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 Ça déménage ! [PV]

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Ça déménage ! [Terminé]   Lun 5 Avr 2010 - 9:02

Une nuit pleine de caresses, de tendresse et d’amour. Et un réveil tout en douceur.
Jena ouvrit les yeux alors qu’il ne faisait pas encore jour dehors. Les premières lueurs de l’aube commençaient à peine à allumer le ciel qu’elle apercevait au travers des fenêtres. Enlacée dans les bras de son amant, la jeune femme n’avait pas le moins du monde envie de s’en extirper. Hanegard quitterait la citadelle dans la matinée pour sa tournée d’inspection qui durerait près de deux semaines. Savoir qu’elle ne le verrait plus tout ce temps lui nouait l’estomac.
Doucement elle se redressa sur un coude et observa le visage endormi du régent. Qui aurait pu croire qu’elle tomberait un jour amoureuse ? Tout chez lui, lui plaisait. Chaque détail de son visage, chaque parcelle de son corps. Devoir vivre sans lui pendant deux semaines semblait insurmontable mais elle aurait beaucoup de travail avec la rénovation de ses appartements et avec tout ce qu’elle aurait à faire il était peu probable qu’elle voit le temps passer. Et puis ça lui occuperait l’esprit.
Du moins c’est ce qu’il fallait qu’elle se dise pour ne pas être trop triste. Ne plus dormir dans ses bras…voilà ce qu’il lui manquerait le plus.
Du bout des doigts elle caressa les lèvres de son amant avant d’y déposer de petits baisers.

La veille il avait usé de la même méthode pour la réveiller et elle avait trouvé ça plutôt agréable. Descendant le long de son cou, elle continua de semer de tendres baisers avant de revenir vers son visage et vers ses lèvres si désirables.
Si seulement elle osait lui dire ce qu’elle éprouvait pour lui, avec des mots clairs et sans équivoque…
Mais elle ne voulait pas qu’il la rejette, ou l’entendre dire que pour lui ça ne serait jamais pareil.


- Le soleil se lève mon amour, lui murmura-t-elle doucement.

La lumière à travers les fenêtres se teintait de rose et d’orange. Le bout de ciel qu’elle pouvait voir était bleu et sans nuage. Une belle journée en perspective, au moins aujourd’hui le régent et ses soldats ne chevaucheraient pas dans la boue et sous une pluie torrentielle.
Jena aimait les journées ensoleillées, elle était tout de suite de bonne humeur, prête à se mettre à l’ouvrage.
Elle avait déjà quelques idées pour les appartements, mais pour commencer il faudrait vider cette chambre et les deux appartements de chaque côté. Le reste de la semaine, il faudrait abattre un mur et en monter un autre pour agrandir le boudoir qui se transformera en bureau, et réduire la chambre du régent qu’il jugeait trop grande à son goût.
La dernière semaine, avant le retour de Hanegard, Jena s’occuperait de remeubler et d’aménager les nouvelles pièces en respectant les désirs et les besoins du nouveau régent.

Il lui tardait déjà que tout soit terminé. L’ampleur de la tâche ne lui faisait pas peur, ce qu’elle craignait s’était de ne pas voir revenir son amant. Ce qu’il s’apprêtait à faire durant cette tournée d’inspection n’allait pas satisfaire tout le monde et même s’il représentait à présent le nouveau pouvoir d’Alonna, il ne serait pas bien accueillit partout.
Et puis elle savait aussi que tant que Dame Camillia serait ici, elle pouvait se retrouver jeter du haut d’un escalier, poignardée dans un coin sombre de la citadelle ou même étranglée dans son sommeil. Rien de bien réjouissant, mais une vengeance de son ancienne maîtresse était à prévoir. Durant les cinq années qu’elle avait passées près d’elle, elle l’avait entendu donner des ordres pour le moins cruel à ses hommes de mains. Bien évidemment la cousine de l’ancienne baronne ne s’était jamais occupée de ce genre d’affaire toute seule, elle s’était même un jour amusée à lui dire qu’elle n’était bonne en ‘travaux manuels’ car s’était comme cela qu’elle appelait ses petites vengeances.

Mais elle devait laisser ses inquiétudes de côté pour l’instant. Elle se méfierait de tout, même de son ombre durant son absence. Mais pour le moment Hanegard n’était pas partit. Mieux que ça, il était encore tout à elle pour quelques minutes.
Amusée de voir qu’il rechignait à se réveiller, Jena continua de l’embrasser tendrement, attendant qu’il ouvre enfin les yeux.


Dernière édition par Jena le Dim 11 Avr 2010 - 8:45, édité 1 fois
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Lun 5 Avr 2010 - 14:42


Être réveillé par les doux baisers de son amante, voilà ce que le régent d’Alonna appelait un bon réveil. Il garda les yeux clos un peu plus longtemps que nécessaire pour que Jena puisse continuer ses délicates attentions. Ouvrant brusquement les yeux, Hanegard se saisit de sa belle et l’embrassa avec passion, déclenchant de petits rires.

Mais leur gaieté ne dura guère, car l’un comme l’autre savait qu’ils ne se reverraient pas avant une quinzaine de jours. Le régent devait le matin même partir pour une tournée d’inspection dans les principales forteresses de la baronnie. Enfin, tournée d’inspection… cela allait vraisemblablement être une succession d’engueulades mémorables et d’officier dégradés pour leur laisser-aller. Avec un peu de chances, Hanegard aurait de bonnes surprises mais au fond de lui-même il se doutait que les postes avaient été distribués en fonction de la servilité des gens et non pas de leurs réelles compétences.

A regret, Hanegard s’extirpa des doux bras de Jena et s’habilla rapidement. Par habitude, il mit sa cotte de maille et ses brassards de cuir avant d’hésiter… puis finalement les garda. Il n’était pas de ces nobles que l’odeur acre de l’équipement militaire rebute, et sans une armure, il se sentait de toute façon un peu nu. Enfin prêt, il revint s’asseoir au bord du lit, à côté de Jena. Les yeux humides de la jeune femme trahissaient son chagrin, et ils échangèrent un dernier baiser passionné. Il n’était nul besoin de paroles, l’un comme l’autre se comprenaient tellement bien. Se levant, le régent d'Alonna quitta sa chambre et descendit d’un pas rapide le grand escalier d’honneur.

Dans la cour, une colonne d’une centaine de cavaliers l’attendait. La majeure partie de sa garde personnelle bien sur, mais aussi un certain nombre d’officiers de la légion noire qui étaient venus avec lui à Alonna. Ces vétérans qu’Hanegard connaissaient depuis longtemps constitueraient l’épine dorsale de la nouvelle armée qu’il comptait mettre en place. Et de fait, un certain nombre d’entre eux seraient affectés dans les différentes forteresses que le régent comptait visiter.

Montant en selle sur un grand étalon à la robe d’ébène, le régent donna d’un geste le signal du départ. La petite troupe passa entre les soldats en faction, tous alignés dans un superbe garde-à-vous. Le relâchement qui était en vigueur quelques jours plus tôt seulement commençait déjà à disparaître.

A l’étage, dans la chambre seigneuriale, le visage de Jena apparaissait à la fenêtre. Lorsque le dernier cavalier eut passé le pont-levis, le rideau se rabaissa et la cour d’honneur retrouva son calme.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Lun 5 Avr 2010 - 19:00

Hanegard était partit et le vide dans la chambre s’était petit à petit installé. Après quelques minutes de silence pendant lequel elle espéra stupidement voir son amant repasser la porte, Jena se dirigea vers la salle d’eau. Il était temps qu’elle s’active.
Il ne lui fallut pas longtemps pour se préparer, passer sa robe et sortir des appartements du régent. Une fois à l’extérieur, elle s’orienta rapidement vers la petite cour derrière les cuisines. Après le remue-ménage causé par le départ des centaines de cavaliers, des groupes de soldats discutaient à droite et à gauche. Prenant son courage à deux mains, Jena s’approcha vers l’un d’eux. Son visage ne trahissait nullement l’appréhension qu’elle ressentait à cet instant.


- Le régent fait refaire ses appartements, j’ai besoin de gros bras pour vider les lieux de tout ce qui se trouve à l’intérieur.

Elle ne prononça pas un mot de plus et tourna rapidement les talons. D’abord étonnés, les soldats ne se le firent pas dire deux fois et prirent la direction de l’escalier menant à l’étage.
Jena entra dans la cuisine et trouva une matrone occupait à donner des ordres à ses marmitons.
En quelques mots elle lui expliqua la situation. La femme hocha la tête et fit partir plusieurs de ses petits prévenir les ouvriers du coin.
Bientôt un groupe important se massa dans le couloir devant les portes des appartements du régent. La jeune femme fut surprise de voir que ses ordres étaient exécutés avec tant de rapidité.
Jena trouva un homme qui semblait se désigner comme chef de chantier, visiblement il avait une certaine autorité sur les ouvriers. Toujours avec le même ton ferme elle expliqua les souhaits du régent et l’homme donna son avis pendant qu’ouvriers et soldats vidaient les appartements.

Comme elle l’avait prévu il faudrait bien la journée pour démonter le grand lit, sortir toutes les tapisseries, tapis et bibelots de l’ancienne propriétaire. Après concertation il fut convenu que la chambre située à droite de l’appartement principal serait celle de Jena. Il était plus facile de faire tomber le mur de la chambre de gauche.
Des plans furent dessiner sur du vieux parchemin, avec la représentation actuelle. Le chef du chantier griffonnait avec habileté les traits représentant la chambre après les travaux, d’après les explications de la jeune femme.
La présence de Jena ne sembla gêner personne, on semblait même écouter ses avis. Ce qui était plutôt étonnant dans ce groupe constitué exclusivement d’homme. Peut-être que c’était juste parce que sa petite voix les forçaient à faire le silence pour qu’elle soit entendue.


- De combien de temps aurez-vous besoin pour faire tomber le mur ?

- On ne pourra pas le faire tomber totalement s’en crainte de faire s’écrouler tout l’étage, on devra juste pratiquer une large ouverture.

- Pour cela je vous fais confiance. Et pour le mur qui s’éparera la chambre du bureau ?

-On pourra créer une sorte de vestibule de suite après la première porte. On aura à droite l’arche menant au grand bureau et en face la porte menant à la chambre du régent.

- Ce sera parfait. Mettez-vous au travail dès que l’appartement sera complètement vidé. Demain j’irais m’installer dans une autre chambre le temps que vous installiez la porte de fonction entre ma chambre et les appartements du régent.

Quel progrès, elle arrivait même à ne plus rougir en disant cela. Cependant elle sentait toujours une légère gêne. Lorsque les ordres furent donnés et que les ouvriers se mirent à la tâche. Jena se retrouva seule près de la table qu’on avait installée devant la porte des appartements du régent.
La journée était presque terminée. Elle ne l’avait même pas vue filer. Elle espérait que les quatorze prochains jours passent avec la même rapidité.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Mar 6 Avr 2010 - 16:53

[HRP : Je fais apparaître à la fin de ce post un personnage dont la mentalité est pour le moins choquante. Vous êtes prévenus…]

La nuit tombait sur Alonna. Des gardes faisaient leurs patrouilles sur les murailles de la puissante citadelle, d’autres parcouraient d'un pas cadencé les rues de la ville afin de faire respecter l’ordre. Voleurs et putains se cachaient rapidement dans l’ombre lorsque les torches annonciatrices d’une patrouille apparaissaient à l’angle d’une rue. Au loin, un couple était en pleine scène de ménage, en faisant largement profiter tout leur voisins. Leur genre de scène à laquelle on a presque envie d’assister et de prendre des notes. Dans une impasse, un vieil ivrogne cuvait son vin. Il marmonna un juron lorsqu’un chat galeux lui sauta dessus, un rat couinant dans la gueule. Somme toute, la nuit était calme…

Dans le quartier des ouvriers, le chef de chantier examinait les plans des nouveaux appartements du régent en maugréant à voix basse. Il leur faudrait être extrêmement prudent en ouvrant une porte entre les deux appartements, car ils touchaient à un mur porteur. Si le travail manquait de précisions, il y aurait un risque d’effondrement sur cette partie de l’étage. Griffonnant rapidement un schéma, l’homme réfléchit à un renforcement au niveau des montants de la porte. Peut être des poutres de soutènement… On pouvait faire cela discrètement et cela ôterait le risque.

Finalement, il roula le parchemin et le posa sur son bureau. Il proposerait l’idée à la jeune femme… comment s’appelait-elle déjà ? Ah oui, Jena. Il proposerait l’idée à Jena le lendemain. Des poutres de soutènement lui permettraient de faire étalage de ses talents de graveur sur bois. Avec un peu de chances, et si elle le lui permettait, il pourrait démonter son art, et peut être le régent demanderait-il à son retour quel artiste avait fait cela, et peut être…

Avalant une goulée de vin, le vieil homme se sortit ces idées de la tête. L’ambition tue un homme aussi sûrement qu’une poutre qui s’effondre avait-il coutume de dire. Chaque chose en son temps, le lendemain servirait à commencer à monter la cloison isolant le vestibule de la chambre baronniale, et à percer doucement les murs. Ensuite… on verrait…

Se levant, il moucha la bougie, plongeant la pièce dans l’obscurité, la lueur de la lune teintant de gris sa barbe fournie. Sèchement, il ordonna :

Allez les gars ! Au pieu ! On a encore une dure journée demain !

Un peu plus loin, dans la caserne de la garde, Jena était également le sujet principal des discussions. Assis sur leurs lits de camps, les soldats jouaient leurs soldes aux dés tout en parlant de la nouvelle…hmm… intendante… de leur chef.

Quand je l’ai vu débarquer ce matin et nous dire de venir pour faire ces travaux, d’abord j’y ais pas cru.


Sur qu’elle sait ce qu’elle veut, et si les appartements du régent ne sont pas prêts à son retour, elle nous fera porter la responsabilité.


Faut admettre Jerk que c’est la première fois que je te vois bosser depuis que je te connais…


Des ricanements s’élevèrent dans l’assistance, et le dénommé Jerk lança sa gourde d’eau-de-vie à la tête du moqueur, qui l’évita avec la force de l’habitude.

En tout cas, faut admettre qu’elle est…

Mignonne hein ?

Pour sur, mais n’espère pas y toucher mon gars. Le régent me parait pas être du genre partageur.


Un peu plus loin, dans un coin sombre de la pièce, l’un des soldats ricana doucement à cette remarque. Tarkel, car tel était son nom, n’était pas apprécié outre mesure par ses camarades. D’un naturel renfermé et violent, il ne cherchait pas à nouer des liens d’amitié avec qui que ce soit. Parlant peu, et encore moins de lui-même, il était une énigme pour tous. On savait qu’il avait servi dans d’autres unités de l’armée, dissoutes depuis la destitution de l'ancienne baronne, mais personne ne savait exactement quels étaient ses faits d’armes…

Cela convenait bien à Tarkel, car ses faits d’armes n’étaient pas franchement héroïques. Son ancien capitaine, Murkav, était une brute de la pire espèce, plus intéressé par le pillage et le viol que par la guerre. Il était mort au siège d’Oësgard l’année précédente.

Ah ! Le siège d’Oësgard !

Tarkel sentit une chaleur dans son bas-ventre en se rappelant la ferme isolée sur laquelle ils s’étaient abattus lors d’une « patrouille ». Et la petite… elle devait avoir quoi ? Treize ? Quatorze ans tout au plus ? En tout cas, elle avait bien gigoté lorsque Tarkel lui avait arraché ses vêtements et l’avait pénétrée violemment. Pour l’obliger à se calmer, il avait du lui serrer la gorge tout en continuant à la besogner.

Dommage qu’il ait serré si fort…

Enfin, elle était encore chaude et il fallait plus que cela pour l’arrêter…

Murkav l'avait engueulé, non pas à cause du fait qu’il ait tué la gamine ni parce qu’il continuait à « s’amuser » avec son cadavre, mais parce que les autres n’avaient pas pu en profiter, eux ! Bah, la femme du fermier était assez gironde et ils s’étaient tous rattrapés avec elle.

Doux souvenirs…

Après avoir torturé le fermier pour qu'il avoue où il cachait ses économies, ils les avaient égorgés puis, hilares, avaient mis le feu à la ferme. On accuserait les rebelles Oësgardiens. Après tout, c’était la guerre, non ?

Toute la journée, alors qu’il aidait à vider l’appartement, Tarkel avait observé discrètement Jena. Mais il y avait toujours près d’elle un membre de la garde personnelle du régent. Crachant sur le sol, il maudit intérieurement ces soldats malheureusement incorruptibles. Eux présents, il ne pouvait hélas rien faire.

Tarkel dégaina son couteau et fit doucement passer son pouce sur la lame. Un jour, Jena se retrouverait seule, sans ses anges gardiens… et alors...

Il aurait son plaisir !



Dernière édition par Hanegard Kastelord le Mar 6 Avr 2010 - 19:43, édité 2 fois
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Mar 6 Avr 2010 - 19:12

Le lendemain matin, Jena fut réveillée par une chambrière avec qui elle s’était liée d’amitié la veille. Il faut dire que dans cet univers totalement masculin, Jena avait immédiatement cherché la compagnie d’une femme pour ne plus se sentir aussi seule. Clarys, car tel était le nom de la chambrière, avait proposé ses services pour nettoyer les appartements du régent après le déménagement. La nouvelle intendante et la chambrière avaient passé une partie de la soirée à nettoyer grossièrement les appartements vides. Engageant la conversation, les deux jeunes femmes s'étaient immédiatement entendue.

- Vous devriez vous lever Jena, il y a un problème sur le chantier.

Jena ne se le fit pas dire deux fois. Elle enfila une jupe et laça autour de sa poitrine un corset noir pendant que Clarys s’occupait de tresser ses longs cheveux bruns.
En quelques minutes la jeune femme fut prête et elle sortit rapidement dans le couloir.
A peine eut-elle fait un pas dehors qu’elle tomba nez à nez avec le chef de chantier rouge de colère. Visiblement contrarié il agita devant son visage le parchemin sur lequel était tracé le plan des futurs appartements du régent tout en criant des phrases totalement incompréhensibles. D’abord surprise et intimidée, Jena finit par serrer les poings et froncer les sourcils avant de demander d’une voix ferme.


- Arrêter de me hurler dessus et dites moi clairement ce qu’il y a.
- On devait recevoir des poutres aujourd’hui et le convoi est bloqué. Il s’est embourbé pendant la nuit.
- Et bien envoyez une dizaine de vos ouvriers.
- Mais je ne peux pas me passer de mes ouvriers voyons, déclara-t-il surpris par la proposition de la jeune femme.
- Sans les poutres ils ne vous servent à rien, alors faite le nécessaire pour que les travaux débutent rapidement sinon nous y sommes encore dans trois semaines.

Derrière ses paroles, le chef de chantier sentit autant l’ordre que le respect que voulait lui communiquer la jeune femme. Elle ne voulait pas lui prendre son rôle de chef, seulement l’aider dans son organisation. Sans trop savoir pourquoi, il la salua d’un signe de tête et partit immédiatement former un groupe pour aller aider le convoi de poutres bloqué sur la route menant à la citadelle.
L’incident clos, Jena fit quelques pas dans le couloir et trouva l’un des soldats que Hanegard avait laissé auprès d’elle, au cas où. En lui souriant elle lui demanda s’il pouvait bien l’aider à déménager ses affaires dans une autre chambre le temps que les travaux soient terminés. Clarys proposa immédiatement à la jeune intendante la chambre située près de la sienne. Plus personne ne l’occupait. Appréciant sincèrement la proposition de la jeune femme, Jena accepta d’un sourire et il leur fallut moins d’une heure pour tout déménager.
Sa nouvelle chambre était dans la même aile mais un étage en dessus. Le fait de loger près des serviteurs de la citadelle ne la dérangeait pas outre mesure. Après tout elle n’avait droit à des appartements pour elle seule que depuis trois jours.
Lorsqu’ils revinrent sur le chantier, le chef des ouvriers avaient trouvé de quoi occuper le reste de ses hommes. Ils avaient commencé à faire tomber un bout du mur menant à la chambre vide. Les ouvriers avaient dégoté des planches et des poutres suffisamment grandes et solides pour consolider la nouvelle ouverture.


- C’est parfait. A cette allure nous en aurons assez avec deux semaines.

Elle adressa un sourire au chef de chantier puis retourna dans le couloir. Elle informa le garde en faction devant la porte qu’elle se rendait à la caserne pour rendre visite au fidèle bras du régent. Les ordres étant les ordres, il l’accompagna dans le dédale de couloirs.
Si ses supérieurs apprenaient qu’il avait laissé la nouvelle intendante aller seule dans la caserne, il était sur de se faire jeter hors de la citadelle à grands coups de pieds.
Pour Jena s’était tout simplement normal qu’elle aille rendre visite à Sargril. Le pauvre soldat devait sûrement rager d’être cloué au lit les premiers jours. D’ici demain, peut-être pourrait-il à nouveau se déplacer sans trop de difficulté dans la citadelle.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Mar 6 Avr 2010 - 20:11


Une semaine ? Mais vous êtes fou ? Demain je serai debout ! Une canne et ça ira bien !


Si vous vous levez trop vite, votre jambe risque de se briser de nouveau. L’os est fragile et vous devez vous montrer patient. Comprenez qu’une fracture sur une zone déjà fragilisée risque de vous laisser boiteux. Et si la fracture s’ouvre, pour peu que la gangrène vienne s’y mettre, je risque même de devoir amputer. C’est cela que vous voulez ?


Non… non bien sur…


Poussant un soupir de frustration, Sargril se laissa retomber en arrière sur ses oreillers. Erdaker était l’un des meilleurs médecins d’Alonna, et ses pronostics ne devaient pas être pris à la légère. Sur que risquer sa santé par manque de patience n’était pas la chose la plus intelligente à faire.

Excusez moi docteur, je n’aurai pas du m’énerver.

Un sourire sur le visage, le vieux praticien rangea ses outils de travail et tapota l’épaule de l’officier. A la fougue de la jeunesse ! Avec le temps ces jeunes et bouillants soldats apprenaient que la patience aussi est une arme.

Patience mon garçon.

Sortant de la pièce, le praticien faillit rentrer en collision avec Jena venue prendre des nouvelles du patient. Un petit sourire aux lèvres, il salua la gente damoiselle et s’éclipsa vite fait.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Caché dans l’ombre d’un couloir, Tarkel observait Jena qui se rendait dans les quartiers de Sargril. Détaillant ses courbes, il se passa la langue sur les lèvres… si belle… si désirable… mais avec ces foutus gardes du corps, que faire ?

Bientôt ma mignonne, bientôt.

S’enfonçant dans l’ombre, le soldat alla prendre son tour de garde.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Dans la chambre du régent, le chef du chantier revenait juste avec les poutres. Ces imbéciles de charretiers s’étaient arrêtés boire un petit verre, qu’ils disaient, et ils avaient tellement picolé qu’au lieu d’aller au château ils avaient déchargé leur cargaison dans le secteur des entrepôts. Quelques coups de poings et un passage dans un abreuvoir plus tard, ils avaient finis par accepter de recharger les poutres sur leurs chariots et de les amener à leur vraie destination.

Satisfait, John grogna :

Bon, au boulot les gars ! Vous me finissez cette ouverture et vous la renforcer avec ces madriers. Je veux que cette porte soit consolidée avant ce soir.

Ainsi au moins il pourrait aller dormir tranquille sans la crainte qu’un de ses ouvriers le réveille pour lui expliquer que les appartements du régent s’étaient effondrés.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Mer 7 Avr 2010 - 10:35

Clarys avait quitté le chantier peu après que la nouvelle intendante soit partit. Elle avait encore beaucoup de travail aujourd’hui et elle devait se dépêcher de tout faire rapidement si elle voulait passer une nouvelle fois la soirée avec la jeune femme.
Elle avait été d’abord surprise de pouvoir l’aborder aussi facilement sans que cela ne la dérange. Au contraire, Jena semblait même apprécier sa compagnie. Un petit sourire aux lèvres, la jeune chambrière descendit près des cuisines et s’attela à remplir un panier à bois. Elle espérait pouvoir le monter sans trop de difficulté dans la nouvelle chambre de Jena, au pire elle demanderait un peu d’aide.


Le premier étage fut assez pénible à monter car le panier était vraiment lourd, une fois dans le couloir elle le posa dans un coin et chercha un soldat plus costaud qu’elle pour l’aider à le monter.
Un garde, à l’allure assez bizarre, avancé dans le couloir. Visiblement il était en train de faire sa ronde.


- S’il vous plait, pourriez-vous m’aider à monter ça ? C’est pour la chambre de l’intendante. Je vais vous y conduire.

L’homme ne prononça pas un mot et lorsqu’il fut près d’elle, la jeune femme regretta de lui avoir demander de l’aider tant il avait un visage et un regard profondément dérangeant.
Néanmoins il s’acquitta de sa tâche sans un mot et déposa le panier près de la cheminée dans la chambre.


- Merci pour votre aide, déclara-t-elle en lui souriant du mieux qu’elle put.

~*~

Pendant ce temps Jena avançait toujours vers la caserne. Une fois devant la porte elle faillit percuter un homme qu’elle identifia rapidement comme le médecin de la citadelle. Il lui adressa un sourire et la salua avant de s’éclipser.
Le garde près d’elle lui fit signe qu’il l’attendrait devant la porte. Jena s’en voulait de balader ainsi ce pauvre garçon. Il n’avait sûrement pas demandé à être toujours collé à ses chaussures. Mais elle ne voulait pas contrarier Hanegard, même s’il n’était pas là.
Poussant un léger soupir en se rappelant de ce dernier détail, Jena ouvrit la porte et entra dans une petite chambre.
La jeune femme reconnut immédiatement l’homme allongeait sur le lit et lui adressa un grand sourire.
Si son amant avait confiance en lui, alors elle n’avait aucune crainte de venir le voir. Et puis le soldat ne devait pas être des plus heureux de se retrouver ainsi clouer au lit sans personne pour lui rendre visite.


- Bonjour, je venais voir comment vous alliez. J’espère que votre blessure n’est pas trop grave et que vous pourrez à nouveau marcher très vite. J’aurais besoin de vos avis concernant les travaux dans l’appartement de…du régent. Et je pense que vous êtes la personne la mieux placée pour m’aider.

Jena s’était approchée du lit et observait à présent le soldat. Il n’y avait chez lui que sa jambe de cassée, car il avait l’air en parfaite forme. C’était d’ailleurs un étonnant contraste !
La jeune femme jeta un coup d’œil sur la petite table de chevet près du lit et fut surprise de n’y voir qu’un verre d’eau et un morceau de pain. D’après la carrure du soldat qu’elle avait en face d’elle, il était peu probable pour que ce repas le rassasie


- Voulez-vous que j’aille vous chercher autre chose à manger ! Je ferais en sorte d’éviter de tomber sur Erdaker ! Ajouta-t-elle en riant doucement.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Mer 7 Avr 2010 - 19:03


Tendant l’oreille, Sargril vérifia qu’Erdaker était bien parti puis il lâcha un petit ricanement sardonique.

Ce vieux brigand est un véritable tyran, et je le soupçonne de limiter mes rations pour éviter que je ne sois tenté de me lever trop vite.

Enfin en campagne, les rations de soldats n’étaient pas meilleures. Mais par les Cinq, ils étaient à la citadelle ! Après la première tentative de se lever seul, le médecin l’avait passer à ce régime sec, prétextant qu’une alimentation trop riche lui « échauffait » le sang. La bonne blague ! Mais peut être Jena apportait-elle la solution à son problème. L’officier se passa une langue gourmande sur les lèvres en entendant la proposition de la jeune femme.

Jena, vous seriez ma sauveuse si vous pouviez me faire amener discrètement une belle pièce de viande et une bouteille de vin.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Un peu plus loin, Tarkel se passait lui aussi la langue sur les lèvres… mais la pièce de viande qu’il convoitait lui s’appelait Clarys…

Il n’en revenait pas de sa chance. La donzelle était venue le chercher, soi-disant pour monter un panier dans la chambre de la catin du régent. Bien sur, Tarkel connaissait la vérité. Elle devait déjà être sous son charme et désirait connaître un homme, un vrai, entre ses cuisses. Et bien elle allait être servie. Elle d’abord, Jena ensuite. Après tout, personne ne rentrerait dans cette chambre avant de longues heures.

Le sourire de Clarys se figea légèrement sur son visage, car elle sentait bien que quelque chose n’allait pas. La façon qu’avait cet homme de la regarder la mettait mal à l’aise.

Elle recula d’un pas…

Tarkel avança d’un…

La peur jaillissant soudain dans son esprit, la servante tentant de contourner le prédateur. S’enfuir de cette chambre ! Vite ! Dans le couloir, il y aurait quelqu’un, un garde ou un ouvrier, n’importe qui ! Trop tard. Des bras robustes la saisir par la taille et elle se retrouva plaquée contre le soldat. Alors qu’elle s’apprêtait à hurler, un couteau se posa sur sa gorge tendre, tandis qu’une voix murmurait à son oreille :

Un cri, un seul, et je t’égorge comme une truie.

Lui mordillant l’oreille, Tarkel pinça les tétons de sa victime, lui arrachant un petit gémissement vite ravalé lorsque la lame du couteau appuya un peu plus. Un fin filet de sang apparut sur la gorge blanche. Des larmes perlant à ses paupières, Carlys tenta de ne pas s’évanouir.

Tarkel, lui, hésitait. Il avait bien envie de la trousser là, sur le lit de Jena, sans plus attendre. Mais il devait se rendre à l’entraînement et son chef n’acceptait pas les excuses de retard. Ricanant, il décida de reporter à une autre fois sa petite séance. D’un coup sec sur la nuque, il assomma net la jeune femme, puis ouvrit l’armoire et se mit à fouiller.

Ah.

Satisfait, il en sortit un drap, qu’il déchira pour faire des liens et un bâillon à destination de sa victime, puis planqua le reste à l’arrière du tas de ligne. Plusieurs jours passeraient avant que quiconque ne se rendre compte de quoi que ce soit.

Hissant Carlys sur son épaule, il entrouvrit la porte de la chambre et jeta un coup d’œil dans le couloir. Coup de bol, c’était l’heure du repas et il n’y avait personne en vue. Comme une ombre, il parcourut quelques mètres et ouvrit une porte menant aux soubassements de la citadelle, tout en bénissant les dieux qui l’avait laissé si longtemps en garnison à Alonna. Il connaissait bien les recoins des cachots, et savait où trouver des pièces quasiment jamais utilisées.

Entrant dans une de ces pièces, vraisemblablement une ancien remise, il y déposa sa proie. Carlys s’était réveillé pendant le trajet, et ses grands yeux écarquillés fixaient avec terreur son bourreau. Tarkel adorait lire ce regard dans les yeux d’une femme, cela l'excitait au plus haut point, et il lui tardait de le lire dans celui de Jena. Sortant de la pièce abandonnée, il remonta en courant les escaliers et se rendit à son entraînement.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Mer 7 Avr 2010 - 21:34

Devant la joie manifeste du soldat, Jena ne perdit pas une seconde et se rendit rapidement dans les cuisines, toujours suivit par son dévoué garde du corps.
Une fois dans les cuisines, Jena demanda une assiette de nourriture car elle désirait aller se reposer dans sa chambre le plus rapidement possible. Et étant fatiguée elle préférait manger sans trop attendre.
La matrone lui donna une belle assiette composée d’une tranche de viande chaude et de quelques légumes bouillis. En sortant, la jeune femme attrapa discrètement une bouteille de vin posée sur la table près de la porte. En rigolant elle adressa un clin d’œil complice au petit page qui attendait sagement dans le coin.
Lorsqu’elle sortit, le garde reprit sa position et lui ouvrit la route.


- Allons, vous pouvez aller manger vous aussi. Je retrouverai toute seule le chemin de ma chambre, merci. Par contre n’oublie pas d’envoyer quelqu’un devant pour la nuit.

Le soldat sembla hésiter un instant mais devint l’insistance de la jeune femme et de son ventre affamé, il ne se fit pas prier une deuxième fois et retourna dans les cuisines pour prendre de quoi se nourrir. Et puis la jeune femme n'avait pas l'air de vouloir contredire les ordres du régent, elle lui avait même rappelait de reprendre son poste pour la nuit.
Visiblement elle craignait un peu pour sa vie. Il avait attendu parler d'une violente altercation qui avait eut lieu la veille du départ du régent entre elle et la grosse dame qui se croyait toujours supérieure à tout le monde.

Jena regagna la caserne et la petite chambre de Sargril. Celui-ci ’accueillit en souriant.


- Et voilà le travail ! Si Erdaker voyais cela il me ferait boire une de ses potions bizarres. Mais en même temps je ne pouvais pas vous laisser mourir de faim, Hanegard m’en aurait sûrement voulu!

Jena posa son butin sur la table de chevet et se contenta de prendre le verre d’eau pour étancher sa soif. Elle se doutait que ce verre ne servirait plus à rien maintenant que le soldat avait sa bouteille.


***
Le coup qu’elle reçut à la tête lui avait fait perdre connaissance, mais quand elle revint à elle, Clarys n’avait rien oublié du tout et elle était en train de se faire balloter sur les épaules de ce fou furieux.
Apeurée la jeune femme n’osa pas se débattre.
L’homme la laissa dans une petite pièce perdue au milieu des cachots de la citadelle. Ici personne ne la trouverait même si elle arrivait à arracher son bâillon pour hurler.
Des larmes de terreur vinrent inonder ses joues. Elle était terrifiée par ce qui allait lui arriver, mais aussi à l’idée que ce criminel sache où se trouvait la nouvelle chambre de l’intendante et de ce qu’il pourrait lui faire s’il arrivait à l’attirer.

Un dangereux criminel, voilà ce que c’était rien de plus. Que diable faisait un homme de ce genre dans la citadelle ? Mais que pouvait-elle faire, elle qui était abandonnée au fin fond des cachots. Totalement seule dans l’obscurité de la petite pièce.
Est-ce que quelqu’un finirait par la retrouver ? Et si ce fou revenait…elle n’avait même pas besoin d’imaginer, elle avait clairement vu ses intentions lorsqu’elle s’était retrouvée contre lui.

Tremblante de peur la chambrière attendit en priant pour que quelqu’un vienne la chercher.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Jeu 8 Avr 2010 - 14:42

C’est bon, rompez tas de chiens galeux !

Avec un soupir de soulagement, le bataillon retourna vers son baraquement. Le vieux Hendrer, le sergent qui supervisait leur entraînement, s’était une fois de plus montré rude et impitoyable. Mais avec un nouveau régent au pouvoir, les jours passés à se la couler douce étaient bien finis, et le commandant de la garnison ne désirait sûrement pas décevoir son seigneur lorsque celui-ci ordonnerait un exercice grandeur nature de bataille rangée.

Tarkel s’apprêtait à suivre les autres lorsque la voix tonnante d’Hendrer se fit entendre.

Viens ici et en vitesse mon gaillard !

Sergent ?

Alors quoi, tu avais la tête ailleurs aujourd’hui ? On aurait dit une recrue à son premier entraînement ! C’était pitoyable, tu laissais ta garde ouverte comme une putain à la recherche d’un client !

Je…

Ta gueule ! Tu seras de garde toute la nuit à la tour Sud, ça te remettra les idées d’aplomb ! File maintenant !

A vos ordres !

Jamais punition n’avait autant ravi Tarkel. La tour Sud ! Autrement dit juste à côté des appartements de Jena… et de l’escalier vers la remise où l’attendait Clarys. Décidément, les dieux devaient l’aimer pour si bien veiller sur lui. Oui, ce devait être cela, le destin lui offrait les deux jeunes femmes sur un plateau, et refuser cela aurait été une véritable impiété de sa part.

Un sourire dément aux lèvres, il se saisit de sa hallebarde et s’enfonça dans les corridors de la citadelle pour aller se mettre en position.

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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Jeu 8 Avr 2010 - 16:38

Après de longues minutes passées au chevet de Sargril, Jena lui souhaita une bonne nuit. Elle lui avait promis de revenir le lendemain avec une autre assiette bien remplie pour l’aider à tenir ce repos forcé.
Elle posa amicalement sa main sur celle du soldat, lui sourit et se retira sans plus attendre. Elle avait beaucoup apprécié leur conversation et la personnalité de Sargril lui inspirait confiance.
Se retrouvant seule dans les couloirs, se fut la première fois que Jena ne ressentit pas le regard pesant du garde qui la suivait habituellement. Il n’y avait qu’elle. Ses pas l’emmenèrent jusqu’aux appartements du régent. Comme la nuit tombait, les ouvriers étaient en train de ranger leurs outils et de quitter les lieux pour se rendre au grand réfectoire. Ils avaient bien mérité leur repas et une nuit de sommeil.
Passant près d’elle, les ouvriers la saluaient d’un signe de tête et elle leur répondait d’un léger sourire. Elle n’était pas encore habituée à tant d’égard et à ce que les visages se tournent sur son passage.
Lorsqu’elle pénétra dans la chambre elle fut ravie et surprise par l’avancement des travaux.
La panique du matin ayant était réduite à néant, le travail de la journée avait été efficace et rapide.
Une large ouverture avait été pratiquée sur le mur qui séparait la chambre de celle à côté. Et un nouveau mur était en voie de construction. Selon les plans elle se trouvait dans le futur vestibule permettant d’accéder par une porte soit à la future chambre, soit au grand bureau.
Tournant sa tête vers l’autre mur, elle fut surprise d’y voir un trou consolidé par de lourde poutre. Il s’agissait de la future porte qui relirait sa chambre à celle de son amant.

Le chef de chantier, apercevant la jeune femme, vint la saluer et lui fit un rapide rapport concernant l’avancement des travaux. Il avait eut quelques soucis avec là porte qu’il avait du changer d’endroit au dernier moment, mais maintenant tout semblait aller pour le mieux.
Il avait bon espoir que sans autre catastrophe, le chantier soit terminé à la fin de la semaine, soit dans quatre jours.
Jena félicita et remercia John pour tout le travail qu’il avait fournis.

Fatiguée par son interminable journée, Jena monta à l’étage supérieur et frappa à la porte de son amie Clarys. Celle-ci ne répondit pas. Elle devait encore avoir du travail. La jeune femme poussa un léger soupir, déçue de ne pas pouvoir apprécier sa compagnie pour le reste de la soirée.
Continuant dans le couloir pour rejoindre sa nouvelle chambre, Jena remarqua qu’un soldat était posté au fond de celui-ci, près de l’escalier.
Ce n'était pas le même jeune homme qu'elle avait renvoyé un peu plus tôt.

Sans plus se soucier de rien, Jena entra dans sa chambre et retira ses vêtements. Elle enfila une longue chemise de nuit. La nuit était fraîche et elle eut le plaisir de voir que quelqu’un lui avait fait monter un panier de bois. Sûrement Clarys qui avait voulu rendre cette chambre plus confortable avec un petit feu. La cheminée ne devait pas avoir vu de flammes depuis des années tant la brique au fond de l’âtre était propre.
Rapidement, la jeune intendante alluma un petit feu et se faufila dans ses draps encore froid. Un léger frisson la parcourut avant que les couvertures ne se réchauffent et qu’elle sombre dans les bras de Morphée !


***

Le jeune soldat venait de terminer son repas et s’apprêtait à retourner à son poste près de la chambre de la jeune intendante. Ce poste là n’était pas très fatiguant et il faisait des envieux parmi les autres soldats de la garnison. En sortant du réfectoire il croisa Hendrer et lui adressa un bon vieux salut militaire.

- Où te rends-tu comme ça ? grogna son supérieur.
- Je vais reprendre mon poste auprès de l’intendante du régent, Sergent.
- Qui t’as remplacé pendant ton repas ?
- euh…et bien… personne Sergent. La Dame m’a autorisé à aller manger. Elle m’a juste ordonné de reprendre mon poste de suite après.
- Bougre d’âne…tes ordres étaient de ne pas la lâcher d’une semelle. Si j’apprends qu’il lui est arrivé quelque chose je t’en tiendrais personnellement pour responsable sombre crétin. Retourne à la caserne. Demain, je te veux debout avant tout le monde. Tu resteras planté dans la cour toute le matinée.
- Mais…
- Je ne veux rien entendre. J’ai envoyé Tarkel prendre la ronde ce soir dans l’aile sud. Maintenant hors de ma vue.

Le jeune soldat ne se le fit pas dire deux fois et s’éclipsa avant que le sergent ne change d’avis et lui donne une punition plus importante.
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Jeu 8 Avr 2010 - 18:52


Dans le couloir mal éclairé par des torches crachotantes, une ombre se mouvait lentement, avançant à pas de loup, attentive au moindre bruit qui pourrait trahir sa présence ou annoncer l’arrivée d’un garde en patrouille. Il savait où il voulait aller, sa proie était passée devant lui quelques minutes auparavant, insouciante et désireuse de se reposer après une journée de labeur. Savait-elle seulement que son sort était déjà défini, qu’entre tous les fils du destin il avait choisi le sien ? Non, bien sur que non, et cela n’en rendait la traque que plus délicieuse encore. L’ombre s’enfonça dans une encoignure lorsque les ouvriers sortirent de la chambre du régent, un peu plus loin, puis repris sa lente avancée.

Tarkel posa la main sur la poignée de la porte de Jena…

[Soit dit en passant, vous vous doutiez un peu que c’était lui l’ombre machin truc ? Non ? Eh bien soyez un peu plus attentif à la lecture, prenez des notes, je ne sais pas moi… Bon, je sens une légère impatience là. Que va-t-il arriver à notre douce et tendre Jena, seule face à ce pervers psychopathe ? C’est bien cela ce que vous vous demandez ? Reprenons donc le fil de l’histoire, vous le saurez dans quelques lignes.]

Tarkel, car c’était bien lui, ouvrit lentement la porte et observa un instant la forme endormie de Jena dans son lit, éclairée par la lueur des flammes de la cheminée. Lentement, il sortit son couteau de sa gaine de cuir et s’approcha, se passant la langue sur les lèvres à la simple idée de ce qui allait suivre. Elle lui était destinée, il le savait et le sentait au plus profond de ses tripes, cette garce qui se donnait des grands airs parce qu’elle couchait avec ce bâtard de Kastelord. Un régent ça ? Pouah, un barbare des montagnes tout juste bon à diriger trois huttes moisies et une soue à cochon !

Un pas de plus et il arriva au bord du lit…

L’instant d’avant, Jena dormait paisiblement, celui d’après elle se réveilla brusquement, une main lui bâillonnant fermement la bouche, le froid d’une lame se faisant sentir sur sa gorge tendre. Une voix rauque murmura à son oreille :

Tu ne parles pas, tu ne tentes pas de fuir, ou je t’égorge, compris ?

La terreur qu’il lisait dans les yeux de sa prisonnière l’excitait déjà, et il avait hâte que s’y mêle la douleur. Mais mieux valait ne pas trop traîner ici, une patrouille pouvait passer vérifier que tout allait bien, où bien un de ces crétins de la garde baronniale risquait de prendre la faction devant la porte. Il aurait l’air fin tiens dans ce cas ! Non, son plaisir attendrait quelques minutes, après tout il avait su faire preuve de patience jusque là.

Avec l’habileté d’un soldat de métier, Tarkel força la jeune femme à se lever et à le suivre, sans éloigner son couteau pour éviter tout risque de cri ou de fuite.

On sort… et en silence… sinon couic !

Lentement, ils sortirent de la chambre et prirent le même chemin que Tarkel avait déjà parcouru lorsqu’il avait enlevé Clarys, descendant les escaliers humides vers le niveau des cachots, puis encore plus profonds jusqu’aux anciens entrepôts.

Ouvrant la porte de la remise qu’il avait choisi comme terrain de jeu, Tarkel projeta Jena en avant, l’envoyant bouler contre la chambrière, toujours ligotée, puis il referma derrière lui et poussa le verrou. Ils se trouvaient dans les souterrains les plus profonds de la citadelle et les cris éventuels qui retentiraient ne risquaient guère de remonter jusqu’aux oreilles de quiconque.

Lentement, il s’approcha des deux jeunes femmes, une grimace démente lui déformant le visage.

Bien, maintenant nous allons pouvoir nous amuser.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Nimor arriva en courant dans le couloir où se trouvait la chambre de Jena, mais tout était calme. Par souci de sécurité, il entrouvrit la porte de la chambre de Jena, jeta un œil…

…et se rua dans la pièce…

Le feu brûlait dans l’âtre, le lit était défait et encore chaud, mais pas de trace de Jena. Bizarre, très très bizarre ça. Ressortant dans le couloir, Nimor tourna l’angle pour demander à Tarkel s'il avait vu l’intendante… après tout, Jena avait pu avoir un petit creux et être tout simplement dans les cuisines.

…pas de Tarkel non plus…

Merde !

Par ce mot que d’autres plus célèbres que lui utilisèrent, le jeune garde laissa s’exprimer sa crainte et sa frustration. Instinctivement, il sentait que quelque chose de grave venait de se passer, juste avant son arrivée, mais sur sa vie il n’aurait su dire quoi. Tournant en rond dans le long couloir désert, il réfléchit à la situation lorsqu’un élément anormal l’intriguât : la porte menant aux soubassements de la citadelle était ouverte, alors que personne ne l’empruntait habituellement. Fouillant sa mémoire, il se remémora son dernier passage en fin d’après-midi devant cette même porte, et il aurait juré l’avoir alors vue fermée.

Jena introuvable, Tarkel absent de son poste, une porte habituellement fermée ouverte comme par hasard cette nuit là… cela faisait beaucoup, même pour un détective en herbe comme notre garde. En tout cas, une seule chose était certaine : sa mission consistait à protéger Jena, partout et en toute circonstances !

Dégainant son épée, Nimor s’enfonça dans les ténèbres.



Dernière édition par Hanegard Kastelord le Ven 9 Avr 2010 - 8:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Jeu 8 Avr 2010 - 19:45

Un sommeil léger l’avait enveloppé, si bien qu’elle entendit le bruit d’une porte que l’on ouvre. Croyant rêver, elle n’ouvrit même pas les yeux, ce qui est foncièrement stupide au vue de la suite.
Peut-être alors aurait-elle pu crier, appeler à l’aide, ou même tenter de s’enfuir. Mais une fois la lame froide du couteau contre son cou et la main sale appuyée fermement sur sa bouche, il lui était impossible de faire quoi que se soit.
Immédiatement la terreur l’envahit. Est-ce un homme envoyé par Dame Camillia ? Devait-il assouvir le besoin de vengeance de cette monstrueuse femme ?
Quand Jena croisa le regard de l’homme, elle sentit un frisson la parcourir. S’il avait été envoyé pour la tuer, elle pouvait clairement lire dans ses yeux, qu’il comptait faire ça lentement. De prendre tout son temps et tout son plaisir.

Jena ne supportait pas de se voir ainsi sans défense. Elle n’aurait même pas pu se protéger tant elle était ignorante de tout ce qui aurait pu la sauver. Et puis après tout, elle avait crut pouvoir avoir confiance, il s’agissait visiblement d’un homme de la garde.
L’homme la poussa dans le couloir sans ménagement et l’entraîna d’un pas rapide dans un sombre escalier menant dans les souterrains de la citadelle.
Elle n’y avait jamais mit les pieds et pour le moment elle était trop occupée à regarder où elle marchait tant le sol était glissant. Ses pieds nus étaient gelés et elle ne sentait presque plus le sol tant ils étaient engourdis.
Mais cette douleur là était bien légère en comparaison de son cœur qui tambourinait dans sa poitrine. Brusquement il ouvrit une porte et la jeta au fond dans une pièce sombre.
Le choc lui arracha un cri de douleur quand ses genoux heurtèrent les dalles glacées.
Lorsqu’elle releva les yeux, elle vit près d’elle une silhouette tremblante. Elle mit quelques secondes à reconnaître Clarys. Ses yeux se remplirent immédiatement de larmes en pensant au mal qu’il avait du lui faire.
L’homme ferma la porte derrière lui et annonça le début du cauchemar duquel Jena ne semblait pas pouvoir sortir.
Il s’approcha d’un coin de la pièce, visiblement il y était déjà venu et alluma une bougie qu’il reposa sur son petit socle en terre cuite. La petite flamme vacillante rajouta à l’horreur du tableau.
Jena rampa jusqu’à la jeune chambrière bâillonnée et ligotée. Avec douceur elle posa son bras sur le siens et tenta de calmer ses tremblements alors qu’elle était aussi tremblante qu’elle
.

- Laissez nous sortir, espèce de fou.

Jena se leva et se mit devant Clarys prête à la protéger avec ses pauvres ongles. Le peu de courage qu’elle possédait lui disait de lutter contre ce monstre même si elle savait parfaitement comment cela finirait.
Tant pis, elle ne voulait pas lui rendre la tâche plus facile. Même si elle ne faisait pas le poids contre lui.
Extérieurement elle n’avait pas l’air très à l’aise sur ses deux jambes tremblantes. Son visage était ferme mais ses yeux laissaient entrevoir la peur qui étreignait son cœur.
Intérieurement elle était encore moins à l’aise. De tout son cœur elle priait les dieux de lui envoyer du secours, elle ne voulait pas mourir. Pas déjà. Et puis il y avait Hanegard. Cette seule pensée lui insuffla encore plus de courage. Il était hors de question qu’un autre homme que lui pose les mains sur elle.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Jeu 8 Avr 2010 - 20:24

Lâchant un rire bref, comme un cri de charognard, Tarkel regarda Jena se placer entre lui et son amie. Quel courage ! Quel dévouement ! Quelle abnégation ! Mais cela ne la sauverait pas du sort qui l’attendait. Une gifle donnée du revers de la main envoya la jeune femme au sol, la lèvre éclatée. Se penchant sur elle, le soldat cracha :

Petite idiote, ne comprends tu pas ? Tu es en mon pouvoir, et tu ne peux rien y faire. Rien !


Il avait presque hurlé ce dernier mot, tant il savourait l’instant. Non pas une mais deux jeunes femmes entièrement à sa merci. La chance lui souriait ! S’avançant, le soldat saisit Jena par la gorge et la força à se relever. De l’autre main, il lui arracha sa chemise de nuit, dévoilant ce corps qu’il convoitait tant. Le cri d’indignation de Jena lui valut une nouvelle gifle, ouvrant plus largement la lèvre de la jeune femme. Comme toujours, la vue du sang attisa les ardeurs de Tarkel.

Mais alors qu’il levait pour la troisième fois la main, il se figea soudain…

Jena et Carlys, plus préoccupées par leur sort que par les événements extérieurs, n’avaient rien du remarquer, mais le soldat qu’était Tarkel entendait au loin des pas. Un gêneur ? Sans doute, mais cela ne pouvait plus mal tomber pour lui. Pestant contre ce coup du sort, il assomma net Jena d’un direct à la mâchoire. Sonnée, elle s’effondra au côté de Carlys, toujours solidement attachée et bâillonnée.

Dégainant sans bruit son épée, il se plaça derrière la porte.

A quelques dizaines de mètre de la petite pièce, Nimor venait de finir de descendre l’escalier. Il était sur d’avoir entendu crier un peu plus tôt. Un cri de femme. Jena ?

Tournant l’angle d’un couloir, il aperçut non loin la lueur d’une chandelle qui se reflétait sous une porte. L’espace d’un instant, le jeune homme hésita : avancer plus loin son exploration ou aller chercher de l’aide et revenir en force ? Le courage l’emporta sur la raison et il se remit à avancer, son épée serrée dans sa main. Arrivé devant la porte, il hésita un instant puis l’ouvrit d’un coup, prêt à affronter tout homme ou démon qui se cacherait là.



Dernière édition par Hanegard Kastelord le Ven 9 Avr 2010 - 8:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Jeu 8 Avr 2010 - 20:45

Voilà que pour la deuxième fois en moins de deux jours elle se faisait frapper. Mais cette fois avec plus de force. La violente gifle qu’elle reçut au visage la laissa sonnée. Haletante sur le sol froid. Sa main se posait doucement sur le feu qui cuisait sa joue dans l’espoir d’en atténuer la douleur. Mais soudain les mains puissantes du soldat se posèrent sur sa gorge et l’obligèrent à se relever.
Le courage commençait à s’envoler, à fondre comme neige au soleil. Il lui arracha sa robe comme s’il n’avait s’agit que d’une vulgaire guenille. Elle laissa échapper un cri de surprise quand le tissu se déchira.
Elle éprouvait tant de haine pour ce monstre. Elle aurait voulu le voir mourir sous ses yeux.
Une troisième fois il leva la main pour la frapper mais il se figea, visiblement attirait par quelques bruits venant de l’extérieur.
Jena ne vit pas le coup venir, elle se sentit juste tomber.
Clarys rampa tant bien que mal vers la jeune femme, les larmes ruisselantes sur son visage. Elle vit alors le manège surprenant de leur agresseur. Dégainant son épée, il s’était tapi dans l’ombre derrière la porte.
S’approchant autant qu’elle le put, la pauvre chambrière essaya de voir l’état de Jena. Il ne fallait pas qu’elle reste nue comme un ver dans le froid glacial de ce cachot, sans quoi elle attraperait la mort.

Soudain la porte s’ouvrit et un garde, l’épée au poing s’avança dans la pièce. D’abord suspicieux, son visage se figea et la servante put y lire la surprise et la peur. Visiblement, il avait reconnut le corps étendu de Jena et il s’avançait rapidement vers elle.
Clarys tenta de l’avertir en se mettant à hurler à travail son bâillon mais il n’y avait là rien d’intelligible.
Cependant, à la vue de cette servante affolée, Nimor se rappela que ce qui l’avait étonné quelques minutes plus tôt dans le couloir, s’était l’absence de Tarkel, le garde en faction près des appartements de l’intendante.

Faisait brusquement demi tour il se mit rapidement en garde, tentant de voir son ennemi dans l’obscurité.

Jena ouvrit les yeux et gémit de douleur en sentant le goût du sang envahir sa bouche. Sa tête lui faisait mal et elle avait du mal à distinguer les formes.
Cependant elle était sûre qu’un autre homme était entré dans la pièce.
Celui-ci, le dénommé Nimor, sembla un instant déconcentré. Il avait l’espace d’une seconde quittait des yeux Tarkel, et avait jeté un regard inquiet vers Jena en l’entendant gémir.


Dernière édition par Jena le Ven 9 Avr 2010 - 9:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Ven 9 Avr 2010 - 8:26


L’inattention de Nimor lorsqu’il entendit le gémissement de Jena failli lui coûter la vie car ce fut à cet instant précis que Tarkel passa à l’attaque. Fonçant comme un taureau furieux, il plaça une botte vicieuse qui failli embrocher net le garde, lui laissant tout de même une longue estafilade sur le flanc. Écartant le danger d’un coup circulaire, Nimor recula et vit le visage de son adversaire se refléter à la lueur des torches.

T.. toi ? Sale traître !

Pour tout réponse, Tarkel attaqua de nouveau, obligeant encore le garde à reculer. Sa blessure l'handicapant, Nimor ne pouvait reprendre l’offensive et subissait le rythme imposé par son adversaire. Leurs lames se bloquèrent soudain dans un raclement sec de métal, et les deux hommes restèrent ainsi plusieurs secondes, chacun tentant de faire céder l’autre. Mais le sang qui coulait abondamment sur le flanc du protecteur de Jena finit par le faire céder et Tarkel pu le repousser violement contre le mur. Avant que le jeune homme n’ait eu le temps de se remettre en garde, la lame du soldat lui transperça la poitrine de part en part.

Délaissant le vaincu, Tarkel revint à ses amusements. Jetant un regard méprisant à Jena, toujours à moitié sonnée, il se concentra sur Clarys, et la rua de coups de poings, hurlant sa colère :

Alors comme ça tu as voulu l’avertir hein ? Bien bien bien, je vais t’apprendre que l’on ne me défie pas impunément. Tu vas crier, cela je te le jure.

Arrachant le bâillon de sa prisonnière, il dégaina son couteau et le posa contre un doigt de sa proie, savourant la peur qui émanait d’elle… quel parfum enivrant ! Lentement, avec délectation, il enfonça le couteau dans la chair de Clarys. Le cri de douleur de la jeune femme retentit dans tout l’étage, à la plus grande joie de son bourreau. Oui, qu’elle hurle, qu’elle supplie, cela augmentait son excitation. Délaissant sa victime sanglotante qui regardait avec horreur son doigt tranché juste retenu à sa main par un lambeau de peau, Tarkel se releva et saisit Jena par les cheveux. Une violente paire de gifle ramena la jeune femme à la réalité.

A nous maintenant ma petite chérie.

Baissant son pantalon, le soldat força Jena à écarter les cuisses, riant de ses vains efforts et des ses tentatives de la frapper. Qu’elle résiste, qu’elle résiste, cela n’en serait que plus amusant, surtout quand l’issue est déjà connue.

Brusquement, il s’arrêta, le masque lubrique de son visage soudain remplacé par de l’étonnement. Lâchant un gargouillis étranglé, il s’effondra d’un bloc, une dague plantée entre ses omoplates. Une ombre chancelante se tenait au dessus du corps du soldat.

Justice est faite, murmura Nimor d’une voix faible.

Ses genoux cédèrent et le jeune homme s’évanouit, la gravité de ses blessures et la violence de la douleur qu’il avait un temps dompté revenant en force.

Le silence retomba dans la pièce, seulement troublé par la respiration saccadée des survivants.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Ven 9 Avr 2010 - 9:43

Au bruit des épées qui s’entrechoquent Jena se sentit totalement revenir à elle. Se reculant contre le mur, elle tenta de se protéger des deux hommes qui se battaient violemment. Elle priait pour que la victoire revienne au jeune soldat qui était le seul à savoir où elles se trouvaient, mais le sort en décida autrement et Nimor fut transpercé par la lame de Tarkel.
La colère et l’exaltation qui se lisaient alors sur son visage effraya encore plus la jeune femme. L’homme sembla la délaisser pour d’abord s’occuper du cas de la chambrière toujours fermement attachée.
Jena ferma les yeux pleurant de terreur en entendant les coups et les gémissements de Clarys. Maintenant elle avait perdu tout courage. Le cri déchirant de la jeune femme lui glaça le sang et lorsqu’elle rouvrit les yeux ce fut pour voir la main ensanglantée de son amie.
Visiblement satisfait, Tarkel se tourna alors vers elle.
Pleurant de rage et de haine, Jena sentit ses mains perverses se poser sur elle, l’obligeant à lui laisser le passage. Malgré tous ses efforts, il était bien plus fort que lui et ses cris ne semblaient pas le gêner, au contraire, il avait l’air encore plus excité.


Soudain, l’homme l’observa avec un air surpris et s’effondra sur elle quelques secondes après. Tremblante Jena se dégagea comme elle put. La flamme de la bougie éclaira alors le manche d’une dague profondément plantée dans le dos du soldat.
La respiration haletante, Jena eut besoin de plusieurs minutes pour se remettre. Ce fut les pleurs de douleur de Clarys qui la fit revenir à elle.
Se précipitant vers elle, Jena aida la jeune femme à se redresser et la serra dans ses bras. Toutes deux étaient parcourues de tremblements, leurs nerfs se relâchaient peu à peu, et la tension commençait à quitter leurs corps.


- Oh….Madame….Ce qu’il a faillit…ce qu’il vous a….
- Allons…tais-toi….ma pauvre Clarys…tu as vécu pire que moi…chut….je vais aller chercher de l’aide…

Mais à qui faire confiance après ça ?
Elle ne pouvait pas courir dans les couloirs, nue comme un ver. Le soldat qui était venu à leur secours respirait encore mais il fallait rapidement s’occuper de lui. Rapidement, elle décrocha sa lourde cape en laine sombre et la noua autour de sa poitrine. Pour le moment, le jeune soldat n’en avait pas besoin.


- Ne bouge pas…je reviens c’est promis.

Jena retourna près de Clarys et déposa un baiser sur son front. Elle n’allait pas l’abandonner, et leur sauveur non plus. Malgré ses jambes encore tremblantes, Jena grimpa rapidement l’escalier glissant. Arrivée en haut de l’escalier, elle ne vit personne. Evidemment le garde qui devait veiller sur l’aile était étendu quelques étages plus bas, une dague plantée dans le dos.

Reprenant son souffle, la jeune femme sentit le sang dans ses veines se glacer. Elle réalisait peut-être seulement maintenant ce qui venait de se passer. De grosses larmes brouillèrent sa vue et de violents sanglots la secouèrent, si bien qu’elle dut rester quelques minutes appuyait contre le mur.

Elle n’arrivait pas à se calmer et en bas, il y avait deux blessés. Elle n’avait pas le temps d’attendre. Se ruant dans le couloir, elle dévala l’escalier, traversa la cour vide et pénétra dans la caserne. Son arrivée bruyante réveilla plus d’un soldat qui l’observèrent avec étonnement. Son accoutrement fit briller les yeux de certains, mais elle n’avait pas le temps pour le voir. Traversant le dortoir en courant, elle monta quelques marches et tambourina à la porte du sergent de la garnison.

- Qu’est-ce que c’est que ce boucan, je vais te pendre par les pieds et te….

L’homme venait d’ouvrir la porte et resta un moment figeait par l’apparition qui se tenait devant lui. Tremblante comme une feuille, les joues brillantes de larmes. La jeune intendante avait l’air de revenir de l’enfer, surtout ainsi drapée d’une pauvre cape masquant à peine les courbes de son corps. Ses bras nus et ses jambes visibles attiraient l’attention de ses hommes. D’un geste brusque il la tira dans ses appartements et claqua la porte derrière lui.

- Mais que…
- Vite Sergent, il y a un de vos soldats et ma chambrière qui sont blessés, dans les cachots près des entrepôts…

Le sergent resta bouche bée un instant, puis réagit rapidement et héla un de ses hommes. Il lui ordonna de partir avec un groupe d’homme et d’aller vérifier près des entrepôts dans l’aile sud.

- Que vous est-il arrivé ?
- Je…un soldat….il m’a trainé dans cette horrible pièce près des cachots….il voulait….il voulait….

La jeune femme ne put terminer sa phrase et fondit à nouveau en larmes. Hendrer posa sa main sur l’épaule de Jena pour la conduire vers un fauteuil, mais la jeune femme se dégagea vivement. Elle ne supportait plus qu’on la touche.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Ven 9 Avr 2010 - 11:32

La petite escouade arriva dans la pièce et resta un moment figée face à la scène : Tarkel gisait raide mort, une dague plantée dans le dos, Nimor ne valait guère mieux, et Clarys était encore attachée au fond, la main ruisselante de sang. Reprenant ses esprits, le chef du détachement s’avança et donna ses ordres :

Vite, détachez là et montez les tous les deux à l’infirmerie. Faites attention avec Nimor. Et prévenez Erdaker de venir tout de suite, nous allons avoir besoin de ses soins. Appelez également le prêtre du temple de Néera, ça pourra être utile. Allez, on se bouge !

Avec l’habileté des soldats habitués à sortir leurs camarades blessés des boucheries des champs de bataille, ils emmenèrent les deux blessés à l’infirmerie. Erdaker, le médecin, et Hamsas, le prêtre, les y attendaient déjà, apparemment guère satisfaits d’avoir été réveillés en pleine nuit. Toutefois, leur expression changea lorsqu’ils virent les blessés et ils ordonnèrent sèchement aux soldats de les laisser travailler. Après avoir établi leur diagnostic chacun de leur côté, ils partagèrent leurs impressions :

La fille est surtout choquée, mais la blessure n’est pas grave et sa vie n’est pas en danger. Le gars par contre…


Surprenant qu’il soit encore en vie, la lame de son adversaire l’a transpercé de part en part.


Il a l’âme chevillée au corps ce garçon. Bon, au boulot !


Et les deux soigneurs, le profane et le mystique, se penchèrent sur Nimor qui luttait pour survivre.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Un peu plus loin dans la citadelle, Hendrer se tordait les mains d’impuissance et d’inquiétude, regardant la jeune femme prostrée dans le fauteuil. Depuis qu’elle lui avait expliqué avoir été attaquée dans les souterrains, Jena ne prononçait plus un mot, refusant même tout contact. Elle restait juste là, repliée sur elle-même, prisonnière de ses cauchemars. Hendrer savait diriger des soldats mais que faire face à cette jeune femme en pleurs ?

Le sergent imaginait déjà la réaction de colère du régent lorsqu’il apprendrait la nouvelle, et nul doute que les murailles d’Alonna allaient trembler. Le régent… Sargril ! Bien sur, le fidèle lieutenant d’Hanegard pourrait peut être réussir là ou il échouait. Ouvrant la porte de ses quartiers, il héla une sentinelle et lui ordonna de prévenir le seul homme, mis à part le régent lui-même, en qui Jena aurait peut être encore confiance après ce qu’elle venait de subir.

Quelques minutes après, le bruit caractéristique d’une canne frappant à intervalles réguliers le sol annonça l’arrivée de l’officier. Soulagé de repasser le fardeau… euh… la demoiselle… à son supérieur hiérarchique, Hendrer se mit au garde-à-vous lorsque la porte s’ouvrit.

Lieutenant…

C’est bon sergent, repos, je prends la suite.

S’avançant doucement, sa canne résonnant sur le sol, Sargril s’approcha de Jena et lui tendit la main.

Venez Jena, je vais vous raccompagner à votre chambre.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Ven 9 Avr 2010 - 12:42

Jena s’était repliée sur elle, les bras encerclant ses genoux contre elle. Elle ne supportait plus rien, ni le bruit, ni la lumière, ni même les paroles rassurantes que lançaient par moment le sergent.
Ses larmes avaient cessé de couler bien qu’il arriva à plusieurs reprises que le déluge reprenne lorsqu’elle revoyait les yeux de Tarkel.
Elle aurait voulu s’enfuir, quitter cette citadelle de malheur où elle n’avait connu que des souffrances…seul Hanegard avait su la rendre heureuse le temps de deux courtes nuits. Mais où était-il ? Pourquoi l’avait-il abandonné ? Il l’avait laissé seule dans ce lieu remplie de monstres et de cauchemar.
Des bruits de pas et le son métallique d’une canne frappant le sol, se fit entendre bientôt.
Lorsque la porte s’ouvrit, Jena n’eut même pas le réflexe de lever la tête. Mais la voix qu’elle entendit la sortit de sa léthargie.
Ses yeux glissèrent vers le visage qu’elle connaissait bien. Quand elle pensait que quelques heures plus tôt elle était assise sur une chaise près du lit de l’homme qui se tenait debout près d’elle.

Voilà maintenant qu’elle culpabilisait d’avoir fait lever Sargril alors qu’il était blessé. Il aurait pu aggraver sa blessure à marcher ainsi. Et il voulait en plus la raccompagner jusqu’ à sa chambre. C’était inconcevable.
Au moment où elle allait refuser son aide, elle se rendit compte qu’elle n’aurait jamais le courage de regagner la petite chambre, et encore moins seule.
Jena se leva enfin, toujours secouée et choquée par la brutalité des évènements de la nuit.
Manquant de céder sous son poids, elle posa sa main dans celle du soldat. Ce léger contact provoqua chez elle tout une nuée de sentiments différents et contradictoire. Elle fut d’abord dégoutée, puis effrayée, enfin se rendant compte qu’il s’agissait de Sargril elle reprit confiance et se sentit rassurée, bien qu’elle ait du mal à sentir la peau de sa main contre la sienne.

L’homme s’appuya sur sa canne et l’entraîna dans hors de la caserne. La jeune femme ne fit même pas attention à l’agitation qui régnait autour d’elle. Les soldats étaient maintenant tous bel et bien réveillés et à la vue de leur lieutenant ils n’osèrent faire aucune remarque quand à la présence de la jeune femme.
Une fois dans les couloirs menant à sa chambre, Jena sentit un frisson la parcourir et elle s’arrêta brusquement.


- Je ne peux pas….je ne veux….je ne veux pas y retourner….gémit-elle d'une voix enrouée.
A nouveau ses yeux se remplirent de larmes. Cachant son visage dans ses mains elle tenta de masquer ses sanglots, mais il était trop difficile pour elle de les contenir. Le froid, la haine, la colère et la peur la faisait trembler.

- Je n’ai même pas pu….je ne savais même pas comment….me défendre

L’espace d’un instant elle se rendit compte qu’elle avait eu de la chance que le soldat n’ait pu atteindre son but. Elle n’aurait jamais plus osé se regarder dans un miroir après ça…ni même recroiser les yeux de son amant.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Sam 10 Avr 2010 - 8:40


Hésitant, Sargril s’immobilisa, puis conduisit la jeune femme jusqu’à ses propres appartements, un peu plus loin à l’étage. Il aurait tant aimé que son supérieur soit là, mais le destin leur avait joué un bien vilain tour en éloignant le régent à ce moment critique. Si la jeune femme s’abandonnait à ses peurs, cela risquait d’avoir des conséquences graves sur sa santé et son équilibre mental.

La sourde colère qui émanait de Jena inquiétait autant Sargril que sa peur. Jena s’était sentie complètement impuissante face à Tarkel, et cela elle le vivait extrêmement mal. Il lui fallait la surcharger de travail, l’obliger à se concentrer sur autre chose que ses cauchemars ou sa vengeance contre un ennemi invisible. Et espérer qu’Hanegard reviendrait vite. Aidant Jena à s’allonger, Sagril lui recommanda :

Essayez de dormir un peu Jena, je vais rester à côté, dans le fauteuil. Et il y a une dizaine de gardes de la trempe de Nimor qui patrouillent en permanence tout autour de mes quartiers.


S’asseyant à son bureau, l’officier commença à rédiger une missive qu’il enverrait à Hanegard. Toutefois, le régent avait prévu de visiter un grand nombre de forteresses et il faudrait peut être plusieurs jours au messager pour le retrouver. Même si la chance était avec eux, le régent ne pourrait être de retour avant la fin de la semaine. De longues journées d’angoisses en perspective…

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
A l’infirmerie, Erdaker et Hamsas échangèrent un long regard navré par-dessus le lit où reposait le corps de Nimor. Malgré tout leur art, ils avaient échoués à sauver le vaillant jeune homme. Le chirurgien se passa une main rouge de sang sur le front et murmura :

Il est mort.

Il baigne dans la félicité éternelle de la déesse désormais.

Hmm…

Guère porté sur la religion, Erdaker couvrit le visage de Nimor et exécuta un salut militaire, vieille tradition des champs de bataille pour saluer les soldats tombés courageusement au front. Un peu plus loin dans l’infirmerie, Clarys dormait paisiblement, un autre chirurgien ayant soigné sa blessure. Mais un nouveau problème allait se poser concernant feu Nimor.

Qui l’annoncera à Jena ?

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Derrière le château, dans une partie asséchée de l’ancien réseau de douves de la deuxième enceinte, remplacé depuis par un nouveau système plus moderne, un petit groupe de soldat dirigé par Hendrer creusait à la va-vite un trou dans la terre meuble. Satisfait de la profondeur, le sergent leva la main et ordonna à deux solides gaillards d’amener leur colis.

Allez, balancez moi la charogne la dedans !

Le cadavre de Tarkel fut jeté dans la fosse, et bien vite recouvert par des pelletées de terre. Le soldat n’aurait comme dernier repos que cette tombe oubliée de tous, où aucun prêtre, aucun ami n’irait jamais prier pour le salut de son âme… si toutefois il en avait eu une. Son nom serait rayé des registres, et nul ne parlerait plus de lui. Pour Alonna, Tarkel n’existait tout simplement plus. Mais pour Jena, hélas, il survivrait longtemps dans ses cauchemars.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Sam 10 Avr 2010 - 10:06

Jena avait confiance en Sargril, aussi n’eut-elle aucune crainte à pénétrer dans ses appartements. Cependant, durant tout le trajet elle ne pouvait s’empêcher de sursauter au moindre bruit. Quand la porte de la chambre fut refermée derrière elle, Jena se laissa guider jusqu’au lit dans lequel elle s’allongea. La laine de la cape provoquait quelques démangeaisons aussi, une fois sous les draps, la retira-t-elle.
Rassurée par la présence du soldat à ses côtés, Jena aurait sûrement pu s’endormir, mais trop peu de temps s’était écoulé depuis qu’elle avait été jetée dans la petite pièce dans les sous sols.
Sargril, s’était installé dans un fauteuil lui tournant le dos. Elle n’entendait que le bruit d’une plume grattant un parchemin. Peut-être un rapport militaire, peut-être relatait-il les évènements qui venaient de se produire.
Elle ne pensa même pas qu’il put écrire une missive à Hanegard.
Les premières heures furent longues et elle ne trouva pas le sommeil, car chaque ombre lui faisait peur. Et chaque fois qu’elle fermait les yeux, le visage de Tarkel s’imposait à son esprit la faisant frissonner.
Mais la fatigue eut raison d’elle et elle sombra bien vite. Les rêves habituels avaient laissé leurs places aux cauchemars, elle ne cessait de bouger, de gémir et parfois même elle fondait en larmes.

Quand elle se réveilla, le soleil se levait à peine et elle avait l’impression de ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Sargril était toujours sur son fauteuil, légèrement penché en avant. Sûrement endormi.
Jena se sentit encore plus mal de causer tant d’ennuis à des gens qui avaient autre chose à faire. Le soldat était blessé et c’était lui qui aurait du profiter de ce lit moelleux et chaud.
La jeune femme saisit la cape de Nimor qu’elle avait laissé au pied du lit et l’enroula autour de ses épaules. Il faudrait qu’elle aille à l’infirmerie aujourd’hui, cet homme lui avait sauvé la vie et lui en serait éternellement reconnaissante.

Cependant pour le moment, elle ne trouvait pas le courage de se lever, elle avait peur de sortir de cette chambre. Peur de croiser d’autres soldats comme Tarkel.
Pourquoi Hanegard était-il partit si loin…Lorsqu’elle pensa à lui son cœur se serra. Elle aurait aimé qu’il soit là, que ce soit lui et non Sargril qui la protège.
Soudain une sombre pensée lui glaça le sang. Elle n’avait pas su se défendre contre ce monstre, Hanegard lui en voudrait-il d’avoir congédié le garde qui l’escortait à ce moment là ? Lui en voudrait-il de ne pas avoir su alerter quelqu’un, de ne même pas avoir su fuir ?

Lentement, serrant la cape autour d’elle, Jena se leva et s’approcha de la fenêtre. Dehors les gens continuaient leurs vies, elle voyait les lavandières avec leur panier de linge, les ouvriers s’affairer dans la cour pour reprendre les travaux, il y avait quelques soldats qui faisaient quelques entrainements à l’épée, excitant la curiosité des plus jeunes.
Revenant vers Sargril elle posa sa main sur son épaule pour le tirer du sommeil.
L’homme leva vers elle des yeux étonnés, peut-être ne s’était-il pas attendu à la trouver debout. Il croisa alors les yeux, rougis par les larmes et la fatigue, de Jena et s’apprêtait à se lever craignant qu’elle n’aille pas bien, mais elle pressa son bras de sa main pour qu’il reste assis.


- Sargril…j’ai besoin de votre aide. Je veux savoir me défendre, je ne veux plus me sentir….aussi impuissante.

C'était une chose difficile à admettre pour la jeune femme, mais c’était Sargril qu’elle avait devant elle, et pas un inconnu. Hanegard lui aurait confié sa vie, elle pouvait donc tout lui dire même les choses les plus humiliantes.

- Je vous en prie, apprenez-moi à ne plus avoir….à subir ça. Je veux savoir manier une arme. Poignard, dague, coutelas, ce que voulez, même un simple couteau fera l’affaire, du moment que…

Jena s’interrompit, les pensées qu’elle avait eut la veille alors qu’elle ne trouvait pas le sommeil lui revinrent brusquement.

- Oh je vous en prie….ne lui dites rien…Je ne veux pas qu’il pense que…Et puis il doit s'occuper de choses......bien plus importantes...que....

Qu’elle était cette nouvelle manie de ne plus savoir finir une phrase et de fondre en larmes aussi brusquement qu’une averse en été. Mais elle revoyait le visage de son amant, et elle ne voulait pas le perdre à cause de ce qui s’était passé.
Ne supportant pas de pleurer ainsi devant Sargril, Jena lui tourna le dos et retourna d’appuyer contre le mur près de la fenêtre.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Sam 10 Avr 2010 - 15:55

La main de Jena sur son épaule tira Sargril de son profond sommeil. Diable, il s’était endormi sur son fauteuil… voilà quelque chose qu’Erdaker désapprouverait au vu de son état. Entre ça et sa petite ballade nocturne, il contrevenait à tous les ordres du médecin. Se frottant les paupières pour finir de se réveiller, il entendit Jena lui demander…

Quoi ?

Lui apprendre à se battre ? Décidément, l’attaque de la nuit avait eu des répercussions plus étendues qu’il ne l’aurait originellement cru. Le sentiment d’impuissance ressentit face à Tarkel avait trouvé une échappatoire dans ce désir d'apprendre à combattre.

Réfléchissant calmement, Sargril analysa la situation…

Jena n’était guère costaude mais elle cachait en elle une force nerveuse sans doute suffisante pour apprendre à manier des armes légères. Et après tout, Sargril avait suffisamment souvent affronté des combattants utilisant la rapière ou l’épée courte pour savoir que, bien utilisées, ces armes peuvent être tout aussi dangereuses que les épées à deux mains.

En soi donc, rien n’interdisait qu’il accède à la demande de Jena, rien si ce n’est qu’il risquait gros à prendre seul cette décision. Jena n’était peut être officiellement que l’intendante, la demoiselle de compagnie du régent, tout un chacun savait bien qu’elle était aussi son amante, et la violence dont le régent avait fait preuve envers Dame Camillia démontrait qu’il tenait beaucoup à elle.

Se tordant les mains d’incertitude, Sargril répondit, sans oser fixer en face son interlocutrice.

Vous me mettez dans une situation difficile Jena. Je comprends et respecte votre désir de vous entraîner aux armes, mais je n’ose en prendre la responsabilité sans avoir auparavant l’approbation du capitaine. De toute façon, avec ma patte folle, je serai bien incapable de vous entraîner à l’heure actuelle.

Le capitaine. Décidément, il faudrait qu’il perde l’habitude de parler d’Hanegard ainsi. Le temps de la légion noire était bien révolue, une glorieuse épopée pleine de rage et de fureur… enfin surtout pleine de sang. Lisant la déception sur le visage de la jeune femme, l’officier s’empressa d’ajouter :

Toutefois je pense connaître suffisamment le régent pour espérer qu’il y sera favorable. Après tout, il m’a un jour dit que sa première femme savait se battre et…

Sargril s’arrêta d’un coup. Qu’avait-il donc dit ? Parler de la première femme d’Hanegard à son amante…. boulette… boulette… là pour sur, sa deuxième jambe allait y passer. Si Jena ne la lui cassait pas elle-même, Hanegard s’en chargerait sans doute à son retour.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Sam 10 Avr 2010 - 17:01

Visiblement, Sargril n’était pas aussi emballé qu’elle à l’idée de lui apprendre à manier une arme. Il ne s’agissait pas là, pour elle, d’une demande nécessitant l’accord du régent. Elle voulait apprendre à se battre et si le soldat assis en face d’elle ne voulait pas l’aider elle demanderait à Nimor une fois qu’il se serait remis de ses blessures.
Lisant sur son visage son air désespéré, Sargril sembla changer d’avis, mais les paroles qu’elle entendit la pétrifièrent littéralement.
Non, elle ne pouvait pas avoir entendu ça…
Pourtant Sargril s’était figé, il s’était tu et semblait soudain très agité.
Alors elle ne l’avait pas rêvé, elle avait bien entendu.


- Sa première….femme ?


Dans sa bouche ses mots avaient un goût de désespoir. Il ne lui serait donc rien épargné aujourd’hui. Elle n’arrivait pas à le croire, et pourtant elle ne connaissait absolument rien du régent. Il aurait pu avoir des dizaines de femmes qu’elle ne l’aurait jamais su.
Elle avait cru un instant qu’il éprouvait la même chose qu’elle. Qu’il avait de réels sentiments pour elle. Après tout il s’était montré d’une tendresse infinie à son égard. A aucun instant il ne l’avait forcé à se donner à lui. Il avait même eut l’intention de la laisser partir…

Ils n’avaient peut-être pas passé beaucoup de temps ensemble, mais elle n’avait jamais imaginé qu’Hanegard fut marié.
Cette fois elle en avait assez, elle ne supportait plus rien, ni la lumière du soleil qui perçait à travers la fenêtre, ni même les yeux de Sargril rivaient sur elle.
Précipitamment, elle courut vers la porte qu’elle claqua derrière elle. Elle se mit à courir dans les couloirs bousculant chambrières et gardes en faction.
Ses pas la portèrent jusqu’à la chambre de Clarys juste à côté de la sienne. C’était le seul endroit de la citadelle qu’elle connaissait et qui ne l’effrayait pas….du moins qui l’effrayait le moins.
Verrouillant la porte derrière elle, Jena attendit de longues minutes adossée contre le bois ciré.
Un nouveau flot de larmes ravageaient ses joues et ses pauvres nerfs vivaient une période décidément bien difficile.
Elle aperçut le coffre à vêtement de son amie et en tira une chemise blanche aux manches légèrement bouffantes et une jupe foncée.
Jena pensa à la jeune chambrière qui devait sûrement se trouver à l’infirmerie, elle aurait aimé aller la voir, ainsi que Nimor, mais elle était bien incapable de trouver le courage de sortir de cette chambre.

Pour le moment elle avait besoin de faire le tri dans ses émotions. Elle en ressentait trop en même temps. Une fois habillée – les vêtements étaient un peu trop grands mais ils feraient l’affaire – Jena s’assit sur une chaise et releva ses genoux qu’elle serra de ses bras.
Elle avait peur, ce sentiment là était clairement identifiable et justifié. Elle avait honte, chaque parcelle de son corps qu’avait touché Tarkel semblait lui brûler de l’intérieur. Elle était en colère devant sa propre inertie, son manque de courage et son incapacité à se défendre. Elle était profondément blessée par ce que venait de lui apprendre Sargril. Et elle se sentait terriblement seule. Le doute s’était emparé d’elle et elle commençait à croire qu’elle avait complètement rêvé l’affection qu’elle avait cru lire dans les yeux du régent, elle commençait à croire qu’il ne l’avait gardé près de lui que parce qu’il n’avait trouvé personne d’autre pour réchauffer son lit.

Cela devait faire des heures qu’elle se balançait d’avant en arrière, la tête enfouie dans ses bras. Tantôt pleurant, tantôt gémissant, tantôt tapant du bois sur l’accoudoir…
Lorsqu’elle leva la tête le ciel se teintait d’orange et elle se rendit compte qu’elle avait passé la journée enfermée. Seule.
Peut-être était-ce ce qu’il lui fallait, car elle se sentit légèrement mieux, très légèrement. Du moins elle se sentit le courage de sortir, car elle avait extrêmement faim. Le pauvre Sargril devait s’inquiété de ne pas savoir où elle était, mais après tout elle s’en fichait.
Depuis le départ d’Hanegard elle était l’objet d’une surveillance constante, mais à présent elle se rendait compte que c’était une peine bien inutile puisque d’abord, cela n’avait pas empêché le mal de se produire et ensuite, que le régent pourrait très bien la remplacer pour une autre.
Elle se faisait l’effet d’une coquille vide, elle avait perdu tout son sourire, toute sa joie.

Jena arriva dans les cuisines et fut reçue par la cuisinière avec trop de compassion et de sollicitude. La jeune femme prit son assiette sans un mot et se dirigea lentement vers l’infirmerie. Elle en avait assez de tous ses regards compatissants.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Sam 10 Avr 2010 - 19:02

Une fois Jena partie, Sargril resta de longues minutes sans bouger. Il avait commis une lourde erreur en parlant de la défunte femme de son chef. Surtout que Jena croyait apparemment cette rivale encore en vie, alors que… Liliana… était-ce cela qu’Hanegard lui avait dit ?... oui… alors que Liliana était morte depuis des années dans des circonstances que lui-même ne connaissait pour ainsi dire pas.

De fait, la seule fois ou son capitaine lui avait parlé de cette période de sa vie remontait à l’époque du siège d’Oësgard par les forces du Duc Merwyn. Quelques verres de trop un soir où il était morose avaient déliés la langue de l’actuel régent d’Alonna. Pour autant que sache Sargril, la mort de Liliana restait une plaie ouverte dans le cœur d’Hanegard et constituait la principale raison du départ de son clan et de sa venue dans le royaume. L’amour qu’il lui portait par delà la mort était sincère et profond, mais jamais l’officier n’obtint plus de détails à ce sujet. Lorsqu’il avait évoqué de nouveau le sujet quelques jours plus tard, la seule réponse reçue avait consisté en un regard froid et une réflexion lui conseillant de se mêler de ses affaires.

L’aube le saisit ainsi, toujours à son bureau, perdu dans ses pensées et ses souvenirs.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
A l’infirmerie de la citadelle, Erdaker finissait de rédiger le rapport sur les blessures létales de Nimor. Ce genre de travail le ragoûtait peu, mais il lui fallait en passer par là, aucun mort ne pouvait survenir dans ces lieux sans qu’une tonne de paperasses ne soit nécessaire. Le vieux chirurgien aurait préféré laisser les morts enterrer les morts, inutile de remuer le couteau dans la plaie une fois que la fin était arrivée.

Soudain, il sursauta en voyant qui se tenait face à lui. Jena ! Elle avait du entrer dans la pièce profitant de son inattention. Il aurait préféré que quelqu’un d’autre que lui se charge de la triste besogne mais il était seul.

Ma dame…

Tirant un siège, le chirurgien invita la jeune femme à s’asseoir.

Ma dame… j’ai... une pénible nouvelle à vous annoncer.

Par les dieux qu’il détestait ces moments là ! Pourtant, on aurait pu penser que ces décennies de service dans l’armée l’auraient endurci, mais la douleur des proches des disparus restait toujours aussi dure à supporter que le premier jour. La même sensation d’impuissance, la gorge sèche, non rien ne changeait en ce bas monde.

D’une voix entrecoupée par l’émotion, le vieil homme murmura :

Je suis au regret de devoir vous dire que… Nimor… est… décédé.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ça déménage ! [PV]   Sam 10 Avr 2010 - 19:43

Le vieux médecin de la citadelle était penché sur son travail. Il ne remarqua pas son entrée, trop absorbé par sa tâche. Et Jena ne fit aucune geste qui put prévenir de sa présence. Elle attendit patiemment, et bientôt Erdaker leva les yeux.
Son visage sembla se figer et ses yeux s’assombrirent. Redoutant une nouvelle fois qu’on ne lui annonça quelque chose qu’elle n’aurait pas la force d’entendre, Jena fit un pas en arrière mais déjà le médecin s’était approché, lui faisant signe de s’asseoir.
Finalement, après quelques hésitations, Erdaker lui annonça que Nimor, le jeune soldat qui l’avait sauvé d’un viol atroce et d’une mort précoce, était mort la nuit dernière, peu après son arrivée à l’infirmerie.

Heureusement qu’elle se trouvait assise, car elle se serait certainement effondrée. Elle avait maintenant l’impression que son cœur avait été piétiné, broyé, arraché de sa poitrine.
Elle n’avait plus la force de pleurer, ni même de parler. Elle se sentait juste vide.
Le médecin posa une main réconfortante sur son épaule et se contact la brûla à nouveau. Presque avec faiblesse elle rejeta son épaule en arrière pour ne plus sentir cette main.
Jena se leva, les yeux dans le vide, tout ceci n’était qu’un horrible cauchemar, elle voulait se réveiller, car elle ne pourrait plus rien supporter d’autre.


- Je…Je crois que je…

Soudain tout fut noir, elle ne sentit même pas qu’elle tombait. Elle ne ressentit aucune douleur lorsqu’elle s’effondra sur le sol du petit bureau. Elle avait enduré trop de chose dans la même journée pour que son cœur puisse tout supporter.

Erdaker se précipita sur la jeune femme, vérifia qu’elle respirait et appela deux de ses aides soignants pour qu’ils l’aident à la transporter sur un lit de l’infirmerie.
Ses nerfs avaient lâché, c’était déjà heureux qu’ils aient tenus toute une journée. Elle avait besoin de se reposer, on pouvait clairement le lire sur son visage. Ses yeux cernés et rougis, ses joues encore humides des dernières larmes qu’elle avait pleuré, ses mains agitées de tremblement même lorsqu’elle était évanouie.


***

Clarys vit un étrange cortège passer devant elle. Sur le lit à côté du sien on déposa la jeune intendante, inconsciente. La chambrière avait eut une nuit agitée mais les drogues d’Erdaker l’avait aidé à dormir. Et elle avait passé la journée au calme, rien à voir avec la journée de Jena.
Voyant son amie en si piteux état, Clarys s’inquiéta et bondit de son lit pour s’approcher de celui de sa voisine.


- Qu’a-t-elle ? Pourquoi est-elle ici ?
- Elle a besoin de repos et de calme. Elle aura sûrement besoin de vous à son réveil.

Erdaker partit vers son bureau, réfléchissant à ce qu’il pouvait préparer comme décoction pour soulager la jeune femme…du moins pour un temps, car ce qu’elle avait vécu, jamais elle ne pourrait l’oublier.
Clarys s’assit sur le bord du lit et observa la jeune femme allongée. Elle reconnut ses vêtements ce qui la fit légèrement sourire. Délicatement elle s’attela à l’apaiser, brossant ses longs cheveux, tenant sa main dans la sienne, fredonnant une chanson où lui racontant quelques histoires de la région.
Jena reprit conscience quelques heures plus tard, et elles n’eurent besoin de n’échanger aucun mot. Toutes deux pleurèrent longuement dans les bras l’un de l’autre.

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