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 Sur l'invitation du baron

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Sur l'invitation du baron   Mar 6 Juil 2010 - 11:17

Midi sonna lorsque la suite du régent de Scylla arriva en vue d’Ethin, petite cité aux marches de la baronnie de Missède. Composée d’une centaine d’hommes d’armes dont plusieurs dizaines de chevaliers ainsi qu’une autre centaine de serviteurs de tout genre, elle avait fonçé sus la province missédienne et arriva rapidement jusqu’à la ville. La troupe était tout en couleur, en habits riches et coquets. Le régent lui-même, qui appréciait ce luxe vestimentaire, n’avait pas oublié de se revêtir d’une tunique d’un bleu nuit moulant ses formes. Invité par le nouveau baron de Missède, le tout récent régent allait donc à la rencontre de son voisin, sondant tout le Langecin pour savoir où le roi lui avait mis les pieds.

La rencontre avec les différentes élites de ce que l’on appelle les cités libres pharétanes avait été plutôt bonne. On avait déjà eu le temps de se faire une idée du damoiseau depuis sa victoire au tournoi royal et son aventure dans les marches du nord, où l’on disait le danger grand. Aetius avait pu constater que les grands notables de ce fief étaient, étonnamment, des gens de robes, d’une noblesse toute relative. Ce comté était commandé par des marchands ! Amer constat pour ce chevalier aux valeurs des plus tranchées, mais il devrait faire avec et il n’avait aucun pouvoir de changer cet état de fait perdurant depuis des décennies, voire des siècles. En conclusion, il ne pouvait rien faire, actuellement. Et son arrivée avec une poignée d’Oësgardien et autant de nains n’était pas pour jouer en sa faveur. Il devrait se montrer comme un homme de valeurs et Scylléen de cœur. Ce qui constituerait une épreuve…

Mais voilà que la suite entrait dans le château, bravache et joyeux. La plupart des chevaliers étaient des jeunes gens, des damoiseaux assistant le nouveau régent, lui aussi jeune chevalier. Sa réputation lui offrit l’adoration des jeunesses chevaleresques, qui, on le sait, est si facile à courtiser quand on est l’un d’eux. Ainsi, Aetius au centre de ce gentil vacarme, pour seule arme une épée courte à la mode et sans armure, alla se présenter au baron.


Dernière édition par Aetius d'Ivrey le Ven 16 Juil 2010 - 14:49, édité 1 fois
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Mar 6 Juil 2010 - 23:17

Viktor observa la caravane du régent de Scylla entrer dans la cour du château avec un air tout à fait détaché. Cette suite était impressionnante, mais qu'elle le soit moins aurait étonner le jeune baron. On parlait tout de même du régent de scylla. Se n'était pas le clodo du coin qui arrivait aujourd'hui à Ethin. Pour sa part, Viktor était arrivé ici la veille. Bien entendu, il avait avertit ses gens de tout préparer pour accueillir cet invité de marque avant de s'y rendre lui même.

Viktor était tout à fait ravis d'avoir prit de court sa voisine. Eulalie de Merval se sentirait certainement un peut mise à l'écart, mais au vu des relations économiques privilégiée qu'avaient toujours entretenu les domaines de Missède et de Scylla en se qui concernait la soie, il voulait s'entretenir avec le régent au plus vite et en évitant une quelconque ingérence. Et cela de la part de qui que se soit, même d'une voisine aussi charmante qu'Eulalie pouvait l'être.

À ses côtés, Agniezka était assez tendue et nerveuse. Il fallait dire que c'était un important déploiement de soldat que cette suite. Le régent ne voyageait pas légèrement. Il avait emporter avec lui un important contingent de soldats scyllien. Qu'à cela ne tienne. Ces hommes ne rentreraient pas tous dans la forteresse. Déjà par un souccis de place, on ne pouvait pas faire dormir autant de monde dans le seul château d'Ethin (parce que bien sur, Viktor n'était pas non plus venu seul) et ensuite, par soucis de sécurité. Il n'était pas question qu'une centaine de soldats scyllian se trouvent en même temps dans le château. La garde d'honneur du régent serait largement suffisante pour monter la garde devant ses appartements. Surtout que la Garde de la Bibliothèque surveillait déjà le château et qu'il n'y avait aucune raison pour attenter au jour du régent.


« Ne t'en fait pas Agniezka. Je suis là. Il ne t'arrivera rien. »

La jeune femme se présentait au bras de Viktor. Elle était vêtue d'une robe magnifique qui rehaussait un peut plus encore sa beauté. Le jeune baron avait rendu officiel leur situation et depuis, ils se permettaient de petites choses qu'ils devaient cacher avant. Bien sur, il avait garder la vraie annonce pour plus tard. Mais leur relation avait déjà un aspect officiel.

Enfin bref. La jeune femme semblait mal à l'aise en présence des soldats scyllian. Viktor avait apprit à décrypter se qu'elle pensait dans la façon dont elle se tenait. Présentement, elle était à deux doigts de s'enfuir en courant.


« Tout ira bien. Personne ne te fera le moindre mal, murmura-t-il suffisamment bas pour qu'elle soit la seule à entendre. »

Le régent venait d'entrer dans la cour.

Les gardes de la Bibliothèque se raidirent. Lorsque le baron démonta, une haie d'honneur formée des meilleurs hommes de Missède traçait le chemin entre lui et le jeune couple.

Viktor salua respectueusement le régent. Un homme assez jeune qui ne devait pas encore avoir atteint la vingtaine. Avait-il vraiment les épaules pour un tel poste? Peut-être que oui, peut-être que non. Seul l'avenir le leur dirait. Mais dans tout les cas, il semblait s'être déjà illustré dans le nord.


« Bienvenu à Ethin. J'ose espérer que la route fut aggréable, dit Viktor. »

Il se décala ensuite légèrement sur le côté, présentant la jeune femme à son côté dont il ne lâcha pourtant pas la main.

« Je vous présente la future baronne de Missède, dit-il simplement. Ma fiancée Agniezka. »
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Mer 7 Juil 2010 - 7:01

Bientôt, le régent démonta, rejoignant d’un pas lent et d’une allure détendue le baron de Missède, entourée par toute une flottille de jeunes chevaliers chatoyants et d’un vieil homme qui faisait tâche dans ce bombardement de couleurs. C’était un petit homme flegmatique, au pas léger. « Un homme qui ne s’en laisse pas conter, et sur qui il faut compter ! » C’est ainsi qu’un puissant échevin de Daffodils avait présenté ce solide majordome au jeune régent. Et l’échevin ne s’y était pas trompé : ce vieillard un peu raide, qui portait le doux et prévisible nom d’Hubert, avait été le conseiller le plus avisé d’Aetius pendant ces quelques jours d’introduction dans cette large tapisserie qu’était le tout Scylla. Ce fut d’ailleurs grâce à Hubert que l’indolent jeune damoiseau qu’était l’Ivrey avait pu comprendre les tenants et les aboutissants de cette invitation subite.

En effet, les belles contrées de Missède et de Scylla, si elles avaient le bon goût de se détester (et ce, assez cordialement aux frontières), eurent également eu l’idée géniale de répartir diverses professions dans l’une ou l’autre seigneurie. Du moins, c’est l’ordre des choses ou la volonté des dieux qui souhaita une telle situation. Les cités libres de Scylla étaient, depuis longtemps, des villes de teinturiers et de tisserands. On y accomplissait les plus belles œuvres, les meilleurs tissus et les plus colorés, lesquels étaient pour la plupart vendus à Langehack, auprès des grands tailleurs, mais également exportés dans d’autres villes, où la qualité de leur tissu et la compétence des marchands pharétans leur assuraient des marges assez importantes. Cependant, Scylla était largement dépendante des mûriers de Missède. En effet, cette baronnie disposait d’un quasi monopole sur la culture des vers à soie, soie dont avait besoin tisserands et teinturiers scylléens pour continuer à prospérer. Langehack formait une sorte de circuit où chaque pays avait une tâche spécifique dans laquelle la population était plus ou moins impliquée.

Voilà ce que lui avait appris ce bon Hubert et ce qu’il devait savoir sur cette rencontre. Aetius allait rencontrer le seigneur d’un pays qui dominait le sien et vice versa. L’interconnexion entre les deux seigneuries était importante et bien qu’Hubert lui ait fortement déconseillé de parler de traités ou de pactes dès leur première rencontre, le jeune chevalier risquait de proposer sans tarder quelque accord au baron, si celui-ci lui plaisait. Avançant d’un pas assuré, accompagné, donc, de ce brave Hubert et de ces loups en pourpoint, il fit une légère courbette en saluant d’un « Messire » le baron puis offrit un examen plus long à la « fiancée » de son voisin. Et il semblait y prendre un certain plaisir. Il fallait dire que la jeune femme, avec sa taille de guêpe, ses formes plantureuses et sa chevelure d’une rare douceur venant cascader sur son cou gracile auraient fait se damner la plupart des saints. Il offrit alors une révérence plus profonde à la dame tout en continuant à la fixer et en retroussant ses babines pour faire apparaître une rangée de dents blanches et régulières, rareté dans la Péninsule !

« Dame, les histoires prétendent que les Scylléennes sont les plus belles femmes du monde, mais c’est parce que les conteurs ne vous ont jamais rencontré. » Se tournant subitement vers l’un de ses gandins, qui portait une couronne de fleurs arrachées pendant leur voyage dans quelques potagers, il dégagea une fleur de la couronne champêtre, qui se défit subitement pour laisser les survivantes du sabotage déchoir lentement sur les épaules du gentilhomme, qui ne comprenait pas. « Eh bien, dit le jeune régent sur un ton enfantin, tu oses porter des fleurs aussi fades devant leur reine à toutes ! » Et le chevalier de rire, accompagné par quelques uns des autres damoiseaux, qui appréciaient les mots courtois, quoique hardis, que prononçait Aetius.

Le voyage fut fort bon, et l’été bat son plein dans la campagne. Il est doux de s’éloigner des bourgs, empuantis par le trop plein de monde, pour prendre plaisir à la vie champêtre, quand il fait chaud comme cela. J’espère que votre propre voyage fut aussi agréable que le mien, messire.
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Iseult Séraphin
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Mer 7 Juil 2010 - 21:42

Nous étions partis de Missède avec Viktor pour nous rendre dans le sud de la baronnie, à Ethin. J'avais accompagné Viktor suite à sa demande. Il est vrai que je ne me souvenais pas de tout depuis ma chute dans les escaliers il y a deux semaines de cela aussi il faisait de grands efforts pour que je recouvre complètement ma mémoire perdue.
Nous étions sur le perron à attendre un invité. J'ignorai de qui il s'agissait mais cela devait être une personne très importante au vue de sa suite. D'ailleurs elle était composée que de soldats et chevaliers en armes. Cela me fit peur. Viktor put alors sentir ma main se raidir sur son bras.

Le baron tenta alors de calmer mes craintes en me disant que je n'avais pas à m'inquiéter et qu'il était là pour me protéger. Même si je croyais à ses paroles cela ne m'empêchait pas d'avoir peur. Mon corps se tendait et je fis même un pas de recul mais Viktor comprenant la situation me prit la main pour m'empêcher de fuir.
J'ignorai pourquoi j'avais peur comme cela. Après tous ils étaient nos invités mais cette peur était ancrée profondément en moi. J'en ignorait la cause. Finalement notre invité mit pieds à terre et s'avança vers nous pour nous saluer.

Viktor fit les présentations. Il me présenta alors comme la future baronne de Missède et sa fiancée. Je me mis alors à rougir. Il m'en avait parlé mais cela n'était encore nullement officiel. Le regard de cet illustre invité dont j'ignorai encore l'identité se porta plus particulièrement sur moi. Je le sentais comme me transperçant de toute part et cela me mettait mal à l'aise.
Une révérence fut alors faite pour me saluer avant que les compliments sur ma beauté ne viennent faire éloge de ma personne. Je ne dis rien. Mon regard se baissa et mes joues se fardèrent de rouge. Je fendis alors en une gracieuse révérence pour le remercier de ces compliments qu'il venait de me faire. Cependant il n'y eut aucun mot de ma part.

Le régent nous fit par de son voyage et nous demanda si le notre fut également agréable. Je laissais le soin à Viktor de répondre à cette question, hochant simplement d'un mince mouvement de la tête pour signifier que oui. Le jeune régent pouvait alors se demander quelle était la raison d'une si grande timidité de ma part et surtout pourquoi mes lèvres restaient closes.
Ma main se crispant sur le bras de Viktor, il comprit que je voulus lui dire quelque chose, se retournant sur moi, je lui fis comprendre du regard que je désirai rentrer à l'intérieur. Je me sentais mal à l'aise devant tous ces hommes en armes. De plus le soleil tapait et me faisait légèrement tourner la tête.

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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Sam 10 Juil 2010 - 15:28

Aetius se montrait particulièrement galant avec Agniezka. Il s'autorisa même un très léger sourire au moment ou il fit la plaisanterie sur les fleurs. Sa jeune compagne en revanche paraissait plus gênée qu'autre chose par les agissement du régent. Elle se crispait légèrement sur le bras du baron, mais restait droite et digne comme toute noble qui se respecte. Le régent devait pourtant être légèrement surprit de ne la voir pas même entrouvrir les lèvres. Il est vrai que sa cicatrice cachée, il était difficile d'imaginer la balafre qui courait le long de son cou et lui avait volé la voie.

Enfin, pour se qui était des galanteries d'Aetius, Viktor les voyait plus comme une forme de salut respectueux que comme autre chose. Tant que le régent de Scylla ne se montrait pas trop galant ou entreprenant avec Agniezka, cela lui convenait parfaitement. Il n'avait pas grand chose à craindre. Agniezka ne tenterait pas de séduire Aetius et celui-ci n'avait aucune chance de séduire la jeune femme. Mais il surveillerait tout de même d'un oeil les agissement ''galant'' du régent.

Eh oui, le baron de Missède est un jaloux.

À son tour, il partagea poliment ses impressions sur son propre voyage avec Aetius. Il avait à peine fini les banalité lorsqu'il sentit un légère pression sur son bras. Se tournant vers Angiezka, la jeune femme lui fit comprendre sans que la moindre parole fut énoncée qu'elle ne se sentait pas à l'aise. C'était le genre d'avertissement que Viktor ne pouvait décemment pas ignorer. Lorsqu'Agniezka ne se sentait pas bien, cela signifiait en général que n'importe quoi pouvait arriver. Dans le cas présent, soit elle allait s'effondrer, soit elle allait s'enfuir en courant.

Étant donné la nature fragile de la jeune femme et le soleil de midi qui frappait assez fort, Viktor pencherait naturellement pour la première option.


« Venez régent. Mes gens vont amener vos affaires dans les appartements qui vous sont réservé. En attendant, laissé moi vous offrir un rafraichissement. Vous devez avoir soif après une telle route. »

Manière habile de rentrer à l'intérieur du château. Là ou il y avait moins de garde et où il faisait plus frai.

À l'interieur, Viktor guida Aetius et Agniezka à l'intérieur d'un salon agreablement raffraichit qui s'ouvrait par plusieurs grandes fenêtres sur l'extérieur et les terres de Missède qui s'étendait à perte de vue.

On vint leur apporter des rafraichissements. Viktor en apporta un à Agniezka, puis tendis le sien à Aetius avant de prendre le troisième.

Il prit ensuite place dans un canapé face au régent de Scylla et juste à côté d'Agniezka. Avant de prendre sur le ton de la conversation:


« Vous savez, on raconte beaucoup de choses sur vos aventures dans le nord après le tournois royal. Pourriez vous nous faire l'honneur de nous raconter se que vous avez vécu là-bas? Cela sera certainement très intéressant et permettra peut-être de détendre l'atmosphère tendue due à nos titres respectifs. »
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Ven 16 Juil 2010 - 14:49

La chaleur, en ce milieu d’été, était effectivement accablante, et Aetius ne fit pas de manières lorsque le baron le convia à l’intérieur, où la fraicheur était préservée. Traversant quelques courtines, ils arrivèrent bientôt à un salon rafraichi mais qui perdait la froidure bienvenue en étant troué de longues fenêtres ouvertes. La salle était donc balayée par un air chaud et doux qui envahissait le gentil salon. Un place forte des plus douillettes, ne put s’empêcher de penser Aetius, qui n’oubliait jamais d’être chevalier. Les rumeurs du le Langecin n’avaient jamais été très tendres de la part des chevaliers du nord, certes jaloux et rustres, mais pourtant assez bons connaisseurs de la chose militaire. Les châteaux langecinois avaient l’air d’avoir subi les affres de la mode et d’une quiétude dangereuse. A Langehack comme à Missède, le régent pouvait constater que les murs avaient été rongés par des fenêtres, prodiguant ainsi aux grands seigneurs un certain confort et de grandes salles inondées de lumière, mais affaiblissant considérablement le castel, qui n’était plus que symbolique.

Suivi par ce bon Hubert et un chevalier scylléen que beaucoup connaissait à Pharembourg (ce n’était nul autre que Cyano des Isles, cousin de feu la comtesse de Scylla et femme de Hannibal le Félon), Aetius ordonna à sa suite de s’amuser et pria le baron de laisser cette foule juvénile faire connaissance avec les jardins du palais ainsi qu’avec les damoiselles de la cour missédienne. Il emboîta ensuite le pas à son hôte et s’installa doucement dans l’un des divans (tellement Langecin) avant d’engager la conversation avec Viktor. Ce dernier lui demanda des nouvelles du nord et, plus particulièrement, un récit sur son échappée à Oësgard et à ses alentours. Il n’en fallait pas plus à Aetius, qui montrait du courage dans tout et particulièrement dans la narration de ses aventures.

Je vous passe ici une introduction qui tenait de la pédanterie et du prologue. Aetius lui-même ne parla d’ailleurs que peu de sa capture par une bande de brigands puis son voyage avec un mystérieux individu qui n’était autre qu’un sorcier drow. Il tut même cette anecdote, ne voulant passer pour une dupe. Voilà où commence réellement son récit et ce qu’il a d’intéressant, si je puis utiliser ce mot.
« Après ma capture par des scélérats nordiques, je n’avais plus confiance dans les gens d’Oësgard, d’Alonna et des pays voisins. Décidant de mettre à profit mon séjour parmi les nains, je rencontrai un ancien ami de feu mon père, qui était un nain réputée dans le pays de Lante. Lui confiant mon projet de rétablir la paix dans le pays oësgardien, il me conseilla d’aller discuter avec certains de ses amis, des guerriers itinérants désoeuvrés mais également des sapeurs nains, cette vermine qui vous fait tomber une muraille en une nuit ! Bientôt, je réunis quelque deux cents soldats de Nanie et partis pour Oësgard. »

A la suite de cela, il décrit quelques unes des escarmouches qu’il livra contre la racaille et la soldatesque déserteuse, sa rencontre avec certains chevaliers oësgardiens qui décidèrent de le suivre et ses querelles avec Egmont le Régent, sur lequel il ne manquait pas de grosses paroles. Et bla et bla et bla. Au bout d’un moment (assez long), le jeune chevalier se rendit compte que sa propre voix l’avait envouté et bientôt il se tut pour orienter la conversation sur des sujets moins centrés.
« On m’a dit que vous aviez vous-mêmes servi dans le nord en tant que chevalier, est-ce vrai ? »
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Lun 19 Juil 2010 - 11:30

Viktor souris légèrement en voyant par la fenêtre les jeunes chevaliers du régent de Scylla qui batifolait tranquillement avec des demoiselles de la cour de Missède.

*Prenez garde messieurs. Les roses que vous souhaitez cueillir ont des épines acérées.

Il fallait être fou, inconscient ou stupide pour penser que ces jeunes femmes étaient aussi innocentes qu'elles en avaient l'air. Mine de rien, elles étaient sans doute plus dangereuses que tout les soldats qui étaient réunis ici aujourd'hui. Sans doute parce que leurs armes à elles étaient bien plus fines que la meilleure des épées et que contre elle, les armures, hauberts et forteresses n'étaient d'aucun secourt. Combien les héros des temps anciens que nul ne pouvait blesser souffrirent de la simple volonté d'une femme? À Missède, on avait comprit depuis longtemps que le beau sexe pouvait faire des ravages. Mais apparemment, aucun des chevalier de l'escorte d'Aetius ne le pensait. Dommage pour eux.

Il ne fallut guère insister pour qu'Aetius entame son récit sur se qu'il avait vécut après le tournois royal de Diantra.

Si l'introduction, un peu longuette tenait un plus de la vantardise que d'autre, Viktor ne manqua pas de noter que le régent ométait certains passage peu glorieux pour lui. Tels que sa capture qu'il passa presque sous silence.


*Seriez vous vantard Régent, pensa Viktor? Vantard ou plus fin qu'il n'y paraît. Vous passez bien vite sur vos moment de faiblesse. Avez vous peur que ceux-ci vous diminuent ou qu'ils vous fassent passer pour un idiot? Quel dommage. C'est pourtant toujours la partie la plus interessante d'un tel récit. Non pas pour vous ridiculiser, mais pour en apprendre plus sur vous.*

« Après ma capture par des scélérats nordiques, je n’avais plus confiance dans les gens d’Oësgard, d’Alonna et des pays voisins. Décidant de mettre à profit mon séjour parmi les nains, je rencontrai un ancien ami de feu mon père, qui était un nain réputée dans le pays de Lante. Lui confiant mon projet de rétablir la paix dans le pays oësgardien, il me conseilla d’aller discuter avec certains de ses amis, des guerriers itinérants désoeuvrés mais également des sapeurs nains, cette vermine qui vous fait tomber une muraille en une nuit ! Bientôt, je réunis quelque deux cents soldats de Nanie et partis pour Oësgard. »

Puis, il reprit un nouveau son récit, relatant ses exploits contre les rebelles déserteur d'Oësgard. S'il y avait eu un barde dans cette salle qui lui racontait ces exploit, Viktor aurait volontiers put croire qu'il s'agissait là d'une fable inventée de toute pièce. En même temps, cela paraissait bien trop beau pour être vrai. Possible que le régent enjolive un peu son récit. Aetius paraissait en effet tellement prit par se qu'il était en train de raconter que Viktor se demanda un moment si le régent leur parlait toujours ou s'il était en train de s'encenser à voie haute.

Il lui fallut un certain temps pour se rendre compte qu'il s'était totalement laissé emporter par ses paroles. À ce moment, il changea de sujet par une galipette, se rendant compte qu'il avait monopoliser la paroles pendant un certain temps. Descidément, il avait encore des choses à apprendre ce petit régent.


« On m’a dit que vous aviez vous-mêmes servi dans le nord en tant que chevalier, est-ce vrai ? »

Viktor aurait volontiers donné un joker en se qui concernait cette question. Son séjour dans le nord n'était pas une des choses dont il parlait facilement. Mais son hote lui avait posé une question et il aurait été impolis de ne pas y répondre.

« En effet. J'ai bel et bien servit en tant que chevalier dans le Nord. En Alonna plus précisément. Je ne suis devenu baron que de manière relativement récente et suite à un long enchainement d'improbabilité. Je suis chevalier avant d'être baron de Missède. »

Le jeune homme attendit un moment avant de poursuivre, racontant quelques petites anecdotes sans grand intérêt. Il préférait ne pas parler de certaines choses qui s'étaient produite pendant qu'il se trouvait dans le nord.

« Vous plaisez vous sur vos nouvelles terres? Sont-elles à votre goût? Le mode de vie Langecin est très éloigné de celui du nord. De même que l'architecture. N'êtes vous pas trop dépaysé loin des bastions du nord? »
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Iseult Séraphin
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Mar 20 Juil 2010 - 21:28

Nous étions rentrés à l'intérieur sur proposition de Viktor qui avait compris que je désirai rentrer. Viktor pensa simplement à la chaleur que le soleil d'été dégagé et non au fait de voir tous ces hommes en armes. Cela était peut être mieux ainsi. Je ne voulais pas l'inquiéter plus que de raison. Nous nous rendîmes alors tous trois dans un salon cossu qui nous attendait afin de prendre quelques rafraichissements.
Les deux chevaliers discuteraient ensemble alors que personnellement j'écouterai sans intervenir. Je ne voulais pas qu'Aetius sache pour mon handicape. Pour le moment, toute la cour de Missède était au courant aussi, je ne désirai pas que cela s'ébruite d'avantage. Du moins pour le moment...

Prenant place dans ce grand salon, Viktor vint s'assoir près de moi. Mais avant cela et comme le voulais la bienséance, il m'avait servi un rafraichissement puis au régent de Scylla. Viktor savait que j'appréciais beaucoup ce thé à la rose venant d'Ysari, aussi ce fut une tasse de ce merveilleux qu'il me donna. Je le remercia d'un hochement de tête et d'un léger sourire. Les hommes se partageaient plutôt un hydromel assez frais en bouche.
Viktor entama la discussion en demandant au régent de lui raconter ses péripéties dans le nord après le tournoi royal. Le Nord... Cela fit remonter un souvenir à la surface. Celui où j'avais rencontré une caravane elfique dont Dragan Tiril alors que je fuyais... Ma mine se fit triste l'espace d'un instant alors que je trempais mes lèvres dans ma tasse.

Aetius fit mention d'une capture, des différents territoires du Nord. Je n'étais pas sûre que ce que je me souvenais soit juste mais cela me semblait tellement proche et lointain à la fois. Plongée dans des souvenirs qui refaisaient lentement surface, je ne manquais pas pour autant d'écouter les aventures de cet hôte de marque.
Le sujet clos dériva sur Viktor. Le baron esquiva assez rapidement la question pour parler du décorum langecin. Il est vrai que dans le peu de souvenir que j'ai, le château que j'avais fui ressemblait plus à une forteresse qu'à un palais...

Le thé étant encore trop chaud, je me brulai alors la langue. On put alors voir ma main se déplacer à mes lèvres alors que je reposais la tasse en porcelaine sur la table de façon un peu brutale pour une jeune femme. On put également lire sur mon visage un trait de douleur mais pourtant aucun son n'avait filtré de mes lèvres. Ce simple fait se faisait se questionner les gens en règle générale sur l'absence de gémissements dû à la douleur...
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Dim 1 Aoû 2010 - 17:38

Plus chevalier que baron… Aetius eut un sourire espiègle. Les chevaliers qu’il connaissait avaient toujours apprécié les rodomontades sur leur carrière d’arme et leurs pérégrinations, décrivant avec force d’hyperboles et d’adjectifs flatteurs leurs combats. Peut-être les chevaliers du sud étaient-ils différents, plus… L’Ivrey chercha un mot correspondant, mais ne le trouva pas. Le récit de son vis-à-vis était cependant des plus lapidaires, donc douteux, selon Aetius. Ce dernier se contenta d’écouter, sirotant l’hydromel servit.

La discussion continua sur les mondanités d’usage, et le baron engagea celle-ci sur les paysages du Langecin. Les différences, les châteaux, etc. « N'êtes vous pas trop dépaysé loin des bastions du nord ? » avait même demandé Victor. Certes, les châteaux scylléens n’étaient pas aussi nombreux que ceux du nord, mais restaient de véritables places fortes. Il fallait bien avouer que les terres de Scylla ne jouissaient pas de la même paix sociale au sein de sa population, notamment dans l’arrière pays, où un climat de rébellion avait longtemps gardé les seigneurs et leurs chevaliers sur le qui-vive, sacrifiant même l’élégance langecine sur l’autel de la sécurité.

« La vie semble différente ici, il est vrai. Peut-être est-elle plus douce. (Coup d’œil du côté de la damoiselle du baron.) En tout cas, Scylla elle-même semble encore plus exotique que tous les autres pays du Langecin. Mais avec l’aide des seigneurs de ces terres, je compte bien comprendre et régner ici, par les Cinq. » Il se tourna alors vers Cyano des Isles, lequel hocha la tête. Aetius comptait user d’une politique de pardon dans ces ‘terres maudites’, prenant exemple ici du seigneur d’Helderion, le récemment fait Fergus de Hautval. Hubert, son conseiller, lui avait bien fait comprendre que la mort (fort suspecte) de l’ancienne comtesse, June des Isles, avait retourné les populations, qui tenaient à la jeune femme, en cela que c’était une femme et qu’elle était jeune et belle.
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Lun 2 Aoû 2010 - 7:37

« La vie semble différente ici, il est vrai. Peut-être est-elle plus douce. »

Plus douce hein? Le coup d'œil envieux qu'il jeta à Agniezka n'échappa pas à Viktor dont le regard s'assombrit légèrement. Tout régent qu'il était, ce gosse avait encore des progrès à faire en politique. Qu'est-ce qu'il n'avait pas comprit quant le baron avait présenté la jeune femme? Elle était la future baronne de Missède. Pas une simple demoiselle de la cour.

« En tout cas, Scylla elle-même semble encore plus exotique que tous les autres pays du Langecin. Mais avec l’aide des seigneurs de ces terres, je compte bien comprendre et régner ici, par les Cinq. »

L'attention du baron se détourna d'Aetius. Le régent fanfaronnait un peu trop à son goût.

Agniezka quant à elle eu un geste un peu brusque pour reposer sa tasse sur la table basse. Elle s'était certainement légèrement brûlée en voulant boire son thé trop vite. Le baron soupira. Il savait qu'elle aimait beaucoup ce thé qui provenait d'Ysari et pensais qu'elle allait prendre le temps de le savourer comme il se devait. Mais non. Elle avait voulut boire trop vite et du coup, elle s'était brûlée. Viktor s'approcha doucement d'elle.


« Fait donc attention, lui glissa-t-il à l'oreille. Tu sais que le thé est bouillant. »

Il reporta ensuite rapidement son attention sur Aetius.

« Cela ne fait aucun doute. Nul ne peu contester votre légitimité et je ne vois guère d'ailleurs qui pourrait vous fait obstacle. »

*Maintenant que vous avez fait assassiner l'ancienne comtesse.*

Il se retint de dire cette phrase à laquelle il avait pourtant pensé assez fort. Aetius était un idiot s'il pensait que son voisin était tout juste bon à se prélasser dans un palais et que se dont il lui avait fait part quelques minutes plus tôt était faux. C'était d'ailleurs sans doute plus véridique qu'un discourt très exagéré.

Mais passons.

Il y avait une chose que Viktor voulait demander à Aetius. Pour être honnête, l'invitation était pour une bonne partie pour cette question.

Doucement, il prit la main d'Agniezka. La jeune femme n'allait pas manquer d'avoir une certaine réaction lorsqu'elle aurait comprit se que Viktor tentait de faire. Ainsi, elle pourrait à loisir lui broyer les doigts pour que le comte ne remarque pas tout à fait à quel point cela la troublerait.


« Pour en revenir un instant au Nord. J'avais un amis qui m'avait raconter une bien sinistre histoire à propos de nobles qu'on aurait attaqué dans le but tout à fait clair de les tuer dans la province d'Oësgard. Les fait se seraient déroulé à peu prêt au moment du mariage du comte Gaucelm d'Odélian. Est-ce que vous en sauriez plus sur cette affaire? Vous étiez dans le Nord à ce moment. »
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Iseult Séraphin
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Mar 3 Aoû 2010 - 15:09

Le régent de Scylla et futur baron de cette contrée jeta un coup d'oeil en ma direction quand il fit mention d'un climat plus doux. N'ayant vu son regard, je ne compris pas qu'il parlait d'autre chose que de climat géographique. Venant de me brûler la langue avec mon thé, j'étais concentrée sur autre chose que ce jeu de regard.
Viktor ayant remarqué que je venais de me brûler à l'inverse du régent, s'approcha de moi pour me siffler mot à l'oreille. Il me demanda de faire attention. Je le regarda simplement en coin et d'un battement de paupières, je lui fit comprendre que « promis,je ferai plus attention. »

Depuis le temps que le baron de Missède m'avait prise sous son aile, il avait appris en plus de lire sur mes lèvres, à comprendre le langage de mes yeux. Bon, tout n'était pas encore parfait dans l'idéal et bien souvent il s'abstenait quand il n'était pas sur de comprendre mais sinon on pouvait communiquer sans avoir la barrière de la voix.
Je sentis la main de Viktor glisser sur la mienne puis ses doigts s'entremêler doucement aux miens. A cet instant je ne compris pas encore ses intentions. Viktor prit la parole pour revenir sur un sujet qu'il savait m'être douloureux.

A ses premiers mot quand il fit mention du Nord, mon sang se glaça. Même s'il avait encore rien dit, au fond de moi, je savais ce dont il allait faire mention. Je devins alors pâle et il put sentir dans sa paume ma main s'alourdir pour devenir poids mort. Afin d'atténuer la chose et de dissimuler l'identité du noble en question, il resta vague sur l'ami et parla de noble au pluriel.
Cela n'empêcha pas et ce loin de là de ne pas me sentir à mon aise. Je voulais quitter la pièce, je ne désirai pas entendre cette réponse. J'avais peur. Je lançai alors un regard désespéré à Viktor pour qu'il cesse ses questions mais en vain. Je le suppliais du regard alors que mes lèvres doucement se mouvaient dans ce silence coutumier.


Par pitié, je ne veux pas savoir, je ne veux pas souffrir encore...
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Lun 16 Aoû 2010 - 19:15

Savourant toujours l’hydromel (qui revenait bien en bouche, un vrai délice), il écouta les remontrances que fit le baron à sa dulcinée puis enchaîna sur une autre affaire du nord. Les meurtres entre nobles s’étaient multipliés. Il fallait bien avouer que la guerre civile avait été le prétexte parfait pour que toutes les familles règlent leurs comptes. Le phénomène s’était principalement niché dans le Berthildois et Serramire, où les grands vassaux du pays avaient tout simplement abandonné leur suzerain, profitant de leur disgrâce auprès du roi. Une fois la crise venue et l’autorité disparue, ils s’étaient combattu les uns les autres, accusant les uns de soutenir le roi, les autres de soutenir leur prince. Ainsi Aetius entendit de nombreuses rumeurs à propos de ces petits meurtres entre amis, et cet état de fait semblait avoir atteint les confins méridionaux du royaume, paisible spectateur de ces guerres privées.

Se redressant sur son siège, il hocha de la tête gravement, ce qui ne ressemblait pas à ce damoiseau souvent léger. Il avait été peiné par ces luttes fratricides. Non pas qu’il avait quoi que ce soit contre les guerres entre nobles, mais disons que certains moyens employés n’étaient guère digne des gentil-hommes, et plusieurs histoires entendues contaient la manière par laquelle une poignée de brigands avaient provoqué des bains de sang, tuant nobles dames et damoiselles sans défense.

« Hem. Oui, j’ai entendu beaucoup d’histoires par rapport aux crimes perpétré contre certaines bonnes familles, dans le nord, fit-il d’un ton embarrassé. S’adressant à un noble du sud, il adapta cependant sa réponse. Etant un homme du nord, il ne voulait pas accentuer la réputation de guerriers sanguinaires que les chevaliers septentrionaux enduraient dans les cours de Soltariel et du Langecin. Ce sont souvent les faits de brigands, et je ne puis affirmer que ces affaires ont eu pour objectif précis l’exécution de gentil-hommes. La dernière en date et sûrement la plus terrible qui me fut contée se déroula dans le château du sieur de Malvayson. Ce dernier combattait les brigands avec le gros de ses troupes lorsque d’autres lascars s’introduisirent dans sa maisonnée. Personne ne fut épargné, pas même la dame de Malvayson et ses deux filles, deux jeunes femmes sans défense, Isabelle et Mahaut. Le sieur de Malvayson mourut de chagrin, dit-on, mais peut-être les rumeurs grossissent un peu le trait et ce dernier s’évertue-t-il à reconstruire ce qui a été détruit cette nuit-là. »

Bien sûr, ce n’était que des on dit, bien que du fait de la proximité de sa troupe et de lui-même les informations glanées étaient encore assez précises et pas déformées par une dizaine d’hommes qui avaient vu l’homme qui avait vu l’ours. Aetius ne comprenait certes pas le pourquoi de cette demande, mais il s’interrogea lorsqu’il observa les réactions de la fiancée du baron. Pensant qu’elle avait de proches parentes dans le nord, il esquissa une moue navré et posa à son tour une question.

« Avez-vous une sœur ou une parent en Oësgard, damoiselle ? Peut-être pourrais-je vous indiquer sur leur condition, bien que je sois persuadé qu’elles aillent bien. Les dieux ne peuvent être assez cruels pour assombrir votre cœur par un malheur. »
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Iseult Séraphin
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Lun 16 Aoû 2010 - 20:19

A l'écoute de la réponse de Sir d'Ivrey dont Viktor ne fit rien pour que cela se fasse en privé entre eux deux. Je ne voulais pas savoir, je ne voulais pas me souvenir et là ils m'obligeaient à écouter. J'espérai que le régent n'ait rien à dire mais ce ne fut pas le cas car il acquiesça gravement de la tête avant de prendre la parole.
J'avais écouté le tout avec des yeux grands ouverts et horrifiés. Visiblement d'après ces dires, c'était choses courantes l'extermination des nobles après la guerre civile. Je ne savais si la famille dont il parla était la mienne mais j'eus un pincement au coeur. Ma main était tremblante et relevée se serrant sur le pendentif en forme de papillon que je portais.

La suite n'alla pas forcément dans le sens qu'aurait cru le régent ni même le baron. Car quand Aetius me demanda s'il s'agissait d'un parent ou d'une soeur, je devins encore plus pâle. Point besoin de répondre à sa question car sur l'instant même mes larmes se mirent à ruisseler sur mon visage. Torrent d'eau que je ne pus arrêter.
Je me levais du canapé où j'étais assise près de Viktor. J'étais vraiment très pâle. Je partis en direction de la porte sauf qu'à mi chemin, je défaillis. C'était trop pour une seule et même journée. Mes jambes et mon corps ne pouvaient en supporter plus. Je venais donc de me pâmer sur le tapis du salon avant même d'avoir atteint la porte.
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MessageSujet: Re: Sur l'invitation du baron   Lun 30 Aoû 2010 - 2:09

La discussion se déroulait tranquillement, du moins, avant que l’évanouissement de la fiancée du baron n’interrompe les conversations. La malheureuse, qui devait subir mille morts à entendre parler Aetius de ces sujets sur les nobles subissant les derniers ouvrages, ne tarda pas à se lever pour ne pas tarder non plus à tomber sur le tapis mou de la pièce. On ne pourrait pas parler, à cet instant, de panique, mais plutôt d’un léger malaise. Et puis, ne voyant pas la damoiselle se relever, on commença, dirons-nous, à paniquer. Aetius, diligent comme toujours, se leva d’un bond pour tomber à genou auprès de la fiancée.

« Damoiselle ? Allez-vous bien ? »

Aucune réponse, bien entendu. Enserrant son poignet, il commença à le tapoter, craignant que quelque démon ne soit entré en elle pour aspirer son âme (oui, à l’époque, nous n’avions pas la télévision, aussi les mœurs étaient des plus superstitieuses, notamment au sujet des démons buccaux avaleurs d’âmes, qui était une légende fort connue). Ne réagissant toujours pas aux tapotis du chevalier, celui-ci cria à ce qu’on fasse venir un médecin, un barbier ou un quelconque homme savant un peu versé dans la guérison. En même temps, il continuait à tapoter le poignet de la dame puis se pencha vers ses lèvres, pour sentir si le souffle de la jeune femme était toujours présent. Et il l’était ! Quelque peu rassuré, ce dernier persista dans ses appels, quoique de manière plus douce, comme on réveille une femme endormie.

« Damoiselle. »
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