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 Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]

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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Dim 17 Oct 2010 - 16:39

Altiom avait apparemment réussi à éluder la question. Tout ce que l'amirale avait retenu du flot de paroles était "gingembre". Si elle aimait cet épice aux vertues si particulières, et s'ils en possédaient à bord, le voyage promettait d'être... divertissant. Le vagabond fraîchement promu fut tiré de ses pensées par sa supérieure qui l'attrapa par l'épaule et l'amena au milieu de la nef, elle entama alors une courte allocution à l'attention du reste de l'équipage, massé alentours en attendant de prendre le large:
- Marins, je vous présente notre compagnon de route jusqu’à Nelen, il s’appelle Juste Altiom, le blagua-t-elle, et quiconque se conduira d’une manière peu noble envers lui aura affaire à moi, je vous le garanti, aussi sûrement que si c’était à Trystan de Diantra même que vous vous en preniez. Voilà qu'elle le maternait maintenant? Bon, cela n'était pas pour lui déplaire, il trouvait un charme particulier aux femmes autoritaires... à toutes les femmes à vrai dire, mais il savait se débrouiller seul. Il allait probablement passer pour le chouchou de Condra. Cette simple pensée le fit rougir... de honte seulement? Peut-être pas.


L'amirale emmena par la suite Altiom faire un petit tour du propriétaire, agrémenté de moult explications. Il put remarquer dans son regard et son air une certaine attente en retour, elle devait probablement tenter de déterminer s'il avait de réelles compétences en navigation ou s'il l'avait..."menée en bateau". Il fit donc en sorte de rehausser ses observations de quelques commentaires pertinents. Elle lui présenta sa propre chambre, ou plutôt un genre de capharnaüm surchargé d'objets divers relatifs de près ou de loin à l'art de la navigation. Il aimait ce genre de refuge chaotique et intime, c'est ce qui lui avait manqué durant ses années d'errance, entre autre. Je vois que vous gardez malgré tout une petite parcelle d'intimité dans cet univers de guerre et de rigueur, glissa-t-il, un sourire bienveillant en coin de bouche, euh... amirale, je veux dire, bien-sûr. Ils continuèrent ainsi la visite jusqu'à la barre, en passant par les cales.
Une fois à destination, elle lui présenta le gouvernail, non sans l'appeler par ce qui deviendrait son nouveau quolibet désormais:
Nous pouvons nous permettre un petit jeu maintenant que notre direction est presque amorcée et que nous ne sommes guère occupé. Ensuite, je te demanderai de me faire voir tes talents culinaires. Tu vas barrer, Juste, intima-t-elle. Je serais ta navigatrice. Je crois pouvoir dire que je m’y connais en navigation. Elle commença à prendre diverses mesures avec toutes sortes d'instruments, s'aidant d'une carte détaillée. Altiom n'en revenait pas de voir à quelle vitesse Condra effectuait sa tâche, il lança un regard à son second: il n'était apparemment pas le seul. 282,5°. Plutôt 83 que 82. Veille à prendre la poupe et ne pas perdre les focs. Ils doivent bien prendre le vent par l’arrière. Penses-tu qu’il faille être ferme Sigmund ?
- Non, Amiral. Une souplesse sera peut-être à préférer car le vent tourbillonne peu. Avec ce Voile, ne soyons pas trop hâtif.
- Merci. Barrer donc davantage à 282 ? Ne surtout pas oublier d’aérer les voiles avant. Et ne te laisse pas avoir par les vagues et le remous ou l’on va perdre de la vitesse. Il acquiesça du chef et pris le timon du bateau, peu rassuré au demeurant. La jeune femme à la chevelure de braise lui adressa un ravissant sourire, magnifié par le pâle mais néanmoins suffisant flamboiement de l'astre occulté. Il resta coi d'étonnement, depuis le peu de temps qu'il la connaissait, l'amirale affichait un ton dur et autoritaire, voilà qui ne lui était pas familier. Son visage se rembruni alors qu'elle s'en apercevait: Barre, Barre ! Il s'exécuta, décontenancé par la situation. Il n'avait à vrai dire jamais conduit un bâtiment de cette taille, c'était tout juste si son père lui avait appris à naviguer avec des péniches. Il devait anticiper chaque mouvement de l'énorme masse à l'avance, ne faire qu'un avec elle et son équipage s'il voulait convenablement mener l'embarcation, mais cela ne venait qu'avec la maîtrise. Il se contenta donc de maintenir le cap, il savait qu'il devait pour cela surveiller deux choses: les courants et le sens du vent. Celui-ci semblait venir de bâbord, mais s'il l'on prenait en compte le vent de déplacement, on pouvait déterminer sa véritable direction: de plus ou moins l'arrière bâbord. Quant au cap définit par Condra, il ne pouvait qu'approuver, les courants les déportaient sensiblement à tribord mais la direction prise corrigeait parfaitement la déviation. Il garda ainsi les commandes du vaisseau, ordonna sporadiquement aux matelots de remonter et rabaisser les voiles en fonction du vent, recalculant grosso-modo les cap à prendre lorsque les courants changeaient. Finalement il se débrouilla mieux qu'il ne l'escomptait, tant qu'il n'avait pas à immobiliser la caraque dans un port, cela lui convenait.

Vint l'heure du repas de midi, à en juger par la position au zénith de l'astre diurne et les demandes insistantes des marins. Le jeune homme quitta son poste et se dirigea vers les cuisines, plus bas dans la structure. Il fut assailli de myriades d'odeurs toutes plus ragoûtantes les unes que les les autres alors qu'il pénétrait tout juste dans l'escalier qui y conduisait. Déboulant dans la petite salle, il fut salué par les deux cuistots qui l'attendaient. Bien le bonjour messieurs! On va devoir vite se mettre au travail pour nourrir ce régiment de ventres affamés! Alors, qu'avez-vous l'habitude de cuisiner?
- Boarf... des rations militaires standard quoi. Du poisson ou du lard, c'est pas ça qui manque. Quelques légumes dans du bouillon avec du pain rassis histoire de pas gâcher, fit l'un d'entre eux, l'air blasé.
- Je vois... Et bien mes amis, je vous informe que l'on va rehausser un peu le niveau! On ne vogue pas sans être lesté d'un bon repas, le morale des troupes, c'est vital ! Il se dégonça de son encombrante armure et enfila un tablier, lançant un regard à ses marmitons pantois, il ajouta: quoi? Ne me dites pas qu'il ne me donne pas un petit air séduisant? Et il ne put réprimer son habituel rire jovial.
Partant farfouiller dans les divers pots d'épices et autres ingrédients en tous genre, il repéra un bocal d'allure passablement ancienne, couvert de poussière. Écartant les différents obstacles qui le séparait de son bras, notamment une vieille gousse d'ail moisie et une bouteille de gnôle où flottaient deux énormes frelons, il se saisit de son Graal. Noooon? s'exclama-t-il, exultant. Au fond du vieux pot trônaient majestueusement (du moins à ses yeux) quatre larges morceaux de gingembre. Mes amis, je crois qu'il y aura de la truite en papillote au programme! annonça-t-il avec un sourire radieux.
Ils cuisinèrent ainsi le délicat poisson au bain marie, enveloppé dans des morceaux de toile de rechange qu'ils parvinrent à dénicher dans les cales du bateau. Vin blanc, huile, herbes diverses, sel, poivre et bien-sûr gingembre. Un peu de réconfort pour ces pauvres bougres, les eaux où ils naviguaient n'étaient pas sûres et si bataille il y avait, il préférait leur offrir un bon repas avant d'aller guerroyer. Les trois cuisiniers apportèrent les plats sur le pont:
le repas est servi moussaillons! Inutile de préciser que ce fut une véritable ruée qui débarqua, et une fois de plus le noble déchu ne put s'empêcher d'éclater de rire. Doucement! Doucement, il y en aura pour tout le monde! Il vit alors Condra approcher et lui tendit son plat, sur le quel il avait ajouté un morceau de gingembre confit découpé en forme de coeur: Amirale... fit-il sur un ton charmeur.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mer 2 Nov 2011 - 16:33, édité 8 fois
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Dim 17 Oct 2010 - 21:13

« Juste » Altiom s’avéra n’être pas qu’un beau parleur. Condra ne savait exactement pourquoi, mais elle l’avait pressentit assez rapidement. A vrai dire même très vite. Peut-être trop ? Non, elle avait plutôt confiance en cet inconnu. Comment se faisait-il qu’un homme quelconque, rencontré tel un miséreux, un bois sans soif ou un clochard su manier le navire-amiral, joyaux de la Marine Royale ? Condra n’était pas la seule à être suspicieuse, ses hommes, qui ne savaient pas qu’elle était au même niveau de réflexion qu’eux, la soupçonnaient de leur jouer quelque étrange tour. Bien entendu, par respect pour le grade de leur chef, ils ne faisaient aucun commentaire, soucieux de ne pas embrasser la colère de l’Ardente. Celle-ci, prenait un malin plaisir à faire naviguer Juste Altiom, elle se forçait à lui donner les mesures les plus justes qu’elle pouvait calculer, afin qu’il put lui montrer tout ce dont il était capable. Certes, il oubliait parfois de faire attention au roulis et aux courant les plus bas qui déportaient parfois le vaisseau de quelques encablures de son meilleur circuit. Il montrait également une certaine nervosité, ce qui n’avait rien d’anormal étant donné la situation dans laquelle il se trouvait. Les voiles ne prenaient pas parfaitement le vent, Condra entreprit alors quelque chose, comme elle se rendrait compte après coup, qui eut mérité une réflexion un peu plus ample. Elle s’approcha de son élève, posa ses mains sur les siennes et, d’une poigne ferme le remit dans bons rails. Il n’y eu pas de sifflets, mais le silence dans les rangs des marins, un peu lourd en disait long.

-Làà, tu vois ? C’est plutôt bien, Juste Altiom. En effet, je puis dire que tu as déjà navigué, bien que tu prennes mon navire pour quelque bâtiment de plaisance non point destiné à la haute mer mais aux lacs et aux rivières.

Enfin, elle se détourna de lui.

-Sigmund, tu navigues et toi Juste, je veux que tu barres. Faites au mieux, des vents risquent de nous détourner, il y a peu de chances, mais faites attention. Je vais prendre des nouvelles à la vigie. Quand vous aurez fini, fais ce qui bon te semble, Juste. Quant à toi Sigmund, fais donner l’ordre d’effectuer les taches ingrates aux plus vite.

-Bien, Amiral.

Et Condra s’en alla. Elle fit ce qu’elle avait à faire. Il y a toujours de quoi s’occuper sur un navire. La vigie lui apprit que rien ne semblait en vue, mais qu’avec le Voilà il estimait ne pouvoir rien voir au-delà de trois heures de navigation par vent faible. Alors par vent fort, n’importe quoi pouvait être à leur rencontre en moins d’une heure ! Pas terrible comme nouvelle. L’Amiral, une fois qu’elle eut terminé, alla quelques minutes, une poignée se reposer un peu, elle s’assoupissait à moitié, écroulée de fatigue lorsqu’elle entendit des ruades sur le pont. Aussitôt elle bondit ! Sabre au clair.

-QUE SE PASSE T-IL ICI ? Le ton était autoritaire, sec et cassant.

Il lui fut expliqué que c’était juste un repas et que… Mais elle coupa court aux explications

-Que faites vous tous sur le pont !? Je veux que chacun tienne son poste, est-ce clair ??

Altiom vint alors vers elle, il ne semblait pas l’avoir entendu. Il lui tendit un plat. Elle fit une moue, baissa les yeux vers le plat et sourit de l’attention.

-Voilà qui est un peu étrange comme coutume, Juste Altiom. Bon rompez vous autres et toi Altiom, vient j’ai à t’expliquer comment fonctionnent les repas sur un navire.

Elle rangea son sabre, attrapa le plat et y goûta. Il y avait longtemps qu’elle n’avait mangé de truite en papillote. Elle appréciait le gingembre, épices dont le parfum relevait déjà l’ensemble du plat. Elle avait un sourire jusqu’aux oreilles désormais. Elle reposa le plat après y avoir goûté et fit une bise très chaleureuse à Altiom, sur la joue droite. Condra s’était assise, ou adossée, c’est selon, sur une rampe du navire, elle avait posé son plat non loin d’elle et avait tiré l’homme à elle en le tenant par le col. Elle le regardait à présent.

-Il faut qu’on parle. Pas ici. Suis moi. En tout bien tout honneur.

Elle se leva, prit son repas et partit vers la barre. Nul n’y était car le cap étant mis, il n’y avait plus à s’y tenir aussi régulièrement. Elle, jeta un coup d’œil autour d’eux et demanda à Altiom :

-Tu ne veux toujours pas m’en dire plus sur qui tu es ? Il est étrange que les vagabonds cuisinent si bien, encore que cela n’est pas si surprenant en somme, mais pour ce qui est de barrer… C’est rare. Très rare. Tu es sur mon navire, je t’apprécie sérieusement et j’aime savoir à qui j’ai affaire. Ton nom est-il si honteux que tu le veuilles taire ? Même à l’Amiral de la Marine Royale qui te l’ordonne ?

Elle s’approcha de lui et l’entoura de ses bras. Dans l’oreille elle lui glissa :

-Allez, dis le-moi. A Nelen tu disparais et moi aussi. Mais au moins, j’aurais l’assurance que tu n’iras pas trahir les secrets de mon navire…Et les miens. Mon amour des truites en particulier.

Elle souriait à présent. Sans qu’elle ne se puisse retenir, elle lança ses lèvres à l’assaut de celles d’Altiom. Elle l’embrassa un long moment puis relâcha étreinte et baiser.

-Allez, quand bien même tu serais le fils caché de Trystan de Diantra, qu’est-ce que cela ferait ?
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Mar 19 Oct 2010 - 10:10

La jeune femme, d'abord étonnée, puis manifestement touchée déclara: voilà qui est un peu étrange comme coutume, Juste Altiom. Bon rompez vous autres et toi Altiom, vient j’ai à t’expliquer comment fonctionnent les repas sur un navire. Elle se dirigea vers le bastingage tout en goûtant à la célébrissime spécialité du cuisinier, qu'elle semblait apprécier à en juger par son sourire radieux. Lui non plus ne put réprimer le sien, qui s'agrandit encore lorsqu'elle apposa sur sa joue une bise enthousiaste. Il était abasourdi. Que devait-il en déduire? Condra semblait lui montrer une autre facette de sa personnalité depuis quelques temps, plus enjouée, plus charmante...
Et c'est alors, perdu dans ses interrogations, qu'elle le saisit par le col. Il plongea son regard dans le sien... et quel regard... d'un bleu profond, intense, au sein duquel il aurait cru voir les flots des océans se déchaîner. Elle lui dit ces quelques mots:
il faut qu’on parle. Pas ici. Suis moi. En tout bien tout honneur. En tout bien tout honneur, vraiment? pensa-t-il intérieurement. Voilà qui le troublait davantage encore. Elle l'emmena en direction du gouvernail, délaissé maintenant que le cap était pris. Elle regarda autour d'eux, suspicieuse, avant d'ajouter: tu ne veux toujours pas m’en dire plus sur qui tu es ? Il est étrange que les vagabonds cuisinent si bien, encore que cela n’est pas si surprenant en somme, mais pour ce qui est de barrer… C’est rare. Très rare. Tu es sur mon navire, je t’apprécie sérieusement et j’aime savoir à qui j’ai affaire. Ton nom est-il si honteux que tu le veuilles taire ? Même à l’Amiral de la Marine Royale qui te l’ordonne ? Une fois de plus les question embarrassantes refaisaient surface. Mais cette fois-ci ce n'était pas de la simple curiosité: elle avouait l'apprécier, éprouver de la sympathie envers lui. Cacher son origine à une amirale curieuse était une chose, trahir la confiance d'une amie sincère en était une autre... mais peut-être mentait-elle? Peut-être n'était-ce là que ruse et désir indiscret? Il avait appris à se méfier de tous et de toutes. Il ouvrit la bouche et la referma aussitôt, il ne le pouvait pas!
Soudain l'ardente amirale se rapprocha de lui et l'entoura de ses bras, elle amena sa bouche au niveau de son oreille et lui fit:
Allez, dis le-moi. A Nelen tu disparais et moi aussi. Mais au moins, j’aurais l’assurance que tu n’iras pas trahir les secrets de mon navire…Et les miens. Mon amour des truites en particulier. Altiom sentit un frisson parcourir son dos, il avait la chair de poule, le souffle court. Cette situation ambiguë le déroutait plus que tout. Il se reconcentra sur les chuchotements de amie... elle n'avait pas tort, à Nelen il redeviendrait ce quidam, ce rôle qu'il joue... et elle n'avait pas hésité à lui montrer le vaisseau de la proue à la poupe, le fleuron de la marine royale. Trahir sa confiance lui poignardait le cœur, mais il ne parvenait pas à lui révéler qui il était vraiment, un tel secret, un tel fardeau ne pouvait être partagé!
Mais alors qu'il se perdait à nouveau dans ses réflexions, il la regarda. Simplement. Une petite rafale ébouriffa sa chevelure flamboyante, laissant délicatement retomber une mèche espiègle sur son visage radieux, illuminé par son magnifique sourire. Il tomba en arrêt devant cette vision d'une telle beauté. Et comme pour compléter ce tableau de perfection, elle l'embrassa, langoureusement, tendrement. Il se laissa faire, incapable du moindre geste, se contentant de savourer cet instant. Elle cessa sa douce étreinte, il rouvrit les yeux.
Allez, quand bien même tu serais le fils caché de Trystan de Diantra, qu’est-ce que cela ferait ? Comment aurait-il pu dire non désormais.
- Je crains malheureusement de ne pas pouvoir répondre à vos attentes... mon amirale, ajouta-t-il l'œil pétillant de malice, je ne suis que le fils d'un comte à vrai dire. Le frère d'un souvenir enlevé par les Drows... Silpheed. J'étais le cadet de la famille d'Ydril... une famille brisée par le complot, meurtrie par la guerre. Il fit une pause, ressasser ces souvenirs ne lui était pas aisé. J'ai préféré disparaître dans l'ombre, laisser mes ennemis s'enorgueillir de leur victoire, se découvrir au grand jour... Le baron de Systolie et son fils. Nos propres cousins, assassins de ma mère et de mon père, usurpateurs de nos terres et de notre titre. Ils savaient pour l'assaut des Drows... ils ne nous ont pas prévenu, ils ont saisi cette opportunité pour nous éradiquer tous ensembles... anéantir notre lignée! Mais j'ai survécu! Altiom parlait plus fort, sans même s'en rendre compte, cette même colère froide qu'il avait ressentie lors du funeste jour montait à nouveau en lui. Des larmes commençaient à perler sur ses joues. Je n'aurais de répit que lorsque ces traîtres tomberons à mes pieds, implorant un pardon que je ne leur livrerait que par ma lame. Il la fixa derechef, ses yeux reflétant le tonnerre qui grondait en son sein. Vous savez tout maintenant... Ses traits se radoucirent, il reprit son calme et son habituelle voix charmeuse. Alors... que comptez-vous faire? Qu'en est-il de nous? Ce baiser n'était-il qu'une pulsion soudaine et passagère ou le délicieux traître de vos véritables sentiments?


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mer 4 Jan 2012 - 22:29, édité 4 fois
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Mer 20 Oct 2010 - 20:09

- Je crains malheureusement de ne pas pouvoir répondre à vos attentes...

Décidément ! N'y avait-il rien qu'elle put faire pour savoir ? Loin d'être de nature curieuse ou fouineuse, elle cherchait à assurer la sécurité de son vaisseau-bijou et celle de ses marins ainsi que la sienne accessoirement. Elle avait l'âme triste et le vague à l'âme. Ses yeux, du bleu sombre des tempêtes qui chavirent si vite les navires virèrent à celui des soirs après l’orage. Il fallait se résigner à abandonner l’idée de rencontrer un compagnon. Bon jour les inquiétudes et les insomnies, adieu les joies. Cela fut vite démenti, Condra s’était laissée mener en bateau – bien que l’expression, appliquée à un Amiral, parait déplacée – par le jeune homme. Un sourire s’afficha. Chassés les nuages et chassée l’amertume. Le soir après l’orage, pouvaient encore percer quelques rayons de soleil, quelques rayons rouges du crépuscule, quelques traits d’espoir envoyés aux mortelle par les Dieux. Arcam ! Arcam !! Plut aux cieux que tu souris plus souvent aux hommes et aux femmes du bas-monde.

- Mon amirale, dit-il et son œil flamboyait désormais, jubilait, le fourbe ! je ne suis que le fils d'un comte à vrai dire. Le frère d'un souvenir, enlevé par les Drows... Silpheed. J'étais le cadet de la famille d'Ydril... une famille brisée par le complot, meurtrie par la guerre.

Elle était surprise. Et radieuse à la fois.

-Sache qu’on ne donne pas du « mon » dans la Marine. Ca ne se fait pas.

Elle ajouta avec un sourire rayonnant.

-Ou alors c’est un moyen de s’approprier ma personne et on ne s’approprie pas les militaires de Diantra !

Son sourire s’effaça. Elle redevint sérieuse et concentrée. L’histoire qu’elle venait d’apprendre était triste. Enfin, elle ne venait pas de l’apprendre, cet événement était connu quoique les tenants et aboutissants aient été discrets. Altiom faisait une pause, il ne semblait guère à son aise ainsi. Elle ne le forçait pas à dire plus mais il fit. Condra lui en était largement reconnaissante.

-J'ai préféré disparaître dans l'ombre, laisser mes ennemis s'enorgueillir de leur victoire, se découvrir au grand jour... Le baron de Sybrondil et son fils. Nos propres cousins, assassins de ma mère et de mon père, usurpateurs de nos terres et de notre titre. Ils savaient pour l'assaut des Drows... ils ne nous ont pas prévenu, il ont saisi cette opportunité pour nous éradiquer tous ensembles... anéantir notre lignée! Mais j'ai survécu!

Quelle revanche éclatait dans cette dernière exclamative ! Condra ne dit rien. Il était lancé et continuait !

-Je n'aurais de répit que lorsque ces traîtres tomberont à mes pieds, implorant un pardon que je ne leur livrerai que par ma lame.

Aux océans en furie, le tonnerre d’Ydril se déclarait !

-Vous savez tout maintenant... Alors... que comptez-vous faire? Qu'en est-il de nous? Ce baiser n'était-il qu'une pulsion soudaine et passagère ou le délicieux traître de vos véritables sentiments?

Voilà qui mit mal à l’aise l’Amiral. Elle ne sut longtemps que répondre. Son pressentiment de tout à l’heure ne la rassurait pas non plus, tout ne tournait pas rond ! De la vigie vint soudain l’explication. C’était un grand cri, et un bras pointé vers le ciel, vers quelque chose d’incroyable, que peu de Mortels virent jamais et, même parmi les Immortels bien peu verront pareil chose. Il n’apparut qu’un cours instant, hélas. Un brasier dans les cieux, une flamme scindant l’azur, un brandon brûlant défiant les Hommes. Était-ce le Phénix, cette légende… ?

Condra regarda Altiom.

-Attends, on parlera plus tard, ce n’est pas bon signe !

Partout sur le navire, on s’activait comme si bataille allait devoir être livrée. Condra se jeta à la barre et se mit à hurler des ordres :

-REMUEZ VOUS !! JUSTE ALTIOM AVEC MOI ? TU ME SECONDES. SIGMUND, PREND LES DISPOSITIONS POUR QUE L‘ON AIT UNE VITESSE OPTIMALE !!! TENDEZ LES VOILES AUX MAXIMUM, IL FAUT QU4O NPRENNE DE LA VITESSE !!!

Pourquoi une telle agitation si soudaine ? Condra appela à nouveau Altiom à grands cris. Déjà, des marins viraient par-dessus bord les objets lourds : malles, meubles, coffres à vêtements, à bijoux, etc… Le navire partit à pleins vents, peu importait la direction, il fallait fuir !

Les hommes avaient sortis les arcs, quelques javelots. Condra elle-même prit un carquois au passage ainsi qu’un arc standardisé, sans âme, frappé des armes de la Marine Royale. A la poupe, un trait fut décoché qui se perdit dans l’océan. Mais il n’avait pas été tiré pour rien. Une immense créature, un monstre des temps ancien, habitant des profondeurs, avait prit en chasse la navire de Condra de Yisien : l’Hydre.

Trois têtes sortirent de l’eau, cependant c’était hors de portée du vaisseau. D’autres jaillirent. Des marins étaient en pleine prière, à genoux les mains et la tête levées vers le Ciel. L’Amiral quitta la barre.

-Juste Altiom, tu barres. Prends les vents et la vitesse, au diable le cap !

Elle franchit les quelques mètres qui la séparaient d’un de ses hommes, prostré et lui décocha un coup de genoux monumental en pleine face.

-Debout lâches ! Debout, nous ne sommes pas encore perdus ! Debout et montrez que vous valez ce que l’on a cru que vous valiez en vous laissant embarquer à mon bord !

Elle hurlait. L’Ardente, telle une nymphe aux cheveux de flammes courut de proue en poupe pour haranguer ses Hommes. L’Hydre avait disparue sous l’eau mais l’on ignorait ce qu’elle pouvait réserver. Il fallait espérer qu’elle ait déjà bien mangé !

Les heures passèrent passèrent mais l’Ombre planait toujours sur le vaisseau-amiral. Condra retourna voir Altiom à la barre.

Si rouge que soit du Phénix le vol
Plus rouge encore seront les eaux
Du sang des Hommes ; égorgés par milles têtes.


En d'autres termes : les miracles se répondent.


C’est un adage de nous autres, les marins. Sais tu où nous sommes ? Je pense que l’Hydre n’est pas loin. Elle guette peut-être si elle nous veut.

La jeune femme se rapprocha d’Altiom, les soldats étant trop loin pour entendre, elle parla libérée.

-Pour ta question, que nous mourrions l’esprit clair, il faut savoir que les choses sont si complexes, que seuls les vents et les temps peuvent nous dire l’avenir. Nous verrons. Y a-t-il des gens plus volatiles que nous autres ? Femmes de la mer et hommes de poisse ? Nous devons trouver un port au plus vite avant que mes hommes ne perdent le Nord.

Elle s’en retournait lorsqu’elle revint en arrière, se rapprocha d’Altiom et lui dit :

-Et toi ? tu en penses quoi ?
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Jeu 28 Oct 2010 - 19:03


Alors qu'à sa question l'amirale ne répondait que par un lourd silence, le matelot en vigie hurla à s'en briser la voix. Altiom leva la tête vers les cieux: par un vin de Diantra vieilli en fût de chêne de Langehack!!!, fit-il littéralement stupéfié. Qu'est donc ce prodige? Une gigantesque gerbe de flammes s'éleva jusqu'au dais nébuleux, elle semblait animée d'une mouvance et d'une vie propre. L'éphémère volatile disparut ainsi au firmament, laissant les marins en proie à l'angoisse. Le voyageur lança un regard interloqué à Condra, de quoi avaient-ils peur? S'agissait-il d'un mauvais présage? Une croyance de marins probablement.
- Attends, on parlera plus tard, ce n’est pas bon signe ! Voilà qui confirmait ses pensées. Un si bel instant gâché par un "simple" oiseau de feu... L'amirale fondit sur la barre, déchaînée, une vraie tempête!
- REMUEZ VOUS !! JUSTE ALTIOM AVEC MOI ?
- Toujours, amirale, répondit-il avec un sourire à faire fondre un ours enragé.
- TU ME SECONDES. SIGMUND, PREND LES DISPOSITIONS POUR QUE L‘ON AIT UNE VITESSE OPTIMALE !!! TENDEZ LES VOILES AUX MAXIMUM, IL FAUT QU'ON PRENNE DE LA VITESSE !!! Tout autour les matelots se préparaient à un hypothétique combat, jetant le mobilier lourd par-dessus bord, s'armant de lances, d'arcs et de courage. Que tentaient-ils de fuir? Altiom tenta de questionner sa supérieure à ce sujet, mais l'effroyable ramdam de l'équipage et des flots qui se faisaient maintenant grondants et menaçants emportèrent son interrogation avec eux.
Alors que le chaos prenait pied sur le navire, un mugissement sourd et lointain transperça l'onde. Cela venait d'en dessous. Loin derrière le bateau, perdue dans l'orage, les brumes et la tourmente se dressa une ombre. Le cri terrifiant retentit de nouveau, deux nouvelles silhouettes reptiliennes apparurent, puis ce fut une véritable forêt qui sortit des flots houleux. Le temps sembla s'arrêter sur la caraque, tous scrutaient le péril qui les attendait, figés. Altiom observait, les yeux mi-plissés et les cheveux plaqués sur ses joues sous la bruine glacée portée par le vent mordant. Sans cesser de fixer la créature, il murmura: il fallait bien ça pour couper court à notre discussion... amirale. Cette dernière lâcha le timon tout en ordonnant au noble déchu de s'en charger et partit affubler l'un des marins tétanisé d'un coup de genou dans les dents: debout lâches ! Debout, nous ne sommes pas encore perdus ! Debout et montrez que vous valez ce que l’on a cru que vous valiez en vous laissant embarquer à mon bord ! Voilà qui avait le mérite d'être clair. Filant à droite à gauche, telle une trombe furieuse, redonnant courage à ses hommes (ou à défaut de fulgurants coups de rotule), Condra apparaissait au vagabond comme la véritable meneuse, la battante bouillonnante d'énergie qu'elle était. Cette vision le laissa admiratif.

Les heures passèrent lentement, emplies d'une tension palpable, rehaussée par les éclats fugaces de l'orage. Si la bête était repartie dans les abysses, la peur qu'elle avait répandu n'en n'avait pas fait autant. Des paires d'yeux angoissées scrutaient la surface agitée de l'océan, épées au clair et arcs bandés. Tous étaient aux aguets, rien de permettait d'affirmer avec certitude que le monstre avait cessé la poursuite.
- Si rouge que soit du Phénix le vol
Plus rouge encore seront les eaux
Du sang des Hommes ; égorgés par milles têtes.
C’est un adage de nous autres, les marins.

- Alors cet immense feu céleste était un... phénix. Et nous croisons un hydre en prime? Je dois avouer mon ignorance quant aux superstitions des marins et à la science des créatures légendaires, mais je gage qu'il s'agissait-là d'un spectacle rarissime.
- Sais tu où nous sommes ? Je pense que l’Hydre n’est pas loin. Elle guette peut-être si elle nous veut.
- Je sais que nous sommes à des lieux de la côte, en plein orage et poursuivis par une créature "potentiellement mortelle", cela suffit à me motiver à garder le cap s'il s'agit-là de l'objet de votre inquiétude, plaisanta-t-il. L'amirale se rapprocha, était-ce de nouveau l'heure des confidences?
- Pour ta question, que nous mourrions l’esprit clair, il faut savoir que les choses sont si complexes, que seuls les vents et les temps peuvent nous dire l’avenir. Nous verrons. Y a-t-il des gens plus volatiles que nous autres ? Femmes de la mer et hommes de poisse ? Nous devons trouver un port au plus vite avant que mes hommes ne perdent le Nord. Elle ne lui offrait-là qu'une réponse évasive, mais il comprenait. En ce qui concerne l'avenir, rien n'est jamais sûr lorsque l'on a le monde comme chez-soi. Alors qu'elle le laissait déjà à ses réflexions, elle fit marche arrière et revint à nouveau devant lui: et toi ? tu en penses quoi ? ajouta-t-elle. Qu'aurait-il pu répondre, il ne le savait pas lui-même.
- Je... dois avouer que je n'en sais rien. Alors je préfère... me ranger à votre décision. Je répondrai à vos désirs mais ne me demandez pas de choisir moi-même, je ne suis pas doué pour trancher sur ce genre de question, répondit-il avec un petit rire gêné.
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Sam 30 Oct 2010 - 22:04

-Je... dois avouer que je n'en sais rien. Alors je préfère... me ranger à votre décision. Je répondrai à vos désirs mais ne me demandez pas de choisir moi-même, je ne suis pas doué pour trancher sur ce genre de question.

Comme si cela ne l’intéressait guère, Condra hocha distraitement la tête. Alea jacta est. Elle disparut quelques minutes du champ de vision d’Altiom, allant envoyer aux songes quelques-uns de ses marins. Inutile de fatiguer tout l’équipage. Celui contenait exactement pour ce voyage-ci deux-cent vingt trois hommes en plus de Condra, l’Amiral et d’Altiom. L’horizon s’était bien apaisé lorsque l’Ardente revint à la barre. Elle remercia « Juste » et demanda à son second de barrer. Il fallait qu’elle s’occupe de retrouver leur position. Le vagabond, lui, eut la permission de se reposer ou de flâner à son aise sur le navire pourvu…

-Que tu ne traînes pas dans mes pattes.

Le travail de la maîtresse de la Marine Royale fut d’abord de relever approximativement tous les caps qui avaient été pris lors de l’échappée. Ensuite, elle détermina combien de temps, ils avaient été suivis, sur quelle distance approchée et parvint finalement au bout d’une heure et demie à tracer un cercle sur sa carte maritime où ils devaient se trouver. Neuf heures avaient passées depuis la fâcheuse rencontre, l’euphorie et la précipitation avaient disparues des rangs des marins : c’est ce que put constater la jeune femme en quittant sa cabine où elle s’était enfermée pour travailler. La vue de ses hommes, sang-froid même poursuivis par l’Hydre était une fierté énorme pour elle. Le moral de tout équipage dépend de son chef. Sans plus tarder elle allait remettre ses conclusions à la barre, écrites sur quelques parchemins lorsqu’un grand cri vint de la vigie.

-HYYYYDDDDRRRREEE !!!

Condra courut vers le bastingage mais ne la put tout d’abord voir. Plissant les yeux, elle aperçut au long, très loin, quelque chose sortant de l’eau.

-AUX ARMES !!!

Il n’y avait plus à fuir, les vents étaient faibles, les voiles tendues, et pis encore, l’équipage fatiguait. Il fallait faire face, au moins un court instant. L’Amiral donna l’ordre de vérifier les chaloupes, qu’elles puissent être mises à l’eau si besoin était. Pas pour elle bien entendu, elle n’abandonnerait jamais son fier bâtiment, son monument, si fille : l’Ecarlate. Il fallait qu’elle aille à la barre. Chemin faisant, à chacun qu’elle regardait, elle lançait un regard déterminé et, toujours on lui répondait par un regard équivalent, ses hommes seraient au rendez-vous. Elle donna ses conclusions à Sigmund à qui elle laissa la barre et fit réunir tout le monde au centre de navire. Les endormis se réveillaient et sortaient des chambrettes, armés déjà car ils s’étaient endormis dans la crainte.

Condra monta sur le gaillard d’avant et toisa ses marins. Tous, devaient être là, désormais. Elle les harangua d’une voix forte, arpentant de droite en gauche l’espace, les regardant tout à fait résolue, sabre au clair.

-Fiers marins, soldats ! Dit-elle. L’heure semble venue où nous ne pouvons plus fuir. Quel intérêt présente de toutes façons pour nous la fuite ? A nous l’épée, à nous le sabre et le bouclier et la lance et l’estoc ! Nous resterons dans l’Histoire du Monde comme l’équipage ayant vu et défait l’Hydre. La lutte est annoncée et ne peut tarder. Ensemble - nous nous connaissons bien- nous avons déjà eu affaire à des coriaces ennemis dans la Marine Marchande. Mais ceux-là ne sont rien en comparaison de celui qui nous guette aujourd’hui. Voyez comme il amène avec lui la tempête, la foudre et des cieux sombres.

Quand bien même nous nous en sortirions, sachez que certains d’entre nous mourrons et n’aurons de sépulture que les flots marins. Si tous les Hommes prenaient pareille mort, je puis vous assurer, à tous autant que vous êtes qu’il n’y aurait pas, nulle part en notre Monde de créature qui puisse oser insulter un Humain tant notre race serait grande.


Cependant, nous allons combattre, combattre cette légende et la vaincre. Nous vaincrons et si nous ne le pouvons, alors sachez qu’il n’est, ni ne sera jamais de navire capable de vaincre l’Hydre et que, jusqu’à la fin des temps elle terrorisera les mers. Admirez comme l’Ecarlate est bien parée. Songez aux carreaux provenant des nos balistes qui pointeront le bout de leurs nez hors des meurtrières basses de la coque. Songez à nos archers qui vont cribler cette bête immonde de traits et enfin songez à nos lances, nos sabres et nos haches sur toute chair que nous présentera la bête. Songez, oui, songez à l’océan rouge du sang de l’Hydre.

A ces mots elle s’arrêta, fit face à son équipage, et leva bien haut son sabre, comme à bout de bras.

-Alors allons et mâtons cette immonde chose.

Elle rabaissa le bras et ajouta, plus bas lorsque se tut l’immense clameur qui s’était levée.

-Ce soir, nous boirons j’espère ! Que ce soit au coté des Dieux ou quelque alcool afin d’encaisser ces événements, mais, nous boirons.

Condra donna ensuite des ordres. Je vais ici compléter la description de l’Ecarlate, cela sera sûrement utile. Le navire possède deux ponts, chose exceptionnelle et peut-être même unique sur Miradelphia, mais il faut bien que le navire phare de la Marine soit distinguable même pour l’œil novice. Sur les deux ponts, se tiennent fièrement 86 balistes, toutes en parfait état de marche puisqu’elles ont très peu, ou pas été usée. Les plus lourdes sont placées plus bas pour stabiliser le bâtiment.
L’artillerie est composée, pour la première batterie de 25 engins « courts » de 3m de long. Chacune de ces pièces pèse 1,5 tonne (1 pour l’arme lui-même et 0,5 pour l’affût de bois). Elles tirent des carreaux propulsés avec une vitesse extrême, une précision grande, une portée exemplaire mais une force d’impact moindre. Ceux-ci sortent à environ deux mètres au-dessus de l'eau.
Une catapulte à l'arrière est prévue pour tirer sur les chasseurs imprudents, c’est la pièce de retraite. A l’avant, une pièce de chasse à une fonction inverse. Ces deux pièces sont, par un système de poulies « enfoncées » dans la coque et doivent être « relevées » pour être utilisées.
La deuxième batterie est constituée de 30 balistes de 6 mètres de long. La troisième batterie, sur le pont principal, comporte 15 appareils longs de 5 mètres et 8 petites machines de 2,5 mètres de longueur. Enfin, trois balistes dorment sur le gaillard avant. Il s’en trouve autant sur le gaillard arrière.

Evidemment, la capacité de stockage de carreaux étant nettement insuffisante pour alimenter abondamment l’intégralité de l’artillerie, il est effectué un choix stratégique lors des tirs.
Condra avait à peine envoyé chacun à sa tache que l’Hydre, qui s’était un instant dissimulée sous les flots, sortit la mer avec force, dans un grand cri.

-ARCHERS !!!!

Les traits partirent et touchèrent régulièrement au but, mais la bête ne sembla pas même s’en rendre compte. Six têtes au total, une couleur pourpre et la bave aux lèvres. Condra s’empara de la barre et entrepris des manœuvres visant à protéger au mieux son bâtiment et à présenter les flancs afin de faciliter les balistiers.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Lun 1 Nov 2010 - 12:49

Voyez-vous cela! Le beau parleur qui perd sa verve, le gentleman qui se retrouve à balbutier tel un enfant découvrant ses premiers émois. La discussion s'arrêta là, Condra se contenter de hocher la tête et s'évanouit dans la nature... du moins à bord du navire, plantant le vagabond tourmenté en plein milieu. Il continua à barrer, le vague à l'âme. Que devait-il penser? Elle l'embrassait puis elle semblait ne plus s'intéresser à lui. Qu'elle mette au moins les choses au clair! Aventure passagère ou passion dévorante! Il ressassait ces pensées en boucle lorsque l'amirale revint, chargeant Sigmund de prendre la relève et conseilla à Altiom d'aller se reposer.
- Que tu ne traînes pas dans mes pattes, lui intima-t-elle, sur un ton qui laissait planer le doute quant à la nature de son injonction: ordre sec ou plaisanterie amicale? Qu'importe, il partit dans sa cabine et s'allongea sur sa couche, songeur. Il s'endormit finalement sans même s'en rendre compte, cauchemardant d'un hydre aux visages de son amirale, tantôt douce, tantôt rouge de colère. Voilà que même ses rêveries devenaient malsaines. Il se réveilla en sursaut, alerté par un cri de détresse: - HYYYYDDDDRRRREEE !!!
- Encore lui? Voilà qu'il se permet même de me couper en plein milieu d'une sieste! rumina-t-il tout en montant sur le pont, et d'un rêve saugrenu... disons que ça l'excuse. Il entendit son amie à la chevelure de braise appeler aux armes, tous les marins déboulèrent et se massèrent devant leur emblématique supérieure. Elle entama alors un discours où chacun pouvait trouver ce qu'il y cherchait. Un peu d'espoir, du courage, de la rage, des promesses de gloire. Tous virent leur moral remonter en flèche, c'est sans peur qu'ils allaient maintenant se jeter dans la bataille.
- Alors allons et mâtons cette immonde chose, cria-t-elle, déclenchant un véritable mugissement d'outre-monde de la part de l'équipage. Et lorsque le silence se fit de nouveau, elle ajouta: ce soir, nous boirons j’espère ! Que ce soit au coté des Dieux ou quelque alcool afin d’encaisser ces événements, mais, nous boirons. Une promesse qui réchauffait le cœur des matelots s'il en était.
Alors que Condra s'évertuait à donner et faire transmettre ses ordres tandis que tous se préparaient à l'affrontement, l'hydre se camoufla sous la surface.
Un silence de mort régnait sur le bâtiment, comme si celle-ci s'était dors et déjà emparée de son dû. La pluie se remit soudainement à tomber, plus drue encore qu'auparavant Bien-sûr le vent redoubla d'intensité et, comme si cela ne suffisait pas, le tonnerre fit un retour... fracassant. Dans l'attente la tension allait croissante. Un craquement sonore au loin, une poulie qui grinça, un mousse qui priait à demi-voix... Et subitement, une explosion d'éclaboussures à bâbord, une masse grandiose qui s'élève jusqu'aux cieux, et une absence absolue du moindre bruissement. La bête observe sa proie, l'équipage défie sa destinée. Et alors commence la bataille.


(L'image n'est là qu'à but illustratif, l'hydre est moins imposante IRP)
Dans un monstrueux concert de vociférations, la bête légendaire fondit sur la nef de guerre, fauchant les marins par grappes, endurant mille flèches qui ne parvenaient qu'à l'enrager davantage, se mouvant avec une rapidité telle que les carreaux des balistes ne pouvaient que manquer leur cible. Armé de la rapière réglementaire distribuée à chaque marin, Altiom n'en menait pas large. Il entendit un cri derrière lui, plus aiguë que les autres, jetant un regard au timon, il aperçut Condra aux prises avec l'une des têtes, tentant de garder la barre coûte que coûte. Elle faisait vaillamment face, parvenant toujours à manœuvrer malgré la menace. Guidé par ses sentiments, le vagabond courut à son aide. Une autre tête l'avait pris en chasse, exhalant son souffle puant derrière lui. Il tourna la tête sans arrêter sa course et réfléchit à un moyen de s'en débarrasser rapidement. Son regard se porta alternativement sur tout ce qui l'entourait: la voile! Freinant subitement, il défia l'animal mythique qui fondait sur lui. D'un coup de taille, il trancha net le cordage qui retenait la grand-voile et celle-ci s'affaissa de tout son long. L'hydre s'y fourra "tête la première", secouant disgracieusement du chef.
- Marins, achevez cette tête!! Transpercez-la!! héla-t-il. Bondissant sur leur victime, les matelots l'occirent à l'aide de lances, rapière, harpons et toute autre arme à disposition. Alors qu'elle lâchait un dernier souffle nauséabond, Altiom montait déjà l'escalier menant à la barre. Arrivant au devant du duel herculéen de la l'amirale flamboyante et de la fabuleuse hydre, il tomba en arrêt: comment la terrasser?
C'est alors que la bête lança sa charge finale, réagissant par instinct, le noble déchu s'élança sur Condra, la renversant au sol mais amortissant sa chute avec son dos, lui évitant ainsi un douloureux bleu... mais aussi et surtout la morsure fatale du monstre. Alors qu'il passait juste au dessus du gouvernail, le vagabond tira à lui de toutes ses forces sur les poignées, faisant tourner la barre à toute vitesse et fracassant de ce fait le museau de son adversaire. Profitant de son étourdissement momentané, il planta sa rapière à la transversale, rentrant par l'œil gauche et sortant de l'autre, perforant au passage son cervelas, acte épique qu'il rehaussa d'un:
COUCHÉ KIKI!!! des plus oniriques.
Se redressant avec vigueur, il tendit la main à son amie et l'aida à se relever, arborant son sourire charmeur, même en cette situation. Il ajouta:
si vous voulez bien m'excuser très chère, avant de s'en retourner et descendre jusqu'aux salles des pièces de bordée. Il chercha d'abord un cordage, sous le regard interloqué des artilleurs, puis il attacha sa prise à l'un des carreau que chargeaient les canonniers: messieurs, je vais attirer l'une des têtes devant votre baliste, lorsqu'elle sera à bout portant seulement vous tirerez, il faut être sûr de percer sa peau. Ils acquiescèrent, Altiom avait un plan -pour une fois- pour immobiliser l'ennemi et le priver d'un de ses avantages: la mobilité.
Il saisit une torche au passage tout en remontant. Arrivé sur le pont, il se plaça au dessus de la baliste au harpon et agita son flambeau, sous le regard médusé des autres marins, croyant à un acte de folie... ou de suicide:
CRÉATURE DÉMONIAQUE JE T'ORDONNE DE ME FAIRE FACE!!!! AFFRONTE-MOI SERPENT PUTRIDE!!! Il en rajoutait effectivement quelques peu, mais il s'était promis de mourir avec classe. Ses gesticulation finirent par attirer l'attention de la tête la plus proche. Celle-ci se rapprocha jusqu'à coller le bateau et se rua sur le voyageur, il sauta sur le côté mais ne put totalement éviter son assaillant, recevant un coup sur le flanc dont il ne ressentit pas immédiatement la douleur, il parvint à planter sa rapière et s'accrocher à lui malgré la souffrance, par la force de sa rage il tint bon. Et soudain la bête se cambra dans un cri inhumain, déchirant les tympan: la baliste avait fait feu! Enfin quelque chose se passait comme prévu! Revigoré par ce succès, Altiom se hissa à califourchon sur le cou de l'animal qui gigotait derechef. Il planta son arme dans l'œil droit, puis dans l'œil gauche, lui tirant deux nouveaux cris suraiguë. Mais alors qu'il retirait son arme pour achever le monstre, celui-ci ondula brusquement, envoyant valser son écuyer jusque contre le bastingage. La cécité de la bête avide de vengeance lui fut salutaire, incapable de retrouver son bourreau, elle frappa de son énorme tête la coque du navire, sans parvenir à se défaire de l'étreinte du harpon.
Relevant difficilement la tête, le noble déchu n'aperçut qu'un vague brouillard rougeoyant et des sons étouffés, le goût du sang et un profond vertige. Sonné par le choc de sa chute, le liquide écarlate lui coulant dans les yeux et la bouche et ses côtes le meurtrissant, il sombra dans l'inconscience.

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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Mar 2 Nov 2010 - 0:00

L’hydre était loin d’être vaincue. Dans sa colère et sa douleur, elle assena une bonne dizaine de violent coups sur la coque. Condra se surpris à prier pour que son bâtiment tienne.

-Par l’Enfer, rugit Condra au beau milieu de la tempête. Tenez bon !! Tenez bon !

Elle tenait bon, et bien fermement la barre. Les assauts répétés d’Altiom lui avaient permis de donner flanc aux balistiers qui avaient largement abreuvé l’ignoble monstre de carreaux. Ceux-ci commençaient à faire quelques effets. Heureusement, car ils ne restait plus de salves à volonté. Elle n’avait pas vu Altiom chuter. Sigmund, lui, l’avait vu et s’était précipité au secours du vagabond. Que diable fallait-il encore faire ?

Elle vit du coin de l’œil, Sigmund se faire arracher un bras d’un coup de dent mal placé. En effet, après avoir mis le nobliaux en lieu sûr, il était revenu sur le devant de la scène et avait pris à parti l’une des têtes de la bête. Celle-ci avait été abondamment criblée, ce qui lui donnait un drôle d’air. Comme une sorte de joue mal rasée. Le second, portant le grade de Capitaine de Vaisseau, bien qu’il officia à bord de l’Ecarlate en tant que simple second, était un marin chevronné. Rencontrer l’Hydre ne serait qu’une étape de plus dans sa vie, s’il devait n’en rester qu’un à survivre, ce serait celui là. Et ce bien qu’il se battait à découvert et avait perdu le bras gauche. De l’ouverture béante, le sang coulait considérablement. Mais le brave homme, marin au grand cœur et au courage exemplaire, voyant ainsi son bras arraché, tituba et, héroïquement, récupéra une lance abandonnée là par un des marins tués et continua à combattre, dos au bastingage, la tête qui le harcelait. Condra n’hésita pas, elle s’empara d’un grand cimeterre, le pris à deux mains et trancha en trois coups monumentaux, d’une force dont elle ne se serait pas cru capable, le cou de l’Hydre. Le premier fut donné alors que la gorge se tenait à l’horizontale, devant l’Amiral. L’Ardente sauta et frappa. Une effusion faible de sang jaillit lui obscurcissant la vue, en même temps que cette tête poussa un cri et voulut se redresser. Condra ne lui en laissa pas davantage le loisir. Elle frappa derechef. Le sang l’arrosa de plus belle. Elle cogna une troisième fois et, bien qu’elle n’eut pas tranché tous les tendons, la tête tomba lourdement sur le pont du navire lorsque, d’un trop brusque mouvement l’Hydre força sur le cou pour relever le chef.

-Sigmund, ne reste pas là, va t’abriter à l’intérieur, si tu continues à perdre du sang, tu es mort.

Afin que son meilleur homme ne fit pas d’action inconsidérée, elle l’attrapa fermement alors qu’il titubait, bégayait et divaguait. Cela n’empêcha pas l’Amiral de traîner son fardeau jusqu’à sa cabine, où elle le jeta sur son propre lit. Ensuite, elle se saisit des deux sabres d’abordages qu’elle y avait laissé. D’ordinaire, ils ne lui servaient pas à affronter l’Hydre mais, en temps utiles, ils avaient cette fonction. Lorsqu’elle ressortit, il y avait de l’eau plein sur le pont, jusqu’à hauteur de chevilles. Des cales, on remontait lui dire que :

-Amiral, l’eau est montée, elle donne jusqu’à la taille.

-Un trou dans la coque ?

-Je ne crois pas, répondit l’homme, un brave Nelennien au regard rude et à l’accent marqué. Il s’appelait Naeth et s’était battu avec courage chaque fois que Condra avait lutté à ses côtés.

-Tant mieux. Si nous sommes percés, autant rendre nos âmes dès maintenant. Viens avec moi et appelle tout ceux que tu trouveras. Je veux que tu sois avec moi dans… 5 minutes devant la Dunette. J’ai quelque affaire là. Et amène les meilleurs hommes que tu croiseras avec toi.

Elle le laissa s’éloigner, puis le rappela.

-Naeth ?

-Amiral ?

-N’amène que des gens prêts à mourir, dit-elle d’un air sombre.

Et elle descendit à son tour au niveau de la première batterie de balistes. Il fallait presque nager. La progression était difficile et par endroits, l’eau se teintait de rouge. Il y avait également, au fond, inerte, des objets qui avaient des hommes. Qui avaient été ses hommes. Condra avait du mal à croire que l’on puisse si vite passer de la vie à la mort. Qu’à cela ne tienne, il fallait qu’elle continue pour que ceux qui vivaient encore continuent à demeurer en ce monde. Parvenue à la première batterie – ici il faisait encore plus ou moins sec, suffisamment du moins pour pouvoir marcher correctement- elle ordonna que soient chargés toutes les pièces de cette artillerie-ci.

-Mais surtout attendez mon signal avant de faire feu. C’est bien clair ?

-Oui Amiral, fit l’un des artilleurs, mais quel est-il ?

-Vous le reconnaître en temps voulu. Je l’ignore encore moi-même. Combien vous reste-il de munitions ?

-Environ de quoi faire encore deux bordées.

-Bien, une fois que m’aurez servie, envoyez ceux qui restent s’il le faut, comme bon vous semblera.

Et elle remonta sur le pont où l’Hydre, commençait à faire pâle figure. Mais les rangs des marins n’étaient guère enviables. La plupart étaient blessés, beaucoup étaient morts et certains aveint basculés dans la mer, des cordes leurs étaient été envoyées et certains tentaient de remonter sur le navire, dos à l’Hydre qui les harcelait. Condra perdit un sabre en route mais ne le ramassa pas. Au Diable !

-NAETH !!
Cria-t-elle en arrivant au rendez-vous. Bien, nous sommes, huit, voilà qui est bien. Que ceux d’entre vous qui avez un arc nous couvrent comme ils le peuvent, Naeth et Emeric, avec moi. Les autres, allez mourir ailleurs ! Sabre au clair, les gars, on va lui en faire baver.

Elle leur expliqua rapidement un plan aux allures peu réalistes. Ce faisant, elle grimpa sur le bastingage, accrochée aux cordages et admira le monstre. Quelle épopée ! Allez go !! Et Condra Yacer de Yisien sauta à la mer. Naeth et Emeric hésitèrent et suivirent. Dans sa chute, elle avait emporté un long cordage, attaché elle ne savait où, rompu par quelque assaut. Celui-ci s’était déroulé et se déroulait encore. L’eau était glaciale. Heureusement, elle avait son armure. Evidemment on ne peut nager en armure, cependant les armures marines ont cette faculté d’être légère et, s’il est plus facile de nager sans, il est aussi possible de nager avec. Elle brassa jusqu’à l’Hydre -quoique la tempête l’obligea surtout à rejoindre l’œil qui n’était autre que la légendaire apparition –, planta son sabre dans la chair, profondément et y attacha la corde. Emeric se précipita vers elle. Il lui sauva la vie. Un dangereux coup, asséné par l’Hydre à Condra fut reçu par lui et l’envoya par le fond. Naeth avait pris le parti de l’escalade conformément au plan. Il se tracta à la force de ses poignets sous le cou de l’Hydre, mille fois héroïque, et manqua de se faire écraser par une tête. Lorsque le gaillard fut de l'autre côté de la bête, Condra déroula sa corde et la jeta par dessus le dos du « dragon », c’était simple mainteannt qu’elle avait une attache.

-NŒUD !!!!!!

L’autre ne semblait pas comprendre de là-haut.

-TU ES MARIN PAR LES COUILLES DE MOGAR !! FAIS MOI UN NŒUD SOLIDE !!!

Naeth jurerait après avoir compris le mot « couille » et l’avoir assimilé à nœud aussitôt. Peu importe, l’important est qu’il fit ce nœud, un bon nœud comme savent en faire tous les marins de tous les temps. Elle tint fermement son bout de corde tandis que Naeth attrapait l'autre bout, et l'enroulait autour de son bras. Enfin, elle se hissa de toutes ses forces pour remonter sur le dos de l’hydre qui, désormais complètement empêtrée ne pouvait plus guère bouger. La corde rompit trop tôt mais ce n’était pas grave en somme. Condra planta un poignard dans la chair du Monstre et s’en servit pour se hisser au niveau de la tête centrale. Pourvu que la Légende dise vrai !! Elle sortit alors son sabre d’apparat, celui qui trônait toujours à son côté et l’enfonça de deux tiers dans le cou , la gorge où, appelez ça comme vous voudrez, de l’Hydre. Un flot de sang jaillit qui la fit chuter du haut de son perchoir jusque dans l’eau. Naeth s’était accroché, lorsque la corde avait rompu à une cordage pendant du bateau afin d’aider les tombés du navire. Il sauta, ramassa Condra et l’aida à attraper à son tour une de ces cordes.

-Voyez Amiral, l’Hydre se masse, regardez comme elle se tortille. Elle va nous foncer sur le navire. Nous sommes finit !!

Merde !!!

L’Amiral eut une idée lumineuse, soudain. Elle pouvait voir les meurtrières de la première batterie, à quelques mètres de l’endroit où elle s’accrochait désespérément à sa corde, juste en face d’un Hydre furieuse. Il suffisait juste d’un signal. Elle pris sa deuxième dague et la visa la meurtrière. Raté !! Nooonn… Comment faire ? !!! Elle se tourna vers Naeth.

-Donne moi une dague !! ! Vite Quelque chose à jeter.

-A jeter ?

Celui la regarda, décontenancé.

-N’IMPORTE QUOI !

-Mais, je n’ai rien.

Alors, dans le ciel, un nouvel éclat d’or, de feu et de flammes se fit. Il éclairait l’azur, assurant de son existence les simples mortels qui parcourent ce monde. Et vola bas, très près de l’eau, fila telle une étoile, tel le premier des Chevaliers, Orömé sur son Pégase doré selon la légende, défaire les hordes d’ennemis, fila devant la première batterie, fila comme un dieu, fila comme file l’avenir et la mort si vite parmi les Hommes mortels. Quel signal !!! Vingt-cinq carreaux furent tirés et, comme le miracle confirmait que « jamais deux sans trois », il repassa en sens inverses, filant, enflammant les traits et plongeant l’Hydre sous les mers. Assurément elle n’était pas morte. C’eut été triste, presque que de la tuer, mais elle s’enfuit, régénérer ses têtes comme selon la légende. Et le Phénix disparut. Il disparut, retourna aux rêves et aux mythes.

Condra, à la force de ses bras épuisés se remonta sur son vaisseau. Elle fut aidé par et accueillie par ses hommes en liesse lorsqu’elle franchit le parapet. Tournée vers tout son équipage, adossée à coté de Naeth, dos à la mer, elle les regardait tous et tous la regardaient.

-Diable, qu’il est bon de rentrer chez soi.

Une grande, très grande clameur fut poussée qui monta aux cieux. Comme les Hommes sont heureux de vivre. Mais la liesse fut de courte durée. Il fallait évaluer les dégâts, vider l’eau infiltrée, colmater d’éventuelles fuites, soigner les plus gravement touchés, sauver les réserves de nourriture et d’eau potable, déterminer où l’on était, à combien de temps du port le plus proche. Ce furent les ordres de Condra dès que la clameur se fut tue. Elle-même avait plusieurs côtes fêlées mais rien de grave. Le médecin de bord, Binhon, fut mis à rude épreuve. Ce n’était pas le meilleur des médecins du monde, mais il savait son travail et le fit honnêtement. De tous les blessés, quatre moururent dans l’heure, deux le lendemain et trois le surlendemain. Les autres s’en sortirent plus ou moins bien. Mais n’allons pas trop vite dans le temps. Condra, deux heures après la victoire, retrouva leur cap et, au bout de huit jours, ils purent mouiller, non point à Nelen sur l’île principale, mais sur l’îlot le plus à l’Ouest de l’Archipel car les événements les avaient fait dévier de leur trajectoire. Aussitôt le cap remis, les travaux de remise en état du navire s’intensifièrent : les voiles abîmées ou couchées furent relevées, « Juste Altiom » fut largement critiqué et fut forcé de préparer le repas pour la fête organisée à la fin du voyage. La tête de l’Hydre tranchée par Condra fut bien entendu conservée en guise de preuve irréfutable de la rencontre et les comptes Humains furent faits. Elle les annonça tristement au soir, son bras droit était en écharpe, Binhon ayant diagnostiqué qu’il y avait cassure ou rupture, elle avait également un bandeau au niveau du front et des bandages aux jambes.

-Compagnons, dit-elle sur le pont,face à ses hommes rassemblés devant elle (du moins ceux qui le pouvaient). Je suis heureuse que nous nous en soyons sortis. Je suis…Fière de nous. De vous ! Soyez heureux, retourner à vos femmes, vertueuses ou non, fiers. Retournez à vos enfants, fiers. Soyez fiers ! Nous avons vaincu l’Hydre. Certes, je ne la crois pas morte et c’est peut-être finalement mieux ainsi. Bien sûr, malheureusement, cela ne fut pas sans pertes. Nous étions deux cent vingt-cinq à quitter le port d’Ydrill, nous ne sommes plus que cent treize.

Condra baissa la tête.

-A notre arrivée, nous honorerons la mémoire des morts en livrant aux flots un navire où chacun d’entre nous aura déposé sa meilleure arme. C’est une vieille coutume et nous la respecterons ! Offrons à nos camarades tombés au combat de quoi se défendre contre les méandres de la mer. Eofatil, Maître principal 1ere classe, est tombé dans protégeant de son corps, en faisant rempart de sa vie nos réserves d’eau potable. Je souhaite que vous lui rendiez hommages comme aux autres, mais en pensant à son nom parmi la masse. Et… J’ai personnellement une dette. Une dette envers Emeric, Enseigne de vaisseau de première classe, qui a cédé sa vie la où la mienne aurais du passer. Il a fait rempart de son corps, lui aussi, à un coup de l’hydre et à été envoyé par le fond.

Beaucoup d’entre nous sont blessés. Tous… Ou presque. Regardez Sigmund qui n’aura plus jamais la même vie sans ses deux bras. Regardez Othon qui a perdu un oeil et Alhen qui en plus d’avoir perdu un œil devra être amputé de la jambe demain matin par notre doc. Et le Doc lui-même qui à son oreille sectionnée. Nous sommes mutilés !!

Telle est la dure vie en mer, soyons-en fiers !


Nos réserves de nourritures ne sont pas au mieux mais nous tiendrons, la mer regorge de poissons et il nous reste deux chaloupes. Quant à l’eau ça pourrait être pire mais ça pourrait être mieux. Nous allons rationner et tiendront jusqu’à dix jours. Je pense qu’il en faudra neuf, huit si nous nous allons vite. En attendant, je vous l’ai promis avant la lutte !! Allez aux caves et remontez moi de quoi boire aux Dieux qui ont se faire une sacré partie de poker pour avoir nos têtes, mais je crois qu’aucun d’eux ne veux d’une bande de chacals comme nous autres !!!


Dernière édition par Condra de Yisien le Mar 2 Nov 2010 - 21:27, édité 1 fois
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Mar 2 Nov 2010 - 20:43

Il faisait sombre et plutôt froid... humide.. et cette douleur! Altiom se releva d'un bond, croyant encore subir les assaut de la bête, du moins s'assit-il sur sa couche sans pouvoir pleinement se redresser. Ses côtes le lançaient affreusement, la charge de l'hydre et sa chute brutale avait eut raison de plusieurs d'entre elles. Par ici les jours, les semaines entières à rester cloué à un lit! Adieu les longs voyages à travers Miradeplhia, adieu les belles jouvencelles... Il parvint finalement à se hisser à un barreau de l'échelle du lit superposé. Son mal de crâne se réveilla soudainement... il ne manquait plus que ça. Il marcha sur quelques pas. Bon, au moins ses jambes n'avaient rien, elles. Croisant un marin, il lui demanda depuis combien de temps il était ainsi convalescent: plus de trois jours! Ils naviguèrent ainsi cinq autres longues journées durant, sympathisant avec les marins, le vagabond se sentait apaisé. Bien que vivement décrié quant à sa forte contribution à la ruine de la magnifique grand-voile de l'Écarlate. Un acte peut-être irraisonné, mais qui avait sauvé des vies. Bah, il ne s'en souciait guère et ne chercha pas même à se défendre des accusations, tant qu'elles ne comportaient pas le mot "traître" ou "félon".
Ils accostèrent sur une île de sable fin, colonisé par un petit bosquet de palmiers et autres arbres exotiques, n'apparaissant probablement que sur les cartes locales les plus pointilleuses. Étrange et inquiétante sous le Voile, elle aurait été d'une telle majesté par ce ciel exempt de nuages désormais. Il descendit du navire, non pour aider les matelots aux réparations de la coque mais pour marcher un peu, explorant le sous-bois. Il surpris un étrange petit être au abords d'une source intérieure. Il reconnut-là un membre du Petit Peuple. Voilà des années qu'il n'avait pas rencontré de fée! Et à vrai dire, cela ne s'était produit qu'une seule fois. Il ne chercha pas à rattraper l'espiègle personnage, se contentant de l'observer virevolter de-ci de-là et finalement disparaître derrière une souche moussue. Il aimait cette île. Secrète et sauvage, ne révélant sa beauté intérieure qu'à celui qui saurait s'en montrer digne. Cela lui rappelait presque Condra. Il but un peu de l'eau fraîche et claire, la nature lui avait tant manqué...
Il s'éveilla, couché sur le tapis sylvestre, voilà qu'il s'était endormi sans même s'en rendre compte! Il courut jusqu'au bateau, espérant n'avoir pas inquiété l'équipage inutilement et fut rassuré de voir ses camarades toujours à leur œuvre.


Le navire repris la mer. En guise de châtiment, Altiom dut préparer un véritable festin pour les hommes de Condra, mais pour une sanction, elle était plutôt agréable. Il plaisanta d'ailleurs à ce propos en faisant remarquer à son amirale qu'il aurait préféré qu'elle se "charge elle-même de lui administrer sa punition". Il cuisina cette fois-ci d'appétissants gratins de pommes de terre au saumon fumé, baignant dans une crème épaisse et recouvert d'une croûte de fromage roussit. Le repas tint donc finalement plus du banquet royal que du simple casse-dalle, pour le plus grand bonheur de ces messieurs, épongeant ses déboires relatifs à ce fâcheux morceau de tissu.
Puis le soir vint, l'amirale entama alors un discours réconfortant bien qu'empli de tristesse, mais toutefois nécessaire. Les matelots devaient faire leur deuil, avancer et ne pas se laisser envahir par les fantômes du passé. Mais son pamphlet n'était pas destiné à finir sur une mauvaise note, et lorsqu'elle manda ses hommes de remonter la promesse d'une nuit festive et endiablée une véritable ovation lui fut faite. Vin, whisky, cognac, eau-de-vie, tord-boyaux!! De quoi fêter dignement cette victoire si durement acquise!! Ainsi démarra cette soirée qui s'annonçait prometteuse, doucement d'abord, puis plus agitée à mesure que le spiritueux faisait son effet.
Grisé, le noble déchu reprenait avec ses compères de joyeuses chansons de marin, contant mille et une merveilles, aventures trépidantes et autres combats épiques contre les forces déchaînées de la nature... et d'autres les exploits tout aussi épiques de matelots et de demoiselles du port... toutes aussi déchaînées... Il lança son lot habituel de vannes salaces, quoiqu'un tantinet plus abondantes que de coutume sous l'effet de l'alcool. Riant de bon cœur avec ses comparses, leur envoyant de chaleureuses tapes dans le dos, trinquant à tout va. L'un des joyeux drille sortit un luth de sa cabine, entonnant une mélodie entêtante, accompagné de deux autres musiciens (dont notre voyageur aux percus). Il demanda à l'un des danseurs de prendre sa place en apercevant sa bien-aimée et se présenta à elle en lui tendant la main, le regard pétillant et le visage illuminé d'un large sourire:
m'offrirez-vous cette danse, amirale? demanda-t-il d'un ton suave.
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Mar 2 Nov 2010 - 23:24

Grâce au « réapprovisionnement » effectué auprès des rares habitants de la presqu’île qui purent leur vendre tout ce que leur îlot comptait de denrées en quantité suffisante, Juste Altiom et le maître » coq furent mis à rude contribution. Il fallait préparer un repas digne de ce nom. Ils s’y attelèrent dès que le navire appareilla à nouveau. Au final, ils n’avaient mouillé sur cette petite île de l’archipel de Nelen que très peu de temps afin de pouvoir honorer grandement la réussite du voyage et de profiter belles festivités au plus vite. Pour la circonstance, chacun s’attelait à une tache. Ceux qui n’étaient pas aux cuisines, achevaient les dernières réparations du navire et seule la grand-voile demeurait rabibochée à la hâte car elle ne pourrait être réparée que sur l’île principale. Le soir tombait lentement, devant le navire voguant vers l’horizon et la plus grande île de l’archipel, le soleil achevait sa course dans une magnifique explosion de crépuscule, une grande beauté s’étalait sur la mer et teintait d’orange les eaux de l’océan. L’équipage connaissait bien Condra, elle ne le surprit pas. Elle avait fait disposer sur trois barques au milieu de pont, les corps qu’ils avaient pu conserver de leurs camarades tombés. Au fond de chacune d’elles, il y avait un petit trou afin d’ « emmerer » ces braves qui étaient tombés vaillamment et dont les noms seraient inscrits sur les stalles. Condra tenait elle-même à envoyer chacune des missives pour prévenir les familles que leur frère, père, fils, cousin, neveu était mort en héros. Et il était hors de question qu’elle livre une prose sans vague, sans feu ni flammes, sans tonalité, et standardisée. Chaque famille aurait un mot différent, écrit directement de la main de l’Amiral et signé par elle des armoiries royales et de la marine. Certes la médaille que recevrait chaque famille ne valait guère que son poids en or et Condra espérait que les familles n’hésiteraient pas à faire marcher les forges. De toutes ses décorations non primordiales pour accéder à certains lieux, elle avait fat ainsi. Qu’importent les métaux comparés aux faits d’armes ?

Les barques avaient été soigneusement préparées et disposées cote à cote, au centre du pont, Condra ouvrirait les festivités près de ces « cercueils ». Les cadavres étaient maintenus aux barques par des ficelles qui s’éroderaient assez rapidement et laisseraient voguer les débris d’Hommes au large. Les trois barques étaient également liées par de la corde, plus solide en revanche. Aux pieds des morts, allongés dans les bateaux, des « débris » de l’Hydre amassés ( la tête coupées n’y était bien sur pas » y étaient entassés et y seraient brûlés. Il restait de la place pour que chacun puisse distribuer une arme évidemment. L’heure vint, c’était à la nuit tombée. L’on alluma les lanternes. J’ai déjà retranscrit la première partie du discours que fit Condra, il m’apparaît inutile de recommencer. Voilà cependant, telle qu’elle fut prononcée, la seconde partie. A cet instant, les marins remontaient, sans les ouvrir néanmoins, tonneaux, bouteilles par caisses entières, biscuits secs pour faire passer les boissons spiritueuses trop vieillies et tout ce qui pouvait trouver sa fonction à pareille beuverie. S’approchant enfin du centre du pont – elle s’était tenue jusque là à l’écart, près du gaillard avant -, Condra dit ceci


-Allons, braves hommes, chantons et buvons maintenant ! L’heure est à la Grand-fête !

Elle leva haut une lanterne qu’elle avait saisi plus tôt et, alors que comme par une compréhensions tacite les marins qui étaient musiciens commençaient à jouer – elle entonna un refrain fort célèbre qui, s’il a probablement quelque peu évolué de nos à gardé le même entrain .Voici les paroles telles qu’elle les chanta et probablement telles qu’elles furent écrites jadis. Vous comme moi en connaissons une version quelque peu différente

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C'est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau
Hisse et ho, Santiano
Dix huit nœuds, quatre cent tonneaux
Je suis fier d'y être matelot

Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hisse et ho, Santiano
Pour Diantra toujours droit devant
Nous irons de l’Olienne sur l’Eris, Oh !

Je pars pour de longs mois en laissant Margot
Hisse et ho, Santiano
D'y penser j'avais le cœur gros
En voguant droit devant sur l'océan, Oh !

Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hisse et ho, Santiano
Pour Diantra toujours droit devant
Nous irons de l’Olienne sur l’Eris, Oh !

Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hisse et ho, Santiano
Pour Diantra toujours droit devant
Nous irons de l’Olienne sur l’Eris, Oh !

On prétend que là-bas l'argent coule à flots
Hisse et ho, Santiano
On trouve l'or au fond des ruisseaux
J'en ramènerai plusieurs lingots

Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hisse et ho, Santiano
Pour Diantra toujours droit devant
Nous irons de l’Olienne sur l’Eris, Oh !

Un jour, je reviendrai chargé de cadeaux
Hisse et ho, Santiano
Au pays, j'irai voir Margot
A son doigt, je passerai l'anneau

Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hisse et ho, Santiano
Pour Diantra toujours droit devant
Nous irons de l’Olienne sur l’Eris, Oh !

Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Tiens bon le cap tiens bon le flot
Hisse et ho, Santiano
Sur la mer qui fait le gros dos
Nous irons de l’Olienne sur l’Eris, Oh !

Condra pris le dernier des sabres qui lui restait, de fait, il devenait forcément sa meilleure arme et le mis dans une des barques. Elle s’était tue des le premier couplet mais les autres avaient continués. Une file fut faite et, très rapidement chaque embarcation fut emplie de présent. Les morts furent mis à l’eau. Ils ne tardèrent pas à disparaître à l’horizon et, enfin, la fête pris de l’ampleur. L’Amiral se jeta sur une pinte emplie d’une bière délicieuse et bien mousseuse. Une fois cette pinte vidée, elle enchaîna comme tout le monde. Très vite, comme le reste de la population du navire, elle eut la tête tournante. Aussitôt, elle fut plein encline à chanter, à danser et à rire. A l’exercice du boire, elle savait s’y prendre et s’y montra plutôt adroite. Boire pour oublier la mort et le caractère éphémère de la vie. Boire pour s’amuser et fêter bien amèrement un événement. Il y eu bien d’autres chants et tous vous sont sans doute connus, d’air sinon de paroles. Ils ont tous un air familier à l’oreille. Certains étaient entonnés gravement depuis la vigie, d’autres résonnaient dans les cales avec des accents de beuverieS. C’était l’anarchie totale à bord. Les vents, quasi nuls faisaient que l’Ecarlate faisait quasiment du sur place. Il y avait des corps étendus, ivres mort en tous lieux et rares étaient ceux qui ne s’étaient pas penchés pour vomir par-dessus bord. Partie dans une danse avec Sigmund « n’a qu’un bras » (chose ardue quand on a des cotes fêlées et une bras en écharpe), elle entonna plusieurs airs.


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J'ai bourlingué de par le monde
Hardi les gars, ohé les gars,
Sur toutes les mers de la mappemonde
J'ai frôlé mille fois le trépas
J'ai commandé des brigantines
Hardi les gars, ohé les gars,
Elles filaient des noeuds, les mâtines,
Sous le vent, il fallait voir ça
Hardi les gars, ohé les gars

La fête continua. La nuit se prolongea, les réserves d’alcool diminuaient.

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-M'offrirez-vous cette danse, amirale?

Condra eut un sourire jusqu’aux oreilles. Juste Altiom ?!

-Bien entendu. Allez hop ! Dans la ronde, feignant, s’écria-t-elle en riant, Je commençais à me demander si tu allais te décider. Sigmund, le devoir m’appelle, une autre fois.

Le second ne semblait pas l’entendre, tant il était occupé à vider un tonneau de rhum, allongé sur le dos, son bras unique fort occupé à actionner le fut. Condra, même sous l’effet de l’alcool – quoique bouger la fit dégriser quelque peu -, demeurait pleine d’énergie. Elle entraîna son infortuné cavalier dans une danse à grands pas et à toute vitesse, le fit trébucher, trébucha. C’était volontaire. Les dames de la mer font souvent ce genre de plaisanteries qui les amusent beaucoup, elles et leur équipage lorsque cela permet de ridiculiser un pauvre bougre vagabond.

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La musique avait changée. Doucement, sans que cela ne fut trop visible, Condra guida la danse hors du pont, attirant dans ses mouvements son cavalier vers la barre où personne ne se tenait. Au passage, elle attrapa un verre qu’elle vida promptement. Lorsqu’ils furent tous deux au niveau du gouvernail, l’Amiral dit

-Alors ? Que fait-on ?je compte faire réparer l’Ecarlate ici. Rester peut-être… Mmmh quatre ou cinq jours, régler l’affaire pour laquelle je suis venue ici et embaucher deux ou trois marins. Nul doute que tu es le bienvenue si tu souhaites faire partie de mon équipage de manière plus officielle.

Elle laissa un silence puis reprit.

-Tu es un vagabond solitaire, c’est cela ? J’imagine bien que l’aventure dans l’armée ne te tente guère. Hé bien, sache que je me rendrai à terre dès que j’aurai quitté Nelen et que l’Ecarlate mouillera à l’est du royaume. Reviendras-tu avec nous sur le continent ?



Dernière édition par Condra de Yisien le Sam 6 Nov 2010 - 21:20, édité 1 fois
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Jeu 4 Nov 2010 - 16:03

Le sourire radieux de Condra ne laissait pas planer de doute sur sa réponse, elle accepta sa proposition avec enthousiasme: bien entendu. Allez hop ! Dans la ronde, feignant. Je commençais à me demander si tu allais te décider. Sigmund, le devoir m’appelle, une autre fois. L'ardente amirale entraîna le vagabond dans une danse endiablée, virevoltante, transcendante! Les yeux dans les yeux -malgré l'alcool qui rendait l'opération quelque peu ardue- le couple tournoyait sur le pont, cabriolant au gré des airs traditionnels marins, sous le ciel constellé, dont l'éclat des étoiles se trouvait ravivé par l'absence de lune. Elle vacilla alors, basculant en arrière et entraîna avec elle son cavalier, provoquant l'euphorie de l'équipage. Altiom et sa camarade eux aussi rirent de bon cœur. Allongé sur celle-ci, il roula de côté et l'aida à se relever, tous deux hilares.
La danse reprit et sans même qu'il s'en rende vraiment compte, son amie l'emporta lentement jusqu'au timon, vidant d'une traite un verre plein qui eut le malheur de traîner là. Avait-elle besoin de se donner du courage pour quelque douloureuse question? Arrivés à la barre, elle lui demanda:
alors ? Que fait-on ?je compte faire réparer l’Ecarlate ici. Rester peut-être… Mmmh quatre ou cinq jours, régler l’affaire pour laquelle je suis venue ici et embaucher deux ou trois marins. Nul doute que tu es le bienvenue si tu souhaites faire partie de mon équipage de manière plus officielle. Elle fit silence quelques instants, le sourire du voyageur se mua en une moue grave et résignée, puis reprit: tu es un vagabond solitaire, c’est cela ? J’imagine bien que l’aventure dans l’armée ne te tente guère. Hé bien, sache que je me rendrai à terre dès que j’aurai quitté Nelen et que l’Ecarlate mouillera à l’est du royaume. Reviendras-tu avec nous sur le continent ? L'intéressé réfléchit quelques secondes. Il avait eu besoin de faire le point ailleurs, de prendre du temps pour lui, pour se préparer... sa vengeance ne serait pas aisée et il savait que se précipiter ne le conduirait qu'à l'échec. Alors pourquoi se presser?
- Oui. Oui je... c'est... la meilleure chose à faire. Si ma raison me pousse à fuir cette profession rangée et routinière qu'est la marine, mon cœur m'exhorte à rester à vos côtés, et c'est lui que je suivrai. Tandis que ses yeux se mettaient à briller d'une lueur malicieuse, il ajouta: Et si je dois suivre mes sentiments, j'espère que vous me pardonnez pour... ceci. Alors, sans prévenir, il saisit délicatement son visage entre ses deux mains, effleurant ses joues de tendres caresses et s'approcha pour l'embrasser. Il insuffla dans son baiser toute la douceur que contenait son cœur, toute l'affection qu'il ressentait pour son amie et tout le désir qu'il éprouvait à son égard, tout en l'enlaçant maintenant toute entière de ses bras dans une chaude et lascive étreinte. Il rouvrit les yeux et plongea son regard azuré dans le sien d'un bleu profond, tel une lagune dans l'océan. Celui-ci n'exprimait qu'une unique chose: et maintenant?

Spoiler:
 


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Lun 13 Déc 2010 - 15:28, édité 1 fois
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Sam 6 Nov 2010 - 22:31

Condra rendait bien les yeux que lui offraient son désormais amant. Ce n’était pas forcément quelque chose qu’elle faisait souvent, mais il était vrai que l’on pouvait dire que ce n’était jamais arrivé. La vie en mer est une vie où l’on est constamment entouré d’hommes souvent vigoureux, parfois peu plaisants, mais il se trouve des exceptions. Et quo ide mieux qu’un navire pour attirer et les foudres des amours, et le penchant de la poésie passionnelle. Condra n’avait guère bougé et elle continuait – si l’on peut dire cela ainsi – à ne pas se mouvoir. Les choses s’étaient un peu emballées. Mais bon ! Pour cette soirée, ils pouvaient bien s’amuser. Il leur restait toute la traversée du retour pour rationaliser ça. Et puis après… L’alcool leur étant monté à la tête, une réflexion et un mûrissement s’imposaient. La nuit se faisait fraîche et Condra frissonna. Il lui fallait à boire pour lutter contre les vents frais qui descendaient du Nord malgré l’air plutôt chaud habituellement. Elle fit un sourire large à Altiom et puis lui parla :

-Juste Altiom, je crois que l’on va pouvoir se tutoyer désormais. Enfin, attends. Tant que tu t’adresses à moi, en revanche si tu dois parler à un Amiral, le vouvoiement est de mise. C’est très important.

Elle éclata de rire et l’embrassa à nouveau, ramenant contre elle son matelot.

-Une fois de retour à Langehack, nous mouillerons à Merval, dans la baronnie éponyme. Il m’apparaît que cela nous prendra uniquement quelques jours, et sans risques. J’y laisserais mon navire en rade et remonterai à Diantra m’enquérir de ce que dit la nouvelle dans la ville. Libre à toi de m’accompagner tant que tu le voudras sur les routes.

La jeune femme observant Altiom depuis quelques instants, elle lui posa cette question :

-Qu’est-ce que tu as ? J’ai comme l’impression que tu veux à tout prix savoir quelque chose ? Je me trompe ? Auquel cas, il faudra m’expliquer car la fumée n’est pas sans feu. J’ai comme l’impression que tu veux savoir quelque chose que je ne parviens pas à cerner tout à fait.

Condra se leva. Elle s’était dégagée facilement de l’étreinte. A présent à plissait les yeux, comme pour revoir l’Hydre qui leur avait causé tant de maux. Elle réfléchissait à ce qu’allait choisir Altiom et quand est-ce que leurs chemins prendraient des directions opposées. Non que cela l’inquiétât. Elle savait pertinemment que s’ils se cherchaient, ils se trouveraient.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Dim 7 Nov 2010 - 21:12


Tell me, if we sleep together
Would it make it any better?
If we sleep together
Would you be my friend forever?
Alors qu'il attendait sa réaction, l'ardente amirale lança: Juste Altiom, je crois que l’on va pouvoir se tutoyer désormais. Enfin, attends. Tant que tu t’adresses à moi, en revanche si tu dois parler à un Amiral, le vouvoiement est de mise. C’est très important. Effectivement, il comprenait tout-à-fait, et opina du chef. Son amie éclata d'un rire cristallin avant de lui rendre son baiser. Puis elle continua: une fois de retour à Langehack, nous mouillerons à Merval, dans la baronnie éponyme. Il m’apparaît que cela nous prendra uniquement quelques jours, et sans risques. J’y laisserais mon navire en rade et remonterai à Diantra m’enquérir de ce que dit la nouvelle dans la ville. Libre à toi de m’accompagner tant que tu le voudras sur les routes.
- Et je vous en suis gré très chère
, répondit-il avec un sourire en coin. Non que votre compagnie m'est désagréable, et au contraire, je dois avouer que vous êtes l'une des seules personnes que je considère comme une amie, mais je ne pense pas vous accompagner jusqu'à Diantra. Je préfèrerais... éviter les lieux à forte densité militaire... fit-il.
- Qu’est-ce que tu as ? J’ai comme l’impression que tu veux à tout prix savoir quelque chose ? Je me trompe ? Auquel cas, il faudra m’expliquer car la fumée n’est pas sans feu. J’ai comme l’impression que tu veux savoir quelque chose que je ne parviens pas à cerner tout à fait. Altiom lui lança un regard attendrit. Etait-ce de la simple timidité, feignait-elle de ne pas comprendre? Peut-être pas, il ne voulait pas la brusquer et risquer de passer pour un vulgaire coureur de jupon.
- Condra, commença-t-il, d'un voix qui laissait transparaître la sincérité de ses paroles, il y a effectivement quelque chose que je voudrais savoir... Vous... Tu comptes beaucoup pour moi. Je nourris une profonde amitié envers toi et je dois admettre que c'est bien la première fois depuis de longues années que cela m'arrive. Mais... pas simplement de l'amitié. L'alcool lui déliant la langue il en profita pour se lancer: Condra ce soir est à la fête, à la détente et au plaisir. Prendrais-tu ombrage si je te demandais de partager ma couche? Si cette demande t'offense, je me retire à l'instant, mais saches qu'elle n'est motivée que par l'affection que j'éprouve à ton égard. Je... ne sais pas s'il s'agit d'amour... Et j'espère que non... celui-ci a la fâcheuse tendance de tout compliquer. Mais je sais qu'il ne s'agit pas que d'un simple désir charnel. Il la regarda simplement, ouvrir son coeur lui était douloureux, se mettre à nu s'apparentait à une véritable torture. Aimait-il Condra? Il n'en savait rien... ou peut-être se le cachait-il. Non, il ne voulait pas connaître la réponse à cette question. Pas encore, pas maintenant. Que cette nuit ne soit que tendresse, volupté et plaisirs sans conséquences. Que cette nuit ne soit que fougue et passion!
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Dim 7 Nov 2010 - 21:58

Condra éclata de rire. De bon cœur. Elle riait et comme la lune se reflétait sur elle, elle lui donnait l'éclat d'une ondine. Il était hors de question qu’elle partage la couche d’un de ses matelots. Cependant elle tira Altiom vers elle et l’attira. Ce faisant, elle partit d’un pas décidé tout en continuant à le tracter.

-Bien sur que non nous n’allons pas partager ta couche, mais la mienne. Je te signale qu’une demi-douzaine de mes hommes complètement saouls doit être en train d’y vomir. Pourquoi crois-tu que je viens de me lever et de t’attirer ici. J’ai la même obsession que toi et les mêmes interrogations. Buvons un coup et allons célébrer tous deux, notre victoire sur l’Hydre.

En effet, sans attendre de réponse, l’Amirale, qui paraissait quelque peu déçue de mener la danse – ou bien se jouait-elle d’Altiom ? – l’emmena sur le pont où les réserves d’alcool avaient considérablement fondues. Il fallait y participer et c’est à cet effet que la Condra prit garde à enjamber cadavres de bouteilles et d’ivres morts pour actionner chaque tonneau. La plupart étaient vides, mais il restait encore du rhum et de l’hydromel. Elle en but, laissa la place à Altiom, espérant que cela lui donne plus de courage. L’air froid de la nuit avait définitivement pris le pas. Il ne restait guère que quatre ou cinq hommes debout. Les autres, il fallait les enjamber en prenant garde qu’ils ne bougent pas pour vous faire tomber au dernier moment. Les autres, ils chantaient des chants célèbres en mélangeant paroles, airs et insultes. Les autres, faisaient de la philosophie alcoolisée ou encore vomissaient partout où il était possible de vomir.

-Bois bien et prend du courage pour tout de suite. Je te garantis qu'il va t'en falloir.

Condra prit ensuite la main d’Altiom et se dirigea d’un pas tranquille vers sa propre cabine. Ils descendirent les marches vers les cabines, suivirent le couloir et se trouvèrent devant la porte. Là, ça devenait gênant. Condra ne regardait pas son amant, elle ouvrit la porte avec sa clé, la poussa et referma derrière elle, car il se trouvait toujours des bourrés fort occupés à courir dans les couloirs ou capables de se tromper de chambrée. Ils étaient tous les deux là, debout, avec peu d’espace à cause du bazar que régnait en maître dans la pièce. Condra souriait à Altiom. Sans crier gare, alors qu’elle lui tournait le dos pour déposer son sabre qu’elle venait de détacher avec son baudrier, elle le poussa sur le lit et, le suivant de près vint l’embrasser, allongée qu’elle se positionna sur le vagabond.

-Il est vrai que l’on m’a toujours laissé entendre que les meilleurs hommes n’étaient que rarement les plus libérés. Tu m’apparais comme gêné, non ? Détend toi !

Elle venait de rouler à sa gauche, son bras gauche à elle demeurant toujours au niveau du cou d'Altiom. Condrase redressa et tourna la tête vers lui. D’une voix douce, agréable et qui paraissait être le repli de la mer vers la rivage, les yeux semi-clos elle lui dit :

-Allez, viens.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Jeu 25 Nov 2010 - 0:16

Il faut dire qu'Altiom s'attendait à tout de la part de cette fougueuse amirale, parfois si tendre, parfois si dure. Un refus catégorique, une gifle? Il fut finalement surpris de sa réaction: partant d'un grand rire, elle l'amena lentement sur le pont tout en déclarant: bien sur que non nous n’allons pas partager ta couche, mais la mienne. Je te signale qu’une demi-douzaine de mes hommes complètement saouls doit être en train d’y vomir. Pourquoi crois-tu que je viens de me lever et de t’attirer ici. J’ai la même obsession que toi et les mêmes interrogations. Buvons un coup et allons célébrer tous deux, notre victoire sur l’Hydre. Ils déboulèrent tous deux devant les vestiges des réserves de spiritueux du navire, et les épaves ronflantes en train de cuver.
Sans ambages, Condra lança:
bois bien et prend du courage pour tout de suite. Je te garantis qu'il va t'en falloir.
- Ma chère, je m'en voudrais de ne pas me montrer à la hauteur de tes espérances, et l'alcool ne me serait d'aucun secours... quant au courage, plonger mes yeux dans les tiens m'en donne assez pour affronter mille hydres, fit-il avec un regard enjôleur. Son amante lui pris alors la main, l'entraînant toujours plus profondément dans les coursives de l'Écarlate, apparemment tendue. Il faut dire qu'être surpris avec un membre de son équipage, même par un poivrot, peut être préjudiciable à sa carrière militaire. Les deux tourtereaux parvinrent devant la cabine de l'amirale. Celle-ci l'ouvrit et ils rentrèrent prestement en son sein. La fameuse cabine débordant d'objets... emplie de cette aura de réconfort et d'intimité si chère au vagabond sans attache.
Alors qu'elle déposait son sabre, Condra fit basculer son amant sur le lit, s'affala sur lui et l'embrassa avec ardeur. Se retournant sur le côté elle lança:
il est vrai que l’on m’a toujours laissé entendre que les meilleurs hommes n’étaient que rarement les plus libérés. Tu m’apparais comme gêné, non ? Détend toi !
- Je réfléchis trop, répondit le voyageur avec un léger sourire. Au diable les interrogations, au diable les tergiversation et les sentiments. Il s'abandonna tout entier au désir et à la passion en cette nuit de fête.
-Allez, viens, dit-elle finalement. Et il s'exécuta.

Les deux amants se déshabillaient mutuellement, conjuguant ardeur et douceur dans ce maelström de désir propre aux couples d'une nuit. Fille de la mer et frère d'un souvenir, unis au sein de la nuit. Le voyageur laissait glisser ses mains sur la chair nue, suivant ses courbes, épousant ses formes, la couvrant de baisers. Il descendit lentement, sa langue virevoltant au gré des galbes de sa partenaire, lui arrachant de légers soupirs de surprise et de contentement, à peine audibles. Parvenu en sa plus pure intimité, siège de sa vertu, sa langue vibrionnait, pourléchant ses nymphes, effleurant sa perle de plaisir, s'ébattant avec fureur dans une passion non contenue, ôtant à la brûlante amirale d'incontrôlables spasmes et d'adorables gémissements d'extase.
Leurs regards se croisèrent alors, se suffisant à eux seuls, irradiant de délectation, il n'avaient pas besoin de mots. Leurs corps et leur âme fusionnèrent dans une étreinte effervescente, sensuelle, extatique! S'emmêlant dans une myriade de positions, débordant de béatitude, telle une suave symphonie dont le rythme allait crescendo. Et au bout de ce qui leur parut être une éternité d'ivresse voluptueuse, ils atteignirent la sublime harmonie, ne formant plus qu'un seul être et baignant dans cette totale félicité qu'est l'orgasme.


Une béatitude totale. Une sérénité infinie. Altiom enlaçait sa partenaire, il la regarda droit dans les yeux, sourit, et demanda: alors ma douce, ai-je répondu à vos attentes? Il attendit quelques secondes et ajouta: seulement je n'ai eu-là qu'un maigre échantillon... et nous avons toute la nuit. Me laisseriez-vous en avoir un nouvel aperçu? Son sempiternel sourire charmeur illumina son visage.


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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Ven 3 Déc 2010 - 21:22

-Je réfléchis trop, disait son amant d’un soir.

Il parlait de la voix des las et de celle des impatients tout en même temps.

-Si seulement...
Disant cela, elle le regardait d’un œil mi-moqueur, mi-aimable, tout en se redressant.

Et toc, Titi. Dans tes dents ! Elle retira elle-même le haut qu’elle portait, du geste rapide et mesuré que seules possèdent ces femmes des mers tant elles savent qu’elles peuvent si facilement et simplement mener toute danse. Elle venait en partie de se dévoiler à Altiom et lui fit comprendre en ne finissant pas que c’était à lui de finir le travail. Elle se tourne vers lui et entreprit de l’aider de son coté. La nuit enchaîna avec ardeur et folie, emportant dans le creux de ses longs et frêles bras de chaleur et d’étreintes abandonnées, dans ses mortelles mais terriblement langoureuses embrassades, les tendres épris. Condra eut très vite le souffle court, elle s’oublia tout à fait dans les bras du petit nobliau déchu, se laissant tout à lui, remuant selon ses rythmes, souffle selon son souffle et réglant sur ses suaves mais trop timides caresses la force de siennes qui, néanmoins ne pouvaient perdre un certain tonus, comme si c’était à la volonté des vagues elles-mêmes qu’il aurait fallu s’adresser pour les ralentir. Comment parler autrement à une fille de la mer ? Tandis que se mêlaient le parfum si particulier, si intime et si énamourant des sueurs composites des amants enlacés et que la familière chaleur s’emparait de son être, Condra poussa un petit cri étouffé, le souffle court et ferma les yeux, serrant les muscles entier de son corps. Elle se relâcha presque aussitôt, se libérant de l’étreinte baignée dans une atmosphère étrange, essoufflée, morte de chaud et allongée les bras en croix tout près d’Altiom. Comme à la recherche d’air frais. Elle avait bien senti peu de temps auparavant, lorsqu’il le tenait toujours et s’était à peine retiré, Juste lui chuchoter ceci et se décidait à lui répondre, moqueuse évidemment.


-Alors ma douce, ai-je répondu à vos attentes. Seulement je n'ai eu-là qu'un maigre échantillon... et nous avons toute la nuit. Me laisseriez-vous en avoir un nouvel aperçu?

-Je ne crois pas que ta nature te permette de reprendre aussi vite. Il va donc falloir que tu m’occupes.

Sans crier gare elle prit l’une des mains de l’homme qu’elle posa sur sa poitrine. Son souffle fut bientôt à nouveau court et elle ferma les yeux, sussurant à Juste de revenir. De nouveau ils s’embrasèrent, de nouveau ils flambèrent et retombèrent, l’éternel calme après la tempête. La recherche d’air à nouveau, en cor et toujours. Lorsque se leva l’Aurore, Condra se glissa sans mot dire entre les bras d’Altiom, posa sur le torse de celui-ci sa tempe droite et acheva de reprendre ce fameux souffle qu’elle avait court.

-Le jour se lève…
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Sam 11 Déc 2010 - 23:46

Des rayons d'une lumière blafarde filtraient à travers le hublot de la cabine, réchauffant malgré tout la pièce. Altiom ouvrit à demi les yeux, il se sentait bien, un réveil après une nuit festive dénuée de gueule de bois, aux côtés d'une des plus charmantes demoiselles qu'il lui fut donné de rencontrer. Que demander de plus?
Son amante se blottit dans ses bras protecteurs et posa sa tête sur son torse. Il fit lentement glisser sa main le long de son dos, de bas en haut, de haut en bas. Un instant de pure tendresse, voilà tout ce qu'il avait jamais souhaité.

- Le jour se lève…, chuchota sa douce, fraîchement réveillée. Il jouait maintenant négligemment avec ses cheveux.
- Hmm... oui. Et vos hommes doivent tout juste se remettre de leurs émotions de la veille. Le moment idéal pour s'éclipser en douce n'est-ce pas? Adressant un sourire conciliant à Condra, il se leva en s'étirant et entreprit de se rhabiller. Hmm... je gage que nos exploits de la veille ont été pour le moins... endiablés. La moitié de mes vêtements ont disparu, fit-il avec une moue amusée. Il se mit à quatre pattes et chercha sous la couche de l'amirale. Il laissa échapper un rire jovial: nooon... jusqu'ici? Et bien, c'est une visite guidée des plus complètes que tu m'as offerte cette nuit.
Il enfila son veston d'uniforme de la Marine et, tout en se penchant sur le lit de sa bien-aimée, l'embrassa langoureusement, le regard pétillant. Il sortit discrètement de la cabine, entrebâillant la porte et jetant un coup d'œil alentours: rien! Il pouvait y aller. Seulement la-dite porte refusa de s'ouvrir davantage: l'un des matelots avait eu la bonne idée de venir cuver juste devant. Un matelot à la corpulence... imposante. Poussant de toutes ses forces, il entreprit de se glisser au-dehors et  dans un effort titanesque vit son entreprise couronnée de succès. Un scène qui devait assurément se révéler cocasse pour sa seule spectatrice.
Le jeune vagabond arpentait tranquillement les corridors intérieurs en direction du pont tout en sifflotant. C'était une belle journée qui s'annonçait... ou qui se serait annoncée si le Voile n'avait pas jugé bon d'y mettre son grain de sel. Les marins se remettaient doucement de leur cuite, certains avaient complètement oublié les évènements de la veille au bout d'un certain nombre de pintes. D'autres entonnaient de nouveau diverses chansons paillardes, quelques uns cherchaient même d'éventuels restes de spiritueux de la veille, loin d'être rassasiés. Le noble déchu arriva finalement sur le pont supérieur, enseveli sous les restes des réjouissances de la veille, il s'accouda sur le bastingage. L'Île de Nelen était dors et déjà en vue, ce n'était plus qu'une question d'heures.


Et celles-ci passèrent rapidement. L'équipage s'activait à nettoyer le navire avant l'arrivée sur Nelen, le joyau de la Marine se devait d'être un canon d'ordre et de discipline. Altiom eut un sourire amusé en pensant à la tête des pêcheurs s'ils avaient pu voir à quoi les matelots employaient leur temps libre. Puis sur l'ordre d'un de ses supérieurs il se remit "à astiquer le sol au lieu de rêvasser".
L'imposant bâtiment de guerre portait encore les stigmates du duel épique, c'est sous les yeux ébahis des humbles habitants de l'île et des Scylliens que l'Écarlate accosta. Aucun quai n'était en mesure d'accueillir le mastodonte, de longues planches de bois furent donc déployées jusqu'au rivage tandis que l'ancre était jeté. Altiom se dirigea vers l'amirale alors que tous les marins se préparaient à débarquer:
mon amirale, il ne put retenir un sourire espiègle, si vous n'y voyez pas d'inconvénient je vais précéder les troupes. Les terres m'ont manqué et après cette merveilleuse nuit, il faut bien que j'aille me dégourdir les jambes. Il s'éclipsa alors et descendit le long de la massive passerelle installée par les mousses. Ils avaient débarqué dans une petite crique où mouillaient plusieurs galères Scylléennes. Des bâtiments de guerre, rien que ça.  Un joli surcroît de sécurité pour une simple île de pêcheurs. Il s'enfonça plus profondément dans la jungle luxuriante, enfin un peu de verdure...


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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Sam 18 Déc 2010 - 20:57


Elle hocha la tête, il était temps pour son comparse de s’enfuir rapido, si possible discreto histoire d’éviter les racontages. Il se levait, alors que Condra s’enfouissait sous ses draps, acheva de se réveiller, les yeux fermés, tentant de prendre le dessus sur la gueule de bois monumentale qu’elle sentait bouillonner à ses tempes. Elle bailla alors qu’Altiom, au bruit, jugea-t-elle à juste titre avait entreprit de retrouver tout son maintien et sa toilette qui avaient comme il se doit virevolter au début de la nuit et que l’alcool, ainsi que sans doute l’agitation qui tenaient les deux amants avaient semble-t-il écarté et même disséminé jusqu’en des endroits relativement improbables. Pourtant ils y étaient bel et bien tombés et voilà Juste qui s’évertue à les retrouver, allant jusqu’à ramper, ce que Condra ne pouvait que deviner grâce à l’ombre du jeune homme qui se voyait par-delà le drap. Elle rit un instant.

-Hmm... je gage que nos exploits de la veille ont été pour le moins... endiablés. La moitié de mes vêtements ont disparu.

Voilà ce qui confirmait ce qu’elle avait deviné. Elle sortit un peu plus une tête fatiguée et quasiment malade alors que le déchu s’écriait d’une voix amusée :

-Nooon... jusqu'ici? Et bien, c'est une visite guidée des plus complètes que tu m'as offerte cette nuit.

-N’est-ce pas ?

Altiom lui offrit un dernier baiser, une fois habillé et s’en fut. Kenkrell, un matelot énorme et fort comme trois, haut comme un titan, pareille aux Cataphractaires de jadis, du bon vieux temps, s’était pitoyablement écroulé devant la porte de l’Amirale durant la nuit. Il s’était fait dessus et Il avait entrouvert un œil, apercevant peut-être Altiom ; Condra ne prit aucun risque ! Elle se leva, enveloppée dans ses couvertures et hurla alors que le pauvre homme semblait se tirer de la cuite qu’il venait de prendre, s’éveiller au monde avec un formidable retour d’alcool. Il tourna la tête beat, se demandant sans aucun doute s’il avait vraiment aperçu quelqu’un sortant de la chambrée de l’Amirale. Pauvre de lui, elle se tenait devant lui, à l’autre bout de son piaule, nue sous ses couvertures et passablement énervée. Il dut se rendre compte qu’il passait pour un minable voyeur obsédé et se recroquevilla, plus lamentable encore :

-SOLDAT !! PEUX-TU M’EXPLIQUER CE QUE TU FAIS LA ?!!

Ses yeux lançaient des éclairs et elle avait crié si fort que deux autres marins arrivèrent, sabre au clair, marchant en diagonale mais présent pour défendre leur chef. Ils virent la scène : le gros Kenkrell écroulé sur le pas de la porte observant une Condra nue ou presque au fond de sa cabine, debout devant son lit mais la suite devait les surprendre encore plus. Elle laissa tout tomber, se saisit d’un sabre et traversa sa chambre. Elle se trouvait nue juste devant sa porte. Les trois hommes s’efforçaient de ne pas regarder. Les deux firent discrètement demi-tour, absolument pas désireux de se rincer l’œil auprès d’une femme si dangereuse. Celle-ci, plaça sa lame sous la gorge de son matelot, debout alors qu’il était au sol les yeux fermés, tout rouge de gêne.

-Ouvre les yeux.

La voix était calme, mesurée mais l’on y sentait bouillonner mille tempêtes.

-Je vais être indulgente. Tu es seulement débarqué à Nelen et renvoyé de la Marine, définitivement. Si jamais j’apprend que tu devais ne dire ne serait-ce qu’un rien, je te fais condamner à mort, est-ce clair ?

L’homme ouvrit les yeux, essayant de ne pas regarder entre les jambes de son Amirale d’où sortait une touffe rousse.

[..]

Condra, de retour au calme, marchant du pas lent et bancal du saucissonné car elle s’était de nouveau emballée, avança vers une malle entrouverte qu’elle ouvrit d’une main en se baissant, tenant cachée sa poitrine mais dévoilant une partie de son dos, son autre main ne pouvant maintenir qu’une partie de son vêtement de fortune. Kenkrell était assit sur une chaise, dos tourné à elle et pleurant la tête dans les mains. Aucune envie, ni pulsion ne traversait même son esprit, ou nulle partie de son corps, ni même l’idée de jeter un coup d’œil derrière lui. Rien. Condra s’habilla et lui remit cela fait une lettre d’expulsion de laquelle elle fit faire une copie par Sigmund.

Le voyage se termina, Condra se contenta de donner ici et là des ordres banals, il fallait que tout soit niquel. Comme prévu, nul quai ne pouvait accueillir son bâtiment, aussi l’on fit déployer des planches de bois pour allonger l’espace et l’on jeta l’ancre.

-Allons vous avez quartier libre, jusqu’à ce que je trouve de quoi réparer le navire, après quoi, demains matin ce sera la paie et la quille pour quelques jours.

Aussitôt, elle laissa le navire aux mains de Sigmund et s’en fut suivant de près Altiom. Elle l’avait autorisé à s’en aller en lui rappelant qu’on ne donnait pas du « mon » dans la Marine. Trouver quelqu’un qui sut réparer les dégâts ne fut pas aisé, les habitants, ici n’étaient que des pêcheurs. Mais, poussés par le gain, il finirent par se décider et bientôt, deux charpentiers de navires renommés dans le pays prirent en mains les réparations. Les gens s’étaient massés en nombre à l’arrivé de l’un des plus beau bâtiments qui soit et, lorsque l’on fit voir l’une des têtes tranchées de l’Hydre, il y eut des imprécations, des conjurations de sort, de grands cris, des hourras, un brouhaha général et totalement désorganisé. Cela ne dura pas longtemps mais alors il y eut des commentaires et des discussions. Cela allait sans aucun doute nourrir les commères pour bien des mois et peut-être même en parlerai-t-on encore dans un an ! La rumeur fit son chemin et bien entendu le lendemain se pressait une foule de curieux désireux de voir non pas une tête ( la rumeur ayant fort bien fait son travail ) mais le corps d’une hydre, et le surlendemain c’étaient à une hydre bien vivante et domestiquée que s’attendaient à croiser les gens.

Mais revenons à ce jour de l’arrivée. Que cela ait un rapport avec l’Hydre ou non, que cela soit dû à la Malenuit, le Voile ou aux deux on avait constaté que depuis quelques jours juste au large de la côte se pressaient des bancs de poissons par centaines, par milliers, par centaines de milliers, frétillants, vifs, colorés et délicieusement bon ! Au moment où arriva l’Ecarlate, de nombreux navires étaient en mer et n’avaient qu’à tendres les bras, ou plutôt les filets pour que des centaines de poissons, au rythme des vagues soient volontaires pour s’y jeter et emplir les estomacs de tout le royaume. En effet, fort de ces pèches miraculeuses, on ne tarda guère à renforcer les arrivages de poisson nélennien depuis le continent. Condra regardait le rivage. Elle ne comprenait pas comment cela se pouvait. Mais personne ne put lui dire grand-chose. Elle le signalerait à Diantra mais qu’y pourrait-on ?

En fin d’après-midi elle s’aventura dans les régions boisées, luxuriantes et verdurettes de Nelen à la recherche d’Altiom. A vrai dire, elle ignorait s’il s’y trouvait encore mais elle souhaitait se reposer. Quel changement il y avait entre Condra sur mer et Condra sur terre, décidemment cette femme était un poisson. Elle était désormais calme, douce introvertie, parlant peu et ne dirigeant ses hommes qu’à contrecoeur. Les travaux sur l’Ecarlate commenceraient le lendemain et dureraient quatre jours. Après quoi, l’art nelennien ne pourrait plus rien et seuls les charpentier et ingénieurs du continent pourraient venir en aide à l’Ecarlate et lui redonner tout son prestige. Dans cette nature étrange, Condra se trouvait, assise sur un rocher, aiguisait une de ses lames.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Ven 24 Déc 2010 - 2:10

C'était pour le moins étrange. Altiom n'était venu qu'une seule fois sur Nelen, à l'époque où une organisation criminelle connue sous le nom de la Compagnie des Silencieux s'y était installée. Il avait vaguement entendu quelque rumeur dans une taverne faisant mention de leur disparition, sans y avoir prêté plus d'attention. L'île avait dû revenir à son calme d'antan, avec ses petits villages de pêcheurs autochtones et ses jungles inexplorées. Cependant nul racontar quant à l'arrivée de la Marine Scyllienne sur les lieux n'était parvenu à ses oreilles, et ce n'était pas faute de s'être profusément abreuvé de récits de marins lors de ses péripéties au sein de la multitude d'auberges qu'il avait fréquentées ces derniers temps.
Ce fut donc grandement étonné qu'il parcourait les rues d'un village après sa promenade en forêt; ce qui en soit était déjà la preuve d'un grand changement, le-dit village n'en avait jadis qu'une seule. L'atmosphère était assez singulière, dans cette presque-nuit l'agitation ambiante semblait pour le moins... incongrue. On se serait cru un jour de fête... Et bien évidemment, à force de rêvasser ainsi, ce qui devait arriver arriva fatalement: le marin songeur se prit les pieds dans une corde à moitié enroulée qui traînait par terre, parvint momentanément à garder l'équilibre, marcha en plein dans une flaque de boue, glissa sur un bon mètre et finit par tomber les quatre fers en l'air sur une armoire portée par deux autres armoires ambulantes. Heureusement pour lui, ses réflexes aiguisés par une vie pavée de surprises et d'escarmouches lui permirent de s'en sortir en pirouettant par-dessus l'obstacle. Il ratterrit donc finalement sur ses deux pieds après avoir offert un spectacle des plus divertissant aux citoyens de passage dont une part s'étouffait de rire tandis que l'autre affichait une mine des plus interloquées.


Après sa petite prestation improvisée, Altiom était entré dans une auberge, fidèle à ses principes.
- Ohé ma biche! R'ssers-moi donc un godet d'vot' picrate là, héla un marin au teint rougeaud d'une voix pâteuse à l'attention d'une charmante serveuse aux formes pour le moins... attrayantes, et au minois des plus ravissants. Les yeux bleus, une chevelure mi-longue flamboyante qui lui rappelait celle de Condra, quelques éphélides et un petit nez en trompette.
- On ne vous épargne pas les classiques à ce que je vois? glissa le vagabond en uniforme sur un ton amical.
- Ça... je ne vous le fais pas dire. Depuis l'arrivée des Scylliens j'ai droit à un régiment de matelots qui vient se bourrer la gueule chaque jour!
- Oh... de bien vilaines paroles dans une si belle bouche, commenta-t-il faussement choqué, tandis qu'un léger sourire se dessinait sur le visage de la jeune femme.
- N'est-ce pas... Et vous? Vous êtes aussi venu vous prendre une cuite mémorable?
- Seulement si je me trouve en bonne compagnie, susurra le mousse. Et... je crois que c'est désormais chose faite. La serveuse eut un doux rire, sonnant comme une mélodie à ses oreilles.
- Ce serait avec plaisir si je n'étais pas de service.
- Alors je vais arrêter de vous faire perdre votre temps: une pinte de bière brune madame! fit-il souriant
- Mademoiselle, rectifia celle-ci.
- Heureuse nouvelle, lança-t-il en agrémentant sa remarque d'un clin d'œil.
Une fois délesté de ses dernières économies et après avoir sympathisé avec une bande de joyeux drilles qui dépensaient leur paye comme il se doit, Altiom quitta enfin l'Auberg'inn en se rendant tout juste compte du nom que portait l'établissement et pouffant de rire devant le ridicule du jeux de mots. Bien, une petite balade s'imposait désormais. Prenant à nouveau la direction de la jungle, et une torche au passage, le noble sans-le-sou suivit un sentier boueux qui allait se perdre dans la forêt. Les lumières et la rumeur extatique du bourg se faisaient plus discrètes à mesure qu'il s'éloignait et, tout juste pénétré dans le sous-bois, disparurent purement et simplement.


La lueur chancelante de sa torche lui était salutaire, si la visibilité était suffisante en terrain dégagé malgré le Voile, c'était une toute autre histoire dans les jungles de Nelen. Altiom profita de ces moments de flânerie pour cogiter, comme à son habitude. L'île était en plein développement, et maintenant que celui-ci était lancé, il y aurait de fortes chances qu'il dure... une idée commençait à germer dans son esprit. S'il voulait reprendre la place qui lui était due il aurait besoin d'appui, c'était évident, mais jamais il n'obtiendrait l'aide d'un quelconque noble. Et de toutes façon, en sa qualité de vagabond jamais il ne parviendrait à en approcher un. Ainsi si son soutien ne provenait pas des hautes sphères, il pourrait toujours venir du peuple! Monter un groupe paramilitaire, propager des rumeurs, avoir recours à l'espionnage, renverser l'opinion... des armes dévastatrices et tout ça sans qu'il ait à s'inquiéter de sa sécurité.
Comment atteindre un adversaire censé être mort? Il deviendrait une cause, et on ne peut tuer une cause. Mais pour créer une quelconque organisation pas tout-à-fait licite, il fallait une couverture, une façade légale. Et l'idée vint à lui automatiquement: une taverne, ici-même! Un repaire idéal, une jungle incroyablement dense pour se replier, une source de revenus conséquente, que demander de mieux? L'économie et la démographie de Nelen en pleines explosions ne faisaient que rajouter à la viabilité de son plan. Mais bien évidemment, rien de tout cela ne serait possible sans argent, et l'argent... voilà justement ce qui lui manquait cruellement. Néanmoins le temps, lui, ne risquait pas de lui faire défaut. Il s'occuperait de tout cela une fois son voyage terminé.
Au fil de ses tergiversions, le matelot à l'essai avait effectué une belle trotte, et avait bien-sûr oublié de prendre ses repères. Il entendit un bruit singulier, du moins au sein d'une jungle, et entreprit de s'en rapprocher en désespoir de cause. Une sorte de crissement régulier... quelque chose comme... une lame? Par réflexe, Altiom sortit sa rapière réglementaire et s'approcha de la menace potentielle. Un éclat fugace confirma ses inquiétude: une arme, mais un second l'apaisa immédiatement: un miroitement ardent. Que faisait une fille de la mer en pleine forêt? Il coinça sa torche entre deux branches d'un arbre et se rapprocha discrètement:
mon amirale, la taquina-t-il, ne me dites pas que vous avez bravé le danger de la terre ferme et les ténèbres de cette jungle dans le seul but de me retrouver? Il s'assit à côté d'elle et l'embrassa affectueusement. Condra, au risque de vous décevoir j'ai une question d'ordre professionnelle à vous poser: quelle va être la suite de nos opérations sur Nelen? La torche projetait une lueur chaude et dorée tout autour, insufflant une atmosphère intimiste aux sous-bois.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mer 6 Avr 2011 - 14:06, édité 2 fois
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Sam 15 Jan 2011 - 20:04

Elle avait vu la lumière venir de loin, mais n s’était pas formalisé et avait continué son travail. La jeune femme n’allait tout de même pas s’en occuper. Elle était armée et nul n’allait l’emmerder ici, sur Nelen. Du moins, il valait mieux. Elle s’aperçu très vite qu’il ne s’agissait que d’Altiom. Il s’approcha d’elle et lui offrit un baiser. Elle se libera assez vite, se leva et ferma les yeux. Il lui avait dit plusieurs choses. Il fallait absolument qu’elle réponde à l’une d’entre elles, c’était une nécessité et une priorité absolues.

-Mon amirale, ne me dites pas que vous avez bravé le danger de la terre ferme et les ténèbres de cette jungle dans le seul but de me retrouver ? Condra, au risque de vous décevoir j'ai une question d'ordre professionnelle à vous poser: quelle va être la suite de nos opérations sur Nelen?

Elle secoua donc la tête.

-On ne donne jamais de « Mon » à un Amiral.

Elle eut un petit rire nerveux.

-Il est vrai que je n’aime guère revenir sur la terre ferme, sans roulis, je ne me sens pas équilibrée. Est-ce à dire que je tangue inversement du tangage de mon navire et que je me crois stable ainsi ? Je l’ignore. Peu importe, il n’est point temps de palabrer vainement. La suite des opérations est simple. J’attend que l’on évalue les dégâts sur l’Écarlate. Durant ce temps, je prendrai acte de la situation sur l’île et, si la possibilité est, nous iront mouiller dans un port de l’ouest du royaume, probablement Gardeflot. Je ne sais quand est-ce que tu comptes te volatiliser, ton idée s’est-elle affermie ?

Condra huma l’air. Il faisait bon.

-Nous avons jamais terminé notre conversation d’avant l’attaque de l’Hydre. … Que comptes tu faire par rapport à ton rang ? Est-ce même vrai ?

Elle se tourna vers lui et le regarda dans ses yeux. Son sourire était rayonnant. Il y avait une grande différence entre les Condra, celle qui était en mer était forte et dure, même parfois, celle-ci était plus réservée, parlais moins fort, affirmait moins, se moquait moins.

-Retournons vers la côte, veux-tu ?

Sans attendre de réponse elle rangea son épée, but une gorgée de vin à la flasque qu’elle avait amenée et partit d’un bon pas au travers des feuillages. L’air du soir était traversé de temps à autre par des courant rafraîchissant. Bientôt, le bruit caractéristique du flux et du reflux revint et l’on sentit que Condra redevenait l’Amiral, elle grandissait, prenait en force et en caractère. Ce fut elle qui prit la main d’Altiom et le guida vers une des plages de Nelen où elle le lâcha. L’Écarlate était mouillé et on pouvait la voir au loin. Une jetée de bois, sur la plage déserte était le début d’une route avortée vers le continent. De Yisien avança, lentement, les yeux fixés sur l’horizon. L’odeur salée du grand large semblait l’appeler et elle y répondait. Petit à petit, elle alla vers le bout de la jetée, s’y arrêtait avant de tomber. Elle humait encore l’air marin.

-Au fait, c’est à mon tour de te faire, avant que tu ne disparaisses, quelque plat dont j’ai le secret.
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Mer 6 Avr 2011 - 15:35

Condra semblait bien différente, ici, en pleine jungle, loin du paysage familier de la mer Ollienne. Plus incertaine, plus délicate peut-être, mais toujours attendrissante.
- J’attends que l’on évalue les dégâts sur l’Écarlate. Durant ce temps, je prendrai acte de la situation sur l’île et, si la possibilité est, nous iront mouiller dans un port de l’ouest du royaume, probablement Gardeflot. Je ne sais quand est-ce que tu comptes te volatiliser, ton idée s’est-elle affermie ? Le noble sans-le-sou se contenta de hocher gravement la tête. Nous avons jamais terminé notre conversation d’avant l’attaque de l’Hydre. … Que comptes tu faire par rapport à ton rang ? Est-ce même vrai ?
- Ow, plutôt hostile comme question. Pour tout te dire je n'ai qu'une vague et lointaine idée de la marche à suivre. Me faire passer pour un honnête tavernier, brasser moult bières et affaires, former une milice dans l'ombre, saper le pouvoir de l'actuel comte par tous les moyens... Je suis mort. Quel homme censé se penserait victime d'une tombe? Un ample sourire illuminait le visage de sa bien-aimée, il ne put s'empêcher de l'imiter. Je ne veux pas te convaincre de mon noble lignage Condra. Et même si c'était le cas, je ne pourrais le prouver. C'est à toi de décider de m'accorder ta confiance, ou non.
-Retournons vers la côte, veux-tu ? Altiom opina du chef et récupéra sa torche avant de suivre l'Amirale.
Le couple improbable se rapprochait lentement du rivage. L'air iodé emplissait à nouveau leurs poumons, les feuillages s'écartaient pour laisser place au ciel étoilé. La jeune femme saisit alors sa main avec vigueur, manifestement plus sûr d'elle à mesure qu'elle s'approchait de l'onde. Les amants avançaient dans un silence respectueux, laissant parler les vagues et le vent dans les frondaisons. Arrivée au bout de la jetée, Condra prit à nouveau la parole:
au fait, c’est à mon tour de te faire, avant que tu ne disparaisses, quelque plat dont j’ai le secret.
- Je dois avouer en brûler d'impatience ma douce. Et je dois m'éclipser, j'en profiterai pour aller chercher quelque breuvage pour accompagner votre met... même si je doute qu'ils aient ici le moindre vin de qualité. Et sur ces paroles, il l'embrassa ardemment et repartit vivement en direction du bourg voisin, en quête de quelque spiritueux.
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Condra de Yisien
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Lun 31 Oct 2011 - 9:24

Au soir, Condra n’était pas la, elle était partie à travers Nelen et c’était Sigmund, descendu à terre qui s’occupait des troupes. Elle avait fait laisser un message à Altiom selon lequel il était dès à présent libéré de ses engagements envers elle et la Marine, ainsi que sa paie, majorée largement, une lettre de Marque, sur un parchemin aux en-têtes officielles, notant son engagement et son courage lors d’un combat homérique. Enfin, un plat recouvert d’une cloche l’attendait, près d’une bouteille d’un vin fort bon, de ceux que l’on boit là où l’air est chaud et sec, près de la mer et d’un fort beau fromage, à allécher n’importe quel corbeau et n’importe quel renard. Sous la cloche se trouvait, cerclé d’arômes, sur un lit de feuilles douces et exotiques, un fort gros poisson, une très belle dorade que l’Amirale était elle-même allée pêcher. Le tout était fort épicé et accompagné d’un riz étrange que les habitants de Nelen, de coutume mangent. Il n’est guère raffiné, mais possède une bonne capacité à mêler les gouts et accompagne fort bien la majorité des poissons. Certes c’était bien moins bon que ce que Altiom aurait pu préparer, mais l’on sentait que l’Amirale y avait mit son cœur. Enfin un court mot, sous l’assiette annonçait à Altiom qu’il pourrait rentrer avec un bateau de marchandise partant le lendemain au soir, car elles et les siens resteraient finalement là plus longtemps.

En revenant, trois jours plus tard, Condra avait déjà presque oublié Altiom. Cependant, lorsque son âme le lui rappela, elle remonta au bateau et, là, les pieds sur les planches de bois du navire, elle laissait voguer son vague à l’âme.

Le retour, deux semaines plus tard se passerai sans encombres : les marins, à l’arrivée au port se dépêcheraient d’aller noyer dans l’alcool les épreuves subies. Après plusieurs escales, l’Ecarlate, mouillé à Gardeflot, dans la baronnie de Merval, serait en attente de départ pour le Port de Diantra où l’on y réparerait en peu de temps ce qui n’avait pu l’être ailleurs. Condra, quant à elle, trouverait un mauvais cheval de l’armée et remonterai en laissant tout à Sigmund vers le Port de Diantra afin de prévenir qu’un gros chantier attendait les charpentiers des navires et où d’autres choses l’attendaient.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Fille de la mer, frère d'un souvenir [suite - terminé]   Mer 2 Nov 2011 - 16:16

Une bouteille dans chaque main, le marin à l'essai sortit d'une chaleureuse auberge où l'on riait, où l'on chantait, où l'on roulait sous les tables en s'esclaffant grassement! C'était bien la première fois qu'il quittait ce genre d'établissement aussi sobre. Oh, que l'on ne s'y trompe pas, il avait tout-de-même aidé une bande de fêtards à vider une barrique de bière -quoi qu'au goût tant qu'à la couleur on aurait pu croire que le patron s'était servi du tonnelet comme d'un pot de chambre- avant de repartir dans cette tiède nuit d'été. Chouette île, qui ferait sans aucun doute un repaire idéal. Une foultitude de plans et projets commençaient à germer dans la caboche avinée du voyageur tandis qu'il revenait au vaisseau amiral.
Mais arrivé sur le navire: de Condra nulle trace. Sigmund le mena à sa cabine où l'attendait la fameuse surprise et le laissa seul. Il y avait là de quoi faire le bonheur de n'importe quel vagabond: vin, mets et richesse! Cependant sans l'Amirale, tout cela n'était qu'une bien pâle récompense. Il lut avec attention l'épître officielle témoignant de sa participation à la -bientôt- légendaire bataille entre ces deux souverains des mers que sont l'Hydre et l’Écarlate. Prestement, quoique consciencieusement, rangée dans sa besace, nul doute qu'elle lui serait un jour utile. L'Ydrilote finit par s'asseoir sur sa couche, empochant sa paie sans même recompter par confiance en son employeuse (il se rendrait bien compte plus tard de sa générosité) et souleva la cloche argentée. Un large et rayonnant sourire illumina sa face jusqu'alors assombrie par la tristesse tandis qu'une poignante mélancolie irradiait de son regard. Il festoya en solitaire, jetant de temps à autre une œillade sereine par son hublot sur les flots calmes qui dansaient tranquillement à la lueur lilial de la lune. Enfin, il remarqua en soulevant le plat pour le porter aux cuisines un mot de son amante. L'équipage avait donc à faire sur Nelen, et lui pouvait repartir à ses occupations.
Ce qu'il fit bien entendu, prêt à revenir à la civilisation après cette petite pause loin de tout, loin de la réalité accablante d'Ydril et en laissant pour seuls vestiges de sa venue les deux meilleurs crus qu'il avait pu dégoter ici-bas. Et sur la petite caravelle le lendemain, sous le feu rougeoyant de l'éclipse mourante, il lança un dernier regard au grand navire rouge, au sanglant combat livré, à son amante d'un voyage, à l'Ardente!


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