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 La vallée de Mons [Arthur]

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Arthur
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MessageSujet: Re: La vallée de Mons [Arthur]   Sam 31 Juil 2010 - 13:41

C’est une histoire qui se répète, inlassablement, si bien que le conteur autant que son auditoire saurait prononcer par cœur chaque mot qui la compose, et si les échos des premières récitations se plaisent encore à être entendus, ils ne trouvent plus public pour apprécier l’œuvre.

________________


Ils étaient apparus à son regard, nombreux et animés d’intentions des plus malhonnêtes, alors qu’en contrebas, dans la vallée s’épanouissaient par centaine les bêtes que le seigneur leur confiait. Déjà le mois d’avant, ils avaient eu cette même prétention à faire valoir un droit quelconque sur les troupeaux qui paisiblement broutait les herbes verdoyantes de la vallée, mais les chevaliers, prévenus à temps, avaient su corriger les gredins, les renvoyant sur leurs maudites terres.
Mais un coup de pied au cul ne suffisait pas à ces satanés heldirois en quête de richesse à force de pillage chez leurs plus proches voisins ! Oh, il avait entendu, s’était même entretenu avec quelques éleveurs, et les mêmes histoires revenaient encore. Les raids de ces voleurs, de ces chiens d’Hautval.

Du haut de sa position, l’ami Randar, modeste et humble paysan, pouvait assister à la marche discrète de ces galeux montagnards, s’abritant à l’abri des regards alors que le jour était encore, leurs regards fixés sur les bêtes, véritable fortune sur pattes, et il se retira des plus silencieusement. Depuis que ces raids avaient repris, qu’ils étaient devenus plus fréquents, il était toujours au moins l’un des éleveurs pour se placer tel un guetteur sur sa tour de roc dans les hauteurs, anticipant la venue des étrangers hostiles et malfaisant.

Ainsi, avant que la nuit ne tombe, il était parvenu, à bout de souffle, jusqu’aux hautes murailles du Château de Montbrave, citadelle imposante reposant sur les flancs rocailleux d’une montagne, demeure de l’ordre de chevalerie au service du Seigneur de Mons.

________________


Dans l’immense salle à manger, nombreux chevaliers remplissaient leurs panses autour de longue tables de bois où étaient disposés de nombreux plateaux pour la plupart vidés de leurs contenus désormais ingurgités par les gaillards attablés. Au fond, légèrement surélevée par quelques marches se tenait plus courte, la table où siégeait les maîtres de l’ordre, leurs compagnes ainsi que quelques invités de marques venus jouir de l’hospitalité le temps de quelques jours.

C’est là que fut conduit l’humble Randar par l’un des gardes de la citadelle, qui le mena, traversant toute la pièce, sous les regards de certains chevaliers qui avaient daignés détourner leurs attentions des mets à leur disposition, au plus près du maître des lieux…

« Et bien, de quoi s’agit-il ? » Interrogea Sieur Roderik, maître de l’Ordre de Montbrave, chevalier à la cour de Mons, alors qu’il déposait dans son assiette les restes d’une cuisse de poulet désormais dénuée de ses chairs.

« Répète ce que tu m’as dis. » Invita le garde qui l’avait mené jusque là.

S’inclinant avec volonté, de peur d’offenser le noble guerrier dans une démarche trop vulgaire, presque pieusement, il garda le regard bas, n’osant croiser celui du chevalier, et répondit simplement.

« Monseigneur… J’ai vu de nombreux heldirois passer notre frontière voila quelques heures ! Des centaines monseigneur ! »

Pour toute réponse, il eut un haussement de sourcils et un soupir las, précédant tout de même un sourire amusé par ce qu’il venait d’apprendre.
Ah, ces heldirois, insupportable et irraisonnable, mais divertissant pour ceux qui se plaisaient à la guerre, comblant la relative monotonie des tournois et des joutes fort plaisante oui, mais jamais autant qu’une bonne bataille. Il se leva, claquant des mains pour attirer l’attention des siens.

« Mes amis… Ces coquins d’Helderion ont eu l’audace de revenir fouler notre belle terre, la dernière déculottée ne leur à pas retirer l’envie d’oser, semble t-il. » La mention du dernier affrontement fut accueillit par quelques rires s’estompant pour le laisser continuer. « Allons souhaiter la bienvenue à nos voisins qui nous visitent, qu’en dites-vous ? »

Et la chose reçue l’approbation générale de l’assemblée, enthousiaste à l’idée de faire preuve d’hospitalité envers ces têtus heldirois qui faisaient leurs plaisir en insistant encore, leur offrant prétexte à se battre. Il s’adressa ensuite au garde tandis que les chevaliers se levaient de table, allant se préparer à partir au plus tôt.

« Qu’on serve à cet homme un repas correct, il l’a bien mérité. »

Il acquiesça, invitant Randar à le suivre, car il était hors de question qu’il mange à la table des chevaliers, ainsi fut-il conduit à la salle à manger, bien plus modeste, des serviteurs où il lui fut servit ce qui apparaissait à ses yeux comme un copieux repas comme il n’en aurait pas souvent, c’était certain.

________________


Il fallut moins d’une demi-heure pour que rassembler devant le château se tiennent près d’une centaine de chevaliers en armes, parés pour le combat qui s’annonçait, et ils ne tardèrent pas à faire route, n’ayant pas le besoin de ménager leurs montures pour un chemin et une bataille qui serait sans nulle doute assez courte… Il fallait presser le pas.

________________


La nuit était tombée et les bêlements, l’agitation certes discrète avertissait de l’activité déjà commencée des voleurs venus pour le bétail. Un éclaireur à l’affût, dans l’obscurité estimait le nombre et la situation avant de s’en retourner vers son chef et faire rapport.

« Ils sont en train de rassembler le troupeau, monseigneur, et j’estime leur nombre à deux centaines. » termina t-il avant de regagner le rang avec en avoir reçu l’ordre.

« Il nous faut des prisonniers, et simplement les faire fuir, en évitant de perdre trop de bêtes, le seigneur n’apprécierait nullement de voir ses biens décimés de la sorte… Allez, et triomphez mes amis ! » adressa-t’il à ses chevaliers, avant un cri de chœur, approuvant ces mots avant que la charge ordonnée ne commence à avancer, apparaissant par les martèlements des sabots à l’attention des voleurs.

Les lances étaient en main pour les premières lignes, certains munis d’arcs courts, alors que la majorité tirait les épées de leurs fourreaux, masses d’armes et autres fléaux accompagnés de l’écu.
D’un cri d’un seul, ils se ruèrent sur leurs adversaires…
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Fergus d'Hautval
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MessageSujet: Re: La vallée de Mons [Arthur]   Sam 31 Juil 2010 - 15:16

- Aux armes ! Nous sommes trahis !

Le cri retentit dans la vallée comme un coup de tonnerre, se répétant en échos durant quelques minutes qui parurent à tous ici présents, une éternité, bientôt suivie d'un autre, plus sourd et plus lointain, comme une vague clameur accompagnée du martèlement caractéristique de sabot. Ni une, ni deux. Ce fut alors une bousculade, véritable Bérézina, défilade rapide d'ombres fuyantes devant la fessé promise de main experte par les nobles roublards de Mons. Car dans ce moment de confusion, les héldirois, jugeant par trop chaude la réception offerte par leurs voisins, décrétant qu'il vaut mieux devoir son salut à une prompte retraite que de subir la loi du vainqueur et qu'après tout, le talent s'exprime aussi dans l'art de courir le feu au fesses, retraitèrent jusqu'en haut de la crête.
Là, ils se formèrent en ligne de bataille, et presque au même instant la chevauchée ancenoise déboucha dans la vallée. L'obscurité et la nécessité de conserver de l'ordre dans une pente meuble, inégale et encombrée devaient présenter quelques difficultés ; c'était cependant de moins grands inconvénients pour les montagnards, d'après leur genre de vie, que pour toute autre troupe ; ils continuèrent donc leur chemin d'un pas ferme et rapide et le clan de Diarmad atteint rapidement la crête, naguère couverte d'une riche végétation ; mais où l'on avait enlevé tout ce qui était susceptible de gêner le pâturage des bovins, ne laissant qu'une grande pente où la vue n'était interceptée par aucun arbre ni aucun buisson.
Le reste des brigands suivait promptement quand on entendit les haros ancenois, ce qui fit prendre conscience que le retraite n'était plus possible, sinon de laisser le bétail. Et refusant d'abandonner leurs biens si chèrement acquis, les hurlements de leurs chefs leur rendant un peu de courage, les héldirois hâtèrent les dispositions pour le combat, qui furent très simple.
En haut de la crête, et pendant que quelques jeunes garçons s'échinaient à faire passer la frontière au bétail volé, les montagnards se rangèrent en bataille sur deux lignes ; la première était destiner à charger les chevaliers, la seconde à former la réserve.
Les deux lignes se portèrent en avant, la première se préparant au combat. Les clans dont elle était composée formaient chacun séparément une espèce de phalange, étroite par le front, et s'étendant sur sept ou huit rangs de profondeur, selon leur nombre ; les hommes mieux armés ou les plus nobles, car ces deux mots étaient synonymes, occupaient le front de ces subdivisions irrégulières ; les autres, placés derrière, les épaulaient en quelque sorte, ce qui communiquait une impulsion physique et une double ardeur à ceux qui devaient les premiers faire face au danger.

- Ah ! Il n'y en a pas tant que ça, hein ? s'exclama Escanant tout en défaisant la sangle qui maintenait sa grande épée en place et en tirant son énorme lame du fourreau qu'il avait dans le dos. Ils étaient plus nombreux à Diantra, tu ne crois pas ?

- Je pense, oui, sourit Bamart. Ce ne sera qu'une escarmouche en comparaison.

- Otez vos plaids, compagnons ! cria Diarmad qui se débarrassait du sien ; avant que le soleil ne paraisse sur la vallée nous aurons de la soie pour remplacer nos tartans !

Les hommes des clans se dépouillèrent de leurs plaids et préparèrent leurs armes ; il se fit un silence imposant d'environ trois minutes, durant lesquelles la chevalerie ancenoise entama l'ascension de la pente dans le seul silence des sabots de leurs montures.
Les montagnards, se découvrir la tête et prirent une attitude recueillie, récitant une courte prière à Néera, les yeux vers le ciel avant d'embrasser le sol dans l'attente que ce terrain serait celui de leur rencontre avec la mort.. Bhaltair sentit alors battre son cœur comme s'il eût voulu s'échapper de son sein. Le son des cornemuses vint augmenter encore son enthousiasme. Les instruments jouèrent leurs mélodies, et les clans fondirent sur les ancenois en colonne serrée, ils hâtèrent le pas et le murmure de leurs voix réunies se changea bientôt en sauvages clameurs.

- En avant ! Fils du clan Pecen, s'écria Diarmad en levant son bec de corbin, ou ceux du clan Redil verseront le premier sang !

Les montagnards bondirent telle une meute de bêtes féroces, fondants sur leur proies en poussant des hurlements sauvages. Les deux troupes se heurtèrent dans une explosion de fureur et de fer, chacun des adversaires chargeant pour couvrir les derniers mètres. Il y eut un énorme choc et les premiers rangs furent renversé pratiquement jusqu'au dernier. Un choc d'une telle violence que seuls les plus forts ou les plus chanceux pouvaient espérer y survivre.
On entendit alors une cacophonie de hurlements de douleurs et de haine et le choc sonore du fer forgé contre la maille rivetée.


Dernière édition par Fergus de Hautval le Ven 26 Nov 2010 - 1:58, édité 1 fois
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Arthur
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MessageSujet: Re: La vallée de Mons [Arthur]   Dim 1 Aoû 2010 - 14:42

Les échos d’un chaos guerrier retentissent dans la vallée de Mons, où le fracas des armes, les hurlements de rage, de douleur, d’agonie précédent le dernier souffle, animent la nuit qui jusqu’alors était demeurée paisible, silencieuse. Et dans les habitations voisines, à ce vacarme indescriptible se mêle les sanglots d’enfants réveillés brusquement, et l’agitation d’une vie s’animant à nouveau, ne comprenant pas le sens de ce tourment.

La première des charges fut la plus sévère, précédée de quelques flèches sifflant dans l’air, elle n’en fut pas moins dure, ôtant des vies. Des heldirois furent blessés, piétinés même par la charge des chevaliers, alors que d’autres parvenaient à frapper juste, atteignant quelques destriers, provoquant la chute d’ennemis qui continuèrent de se battre pieds à terre.
Ainsi, la bataille fit rage de longues minutes, à l’avantage de la cavalerie qui parvinrent non sans facilité à finalement entamer la conviction de l’ennemi heldirois qui optèrent pour une dispersion et un repli en règle quand ils prirent conscience que la situation et la victoire ne leur serait pas offerte cette nuit.
Et s’en fut terminé, ramenant un silence relatif dans la vallée de Mons où le sang avait coulé cette nuit, et tandis que l’intensité du combat retombait, qu’on faisait rapidement état de la situation du côté des chevaliers, il fut ordonné qu’une bonne partie de la troupe poursuive les voleurs, aussi loin qu’il serait possible, tandis que l’autre s’occuperait d’escorter la vingtaine de blessés heldirois, désormais prisonniers, jusqu’à Mons.

C’est ainsi qu’un cortège de chevaliers mené par Roderik, comportant également les blessés et ceux dont les montures avaient été tués lors de l’affrontement se détacha des six dizaines parti poursuivre les hommes en fuite, restant d’abord pour bander et s’occuper des blessures les plus graves, des leurs d’abord, puis des heldirois, qu’ils enchainèrent les uns aux autres en une longue file indienne cernée et accompagnée.
Un chevalier venu au niveau de Roderik, en tête du convoi fit rapport de la bataille qui venait d’avoir lieu.

« Monseigneur, nous avons perdu huit hommes, dix blessés et avons perdu plus d’une dizaine de montures, mortes ou bien dans la vallée… Quant à nos ennemis, nous estimons leurs pertes à un peu moins d’une trentaine d'hommes, et nous avons fait une vingtaine de prisonniers. »

« Essayez de savoir si nous tenons dans nos prises un des meneurs de cette troupe. »

« Bien monseigneur. »

Et tandis que le cortège continuait à avancer, le chevalier se laissa descendre jusqu’au niveau des prisonniers, demeurant à distance raisonnable et une fois vers le milieu de la chaîne humaine, s’adressa à tous.

« Heldirois… Y a-t-il ici un meneur et un responsable de cette attaque ? »

S’il ne croyait pas tellement en une réponse sur le coup, il prenait quand même la peine d’essayer, quoiqu’il ne pense pas ces hommes dotés d’assez de courage pour assumer leurs rangs et leurs actes malhonnêtes

L’autre partie de la troupe, parti poursuivre les heldirois parvinrent à en rattrapant certains, jusque dans les terres d’Helderion, et quand ils n’eurent plus la même facilité à les retrouver, trop enfoncés dans leurs domaines, ils firent demi-tour sans plus tarder, préférant le plus possible éviter un guet-apens avant de retrouver la sécurité de l’Ancenois.
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MessageSujet: Re: La vallée de Mons [Arthur]   Dim 1 Aoû 2010 - 18:38

Ce qui fut plus tard connus, avec dérision il faut l'admettre, comme la "bataille de Mons" ne figure pas dans les archives des temples. Elle ne fit pas un grand nombre de mort et n'occupa dans l'immédiat ni importance stratégique, ni enjeux politiques majeures. Tout au plus fut elle une escarmouche, mais qui fut mémorable pour ceux qui y prirent part.

Après une bataille qui dura tout au plus vingt minutes les survivants héldirois, voyant leurs chefs perdus et fait prisonniers, se débandèrent selon l'usage général des montagnards et s'enfuirent vers les collines voisines. Et tandis que la chevalerie de Mons se lançait à leur poursuite, les blessés et les prisonniers restant furent mis aux fers. Un petit groupe d'environ une centaine d'hommes, séparés du gros des troupes, réussit à traverser la frontière, poursuivis par une soixantaine de cavaliers, ils furent rattrapés et se dispersèrent sur la lande de Granish près du col de Rusk. Là, les cavaliers de Mons cessèrent enfin la poursuite et réunirent ceux des fuyards qu'ils n'avaient pas abattus et pu capturer vivant, avant de faire demi-tour sans plus tarder, préférant retrouver la sécurité de l'Ancenois.
Ce ne fut pas par pitié. Car la chevalerie est rarement généreuse avec ce qu'elle assimile aux coquins. Mais pour les habitants des autres duchés comme pour ceux d’Ancenis, Helderion était une région reculée et déplaisante, peuplée de barbares qui parle une langue obscure, s’habillent de peaux de bêtes par-dessus leurs armures ou de bouts de chiffons bariolés et assimilent l’honneur au vol de bétail et au meurtre. Appliquer la loi normalement dans les montagnes était irréalisable – le tenter était même alors considéré comme aventureux. Comprenez qu'il faut une certaine dose de courage et de pouvoir plus grande que les hommes n’en possèdent d’ordinaire pour arrêter un coupable ou un débiteur au milieu de son clan. Et que le pays de montagne abrite généralement la race la plus ancienne parce que les conquérants n’y peuvent guère y pénétrer, exposés qu’ils sont aux coups de main et embuscades dans les gorges et défilés qui en commandent l’accès. Chaque hauteur est une forteresse propice aux défenseurs et si les assaillants parviennent à forcer un passage ou à emporter un sommet, ils ont seulement gagné un peu de terrain, car l’adversaire a déjà fui et pris possession du plus proche repaire et ils en sont réduits à scruter les flancs de la montagne pour y découvrir la trace des fuyards, ou à éprouver la fermeté du sol du marécage avant de s’y aventurer. Au surplus, les montagnards escaladent et dévalent les pentes avec une agilité toute particulière, qui n’est ni force, ni courage, mais le résultat d’une longue pratique.

Enfin, le cortège des blessés et des prisonniers se mit en marche. Diarmad se retrouva allant à pied, sa main gauche, dans la crainte sans doute qu'elle ne s'égarât, passée dans une menotte, comme on appelait cela, tandis que la main droite du pauvre Domnhal était passée dans l'autre menotte jointe à la sienne par une chaîne ; et ils cheminaient ainsi avec une vingtaine d'autres environ, fers aux pieds, accompagnés d'une garde de fermiers aux ordres d'un sergent, et de deux files de chevaliers, pour les tenir tranquilles et animer un peu leur marche supposa-t-il, alors qu'il allait pieds nus. Il semblait en effet qu'il ait été très gêné par l'usage de "la seule paire de souliers de la troupe" et avant de dévaler la pente, il s'était s'assit sur le bord du chemin et s'était débarrassée de cet encombrant équipement. Mais si cette manière de voyager n'avait rien d'agréable, le but du voyage, lui, l'était encore moins, il en était convaincu. Et tandis que le cortège continuait à avancer, un chevalier se laissa descendre jusqu’au niveau des prisonniers, demeurant à distance raisonnable et une fois vers le milieu de la chaîne humaine, s’adressa à tous.

« Heldirois… Y a-t-il ici un meneur et un responsable de cette attaque ? »

Diarmad le regarda d'un air calme et déclara avec le ton le plus insinuant qu'il put prendre et un sourire qui fit découvrir une rangée de dents blanches.

« Hé ! Je ne crois pas l'ami, que ce soit nous qui ayons gravis la pente à dos de canasson, avec l'intention de vous fracasser le crâne à coup d'épée. Cela m'avait tout l'air d'une charge, de là où j'étais perché. Si vous parlez d'attaque, ce n'est pas nous qu'il faut blâmer, nous ne faisions que gagner notre pain. »

« Voilà ces beaux chevaliers hâbleurs, s'écria vivement un autre, qui courraient si vite à Diantra avant que nous en eussions tué seulement une douzaine : ils ont l'air assez vaillant aujourd'hui ! » provoquant les rires de certains de ses compagnons et l'ire des geôliers, qui lui firent aussitôt chanter d'un autre air à coup de bâton.
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MessageSujet: Re: La vallée de Mons [Arthur]   Dim 1 Aoû 2010 - 19:12

Et c’est alors que les heldirois parvinrent à le surprendre, à leur manière. Alors qu’il n’attendait aucune réponse, certains pourtant prirent la décision de prendre la parole, non pour lui répondre, mais pour lui offrir sa manière de voir les choses, et il eut un sourire. Il devait lui donner raison, les assaillants, ça avait été eux… C’est vrai qu’en effet, l’initiative de l’attaque avait été ancenoise, aussi répondit-il d’abord, avec un léger sourire.

« Oh, pardonnez-moi cette confusion, il est vrai que vous n’êtes que quelques gredins des plus maladroits, vous supposez capable de conduire une attaque… Quel idiot je fais… La jeunesse dira-t-on. »

Car jeune il était, chevalier depuis quelques années, anciennement l’écuyer du maître de l’ordre, aujourd’hui attaché à son service bien plus qu’à celui du seigneur de Mons. Il ignora les remarques et les rires d’un imbécile et se concentra sur celui qui avait prit la parole le premier, qu’il considèrerait pour l’heure comme son interlocuteur, en attendant qu’il se dégage peut-être un véritable porte-parole qui pourra parler en leur nom à tous.

« Vous ne serez donc accusés que d’avoir voulu voler les bêtes de Monseigneur Richard de Mons, comme vos précédents camarades, il y a de cela un mois. »

Référence à la tentative avortée, dont l’homme présent faisait peut-être déjà parti, il l’ignorait.

« Mais tu ne m’as pas répondu, heldirois… Y a-t-il ici un homme pour représenter les autres, ou bien, et ça ne serait pas là une surprise, ont-ils été lâche et sont partis les premiers, la queue entre les jambes ? »

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MessageSujet: Re: La vallée de Mons [Arthur]   Lun 2 Aoû 2010 - 3:22

Le chevalier ancenois écouta ses paroles avec attention et lui rendit son sourire, usant de quelques sarcasmes propres à faire s'emporter le jeune héldirois, et ainsi lui délier la langue.

« Oh, pardonnez-moi cette confusion, il est vrai que vous n’êtes que quelques gredins des plus maladroits, vous supposez capable de conduire une attaque… Quel idiot je fais… La jeunesse dira-t-on. »

« Des gredins ? Baste ! Nous en sommes, c'est évident, répliqua admirablement Diarmad toujours en souriant, visiblement ravis de ce qu'il voyait comme un compliment. Par les dieux, nous sommes même connus pour ça ! De nouveaux rires éclatèrent parmi les prisonniers. Quand à notre maladresse supposée, j'accepterai volontiers vos excuses monsieur. Et mettrait cela sur le compte de votre jeunesse - bien que vous n'ayez pas l'air beaucoup plus jeune que moi - car c'est bien mal nous connaitre, quand nous avons fait trembler la moitié du royaume. »

L'ancenois sembla alors ignorer les remarques et les rires de ses compagnons pour ne s'intéresser qu'à lui, qu’il semblait avoir prit pour le moment comme son interlocuteur officiel.

« Vous ne serez donc accusés que d’avoir voulu voler les bêtes de Monseigneur Richard de Mons, comme vos précédents camarades, il y a de cela un mois. »

Le jeune héldirois n'avait pas participer en personne à ce précédent raid, mais peu importait, il n'en était pas à son premier dans les frontières ancenoises. Détail qu'il se garda pourtant bien d'exposer. Il préféra ralentir l'allure et regarda attentivement son interlocuteur dans les yeux, comme voulant rectifier le tir à ce qu'il considérait comme un juste point d'honneur.

« Apprenez, pauvre ignorant, que celui qui enlève la vache d'une pauvre veuve, le bœuf d'un paysan, est un voleur ; mais celui qui enlève un troupeau à un laird sassenach est un gentilhomme bouvier. Et d'ailleurs prendre un arbre dans une forêt, un saumon dans la rivière, un daim sur la montagne ou une vache dans un vallon des basses terres n'a jamais été pour un héldirois une action dont il doive rougir. »

« Mais tu ne m’as pas répondu, heldirois… Y a-t-il ici un homme pour représenter les autres, ou bien, et ça ne serait pas là une surprise, ont-ils été lâche et sont partis les premiers, la queue entre les jambes ? »

Cette fois, Diarmad afficha un sourire de dédain devant la provocation de l'ancenois, se doutant qu'il s'agissait là d'un stratagème pour obtenir une réponse. Il se contenta de faire cette réponse indirecte au chevalier :

« Il est vrai que j'ai des droits à l'amour et à la fidélité d'un certain nombre de ces gens. Que je peux prétendre à une noble lignée ; à la parenté éloignée de Caber feidh, que vous autres, dans vos basses terres, connaissez sous le nom de Bois-de-cerf. Et que ma bonne naissance, la bonne éducation que j'ai reçus, ainsi que les séjours que j'ai fait en Olyssean et à Hautval, m'ont donner une culture supérieure à celle de mes pairs dans ma vallée natale. Et comme tu le vois, ancenois, je ne suis pas parti le premier la queue entre les jambes. »

Ce qui pouvait se traduire par : "je suis noble et certains de ces gens sont à mon service." Et il est vrai qu'un œil avertit se serait aperçut qu'une partie des prisonniers portaient un tartan avec les carreaux et la couleur qui les distinguait des autres clans ; coutume ancienne dans les montagnes, et à laquelle tenaient encore les chefs, fiers de leur origine et jaloux de leur rang et de leur autorité respective. Dans le cas présent, une douzaine d'homme arboraient celui du clan Parson. Un peu moins d'une dizaine affichaient celui du clan Cam-shròn et le reste, n'était qu'un ramassis de catarans, des bandits des montagnes, parias des clans, qui se joignaient régulièrement aux raids par delà la frontière.

« Quand à notre prétendue lâcheté, eh bien, je n'ai jamais eu beaucoup de goût pour ces charges de cavalerie, que vous autres dans le sud affectionnez tant, mais je suppose qu'il faut un certain courage pour charger des destriers au triple galop, comme nous l'avons fait tantôt. Et si vous en doutez toujours, ma foi, je n'aurai rien d'autre alors à vous demander, sinon qu'on m'ôte mes fers, que de me rendre ma claymore et qu'on me permette de m'approcher de vous pendant deux minutes. L'insolent montagnard se fendit d'un sourire indolent en exhibant les fers qui l'enchaînait. Voyez vous-même, quel hommage on rend à la force et au courage des héldirois. On nous tiens enchainés comme des bêtes féroces jusqu'à paralyser nos jambes par l'étreinte de ces fers ; et maintenant vous nous faites garder par une trentaine d'hommes armés et montés, de peur que nous ne prenions votre château d'assaut. »
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