation, Lucie papillonnant autour du "couple" à une distance respectueuse. Elle devait s'en vouloir d'être l'auteur de cette rencontre. Enfin, personne ne pouvait deviner ce que l'être pensant et intelligent avait dans la tête ; mais une chose était sûre.

    La fée brûlait de jalousie, cela sautait aux yeux. Le regard qu'elle jeta premièrement à son compagnon avant d'assassiner visuellement la rouquine confirma cette idée ; soit, ils allaient bien s'amuser ! Si Mademoiselle "Lucie" comptait les ennuyer pendant longtemps, ce ne serait pas plus perturbant qu'un petit grain de sable dans un sabot de serf ! Laissant le bras du saltimbanque se familiariser avec sa hanche droite, la jeune pirate lui accorda un sourire malicieux avant de se laisser entraîner à sa suite, gardant dans sa main le mégot aux fumées épicées qui recrachait des miettes d'effluves de ci de là derrière leur passage ... Remarqué, c'était le mot. Certains sifflaient la jeune femme, d'autres, plus conservateurs, pinçaient sévèrement la lèvre en considérant ce duo des plus détonants d'un oeil déploré. Décidément la jeunesse se perdait dans des déboires qui les ruineraient tous seuls ; et ils vivaient, indifférents et insolents, se moquant bien de qui leur accorderait leur bénédiction ou les répudierait. En fait, ni Kassandra ni le mystérieux artiste des rues et sa fée ne se préoccupaient vraiment de ce qui se chuchotait sous leurs pas.

    La rouquine tira une taffe, expulsant un nuage de saveurs au dépaysement assuré au nez d'un jeunot qui les fixait, la bouche bée et le regard vidé par la jalousie qu'il devait ressentir à l'égard du clown écarlate. Ou plutôt bleu, violet ... Multicolores, bariolé et empli d'une fraîcheur déroutante. Un amant intéressant, songeait l'esprit embrumé de l'ex-pirate, qui, un sourire tentateur suspendu à sa bouche carminée, s'assit sur la chaise, ou plutôt s'y laissa tomber nonchalamment, croisant une jambe sur l'autre, sa main venant rappeler à ses lèvres le goût du tabac de Meca avant qu'elle ne le transforme en petits ronds concentriques qui s'évaporaient dans l'air tiède ambiant.

    Ses paroles accentuèrent son sourire, éclairant son œil mauve d'une lueur intéressée. Lui, tout comme elle, semblait enclin à se prêter au jeu à la fois si connu et revisité, mais guère lassant de la séduction. Ca n'était pas la première fois que ce genre de situations s'imposait à la rouquine, mais il faut dire que de mémoire, elle avait rarement vu un homme avec un bagou pareil s'adresser à elle et lui insuffler ses mots avec une tonalité aussi ... Vibrante.

    Allait-elle se laisser charmer par un simple timbre masculin ? Hors de question. Il en fallait bien plus pour dompter la rouquine, et elle n'allait pas se laisser faire, bien au contraire, le saltimbanque allait l'apprendre de manière douce. A son désir d'apprendre, la diabolique lui fit signe d'approcher, à la manière de la pécheuse qui ne se confesse qu'à voix basse et dans le plus grand secret, pour approcher ses lèvres de l'oreille du mâle provocant, chuchotant, plus suave et insolente que jamais, la caresse d'une réponse pour le moins pleine de sous-entendus.

    « Tout dépend de tes lacunes ... »

    Ah, comme il pouvait être si plaisant de s'abandonner aux joies des frivolités du corps et des passions. En cela, Arcamenel était un dieu qui parfois intéressait l'avis et l'esprit de la jeune pirate. La flamboyante demoiselle n'aurait certes jamais fait carrière dans le religieux, mais après tout, il fallait reconnaître que comme entité divine, celui qui était tantôt le maître des amours aussi tendres que violentes et physiques avait la - maigre, mais tout de même - préférence de Kassandra.

    Avant de reculer définitivement sa bouche si proche de la joue de l'artiste, la rouquine paracheva, sous le regard au loin curieux et gêné du tavernier qui n'osait pas approcher les deux phénomènes pour demander leurs commandes.

    « Mais peut-être que tu devrais me donner ton nom, étranger ... J'aime à savoir qui sont mes élèves ; à moins que tu ne préfères le mystère de l'inconnu. »

    Pour sûr, elle n'aurait pas été étonnée qu'il veuille conserver le mysticisme de leur rencontre. La chance jouerait une grande part dans leur relation peut-être d'un jour, à moins qu'ils ne se recroisent d'ici quelques temps ? Kassandra ne prévoyait jamais rien, et laissait le temps décider à sa place. Jamais d'attaches, jamais de complications.
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Daphnée Astrann
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MessageSujet: Re: Les festivités   Lun 1 Mar 2010 - 14:58

En ce jour plus encore qu’en un autre, Daphnée se devait de se lever aux aurores. Et même alors que les nuages rougissaient doucement de pudeur devant l’astre majestueux qui s’élevait, la foule de Diantra s’activait depuis longtemps. Bien sûr, elle avait suivi les murmures excités, les pas pressés, les rires presque nerveux et la tension électrique de la nuit – elle n’avait pas pu fermer l’œil – mais elle était sagement restée dans son lit, elle-même trépignant d’impatience, dans une vaine tentative de sommeil.
Ce tournoi ameutait une foule considérable. Artistes, marchands, nobles parfois, qui se déplaçaient avec leur entourage… La jeune danseuse savait qu’elle devait à tout prix partir dès les premiers rayons du soleil pour trouver un espace où danser tranquillement. Et dès la toute première lueur, elle sauta hors de son lit, et enfila en vitesse une robe blanche brodée d’argent. Les volants de la jupe, au nombre de cinq et de mousseline précieuse, formaient une corolle mouvante et les fines broderies couleur de lune rappelaient les veinures arachnéennes de pétales. Le corset, rattaché dans le dos par des liens de soie argentée, était lui-même orné de motifs cristallins, plein de souplesse et d’entrelacs. Une petite servante vint l’aider à attacher les lacets soyeux de manière à ne jamais entraver ses mouvements pendant la danse. Elle lui apportait aussi un masque de métal doré et finement ouvragé donc les extrémités, tournées vers l’extérieur, évoquaient à la fois des ailes de papillon et des oreilles de chat. Il avait été créé spécialement pour elle, et s’adaptait parfaitement aux courbes de son visage. Le bout de son nez se couvrait d’une pointe arrondie qui signait le bord du masque, et son front d’une sorte de diadème stylisé, orné de perles grises et blanches. Bien entendu, ses cheveux blonds et bruns restaient lâches et ondulaient nonchalamment dans son dos. En vérifiant son reflet dans un miroir, la jeune femme cru voir apparaître le visage souriant du fantôme, lui-même fébrile à l’idée de la journée qui les attendait.

Ils s’élancèrent tout deux vers le centre de l’agitation, non loin de la lice, car c’était là, évidemment, qu’il y aurait le plus de spectateurs. Alors même qu’elle arrivait tôt, l’endroit paraissait déjà saturé. L’air s’emplissait de senteurs inhabituelles, d’un brouhaha assourdissant et joyeux, de diverses musiques et de couleurs en batailles. Jouant de ses coudes frêles mais de ses bras musclés, la jeune femme finit par trouver une place, petite mais qui s’élargirait, pour commencer sa danse.
Comme toute bonne danseuse, Daphnée était capable de se mouvoir sur n’importe quel rythme, même le plus endiablé, et n’avait donc rien préparé de particulier pour les festivités du tournoi. Elle avait recruté une petite troupe de musiciens qui connaissaient leur métier : un signal était égal à un changement de rythme, et pour le reste, ils suivaient ses pas. Ceux-ci se chargèrent dans un premier temps de lui aménager un espace, et les spectateurs, d’abord récalcitrants, s’écartèrent bien vite en distinguant la perspective d’une nouvelle distraction, en la personne de la demoiselle en robe blanche, qui posait sur eux ses yeux verts ourlés de rose. Lorsque la piste improvisée fut enfin dégagée, alors que les musiciens et le fantôme se tenaient près, elle se mit à danser.

Ce furent ses bras d’abord qui fendirent l’air avec douceur et se posèrent sur les épaules d’un partenaire visible d’elle seule. Ses pieds se mirent en marche au rythme du violon, passant l’un devant l’autre, d’abord avec précaution puis de plus en plus rapidement, avant de s’envoler telle un papillon curieux. Le fantôme la prit par la taille et la fit décoller avec légèreté dans un saut prodigieux, avant que ses petits pieds effleurent le sol pour le quitter une nouvelle fois. Elle tournait sur elle-même comme une tornade précieuse puis courait comme une âme vagabonde vers un amant imaginaire avec qui elle entamait un tango irréel. La musique se fit plus douce, plus triste, et son attitude fut soudain accablée, si languissante qu’on aurait cru que son aimé se mourait. Le rythme s’accéléra ensuite. Ses pieds n’arrêtaient plus, et elle tordait sa taille comme une nymphe sulfureuse, faisait trembler ses seins de tentatrice, dévoilait ses jambes dans l’interstice de ses jupes. Elle s’affolait comme une fleur dans la tempête, se renversait de tout côté avec la souplesse du roseau, à tel point que son corps paraissait ne plus avoir aucun limite physique. Ses cheveux formaient une auréole divine et le rubis brillant sur sa gorge qui tressautait à chacun de ses pas rappelait un cœur battant follement. L’étoffe de sa robe chatoyante frôlait les passants, attisant le désir des hommes, la jalousie des femmes et l’émerveillement des enfants. Le fantôme attrapa son poignet et l’extirpa de la foule pour la replacer au centre de la piste sous les yeux ébahis des spectateurs qui ne pouvaient voir qu’elle. Ils se fuirent l’un l’autre sur un rythme endiablé, traversant des rues et des ruelles alors que la foule les suivait.

Un attroupement conséquent attira son attention au milieu de sa danse et elle se dirigea vers lui tout en s’échappant en des sauts féériques des bras menaçants – le temps d’une danse – du fantôme. Elle passa au milieu d’une troupe de comédiens masqués sans avoir le temps de s’excuser et entraîna avec elle tout le public qui la suivait depuis ses premiers pas. La foule était massée près d’une taverne et Daphnée s’y fraya un passage sans difficulté, les passants étonnés s’écartant sur son passage. Il est tellement facile de distraire les gens d’une pensée qui les obsédait une minute plus tôt…
Un rouge particulier frappa immédiatement ses yeux, encadrant un visage féminin maquillé à outrance et un corps arborant des arguments de poids. L’innocente danseuse fut tellement abasourdie de ce spectacle, digne – écrivons-le franchement – d’une fille de joie, ce qu’elle n’avait jamais rencontré, qu’elle manqua de se casser la figure. Mais en bonne artiste elle se rattrapa avec une pirouette qui lui valu des applaudissements. A côté de la… femme, se tenait un artiste vêtu de couleurs chatoyantes et dont la tête s’était couverte d’un masque d’argile. Irrésistiblement attirée par cette femme si étrange, la jeune fille ne put s’empêcher de les approcher. Elle tourbillonna autour d’eux comme une gracieuse tempête, étudiant à loisir l’accoutrement peu orthodoxe de la jeune femme, et ses cheveux bizarres, avant de s’arrêter, la mélodie touchant à sa fin, juste devant leur table, ses pupilles bordés de rose, agrandies par une surprise toute juvénile, toujours fixés sur l’étrange compagne de l’artiste.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Lun 1 Mar 2010 - 18:24


    La jeune femme semblait partager entièrement l’envie de Dandelo qui l’imaginait déjà en train d’embrasser ses projets nocturnes. Cependant la discussion qu’ils avaient entamée – légère au premier abord mais chargée de sous-entendu – était de celle qui lui plaisait et il décida de la faire durer. Son désir et son excitation n’en seraient que plus grands. C’est toujours meilleur quand on attend. Et puis la proximité à laquelle elle venait de mettre fin l’avait électrisé. C’était ce genre d’instant qui comptait, ceux durant lesquels deux pouces était une distance insoutenable, ceux durant lesquels l’adrénaline envahissait veines et artères pour dispenser ses généreux effet. Il darda sur elle un regard de braise pour répondre :

    « Je croyais mes lacunes inexistantes, mais devant toi je me sens tout ingénu. La leçon vaudra sûrement le coup. »

    Il s’interrompit, souriant largement tout en approchant à son tour son visage de celui de la jeune femme jusqu’à ce que leurs cheveux se frôlent. Ses lèvres la distance qui séparait ses lèvres de la peau lisse de son interlocutrice n’était même pas assez grande pour qu’une puce puisse s’y faufiler. Et il chuchota au creux de son oreille comme elle l’avait déjà fait. Il devinait son souffle chaud caressant le visage de la jeune femme.

    « Quand à mon nom, je ne suis pas disposé à le donner à une personne qui ne s’est pas délesté du sien. »

    Il devinait son souffle chaud caressant le visage de la jeune femme. Et il fut tenté de combler l’écart qui séparait la proximité du baiser avant de repousser cette étape à plus tard, préférant savourer l’instant. Les vapeurs qui se dégageait des ses herbes à fumer lui chatouillaient les narines et réveillaient son ardeur. Ce fut finalement le regard colérique de Lucie par-dessus l’épaule de la fille qui le décida à se redresser. Elle paraissait vraiment furibonde. Il lui faudrait se méfier autrement les mésaventures pleuvrait pendant toute la journée voir toute la semaine. On ne rigole pas avec les fées.
    *Enfin là c’est cas de force majeure !
    - La pauvre quand même…
    - Regarde sur la gauche, tu vois ce que je vois ?
    - Une sacrée belle nana.
    - Convaincu ?*

    L’écho de ses pensées s’estompa dans son esprit lui écartant d’autant plus son sourire si c’était possible. Un plan s’échafauda dans son esprit. Il ne faudrait pas se louper, ce serait quitte ou double. Il fit signe à la fée de s’approcher celle-ci s’exécuta et vînt se placer au milieu de la table tandis que le regard de son aimé glissait sur l’intruse.

    « Je te présente Lucie, la plus mignonne de toutes les fées, je ne m’en séparerais pour rien au monde. »

    Il adressa un regard envoûtant à la minuscule femme qui rougit sous le compliment.

    « Quoique, poursuivit-il, quelques boissons seraient bienvenue … »

    Il n’eut pas le temps, de finir sa phrase que la fée était déjà partie. Lucie vola entre les badauds encore toute émoustillées par le revirement qui avait transformé l’attitude de Dandelo. Elle se roulait intérieurement de plaisir en pensant à ce que devait penser la putain qui lui faisait ses charmes. En quelques secondes elle arriva au comptoir et attira rapidement l’attention du tavernier qui semblait savoir de quoi étaient capables les fées et qui, en conséquence, se hâta de la suivre vers la table cachée par les passants. Ils dépassèrent une famille de cul-terreux et une bande de marchands s’écarta, dévoilant la table … vide.

    ○○○

    Dandelo regarda la fée disparaître derrière la foule avant de se retourner vers sa rencontre. Il lui prit la main qui ne tenait pas le cône fumant et se leva d’un mouvement vif. Répondant à la question qui contaminait les yeux de la fille avant de passer ses lèvres il souffla :

    « Désolé pour ce manège, mais ça te dérangerais de courrir ? »


    Sur ces mots il l’avait entraîné, tenant délicatement sa main – main avec assez de fermeté pour ne pas qu’elle lui échappe – et se fondit dans la foule, évoluant aussi vite et discrètement que possible, ce qui n’était pas chose aisée avec leur frasques pour le moins originales. L’important était de mettre assez de distance entre eux la fée pour que celle-ci mette du temps à les retrouver, ce qui leur laisserait tout le loisir d’apprendre l’un de l’autre, en profondeur.
    Tromper Lucie comme ça faisait de la peine au clown, mais à toute grande fin, ses grands moyens. Et pour le coup la fin était très prometteuse.
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Lun 1 Mar 2010 - 20:33

    Tout autour d'eux était brouillon, confus et rien n'avait de sens au sein de ces festivités éclatantes et bariolées, mais rien n'attirait autant son être que l'électron libre que représentait cet homme paré d'une myriade de couleurs. Au loin, le tourbillon gracile d'une danseuse dévia à peine son regard, alors qu'elle lui renvoyait un regard malin et provocateur, s'assurant bien que la jeune enfant aux allures innocentes et curieuses profite de la scène pour reporter ses iris myosotis dans les prunelles azurées de son compère, lui chuchotant à nouveau de manière suggestive et frémissante la nouvelle promesse de péripéties haletantes, à n'en pas douter.

    « Je ne doute pas que toi aussi, tu puisses m'apprendre bien des bottes secrètes ... »

    Son rire fusa, suave, serpentant le long de sa joue comme un souffle tiède et lascif, reptilien, tentateur et déroutant. Qui qu'ils fussent, elle ou lui, cherchaient à jouer à ce même jeu dangereux de l'attraction-répulsion, risqué car celui qui avait le malheur d'esquisser un faux pas ou d'être trop franc dans son évolution sur le fil de la séduction entraînait l'autre dans une chute vertigineuse aux conséquences troublantes et ... Bien peu orthodoxes, comme vous le devinerez aisément.

    Mais cher lecteur, lorsque les lèvres grenat de la pirate quittèrent enfin le réceptacle de cette peau veloutée et cuivrée par les rayons solaires, ce fut pour que ses yeux constatèrent l'agacement profond et total de la petite femme miniature aux ailes scintillantes. Les éclairs jaillissaient de ses yeux pour se planter dans ses propres iris violacées, et si la dite Lucie en avait été capable, elle aurait sûrement pu commettre le premier meurtre visuel d'une longue collection. Toutes les amantes du dandy subissaient-elles donc la même aversion de la part de la jolie nymphette ? C'était fort possible ; la possessivité était un trait de caractère que bien des femmes, et peu importe leur taille, avaient dans leurs gènes. Douceâtre et un brin sarcastique devant l'impolitesse visible bientôt remplacée par la flatterie de la fée - qui devait sûrement bondir de joie d'être ainsi placée sur le devant de la scène face à sa "rivale" -, Kassandra eut à peine le temps d'incliner brièvement sa tête en signe d'un salut respectueux et digne de ce nom, que la créature filait dans un piqué admirable, obéissante et docile pour récupérer leurs boissons ...

    Mais ni elle ni l'étranger n'avaient soif, et le sentir capturer sa main pour l'entraîner à sa suite la surprit. Si au début elle était prête à ronchonner et à le lâcher en sentant son mégot parfumé quitter son autre main pour choir, abandonné en dessous de leur table, l'adrénaline conquit de nouveau les battements de coeur de la rouquine, qui se mit à son tour à courir, ses doigts caressant ceux de son ravisseur dans le rythme effréné de leur fuite mêlée de rires légers au beau milieu d'une foule animée et dense. Les dédales des ruelles défilaient mais rien ne semblait leur donner envie de freiner, de ralentir, et la culpabilité n'était pas au rendez-vous : Lucie ne les retrouverait pas ; et c'était bien là l'objectif du saltimbanque, Kassandra n'en doutait pas tandis qu'enfin ils arrêtèrent leur course sans fin, le talon de ses bottes qui avait longtemps martelé le pavé inégal de Diantra se reposant temporairement. Pivotant, la rouquine gardait toujours sa main au creux de l'emprise des doigts de son illustre inconnu, l'observant, la tête à demi-inclinée, un petit sourire ingénu.

    « Voyons, je te propose un échange d'informations ... Mon nom est Kassandra. »

    Jetant un coup d'œil alternatif de chaque côté de la petite rue où quelques bouges chaleureux cotôyaient des établissements cossus et étroits, la rouquine prit à son tour les devants, avisant une auberge d'allure chic, puant la bourgeoisie et dont les rideaux de soie bien étendus contre les fenêtres proprettes la fit sourire. Ils allaient bien s'amuser ici.

    « J'espère que ta fée n'est pas très rancunière ... Viens. »

    Et elle se faufila en direction de l'intérieur de cette taverne où la douce chaleur d'un feu qui ronflait au loin étouffait à peine les voix conspiratrices de quelques dames bien vêtues qui se retournèrent à leur apparition. Plusieurs restèrent muettes d'horreur, mais leurs yeux ne mentaient pas, laissant deviner leur jalousie de ne pas pouvoir s'abandonner aux délices d'une rencontre aussi fortuite et excitante que celle que faisait Kassandra en ce moment même avec cet homme. Lui jetant un coup d'oeil avec malice pour lui désigner les damoiselles en détresse au loin, la jeune vagabonde improvisée lui souffla lascivement, cachant leurs conversations d'une main ironique à la manière de ces vipères de haut rang.

    « Tu as soif ? »

    Kassandra savait quoi faire : donner un faux nom sur lequel mettre l'ardoise d'une des plus jolies chambres et se payer d'agréables instants au nez et à la barbe de cet idiot, voilà qui allait être fameusement drôle. Le réveil serait un peu pressé, mais après tout, vivre dangereusement était là le plus beau des moyens de profiter de l'instant.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Mar 2 Mar 2010 - 21:10

[HRP : Désolé Daphnée, j'ai complètement zappé ton post dans le mien comment me rattraper ?]


    Les passants défilaient devant atour du couple qui détalait à toutes jambes. L’homme arc-en-ciel, menait la course, désireux de trouver un endroit discret pour pouvoir continuer sa discussion avec la jeune femme, au calme, sans être interrompu. Dans sa hâte, il rentra dans un passant qui portait une cagette de fruits. Sa cargaison lui échappa tandis qu’il tombait, bientôt rejoint sur le pavé par des pommes d’allure peu engageante. Dandelo qui avait d’abord ralentit, s’était fait tirer à son tour par la main de la rouquine et ne pu brailler qu’un « ‘scusez-moi » étouffé avant de disparaître au milieu de la foule qui accompagnait les festivités. Puis il la rattrapa et reprit son guidage jusque dans l’abri d’une ruelle étroite où ils pourraient reprendre leur souffle.

    Il se courba légèrement en deux, sa main libre sur la cuisse avant de se redresser, son sourire incluant une complicité nouvelle. Il baissa à nouveau les yeux, contemplant leurs deux mains mélangées et entrelaça ses doigts avec les siens, caressant sa peau du bout du pouce sans pour autant se départir de sa nonchalance. Il replongea finalement dans les ténèbres du regard violine de la jeune femme tandis que ces paroles résonnaient à ses oreilles.
    Kassandra.
    C’était la première fois qu’il rencontrait une fille personne ainsi nommée. Un nom aux assonances cassantes et agressives qui changeait des pâles sonorités habituelles. Il faillit laisser échapper un ricanement en pensant qu’il ne risquerait pas de la confondre avec une autre une fois son nom inscrit sur le petit carnet où il répertoriait chacune de ses conquête, non pas par vanité mais dans le cas où il recroiserait une de ces charmantes personne à l’avenir. Une fille par page, avec son nom les choses à retenir pour ne pas passer pour un rustre.
    Kassandra.
    L’idée de demander l’orthographe fut rejetée avant même qu’elle n’effleure sa conscience et il se concentra sur la conversation, se courbant pour un baise main volontairement pompeux avant de répondre :

    « Enchanté, on m’appelle Dandelo. »

    Redressé il releva son masque qui était légèrement descendu dans l’acrobatie courtoise, glissant un clin d’œil à la jeune femme au passage. Il la suivit au bord de la ruelle et s’amusa de la voir si prudente. Lucie devais fulminer.
    La fille le mena à travers les badauds jusqu’à une auberge aux tons délavés qui puait le parfum dont se couvrait les riches gens pour échapper aux conséquences du manque d’hygiène. Ce cumulus d’odeur piquante tenaillait le nez du clown qui ne pu s’empêcher de grimacer. L’endroit était peuplé de femmes aux laideurs mal cachées et d’homme graciles qui bavaient presque devant Kassandra.

    Dandelo faillit rebrousser chemin, trouver un autre endroit, affronter Lucie. Cet endroit le dégoûtait au plus haut point, et une gêne lui serrait l’estomac. Cependant, la présence de la fille à ses côtés le dissuada de cette retraite et il se contenta d’émettre un sifflement entre ses dents, pour bien montrer ce que lui inspiraient l’endroit et sa clientèle.
    Leurs visages se rapprochèrent pour un échange de chuchotement, et la jeune femme tendit une main, si douce au regard, pour voiler leur visage aux yeux des indiscrets. Le bigarré fit un effort pour reprendre une attitude indifférente vis-à-vis de son publique imposé et répondit dans un murmure :

    « Ces odeurs rendent ma gorge sèche mais j’aurais trop peur de boire une essence parfumée dans ce lieu. Ce n’est pas endroit pour boire, et le soleil est encore haut dans le ciel. »

    Il sourit en effleurant la joue de son amante du jour, avant de reprendre d’une voix douce :

    « Une leçon est mieux retenue lorsqu’elle est attendue. Profitons donc des joies que propose ce jour avant de nous consacrer aux plaisirs didactiques de la nuit. »

    Sur ce il s’approcha, un peu plus d’elle déposa un léger baiser sur la commissure de ses lèvres, lui susurrant doucement quelques révisions ne feraient qu’apprécier la « leçon » qui les attendait. Il caressa à nouveau sa joue, repoussa une se ses mèches volantes derrière une oreilles, et rompit cet instant d’intimité aux yeux de tous en la prenant par la hanche pour la guider au milieu des attirantes choses qu’offrait Diantra pour le Grand Tournois Royal.
    La journée serait longue mais pas autant que la nuit.
    *Du moins j’espère…*
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Mer 3 Mar 2010 - 20:44

    Dandelo. L'exotisme du nom la faisait sourire - on avait rarement entendu parler de jeunes hommes prénommés ainsi -. Qui plus est, son attirail multicolore tapait dans l'œil averti de n'importe quelle personne, réveillant même les regards vagues et perdus des paysans fatigués par l'effort aux champs. Mais le plus captivant restait ses yeux, des prunelles bordées d'un bleu d'océan calme et profond, aux abysses claires et translucides, un bleu de ciel ou de mer, un bleu surnaturel qui ressortait par delà le mélange atypique de tissus et de teintes. Et la rouquine ne les quittait pas ; ils semblaient prêts à lui promettre bien des divertissements ...

    Qui plus est, le baise-main qu'il esquissa la fit éclater de rire - toujours ce beau rire teinté d'une insolence naturelle et suffocante -, tandis qu'elle l'avait guidé jusqu'aux portes de ce petit troquet calme, certes indubitablement guindé, mais qu'il aurait été drôle de saccager la beauté superficielle de l'endroit et de choquer tout ce petit peuple collet monté ! Mais Dandelo ne le voulait pas, non, non, le soleil était encore là, il chauffait de ses rayons admirables les rues de la grande ville, heurtant la peau des passants et faisant naître les sourires sur les lèvres pleines des enfants qui jouaient et chahutaient.

    Cependant, son compagnon éphémère avait soif, et elle aussi. Le tout était de savoir ce que leurs corps réclamaient. Un simple liquide, le plus écoeurant des tords-boyaux, ou la curiosité, saveur limpide et acidulée qui titillait le palet de tout être humain normalement constitué ? Il semblait que le désir de boire à la fontaine de la fascination et de l'exploration des terrains encore à conquérir de Diantra la Grande était plus fort que celui de voir avec satisfaction un verre de rhum rempli à ras bord devant elle. C'est donc après un échange d'arguments soufflés sur le bout des deux bouches malicieuses - dont une qui se perdit sur l'autre, débordement léger qui fit rire d'une voix basse et lascive la demoiselle sans qu'elle s'en offusque - que la pirate finit par se laisser à nouveau conduire au dehors de l'établissement, non sans tirer la langue à une pervenche perdue dans la contemplation du corps masculin voisin au sien. C'était Kassandra qui repartait au bras - et même main dans la main - avec le beau saltimbanque, et cela semblait bien irriter cette pimbêche, mais qu'importe, tout ca l'amusait.

    Dans un murmure partagé entre l'égalité et l'amusement, la jeune femme concéda son accord - il était d'ailleurs amusant d'observer la scène quand on savait que Kassandra n'aimait pas souvent accorder qu'une idée autre était meilleure que la sienne, sauf s'il y avait un intérêt derrière toute cette manœuvre ... ? -.

    « Oh je vois. Alors laissons-nous prendre au jeu du hasard, en attendant les véritables festivités ! »

    Après tout, pour une fois, elle allait laisser l'homme prendre les commandes, pour mieux s'en saisir par la suite ... A moins qu'il ne trouve moyen de garder le cap. Ce serait un jeu constant entre eux, la rouquine en décidait ainsi avec finesse. Dandelo avait le caractère de ces hommes regorgeant d'une imagination et d'une habileté, d'une aisance à se fondre dans les foules mais tout autant à s'en démarquer sans une seule once de ridicule qu'il lui plaisait de lier ses doigts aux siens dans le creux de sa paume. Ce n'était qu'une posture innocente qu'ils avaient pour le moment adopté, comme deux adolescents heureux et béats qui se promènent timidement ... A la différence près que ni Kassandra ni son interlocuteur n'étaient du genre introverti. Ca sautait aux yeux.

    Le couple original et fortuit laissait ses pieds les guider au hasard des mystères qu'ils découvraient : ils eurent tout le loisir d'observer un dresseur d'ours faire gronder sa proie muselée devant la face effrayée des nobles gens, regardèrent l'intermède d'une petite pièce de base-étage, une farce sans nom où deux hommes semblaient faire naître l'hilarité générale au sein des gueux qui lorgnaient, bon public, le plancher fait hâtivement ; la rouquine noua un peu plus sa taille à celle du saltimbanque, évitant de peu une jongleuse malhabile qui fit tomber ses projectiles en remarquant le duo inhabituel aux yeux saisissants la viser. La rouquine eut un petit sourire malicieux.

    « Tu leur fais toutes cet effet là ? »

    La rue débouchait sur une plus grande avenue où cette fois-ci, l'on entendait moult instruments faire résonner leurs mélodies plus ou moins ... accordées. Des sonorités orientales se mêlaient aux gigues du nord, alors que quelques mauvais musiciens s'entêtaient, bientôt couverts par les railleries de quelques passants.

    « Il semble qu'il y ait plus de talent ici qu'il n'y en avait, en omettant bien sûr celui si précieux que je tiens dans ma main. Savez-vous danser, très cher ? »

    Kassandra l'observa avec malice, continuant d'évoluer souplement en direction des musiciens les plus doués de la place.
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Neïla
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MessageSujet: Re: Les festivités   Jeu 4 Mar 2010 - 18:20

    Neïla déambulait dans les ruelles animées de Diantra. Ce jour-là ne ressemblait en rien aux autres, l'heure était à la fête. Des artistes venus des quatre coin de l'empire exhibaient leurs talents, chacun rivalisant d'ingéniosité pour attirer les passants. Et des passants, il y en avait. De toutes sortes. Certains se retrouvaient mêlés à la fête contre leur gré et tentaient – en vain – de lutter contre la mer humaine, d'autres flânaient, de stand en stand, sans d'autre ambition que de se joindre aux festivités. Il y avait les enfants, tout excités par l'évènement et dont les éclats de rires se perdaient dans le brouhaha ambiant. Et puis le autres. Tous les autres. Riches indignés d'être confondus avec la populace, vendeurs, prêtres, vieillards, chapardeurs … Les entrailles de la ville regorgeaient de vie et résonnaient de rires. Le printemps dispensait ses premiers vrais rayons de soleil à tel point que, dans l'euphorie générale, même les pavés fleurissaient. L'époque des mines hagardes étaient révolues et le roi célébrait la chose en offrant à son peuple un divertissement digne de ce nom.

    Neïla, quant à elle, profitait de la bonne humeur ambiante sans pour autant relâcher son attention. Il lui fallait trouver un endroit où elle pourrait jouer, elle aussi. Consciente de s'y être prise un peu tard, elle ne renonçait pas pour autant, et désirait saisir l'opportunité du tournoi pour ajouter sa pierre à l'édifice du souverain. Après quelques recherches la jeune femme alla se placer sous une arche, entre deux habitations. L'endroit était parfait pour y faire de la musique et, par ailleurs, légèrement moins bruyant que les grosses avenues. Neïla dévoila enfin sa jolie harpe, l'inspecta sous toutes les coutures, frotta ses cordes dorées pour les réchauffer, et caressa lentement les courbes de son ossature pour s'imprégner d'elle. Puis elle s'assit légèrement en hauteur, laissa ses pensées filer quelques instants, ferma les yeux et chercha à sentir la foule autour d'elle.

    Sans le vouloir, le visage des ses parents lui revint en tête. Ils se trouvaient surement quelque part dans les environs, car il ne faisait aucun doute qu'on les avait convié au tournoi. Étrangement, la musicienne sut qu'elle ne chercherait pas à les retrouver. C'était son heure à elle, et les voir réveillerait son angoisse grandissante d'être rappelée au domaine familial. Elle voulait croquer sa vie maintenant, car l'heure de reprendre les rênes de son père viendrait trop tôt. Elle le savait. Ainsi donc, la demoiselle dont la flamboyante robe rouge lui donnait des allures de reine, posa ses doigts fins sur les cordes de sa harpe et, les yeux clos, alla puiser son inspiration dans les cris ravis des enfants, là-bas, au loin, et dans le silence des badauds qui attendaient déjà les premières notes.

    Peu à peu, elle la sentit envahir ses veines, embrasser son cœur, caresser sa peau. Et puis ses mains s'animèrent d'une vie propre, d'abord avec douceur puis plus vite. Les notes se succédaient, s'étreignant les unes aux autres avec la volupté d'un chat qui s'étire au soleil. La mélodie, enlaça les auditeurs, les enivra, les enveloppa de légèreté chaleureuse, avant d'aller illuminer les murs et de dessiner dans les airs un tourbillon exalté, entraînant dans sa course folle des couleurs bouillonnantes, des odeurs déchaînées, et faisant éclater dans le ciel étincelant des sons divins et impétueux. Les oreilles se délectaient, les cœurs s'emballaient et la harpe chantait, d'un chant si beau qu'il faisait ombre au soleil. Le vent lui-même s'était incliné et les sons émanant de l'instrument éclipsaient tout le reste. Ils étaient si doux, si enjôleurs et pourtant si pétillants, si charmants, que, dans leur sillon le délice des auditeurs n'avait d'égal que leur ravissement.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Sam 6 Mar 2010 - 17:11


    La démarche était souple et gracieuse. Chaque pas fait glisser l’étoffe sur la peau claie de la jeune femme, révélant un avant goût des trésors que son corps recelait. Il essaya d’imaginer la scène nocturne avant d’éclater d’un rire bas et de me murmurer quelques compliments à sa voisine tout en désignant les visages qui les regardaient bêtement passer, tantôt offusqués, tantôt stupéfaits, mais toujours aussi jaloux. Tandis qu’elle lui montrait la jongleuse qui avait faillit s’étaler en les voyant il répondit d’une voix espiègle, en la vrillant d’un regard ardent :

    « À toi de me le dire. »

    Une mélodie grattée avec engagement sur les cordes de plusieurs instrument les conduisit jusqu’au large perron d’un atelier où s’état installé un orchestre populaire qui jouait des morceaux pour les passant dans l’espoir d’un pourboire. Le rythme était engageant et parfaitement dosé dans la distinction : à la fois assez délicat pour plaire au riche qui aime les grands classique et assez basique pour que le novice ne s’égare pas dans les nuances. Il en ressortait un style rural, typique d’une kermesse dans un petit village de campagne. Mais le jeune homme préférait les morceaux fébriles au rythme endiablé qui agitait certains faubourgs de la capitale une fois la nuit tombée et il se promit d’emmener Kassandra après la lice et avant la couche. Cela ne ferait que réveiller davantage leurs sens.

    L’orchestre arrêta son hymne alors même que la jeune femme à la chevelure chatoyante proposait au bigarré d’échanger quelques pas. De l’autre côté de la ruelle une autre musicienne, seule dans ses habits peu commun qui ne faisait qu’un tout avec sa l’exotisme de sa peau et de ses cheveux. La harpe à la main, elle s’apprêtait à livrer ses premières notes aux badauds qui l’entouraient.
    Et la mélodie vînt, légère et lancinante, embrasser la foule qui ne regardait plus qu’elle. Après quelques hésitations et quelques essais maladroits, les premiers musiciens captèrent la trame de son morceau et en tirèrent à leur tour une mélodie de fond sur laquelle la jeune musicienne tressait ses notes et les laissait enserrer la foule dans des sons envoûtant.

    Dandelo se tourna vers son amante du jour et – certainement de la nuit – et lui tandis la main en une simple invitation suivie d’un clin d’œil non moins engageant :

    « C’est l’occasion où jamais de le savoir. »

    Il l’attira au milieu du publique où quelques gens se trémoussaient timidement. Ils se faufilèrent entre la populace jusqu’à entrer dans le cercle qu’ils avaient formés autour de la musicienne. Dans un premier temps, il la fit tourner avec une lenteur calculée et sa silhouette harmonieuse fit briller les yeux de l’assistance tandis que le rythme ralentissait peu à peu. Puis, la reprise du rythme les entraîna dans un tourbillon dansant où les teintes vivaces d’un manteau bigarré de l’homme arc-en-ciel accueillaient une chevelure chatoyante en une symbiose enviable, ponctuée ça et là de claquements de doigts ou de mains.

    Le publique se laissait charmer par cette image qui ajoutait encore à l’envoûtement qu’exerçait la mélodie en les portant tous. Les variations s’enchaînaient, passant d’une lente volupté à une rapide excitation. La soliste entama une improvisation endiablée, menant les danseurs à un rythme fou. Ca sonnait comme une floraison de cerisier, une éruption volcanique. C’était le bouquet final du morceau et Dandelo ne devait pas faire d’erreur. Les mains s’attrapaient du bout des doigts, se caressait en pivotant. Leurs de corps se livraient à une chorégraphie sensuelle qui les éloignait pour mieux les rapprocher la fois suivante.
    Dans sa mouvance, le jeune homme aperçut un homme qui fumait sa pipe à petite bouffée. Sans que personne ne puisse le voir il en dévia un mince filet, lui faisant raser le sol avant de le cacher dans sous son manteau. Alors que les dernières notes approchaient, il se retrouva à bout de bras avec sa cavalière, et d’un geste vif, la fit s’enrouler dans son bras avant de la cambrer sous lui, leurs visages à un pouce l’un de l’autre. Une dernière corde tinta et la musique s’arrêta sous une pluie d’applaudissement.

    Dandelo se redressa avec la rouquine et fit remonter la fumée par sa manche pour la saisir entre deux doigt comme s’il avait s’agit d’une rose. Claquant des doigts de son autre main, il embrasa légèrement l’air au dessus, créant le bouton d’une rose enflammée au dessus de son pied de fumée. Il la lâcha ensuite et la fleur resta en suspens entre les deux amants, les séparant tout en les rapprochant.

    « Et après, souffla le magicien tandis que sa fleur s'évaporait peu à peu en volutes d'un gris rougeoyant, tu veux voir les joutes ou un verre te tente toujours ? »

    Son regard glissa de ses yeux sur ses joues légèrement rosies par la danse avant de se poser sur ses lèvres pulpeuses qui offraient une insupportable tentation.
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Sam 6 Mar 2010 - 20:46

    A son invitation à lui faire part de sa propre opinion quant au charme irrémédiable qu'il pouvait exercer sur les damoiselles aux alentours, la rouquine n'eut pour réponse qu'un fin sourire digne d'un diablotin. Il ne l'aurait pas à ce jeu là, et elle ne lui cèderait aucun compliment ... Pas de manière si grossière, du moins.

    A l'air d'une valse populaire la place fut cédée à quelques tambours lointains bien rapidement étouffés. Surplombée par la prestance et la joliesse du son, la joueuse de harpe, majestueuse dans son habit de feu mais concentrée, l'âme perdue dans les méandres de la mélopée que ses doigts possédés par l'esprit vivant de l'Art jouaient sans relâche et sans fatigue, s'enivrait de sa propre musique, rythme exhalant les parfums tièdes et euphoriques d'une journée semblable à celle que le Soleil leur offrait en cet instant. L'auditoire, suspendu à présent aux notes musicales de l'illustre inconnue au don remarquable, ne se détourna pas bien longtemps de l'orchestre qui se mit à accompagner, timidement au premier abord, puis avec franchise, la partition unique et improvisée de la harpiste. Dandelo, lui, saisit la main de Kassandra, défiant son sous-entendu par le geste alors qu'ils se faufilaient jusqu'à se trouver devant les regards contemplatifs d'une foule médusée et amadouée.

    Sans même s'en rendre compte, la danse était lancée.

    Ils virevoltèrent, lui menant la cadence, elle se faisant alors tantôt docile, légère et d'une grâce frappante malgré la force de son caractère et de son être, se courbant sous les mouvements qu'il lui imprimait ; et tantôt elle évoluait, attirant son partenaire éphémère dans ses bras pour mieux le repousser dans l'étau de ses mouvements, fluides et libres, aériens et énergiques. La rouquine se laissait bercer par l'extatique douceur auditive, qui parfois calmait ses ardeurs pour mieux les reprendre, leurs corps s'entremêlant dans une simplicité naturelle et aisée. Quelques vivats se faisaient entendre, mais tous admiraient. En cet instant, chacun était captivé, ne fut-ce que par le chant de la harpe, harmonieux et discontinu, par l'orchestre, à l'unisson, ou par le lascif combat corporel des deux danseurs, à la fois passionnés et tellement désinvoltes.

    Les derniers pincements de harpes signèrent la fin de l'envolée, alors que Dandelo raffermit sa prise sur la pirate, la basculant en arrière jusqu'à l'impossible, leurs yeux se croisant à nouveau, brasier tumultueux et flamboyant. Ils se cherchaient, et nulle doute que les retrouvailles nocturnes allaient être animées.

    Avant les cris de joie du public, la rouquine souffla, ses lèvres touchant quasiment celles de son acolyte.

    « Quel talent ... J'ai le souffle coupé. »

    Se redressant, la rouquine adressa un grand sourire à la foule, à la fois ironique et salutaire. Par delà les volutes de l'illusion, elle échangea un regard en coin avec le saltimbanque, riant bassement au compliment qu'elle lui avait susurré. Depuis combien de temps ne s'était-elle pas autant amusée en si peu de temps ? En un espace si court, elle avait revécu la liberté, ce sentiment attachant et si attrayant ... Dandelo lui avait rappelé qu'autrefois, elle avait pu vivre encore plus éloignée des carcans que le continent, et même Meca, lui avaient imposé.

    « J'accepte le verre avec plaisir ... Les joutes attendront un peu. Je te laisse mener la danse. »

    La pirate passa une main caressante dans son dos, l'incitant avec une douceur tactile à avancer pour fuir ce nid de gens qui à présent attendraient un autre refrain, une autre danse ... Mais les futurs pas qu'ils échangeraient seraient d'une autre nature, sans aucun doute bien plus privée.

    Sa main libre fila retrouver le contact tiède et chaleureux de la jumelle de celle du saltimbanque, avant de reprendre leur course sans fin.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Lun 8 Mar 2010 - 20:35



    Ainsi va la vie, douillette, rondelette. Certain restent prudemment sur leurs positions, mais lorsqu’on s’avance un peu on voit que le bord est plus loin. Alors on avance encore et encore, on se vautre dans son existence, on en profite, on la déguste et on aime ça. C’était exactement ce que faisait Dandelo, il profitait de chaque seconde de sa délicieuse vie et des choses exquises qu’elle mettait sur sa route comme cette magnifique jeune femme qu’il avait rencontrée en ce jour. Il appréciait du bout de sa conscience ses mots, ses gestes, son attitude, sa beauté, sa présence, mais il ne se laissait jamais de ce bouquet de réalité vivante et plaisante.
    *Tu t’emballe un peu mon gars*
    L’Artiste ricana intérieurement avant de reporter son regard sur la sublissime qui marchait à ses côtés.

    Ils arrivèrent près d’un établissement populaire, à la bière fraîche et aux banquettes confortables. Du bout des doigts, le bigarré poussa son amante devant lui, vers l’intérieur avant de s’arrêter un peu en retrait de la salle. Il s’approcha d’elle jusqu’à ce que leurs corps se frôlent et pencha la tête vers son oreille. Il se délecta un imperceptible instance de la fragrance à la fois subtile et entêtante qui émanait de la rouquine avant de glisser ses lèvres sur ses mèches d’acajou pour chuchoter :

    « Attends-moi un instant. »

    Il s’éloigna en faisant glisser son index de la nuque jusqu’au bas du dos d’un touché léger qui suivait la routes osseuse des vertèbres. Approché du comptoir, il se vautra légèrement, dissimulant ses gestes derrière son manteau pour éviter que la jeune femme ne voie ce qu’il montrait au tavernier. Après tout, il ne savait d’elle que son nom, il n’y avait pas de raison qu’il lui dévoile toute son identité ; et puis ce jeu du chat et de la souris était des plus excitants.
    L’homme qui lui faisait face acquiesça d’un mouvement de tête qui fit frémir ses pilosités faciale tandis que le Magicien lui montrait le parchemin attestant de ses capacités de mage de l’Arcanum. Les membres du Cercles avaient l’autorisation de profiter de toute l’hospitalité que pouvais offrir un gîte de ce genre et bien que cet usage soit rarissime, Dandelo vit-là un bon moyen d’épater sa compagne fugace. Ils échangèrent quelques mots à voix basse. Le moustachu fit signe à l’un de ses subordonnés et lui donna une clef d’acier lisse encore brillant de n’avoir que rarement été utilisé. Le jeune coloré retourna à sa désirée et lui indiqua le corridor que venait d’emprunter l’assistant-tavernier.

    Le couloir les fit défiler devant une série de porte jusqu’à une dernière, que l’employé ouvrit. La suite était grande, des boissons y étaient stockées de même que de la nourriture. Il montra au couple où se trouvaient les bouteilles et les mets, la cavité du seul bain de l’établissement, la terrasse et caetera. La totale quoi.
    Il s’apprêtait à partir lorsque Dandelo l’interpela et lui demanda la clef. L’autre sembla hésité avant de se laisser convaincre lorsque le saltimbanque lui promit de ramener la clef à son chef. La porte claqua légèrement et le brun de tourna vers la rousse :

    « Et voila, à boire et à manger,
    déclara-t-il en souriant, et même une terrasse pour discuter en se moquant des passant. »

    Il pouffa avant de se tourner vers l’imposant buffet que le valet avait désigné. Qu’est ce qu’il avait dans le ventre ce coffre à alcool ? Tandis qu’il fouillait au milieu des bouteilles, il reprit d’une voix forte pour couvrir le bruit du verre et du cristal qui s’entrechoquent :

    « Si tu veux faire un brin de toilette et profiter du bain, c’est le moment, on ne dormira pas ici cette nuit. On profite juste du calme pour se désaltérer. »

    C’était bien elle qui lui avait dit de mener la danse, non ? Et c’est bien ce qu’il allait faire. Son programme se dessinait peu à peu dans son esprit et il poussa un « Aaah ! » satisfait en dégotant une bouteille d’abricotine, un alcool qui éveillait les émotions et les sens sans en atténuer le souvenir. C’était une boisson appréciée par les jeunes personnes que Dandelo avait déjà cotoyé, mais celle qu’il séduisait aujourd’hui avait peut être des goût différents, à l’image de son attitude. Il sortit donc également une fiole de tord-boyaux, une bouteille de vin blanc et un de ces distilles aux ingrédients secret que l’on retrouvait souvent dans les histoires de pirate. On sait jamais.
    Piochant ensuite deux verres, il se retourna tout sourire aux lèvres pour voir ce que faisait son aimée éphémère.

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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Mer 10 Mar 2010 - 18:52

    Ils atteignirent alors une nouvelle auberge, où cette fois-ci l'ambiance était bien plus traditionnelle et autrement moins coincée et bon chic bon genre que la petite taverne parfumée d'eau de Langehack à laquelle ils s'était précédemment rendus, ou plutôt, étaient passés en coup de vent. Et quel vent ! Une tornade multicolore et éblouissante qui à nouveau attira l'oeil du tenancier. Regard qui erra autant sur les formes de la créature au bras de Dandelo, que sur, quelques minutes plus tard, la chose que le saltimbanque cachait aux yeux de tous. Le large manteau soyeux et paré de teintes multiples et vivaces était une bonne protection aux regards indiscrets. Mais aucunement un rempart à la curiosité insatisfaite de la pirate qui, à travers le reflet d'un miroir usé par le temps suspendu, ne pouvait distinguer que l'ombre d'une chose que tenait l'homme entre ses mains : apparemment une preuve suffisante pour le tenancier qui acquiesça, lui désignant du pouce l'arrière-boutique.

    Sa mémoire fonctionna à toute allure, propulsée et stimulée par l'adrénaline de la situation. Qui était-il vraiment ? Certes, leurs identités respectives resteraient occultées lors de cette rencontre, mais Kassandra n'oubliait pas que ce soir, le dénommé Dandelo aurait sûrement, à un moment ou à un autre, un aperçu sur le joli tatouage qui ornait sa chute de reins. Et alors, le danger d'être confondue en tant que pirate et surtout d'être menacée ne pouvait guère être écarté.

    Risque à prendre qui la séduisait encore plus à foncer tête baissée, elle qui était toujours aussi impulsive et audacieuse quand il fallait mettre les deux pieds dans le plat de l'erreur. L'homme le plus influent de l'endroit avait pourtant hoché de la tête, tendu une clé à un de ses employés qui se chargeait de conduire prestement et discrètement Dandelo … Qui lui fit signe. Lui adressant un sourire malin, elle le suivit sans attendre, abandonnant là ses pensées trop strictes.

    Le couloir qu’ils traversèrent semblait peu pratiqué par la population habituelle. La clé, sésame de l’ultime entrée, leur dévoila l’intérieur spacieux d’une chambre bien garnie, où trônait de quoi nourrir et étancher la soif d’un nombre suffisant de convives pour en faire une soirée mémorable. Mais là n’était pas leur but commun : les deux joueurs n’étaient que de passage, Kassandra le supposait à juste titre alors que Dandelo lui faisait signe de se mettre à son aise. Ce qu’elle fit sans hésiter, se détournant de lui après lui avoir adressé un regard en coin charmant, s’éclipsant vers l’ouverture qui laissait alors place à une terrasse surplombant légèrement une rue bondée où s’agitaient encore les comédiens et les badauds. S’accoudant à la rambarde du balconnet, la rouquine ferma les yeux, profitant du léger courant tiède qui se faufilait sur sa peau, son esprit se reposant un peu entre deux envolées précipitées et euphoriques.

    « Le bain, ca sera pour plus tard … », songeait-elle tranquillement, détaillant les multiples issues toutes les plus intéressantes les unes que les autres qui s’offraient à elle, ou plutôt à eux.

    Elle se sentait bien, mais après tout, c’était illusoire. Le lendemain serait douloureux, parce qu’il allait falloir quitter la compagnie divertissante de cet homme bigarré sorti de nulle part, et que les choses sérieuses allaient s’imposer à elle. Vivre une vie aussi débridée ne pourrait pas être un remède éternel, pas ici, pas sur un continent où trop de lois et trop de jougs l’enfermaient.

    Le bruit du cristal qui tintait, s’entrechoquant avec les bouteilles saisies par son camarade de jeu, la fit rouvrir les yeux, tournant le menton par delà sa propre épaule droite pour le voir avancer vers elle, plus souriant et plus taquin que jamais.

    Se retournant, la demoiselle l’observa venir à elle, paisiblement, comme le félin qui guette avec gourmandise l’animal entrer dans sa danse. Penchant un peu sa tête en arrière pour dégager son cou encombré par quelques boucles, la rouquine le jaugea et marmotta un peu.

    « Il va falloir que tu m’expliques, plus tard … Ta magie permet aussi de persuader les taverniers ronchons de te laisser libre accès à leurs caves ? »

    Simple taquinerie … A moins qu’il ne réagisse de manière à trop se dévoiler ? En tout cas, c’eut été bien une tactique involontaire. Toujours sur le ton léger et nonchalant qu’elle avait, elle proposa.

    « Tiens, et si je choisissais ta boisson et inversement ? »

    Du menton, elle désigna la bouteille d’alcool distillée sur … L’île de Meca, tiens donc ! Quelle surprise !
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Daphnée Astrann
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MessageSujet: Re: Les festivités   Dim 14 Mar 2010 - 18:26

Daphnée la fixait pourtant d’un regard brûlant, mais un battement de cils suffit à sa disparition, qui fit ouvrir de grands yeux surpris à la danseuse. Trop petite, elle se hissa sur l’ultime pointe de ses petits pieds et scruta la foule, mais elle ne put distinguer cette étrange chevelure rouge parmi toutes les couleurs chatoyantes. Elle s’aventura un peu plus avant, marchant, comme à son habitude, en posant le talon en dernier, mais ne put trouver aucune trace des deux personnages et finit par abandonner sa quête.
Elle s’en retourna ensuite du côté de ses musiciens. Ils avaient convenus, si jamais ils se séparaient, de se retrouver au moins un quart d’heure plus tard à l’endroit où ils auraient commencés. La danseuse sautilla et tournoya donc dans cette direction, mais, arrivée à destination, ne put trouver ses trois compagnons professionnels. Elle fronça les sourcils et jeta tout de même un coup d’œil aux alentours. Une horloge lui indiquait que cela ne faisait pas exactement vingt minutes qu’ils s’étaient quittés. Elle s’assit donc sur le bord d’une fontaine et décida d’attendre patiemment.

Un couple passa devant elle, et le jeune homme lui adressa un sourire enchanteur. Daphnée rougit et baissa les yeux, se concentrant sur son reflet à la surface de l’eau. La sueur qui avait légèrement perlé sur son front durant l’effort de la danse avait séché au gré du vent, qui s’était aussi chargé d’emmêler ses longs cheveux. Ses grands yeux brillaient encore de honte à travers le masque, mais surtout d’excitation devant cette journée si loin d’être terminée.
Brusquement lassée d’attendre, elle se leva d’un bond et commença sa déambulation dans les rues de Diantra.
Elle-même artiste, elle se concentrait sur son propre numéro, qui, finalement, n’avait pour but que de supplanter les autres. Mais maintenant qu’elle ne dansait plus, elle s’émerveillait de voir rassemblés ici tant de talents, aussi précieux que variés. Un funambule la captiva tellement qu’elle manqua, le nez en l’air, de se heurter à bien des passants. Un cracheur de feu manqua de lui brûler quelques mèches et elle s’en fut bien vite vers un danseur qui l’invita prestement à danser, voyant bien qu’elle n’était pas une passante ordinaire, et elle participa quelques minutes à ce duo improvisé, durant lequel elle se montra plus tentatrice et sulfureuse encore que lorsqu’elle dansait avec le fantôme. Puis elle délaissa avec frayeur le danseur brusquement échauffé et courut vers une ruelle d’où s’élevait des mélodies hétéroclites.

Au début, elle en distinguait bien cent ou cinquante. Mais plus elle s’approchait, plus l’un d’entre elles l’attirait et s’amplifiait au creux de son oreille. Elle en chercha la provenance, et les notes impétueuse la conduisirent bien vite vers une harpe, habilement utilisée par une demoiselle aux cheveux de jais. Sans qu’elle s’en aperçoive, bien entendu, Daphnée s’était déjà remise à danser, emportée malgré elle par la musique et sautait maintenant autour des passants, qui, émerveillés de ce nouveau spectacle, s’écartaient pour lui laisser la place.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Lun 15 Mar 2010 - 18:27


    Dandelo laissa un léger rire échapper à son sourire devant les interrogations de la belle qui l’accompagnait depuis quelques heures maintenant. Il gratta du bout de l’ongle la poussière qui était restée collée à la fiole d’eau-de-vie avant de se relever la tête pour éluder la question par une autre, énoncée de sa voix envoûtante :

    « Est-ce ma magie qui te pousse à rester avec moi ? »

    Son sourire s’accentua tandis qu’il se demandait avec quoi il pourrait remplir son verre. L’abricotine lui plaisait, mais elle lui était trop commune pour cette situation, pour cette fille. Le vin blanc, un pinot de bonne cuvée, semblait prometteur mais déguster un si noble breuvage paraîtrait inadapté et même d’un pédantisme ridicule pour une personne telle que lui. Restaient le tord-boyaux et le distille de Meca, il s’apprêtait à jouer sa boisson au hasard lorsque sa compagne intervînt pour le libérer de ce dilemme.

    « Pourquoi pas… » Murmura-t-il comme pour lui-même, en observant la flasque de verre emplie d’un liquide soyeux. C’était le genre il en ôta le liège pour humer le contenu. Une odeur forte envahit un sourire et il faillit même avoir un mouvement de recul qu’il maîtrisa cependant. C’était pas du pisse-mémé, plutôt le genre d’antiseptique à déguster qui vous ramonait les amygdales et vous transformait l’œsophage en lance-flamme.
    *À cette heure-ci … Je vais douiller.
    - C’est un test.
    - Je sais.
    - Alors pas le choix.
    - Je sais.*

    La carotte qui guidait ses actes l’attirait d’une manière tout à fait prononcée. Presque trop marquée. Cela était à la fois effrayant et excitant, déjà un plaisir en soit, qui ne faisait qu’annoncer les délices nocturnes en un prélude dignement joué.
    Sans se désister de son sourire espiègle, il remplit les deux verres copieusement, l’un à l’eau-de-vie, l’autre au distille. Il poussa le premier vers son amante avant de soulever le sien. Ses yeux se firent pétillants et lorsqu’il lança :

    « Santé ! »

    Il y eut un tintement lorsque les verres s’entrechoquèrent puis l’artiste, poussant sa hardiesse à l’extrême, avala le contenu du sien cul-sec, en trois longues gorgées. Peut être fut-il un peu trop présomptueux car le feu liquide lui dévora littéralement les entrailles lui signalant son avancée dans le système digestif pas une chaleur glacée qui prenait chaque instant un plus grand territoire dans son corps. Cependant il tâcha de n’y rien laisser paraître et ne cligna pas même des yeux.
    Une fois certain que sa voix ne trahirait pas les émotions qu’avaient suscitées en lui cette expérience alcoolisée, il reposa doucement son verre avant de se lever. Il contourna la table et passa derrière la jeune femme non sans lui avoir glissé un baiser dans le cou. Il s’approcha de la petite porte de chêne qui menait au bain et déclara après l’avoir ouverte :

    « Et bien moi je vais passer une ou deux minutes à la flotte. »

    Et l’arc-en-ciel disparut derrière la porte de bois épais. En tirant sur une corde, il déplia le bout d’une gouttière. Quelques secondes plus tard, l’eau chaude en coulait abondamment dans une cuve assez large pour que trois personnes puissent s’y baigner sans être trop serrées. Il vida les fioles colorées qui ornaient le rebord du bassin. Les odeurs s’échappèrent dans toute la pièce, portées par la vapeur tandis que la mousse couvrait peu à peu la surface de l’eau. Le jeune homme retira rapidement ses vêtements qu’il plia dans son manteau lui-même déposé dans un coin obscur de la pièce, prêt du linge de sèche au tissu spongieux.

    Il se glissa prestement sous l’eau, restant impassible à la température brûlante de l’eau. Il s’immergea complètement avant de s’adosser à la paroi de la cuve. Les jambes croisées sous la mousse, et un bras négligemment posé sur le rebord.
    Petit à petit, des losanges d’un rouge carmin apparurent sur son torse et Dandelo devina qu’elle s’enroulait autour de son cou. Il ne comprenait toujours pas pourquoi Hieronymus lui avait imposé ce tatouage qui se dévoilait lorsque la peau du jeune homme était confrontée à une forte chaleur. Mais peu importait, c’était comme ça. Une simple curiosité interrompit le cours de ses pensées pour les ramener à la situation présente : que faisait Kassandra ?
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Mar 16 Mar 2010 - 20:45

    Une gorgée, deux gorgées ... Le liquide tourbillonna, effusion sucrée et délicieuse, qui au premier abord paraissait douceâtre .. Et se changeait en un torrent de flammes ardentes pour les papilles toutes chamboulées de la rouquine, qui s'appliqua cependant à ne pas sourciller, se contentant d'un gloussement mutin pour toute réponse à sa question. Elle sépara ses lèvres du verre, goûtant encore un peu la saveur foudroyante de l'eau-de-vie, tandis que son cou subissait l'assaut sournois des lèvres du saltimbanque qui déjà s'éloignait, prétextant un bain rapide avant de retourner à ses occupations communes.

    A peine fut-il parti qu'elle délesta le verre de tout son contenu, soufflant un bon coup et posant le récipient sur le rebord où elle s'était accoudée. Définitivement, l'alcool rendait ses idées bien plus claires qu'elle ne l'aurait soupçonné. Un peu de tabac aurait été appréciable, mais Kassandra s'en passerait bien pour le moment. L'atmosphère était appréciable, un parfum de chaleur flottait dans l'air impalpable, une senteur magique et enivrante, celle des mystères que le soleil couchant réservait aux aventuriers de Diantra.

    Sa main se perdit dans sa crinière féline alors qu'elle clignait des yeux pour chasser le visage aux traits masculins qui apparaissaient par delà ses paupières. Son coeur ne se pinçait pas, elle n'éprouvait pas de regrets ... Mais savoir qu'il devait être furieux, déçu ou pire, dédaigneux envers son comportement inexplicable l'irritait. Il fallait décemment qu'elle se change l'esprit ... Et l'idée d'aller voir comment se portait son compagnon de jeux lui prit. Bah, il n'allait pas s'offusquer de dévoiler avant l'heure ses pectoraux humides, si ?

    Se détournant de la terrasse, la rouquine se faufila comme un chat, sans aucun bruit, à l'intérieur de la spacieuse suite, s'avançant à pas de loups vers la porte de la salle de bains dont elle entreprit d'actionner la poignée le plus silencieusement possible. Avec un peu de chance, le bain serait situé dos à l'ouverture, et le bel éphèbe ne la verrait pas débouler ... Tout juste la sentirait-il, et pour sûr, il ne s'en plaindrait pas, le petit filou, songea avec malice la rouquine qui, d'un coup d'oeil violine par le léger entrebaillement de la porte, distingua la chevelure sombre du mâle qui se prélassait dans l'eau fumante et ... les effluves du bain fleuri chatouillèrent les narines de la pirate, amusée par la coquetterie du Dandy Bigarré. Oh, elle ne dépréciait pas l'idée, bien au contraire ; les mecs bourrus et puants, c'était bon pour la gueuse de village vieille et sale.

    L'idée de le rejoindre lui effleura une partie vicieuse de sa conscience, mais c'eut été trop chercher à provoquer en pensant que l'un et l'autre résisteraient ; non, les épaules saillantes du saltimbanque lui évoquèrent un autre passe-temps auquel il ne rechignerait guère, elle l'aurait juré.

    S'avançant tandis qu'elle repoussait la porte contre le bâti, elle eut à peine à se pencher pour que sa bouche effleure à peine son cou humide, imitant l'effet d'une plume caressante tombant avec chasteté dans le creux de la nuque. Ses mains, perfides maîtresses aux talents multiples, s'étaient faufilées de chaque côté, les doigts effleurant les épaules lascivement.

    « Un petit massage ? »

    Elle n'attendait guère qu'il puisse aquiescer ou non ... Déjà elle palpait, caressait, travaillait avec application et justesse chaque parcelle de la peau hâlée, un petit sourire aux lèvres, le regardant s'abandonner à ses soins. Elle l'avait agréablement surpris, à n'en pas douter ... Et alors que ses yeux mauves erraient sur la musculature visible par delà la frontière de mousse qui voguait sur l'eau brûlante, son regard nota le tatouage étrange qui lentement se formait, s'insinuant le long de l'épiderme pour venir contaminer tout le haut de sa nuque.

    « Tu n'arrêteras jamais d'attiser ma curiosité. »

    Sa voix, mélopée charmante et ondulante, parvenait avec musicalité et sensualité, chuchotis qu'elle laissait à peine courir sur sa peau massée et frôlée maintes fois avec passion. Une insolence rare parcourait ses actes et ses mots.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Les festivités   Mar 23 Mar 2010 - 18:14


    Un léger courant d’air passa sur la salle de bain que les volutes de vapeur avaient envahit, caressant au passage les épaules et la nuque du jeune homme. Un sourire s’étala sur son visage : une seule personne aurait pu ouvrir cette porte, et ce n’était pas pour lui faire froid. Il ne bougea cependant pas, préférant guetter les pas feutrés de la belle qui avançait discrètement derrière lui. Les lèvres de la rouquine lui frôlèrent le cou en une caresse délicate qui réveilla sa peau et lui picota la nuque avec fraîcheur. L’instant d’après des mains fines mais vigoureuse, manipulaient inlassablement sa peau et ses muscles, les pétrissaient sans gène en laissant apprécier à l’artiste toute la sensualité qu’un massage pouvait apporter.

    Dandelo soupira d’aise pour toute réponse à la rhétorique qu’on lui avait posée et se décontracta totalement sans même s’en rendre compte. Il sourit à la remarque qui suivit mais ne releva pas, préférant savourer l’instant qu’on lui offrait. Ces douceurs lui rappelèrent les vers d’un poème qu’il avait composé quelques saisons plus tôt avant de le calligraphier dans son recueil :

    La main souple s’empare d’une attention modique
    Et ses doigts délicats aux ongles méphitiques
    Jouent sur ma peau comme une caresse onirique,
    Me confient un désir qui, entêtant, me pique.

    Je me fais violence pour ne pas y céder
    Appréciant l’acte qui frôle la volupté.
    Tout éveille en moi des images insensées,
    De tendres fantasmes envahissent mes pensées.

    Mais imperturbables les gestes névralgiques
    Me soupirent si bien leurs élans euphoriques,
    S’insinuent en moi par plaisirs atypiques,

    Et tous mes sens sont sur le point de saturer.
    Le toucher ne suffit, je ne puis résister,
    Je dois ouvrir les yeux, me lever, l’embrasser.


    S’il ne se leva point, Dandelo ne l’embrassa pas moins. Il laissa sa tête aller en arrière contre une poitrine agréable qui se retrouva humectée par les cheveux humides du jeune homme. Il croisa un instant son regard et son sourire avant de relever le menton pour presser ses lèvres contre les siennes. Il lui récita ensuite ses rimes et l’embrassa à nouveau, plus longtemps. Enfin il se laissa glisser à nouveau dans l’eau tandis que les mains de Kassandra reprenaient leur ballet.

    « Je n’ai pas encore d’intitulé pour ce poème
    , lâcha-t-il finalement, tu as une idée ? »

    Il pensa un instant à l’appeler Kassandra en souvenir de cette thérapie mais une discussion intérieure le décida à attendre la réponse de la jeune femme aux doigts de fée.
    *En parlant de fée…*
    Ou pouvait être Lucie. Dandelo se sentait coupable de l’avoir berné, d’autant plus qu’il savait être le seul à en être capable. Il profitait de l’amour qu’elle lui offrait pour pouvoir passer du temps avec d’autres filles, c’était assez haïssable non ? Les deux mains passèrent sur sa nuque, chassant toute idée inopportune. Ce n’était pas tous les jours qu’on se faisait masser, autant en profiter.

    Les minutes passèrent alors que les doigts habiles de Kassandra pétrissaient la chair du clown à n’en plus finir. Il se décida finalement à quitter son bain. Il souffla d’un ton goguenard :

    « Attention je vais sortir. »

    Puis il fit appel à ses pouvoirs magiques pour concentrer toute la vapeur de la pièce autour de ses trésors intimes pour ne pas gâcher le spectacle du soir. Il adressa un clin d’œil à la jeune femme avant d’utiliser un autre de ses sorts que son Maître lui avait désigné comme le Toucher Brûlant, qui chauffa peu à peu chaque parcelle de sa peau jusqu’à ce qu’elle ne soit plus dégoulinante et qu’il ne trempe pas ses vêtement en les mettant. Il repassa son pantalon avant de laisser les vapeurs s’estomper, puis il enfila son manteau d’arc-en-ciel et tendit une main à sa compagne, le sourire aux lèvres :

    « On y va ? »

    Peut être même qu'ils auraient le temps d'attraper une bouteille en passant. Peut être aussi qu'elle voudrait aussi prendre un bain ...
    Quoiqu'il en soit, plus ils attendraient, plus les joutes auxquelles ils assisteraient avant leur soirée tumultueuse opposeraient de grand champion. Un spectacle pour le moins assuré.
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Les festivités   Lun 29 Mar 2010 - 20:46

    Son sourire la confirma sur ses pensées satisfaites : Dandelo était clairement à sa merci pour ce soir, elle n'avait guère à craindre un revirement de situation ou un quelconque retour en arrière. Et il fallait avouer qu'elle non plus n'avait pas vraiment envie de faire une croix sur les perspectives alléchantes qui s'offraient à eux ... Ses doigts continuaient leur danse, habile et singulière sur la peau tannée du saltimbanque, y laissant juste ce qu'il fallait de douceur et de sensualité pour laisser au bel éphèbe une marque, un souvenir qu'il ne serait guère près d'oublier. Ses mains bientôt rendues moites par l'humidité continuaient leur oeuvre stimulante, et bientôt, ce fut la tête de l'homme qui s'inclina pour que ses yeux céruléens retrouvent l'ancre violine des siens, inclinée et vaincue, terrassée par la vague de chaleur et la bouffée de désirs que le massage développait continuellement et lentement en lui.

    Bientôt ses lèvres se joignèrent aux siennes, une fois, puis deux, tandis qu'une légère fougue venait pimenter leur échange. Quelques mèches humides vinrent chatouiller son décolleté, mais toute pensée, toute perception, la plus faible qu'elle fut, était écartée par la tension croissante de défi entre les deux joueurs, écartelés entre leur impatience et leur curiosité de pousser les limites à leur plus haut niveau.

    Le poème s'échappa, souffle tiède se perdant sur ses lèvres rassérénées par la caresse des mots délicats. Un rire charmé et charmeur naquit du fond de sa gorge, tandis que ses mains se faisaient plus douceâtres, plus lascives. Ah, comme la situation l'amusait. Se voir déclamer quelques vers par un inconnu atypique et séduisant n'était pas pour lui déplaire, et elle pressentait que la suite des évènements allait être des plus rafraîchissantes ... Ou des plus "suffocantes", si vous voyiez en quoi l'atmosphère aurait pu être caniculaire.

    « Si tu veux flatter mon égo démesuré, tu n'auras qu'à l'appeler Kassandra. »

    Elle en riait presque, la petite diablesse, jouant de l'auto-dérision et du cynisme comme un pianiste pouvait exécuter sa partition avec fantaisie et aisance devant une foule conquise. Partition qu'elle susurra à son oreille, l'observant avec une once de gourmandise malicieuse.

    « Tu as toute la nuit pour lui trouver un nom ... »

    Les secondes défilaient, à la fois lentes et délicieuses, puis vint l'heure de quitter le charmant cocon temporaire pour se replonger dans l'agitation humaine. Se redressant, la rouquine se sécha les mains dans une des serviettes moelleuses à disposition pendant que Dandelo se rhabillait non sans cacher avec un sourire taquin ce qu'elle ne pouvait encore voir. Ah, décidément, il la mettait à rude épreuve.

    Se retournant une fois la besogne achevée, Kassandra s'empara de sa main avec assurance, poussant doucement la porte de la salle de bain pour filer tranquillement vers la sortie, abandonnant là les verres à moitié vidés et la salle de bain moite et embuée.

    « Bien sûr qu'on y va, ne perdons aucune précieuse minute. Je ne voudrais pas brûler les étapes. »

    Un clin d'oeil taquin plus tard, ses yeux se plissèrent à la manière des félins, rusés et enjôleurs.

    Le temps s'écoulait, aussi paresseux et flegmatique qu'un océan de sable. Leurs pas rejoignirent la rue qui s'était débarrassée d'une petite partie de ses passants, mais qui accueillait maintenant un début de soirée presque estival. Sereine et hautaine, la rouquine évoluait dans les rues, prenant la direction aléatoire que Dandelo et elle suivaient communément : les joutes, et tout ce qui pourrait s'imposer à eux de plus divertissant, de plus libérateur. A l'image d'eux-même.
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