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 Alliance mortelle [Terminé]

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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Alliance mortelle [Terminé]   Mer 28 Avr 2010 - 16:53

Tirant sur les rênes de sa monture, Tinfar s’arrêta sur un promontoire qui lui offrait une vue dégagée sur la route. Se dressant sur ses étriers, il se tourna à demi et vérifia que personne ne l’avait suivi. Par trois fois déjà il s’était livré à cet exercice au cours de l’heure passée, et toujours ses précautions s’étaient révélées superflues. Mais depuis qu’il avait trahi son escorte, un chevalier crédule répondant au nom d’Aetius d’Ivrey, l’abandonnant aux mains des bandits qui les avaient attaqués, le sorcier n’avait pu se départir d’un sentiment de malaise. Il n’était jamais bon de laisser des ennemis derrière soi. A plus forte raison quand ces derniers avaient toutes les raisons du monde de vous en vouloir personnellement.
Poussant un soupir de soulagement en constatant que personne n’était sur ses traces, Tinfar reporta son attention en direction du nord. Bien qu’il en fût encore éloigné de plusieurs lieux, la sombre masse du fief de feue la baronne Pearla se découpait sur l’horizon. Du haut de la colline où elle était sise, elle donnait l’impression de veiller sur la région toute entière.
Et voilà comment trois ans après qu’il ait dû fuir en toute hâte, l’arnaqueur s’apprêtait à faire son retour à Alonna.

De là où il se tenait, la cité semblait ne pas avoir beaucoup changé. La citadelle proprement dite s’élevait toujours haut au-dessus des faubourgs, dominant la ville de toute sa hauteur. Cette dernière, bien à l’abri derrière sa triple enceinte, ressemblait à toutes celles que le sorcier avait traversées au cours de ses voyages : réunion disparate du meilleur et du pire. Les demeures splendides le disputaient aux taudis, les pauvres côtoyaient les puissants, et partout des soldats arpentaient les rues. De si loin, Tinfar ne pouvait voir les portes extérieures mais il les imaginait sans peine : de solides panneaux de chêne renforcés d’acier ; des soldats en faction inspectant tout individu approchant comme s’il pouvait s’agir de quelque éclaireur d’une armée d’invasion.
Ah ! Alonna, l’une des pires affectations qui soient pour un soldat. La région était continuellement exposée aux raids drows. Et pour ne rien arranger, la baronnie avait été dirigée de longues années durant par une femme, ajoutant l’incompétence aux malheurs de la géographie. Il suffisait d’observer les fermes alentours pour prendre la mesure des sacrifices consentis par la population. Si la citadelle était trop éloignée de la frontière pour que les razzias drows aient durablement marqué le paysage, l’étendue des champs encore en friche en cette période de l’année en disait long sur la fréquence des combats. Bien des hommes avaient été réquisitionnés pour parer aux coups incessants des Sombres, privant les campagnes environnantes de main-d’œuvre. Les paysans encore présents auraient de la chance s’ils tiraient assez de leurs champs pour faire quelques bénéfices.
Enfin, si tout ce qu’avait entendu Tinfar depuis quelques jours était vrai, ces temps de malheurs touchaient à leur fin. Le roi Trystan avait nommé un nouveau régent, Hanegard Kastelord, rien moins que le capitaine des légions Noires de Serramire en personne. Les gens du peuple espéraient beaucoup de ce rude soldat. Ils voyaient en lui un homme providentiel, capable de repousser la menace drow et de rétablir l’ordre dans la baronnie.
Tinfar cracha par terre et enfonça ses talons dans les flancs de sa monture. Si les gens de ce pays croyaient qu’un militaire leur apporterait le salut tant espéré, ils étaient encore plus stupides que dans son souvenir. Enfin, tout ça n’était pas pour lui déplaire et, de toute façon, il ne tarderait plus à être fixé. Mettant son cheval au trot, le sorcier prit la direction d’Alonna.

* * *

Passer les portes se révéla plus pénible que dans son souvenir. Avant que les gardes ne l’autorisent à entrer, Tinfar dut faire inscrire son nom dans un registre et préciser la raison de sa venue. Pour l’occasion, l’arnaqueur prétendit s’appeler Valroy Bilfray et être un négociant en minerai de fer. Qui d’autre qu’un marchand de fer pouvait de toute façon vouloir faire escale dans cette cité ? L’exploitation minière était la seule ressource rentable de la région. A moins d’être un fervent partisan de la culture des navets. Et encore…
Déesse ! Que de temps perdu ! Dire que quelques années plus tôt, on pénétrait dans cette citée comme dans un bordel : quelques pièces changeaient de main et un regard concupiscent plus tard, l’affaire était scellée. Depuis sa dernière visite, il semblait y avoir eu du changement. Les gardes, pour commencer, étaient en meilleure forme. A les voir avancer dignement dans les rues de la ville, on les aurait presque crus capables de tenir tête aux Drows. Leurs uniformes étaient propres et brillants. Toute trace de rouille avait disparu. Les rues, elles-mêmes, étaient différentes : mieux entretenues, propres et dégagées. Pour un peu, on se serait presque cru dans une cité prospère.

Poussant son cheval, Tinfar quitta l’artère qu’il suivait et s’engagea dans une venelle. Humant l’air, il ne put retenir un sourire. Cette partie de la ville, au moins, n’avait pas changé. L’odeur en tout cas était bien la même que dans son souvenir : mélange de sueur, d’urine et de vomi.
Arrêtant sa monture non loin d’un maquignon qu’il savait ne pas être trop regardant, le sorcier réalisa un joli bénéfice en vendant le cheval volé aux moines. Il aurait probablement pu en tirer davantage ailleurs, mais dans ce quartier les gens avaient l’habitude de ne pas poser de question. Et l’anonymat avait un prix. Traversant la petite place qui faisait face à l’écurie, le voleur descendit quelques marches et s’engouffra dans une échoppe d’où s’échappaient des remugles peu engageants.
La taverne était sombre, enfumée et crasseuse. L’image même d’un bouge puant où les honnêtes gens n’auraient jamais osé mettre les pieds. En d’autres termes, il s’agissait d’un repaire idéal pour tout ce que la ville comptait d’escrocs, de bandits et d’assassins. Paradoxalement, et certainement parce que le patron avait le sens des affaires, on y servait une bière potable et on y mangeait bien… du moment qu’on supportait l’odeur ambiante. Pour sa part, Tinfar préférait l’ambiance feutrée des auberges fréquentées par les marchands. Mais pour l’heure, il avait besoin d’informations et il n’y avait pas meilleur endroit pour en trouver. Aussi s’installa-t-il à une table libre. D’un signe, il appela le tavernier et commanda un repas accompagné d’une pinte.
Il n’était pas installé depuis dix minutes qu’un homme vint s’asseoir à sa table.


- Par les couilles de Mogar. Que les valseuses me tombent sur les chevilles si ce n’est pas ce fils de pute de Lancefroide.
- A moi aussi ça me fait plaisir de te revoir, Braskil.

Commandant une bière, le dénommé Braskil piocha un bout de pain dans l’assiette de Tinfar et se mit à son aise, une jambe négligemment jetée par-dessus l’accoudoir de sa chaise.

- Alors ? Que nous vaut le plaisir de revoir ta sale gueule de voleur par ici ? demanda Braskil.
- Les cuisses de ta femme me manquaient, répondit Tinfar sans lever la tête de son assiette.

Après une seconde de silence, le nouvel arrivant laissa échapper un rire gras et se claqua les cuisses avant de prendre une longue gorgée de bière.


- T’as pas changé, Lancefroide. Ca doit bien faire trois ans que t’as filé comme si t’avais Tauri aux trousses mais t’es toujours le même connard arrogant. Se passant un ongle crasseux entre les dents pour en déloger une miette de pain, Braskil ne reprit la parole qu’après avoir craché par terre. On pensait tous que tu t’étais fait buter ou que t’avais trouvé un coin peinard, quelque part dans le Sud.
- Bah ! Disons que voir ta sale trogne me manquait. Et puis le Sud n’est plus ce qu’il était : on y trouve plus de soldats que de morpions sur une pute. Alors j’ai pensé que je pourrais repasser par ici. Voir comment vont les affaires, t’vois. Des nouvelles intéressantes ? demanda Tinfar après avoir pris une gorgée de sa bière. J’ai noté que les gardes avaient fière allure.
- M’en parle pas ! Le roi nous a refilé un putain de soldat à la tête de la baronnie. Tu verrais comme les crevards filent droit depuis que cet Hanegard s’est pointé. Remarque qu’un peu d’ordre peut pas faire de mal aux affaires. Avec Pearla, la cité était devenue un tel merdier qu’on ne savait plus qui voler ou tuer pour se faire un peu de fric. L’aveugle a peut-être fait preuve de clairvoyance en nommant ce Kastelord à la tête de la baronnie.
- Et comment les nobles ont pris la chose.

Joignant le geste à la parole, Braskil haussa les épaules avant de manifester son déplaisir en se grattant ostensiblement les parties.

- Bah, tu les connais : ça fait des courbettes par devant et ça complote par derrière. Rien de neuf, conclut-il en buvant une gorgée. Ces derniers temps on raconte que le vieux Amaury l’aurait mauvaise. Qu’il voit d’un mauvais œil l’arrivée du régent. Remarque que ça a rien d’étonnant. Le vieux est au moins aussi pourri que n’importe lequel d’entre nous. Il trempe dans plus de magouilles que c’est humainement possible. Après un rot tonitruant, Braskil ajouta : Le fait que le régent ait annoncé ses fiançailles a pas dû arranger son humeur, remarque. C’est une chose de supporter un soldat mais c’en est une autre de voir se profiler toute une putain de lignée.
- Et qu’en pense la pègre ?
- Et comment tu voudrais que je le sache ? On n’a pas organisé un vote à mains levées.
- Te fous pas de ma gueule, Braskil. J’avais pas sitôt passé les portes de la cité que deux gamins crasseux se sont collés à mes basques. J’ai à peine eu le temps de poser mon cul sur cette chaise que t’es arrivé comme une fleur sur un tas de merde.

Esquissant un sourire à peine entaché par ses dents gâtées, Braskil essuya la mousse qui s’était prise dans sa barbe et reprit d’un ton un peu plus sérieux.

- Les chefs étaient curieux d’avoir de tes nouvelles, Lance, c’est tout. Et pour te répondre, si nous devions choisir un camp, on serait probablement du côté des Amaury. Comme je te le disais, cette famille pue comme un bordel à marré basse. Ils trempent dans je ne sais combien d’affaires louches et je ne serais pas étonné que le vieux soit en relation avec certains d’entre nous.
- C’est bon à savoir.

Durant l’heure qui suivit, Braskil et Tinfar continuèrent à parler de tout et de rien, comme deux amis qui se retrouvent après une longue séparation. Braskil donna quelques bonnes adresses à Tinfar et le mit au parfum des coups en cours ; en échange de quoi, le sorcier lui donna quelques nouvelles du Sud. Des pièces changèrent de main.
Enfin, après une dernière tournée, Braskil s’en retourna. Tinfar le regarda quitter la pièce jusqu’à ce qu’il ait disparu dans l’escalier. Braskil parti, le sorcier se détendit enfin. Pour autant qu’il pouvait en juger, sa rencontre avec un des chefs de la pègre locale s’était bien passée.
De nouveau seul face à son assiette, vide à présent, l’escroc entreprit de faire le tri dans tout ce qu’il avait appris aujourd’hui.


Dernière édition par Tinfar Solinar le Mar 11 Mai 2010 - 22:49, édité 1 fois
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Jeu 29 Avr 2010 - 9:44

Assis dans un fauteuil près d’une massive cheminée dans ses appartements de la citadelle d’Alonna, le seigneur Tyriam d’Amaury ruminait…

Pas comme un vache, bien sur, nous parlons ici d’intrigues politiques et pas d’élevages de bovins. Le seigneur d’Amaury ruminait non pas son repas mais des pensées bien moroses. Les flammes se reflétaient sur son visage en lame de couteau et sur ses cheveux gris acier, donnant un aspect quasi-maléfique au vieil homme.

Il avait osé !

Il ? Qui il ? Le régent d’Alonna bien sur, Hanegard Kastelord, qui d’autre ? Non seulement avait-il refusé d’épouser sa propre fille, Danae, mais voilà qu’il s’apprêtait à convoler avec Jena, son intendante, une simple demoiselle de compagnie auparavant au service de Dame Camillia. Tyriam savait désormais que Dame Camillia avait mis Jena dans le lit du régent le soir même de son arrivée, espérant tirer parti du joli corps de la jeune femme pour asseoir un peu plus son pouvoir politique dans la baronnie.

Un sourire sans joie apparut sur les lèvres pincées du vieil aristocrate. Jamais plan n’avait échoué plus lamentablement. Certes Hanegard avait mis Jena dans son lit, mais il en était tombé amoureux, l’avait ôté du service de son ancienne maîtresse pour le mettre au sien propre et avait annoncé son intention de l’épouser. Qui aurait cru que le régent, un militaire de carrière, pourrait tomber éperdument amoureux ? A son arrivée, tous les nobles de la citadelle auraient pariés qu’il coucherait avec toutes les filles qu’il croiserait… ben non… Jena était la seule dans son cœur.

Le bruit d’une porte qui s’ouvrit e tira de ses réflexions et son intendant apparut à ses côtés. Tournant la tête, Tyriam l’interrogea du regard, curieux de savoir ce qui avait motivé le dérangement.

Messire, nous avons peut être trouvé quelqu’un.

Pas besoin de précision, les deux hommes savaient de quoi ils parlaient. Tyriam cherchait quelqu’un pour faire une sale besogne apte à remettre ses affaires dans le bon chemin.

Qui ?
Il se fait appeler Valroy Bilfray, négociant en minerai de fer. Nos contacts le connaissaient sous le nom de Lancefroide, mais je doute que ce soit son vrai nom. C’est un mage qui loue ses services au plus offrant et j’ai pensé que…
Tu as bien fait. Où est-il ?
Dans une taverne non loin de la porte Est de la citadelle.
Parfait, il me faut quelques gaillards robustes pour m’accompagner. Oh, inutile de prévenir ma fille. Qi elle me demande, dites lui juste que je suis sorti pour affaire.


Moins elle en saura, mieux cela vaudra. Danae prenait les choses de manière un peu trop personnelle à son gout, sans doute l’orgueil d’une femme blessée. Mais ajoutez cela aux velléités d’indépendance qu’elle commençait à avoir et vous comprendrez les réticences du seigneur d’Amaury.

[Une heure plus tard, dans la taverne]

Les lieux s’étaient peu à peu vidés autour de Tinfar, comme si les clients cherchaient à éviter les individus patibulaires qui venaient de s’installer à la table à côté de la sienne. Pour autant, leur attitude n’était pas agressive envers lui et aucune menace ne planait dans l’air. Pour tout habitué des contrats d’un type un peu… particulier… cela voulait dire « attends, le patron veut venir te parler ». Dans le milieu, certains gestes sont aussi clairs que des discours.

Ledit patron apparut dans l’embrasure de la porte, une cape sombre à capuchon lui cachant le visage et ne laissant apparaître qu’un menton et une barbe taillée avec soin. Les vieux clichés ont la vie dure, et le bonhomme aurait pu brandir un grand panneau « commanditaire » que cela serait revenu au même. S’approchant du mage, il s’assit en face de lui et vérifia du regard que personne ne pouvait les entendre. D’une voix basse, à peine murmurée, il prit la parole :

Des… amis… à vous m’ont indiqué que vous pourriez régler un problème qui me chagrine fort. Je désirerai qu’un… accident… fatal… arrive à une dame vivant dans la citadelle.

Juste une dame ? Eh oui, la mort d’un régent nouvellement nommé risquait de provoquer de graves répercutions, et les conspirateurs ne désiraient pas que le roi vienne mettre le nez dans leurs petites affaires. Sortant un papier de sa poche, l’homme à capuchon le posa sur la table.

Voici la cible, votre prix sera le mien.

Sur le papier était grossièrement écrit un nom : « Jena ».

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Jeu 29 Avr 2010 - 18:01

Seule dans sa chambre, Danae faisait les cent pas. Elle cherchait depuis plusieurs jours un moyen de se venger. Se venger de quoi me direz-vous ? Et bien sachez que Danae est une femme bafouée, humiliée, ridiculisée, qu’elle a été jeté en pâture dans une arène remplie de fauves, qu’elle doit subir les moqueries des nobles, des domestiques et même des gueux de la citadelle. Vous trouvez que j’exagère ? Et bien détrompez-vous, car c’est exactement dans cet état d’esprit que se trouve la jeune Danae d’Amaury depuis l’annonce des fiançailles du régent Hanegard avec cette ….cette gourde, cette garce….cette fille de rien.
Argh….
Pourquoi cet imbécile d’homme des montagnes était tombé amoureux de cette pauvre domestique sans le moindre charme ? Alors qu’il aurait pu l’épouser elle, la plus belle fille d’Alonna, de Serramire même, elle qui était surtout la plus riche demoiselle de la région…
L’esprit des hommes est parfois aussi épais que le brouillard aux premières lueurs du jour. Même eux ne s’y retrouve pas.
Et son père dans tout ça. Tyriam d’Amaury … un incompétent, un idiot, c’était à se demander comment il avait fait pour ne pas ruiner l’illustre nom qu’il portait. Un incapable.

Énervée ? Qui Danae ? Mais pas du tout…
Vous l’aurez compris depuis cette fameuse annonce, Danae ne pensait plus qu’à une chose faire disparaitre le caillou qui s’était immiscé dans sa chaussure. Jena.
Elle avait déjà pensé à la faire tuer, un accident pendant une promenade à cheval, une chute dans les escaliers d’Alonna – encore que cette trainée aurait trouvé le moyen de s’en sortir vivante – mais Danae était une femme intelligente, calculatrice au possible, elle savait bien qu’une disparition brutale de la fiancée du régent éveillerait immédiatement les soupçons. Et Hanegard ferait tout pour découvrir le nom du ou des instigateurs de cet assassinat.

Ohhh et puis qu’il aille au diable celui là aussi…Après tout, s’il disparaissait, le roi Trystan serait bien obligé de nommer quelqu’un d’autre à sa place, quelqu’un qu’elle manipulerait elle-même sans passer par son père.


- Mademoiselle Danae….je…je suis venue….aussi vite que j’ai pu….
- Je vois ça. Et bien qu’y a-t-il ? Parle donc.

Sa fidèle servante qui venait de faire irruption dans sa chambre reprenait tant bien que mal sa respiration. Elle était les yeux et les oreilles de sa maîtresse, la meilleure des espionnes qui soit.


- Votre père vient de partir, déclara-t-elle essoufflée
- Et alors, grand bien lui fasse.
- Mademoiselle, il portait sous son bras une vieille cape élimée et je l’ai entendu demander à son intendant de lui apporter une bourse remplie d’or.
- Tu penses qu’il…

Danae ne termina pas sa phrase, pas besoin, elle savait déjà à quoi penser sa servante.
Son idiot de père avait décidé de passer à l’action et il n’avait même pas prit la peine de la mettre dans le coup. Il lui avait déjà parlé, du moins il avait acquiescé, lorsque dans ses excès de colère elle criait qu’il fallait faire tuer cette garce. Il avait donc prit le parti d’aller engager lui-même quelqu’un sans l’informer….et bien non. Elle ne se laisserait pas ainsi mettre de côté.


- Sais-tu où il….
- Je l’ai fait suivre par l’un des marmitons. Ne vous inquiétez pas on peut avoir confiance en lui c’est le fils de ma cousine, et il est très discret. Il ne devrait plus tarder à revenir.
- Très bien, excellent même. Déshabille-toi, vite.
- Pardon….mademoiselle je ne…

Devant l’air surpris de sa servante Danae poussa un long soupir d’agacement.

- Je veux ta robe idiote, alors déshabille-toi et donne là moi. Il est hors de question que mon père me vole ma vengeance.

La domestique se dévêtit, ne gardant que ses dessous et donna sa pauvre robe à sa maitresse. Celle-ci fit une grimace de dégoût mais l’enfila quand même. Son sourire lui revint après avoir lancé un regard dans sa psyché. Elle était belle dans tout, même dans les frusques d’une domestique, voilà ce qu’était le véritable signe de la beauté – selon elle.
Elle compléta sa tenue avec une vieille cape qu’elle ne portait que lorsqu’elle voulait se balader dans les rues de la citadelle sans être reconnue.
Alors qu’elle nouait les attaches autour de son cou, on frappa à la porte. Très vite une petite tête rousse entra et s’approcha de la jeune noble.


- Allons petit, parle.
- Il est allé dans une taverne, dans les quartiers Est.

Danae donna quelques pièces à l’enfant qui devint alors bien plus bavard. Il lui indiqua précisément dans quelle taverne il avait vu entrer le seigneur d’Amaury, il ajouta même qu’il avait fait bon nombre de détour pour éviter de se faire suivre mais que lui, brave petit marmiton il n’avait jamais perdu sa trace. Enfin il termina en précisant que Tyriam s’était assis à la table d’un homme que l’on connaissait pour ses talents spéciaux. Certains disaient qu’il s’agissait d’un mage.
Voilà une excellente idée de la part de son père, pensa Danae.
Sans attendre davantage, la jeune femme rabattit la lourde capuche sur sa tête et masqua la moitié de son visage. Une fois dehors elle ne prit pas les même précautions que son père, à quoi bon. Il y avait peu de chance que l’on fasse suivre une domestique sans intérêt.

La taverne en question était quelque peu….dégoutante. Danae fronça le nez quelques secondes, dérangée par la forte odeur qui régnait dans la bâtisse.
Au fond de la pièce elle reconnut immédiatement la silhouette de son père assis en face d’un homme étrange. Bien que son père fût reconnaissable entre mille, il avait au moins eu la présence d’esprit de cacher son identité aux yeux de tous.
Se faufilant entre les tables, Danae arriva à hauteur des deux hommes et sans aucune gêne, elle s’assit sur une chaise à côté de son père.


- Bonjour messieurs
, murmura-t-elle sans un regard pour son père, excusez mon retard. Où en est notre petite affaire ?

Elle n’avait nullement l’intention de faire rater ce que préparait son père, non, elle souhaitait juste apporter une touche de finesse et s’assurer que tout serait parfaitement organisé, pour qu’il n’y ai aucun échec possible. Rien ne devait venir ternir le noble nom des d’Amaury.
Et il était hors de question que cette garce soit retrouvée une dague plantée entre les omoplates. Elle aurait préféré du poison, ou un petit tour de passe-passe. Un peu de magie…
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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Ven 30 Avr 2010 - 16:58

En dépit des informations fournies par Braskil, Tinfar avait le sentiment que beaucoup de choses lui échappaient encore. Trop de temps était passé depuis son départ ; dans l’univers où il évoluait, trois années étaient une éternité. Avant de décider dans quelle direction tourner ses pas, il lui fallait en apprendre davantage.
Braskil lui avait certes fourni quelques pistes, mais, connaissant le bonhomme, Tinfar ne doutait pas qu’il s’était bien gardé de lui parler des affaires les plus lucratives. Conscient qu’il n’en apprendrait probablement pas plus dans cette taverne, Tinfar décida de ne pas s’attarder plus que nécessaire. S’étant d’ors et déjà acquitté de ses obligations vis-à-vis de la pègre locale, se faire connaître et payer son écot, il était libre de s’en aller. Mieux valait faire un petit tour en ville avant que le soleil ne se couche et prendre le pouls de la cité. De toute façon, l’odeur de la taverne n’était décidément pas à son goût.

Se passant une main sur la figure, Tinfar se dit que trouver une auberge douillette serait probablement sa priorité numéro un. La barbe de trois jours qui lui mangeait le visage méritait vraiment d’être rasée au plus vite. Dans son métier les apparences étaient primordiales et il doutait vraiment de faire bonne impression en ce moment. Repoussant sa chaise, il s’apprêtait à quitter sa table lorsque deux malabars firent leur apparition. Les deux gaillards, tout en muscles et arborant des mines patibulaires, même en regard des clients réguliers, se dirigèrent sans hésiter dans sa direction. Passant près de lui, l’un d’eux frôla son épaule avant et lui adressa un regard riche de sous-entendus. Visiblement son arrivée intéressait plus de gens qu’il ne l’aurait cru possible. Poussant un soupir à fendre l’âme, Tinfar s’installa confortablement, ses deux pieds posés sur la table, et prit son mal en patience.
Fort heureusement, son attente ne devait pas s’éterniser. Obéissants à des instincts propres à ceux de leur monde, les clients de la taverne, sitôt les malabars installés, ne s’étaient pas fait prier pour prendre le large. S’il est vrai que la curiosité est un vilain défaut, dans certains milieux ce peut être une maladie mortelle. Lorsqu’il ne resta plus da ns la salle que quelques types trop souls pour bouger, un homme passa la porte et vint s’attabler en face de Tinfar. Cape sombre et capuche baissée ne laissant rien voir de son visage, l’homme était l’image même du conspirateur. Toute la pègre devait donc déjà être au courtant de sa venue.
L’inconnu ne perdit pas de temps. Il tira de son pourpoint un message et précisa ce qu’il attendait de Tinfar. Sur le parchemin ne figurait qu’un simple nom : « Jena ».

Froissant la missive au creux de son poing, Tinfar la jeta dans l’âtre de la cheminée toute proche. L’expérience lui avait montré que ce n’était jamais une bonne idée de conserver pareils documents avec soi. Reportant son attention sur son interlocuteur, le sorcier dit :


Croyez-en mon expérience, messire, à l’avenir prenez garde à ne pas vous promener avec de telles choses en vos poches. Certaines personnes aurait tôt fait de sauter aux conclusions et de vous pendre à l’arbre le plus proche. Puis Tinfar ajouta avec un sourire espiègle : Notez que ce petit conseil est gratuit. Un signe de bonne volonté pour la peine d’être venu me trouver.

Ayant ainsi parlé, Le sorcier ramena ses mains derrière sa nuque avant de s’étirer de tout son long. Portant à ses lèvres le fond de bière qui lui restait, il finit sa chope d’un trait et attendit. Croisant ses bras sur son torse, il détaillait son interlocuteur dans l’espoir de découvrir à qui il avait à faire. La capuche ne laissait pas voir grand choses des traits de l’inconnu, mais pour qui savait regarder, les mains étaient riches d’enseignement. Celles-ci étaient assurément celles de quelque homme influent. Le genre d’homme habitué à donner des ordres et à voir les choses se faire sur l’instant. Un homme dangereux à plus d’un titre sans doute.
S’il n’était arrivé le jour même, s’il n’avait pas été épuisé par son voyage et s’il avait eu le temps de recueillir plus d’informations, Tinfar aurait certainement cherché à en savoir plus. Mais pour l’heure, son bon sens lui disait de ne pas se mêler d’affaires qu’il ne pouvait comprendre. Se frotter aux puissants était dangereux, même en faisant preuve de prudence. En l’état, accepter cette mission serait pure folie. Aussi prit-il la décision qui s’imposait.


Monseigneur, on vous aura sûrement mal renseigné sur mon compte. J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie mais le meurtre n’est pas une de mes spécialités. Certains de mes « clients », et Tinfar par un sourire fit comprendre à son commanditaire tout ce que le terme avait d’ironique, ont mis fin à leurs jours après avoir croisé ma route. Mais je me flatte de ne pas être un vulgaire assassin. Pour l’heure, nous n’avons échangé ni promesse ni argent. J’ignore tout de vous et ne représente pas une menace pour vos intérêts. Mieux vaut en rester…

Mais Tinfar n’eut jamais l’occasion de terminer sa phrase. La porte de la taverne s’était ouverte sur une magnifique jeune femme qui s’approchait de leur table. Bien que ses habits soient ceux d’une simple servante, ils ne parvenaient pas à cacher sa beauté. Elle avait le port d’une reine et évoluait avec une grâce que la simplicité de sa mise ne parvenait pas à effacer. Comme si de rien n’était, elle prit place à côté de l’inconnu. Puis, comme si son arrivée était prévue de longue date, elle s’enquit de ce qu’elle avait raté.
Passé le premier instant de surprise, Tinfar reporta son attention sur l’homme masqué.
Toute bonhommie avait déserté le visage du sorcier. Lui qui pensait refuser poliment l’offre en était pour ses frais. A présent qu’il avait vu le visage d’un des conspirateurs, il ne pouvait plus se désengager sans mettre sa vie en péril. Peste soit de cette petite grue !
Les traits tirés, Tinfar demanda à l’homme d’un ton sec :


Et bien ? Attendons-nous encore du monde ? Voulez-vous que je me renseigne auprès du tenancier pour voir si on peut s’installer dans une salle plus grande ? Après une pause, il ajouta : Deuxième conseil, payant celui-ci : une tentative de meurtre n’est pas une réunion mondaine. Inutile de faire parvenir des invitations à tous vos amis. A présent, et avant même de parler d’un quelconque paiement, il me faut des réponses claires. Qui êtes-vous ? Qui est-elle ? Et, plus important encore, qui est la jeune femme qui doit avoir un accident ?
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Sam 1 Mai 2010 - 13:43

Le mage ne parut pas être plus enthousiaste que cela à l’idée de la mission que lui proposa Tyriam. Le seigneur d’Amaury se serait-il trompé à son sujet ? Il avait espéré trouver un homme au bout du rouleau et prêt à accomplir n’importe quelle mission en échange d’une rondelette somme d’argent. Pas de chances, voilà que l’autre, tout en admettant ne pas être innocent dans la mort de certaines personnes, tentait de se désengager.

Oh non mon gaillard, se dit le vieux noble, tu en sais déjà bien trop pour reculer. Es-tu seulement conscient que ce contrat est le plus difficile et le plus important qu’on t’ais jamais proposé ? Alors que Tyriam allait reprendre, la porte de sa taverne s’ouvrit et une jeune femme pauvrement habillée entra. Malgré sa tenue, son maintien digne d’une reine n’aurait pas dépareillé à la cour de Diantra, et elle vint tranquillement s’asseoir à la table où conversaient les deux hommes.

Danae ! Mais par les dieux, que venait donc faire ici cette petite dinde ? Et à visage à moitié découvert en plus ? L’avait-elle fait suivre ? Maudite soit elle ! Désormais, il lui faudrait de toute façon faire tuer Lancefroide une fois la mission accomplie, sinon il risquait de la reconnaître un jour. Bah, au fond, peut être était-ce aussi bien que le destin lui force la main sur ce point. Une fois Jena morte, le mage serait de toute façon un danger pour ses affaires.

Apparemment, le mage comprenait lui aussi qu’il en avait beaucoup trop vu, et que reculer ne constituait plus une option. D’un ton sec, il demanda des détails sur la mission, non sans avoir dénoncé à mots couverts l’amateurisme de ses futurs employeurs. De fait, Tyriam ne menait jamais directement ce genre de négociation, mais cette fois l’enjeu était trop élevé pour se fier à un intermédiaire.

Vous n’avez pas à connaître mon nom, Lancefroide, ni celui de cette dame qui n’a rien à faire ici d’ailleurs. Vous n’avez besoin de savoir qu’une chose : la cible est la fiancée du régent. Et je ne veux pas vous voir commettre un meurtre, sinon j’aurai engagé n’importe quel sicaire. Je veux la voir morte mais de telle sorte que tout le monde puisse croire qu’il s’agit d’un accident. Cela nécessite du doigté et de la méthode.

De fait, le régent se douterait peut être malgré tout que Jena n’avait pas succombé pas à un accident mais des suites d’un assassinat, mais il ne fallait pas qu’il puisse prouver quoi que ce soit. Trop d’intérêt étaient en jeu et peu importait au seigneur d’Amaury le nombre de morts qu’il lui faudrait causer pour le sauvegarder.

La façon dont vous procéderez… qu’elle fasse une chute… qu’elle se noie dans sa baignoire… cela ne n’importe absolument pas, et vous êtes libre de choisir la méthode que vous préférez. Je veillerai à vous permettre de pénétrer discrètement dans la citadelle intérieure, ensuite ce sera à vous de jouer.

Restait à espérer que Lancefroide accepte le contrat... sinon... il ne sortirait pas vivant de la taverne.



Dernière édition par Hanegard Kastelord le Dim 2 Mai 2010 - 9:25, édité 1 fois
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Sam 1 Mai 2010 - 21:04

L’arrivée de Danae semblait n’avoir fait plaisir personne. Le mage avait même l’air contrarié, il ne devait pas s’attendre à une entrée aussi fracassante. Visage découvert, le port de tête altier, et même vêtue banalement, elle ne parvenait pas à masquer sa prestance et son attitude hautaine qu’elle arborait habituellement.
Un coup d’œil vers son père lui indiqua que celui-ci non plus n’était pas ravi de la voir assise à la même table que lui, surtout lorsqu’il s’agissait d’organiser un assassinat. Mais l’avis de son père, elle s’en fichait. Cette affaire la concernait autant que lui et elle voulait s’y impliquer personnellement. Après tout il était tant qu’il se rende compte qu’elle n’était plus une petite fille qu’il suffit de gâter pour faire taire. Non, maintenant elle était devenue une jeune femme ambitieuse et indépendante. Et elle comptait bien le faire comprendre à Tyriam.

Néanmoins lorsque la discussion reprit, elle se garda bien d’intervenir. Elle ne connaissait guère l’homme assis devant elle et elle voulait connaitre les intentions de son père. A l’entendre il ne voulait faire tuer que Jena….pas le régent. Ainsi donc une seule partie de son souhait serait exaucé si elle suivait son père. A tuer la fiancée du régent, autant tuer le régent avec. Un peu de poison et le tour serait jouer. Mais de cela elle s’en occuperait plus tard, ce n’était pas la peine d’avertir son père. Elle tenait à ce qu’il n’y ait aucun échec possible. Au moins si le mage ratait son coup, il y aurait quand même deux cadavres à enterrer.


- Nous tenons également à ce que ce soit fait dans les plus brefs délais. Et bien évidemment dans la plus grande discrétion. Nous ne tenons pas à éveiller les soupçons du régent, il doit s’agir d’une mort presque naturelle, ou d’un accident banal peu importe lequel.

Danae marqua une pause. Elle avait vu dès son arrivée le visage du mage se crisper. La voir ainsi à visage découvert avait du le contraindre à accepter. Mais elle voulait s’en assurer.
Un sourire illumina son beau visage. Qui aurait pu croire qu’une telle froideur habitait un visage aussi angélique ?


- Alors acceptez-vous ?

Dans sa voix il y avait une pointe d’impatience. Ils devaient savoir très vite si ce Lancefroide acceptait leur accord, car Danae voulait se débarrasser de cette sale petite garce qui avait réussit là où elle avait échoué. La voir lui était insupportable, alors devoir converser avec elle poliment… c’était un véritable calvaire.

Si le régent avait refusé d’être heureux avec elle, et bien elle se chargerait personnellement de lui ôter tout ce qui le rendait heureux à commencer par Jena. Et n’étant pas d’un naturel patient, si le mage en face d’elle refusait l’affaire qui lui était proposé, elle irait elle-même en sortant de la taverne se procurer un poison et irait le mettre dans les plats destinés au régent et à …arrghh…sa fiancée. Efficace et peu coûteux.
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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Lun 3 Mai 2010 - 23:02

Ainsi donc, la mystérieuse Jena n’était autre que la fiancée du régent. Rien moins que la femme la plus en vue de toute la baronnie depuis l’annonce de leur mariage. Voilà qui jetait un éclairage nouveau sur cette affaire. Ce n’était plus d’un simple meurtre dont il était question. On proposait à Tinfar rien moins que de réaliser un exploit. Et bien qu’il s’en défende, cela seul suffisait à flatter son ego. Penser que quelqu’un avait pris la peine de venir le trouver dans cette taverne minable pour lui proposer ce contrat suffisait à ravir le sorcier ! L’offre était alléchante. Trop peut-être ?
Jetant un œil sur sa chope vide, Tinfar ne put s’empêcher de penser qu’en effet, quelque chose ne collait pas dans cette histoire. Tout allait trop vite. Jamais il n’aurait dû entendre parler de cette affaire. D’autres étaient sûrement plus capables de répondre aux attentes de ses employeurs. Comment imaginer que la pègre d’Alonna ne compte dans ses rangs personne de plus compétent que lui pour honorer ce contrat ? A moins que…

Oh déesse ! Si son intuition ne le trompait, il était dedans jusqu’au cou. L’espace d’une seconde, le sorcier ferma les yeux et hocha lentement la tête tandis qu’un mince rictus ourlait ses lèvres : quelqu’un essayait de le berner. Si sa vie n’avait pas été dans la balance, l’ironie de la chose aurait pu prêter à rire.
L’homme masqué l’avait appelé Lancefroide, mais sur le moment il n’y avait pas prêté attention. « Lancefroide », un nom connu des seuls membres de la pègre locale. Une identité qu’il n’avait employée qu’ici et n’avait jamais utilisée depuis. Il n’existait qu’une explication pour que ce nom circule encore trois ans après son départ : quelqu’un désirait qu’on l’engage lui et pas un autre. S’il souhaitait survivre, Tinfar avait tout intérêt à découvrir qui lui en voulait et pourquoi. Même si sur ce dernier point la réponse semblait évidente : un échec le conduirait à la mort.
La partie s’annonçait serrée. Il allait devoir faire face sur trois fronts : se méfier de la pègre, seule capable de le recommander ; prendre garde à ce que son employeur ne se débarrasse pas de lui sitôt l’assassinat perpétré ; et, bien sûr, se prémunir contre la garde du régent.

Partagé entre la crainte et l’excitation, le sorcier considéra ses interlocuteurs. L’homme faisait preuve d’un esprit tortueux : il parlait à mots couverts et prenait garde à ne pas trop en dire. La fille, en revanche, avait une toute autre approche, plus directe mais non moins redoutable. Pour autant que Tinfar puisse en juger, les deux étaient dangereux. Il allait devoir faire très attention et découvrir au plus vite jusqu’où il pouvait les pousser.
Se tournant vers la jeune femme, il répondit à la question qu’elle lui avait posée.


Ma dame, je vous en prie. Vous, plus que tout autre, devriez savoir qu’en entrant ici comme vous l’avez fait, vous vous êtes assuré mes services.

Portant sa main droite à son front et inclinant légèrement la tête en un geste qui pouvait tout aussi bien passer pour une révérence que pour une marque d’estime, il ajouta :

Je n’ai pas la prétention de croire que vous êtes apparue tête nue à la seule fin de me laisser contempler votre beauté. Encore qu’à elle seule, elle constitue un piège redoutable pour tout homme qui croiserait votre route.

Le trait était grossier, Tinfar en avait conscience. Mais pour l’heure il ne cherchait pas à séduire Danae. Il était simplement curieux de voir comment elle allait réagir à l’intérêt qu’il lui portait. En outre, il désirait offrir à ses employeurs matière à réflexion : ils devaient savoir qu’il n’était pas dupe, qu’il savait que refuser leur offre équivaudrait à un aller simple pour le cimetière.
Après un dernier sourire, le sorcier se tourna légèrement pour faire face à Tyriam.


Je puis comprendre que vous refusiez de me donner votre nom. En certains cas, l’anonymat est la meilleure des armures. Cependant, votre amie possède un physique qui ne passe pas inaperçu. Découvrir son identité ne devrait pas être trop difficile. Découvrir ensuite qui vous êtes…

Tinfar balaya le reste de sa phrase d’un simple mouvement de la main, comme si ce n’étaient pour lui que de menus détails. Sans attendre, il poursuivit :

Mais laissons-là ces questions. Je m’en voudrais de vous mettre mal-à-l’aise. Voyons plutôt les détails de notre affaire. Vous dîtes pouvoir me faire pénétrer dans la citadelle. C’est insuffisant, je le crains. Il vous faut m’y trouver un emploi. Que je puisse aller et venir à ma guise en toute discrétion. Si vous voulez que la mort de votre amie ressemble à un accident, il me faut réunir le plus d’informations possible. Chose que je ne peux faire que de l’intérieur de la citadelle.

Tournant la tête vers Danae, Tinfar crut bon d’ajouter sur un ton faussement navré :

Et oui, ma dame, cela risque de me demander du temps. Un assassinat est une chose complexe qui ne s’improvise pas. Faisant mine de calculer au plus juste, Tinfar proposa : Quinze jours, au bas mot. Probablement davantage, tout dépendra de ce que je vais découvrir sur la cible. Si je parviens à manipuler son esprit facilement, ce peut-être plus rapide. Mais je ne le saurais qu’après l’avoir rencontrée.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Mar 4 Mai 2010 - 14:43

Ce sorcier semblait plus rusé que Tyriam ne l’aurait cru au premier abord. Soit il jouait les naïfs, ce dont le noble doutait fort, soit il comprenait sa situation aussi bien qu’eux. Sa remarque concernant Danae indiquait clairement qu’il venait de prendre conscience de son destin s’il refusait le contrat. Avait-il également compris que sa mort suivrait de peu celle de Jena ? Sans doute, mais il ne pouvait pas savoir ce que le seigneur d’Amaury lui réservait…

Par les dieux qu’il aimait cela ! Manipuler des vies, jouer avec ses agents comme avec des pions sur un échiquier. Il maudit de nouveau Danae pour son imprudence, dézinguer le bonhomme une fois sa mission terminée serait plus compliqué. Enfin, ca rajoutait du piquant au jeu, et peut être même se monterait-il un adversaire de son niveau. Peu probable certes, comment un rustaud comme ce Lancefroide pouvait-il espérer rivaliser d’ingéniosité avec le chef de l’une des plus anciennes familles d’Alonna ? Le sang de dizaines de générations de nobles coulait dans ses veines, lui donnant un ascendant évident.

Pour autant, la remarque du mage concernant la nécessité d’un poste à la citadelle n’était pas fausse. Réfléchissant, le seigneur d’Amaury passa en revue les différentes possibilités…

Soldat ? Ce serait certes faisable mais le mage serait vite découvert, le régent étant un militaire de carrière, il reconnaîtrait d’emblée un imposteur. Non, mauvaise idée. Une femme pouvait se faire embaucher comme lingère mais un homme… Non plus donc. Messager ? Trop vieux pour cela, seuls de jeunes garçons auraient pu le faire. Hmm, restait les cuisines. Personne ne s’étonnait de voir un de leurs employés amener les plats à travers toute la citadelle. Oui, cette idée était sans aucun doute la meilleure possible dans les délais courts dont il disposait.

Je peux vous trouver un poste en cuisine, ils sont toujours à la recherche de nouveaux serviteurs pour amener les plats dans les appartements. Vous serez affecté à celui de Jena, celui du régent ayant un service séparé où je ne pourrai vous placer si rapidement. Pour autant, leurs chambres sont contiguës et vous serez à pied d’œuvre.

Se tordant ses doigts effilés et aristocratiques, Tyriam calcula le temps dont ils disposaient. Lancefroide en demandait trop. Chaque jour le pouvoir des d’Amaury baissait, leurs anciens courtisans les abandonnant pour rejoindre le nouvel astre qui se levait sur Alonna. Si cette Jena avait déjà compris le pouvoir réel dont elle disposait maintenant, elle pourrait leur porter un coup terrible, voire fatal. Heureusement elle ne changeait guère ses habitudes, apparemment plus occupée par l’amour qu’elle portait au régent qu’à ses intérêts propres.

Le vieux seigneur grimaça à cette idée. Un mariage d’amour ? Quelle bêtise. Un mariage dans la noblesse se fait par intérêt, pas par amour. Lui-même n’avait jamais aimait la mère de Danae, morte en couches des années plus tôt. Il la besognait pour la faire tomber enceinte et perpétuer sa lignée mais lorsqu’il désirait avoir du plaisir il se rendait dans les bordels huppés de la ville où il avait toujours d’ailleurs ses habitudes.

D’ailleurs Lancefroide ne cherchait-il pas à gagner du temps ? Avait-il demandé deux semaines afin de pouvoir réfléchir au contrat et au besoin s’en désengager ? Il ne fallait pas lui donner cette possibilité, l’assassinat devait être rapide, Jena morte et le mage pourrissant dans un fossé, la gorge tranchée. Alors seulement le seigneur d’Amaury pourrait dormir en paix.

Impossible de vos donner quinze jours pour mener à bien cette mission. Dans une semaine Jena doit être morte. Vous êtes le meilleur dans votre domaine parait-il ? Alors prouvez-le.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Mer 5 Mai 2010 - 12:30

La réponse du mage était des plus satisfaisantes et les compliments qu’il y joignait, des plus agréables à attendre. Après tout, être une redoutable intrigante ne l’empêchait pas d’être avant tout une femme sensible à ce genre de remarque. Elle qui se flattait d’être d’une beauté bien supérieure à celle des autres femmes d’Alonna, se l’entendre dire était toujours pour elle comparable à un doux chant à son oreille.

Cependant elle ne perdait pas de vue qu’en cela, Lancefroide cherchait peut-être la mettre dans sa poche. Mais Danae n’avait aucunement l’intention d’intervenir, elle savait pertinemment le sort qui attendait le mage une fois le travail accompli, elle connaissait trop bien son père pour ignorer ce qu’il lui réservait.
Inclinant légèrement la tête par côté, la jeune femme écouta la suite des paroles qu’échangèrent Tinfar et son père. Elle hocha la tête lorsqu’il fut question d’introduire l’assassin dans la forteresse. Il était évident que de l’extérieur il ne pouvait pas agir aussi librement. L’idée de son père lui parut alors excellente.
Les cuisines étaient le meilleur endroit pour ne pas se faire repérer. Il pourrait ainsi aller et venir dans la citadelle sans éveiller les soupçons. Et puis l’affecter au service de Jena serait en effet des plus faciles, la jeune femme n’était pas méfiante par nature et elle accueillerait ce nouveau venue à bras ouvert.
Cependant la suite de la discussion la fit réagir un peu plus vivement, son visage se ferma brusquement. Plus aucun sourire ne venait illuminer son visage.


- Quinze jours. C’est hors de question.

Sa voix était dure et ses paroles sans appel. S’il n’était pas capable de leur proposer mieux, elle s’arrangerait elle-même pour faire disparaître cette garce de sa vue. Il était hors de question qu’elle patiente quinze jours. Pour qui la prenait-il ?

Tyriam semblait lui aussi contrarié par le délai que proposait le mage et lui accorda une semaine pour accomplir la sale besogne.
Pour Danae, une semaine s’était toujours trop mais c’était déjà mieux que quinze jours. Cependant elle savait que l’attente serait longue et cela lui déplaisait fortement. Elle qui avait toujours eu l’habitude d’avoir tout, tout de suite. Non, quinze jours, s’était impensable.
Elle aurait même préféré que Jena soit morte le soir même.


- En une semaine vous aurez largement le temps de savoir tout ce qu’il y a à savoir. Neuf jours c’est amplement suffisamment pour accomplir ce que l’on vous demande. Vous serez payé généreusement aussi nous tenons à ce que nos conditions soient toutes respectées. Et pour moi, le temps est une donnée primordiale. Dans neuf jours elle ne devra plus être de ce monde.

Elle était peut-être cruelle mais la rancœur qu’elle avait contre cette femme était des plus grandes. Elle ne voulait plus la voir respirer. S’il n’y avait pas eu son noble nom qu’elle chérissait comme la prunelle de ses yeux, elle se serait déjà chargée d’aller l’étouffer dans son sommeil. Mais la peur du scandale la rebutait.

L’entretien touchait bientôt à sa fin, il ne manquait plus qu’à aborder le sujet du paiement. Point certes crucial mais qui n’intéressait pas plus que cela là jeune femme. Elle s’en remettait totalement à son père, fort riche, qui ne manquerait pas de payer grassement l’homme assis en face d’eux.
Maintenant qu’elle était certaine que Tinfar s’occuperait du sort de la jeune fiancée du régent, elle n’avait presque plus rien à faire dans cette taverne, si ce n’est qu’elle tenait à savoir tout de ce que son père complotait. Il était hors de question qu’elle parte avant lui, elle devait tout savoir de cette affaire pour être sure qu’il ne lui cacherait rien par la suite.
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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Ven 7 Mai 2010 - 14:50

Neuf jours. Neuf malheureux jours ! Voilà tout le temps que ces employeurs consentaient à lui laisser pour planifier et exécuter l’assassinat de cette foutue bonne femme. Rien que pour gagner la confiance du personnel de la citadelle, Tinfar misait sur trois journées perdues, au bas mot. N’en resterait alors plus que six pour tout mettre en place et passer à l’action… Pour lui qui n’avait jamais aimé travailler dans la précipitation, ce n’était décidemment pas une bonne façon de faire. Il était un escroc et non un tueur. Normalement ses proies ne risquaient jamais de s’envoler et rien ne l’obligeait à se presser de la sorte. Il pouvait les étudier à loisir, infiltrer patiemment le cercle de leurs relations et finalement choisir avec soin où et comment agir. Neuf putains de jours ! Jamais il ne parviendrait à tout faire.
Pourtant le problème était des plus simples, l’échec étant interdit il n’avait qu’une question à se poser : comment tuer cette Jena sans en payer le prix fort ? Pour le meurtre en lui-même, ces neuf jours auraient constitué un délai raisonnable, mais il n’était pas stupide au point de se bercer d’illusions : ce n’était pas un unique meurtre que ses commanditaires avaient en tête, mais bien deux. Il lui faudrait donc tuer Jena et s’assurer de ne pas être éliminé à son tour sitôt la donzelle dans les bras de Tauri. Déesse ! il aurait vraiment trouvé à employer ces six jours supplémentaires. A présent il allait devoir improviser et les Cinq savaient qu’il avait une sainte horreur de l’improvisation. Trop de détails pouvaient mal tourner. Enfin, ce n’était pas comme si on lui laissait le choix de toute façon. Ces neuf jours était un laps de temps ridiculement court, mais ils semblaient une éternité en regard de l’alternative. Finir les tripes à l’air dans cette taverne miteuse n’avait rien d’une perspective plaisante.
Si jamais il parvenait malgré tout à se sortir vivant de cette histoire, le sorcier se promit de trouver le temps d’avoir une longue, très longue conversation avec Braskil. Il lui apparaissait dorénavant clairement que la pègre d’Alonna n’était pas étrangère à ses malheurs. Mais avant de penser aux moyens de faire cracher le morceau à cette vieille baderne, il devait coûte que coûte se tirer du pétrin où il était. Aussi fit-il ce que tout bon escroc aurait fait à sa place : il sourit pour donner le change et masquer ses craintes. Même si ses employeurs n’étaient qu’à moitié dupes, cela leur donnerait peut-être matière à réfléchir.


Neuf jours donc, lança-t-il nonchalamment en se radossant à sa chaise. C’est peu mais il semble que je doive m’en contenter. J’espère au moins que cette Jena mérite toutes les attentions que vous lui portez. Puis comme s’il semblait se rappeler quelque chose, il ajouta : Au fait, monseigneur, je ne suis pas le meilleur parce que je suis le plus inventif ou le plus doué. Je suis le meilleur parce que je mets un point d’honneur à n’être guère plus qu’une ombre. Aussi vous serai-je gréé de faire bien attention à ce que mon embauche aux cuisines n’éveille aucun soupçon. Mettez donc à la porte celui qui s’occupe actuellement d’apporter ses repas à la fiancée du Régent. Trouver une excuse plausible à son renvoi et ensuite seulement venir me trouver, voilà qui serait une excellente idée, si vous me permettez de vous donner ce conseil.

Oui, pensait Tinfar, ça pourrait marcher. Cependant il n’avait que trop conscience que même le plus abouti des plans n’allait pas résoudre son principal problème : demeurer en vie suffisamment longtemps pour savourer son succès. Les morts n’ont que faire du travail bien fait, et savoir qu’il était l’un des meilleurs dans sa partie ne risquait pas de lui être d’un grand secours dans le royaume de Tauri.
Survivre, tel était son principal objectif. Pour y réussir, la première étape consistait à égaliser les chances entre lui et ses deux interlocuteurs. Il n’était pas acceptable qu’ils connaissent son visage et que lui ne sache rien d’eux. Comment se prémunir du danger si on ignore d’où vont venir les coups ? Tinfar connaissait un sort simple pour résoudre ce problème. Peut-être même pourrait-il faire d’une pierre deux coups : l’expérience lui avait montré que les gens n’étaient pas rassurées à l’idée d’attenter à la vie d’un sorcier capable de manipuler les esprits. Et même si ces deux-là étaient d’une autre trempe, ce pourrait néanmoins les encourager à reconsidérer son exécution. Ils pourraient préférer conserver à portée une arme telle que lui. Et dans le cas contraire, il n’avait rien à perdre ; ils avaient déjà décidés de se débarrasser de lui, alors...
Faisant craquer ses doigts et sa nuque, le sorcier recula sa chaise et se leva lentement. Les mains bien en évidence sur la table pour que personne ne se méprenne sur ses intentions, il dit :


Je pense qu’il nous reste à aborder le sujet de ma rétribution. Mais avant cet épineux problème, étant un professionnel, je me sens l’obligation de vous faire une petite démonstration de mes talents si… particuliers. Que vous sachiez pourquoi je vais vous coûter si cher. Après une courte pause, il se tourna vers Danae et reprit : Ma dame, si vous voulez bien m’accorder votre attention.

Ouvrant ses sens à l’Energie, Tinfar la sentit présente tout autour de lui. En un instant, sa vision du monde se brouilla, et tandis que ses yeux perdaient leur aspect coutumier au profit d’une pâle luminescence, formes et couleurs se muèrent en un entrelacs de fils argentés. Comme toujours, il eut l’impression que ses veines ne charriaient plus du sang mais qu’elles étaient emplies de pure puissance. Alors vint la douleur dans son bras gauche, immuable, indissociable à présent de l’utilisation de son don mais plus vive encore qu’à l’accoutumé. La sensation de brûlure était telle qu’il faillit perdre son emprise sur l’Energie. La peste soit de toutes ces bières qu’il avait bues. Elles décuplaient la douleur, embrumaient son esprit et l’empêchaient d’affermir son contrôle. Serrant les dents, le sorcier redoubla d’efforts et, surmontant la souffrance, il parvint à accumuler suffisamment de pouvoir pour ce qu’il avait en tête.
Il avait choisi de faire la démonstration de ses talents sur la personne de Danae. De ses deux interlocuteurs, elle semblait la plus réceptive à son art. Elle avait réagi de façon satisfaisante à ses flatteries puis s’était emporté quand il avait réclamé un délai de quinze jours. Les esprits impétueux comme le sien étaient d’habitude plus aisés à manipuler. Or pour mener ses projets à bien, il lui faudrait économiser autant de puissance magique que possible. Evoquant dans son esprit le souvenir du dernier baiser qu’il avait échangé avec une fille de salle quelques jours avant son départ d’Ydril, Tinfar entreprit de le modifier pour l’implanter dans l’esprit de la jeune femme. Lorsqu’il fut satisfait du résultat, il relâcha son pouvoir en direction de Danae. Délicatement il modifia sa mémoire, gravant dans son esprit l’image d’un long et passionné baiser échangé dans une pièce obscure. Le sorcier aimait particulièrement ce sortilège, il lui avait rendu bien des services au fil des ans. Dans son monde, la possibilité de produire des témoins à volonté était un don précieux. De longues années d’expérience lui avaient permis de peaufiner cet aspect de sa magie, acquérant un contrôle toujours plus fin sur l’esprit de ses proies. Néanmoins pour la circonstance, il se borna à créer une image rudimentaire. Elle était peu détaillée et ne perdurerait guère plus de quelques minutes, mais en contrepartie il n’avait besoin d’employer beaucoup d’Energie.
Car avec ce qu’il avait en tête, utiliser trop de puissance risquait de s’avérer désastreux. En effet, tandis qu’il manipulait la mémoire de Danae, il insufflait une partie de son Energie personnelle en la personne de Tyriam d’Amaury. Le sortilège employé n’était guère impressionnant : parfaitement indolore pour la cible, ce n’était qu’un transfert d’Energie d’un corps à un autre. Seule la capacité qu’avait Tinfar à voir les flux lui conférait une utilité. Avec un peu de chance, il n’aurait qu’à observer les nobles gravitant dans la citadelle pour repérer sa marque et découvrir l’identité de son mystérieux employeur. Mais pour ce faire, il devait puiser dans ses propres réserves de pouvoir, et y puiser largement sans quoi la marque s’estomperait au bout de quelques heures. Or pour que son plan réussisse il fallait au moins qu’elle persiste plus d’une journée. Pour Tinfar, le risque était grand.
Lancer ces deux sorts laissa le sorcier au bord de l’épuisement. La tête lui tournait et il sentait poindre une terrible migraine. Craignant de tourner de l’œil s’il s’entêtait, Tinfar se rassit sans rien laisser paraître de ses faiblesses. Un coup d’œil en direction de Tyriam lui permit de voir que ses efforts s’étaient avérés payants : l’Energie qui entourait l’homme pulsait à présent de reflets bleutés que le mage n’aurait aucune peine à repérer. Cessant de recourir à son don, il attendit quelques secondes que ses yeux s'accoutument à nouveau à leur environnement.


Humm, laissa tomber Tinfar d’une voix pâteuse, à l’avenir il faudra que je prenne garde à ne plus combiner magie et bière. Les deux ne font pas bon ménage. Puis se tournant vers Danae, il lui adressa un clin d’œil et dit : Ma dame, ne vous inquiétez pas. Je ne compte pas hanter vos nuits. Le souvenir que je vous ai implanté devrait se dissiper d’ici quelques instants. Je n’avais d’autres buts que de vous montrer de quoi j’étais capable. Avec un sourire il conclut : Vous conviendrez que je vaux bien les six Souverains que vous allez me donner.

Se tournant vers Tyriam, Tinfar ajouta :

200 écus tout de suite, le reste quand notre amie reposera dans sa dernière demeure.
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Ven 7 Mai 2010 - 15:24

Tyriam d’Amaury fut un peu surpris lorsque Tinfar effectua la démonstration de ses pouvoirs. Qu’avait-il donc fait à Danae ? A voir le visage de la jeune femme, cela l’avait fortement choquée, mais seul un pratiquant des arcanes aurait pu comprendre la subtilité du sortilège. Bah, peu lui importait au fond, seul la réussite finale de son plan comptait. Un sourire apparut sur ses lèvres fines… sous dix jours, l’obstacle sur son chemin vers le pouvoir serait levé. Les vautours qui déjà tournoyaient autour de lui en attendant sa chute en seraient pour leurs frais.

Parfait Lancefroide, nous sommes en affaires.

Le gaillard exigeait une belle somme pour accomplir sa mission, mais l’or n’était pas un problème. Sortant des pièces d’or d’une cache artistiquement camouflée dans sa ceinture, Tyriam en remplit une bourse et la lança au mage qui l’attrapa prestement. Restait à régler les détails pratiques pour que Tinfar prenne rapidement ses habitudes au château, mais pour un homme comme Tyriam, effectuer un remplacement de domestiques était une bagatelle. Il serait si facile de faire… chuter… le porteur des repas de Jena au passage d’une des nobles dames du château. Un bol de soupe, par exemple, renverser sur une robe de soirée, et le tour serait joué.

Soyez demain à l’aube sur la place du marché de la porte Sud. Beaucoup de personnes sans emplois s’y rendent, et le chef des cuisines de la citadelle y a ses habitudes. Je veillerai à ce qu’il y envoie demain son assistant qui vous embauchera. Vous le reconnaîtrez facilement, c’est un gaillard râblé avec une cicatrice sur la joue gauche et un œil qui dit merde à l’autre.

Et surtout un sale vicieux qui aime les gamins… avec ce secret entre ses mains, Tyriam d’Amaury pouvait obtenir ce qu’il voulait de lui. L’aide-cuisinier resterait muet comme une tombe et obéirait sans barguigner, terrifié à l’idée que sa perversion ne soit affichée au grand jour. Se levant, le seigneur d’Amaury veilla à bien réajuster sa capuche. Autour d’eux, ses hommes de main se levaient aussi, conscients que la négociation était terminée.

Adieu Lancefroide, réussissez votre mission et vous serez un homme riche.

Riche, mais mort, ajouta-t-il en ricanant intérieurement. 200 écus contre la vie de Jena ? Belle affaire ! Attrapant Danae par le bras, il quitta la taverne, laissant le mage perdu dans ses pensées.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Sam 8 Mai 2010 - 10:38

Lorsque le mage se leva, déclarant qu’il allait faire une petite démonstration de ses dons magiques, Danae avait immédiatement pensé qu’il s’agirait d’un tour de passe-passe visible, quelque chose qui se transformerait sous ses yeux ou bien une personne de la taverne qui se serait écroulée... Elle n’aurait jamais cru un seul instant que Lancefroide se serait concentré sur elle avec une telle intensité. Son regard fixe et froid l’inquiétait. Elle n’aimait pas cette façon qu’il avait de l’observer. Que cherchait-il à faire ? Était-il en train de lui jeter un sortilège ?
Soudain une scène lui revint en mémoire, visiblement il s’agissait d’un évènement récent qui avait du se produire certainement durant le bal qu’il y avait eut quelques jours plus tôt. Elle était dans un coin sombre de la citadelle, un endroit où les serviteurs ne passaient que rarement, surtout la nuit…et elle n’était pas seule, il y avait avec elle un homme. Malgré l’obscurité, elle se souvenait de son visage et s’était exactement le même que celui du mage assis en face d’elle….
Pourquoi ne s’était-elle pas souvenue de lui plus tôt ?
Alors qu’elle réalisait cela, elle se souvint également qu’il s’était penché et qu’il l’avait embrassé, passionnément.
Le souvenir de ce baiser lui brûlait à nouveau les lèvres. Elle était sidérée, choquée…comment avait-elle pu oublier une chose pareille ? Et comment ce rustre, ce gueux, ce voleur avait-il eut l’outrecuidance de poser ainsi les mains sur elle ? Comment avait-il pu l’embrasser de la sorte sans qu’elle ne réagisse ? L’avait-il ensorcelée ?
Ça il le lui paierait tôt ou tard. Elle qui, jusqu’à présent trouvé l’idée de son père un peu trop brutale quant à la fin tragique de leur nouvel employé, maintenant elle était totalement de son avis. Il ne resterait pas vivant plus de neuf jours.

Lorsqu’il se rassit et qu’il lui annonça qu’il avait utilisé un sortilège pour lui faire croire qu’elle avait réellement vécu ce baiser, elle se sentit soulagée. Au moins elle n’avait pas été salie par ce paysan aux mains baladeuses.
La discussion reprit entre Lancefroide et son père, il était question du prix. Le mage réclamait une jolie somme et son père s’empressa d’accepter, jetant une bourse de cuir sur la table. Lorsqu’il se leva, Tyriam saisit fermement le bras de Danae et la tira hors de la taverne. Lorsqu’ils eurent fait quelques pas, Danae se dégagea de l’étreinte de son père.


- Lâche moi,
murmura-t-elle en rabattant la capuche de sa cape sur sa tête, es-tu fou ? Pourquoi avoir accepté son offre aussi rapidement. Tu aurais du marchander, négocier. Maintenant il sait que tu es le genre d’homme à pouvoir jeter six Souverains par la fenêtre. Il n’aura aucun mal à savoir qui dans cette citadelle est assez riche pour se permettre de le faire.

Le ton de la jeune femme était toujours aussi dur et froid que lorsqu’elle s’était trouvée dans la taverne. Son père avait été assez idiot pour laisser sa signature à l’homme qu’ils venaient d’embaucher pour tuer cette saleté de Jena. Maintenant il n’aurait aucun mal à les identifier et à éviter le sort qui l’attendait à la fin de sa mission.
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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Dim 9 Mai 2010 - 12:34

« Réussissez et vous serez un homme riche », tels furent les derniers mots de l’homme masqué. Tinfar attendit que la porte se soit refermée avant de cracher par terre. Un sourire amer venant ourler ses traits, le sorcier soupira. Il ne verrait probablement jamais les quatre cents écus promis. En cas de succès, il avait plus de chances de finir ses jours avec de l’acier dans le dos que de l’argent en poche.
Il avait espéré s’attirer les bonnes grâces de la femme en influençant sa mémoire. Ces gamines de la haute étaient souvent promptes à s’enflammer pour un rien ; un baiser échangé et un poil de mystère suffisaient généralement à leur faire ouvrir les cuisses. Manque de chance, celle-ci était par trop convaincue de sa supériorité. Peut-être que s’il n’avait pas eu l’esprit aussi embrumé par l’alcool, il aurait pu lui transmettre un souvenir plus détaillé. S’il était parvenu à lui transmettre le désir qui avait excité cette fille de salle, peut-être alors l’aurait-elle fait sien. Enfin, il était vain de pleurer sur ce qui était fait.

Se saisissant de la bourse qui reposait sur la table, Tinfar en délia les liens. Lentement il fit tomber les pièces dans le creux de sa main. L’homme n’avait même pas essayé de marchander. Ce devait être l’un de ses nobles assis sur des monceaux d’or. Un richard qui voyait d’un très mauvais œil le mariage du régent… Il ne serait pas trop dur de découvrir son identité. En pensant au mal qu’il s’était donné pour poser sa marque sur ce type, le sorcier esquissa un sourire de dépit. Peut-être aurait-il mieux fait de demeurer loin d’Alonna. Trois ans plus tôt il avait dû la quitter en catastrophe mais ça ne lui avait visiblement pas servi de leçon. Dès qu’il mettait un pied dans cette ville, il accumulait les bourdes. Et pourtant il ne pouvait s'empêcher d'y revenir.
Les yeux brillants, Tinfar contempla à nouveau les pièces étalées devant lui. Deux cents écus ! C’était décidemment une belle somme. Suffisante en tout cas pour mettre les bouts et recommencer sa vie ailleurs. Faisant tourner une pièce entre ses doigts, Tinfar s’imaginait déjà installé quelque part à Sybrondil. A quoi bon persister dans cette affaire ? Cette Jena n’était rien pour lui et la tuer ne lui apporterait que des malheurs. Il ferait mieux de s’acheter un bon cheval et de prendre la route du Sud sans attendre.
Secouant la tête, Tinfar repoussa cette pensée. Il avait déjà tenté de fuir par le passé et le moins que l’on pouvait dire c’est que ça ne lui avait pas réussi. A la seule idée qu’il devrait continuer à regarder constamment par-dessus son épaule, le sorcier tressaillit. Vivre en se demandant s’il n’allait pas recevoir un coup de poignard dans le dos, ce n’était pas l’idée qu’il se faisait de la vie. Et puis, ce n’était pas tous les jours qu’on se voyait confier pareille affaire. Car même si c’était pécher par orgueil, l’arnaqueur qu’il était ne pouvait nier que venir à bout de ce contrat était un défi propre à lui exciter les sens.

Laissant quelques pièces sur la table pour payer son repas, Tinfar empocha le reste de son argent et récupéra ses affaires. Puis, trouvant plus sage de ne pas donner à ses employeurs l’impression qu’il cherchait à les suivre, il sortit par la porte de derrière.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Dim 9 Mai 2010 - 17:49

Tyriam ne dit rien sur le chemin du retour, battant froid sa fille. Mais lorsqu’ils furent rentrés dans leurs appartements de la citadelle, avec la porte refermée derrière eux, il lui envoya en travers de la figure une gifle magistrale qui la jeta au sol. La fusillant du regard, le vieux noble rugit :

Ne discutes jamais mes décisions, petite sotte ! Tu n’as pas la moindre idée des enjeux qui sont derrière cette affaire ! Que ce mage découvre mon identité est bien le dernier de mes soucis, il ne vivra pas assez longtemps pour utiliser cette information ! N’oublie jamais à l’avenir qui est le chef de cette famille.

Furieux, Tyriam fit demi-tour et claqua la porte de son bureau derrière lui. Non, décidément Tinfar ne vivrait pas vieux, son sort était déjà scellé sans même qu’il le sache. Ôtant ses gants, il les jeta au feu puis se lava les mains… plusieurs fois par sécurité, puis vint s’asseoir à son bureau.

Ricanant, il sortit d’un tiroir une petite fiole contenant un liquide ambré et la fit doucement tourner entre ses doigts. Si Tinfar s’était demandé pourquoi son mystérieux commanditaire avait gardé ses gants avant de lui tendre le parchemin sur lequel était inscrit le nom de Jena, il aurait pu éviter son sort funeste.

Ah ah ! L'alcool et les affaires ne font pas bon ménage, Tinfar aurait du se rappeler cette règle de base !

Que croyait donc le magicien ? Pouvoir en remontrer en terme d’astuce et de malhonnêteté à un noble ? Le subtil poison que Tyriam avait répandu sur le parchemin se trouvait désormais sur les doigts du mage. Oh certes le poison allait perdre tout pouvoir nocif en une bonne dizaine d’heure, mais d’ici là Tinfar mangerait ou dormirait, et inévitablement il se passerait par simple réflexe les doigts sur les lèvres, laissant la mort couler en lui.

Oh oui, un vrai petit miracle ce poison, qui lui avait coûté une somme littéralement faramineuse. Pendant dix jours rien ne se passerait, puis au onzième, les symptômes apparaissaient et en quelques heures le sujet mourrait. Pas étonnant qu’il ait insisté pour réduire les délais, le bon timing des deux morts, celle de Jena et celle de Tinfar, devait être parfaite pour que son plan se déroule sans accroc. Bien sur, un prêtre doué ou un herboriste de talent pouvait sauver le malade, mais Tinfar était seul à Alonna, et il lui serait difficile de trouver un guérisseur dans les temps.

D’ailleurs, quand bien même il y arriverait, le poison l’affaiblirait suffisamment pour qu’un des hommes de main de Tyriam en profite pour lui planter une dague dans le dos. Douleurs, délires, fièvres… tels étaient les symptômes du poison et le mage serait une proie facile. Quand à trouver l’antidote avant que les symptômes n’apparaissent, aucune chance. Ricanant, le vieux noble rangeant la fiole dans son tiroir et le ferma à clé.

Enfin, il lui fallait maintenant penser à l’organisation de l’assassinat de Jena et s’arranger pour que le mage aille travailler aux cuisines. Tyriam appela un de ses hommes de main à qui il confia un message verbal rappelant à l’adjoint du chef cuisinier que l’obéissance était son salut et qu’il lui faudrait le lendemain matin aller embaucher un serviteur d’un type… bien particulier.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Dim 9 Mai 2010 - 20:40

La joue brûlante et les larmes aux yeux, Danae regarda son père quitter la pièce. Lorsqu’il fut partit, elle se releva tant bien que mal, vacillant légèrement. C’était la dernière fois qu’il levait la main sur elle. Pour qui se prenait-il ? Son père ? Lamentable….il n’avait jamais su faire briller leur nom comme il l’aurait du. Le chef de famille…hmm…si seulement il n’était plus dans son chemin, le nom des d’Amaury reluirait davantage.
Sous ses doigts elle sentait sa joue légèrement enflée, de surprise elle s’était même mordue la lèvre. Il l’avait défiguré et rien que pour cela, elle se vengerait. Il lui en fallait peu.
Quittant les appartements de son père, Danae longea le couloir qui était réservé exclusivement à sa famille. Alors qu’elle maudissait son père, elle percuta violemment une jeune femme, les bras chargés d’étoffes.


- Vous ne pouvez pas regarder où vous aller non ? Oh…veuillez m’excuser Dame Jena, je ne vous avais pas reconnue.

***

Jena s’inclina devant la noble. Elle avait reconnut Danae d’Amaury au premier coup d’œil. Elle savait à quel point cette fille était hautaine et se fichait éperdument des gens qu’elle croisait sur son chemin. C’était elle que son père avait voulu marier à Hanegard et rien que pour cela elle ne lui adressait qu’un demi-sourire. Pourtant, elle fut énormément surprise en voyant la jeune femme s’inclinait à son tour pour la saluer.

- Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous féliciter personnellement pour vos fiançailles. Je suis ravie pour vous. Avez-vous déjà fixé une date ?
- Oh, merci Dame Danae. Nous n’avons rien décidé pour l’instant mais….oh, mais que vous est-il arrivée ? Votre lèvre…et votre joue….

Jena venait à peine de remarquer le visage de la jeune femme. Elle semblait avoir était frappée. Et il y avait peu de temps car sa lèvre saignait encore…
S’approchant d’elle, Jena lui tendit un petit mouchoir pour qu’elle le presse sur sa lèvre enflée.

- Qui vous à fait cela ? demanda-t-elle brusquement.

Il était inadmissible que cette jeune femme se soit faite si violemment frappée. Et il était hors de question qu’elle laisse passer une chose pareille. Elle avait reçu suffisamment de coups depuis son arrivée à Alonna pour savoir qu'elle ne voulait plus jamais se sentir ainsi malmené. Elle n'abandonnerait pas Danae, même si elle avait toujours un peu d'appréhension qu'en à ses intentions envers elle.

***

Là voilà, elle la tenait sa vengeance. Elle qui avait engagé la discussion juste par politesse… Maintenant elle trouvait une certaine utilité à cette garce. Si elle pouvait lui permettre de se venger de son père, elle se servirait d’elle sans aucune gêne avant qu’elle ne disparaisse tragiquement.
Et puis, il valait mieux qu’elle soit de son côté au moins il n’y aurait personne pour la soupçonner une fois le crime accompli.


- Oh….ça ce n’est rien…non vraiment…c’est juste mon père. Vous savez c’est un homme très colérique. Il s’emporte très vite et….il n’a pas apprécié le refus de Sieur Hanegard à mon égard. Il m’en tient pour personnellement responsable…alors que moi je suis très heureuse pour vous deux.

Voilà, elle n’avait qu’à se faire passer pour une innocente victime, ensuite elle se rapprocherait de la jeune femme, passerait pour une amie les neufs jours qu’il lui restait à vivre…et il n’y aurait plus aucun obstacle sur son chemin.

- Je suis vraiment navrée, venez avec moi, je vais vous aider à nettoyer ça. Vous avez un si joli visage qu’il serait dommage que l’on y aperçoive ce genre de marques.
- J’ai l’habitude vous savez. Je vous l'ai dit, mon père est du genre à s'emporter très vite. Ne vous inquiétez pas pour moi je me débrouillerais seule.

Devant l’air choqué de Jena, Danae sut qu’elle venait de marquer des points. Elle était maintenant persuadée qu’elle n’aurait pas à attendre longtemps avant que cette idiote n’en parle à Hanegard.
Pour être encore plus dans son rôle de parfaite petite innocente, Danae alla jusqu’à aider Jena à ramasser le linge qu’elle avait fait tomber quelques minutes plus tôt. Elle la gratifia d’un pâle sourire puis continua son chemin jusqu’à ses appartements.
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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Re: Alliance mortelle [Terminé]   Mar 11 Mai 2010 - 22:51

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