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 Où l'on se découvre une parente | Agniezka

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Hans
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MessageSujet: Où l'on se découvre une parente | Agniezka   Sam 18 Sep 2010 - 12:39

    Anseric avait chevauché léger, bien qu'alourdi par le poids de cinq mille écus. Ah, ventredieu, l'homme était ravi en admiration, devant les événements récents. Il avait, quelques heures plus tôt, soutiré à son beau-cousin, le baron de Missède, cinq milles piécettes, afin de reprendre des bijoux laissés chez un usurier. Évidemment, cette histoire de gage était une belle menterie. L'Arétria s'était bien gardé de confier les convoitées parures à un Scylléen.
    Ah, ces pierreries, que ne valaient elles ! Non pas pécunièrement, mais en sens ; l'une d'entre elle changeait une gueuse en noble. La Dame Agniezka, ramassée sur le bord de route par le Missédois, s'avérait être une dame issue de Serramire, et qui sait, un héritière potentielle. Et le poudré de Missède d'attendre ses bijoux, qui conférerait à son mariage une sature ducale ! Le ladre n'avait point été aimable avec Anseric, diable, il devait bien s'en repentir ! À l'idée de son coquin de parent, seul dans un bal, guettant sa haute carcasse, l'Alcide eut un rire tonitruant. En tout Goupil qu'il était, l'homme s'était bien joué de son parent. Il emportait ses parures, son or, et se rendait voir sa promise. Un gentil prêtre de Nééra les avait gracieusement renseigné à l'endroit de la dernière, en ces temps où la magie n'était guère mise à mal. Puis un autre, et un troisième. Ainsi, de chapelles en chapelles, on approchait la dame recherchée.
    Cette quête échoua sur les rives du lac d'Afayel, en Missède. Le soleil se levait. Les gens étaient tous fourbus, et c'était la troisième fois qu'on changeait de montures. Partis il y a deux jours, dans l'après midi, la troupe arétriane avait fait en quelques sept heures de moins, ce qu'avait fait la litière missédoise.
    Une menue bâtisse se dressait sur la berge. La maison seigneuriale, bellement cheffée des armoiries missédoise, était toute agitée, et dans la court, on s'affairait à couvrir une litière. Sacrebleu, la dame ne devait être là que depuis une heure, rien de moins ! C'était belle aubaine ; sa garde n'en voudrait guère que dormir.
    Avisant un page aux airs faméliques, le colosse demanda à voir le seigneur du manoir. On l'aiguilla sur un nobliau, un gaillard portant la livrée de son seigneur, aux bottes toutes crottées, et à la face patibulaire. Ce n'était guère un grand vassal, tout juste un petit chastelain. Il avait des airs de reitre mal formé, mais l'attitude du vieux vétéran ; c'était un homme de guerre, rien de moins. Un garde méritant, un sergent à la trogne bourrue, et à la cervelle habile.
    La brave brute, ayant été moultement sermonnée par son maître avant de se lancer dans cette entreprise, eut quelque réticence à laisser l'Arétrian s'installer dans l'hôtellerie, mais las, il devait y convenir. On ne coupait point à la convenance, d'autant plus face à un grand du royaume.
    Installés dans l'aile droit du manoir, les hommes liges ne savaient guère quoi attendre de leur seigneur. Celui-ci cogitait depuis quelques minutes, et les rouages de son cerveau s'agitaient bellement. Peu après, il envoya, sous quelques prétextes fallacieux, ses hommes renarder dans la bâtisse. C'était ici pour chercher du sel, là des draps, ou encore ici pour trouver aller à la selle. Tant de prétextes douteux, qui permirent bien vite au Comte de repérer la mess, et la chambrine de la dame. S'essayant à son tour à l'errance, le gaillard voulu en éprouvée l'entrée. Deux sergents d'armes l'en détournèrent, invoquant la sacro-saint Ordre du baron.
    On allait point donner la charge sur cette porte, aussi rusa-t-on. Dans cette nuit de veille d'éclipse, la coterie arétriane s'affaira bien. Les pages houspillaient les histrions, les écuyers faisait moult rixe avec les valets, et les chevaliers jouaient argent avec les gardes. Les histrions et les valets vinrent guérir les gardes, qui, trop heureux de laisser un jeu arétrian inconnu et déficitaire, accouraient pour régler aux différends entre hôte et invités. Et le comte, accompagné de quelques hommes liges, n'avait plus comme obstacle que deux argousins, dits "de la Bibliothèque", pour le séparer de sa cousine. C'est dires qu'ils furent tant frappés, qu'ils s'en pâmèrent, aussi les ligota-t-on prestement, tandis que de la court montait une clameur, à mesure que les querelles ne se résolvaient point.
    Dans toute cette agitation régnante, autour de pâmés que l'on cachait dans des coffres, Anseric poussa la porte, et s'inclina quelques mètres au devant de sa cousine.
    « Ma mie, je viens devers vous portant trésor monétaire, commença-t-il, sortant de son aumônière les parures de la belle, ainsi que trésor d'esprit, ma chère Iseult, ma chère cousine de Serramire. »

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Iseult Séraphin
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MessageSujet: Re: Où l'on se découvre une parente | Agniezka   Sam 18 Sep 2010 - 14:24

Cela faisait à peine une heure que j'étais arrivée dans le manoir que déjà dehors du bruit se fit entendre. Des paroles rien de plus mais sur cet entre fait, on me cloitra dans ma chambre le temps que ces hôtes impromptus ne quittent les lieux.
Je passai donc ma journée ainsi à l'abri des regards, enfermée dans une chambre gardée par deux hommes en armes ayant pour ordre de ne laisser passer personne. Dans l'après midi, on vint m'apporter mes malles. Nane commença alors à les ouvrir et à ranger mes vêtements dans la penderie.

Le soir arriva. On m'apporta à dîner dans la chambre. Il était hors de question que je sorte étant donné que ces hommes étaient toujours là. J'ignorai qui était cet invité et Nane ne me dit rien. Soupant dans le silence le plus total, on me desservit ensuite pour me laisser aux bons soins de Nane.
Il se faisait tard. M'aidant à revêtir ma tenue de nuit, elle coiffa ensuite ma longue chevelure châtain avant de me laisser seule. Sortant de la chambre, la nourrice ne prit pas garde à l'absence des gardes et s'en retourna dans le quartier des domestiques.

Enfilant alors une robe de chambre, j'ouvris la fenêtre, pour laisser l'air pénétré la pièce et pour observer cette lune qui montait dans ce ciel sans nuage où scintillait des milliers d'étoiles. Je faisais face à ce paysage nocturne qui se dévoilait devant mes yeux quand la porte s'ouvrit. Je ne réagis pas passant qu'il s'agissait de Nane qui revenait.
Mais ce ne fut pas le cas. Une fois d'homme retentit alors me faisant sursauter. Me retournant prestement, j'eus un regard affolé. L'homme s'était incliné respectueusement aussi je ne vis pas de suite qu'il s'agissait de mon dernier partenaire de danse: le comte d'Arétrian.

Quand il se releva, je fus plus que surprise. Il confessa être venu me rapporter mes biens, mes bijoux. Je fus étonnée car je ne pensais pas que le baron l'aurait laissé faire au vue de sa colère. Il sortit alors de son aumônière mon bracelet. Moi qui pensais qu'il était perdu à jamais, je fus soulagée de le revoir.
Inclinant la tête, je remerciais le comte pour son geste. Ce bracelet était l'un de mes seuls biens. Il me rattachait à un passé qui me fut volé il y a peu et dont je n'ai aucun souvenir. Mais la suite fut des moins banales car le colosse m'appela Iseult, sa cousine de Serramire.

Serramire était la région dans laquelle je fus trouvée par les elfes. Que les Cinq les en remercient de cet acte si charitable. Car si je suis vivante et non morte dévorée par des animaux sauvages c'est bien grâce à leur aide. Néanmoins ce prénom Iseult résonna dans mon esprit comme les cloches d'un temple.
C'est alors que mes mains se mirent à trembler. J'entendis dans ma tête une voix lointaine et inconnue qui pourtant me semblait si familière. Portant, alors mes mains sur mes oreilles comme pour ne pas écouter ce que cette voix avait à me dire je secouais la tête alors que des larmes venaient à couler le long de mes joues.


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Hans
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MessageSujet: Re: Où l'on se découvre une parente | Agniezka   Sam 18 Sep 2010 - 16:59

    C'était là bien drôle de manière d'accueillir si bonnes nouvelles ! Se voir déclarer de sang ducal, alors que l'on n'était rien, et se voir pourvue d'un bon cousin, alors que l'on n'en avait point, voila des choses qui doivent arracher des sourires à n'importe quelle femme ! La bougresse accédait à un haut lignage, se découvrait un véritable nom, et en épanchait moultes larmes...
    « Eh bien, ma cousine ! Une dame comme vous ne pleure point ! Je n'ai point chevauché sur vos traces deux jours durant pour recueillir des larmes, allons ! »
    L'homme riait intérieurement. Si face à ce qui aurait transporté de joie toute jouvencelle, la missédoise s'effondrait, la suite n'en serait que plus aisée. L'Arétrian était déjà derrière elle, et lui passait au cou une joyau d'orfèvrerie, une véritable cascade de pierreries. Le brave lui prodiguait force attention, comme une nourrisse en aurait fait pour calmer un bambin. Usant savamment de sa force, l'Alcide prodiguait ce que les femmes attendaient d'un pareil corps : qu'il soit doux mais ferme. Cette brute cousue dans la peau d'un gentilhomme avait ainsi fait chavirer nombre de pucelles ; aujourd'hui, il n'en voulait que réconforter une.
    La voila calmée, l'autre reprend donc. Une se lève, ses paroles coulent dès à présent comme un flot ininterrompu. Il douche les envie, il noie l'adversité. Son corps n'est que le prolongement de ce déversement de paroles : il est là, énergique, allant, venant, battant l'air des masses d'armes lui faisant office de poings.
    « Vous voir ainsi de si belle complexion m'est bien aise, ma cousine ! Votre époux me déplait bien, ce pendard ! Voyez vous, je vais ce tantôt devers lui, demande votre audience, et le coquin me la refuse, à moi ! comme si c'eut été un méchant tire-laine, souhaitant vous détrousser.
    « Ah, vous me voyez bien mécontent ! Le Missédois s'est joué de moi, en vérité ! Ah, ce moribond famélique devait souffrir de vous voir tant courtisée, aussi vous a-t-il écarté des fêtes ! Continua Anseric, sur un ton de révolte. Mais apprenez lui donc ! Faites moultes réjouissances, et que le coquin, quand il montrera sa vilaine tête, en soit bien marri ! Voila pour faire bombance, ma cousine ! »
    Ainsi ponctua-t-il sa diatribe en laissant choisir à même le sol une bourse. Il y avait là dedans deux cents écus, issus tout droit de la cassette de Viktor, et qui irait derechef dans celle de sa femme.
    « Oncques dame comme vous ne peut vivre dans si piètre pièce, reprit il, avisant la nudité des murs, et la fraicheur de l'endroit, c'est demeure de vilain aquelle vous assigne votre époux ! »
    Et cent écus supplémentaires de tomber.
    « S'il vous a aidé hier, il spolie aujourd'hui, je m'en porte garant, ma cousine ! Hélas, ô combien hélas, votre valetaille mis en mon entendement vos fâcheuses mésaventures, et de l'horreur qu'ils dépeignaient avec emphase, je garde souvenance. Je suis votre cousin, et je tiens à vous, ma mie, vos outrages ne seront points impunis !
    « Les pendards qui vous ont mutilé - oui, oui, je sais cela, aussi. Ah, c'est peine ! - se feront du mauvais sang, je le gage sur mon honneur ! C'est bien triste vilénie, ma cousine, que le roi ait honni notre sang ! Fus-je bien gardé de la vindicte de ces reîtres aux se prenant pour quelque justicieux, que vous n'en étiez que plus leur proie ! Ah, c'est pitié que je ne fussoit point là, car en vérité, mes terres n'étaient point loin du drame, et j'en eus les échos, de par le pays. C'est tout autant lacrimable que je ne vous trouvasse point, au lieu de ces elfes - oui, le bon sergent m'en a aussi parlé. Ah, corbleu !
    « Que la malemort me foudroie, mais une doute insidieux s'instille en mon entendement, ma cousine... Votre époux vous a-t-il déjà dit, ce qu'il faisait, lorsqu'il vous a recueillie chez ces elfes ?
    C'était là le tournant de son action. Auparavant, dès qu'il eut su que cette fille était sa cousine, Anseric avait envoyé ses gens enquêter. On avait demandé à la garde ce qu'elle savait, aux valets ce qu'ils pensaient, et aux caméristes, les rumeurs qui trainaient. On avait présenté Monsieur le comte comme un ami de Monsieur le baron. Les deux ne s'étaient ils pas entretenus ? L'un n'avait il pas offert sa confiance à l'autre ? À Ysari comme en Afayel, le travail d'intelligence s'était fait diligemment.
    Un petit silence planait. On n'entendait que de loin les vivats des querelleurs. Anseric espéraient ardemment que sa cousine vinsse à douter de son promis.
    « Toujours ce bon sergent, dont j'ai omis le nom, me raconta comment il fut semé par son maître, et comment il le vit revenir de vous chargé, après avoir vu des elfes... C'était à Allona, mais vous savez que les deux hommes ne s'aiment guère. Ou ne le savez vous point ? Au bal, les deux se sont vivement molestés - je sais, je sais, c'est pitié, mais ne pleurez point. Les deux hommes ne s'entendent guère, nous en convenons aisément.
    « Ma mie, je... vous demeuriez être une dame honorable, je n'ose pas imaginer le contraire... Les coquins qui ont fait pillerie dans votre demeure, l'ont fait pour châtier du séraphin, et pour l'auri sacra fames, à n'en point douter. Mais que ne vous auraient ils laissés pendue, brûlée, ou écorchée vive, si ce fut le cas ? Je sais, je sais, c'est bien méchante parole... Ces gens là sont des monstres, et seront bellement châtiés.
    « Vous avez été mutilée de façon bien singulière... À ce que mon physicien m'a dit. Je ne suis point instruit en ces sciences, et les méchants qui vous ont fait cela ne le sont non plus ! Ces bélitres violent, battent à mort, et noient - non, ma cousine, séchez ces larmes...
    « Notre sang remonte aux grands ducs, avant la déchéance de Merwyn... Je suis un Rochepont, et vous vous êtes détournée de la lignée ducale... En vous arrachant de force, et en vous épousant, un homme pourrait bien lorgner Serramire, m'est à vis... Ou ne serais-ce qu'y trouver des partisans...
    Anseric était de ceux qui usent des faits pour trouver leur vérité ; il avait, au court des heures, échafaudé l'idée que ce fut Viktor qui ait donné l'assaut sur Iseult, et aucun élément n'était venu contredire cela.
    « En vous mutilant ainsi, et en vous mariant de force... Hélas, ces elfes et cette amnésie n'ont fait qu'épaissir les méandres de votre esprit, ma cousine, et cela pourra vous sembler être une idée sacrilège, mais sachez que je pense, commença-t-il, avant de laisser sa voix en suspens... Je pense que votre promis a donné l'assaut sur votre manoir, vous a fait mutiler pour vous rendre coite, et souhaite vous épouser à des fins politiques. »
    Terminant ainsi cette logorrhée, l'Alcide tendaient déjà son épaule à la dame.


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Iseult Séraphin
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MessageSujet: Re: Où l'on se découvre une parente | Agniezka   Sam 18 Sep 2010 - 18:48

Alors que je fondais en larmes et que je ne pouvais croire cette nouvelle, mon cousin tenta de me réconforter. Il est vrai qu'il sied mal à une demoiselle que de pleurer en public, même si ce dit public n'était constitué que d'une seule personne et de sa famille, de son sang qui plus est.
Alors que je relevais doucement la tête en séchant les larmes sur mes joues du revers de la main, Anseric se plaça dans mon dos et accrocha à mon cou mon collier. A cette preuve de délicatesse, je me retournai et me laissai tomber à genoux devant lui. Lui prenant délicatement la main, j'y déposai mes lèvres en guise de remerciement. Il ne fallait voir en ce geste rien d'autre qu'un gage de remerciement.

Le comte reprit la parole et parla de mon époux. Oh s'il savait... Le baron n'était point mon époux et la chose était plus que compromise à cause d'un acte insouciant que j'avais eu le malheur de faire. Je l'avais trahi mais pour le moment la chose n'était point connue de quiconque hormis de cet amant d'un soir et du baron.
Quand il annonça qu'il n'aimait point Viktor et que celui ci lui avait refusé une entrevue avec moi, un éclair de tristesse se dessina sur mon visage et une moue se fit voir. Il est vrai que cela était fâcheux. Mais alors comment mon cousin avait il fait pour me retrouver? Le baron n'allait pas apprécier...

Anseric laissa alors choir une bourse contenant une forte somme d'argent mais cela ne servit en rien à apaiser ma peine. Le comte parut offusqué par le lieu où je me trouvais et par conséquence lâcha encore une somme coquette. Le comte d'Arétria reprit alors sa diatribe envers Viktor. Il me fit d'ailleurs serment de châtier ceux qui avaient attenté à mes jours.
Le fait qu'il fasse mention à ce passé douloureux, la chose qui me hantait me faisait affreusement souffrir. Je n'écoutais plus qu'à moitié ses paroles quand je sortis de mes pensées par la question qu'il me posa. J'affirmai alors simplement de la tête sur le fait que je savais ce qui avait amené Viktor dans le nord du pays.


Ce fut pour le mariage du comte d'Odélian il me semble...

Mes lèvres remuèrent mais restèrent l'écrin de cette voix que nul n'avait entendue. Aussi si je ne faisais pas face à mon cousin, il n'aurait pu voir que je tentais de lui dire quelque chose. Je doute qu'il m'ait comprise mais par politesse je lui avais répondu un peu plus qu'un simple hochement de tête.
La suite des paroles du comte continua. Il fit mention de l'altercation entre Viktor et le régent d'Alonna mais j'étais déjà au courant de ce fait pour l'avoir vu sans en connaître les protagonistes et pour avoir entendu la confession et les excuses de l'épouse du régent quant à la conduite de son mari.

Alors qu'il continuait à parler, il fit mention de Seraphin. Etait ce le nom de ma famille? Il semblerait bien que oui. Je pus alors m'estimer heureuse en l'écoutant d'être encore en vie. Je devins livide à l'annonce des autres sorts qui auraient pu m'attendre si on ne m'avait pas laissée pour morte en croyant que le temps ferait le reste.
Mes jambes flagellaient sous mon corps, comme si j'allais me pâmer. Son discours n'était pas pour autant fini et le pire à entendre n'était point encore venu. Il pensait qu'en me prenant ma vie et mes souvenirs et qu'en me faisant épouser de force, un quelconque malin voulait s'octroyer ce qui fut jadis à ma famille.

La sentence tomba sur l'identité du potentiel coupable. Le comte voyait en la personne du baron de Missède, le coupable à mes maux. A cette annonce, je palis encore plus avant de me pâmer. Cette pensée eut l'effet d'un couperet. Je ne m'attendais guère à cela et ma sensibilité fut heurté bien assez violemment au cours de cette soirée qui commençait à peine.
Ce fut justement à cet instant que la porte de la chambre s'ouvrit dans un grincement sonore avant d'entendre choir au sol et se briser à terre un service à thé en porcelaine. C'était Nane qui avait eu la gentillesse et la délicatesse de me monter de la tisane afin de m'aider à dormir. Mais elle tomba sur ce spectacle où elle me vit évanouie et un homme à mes côtés. Ni une ni deux, pensant que l'homme m'attaquait, Nane donna l'alerte séance tenante.
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Où l'on se découvre une parente | Agniezka   Lun 20 Sep 2010 - 20:22

[HRP: Post en tant qu'Entité de Missède.]

Mais quel désordre par les Cinq.

Les gens du seigneur Anseric avaient mit une sacrée pagaille dans le manoir. La petite dispute était en train de tourner à la bataille rangée.

Comprenant que de toute façon il ne pourrait en aucun cas avoir l'avantage en cas de problème avec les Aetrians si les choses venaient à tourner mal, le chef de la troupe que Viktor avait placé pour surveiller Agniezka avait discrètement envoyé un messager à la garnison d'Ybaen. Au moment ou le fourbe de comte avait mis en place avec ses vassaux son plan, plus d'une centaine de cavaliers avaient fait route en direction des bois avoisinant le manoir, prêt à intervenir en cas de nécessite.

Pourquoi une telle mobilisation?

Premièrement parce que c'était un officier de la Garde de la Bibliothèque qui l'avait demandé. Deuxièmement, parce que si la Garde de la Bibliothèque exigeait quelque chose, c'était comme si le baron parlait à travers eux. Et troisièmement, la situation était véritablement pourrie. Non mais il croyait quoi cet Aetrian? Qu'on allait gober que pour rentrer chez lui il fallait qu'il passe par le lac Afayel?

Il ne pouvait pas être ici par hasard. Se n'était pas possible. A moins de chercher précisément le manoir, on ne le trouvait pas. Et puis, n'importe quel débile pouvait parfaitement le comprendre. Il avait presque traversé la baronnie dans toute sa largeur rien que pour venir échouer ici. Sans sa suite complète. Sans son équipage, les nobles qui l'accompagnaient. Juste avec ses soldats.

Non mais vraiment. Il fallait être le dernier des crétins pour gober un truc pareil.

Malheureusement pour les Aetrians et malgré le peu d'estime que le comte avait pour Viktor, les officiers Missédiens qui tenaient la garnison d'Ybaen n'était pas aussi stupide. Le comte était venu ici pour une raison bien précise. Hors, la seule chose qui se trouvait au manoir, s'était la promise du baron qu'il était interdit d'approcher pour quiconque de l'exterieur.

À quelques minutes de là, caché du regard des Aetrian par l'épaisse foret qui entourait le manoir se tenaient donc un total de cent cinquante cavaliers prêt à intervenir en quelques minutes.

Mais le chef de la garnison hésitait à les faire intervenir. On apostrophait et on se tapait un peu dessus. Mais rien d'autre. Non, vraiment rien. Et puis, les quelques gardes maintenaient encore les plus virulent à distance.

Alors à quoi bon faire intervenir tout ces hommes pour une simple bagarre qui venait d'éclater?

Bon, dans tout les cas, un cavalier était prêt à partir. Il avait fait confiance aux Aetrians et prit cet homme qui, plus mobile, faisait des allé et retour devant la chambre de la prisonnière.

Enfin.

Les questions de l'officier furent bientôt terminée.

Un cris allerta tout les soldats situé dans le bâtiment.

Nane.

Il n'y avait qu'elle pour crier comme cela. Se mettant à courir, l'officier tira son épée. Si Nane s'était mise à crier, c'était qu'il y avait un intrus dans ce bâtiment. Hors, les seuls intrus possibles pouvaient être les Aetrians. Ils n'avaient rien à faire là.

Vite rejoins par d'autres membre de la Garde de la Bibliothèque, il leur fallut à peine quelques secondes pour bloquer tout le secteur qui menait à la chambre d'Agniezka. Puis, toujours dans leur indéfectible efficacité, les Gardes de la Bibliothèque serrèrent les rangs. Ils n'étaient plus face à des alliers. Ceux qu'ils allaient trouver sur leur route étaient des ennemis.

L'officier ne fut pas vraiment surprit de découvrir des Aetrians qui, bien entendu, étaient regroupé autour du comte, reconnaissable entre mille.

Se penchant vers un des garde, il lui murmura.


« Envois le cavalier. Dit aux renforts de rappliquer. »

L'homme hocha la tête.

Quoi qu'il se passerait, les Aetrians ne sortiraient pas d'ici. Et le comte non plus. Maintenant, l'officier comprenait mieux pourquoi personne ne parvenait à le trouver celui-là.

Déboulant de part et d'autre du couloir, en interdisant totalement la sortie et ne laissant pas la moindre échappatoire.

Les hommes du comte étaient certes peut-être plus entrainé, que les Gardes de la Bibliothèque. Mais d'une part, ils étaient moins nombreux. Moins de un contre trois. D'autre part, ils n'étaient pas équipé pour le combat. Contrairement aux Gardes de la Bibliothèque.

Enfin, dernier point en défaveur des hommes du comte.

Les Gardes avaient avec eux six archers.

Dans un espace aussi réduit, impossible de manquer les cibles.


« Au nom du baron, rendez-vous, cria l'officier. »

Tout le monde attendait la réponse.

Ils ne pouvaient pas s'échapper. Il ne lui restait que deux options: se rendre ou combatte.

Que les hommes d'Anseric ne se rendent pas ou tentent de forcer le passage et se serait un bain de sang. Les Gardes de la Bibliothèque ne feraient pas de quartier. Au vu du rapport de force, les Aetrians ne pouvaient espérer l'emporter.
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Hans
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MessageSujet: Re: Où l'on se découvre une parente | Agniezka   Dim 3 Oct 2010 - 12:39

__« La garde, la garde ! Missède ! Aux lances, aux lances !
__- Coupez cordes, hurlez bataille ! Foudre pantoufle ! Arétria ! »
__Ainsi fusaient hardiment forces cris et moultes bravades. Le tocsin retentissait dans le châtelet, sa garde en était toute ébaudie ! Alerte, alerte ! La machination arétrianne était éventée, à voulait s'en saisir à gorge ! Fer de lance de Missède, les gardes-bibliothécaires tiraient épées, éprouvaient épieux, et chargeaient vers la pièce maîtresse, vers le Goupillon même !

__Mais qui, à la parfin, avait ainsi tiré la cordelette de cette machine de guerre missédoise ? Ce n'était qu'une vilaine, une gueuse de vilaine sujestion, quoique d'un embonpoint saluable. Cette méchante camériste s'en était allée rejoindre sa maîtresse, dame Iseult, passant devant les hommes d'Anseric, qui, sournoisement, l'avait laissé passer pour mieux la frapper. Las ! la gueuse s'était prise de beuglement avant même de se prendre les coups ! À l'image d'un pachyderme, dont elle avait certes la carrure, l'infâme servante s'était épanchée en barrissements, hissant à sa manière l'oriflamme !
__Cette vache à la malséance sure s'était bellement affalée, sous les vigoureux coups de trique Arétrianne.
__« Coquins, mauvais, maroufles, s'écriait le comte à l'adresse de ces féaux, on bâillonne femme avant qu'elle ne crie ! Ah, ma cousine, ne faites pas attention, la brave s'en remettra. Elle est de rude complexion, et n'aura qu'un mal de cheveux, rien de plus. »
__Ladite cousine était hélas déjà évanouie. À cette silencieuse pâmoison, s'ensuivit force vivats, dans les couloirs de la bâtisse. La garde arrivait ! Toutes dents montrées, toutes griffes dehors, elle exhortait le comte à se rendre, et fermait le corridor.
__« Beaux amis ! Fermons nos portes, et s'ils viennent, nous les estourbirons tous autant qu'ils sont ! c'était là Herbert, dit le chevalier au porc, qui parlait, la rage aux yeux et l'épée au poing.
__- C'est bellement dit, ponctua un autre. »
__Alors qu'il glissait sa tête hors de la porte, Anseric entendit siffler force flèches au dessus de lui. Les coquins tiraient à vue, ventredieu ! Une telle malévolence arracha d'autres jurons au Goupillon, qui darda la furieuse arme, bien nommément dite.
__« Vaignez, méschan roustier, ma saché que li mordan di l'acié y sié ! », s'écria l'alcide, dont la colère faisait hélas perdre sa belle éloquence.
__On acheva de fermer les portes, prêts à en découdre avec quiconque aurait l'impudence de s'approcher.

__Dans la cour du manoir, le tocsin bovin qu'était Nane avait sonné la bataille, et d'une rixe, on avait fait combat rangé. C'était vingts valets d'armes, toutes dagues dehors, et suppléés de quelques vaillants écuyers, qu'avaient chargé les six gardes-bibliothécaires ! Dans ce grande confusion, où les pages de la maison courraient ça et là pour sauver leur couenne, le combat avait fait rage, durant plusieurs minutes ! La furia aretrianesce avait fait son effet : on s'était rué à bras le corps sur les hommes armurés, que l'on avait tailladé à grands élans de coutelas ! Hélas, ce n'était pas moins de cinq valets qui avaient trépassé, frappés dans leur chair couverte seulement de tissus.
__Le reste de la coterie Arétriane, qui se complaisait en loisirs dans l'aile du châtelet, fut toute ébaudie d'ainsi voir, depuis les fenêtres, leurs valets s'escrimer gaillardement. On tira l'épée, car c'était là de bien belles gens, chevaliers et bacheliers, et l'on fondit dans le court prêter main forte. Harde, harde ! Les coups plurent, la garde était défaite ! Victoire ! Hélas, demi-victoire, puisqu'au six gardes-bibliothèque, il avait couté plusieurs valets. Mais où diable se terraient les autres Missédois ? On s'apprêtait à voir un archer à chaque fenêtre.
__Alerte, Alerte, le sol tremble ! On peut entendre la ferraille se mouvoir, dont les échos se répercutent sur les voûtes et les murs ! Alerte, Alerte ! On peut voir l'acier luire, les épées briller au soleil ! Alerte, Alerte, c'est plus centaine de cavaliers qui chargent sus au châtelet ! On a été trompé, on est pris dans un traquenard !
__Aussitôt, les braves valets, encore tous ensanglantés qu'ils sont, se hâtent de fermer les portes ! Fermez vantaux, dressez poutres ! On en vient même à briser la charpente d'un cabanon, pour barricader la place.

__Mais où se trouve le comte ? Il n'est point mort, on ne voit point son corps. On ne l'entend guère plus, on le crois aux mains de l'ennemi ! Harde, tous au comte ! Les preux tirent à nouveau l'épée, les bacheliers s'y ajoutent galamment ! Ce sont trente hommes qui chargent dans le manoir, hurlant à la mort jurons et méchants brocards. Et Anseric, derrière sa porte, les entends bien ! Il se saisi du Goupillon, et exhorte ses lames liges à en faire autant ! On entend le bruit du choc : les gardes-bibliothécaires sont enfoncés dans leur dos ! Harde, harde, enfonçons les par le devant ! On ouvre la porte, on se jette à la mortaille ! Nuit et jours se font, à mesure sur l'Alcide cache les fenêtres du couloir ! Les archers missédois sont frappés au dos, les archers missédois sont frappés au chef. Du mordant et du tranchant, l'on ne fait plus la différence. Le Goupillon gagne une fois de plus son nom, avant de laisser place aux mains du colosse, qui use bellement de ces masses d'armes là pour défenestrer ses ennemis. Harde ! Iceux ne sont plus. L'on a vaincu, mais l'on a pris de bien mauvais coup, aussi ! Trois bacheliers gisent sur le sol, la mort aux yeux, tandis que d'autres gémissent en se tenant des mains les plaies. La douleur coule dans les veines, mais la rage aussi ! On se panse avec les étoffes des cadavres, et l'on se souvient des cavaliers ennemis ! Malepeste, il faut fuir !
__On se regroupe, on s'exclame ! Les coquins sont au pied de la porte ! Ils la poussent, ils frappent de leurs haches ! Les uns ont démonté, et s'attèlent à faire céder les vantaux, tandis que les autres s'enhardissent, à l'idée de la charge imminente ! Malheur, c'est la fin !

__On trouve une poterne ! Joie ! Les chevaux sont rassemblés, les morts sont laissés. On jure vengeance, on jure sur son sang, et sur les reliques. Plus de dix ont trépassé, et autant ne tarderont pas ! On monte prestement, la vue est embuée par les larmes de rage ! À la poterne !
__À poterne, demi-poterne : ce n'est qu'une vilaine porte des cuisines ! les méchants pages missédois s'y sont massés, leur chef - bègue - en cherche les clefs parmi un trousseau. Baste ! Un cheval en fait sauter les gonds, alors que la porte principale se rompt également ! C'est la débandade ! On fuit par la petite porte, tandis que l'ennemi s'engouffre dans la grande. Ceux là voient qu'on leur échappe : ils les prennent en chasse ! On tire des flèches, on galope ! Certains meurent, d'autres ne valent guère mieux. Si l'on en prend certains vivants, on récupère surtout des cadavres.

__Enfin, on les distance : les coursiers Arétrians ont eut raison de la hargne missédoise. Plus de vingt sont trépassés, petites gens de service, comme preux de la plus belle complexion. On jure encore une fois, terré dans un bois, de faire juste vengeance. On ne se repose guère, on se panse tout au plus. Quelle piteuse coterie, celle qui était toute sémillante encore, il a deux heures de cela ! La rage est là, à n'en point douter, mais les hommes sont penauds ! Leur sang coulé avait le feu en lui, mais désormais, c'est la haine froide, et à mesure que l'on quitte le pays, on promet que l'on ne fera sépulture que sur les ruines fumantes d'Afayel.



[Rp terminé, pour ma part. On est arrivé au résultat convenu initialement, avec un bonus de morts-prisonniers pour toi.]
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