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 Le passé vous rattrape toujours [Naya]

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Nakor
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Mer 15 Déc 2010 - 16:09

Nakor était dans son bureau, il recevait à ce moment même un garde du palais du roi à qui il avait demandé de porter une lettre à quelqu'un! A une noble plus précisément une jeune noble Baronne de Merval et depuis quelques temps son élève. Enfin, en ce qui la concernait, élève était un bien grand mot, il ne l'avait presque pas revue depuis leur première rencontre très intéressante et il voulait quand même lui faire spécifier par des voies usuelles, qu'il se demandait si elle progressait dans sa pratique des arcanes. Le garde était donc rentré et Nakor l'avait invité à la cantonade à prendre un petit verre, le temps qu'il finisse de rédiger de sa propre main et à la plume, la lettre qui était destiné à la Baronne.

"Aller, asseyez vous donc mon garçon ... c'est un ordre! Laissez le protocole de côté!"

La phrase, jovialement prononcée permis au soldat d'accepter la bonne invitation du vieux mage. Il prit place dans un siège et observa la pièce faite d'artéfact étrange. Nakor se mit alors à parler tout en écrivant

"Vous allez avoir un peu de route à faire, je peux donc me permettre de vous offrir un verre pour vous donner force et courage afin de remplir votre mission!"

Et avec le sourire aux lèvres, Nakor glissa un clin d'œil au soldat et une théière apparu devant le jeune garde, ainsi qu'un verre qui se remplit seul, la théière en lévitation se soulevant juste assez pour servir un verre bien plein. La tasse en lévitation aussi, alla jusqu'à la main du garde. Nakor se précipita alors sur la fin de la lettre, signa de son plus bel effet et roula le parchemin, tout en invitant le garde, à boire son thé sans aucune crainte. Le soldat se plia aux excentricités du vieillard et but le thé, sembla même le trouver bon. Nakor tendit alors la lettre au soldat en disant

"Veuillez donc remettre dés que possible ce courrier à Madame La Baronne de Merval!"

Puis Nakor se concentra de nouveau sur sa magie pour faire disparaitre sa tasse de thé et le grand contenant en lévitation au dessus de la table. Il claqua des doigts et comme par enchantement, tout ce petit vaisselier disparu sans laisser de trace. C'est alors que, par chance, Nakor ressenti jusqu'au plus profond de son âme un appelle de détresse furieux. C'était donc une chance que Nakor soit en train de faire de la magie de bas étage, il était bien connecté aux flux de magies environnants et reconnu immédiatement et sans aucune faille, l'esprit du familier d'Aidan. Il était clairement arrivé quelque chose et le semi-elfe était en danger imminent pour que Yeri soit si inquiet qu'il appelle au secours avec toute son âme et le peu de magie qu'il possédait. Cela se passa en une fraction de seconde, pour preuve, le garde n'avait eut le temps que de serrer la lettre dans sa main, et ne s'était même pas encore levé. Nakor se leva d'un seul coup de son siège et souffla

"Aidan!"

Et soudain, déployant une bonne partie de ses pouvoirs les plus enfouies, Nakor se transforma complètement un de la foudre à l'état pur et le tonnerre rugit alors dans la pièce en même temps que l'éclair issu du déplacement à la vitesse de la lumière de Nakor déployait de la lumière. Le garde fut complètement assourdi et aveuglé par le sortilège de Nakor. Le pauvre, c'est exactement comme si la foudre venait de frapper le siège de Nakor ... sauf qu'en réalité, c'était Nakor qui venait de décoller de son siège à l'état de foudre faisant autant de bruit et de lumière que le phénomène naturel. Le siège en fut brulé et la fenêtre par laquelle passa Nakor explosa sous l'onde de choc. L'éclair zébra le ciel sur son chemin. Nakor était concentré sur l'esprit de Yeri et finit très rapidement par s'en approcher. Après tout, la lumière se déplaçait à une vitesse quasi infini tant elle était élevée. Nakor se rapprocha alors du sol et vint frapper la terre ferme devant une sorte de tente. De nouveau l'onde de choc fit s'envoler la tenture et au beau milieu de ce fatras de foudre, de bruit et de lumière, Nakor apparut, ayant reprit sa forme humaine, pour laisser retomber un silence de mort. Il tomba alors sur une vision qui ne lui plaisait pas : Aidan, en train de pousser de très longs soupirs, comme si la mort était à sa porte! Il avait le ventre barré par ce qui devait servir de gangue et une femme se tenait non loin de là. Elle serait très certainement étonné de voir ce vieux barbu apparaitre dans un éclair, mais Nakor ne savait pas si elle était une amie ou une ennemie, il l'envoya alors valdinguer à quelques mètres de là, dans un buisson, d'un revers de la main qui balaya l'air devant lui. En réalité, il avait déployé un sortilège de magie du vent pour projeter la pauvre enfant loin d'Aidan. Nakor se précipita alors vers lui, posa sa vieille main sur la blessure et l'autre sur le front du jeune homme!

Nakor entra en communion avec les forces de nature et pénétra magiquement le corps d'Aidan, celui ci était rongé par la fatigue, la fièvre et surtout par une infection qui rongeait le corps du demi elfe. Cet imbécile avait du recevoir un coup dans le ventre et l'estomac avait était légèrement perforé. Depuis la nature avait fait le reste : la plaie avait mal été refermé, le sang avait pourri à l'intérieur de la plaie et le ventre rependait dans le propre corps du jeune elfe un liquide destructeur qui servait normalement de digérant. Aidan était dans un sale état et Nakor allait avoir du travail. Sans même chercher à comprendre, Nakor injecta une énorme dose d'énergie interne dans le corps d'Aidan. Cela aurait pour effet de le réveiller immédiatement. Une aura verte brillante entoura le vieil homme qui força alors un peu sur le front et sur le ventre d'Aidan. Il fit appelle aux pouvoirs réparateurs des forces naturelles de la terre ainsi à qu'à ses connaissances de guérisseurs pour cibler ce qu'il y avait à soigner en premier. Il aspira et dissous par magie, les traces de sangs impurs qui pourrissaient la plaie et empêchait la guérison correcte. Ensuite il reforma les tissus autours de l'estomac après avoir rappelé tout le liquide dévastateur dans ce même estomac. La douceur et l'amour de Nakor pour Aidan se diffuserait lentement dans le corps du demi elfe ... et pendant ce temps Nakor travaillait du mieux qu'il pouvait, il accéléra la création de nouveaux tissus autours de la plaie. S'assura que tout était à peu prés correct et enleva enfin sa main du ventre et du front d'Aidan. Bien sur, la personne qui avait tenté de recoudre Aidan n'y était pas allé de main morte et la blessure laisserait une cicatrice que Nakor n'avait pas pu éviter puisqu'il avait dû travailler dans la précipitation afin qu'Aidan ne meurt pas. Et une sacrée belle cicatrice d'ailleurs. Pendant tout ce temps, qui dura aux environs de la quarantaine de seconde, Nakor n'avait pas lâché des yeux Aidan! Son regard planté dans celui du père de Mathys, le vieil homme exprimait dans ses yeux presque millénaires, la réprobation, l'inquiétude, et le paternalisme! Une fois que ce fut terminé. Nakor se releva, transpirant et quand même bien fatigué et prit alors la parole

"Foutu bon sang Aidan, cinq ou six secondes de plus et c'était un cœur éteint que je trouvais là, gisant sur ce sol plein d'un sang pourri! Qu'est-ce qui t'es arrivé, tu t'es surpassé cette fois là ... heureusement que Yeri a pensé à moi!"

Puis quelque chose revint à l'esprit de Nakor : la femme qu'il avait envoyée valdinguer et ces cris qu'il avait entendu avant qu'ils ne s'apaisent : Mathys. Nakor se retourna en direction de la jeune femme et, fronçant les sourcils il souligna

"Et toi ... qui diable es-tu? Réponds!"

Aidan devait sans doute être bien réveillé mais encore un peu sonné par tout ce qui venait de se passer : la fièvre, la presque mort puis un sermon en guise de bonjour et maintenant le retour à la réalité, avec Nakor face à lui, la barbe au menton, le bâton à la main, le chapeau sur la tête, toujours égal à lui même et qui allait lui passer le savon du siècle!
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Naya
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Mer 15 Déc 2010 - 21:32

Ne te fatigue pas…Et pourquoi pas ? Hein ? Pourquoi n’aurait elle pas le droit d’essayer encore et encore ? Naya n’était que rarement en colère, mais en cette minute, elle avait une envie folle de le secouer pour qu’il arrête de parler comme ça. Pour rallumer la lueur de ses yeux qu’elle voyait s’éteindre lentement, doucement, au rythme des secondes qui s’écoulaient.

Au dehors, Mathys, inconscient de tout, ramassait le bois qu’elle lui avait demandé. Une tache longue et dont elle savait qu’il s’acquitterait, même si ce n’était là qu’une excuse pour qu’il s’éloigne, qu’il conserve cette innocence. Pour ne pas qu’il voit son père…mourir. Parce qu’elle pouvait nier, s’illusionner du contraire, elle ne pouvait rien contre l’ombre qui s’étendait sur lui. Rien du tout. Elle était condamnée a la regarder avancer, sinueuse, vicieuse sans pouvoir rien faire. Ce sentiment terrible d’impuissance, cette sensation atroce de perte qui s’annonçait.

Elle ne pouvait plus rien faire. Elle le savait. Se résignait lentement parce qu’il ne servait a rien de continuer a tenter de braver la volonté de Tyra. Sa colère mourut, laissant la place a une douleur lancinante, presque suffocante devant l’inéluctable, devant ce qu’elle ne pourrait empêcher malgré tout. Elle pourrait hurler que cela n’y changerait rien. Pleurer non plus, mais là était le seul moyen qu’elle avait, sa gorge se nouait et ses mots tremblaient. Sa voix se cassait souvent, mais il n’entendait pas…Juste la litanie de sa voix, ses gestes qu’elle voulait apaisants. Qu’allait elle faire sans lui ? Continuer comme avant alors que rien n’aurait plus le même gout…Mais elle avait promit, elle s’occuperait de Mathys, comme si il était sien. Peut être achèverait elle la quête du père en trouvant sa mère.

Et ces larmes qui coulaient sans vouloir s’arrêter. Elle devait se montrer forte alors qu’elle n’avait qu’une envie, se recroqueviller et hurler. Mais elle ne pouvait pas le faire n’est ce pas ? Me laisse pas, ne cessait de scander son esprit, espérant contre toute logique un miracle. Espoir bien futile, idiot, mais c’était tout ce qu’il lui restait. Ca et ses mots qui ne seront jamais prononcés. Un trésor qu’elle garderait précieusement. Elle n’arrivait même plus a parler, ne pouvait même plus murmurer au risque de voir ses lèvres s’écorcher de souffrance…
Le tonnerre gronda, mais elle n’y fit pas attention, pensant, absente que le ciel lui-même allait pleurer cette mort inutile. Elle ne comprit pas vraiment. Tout alla bien trop vite. Ce vieillard qui apparaissait, ce coup invisible qui l’envoya dans les airs. Ce buisson qui la réceptionnait, épineux, touffu. Des milliers d’épines qui la griffaient sans même qu’elle ne pense a crier. De toute façon, rien n’était plus grave, aucune importance.

Oui tout cela en quelques secondes, trop vite, beaucoup trop vite pour son esprit fatigué, lassé. Elle n’arrivait plus vraiment a suivre et avait envie de rester là, allongée, sans rien dire, regardant juste le ciel. La seule chose qui la fit bouger fut les cris de Mathys. Ils la secouèrent, la réveillèrent. Elle tenta de se redresser une fois, deux fois avant de se rendre compte qu’une branche érigée comme un pal, lui avait perforé la cuisse. C’était bête quand même. Heureusement qu’elle put se dégager sans trop de casse. Ca guérirait. Pas son cœur. Elle sortit du buisson dans un état lamentable, ses joues étaient griffées et elle boitait. Elle battit furieusement des paupières, il fallait qu’elle se reprenne.

Une voix la cloua sur place et elle leva ses yeux modorés sur le vieillard. Elle ne savait pas qui c’était, pas ce qu’il avait fait et s’en moquait, elle n’avait que Mathys en tête, aussi ne lui opposa-t-elle qu’un silence tranquille tout en se dirigeant vers l’enfant. Elle avait promit de s'en occuper n'est ce pas ?

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Aidan Silin
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Mer 15 Déc 2010 - 22:00

Ce fut une inspiration brutale qui arriva en premier. Puis, il ouvrit les yeux, complètement décontenancé alors qu'il sentait une main sur son front et une autre sur son ventre, la chaleur se répandant en lui par ces deux contacts. Naya? Non, ce n'était pas Naya. Ce n'étaient pas ses mains, de cela, il était certain. Mais qu'est-ce qu'il se passait? Il avait l'impression qu'on l'arrachait à la mort pour le ramener de force à la vie. Et c'était traumatisant. Sauf que très vite, il ne ressentit plus aucune douleur, plus aucune peine, juste un profond et puissant réconfort. Une vague d'amour paternel assez incroyable qui l'étourdit davantage encore. Nakor... Encore une fois, au pire moment de sa vie, le vieux mage était là. Pour un peu, il aurait éclaté en sanglots de soulagement.

Mais le vieux mage ne lui laissa pas le temps de reprendre ses esprits, que déjà, il le rabrouait. Décontenancé, le demi elfe cligna des yeux, son cerveau encore embrumé ne parvenant pas à se reconnecter et à lui livrer des informations intelligentes. Il se sentait encore faible, mais la fièvre s'était envolée. Il baissa les yeux sur sa plaie, totalement refermée. Une cicatrice irrégulière et rosâtre barrait son ventre. Elle était propre, mais lui rappellerait sans cesse ce jour où il avait bien failli mourir...

Il se passa une main dans les cheveux, tentant de comprendre, alors que Nakor reprenait la parole... Naya! Il tourna vivement la tête pour la chercher et fut totalement saisi de la voir dans cet état, pleine d'épines et la jambe méchamment amochée.

- "Naya!"

Il en oublia son propre état, le fait que Nakor venait de lui sauver la vie, et se précipita sur la jeune femme, inquiet. Bon, il se dirigea vers elle sans grâce aucune, légèrement titubant, mais qu'importe, il la prit dans ses bras. Avant de la forcer à s'asseoir, tout comme lui s'agenouilla, encore sonné. Et encore faible de sa "résurrection".

- "Que s'est-il passé?"

Son regard gris avait reprit toute sa vivacité, et était assombri par l'inquiétude de la voir dans cet état là. Mathys sembla enfin reprendre ses esprits lui aussi et offrit un sourire éblouissant au vieux magicien.

- "Nako!"

Joyeusement, il se dirigea vers son ami qui faisait de si jolis tours et le faisait rire. Mathys adorait le vieux magicien. Son parrain d'ailleurs. Aidan était occupé à repousser une mèche de cheveux du visage de Naya. Sa main se dirigea vers sa cuisse et il grimaça en la retirant, tâchée de sang.

- "On ne va jamais s'en sortir..."

Il fallait avouer qu'ils jouaient de malchance.

- "Nakor, approche s'il te plait, ce sera plus simple. Tu peux la soigner?"

Il y avait une trace de lassitude dans la voix du demi elfe. Il était encore fatigué, mais suffisamment vif pour tenter une explication.

- "J'ai eu des démêlés avec d'anciens associés... Ils avaient Naya et Mathys. Alors j'ai du les leur reprendre. Malheureusement, je ne suis pas un guerrier et si j'ai réussi à nous sortir de là, j'y ai aussi laissé ma peau..."

Sa voix se termina dans un murmure, et il reprit à mi voix, pensif :

- "J'avais oublié ce lien avec Yeri... Complètement... J'étais... en train de... mourir."

Il buta sur le mot, avant de regarder de nouveau Nakor.

- "Et comme toujours, te voilà pour me sortir d'un mauvais pas. Merci."

Il fronça les sourcils, se rendant soudain compte que le vieil homme ne savait rien de ce qu'il s'était passé entre Aidan et LilY, ni même qui était Naya.

- "J'ai beaucoup de choses à te raconter... Les choses ont changé depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. Pour résumer, LilY est partie... Du jour au lendemain, sans prévenir, sans laisser un mot, sans explications. J'ai essayé de la retrouver, mais elle ne voulait pas que j'y parvienne. Elle a simplement disparu dans la nature. J'ai rencontré Naya au cours de mon périple en forêt..."

Il eut un mince sourire à l'évocation de leur rencontre. Il était vraiment nul pour se diriger en région boisée. Il faillit reprendre en disant qu'ils avaient conclu un pacte de rester ensemble et de s'aider, mais renonça. Quelque chose avait changé, quelque chose qu'il n'avait pas prévu. Ces longues semaines à rechercher la mère de son fils, sans espoir, à voyager avec Naya, à tout partager... Tout cela l'avait fait dévier de son but premier et ses sentiments s'étaient modifiés. Il les avait avoué en pensant rendre son dernier soupir... Naya avait-elle vu ses lèvres bouger? Avait-elle compris? Ou bien cet aveu était-il resté secret? Il risqua un œil vers la jeune femme. Impossible de savoir.

- "Oh, au fait, Naya, voici Nakor, un vieux magicien complètement dingue. Le parrain de Mathys. Je ne sais pas pourquoi mais on dirait qu'il m'a adopté, pour son plus grand malheur."

Il parlait avec cette légèreté qui le caractérisait, mais difficile de ne pas voir toute l'affection qu'il avait pour le vieil homme.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Jeu 16 Déc 2010 - 20:27

Aidan retrouvait doucement ses esprits, en effet on ne revenait pas des portes de la mort sans être un peu sonné. Il se concentra sur la jeune femme en entendant le son émis par les lèvres du demi-elfe. Un son sur lequel Nakor tiqua, en hochant légèrement la tête dans un mouvement vif, comme quelqu'un de très espiègle, qui, un peu surpris, aurait entendu quelque chose qui n'aurait pas dû être là et qui allait le mettre sur la piste d'un petit secret. Mais alors qu'Aidan continua de parler et de se diriger vers son amie, le petit Mathys pointa le bout de son nez et se dirigea vers son parrain en prononçant son nom ... pas entièrement, mais en le prononçant quand même. Nakor s'accroupi alors légèrement sur ses genoux et tendit les bras en souriant comme un enfant et en disant

"Haaaaa viens par là mon enfant!"

Et un peu avant que celui ci ne soit proche du mage, Nakor fit claque ses doigts et magiquement, Mathys parcourut la distance restante dans les airs, comme s'il volait. Pour atterrir enfin dans les bras du vieux fou. Nakor le serra fort, en riant et tournoya sur place en déposant un baiser sonore sur la joue droite de son filleul.

"Et alors ... rholala, regarde moi un peu ... par tous les dieux comme tu as grandi ... tu ressemble de plus en plus à ton père ... espérons que tu ne prennes pas ses défauts les plus infernaux, sinon je ne vais pas être assez d'un seul Nakor pour venir vous sauver à chaque fois hein? Hein? Hooooo mon petit Mathys, que je suis content de te voir, dis moi comment tu-vas? Ca va bien? Hein? Heinnnnnnnnnnnnnnnnnn foutu gourgandin!"

Puis Nakor explosa de rire en embrassant encore son filleul. Puis il prêta toute son attention à Aidan. Après tout, s'il aimait Mathys, il aimait aussi son père, à fleur de peau, à la vie difficile et qui avait encore besoin d'apprendre ce qu'était un père. Aidan demanda à Nakor de guérir cette Naya et expliqua petit à petit son histoire. Le vieux fou s'approcha d'Aidan et de Naya, Mathys dans les bras, et quand il arriva à hauteur des deux protagonistes, il écouta la fin de l'histoire. Aidan disait qu'il y avait beaucoup de choses à raconter, que Lily avait succombé à sa soif de liberté et enfin il faisait les présentations. Nakor ressenti derrière l'humour d'Aidan, des paroles touchantes. Le vieil homme posa Mathys à terre en lui disant

"Aller, je vais m'occuper de papa encore un peu Mathys, nous jouerons ensemble plus tard d'accord."

Puis Nakor fit tourner sa main rapidement, soudain des feuilles mortes se soulevèrent du sol et allèrent danser autour de Mathys, afin de l'éloigner un petit peu, se laissant donc poursuivre pour ensuite le faire tourner en bourrique un peu plus loin. Nakor se tourna alors sur Aidan, et d'un air sérieux et terriblement grave, laissa s'installer une petite seconde de silence. Puis, il posa sa main sur la joue du demi-elfe et avec une chaleur sans fin dans la voix, il ajouta

"Tu sais très bien que ta mort me détruirait l'âme et me fendrait le cœur Aidan ... surtout si je peux l'empêcher!"

Nakor tapota la joue du jeune elfe et se tourna alors vers Naya, fit jaillir de sa manche une pièce de tissus bien propre et ajouta en direction de Naya cette fois

"La magie mon enfant, ne doit jamais servir à réparer le moindre petit problème, ce ne doit pas devenir la solution à toute chose ... sans ça, elle perd de son utilité et de son efficacité ... alors quand on le peut, on guérit par les voie de la nature!"

Tout en disant cela, Nakor, avec sa main libre, avait allongé de force, la jambe blessé de Naya, puis il avait passé la pièce de tissu autour de la jambe, au dessus de la plaie à quelques dizaines de centimètres. Il fit un nœud autour de la jambe et ajouta

"Une blessure de faible profondeur ne présente qu'un seul risque : l'infection ou l'hémorragie, c'est à dire que tu te vide de ton sang par la plaie ... avec un nœud bien serré mais pas trop et j'insiste bien : pas trop serré. On endigue le flot de sang, tout en permettant aux chairs d'être encore alimentés par le corps. Surtout ne pas recouvrir la plaie ... il faut que sa respire! Et si des saletés s'accumulent dessus ou sur le tissus ... il faut nettoyer avec grande délicatesse ... surtout pas de foutu gangue de médecin de bas étages ça emprisonne l'air au dessus de la plaie et ça pourri! Et quand ça pourri dehors, ça finit par pourrir dedans"

Nakor se redressa alors en posant sa main sur un de ses propres genoux, le sang cessant quasiment entièrement de couler. Il poussa un long soupir, comme si c'était un vieil homme très fatigué et éreinté par le temps. Puis une fois debout, tout en jetant un coup d'œil sur le jeune Mathys de temps en temps, il se reconcentra sur Aidan et souleva son sourcils droit, tout en posant sur le demi-elfe, un regard perforant! Puis au bout d'un petit moment, il ajouta

"Mathys n'a plus sa mère, il se fait enlever, lui et une amie à toi ... et tout ce que tu fais, au lieu bien sur de me mettre au courant, tu fonce tête baissé dans le piège et tu t'en sors comment Aidan? Tu ne t'en sors pas! Enfin Aidan, ta vie est trop importante pour la gâcher en agissant avec autant de sottise ... Je sais que je te donne l'impression de ne faire que te remettre en place mais c'est parce que je me suis inquiété pour toi quand je suis arrivé là Aidan ... j'ai déjà vu trop de mes enfants mourir, alors s'il te plait, ne te rajoute pas trop vite à la liste d'accord!"

Puis Nakor retrouva sa moue de vieux grand père un peu grincheux et tendit une main en direction d'Aidan : il devait se relever, ne pas rester au sol, respirer l'air frais et laisser Naya souffler un peu, pour calmer les pulsations de son cœur et dissiper totalement le très léger filet de sang qui coulait de temps en temps de sa bonne plaie. Nakor attendait que Naya dise quelque chose, ou qu'Aidan continue à expliquer son histoire. Mais soudain, Nakor regarda autour de lui, tout en levant une main comme pour faire taire tous ceux qui étaient sur le point de parler et dit simplement

"Vous vivez ici?"

Puis faisant un tour sur lui même, la tente à moitié arraché, la forêt ... Nakor ajouta

"Non, de toute évidence non ... et si tu me réponds oui, je vais être obligé de te frapper violement Aidan ... ho ouiiiii, très violement !"

Puis Nakor, qui voulait adoucir ses propos en usant un ton clairement ironique, souffla longuement. Il venait soudain à l'esprit de Nakor, tout un tas d'image : Aidan sur les pistes, dormant à la belle étoile avec Mathys, au fils des rencontres ... une vie de galérien qui affligea le vieux mage jusqu'au fond de son cœur, pas par déception aucune, non, mais par tristesse de savoir ce qu'avait dû endurer seul, le pauvre Aidan.
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Naya
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Jeu 16 Déc 2010 - 21:51

Vivant ? Pétrifiée, Naya regardait Aidan avancer vers elle. Certes pas de la façon la plus naturelle qui soit, mais il était vivant. Elle ne savait pas comment, ni grâce a qui et finalement, tout cela n’avait pas vraiment d’importance. L’or de ses yeux s’humidifia violemment et si il ne l’avait pas aidé a s’assoir, nul doute qu’elle serait tombée toute seule.

Elle le regardait avec une espèce de vénération incrédule, résistant a l’envie de le toucher pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas, qu’il respirait bien, a la place, elle s’agrippa a son cou. Ne quittant pas le visage du demi des yeux, elle sursauta lorsque le vieillard de tout à l’heure lui parla. Oh, elle avait comprit qu’ils se connaissaient tout les deux. Tout comme elle avait compris qui l’avait envoyée dans le buisson. Cela lui rappela Dyarque tout a coup tant les réactions étaient similaires. Battant des paupières pour tenter de suivre ce qu’il disait, elle devait bien avouer ne pas comprendre grand-chose. Ou alors la fatigue rendait son cerveau lent. Possible. Quatre jours qu’elle ne dormait pas vraiment, sans compter qu’elle se remettait de blessures qui avaient la grâce d’être aussi ancienne que récente.

Il parlait trop, trop vite et même si son allure bonhomme inspirait confiance, Naya n’était pas prête d’ouvrir la bouche. Trop estomaquée, choquée même. Voir Aidan soudainement en vie….Mathys qui riait a nouveau comme si de rien n’était…Baissant les yeux, elle laissa le vieil homme faire, serrer le bandeau après l’avoir fait apparaitre par magie. La jeune fille ne comprenait pas grand-chose a la magie mais la respectait comme part intégrante du monde, au même titre qu’une souris d’une certaine façon.

Finalement, elle dut lâcher Aidan et une grande lassitude la saisit. Elle aurait sans doute somnolé un peu si la voix de …Nakor ? Oui, c’était cela, ne c’était de nouveau élevée avec une ironie mordante. Fronçant légèrement les sourcils, elle le regarda, perplexe avant de suivre ses yeux en direction de sa tente en vrac et de tout ce qui l’entourait. Elle n’y voyait rien de choquant, cela faisait des années qu’elle vivait comme ça. Par contre, lorsqu’il émit le fait qu’Aidan vive comme ça aussi, souhaitant qu’il lui réponde non, elle se referma comme une huitre. Même son visage s’assombrit et, levant une main, elle caressa une seconde le tatouage qui parcourait sa peau. Elle se sentait brusquement honteuse. Elle qui ne l’avait jamais été avant. Mais le ton utilisé, les mots prononcés, laissait entendre que ce n’était pas assez bien pour Aidan et Mathys. Alors oui, quelque part c’était honteux…Pour eux.

Elle se releva, s’aidant de sa jambe valide, bien que l’autre ne soit pas gravement blessée, il ne valait mieux pas forcer dessus. Sans un mot, elle passa devant les deux hommes. Elle devait ranger sa tente tiens et peut être regarder si elle n’avait pas été endommagée. Se raccrocher a ça, c’était bien non ? Oh elle ne boudait pas attention, mais, elle qui n’avait déjà pas l’habitude de parler en ressentait de moins en moins le besoin. Alors autant s’occuper les mains, ensuite, elle irait grimper sur une branche d’arbre pour y dormir…un peu. Elle savait qu’elle atteignait ses limites et les franchir serait idiot.

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Aidan Silin
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Ven 17 Déc 2010 - 13:03

Alors qu'Aidan tenait Naya dans ses bras, tentant de la réconforter et inquiet pour sa santé, aussi bien physique que mentale, il vit du coin de l'œil son fils se diriger avec joie vers son parrain, grand père de substitution, ami et se sentit soulagé de le voir se comporter de façon aussi naturelle. Il avait craint un traumatisme, mais il semblerait que l'enfant tienne de son père concernant son adaptation aux pires situations. Ce qui était une bonne chose. Malgré tout, le demi elfe ne pouvait s'empêcher de se sentir inquiet en songeant à tout ce que Mathys avait vécu ces dernières semaines : la perte de sa mère, la perte de ses repères, la vie vagabonde, l'enfermement, la terreur... Beaucoup trop de choses pour un petit de cet âge et une chape de culpabilité s'abattit sur les épaules du demi, qui ne pouvait que constater quel mauvais père il était pour son fils. Il faisait de son mieux, mais cela était loin d'être suffisant. Pourtant, l'enfant ne se plaignait presque jamais, semblait tirer profit de toutes les situations et conservait son émerveillement innocent. Même après l'horreur. Là encore, il riait aux éclats tandis que Nakor le prenait dans ses bras et lui faisait remarquer comme il était grand. Oui, il avait grandi, trop vite. Et oui, il ressemblait chaque jour davantage à son père. Si Aidan avait conçu un doute concernant sa paternité, il était impossible maintenant de nier les liens du sang. Les yeux gris, les oreilles effilées, le cheveux bruns, bien que les siens soient davantage châtains. Même les traits de son visage étaient ceux de son père au même âge.

Les regards de Nakor et Aidan se croisèrent, alors que ce dernier observait silencieusement son fils. Il ne sut pas ce que pensait Nakor à cet instant et ne cherchait pas à le savoir. Il voulait simplement qu'il s'occupe de Naya, blessée par il ne savait quel moyen. L'arrivée de Nakor et sa façon d'envoyer valdinguer Naya, tout cela, il n'y avait pas assisté et l'ignorait. Nul doute que quand il l'apprendrait, il risquait fort de sortir de ses gonds. En attendant, il résumait ses mésaventures et le pourquoi de l'absence de LilY et de la présence de Naya. Nakor écoutait et finit par lâcher l'enfant, l'invitant à jouer par quelques tours de magie, avant de s'intéresser aux deux adultes. Naya était désespérément accrochée à son cou, le regardant de façon incrédule. Il baissa son regard sur elle et sourit, amusé. Non, il n'était pas mort, oui, c'était un miracle et il avait reprit son attitude habituelle, nonchalante.

- "Ne me regarde pas comme s'il m'avait poussé des cornes Naya."

Il se moquait d'elle gentiment, de la tendresse dans la voix. Il aurait été malvenu de se foutre d'elle alors qu'elle avait veillé sur lui, malgré ses propres traumatismes et qu'elle était restée jusqu'au bout avec lui. Il comprenait sa stupéfaction. Lui, sa surprise était passée, venant de Nakor, rien ne l'étonnait plus. Il sentit la paume du vieillard sur sa jour et le regarda intensément alors que celui-ci avouait combien sa mort lui ferait de la peine.

- "Je sais."

Oui, il le savait et ces simples mots contenaient toute la gratitude qu'il éprouvait pour le vieil homme qui l'aimait malgré ce qu'il était et ce qu'il pouvait faire. Sa voix s'était étranglée, mais il toussota pour la raffermir et reprit d'un ton plus léger :

- "Quelle idée aussi de s'attacher à un voleur casse-cou?"

Oui franchement, quelle idée... Gêné par les moments de tendresses et de sentimentalisme, il fut soulagé que Nakor cesse de s'intéresser à lui pour s'occuper de Naya. Il soupira quand le vieil homme fit la leçon à la jeune humaine sur la magie. Elle n'avait rien demandé après tout.

- "Et c'est pour cela que je ne te sollicite pas à tout bout de champ dés que j'ai un soucis."

La magie était en effet une voie de facilité, comme le soulignait Nakor. Il devait comprendre que le demi elfe ne cherche pas à se reposer sur ses capacités pour vivre sa vie. Et qu'Aidan n'agissait pas ainsi en étant persuadé qu'on allait le sortir de la mouise. C'était totalement faux, la preuve en était qu'il n'avait pas songé à Nakor pour sauver Naya et Mathys, ni même pour sauver sa propre peau. Mais il continuait la leçon envers Naya qui était abrutie de fatigue et d'émotion et objecta d'une voix douce :

- "Sans elle, je serais mort il y a déjà des heures."

Il y avait une réelle reconnaissance dans la voix du voleur. Elle avait fait tout ce qu'elle avait pu, avec les moyens du bord. Il avait connu Nakor plus compréhensif. Il caressa les cheveux de Naya, instinctivement, sans y prendre réellement garde, mais avec naturel, mais suspendit son geste quand le vieux magicien décida que c'était à lui de se faire rabrouer. Et même s'il comprenait la frayeur du vieil homme, il n'apprécia pas de se faire ainsi rouspéter.

- "J'ai agi comme je le pensais juste Nakor. J'ai perdu tous mes repères en l'espace d'une journée. Je suis un grand garçon, je suis capable de me débrouiller seul, tu n'as pas à régler tous mes problèmes... Je n'avais pas prévu de croiser une vieille connaissance, ni qu'il en profiterait pour me forcer à voler pour lui. Je devais le tuer Nakor, sinon, il n'aurait jamais lâché Mathys et Naya."

Il y avait une volonté farouche dans la voix et le regard du demi elfe. Il était convaincu d'avoir agi comme il le fallait. Il haussa une épaule, retrouvant son flegme.

- "En plus, je ne m'en suis pas si mal tiré que ça... Naya et Mathys étaient saufs. Eux étaient morts. C'était le plus important."

Sa vie n'était pas si importante que cela. Il n'avait pas accompli de grandes choses, il n'influait pas sur l'avenir de Miradelphia. Il n'était rien, rien d'autre qu'un voleur doué. Néanmoins, sensible au chagrin du vieil homme, il tempéra :

- "Je suis désolé, je n'ai pas penser à demander de l'aide, je me suis trop longtemps débrouillé seul, sans risque de me faire trahir. Je serais plus prudent à l'avenir. Contrairement à ce que tu pourrais penser, je ne suis pas pressé de rencontrer Tari."

Il tendit alors une main en la direction du demi elfe, qui la saisit, non sans une certaine hésitation envers Naya et se remit debout, un peu chancelant. La tête lui tournait légèrement, mais cela allait bien se dissiper. Il ferma les yeux pour que le monde cesse de tanguer. Et les rouvrit quand Nakor demanda s'ils vivaient ici. Il suivit son regard sur le campement balayé. Nakor fit la réponse tout seul. C'est là que le voleur se rendit compte que Naya restait désespérément muette et qu'elle clopinait afin de remballer tout cela. Elle n'était pas comme ça d'habitude. Il se rappela qu'elle n'avait pas dormi durant toute sa captivité, ou presque et pas non plus alors qu'il se mourrait. Elle avait vécu trop de choses en trop peu de temps, comme Mathys. Doucement, il se dirigea vers la jeune femme et lui prit la main pour la forcer à cesser son activité.

- "Naya, arrête. Ça peut attendre."

Son mutisme ne plaisait pas au voleur. Elle ne l'avait pas habitué à ça.

- "Dis quelque chose, s'il te plait."

Était-elle choquée? Tellement éreintée que son esprit avait décidé de se réfugier dans l'accomplissement de tâches qui ne nécessitaient pas de réflechir. Il reporta son attention sur Nakor.

- "On voyage. Sans cesse. Naya a toujours vécu en forêt et elle déteste la ville et au vu de ce qu'il s'est passé, je ne peux pas l'en blâmer. Alors oui, on vit comme ça, on dort à la belle étoile, à l'écart de la civilisation. Sans se poser de questions, sans craindre pour notre sécurité, sans que mon passé ne surgisse au détour d'une rue. Et c'est très bien ainsi. Je suis un citadin, lâche moi dans une forêt et je suis perdu. Naya, en revanche, est capable de se repérer n'importe où et d'y survivre. De chasser, de préparer un feu, de manger ce qu'elle attrape."

Oui, il la défendait, parce que quelque part, il refusait que Nakor dévalorise la façon de vivre de la jeune femme, alors que le voleur lui devait tant. Et qu'il admirait sa façon de vivre en ne comptant que sur elle-même et de façon honnête. Elle était plus débrouillarde que le voleur pour survivre. Lui, était plus roublard pour tirer profit d'une situation, mais en l'absence de civilisation, il était perdu.

- "LilY est partie de son plein gré et ne souhaite pas que je la retrouve. Cela me semble assez clair. Je l'ai aimée, j'ai fais beaucoup de concessions pour elle, mais cela n'a pas suffi. Malheureusement, cela ne suffit pas toujours, j'aurais apprit cette leçon."

Il y avait de l'amertume et un réel chagrin dans la voix grave du demi elfe, mais aussi une résignation tranquille. C'était ainsi, la vie était faite de surprises, agréables et désagréables. Il fallait faire avec.
Mathys en profita pour revenir vers les adultes. Comme sensible à la peine de Naya, il s'approcha d'elle et lui tendit les mains. Naya était devenue la figure maternelle, naturellement. Elle avait prit soin de lui, avait joué avec lui, lui avait apprit beaucoup de choses. Il savait l'enfant très attaché à la jeune femme. Et elle, très attachée à lui. Et il n'osait pas s'avouer que lui aussi était très attaché à elle. Pourtant, Nakor avait du sentir cet attachement réel. Dans le regard du demi elfe, dans ses gestes doux, dans sa façon de parler d'elle, de la défendre. Dans un moment de totale faiblesse, il avait avoué à la jeune femme l'aimer. Maintenant qu'il était vivant, il avait ré-endossé sa cuirasse, se convainquant qu'il avait été trop émotif et s'était mépris. Mais c'était de penser cela qui était un mensonge.
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Sam 18 Déc 2010 - 13:20

Aidan était apparemment prit entre deux feu, son ancienne vie, son fils et Lily, mais cette nouvelle vie là, avec Naya, une femme qui semblait sincèrement s'inquiéter pour lui et qui avait des sentiments vrais, même s'ils étaient un peu cachés. Nakor passa son regard d'Aidan à Naya. La jeune femme était puissamment perturbée par tout ce qui venait d'arriver. Il fallait dire qu'un Aidan blessé aux portes de la mort, un éclair qui frappe, un vol plané dans un buisson, un Aidan revenu à la vie et ainsi de suite ... ça faisait un peu beaucoup peut-être. Nakor haussa les épaules et ravala cette idée! Tant pis, elle vivrait des choses bien plus complexes, Nakor s'était inquiété pour Aidan et le voir blessé, aux portes de la mort, avec une femme au dessus de lui, il n'avait pas voulu prendre de risque. Il entendit alors la voix étranglé d'Aidan et se contenta d'hocher la tête gravement. Puis un petit trait d'humour du demi-elfe qu'il compléta, en indiquant qu'en effet, il se demandait parfois pourquoi il s'était attaché à un voleur casse coup.

"Ha ça ... je me le demande bien!"

Puis Aidan précisa qu'il ne demandait pas l'aide de Nakor bien souvent justement, parce que la magie ne devait pas être utilisée à la légère. Nakor ne releva rien mais Aidan rajouta une dernière phrase. Le mage se mit alors à sourire, en ajoutant, tout en gloussant

"Et sans moi tu serai mort tout court!"

Puis terminant de glousser il écouta les propos d'Aidan, ses explications sur sa rencontre avec ces hommes qui avaient enlevé Mathys et Naya, ce qu'il en avait résulté et que donc, en un seul coup, Aidan avait perdu presque tous ses repères. Nakor parla alors d'une voix calme, posé et sans reproche

"Oui, en effet tu ne t'en ai pas trop mal tiré, la prochaine fois, il faudra t'entrainer un peu plus ... de sorte à ce que tu ne finisse pas dans les bras de la mort! Je te l'ai pourtant déjà dis, prendre une décision dans l'empressement ne mène jamais à la bonne façon de procéder! Même si c'est inquiétant, c'est avec ton cerveau que tu dois agir, pas avec ton cœur et tes sentiments ... je sais que c'est difficile, et on commet tous des erreurs dans la vie! Mais en agissant comme je l'ai fais, en te sermonnant et en te montrant la voix, j'essaie juste de te faire grandir encore un peu Aidan ... de temps à autre, tu n'es rien d'autre qu'un bien jeune enfant mon cher petit!"

Nakor avait de l'affection dans la voix. Evidemment Aidan n'aimerait pas que Nakor le traite d'enfant, mais le demi-elfe comprendrait ce qu'il voulait dire, une petite allusion au fait que, n'ayant pas forcément disposé de parents corrects dans sa jeunesse, ayant vécus des choses affreuses, parfois Aidan agissait comme s'il était un enfant, trop vif, trop impulsif ... trop Aidan quoi! Puis Nakor fit sa remarque sur leur habitat, et observa Naya marcher comme une damnée, l'esprit embrumé. Aidan expliqua certaines choses, comme s'il prenait sa défense. Le mage fronça les sourcils et ajouta

"Mais quand diable ai-je accusé Naya de vivre en foret? Je vous demande simplement si vous laissez dormir mon filleul à la belle étoile alors qu'il devrait vivre dans un palace de luxe, de chaleur et de paix!"

Nakor posa ses mains sur ses hanches et fit la moue. Puis, au sommet de la tension, à ce moment où tout aurait pu exploser, Nakor hurla de rire. Vieux fou étrange, il aimait tellement ennuyer le monde puis changer d'attitude, il venait simplement de pousser Aidan et Naya dans leurs derniers retranchements, simplement pour qu'ils vident tous deux leurs sacs, qu'ils éjectent d'eux, tout ce qu'ils avaient ressenti, toute l'horreur qu'ils avaient vécu. Maintenant que le venin était sorti de leurs cœurs, Nakor se dit qu'il était temps d'intervenir. Il ajouta alors, après avoir cessé sa crise de rire :

"Halala quel vieux fou insupportable je fais hein ?"

Il passa sa main devant lui, la faisant tournoyer en traçant des signes étranges dans l'air. Soudain, la tente se remit en place, s'agrandit un peu, afin qu'ils puissent disposer d'un plus grand espace. Un feu s'alluma et chassa des environs toute la fraicheur d'une nuit finissante et en donnant un coup sec de la main, Nakor pointa le visage de Naya avec son index droit. Un éclair orange et très fin partit de son doigt et pénétra l'esprit de la jeune femme. Nakor diffusa en elle, un peu de chaleur, un peu de réconfort et un peu d'énergie, afin que son esprit puisse reprendre le dessus, qu'elle puisse affronter la réalité des choses et qu'ils puissent tous les trois discuter un peu pendant que Mathys jouait avec des feuilles volantes. L'éclair orange resta en suspend quelques dizaines de secondes. La pauvre jeune femme était vraiment perturbée et si Aidan devrait se calmer seul et se remettre d'aplombs sans que Nakor intervienne dans son cœur, Naya elle ne parvenait pas à surmonter sa tourmente. La magie de l'esprit fit le reste, Nakor termina son sortilège et abaissa le doigt. Il approcha alors de Naya qui restait là, sans bouger. Il posa ses deux mains sur les épaules de la jeune femme, la tourna vers lui et la transperça de son regard multi centenaire, d'un bleu azur d'une profondeur sans fin. Et sa voix forte, profonde et grave résonna

"Reviens à toi Naya, car tout cela est bien terminé maintenant!"

Il relâcha sa prise sur la pauvre enfant et laissa les choses faire. Elle reviendrait rapidement à elle, pleine d'une nouvelle énergie. Nakor eut alors le temps de glisser à Aidan

"En effet, la mère de Mathys a décidé de partir, son cœur s'est fermé à toi et son âme tourmenté à trouvé un nouveau souffle. Et comme toute épreuve dans la vie, il faut se contenter d'apprendre sa leçon et de passer à la suite. Mais pour cela il faut bien qu'il y ait un but dans la vie! Vers quoi vous destinez vous tous les deux Aidan?"

La question était très ambigu : Nakor demandait-il se Aidan avait des sentiments pour Naya ou demandait-il simplement ce que le trio comptait faire maintenant qu'ils s'étaient sorti du pétrin. Au demi-elfe de répondre ce qu'il voulait.
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Dim 19 Déc 2010 - 9:32

Elle avait l’impression d’errer dans un brouillard opaque, les pensées qui pouvaient l’agiter étaient confuses. La fatigue sans doute. Elle forçait depuis des jours, repoussant sans cesse les limites de son propre corps, de sa conscience, les événements c’étaient enchainés avec trop de vitesse pour qu’elle puisse les suivre sereinement. Effectivement, pourquoi remballer ? Ca pouvait attendre…Mais elle devait s’occuper…Enfin essayer…

« Je suis fatiguée. »

A peine un murmure mais parce qu’il lui avait demandé de parler, elle avait fait cet effort, elle réussit même a sourire un peu. Un désolée, effleura ses lèvres, mais ne sortit pas.Elle eut envie de poser la tête sur l’épaule d’Aidan, de fermer les yeux et de dormir. Aidan et Nakor échangèrent des paroles et Naya était plus sensible au ton utilisé qu’aux mots. Ils s’aimaient énormément, de cela elle était sure. Aidan ne risquait plus rien et Mathys…Naya baissa les yeux sur le petit garçon et se mit a sa hauteur avec un peu de mal a cause de sa cuisse, sa main se leva et vint se poser sur la tête du bambin.

« Ca va, chéri. »

Elle ébouriffa les boucles et sursauta quand le vieil homme explosait de rire. Etait il fou ? Naya se posait sérieusement la question, mais son rire était communicatif dans un sens. Elle le regarda remettre son campement en place avec une facilité démoniaque grâce a la magie. Haussant les sourcils, elle le vit s’approcher d’elle, lever un index et retint un geste de recul, les yeux louchant sur cet index.

Mais cela ne faisait pas mal. Non au contraire, c’était chaud, terriblement chaud. Mais une chaleur suave, douce, tendre. Comme un cocon protecteur qui se construisait autour d’elle. C’était apaisant aussi, comme une chape de douceur sur les tumultes de son esprit. La fatigue semblait s’éteindre, s’étioler, disparaitre. La douleur aussi s’envolait et Naya sourit un peu, sans même s’en rendre compte, le regard un peu ailleurs. En cet minute, elle semblait apaisée.

L’échange qui s’en suivit entre Nakor et Aidan lui échappa totalement mais lorsqu’elle revint a elle, Naya se passa une main dans les cheveux. Un peu décontenancée quand même.

« Vous avez faim ? »

Qui vous ? Et bien tout le monde. Bizarrement d’un coup, elle mourrait de faim et cela faisait quelques jours qu’ils n’avaient pas mangé de produit frais et puis c’était aussi une manière indirecte de remercier ce vieux fou magicien pour ce qu’il avait fait et ferait sans doute.

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Aidan Silin
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Mer 12 Jan 2011 - 16:41

- "Je sais. Je ne te remercierais jamais assez pour cela."

Déjà qu'il lui devait la vie de LilY quand elle avait accouché de Mathys... Sans Nakor, la jeune femme serait morte, dans cette forêt, sans que son compagnon ne puisse rien y faire. Cela lui semblait tellement lointain maintenant, comme un souvenir d'une autre vie. L'eau avait coulé sous les ponts. LilY l'avait quitté, sans un remord, sans lui en parler, elle les avait abandonné tous les deux et avait fait en sorte qu'ils ne la retrouvent pas. Sans doute Nakor serait-il en mesure de le faire, mais c'était trop tard maintenant. Il espérait juste qu'elle serait heureuse dans la nouvelle vie qu'elle s'était choisie. Il pensait qu'elle allait bien, Nakor aurait sans doute accouru si elle s'était retrouvée en danger de mort... Mais le vieux mage n'était pas au courant jusqu'à ce que le demi-elfe le lui apprenne.

Il lui fit part alors de ce qu'il s'était passé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu, de la perte de LilY, de son errance, de sa rencontre avec Naya, de la façon dont il avait tenté de les sauver Mathys et elle. Nakor ne put s'empêcher de lui faire de nouveau la leçon et le voleur acquiesça doucement, avant de répondre d'une voix éteinte :

- "Avant, je n'aurais jamais prit de tels risques pour quelqu'un d'autre que moi."

Avant, il n'était qu'un égoïste qui vivait pour lui, selon sa propre loi, sans se soucier des dommages collatéraux. Mais ça, c'était avant LilY, avant Mathys, avant Naya. Finalement, une vie solitaire était peut-être préférable. Il ne mettait que lui en danger. Avec une ombre de sourire, il répliqua cependant :

- "Tout le monde est un enfant comparé à toi."

Mais il avait raison, parfois, il agissait de façon trop désinvolte et impulsive... Son enfance chaotique l'expliquait, mais cela ne l'empêchait pas d'agir contre toute prudence. Pourtant, avec un enfant, il devait apprendre à grandir plus vite. Serait-il jamais adulte? Naya, par bien des côtés, l'était davantage que lui. Naya que Nakor avait attaqué en la pensant dangereuse, qu'il dénigrait en riant de son mode de vie en forêt... Aidan ne put que prendre sa défense avec une certaine virulence qui trahissait ses sentiments à son encontre. Nakor le calma, parlant juste du fait que Mathys aurait du avoir davantage que cela. Un sourire narquois ombre les lèvres du demi-elfe.

- "Je ne te savais pas si snob. Fréquenter le roi ne te réussit pas."

Il haussa les épaules.

- "Je ne suis pas riche, je ne pourrais jamais lui offrir cela. Et je ne suis pas sûr que cela fasse son bonheur."

Ce qu'il lui fallait c'était une vie plus stable avec deux parents. Pas un seul. Aidan délaissa Nakor pour s'occuper de Naya, trop éprouvée. Son absence de réaction ne lui disait rien qui vaille. Le vieux magicien éclata de rire, posant une question à laquelle Aidan répondit par un regard noir. Mathys était sensible aux humeurs des adultes. Il s'approcha de la jeune femme qui s'accroupit pour le rassurer. C'est alors qu'il assista à la magie de Nakor en branle, qui reconstruisait le camp. Il lui jeta un regard de reproche et ironique à la fois, signifiant clairement qu'il voyait là une solution de facilité. Faisait-il donc tout à l'aide de la magie, alors qu'il disait que cela ne devait être employé qu'en cas de dernier recours?

Mais son sourire disparut quand un éclair orangé quitta son doigt pour toucher Naya.

- "Qu'est-ce que tu fais?"

Il y avait de l'incertitude dans la voix du demi elfe et une certaine inquiétude, même s'il savait que le vieil homme ne ferait plus aucun mal à Naya. Il s'approcha d'elle et l'enjoignit alors de revenir à elle sous le regard d'un Aidan médusé. Pourtant, le vieil homme n'en avait pas fini avec lui et lui glissa rapidement, avant que Naya n'ai reprit ses esprits, quelques paroles concernant LilY et ce qu'il allait faire désormais. Il se passa une main sur le visage, accusant la fatigue.

- "Je n'en sais rien. Je ne sais même pas s'il y a un nous deux... L'abandon de LilY me laisse un goût amer..."

Il regarda Naya reprendre ses esprits et souffla au vieux magicien :

- "Veille sur elle Nakor. Je ne suis plus en mesure de le faire, si tant est que j'y suis parvenu un jour, mais tu restes un père pour LilY."

Qu'il prenne soin d'elle. Qu'il veille de loin sur elle, sans entraver ses décisions. Mais Aidan ne pouvait l'oublier aussi facilement. Naya demanda alors s'ils avaient faim et le demi-elfe sourit, avant de se laisser tomber à terre, en tailleur, soudain harassé par le contre-coup de sa "résurrection".

- "Oui, mais... tu n'es pas trop fatiguée?"

Qu'est-ce que lui avait fait Nakor ? Elle avait accumulé des journées et des nuits sans sommeil, mais cela semblait le cadet de ses soucis.
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Ven 14 Jan 2011 - 22:07

Aidan remercia Nakor de son action et avoua qu'il n'en ferait jamais assez pour lui dire à quel point il lui était reconnaissant. Nakor ne répondit que par un vrai et bon sourire ancré sur son très vieux visage d'humain! Le vieux mage se disait que le jeune Aidan, était en train de progresser, il y a quelques années, quand il l'avait rencontré, il était incapable de décrire ses sentiments de la sorte. Mais depuis ils s'étaient tous deux apprivoisé, Nakor n'y avait pas été à la légère non plus, et finalement ils avaient lié une relation forte, comme un grand père et son petit fils. Nakor aimait cette relation, il l'avait pratiqué à maintes reprises durant sa longue vie. Cela lui avait souvent procuré bien du chagrin quand la mort approchait des êtres humains, mais peu importait, le plaisir d'avoir un lien avec la vie, avec les vivants, n'avait rien de comparable. Et c'est la voix éteinte qu'Aidan ajouta une petite remarque à la suite du discours de Nakor. Le vieil homme s'abaissa jusqu'à se trouver à hauteur de regard de son petit demi-elfe tout tristounet. Il croisa son regard et prit la parole d'un ton paternel, voir paternaliste

"Et c'est un magnifique et beau progrès mon enfant, mais comme pour toute nouvelle expérience, il faut apprendre, améliorer sa pratique. Mais malheureusement, depuis que le monde est monde, les gens n'apprennent qu'en faisant des erreurs! Alors les anciens ont un rôle important à jouer dans cette affaire : ils sont là pour remettre sur la bonne voie, pour guider et ... je ne connais aucun moyen autre que de passer un savon pour que la leçon entre de force dans la tête de ceux qui m'écoutent un peu, voir de ceux qui ne m'écoutent pas du tout!"

Nakor se mit à glousser et se releva en forçant durement sur ses vieux genoux. Il entendit la petite remarque assassine de son protégé et se mit à le fusiller du regard, puis se mit à rire comme un fou en ajoutant

"Ho le gourgandin!"

Puis il continua à rire un peu. Ils parlèrent alors de leur condition de vie et Aidan défendit bec et ongle, corps et âme même, la jeune Naya et la vie en forêt! Le demi-elfe précisa qu'il ne lui semblait pas très à sa place et qu'il ne gagnait rien en restant dans une cage doré. Nakor, un léger sourire sur les lèvres prit son tour de parole

"Et toi à force de voler les gens, tu ne vois plus le luxe que dans l'argent mon pauvre ami! Un palace luxueux, chaleureux et chaud n'a pas nécessairement sa parure d'or effréné! Un foyer, un toit simple, une famille aimante autour d'un enfant en bonne santé, c'est ça le luxe Aidan ... et roi ou pas, j'ai toujours eut un toit sur la tête, ou a défaut, un bon chapeau!"

Et bien évidemment, pour changer, Nakor explosa de rire comme un dément, sans que personne ne sache véritablement pourquoi il riait autant pour si peu de chose. Une fois calmé, Nakor fit un peu de magie pour arranger tout le fatras dans lequel étaient entassé la tente, et tout le reste et Aidan lui jeta un regard plein d'ironie. Nakor balaya la remarque silencieuse d'un geste de la main et d'un coup de tête : s'il n'était pas intervenu, Naya se serait perdu dans les limbes de son esprit, tout en cherchant à tout remettre en place. Et pour la faire sortir de sa torpeur, Nakor devait absolument intervenir de la sorte, terminer à sa place et en un instant, la tache que son esprit voulait accomplir, afin qu'elle soit complètement perdu et n'ait plus aucun point d'ancrage : son intervention magique serait alors plus simple. Une petite chose fit tiquer Nakor : la remarque d'Aidan, qui eut le droit à un des regards les plus noirs de l'histoire de l'humanité! Comme si le vieux fou était dangereux!

"Et à ton avis qu'est-ce que je fais hein? Bien sur que je la tue de l'intérieur, c'est tellement mon style!"

Nakor aurait bien ajouté des mots pour qualifier un peu plus Aidan, mais il les garda pour lui même et écouta les dernières réponses d'Aidan. Evidemment, le demi elfe était troublé et avait encore mal au cœur, trop pour imaginer pour l'instant quelque chose de très concret, il fit néanmoins une dernière demande au mage et le vieux fou souffla dans sa barbe

"Comme sur toi et mon filleul, Aidan! Sois en certain!"

Un petit clin d'œil et Aidan alla rejoindre Naya, extrêmement fatigué lui aussi, après tout on ne revenait pas de la presque mort sans une petite baisse de tension à un moment ou à un autre. Nakor prit donc la parole en direction de la jeune Naya

"Et puis oui, je dois avouer que mon petit voyage depuis Diantra me laisse le ventre bien vide ... que me proposez vous ma chère enfant?"

Et comme si c'était la chose la plus normale du monde, Nakor leva la main et un verre magnifique, en cristal taillé, rempli d'un vin rouge extrêmement goûtu, apparu dans sa main, alors qu'il ajoutait

"Et moi j'apporte la boisson!"

Puis avant même qu'il n'ait pu le porter à sa bouche, Nakor se mit tellement à rire qu'il se mit à danser et répandit son très bon vin partout à même le sol, continuant comme un dément, à danser la gigue du diable. Etait-il besoin de préciser, que son rire était communicatif, ainsi que son attitude et que Mathys approcha de parrain Nakor pour danser avec lui.
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Ven 21 Jan 2011 - 19:02

Fatiguée ? Non, étrangement, sa fatigue c’était envolée, comme ça, d’un coup. C’était incompréhensible et le regard doré de la jeune fille ne cessait d’observer le vieux mage sans rien dire. Elle ne parlait pas beaucoup et souvent par un seul mot, encore plus lorsqu’elle ne connaissait pas. Néanmoins, son regard n’était pas hostile, ni indifférent, juste diablement curieux. Son campement était revenu a son état initial d’un coup de pouce et, devant ses yeux, un vieux fou riait a gorge déployée.

Elle n’osait pas se pencher sur l’oreille d’Aidan pour savoir si il était réellement fou ou si…bien, elle ne savait pas tellement en fait. A la place, elle se contenta de laisser son regard errer sur le demi elfe avant de sourire légèrement et de répondre simplement :

« Non. »

La fatigue envolée, seule sa cuisse la lançant un peu la convainquait de la réalité de ce qu’il c’était passé, elle passa a quelque chose de plus trivial qui pouvait paraitre parfaitement déplacé en de telles circonstances. Aidan semblait épuisé, Mathys semblait excité et…Le mage semblait…Hors de la réalité. Cela dit, il la gratifia d’un coup d’œil avant de demander avec bienveillance ce qu’elle proposait pour le diner…Avant de faire apparaitre du vin ?!

« Lapin ou poule sauvage. Les bois en grouille. »

Après, il était clair que ce ne serait pas un magnifique lapin en sauce ou une poule au pot, mais elle se débrouillait pas trop mal. Finalement, elle reposa son attention sur Aidan, trouvant difficilement acceptable de le voir bel et bien vivant, peut être réaliserait elle plus tard, sans doute même, mais pour l’heure, cela lui semblait comme un rêve. Peut être c’était elle endormie d’épuisement…N’importe quoi !

« Tu devrais aller te reposer un peu, Aidan, tu as l’air éreinté. Je pourrais me débrouiller seule. »

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Aidan Silin
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Sam 22 Jan 2011 - 0:09

Un sourire se dessina sur les lèvres du demi elfe aux sages paroles du vieil homme. Un sourire fatigué, mais sincère. Oui, il était en train d'apprendre, de suivre une voie qu'il n'aurait pas imaginé. Il avait été un enfant solitaire, un voleur égoïste et voilà qu'il se retrouvait à jouer les héros pour préserver la vie d'êtres qui lui étaient chers. A son avis, il se ramollissait à se laisser ainsi gagner par ses sentiments, mais comment ne pas fondre devant son fils? ou devant les grands yeux dorés de Naya? Néanmoins, c'est avec une grimace espiègle qu'il conclut :

- "Mais je t'écoute Nakor! Plus qu'un peu."

Oui, il écoutait, mais il ne faisait pas toujours ce qu'on lui recommandait voilà tout. Néanmoins, il était capable de ressortir tout ce que le vieux mage avait pu lui dire depuis qu'ils se connaissaient. Il le chambra d'ailleurs sur son âge, s'attirant l'amusement de celui qu'il considérait comme un grand-père.

- "Si je t'avais connu plus tôt, je serais sûrement un autre homme aujourd'hui. Plus respectable."

Mais il avait manqué de cette éducation, de ce cocon familial qui assurait la stabilité d'un enfant. Il s'était construit sans modèle digne de ce nom, tant bien que mal, et finalement, il ne s'en tirait pas si mal que cela. Il se moqua des goûts de luxe de Nakor et celui-ci lui fit remarquer que c'était lui qui extrapolait. Le demi-elfe se rembrunit alors, rétorquant un peu trop sèchement :

- "Cela je l'avais. Mais LilY y a mit un terme."

Oui, ils avait vécu quelques mois à Alëandir, avant de devoir fuir suite aux escapades de la jeune femme qui avait fait une mauvaise rencontre. Ils avaient reconstruit leur famille à Diantra, mais le fossé s'était déjà creusé et plus rien n'avait été comme avant. Ils avaient été heureux dans leur chaumière chez les elfes, quelques mois seulement. Nakor s'adonna à la magie sous le regard narquois du voleur, qui s'inquiéta cependant de le voir en user sur Naya. Il n'eut le droit qu'à une réponse aussi peu intelligente que sa question et il n'insista pas. Bien sûr que Nakor ne lui faisait pas de mal. Alors que Nakor lui demandait ce qu'il comptait faire, il avoua nager en eaux troubles, mais souffla une dernière requête. Il hocha simplement la tête quand Nakor le lui promit, avant de rejoindre Naya et de lui demander comment ça allait, tandis qu'elle proposait de manger. Surpris, il la regarda mais elle semblait bien plus alerte que lui désormais. Lui qui s'était laissé tomber à terre, soudain mort de fatigue. Affamé, mais épuisé également. Il n'était pas certain de pouvoir attendre de manger avant de sombrer.

Nakor accepta la proposition lui aussi, avant de faire apparaître un verre de vin comme par magie, s'attirant de nouveau un regard narquois de son protégé.

- "Et c'est moi qui ai des goûts luxueux..."

Alors qu'il buvait un vin extrêmement coûteux dans un verre en cristal délicat. Vin dont il ne se souciait pas alors qu'il dansait, rejoint par un Mathys rassuré de cette folie familière, bien loin de la sauvagerie qu'il avait connu ces derniers jours. La voix de Naya le sortit de sa torpeur songeuse. Il ouvrit la bouche pour protester, avant de se raviser et de hocher doucement la tête.

- "Je suis un piètre chasseur de toutes façons."

Il se passa une main sur le visage, avant de repousser ses cheveux en arrière et de lever le nez vers le ciel, se laissant finalement tomber sur le dos et continuant à fixer le ciel, une de ses mains suivant songeusement le contour de sa cicatrice nouvelle acquise. Il allait finir par en être couturé... Entre le dos et le torse, ça devenait pire que les trophées des guerriers... Sans compter ses poignets.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Dim 23 Jan 2011 - 20:15

Nakor entendit la réponse de son petit Aidan et se mordit la langue avec force pour ne pas répondre que s'il écoutait, il n'entendait pas forcément le message, comme tous les jeunes petits gourgandins de sa trempe! Mais il était quand même sur la bonne voie et Nakor ne put retenir un grand sourire et surtout lorsqu'il entendit la réponse suivante. Le vieillard se permit de nouveau de poser sa main sur la joue de son jeune Aidan et tout en le tapotant, il ajouta

"Je suis extrêmement heureux d'entendre cet énorme compliment à mon sujet mon enfant, mais derrière ce compliment, tu émets aussi une vive critique de ta propre personne. Tu ne dois pas te déprécier de cette façon Aidan, c'est très important. Tu as un enfant dont tu t'occupes, au contraire d'une personne que nous connaissons tout deux, et le fait que j'ai dû, une nouvelle fois, te sortir d'un tel traquenard aujourd'hui montre à quel point tu es maintenant capable de t'oublier pour ne penser qu'aux autres, ceux qui te sont proche. Et en cela, tu es un être plus que respectable ... qui a agit sans trop réfléchir mais qui est quand même respectable!"

Nakor gloussa avant de continuer son œuvre. Il parla de luxe, de foyer, d'un toit et tout ce qui allait avec quand, très amer, Aidan précisa que ce n'était pas vraiment sa faute s'il se retrouvait dans cette situation, privée de ce qu'il possédait autrefois et qu'une jeune femme lui avait ôté en prenant sa liberté à bras le corps et en laissant mari et enfant. Et au lieu de laisse Aidan s'enfoncer dans un tel état d'esprit, et aller dans son sens, Nakor décida de le prendre à contre pied. Car en effet il avait raison, c'était Lily qui lui avait tout enlevé et qui avait donc privée Aidan et Mathys d'une vie normale et un peu plus simple. Le vieux mage, le regard espiègle au possible, ajouta

"Si les fondations se sont écroulées, c'est qu'elles étaient faibles. A nous de revoir le plan de l'architecte et de consolider ce qui est tombé, afin que les murs tiennent et que nous puissions enfin agrandir l'édifice mon très cher petit!"

Cela signifiait beaucoup de choses, cela donnait une ligne de conduite à suivre pour Aidan, cela donnait l'état d'esprit du vieil homme et son indéfectible espoir en un avenir meilleur et surtout cela indiquait qu'une fois de plus Nakor voulait être autant que possible de la partie, qu'il voulait aider Aidan autant que celui ci accepterait de recevoir de l'aide. Et hop, Nakor envoya en pleine face d'Aidan un bon vieux clin d'œil. Il utilisa ensuite ses pouvoirs pour aider la jeune Naya, se permit de répondre aussi stupidement que possible à Aidan puis fit venir du vin avant d'entendre la réponse de la jeune Naya. Il se mit alors à danser de sa bonne blague à renverser partout comme un dément son bon vin et vit arriver prés de lui le petit Mathys. Nakor jeta alors son verre à terre et se mit à glousser tout en continuant à chantonner et à danser, il tendit les bras en direction du jeune garçon qui fit de même. Nakor le prit donc par les mains et continua de danser, en faisant tournoyer tranquillement le petit enfant, qui riait aux éclats. Nakor riait aussi, au point de se demander qui s'amusait le plus, Mathys ou le vieux cinglé à longue barbe. Nakor finit par pousser un petit râle d'effort et souleva Mathys de terre afin de le prendre dans ses bras et de rire. Il posa un baiser sur la joue du jeune garçon et ajouta

"Hoooo fichu gourgandin que tu es!"

Puis, gardant un Mathys bien heureux dans les bras, il s'approcha de Naya et prit la parole.

"Et bien va donc pour la poule Naya, car je trouve qu'il n'y a jamais rien à manger sur un lapin, il est donc inutile de leur ôter la vie. Je vous laisse donc l'attraper pendant que je prépare un petit feu. Aller ma chère au travail, vous avez en vous la force de le faire."

En effet, Nakor le savait pour avoir lui même amplifier la réserve énergétique de la jeune fille qui était affreusement faible quand il était arrivé. Il posa Mathys à terre en lui glissant

"Aller, va voir papa un peu!"

En pointant du doigt Aidan. Il laissa le jeune enfant courir vers son père et Nakor fouilla alors dans ses manches. Nakor fronça petit à petit les sourcils, comme mécontent de ce qu'il était en train de faire. Il fouilla en enfonçant son bras encore plus profondément dans sa manche gauche. Nakor devint alors très mécontent et parlait dans sa barbe en disant

"Non, ce n'est pas ça ... ça non plus ... non ... non pas ça rhooooooo!"

Puis d'un seul coup, il retira son bras droit de sa manche gauche et vociféra

"Ho mais nondidiou de nondidiou où diable est-ce que j'ai mis ce satané briquet maudit!"

Il plongea alors son bras gauche cette fois, dans sa manche droite et fouilla longuement. Il en ressortit enfin ce qu'il cherchait en s'exclamant

"Ha ben ça y est! Non mais ho, et puis quoi encore non!"

Il tenait dans la main, un objet fabriqué par les nains, qui détenait une petite réserve d'amadou, capable de créer une étincelle et donc de faire un peu de feu. Feu qui permettrait d'allumer une belle flambée et donc de faire cuire ce que Naya parviendrait à ramener ... si elle ramenait quelque chose évidemment. Nakor rassembla des branches mortes, des feuilles, des branches plus épaisses et plus fraiches et suffisamment de choses pour que le feu puisse tenir. Une fois tout cela rassemblait, Nakor fit fonctionner son briquet et une petite flamme en sortit, qui fit des merveilles sur le bois mort et les feuilles passés de mode. Une belle flamme partit et Nakor souffla un peu dessus, satisfait de lui et de son œuvre. Et donc, d'un coin de l'œil dirigé vers Aidan, c'est en restant devant le feu, qu'il se mit à parler comme s'il discutait avec les flammes

"Le temps va passer, les blessures vont se refermer et elles laisseront simplement des marques, un souvenir de ce qui fut douloureux, pour nous rappeler à quel point s'ouvre à nous un monde forcément meilleur, meilleur car nous avons appris, meilleur car nous avons progressé sur le chemin de la douleur et de la vie. Nous aurons retenu nos leçons et nous avancerons tranquillement jusqu'à la prochaine. Mais durant cet espace de temps ou les leçons vont de nouveau pleuvoir sur nous sans qu'aucune protection ne puisse nous garder au chaud et au sec, nous avons enfin notre vie entre nos mains! Entre nos mains seules! Alors là, il faut décider de quoi faire de sa vie."

Puis Nakor tourna la tête vers Aidan et ajouta

"Et toi, que vas-tu faire de ta vie? Quand vas-tu t'avouer tes sentiments pour la jeune Naya, quand vas-tu les assumer et avancer un peu dans la vie, tranquillement et évidemment en prenant le risque de souffrir de nouveau d'une perte ou d'une peine de cœur?"

Nakor avait posé ses questions aussi anodinement que s'il avait demandé à quelqu'un de lui dire l'heure.
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Naya
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Mer 26 Jan 2011 - 21:28

La jeune chasseuse eut un fin sourire. Il n’était pas faux de dire qu’Aidan ne lui serait d’aucune utilité. Aussi agile qu’un éléphant sur un fil de lin lorsqu’il se déplaçait en foret. Mais ils avaient chacun leur force et leur faiblesse. Naya pouvait se déplacer dans les bois au beau milieu d’une tempête sans se perdre, mais était incapable de reconnaitre une rue d’une autre rue. Mais peut être qu’Aidan lui apprendrait ou peut être qu’elle apprendrait un peu en le cotoyant.

Fronçant quelque peu les sourcils, elle le vit redessiner du bout des doigts cette cicatrice qui aurait du le tuer. Lentement, ces yeux glissèrent sur le vieux magicien, elle savait qu’il existait plusieurs magies, mais depuis qu’il était arrivé, il avait déployé un eventail de pouvoir impressionnant. Du moins, pour la jeune fille qu’elle était. Un sourire timide répondit a Nakor, ainsi qu’un léger hochement de tête. Oui, elle se sentait bien, pleine d’énergie et comme apaisée. Elle avait eut l’impression d’avoir vécu une vie entière en quelque heure et d’un coup de baguette magique, le vieux fou avait tout fait disparaitre. Malédiction ou bénédiction ? Elle préférait le prendre comme un miracle, rien que le fait de voir Aidan en vie en était un.

Boitillant un peu, elle se dirigea jusqu'à son sac et prit son arc ainsi que deux flèches. En général, elle faisait mouche du premier coup, donc deux devrait suffire non ?

« Je n’en ai pas pour longtemps. »

Elle passa une main douce dans les cheveux de Mathys avant disparaitre dans les bois environnants sans un bruit. Se déplacer silencieusement, lui était un peu difficile du fait de sa jambe blessée, mais elle devait bien avouer qu’elle s’en tirait pas trop mal.

Elle suivait une piste fraiche a en juger par les déjections qu’elle trouva sur son chemin. Les poules n’étaient pas difficile a trouver, mais bien plus a attraper. Penser qu’elles agissaient comme des poules communes était une erreur, mais elle avait l’habitude de tout ça.

Elle ne sut pas combien de temps elle partit, sans doute une heure voir a peine plus, mais lorsqu’elle revint, un feu crépitait dans le campement. Elle savait qu’Aidan n’était pas assez doué pour en faire un de cet ampleur alors son regard d’or coula sur le vieux mage. Elle avait l’impression de les avoir interrompu dans une discution sérieuse mais ne dit rien. A sa ceinture pendaient deux belles poules sauvages et, cadeau bonus, elle avait même trouvé des œufs dans les nids. Oh, elle n’avait pas tout prit, a peine 4 sur la douzaine qu’il y avait, mais c’était bien suffisant n’est ce pas ?

« Excusez moi, je ne voulais pas vous interrompre. »


Surtout que, comme a son habitude, ils ne l’avaient sans doute pas entendu arrivée, elle jeta un coup d’œil intrigué a Aidan mais n’insista pas.

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Aidan Silin
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Jeu 27 Jan 2011 - 10:39

Une petite moue peu convaincue accueillit la réponse du vieillard. Un homme respectable n'aurait pas fait du vol son métier, ni du meurtre un loisir. Bien qu'il ne l'ai jamais prémédité, mais avait agi pour sauver sa peau ou celle d'autres, il avait du sang sur les mains. Et les poches alourdies des biens d'autrui. Certes, il s'occupait de son fils, du mieux qu'il le pouvait, mais à cause de lui, Mathys avait vécu l'horreur et il ne se le pardonnerait sans doute jamais. Pas plus que d'avoir entrainé Naya dans tout cela. Elle avait frôlé le viol, avait été battue, maltraitée, s'était occupée d'un mourant et avait assisté à sa mort l'espace d'une poignée de secondes, avant de se faire éjecter par le magicien qui agissait maintenant, comme si tout était normal. Mais rien ne l'était. Qu'Aidan puisse parler et bouger, respirer, cela n'était pas naturel. Nakor parla alors du luxe d'un foyer et le demi elfe fit remarquer, un brin amer, que tout cela, il l'avait eu. Comme d'habitude, Nakor rebondit sur ses paroles et sa réponse amena un pli songeur sur le front du voleur. Des bases trop fragiles... Oui sans aucun doute, tout était allé trop vite et ils s'étaient brûlés tous les deux les ailes dans le feu de la passion. Passion qui s'était émoussée pour ne laisser qu'un réel mais insuffisant sentiment d'amour.

Le vieux mage accepta alors la proposition de Naya de chasser le diner, avant d'offrir le vin, qu'il renversa à force de gesticuler comme un dément, finissant par entrainer le petit garçon dans son délire, sous le regard fatigué, mais amusé de son père. Il finit par répondre à Naya concernant le choix du menu, la laissant partir à la chasse à la poule. Inquiet, Aidan la regarda, avant de la laisser partir, malgré tout ce qu'elle avait subi. Il se retrouva seul avec Nakor et Mathys. Le vieux magicien envoya le petit garçon dans les bras de son père qui l'y accueillit avec plaisir. Il cala l'enfant contre lui et se mit à caresser doucement ses cheveux, alors que Mathys s'intéressait soudain à Yeri qui avait réapparu et se laissait caresser par le gamin.

Nakor gesticulait tout seul, rompant le calme de la forêt, farfouillant dans ses manches à la recherche de quelque chose que seul lui connaissait. Il finit par le trouver et alluma rapidement un feu avec. Aidan faillit lui faire la réflexion qu'il aurait pu le faire avec sa magie, mais se retint en voyant le visage concentré du vieil homme... Et son regard sur lui. Il parla et Aidan fronça les sourcils devant cette nouvelle leçon de vie. Leçon qui le concernait directement. Il avait vécu bon nombre d'épreuves et ne savait plus dans quelle direction aller aujourd'hui. Et Nakor soulignait que c'était maintenant qu'il devait la choisir, car il en avait le pouvoir. Il braqua alors son visage sur le voleur et lui posa sans détours des questions qui taraudaient le jeune demi elfe, mais auxquelles il n'avait pas de réponse.

- "Je n'ai découvert ce que je ressentais pour elle qu'en réalisant que je n'avais plus rien à perdre. Je ne sais pas Nakor, je suis allé trop vite avec LilY. Nous nous connaissions à peine qu'elle était enceinte. Je ne veux pas reproduire les mêmes erreurs. En plus, je suis fait pour vivre dans les grandes villes, alors que Naya ne les supporte pas et leur préfère le calme de la forêt. Cela pose un premier problème. Et elle est humaine, comme LilY... je la perdrais trop rapidement... A moins que je ne me fasse tuer avant, évidemment."

Il y avait trop de si et de peut-être. Il lui fallait du temps pour les mettre de côté. Laisser le temps au temps, tout simplement. Naya revint sur ces entrefaites, trop silencieuse encore et Aidan lui jeta un coup d'œil, avant de détourner le regard, en espérant qu'elle n'avait rien entendu.

- "La chasse a été bonne?"
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Nakor
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Jeu 27 Jan 2011 - 20:57

Après la danse et la folie, la proposition de repas et le départ de Naya salué par un coup de tête vivace et souriant de Nakor, les deux hommes restèrent seuls. Le vieux mage ne doutait pas qu'une femme de la forêt reviendrait vite et avec ce que Nakor avait demandé, mais peu importait, ce que la vieille barbe avait à dire était bref, important mais bref. Aidan sembla réfléchir aux propos de Nakor, comme s'il s'éveillait à une nouvelle vérité, qui n'était pas loin de sa portée, mais qui était resté dans l'ombre jusqu'à présent. Et Nakor avait simplement donné un coup de lanterne dessus, montrant le chemin presque là. Et ce fut un moment d'une importance majeure, plus que majeure même car Aidan prit la parole et parvint presque à stupéfier le vieux fou. Oui à le stupéfier. Il est important de préciser qu'il y été presque parvenu, mais que cela n'avait pas réussi convenablement, parce que Nakor avait vu trop de choses et vécu trop de situation pour vivre encore des choses comme une première fois. Mais tout de même. Au lieu de répondre à Aidan, Nakor se releva, mit ses mains dans ses manches et regarda la jeune Naya arriver. Elle revenait avec deux belles poules sauvages. Le vieillard entendit la remarque et de la jeune fille et d'Aidan. Puis le vieux fou se mit à sourire et parla d'une voix claire, ses deux mains toujours cachés dans ses manches.

"Non mon enfant tu n'interromps rien du tout, strictement rien du tout, si ce n'est un très vieil homme heureux de voir que la leçon a enfin été prise."

Que voilà un propos énigmatique. Naya ne comprendrait pas ce qu'il voulait dire, mais peut-être qu'Aidan le comprendrait lui. Ce que Nakor voulait dire par là, c'est que la réponse du demi-elfe ne pouvait pas être meilleure. A une époque, il aurait peut-être répondu que oui, il l'aimait et avait envie de faire du chemin avec elle. Mais ce n'était plus le cas, Aidan avait compris que dans la précipitation, rien de bon ne pouvait prendre forme. Il voulait laisser faire le temps, attendre et voir par la suite ce qui se passerait, et en ça, Nakor avait failli être stupéfait. Oui, Aidan avait enfin apprit sa leçon, il avait vraiment, véritablement, profondément grandi. Et rien ne pouvait rendre Nakor plus heureux à cet instant précis. Et maintenant que cela avait été dit, en espérant qu'Aidan ait compris, Nakor reporta son attention sur le gibier

"Et toutes mes félicitations Naya, tu as rapidement ramené jusqu'ici de quoi faire un festin de roi ... regarde donc ce que j'ai fais ... un bon feu ho oui une bonne flambée, et j'étais justement en train de me dire que nous aurions peut-être besoin de ceci!"

Nakor sorti alors ses deux mains de ses manches : il tenait dans une main une bonne poêle en métal et dans l'autre ... comment?????? Dans l'autre main, il y avait une vieille ficelle longue de deux mètres. Nakor regarda avec stupéfaction cette fois, sa main droite et ne fit qu'un simple

"Ho!"

Puis bien évidemment, il explosa de rire, d'un rire de dément, fou jusqu'à l'os, complètement sénile et cinglé. Il se mit même à danser, en sautant d'une jambe sur l'autre, tout en riant à pleine gorge. Il s'était trompé! Il voulait sortir une poêle et un couvercle pour faire mijoter les poules, mais apparemment il avait mis la main au mauvais endroit. Nakor mit quelques temps à se calmer, pauvre taré qu'il était, et une fois remit, ayant même perdu son souffle tant il riait aux éclats, Nakor ajouta

"Tout porte à croire que je me suis trompé!"

Et n'y pouvant plus, il repartit à rire sans plus s'arrêter. Cela dura encore quelques longues secondes. Il remit enfin cette ficelle dans ses manches et garda tout de même la poêle à la main. Il l'a posa sur le feu et dit simplement

"Pour éviter que toute la forêt vienne à nous afin de voir qui hurle de rire comme ça, je crois qu'on va peut-être se servir des ustensiles que vous possédez tous deux ici heiiiiiin!"

Puis il se releva et, restant là, à sourire, Nakor posa une dernière question, à Naya cette fois ci

"Et pendant le temps de cuisson ma chère, aurais tu la bonté d'âme de raconter au vieillard que je suis, comment tu as rencontré mon petit Aidan et surtout pourquoi diable as-tu décidé de rester avec ce jeune gourgandin!"

Nakor gloussa, s'assit confortablement auprès du feu, le dos bien droit, aussi droit qu'un jeune homme de vingt ans, du haut de ses six cent vingt quatre ans.
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Naya
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Dim 13 Fév 2011 - 22:55

Durant un instant, son regard vacilla, mais ce fut a peine perceptible. Une infime seconde où elle chercha le sens des mots qu’elle avait volés au vent. Une seconde où son regard or accrocha celui du demi elfe avant qu’il ne bifurque vers le vieux magicien. Une seconde avant que le trouble ne s’efface et ne laisse place qu’a un vide insondable. Une espèce de bouclier qu’elle avait sans même s’en rendre compte. Elle sourit doucement au vieux maitre des arcanes.

« Vous rassemblez l’immaturité et la sagesse….C’est…Déstabilisant. »

Finit elle par dire avec sa franchise coutumière ou innocente dirait certain. Étonnamment, la folie du vieux magicien était contagieuse. Eberluée, Naya le vit faire apparaitre une poêle et…un morceau de ficelle. Perplexe, la jeune chasseuse fixa un instant le mince fil avant de fixer son regard sur le vieil homme. Elle se sentait embarquée, tirée, trainée par la folie du vieux magicien, mais là où elle n’attendait que peur, il n’y avait qu’une tolérance presque…maternelle. Etrange.

Souriante, Naya alla installer en tailleur un peu a l’écart, comme si elle avait peur de gêner, ce qui n’était pas vraiment le cas d’ailleurs. Habile, elle vida les poules, les pluma et…retint une exclamation de surprise a la question du magicien.

« Comment ?... »


Elle reposa son couteau, effilé comme une lame de rasoir, prenant garde a ce que Mathys ne s’en approche pas et réfléchit a la question. Finalement, un éclat de rire passa ses lèvres. Son incongru. Presque trop rare avant qu’elle ne réponde.

« Disons qu’un buisson de mûre fut un bon entremetteur, quand a la raison qui fait que je sois encore avec lui…Mmmh…»

Cette fois, elle laissa planer un silence avant de sourire largement au vieux fou.

« Elle ne regarde que moi. »

Ce qui pouvait passer pour une rebuffade n’en était pas vraiment une. Naya évoquait un fait. Une raison. En omettant qu’elle était encore là parce qu’elle en avait envie, bien que cela se ressentait dans sa réponse. Finalement, son regard doré quitta le vieux magicien et se concentra sur sa tache.

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Aidan Silin
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Dim 13 Fév 2011 - 23:17

Il s'était livré à Nakor, avec cette pudeur qui le caractérisait, mais non sans avoir au préalable réfléchi à la question. Une question qui se devait d'être abordée avec intelligence et distance, pour ne pas se brûler encore une fois les ailes. Il vit l'approbation dans le regard du vieillard et se retint de le regarder quand celui-ci répondit à Naya qu'elle n'interrompait rien, mais qu'il avait été heureux de voir la leçon acquise. Tout cela demandait trop d'effort au demi elfe, mobilisait trop de force pour son corps rompu de fatigue. Le regard dans le vague, il se contenta de tourner le visage vers les flammes, n'osant regarder Naya qui avait peut-être entendu trop de choses qu'il aurait aimé garder secrètes. Nakor semblait inépuisable, enclin à faire la conversation et cela convenait au demi elfe qui n'attendait que de manger avant de plonger dans un sommeil qui ressemblerait davantage à un coma au vu de son état de fatigue. Il ne put pourtant s'empêcher d'esquisser un sourire quand la jeune fille fit remarquer à Nakor qu'il était un drôle de mélange. Il haussa les épaules, répondant, comme pour lui-même :

- "On s'y habitue."

Lui-même n'y voyait plus là beaucoup d'étrangeté. Il ramena ses genoux vers sa poitrine, entourant ses jambes de ses bras, le menton sur ses genoux. Un instant, il caressa machinalement les traces à ses poignets, vieilles cicatrices de tortures anciennes, rouvertes avec les étrangetés du Voile, refermées naturellement, mais non sans laisser une trace à jamais gravée dans sa chair. Comme la longue cicatrice qui lui barrait maintenant le ventre. Il leva le nez, se demandant un instant où pouvait-être LilY, si elle aussi regardait les étoiles, du haut d'un toit, si elle aussi s'interrogeait à son sujet. Aurait-elle été émue d'apprendre qu'il avait frôlé la mort? Il espérait que oui. Malgré tout, ils restaient liés et il resterait toujours attaché à elle, ne lui souhaitant que le bonheur, même sans lui. Les simagrées de Nakor ne le perturbaient plus, il était trop retranché dans ses pensées pour y faire attention. Sa petite vie d'antan lui manquait, celui qu'il avait été lui manquait. Il avait été un voleur audacieux, désinvolte, insouciant. Mélange troublant de légèreté et de gravité. Trop marqué par la vie pour être innocent. Aujourd'hui, il se retrouvait loin de ses repères, dans l'incapacité d'exercer ses talents. Il se sentait incroyablement seul, plus seul que jamais et même la compagnie de Naya, de son fils ou de Nakor ne changeait cet état de fait. Il était seul avec son passé, ses regrets, ses interrogations quant au futur.

Il tendit pourtant l'oreille quand le magicien demanda à Naya comment ils s'étaient rencontrés. Elle resta évasive, parlant du buisson de mûre qui avait permis de nourrir un Mathys affamé et de sceller leur rencontre. Mais c'était surtout la question du pourquoi elle avait décidé de rester qui intéressait le voleur. Question à laquelle elle ne répondit pas, mais il lui semblait déceler pourtant la réponse dans ses non dits. Il prit de nouveau la parole, un brin abrupte :

- "J'avais besoin d'aide pour évoluer en forêt. Et Naya d'un guide dans les villes. Donnant donnant."

Sa réponse était un brin trop protocolaire. Voire cassante. Comme s'il voulait effacer le lien qui s'était noué entre eux, les mots qu'il avait proféré à Nakor concernant ce qu'il éprouvait pour elle.

- "Sauf que je ne m'attendais pas à ce qu'on se serve d'elle et de Mathys pour me faire filer droit. Finalement, cela n'est pas équitable, elle m'apporte tout et je ne lui apporte, moi, que des ennuis, de la souffrance, de la peur et des nuits sans sommeil."

Il ne la regardait pas, continuant de fixer le feu. Il ne se pardonnerait pas ce tragique épisode.

- "Ah sans oublier qu'elle m'a vu mourir."

Sarcastique, il avait un sourire sans joie. Son ancienne personnalité refaisait surface, formant de nouveau une carapace protectrice. Il s'était trop livré, avait trop baissé sa garde. Un instant de faiblesse, imputable à sa mort, sans aucun doute. Il se passa une main dans les cheveux, avant de reprendre, d'un air las, comme s'il avait vécu mille ans :

- "Désolé, j'ai faim, je suis épuisé, chamboulé, et ça a tendance à me faire broyer du noir."
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Nakor
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Lun 14 Fév 2011 - 20:28

Voilà que la jeune Naya émit une pensée profondément enfouie en elle, profondemment ressenti et vécu. Elle mit des mots sur ses idées et les énonça tranquilement. Nakor, pour une fois de plus, prendre en contre pied cette remarque, posa ses mains sur ses hanches et, au lieu de paraitre offusqué, il prit un air très sérieux, celui d'un homme qui réfléchit tout en parlant

"Huuuum ... je crois que tu résumes là la situation avec brio et concision. Oui, tu as raison! Sage et immature à souhait ... le tout dans le but glorieux de destabiliser. Tu sais Naya, quand on destabilise quelqu'un, bien plus de la moitié du travail est fait et la victoire est beaucoup plus proche qu'on ne le croit."

Il semblait, dans l'esprit décalé de Nakor, évident que son discours était celui d'un combattant, d'un être prés à en affronter un autre. Naya serait donc intérieurement en droit de se demander en quoi il était intéressant de destabiliser aussi les gens contre qui on ne menait pas bataille. Mais ce que le vieux fou ne disait pas c'est qu'en bon magicien, il fallait garder une vigilance constante ... être avec un groupe d'individus et paraitre avec un autre, était difficile, il valait mieux agir toujours de la même façon en toute circonstance. C'était un moyen de se proteger, trop long à expliquer, trop difficile pour certains à comprendre, Nakor savait pourquoi il faisait ça. Bon, disons aussi que c'était parce qu'en vieux fou, il adorait rire de tout, absolument tout. Et que de bien rire, donner une longue vie, une vie heureuse et sans regret. Alors Nakor n'hésitait jamais à rire. Il fut tout de même content de voir que Naya avait rit, elle avait une belle voix et le vieillard aimait voir les gens rire avec lui. Mais la franchise et le sens du direct de Nakor semblerent surprendre la jeune femme. Elle posa une question de simple rhétorique qui montra son étonnement et se remémora ensuite une série de souvenir. Cela se voyait à son visage et à ses lèvres. Elle répondit partiellement, donnant un tout petit élement de leur rencontre et ajouta que le reste ne regardait qu'elle et donc, par étendu, pas le vieil homme. Nakor se mit à sourire avec force de franchise, ses lèvres s'étendant d'une oreille à l'autre. Et avant qu'il ne puisse prendre la parole, c'est Aidan qui prit la suite. Et ce fichu rabats joie remit sur le tapis une série d'idées moribondes et démodées. Nakor laissa Aidan finir. Le pauvre s'en excusa même et Nakor se permit de reprendre sur le ton de la blague et du sarcasme

"Allons allons, la fatigue ne te rend pas seulement noir et obscur, elle te fait dire aussi énormément de bêtise Aidan. Si Naya t'avait vraiment vu mourir, nous ne serions pas tous les trois en train de ressentir les alléchantes effluves de la nourriture sur le coin du feu. Si tu étais mort, tu ne serais pas là, divaguant sur les soi-disant épreuves que tu imposes à une jeune femme qui reste avec toi, parce qu'elle en a tout simplement envie. Elle est adulte et intelligente, et donc apte à faire des choix mais surtout à en assumer toutes les conséquences."

Nakor disait souvent aux gens qui voulaient bien l'entendre que l'essentiel n'était pas seulement d'avoir le courage de faire des choix, mais surtout d'assumer toutes les conséquences et tous les événements qui découlaient de ce choix. Mais l'heure n'était plus aux leçons, d'ailleurs Nakor ne venait pas d'en donner une, il venait simplement de remettre un peu de plomb dans l'esprit d'Aidan et de lui faire comprendre que, quand on est fatigué, on se tait au lieu de dire des bêtises et de broyer sans cesse du noir, cela économise l'énergie. Nakor prit alors une longue inspiration et tourna l'œil en direction du feu. Si Aidan et Naya faisaient un peu attention, ils sentiraient la température de la clairière où ils se trouvaient augmenter un peu. Mais il faudrait vraiment qu'ils fassent attention, Nakor avait été subtil ... c'est qu'avec ces odeurs naissantes de viandes, le vieux fou commençait vraiment à avoir faim. Il dit donc simplement

"Huum, ça promet d'être un bon repas, réparateur pour certains, un petit luxe pour d'autres ... mais peu importe n'est-ce pas, nous avons quelque chose à fêter."

Nakor tourna la tête en direction d'Aidan, le demi-elfe aurait put croire que le mage voudrait fêter le retour à la vie de sa petite personne blessé au ventre ... mais Nakor leva une main, dans laquelle apparut de nouveau un verre de vin rouge et parla comme un vieil ivrogne, depuis longtemps pilier de taverne

"Oui, nous devons fêter notre grande rencontre, car ce n'est pas tous les jours que l'on me rencontre!"

Nakor pouffa d'un rire gras d'alcoolique et avala d'un trait son bon vin, cette fois il n'en gâcha pas une seule goutte au sol en dansant comme un fou! Non, au fond de sa gorge et nul par ailleurs. Il émit un bruit de gorge pour bien faire comprendre que ce vin était délicieux, mais jamais n'en proposa la moindre gorgée ni à Aidan, ni à Naya ... était-ce une illusion? Nakor, bavard à souhait, prit de nouveau la parole

"En ce qui me concerne, j'ai rencontre ce jeune gourgandin de grand chemin lors d'une quête dans laquelle je me suis engagé un soir, dans une bonne taverne. Nous sommes parti avec un nain, une elfe qui par la suite est devenu mon apprentie et qui l'est toujours d'ailleurs, ainsi que d'autres membres plus au moins étranges. Et parmi eux il y avait Aidan. Holala, ce que nous avons pu danser tous les deux, le long du chemin. Fabuleux! Nous avons fini par rencontrer, combattre et vaincre un minotaure. Fichu bestiole! Depuis, je me suis attaché à Aidan, tu comprends ... un si bon danseur!"

Puis Nakor explosa de rire, au souvenir de ces gigues endiablés dans lesquelles il avait entrainé Aidan de force ainsi que le nombre de fois où il l'avait envoyé valdinguer dans les buissons ou même du nombre de fois où il aurait put lui décoller les poumons en le frappant ... amicalement ... dans le dos. De bons souvenirs, peu importait le reste, il ne fallait garder que le meilleur, encore et toujours, c'était la façon de faire de Nakor un point c'est tout. Puis pour terminer les choses, Nakor regarda Naya et demanda simplement

"Et que comptez vous faire, après ce bon repas et notre séparation? Vous avez une destination?"

Nakor était repassé au vous. S'adressait-il à Naya en la vouvoyant de nouveau, ou parlait-il au pluriel, d'elle et d'Aidan et de Mathys évidemment. Nakor était intéressait de voir comment Naya répondrait, comment Aidan le prendrait et ... il comptait bien aussi faire un sort à la poule qui était en train de cuire avant de quitter un Aidan fatigué et qui avait besoin de sommeil.
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Naya
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Sam 16 Juil 2011 - 23:23

Naya se contenta de sourire légèrement, laissant toujours poindre une pointe de timidité ou de pudeur. Oui, elle restait parce qu’elle en avait envie. Ne s’en cachait pas vraiment mais ne l’affichait pas pour autant. De même que ses pensées, dissimulées, seulement des ombres nageant dans l’or de ses iris. Elle écoutait sans vraiment prendre par a la conversation, c’était un peu irréel, comme si elle survolait les mots sans vraiment les comprendre, concentrée sur sa tache.

Cependant, Nakor réussit l’exploit de lui arracher un rire très doux, très discret, mais un rire quand même, son exubérance, sa façon d’être, était étrange a plus d’un titre. Cela la plongeait dans une certaine confusion, elle si peu habituée a ce genre de personne extravagant. Mais elle ne se permettait aucune critique, prenant comme cela venait, plus inquiètes de l’humeur assombrie d’Aidan. Elle lui jeta un coup d’œil furtif mais garda la bouche close.

« Cela le sera oui. »

Répondit elle simplement au vieux mage, lui si intéressé soudainement par la nourriture. Naya aimait manger ainsi et n’avait pas spécialement besoin d’une cuisine ou d’ustensile. Elle en avait l’habitude après tout et même si elle s’était un peu inquiétée de Mathys, elle c’était toujours arrangée pour qu’il puisse manger de tout. Un enfant avait besoin de manger, elle le savait, aussi avait elle tendance a le faire manger plus que nécessaire.

Sa jambe la tiraillait un peu, mais elle se contenta de changer de position, dépliant le membre blessé, elle tendit la main vers le morceau de ficelle et, habilement, l’enroula autour des poules avant de les tendre a Nakor, toujours maitre de la casserole.

« Si vous pouviez les mettre a cuire. »

Demanda-t-elle avec un sourire adorable, presque enfantin, tout simplement parce qu’elle ne savait pas si elle serait capable de se lever pour déposer le tout sur le feu. Sa jambe lui faisait mal et ses nuits passées a s’inquiéter, souffrir avaient été plus qu’éreintant. Une fois qu’elle fut débarrasser des poules, elle s’allongea sur le coté, l’œil sur le feu, se laissant séduire et envoutée par ses reflets. Sans même s’en rendre compte, elle lâchait prise, petit à petit, laissant le sommeil la gagner, la cueillir, effacer les souvenirs de cette nuit pour ne laisser que l’oubli bienfaisant.

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Aidan Silin
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Jeu 21 Juil 2011 - 13:36

Déjà en temps normal, le jeune voleur avait du mal à suivre Nakor. Mais là, après ce qu'il avait vécu, son esprit était bien trop embrumé pour être aussi vif et rebondir. Son corps, ses pensées même, semblaient anesthésiées et de ce qu'il pouvait voir, c'était la même chose du côté de Naya qui avait du vivre avec un stress immense. Elle avait basculé dans l'univers de Nakor et personne ne pouvait y pénétrer sans être déboussolé. Surtout quand on ne connaissait pas grand chose à la magie comme la jeune rôdeuse ou le voleur. Il écoutait donc la voix de Nakor, presque hypnotisante. Oui, il disait sans doute des bêtises, mais Naya connaissait-elle seulement toutes les conséquences de rester avec lui? Non, sans doute pas. Adulte, oui, capable de faire ses choix, d'accord, mais pas en ayant toutes les cartes en main malheureusement. Cependant, Aidan ne chercha pas à protester. Il n'avait jamais gain de cause avec le vieux sorcier.

Il ne put s'empêcher de rire légèrement quand Nakor avoua qu'il fallait fêter quelque chose. La rencontre avec lui, bien évidemment. Aidan savait le vieux fou dépourvu d'arrogance. Ce n'était qu'une plaisanterie. Il le savait et c'était bien cela qui lui arracha ce rire, malgré le chaos intérieur dans lequel il était plongé. Nakor narra alors sa rencontre avec le jeune voleur. En l'écoutant parler, Aidan se fit la réflexion que cela s'était passé il y a des siècles. Il avait l'impression que cela avait eu lieu il y a bien longtemps, alors que ça ne remontait qu'à 5 ans tout au plus. 5 ans qui avaient vu sa vie basculer, évoluer, changer... Il se souvenait très bien de cette quête. C'est là qu'il avait apprit que LilY était enceinte. Comment oublier?

Il jeta pourtant un regard ironique au vieux mage quand il parla de ses talents de danseur.

- "Tu es un si bon professeur..."

Oui, il était sarcastique. Parce que Nakor avait tendance à tout à coup péter un plomb et entrainer le jeune voleur dans une gigue endiablée, souvent dangereuse pour le demi elfe. Mais c'étaient de bons souvenirs en effet, bien que teintés de nostalgie. Nakor posa alors une question.

- "Je ne sais pas... Nous n'avons pas de but précis en fait. Nous allons déjà nous remettre de cette mésaventure. J'ai cessé de faire des plans sur la comète."

Non, il préférait vivre au jour le jour. Tout avait foiré avec LilY, alors... Nakor s'occupa des poules et quand il fut temps de manger, il s'aperçut de Naya s'était endormie, trop épuisée. Il la regarda, culpabilisant.

- "Je crois que je suis de nouveau en train de me faire avoir Nakor. J'aurais pensé que LilY m'aurait servi de leçon pour les 10 prochaines années... Mais non. On verra de quoi le futur sera fait."

Il n'attendait pas de réponse particulière, c'était une simple réflexion, une confession au creux de la nuit. Il avouait juste à son vieil ami qu'il y avait de la place pour un autre amour. Ce que le vieux mage approuverait surement. Il mangea avec appétit, son corps avait besoin de reconstituer ses réserves. Et bientôt, il eut également raison de lui quand le sommeil l'emporta, sous le regard bienveillant et protecteur de Nakor. Il se sentait en sécurité pour la première fois depuis des mois.

Merci Nakor.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Le passé vous rattrape toujours [Naya]   Lun 25 Juil 2011 - 11:59

Et bien voilà, après de nombreuses simagrées Nakor avait enfin réussi à redonner le sourire à deux êtres perdus, Aidan et Naya. Le vieillard avait donc accompli la mission qu'il s'était immédiatement fixé quand il était arrivé aux abords du couple, Aidan à ça de la mort et Naya perdu au possible. Le jeune demi-elfe était encore capable d'un peu de sarcasme surtout à propos de la danse, ce qui donna un sourire incroyable au vieux fou. En effet il semblait aller d'une oreille à l'autre, avec la joie d'un enfant de cinq ans découvrant un merveilleux jouet dans les bras de ses parents. Tout de même, durant la cuisson, la jeune Naya s'endormit lentement, sous la protection dorénavant de la nuit et des ombres qui lui apporterait le repos de l'esprit. Aidan répondit alors qu'il ne faisait plus de plans sur la comète. Le magicien eut un rictus singulier, à mi chemin entre la fierté et l'amusement. Il laissa le silence imposer une sorte de conviction, de confirmation. C'était en effet une bonne chose que d'arrêter de penser que l'on pouvait tout contrôler, surtout lorsqu'une nouvelle aventure se présentait à nous. Nakor aimait à penser que lorsque l'on arrive aux abords d'un carrefour, il est inutile de se demander comment va être le chemin, il faut en prendre un, puis voir ensuite comment il nous mène à la prochaine étape. Le vieux mage hocha donc lentement et gravement la tête, de haut en bas, bien en face de son cher petit Aidan. La cuisson était terminé, Nakor tendit un bol plein à Aidan, et écouta sa petite confession. Le magicien eut un long sourire paternel et ajouta à son tour

"Mon cher enfant, tu viens de découvrir que le cœur n'est pas exclusif. On peut aimer de toute son âme et passionnément quelqu'un, puis finir par tomber amoureux d'une autre personne. Et là, rien ne nous empêche de l'aimer aussi fortement que possible. Le cœur est une chose difficile, qui suit ses propres règles et sur lesquelles nous n'avons que peu d'emprise. Il faut donc laisser les choses venir, ne rien forcer et voir ce que cela donne!"

Nakor marqua un petit silence, mangea à son tour et observa alors le jeune Aidan en train de s'assoupir. Le vieil homme se contenta d'ajouter

"Si l'on m'avait dit que mon petit Aidan grandirait tant!"

Puis Aidan s'endormit, dans la chaleur du feu et la douceur des lieux, sous la protection de son vieil ami Nakor. Le magicien, dans un élan paternaliste, resta là un long moment à surveiller les deux jeunes gens. Puis voyant la lumière de l'astre sol parvenir aux abords des hauteurs, le magicien décida de se retirer, silencieusement, en devenant invisible, inodore et inaudible grâce au vieux sortilège enfermé dans son bâton magique. Il quitta alors les lieux et décida de rejoindre Diantra quand il aurait quitté la forêt, sous la forme d'un éclair, mode de déplacement qu'il aimait tant user, pour des raisons de vélocité extrême et de style ... tout était une question de style après tout!
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