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 Incident diplomatique à la frontière Scylléenne

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Ernst Monventeux
Humain
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MessageSujet: Incident diplomatique à la frontière Scylléenne   Mar 28 Sep 2010 - 21:39

Après la curée, les goinfres quittaient la table.

Hubert menait le groupe. Peu lui importait que le chefaillon veuille couvrir leur retraite. Lui qui était expérimenté, il savait qu’il ne fallait pas trainer à l’attendre. Pas de temps à perdre. Toutefois, ils venaient de passer la frontière et les chances de se faire rattraper par une milice, déjà faibles, venaient de chuter. Il donna l’ordre de ralentir un peu l’allure et chacun repris doucement son souffle.

Il regarda ses compagnons, ils étaient tous bien chargés. Les risques en avaient valu la peine. L’affaire avait été rondement menée.



XXXXXXXXXX


- Père, la tournée est bientôt finie ? On s’ennuie ici. Ces gueules crasseuses se répètent et on en voit pas le bout.

- C’est important fils, il faut visiter nos domaines, pour les connaitre. Surtout en ces temps difficiles pour ces gens.
- Mon père, l’altruisme n’a jamais fait partie de nos mœurs.
- Qui te parle d’altruisme ? Il ne s’agit ici que d’un repérage fiscal. Avec l’éclipse il faut anticiper la famine et tu préfères autant que moi que ces bouseux crèvent de faim à notre place…
- Mais alors pourquoi nous avoir fait venir ?
- Pour que tu apprennes, petit sottard.


Ganelon Bénévent se dirigeait avec ses deux fils à travers la campagne depuis maintenant plusieurs jours. Il s’entretenait avec ses vassaux de l’état des récoltes. Mauvaises partout. La privation de soleil n’avait pas plus réussit aux plantes que la privation de sommeil sur ses deux fils. Il avait avec lui Zacharie, que l’on appelait déjà « le paranoïaque » et Olivier, encore trop jeune pour les sobriquets.

Ganelon était un homme puissant. C’était la seule chose qui le caractérisait d’ailleurs, le reste suivait et les qualités qui n’allaient pas de pair stagnaient dans la médiocrité. Après les événements de l’éclipse, il s’était retrouvé comme tous les seigneurs dans une situation délicate. Les récoltes allaient être catastrophiques, c’était évident. Il fallait trouver des solutions pour nourrir ces gueux. Même si Ganelon méprisait les serfs et les vilains, il savait qu’ils étaient un mal nécessaire. Et les savoir en si mauvaise posture n’était pas réjouissant. Il était donc partie de lui-même en reconnaissance dans les campagnes, pour se faire une idée. Mais depuis maintenant deux jours qu’il faisait ses rondes, il n’y avait pas grand-chose à dire : la misère s’annonçait, beaucoup allaient crever.


Le voyage avait une certaine routine qui rendait fou les jeunots avec lui. Ces deux couillons se voyaient déjà chevalier mais leur éducation avait encore de sérieuses lacunes. Ils étaient désagréables. Non seulement ils avaient du mal à tenir le rythme, mais en plus ils s’ennuyaient ferme au milieu des paysages plats de Merval. Ganelon pouvait s’attendre à une autre journée à supporter ses progénitures et à entretenir encore ses désillusions à leur sujet.

Mais tout changea après le déjeuner, aux abords de la première ferme, peu avant le village de Chauchisse.

Jusque là, le voyage n’avait été que de la reconnaissance. Ganelon s’était équipé léger avec ses deux fils, chacun son cheval. Il n’avait qu’une côte de maille simple, son écu et gardait à porté un casque et son épée. L’arsenal de cataphractaire était peu pratique au quotidien, il en avait épargné également son cheval. Peut être allait-il regretter ses autres armes à la vue des restes du pillage. Il ne semblait pourtant pas y avoir de tripaille éparpillée où que ce soit, mais les serfs l’accueillirent par d’ignobles jappements, des petits cris, des tentatives d’explication dans un patois lamentable. C’était d’autant plus compliqué à comprendre qu’il y avait là presque exclusivement des femmes.

Il y avait eu visiblement de l’action toute récente dans la cour de cette ferme. Cela se voyait aisément, un brigandage avait eu lieu ici. Et ce n’était pas du travail propre. Les serfs s’agitaient de façon désordonnée, entre pleure et prière. C’était un pillage à la va vite. En jetant un œil sur les dégâts, Ganelon supposa des amateurs. Le pillage avait été efficace certes, mais il s’agissait d’amateurs. Ne serait-ce que la nature du butin.


- Père, ses gens auraient-ils simulé une attaque pour se dérober de nos impôts ?
- Quelle idée idiote, sottard.

Les gens de Chauchisse n’étaient pas des rebelles. Ils étaient couards et c’était très bien comme ça. Ganelon rentra et inspecta la cour. Les gens étaient en état de choc. On lui donnait les informations dans un flot de paroles « paysannes » et dans un désordre complet. Il eut besoin de quelques instants pour bien comprendre. Ils étaient moins d’une dizaine, peut être cinq ; ils venaient du nord ; ils étaient à pied. Des paysans, comme eux. Des paysans. Des jacques oui ! Les lâches avaient profités que la plupart des habitants soient aux champs pour tout rafler. Mais de toute façon, ce n’était pas les paysans d’ici qui les auraient arrêtés.

Ganelon jeta un regard vers l’horizon. Des jacques, en petit nombre. Combien d’avance avaient-ils ? Une demi-heure. Etaient-ils du nord ? Surement pas. Ganelon se doutait d’où venait le coup. Pas du nord, mais de l’ouest. Ces jacques ne l’égareraient pas par de fumeux détours. Il mit son casque et prit son épée. Voilà l’occasion d’une bonne leçon pour ses fils.


XXXXXXXX

- Père, votre démarche est inconsidérée ! Je vous invite à revoir notre stratégie

Ganelon, au grand galop venait de passer la frontière entre Merval et Scylla suivit de ces fils il leur hurla de sa voix puissante :


- Il est temps que tu apprennes sottard ! On ne doit pas se laisser menacer par la truandaille. Jamais ! Je vais te montrer moi, comment on traite ! Sortez vos épées et frappez sans hésiter !

Ganelon était décidé. Et quoi ? N’était-il pas le seigneur de la région d’en haut ? N’était-il pas le maître incontesté sur ces terres ? Il avait compris d’où venait le coup. Maudits Scylléens. Mais il espérait bien les retrouver avant que le chemin vers leurs collines se divise. Les jacques étaient si faciles à traquer. Ganelon les massacrerait à lui tout seul si besoin. Il avait coupé à travers tout et il allait les croiser dans la forêt.


XXXXXXXXXX

- Hubert ! Hé Hubert ! Ne devrions-nous pas l’attendre ?
- Hé quoi encore ? C’est son problème s’il veut risquer sa peau pour des prunes !
- Hubert… si on le voit pas revenir, c’est peut être qu’il a eu des soucis. Peut être a-t-il besoin de nous ?
- Qui aurait pu nous rattraper hormis des cavaliers ? Si c’est le cas, il est perdu et nous ne pouvons rien faire pour lui. Nous devrions même plutôt accélérer.

La petite troupe des cinq jacques était perplexe.

- Je ferme la marche, lâcha Hubert, j’en ai marre que vous trainassiez. C’est vraiment pas le moment. Albin, va en tête.

Inquiet, les autres continuèrent. La route était longue à travers cette forêt jusqu’à Froifaissier. Ils continuèrent sur le sentier. Ils y seraient peut être une heure avant le coucher du soleil. Peut être qu’il commencerait déjà à faire nuit. Ils étaient plus chargés maintenant. Le butin était lourd, mais il y aurait de quoi manger. L’un avait même un sac de poule et la moitié était encore vivante. Ils commencèrent bravement à monter les premières pentes à travers la forêt. Leur allure se réduisait, après tout le plus dur était fait, ils étaient chez eux. La pente devenait raide et la forêt dense. Ils auraient déjà du être rattrapés depuis longtemps par leur arrière garde, mais plus possible de regarder derrière eux maintenant avec toute cette végétation. Bah, ils se débrouilleraient derrière. Ils continuèrent leur voyage à travers la brande Scyllèenne. Le vent avait ce hurlement glaçant à cet endroit, héritage du plat pays mervallois, ici on disait que c’était l’haleine de la matoise. Il vous sifflait dans les oreilles, un bruit de fond désagréable qui justifiait sans doute la désertion d’oiseaux et d’écureuils. Ils grelotèrent alors qu’un orage n’allait plus tarder. On entendait le sinistre bruit du ciel au dessus de leur tête. La terre trembla derrière eux. Hubert lui, fut décapité proprement. Assez soudainement je dois dire, ce sont des choses qui ne préviennent pas. Sa tête alla rouler alors que le cavalier dépassa dans son même élan la troupe sur le sentier. Il s’arrêta devant eux et fit se cabrer son cheval. Il n’avait pas l’attitude du péquenot de base.


- Olah la merdaille ! On rapine ?

Albin tenta un coup de fourche : il perdit la fourche et deux doigts. Les paysans voulurent reculer, mais derrière il y avait un jeunot à l’air mauvais avec une épée de qualité, puis un gosse qui ne représentait pas un réel danger.

- Je crois que vous allez gentiment faire demi-tour les ruffians, où je vous découpe un à un.

Le seigneur Ganelon fit tournoyer son épée. Le geste avait une signification claire : il maitrisait son arme et en ferait usage au besoin. Albin pouvait confirmer. S’ils avaient l’avantage du nombre, les paysans étaient peu enclins à se battre contre un chevalier à moins de un contre dix. Et comme celui-là n’avait pas l’air d’un troubadour en culotte courte, qu’il irradiait la puissance et rien d’autre, ils décidèrent de se ménager. La fuite contre des chevaux semblait également exclue.
L’un des paysans tenta de discuter. Il fut cinglé par le jeunot en traitre. Celui-là était un nerveux ou alors une vraie saloperie ! D’où qu’il l’avait sortit son fouet d’abord ? Les négociations s’arrêtèrent donc là et les jacques restèrent figés.


- Chemin inverse les fredins.

Ça avait été facile. Ganelon se doutait bien qu’il n’aurait plus rien à craindre de ces jacques une fois démonstration faite. Ils étaient minables. Oui, des minables. Des petites frappes impressionnables. Voilà une bonne leçon pour ses fils. N’ayez jamais peur. La détermination a raison du nombre. Il suffisait d’instiller la peur pour vaincre ses ennemis. Ganelon était fier de lui, voilà une petite aventure sans panache mais qui allait faire murement réfléchir ses fils.

Doucement, la petite troupe de jacques revint sur ses pas la tête baissé, en direction de Merval et des tourments que la baronnie leur reservait. Ils regardèrent la tête d’Hubert qui était un peu plus bas, il avait encore les yeux ouverts. Trop occupé à regarder leur collègue, ils ne virent pas la tête du plus petit cheval se faire transpercer par un carreau.

Le petit Olivier tomba en même temps que l’animal. Agile, il réussit à s’en tirer sans mal et se redressa aussitôt. Par les cinq, la bête était morte sur le coup. Fameux tireur. D’un regard, ils repérèrent l’arbalétrier sur un âne qui n’avait pas pris la peine de se cacher. Il était seul.

Voilà qui compliquait sacrément la donne pour Ganelon. Ses jacques avaient des renforts dans cette forêt, et l’arbalétrier était surement l’éclaireur d’une troupe plus importante. Il fallait revoir le plan, protéger les fils et repousser l’attaque.


- Zacharie, prend Olivier et retourne à Merval, je te rejoins.

En disant cela, Ganelon était déjà parti au galop vers le tireur. Il ne fallait pas qu’il ait le temps de quoi que ce soit. Il avait bien vu que l’arbalétrier était seul sur sa monture. Il savait qu’il n’avait pas le temps de recharger, il allait fuir, mais Ganelon montait un sacré coursier et comptait bien le rattraper.

Olivier lui était déjà monté sur le cheval de son frère Zacharie et ils partaient à toute vitesse alors que leur père venait de disparaitre dans une course poursuite à travers la forêt.

Ganelon vit l’arbalétrier hésiter à s’enfuir, puis rester en place. Mais il était fou celui là ! Il comptait peut être se battre contre lui ! Ganelon Bénévent ! L’un des plus grands guerriers de Merval ! Les jacques s’échapperaient peut être, mais celui-là n’allait pas avoir cette chance !


XXXXXXXXXX

- J’avais dit le chevalier ! Mais comment peut-on se lober à ce point ?
- Pardon monseigneur mais j’ai cette arbalète depuis peu et ce n’est pas pratique de tirer sur cet animal !
- Ne bouge pas ! Surtout ne bouge pas !

XXXXXXXXXX

Au bout de trois quarts d’heure d’une course effrénée sous l’orage avec Olivier mort de peur accroché à lui, Zacharie atteignit des soldats. Il lui fallut les convaincre, attendre qu’ils s’équipent, qu’ils se mettent en route. Il espérait que son père avait réussit à s’en tirer sans blessure.

XXXXXXXXXX

Cinq mètre avant qu’il atteigne l’arbalétrier, Ganelon chut violemment en même temps que son cheval. Il n’aurait sut expliquer pourquoi. Il venait de faire un véritable vol plané qui s’était achevé avec son dos de travers contre un arbre. Il avait mal au dos, à la tête, avait besoin de quelques secondes pour remettre sa visière en place et reprendre ses esprits.

Le même temps fut nécessaire pour qu’un autre adversaire, sorti de nulle part et dont il ne vit jamais le visage, lui cingle les yeux dans un claquement. Le sang gicla et une rétine désormais inutilisable fut détournée de son orbite. L’autre était probablement dans un état voisin, mais la paupière ne voulait de toute façon plus se rouvrir pour vérification.

Ganelon n’eut pas le temps d’établir un constat. Aveugle, il mit les bras en croix devant lui et limita les coups suivants qui le cinglèrent encore. Avec quoi le frappait-on ? C’était plus dense qu’un fouet et moins long, plus maniable. Surement pas une étoile du matin pourtant. Il pensait avoir trouvé quand les coups de pied arrivèrent en plein sur son casque. L’agresseur ne lui laissait pas de répit, il lui mit deux coups douloureux qui firent résonner sa boîte crânienne pourtant bien protégé dans son casque. Ganelon se recroquevilla et essaya de lui attraper une jambe. L’assaillant lui cingla les mains sans management. C’était une véritable bête sur laquelle il était tombé. La saloperie lui prit un pied et le traina un peu avant de s’accroupir sur lui. Il lui attrapa l’avant du casque de ses deux mains. Ganelon essaya de retenir les coups, mais ses gestes étaient désordonnés. L’autre claqua le casque de sa victime contre une pierre derrière lui, une fois, deux fois, trois fois, et il n’était pas parti pour s’arrêter. Ganelon reçut les chocs un peu amortis qui résonnèrent encore violemment dans sa tête. Il sentait sa nuque devenir un yoyo sous les chocs. L’assaillant lui tapait le crâne contre la pierre dans un rythme frénétique, le casque commençait à se désagréger. Par les cinq ! Quelle force avait ce bougre là ! Ganelon se demanda s’il n’était en train de se battre contre un sanglier bipède sortit des fougères. Il sentit la bête lâcher son casque. Un répit de deux secondes. Et le choc fut plus violent. Et le suivant également. Et le suivant. Et le suivant.


Ganelon ne profita pas des derniers coups. Sa cervelle s’était déjà répandue dans son casque percé de part en part par un rocher.
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Eulalie Tranchepie
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MessageSujet: Re: Incident diplomatique à la frontière Scylléenne   Jeu 30 Sep 2010 - 17:19

Les jacqueries n'étaient pas monnaie courante en cette période de l'année, la fin du printemps était plus propice à ce genre d'émotions. Les greniers étaient alors aussi vides que la panse des serfs avant les récoltes, leur donnant des idées de révolte alors que les humbles seigneurs se serraient eux aussi la ceinture au point de ne pas se resservir en sauce durant les banquets. Aussi la baronne fut elle troublée par les événements que les nobliaux rescapés rapportèrent. Le Seigneur des terres d'en haut avait été lâchement assassiné, rien de moins. Lorsqu'elle reçut les deux pitoyable orphelins, Eulalie conservait un visage sévère et ne fit montre d'aucune compassion. A peine un sourcil tremblait il par intermittence et ses doigts pianotaient sur ses bras alors qu'elle les tenait croisés. Elle toisa les deux compères de l'air de la grenouille qui contemple des têtards et leur fait voir ses belles jambes par pure vanité.

"Ce conte aurait pu être plaisant s'il ne nous couvrait pas de ridicule, messires. Je vous octroie deux jours pour quitter la baronnie et la nettoyer ainsi de la crasse que vous représentez pour sa gloire, faute de quoi la justice Mervalloise prendra acte de la fatuité de votre géniteur et de la votre et infligera le châtiment qui s'impose. Il ne saurait exister aucun rodomont au service de Merval. J'ai dit."

Le seigle tenta un sourire qui se figea en un rictus acrimonieux.


"J'espère que votre nuque n'est pas trop sensible..."
poursuivit elle alors que le plus jeune voulut rétorquer.

Il s'en dissuada pourtant, et lorsque la baronne esquissa un mouvement de tête vers la porte, les ladres s'inclinèrent avec l'obséquiosité requise et on ne les revit jamais. Le vieux Chambouillot continue pourtant à arguer à qui veut l'entendre qu'il a repéré sur la route des tisserands deux cadavres décapités calcinés. Tout le monde sait que Chambouillot est un affabulateur à qui l'âge a fait perdre toute raison.

Eulalie ordonna au général Kalfre de diligenter une enquête plus sérieuse que les simples témoignages des orphelins. Le vieil homme, madré et fort de trente années de services dans les armes, salua sa baronne et se rendit sur les lieux accompagné de sept cataphractaires avec autorisation expresse de traverser la frontière si nécessaire. Là, ils procédèrent avec une méthode toute militaire, et les corps qu'ils découvrirent ne leur donnèrent que des indices lacunaires. Toutefois, ils se trouvaient en pays Scylléen. Un corps avec une testicule pourrie, un cheval massacré, quelques débris humains... rien de convainquant.

"Notez Suéton, oncque piste, mais il est très étrange qu'on eut pu tuer le seigneur Ganelon le dérogé, les armes employées ne ressemblent guère à de l'équipement de simple jacque... la blessure sur la monture me semble l'oeuvre d'une guisarme. Les bandits ont sans doute trouvé refuge en pays Scylléen, qui qu'ils puissent être."

La voix gaillarde du vétéran réchauffa les esprits.

Les chevaucheurs de hongres tournèrent ensuite bride et retournèrent à la demeure de Ganelon. Ils y dénichèrent les registres de naissance et vinrent faire le compte dans les villages du cru. Les appels furent laborieux tant les purotins apprécient les sobriquets et en oublient presque leur identité entre deux revandications pour des questions de nourriture. Mais ils s'aperçurent qu'il ne manquait pas suffisamment de misérables pour former une troupe capable d'envoyer un cataphractaire, grand seigneur qui plus est, au trépas. Il fut évident ensuite que les dégats avaient été effectués dans le village touché par des étrangers ou des bandits. Les serfs ne sont pas très vifs mais ils savent tout de même discerner leur propre village d'un autre.

Les conclusions furent portées au seigle dans un rapport clair et n'omettant aucune partie des investigations.


"Comment s'apelle ce trou?" questionna la brune
"Il s'agit de la seigneurie de Mercatouille, madame" répondit Kalfré.

La baronne soupira, les yeux tournés vers son plafond (fort bien sculpté au demeurant) comment pouvait on trouver de tels noms pour des terres honorables? Les Scylléens l'impressionneraient toujours, ils étaient comme des enfants folâtre qui s'amusaient même des plus hautes affaires politiques.


"Alors rendez vous à "Mercatouille", puisque le meurtre a eu lieu sur leurs terres, c'est à eux d'en rendre compte. Je m'étonne d'ailleurs qu'ils n'aient pas même tenté de nouer un contact. J'exige que ces maroufles de lourdeaux rustiques nous dédommagent sans délai. ".

Ainsi fut dit, ainsi fut fait.

Une délégation de cinq cavaliers fut mandée au seigneur de Mercatouille, portant haut les armes de Merval. Le lion d'or semblait rutiler au soleil et le léger souffle de vent lui donnaient des airs de vie troublants. Les envoyés de la baronne, en armure de gala étaient sensés en imposer aux péquenots du coin de Ernst. Approchant la demeure forte de son maître, Ernst de Monventeux, le capitaine rugit à l'attention d'un piéton :


"La délégation de Merval exige la venue de votre maître, séance tenante, au sujet de meurtre qu'il n'ignore pas."

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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Re: Incident diplomatique à la frontière Scylléenne   Sam 2 Oct 2010 - 12:24

"La délégation de Merval exige la venue de votre maître, séance tenante, au sujet de meurtre qu'il n'ignore pas".

"La perche elle va descendre de son palefroi pour saluer la dame avant de débiter ses âneries" répondit Delde d’un air mauvais. Que venait faire cet emplumé chez elle ? Elle reconnut les armes de Merval, autant dire que ce n’était même pas du gratin et qu’ils avaient d’autant mois de raison de ne pas dire bonjour.

XXXXXXXXXX

"Je leur ai dit d’aller à la taverne au lieu de raconter des inepties. Ça aurait fait marcher le commerce, mais même pas, ces bas de poil sont radins"

Ernst, dans sa tour de Froifassier devant laquelle attendaient les soldats de merval, était perplexe. Qu’est ce que ces gens venaient foutre chez lui ? Ça ne sentait pas bon de les voir monter sur leurs grands chevaux comme ça.

- Ils ont exigés que je les suive jusqu'à Merval ? Tu es bien sure ?

- Bien sure, comme si t'étais leur petit chien. Ils l'ont dit "Nous exigeons que Vostre Maistre vienne avec nous à Merval", et "séance tenante" qu'il a dit aussi. Au sujet d'un meurtre enfin, des histoires quoi. Ils se prennent pour qui hein ? Ils débarquent, ils embarquent et voilà. Nous qu'on a rien à dire, que c'est comme ça et pas autrement, qu'ils ont des beaux chevaux qu'alors qu'on doit les écouter. Ils ne m'ont même pas dit bonjour ! En voilà une troupe qui mériterait la fessée.
- Ah non ! Pas fessée ! Hurla Clovs en allant se cacher sous la table.
- Voilà qui est étonnant...
- Ce sont des gens imbus d'eux-mêmes, y'a rien d'étonnant. Leur baronne est une cinglée qui parait. Elle fait castrer pleins de soldats pour servir dans sa garde rapprochée, c'est pas comme ça qu'elle va trouver quelqu'un pour la détrousser, moi j'le dis.
- Tu en sais quelque chose, elle est plus jeune que toi la baronne, tu as l'expérience du célibat toi.
- Moi c'est pas pareil ! Mon frère est un gros lourdaud qui n'arrive à rien et j'en pâtis, c'est différent !

Ernst réfléchit. Ainsi Merval venait exiger des choses chez lui, et venait en nombre en plus pour impressionner. Il n’avait pas le moins du monde l’intention de laisser les gens de Merval lui donner des ordres. S’il voulait forcer la porte, ils auraient des surprises. Il réfléchissait encore. Pendant ce temps son père Clovs était sorti de sous la table et passait sa tête à la fenêtre de la tour familiale. Il montrait les dents à la troupe qui attendait en bas. Il les grondait à la manière d’un chien, Clovs n’aimait pas les étranger. Delde le surveillait du coin de l’œil pour qu’il ne fasse pas une nouvelle bêtise.

Ernst se décida. Il n'allait pas prendre le risque de se retrouver malmené par les initiatives malheureuses de Merval. Il savait que Mercatouille était en visite à Baude chez Lorenzo, à une heure et demi d’ici en allant vite. Ses fils allaient faire un peu d’exercice. Les jouvencelles sur palefroi de Merval pouvaient bien patienter ce temps là.


XXXXXXXXXX

"En voilà un qui ne s’embête pas" commenta le capitaine. "Il nous prend pour ses serfs ce maraud, ces scylléens manquent de correction". La troupe convint que les scylléens méritaient tous la corde et qu’on aurait mieux fait de tout brûler. Ils étaient arrivés peu avant midi pour discuter et voilà que l’après midi s’était déjà fort avancé. Ils n’avaient pas voulu manger de nourriture scylléenne malgré les recommandations de la sœur de ce seigneur sans gêne qui n’était même pas descendu les saluer.

Alors que la troupe se promettait d'acceuillir froidement Ernst pour les avoir fait attendre, quelle ne fut pas sa surprise. Une autre délégation entrait dans le village. Au moins quinze chevaliers sur leurs montures, menaient par deux gamins et suivit de quelques autres pouilleux. Le capitaine de Merval comprit en voyant leur défilé se rapprocher qu’il s’agissait là d’une source d’ennui. On aurait cru une réunion de Mercatins lors de la fête du Charybde. Alors qu’ils se rapprochaient, la porte de la tour fortifiée des Monventeux s’ouvrit et laissa passer un homme à l’allure de sanglier, surtout au niveau du groin. Celui-ci s’avança vers les nouveaux venus et salua le plus imbus de sa personne en l’appelant Mercatouille. Puis il montra du doigt le capitaine et ses hommes.

"Pardonne moi du dérangement, mais ces messieurs de Merval disent exiger de moi, ils veulent m'emmener à Merval" lança ironiquement celui répondant certainement au nom de Montventeux.

Et le capitaine comprit, alors qu’ils s’échangeaient des amabilités, qu’il allait avoir du mal à obtenir ce pourquoi il était venu.


- Bonjour à vous et bienvenue sur mes terres, commença Mercatouille. Ainsi donc Merval exige de Scylla ? Voilà qui est amusant.
- Bonjour monseigneur. Nous sommes juste venus ici pour... parler au seigneur Monventeux.
- Ah, forcément, quand j'arrive, il ne s'agit plus de l'emmener mais de lui parler, comme c'est étrange ces changements. Et de quoi voulez-vous donc lui parler ?
- C’est au sujet de ce meurtre récemment commis dans vos forêts.
- Un meurtre ? De quoi me parles-tu soldaillon ?
- Et bien, le meurtre de messire Bénévent

Mercatouille regarda autour de lui. Il cherchait des éléments de réponse dans les yeux de ses chevaliers. Ni Ernst ni aucun autre ne put lui en apporter.

- Ganelon est mort ? releva Mercatouille avec une surprise sincère.
- Oui monseigneur
- Ah… condoléance à ses fils, c’était un brave homme. Je l’aimais bien.
- Ses fils ont été exilés par notre baronne Eulalie de Merval.
- Et pourquoi donc ?
- Je… il ne m’appartiens pas de parler de cette affaire, je suis ici pour poser des questions au seigneur Monventeux.
- C'est faux ! Hurla Delde du haut de la tour. Ils sont venus avec l'intention ferme d'interroger tout le monde chez eux. On vient pas à cinq et en arme pour poser des questions quand on est honnête homme ! Il est arrivé en remuant son popotin pour impressionner et faire le fort. Il voulait enlever Ernst pour lui faire dire n'importe quoi !
- Ernst, cette chère Delde est toujours aussi vindicative...
- A son âge, on ne la changera plus. J'ai peur que ma p'tite prenne le même chemin en plus.
- Aha, pas de chance. Mais d'ailleurs, reprit Mercatouille vers la délégation, qu’est ce qu’il a à voir là dedans ? Et qu’est ce que c’est que cette histoire de meurtre ?
- Je… je ne sais pas si je suis autorisé à vous en parler. Et nous n'avons jamais voulu enlev...

Mercatouille eu un rictus et coupa le capitaine.

- tu n’es pas autorisé à en parler… je vois. Alors tu viens sur mes terres enlever un de mes vassaux sans mon accord, mais tu n’es pas autorisé à parler. Merval se permet des ingérences, mais elle ne donne pas d’explications.

Les chevaliers l’accompagnant encerclèrent calmement les cataphractaires.

- Je suis seigneur sur ses terres. Tu es ici chez moi et tu demandes à voir mon vassal. Le moins que tu puisses faire coquardeau c’est de me répondre.

Le capitaine jugea opportun de laisser échapper certaines informations non indispensables.

- Et bien… le cadavre du seigneur Bénévent a été retrouvé dans vos forêts. Ses fils se sont échappés de l’embuscade. Nous cherchons des renseignements.
- De quoi me parles-tu ?
- Nous… cherchons à comprendre ce qui s’est passé.
- Ganelon est mort chez moi ?
- Oui monseigneur.
- Chez moi ? En es tu sur ?
- Oui monseineur.
- Où ?
- Dans la forêt, à dix minutes de la frontière. Sur la route des marchands. Tout près d'ici.
- Par les cinq. Qu’est ce que Ganelon est venu crever là ?
- Nous… pensons qu’il… ce n’est pas clair.
- Ce n’est pas clair…
- Non monseigneur, nous enquêtons.

Mercatouille toisa les cataphractaires. Il n’avait clairement pas apprécié leur manœuvre.

- Si vous avez besoin de la coopération de Scylla pour enquêter, vous passez par moi, et uniquement moi. Merval n’a pas lieu d’exiger quoique ce soit de mes vassaux. J’espère être clair sur ce point.
- Oui monseigneur.
- Si je vous vois avoir à nouveau ce genre d’initiative malheureuse, je crains que notre collaboration n’en soit que plus compliquée. Vous comprendrez aisément que ce n’est pas souhaitable.
- Oui… heu… monseigneur.
- Très bien, alors vous m’enverrez le plus tôt possible un représentant à Mercatel pour m’expliquer cette affaire. Si quelqu’un doit enquêter en Scylla, ce sera moi et personne d’autre. Une fois que quelqu’un d’un peu plus civilisé m’aura expliqué l’affaire, je pourrais commencer mes investigations.
- Je transmettrai…
- Fort bien. Transmets. Qui commande l’enquête ?
- Le général Kalfre
- Je le connais pas celui-là. Dis lui de revoir ses manières et de venir me voir en personne. Et pas besoin qu’il me fasse le coup de l’escorte de trente ruffians pour en imposer. Je veux pas de vent de panique dans le pays.

Mercatouille regarda dans le vague avant de reprendre sur un ton plus clément.

- Mes condoléances à la femme de Ganelon. Transmettez cela aussi. Je prends à cœur cette affaire. C’était un brave guerrier, je trouverai et châtierai ses meurtriers s’ils sont effectivement chez moi. J’y tiens. Je comprends la colère du peuple de Merval, mais je ne savais même que Ganelon se mettait à trainer chez moi en douce. Si vos hommes viennent mourir chez moi, ça ne vous donne pas pour autant le droit d’y fouiner sans mon accord. Rien ne dit que les scylléens soient au courant de quoique ce soit. Sait-on au moins ce qu’il faisait à scylla ?
- Ce n’est pas encore évident monseigneur.
- Ah… évident… je vois… j’attends votre envoyé alors.
- Oui monseigneur.
- Mes respects à la baronne Eulalie, dont mon bon Ernst m’a parlé dans les meilleurs termes. J’espère que cette affaire ne nuira pas à nos relations. J’ai la plus grande estime pour Merval. A présent partez, vous et vos hommes.

Mercatouille les regarda s’éloigner. Il avait des consignes à donner, des courriers à envoyer et des conversations à avoir.
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Eulalie Tranchepie
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MessageSujet: Re: Incident diplomatique à la frontière Scylléenne   Lun 4 Oct 2010 - 18:49

l'escouade, ayant gouté avec amertume son renvoi des terres d'un si pitoyable grand, se chargea d'offrir à ses supérieurs un rapport extrêmement précis quant à la rogue attitude des pouilleux de Mercatouille. Kalfre d'abord, pris connaissance de l'outrecuidance du hobereau, il ne fut guère long à produire lui même une note à l'attention de sa souveraine. Tout fut réglé en une seule journée. La baronne reçut la nouvelle de l'évincement de ses troupes avec humeur, elle avait espéré que tout serait reglé au retour de ses hommes. Les bandits devaient être au fond d'un cachot et les funerailles de Ganelons devaient s'organiser. Rien de tel. Comme de coutume, elle dissimula habilement à sa cour le coup de sang qui la saisit, le feu qui bouillonnait en son auguste âme laissait présager des torrents de bile en fusion. Ce Mercatouille adressait une offense directe à sa personne, à son etat major et à sa noblesse. Elle se saisit d'une plume d'oie brillamment ciselée et écrivit une missive à l'importun.

Citation :
Au bon sire de Mercatouille,

Par la grâce des cinq, en ce jour, j'ai l'insigne honneur de répondre à l'invective que vous fîtes à mes preux. Daignez accepter et recevoir nos humbles excuses quant à l'intrusion dont vous avez été victime, souffrez que nous nous en repentions. Toutfois, nous nous affligeons du peu de diplomatie et de sens commun dont vous avez fait montre au cours du bref entretien que vous eûtes avec le capitaine Kerian, qui représentait ma voix. Sachez que la baronnie est en deuil suite au décès de l'un des plus puissants suzerains des terres d'en haut et la déficience de votre coopération prouve votre incapacité à faire face à des événements qui semblent vous dépasser. Nous considérons comme une insulte personnelle l'interdiction lancée à nos troupes d'enquêter sur la mort de l'un des nôtre, fut-ce sur vos terres. Nous considérions Scylla comme une alliée proche, faisant partie du même royaume, d'un même duché et partageant des intérêts que vous ne sauriez ignorer, aussi pensions nous pouvoir faire circuler quelques hommes sur vos terres sans créer d'incident diplomatique majeur.

Il est bien entendu certain que nous ne pûmes nous permettre de mander une troupe moins nombreuse et moins bien armée, votre fief ne semblant pas sécure, soit par le fait de bandit, soit d'autres menaces crapuleuses que nous ne connaissons pas ou que nous feindrons d'ignorer. Considérant la faiblesse de votre mainmise sur votre domaine, il est très clair que Merval n'est pas engagée à vous laisser mener l'investigation sans son concours, et oserons nous l'ajouter, si enquête il doit y avoir, elle se fera sous son égide.

Nous déclarons solennellement l'interdiction à tout Mercatouillois de se rendre en territoire Mervallois, excepté à des fins diplomatiques ou de messagerie, jusqu'à ce que nous ayons jugé qu'aucune menace ne provenait de votre fierf. Si vos gens outrepassent cet interdit, nous aurions le regret de les mettre aux arrêts.

Nous manderons une seconde troupe menée par le général Kalfre auprès de vous, nous espérons en cette occasion une hospitalité plus prégnante de votre part.

Au nom saint des cinq, daignez recevoir mes salutations et les agréer comme il se doit.

Eulalie de Merval, baronne de Merval, première dame des quatres régions.

Le seigle avait conscience de traiter là sa première délicate affaire politique. Elle ne comptait point ciller pourtant et afficha sa détermination autant que son esprit et son talent le lui permirent. Elle scella la missive aux armes de la baronnie et la délivra à un laquais qui se chargea de la transmettre à l'un des messagers baronniaux. Le reître enfourcha sa preste monture et fila à travers la campagne Mervalloise, à brides abattues. Il traversa parvint devant l'infâme parodie de maison noble de la famille Mercatouille et s'assura que la lettre fut remise à son destinataire. Le cavalier demeura laconique et se contenta de prononcer quelques mots : " Une missive de la Baronne Eulalie à l'attention du Seigneur de Mercatouille."

Sur ces entrefaits, les ordres du manoir de Merval se répandirent dans la cité et par les hauts lieux militaires. Aussi, un peloton de treize éclaireurs cataphractaires, commandés par le general Kalfre et secondé par le capitaine Kerian se dirigea non loin de la frontière Mervallo-Scylléenne avec ordre d'établir un camp. A leur suite, une bonne vingtaine de fangeux gîtons bocagers furent mobilisés afin de soutenir la présence militaire, de leurs arcs, de leurs frondes et de leur ridicule personne afin d'aider à la tenue de l'installation. iIs auraient en outre la charge de quelques opérations logistiques ainsi que du ravitaillement.

Le groupe se mit en place le lendemain et se rendit sur les lieux sans presser l'allure si bien qu'ils y furent rendus pour les vêpres.
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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Re: Incident diplomatique à la frontière Scylléenne   Ven 8 Oct 2010 - 0:39

- Quelle chiabrenna cette baronne, commença Mercatouille.
- Il lui manque un mâle, assurément
- Elle n’a pas Ernst Montventeux à son service la pauvre. Je suppose que tu t’occuperais d’elle, c’est pour ça qu’elle te mandait !
- Je lui ferais passer l’envie de commander, oui !
- Comme avec Delde…

Ernst jugea utile de ne pas relever la comparaison avec sa despotique sœur. Il était à Mercatel, chez son seigneur avec Lorenzo et quelques autres. L’histoire de Ganelon, personne n’était au courant. Les Mervallois étaient sortis de nulle part, s’étaient montrés fort peu poli, et voici que leur idiote de baronne elle-même, la vieille carne, envoyait des lettres de menaces. Lorenzo, en la lisant, avait tremblé en voyant l’assemblée autour de lui s’énerver un peu plus au fur et à mesure. Mercatouille n’appréciait pas. Il n’appréciait pas du tout. Evidemment, en temps que seigneur du seul Mercatin, il ne pouvait pas insulter de tous les noms cette baronne. Mais l’envie n’en manquait pas.

- Bah, bah… Lorenzo, toi qui a une belle écriture : écris.

Lorenzo alla chercher un bout de papier à peu près propre ainsi qu’une vieille plume. Mercatouille commença à dicter :

- « Eulalie, Nous sommes désolés pour ton Ganelon. On savait pas. »…Tu es long à écrire Lorenzo, tu le sais ?
- Ma ! Face come è possibile !
- … c’est bon ?
- Si…
- « Eulalie, Ton capitaine Kérien raconte des balivernes, rien d’étonnant à ce qu’il rentre la queue entre les jambes après avoir osé « exiger » quelque chose de mes vassaux. Se prendrait-il pour le seigneur de Mercatouille ? »
- Ma ! Lentamente !

Mercatouille n'était pas patient.

- Lorenzo… écris plus vite… pourquoi tu réfléchis ?
- Ma, perché la conyugaison est compliquée !

Ernst lisait par dessus l'épaule de Lorenzo, il lui glissait des remarques inaudibles.

- Et toi Ernst, qu'est ce tu racontes ?
- Mais je l'aide ! Cet idiot ne met qu'un "x" à exiger !

Lorenzo écrivait aussi vite qu’il pouvait de sa très belle écriture citadine. Ernst lui glissa encore des remarques d'ordre orthographique.

- « Vos soldaillons n’ont pas à fouiner chez moi dans mon dos. Ça mériterait bien le fouet d’avoir osé exiger l’Ernst comme ça. »
- « Surtout pour le mettre dans son lit » qu’on devrait mettre, ajouta un chevalier.
- Ernst pourrait bien nous réchauffer la situation diplomatique en donnant de son corps, glissa un autre
- C’est sur, c’est ça qu’elle attend la baronne.
- Taisez-vous ! Je dicte… interrompit Mercatouille énervé. C’est bon Lorenzo ?
- Prechque… prechque…
- « Je veux bien collaborer, mais seulement si vous vous montrez raisonnables »

Le bruit de la plume de Lorenzo se faisait entendre, corrigé par les murmures d'Ernst.

- « Maintenant, envoie ton général, et oublie ton interdiction d’aller sur tes terres ou je vais me fâcher et tu peux te foutre ton enquête dans le cognet »
- Heu… c’est peut être un peu fort Mercatouille, remarqua Ernst.
- Non, c’est très bien, c’est qu’une donzelle ! dit un chevalier
- Une donzelle qui dirige Merval quand même.
- Bah… disons… « ça serait génant, je devrais faire pareil »… enfin tu vois Lorenzo.
- Si, si…
- Bon bah voilà, la diplomatie c’est pas si compliqué. Lorenzo relis ce que j'ai dicté…
- Heu…
- Quoi ?
- Hum… yé… yé vais vous faire lire.
- Mais non ! Relis à voix haute que tout le monde entende.

Lorenzo sembla particulièrement gêné. Il avait l’expression d’un homme pris dans un piège mortel.

- Lorenzo fait beaucoup de fautes… je crois qu’il veut que quelqu’un de mieux éduqué que moi le corrige… C’est pour ça Mercatouille qu’il veut que tu le relises toi directement. Nous autres en sommes incapables.
- Ah… heu… fort bien. Donne-moi ça.

Mercatouille parcourut le document rapidement. En un clin d’œil il eut finit.

- Très bien Lorenzo, très bien.
- Grazié.

Lorenzo avait un peu de sueur sur le front. Il l’avait échappé belle. Quelle chance que Mercatouille ne sache pas lire. Dix minutes plus tard, la lettre était en possession du messager qui avait amené le courrier de Merval. Messager qui venait de finir le fort bon repas offert par les cuisines du petit château de Mercatel pour le faire patienter. Ils n'avaient plus qu'à attendre la prochaine délégation de Merval.

Carloman De Mercatouille, par l'intermédiaire de Lorenzo Libaude, a écrit:
A la baronne Eulalie,


Le mercatin présente ses condoléances à la région endeuillée d’en-haut et à la famille du défunt Ganelon, brave parmi les braves. Nous ignorions que celui était mort sur notre territoire, et nous ignorons pourquoi.

Je ne sais ce qu’à conté le capitaine Kirian, mais d’après ce que vous me rapportez, il vous aurait honteusement caché la vérité. Nous avons renvoyé votre délégation qu’à cause de son comportement fort loin que ce que vous me décrivez. Elle a manqué aux plus élémentaires des politesses et provoqué par sa brutalité les Mercatins. Cette troupe n’avait pas lieux de croire qu’elle pouvait enlever de force mes vassaux dans mon domaine. De plus,ce capitaines de Merval n’aurait pas du commencer à enquêter chez moi sur une affaire d’une telle importance sans me rendre compte avant. Est-il nécessaire que nous adressions des reproches à Merval tout entier pour le comportement douteux d’un de ces représentants ? Je ne le pense pas et je vous invite à vous désolidariser du honteux capitaine Kirian qui mériterait sans doute quelques châtiments pour ses menaces inutiles et déplacés envers mon vassal Ernst Monventeux. C’est cet événement et lui seul qui m’a poussé à le renvoyer chez vous, dans l’attente d’accueillir quelqu’un de plus compétent. Il n’a jamais été question de vous refuser notre collaboration. Nous demandions seulement à être consulté. Ce décalage entre la réalité et ce que votre capitaine prétend ne s’explique que par sa honte à avouer son infamie.

A présent j’attends avec impatience votre général pour une explication sur la raison de la mort du brave Ganelon chez moi. Cette histoire me préoccupe moi aussi. Le Mercatin n’a commis aucun crime à l’endroit de Merval et je ne comprends pas votre acharnement à vouloir vous immiscer chez nous par la force. Quant à ces mesures de rigueur envers mon domaine que je ne comprends pas, elles ne peuvent que nuire à notre collaboration et je vous invite à les reconsidérer. Je ne veux pas voir notre amitié avec Merval se détériorer à cause de l’incompétence d’un seul capitaine.

Mettons cette affaire au clair ensemble et au plus vite.

Le seigneur Carloman de Mercatouille.
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Eulalie Tranchepie
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MessageSujet: Re: Incident diplomatique à la frontière Scylléenne   Jeu 25 Nov 2010 - 21:34

La missive du sire Carloman de Mercatouille fut reçue avec la plus grande circonspection au sein de la chancellerie baronniale. On décida que l'on y répondrai par l'arrivée de la force diplomatique de Merval. La baronne fut tenue informée des avancées de l'affaire et témoigna d'une légère inquiétude. Elle ne comptait point dévier sa politique pour autant mais elle préférait pouvoir bénéficier de l'appui du comte de Scylla, le sanguin Aetius. Aussi, comme quelque jours auparavant, elle s'assit à sa table d'écriture et rédigea une brève injonction :

Au seigneur comte de Scylla, intendant de Scylla par la grâce de son altesse royale le roi Trystan.

Je vous fais savoir par cette missive que nous manderons sous peu une délégation vers votre vassal, Carloman de Mercatouille afin de tirer au clair la mort de l'un des membres de l'état major Mervallois en une zone indéfinie de la frontière entre nos territoires. Dans un soucis d'entente cordiale, je vous demanderais de ne pas intervenir dans la tenue des négociations.

Eulalie de Merval.


Elle scella la missive en y apposant son cachet et donna ordre de glisser les copies des autres lettres reçues et envoyées entre Mercatouille et Merval dans le plis destinés au régent de Scylla.

Un coursier fut dépêché et ne tarda pas à atteindre Scylla. Lorsque l'on eut auguré que le messager avait atteint sa destination, il fut ordonné au général Kalfré basé près de la frontière de se rendre à destination.

Le général Kalfré reçut au matin du surlendemain les insignes de Merval et des 4 régions, un étendard du duché de Langehack et un bol de seigle pour le petit déjeuner. Il n'y toucha pas mais ne tarda pas à faire sceller son cheval par l'un des purotins qui perdait son temps en de funestes fumisteries de paysan. La mission était d'importance et l'affront à laver n'en était pas moins grand. Cinq de ses preux de hâtèrent de terminer leurs préparatifs et leurs montures emboitèrent le pas de celle du chef d'escouade.

Ils chevauchèrent à bride abattue durant quelques heures et parvinrent enfin devant la demeure de Mercatouille qui n'avais pas meilleure mine que ce qu'ils avaient pu voir ou imaginer. Kalfré leva une main en signe de salut à la garde et les étendards furent levés. Il attendait d'être reçu par les représentants de Mercatouille et aboya :


"Délégation diplomatique de Merval, veuillez nous annoncer à votre maître."
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