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 A fond de cale [Aureane]

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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: A fond de cale [Aureane]   Dim 20 Juin 2010 - 12:03



Dernière édition par Nicolaï KalonErc'h le Jeu 24 Juin 2010 - 18:51, édité 1 fois
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Jeu 24 Juin 2010 - 15:50

Mal à la tête. Ce fut la première chose à laquelle Aureane pensa, avant même d'ouvrir les yeux ou de se demander quoi que ce soit. Elle sentait le sang lui battre violemment dans les tempes. Puis vint l'odeur. Un mélange infect d'eau de mer croupie, de sel, de sang et d'excréments. La jeune fille eut un haut le cœur et ouvrit les yeux en se demandant confusément dans quel cauchemar elle se trouvait.

Elle reprit un peu ses esprits et se redressa en grimaçant de douleur car sa tête semblait toujours prête à éclater. Nicolaï ? Il y avait du bruit autour d'elle, comme des coups sourds sur du bois, des craquements, des murmures, des bruits de métal aussi... La lumière était chiche et elle regarda autour d'elle en cherchant à deviner où elle se trouvait et essaya désespérément de repérer le jeune homme. Il devait être là... ou pas. Si sa première pensée fut se souhaiter l'avoir près d'elle, elle ne pouvait décemment pas le vouloir étant donné sa situation. Avec un peu de chance, il avait pu s'en sortir... Si au moins, elle avait pu le savoir sauf...

Mais il se trouvait juste à côté d'elle, inconscient, allongé dans les quelques centimètres d'eau qui croupissaient au fond de la cale. D'ailleurs, elle prit conscience que c'était bien là qu'ils se trouvaient : dans la cale d'un bateau. Était-il seulement vivant ? Ce qui s'était passé lui revint confusément en mémoire alors que son cœur faisait un bond et qu'elle se déplaçait maladroitement pour poser la tête du chevalier sur ses genoux. Il avait quelques plaies qui saignaient, mais pour le moment, elle était surtout terrorisée à l'idée qu'il puisse être mort. Elle s'y reprit à deux fois tant elle avait la gorge sèche :

" Nicolaï ? "

Elle n'osait pas crier mais sa voix tremblante avait des accents désespérés. A quelques pas, un prisonnier ricana en la voyant s'affoler. Aureane tapota doucement la joue du jeune homme. Il ne pouvait pas être mort, par pitié... Seule, elle aurait sans doute paniqué et aurait été écœurée par l'odeur infâme qui les environnait, mais elle restait concentrée sur Nicolaï, priant pour qu'il ouvre les yeux. Ce fut ce qu'il fit, après ce qui lui parut être des heures.

" Nicolaï ! "

C'était bien la première fois qu'elle se permettait de l'appeler par son prénom, mais les circonstances ne se prêtaient pas à la réflexion. Comme il bougeait, elle l'aida à se redresser doucement et regarda à nouveau autour d'elle, inquiète à l'idée que les blessures de jeune homme ne soient pas soignées. Les gens évitaient volontairement le regard des uns et des autres. Penser à de l'eau lui fit prendre conscience qu'elle avait soif et que la cale gardait bien trop la chaleur. C'était déjà intenable... Combien de temps passeraient-ils là-dedans ? Les blessures de Nicolaï ne recevraient sans doute aucun soin, du moins pas dans l'immédiat. Quelque soit sa valeur, on avait dû se dire qu'il tiendrait bien le temps du voyage. Elle n'osait même pas penser à la suite.


D'ailleurs, il ne fallait pas qu'elle y pense. Il fallait qu'elle cesse de réfléchir, tout simplement, ou elle deviendrait folle d'angoisse.


" Nous sommes dans la cale d'un bateau. " remarqua-t-elle à mi-voix pour Nicolaï.

Peut-être l'avait-il déjà compris, mais comme il venait juste de reprendre ses esprits... Surtout, ne pas paniquer... Au moins, elle était avec lui et ils étaient tous deux vivants. Elle attrapa sa main, à tâtons, et la serra pour se rassurer en murmurant :


" On va s'en sortir, hein ? "


Elle n'attendait pas réellement une réponse affirmative. inutile d'être un génie pour savoir ce qu'ils allaient devenir : ils seraient vendus comme esclaves, en admettant qu'ils survivent au trajet. Étant donné la façon dont ils étaient traités, les vendeurs devait trouver plus rentable de les entasser sans soin, quitte à en perdre, que de bien les traiter. Et puis, cela faisait une sélection à leur place : les plus faibles risquaient ne pas tenir très longtemps et elle craignait de faire malheureusement partie du lot. Ou peut-être heureusement, vu ce qui les attendrait après. Enfin, peut-être que Nicolaï aurait droit à un traitement de faveur, s'ils tenaient à lui en tant que noble. Il fallait l'espérer car pour le moment, il était avec les autres : adultes en plus ou moins bonne forme et même quelques enfants terrorisés, tous s'entassaient dans la cale nauséabonde.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Jeu 24 Juin 2010 - 20:37

Il faisait chaud.

L'air empestait.

Il avait mal à la tête.

Nicolaï ne savait dire se qui était le pire. Certainement le fait que ces trois choses soit réunit dans un même lieux à un même moment. Il avait envi de vomir.

Quelque chose d'étrange pourtant. On semblait lui tapoter légèrement sur la joue. Qui cela pouvait-il bien être et puis pourquoi tenter de le ramener vers cet univers conscient qui semblait si désagréable?


" Nicolaï ? "

Plait-il?

Qui l'appelait?

Se qui avait été que de petites tapotes sur sa joues était en train de se transformer progressivement mais surement en de véritables baffes. Il fallait que la personne qui tentait de le réveiller fasse un peut attention à se qu'elle faisait ou elle allait finir par l'assommer elle même.

Étrangement, l'endroit sur lequel sa tête venait d'être doucement pausé était bien plus confortable. Il y avait quelqu'un qui était en train de prendre soin de lui. S'il avait put choisir, Nicolaï aurait demandé à retirer les baffes. Les petits coups sur sa joue l'empêchait de se concentrer et de remettre ses idées dans l'ordre. Surtout que sous l'effet de la panique, cette personne qui essayait de le réveiller tapait de plus en plus fort et de plus en plus vite.

Le jeune homme fini par ouvrir les yeux.


" Nicolaï ! "

La jeune femme qui était penchée sur lui et sur les genoux de qui sa tête reposait semblait particulièrement heureuse de le voir. Le chevalier eu un moment d'hésitation. Il ne voyait pas tout à fait clair et il fallait clairement dire que le manque de lumière n'aidait pas beaucoup.

Aureane.

Les souvenirs de l'attaque lui revinrent en mémoire. D'une certaine façon, il était heureux de la retrouver. Même s'il aurait largement préféré que cela se fasse ailleurs. Il avait encore mal aux quelques blessures qu'il avait récolté en tentant de se défendre. Quant à sa tête, elle le faisait atrocement souffrir. Y portant une main, Nicolaï sentit le cuir chevelu qui n'était pas encore tout à fait refermé. Du sang avait coulé de cette blessure qui l'avait mit KO.

Doucement, Aureane l'aida à se redresser. Il pataugeait un peut dans un fond d'eau stagnante et qui ne lui disait rien qui vaille. Autour d'eux, il y avait d'autres personnes. Nicolaï ne pouvait pas voir leur visage. Mais il entendait la respiration forte d'un homme qui devait posséder une très forte carrure. Il entendait les murmures des mères qui tentaient de réconforter et de rassurer les quelques enfants qui étaient là. En fait, la seule personne qui voyait à peut prêt clairement, c'était Aureane qui se trouvait à moins de deux mètres de lui.

Combien de temps étaient-ils resté inconscient? Il n'en savait rien. Il n'était d'ailleurs pas certain de vouloir le savoir. Tout se qu'il voulait comprendre, ses sens lui en apportait petit à petit la réponse.

Au vu de l'odeur, il n'y avait aucun endroit pour que les prisonniers puissent se soulager et évacuer leurs excréments. Cela risquait d'être rapidement un problème car des maladies pouvaient se déclencher. Et dans un espace aussi réduit où ils étaient aussi nombreux, se serait une véritable hécatombe.

Ensuite, leur mouvement assez lent certes, mais ils avaient tout ce même un mouvement. Ils étaient sur un bateau qui partait. Vers où, le jeune chevalier l'ignorait totalement. Se qu'il savait en revanche, s'était qu'ils ne devaient plus être sur le rivage. Donc soit les secourt leur couraient après et n'étaient pas loin derrière eux, soit il n'y aurait pas de secourt tout simplement.


" Nous sommes dans la cale d'un bateau. "

Aureane semblait au bord de la panique il n'en faudrait très certainement pas beaucoup plus pour qu'elle craque. Et il y avait de quoi présentement.

Il tenta de lui adresser un léger sourire, mais dans l'obscurité ambiante, il doutait qu'elle ait put voir quoi que se soit.

Il sentit qu'elle lui attrapait la main et la serait de toute ses forces. Le jeune homme ne fit rien pour s'en dégager. Elle devait certainement avoir besoin de ce maigre contacte pour se rassurer. Sentir qu'il était là. Avec elle. Il l'était. Cela ne faisait aucun doute. Tout comme il était fermement décidé à ne pas la laisser seule.


" On va s'en sortir, hein ? "

Le chevalier ne répondit rien. Il n'y avait rien à répondre à cela. Il ne savait pas se qui allait bien pouvoir se passer. Bien sur, il avait une idée assez précise sur la question à plus ou moins long terme. Mais dans l'immédiat, il ne savait pas. Vu comme les pirates traitaient leur prisonniers, ils ne devaient pas beaucoup les nourrie. Il allait sans doute donc falloir se battre un peut pour se qu'on leur donnerait à manger et à boire.

Nicolaï sentit une responsabilité supplémentaire peser sur ses épaules. S'il fallait bel et bien se battre pour la nourriture, Aureane serait incapable de subvenir à ses besoins. Et si elle ne mangeait pas, elle allait mourir. Il allait donc devoir imposer sa présence pour eux deux. Sinon, ils auraient rapidement de gros problèmes.

Doucement, grimaçant un peut de douleur, il se tourna vers Aureane et s'approcha d'elle afin que personne d'autre n'entende.


« Je reste avec toi, murmura-t-il. Nous tiendrons à deux. Je veux que tu t'accroche. Tu m'entend Aureane? Je t'interdit formellement de baisser les bras. Je vais prendre soin de toi. Quoi qu'il se passe, je finirais par arriver à te tirer d'affaire. Tu m'entends? Je ne veux pas que tu perde espoir. »

Nicolaï hésita un instant à poursuivre.

« Tu te rappel l'exercice de respiration que nous avons fait à Diantra lorsque tu as découvert la vraie magie? Je veux que tu l'utilise aussi souvent que tu te sentira un peut mal. Mais garde toujours bien en tête que quoi qu'il se passe, je suis avec toi. Je ne te lâche pas. »

A son tour, Nicolaï sera doucement la main d'Aureane.

Il était là. Elle n'était pas seule dans cette épreuve.
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Sam 26 Juin 2010 - 7:20

Aureane n'eut pas de réponse à sa question inquiète, mais elle ne s'en formalisa pas : quoi qu'il ait pu dire, cela n'aurait fait que renforcer le sentiment qu'ils ne maîtrisaient plus du tout leur destin. Elle préférait se focaliser sur le fait qu'ils étaient tous deux vivants et qu'ils n'avaient pas été séparés, même si, encore une fois, quitte à se retrouver là, elle aurait encore préféré savoir qu'il s'en était sorti. Que pouvaient-ils faire d'autre que prier, à présent ?

La jeune fille sentit que Nicolaï se rapprochait d'elle et il ne tarda pas à lui murmurer quelques mots réconfortants. Elle garda le silence un instant. Garder espoir ? Pour quoi faire au juste ? On allait sans aucun doute les vendre pour faire d'eux les dieux seuls savaient quoi. Ou alors ils mourraient ici des suites de leurs mauvais traitements. Et il allait prendre soin d'elle alors que lui-même allait peiner à prendre soin de lui ? Si c'était pour devenir un poids encombrant... Non, Aureane n'y croyait pas beaucoup et son mal de tête combiné à la sensation de soif ne l'aidait pas à se rassurer. Mais Nicolaï insista, répéta une seconde fois qu'il voulait qu'elle s'accroche.


Aureane finit par hocher la tête d'un air las. Elle ne voulait pas que, comme avec Veshork il en vienne à faire des actes désespérés pour elle. Elle s'efforcerait de tenir, même si elle n'en voyait plus l'intérêt. Quant aux exercices de respiration... à moins de vouloir finir rapidement asphyxiée par la puanteur ambiante, la jeune fille préférait éviter. Mais elle tiendrait oui, elle le lui promettait, même si elle ne dit rien. Après tout, cela ne coutait rien de se bercer d'illusion.


Elle resta assise à ses côtés et laissa sa main dans la sienne, essayant de relativiser en silence. Le temps s'étira. Dans la cale, les autres prisonniers étaient silencieux, même les enfants avaient compris que pleurer ne servait plus à rien. Tous se laissaient porter par les flots dans cette chaleur abrutissante. Aureane n'aurait su dire combien de temps ils restèrent là à laisser leur esprit flotter.

En revanche, lorsqu'une échelle fut descendue par la trappe qui se trouvait au-dessus de leur tête, tous se réveillèrent de leur torpeur. Un seau descendait, rempli d'eau. Un vrai trésor, dans leur situation ! Les captifs se précipitèrent afin de boire à même le seau. Visiblement, certains avaient déjà bien compris le principe, ils ne devaient pas en être à leur premier jour de traversée. C'était la cohue, les plus forts repoussant sans ménagement les plus faibles. L'eau était précieuse, sur un navire, et on devait leur donner juste ce qui suffisait. La seau remonta, vide, avant même que Nicolaï et Aureane n'aient pu réagir.


Un deuxième seau descendit aussitôt, déclenchant les mêmes réactions, sauf que cette fois, ils étaient prêts. La jeune fille mourait de soif, comme tout le monde et désespérée ou pas, elle ne pouvait pas rester de côté à attendre sans rien faire. Elle joua des coudes timidement pour se frayer un chemin mais fut repoussée en arrière sans ménagement. Il y aurait peut-être eu assez pour tous, mais certains, assoiffés, n'hésitaient pas à se servir deux fois s'ils le pouvaient. Après tout, c'était chacun pour soi, personne ne savait quand ils auraient à nouveau la possibilité de se désaltérer. Le deuxième seau remonta, vide également, sous le regard désespéré de la jeune fille qui n'était pas parvenu ne serait-ce qu'à s'en approcher.


Aureane prit peur : elle était trop faible pour atteindre le seau toute seule et la solidarité semblait être parfaitement inconnue ici. Nicolaï avait dit qu'il l'aiderait mais elle avait conscience qu'il y avait un monde entre dire et faire, d'autant que s'il déjà déjà difficile d'accéder au seau pour soi même, y amener quelqu'un d'autre relevait de la gageure. Lorsqu'un troisième seau descendit, elle savait déjà que malgré tous ses efforts, jamais elle n'y accéderait... elle essaya, pourtant. Plus elle attendrait, moins elle aurait de force pour se battre et moins elle aurait une chance de boire. Elle avait promis à Nicolaï de s'accrocher, mais elle s'aperçut que de toute façon, elle voulait pas mourir comme cela. Elle devait au moins continuer à essayer.
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Sam 26 Juin 2010 - 11:30

Aureane hocha la tête d'un air lasse pour lui dire qu'elle allait faire se qu'il lui avait demandé. Elle ne croyait pas un seul instant pouvoir réussir à s'échapper et l'espoir l'avait très certainement quitté depuis un moment. Mais au moins, elle acceptait de ne pas se laisser mourir. Cela lui suffisait pour le moment.

Ils finirent tout deux par se laisser aller contre un des murs de bois de la cale où ils étaient enfermé. On entendait plus rien. Apparemment, tout le monde ici se laissait aller par cette chaleur totalement abrutissante. D'un autre côté, que pouvait-on faire? Frapper contre les murs, essayer de tenter quelque chose pour s'évader? À quoi bon? Cela ne servirait qu'à gâcher le peut de forces dont ils disposaient. Mieux valait les économiser pour un moment ou ils en auraient vraiment besoin.

Aureane n'avait pas sembler vouloir lâcher sa main. Et lui n'avait pas voulut qu'elle la retire.

La situation changea soudain. La trappe au plafond s'ouvrit et leurs tortionnaires firent descendre un seau remplit d'eau.

Avant qu'Aureane et Nicolaï ne se rende compte de se qui était en train de se passer, tout les autres prisonniers s'étaient jeter sur le seau et l'avaient entièrement vidé de son précieux liquide. Lorsque le deuxième saut descendit, Nicolaï comprit qu'il fallait saisir sa chance maintenant. Il n'avait pas vraiment le choix de toute façon. Personne ne leur laisserait d'eau. C'était chacun pour soit. Les plus fort avaient de l'eau et les plus faible allaient mourir de soif.

Dans la fournaise de la cale, il lui fallait de l'eau. Et pas seulement à lui. À Aureane aussi. Il fallait qu'elle survive ou lui même ne tiendrait pas bien longtemps.

Mais les bonnes résolution de Nicolaï durent rapidement faire face à la froide et dure réalité. Jamais il ne parviendrait à entrainer Aureane jusqu'à ce seau d'eau. C'était tout simplement impossible. Lorsque le seau remonta, le jeune homme avait au moins réussi à avoir un peut d'eau. Au moins pour étancher un peut sa soif. Il pourrait tenir encore quelques temps. Mais Aureane n'avait pas réussi à obtenir ne seraise qu'une simple goute d'eau.

Elle allait mourir s'il ne faisait rien.

Lorsqu'il vit le troisième seau descendre, Nicolaï se jeta à nouveau dans la cohue. Une fois qu'il eu avaler l'eau dont il avait besoin, il s'en éloigna assez rapidement, les joues gonflées par le liquide.

Aureane essayait d'atteindre le seau, mais elle ne pouvait rien faire. Trop timide, la jeune femme tentait de se faufiler entre les protagonistes. Autant dire que ceux-ci la repoussaient violemment.

Alors que toute l'attention était tournée vers le seau, Nicolaï se dirigea rapidement vers Aureane qu'il tira pour éloigner de la maigre source d'eau. La jeune femme essayait de se débattre et ne devait pas comprendre se qu'il était en train de faire. Comment l'aurait-elle put de toute façon? Rien qu'à penser à se qu'il allait faire, Nicolaï sentit le rouge lui monter au joue.

Il entraina la jeune femme dans un coin sombre de la cale et se posta face à elle. Il essaya rapidement de lui faire comprendre l'idée qu'il avait eu. Pas facile sans parler. Finalement, au bout de quinze secondes, Nicolaï abdiqua. Elle comprendrait bien assez vite toute seule se qu'il tentait de faire.

Attrapant la jeune femme, il plaqua ses lèvres contre les siennes.

Elle essaya de se dégager, mais lui maintenait fermement ce contact entre eux. Doucement, il fit glisser l'eau qui se trouvait dans sa bouche à l'intérieur de celle d'Aureane, ses lèvres toujours accolées à celles de la jeune femme. Se n'était sans doute pas une manière très conventionnelle de faire boire quelqu'un, mais ça marchait.

Lorsqu'elle eu tout avaler, Nicolaï s'éloigna un peut d'elle, les joues tirant sur le cramoisi.


« Désolé mais... c'est la... la seule idée que j'ai eu. »
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Dim 27 Juin 2010 - 11:12

Aureane ne savait pas si Nicolaï avait réussi à accéder au seau, mais pour sa part, elle en était bien loin. Ce n'était pourtant pas faute d'essayer, mais même avec l'énergie du désespoir, elle n'avait pas la force de repousser les hommes qui se trouvaient devant elle. Elle se trouva refoulée une nouvelle fois après avoir manqué se faire piétiner dans la cohue. Le troisième seau remonta sous ses yeux alors qu'elle n'avait toujours rien bu. Elle avait la langue pâteuse et la gorge sèche. Elle savait qu'elle pouvait tenir encore un moment sans boire, peut-être jusqu'à la prochaine fois, mais après ? Qu'est-ce que ça changerait si elle n'avait à nouveau pas accès au seau ? Un quatrième descendit, elle essaya à nouveau de s'en approcher. Qui ne tente rien n'a rien.

Aussi quand elle sentit que non seulement on l'empêchait de passer mais qu'en plus, à présent, on la tirait carrément en arrière, elle se débattit. Nicolaï ! Pourquoi donc cherchait-il à l'éloigner ? Qu'est-ce qui lui prenait ? Ne comprenait-il pas qu'elle avait besoin d'eau ? Découragée, elle finit par se laisser faire. Pour ce que ça changerait... Ses efforts ne servaient qu'à la fatiguer davantage et surtout inutilement. Le jeune homme essayait de lui expliquer quelque chose sans parler, les dieux seuls savaient pourquoi. Trop découragée pour avoir encore les idées claires, elle ne comprenait pas où il voulait en venir d'autant que dans la semi-obscurité elle le voyait assez mal.


Puis il l'attrapa, plaqua ses lèvres contre les siennes. Alors qu'elle ouvrait la bouche pour crier de surprise en tentant de se reculer, elle sentit l'eau couler dans sa gorge et manqua s'étrangler. C'était vital et elle but ce qu'elle put sans se poser d'autres questions. De toute façon, tout s'était passé si vite... Le précieux liquide se tarit bien avant qu'elle n'ait étanché sa soif, mais c'était déjà tellement agréable de se désaltérer ! Nicolaï s'éloigna, gêné, et elle prit conscience de ce qu'il venait de faire.


Malgré le manque de lumière, elle vit à quel point il s'était empourpré et elle devait sans doute avoir pris la même couleur, à présent. Elle baissa les yeux un instant, essayant de se remettre les idées en place. Elle était gênée, elle aussi, mais tellement soulagée d'avoir pu boire...


" Désolé mais... c'est la... la seule idée que j'ai eu. "

Elle lui jeta un regard incrédule : il s'excusait ? Bon, d'accord, ce n'était peut-être pas une façon très correcte de la faire boire et elle allait encore en rougir longtemps en y pensant, mais tout de même... elle voyait surtout qu'il devait avoir aussi soif qu'elle, voir plus étant donné qu'il avait perdu un peu de sang, et il avait eu le courage de ne pas boire tout ce qu'il pouvait pour lui apporter de l'eau. Quelque soit sa façon de procéder, elle voyait plutôt cela comme un sacrifice de sa part qu'autre chose. Le fait qu'il soit mal à l'aise ajoutait au fait qu'elle ne pouvait lui en vouloir.

Aureane avait toujours les joues en feu, mais elle osa tout de même le regarder en face pour répondre avec sincérité :


" Ne... vous excusez pas, je... je n'aurais pas bu sans vous. "


Non, elle ne pouvait pas lui reprocher quoi que ce soit. Ils finirent par se rasseoir alors que la cale retombait dans sa torpeur. Combien de temps allaient-ils rester ainsi ? Les autres captifs semblaient résignés et n'attendre plus rien si ce n'était de l'eau et de la nourriture. S'était-ils habitués à l'odeur ? La jeune fille se demanda combien de temps elle mettrait pour en arriver à un tel abattement. Ses paupières se fermaient malgré elle mais elle avait trop peur de ce qui leur arriverait pour oser dormir.


Elle s'était assise près de Nicolaï, dans une zone où par bonheur la cale était à peu près sèche. Entourant ses jambes de ses bras, elle finit par poser sa front sur ses genoux. Les larmes ne venaient pas, elle était même trop fatiguée pour pleurer, mais elle n'en était pas loin. Un instant elle eut envie de prendre la main du jeune homme dans la sienne pour se rassurer mais elle n'osa pas. Elle avait beau se répéter mentalement une prière à Néera cela ne la réconforta pas vraiment.

Le temps s'étira à nouveau... Le bateau fit une escale au bout de deux jours et les prisonniers eurent enfin droit à leur content d'eau. Les rations de nourriture étaient toujours trop restreintes mais au moins les prisonniers n'avaient plus à se battre pour survivre. Aureane s'était enfermée dans sa bulle, n'en sortant que parce que Nicolaï lui rappelait qu'elle devait boire et manger, ce qu'elle faisait à peine, juste pour qu'il cesse de s'inquiéter. Ses prières restaient vaines et elle se sentait dériver peu à peu. Le jeune homme put se rendre compte au bout de quelques temps qu'elle avait de la fièvre, fièvre qui ne risquait pas de s'améliorer dans ces conditions. Ils ignoraient combien de temps ils devraient encore tenir et Aureane ne se posait même plus la question, se contenant d'attendre sans plus d'espoir.
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Dim 27 Juin 2010 - 13:58

Aureane et Nicolaï finirent par s'asseoir et retourner dans leur torpeur alors que le navire poursuivait sa route. Vers où? Ils n'en savait rien. Mais cela n'avait en fait pas vraiment d'importance. C'était en quelque sorte la première phase de leur dressage. Celui qui devait les amener à devenir des esclaves dociles. Mais le chevalier n'avait pas l'intention de se laisser faire. Il ne renoncerait pas. C'était hors de question. Il y avait trop de chose en jeu. S'il craquait, il ne faudrait pas longtemps à Aureane pour sombrer elle aussi. En fin de compte, se serait sans doute elle qui le tirerait vers le fond. Mais Nicolaï ne lâcherais pas le morceau.

Il n'avait pas abandonné contre le mentiosis. Il n'avait pas abandonné lorsque Veshork lui avait entaillé l'épaule ou lorsqu'il avait capturé Aureane. Ni même lorsque tout Diantra s'était moqué de lui lors du tournoi royal. Et quel en avait été le résultat? Le mentiosis et Veshork étaient mort. Il était allé plus loin dans le tournoi que quiconque l'avait crut possible. Quant à Aureane, il l'avait tirée des griffes de Veshork.

Non. Il ne devait pas craquer.

La jeune femme semblait petit à petit tomber de sommeil, mais elle n'osait pas fermer les yeux de peur qu'il lui arrive quelque chose. Finalement, se fut le jeune homme qui fit le geste qu'elle n'osait pas faire, lui prenant la main.

* * *

Triste journée.

Un troisième prisonnier venait de les quitter. Après les deux enfants qui n'avaient pas tenu jusqu'au deuxième jour et à l'escale à cause du manque d'eau, c'était à présent le tour d'une jeune femme. Elle devait avoir à peut prêt l'âge d'Aureane. Mais elle, personne n'était là pour veiller sur elle.

Elle avait réussi à quelques occasions à se trainer jusqu'au seau, mais les privations l'avaient finalement empêchée de se lever et elle était morte dans son coin.

Nicolaï récita une prière pour Tyra au moment ou il entendit un ''plouf''.

Nule tombe pour ceux qui mourraient ici. Il était probable aussi que les pirates les aient entièrement dévêtu et ne leur aient pas donné l'obole d'un linceul. La mer serait leur seule tombeau. On ne se souviendrait pas d'eux. Les deux enfants. Qui se rappellerais leur nom? Personne. Ils avaient certainement même disparu de la mémoire de leur parents pour que ceux-ci ne se replonge pas dans des souvenirs douloureux.

Qui se rappellerai d'eux? Quel était leurs noms? D'où venaient-ils?

Nicolaï n'en savait rien. Mais ces petits êtres étaient mort avant d'avoir vraiment vécu. Peut-être était-ce mieux pour eux. Mais le monde les avaient broyer impitoyablement en leur prenant tout. Ils avaient sombré dans le désespoir avant qu'on ne leur prenne la vie.

Triste. C'était infiniment triste. Mais le monde continuerais à tourné. Et dans quelques semaines. Quelques jours peut-être. Nicolaï aurait oublié leur visage. Dans quelques années, si il vivait encore jusque là, tout se dont il se rappellerai, c'était que lorsqu'il avait été fait prisonnier alors qu'il voyageait dans un navire, trois personnes n'avaient pas survécut à la traversé.

Triste journée.

* * *

Captivité.

Nicolaï supportait de moins en moins cette état. Il était d'une humeur à massacrer à lui tout seul tout l'équipage du navire.

Depuis combien de temps étaient-ils dans cette cale? Il ne le savait pas. Combien de temps s'était écoulé depuis la mort de la jeune femme? Il ne le savait pas. À côté de lui, Aureane semblait petit à petit renoncer et perdre tout espoir. Le chevalier lui, s'accrochait à sa volonté comme un naufragé à un morceau de bois partant à la dérive.

Mais il ne savait pas quoi dire pour remonter le moral de la jeune femme.

Elle paraissait de plus en plus faible.

Nicolaï avait peur de quelque chose. Aureane avait eu une légère fièvre il y a quelque jours. Mais elle lui avait toujours assuré que tout allait bien au vu de leur situation. Mais là, ça n'allait plus du tout. Elle avait un teint qu'on pouvait sans difficulté qualifier de verdâtre et encore, le mot était faible.

Attrapant la jeune femme, il l'attira vers lui. Elle ne lui opposa aucune résistance comme une poupée de chiffons dont on avait déjà briser toute la volonté. Cela ne présageait rien de bon.

Nicolaï lui passa une main sur le front et la stupéfaction aggrandit son regard.


« Tu es brûlante. Aureane. Tu m'avais dit que tu allais mieux. »

Nicolaï frappa le mur de la cale. Bon sang. Comment avait-il fait pour passer à côté d'un truc pareil? Comment cela était-il possible? Elle n'aurait pas dut pouvoir lui câcher. Elle n'aurait pas dut le lui câcher.

« Écoute moi bien, dit-il. En la prenant par les épaules. Tu ne dois pas faire ça. Tu m'entend. Je t'interdit de le faire. »

Nicolaï passa une main sous sa chemise. On ne l'avait pas fouillé. Cela ne servait très certainement à rien pour les pirates. Donc il avait encore deux choses auxquels il tenait plus que tout. Sa chevalière et le mouchoir qu'Aureane lui avait donné au moment du tournoi.

Il sortit le mouchoir d'une de ses poches.


« Tu te rappel sans doute me l'avoir donné. Pour stupide qu'on puisse juger cette décision, il ne me viendrait pas à l'esprit de la remettre en doute. »

Nicolaï s'assura qu'elle le regardait bien avant de poursuivre.

« C'est se qui m'a permis de tenir lorsque j'ai été blessé par Veshork. La certitude que tu serais là. C'est toi qui me permet encore de tenir aujourd'hui. Tu n'as pas le droit de te laisser mourir. Tu m'as fait une promesse. Mais au delà de ça. Aureane, je ne pourrais pas continuer à lutter si toi tu abandonne. Je n'en suis pas capable. »

Il leva vers elle un regard ambuer de larmes. Que se passerait-il si elle mourrait? Il ne voulait même pas y penser. Il ne devait pas y penser. Elle n'allait pas mourir. C'était une certitude. Il ne pourrait pas le supporter.

« Je ne pourrais pas continuer sans toi, murmura-t-il. »

Un nouveau moment de silence.

« Aureane. Ne me laisse pas. »
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Dim 27 Juin 2010 - 16:31

Aureane regarda d'un air absent le corps qui sortait de la cale. Pour un peu, elle l'aurait envié... Elle était décidément totalement abattue, mais elle ne voyait aucune raison de garder un tant soit peu d'espoir. Si encore ils avaient su quand le cauchemar se terminerait ! Mais là, rien, rien, encore rien et toujours rien. Elle en vint même à se demander s'il y aurait une fin à tout cela un jour.

Nicolaï avait remarqué qu'elle avait un peu de fièvre et parut s'en inquiéter, aussi la jeune fille fit un effort pour avoir l'air en meilleure forme. Elle reprit la peine de s'asseoir au lieu de rester allongée et l'assura de temps en temps que "ça allait". Dans la semi-obscurité, à attendre simplement que le temps passe, ce n'était pas si difficile de feindre la bonne santé. A quoi bon lui faire prendre conscience de son état qui empirait, de toute façon ? Il n'avait pas moyen de l'aider en quoi que ce soit malgré toute sa bonne volonté. Et elle n'osait même plus accepter qu'il lui tienne la main, de peur qu'il sente à quel point elle était brûlante.


Alors qu'elle se réveillait difficilement d'un sommeil agité, Nicolaï parut se rendre compte tout-à-coup qu'elle peinait à garder les yeux ouverts. Elle ne résista pas lorsqu'il l'attira près de lui. Elle n'en avait plus la force ni la volonté. Elle voulait juste qu'il la laisse là, ça n'avait plus d'importance.


" Tu es brûlante. Aureane. Tu m'avais dit que tu allais mieux. "

La jeune fille le dévisagea, les yeux brillants de fièvre. Oui. Bien-sûr que son état ne s'était pas amélioré dans ces conditions. Et ensuite ? A quoi cela aurait-il servi qu'elle se plaigne ?

" Quelle importance ? "
murmura-t-elle, à bout de souffle.

Elle peinait à se maintenir assise à ses côtés, luttant simplement parce qu'elle voyait à quel point il s'inquiétait pour elle. Elle réussit tout de même à lui prendre la main lorsqu'il frappa contre le mur. Elle ne voulait pas qu'il recommence et se blesse, il souffrait lui aussi assez comme cela.


" Écoute moi bien. Tu ne dois pas faire ça. Tu m'entends. Je t'interdis de le faire. "

Faire quoi ? Elle le regarda sans comprendre, incapable de réfléchir encore correctement. Il sortit son mouchoir et se mit à parler avec toute la conviction dont il était capable. Chacun de ses mots était comme une nouvelle claque pour la faire réagir. Pour qu'elle se ressaisisse. Pour qu'elle tienne sa promesse. Aureane baissa la tête, touchée par ses paroles. Mais elle n'en pouvait plus, elle n'y arrivait plus...

" Je... "


L'expression de Nicolaï la dissuada de continuer. Elle ne pouvait pas faire ça, il avait raison : elle ne pouvait pas baisser les bras. Si elle abandonnait, lui... mais elle était épuisée. Pourquoi voulait-il qu'elle continue à vivre ce cauchemar ? En silence, elle le dévisagea à nouveau, au supplice.


" Je ne pourrais pas continuer sans toi. "

Aureane eut un sanglot incontrôlé, elle était sur le point de s'effondrer, mais elle parvint quand même à murmurer :

" Moi non plus... "


Sans lui, elle aurait abandonné depuis longtemps et de toute façon, elle n'aurait probablement pas eu à se poser la question car elle serait morte de soif. Savoir qu'il était toujours à ses côtés lui avait permis de continuer à s'alimenter, même si elle oubliait de jour en jour à quoi cela pouvait bien servir. Seulement, c'était difficile... beaucoup trop difficile... Elle n'en pouvait plus.

" Aureane. Ne me laisse pas. "

Elle ne voulait pas qu'il meure, pas si elle pouvait l'éviter... L'esprit embrumé, elle essaya de faire le point un instant. Le voyage... se terminerait tôt ou tard... elle pouvait y arriver... avec lui... elle devait y arriver... pour lui... Mais elle tenait à peine debout... même avec la meilleure volonté du monde, elle doutait... le regard de Nicolaï rivé au sien la fit hésiter... et si... peut-être... Visiblement perdue et finit par hocher la tête avant de se blottir soudainement dans ses bras en murmurant doucement :

" Je reste avec toi... "


Elle était brûlante de fièvre et avait à peine conscience de ce qu'elle faisait, mais elle allait s'accrocher... Elle finit par fermer les yeux, apaisée, et s'endormit finalement dans ses bras.


Le temps défila à nouveau...


Aureane jouait contre lui, essayant de rester consciente d'heure en heure. Lorsque le bateau approcha de la terre ferme, elle ne tenait plus que parce qu'elle l'avait promis à Nicolaï. Malgré ses efforts elle avait de plus en plus de mal à lutter contre la fièvre qui lui prenait toutes ses forces. Mais elle continuait à s'accrocher.
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Lun 28 Juin 2010 - 1:43

" Je reste avec toi... "

Nicolaï se rassura un peut en entendant ces mots. Lorsqu'Aureane disait qu'elle faisait quelque chose, elle le faisait. Il n'y avait aucun doute à avoir là dessus. Mais serait-elle capable de tenir sa promesse? C'était une tout autre histoire.

La jeune femme était brûlante de fièvre. Sans doute ne se rendait-elle pas vraiment compte de se qui était en train de lui arriver, ni de se qu'elle était en train de faire. C'est sans doute pour cela qu'elle vint se blottir contre lui. Enfin, Nicolaï ne savait pas trop si c'était pour cela. Mais c'était la solution la plus probable. Il la tenait doucement contre lui lorsqu'il sentit qu'elle se détendait. La jeune femme venait de s'endormir.

Le chevalier l'avait déjà vu dormir à quelques reprises. Mais il devait bien l'avouer. C'était la première fois qu'elle paraissait aussi calme dans son sommeil depuis le tournoi royal de Diantra. Elle était appaisée et pour un peut, semblait même heureuse.

Nicolaï posa à nouveau sa main sur le front de la jeune femme.

Son front était brûlant.

Nicolaï adressa une prière à Néera et une autre à Tyra.

Il ne fallait pas qu'on lui prenne Aureane. Il ne le supporterait pas.

* * *

le temps défilait toujours de la même manière. Long et monotone. Il ne se passait pas grand chose de vraiment notable. Nicolaï gardait Aureane contre lui. La jeune femme luttait à présent autant que possible pour rester consciente. Mais c'était de plus en plus difficile pour elle. Et le jeune homme craignait qu'à chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle ne parvienne plus à les rouvrir. Il craignait plus que tout entendre ce léger soupir. Puis plus rien.

Cette peur se faisait de plus en plus grande au fur et à mesure qu'il voyait ses forces décliner. Il avait beau lui apporter autant d'eau et de nourriture que possible, Aureane semblait plus faible de jour en jour.

Le cauchemar fini par prendre fin.

Au moment ou ils s'y attendaient le moins, le navire arriva à son port d'attache. Thaar.

On ouvrit leur cellule et les prisonniers furent invité à sortir.


« Allez Aureane. Il faut que tu tienne. »

La portant plus qu'autre chose, Nicolaï la fit se redresser. Passant un bras sous son épaule, il la soulevait plus qu'il ne la soutenait. L'état de la jeune femme était plus que préoccupant et il fallait qu'elle guérisse au plus vite. Sinon, elle ne s'en sortirait pas.

La lumière du soleil, après tout ce temps passé dans l'obscurité désorienta un peut Nicolaï. Tout comme l'air qui, sans être tout à fait dépourvus des odeurs terribles de la ville était pourtant bien plus pur que celui de la sombre cale.

Espérant que ce changement d'air ferait du bien à Aureane, Nicolaï continuait de la soutenir, lui murmurant à l'oreille des paroles réconfortante.

* * *


« Un noble? Voyons ça. »

D'Aring s'approcha du jeune homme que lui désignait Sketings. Cela faisait quelques semaines que l'esclavagiste s'était associé à ce pirate humain. Il n'avait pas vraiment de raison de s'en plaindre. Sketings lui ramenait toujours de très jolies pièces pour son étal au Puy. Sans compter ceux qui étaient moins robuste et que le drow pouvait de manière assez facile vendre aux membres du C'rnos. Après tout, pour voir quels étaient les effets d'un nouveau poison ou si un sortilège de démembrement fonctionnait correctement, pas besoin de quelqu'un de très fort.

Mais là... un noble de la péninsule... ils passaient dans la gamme supérieure. Ce genre de marchandise était très rare et pouvait se vendre très cher. Chose étrange, celui que lui désignait Sketings était en train de soutenir une jeune femme au teint plus que maladif. Quel dommage pour cette pauvre enfant. Elle ferait très certainement partit de ces encombrant dont D'Aring ne voudrait pas. Enfin. Dommage, façon de parler. Un équipage de pirates allait certainement lui passer dessus avant qu'elle ne finisse proprement égorgée dans un coin.


« Qui est cette fille, interrogea D'Aring? »

« On les as enlevé ensemble prêt des côtes d'Ysari, expliqua le pirate avant de préciser. C'est un lot. Si vous voulez le gamin, il faudra prendre la fille avec. »

D'Aring ne put retenir un grimace. Pour le gamin, il savait à peut de chose prêt à qui il pourrait le vendre. Se n'était pas tout à fait le cas de la fille. Il allait devoir payer un supplément pour l'avoir elle aussi alors qu'elle était de toute évidence malade et n'aurait pas valut quoi que se soit autrement.

Sauf qu'il n'avait pas le choix. Il y avait plusieurs autres esclavagistes en ville qui se feraient une joie d'acheter le nobliau. Même s'il fallait payer plus cher pour la fille. À ce compte là, il allait devoir mettre la main à la poche ou la meilleure affaire de la décénie lui passerait sous le nez.

Examinant Nicolaï, D'Aring paraissait être en train de jauger un cheval.


« Il a l'air solide ce gamin. Combien? »

« Miles écus pour les deux. »

L'esclavagiste porta la main à sa poitrine.

« Vous voulez me tuer? Se n'est pas parce que je suis riche que cela vous donne le droit de m'arnaquer Sketings. La fille ne vaut rien. »

Le pirate fronça les sourcils.

« Vous l'avez bien regardé? Ce visage d'ange. Ses yeux charmants. Elle a tout pour plaire à des acheteurs. »

« Trop plate balaya l'esclavagiste. Personne ne voudra d'une fille aussi plate que ça. Si elle avait plus de formes, pourquoi pas. Là, je dis non. Cinq cents écus. »

« J'ai perdu trois hommes pour les capturer. »

« C'est bien dommage pour vous. »

« Je ne descendrait pas en dessous de huit cent cinquante. »

« Vous rêvez. Six cent soixante quinze. »

« Sept cent vingt. »

« Six cent quatre-vingt et je ne monterait pas plus haut. »

Sketings parut légèrement contrit. Mais faire cracher six cents quatre-vingt écus à D'Aring n'avait pas été une mince affaire. En plus de cela, il se débarrassait également d'une encombrante. Encaissant son dut, le pirate amena l'esclavagiste drow vers un autre de ses prisonnier pendant que Nicolaï et Aureane étaient amené vers une autre salle. Avant qu'ils ne partent, D'Aring se pencha vers son second.

« Faite vérifier si la fille est vierge, ordonna-t-il. »

Certes, la gamine ne l'intéressait pas beaucoup. Mais sur un marché aux esclaves, une pucelle peut toujours se vendre à un bon prix. Et puis, la faire soigné engendrerais de bien plus faible frais que ne lui en ferait gagner sa vente si c'était le cas.

* * *

C'était un retour dans une salle sombre avec d'autres prisonniers. Mais il n'y avait pas que des humains cette fois. Nicolaï put distinguer les silhouette longilignes de deux elfes. Un autre devait être un demi elfe au vu de sa carrure et de sa silhouette. Il y avait même trois nains et deux naines qui toisaient les humains, largement majoritaire, d'un air mauvais. Au moins ici, si on y voyait pas très clair, cela ne puait pas trop et il n'y faisait pas trop chaud.

Avisant un coin de libre, Nicolaï y transporta Aureane qu'il assit délicatement sur le sol. La jeune femme paraissait reprendre petit à petit des couleurs. C'était assez rassurant au vu de la quantité de potions qu'on lui avait fait avalé pour qu'elle puisse guérir.

Comble du luxe, les deux esclaves avaient même une ouverture. Apparemment, D'Aring mettait ici tout les esclaves qui, à ses yeux, pourraient avoir la plus grande valeur.

Aureane grelottait encore un peut à cause de la température. Elle avait attrapé une bien vilaine maladie dans la cale du navire. Mais elle devrait pouvoir s'en remettre à présent. D'Aring avait dut juger qu'elle avait suffisamment de valeur pour être conservée.

Le chevalier passa sa couverture sur les épaules de la jeune femme avant de la prendre dans ses bras.

Se que le lendemain leur réserverait, il ne le savait pas.

Est-ce qu'ils seraient séparé ou les laisserait-on ensemble?


« Aureane. C'est peut-être les dernier moment que nous passons ensemble murmura Nicolaï à la jeune femme. »

Il hésita un moment, puis se décida.

« Il y a quelque chose que je ne voudrais pas regretter si c'est le cas. J'y ai déjà songé auparavant mais... maintenant, je serais certain de n'avoir... aucun regret. »

Doucement, il souleva le visage de la timide bibliothécaire d'une caresse aussi légère que celle d'une plume sous son menton. Hésitant encore une seconde, il se demanda comment elle allait bien pouvoir réagir. Mais dans un certain sens, il était trop tard pour penser à cela. Son choix était de toute façon déjà fait.

Le jeune chevalier il approcha son visage du siens et déposa ses lèvres sur celles de la jeune femme, l'embrassant tendrement.
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Lun 28 Juin 2010 - 12:35

" Allez Aureane. Il faut que tu tiennes. "

La jeune fille cligna des yeux en émergeant d’un sommeil trop lourd, essayant de comprendre la raison du changement dans l’attitude de Nicolaï. Il y avait comme un regain d’énergie. Que se passait-il ? Elle n'était même plus sûre de vouloir le savoir. Il lui fallut un moment avant de comprendre qu’on les faisait sortir… sortir, enfin. L'idée la réveilla un peu. Elle peinait à mettre un pied devant l’autre, mais avec l’aide du jeune homme elle parvint à se retrouver à l’air pur. Le vent marin lui fit un bien fou, lui permettant de respirer librement depuis des jours. Elle resta tout de même serrée contre Nicolaï pour ne pas risquer de s’effondrer, mais surtout parce qu’elle craignait plus que tout qu’ils soient séparés. La lumière lui fit fermer les yeux un instant mais elle n’aurait jamais pensé être aussi heureuse de revoir le jour. Ils avaient survécu à leur première épreuve.

Aureane ne fit pas attention au fait qu’on les observait, elle était surtout occupée à essayer de retrouver ses forces et à se concentrer sur ce que lui murmurait le jeune homme. Mais si elle avait prêté un tant soit peu d’attention à ce que disait l’esclavagiste, elle aurait convenu que si déjà elle paraissait toute fragile avant la traversée, cette dernière lui avait fait perdre quelques kilos la faisant maigrir de façon un peu inquiétante. Mais elle n’y prit pas garde, se contentant de respirer l’air frais comme s'il s'agissait d'un élixir magique. C’était déjà un soulagement immense, même si elle peinait à garder les yeux ouverts. Elle devait lutter pour ne pas perdre conscience et avait réellement du mal à suivre tout ce qui se passait. Les mots de Nicolaï étaient un baume apaisant mais plus réellement compréhensible par son esprit ankylosé par la fièvre.




Ils finirent par se retrouver dans une salle sombre, dont l’atmosphère était considérablement plus saine que dans la cale. Aureane se sentait un peu mieux, elle resta même assise plutôt que de s’effondrer à nouveau. On lui avait fait avaler des mixtures au goût étrange qu’elle n’avait pas refusé, au vu de son état. Si c’était pour la soigner, tant mieux et sinon, tant pis, elle n’avait plus rien à perdre… En même temps, elle avait eu tant de fièvre qu’elle aurait été incapable de dire ce qui lui était arrivé et à qui elle avait eu affaire. La seule chose qui lui avait paru d’importance était la présence de Nicolaï à ses côtés. Le reste…

Enfin, elle avait dû bel et bien être soignée à un moment car elle recommença à se rendre compte de ce qu’il l’entourait. Elle était à présent assise et elle prit pour la première fois conscience qu’elle grelottait. La fièvre, sans doute, qui ne l'avait tout de même pas quittée par miracle, même si elle s'était atténuée, mais avant elle ne s’en était même pas aperçu tant elle se sentait mal. Aureane se blottit à nouveau dans les bras de Nicolaï, bien loin de toutes les considérations qu’elle aurait pu avoir avant la traversée sur ce qui se faisait et ne se faisait pas. Elle voulait juste être près de lui, le reste, elle s’en moquait. Pourtant, recouvrer sa lucidité commençait à avoir des conséquences sur ses pensées et elle se mit à se demander à nouveau ce qui allait advenir d’eux. Ils étaient encore ensemble, mais pour combien de temps ?

" Aureane. C'est peut-être les derniers moments que nous passons ensemble. "

Malgré son état, la jeune fille se redressa aussitôt, secoua la tête frénétiquement, une lueur de panique dans le regard. Pourquoi disait-il de telles horreurs ?


" Non… "

Bien-sûr que si, et elle le savait aussi bien que lui. Ils seraient séparés tôt ou tard, son air suppliant n’y changerait rien. Elle avait les larmes aux yeux : il lui avait dit qu’il ne tiendrait pas sans elle, mais elle, elle ne voyait pas comment elle tiendrait sans lui. On pouvait la soigner tant qu’on voulait, elle n’y arriverait pas. Elle avait besoin de sa présence.

" Il y a quelque chose que je ne voudrais pas regretter si c'est le cas. J'y ai déjà songé auparavant mais... maintenant, je serais certain de n'avoir... aucun regret. "

De quoi parlait-il ? Elle sentit qu’il lui relevait le menton vers lui et se perdit un instant dans son regard métallique. Puis il s’approcha doucement et déposa ses lèvres sur les siennes.

Aureane s’était attendue à tout sauf à ça, mais elle n’eut pas un geste pour s’écarter. Elle ferma instinctivement les yeux et profita de l’instant, de la douceur de ce baiser, tandis que son cœur s’emballait. Lorsqu’il s’éloigna finalement, elle le dévisagea avec de grands yeux, sentant le rouge lui monter aux joues. C’était la première fois qu’on l’embrassait ainsi et elle ne s'était jamais sentie aussi troublée. Elle resta figée quelques secondes… Puis elle éclata en sanglots et se jeta dans les bras du jeune homme. Elle ne savait plus du tout où elle en était, mais elle savait au moins qu’elle ne voulait pas être séparée de lui, à aucun prix.

" Ne me laisse pas, "
bredouilla-t-elle doucement entre deux sanglots, reprenant sans s’en rendre compte les mêmes mots que lui.

Elle ne supporterait pas, elle préférerait encore mourir. A quoi bon vivre comme une esclave, de toute façon ? Même si elle avait été à demi inconsciente peu de temps avant, elle avait fini par comprendre qu’on ne l’avait pas soignée pour rien, on avait d’abord vérifié qu’elle était vierge. Elle préférait ne pas se rappeler, mais elle ne pouvait pas non plus nier l’évidence. Elle finit par se calmer un peu et se détacha de Nicolaï en essuyant ses yeux embués de larmes.


" Ne me laisse pas, " répéta-t-elle plus calmement.

Il y avait une nuance de détermination désespérée dans sa voix, dans son regard qu’elle ne détachait pas de celui du jeune homme, brillant autant de larmes que de fièvre.


" Ou alors… Je ne veux pas vivre ça, par pitié… pas sans toi… je préfère encore rejoindre le royaume de Tyra. "

Elle lui demandait d’échapper à ça et de la méthode la plus radicale qui soit si besoin était. Il lui avait demandé de s’accrocher et elle l’avait fait pour lui. Mais, à présent, s’ils ne devaient plus se revoir… elle préférait en finir rapidement que se laisser mourir à petit feu. Continuer à vivre ainsi n’avait aucun sens. Quel avenir pouvait-elle encore espérer ?
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Lun 28 Juin 2010 - 16:12

Nicolaï fini par s'éloigner légèrement d'Aureane.

Elle ne l'avait pas repoussé et à présent, elle ne tentait pas de le giffler. Sans doute l'aurait-elle fait quelques jours plus tôt. Mais se n'était plus la cas. Aureane s'était laissé faire. Nicolaï ne savait pas à quoi s'attendre. Il ne savait plus quoi faire.

Les yeux aussi brillants de fièvre que de larmes, elle éclata en sanglot en se jetant dans ses bras. Nicolaï la tenait contre lui, la laissant pleurer sans rien dire ni même bouger le moindre muscle. Il ne voulait pas être séparé d'elle. Pour rien au monde. Mais il fallait se rendre à l'évidence également. Ils ne seraient certainement pas vendu à la même personne. Alors il la perdrait.

Le corps de la jeune femme avait été amaigrit par la traversée. Déjà qu'elle n'était pas bien épaisse avant. Mais les privation l'avait plus amaigrie encore. Pas sur qu'elle ait put survivre encore bien longtemps à ce rythme là.


" Ne me laisse pas, " bredouilla-t-elle entre deux sanglots.

Elle sanglotait encore. Nicolaï sentit son coeur se serrer en entendant ces mots. Les mêmes que ceux qu'il avait prononcer quelques jours plus tôt. C'était sans aucun doute se qui les rendaient plus douloureux encore. Elle avait tout fait pour ne pas abandonner et tenir la promesse qu'elle lui avait fait. Mais lui? Serait-il capable de la tenir.

Lorsqu'elle eu reprit un peut son calme, elle s'éloigna de lui et essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues.


" Ne me laisse pas, " répéta-t-elle plus calmement.

Son regard brillait autant de fièvres que de larmes. Il était tout simplement incapable de dire non à ce regard. Mais il lui était tout aussi incapable de lui promettre quoi que se soit. Il était un très mauvais menteur. Même pour rassurer la jeune femme, il ne pouvait se résoudre à lui mentir. Elle le verrais tout de suite et cela ne ferait que rajouter à sa dépression.

" Ou alors… Je ne veux pas vivre ça, par pitié… pas sans toi… je préfère encore rejoindre le royaume de Tyra. "

Que répondre à cela? Il n'y avait rien à répondre et cela pour une simple raison: Nicolaï lui aussi y avait penser. Il ne voulait pas continuer à vivre en sachant Aureane aux mains d'un monstre quelconque. C'était trop difficile. Jamais il n'aurait la force de la voir monter sur une estrade et exhiber comme une marchandise.

Pourtant, quelque chose en lui lui interdisait de mourir. L'espoir? La stupidité ou un pressentiment? Il n'en savait rien. Dans tout les cas, il savait qu'il fallait que la jeune femme reprenne un peut d'espoir. Un rien. Juste une petite lueur qui lui permettrait de sortir de ce désespoir qui grandissait en elle.

Il fallait quelque chose pour l'empêcher de se tuer. Et au plus vite.


« Aureane... »

Il cherchait ses mots. Comment faire pour qu'elle renonce à ce projet. Au moins temporairement.

« Si nous sommes séparé. Je te propose une chose. Je ne serais pas capable de résister très longtemps sans toi. Si nous sommes séparé, donnons nous une semaine. Juste une petite semaine. Si au bout de cette semaine, nous sommes toujours séparé, alors... alors nous nous reverrons chez Tyra. Tu veux bien m'accorder juste cette semaine? »

C'était un compromis bête et simple. Il espérait qu'elle allait accepter. il ne voulait pas la perdre. Pas tout de suite. Et s'ils étaient séparé, au moins ni lui ni Aureane n'auraient à subbir la vision de l'autre gisant sans vie au sol.

Même si le chevalier doutait fortement que dans le cas où ils seraient séparé, une semaine change grand chose. Mais tant qu'ils étaient enssemble, au moins elle ferait tout pour rester vivante.


« S'il te plait Aureane, dit-il en la prenant à nouveau dans ses bras. »
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MessageSujet: Re: A fond de cale [Aureane]   Mar 29 Juin 2010 - 12:26

Une semaine... Aureane ferma les yeux en essayant de garder les idées claires. Elle ne voulait pas imaginer qu'il puisse mourir, lui. Mais elle n'avait plus la force de protester, d'argumenter et se dit que finalement, il se remettrait de tout ça. Il ne faiblirait pas si elle n'était pas là pour le faire s'inquiéter. Il s'en sortirait lui... Ses prières iraient dans ce sens étant donné qu'elle n'espérait plus rien pour elle.

" Pas toi... tu t'en sortiras, hein... ? "

Elle n'attendait pas réellement une réponse. Il semblait désespéré, lui aussi et elle doutait qu'il lui dise calmement "oui" mais elle espérait que lui reconsidérerait la question. Pour sa part... Cela n'avait vraiment plus d'importance. Elle hocha finalement la tête en s'essuyant une nouvelle fois les yeux.


" Une semaine... "


Puis elle cessa de se poser des questions et se blottit à nouveau contre lui alors qu'il la prenait dans ses bras. Bientôt ils seraient séparés, sans aucun doute, elle préférait ne pas y penser et profiter de sa présence encore un peu. D'ailleurs, elle préférait ne penser à rien. Plus rien...

Elle se réveilla un peu plus tard, ce fut avec le sentiment que sa fin était proche. Elle avait toujours de la fièvre et l'esprit brumeux même si elle pouvait à nouveau marcher seule. Quand on les sépara, elle ne trouva rien à dire tant ce qu'elle ressentait était au-delà des mots. Elle semblait s'être résignée et être déjà ailleurs.

Puis ce fut le néant.


[hrp : rp terminé sur ce petit post :) ]
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