AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Adieu [Acrion]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Roxane Amras
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 712
Âge : 25
Date d'inscription : 16/03/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Religieux
MessageSujet: Adieu [Acrion]   Lun 10 Mai 2010 - 16:50

Voilà.

C'était ici que tout s'achevait.

Pieds nus et sa robe blanche et d'une simplicité terrifiante, la frêle silhouette se trouvait au bord de la falaise prête pour son dernier saut. Elle ne pouvait pas mourir d'une chute, pas en étant liée à Leirn. Mais elle pouvait se noyer. Leirn était dans ses bras, recroquevillée. Ses longs cheveux blancs fouettaient son visage alors que sa robe épousaient ses formes au gré du vent capricieux. Les embruns marins commençaient à la mouiller. Elle leva la tête vers le ciel et une larme coula le long de sa joue alors qu'elle priait Néera.

*Je suis désolée. Mais la vie est devenue trop difficile, trop compliquée... Et ce que porte Leirn risque de tous nous détruire. Je n'ai pas le choix.*

Elle qui était prêtresse de la vie, voilà qu'elle ne souhaitait que trouver la mort.

*Sois indulgente divine Tari, accueille moi et offre moi le pardon et l'oubli.*

Elle serra Leirn contre elle. Elle était son bien le plus précieux.

*Je t'aime Leirn et je ne regrette rien.*

*Moi non plus.*

Des vagues d'amour volèrent entre les deux amies. La mort du dragonnier signifiait la mort du dragon. L'inverse n'était pas vrai, mais Roxane ne supportait plus de vivre et ne pourrait pas continuer sans Leirn. Tout était si compliqué... Elle était lasse de vivre, de se battre pour vivre. Elle était seule, personne ne tenait assez à elle pour la raccrocher à la vie.

Elle eut une petite pensée pour Astéride et Arthur, les deux seuls amis qui lui resta.

Et puis, ce fut la chute.

L'ange s'envola dans les cieux et tomba dans l'eau froide, sa précieuse dragonne serrée contre son coeur.

L'océan l'accueillait...

Des images défilèrent devant ses yeux... Ses parents, sa vie sur Méca, sa vie au château d'Hélios, sa rencontre avec Leirn, son amour pour Eldis et Mélésiel. Tout avait disparu, emporté par la mort. Emporté par la vie.

Alors elle sombra dans l'inconscience, dans la mort, alors que l'eau s'infiltrait dans ses poumons. C'était douloureux, c'était terrifiant de se retenir de lutter. Mais les vagues étaient si fortes qu'elle se serait épuisée de toutes façons.

Alors, sa dernière pensée fut pour Triss. Lui aussi emporté par la mort. Par la mer.

Elle l'avait trop peu connu et trop mal aimé.

Mais son esprit commença à se rebeller et l'image de Triss, bien vivant lui apparut. Et le visage qu'il lui offrit la désola...

L'homme, ou plutôt l'individu qui se tenait devant elle n'était pas Triss, non ce n'était pas possible, cela ne pouvait être son frère : l'individu paraissait avoir une cinquantaine d'années, les cheveux longs et sales, la
barbe presque grisée et elle aussi remplie de graisse, maigre comme un clou ... L'homme était accroupi près d'un maigre feu au fond d'une caverne, l'air était salé et on entendait au loin les bruits des vagues
se heurtant aux falaises. Puis l'homme se tourna vers Roxane, il ne pouvait pas la voir, ses traits, cachés sous la saleté et la maigreur étaient bien ceux de son frère et son regard, oui son regard, il s'agissait bien de celui de Triss, son oeil borne était là, mais il n'était plus comme avant il était devenu triste et sans espoir ... Il se mit lentement à marmonner :

" Roxane, Roxane, bon sang que je m'en veux, je suis parti sans te prévenir, je le regrette tant. Oh petite sœur, je n'ai même pas appris à te connaître et je me suis enfui. Oh petite sœur, écoute moi, où que tu sois, je t'aime plus que tout au monde. Si tu m'entends sache que je m'en veux, mais je devais le faire, pour toi ... "

Et l'homme qui il y a quelque temps se faisait appeler Triss Amras, se roula en boule au sol, pleurant toutes
les larmes de son cœur, avant de sombrer dans les ténèbres, épuisé ...

Vivant, son frère était vivant, il n'avait pas quitté cette terre, il vivait toujours, et sans doute n'avait-il jamais quitté l'île. Triss Amras était toujours sur Méca.

Délire d'un cerveau qui s'asphyxie? Peut-être...

Roxane ouvrit la bouche alors que ses poumons la brûlaient et l'eau s'y engouffra, la faisant suffoquer. Leirn poussa un gémissement plaintif, se serrant convulsivement autour de son amie, la jeune fille resserrant son étreinte autour de sa dragonne.

La jeune fille sombra...

Avec l'image d'un chevalier aux yeux d'émeraude et celle d'un pirate vieillissant et borgne qui la regardaient tristement.
Revenir en haut Aller en bas
Acrion
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 52
Âge : 166
Date d'inscription : 26/10/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Jeu 27 Mai 2010 - 20:31

La vie est une chose précieuse pour celui qui sait qu'une seconde suffirait a la perdre. C'est une conception étrange que je ne possède pas forcément, même si je chéris ma propre vie, je sais qu'elle parcourera encore des siècles si une lame n'en coupe pas le fil. C'est cette notion qui rend les hommes si interessants. Ils vivent avec une flamme qui m'est presque inconnu, bien que je ne desespère pas, un jour, d'en voler une étincelle. Et ce jour ne déroge pas a la règle. Les hommes fêtent leur renouveau, un temps de paix qui, je l'espère pour eux, durera encore longtemps. J'aime beaucoup me promener parmi les saltimbanques qui s'égarent et dansent au milieu des rues qui, hier encore, coulaient de sang.

Les femmes rient, j'aime beaucoup leur rire, plein d'entrain et d'amour. Les enfants galopent et parfois, je dois faire un pas de côté pour les éviter. Je n'oublie pas les voleurs qui parsèment la foule, je ne les crains pas puisque je ne possède rien. Les regards qui croisent le mien sont méfiants, voir hostiles, mais personne n'ose vraiment troubler la fête. Après tout, c'est un jour de joie.

Je me suis exibé sur le fil de ma vie et dans ma caissette dorment quelques pièces d'or. Avec elles, je m'offre a manger, rien de bien luxueux, juste une cuisse de dinde grillée et une écuelle de soupe épaisse et odorante. Je ne sais pas pourquoi mais mes pas me portent hors de l'agitation, hors du monde et des murmures. Le temps de marche n'est rien pour moi et le soleil continu sa course comme si il me suivait et cela me fait sourire, faisant scintiller mes prunelles d'un jaune éclatant. Bientôt le parfum salé de la mer me ravit le nez. Je reconnaitrais cette fragrance n'importe où tellement elle devient déesse de liberté. Combien de fois l'ais je parcouru ? Je ne compte plus et pourtant je n'ai oublié aucun voyage, ma mémoire est intacte et conserve précieusement chaque souvenirs qui m'anime.

L'ombre d'un chêne acceuillera mon sommeil durant quelques heures, du moins je l'espère. Bercé par le ressac qui s'échoue contre les falaises de granit, je ferme enfin les yeux avec juste la nature en écrin. Hélàs, si la douceur de la bise et le lent chant de la mer étaient a mes yeux les plus magnifiques des berceuses, je ne peux trouver le sommeil. Alors je revâsse, allongé bien a l'abri sous les branches de l'arbre centenaire qui m'a accepté en hôte. Les rêves sont une chose commune a toute les races, bienveillante comme malveillante et j'aime a m'y perdre parfois, pourtant, l'onde plus sinueuse d'un parfum inconnu me pousse a entre ouvrir les yeux. Juste un filet d'or qui passe a travers mes paupières, l'image étrange d'une jeune fille, presque une enfant qui marche lentement le long de la falaise. Il émane d'elle comme une odeur de tristesse et, de là où je suis, je peux voir ses lèvres remuer mais parle-t-elle réellement ? J'ai beau tendre l'oreille je n'entend aucun mot, aucun son...Mais elle est belle cette jeune fille, le blanc virginal s'accorde avec l'étrange couleur de ses cheveux. Couleur que je n'ai vu que chez les vieillards ou la race honnie qui coule dans mes veines.

Je reste silencieux, ne voulant pas troubler ce moment qui, je le devine, est pour elle intense et unique comme cette larme qui scintille sur sa joue. Elle s'arrête. Semble regarder le ciel en quête de réponse et saute. Tel un ange qui désire rejoindre le ciel, elle saute. Alors je sauterais aussi.

Il ne me faut que quelque seconde pour me redresser, que quelques instants pour m'élancer et un grain de temps pour plonger a mon tour. La vie est un bien précieux que l'on veuille le perdre est comme une abération a mes yeux. Peut être est ce cela qui me pousse en avant et pourtant, les dieux savent a quel point j'ai moi même voulu mourir. La chute dure si longtemps. Le vent souffle a mes oreilles et frappe mes cheveux. Il gonfle mes vetêments ternes et vieux mais il ne freinera pas ma chute.

L'eau est froide, douce et terriblement violente alors qu'elle me rend le coup que je lui ai porté en la pénétrant. Elle se referme sur moi, femme violée et m'entraine au gré de ses courants. Le silence m'entoure comme un voile opaque et, au loin, je vois la blancheur d'une robe qui s'éloigne. Je lutte et m'enfonce dans l'abysse sombre les yeux ne perdant pas la lumière. Je me rapproche. Ma main se tend, presque désespérement et mes doigts se referment sur une peau pâle et glaciale. La mer s'agite et je danse a sa volonté sans lacher la jeune fille. Je remonte, la poitrine comprimée par le manque d'air. Mourrais je ainsi ? Cette pensée me fait sourire alors qu'au dessus de moi, je vois le soleil rire.

Ma tête crève la surface et j'engloutis, tel un affamé, l'air salé. Je tousse un peu, bousculé par les vagues qui me heurtent, mais je n'ai pas laché qui j'ai arraché a l'étreinte d'Eris, douce déesse morbide et maitresse des flots. Une vague me frappe le visage alors que je sers contre moi le corps inerte de l'enfant. La berge me paraît si loin qu'un instant je doute de l'atteindre et pourtant, je ne peux pas me permettre d'oublier pourquoi j'ai plongé. La force qui dort en moi, de nature sombre sera l'élément de ma survie. De notre survie. Mes jambes battent en cadence alors que ma progression est ralentie par les roulements des vagues. J'évite les récifs qui n'attendent qu'un malheure et...enfin, sens le fond. Je recrache l'eau qui m'envahit la bouche. Le souffle me manque un peu et c'est presque a genoux que je réussis a nous hisser sur une petite plage, au pied de la falaise.

Elle vit encore, je le sais au lent battement de son coeur et pourtant, sa poitrine peine a se soulever de nouveau. Quelque part, elle veut encore vivre et je souris en la regardant recracher l'eau avalée, accroupit a son chevet. Ais je eut tord ou raison ? Je ne sais pas et qu'importe la réponse en vérité.

-Est ce que ça va ?

Ma voix grave et chantante s'épanouit dans l'air, au diapason du vent qui me fait frissonner.
Revenir en haut Aller en bas
Roxane Amras
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 712
Âge : 25
Date d'inscription : 16/03/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Religieux
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Ven 28 Mai 2010 - 20:01

Rien, il n'y avait plus rien.

Elle ne sentit même pas qu'on la sortait de l'eau.

Il n'y avait que ces dernières images, puis le noir, l'inconscience.

Malheureusement, on ne la laissa pas dans sa bienheureuse inconscience. Non, Néera n'en avait pas fini avec elle et avait décidé de lui envoyer un de ses messagers pour empêcher sa prêtresse de rejoindre le royaume de Tyra.

Les dieux étaient cruels.

Mais c'était ainsi.

Leirn était restée agrippée à Roxane, dissimulée par ses longs cheveux de neige en bataille. Enroulée autour de la jeune fille, convulsivement. Quand l'homme l'allongea sur la berge, Leirn était toujours dans son cou et se laissa rouler sur le côté, reprenant conscience avant sa petite maîtresse, mais trop groggy pour bouger. Roxane quant à elle, finit par tousser et recracher l'eau, sentant ses poumons la bruler atrocement alors qu'une voix masculine lui parvenait. Ses yeux se mirent à pleurer.

- "Non... Non, j'ai mal..."

Trop mal... Et son cœur n'était pas la moindre de ses douleurs. Elle se mit à frissonner violemment sous l'addition de la peur, de la noyade et du froid. Elle se recorquevilla sur le côté, avant d'ouvrir brusquement les yeux.

- "Leirn!"

*Je suis là.*

La dragonne rampa et vint coller son museau contre le nez de la jeune fille, les deux étant indifférentes au spectacle qu'elles offraient à un inconnu. Mais Roxane se reprit et s'assit difficilement, les oreilles bourdonnant et son champ de vision étant dangereusement rétréci.

- "Qu'est-ce que vous avez fait?"

Et là, ce fut un regard de reproche qu'elle lui lança.
Revenir en haut Aller en bas
Acrion
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 52
Âge : 166
Date d'inscription : 26/10/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Sam 29 Mai 2010 - 8:16

-Cela va passer. Vous avez avalé trop d'eau.

répondis je tranquillement avant qu'Eris ne réclame a quitter ses poumons. Elle tousse et crache ce qu'elle peut sur le sol, rendant la suprêmatie de sa vie a l'air. Mon regard accroche l'animal a écailles qui rampe et la curiosité m'étreint alors que je caresse des yeux le corps gracieux et ailé. Etrange animal que je n'ai vu qu'une fois. Du moins, peut être était ce la même espèce, je ne sais pas. Un petit dräke.

Le lien qui les unit semble fort et indestructible et je me prend a sourire doucement. Je n'ai pas de compagnon aussi aimant et fidèle. Aimerais je en avoir un ? Je ne sais pas vraiment mais se soucier d'un autre est si doux, tout comme le regard d'un ami sur votre visage. C'est étrange mais c'est ainsi.

L'agressivité dont elle fait preuve ne me désarçonne pas. Je suis habitué aux humeurs versatiles. Ma tête se pencha doucement sur le coté et l'immaculé de mes cheveux coupé a mi longueur vint balayer mon front.

-J'ai plongé.

Un léger sourire fleurit sur mes lèvres et de l'amusement nait au creux de mes prunelles. Elle n'a pas l'air heureuse d'avoir été sauvée. Ce n'était pas ce qu'elle voulait, je le sentais.

-La vie vous est elle devenue a ce point insuportable ?

Légitime curiosité qui m'anime en cette minute. Pourtant, elle est en droit de ne pas me répondre, j'empiète sur un terrain qui n'est pas le mien. La vie nous appartient, nous sommes libres d'en faire ce que nous voulons et pourtant, je n'ai put supporter de la voir s'éteindre.
Revenir en haut Aller en bas
Roxane Amras
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 712
Âge : 25
Date d'inscription : 16/03/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Religieux
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Dim 30 Mai 2010 - 9:00

Avalé trop d'eau... Évidemment, elle avait tenté de se noyer. Et avait faillit réussir. Mais les dieux et cet hommes en avaient décidé autrement. Elle essaya de reprendre mes esprits et se rappela alors l'étrange vision qui lui était apparue alors qu'elle perdait connaissance. C'était Triss. Triss qui lui disait être vivant quelque part, Triss qui avait vieilli et était affaibli. Pourquoi avait-elle rêvé de cela? Elle l'avait vu mort sur la plage... Son sang poissant ses vêtements et ses mains alors qu'elle tentait inutilement de le ramener à la vie, de soigner ses blessures... Elle n'avait réussi à ramener qu'une personne parmi les vivants et seulement parce qu'elle n'était pas blessée, ni totalement morte. Au souvenir d'Eldis, elle sentit son cœur se serrer violemment et la faire souffrir, davantage encore que ses poumons en feu. Pourtant, dans toute cette tristesse, dans tous ces malheurs, il y avait une lueur d'espoir, de lumière.

Elle s'assit péniblement, luttant pour ne pas tourner de l'oeil et Leirn grimpa sur ses genoux. La jeune fille lui caressa la tête, heureuse de renouer ce lien spécial. Même si Leirn restait muette d'épuisement, Roxane savait ce qu'elle ressentait. Mais le problème restait néanmoins le même : elle portait des œufs, des œufs qui risquaient d'être convoités et de semer le chaos si des personnes malintentionnées s'en emparaient.

Elle demanda alors à l'homme ce qu'il avait fait et alors qu'il lui répondait avoir plongé, se moquant surement de sa question idiote au passage, elle le détailla et remarqua sa peau pâle, ses cheveux blancs et ses yeux fauves. Un hybride? Sa question la frappa de plein fouet et elle cessa de le dévisager pour regarder un point invisible devant elle.

- "Oui. Et mon existence risque d'être un danger pour le futur de ces terres."

Elle n'en dit pas plus. Elle regarda autour d'elle et remarqua la falaise d'où elle s'était élancée. Elle fronça les sourcils et revint à son étrange sauveur :

- "Pourquoi avez-vous sauté pour me sauver? Vous auriez pu vous tuer."
Revenir en haut Aller en bas
Acrion
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 52
Âge : 166
Date d'inscription : 26/10/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Lun 9 Aoû 2010 - 9:43

[Tu as le droit de me frapper What a Face ]


-Votre existence est ce que vous en faites.

répondis je avec un léger haussement d'épaule. Un sourire dansant au coin de mes lèvres. Leur vie était si éphémère, pourquoi la sacrifier avec tant de légerté. Je ne sais pas, parfois, je me posais la question mais dussais je me la poser durant des millénaires, je pense que je n'aurais jamais la réponse. L'être humain était si changeant qu'il était difficile de le suivre et de le comprendre. Je m'étais fait une raison voilà bien longtemps.

Des yeux, je suivis l'étrange comportement de l'animal. Lui aussi semblait épuisé et il avait de la chance d'être resté accroché a la chevelure de sa maitresse. Je ne l'avais pas vu.

-Disons que je considére la vie comme un bien précieux. Et la votre est si courte.

Moi, moi j'étais éternel. Je parcourais les chemins du continent sans vraiment m'arrêter quelque part. Peut être qu'un jour, je le ferais, mais en attendant, il existait tant de chose a voir encore.

-Vous n'avez pas froid ? Il serait dommage d'attraper un rhume.

Le rire s'entend dans ma voix. Je n'aime pas m'apitoyer sur le monde et préfère bien souvent en rire. L'or de mes yeux scintille avec chaleur et amusement. Elle ne tremble pas, du moins pas encore, mais cela viendra. Les côtes sont sans cesse balayées par le vent...
Revenir en haut Aller en bas
Roxane Amras
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 712
Âge : 25
Date d'inscription : 16/03/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Religieux
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Lun 30 Aoû 2010 - 20:47

[*frappe*]

- "Non, ce n'est pas aussi simple."

J'étais assise et j'avais ramené mes genoux vers ma poitrine, enserrant mes jambes de mes bras, l'air misérable. Mes cheveux pendaient lamentablement sur la tête. J'avais l'air d'une enfant. Cet homme me ressemblait... physiquement : peau pâle, longs cheveux blancs... Un hybride? J'eus un rictus désespéré à ses paroles concernant ma vie éphémère :

- "Qu'en savez-vous?"

Non ma vie n'était pas censée être courte. Plus maintenant, pas avec Leirn. J'allais vivre millénaire et j'allais voir mourir tous ceux que j'aimais. Comme s'il y en avait tant que ça! Nouveau sourire lugubre.

- "Je pensais aussi que c'était un bien précieux. Je suis prêtresse de Néera vous savez? Mais j'ai perdu la foi... Parfois, les épreuves sont insurmontables et la vie est insupportable."

Je frissonnai alors violemment alors que le froid me rattrapait justement au moment où il me posait la question. Pitoyablement, je répliquai :

- "Si, je meurs de froid."

Je caressai doucement Leirn, avant de reprendre, absente :

- "Cela fait longtemps que j'ai froid."

Tout mon être intérieur me semblait glacé, alors que mon cœur s'était brisé. Je n'étais plus vivante depuis la trahison d'Eldis. Je n'avais fais que mette physiquement un terme à mon état intérieur.
Revenir en haut Aller en bas
Acrion
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 52
Âge : 166
Date d'inscription : 26/10/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Mer 1 Sep 2010 - 12:43


[Kaï é_è ]

-Si ça l'est. Mais peut être est ce juste trop tot pour s'en rendre compte.

Affirmais je une vérité que j'ignorais ? Non, n'ayez crainte. Je savais que l'existence était ce qu'on décidait d'en faire. On ne controlait pas notre naissance, certes, mais pour le reste, tout n'était que choix. Voulu ou non. Je souris lorsqu'elle rectifia ma pensée, glissant une pointe de rire dans ma voix, bien que l'instant ne s'y prête pas vraiment.

-Elle sera toujours plus courte que la mienne.

Pourtant, je ne savais pas a quoi elle faisait référence et...je m'en fichais un peu. L'age était quelque chose d'inutile, de surfait, qui ne pouvait désigner une âme.

Sa douleur me toucha. Son desespoir aussi. Ses larmes qui brillaient même en demeurant dans l'écrin qui les voit naitre.

-Néera ? J'avoue être totalement hermétique au rêverie d'un culte quelconque. Je respecte la vie parce qu'elle doit l'être. Jamais rose, jamais noire, toujours en nuance de gris. Un milieu fragile qui oscille entre la lumière et les ténèbres. Un peu comme moi. Elle est parfois insuportable, mais elle sait aussi offrir des cadeaux merveilleux lorsque l'on s'y attend le moins.

Soufflais je tranquillement, l'or de mes yeux scintillant d'une espèce de sagesse qu'il était rare de trouver chez moi. Mais j'étais aussi un peu de cela. Un peu de sagesse, un peu d'étrange, un peu de violence et un peu d'amour. Enfant et adulte. Pas tout a fait l'un, pas tout a fait l'autre.

Je n'avais rien, rien pour la réchauffer a part moi. Je ne pense pas soulever la crainte, mon être ne respire guère la violence ou le mal. Chose étrange sachant qu'ils font parti de moi, mais je l'enlace. Presque paternellement, avec une douceur infinie. Je n'ai pas de désir pour elle, non, cela est comme de la tendresse. Une compassion certaine, mais pas de la pitié. Parce qu'elle a voulu mourir et que je l'avais arraché a cela. Avais je eut tord ? Peut être. Je suis chaste dans mon étreinte, ne franchissant pas les limites de la pudeur.

-Alors a vous de trouver ce qui vous réchauffera jusqu'au coeur. Car cela doit bien exister. Comme un murmure ou une pensée.
Revenir en haut Aller en bas
Roxane Amras
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 712
Âge : 25
Date d'inscription : 16/03/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Religieux
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Mer 1 Sep 2010 - 19:56

J'écoutais son plaidoyer, des mots que j'avais proféré avant, avant que cela ne se retourne contre moi et qu'elle ne soit que noirceur, me devenant insupportable. C'était étrange de perdre ainsi la foi. Étrange et dérangeant, je me sentais comme une traîtresse. J'étais épuisée, glacée et vide à l'intérieur. Si lasse. Et ces paroles qui faisaient mouche et me rappelaient celle que j'avais été, si optimiste, si gaie, si vive, si pleine de vie.

Qu'étais-je devenue?

Pourquoi ne m'étais-je pas battu?

Parce que je n'avais confié mon mal être profond à personne et personne n'avait pu me tendre la main et m'aider à remonter la pente, à sortir la tête de l'eau.

Alors je me mis à frissonner, à grelotter et à sangloter, soudainement très vulnérable. J'avais besoin de quelqu'un, de chaleur humaine, de compassion, d'un coup de pouce pour repartir. Je sentis des bras m'entourer et une chaleur étrange se propager dans mon corps. Je compris que mon sauveur venait de me prendre dans ses bras pour me réchauffer...

Pour me consoler?

Ses paroles s'insinuèrent dans mon esprit, alors que mon visage était enfoui dans mes mains et que je pleurais contre son torse. Trouver quelque chose dans mon coeur qui puisse le réchauffer. Le visage d'Arthur s'imposa à moi, naturellement, comme une évidence. Je pensais qu'il m'aimait bien. M'aimait-il tout court? Je n'en avais aucune idée. Moi je savais que j'étais tombée amoureuse de lui, car son visage s'imposait à moi, toujours. Qu'importe que cela soit réciproque ou pas, si quelqu'un devait me tendre une main secourable, ce serait lui.

Et il y avait Astéride.

Après des débuts fâcheux, nous étions devenues amies. Ma seule amie. Mais la qualité primait sur la quantité.

J'irais la voir, lui parler de mon erreur et ensemble nous trouverions une solution...

Je cessai de pleurer et repoussai légèrement cet homme, pour le regarder dans les yeux. Il était beau, c'était une évidence, mais il ne m'attirait pas.

- "Elle sait aussi offrir des cadeaux merveilleux lorsqu'on s'y attend le moins."

Je souris pour la première fois depuis des jours.

- "Seriez-vous l'un de ces cadeaux qu'on n'attend pas?"
Revenir en haut Aller en bas
Acrion
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 52
Âge : 166
Date d'inscription : 26/10/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   Ven 26 Nov 2010 - 8:50

L’étreinte est douce, parce que je sais être ainsi parfois. Les larmes sont toujours salvatrices, elle permettent d’oublier la douleur contenue dans leur sel, de la laisser sortir de soi. J’ai pleuré souvent et la honte de le faire pour moi qui suis né mâle n’a jamais été une epreuve. Qu’importe en fait, tout le monde pleure un jour. Elle a froid aussi et je la réchauffe, moi le froid ne m’atteint pas encore, a peine un aiguillon sur ma peau.

Je lui parle et peut être que mes paroles sont surfaites, idiotes et tant de fois entendu. J’ai oublié les culte, c’est vrai, que les dieux me pardonnent mais jamais je ne les ai prié. Pour autant, je ne les nie pas, pas lorsque leur présence est si forte sur les terres. Leur compassion m’est étrangère, leur amour ou leur attention.

Ses cheveux sont doux sous mes doigts, aussi neigeux que les miens et si la curiosité me pousse a m’interroger, aucune question ne passera mes lèvres. Un léger rire secoue ma poitrine alors que s’ouvre mes bras pour la laisser s’échapper. La vie est revenue dans ses yeux, une étincelle magnifique lorsque l’on sait la regarder.

L’ombre du rire étouffé s’imprime dans la courbe amusée de mon sourire et la malice qui faisait de moi un enfant turbulent s’invite un instant dans l’or de mes iris.

« Peut être… »

Puis, je lève le regard, me perd dans l’immensité de cette falaise abrupte avant qu’il ne revienne sur l’enfant.

« Venez, je vais vous accompagner là où vous voulez aller. Le soleil vous réchauffera et séchera vos vetêments. »

Remonter. Marcher. Diviser sont des choses qu’elle m’offre. Son innocence aussi, cachée derrière les duretées de la vie. Je devine sans savoir, mais je garde le sourire qui est celui que j’offre au monde. Ma naissance fut maudite, ma vie ne le sera pas, ainsi sont des choses qu’elle m’apprit a comprendre aussi. Finalement, qu’importe le sang n’est ce pas ?

Je la confierais a ces bras qu’elle réclame sans le dire et m’en irais comme je suis venu. Dans un souffle, gardant au chaud dans mon cœur cette rencontre un peu irréelle.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Adieu [Acrion]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Adieu [Acrion]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mort d'un jeune journaliste/Adieu Bien-Cher, adieu mon ami
» ADIEU DE PAUL GERALDY
» Il ne faut jamais dire adieu, cela porte malheur.
» *Adieu Malika*
» Une lettre d'adieu... [PV Anthony G]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Royaume de la Péninsule ~ SUD OUEST :: Duché d'Erac-
Sauter vers: