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 La Mort revient en Alëandir ..

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Hithiel Isylindë
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MessageSujet: La Mort revient en Alëandir ..   Sam 29 Mai 2010 - 14:14

Alëandir, la cité éternelle, capitale des Elfes depuis toujours. Elle avait vu les siècles passer tout en se tenant droite et fière aux abord du lac d'Uraal.
L'éternité, c'était la première définition du terme d'elfique. Et en cela la Mort représentait une image qui imprégnait fortement les esprits des enfants de Kyria.
Bien qu'éternels, les elfes n'étaient pas immortels et craignaient cette force qui alliait les mêmes caractéristiques que leur race. C'était là une ironie à voir que la fin de toute chose possédait autant de traits commun avec une race qui ne pouvait pas mourir.
Mais la Mort était victorieuse en toute circonstance, c'est pourquoi le peuple des Eternels avait dédié à culte à Tari, la déesse du Royaume Eternel. Une race comme la leur était assez intelligente pour respecter et craindre ce qui pouvait mettre fin à leur existence alors que les autres sujets récoltaient facilement de l'arrogance ou du dédain.

Depuis les dernières guerres contre les Drows, les Elfes n'avaient plus connus la guerre sur leur territoire, la Mort détournant son regard vers les races plus faibles et mortelles. La guerre civile des humains qui avait suivie la bataille d'Alonna rappelait à tous que l'ère des morts n'étaient pas terminée. Cependant, les Elfes vivaient une certaine tranquillité depuis quelques années. Les adeptes du culte de Tari avaient fait le voyage jusqu'en Diantra pour accompagner l'oeuvre de la Mort et les savoir la-bas redonnait un peu de soulagement aux Elfes. Si la Mort était ailleurs, elle ne s'abattrait pas avec fracas sur le peuple Eternel.

Mais, en cette journée d'été, la cité d'Alëandir vit revenir en son sein un important cortège, un contingent qui avait quitté la cité voici plusieurs mois.
Très vite la nouvelle se répandit, la Haute-Prêtresse de Tari était de retour chez les siens. Les esprits étaient mitigés. Revenait elle suite aux nombreux décès qui avaient secouée la noblesse Elfique ? A moins que sa mission était enfin révolue sur les terres humaines. Mais certains voyaient avec crainte le retour de la plus haute dépositaire de la Mort en Anaeh. Les temps à venir risquaient d'être sombres.

Silencieuse à ces rumeurs, Hithiel revenait enfin dans la cité qui l'avait vue naître et grandir. Avant d'être la Haute-Prêtresse de la Mort, elle restait une jeune Elfe adulte, appartenant de plein droit à ce peuple éternel.
Elle était quelque peu différente des autres femmes de sa race, ses longs cheveux noirs contrastant avec la blondeur des autres. Mais elle était une magnifique jeune femme et sa beauté pouvait attirer bien des hommes. Ce n'était qu'à cause du fait qu'elle avait été choisie par la Mort pour la représenter à la tête du culte que des réticences naissaient.
Les Elfes assistèrent donc au retour de leur Haute-Prêtresse, celle-ci se dirigeant vers le palais de la cité, escorté par ses paladins en armures noires. Le temple de Tari jouxtait les abords du palais mais l'Elfe habitait le palais même du fait de son statu.
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Dyarque
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Sam 29 Mai 2010 - 18:04

La Haute Prêtresse de Täri, de retour parmi les siens. La nouvelle était parvenue aux oreilles de Dyarque bien avant que la religieuse n’entre dans les murs de la Cité Eternelle. Déjà bien informé quant à l’efficacité des Eperviers quand il avait été nommé Guide de Daranovar, il avait pu faire plus ample connaissance avec ses instances dirigeantes depuis son intronisation. Au final, il avait découvert toute l’étendue d’un réseau entièrement dévoué à Alëandir et au peuple sylvain, et avait rapidement su en tirer parti. On lui avait appris, à cette occasion, que la dame Isylindë avait fait le choix, voilà plusieurs années, de résider au Palais, dédaignant les appartements qui étaient normalement les siens dans le Temple de sa Déesse. Sa requête avait été acceptée, car si personne n’en avait compris les réelles motivations, il n’y avait rien à perdre à accepter. Depuis, Hithiel avait fait sien un des appartements du Palais Royal et il semblait qu’elle souhaitait les réinvestir. Dyarque n’avait émis aucune remarque, ordonnant simplement qu’on les prépare prêt à son retour. Il avait à parler avec la jeune femme, non pas en tant que religieuse mais en tant qu’elfe de retour de la Péninsule.

C’était donc sans surprise que les serviteurs croisèrent la Haute Prêtresse, s’inclinant respectueusement sur son passage. Certains étaient mal à l’aise, qu’ils soient impressionnés par la charge en elle-même ou par le symbole qu’elle représentait, mais les plus vieux la regardaient parfois avec espoir, comme si elle pouvait leur accorder ce à quoi ils commençaient à aspirer. Le peuple elfique n’était pas nécessairement craintif envers une mort qu’ils acceptaient comme inéluctable mais qu’ils préféraient reléguer au lendemain. Vêtu comme à son habitude de vêtements sobres et sombres, Dyarque se présenta seul et sans couronne aux nouveaux arrivants alors qu’ils entraient dans l’enceinte du Palais. Il resta un instant silencieux alors que les Paladins s’immobilisaient pour ne pas l’écraser, puis s’inclina légèrement.

« Alëandir se réjouit, Haute Prêtresse, de votre retour. »

Se redressant, il planta son regard bleu-glace dans celui de la concernée. Elle était jeune, encore, et c’était visible du premier coup d’œil, mais cela ne l’empêchait pas de présenter aux yeux du monde une certaine… dignité. Elle avait encore beaucoup à apprendre, mais on pouvait déjà déceler les prémices d’une Haute Prêtresse apte à graver son nom dans l’histoire de son culte. Restait à savoir si elle en serait effectivement capable. Détournant un instant le regard, il observa les sombres paladins avant d’en revenir à Hithiel.

« Votre escorte peut rejoindre le Temple de Tari sans crainte, la Garde du Palais veillera sur votre sécurité. » commença-t-il, sans jamais se départir de son ton monocorde et impersonnel. « J’espérai, pour ma part, avoir la possibilité de m’entretenir avec vous. »

Dans la bouche du mage millénaire, cette demande d’entretien sonnait plutôt comme une convocation, et il ne faisait aucun effort pour y changer quoi que ce soit. Heureusement, sans être diplomate, il n’était pas irrespectueux, ni envers Tari ni envers sa représentante, et cette dernière n’avait pas de réelle raison de refuser.
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Hithiel Isylindë
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Sam 29 Mai 2010 - 20:23

Le cortège du culte de Tari pénétra dans l'enceinte du palais, son lieu de destination. Cela faisait plusieurs mois que ce même groupe avait quitté la ville pour se rendre auprès du Roi des Humains. Revenir aux pays soulageait intérieurement les paladins et la Haute-Prêtresse, bien qu'au fond d'eux même ils savaient que l'oeuvre de la Mort n'accordait guère de repos aux êtres vivants.
En arrivant devant l'entrée du palais, Hithiel fut surprise de voir venir à eux le seigneur elfique Dyarque. Le Conseil Elfique avait du déjà se terminer voici plusieurs lunes, devant élire un nouveau dirigeant en remplacement de Rima-Marcil.
Sur le chemin du retour, Hithiel avait entendue des rumeurs disant que le protecteur millénaire de Daranovar avait été élu pour guider le peuple éternel dans sa course vers son destin. Le choix des Seigneurs Protecteurs s'étaient donc porté sur le Doyen du conseil dont la sagesse n'était plus à prouver.
Le choix de Dyarque était assez singulier dans la mesure où il n'était aucunement un soldat de métier mais un mage, de plus il ne marquait pas le chaste qui incombe au rang des souverains. Le fait que le nouveau Seigneur Protecteur se présenta à la Haute-Prêtresse sans annonce, seul et vêtu simplement était bien le reflet de l'esprit de l'elfe.

Hithiel répondit à la révérence de Dyarque par une même réponse de courtoisie. C'était la première fois qu'elle rencontrait Dyarque et était honorée qu'il soit venu l'accueillir à son retour alors qu'elle ne s'y attendait pas. La rumeur du retour de la Haute-Prêtresse l'avait précédée jusqu'en Alëandir bien que Hithiel aurait aimée faire cette rencontre un peu plus tard et non sur le vif. Le voyage avait été épuisant et la tenue de la dirigeante du Culte de Tari aurait nécessité un peu de rafraichissement avant de rencontrer le nouveau Seigneur Protecteur des Elfes. Mais la rencontre s'était décidée en dehors des protocoles, autant faire avec. Entre ces deux Puissants, un respect mutuel existait et il n'y avait pas à prendre ombrage d'une discussion improvisée.


Je suis honorée de cet accueil Seigneur Dyarque de Daranovar. Le bruit a couru durant mon retour que le Conseil Elfique vous a choisi comme nouveau Seigneur Protecteur pour notre peuple. Je ne peux qu'accepter avec enthousiasme cette décision et espérer que votre sagesse nous guidera tous en ces temps troublés.

Hithiel se redressa et soutint le regard de Dyarque qui l'observait. En tant que Haute-Prêtresse, elle n'avait aucunement à baisser le regard devant quiconque, hormis Tari. Mais le regard scrutateur de Dyarque avait de quoi sonder n'importe quel esprit. Que se demandait il en ce moment ? personne ne pouvait le savoir. Mais, entre ces deux Elfes, il existait un contraste flagrant. Dyarque était une force tranquille qui ne souriait que peu, le poids des âges pouvaient transparaître de sa personne en tout instant. A l'inverse Hithiel était encore jeune pour une Elfe et avait la beauté et la noblesse des premiers instants de la vie d'une éternelle. Elle n'en restait pas moins digne de son rang malgré son jeune âge. Tari l'avait désignée après la mort de l'ancienne Haute-Prêtresse : Heifërie Isylindë, la mère de Hithiel. La jeune prêtresse de cet instant était dséormais devenue la dirigeante d'un culte qui s'étendait par delà les frontières, l'une des représentantes sur le continent de Miradelphia des cultes des Cinqs.

Dyarque proposa à l'escorte de la Haute-Prêtresse de se disperser et de regagner le temple de Tari. Avec la fin du voyage de retour, la nécessité de l'escorte ne se posait plus c'est pourquoi Hithiel acquiesça et fit signe à ses paladins qu'ils pouvaient rentrer chez eux. Fidèles à leur dirigeante, les paladins se relevèrent et quittèrent les lieux, se dirigeant vers leurs baraquements près du temple pour se reposer du voyage.
La Haute-Prêtresse se retrouva donc seule avec Dyarque. Ce dernier, de par sa voix monotone et sans émotions, souhaitait s'entretenir avec elle. Visiblement la situation exigeait un entretien et la formulation du souverain ne supposait pas de refus. La manière était un peu brusque mais cela devait être naturel pour un témoin des âges.
Hithiel inclina donc doucement son visage pour répondre favorablement à la demande de son hôte.


Je puis vous donner cet entretien Seigneur Dyarque. J'espérai d'abord me présenter à vous dans une tenue convenable et non avec ces habits de voyage usés par le trajet depuis Diantra. A moins que vous ne souhaitiez vous entretenir avec moi sans délais.
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Dyarque
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Sam 5 Juin 2010 - 2:07

Le Culte de Tyra, une institution puissante et chère au cœur des Elfes, car ils n’oubliaient pas leur longévité à l’Ecorchée. Sous le couvert des arbres millénaires d’Anaëh, la Déesse se parait d’un autre visage. Il n’incarnait plus la mort imminente, terrible faucheuse frappant en aveugle, comme pouvaient l’imaginer les péninsulaires, mais cette promesse d’une vie qualifiée d’éternelle. Un terme loin de a réalité, car rien ne l’était réellement, mais un terme pourtant consacré. C’était une réalité ambigue, un paradoxe directement lié dans la genèse d’un peuple.

« Nous tâcherons d’y parvenir. » fut sa seule réponse aux félicitations que lui adressait Hithiel.

Certes, le Conseil Elfique avait décidé de lui remettre la charge d’Alëandir, et symboliquement d’Anaëh. Il était devenu ce que les Humains appelaient un Roi, même si son rôle n’était pas comparable à celui de Trystan. On attendait de lui qu’il préside, on attendait de lui qu’il modère, apaise, on attendait de lui qu’il décide, enfin, quand le consensus semblait impossible. Il était celui qui parlait en premier et en dernier. Etrange manteau de responsabilités qui pesait soudainement sur ses épaules, mais il y trouvait honteusement du réconfort. Il avait pu fuir Daranovar, trop chargé de souvenirs, et il avait de quoi occuper son esprit plus que de raison. En réalité, Dragan lui avait surement rendu service, par devoir et par nécessité, et il espérait avoir pu faire de même en l’éloignant lui aussi du berceau de son union déchirée. Il savait ce qu’on pensait de lui, savait qu’on craignait ses idées. On avait souvent fait, avec le temps, l’amalgame entre Dyarque et sa belle famille, alors que s’il était vrai qu’ils partageaient certaines de leur opinion, il n’en restait pas moins beaucoup plus nuancé. Pas moins déterminé, cependant, et son regard de glace n’avait sans doute jamais joué en sa faveur. Il savait qu’il faudrait rassurer, mais cela se ferait naturellement.

La première chose à faire était de s’assurer de la stabilité du Royaume Humain. Il était certain que Dragan profiterait de sa présence à Diantra pour resserrer les liens qui unissaient les deux peuples, et c’était une bonne chose, mais son rôle ne serait rien comparé à celui d’Elya. Il ne savait pas exactement de quoi était encore capable sa fille, mais savait que ses dons n’étaient pas morts avec son expressivité. Elle restait une mage accomplie, et saurait guider Trystan au mieux. Permettre au Roi de la Péninsule de se protéger de lui-même était primordial, mais il l’était tout autant de s’assurer qu’il parviendrait à rester sur son Trôné. La guerre civile avait été trop soudaine, trop inattendue pour un peuple qui n’agissait jamais de la sorte et qui ne parvenait pas à comprendre ce genre de rebellions, et le Conseil n’avait jamais réussi à se mettre d’accord sur l’attitude à adopter. C’était une bonne chose, en réalité. Trystan avait regagné seul son trône, et son pouvoir n’en était que plus fort. Du moins c’était ce que Dyarque avait supposé, mais il avait besoin de s’en assurer. Désireux de parler seul à seule avec la religieuse, il lui proposa - ordonna n’était pas réellement le bon terme, mais son ton n’appelait pas de refus - de laisser aller son escorte, avant de lui apprendre qu’il souhaitait lui parler. Elle fit remarquer qu’elle n’était peut-être pas dans la meilleure mise pour cela, ce qui aurait sans doute pu arracher un sourire au vieux monarque qui se contenta de croiser les bras.

« Ce ne sera pas long. » expliqua-t-il, avant de lui faire signe de la suivre. « Marchons, nous aurons tout le temps de commencer pendant que nous rejoindrons vos appartements. » lui proposa-t-il. Après quelques pas seulement, il entama le vif du sujet. « J’ai entendu parler de votre rôle actif dans le conflit qui opposa Trystan à ses vassaux. »
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Hithiel Isylindë
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Sam 5 Juin 2010 - 13:38

L'entretien allait se faire sans délais donc, l'assurance de Dyarque sur la rapidité de l'échange permettait à la Haute-Prêtresse de ne pas avoir à se changer plus convenablement pour ce genre d'entretien.
Hithiel accepta donc l'invitation au débat alors que les deux Elfes partirent dans les couloirs du palais.
La simplicité et l'absence d'émotion particulière de la part de Dyarque lors des félicitations avait de quoi laisser planer un goût assez fade sur la situation mais le vieil elfe n'était que trop connu pour rester neutre de façade devant ses congénères. Il n'y avait pas à en faire ombrage, en tant que Haute-Prêtresse, Hithiel ne savait que trop bien la charge de travail et de responsabilités qui incombait à chaque Puissant. A vrai dire on pouvait faire un certain parallèle entre les deux Elfes, l'un était en charge de diriger un royaume en son ensemble, l'autre était à la tête d'un des cultes des Cinq. De leurs actes était modifiée la vie de milliers d'habitants ou d'ouailles, chacun avait ses ennemis et ses alliés, lesquels pouvaient être communs parfois. S'ils étaient égaux en charge, ils ne l'étaient pas sur le plan de l'expérience. Hithiel accusait à peine le siècle et demi d'âge tandis que l'âge de Dyarque se perdait dans l'histoire des Elfes, peut être que cette expérience donnait une vision plus claire du futur du peuple Eternel.
Pour être honnête, c'était sur le futur qu'une divergence certaine pouvait exister. Certes Tari était vénérée comme la source de l'éternité, en collaboration de Kÿria. Mais tout les Elfes pouvaient ils embrasser la totalité des aspects de la Mort ? Même la Haute-Prêtresse n'en représentait qu'une partie des facettes. Dyarque devait mener les Elfes vers le futur mais Hithiel ne savait que trop bien que l'éternité était un cadeau qui pouvait être reprit par la Déesse.

Tout en continuant de marcher, la Haute-Prêtresse à ses cotés et attentive, Dyarque engagea le fil de la conversation et la raison qui l'avait poussé à venir sans délais auprès de Hithiel.
La question tournait sur le sujet du Roi des humains. Le culte de Tari avait en effet prit une part active dans la lutte au sein de ce royaume mais cette action était légitime et naturelle. Un Elfe aurait pu, de premier abord, se demander pourquoi Hithiel, la Haute-Prêtresse d'Alënadir en personne avait prit part à cette guerre civile. Mais cela serait oublier que sa fonction lui donnait la charge de veiller sur l'ensemble du culte. Et le culte de Tari ne se limitait aucunement aux frontières d'Anaëh. L'état du culte humain de Tari et l'urgence de la situation avait nécessité une réponse forte et l'intervention personnelle de l'Elfe dans un conflit qui, logiquement, n'aurait pas du être le sien.
Son intervention s'était effectué pour des raisons religieuses donc au delà du clivage des alliances et des contextes raciaux.

La rencontre avec le roi Trystan s'était avérée décisive même si cet homme n'en était encore qu'à l'aube de sa vie et de son règne. Il avait su néanmoins se monter ferme dans la reconquête de son château, ses fidèle et le culte de Tari à ses cotés. Mais cet épisode avait néanmoins prouvé que le coeur des hommes pouvait se montrer faible et fort à la fois. Du point de vue de la Haute-Prêtresse, c'était plus la vision de faiblesse qui prédominait. Les rebelles s'étaient facilement détournés des cultes des Cinq et en avaient ravagés les temples. L'implication du Chaos et de la Nécromancies s'était même avérée et même après la reprise de Diantra il restait des hommes qui osaient s'insurger contre les cultes.
Hithiel avait une expression calme mais plutôt grave sur cet épisode. Son intervention avait été logique mais avait soulevé de nouvelles questions alors que les anciennes étaient résolues. Cela Dyarque ne pouvait pas le savoir mais le culte des Tari chez les humains était à leur image : fort et faible à la fois.


En effet Seigneur Dyarque, ce fut d'ailleurs l'unique raison qui m'a poussée à me rendre sur les terres des hommes. Il est très rare que le culte de Tari s'implique dans un conflit, le dogme du culte prônant la neutralité absolue.
Mais cette neutralité ne veut aucunement dire que nous ne devons rester sans rien faire contre les ennemis de notre Déesse alors que ceux-ci sont à nos portes.
Mon intervention n'avait nul rapport dans le conflit du Roi Trystan contre ses vassaux. Mais les vassaux rebelles bénéficiaient de leurs coté de forces obscures telles la nécromancie. La guerre civile a été l'occasion pour les rebelles de saccager et piller les temples des cultes en la ville de Diantra, la Gardienne de Néera elle-même a été assiégée au sein de la Cathédrale de Deina.

En temps normal je n'aurais pas du me rendre au sein de cette guerre, laissant ce soin à son homologue résidant dans ce royaume et en charge du culte de Tari chez les humains. Mais le Haut-Prêtre de Tari s'est retrouvé enlevé par une cabale nécromantique et mis hors d'état de faire face au tout début de cette guerre civile. Les infrastructures du culte en Diantra on alors été ravagées et de nombreux prêtres tués.
Tout ce contexte a justifié mon intervention. J'ai d'abord libéré mon homologue des mains des nécromanciens puis j'ai apporté mon soutien au Roi Trystan dans sa lutte pour reconquérir la capitale Diantra. L'empreinte de la nécromancie était bien présente au sein des rebelles et je ne pouvais rester sans réagir.

Suite à la victoire du roi Trystan, j'ai passée ces longs mois à reconstruire le culte de Tari chez les hommes. La tâche n'est nullement terminée mais mon homologue est désormais prêt pour reprendre et achever cette reconstruction.
Maintenant d'autres tâches m'attendent ici-même.

Hithiel ne parla que de ses affaires chez les hommes. Elle avait été mise au courant lors de son retour que de nombreux décès étaient survenus au sein de la noblesse des Elfes. Et Dyarque était personnellement touché du fait du décès de sa femme Elycia. C'était là une triste réalité de la Mort, elle pouvait frapper en n'importe quelle circonstances.
Mais Dyarque souhaitait probablement s'entretenir en priorité de la situation auprès du roi des hommes plutôt que de recevoir des condoléances tardives.
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Dyarque
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Mar 8 Juin 2010 - 14:04

Si Dyarque fut surpris - et il le fut - de voir la Haute Prêtresse se lancer dans un long et convaincant monologue, il n’en montra rien. Au contraire, il écouta attentivement ce qu’elle avait à dire. De façon amusante, elle répondait à quelques unes de ses questions sans même qu’il ait besoin de les formuler. Mais ce qui était le plus surprenant était qu’elle justifiait son action, ni plus ni moins. Le Seigneur Protecteur d’Alëandir n’avait pas eu à l’accuser, seulement à évoquer ses actes, pour qu’elle ne puisse se retenir de les expliquer, eux et leur légitimité, un par un. Un signe qui ne trompait pas, et qui indiquait clairement que la jeune Haute Prêtresse craignait qu’on la juge, qu’on la condamne. Son rôle, justifiable ou non, l’avait longtemps tenue éloignée de son peuple, et elle craignait sans doute que celui-ci ne lui en tienne rigueur. Elle avait sans doute du passer de nombreuses nuits à peaufiner son discours, tant il lui était venu naturellement.

« J’ai bien peur, Haute Prêtresse, que vous ne vous fourvoyez. » commença-t-il, une fois qu’elle eut enfin terminé. « Je ne suis pas ici pour vous juger, je n’en ai ni le droit ni la sagesse, et vous n’avez nullement besoin de vous justifier. » S’arrêtant, il se tourna vers elle et observa sa réaction, ses yeux azurés rivés sur les siens. Si elle fit mine de parler, il leva la main pour lui signifier qu’il n’avait pas fini, et il reprit rapidement. « En réalité, plus que vos raisons d’agir, ce sont les événements qui se sont déroulés à Diantra et à Oësgard qui m’intéresse. »

D’un geste, il l’invita à reprendre la marche. Ce point éclairci, ils pouvaient reprendre leur discussion. Les deux peuples voisins ne se parlaient plus beaucoup, depuis la disparition de Rima. L’absence du régent avait renfermé les elfes sur eux-mêmes, ils avaient du trouver un nouveau Roi et il ne s’agissait pas là d’une chose qui se faisait rapidement. Le Seigneur Protecteur de l’Epine Dorée n’ayant jamais été réellement le Seigneur Protecteur d’Alëandir, sa descendance n’avait aucune réelle légitimité sur le Trône, et le sang de Révérie n’avait de toute façon jamais réellement plaidé en sa faveur. Sa disparition avait encore ralenti le processus.

« Savez-vous pourquoi les Hommes se sont retournés contre leur Roi, Haute Prêtresse ? »

Il avait eu autant de versions que de sources, c’était souvent le cas dans un tel cas de figure. La politique humaine était un trésor de complexité. Une parole pouvait déclencher une guerre, si on remontait assez loin. Ils arrivèrent finalement devant la porte des appartements alloués à Hithiel. Sans décroiser les bras, Dyarque fit ployer la Magie sous le joug de sa volonté et la porte s’ouvrit doucement. Comme cela lui arrivait parfois, ses poignets le faisaient assez souffrir pour qu’il soit plus supportable d’utiliser ses dons plutôt que son corps. Une situation préoccupante, mais à laquelle il était désormais coutumier. Il se tourna vers la Haute Prêtresse.

« Nous voilà arrivés. Puis-je entrer avec vous ? »

Ce n’était pas réellement une question, tout du moins cela ne sonnait pas comme tel, mais si elle souhaitait reporter la suite de l’entrevue, Dyarque se plierait à sa volonté. Après tout, elle avait déjà fait un long voyage, et souhaitait peut-être se reposer.
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Hithiel Isylindë
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Jeu 10 Juin 2010 - 14:04

Les motivations de la Haute-Prêtresse trouvèrent écoute mais aucunement leur but. Dyarque s'empressa de la stopper sur les raisons qui l'avait emmenée vers les terres humaines tout en lui disant qu'elle n'avait pas la nécessité de s'en justifier auprès de lui. Ce fut Hithiel qui en fut surprise à son tour mais elle recueillie les paroles du nouveau souverain et s'y conforma. Dyarque n'était pas friand de ce genre de détails et le faisait savoir. Pour Hithiel, ce petit discours avait eu son utilité car il en était beaucoup qui se posaient la question de la nécessité de voir le culte de la Mort prendre part à une guerre alors que ce dernier ne l'encourageait ni ne l'empêchait. Ce genre de questionnement c'était surtout développé chez les humains et où ses ouailles voyaient la mort d'une manière plus craintive que les Elfes. Mais même chez ses congénères il en restait qui étaient avides de justifications, quitter le territoire d'Anaëh pour de longs mois tout en emportant avec soi une grande part de l'inquisition et des paladins de Tari pour une guerre qui, de loin, n'intéressait aucunement les Elfes pouvait porter à questionnement.
La Haute-Prêtresse restait encore jeune dans sa fonction et la situation avait été des plus exceptionnelles, une croisade au nom de Tari méritait bien quelques explications.
Explications qui ne trouveraient aucun écho en Dyarque qui souhaitait plutôt se tenir au fait d'éléments plus géopolitiques que religieux.

Hithiel soutint le regard de Dyarque lorsqu'il la stoppa, affinant le sens de sa question. La Haute-Prêtresse le laissa terminer avant de reprendre, accordant un signe d'acquiescement accompagné d'un léger sourire entendu.


Je vois .. Dans ce cas vous me voyez désolée de vous avoir imposé ces motivations ..

La marche vers les appartements de Hithiel reprit son cours, l'elfe toujours aussi attentive aux questions du nouveau Seigneur Protecteur du peuple éternel.
Cette fois le sujet sortait du cadre de ses agissements religieux et Hithiel n'avait guère de réponses précise à donner. La guerre avait à ses débuts été un sujet lointain pour elle, un sujet qui normalement ne devait pas la concerner, c'est pourquoi elle ignorait les véritables raisons de son déclenchement.
Son intervention était le résultat de la première phase de la guerre civile, la disparition du Haut-Prêtre ainsi que des cas avérés d'actes de nécromancie.
Elle s'était bien renseignée à son arrivé auprès du roi Trystan mais même en ces lieux une réponse précise n'avait pu lui être donnée. Les barons rebelles avaient usés d'une excuse de prime abord totalement futile pour contester l'autorité de leur roi.
En tout cas le visage de la Haute-Prêtresse montrait qu'elle hésitait sur la réponse à formuler.


Je crains, Seigneur Dyarque, de ne pouvoir vous offrir une réponse fiable sur le déclenchement de cette guerre. Les raisons peuvent être multiples et les manipulations de nécromancie observées par l'Ordre du Royaume Eternel ne peuvent suffirent à elles-seules.

Les raisons basiques peuvent être celles de barons avides de pouvoir et s'étant emportés dans une soif de conquête et de pouvoir à l'encontre d'un roi qu'ils jugeaient trop faible pour être leur souverain.
Bien qu'étant un magicien de premier ordre, être un roi aveugle ne doit pas être de tout repos face aux ambitions de certains vassaux peu respectueux.

Je suis navrée de ne pouvoir vous affiner plus les raisons de cette guerre civile. Je peux néanmoins vous assurer que le roi des Humains a pleinement prit conscience de cet "avertissement". Mais dans un pays ravagé par la guerre son règne peut encore s'avérer fragile.

Un nouveau monologue mais cette fois il était justifié par la question posée. Techniquement Hithiel n'avait pas de jugement à poser sur la manière dont le roi Trystan allait diriger son règne. Si ce règne s'élevait encore plus ou chutait dans les temps à venir, la Haute-Prêtresse l'observerait depuis Alëandir sans intervenir ni s'en émouvoir, Trystan était libre de vivre sa vie et de choisir comment elle se terminerait.
Mais ce genre de réflexions étaient étrangères à la manière de penser de Dyarque qui lui était plus familier avec les conséquences géopolitiques. Les événements du royaume humain méritaient un oeil plus aiguisé et impliqué de la part du Seigneur Protecteur que celui de la Haute-Prêtresse, l'alliance entre les hommes et les elfes le justifiait.

Tout en marchant, les deux elfes arrivèrent devant la porte des appartements de Hithiel. Normalement l'entretien aurait du se terminer en cet instant mais Dyarque ne semblait pas être de cet avis et demanda à entrer. Après avoir "convoqué" Hithiel dans un entretien improvisé voilà que le nouveau Seigneur Protecteur souhaitait entrer dans les appartements de la Haute-Prêtresse, ses questions étaient elles si pressantes pour qu'il raccompagne son interlocutrice jusqu'à l'intérieur de son domicile ? Ou avait il d'autres sujets de conversation plus personnels à amener ?
Hithiel n'était déjà pas présentable, couverte de ses habits souillés par la poussière du trajet, elle ne l'était encore moins pour recevoir Dyarque à l'intérieur même de ses appartements.
Elle en resta silencieuse un instant, pesant le pour et le contre dans son esprit. Ils étaient quand même tous deux des figures importantes du peuple des Elfes et violer ainsi le protocole de long en large comme pouvaient le faire deux personnes très familières entre elles méritait un instant d'hésitation.
Mais la réponse vint quand même.


Vous le pouvez. Soyez le bienvenu chez moi seigneur Dyarque.

Elle n'eut pas à ouvrir sa porte, Dyarque le faisant de lui-même grâce à sa magie, c'était plutôt pratique bien qu'il n'ouvrit pas les portes de ses propres appartements. Les appartements étaient sobres dans leur ensembles mais néanmoins confortables. On sentait que personne n'y avait séjournée depuis quelques temps.

Souhaitez vous un rafraichissement avant de poursuivre cet entretien ?

Hithiel invita Dyarque à s'installer sur un fauteuil qui trônait près de la fenêtre d'où l'on pouvait voir la grande étendue du lac d'Uraal dans son ensemble. Elle-même s'installa dans un autre fauteuil près de lui après avoir ôté la cape de voyage poussiéreuse qui lui couvrait le corps depuis son arrivée. Elle tendit la main vers un service à vin qui trônait sur une table basse proche. Elle était une Haute-prêtresse mais elle n'en restait pas moins une Elfe qui ne manquait aucunement aux règles de l'hospitalité, surtout avec le nouveau Seigneur Protecteur comme invité.


Dernière édition par Hithiel Isylindë le Sam 12 Juin 2010 - 11:40, édité 1 fois
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Dyarque
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Ven 11 Juin 2010 - 23:20

Dyarque avait espéré pouvoir démêler le vrai du faux grâce au témoignage de la Haute Prêtresse de Tari, directement impliquée dans le conflit. De part son statut, elle avait pu approcher Trystan lui-même. Au vu de l’aspect facilement critiquable de sa croisade, le vieil elfe avait cru qu’elle s’était renseignée au maximum, afin de pouvoir paraître le plus irréprochable possible face aux prêtres de Tari qui, il le savait, ne manquerait pas de l’interroger. Elle venait cependant de le détromper, de la façon la plus innocente et la plus franche possible. La meilleure, il fallait bien l’avouer, le mage n’aurait pas prêté attention aux remords et aux fausses excuses. Car il ne pouvait y avoir de raisons suffisantes qui puissent expliquer une telle… légèreté.

« Vous avez donc participé à une guerre dont vous ignorez les raisons premières. » résuma-t-il, sans changer de ton, ce qui était peut-être pire. « Vous n’avez pas cherché à prendre du recul, vous contentant d’agir sur le vif. »

A l’entendre, on aurait pu croire à de simples observations, mais il suffisait d’écouter les paroles pour y voir une critique. Il ne se permit pourtant pas de la pousser d’avantage, car comme il l’avait rappelé quelques minutes plus tôt, son rôle n’était pas de juger le clergé de Tari. Pourtant, après la réponse d’Hithiel, il doutait qu’elle puisse lui être d’un grand secours. Elle avait agit de la façon qui lui avait paru juste, mais qui aux yeux du Seigneur Protecteur se teintait de trop de précipitation pour être pleinement justifiable. Le propos n’était pas de savoir si elle avait fait une erreur en intervenant mais de refuser la façon dont elle l’avait fait. Elle avait agit comme une humaine. Avec précipitation et manque de discernement. Une pensée qui lui aurait valu une réprimande du Conseil, s’il avait osé la dire à haute voix… Mais il devait avouer qu’en ces temps troublés, même les elfes semblaient perdre leur bon sens.

Ils arrivèrent finalement devant les appartements alloués à la Haute Prêtresse, et Dyarque lui ouvrit courtoisement - et magiquement, mais ce n’était qu’un détail - la porte avant de lui demander courtoisement l’autorisation d’entrer avec elle. Il avait encore des questions en tête, et espérait qu’Hithiel pourrait lui fournir, cette fois, de réelles réponses. Elle accepta avec un temps d’hésitation qu’il ne prit pas en compte, se doutant qu’elle devait se demander ce qui lui valait un tel traitement. En réalité, Alëandir allait devoir s’habituer aux manières fortes peu protocolaires de son nouveau Roi. S’il était respectueux des traditions, Dyarque n’en restait pas moins un mage austère et simple. Acceptant l’invitation gestuelle de son hôte - qui était aussi son invitée, d’une certaine façon - il pénétra dans les appartements. Il engloba la pièce d’un regard, se rendant compte avec satisfaction que les serviteurs avaient fait ce qu’il leur avait demandé. La pièce était parfaitement habitable, la poussière accumulée au fil des mois avait été chassée avec énergie. Il s’assit sur le fauteuil qu’elle lui indiquait, ne parvenant pas à cacher une grimace quand il s’appuya sur ses bras. En réalité, il aurait préféré resté debout, mais n’étant pas chez lui, il se pliait aux envies de son hôte.

« Avec plaisir. » répondit-il simplement. Détail intéressant, il ne lui laissa pas le temps de faire le nécessaire pour satisfaire la demande, reprenant directement dans le vif du sujet. « A votre départ, toutes les terres humaines s’étaient-elles ralliées aux bannières de Trystan ? »
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Hithiel Isylindë
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Sam 12 Juin 2010 - 12:50

La critique formulée par Dyarque trouva écho dans l'esprit de la Haute-Prêtresse qui ne put s'empêcher d'y répondre par un léger regard désapprobateur. Cette formulation était assez malheureuse dans le sens où Hithiel avait agit dans ses intérêts plutôt que dans celui premier du Roi Trystan.
Peut être Dyarque exprimait-il sa déception de ne pouvoir glaner d'informations précises mais il ne pouvait formuler des reproches en suivant sa propre logique.
Peut être le nouveau Seigneur n'avait il pas prit conscience des implications évoquées par le précédent monologue de Hithiel sur les raisons de l'entrée en guerre du culte ?

La Haute-Prêtresse n'avait aucunement à craindre un jugement critique à son égard de la part de son culte car tout avait été fait en rapport avec le dogme du culte.
La guerre civile des humains trouvait son origine dans des conflits politiques dont le culte n'avait pas à se mêler, ce n'est qu'après la première phase de cette guerre que le culte s'était retrouvé impliqué. De plus, le culte de Tari avait fait la guerre pour ses propres raisons et non selon le but recherché par le roi Trystan. La profanation des lieux de culte, la quasi-destruction de l'organisation du culte en Diantra, l'enlèvement du Haut-Prêtre et les actes de nécromancies avérés étaient des raisons pleinement valables et ces raisons étaient indépendantes des raisons politiques.
Mais Dyarque ne pouvait se fier qu'à une vision politique, c'était là son rôle. Les enjeux politiques étaient différents des enjeux religieux et en cela il ne pouvait s'autoriser à critiquer la "précipitation et le manque de recul" de la Haute-Prêtresse. II n'y avait aucunement eu d'implications personnelles entre elle et le roi Trystan, juste des intérêts communs envers des buts distincts. Le ton de la réponse eu le don de trahir son mécontentement, un mécontentement qui passa tout aussi rapidement malgré tout.


Etre soudainement prise à la gorge et devoir agir dans l'urgence ne signifie nullement que je puisse perdre de vue les intérêts de la Déesse Tari.

Oui .. elle avait combattue la menace contre son culte et non cherchée à comprendre une guerre, ainsi était fait le dogme de Tari. Et de toutes manières .. les raisons invoquées par les barons dissidents comportaient un large lot d'accusations fausses à l'égard de leur souverain. Comment démêler le vrai du faux dans tout ce discours ? seuls les barons rebelles le pouvaient mais ils ont trouvés la mort durant le premier siège de Diantra, avant même que la situation n'impose la mobilisation de la croisade du culte. Hithiel ne pouvait se permettre de donner une réponse dont elle ne pouvait certifier ni la véracité ni l'authenticité.
Mais une chose était certaine : le culte de Tari serait en paix avec ses actions, le domaine politique était une autre question mais dont elle n'avait pas à y répondre.

La discussion se poursuivie à l'intérieur des appartements de la Haute-Prêtresse. Dyarque n'en avait pas terminé avec elle et s'empressa de poser de nouvelles questions, ne lui laissa aucunement le temps de satisfaire la demande de boisson qui avait été formulée.
Hithiel termina de servir le Seigneur Protecteur avant de répondre sur un ton calme, cette fois elle pouvait lui donner une réponse précise.


Suite à la guerre, le Roi Trystan a organisé un grand tournoi de chevalerie pour célébrer le retour à la paix. Des chevaliers et nobles de chaque province humaines s'y sont affrontés sous la bannière royale. A la fin de celui-ci, le Roi a annoncé le placement de nouveaux dirigeants ou régent dans les provinces rebelles ou qui possédaient un siège vacant. L'autorité du Roi a été restaurée, que ce soit militairement ou en plaçant des hommes de confiance à divers postes-clefs.
Mais seul le temps pourra dire si les coeurs et allégeances des nouveaux et actuels vassaux du Roi continueront à le suivre.

Après tout qui pouvait se définir avec certitude sur l'avenir ? la Vie était ce qu'elle était : tumultueuse et pleine de rebondissements. Hithiel était une suivante de la Mort, elle assistera de loin à ces changements en attendant que la Mort fasse son office de part sa main.
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Dim 27 Juin 2010 - 15:10

« Ai-je affirmé une telle chose ? » demanda-t-il avec une certaine… douceur. Il avait sans doute conscience que son attitude pouvait être mal interprétée, mais il voulait cependant aller au bon de ses idées. « Je vous l’ai déjà dit, je n’ai pas à vous juger sur cela. Néanmoins, à mes yeux, que vos raisons soient bonnes ou mauvaises ne changent rien au fait qu’il est étrange que vous ne connaissez pas parfaitement le conflit dans lequel vous vous êtes engagée. »

On aurait dit un professeur tentant d’expliquer un concept qu’il jugeait évident mais que son élève peinait à saisir pleinement. Malheureusement, Hithiel n’avait rien d’une élève, et il y avait bien longtemps qu’elle avait du cesser de prendre des leçons. Dyarque le savait, mais cela ne l’empêchait pas de retirer son manteau de maître. Une erreur, très certainement, mais le nouveau Roi des Elfes n’était pas parfait, loin s’en fallait. Trop renfermé sur lui-même depuis son enfance, la mort d’Elycia avait élevé une muraille qui semblait impénétrable. Devenu avec les siècles un mage dont la réputation n’était plus à faire, il avait aussi été confronté à plusieurs situations difficiles, et autant le dire clairement, il « savait ce qu’il valait ».

Ne cherchant pas à provoquer un débat stérile, il profita du fait d’avoir donné de façon complète son point de vue pour orienter la discussion vers un nouveau sujet. Comprendre les raisons précises de la guerre civile - et donc avoir la possibilité d’en prévoir une autre - était hors de sa portée pour le moment, et il allait devoir demander aux Eperviers de quitter le couvert rassurant d’Anaëh pour en apprendre plus, mais il pouvait sans doute estimer ses conséquences grâce au témoignage de la Haute Prêtresse. Et cette fois-ci, sa réponse satisfit le vieux mage, qui hocha pensivement la tête.

« Trystan a contenté son peuple en même temps que ses vassaux. » murmura-t-il pensivement pour lui-même.

Etait-ce une de ses idées, ou bien un conseiller avisé la lui avait-il soufflée ? Dans un cas comme dans l’autre, il était celui qui avait pris la décision finale et qui avait su en tirer le maximum. Le jeune homme avait de la suite dans les idées. Définitivement, les elfes auraient tout à perdre de le voir quitter son trône, peu importe la façon. Si seulement les hommes avaient été moins turbulents, tout aurait été plus simple. Portant son regard sur son verre, Dyarque se demanda ce que lui-même devait faire. Etrangement, observer et tenter d’influence la politique humaine lui semblait plus simple qu’assurer le salut à son propre peuple… une observation pénible.

Il devait faire confiance à Elya, car il était le mieux placé pour le savoir : malgré son apparente simplicité, sa fille était un être incroyablement complexe, dont il était difficile de prévoir les agissements.

« Votre présence réconfortera le cœur des elfes, Haute Prêtresse, surtout en ces temps troublés. » Portant le verre à ses lèvres, il but quelques gorgées, pensif.

Il avait beaucoup à faire, sa secrète volonté étant de renouer avec une forêt qu’il sentait s’éloigner. Il ne voulait pas que tous les elfes vivent, comme lui, sans aucun lien avec leur foyer, pour avoir connu l’extase de la communion, il voyait le spectre de la séparation en horreur. Seulement, comment faire ? Même avec son millénaire d’existence, il n’avait aucune idée de comment faire, et ce n’était pas faute d’avoir cherché.
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Hithiel Isylindë
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MessageSujet: Re: La Mort revient en Alëandir ..   Mar 29 Juin 2010 - 13:56

La leçon de compréhension d'un conflit en resta là. Les paroles de Dyarque sur le fait qu'il ne la jugeait aucunement avaient cependant bien du mal à ne pas trouver un écho dans la petite remontrance. Hithiel comprenait son point de vue, le Seigneur Protecteur ayant l'habitude des situations complexe inhérentes aux hautes fonctions mais les situations pouvaient différer, les guerres religieuses ne possédaient pas les mêmes bases que les guerres politiques et sur ce dernier point la Haute-Prêtresse n'avait pas vraiment à s'y intéresser. Néanmoins elle retint les paroles de Dyarque, il s'écoulerait encore du temps avant que le culte ne soit de nouveau en conflit mais l'oeuvre de la Mort ne se limitait pas aux affaires intéressant uniquement le clergé. Le temps des guerres n'était nullement terminé et elle saurait se tenir au courant.

Je comprend votre avis Seigneur Dyarque. Peut être me suis je trop concentrée sur les affaires me concernant uniquement.

En temps que Seigneur Protecteur la curiosité de Dyarque sur les raisons du conflit Humain était légitime. La Haute-Prêtresse n'était pas au courant des projets de Dyarque envers les humains mais il était évident que la situation le préoccupait depuis le début. Heureusement, le rapport de Hithiel sur la fin de la guerre sembla le rassurer quelque peu, la stabilité nouvelle de la société humaine était une bonne nouvelle même si seul le futur montrera la véritable vérité sur le destin. Le royaume humain mettrait du temps à se reconstruire, beaucoup d'infrastructures avaient été détruites et de nombreuses pertes étaient à déplorer. Le Roi Trystan avait réaffirmé son autorité mais panser les plaies était un travail de longue haleine qui allait conserver des séquelles. C'était même une chance que les Drows n'aient pas décidés de profiter de la faiblesse humaine pour faire une incursion d'importance sur leurs terres.

Mais tout ceci ne pouvait masquer un fait : le peuple des Elfes avait besoin de la bonne forme du peuple des Humains. Certes Alëandir possédait un nouveau guide mais il ne fallait pas oublier que la Mort avait fait son office également en ces lieux. L'Elite des Ducs Elfiques avait été décimée et le peuple éternel stagnait dangereusement. Ils se raccrochaient à un espoir, comme l'avait si bien expliquée l'ancienne gardienne de Kÿria lors de sa toute dernière apparition. L'arbre Estel trônait toujours dans le sanctuaire mais il fallait encore trouver la force à donner au peuple pour qu'il suive cet espoir. C'était là le rôle de Dyarque, tant que l'espoir vivrait ils auraient une chance.

La présence de la Haute-Prêtresse de Tari en son temple réconforterait les Elfes, c'est certain. Suite aux récentes vagues de disparitions il ne fallait pas se morfondre sur le passé pour chercher à avancer. C'était là l'un des rôles du clergé de Tari. La Mort n'avait pas la même signification chez les Elfes que chez les Humains, elle n'est pas autant crainte mais plutôt considérée comme l'apanage du destin, la chose qui les faisaient vivre des siècles et voir le monde évoluer tout autour d'eux. Il restait désormais à montrer la voie vers ce destin pour une race toute entière.


Je suis très attentive aux souffrances dont souffre le peuple auquel j'appartiens en premier lieu. Nous ne voyons encore la fin de ces temps troublés mais soyez certain que le clergé de Tari répondra aux voix des Elfes.
Depuis Diantra on m'a tenue au courant des disparitions dont ont souffert les Elfes, vous même n'avez point été épargné avec la disparition de votre épouse. Vous m'en voyez sincèrement navrée, Dame Elycia a longtemps été une forte présence à vos cotés. Chaque perte est sévère et je regrette n'avoir pu être présente pour leur enterrement. Mais soyez assuré que chacun ne sera pas oublié.


Continuer à avancer malgré les vides régnant à ses cotés, c'était là une chose difficile et le destin s'acharnait rudement sur les Elfes. Depuis Orelinde les levers et les chutes se succédaient mais cela ne faisait pas oublier qu'il fallait continuer à avancer. Et pour aider à cela la haute-Prêtresse d'Alëandir trouvait ici l'une de ses grandes missions.
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