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 Dégâts des eaux [Jena]

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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Dégâts des eaux [Jena]   Mer 16 Juin 2010 - 12:14

Toute histoire doit commencer par une première scène. Un moment important que cette première scène, car c’est elle qui donne une idée de ce qui va se passer ensuite, une sorte d’élément déclencheur donc. Où bien il s’agira d’une scène qui sera en opposition avec la suite afin de jouer sur le contraste. Nous allons nous placer dans ce deuxième cas.

La première scène se passe dans la chambre du régent d’Alonna, où Hanegard et Jena, tout juste réveillés, se faisaient des câlins dans leur grand lit. La jeune femme, à califourchon sur son mari, lui déposait de petits baisers sur le torse, descendant peu à peu vers sa proie. Rejetant le drap, elle prit en main la verge d’Hanegard et commença un lent mouvement de va-et-vient.

Donc là déjà vous vous doutez que la suite sera moins agréable pour nos deux héros. Gagné… les deux amoureux furent interrompus par un coup frappé à la porte.

Monseigneur ?

Pestant l’un comme l’autre contre cette interruption, Hanegard et Jena durent arrêter leurs ébats. La jeune femme se remit sous les draps, une petite moue aux lèvres, tandis que le régent se levait, enfilait une robe de chambre et allait ouvrir. Pour qu’on le dérange de si bon matin, cela devait avoir son importance.

Qu’y a-t-il ?
Une nouvelle des mines de Lodiaker monseigneur. Ils ont trouvé un filon d’or. Massif disent-ils.
Vraiment ?

Les gisements d’or étaient rares en Alonna et la production déclinait d’année en année. Un nouveau filon pourrait relancer une industrie sinistrée… en effet la nouvelle était d’importance. Sa décision prise quand à la marche à suivre, Hanegard ordonna :

Prévenez ma garde personnelle de se tenir prête à partir dans la matinée.
A vos ordres.

Jetant négligemment sa robe de chambre sur le dossier d’une chaise, le régent revint se fourrer sous les draps auprès de sa femme. Enlaçant tendrement Jena, il se mit à réfléchir à haute voix :

Un filon d’or serait une excellente chose pour les orfèvres. Nous avons dû quasiment arrêter nos exportations de bijoux, si les mines de Lodiaker nous fournissent en matière première, cela nous permettrait peut être de recommencer à exporter.

Mais il était difficile de se concentrer longtemps sur les problèmes économiques avec une jeune femme nue dans les bras, surtout lorsque cette jeune femme glisse sa main sur certaines parties de votre anatomie. Roulant sur le dos, Hanegard embrassa tendrement sa femme et demanda d’un ton taquin :

Bon... où en étions nous déjà ?
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Mer 16 Juin 2010 - 18:41

Dans la chambre du couple régent, de tendres ébats s’annonçaient gaiement. Il fallait noter que l’appétit sexuel de la jeune femme semblait s’être accru depuis qu’elle était enceinte. D’ailleurs il n’y avait pas que ce genre d’envie qu’elle ressentait plus fortement.
Et puis ce matin, elle profitait de l’absence de ses nausées matinales pour faire des galipettes avec son mari….enfin des galipettes…
Cela aurait pu le devenir si un garde n’avait pas eut l’idée géniale de venir frapper à leur porte. Retournant sous les draps, Jena poussa un long soupir. Pas moyen d’être tranquille une heure ou deux avec son époux…
Écoutant la conversation…Jena leva les yeux au plafond. Le garde les avait dérangé pour un petit filon d’or….cette information n’aurait-elle pas pu attendre une heure ? Fallait-il ravir des bras de la jeune femme l’objet de son désir ?

Croisant les bras sur sa poitrine, Jena ne tourna même pas les yeux lorsque Hanegard revint s’installer dans le lit. Ni même lorsqu’il la prit tendrement dans ses bras.
Pourquoi fallait-il mettre toute sa garde personnelle sur le branle-bas de combat pour un petit filon….dont on n’était même pas capable de certifier qu’il s’agissait bien d’or massif ou non.
Il était clair que la jeune femme ne partageait pas l’enthousiasme flagrant de son mari, d’autant plus qu’il comptait partir dans la matinée…et les dieux savaient à quel point elle n’aimait pas qu’il parte sans elle. Surtout lorsqu'elle avait l'interdiction totalement de mettre les fesses sur la selle d'un cheval

- On n’en était à rien du tout. J’ai mal au cœur. Lâcha-t-elle boudeuse.

Voila une excellente excuse qu’il faudrait qu’elle note dans un coin de sa tête. Hanegard n’allait pas risquer de se faire vomir dessus juste pour assouvir ses besoins matinaux.
Tournant les yeux vers lui, Jena vit son petit sourire amusé. Mais à elle, cela ne l’amusait pas du tout.


- Et puis il avait besoin de venir te dire ça maintenant ? Ce n’était pas une information essentielle à notre survie que je sache.

Se tirant du lit, Jena attrapa sa robe de nuit qu’elle avait jeté un peu plus tôt, lorsqu’elle pensait pouvoir profiter du corps de son mari pleinement. Faisant passer ses cheveux sur son épaule, elle commença à les tresser sans un regard derrière elle. Quand elle ne portait pas ses robes amples, cintrées sous la poitrine, on pouvait voir nettement la rondeur de son bas ventre. D’un geste naturel, elle posa sa main sur le tissu de sa robe juste sur le léger gonflement et se tourna vers son mari. Ses sautes d’humeur étaient rares, mais elle craignait que cela n’empire avec les semaines.

Croisant le regard d’Hanegard, Jena finit par se détendre et retrouver une expression qui lui correspondait davantage. Elle revint vers le lit et s’assit sur le bord du matelas.


- Tu penses revenir quand ? demanda-t-elle d’une petite voix en baissant les yeux vers ses pieds. Elle n’aimait pas passer ses nuits sans lui. Il lui était arrivé trop de chose lorsqu’elle était seule dans une chambre ! Tarkel, Tinfar….bref, elle aimait la protection et la douceur des bras de son mari.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Jeu 17 Juin 2010 - 11:46

Hanegard fut déçu par la réaction boudeuse de Jena. Mais d’un autre côté, elle était tellement adorable quand elle boudait… un petit sourire aux lèvres, il attendit la suite. La jeune femme sortit du lit et enfila une robe de chambre. La jeune femme commençait à avoir des sautes d’humeurs et des brusques désirs depuis quelques temps, mais le régent lui passait tous ses caprices…

Heureusement, Jena n’était pas une femme acariâtre, et elle revint s’asseoir sur le bord du lit, demandant d’une petite voix quand il reviendrait. Se soulevant sur les coudes, Hanegard attira Jena au creux de ses bras. Il n’aimait pas la voir triste, mais elle devait comprendre pourquoi il lui fallait partir.

Jena, je ne pars pas pour m’amuser. Crois-moi, je préférerais rester avec toi. Mais le roi attend des résultats de ma part, et je dois savoir si ce filon est une affaire sérieuse.

Déposant un baiser sur les lèvres de sa belle, il tenta de la rassurer. Après tout, il ne serait pas loin et son absence ne devait pas excéder un gros aller-retour. N’étant pas expert en minerai, le régent ne pourrait apporter qu’une expertise superficielle. Mais sur place, il serait mieux à même de décider si il fallait renforcer les équipes.

De toute façon, je n’en ai pas pour longtemps. Les mines sont à moins d’une journée de cheval, et je ne resterai pas longtemps sur place.

Une heure plus tard, la petite troupe composée du régent et de ses gardes quitta la citadelle et prit la direction du Nord.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Jeu 17 Juin 2010 - 20:50

Après avoir été rassurée par son époux, Jena le regarda partir. Elle avait retrouvé le sourire, juste pour qu’il ne parte pas en voyant sa femme bouder, mais une fois que les bruits de sabots battant le pavé s’était tu…la jeune femme retrouva sa mine sombre. Si elle tombait sur le garde qui était venu les tirer du lit il allait passer un sale moment.
La jeune femme s’habilla lentement, pria pour que les heures s’écoulent rapidement. Une fois toute pomponnée, elle descendit aux cuisines et donna quelques ordres pour la journée. Elle finit par dénicher Valkor qui marchandait les prix avec le paysan qui amenait un chariot remplit de légumes…
Alors qu’elle allait entrer dans la conversation, Clarys lui tomba dessus, sortie de nulle part. Elle passa une heure à l’entendre s’inquiéter pour elle, lui dire d’aller s’asseoir, puis de remonter s’allonger…bref le genre de discours qui avait le don d’agacer Jena surtout lorsqu’elle n’était pas levée du bon pied.

La journée passa si lentement, que Jena crut qu’elle ne se finirait jamais. Elle passa une partie de la matinée à broder en compagnie des épouses des nobles d’Alonna, puis l’après-midi elle s’enferma dans sa chambre, un livre pioché au hasard dans la petite bibliothèque de la citadelle.
Des pensées philosophiques ennuyeuses mais qui lui feraient passer le temps.
Lorsque la nuit commença à tomber Jena entendit quelques petits coups frappés à sa porte. Clarys entra timidement. Elle venait chercher la compagnie de son amie qui s’était fait rare depuis son mariage. Hanegard partit, elle pouvait donc espérer passer un peu de temps avec Jena.
Dehors la pluie commençait à tomber et un bel orage se préparait. La température avait quelques peu baissés et les deux jeunes femmes frissonnèrent avant de s’enrouler dans des couvertures tirées de l’armoire près du lit.


- Je n’aime pas quand Hanegard n’est pas là, murmura la jeune femme.
- Ne t’inquiète pas il sera de retour demain dans la journée. Il vaut mieux qu’il reste là bas pour la nuit, la pluie qui tombe te le ramènerait trempé jusqu’aux os.
- Oui, tu as raison.
- C’est l’idée de dormir seule c’est ça ?

Jena hocha la tête en tournant son regard vers la fenêtre. Le vent était tombé mais la pluie s’était intensifiée. Les paysans accueilleraient sûrement cet orage avec joie, eux qui se lamentaient déjà de la sècheresse de leurs terres.
Dormir seule effrayée Jena. Ce n’était pas un caprice d’enfant ou la peur du noir mais quand elle n’était pas dans les bras de son mari les cauchemars revenaient la hanter. Elle ne supportait pas de revoir le visage de Tarkel…ou de ressentir à nouveau la terreur que lui avait provoquée la présence de Tinfar…

- Je peux rester avec toi si tu veux, ajouta Clarys en lui adressant un petit sourire pour la rassurer.

Jena hocha à nouveau la tête. Bien sur la présence de Clarys ne changerait rien. Visiblement ses cauchemars n’attendaient que le départ de Hanegard pour ressurgir. Alors qu’elles allaient se rendre dans l’ancienne chambre de Jena – ben oui elles n’allaient tout de même pas dormir dans le lit conjugal ! – on frappa à la porte.

Surprise, Jena mit un long moment avant de réagir. A cet instant elle aurait pu se donner des claques. Ouvrant la porte elle vit devant elle un Sargril trempé, l’air sombre, une missive décachetée à la main.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Ven 18 Juin 2010 - 14:52

[Quelques minutes plus tôt]

Sargril travaillait dans son bureau, gérant les affaires courantes de l’armée en l’absence du régent. Le militaire se serait bien rendu lui-même aux mines de Lodiaker en lieu et place d’Hanegard, mais sa vieille blessure à la jambe s’était réveillée et le médecin lui avait interdit de monter en selle.

Tout à coup, plusieurs coups furent frappés à la porte, non sans une certaine urgence.

Entrez.

Un messager débraillé entra en trombe dans le bureau et tandis au capitaine une missive scellée à la hâte. Étonné et inquiet, Sargril ouvrit la lettre et palit.

~~~~~~~~~~~~

Du surveillant général Gardan, mines de Lodiaker,
Au capitaine Sargril, citadelle d’Alonna.


Capitaine, une catastrophe vient de s’abattre sur Alonna. Le régent est arrivé tôt ce matin et a insisté pour voir immédiatement le filon d’or afin de s’en retourner au plus vite. Moins d’une heure après qu’il soit descendu, un violent orage a éclaté, et en quelques minutes les digues de soutènement qui retiennent la rivière en haut du vallon ont cédées.

Le trop plein d’eau s’est engouffré dans la mine qui est à l’heure actuelle plus qu’à moitié noyée. J’ai immédiatement envoyé une équipe s’enquérir du seigneur Kastelord mais il se trouvait dans une partie inondée.

J’ai pour l’instant réussi à taire la nouvelle de sa mort mais je ne pourrai garder cela secret bien longtemps. Je vous supplie donc de m’envoyer en urgence des ordres à ce sujet.


~~~~~~~~~~~~

Sargril resta un instant abasourdi. Hanegard… mort. Lui qui avait survécu à tant de batailles et d’embuscades, finir noyé comme un rat au fond d’une mine. Quelle cruauté du destin ! Une petite larme perla à la paupière de cet homme de marbre. Le régent avait été plus qu’un chef pour lui, il avait été un ami.

Alonna sortiat à peine du chaos, la vie reprenait juste son cours, et voilà qu’une nouvelle catastrophe arrivait. Non, vraiment, le destin n’était pas juste. Et Jena ? Douce Néera, il allait devoir lui annoncer. Se levant, le capitaine se rendit dans les appartements de la jeune femme, toqua et entra immédiatement. Jena était en compagnie de Clarys. Sans un mot, il tendit à la veuve d’Hanegard la terrible missive.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Ven 18 Juin 2010 - 17:29

Le visage de Sargril n’annonçait rien de bon. Fronçant légèrement les sourcils, Jena prit la missive dans les mains, la déplia et lut lentement son contenu…une fois….deux fois….trois fois, avant de la lâcher et de la laisser tomber à terre. Ce qu’elle venait de lire ne pouvait pas être possible, il y avait une erreur, Hanegard ne pouvait pas être…. Non c’était impossible, elle aurait sentit quelque chose, elle l’aurait su…
Levant les yeux vers Sargril, elle vit dans l’expression du soldat qu’il était très affecté par la nouvelle bien qu’il le montrait le moins possible. Cela ne pouvait pas être une blague…qui aurait pu faire une chose d’aussi mauvais goût…pourtant.
Les secondes défilèrent sans que personne ne bouge. Finalement, Clarys voyant le mutisme et l’expression choquée de son amie se baissa et ramassa la lettre dépliée. Portant une main à sa bouche pour étouffer le cri qu’elle allait lâcher à la lecture des dernières lignes, la chambrière se tourna vers Jena et attendit une réaction de celle-ci.


- Non….non….ce n’est pas…non….je ne peux pas le croire….

Jena posa sa main sur son ventre dans un réflexe purement maternel et elle vit Sargril cillé lorsqu’il fit glisser son regard sur le ventre légèrement rebondit de la jeune femme. Réalisant qu’elle était enceinte, il ferma une seconde les yeux. Personne n’était encore au courant…comment aurait-il pu imaginer une chose pareille.
La jeune femme sentit son cœur se briser, alors que l'information venait de terminer son chemin dans son esprit. Elle ne pouvait pas croire que son époux était mort… qu’elle ne le reverrait plus…Les larmes la submergèrent et lorsqu’elle rouvrit les yeux elle était assise sur le lit, Clarys et Sargril penchait sur elle, visiblement inquiets.
C’était impossible, elle devait sécher ses larmes, il ne pouvait pas être mort, elle était certaine qu’elle l’aurait sut.


-Non….je sais que non….
- Jena….la missive dit que…
- J’ai lu la missive Sargril, coupa-t-elle, ce n’est pas….il ne peut pas être….

Elle n’arrivait même pas à le dire tant cela lui était impensable, inimaginable. Se levant d’un bond elle se rua dans le couloir et appela le garde postait.

- Allez dans les écuries et ordonnez à ce que l’on selle mon cheval immédiatement.

Retournant dans sa chambre, elle se précipita dans la salle de bain sous le regard surpris de la chambrière et du soldat.


- Jena, vous n’y pensez pas….il fait nuit.
- Il ne faut pas que tu montes à cheval, renchérit Clarys. Tu pourrais perdre ton enfant, ton médecin te l’a dit….je t’en prie, il faut….il faut que…

Visiblement elle était à court d’idée, Jena revint dans la chambre et fixa Clarys a travers les larmes qui ne cessait de couler.

- Sans lui…..je ne peux pas….je ne pourrais pas continuer de…. Je suis sure qu’il est vivant…je le sens…

- Jena je ne peux pas te laisser partir…

Attrapant sa cape, la jeune femme resta sourde aux protestations de son amie. Sargril s’était éclipsé un instant pour ordonner qu’on fasse préparer les chevaux d’un groupe de soldat en qui il avait toute confiance. Il ne pouvait pas retenir Jena, il le savait, alors autant assurer au maximum sa sécurité.

- Je ne peux pas rester ici sans rien faire….il a besoin de moi….il a besoin d’aide…
- Jena….Hanegard est…
- NON, cria Jena, je t’interdis de le dire.....

Passant à côté de la jeune femme, Jena descendit rapidement les marches et rabattit sa capuche lorsqu’elle se retrouva dans la cour battue par la pluie incessante. Son cheval l’attendait ainsi qu’un groupe d’hommes surprit d’avoir été tiré soit de leur lit, soit de leur repas.
Sans un mot ni un regard Jena monta en selle, grimaçant légèrement. Tenir cette position plusieurs heures seraient un véritable calvaire mais elle l’endurerait…

Le groupe partit en direction du Nord, en quelques minutes ils furent trempés jusqu’aux os mais ils ne s’arrêtèrent pas un seul instant, ménageant à peine leurs montures pour suivre le rythme que leur imposait l’épouse du régent.

La nuit était avancée, il ne devait rester que quelques heures avant que le jour se lève. Mettant pieds à terre dans le campement situé près des mines Jena demanda l’aide d’un soldat pour l’aider à descendre. La douleur dans son bas-ventre était intense mais elle n’était rien en comparaison de la souffrance que lui infligeait son cœur. Complètement trempée, ruisselante, elle fut conduite, soutenue par le même soldat, devant le responsable de la mine, tirait lui aussi de son lit, qui la reconnue d’un seul coup d’œil.


- Ma Dame….que faites-vous….mais vous êtes complètement trempée, et vous tremblez comme une feuille. Vite entrez.
- Non…je…je….je veux que…que vous….vous fassiez immé…immédiatement partir…une….une nouvelle exp….expédition de….de recherche, dit-elle les lèvres tremblantes de froid.

Et puis ce fut le noir total. Elle s’écroula, bien heureusement le soldat n’était pas loin et il lui évita tout contact avec le sol. La soulevant il suivit rapidement le responsable qui la conduisit dans sa tente personnelle pour l’installer sur son lit de camp. Sans attendre il ordonna que l’on fasse venir un médecin. Et comme la jeune femme représentait un minimum d’autorité, il fit ce qu’elle lui avait demandé en réunissant à nouveau ses hommes pour se tenir près à reprendre les recherches.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Sam 19 Juin 2010 - 9:43

Le campement provisoire des mines de Lodiaker se trouvait sur une petite butte à quelques centaines de mètres de l’entrée des galeries, à l’abri des eaux. Une vingtaine de tentes de tailles diverses abritaient les rescapés. L’orage s’était quelque peu calmé mais le niveau des eaux ne baissait pas, rendant tout expédition particulièrement périlleuse, un nouveau débordement des eaux de la rivière restant possible à chaque instant.

Gardan, le surveillant général des mines, venait de réunir ses principaux chefs d’équipe afin de décider ce qu’il convenait de faire suite à l’ordre donné par Jena quelques instants plus tôt.

Messieurs, la femme du régent vient d’arriver. Elle est épuisée et le médecin s’occupe d’elle mais elle m’a ordonné de monter une nouvelle expédition de secours.
De secours ? Mais secourir qui ? Les survivants sont ici.
Elle pense que son mari est en vie.
Grotesque, le régent n’a pas pu se sortir vivant de la catastrophe. Ce ne sont que les sanglots d’une veuve éplorée. Je refuse de risquer la vie de mes hommes pour cette folie.

Le gaillard qui venait de parler était bâti comme un taureau, gras, rougeaud, ses petits yeux enfoncés dans leurs orbites fusillant les autres d’un regard mauvais. Il était pour les mines le second de Gardan, bien qu’une haine tenace exista entre les deux hommes. Et tous savaient qu’un jour le vieux chef de mine serait évincé par son rival.

Frodr, ce n’est pas à toi de décider de cela.
Vraiment ? Eh bien essayez d’envoyer mes gars là dessous. Ils refuseront. Personne n’a pu survivre là-dedans. S'y risquer avant la décrue est une idée stupide. Vous êtes de mon avis les gars ?

Les autres chefs d’équipes hochèrent la tête, aucun n’osant s’opposer frontalement au colosse. Voyant d’où tournait le vent, Gardan battit en retraite. Après tout, il n’allait pas risquer un conflit sur le chantier pour sauver un mort. Le prochain seigneur d’Alonna, quel qu’il soit, n’apprécierait sans doute pas qu’il perde son temps dans de futiles opérations de sauvetages condamnées d’avance.

Bien. Je vais prévenir dame Jena que nous ne pouvons organiser d’expédition de secours.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Dim 20 Juin 2010 - 19:15

Les pans de la tente s’ouvrirent et le responsable des mines entra. Le médecin venait juste de rabattre la robe trempée sur les jambes de Jena en soupirant. Celle-ci s’était réveillée quelques minutes plus tôt et ne voulait rien entendre aux remontrances de l’homme de science. Elle se fichait qu’il lui disait qu’elle n’aurait jamais du faire le déplacement à cheval et par cette pluie battante. De toute façon c’était fait, elle n’avait pas envie d’en entendre plus. Elle voulait avoir des nouvelles de son époux, elle voulait savoir où en était l’équipe de recherche. Lorsqu’elle croisa les yeux du dénommé Lodiaker, elle se leva malgré les protestations du médecin qui voulait la maintenir couchée sur le lit de camp.

- Ma Dame, hélas j’ai le regret de vous dire que mes hommes ne veulent pas risquer leur vie. Selon eux…la mine est trop dangereuse, car elle est encore inondée et qu….
- Ils ne veulent pas descendre ? demanda la jeune femme incrédule.
- Non.

Fronçant les sourcils, Jena passa à côté du responsable sans un regard. Ses vêtements encore trempés lui collaient à la peau et le vent froid de la nuit la fit frissonner, mais elle ne comptait pas s’arrêter. Liodaker mit un moment à réagir mais il fut rapidement sur les talons de l’épouse du régent. Elle descendait la butte en direction de l’entrée de la mine, marchant dans la boue, salissant sa robe et ses chaussures sans même s’en soucier, ce qui étonna l’homme derrière elle.

- Mais que faites-vous ? demanda-t-il enfin lorsqu’ils passèrent devant le groupe d’homme qu’il avait laissé un peu plus tout, tous aussi étonnés que lui à la vue de la jeune femme.

- Puisque vos hommes refusent de porter secours au régent, j’irais moi-même.

Fordr, entendant les propos de Jena franchit à grand pas la distance qui le séparait de Jena et de Liodaker pour se mettre entre eux et la mine. Jena, arrêtée par ce barrage humain lui jeta un regard noir.

- A quoi bon risquer votre vie pour un cadavre, ce serait du gâchis.

L’homme ne vit pas venir la gifle qui s’abattit violemment sur sa joue. Cependant il croisa le regard de la fameuse veuve éplorée qui le défiait du regard. Jena ne comptait pas se laisser dicter ce qu’elle aurait du faire ou pas.

- Je ne suis pas lâche moi. Poussez-vous.


Jena n’accorda pas un regard de plus aux hommes, le jour commençait à se lever et les premiers rayons de soleil perçaient à travers les nuages. Lorsqu’elle fut devant l’entrée de la grotte, elle resta une seconde les pieds dans la boue. Elle avança néanmoins jusqu’à ce que ses chevilles soit sous l’eau, puis ses mollets, ses genoux, ses cuisses…
L’eau était gelée, elle avait l’impression d’être transpercée par de petites épines à chacun de ses pas. L’endroit était très sombre mais lorsque ses yeux se furent habitués, elle distingua que le niveau était plus haut à mesure qu’elle avançait. Bientôt, seule sa tête était hors de l’eau et malgré les frissons elle continuait d’avancer. La seule pensée de retrouver son époux lui donnait la force de continuer et de ne pas céder aux larmes et à la panique. Bientôt le conduit se sépara en deux, d’un côté il remontait légèrement et l’eau était moins profonde, de l’autre il descendait plus profondément. Pensant que la première expédition était seulement allée dans le conduit de gauche elle décida d’aller dans celui de droite. Elle n’eut bientôt plus pieds et, elle remercia les dieux d’avoir su nager. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle avançait, ses lèvres bleutées tremblaient de froid. Elle ne savait pas si quelqu’un avait décidé de la suivre, elle savait seulement que Hanegard avait besoin d’elle. Il était sûrement coincé quelque part sans savoir s’il pouvait à nouveau s’aventurer dehors. Bientôt la paroi au dessus de sa tête sembla se réduire et lorsqu’elle arriva au niveau d’une poutre placée là pour soutenir le tunnel, elle vit que l’eau était à son niveau maximum. De l’autre côté elle n’aurait plus d’air…
Prenant une première inspiration, elle plongea quelques secondes et tenta de voir s’il y avait quelque chose plus loin. Elle crut voir quelques scintillements tout au fond du couloir, comme un reflet sur l’eau…c’était donc qu’il y avait un endroit pour respirer là bas.

Remontant à la surface elle reprit son souffle et attendit quelques secondes pour faire le vide. Il faudrait qu’elle fasse vite, le couloir semblait long et elle n’aurait peut-être pas assez d’air pour aller jusqu’au bout, et encore moins pour revenir. Lorsqu’elle s’élança enfin, elle ne fut pas surprise de voir qu’hélas elle avait raison. Le couloir était loin et le scintillement se rapprochait que trop lentement. Elle avait l’impression que ses poumons allaient exploser mais elle finit par y arriver à force de battre des pieds et de brasser l’eau… Elle sortit sa tête de l’eau et immédiatement ses poumons réclamèrent une énorme bouffée d’oxygène.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Lun 21 Juin 2010 - 7:30

Mais vous êtes malades ou quoi ?
Nous…
Une femme enceinte ? L’épouse du régent ? Et vous l’avez laissée entrer là-dedans ?
Mais capitaine, c’est elle qui…
Taisez-vous !

Le visage pâle de rage, Sargril fusillait du regard les chefs d’équipes du chantier. Gardan, Fordr et les autres n’en menaient pas large. Faire les vaillants et refuser d’obéir à une jeune femme était une chose, s’opposer frontalement au conseiller militaire d’Hanegard en était une autre. Certes le régent était mort, mais Sargril commandait la garnison d’Alonna, ce qui en faisait le second personnage de la baronnie.

De plus, la vingtaine de gardes à l’air farouche qui accompagnaient l’officier ne risquait pas de faire baisser la tension. Appuyé sur une canne pour soulager sa jambe, Sargril continuait à les traiter de tous les noms. Parti une heure après Jena de la citadelle, ayant juste eu le temps d’envoyer des ordres aux différents commandants de garnison pour qu’ils puissent gérer en son absence les affaires urgentes d’Alonna, il s’était lui aussi rendu aux mines de Lodiaker.

Par malheur, sa vieille blessure à la jambe nuisait à ses qualités de cavalier et le petit groupe n’avait pas réussi à rattraper la veuve éplorée à temps. Ils étaient arrivés à l’instant où Gardan et les autres revenaient, l’air sombre, de la mine où Jena avait pénétrée. Se calmant, reprenant à grande peine le contrôle de lui-même, s’obligeant à réfléchir, Sargril attrapa Fordr au collet et lui murmura d’une voix rauque :

Si par votre faute Jena est morte elle aussi, je jure de vous faire exécuter. Maintenant remuez vos équipes et envoyez du monde la sauver !

Lisant dans le regard de l’officier qu’il ne s’agissait pas d’une menace en l’air, le colosse s’exécuta, estimant sans doute que la rébellion n’est valable que face aux faibles, et que l’obéissance est préférable face aux forts. Quelques minutes après cet échange, plusieurs ouvriers spécialement équipés pour les opérations aquatiques prirent en courant le chemin de la mine.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Dans la galerie inondée, une jeune femme évanouie gisait sur le sol d’une caverne épargnée par les eaux. Il s’agissait de la salle de repos du tunnel au fond duquel avait été trouvé le filon d’or à l’origine de toute cette histoire. Heureusement pour elle, un puits d’aération avait été creusé dans la roche en prévision de ce genre d’accident et l’air circulait correctement.

Plus loin dans le tunnel, une autre grotte, enfouie profondément sous la montagne, se trouvait elle aussi épargnée par les eaux. Quelques hommes s’y tenaient, hagards et épuisés. Malheureusement, le puits d’aération de cette seconde grotte avait été bouché par la crue et l’oxygène se raréfiait d’heure en heure, resserrant peu à peu les vis de l’angoisse.

Nous… nous allons tous crever ici. Comme des rats…
Ta gueule, économise ton souffle.
Comme des rats. On va…

Le bruit d’un poing s’écrasant sur un crâne retentit dans l’obscurité. Quelques instants plus tard, et comme cela se produisait à intervalles réguliers, un pic frappa violement la roche, envoyant un écho dans la mine.

Pourquoi faîtes vous cela seigneur ? Personne ne peut nous entendre de toute façon.
Qui sait ? Si une expédition de secours pénètre suffisamment loin dans ce tunnel, le bruit portera peut être jusqu’à eux.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Lun 21 Juin 2010 - 11:21

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, Jena sentit le sol boueux sous sa joue. Elle toussota et cracha la terre qu’elle avait dans la bouche puis se redressa lentement. Elle était complètement frigorifiée. Tout son corps tremblait, ses mains gelées lui faisaient mal, et que dire de son ventre douloureux. Pendant une minute elle craignit pour son bébé. Tâtant son ventre pour chercher un point douloureux, Jena se rassura en voyant qu’aucune hémorragie ou aucune douleur fulgurante n’était à déplorer. Le seul risque était que son bébé meure à cause de la baisse de température du corps de la jeune femme. Aussi se leva-t-elle le plus vite possible. Elle ne devait pas rester sans bouger, il fallait qu’elle se réchauffe.

C’est alors qu’elle posa ses yeux sur ce qui l’entourait. Une grotte. Suffisamment haute pour qu’elle se tienne à peu près debout. Le trou par lequel elle était entrée se tenait quelques pas plus loin, l’eau brillait, reflétant le faible éclat qui perçait par le petit puit d’aération. De fait elle avait suffisamment de lumière pour voir que le tunnel continuait. Suivant le conduit, elle fut bientôt contrainte de se baisser puis, de marcher à quatre pattes pour avancer. Alors qu’elle commençait désespérer et que les larmes s’étaient remises à couler, elle entendit du bruit. Bref et faible, mais elle avait entendu quelque chose. Ne bougeant plus d’un pouce elle attendit à nouveau, espérant que ce ne soit pas son imagination qui lui jouait des tours.

Il lui fallut attendre une minute pour entendre à nouveau le bruit. Elle avait l’impression qu’il s’agissait d’un bout de métal que l’on tapait contre la roche…il y avait donc quelqu’un….
Cette simple pensée déclencha un nouveau flot de larmes alors qu’elle reprenait sa progression plus rapidement, suivant le son qui retentissait à intervalle régulier.

Mais bientôt elle se retrouva devant un éboulis de pierre trempée. L’eau avait du monter jusqu’à ce niveau avant de se retirer dans la grotte où elle était arrivée. Peut-être que quelqu’un avait bouché le couloir pour ralentir la progression de l’eau… un survivant…Hanegard.

Maintenant elle en était persuadée, il ne pouvait pas être mort, elle savait qu’il était vivant, elle le sentait. Malgré ses tremblements, elle se mit à déblayer le passage, pierre après pierre, gravillon après gravillon. Elle s’écorchait les mains et les genoux, sa robe ne ressemblait plus à rien mais elle s’en fichait. Finalement elle se retrouva devant un bloc de pierre bien plus gros que les autres qui bouchait entièrement l’entrée. Après une tentative lamentable, elle reprit son souffle et poussa de toutes ses forces. La pierre bougea, puis bascula, entraînant avec elle la jeune femme qui laissait échapper une gémissement de douleur en s’étalant par terre. Jena se redressa sur ses coudes en grimaçant et regarda autour d’elle.

Elle venait d’atterrir dans une autre grotte…et dans celle-ci il y avait des hommes….tous complètement effarés par ce qu’il voyait. Un courant d’air pénétra dans la pièce à nouveau reliée au reste de la galerie. Son regard se posa sur tous les visages tournés vers elle, jusqu’à ce qu’elle voit enfin celui qu’elle cherchait. Son cœur lui fit si mal qu’elle sentit les larmes couler à nouveau sur ses joues.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Lun 21 Juin 2010 - 13:06

Hanegard et les autres ne bougèrent pas lorsqu’ils entendirent gratter dans le tunnel. Face à la montée des eaux, ils avaient comblé l’entrée de la grotte où ils se trouvaient, mais ce faisant ils s’étaient eux-mêmes enfermé. En effet, le tunnel étant en pente descendante, un lourd bloc de pierre s’était coincé dans un angle, les enfermant dans leur prison. Ils avaient tentés de l’enlever mais en vain, il aurait fallu se trouver de l’autre côté pour avoir une véritable prise.

Or justement ce bloc bougeait. D’un signe, le régent indiqua aux autres de venir l’aider, et ils unirent leurs efforts à celui de leur sauveur. S’écorchant les mains, ils tentèrent de soulever la pierre pour qu’elle puisse rouler jusque dans la grotte. Brusquement, le rocher s’ébranla et ils n’eurent que le temps de s’écarter avant qu’il ne se déloge. Un nuage de poussière entra avec l’avalanche de roches dans la caverne, accompagné d’un souffle d’air venant du puits d’aération de la salle précédente et d’une faible lumière.

Jena ?

Hanegard n’en croyait pas ses yeux. Sa femme se trouvait là, c’était elle qui venait de les libérer. Mais par les dieux immortels, comment donc s’était-elle retrouvée là ? Et seule qui plus est ? Indifférent à l’afflux brutal d’air frais qui emplissait ses poumons, il s’approcha et prit la belle dans ses bras. Essuyant les larmes qui coulaient sur les joues de Jena, il lui demanda :

Ma chérie... mais... comment es-tu arrivée jusqu’ici ?
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Lun 21 Juin 2010 - 14:16

Presque immédiatement la jeune femme se retrouva dans les bras de son époux. Elle n’était donc pas en train de délirer, ce n’était pas son imagination qui se jouait d’elle. Il était bien là, elle le touchait, elle pouvait croiser son regard surpris et inquiet. Un immense sourire se peignit sur ses lèvres. Elle n’en revenait pas. Malgré les frissons, les douleurs et la fatigue, elle était la plus heureuse du monde en cet instant. Il était vivant…Blottie dans ses bras, elle sentait la chaleur de son corps piquer sa peau glacée. Lorsqu’elle releva à nouveau les yeux vers lui il chassa de ses joues les larmes qui s’y attardaient.

- Je ne pouvais….je ne pouvais pas les croire…. Ils disaient……tu étais mort…..je pouvais pas….les croire…. Répéta-t-elle d’une voix tremblotante.

L’un des hommes s’approcha du trou par lequel venait d’apparaître la jeune femme, il passa la tête puis s’y engouffra en rampant. Au bout d’une minute il cria que l’eau avait évacué le tunnel jusqu’à l’entrée de la grotte de repos. Ce fut lorsqu’il précisa qu’il y avait un conduit d’aération que les autres se pressèrent pour le rejoindre, faisant la queue devant le passage dégagé.

Lorsque le dernier eut la tête dans le tunnel, Jena se redressa et se jeta au cou de son mari, l’enlaça de ses bras gelés, et l’embrassa comme s’il s’agissait d’un besoin vital. Elle avait tellement eut peur que tout le monde ait raison, elle avait été la seule à croire qu’il était vivant, la seule à vouloir risquer sa vie pour lui. Et le retrouver en vie était plus qu’un soulagement. Même si pour ça elle avait du risquer la noyade plus d’une fois, se traîner dans la boue, s’écorcher les mains et les genoux… Elle aurait pu mourir pour lui si cela avait permit de le sortir vivant de cette mine.

- J’ai….j’ai eu si peur pour...toi, dit-elle en l’embrassant à nouveau, ils voulaient pas….venir…alors…je suis venue….-encore un baiser- je savais….que tu n’étais….pas mortet un autre baiser j’ai froid….

L’un des hommes revint dans la petite grotte en passant la tête par l’ouverture. Visiblement il était venu s’assurer que le couple allait suivre. Il demanda rapidement à Jena comment elle était venue puisque le trou était rempli d’eau et elle lui répondit toujours d’une voix hachée qu’il y avait quelques mètres totalement immergés puis qu’au bout de l’étroite galerie il y avait à nouveau de l’air. Après une hésitation l’homme repartit informer ses camarades d’infortune.

Tournant la tête vers la sortie, Jena grimaça de douleur, elle savait qu’il fallait repartir mais en aurait-elle seulement la force ? Et puis son ventre lui faisait mal, ses bras et ses mains écorchés lui piquaient presque autant que sa peau gelée. Pourtant il fallait repartir au cas où un autre orage ne s’abatte sur la mine et ne ruine leur chance de s’en sortir vivant.
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Lun 21 Juin 2010 - 18:07

Le tunnel était long, et les hommes étaient fatigués. Hanegard s’apprêtait à donner toutefois le signal du départ lorsque l’un des membres de l’équipe de sauvetage apparut à la surface. En quelques minutes, la grotte fut rempli d’hommes bien équipés qui prirent en charge les survivants. Une corde fut installé entre l’extérieur de la mine et eux, et un par un les rescapés furent emmenés par de robustes gaillards sous le passage inondé.

Hanegard toutefois refusa de l’aide, veillant à ramener Jena avec lui. Une solde corde les liant par la taille, le régent agrippa la corde et se tracta rapidement sous l’eau. Heureusement, ainsi aidé, le trajet n’était ni trop long ni trop difficile, toutefois il du admettre qu’il aurait eu du mal à aller beaucoup plus loin. Mais il était vivant.

Oui, vivant, grâce au courage et à la détermination d’une épouse aimante. Sans elle, les ouvriers les auraient trouvés asphyxiés une fois les eaux évacuées. Hanegard ne pouvait s’empêcher de s’émerveiller de la volonté de fer de Jena. Seule contre les éléments et l’hostilité des chefs de chantiers, elle l’avait sauvé.

D’ailleurs, à ce sujet… une fois sorti de l’enfer, Hanegard fit signe à un garde de le rejoindre. Ayant ôté sa cape pour en couvrir une Jena tremblotante, le gaillard se mit au garde-à-vous, prêt à recevoir ses ordres.

Rassemblez moi tous les chefs d’équipe.

Gardan, Frodr et les autres s’avancèrent, n’en menant pas large. L’homme qu’il avait cru mort et la femme qu’ils avaient ignoré se trouvaient devant eux, bien vivants.

Messieurs, vous étiez censés gérer ses mines, et vous avez lamentablement échoué. Non seulement n’avez-vous fit aucun effort pour tenter de retrouver d’éventuels survivants à la catastrophe, mais en plus vous avez abandonné ma femme seule dans ses recherches.
Monseigneur nous ne…
Silence !

Hanegard l’avait mauvaise… très mauvaise. Leur attitude envers Jena le révoltait. Une jeune femme enceinte que l’on laisse aller seule à la recherche de son mari dans une mine inondée ? Par les dieux, ces crétins allaient le sentir passer.

Vous êtes tous déchus de vos grades, vous redevenez de simples ouvriers. Mes soldats resteront là pour veiller à ce que vous vous acquittiez bien de votre tâche dans les travaux de déblaiement. Une fois que la mine sera de nouveau opérationnelle, vous serez banni d’Alonna avec défense d’y pénétrer de nouveau sous peine de mort.

Passant un bras autour des épaules de Jena, le régent fit signe à Sargril de les rejoindre. Les yeux embués, ce qui lui arrivait rarement, son fidèle second accourut, heureux de voir que ses deux maîtres avaient survécus.

Faîtes venir un carrosse, nous repartirons à l’aube pour la citadelle. D’ici là nous allons nous installer sous la tente du chef de chantier. Prévenez le médecin, je veux qu’il vienne examiner Jena.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Lun 21 Juin 2010 - 18:52

Pour sortir de la grotte et de la mine, Jena fit entièrement confiance à son mari. Elle se laissa guider, fermant même les yeux la plupart du temps. Elle était littéralement épuisée et elle dut faire un énorme effort pour retenir sa respiration pendant que Hanegard les ramenait dans le couloir de sortie. Une fois sur ses pieds, pataugeant dans la boue à la sortie de la mine, Jena fit à peine attention aux hommes qui l’avaient abandonné. Elle se fichait éperdument d’eux. Après tout elle avait eut raison de croire que son mari était en vie. Et visiblement celui-ci était décidé à ne pas laisser passer le manque de respect qu’ils avaient témoigné à la jeune femme enceinte. Bien qu’elle n’eut qu’une envie, se blottir au chaud dans les bras d’Hanegard, elle resta néanmoins près de lui, sa main logée dans le creux de la sienne. La cape du garde la protégeait du vent frais du matin mais ne l’empêchait pas de frissonner de tout son corps.

Elle n’entendit presque pas les paroles de son époux, trop concentrée qu’elle était pour rester consciente. Se fut lorsqu’il passa son bras autour de ses épaules et qu’elle le sentit avancer qu’elle sut qu’elle allait enfin pouvoir s’allonger, retirer ses vêtements trempés et se reposer tant physiquement que nerveusement.
Après quelques pas, Jena s’arrêta et pressa la main de son époux. Il devait être fatigué lui aussi mais elle était incapable de faire un pas de plus.


- Je ne peux plus…..

Il n’eut pas besoin d’en entendre davantage pour la prendre dans ses bras et l’amener jusque dans la tente du chef de mine. Elle retrouva le lit de camp qu’elle avait abandonné quelques heures plus tôt. En soupirant, Jena retira la cape humide et avec une lenteur douloureuse elle commença à délacer son corset mouillé. Sargril, voyant les gestes de la jeune femme se tourna précipitamment, attendant que le régent ferme les pans de toile qui séparaient la tente en deux. Une petite chambre et un salon modeste. Le sol était recouvert de tapis pour réduire l’humidité et réchauffer l’atmosphère de la tente.

Laissant tomber un à un ses vêtements au pied du lit, Jena attrapa une chemise jetait en vrac au pied de celui-ci. Elle devait appartenir à Lodiaker, mais elle avait tellement froid, et s’était le seul vêtement de sec qu’elle avait trouvé. Elle la couvrait pudiquement jusqu’à mi -cuisses, ce qui était largement suffisant vu qu’elle allait bientôt se glisser dans les couvertures, sans protester cette fois. Le médecin entra bientôt et se mit à lui répéter les mêmes remontrances que plus tôt ce qui fit longuement soupirer Jena.


- Vous n’auriez jamais du faire une chose aussi stupide, vous auriez pu vous tuer et votre enfant avec… mais à quoi donc pensiez-vous jeune insensée ?
- A mon époux, murmura-t-elle sans lutter lorsqu’il la força à se coucher.

Il fut bref, ne voulant pas laisser la jeune femme dans le froid. Il rabattit bientôt la couverture sur Jena et demanda à ce qu’on en amène d’autres pour la réchauffer entièrement. Alors qu’il allait partir, Jena l’appela.


- Est-ce que mon bébé…
., le reste de sa question resta silencieuse et le médecin, prenant en pitié la jeune femme fit disparaître l’air contrarié qu’il gardait sur son visage depuis son arrivée.

- Pour me moment je ne peux rien vous dire, il faut attendre un peu, le temps que vous vous soyez réchauffée et reposée. Je vais dire à votre époux qu’il peut venir si vous le souhaitez.

Pff, évidemment qu’elle voulait voir Hanegard. Elle n’avait pas fait tout ça pour être séparée de lui moins d’une demi-heure après.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Mar 22 Juin 2010 - 8:38

Tandis que le médecin examinait sa femme, le régent se changeait et enlevait la crasse qui le recouvrait. Le résultat ne fut pas admirable mais au moins il se sentait sec et à peu près présentable. Alors qu’il terminait sa toilette, le médecin vint le rejoindre, se grattant la barbe comme s’il réfléchissait. D’un regard muet, Hanegard l’interrogea quand à l’état de santé de Jena.

Eh bien, ce qu’elle a fait est une folie médicale, mais elle est jeune et en bonne santé, elle s’en remettra donc. Quand au bébé… il est trop tôt pour le dire mais je garde bon espoir. En tout cas, une fois de retour à Alonna, je vous conseille de la laisser sous la surveillance d’un guérisseur et de l’inciter à se reposer.

Sur ces paroles plutôt rassurantes, l’homme de l’art retourna au petit dispensaire dont il disposait pour soigner les blessés de la crue. Hanegard retourna donc voir son épouse, qui, terrassée par la fatigue, s’était endormie sur son petit lit de camp. Allant chercher une couverture supplémentaire, son mari la borda et déposa un tendre baiser sur ses boucles brunes.

Dors Jena, dors. Demain nous rentrerons chez nous.

En silence, Hanegard installa un deuxième lit de camp à côté de celui de son épouse, s’y affala et s’endormit presque aussitôt. Au dehors, les sentinelles veillaient sur le repos du couple régent, tandis que près de la mine les chefs de chantiers déchus commençaient à pomper l’eau qui inondait la galerie.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Mar 22 Juin 2010 - 11:49

Visiblement Jena avait grand besoin de sommeil après son escapade dans la mine à la recherche de son époux, car elle dormit tout le jour et une partie de la nuit suivante. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, des bougies étaient allumés dans la pièce à côté séparée par le rideau. Il ne devait pas être loin de minuit et son époux semblait être debout depuis un petit moment. Avait-il seulement dormi ? Se redressant lentement, Jena attendit quelques secondes un vertige ou une douleur qui aurait confirmé les craintes du médecin, mais il ne se passa rien à part la légère nausée habituelle. Elle attendit une petite minute pour être sûre que la désagréable sensation ait disparut puis elle se leva enfin. Quelqu’un s’était visiblement occupé de ses vêtements trempés et lui avait mit une pile de nouveaux vêtements sec sur un petit tabouret en bois. Pour l’heure, elle préférait rester dans la chemise qu’elle portait pour dormir, elle n’avait pas envie de s’embarrasser d’une grande jupe. Attrapant la cape du soldat, elle l’enroula autour de ses épaules et s’approcha de la petite ouverture de tissu.

Hanegard était dans le salon, assis dans un fauteuil près d’un brasero crépitant. Il semblait lire quelque chose. Jena vérifia qu’il n’y avait personne d’autre avant de rentrer dans le salon. Elle n’avait pas envie que d’autres hommes que son époux reluquent ses jambes à peine couvertes. Elle resta un moment silencieuse à observer son mari. Il était vivant et c’était le principal. Quand elle se souvenait ce qu’elle avait du faire pour le ramener de cette mine, elle n’en revenait pas elle-même. La veille encore elle était à Alonna à bouder le départ de son mari, en une nuit elle avait rejoint les mines au galop, elle était entrée seule dans ses longs tunnels remplis d’eau glacée et elle l’avait retrouvé.
S’approchant de lui à petit pas, elle lui adressa un sourire en prenant le parchemin qu’il tenait dans sa main et en le posant sur une petite table basse. Elle s’assit ensuite sur les genoux d’Hanegard et se lova dans ses bras en soupirant d’aise. Comment aurait-elle pu vivre sans lui ? C’était totalement impensable, inimaginable même.

- La prochaine fois que quelqu’un viendra nous déranger en prétextant avoir trouvé un filon d’or, tu auras l’interdiction totale de t’éloigner de moi. Sinon je sens que tu auras à nouveau besoin que je vienne te sauver la vie.

Riant doucement, Jena passa ses bras autour du coup de son mari et l’embrassa tendrement. Maintenant que la peur s’était envolée et qu’elle avait retrouvé Hanegard, elle pouvait bien se détendre, et puis il valait mieux en rire puisque aucun mort n’était à déplorer.

- J’ai vraiment eu peur pour toi mon amour, murmura-t-elle en redevenant sérieuse.

Bon, maintenant qu’elle avait fait tout un tas de chose folle et irréfléchie, Hanegard ne lui permettrait plus aucun écart. Il allait l’obliger à garder le lit, des jours sûrement….mais pour elle, pas question qu’elle reste enfermée.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Mer 23 Juin 2010 - 12:34

Hanegard sourit en voyant sa bien-aimée le rejoindre. Jena avait dormi plus d’une journée, épuisée par les efforts qu’elle avait du fournir afin de le sauver. Par les dieux, se dit-il une énième fois, quel homme chanceux je fais… qu’une femme aussi belle, aussi intelligente et aussi courageuse ait désirée lier son destin au sien le ravissait toujours. Riant doucement lui aussi, il la serra contre lui.

Promis, je ne referai plus ce genre d’imprudence, les gens jaseraient si tu passais ton temps à me sauver.

La berçant doucement contre lui, il savourait la douceur de son corps, la chaleur de la peau de sa joue contre son cou. Depuis qu’elle était ressortie de la mine en sa compagnie, Jena ne s’était pas lavée, et elle avait encore des traces de poussière sur le visage. Hmm… peut être pourraient-ils joindre l’utile à l’agréable afin d’effacer la tension des derniers jours. Après être passé si près de la mort, l’un comme l’autre avait besoin de réconfort.

Tu sais ma chérie, tu n’aurais pas volé un bon bain bien chaud. Je doute que les installions ici vaillent celle de notre chambre à Alonna, mais cela te ferai du bien. Je crois qu’ils ont un grand baquet en bois assez grand pour deux personnes. Nous pourrions… nous y laver… entre autres choses…

Le régent ponctuant ses propos taquins d’une multitude de petits baisers dans la nuque de sa femme tandis que ses doigts se glissèrent sous sa courte tunique qu’elle portait.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Mer 23 Juin 2010 - 14:06

Les paroles de son époux la firent sourire. En effet elle n’avait pas volé un bon bain, et chaud de préférence ! La sensation d’être sale ne l’avait pas lâchée depuis qu’elle était sortie de la mine et qu’elle s’était endormie dans le lit de camp. Outre les traces de poussières sur son visage, elle avait aussi de la boue dans les cheveux, et les écorchures à ses genoux et à ses mains étaient encore à vif, la piquant à chaque mouvement. Mais jusqu’ici elle s’était montrée courageuse, alors ce n’était franchement pas le moment de se mettre à pleurer pour un bobo au genou. Se laissant aller dans les bras de Hanegard quelques minutes de plus, elle apprécia les caresses qu’il lui prodigua, laissant même un petit soupir de plaisir s’échapper de ses lèvres.

- Oui tu as raison, entre autre chose, un bain ne nous ferait pas de mal.

Se levant, Jena s’approcha du pan de la tente et, en prenant garde que de passer seulement la tête dehors, elle demanda au garde en faction d’aller lui chercher de l’eau chaude, même tiède ça ferait l’affaire, pour que le régent et elle puissent prendre un bain. Le pauvre soldat hocha de la tête et s’éclipsa.

Il fallut attendre plusieurs longues minutes avant qu’un serviteur n’apporte les seaux d’eau, accompagné d’une poignée de soldat pour transporter le baquet en bois. Jena était retournée dans la pièce à côté pendant qu’on vidait les seaux d’eau dans la baignoire de fortune. Lorsque tout le petit monde fut repartit, elle retourna dans le salon, elle posa la cape qui lui réchauffait les épaules sur un fauteuil ainsi que la chemise du chef de la mine. Dans le plus simple appareil, Jena pu voir l’étendue des dégâts de sa petite escapade dans la mine. C’était pire qu’elle ne l’aurait imaginé. Presque aucun centimètre de sa peau n’avait été épargné. Posant sa main sur le bas de son ventre, elle adressa une prière silencieuse à Néera pour que son bébé se porte bien.

- Ca commence à bien se voir, commenta-t-elle dans un murmure comme si elle ne s’adressait qu’à elle et l’enfant qu’elle portait.

Finalement, elle s’approcha du baquet et mit un premier pied dans l’eau.
Voilà pourquoi ils avaient du tant entendre ! Ce brave soldat, consciencieux lorsqu’il était en service, avait prit soin de bien faire chauffer l’eau pour le confort du Seigneur d’Alonna et de son épouse. Jena ne se fit donc pas prier pour mettre le deuxième pied dedans et pour se laisser glisser contre le rebord en soupirant.


L’eau savonneuse piqua sa peau à vif et lui procura une sensation légèrement désagréable au niveau de son ventre, mais elle finit par la réchauffer complètement et permit à la crasse accumuler de disparaître.
Pendant que Hanegard se déshabillait, Jena se laissa même couler totalement sous l’eau, frictionnant ses cheveux couverts de terre et de poussière. Lorsqu’elle sortit à nouveau la tête, elle adressa un sourire à son mari.


- Elle est divinement bonne. Il serait tant que tu me rejoignes mon amour, je commence déjà à m’ennuyer !
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Jeu 24 Juin 2010 - 18:17

Une fois les soldats ressortis de la tente, le régent regarda avec envie le bassin d’eau fumante qui l’appelait… et avec encore plus d’envie Jena qui apparut dans le simple appareil devant ses yeux toujours émerveillés par ce spectacle. La grossesse de la jeune femme commençait à se voir et il sourit en pensant au petit être, fruit de leur amour, qui grandissait en elle.

Jena était recouverte d’écorchures et de traces de boue, signes de la bataille qu’elle avait due mener contre les eaux et la roche pour arriver à libérer son époux de sa prison de pierre. A cette seule vue, Hanegard étouffa les quelques scrupules qu’il aurait pu avoir quand au sort des anciens chefs du chantier. Ces imbéciles avaient failli causer la mort de Jena, ils pouvaient déjà d’estimer heureux de ne pas avoir été exécutés sommairement.

Jena se glissa avec délectation dans l’eau, s’y plongeant entièrement pour ôter la saleté qui la recouvrait, puis refit surface, soupirant d’aise de se sentir propre pour la première fois depuis qu’elle avait quitté Alonna suite à l’annonce de la mort du régent. Tout en se rinçant l’œil en regardant attentivement Hanegard se déshabiller à son tour, elle l’invita à le rejoindre, arguant qu’elle s’ennuyait sans lui… la coquine…

Et je serai un bien mauvais mari si je te laissai t’ennuyer seule dans cette grande baignoire.

Glissant dans l’eau à son tour, il s’approcha de Jena, un sourire de prédateur aux lèvres. Jouant les effarouchées, sa belle tenta d’éviter le harponnage, se glissant en riant hors de son étreinte. Après quelques tentatives, elle se retrouva bloquée contre le bord et fut contrainte d’accepter une reddition qu’elle désirait plus que tout.

Quelqu’un qui serait entré à cet instant… bon déjà se serait pris une engueulade dans les règles de l’art… mais aurait juste vu les deux têtes des seigneurs d’Alonna en train d’échanger un long baiser passionné. Mais sous la surface, les mains d’Hanegard et de Jena n’étaient pas inactives…


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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Ven 25 Juin 2010 - 16:54

Après une minute de lutte, d’éclaboussures et de rires étouffés, la scène qui se déroulait dans la baignoire devint d’un tout autre genre, et vous comprendrez qu’au vu de votre jeune âge on ne vous en rapporte pas les détails. Nous dirons juste que Jena et Hanegard ont eu une activité de couple totalement normalement, si ce n’est que leur désir était renforcé par la crainte qu’ils avaient eut de se perdre l’un l’autre. Autant vous dire que se fut suffisamment éreintant pour que Jena retourne l’espace de quelques heures dans les bras de Morphaie ( ^^).
Car ils ne s’étaient pas seulement contentés de s’amuser dans le baquet rempli d’eau! Le lit de camp n’étant pas extrêmement pratique pour ce genre d’activité, ils s’étaient préparé un petit lit de fortune à même le sol avec pleins de couvertures et tous les coussins qu’ils purent trouver. Alors que Jena s’était assoupie dans les bras de son époux, celui-ci allongé près d’elle attendait les premières lueurs de l’aube pour rentrer à Alonna.

D’ailleurs, aussi étonnant que cela puisse être, Jena avait hâte de retourner chez elle. Elle n’aurait jamais cru possible de penser une chose pareille quelques jours auparavant, elle qui pestait de ne plus pouvoir faire une seule ballade à cheval, ou qui n’attendait qu’une invitation où que ce soit pour y filer aussi vite que le vent, voilà qu’elle n’avait qu’un désir, retrouver son lit confortable.

Lorsque le premier rayon du soleil vint éclairer la tente, Jena ouvrit les yeux et sourit à son mari. Cependant son répit fut de courte durée car ses nausées matinales étaient de plus en plus fortes au fil des jours, et là, il lui fallut même se lever et faire quelques pas, enveloppée dans un drap. Elle avait mal au ventre, et elle tremblait encore légèrement. Mais elle refusait de reconnaître qu’elle ne se sentait pas très bien. Elle n’avait pas envie de voir revenir ce fichu médecin qui ne faisait que la sermonner à longueur de temps. Cependant elle ne put étouffer un petit gémissement de douleur lorsqu’elle revint s’asseoir près de Hanegard.


- ….j’ai hâte que nous rentrions…fit-elle en respirant lentement pour essayer d’atténuer la douleur.

Elle se lova à nouveau quelques minutes dans les bras de Hanegard et s’amusa à lui embrasser le torse, le cou, le lobe de l’oreille…..jusqu’à ce qu’une nouvelle douleur la face gémir une seconde fois.
Se levant à nouveau pour faire quelques pas, elle finit par attraper le tas de vêtements qu’on avait apporté pour elle la veille. Enfilant la longue chemise blanche et la jupe toute seule, elle se tourna finalement vers son mari qui n’avait rien fait d’autre que de se rincer l’œil pendant que sa femme s’habillait et lui jeta le corset en rigolant.

- J’ai besoin de toi pour le lacer derrière mon dos ! D’ailleurs dès que nous serons rentrés il faudra que j’aille voir Evelyn pour voir si je n’ai pas trop pris de ventre. Elle est en train de confectionner mes robes pour le bal d’Ysari….j’ai tellement hâte d’y être ! Et toi, as-tu pensé à aller là voir ? Il y aura sûrement le Roi et la Reine là bas, alors pas question de te voir porter ton….aïe…, s’interrompit-elle.

Cette douleur commençait vraiment à lui faire mal et à être difficilement supportable, et encore moins camouflable aux yeux de son époux. Elle s’assit rapidement sur le petit tabouret près d’elle et posa machinalement sa main sur son ventre. S’apercevant qu’elle avait cessé de respirer, la jeune femme reprit une respiration normale et jeta furtivement un regard à Hanegard. Elle n’avait franchement pas envie de l’inquiéter et encore moins de finir enfermée pour les prochains mois.


- Je vais bien
, murmura-t-elle, ce n’est rien…ça va, c’est passé.

Un léger, infime, minime petit mensonge ! La douleur n’avait pas entièrement disparue…mais elle était beaucoup plus faible, pas de quoi s’affoler !
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Dégâts des eaux [Jena]   Sam 26 Juin 2010 - 10:33

Les premiers rayons de soleil s’infiltrant par la fenêtre réveillèrent Hanegard et Jena, qui se reposaient après une nuit… agitée. La jeune femme leva la tête de l’épaule de son mari où elle reposait, eut une grimace, prise par ses nausées matinales, s’enveloppa dans un drap afin de faire quelques pas dans la pièce puis revint s’asseoir sur le lit en poussant un petit gémissement de douleur. Inquiet, le régent s’apprêtait à lui demander ce qu’il se passait mais elle détourna aussitôt son attention par des méthodes déloyales et en usant sans vergogne de ses charmes.

Tout en s’habillant, Jena lui parla du bal qui devait se tenir à Ysari d’ici quelques semaines, bal auquel était convié toute la noblesse du royaume et où ils allaient devoir faire bonne figure. Certes, le régent allait lui aussi devoir commander de nouveaux vêtements plus adaptés à une telle occasion, ses tenues habituelles penchant trop vers le militaire. Tandis qu’il laçait le corset de sa femme, il ne pu toutefois s’empêcher de s’inquiéter pour elle… bien qu’elle le cache, elle souffrait, la crispation dans son dos et la lèvre qu’elle se mordait par moment étaient des preuves suffisantes.

Oh certes elle affirma que ce n’était rien, une douleur passagère et rien d’autre, mais le mensonge n’abusa pas son époux. Pour autant, il ne pouvait rien faire ici, le médecin du camp étant plus apte à soigner les fractures qu’à s’occuper d’une femme enceinte. Il accepta donc l’excuse dans l’immédiat, bien décidé malgré tout à obliger Jena à subir un examen effectué par des guérisseurs plus compétents dès lors qu’ils seraient de retour chez eux. Si seulement il avait été plus prudent… si seulement il ne s’était pas rendu dans cette mine… rien de tout cela ne serait arrivé.

Une fois près, les deux époux sortirent de leur logement d’une nuit et virent que Sargril n’était pas resté inactif : un carrosse aux armes d’Alonna, le loup de gueules sur fond de sable, les attendait, ainsi qu’une escorte armée. Le capitaine resterait quelques jours encore sur place le temps de nommer un nouveau chef de chantier puis repartirait à son tour pour la capitale. Les deux époux s’engouffrèrent dans le carrosse, s’asseyant sur les banquettes moelleuses tendues de velours rouge. Sur un geste du régent, le convoi s’ébranla… ils rentraient chez eux.

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