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 Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]

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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeMer 15 Déc 2010 - 16:37

« Mais où reste donc Dame Ydria ? »

Midi s'apprêtait à sonner à la grande horloge du Château des Sybrondil, et déjà des champs revenaient quelques paysans que l'on voyait au loin. A l'intérieur du grand manoir, les Intendants avaient suffisamment pesté – Bathyn le premier – et dans les cuisines avaient rugi les ordres depuis bien avant les aurores ; quelques marmitons se trouvaient bien certainement le fessier endolori, mais pour le moins, le festin serait prêt. Ne manquaient plus que les convives – et Dame Ydria.
Bathyn est une petite personne assez fluette, très pointilleuse, et soignée de sa personne. Il ne hurla pas ses ordres, mais pas un ne rechigna à bondir dans toutes les coursives, toutes les galeries pour retrouver la maîtresse de maison.
Une Baronne nouvellement élevée, et qui joue les absentes lorsque les Nobles Voisins toquent à son huis – non, vraiment, Dame Ydria avait résolu de faire un sort aux nerfs de Bathyn.
Bon, la cour intérieure, c’était il y a deux jours ; hier, les geôles de la tour Nord ; aussi, aujourd’hui, il y avait fort à parier que la Baronne d’Othyll fût sur le toit.

Et effectivement, sur le chemin de ronde des remparts Sud, assise en tailleur sur la muraille, sa robe flottant dans le vent, se tenait Dame Ydria. Le fait que son équilibre sur un crénelage soit assez précaire, ne gênait pas outre-mesure la Dame Navigatrice – alors même que Bathyn s’en trouvait catastrophé. La Dame Navigatrice aimait bien la petite figure paniquée de l’Intendant, dans de telles situations.

« Est-ce la voile de Dun Eyr ? »
L’Intendant tourna le regard vers le Sud, et aperçut le beau port de Sybrondil ; comme toujours, c’était une véritable fourmilière maritime aux reletns de hareng, et au milieu se détachait la vaste voilure grise et muette d’un lourd navire.
« Oui, Dame Ydria, c’est le Navire des Nains »
Dans cette matinée brumeuse, sous un ciel pas encore éclos, Bathyn s’apprêtait déjà à une languissante conversation sur les rudes choix de la vie de Baronne. Inviter deux seigneurs humains pour contrer un Nain, était-ce trop ? Et que penseraient-ils, ces Nobles Barons, de la petite Ydria ? Etaient-ils si graves Seigneurs qu'on le prétendait ?
Mais Ydria est Ydria, et elle n'hésita pas à bondir de sa muraille – Bathyn manqua défaillir – sur le parapet et le chemin-de-ronde, s'engouffra dans le colimaçon et dévala quatre à quatre les marches pour jaillir dans le Salle des Festins de Sybrondil. Quelque part derrière, l'Intendant trottinait et culbutait sur les marches de pierre.

La longue Table des Mets, encore vide à cette heure, occupait toute la longueur du vaste salon aux tentures, et Ydria bondit dessus d'un pied alerte, et esquissa quelques pas de danses sur le bois des convives. Oui, évidemment, du temps d'Erestor...

« Ce Nain, Bathyn, vient-il ici pour mon or, pour mes terres, ou pour moi ?
– Les trois tout à la fois, Madame, et votre personne n'est pas la moindre de ses raisons. »

Oui, Bathyn était un Intendant fort diplomate – ce qui lui avait permis de garder aussi longtemps sa bonne place auprès de l'Othyll.

Baladeuse sur sa table, Ydria se tourna vers les ouvertures de lumière pour jeter encore un regard sur la rade et le port.
« Bathyn, Okary est ici ?
– Oui Madame, il s'apprête dans le mess des officiers.
– Faites-lui dire qu'il sera toujours aussi laid, et qu'il monte à la Salle des Festins.
– Bien Madame. »

Et, se détournant de la mer pour revenir à l'Intendant :
« Bathyn, vous aurez en charge mon or, et Okary aura souci de mes terres et armées. Je m'occuperai pour ma part de ma personne.
– Oui Madame. »


Bathyn s'en fut par la poterne de droite, qui menait par un escalier vertigineux aux quartiers des gardes – mais une voix le rappela bien vite, et il fut forcé de re-cavaler à la Grand-Salle.
Ydria n'était bien évidemment pas descendue de la table – et quelques serviteurs et pages, qui apprêtaient rôtis et chandelles, souriaient sous cape de la filette perchée sur son bois.

« Madame ?
– Est-ce que les Nains sont beaux, Bathyn ? »

Un admirable silence s'ensuivit. Il resterait dans les mémoires des Nains à jamais, tout comme la réponse de l'Intendant :
« Je vais prévenir Okary, Madame. »


Dernière édition par Ydria d'Othyll le Mar 21 Déc 2010 - 0:49, édité 1 fois
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeJeu 16 Déc 2010 - 8:53

Que de changements ces derniers temps dans le beau duché de Soltariel. Ca s’en va et ca revient… les nobles se renouvellent plus vite que les chopes de bière sur un comptoir de taverne. Ydril quelques semaines plus tôt avait accueilli un nouveau comte en remplacement du régent Adhémar de Systolie, et désormais voilà que l’alliée traditionnelle d’Ysari, la baronnie de Sybrondil, changeait également de tête dirigeante.

Et une femme, qui plus est. Non pas que le baron d’Ysari ait le moins du monde sous-estimé les qualités de ces charmantes créatures dans le cruel jeu d'échec de la politique, mais quand on connaissait les goûts d’Erestor, la situation pouvait paraître assez ironique. Enfin, pour autant qu’il le sache, Ydria d’Othyll ne rentrait pas dans la catégorie des « mijaurées passant la moitié de leur temps devant un miroir et l’autre moitié à séduire des courtisans ».

Pas vraiment…

Harnyll appréciait beaucoup Erestor, le seul homme qu’il acceptait de laisser seul avec Lucrèce sans avoir à s’inquiéter, on verrait bien ce que donnerait la nouvelle baronne de Sybrondil. Ce voyage lui permettrait sans doute de mieux connaître sa « voisine ». On la disait femme d’aventure, navigatrice hors pair, amazone en jupons, que sais-je encore ? En tout cas, elle ne laissait pas indifférent le petit monde de la noblesse miradelphienne, restait à savoir au-delà des racontars qui était réellement Ydria.

Parti à la lueur des flambeaux, le baron arriva peu avant le zénith dans la capitale voisine. La route entre les deux grandes villes de la côté sud de la péninsule avait été refaite l’année précédente et on pouvait y chevaucher à vive allure sans risquer de voir son cheval se tordre la guibole et soi-même se retrouver les fesses dans la poussière, attitude fort peu digne pour un seigneur de ce monde.

Pour cette première visite, Harnyll avait volontairement cherché la simplicité. Venu en voisin, il ne s’était fait accompagner que de deux écuyers et de cinq gardes, une escorte assez chiche pour un baron mais qui éviterait de placer d’emblée leurs rapports dans un cadre trop guindé. Et dire que certains seigneurs ne pouvaient pas faire un pas sans une cohorte de courtisans, d’astrologues, de mignons, de pages et de bouffons. A croire que même aux toilettes ils tenaient leurs audiences.

Là en l’occurrence, en matière de tenue guindée… bref… passons.

Tandis que la petite troupe pénétrait dans la grande cour d’honneur du château de Synbrondil, un serviteur courrait dans les couloirs du château afin de prévenir sa maîtresse que le premier de ses invités venait juste d’arriver. Magnifique dérapage à l’angle d’un couloir, aide d’une tapisserie pour remettre les pieds sur la piste, patinage sur une flaque d’eau, bousculade d’un marmiton portant un plat de sauce (et qui se prit dans la figure une délicieuse sauce aux étrilles, comme quoi tout ne fut pas perdu), et arrivée dans la Grande Salle où la baronne se tenait sur une table comme sur une dunette.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeJeu 23 Déc 2010 - 0:36

HRP: RP réalisé en tant que "les Tyrell"

La rose et l'épine.

Les cavaliers qui s'approchaient du palais baronnal de Sybrondil adoraient une brande bannière verte. Tout aussi vert que leurs tabard. Une rose blanche poussait, sa tige garnie d'épines s'enroulait presque langoureusement autour de la lame d'une épée d'argent pour finir par s'ouvrir en un bouton au dessus du pommeau de l'épée.

Les armes des Tyrell.

Certains les appelaient les ''Jardiniers'' ou les ''verts'' en raison de cet étrange rose. Une rumeurs assez tenace disait: ''Les Jardiniers ont la main verte et leurs hommes, la graine sure.'' Il fallait bien avouer que les Tyrell avaient un arbre généalogique des plus fournis. Là où certaines maisons de la noblesse du royaume voyaient leur arbre généalogique se réduire petit à petit, les Tyrell eux n'avaient pas à se soucier de cela. Surtout si on considérait tout les bâtards et petit bâtards qui celon les rumeurs, peuplaient le fief.

Mais se n'est pas là notre propos.

En tête du convois, droit et sévère dans son armure, Mance Tyrell. Le strict chef de famille. Sa grande épée accrochée à la selle, en armure de bataille, ses cheveux blancs laissé libre dans son dos et sa barbe taillée avec précision. Il avait comme toujours l'air sévère et buriné. Ses yeux verts foudroyant tout ceux qui osaient faire mine de s'approcher.

Montée en amazone juste un peu en retrait, Natacha arborait au contraire un doux sourire. Dans une des robes verte (eh oui, ils portent bien leur surnom) elle posait sur le monde un regard de jeune fille malgré les rides qui parcouraient son visage et ses cheveux blancs qui cascadaient sur ses épaules. Cela donnait un éclat étrange au fond de ses yeux d'un gris métallique. Mance s'était tout d'abord opposé de façon ferme à sa participation au voyage pour rencontrer la nouvelle baronne de Sybrondil. Mais c'était une résistance tout simplement symbolique. De toute façon, Natacha était une Navigatrice. Une Othyll tout comme cette gamine qui venait de monter sur le trône de la baronnie. Convaincre Natacha de renoncer à un de ses bras aurait été bien plus facile que de la convaincre de ne pas participer à ce voyage.

Dernier membre de la famille présent, leur petit fils, Loras, était une parfaite imitation de son grand père et chevauchait en armure. Tout aussi droit et fermé que son parent, il jetait des regards méprisant sur la foule qui les regardait. Les yeux noirs, tout comme les cheveux, cela tranchait littéralement avec l'éclat de son armure et avec sa cape...verte, doublée de fourrure. L'épée passée au côté.

Ils étaient en comité réduit. Mais c'était largement suffisant. Le couple régnant de Céristis, Mance et Natacha (couple qu'on surnommait affectueusement ''la rose et l'épine'') étaient là pour représenter leur citée et renouveler l'allégeance de leur fief à cette jeune femme qu'on avait mis à la tête de la baronnie. Serment tout à fait superflus du point de vu de Mance. Les Navigateurs s'assuraient déjà la vassalité de la ville par son mariage avec Natacha. Enfin bref. Et puis de toute façon, Mance n'aimait pas les voyages. Il avait à cœur de contrôler son univers et d'avoir en permanence un œil sur son fief. Même s'il lui faisait confiance, il n'aimait pas l'idée de laisser Céristis à son fils Tristan (le père de Loras pour ceux qui suivent).

Les cavaliers entrèrent assez vite dans la cour et les serviteurs se mirent à paniquer. D'une part à cause d'un certain manque de place à cause du fait qu'un certain baron et son escorte arrivé avant avait déjà décidé de s'étaler dans la cour d'honneur. Et d'autre part parce que certains autres se mirent à patauger par la suite dans la sauce renversée dans les couloir par le page qui s'était précipité prévenir de l'arrivée du baron rendait une certaine portion du couloir relativement glissant.

Au moins on ne risquait pas de confondre les hommes des Tyrell avec les hommes du baron d'Ysari. Eh oui, entre le rouge et le vert à moins d'être daltoniens, on pouvait encore faire la différence. Bon. Mais comme les hommes d'Ysari avaient déjà commencé à prendre la place, il régnait dans la cour d'honneur un certains bordel.

N'ayant pas fait attention, les soldats d'Ysari bousculèrent un jeune homme en manteau vert à l'air fluet. Celui-ci déséquilibré par le pois de sa selle tomba par terre et le casque sortit.

Mance jeta un coup d'œil et retint un rugissement de colère.

Non, elle n'avait quant même pas osé.

Avec ces traits, impossible de se tromper. L'adolescent fluet qui venait de tomber se révélait plutôt être une charmante demi elfe. Et pas n'importe laquelle en plus.

Alice Tyrell.

Natacha poussa un long soupire alors que son époux se dirigeait vers la jeune femme et commençait déjà la longue liste de ses reproches. Les boucles blondes de la demi jusqu'alors oppressée par son casque étaient à présent relâche dans son dos. Et ses yeux aussi verts que ceux de son grand-père jetait déjà des éclairs.

Comme si c'était la première fois qu'elle jouait les amazones. Et puis, elle avait quant même envie de la rencontrer cette baronne.

Natacha se désintéressa de cette discutions. Elle allait se dérouler comme toutes les autres du même type. Quant Alice avait voulut apprendre à monter à cheval. Quant elle avait décider d'aller chasser le dragon. Qu'elle avait voulut apprendre à manier l'épée ou à s'entrainer avec la quintaine.

Elle s'approcha de celui qui semblait être le baron d'Ysari et fit une légère révérence devant lui.


« Monseigneur. Je suis contente de faire votre connaissance. Je suis Natacha Tyrell. »

Tranquillement, elle fixa sur lui ses yeux à l'éclat d'acier, oubliant totalement à quel point cela pouvait mettre mal à l'aise.


Dernière édition par Nicolaï KalonErc'h le Jeu 23 Déc 2010 - 9:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeJeu 23 Déc 2010 - 2:08

De l’eau. Plein d’eau. Tout partout, de l’eau.
Mais qu’avait donc fait Dun Eyr ? Quelle abomination, quelle hérésie ce Nain parmi les Nains avait-il fait subir à son Petit Peuple ? Une scène terrifiante se tramait là, sous ses pupilles sombres, dans la rade de Sybrondil.
Des Nains sur un bateau. De tous côtés, des Nains qui s’affairaient, qui couraient de poupe à proue, qui dessalaient des cordages et sondaient le tirant d’eau. Des Nains marins. L’horreur.
Dun Eyr se serait bien pincé, mais cela n’aurait pas suffi ; même une solide rouste demandée à un camarade n’aurait pu l’assurer d’être tout à fait éveillé – aussi le Nain bondit-il contre le grand mât, et s’y fracassa par trois fois le crâne. En vain. Une simple migraine, et toujours autant de Nains des Mers.
Pire, même, il voyait double.
Cela augurait d’une journée peu commune, tiens.

Tandis que Thori-Korun prenait la barre pour faire entrer la caravelle en rade de Sybrondil, Dun Eyr s’accouda au bastingage et contempla le fier Manoir des Othyll et Sybrondil, qui dominait le port de ses grandes tours rondes. Une belle bâtisse, mais trop humaine – rien d’assez charpenté pour endurer des sièges de guerre longs de mille jours.
Le bon point était qu’en cas d’embuscade dévoyée, les Nains pourraient prendre la fuite en éventrant des passages dans les murs – même si, s’ils s’en trouvaient effectivement réduits à cette extrémité, c’est que les petits plans de Dun Eyr auraient assez largement viré à la catastrophe.
Connaissant le Nain, il y avait donc de bonnes chances que le Petit Peuple s’enfuie en détruisant les murailles.

Lorsque le Navire des Nains se fut rangé à quai, et jusqu’à l’instant où la délégation du Manoir des Sybrondil arrive, Dun Eyr avait un tête un plan exceptionnellement rigoureux, qui saurait lui assurer le triomphe de la volonté face à la jeune Baronne des fanfreluches – peut-être même récupérerait-il quelques unes des haches engagées dans l’échange, et trois bonnes caravelles pour rependre le large.
Oui, mais voilà, il y eut quelques petits grains de sable – disons-le, des rocs monolithiques – dans sa belle mécanique d’esprit Nain.
Premièrement, Dun Eyr irait seul et sans Nains au Manoir.
Deuxièmement, le Seigneur Harnyll et toute une légion de Tyrell seraient de la partie.
Troisièmement, le Capitaine Okary serait présent – il devait avoir gardé souvenir du fanfaron Thori-Korun.
Quatrièmement – suprême ignominie à laquelle devrait se plier le Nain – ce serait un Banquet de Poisson.
Pas de doute, le Festin du Nain allait virer à la catastrophe.

Evidemment, l’on a beau être Nain et savoir que c’est dans un Manoir d’Humains, en terres Humaines, sous la Couronne Humaine, que l’on pose les pieds – il faut bien concéder que l’on ne s’attend pas à rencontrer autant de Bonshommes de la Boue, et croiser quelques Nains au surplus dans cette cour de château n’aurait pas été pour déplaire au Haut-Prêtre. Malheureusement, nulle Nanesque silhouette à l’horizon, et ce n’était partout que pourpoints rouges ou capelines vertes, parmi quelques chevaux qui avaient l’apparence de véritables colosses de voyage. Et, au milieu de toute cette pagaille grandes-guibollesque, notre Nain vêtu d’une bure argentée.
On aurait voulu m’isoler qu’on ne s’y serait pas pris autrement, se dit, futé, notre Dun Eyr.

D’un œil avisé, le Haut-Prêtre détailla les forces en présence – quels contrepoids la gamine avait-elle invités à son Festin Poissonneux ? Quelques Seigneurs de pure souche humaine, des longs visages irascibles, fiers et féroces ; seul le Baron de Hetalia semblait quelque peu plus amène, plus chaleureux, parmi cette assemblée de la Noblesse des Hommes – mais n’exagérons rien, le Sieur Harnyll demeurait un grand escogriffe d’Homme de Boue, et guère plus.
Un regard rapide pour embrasser ces Tyrell aux capelines couleur bouteille, et Dun Eyr remercia l’ironique fil du destin d’avoir voulu qu’à cette heure, ils fussent tous fort occupés à deviser de choses aussi diverses que variées, et certainement très importantes au point de négliger l’arrivée impromptue d’un Nain dans cette courette. De toute façon, la mondanité n’était pas une vertu du Petit Peuple et, traversant à vives enjambées entre les destriers, Dun Eyr bondit dans les escaliers intérieurs et grimpa les marches à l’avalée. L’escorte, quoiqu’un peu brusquée par les Nanesques coutumes, lui emboîta le pas et – si l'on excepte un dauphin rôti qui s’échappa des mains de son page pour jaillir par la fenêtre, retour direct et aérien jusqu’à l’océan – le Haut-Prêtre parvint sans incident notoire à la Grand-Salle du Manoir, et s’agenouilla aux pieds de la Châtelaine d’Othyll et de Sybrondil, la Très-Noble Dame Ydria.
Enfin, très-noble – elle dansait sur la table, tout de même.

– Dun Eyr, au nom des Nains Séparatistes en Exil, salue la Dame Ydria et la remercie de concéder accueil au Petit Peuple en ces heures.

A tous les échansons, les intendants et les baronnets de troisième ordre, qui pouvaient bien regarder Dun Eyr face à Dame Ydria dans cette Grand-Salle – la Nain allait leur livrer une belle leçon de Diplomatie Kirganique.
C’est-à-dire, bafouer à coups redoublés le protocole pour obtenir le plus vaste monceau d’or qu’il pourrait se voir accorder – ainsi que quelques arpents de terre, six ou sept barges de bataille, et la restitution des trois-quarts des haches consenties dans l’échange. De la diplomatie Naine des plus subtiles.

A n’en pas douter, s’il avait à l’instant lu ce qui se tramait sous le rude crâne du Haut-Prêtre, le très-policé Bathyn aurait été pris de quelques vapeurs.
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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeJeu 23 Déc 2010 - 11:55

La Dame d’Othyll et de Sybrondil, héritière des Navigateurs, Baronne Légitime en Sybrondil et Dernière Descendante de Trigmar de Sybrondil, se trouvait toujours – et à la grande horreur de Bathyn – perchée sur le juchoir de sa table de cérémonie. Un page qui entra à cet instant, les bottines noyées de sauce et flic-flocant à chaque pas, en parut quelque peu surpris.
Parut alors le Capitaine Okary, revêtu de ses plus nobles atours – à savoir son uniforme habituel de baroudeur des océans, mais lavé à l’eau claire – et vint saluer la Dame d’Othyll qui l’avait fait mander ; et derrière lui accourut tout une légion de gardes et d’intendants, qui devaient être sa petite escorte de prestige. Il y avait même un enfant.
Un enfant fort barbu, la bedaine gonflé par les chopines, et tendu sur une robe argentée qui aurait rendu les chandelles inutiles en pleine nuitée.
Ce devait être là, à peu de choses près, ce que l’on appelait un Nain. Le regard de basalte que lui lança Okary confirma ce petit pressentiment.
Et avant toute chose, Ydria put voir de ses yeux vu, que le Petit Peuple était ridiculement tout petit.
Mais ne manquait pas d’un certain charme cocasse.

Bondissant de deux entrechats jusqu’au sol, la Baronne lança un sourire à Okary, et s’en vint saluer de plus près le petit bonhomme de Nain qui lui faisait l’honneur de sa visite. Elle aurait très bien pu demeurer sur sa tablée pour tout cela mais, si Ydria n’a aucune notion de protocole, dépasser par trois fois de hauteur un invité lui semblait une situation propre à quelques complications.

« Seigneur Nain, le Domaine de Sybrondil se réjouit de votre présence en nos murs. »

Et, violant en cela une petite centaine d’us et de coutumes affûtés au long de siècles de mondanités, la Baronne s’agenouilla vers le Nain pour donner l’accolade à ce petit corps. Elle qui avait cru que les Nains étaient des cuirasses fortifiées dont on ne peut s’approcher sans s’entailler cruellement, la voilà fort joyeuse d’étreindre le bout de Monsieur à la longue barbe soigneusement entorsadée.
Mais si à Ydria peut être reproché une certaine nullité de la stratégie, voire une nullité certaine, elle connaît tout de même l’influence d’un doux corps parfumé sur un rude Nain bourru par les vents et qui empeste encore de quelques relents d’anguille. Et si Dun Eyr affichait à son arrivée un terrible regard de Sénéchal livrant aux insurgés ses belliqueux ultimatums, à n’en pas douter son cœur de guerrier fondit dans la grande chevelure de la Navigatrice.

Bathyn eut beau se démener de signaux plus ou moins discrets, et quelques intendants murmurer la conduite à adopter, Ydria poursuivit son viol barbare de toutes les conventions de l’hospitalité depuis que le monde est monde, et dit à ses Gardes de faire monter les Seigneurs de Hetalia et Tyrell jusqu’à la Salle des Festins. Sans qu’elle aille les saluer dans la Cour, oui.
Le bruit qui s’en suivit devait être l’évanouissement de l’Intendance, mais Ydria n’y prêta gare, et sourit à Dun Eyr en lui présentant le militaire endimanché à ses côtés.

« Sieur Dun Eyr, voici le Capitaine Okary, maître de la flotte de Sybrondil. Mais il me semble que vous n’êtes pas tout à fait étrangers… »
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeJeu 23 Déc 2010 - 12:32

Le baron d’Ysari regarda la troupe des Tyrell arriver… en masse. Il fallait admettre que cela se reproduisait comme des lapins dans leur fief, les fins de soirées devaient souvent dégénérer en partouzes géantes avec domestiques, gardes, et tout le tintouin. Tiens, il pourrait peut être aller y faire un tour un de ces jours afin de souder des liens entre les deux baronnies et… system error… la suite de cette phrase fut enlevée par le censure de la charmante amante du baron qui n’aime pas le partager.

Tandis que le chef de famille enguirlandait férocement une jolie demi-elfe à l’impressionnante capacité pulmonaire et à la chute de reins pouvant donner le vertige, la matriarche s’avança pour le saluer. Certes Natacha n’était plus de première fraîcheur, mais enfin il ne venait de toute façon pas à Sybrondil pour consommer, Aurore le satisfaisait pleinement sur ce plan. La saluant comme si elle avait été la reine en personne, le baron lui fit un délicat baisemain.

Belle dame, vous rencontrer illumine ma journée.

Alors qu’il s’apprêtait à continuer ses compliments pour charmer Natacha, un truc bidule court sur pattes entra dans la cours. Un nain voilà ! Que Néera me tripote, un membre du peuple barbu était chose rare en ces contrées, bien qu’Harnyll en ait déjà rencontré un au printemps à Ysari. Toutefois, une telle rencontre restait remarquable, et un petit démon installé sur l’épaule du baron (et qui connaissait Dun Eyr), ricanait en se disant que cette rencontre allait aussi être mémorable.

En tout cas, au vu de la tenue du nain, il devait être une personnalité, un émissaire ou quelque chose dans ce genre là. Certes sa bure donnait presque l’impression qu’il portait une robe et renforçait le côté féminin du personnage, mais comme il est prouvé que les naines n’existent pas et que les nains se reproduisent par les processus désormais connus de la Nainembrassade, du frottis de barbe, du nanotron ou de l’extraction de glacier, parler de côté féminin peut paraître malvenu.

Et en plus il passe sans dire bonjour le rustre ! Butor ! Grossier personnage ! Outré mais également amusé, le baron et les Tyrell suivirent les gardes qui les emmenaient à la salle des festins, où ils comptaient bien faire force ripailles à s’en faire éclater le bide, et terminer la soirée complètement déchirés à raconter des blagues sexuelles sur les autres peuples où à vomir leurs boyaux dans de longs gargouillements écœurants.

Oh, d’ailleurs, en parlant de sexualité… hmm… comment dire… vous savez ? Je veux dire… vous savez… pour les nains ? Non parce que… au sujet des nains… et de l’or… enfin… euh… comment dire ? Ce n’est pas facile… mais tout le monde dit que… enfin qu’avec l’or… vous comprenez ? Parce que… ils aiment beaucoup l’or… non ? Je crois tout du moins… j’ai entendu raconter… hmm… ce ne sont peut être que des racontars… et vous ?

Le narrateur n’arrivant pas à expliciter clairement sa pensée, le baron murmura à l’oreille d’Alice Tyrell, qui tentait de se faire toute petite pour éviter la colère du patriarche :

Hmm, dites… vous pensez que c’est vrai ce que l’on raconte sur les nains ?
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeVen 24 Déc 2010 - 18:07

« Qu'est-ce que tu fiche ici? »

« C'est ma cousine aussi, s'énerva Alice. Je veux la rencontrer. »

« Ce n'est pas la place d'une fille, rétorqua Loras en toisant sa cousine demi elfe de haut. »

« À la niche toi. Je n'ai pas envie de jouer les étoiles de mer pour un des imbéciles qui te sert d'ami. »

Loras ne put s'empêcher de baiser les yeux. Il fallait dire que, comme l'avait remarqué le baron, la jeune elfette était des plus...appétissante. Il ne pouvait pas nier qu'elle faisait tourner plusieurs têtes. Aussi bien chez les Navigateurs que chez les chevaliers. Ses manières franches n'étaient pas pour déplaire à nombre d'entre eux également. Et pour être honnête, on disait qu'Alice jouait plutôt les cavalières que les étoiles de mer.

Natacha quant à elle était tranquillement en train de se faire baiser la main par le baron d'Ysari. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne faisait plus attention aux disputes entre son époux et sa petite fille. Sans doute la fille d'Esméra avait-elle prit plus de sa grand-mère que de sa mère. Et puis, Aëlest n'était pas non plus le genre à rester gentiment à sa place. Bien au contraire. La petite ressemblait beaucoup à son elfe de père.

Et puis, le baron semblait être un homme tout à fait charmant qui la salua avec toute la délicatesse qu'il sied à un gentleman. Hum...si elle avait quinze ans de moins, elle aurait sans doute croqué le bonbon Harnyll. Décidément, tout le monde s'arrachait le baron d'Ysari. Étonnant qu'il ait encore tout ses vêtements. On aurait été en droit de croire qu'il était toujours poursuivit par une horde de jeune femme désireuse de lui arracher ses vêtements.

Enfin, se n'est pas vraiment notre sujet présentement. Et pendant que je parle bien sur, tout ces gentils guignols ne m'attendent pas. Bien entendu.

Les voilà qui parcouraient le manoir guidé par des serviteurs.

Le baron, se pencha assez vite en direction de la belle petite elfette aux courbes certes fines, mais non moins des plus appétissantes. On ne pouvait pas non plus dire que sa tenue de cavalière était des plus déplaisante malgré le fait qu'elle avait enlevé la tunique matelassée qui la cachait avant cela. Le baron d'Ysari était-il déjà tombé dans le piège des attirants attributs d'Alice Tyrell? Mais loin de se faire toute petite comme l'avait pensé le baron, Alice paradait dans sa tenue de cavalière et accorda même un clin d'oeil à un pauvre page couvert de sauce de la tête aux pieds. Se n'était pas comme si c'était la première fois que Mance s'énervait ou était outré par le comportement de sa petite fille. Mais sa colère était bien moins importante que d'habitude. En règle générale, Alice parvenait à entrainer son frère jumeau dans ses délires. Mais elle n'y était pas parvenue cette fois. Geoffroy était resté sagement dans la demeure familiale.


« Hmm, dites… vous pensez que c’est vrai ce que l’on raconte sur les nains ? »

L'elfette adressa au baron un grand sourire.

« Je ne sais pas. Mais j'ai prit assez d'or pour le découvrir, dit-elle d'un ton amusé. »

ils ne tardèrent pas à rattraper le nain qui avait prit un peu d'avance. Il était présentement en train de se faire câliner comme un gros nounours par une jeune femme d'environ dix-sept ans. La grande question étant de savoir s'il pouvait vraiment apprécier ce contact. On disait tant de choses à propos des nains et de leur mode de reproduction...

Mance et Loras étaient toujours aussi guindé et regardaient la scène d'un air réprobateur.

Se fut Natacha qui prit la parole la première. Elle s'approcha de la jeune femme, un sourire ravis et amusé sur les lèvres.


« Eh bien petite. Où sont tes bonnes manières? C'est ainsi qu'on accueille sa grande tante? »

Alice fut plus expressive et, sous le regard réprobateur de son grand père et de son cousin, elle sauta au cou d'Ydria.

« COUSIIIIIIIINE !!! »
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeDim 26 Déc 2010 - 20:12

Xgqhmilpkfs !...

Tout rouge, qu’il était devenu, le Nainillon.
Il faut dire que voilà bientôt trois mois qu’il avait eu pour principale compagnie sa barbe et des araignées de caverne, avalant la poussière des chemins bien plutôt qu’éclusant des pintes dans les bas-fonds du vice, et gobant depuis des semaines la puanteur saline du Grand Océan plein d’eau-qui-lave ; au surplus, il avait dû chevaucher à dos de poney dans ses longues errances sur terre, et n’avait donc plus approché de chèvre depuis des lustres. On comprend dès lors sa désespérante solitude, à peine comblée par quelques Nanesques marins bouffeurs improvisés de poiscaille. En y réfléchissant bien, la dernière pulsion torride qui avait fait frémir sa noble barbichette, devait être cet uppercut envoyé en travers da la trogne d’un Drow alcoolisé et mangoustivore – le frénétique rut sur la ratte en chaleur ne comptant pas, puisque Dun Eyr s’était alors métamorphosé pour ses petits affaires. Plutôt sinistre, non ?
Bien sûr, le cortège des pouilleux savants bibliothécards et grimoirophages des académies crasseuses d’un peu tous les domaines, vous feraient un étalage postillonnant de science Nanique, en exposant à qui veut l’entendre et même aux autres que nous, Rejetons du Petit Peuple, pérennisons notre espèce selon divers procédés qui n’ont rien à voir avec une classique copulation. Et s’ils n’ont pas tout à fait tort, force est d’avouer à la clique fossilisante qu’ils n’ont pas tout à fait raison non plus.
Car les Nains ne rechignent jamais à se mettre un peu de joie au ventre, en étreignant de bonnes ribaudes et quelques catins des Terres du Sud – pour le seul plaisir de la connaissance anatomique et de l’intérêt scientifique, cela va sans dire.

Alors, que toute la fraîcheur d’une pucelle de dix-sept saisons étreignît son gros corps gras qui n’avait goûté de bain depuis six mois – le dernier, c’était par inadvertance – voilà qui fit frétiller et pétuler à toute force le petit bonhomme.
Mais que, lorsque les vilains intrus vinrent interrompre l’embrassade, la Navigatrice se dégageât des bras du Nain en trois bons pas en arrière, et qu’étant toujours penchée vers lui elle offrit, avant que de se redresser, une plongée dans sa divine anatomie aux vallons luxuriants par l’échancrure de sa vertigineuse gorge – voilà qui aurait poussé le Nain à bondir sur la donzelle pour lui arracher fanfreluches et dignité, par la plus Nanesque des cavalcades sur ses monts de Vénus.
Malheureusement, le beau projet demeura à l’état, précisément, de projet – puisqu’une sorte de fusée chevelue traversa la salle à cet instant précis, bouscula le Nain d’un grand coup de hanches – qu’elle avait fort hospitalières, d’ailleurs – et bondit dans les bras de sa chère cousine en manquant de l’envoyer au sol dans l’élan.

Coup d’infortune ou calembour de Lirgan, la moitié d’Elfette qui prit d’assaut l’Othyll rejeta à terre le Nain sur douze bons mètres.
Et, cocasserie de la nature des Nains, ils sont très susceptibles.

Remis sur pattes en un instant, Dun Eyr foudroya des yeux l’ignominie elfisante qui avait osé le renverser sur son noble séant de Nain, et toisa toute la scène d’un regard – enfin, toisa… à la mode Naine, quoi.
Les Dieux étaient tellement imbibés lorsqu’ils ébauchèrent l’assina crassa du Nain que celui-ci a l’esprit fort fulminant, et qu’un poitrail entraperçu au détour d’une robe leur met au cœur une bonne âme de héros. Or, un héros étant tout sauf intelligent, Dun Eyr s’enticha de plaire à la jouvencelle d’Othyll à la géométrie délectable, et cracha en sol pour défier les Nobles Tyrell qui l’avaient bousculé.
Dans les visées du Nain, c’était une stratégie géniale. Il égorge un ou deux invités outrageants, et le féminin festin lui tomberait entre les pattes.
Débile comme seul un Nain sait le faire.

– Messires-les-Verdâtres, cette jeune demi-sang a offensé ma gloire et mon âme, et j’en réclame réparation sur l’honneur.

Tout ceci dit en éructant, et en tirant de sa ceinture une longue épée pour mettre en garde les bafoueurs de Nanesque personne – si ce n’est qu’il n’avait pas de rapière sous la main, et se contenta donc de fracasser un tabouret voisin pour en brandir l’un des pieds, comme une torchère.

Pas de doute, le Nain allait s’enfuir en trouant les murs.
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeLun 27 Déc 2010 - 2:29

Ydria se trouvait tout affairée à caresser le dodu Nain en son manoir, d'autant que celui-ci ne semblait pas demeurer de marbre à ses quelques petits charmes, lorsque le météore chevelu fit irruption dans la Salle des Festins pour étreindre joyeusement la jeune Othyll. Quoiqu’un peu dépitée d’être interrompue dans son embrassade du Petit Bonhomme, Dame Ydria n’était fort heureusement pas avare de câlins, et ce fut avec grande-joie qu’elle accueillit l’inconnue bondissante.
La volubile apostrophe « Cousiiiiiiiine ! » ne la renseigna pas davantage – car, pour peu qu’une donzelle fût bien fieffée et quelque peu écervelée, alors des Cousins se retrouvaient au détour du moindre faubourg, et jusqu’aux rivages de Thaar – aussi la Baronne se contenta-t-elle de répondre, elle aussi, « Cousiiiiiiiine ! » – quoiqu’un peu moins hystérique de la voix, car la fusée cousinienne avait tout de même renversé l’aimable stature du Petit Grassouillet.
Quant à la croulante-pas-si-croulante, Ydria n’avait saisi le moindre mot de ce qu’elle avait bien pu dire.

Enfin tombée sur une saine personne – c’est-à-dire jeune, rieuse et dévergondée – au milieu de ces légions de Généraux soporifiquement gravissimes et de ces tristes sires aux trop-nobles intérêts, Ydria s’apprêtait à deviser fanfreluches et sémillants Chevaliers des environs, lorsque le Nain rebondit sur ses pieds – qu’il avait courts – pour provoquer en duel les Tyrell, soit les trois quarts des présents dans la Grand-Salle.
Les Serramiroises dentelles pourraient bien patienter quelques instants encore, car il allait y avoir du sang et des glorieuses boucheries.
Chouette !

Les pages étaient désormais arrivés, apportant dans des coupelles d’argent des hors-d’œuvre et une sauce onctueuse – ou ce qu’il en restait – en se frayant adroitement un chemin autour de toute ce tumulte pour aller garnir la longue table de quelques mises en bouche. Quelque puissance occulte avait dû maudire la saucière ce jour-là, car le marmiton, trop affairé à éviter le Nain fulminant, se prit les pieds dont on-ne-savait-trop-quoi et envoya une nouvelle rasade d’aromate-à-morue redécorer le pimpant uniforme du Capitaine Okary – celui-ci en conçut, on le devine aisément, une certaine humeur que son respect de l’étiquette contraignit à ne point verbaliser ; mais un signe répété de la botte du Marin, au fessard du larbin, suffit à tout-un-chacun à comprendre le fond de la pensée du loup-de-mer parfumé à la sauce d’océan.
D’aucuns auraient pâli de honte devant cet inconvenant étalage des scènes de la vie de château, mais Ydria souriait des deux oreilles, et même jusqu’au front si c’eût été chose possible.
En quelques enjambées la Baronne fut au buffet de poisson, et harponna du bout de ses doigts fins quelques crevettes qu’elle grignota sans cérémonie, contemplant sans plus de cérémonie d'ailleurs le petit Nain qui avait viré cramoisi.
Le dévisageant de pied en cape, Ydria ne put percer les rotondités de sa bedaine pour y trouver la cachette d’un tonnelet de houblon, autrement elle aurait pu admettre les écarts du Nain. Mais celui-ci semblait visiblement sobre – dans la limite de l’anatomie d’un Nain – et c’était donc avec la pleine conscience de ses actes qu’il avait provoqué en duel toute l’escadrille des Tyrell.
Il allait agoniser dans d’atroces souffrances. Fantastique.

Cependant, c’était sans compter ce brave Okary.
Car lorsqu’un Capitaine farouchement anti-Nain reçoit un de ces Petits Bonshommes, et ce en présence d’une bonne frange du haut-gratin sybrondilois, et que ce même Court-sur-Petons provoque l’insurrection en brettant contre les invités, le noble navigateur est souvent pris d’une petite saute de non-joie. Mais qu’un page malhabile ait déversé sur sa flambante cuirasse un demi-litre de jus de morue, la décoction semblait inévitablement devoir aboutir à une action aussi noble qu’imbécile.
Et Okary ne fut certes pas en reste, puisqu’il extirpa de son fourreau la longue lame qu’il portait au côté, et défia à son tour le Nain au nom de la bienséance de Sybrondil.

C’était trop facile. C’aurait été comme offrir de nouveaux jouets à l’émerveillée gamine qu’était Ydria.
« Capitaine Okary, sourit la jeune Othyll, laissez donc l’honneur de mes terres à la garde de la Noble Lignée de Tyrell, et offrez à ce bouillant Nain l’instrument de sa revanche. »

Crotté de sauce de la cape aux chausses, et rouge de honte jusqu’à la calvitie qu’il avait fort bien avancée, le Capitaine Okary eut cette petite courbette de tout Capitaine de guerre qui se plie aux ordres d’une donzelle de dix-sept saisons, et ce fut avec une joie féroce qu’il balança plus qu’il ne tendit au Nain sa longue rapière – qui, avouons-le, avait à peu de choses près la stature du Nain, le ventre en moins.
S’emparant d’un plateau de crevettes grises, Ydria contourna le Nain pour rejoindre le Seigneur de Hetalia, et lui mit sous le nez les délicieux fruits de mer. Pour les entorses au protocole – qui se rapprochaient plus de la double fracture ouverte – Bathyn s’occuperait bien d’envoyer les quelques dizaines de missives d’excuses aux différents intéressés.

Dévorant toujours du coin de l’œil le Nain rougeaud, dont le regard passait de la Baronne à la Cousiiiiiiiine non sans un certain appétit dans ses prunelles comme deux pépites, Ydria grignota du bout des doigts quelques crevettes en demandant au Sire à ses côtés :
« Dites-moi, Noble Seigneur de Hetalia, vous qui avez voyagé sur tous les chemins, les Nains se livrent-ils au lucre comme nous autres, grandes personnes ? »

Et dire que l’Othyll avait craint de s’ennuyer.
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeLun 27 Déc 2010 - 12:13

Hmm, la coquine qui se rapproche, et qui sous le facile prétexte de proposer des crevettes se trémousse près de moi. Tu crois que je ne vois pas ton petit jeu ma belle ? Non pas que je te le reproche, je suis bien plus bel homme que n’importe qui d’autres dans ce château ! Et bien tu me poses une question « orientée » sur les mœurs sexuelles des nains… toi, tu manges des crevettes mais tu vises mon homard hein ? Gourmande va !

Après cette pénétration édifiante dans les pensées d’Harnyll, laissons le narrateur reprendre le fil du récit, bien qu’il ne soit pas sur que nous y gagnions au change sur le plan du sérieux et des bonnes mœurs. Tandis que les Tyrell, le capitaine Okary et le nain braillard s’apprêtaient à régler leur différent d’honneur par moult assauts de rapières aiguisés, le baron et la baronne s’éloignèrent un peu afin qu’Harnyll puisse lui expliquer la vérité sur les nains et la sexualité.

Ah, ma douce Ydria, que ne raconte-on pas sur les nains dans ce domaine ? Certains affirment que leur organe génital est leur barbe et qu’ils l’arrosent de bière pour le rendre prolifique, d’autres pensent que les nains sortent d’une étrange machine nommée « nanotron » , d’autres encore estiment que tous les nains furent créés dans un grand glacier à la création du monde et que les prêtres les en sortent au fur et à mesure. Billevesées, fadaises et bêtises, car la réalité est tout autre.

Glissant son bras sous celui de la belle, tout en jetant un regard ironique au nain qui voyait sa proie lui échapper et allait devoir viser exclusivement la demi-elfe, le baron continua :

La vérité est hélas plus prosaïque. Contrairement aux humaines, dont les courbes et les formes sont si séduisantes et désirables, comme vous l’êtes vous-même, les naines ne se différencient en rien sur le plan de l’apparence physique de leur congénères mâles. Même taille, même barbe, même apparence… les nains eux-mêmes ne savent pas s’il parlent à un congénère du même sexe ou non. Pour répondre à votre question : oui, les nains voudraient se livrer au lucre mais perdent tellement de temps à déterminer le sexe de leur partenaire qu’ils sont fort frustrés.

S’approchant de la mignonne oreille de la navigatrice/baronne, Harnyll ajouta à voix basse pour ne pas risquer d‘être entendu des autres invités :

D’ailleurs… qui nous dit que Dun Eyr est un mâle ? Si ca se trouve, c’est en fait une Haute Prêtresse ?

Le dit Dun Eyr, et quelle que soit la nature de ce qui se trouve entre ses jambes, affolait l’assistance par de grands moulinets de sa rapière, et qui s’il disait « à la fin de l’envoi, je touche », ne précisait pas ce qu’il touchait car les dieux eux-mêmes n’auraient pu le deviner. S’approchant avant que l’irréparable ne soit commis (c’est-à-dire qu’un plat ne soit renversé), le baron intervint pour calmer la fougue du nain et les railleries sardoniques d’Okary.

Voyons, voyons, messires et gentes dames, ne nous emballons pas. Force est de constater qu’il y a « profondis malento », un malentendu profond selon les termes de Kroulant le Docte*, juriste bien connu dans la péninsule. Toujours selon Kroulant, un tel malentendu se doit de respecter les « usagis vulgaris stupidis », c’est-à-dire les coutumes de l’offensé étranger.

[* L’intégralité de l’œuvre de Kroulant le Docte**, comprenant entre autre une réedition de « Loi, us et coutumes à Soltariel » en 67 volumes, peut être achetée chez Ysari Edition. Contactez nous pour les détails sur les prix, frais de porteurs en suce… euh en sus pardon.]

[** Kroulant le Docte est également connu pour avoir écrit « Les aventures extraordinaires du chat touminou » ainsi que « l’art d’enrouler un gnome des forêts du Nord unijambiste dans du jambon ».]

Je propose donc un duel d’honneur « duelis honorarotis » selon Kroulant, et non pas duelis mortis » qui nous saloperait les tapis, duel que j’abriterai en tant que témoin impartial.

Un duel d’honneur, certes, mais de quel type ? Tous se doutait que le rusé Ysarien avait une idée derrière la tête, mais deviner laquelle serait difficile vu qu’ils étaient tous devant lui. S’approchant du petit être velu (du nain), le baron s’expliqua sur son idée :

Haut Prêtre, j’ai eu à juger au printemps un de vos congénères, qui avait été à tort accusé de vol par un marchand malintentionné. Il m’a raconté une intéressante histoire : à Kirgan, dans l’armée du général Hardrek Ironwrist, un génie militaire à l’esprit affuté comme une lame de rasoir, à l’œil viril et à la barbe bien fournie***, dans cette armée donc se tenait un concours pour en désigner le meilleur guerrier.

[*** Oui je sais, c’est immoral de faire de la publicité pour ses autres comptes. Mais nous sommes en crise saperlipopette ! Je fais du protectionnisme et j’annonce d’ailleurs que le taux directeur de mes RP sera relevé de 25 points de base au 1er janvier.]

L’assistance s’était tue et chacun se demandait où le baron voulait bien en venir. Les nains pouvaient certes être forts amateurs de ce genre de concours, mais le duel d’honneur réclamé par Dun Eyr risquait de dégénérer s’ils utilisaient les méthodes en vigueur à Kirgan. Un banquet qui finit avec du vomi par terre est réussi, mais un banquet qui finit avec de la tripaille au mur est… quelque peu raté. Alors que les domestiques commençaient à poindre leurs têtes par la porte, attirés par la curiosité de savoir ce que le baron envisageait, ledit baron reprit :

Deux guerriers se valaient… aucune épreuve ne put les départager, ils finissaient ex-æquo : lancer de hache, maniement du LNSA, décapitation de gobelin… tout ! Le rusé général Ironwrist proposa alors une épreuve qui fit dire à tout Kirgan que décidément il était l’un des esprits les plus brillants et les plus éclairés de son temps ****. Il ordonna un concours de danse folkorique avec une choppe de bière sur la tête, le perdant étant celui qui renverserait sa choppe en premier.

[**** Eh oui, je continue et j‘assume !]

Souriant tranquillement, le baron conclut :

Vous réclamez un duel d’honneur, mais si vous faîtes cela à la rapière, nous allons salir les tapis de notre hôtesse, et croyez moi, rattraper du sang au lavage est très malaisé. Que diriez vous donc d’affronter en duel d’honneur soit le capitaine Okary soit cette charmante demi-elfe dans un concours de danse folklorique avec choppe de bière sur la tête ? Cela respectera les nobles traditions du peuple nain je pense.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeJeu 30 Déc 2010 - 15:09

Mais quel monçon de connerie c'était là.

Danses folklorique, un nain qui prétendait pouvoir se battre avec une épée au moins aussi grande que lui. Mance était à deux doigts d'éclater et même Alice qui était pourtant des plus légère dans ses humeurs trouvait que c'était tout à fait n'importe quoi cette histoire.

Les Tyrell étaient tous attéré à des taux assez variables. Mais ils l'étaient tous. Y comprit Natacha qui regardait sa petite nièce avec de grands yeux.


« Allons Ydria. Soyons un petit peu sérieux je te prie. Ce duel est une bouffonnerie sans pareil. Non mais regarde un peu les choses en fasse petite nièce. Par pitié ne me dit pas que tu es aussi aveugle que mon frère. »

Non mais franchement. Percher une choppe de bière sur sa tête et entamer un concours de danse folklorique. Où le baron d'Ysari avait bien put aller chercher un truc pareil? Il était bourré? Shooté? Les deux? Peut-être en manque de sexe aussi. On disait que ça pouvait influencer les hommes d'un certain âge. Bon. Le baron était encore jeune, mais la date était peut-être moindre quant on était précoce. Et d'ailleurs, de nombreuses servantes d'Ysari peuvent assurer que le baron avait été des plus précoce.

Enfin bref.

Loras fut le premier à réagir.

Tirant son épée, il fit deux pas vers le nain rougeaud. Qu'il soit ivre ne justifiait en rien son insulte et un Tyrell n'avait jamais fuis devant un affrontement. Se n'était pas aujourd'hui et devant un nain en plus que ça allait commencer. D'un coup précis, il désarma son adverssaire de cette arme tout à fait ridicule entre ses mais et lui mit la pointe de sa lame sous la gorge.


« Vassaux des Tyrell, je crois que ce personnage court sur patte a insulté vos suzerains. Mais il semble en état d'ébriété. Rendons lui la pleine mesure de sa réflexion. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les gardes vert attrapèrent le nains, un à chaque bras et chaque jambe. Et hop. Le nain fut amené hors de la salle de banquet, hors des couloirs. En fait, la petite escorte menée par Loras filaient droit vers la cour où ils étaient arrivé.

Les gardes balancèrent un peu le nain à bout de bras alors que celui-ci devait découvrir avec horreur se qui allait lui être réservé.


« À la une... à la deux... à la trois. »

Sans plus de cérémonie, le nain fut envoyé droit dans l'abreuvoir des chevaux devant tout se que le château pouvait compter ne nobles et de serviteurs.

Le spectacle d'un nain pataugeant dans l'abreuvoir alors que deux chevaux le regardaient visiblement mécontent était des plus risible.

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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeVen 31 Déc 2010 - 2:44

Parvenus à ce point de l’intrigue, un petit résumé semble s’imposer.
Dun Eyr avait plongé dans la fornication et dans une ratte pour s’assurer quelque subsistance lorsqu’il s'enfuirait vers le Sud.
Puis, il avait désigné la plus niaise, la plus incapable des Baronnettes de troisième zone comme sa victime, pour lui extorquer à grands renforts de diplomatie Naine des arpents de terres et des monceaux de piécettes sonnantes et trébuchantes.
Son plan était infaillible, et il avait pénétré dans le Manoir avec l’assurance du Nain qui pénètre dans l’enclos aux biquettes.

Or, conclusion logique et imparable conséquence de tout ce tintouin machiavélique, Dun Eyr pataugeait dans un crasseux abreuvoir pour mulets – et de la futile Baronnette si aisée à manipuler, il ne voyait que l’embrasure d’une fenêtre ouverte par laquelle elle riait à gorge déployée. Gorge qu’elle avait fort jolie, d’ailleurs.
A cet instant, tout bon Général Nain aurait révélé le plan méphistophélique conçu bien à l’avance pour ses inébranlables légions, et aurait soumis l’Othyll, le gang des Tyrell, et même ce Baronnet entiché de coutumes Naines, à un bon us de la tradition militaire, et qui veut qu’une armée victorieuse se délasse sur les vierges et juments du domaine ; et, à défaut, les mâles et tout ce qui semble plus ou moins vivant. Mais voilà, rien de tout ceci pour Dun Eyr – qui n’était pas un grand général.
A défaut de cela, brandir le pavillon rouge et appeler tous ses Nanesques zigomars pour dépoter les méprisants, c’était là une stratégie bien digne du Haut-Prêtre – mais malheureusement, là encore, un petit élément faisait défaut à sa démoniaque machinerie : il n’avait pas d’armée, à peine vingt-neuf Nains qui croûtaient de l’ours dans un navire de la rade.
Et encore, de ces vingt-neuf, six étaient partis se lustrer le gosier dans une taverne des bas-fonds. Mais cela, Dun Eyr ne le savait pas, et ce n’était pas plus mal.

Bref, en un mot, il était dans la mouise. Et plutôt littéralement, car le fond de l’abreuvoir se trouvait tout crotté.
Au surplus, le Nain était déshonoré sur dix-sept générations.
Et enfin, passons un voile pudique sur le fait que le Sieur Loras lui ait donné un bain impromptu – et l’on a beau être Nain-navigateur, voir l’eau d’aussi près n’est jamais très ragoûtant.

Mais quoi, un Nain qui perdrait le face, ce ne serait plus tout à fait un Nain. Et Dun Eyr, jamais à court d’idées, menait à ébullition son cervelet pour trouver une terrible vengeance qui lui permette une digne retraite.
Au vu de sa posture actuelle – les bottes dans le purin vaseux – rien n’était gagné. Mais ne sous-estimez jamais les trésors d’inventivité d’un Nain, encore moins s’il se nomme Dun Eyr.
Et, bondissant de son majestueux trône où glougloutaient les mules, notre petit bonhomme de Nain tout crotté bondit dans les royales écuries, et y assomma un pauvre ladre de passage qui portait une pleine brouette de fumier. Et, que croyez-vous que fit le Nain ? Il s’empara de la brouette purineuse, et s’en fut faire le tour de la courette domaniale en poussant la divine cargaison.
A ce moment de l’histoire, l’on peut raisonnablement supposer que soit Dun Eyr, soit votre humble narrateur, soit les deux, devraient faire un break dans leur consommation de champignons hallucinogènes. Mais la suite vous prouvera que nous sommes tout à fait sains d’esprit, et que tout ce que Dun Eyr projetait ici de faire était une sympathique boutade propre à l’inscrire à jamais dans les annales de Sybrondil – et pas seulement parce qu’il a piqué du purin.
En effet, empoignant de gros gants de vacher, Dun Eyr plongea à pleines mains dans l’admirable monceau, et en extirpa de vastes paquets de mélasse encore fibreuse qu’il déposa selon un savant assemblage, enchaînant lignes et courbes, traits et contre-traits. Une sorte de happening de merde – au sens propre. Enfin, quand on dit propre…
L’œuvre in situ et in excrementis prit quelques longs instants à façonner, mais Dun Eyr parut finalement satisfait du résultat, et rejeta d’un coup gants et brouette pour s’emparer d’un simple tison de forge, porté au rouge, et qu’il approcha de son artistique ouvrage – car il avait le sens du spectacle, et de larges flammes ne tardèrent pas à embraser sa création pour en révéler tout le sens. C’était à des deux, trois, des quatre mètres que jaillissaient les belles lettres de feu.

Mais si Dun Eyr est assurément un incontestable scénographe, l’on ne peut pas avouer que son lexique des jurons ait été particulièrement garni sur ce coup-là.
Et, sur le pavement de la cour, tracé en alphabet de flammes, s’étalait un très vilain mot.

« Crotte ».
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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeVen 31 Déc 2010 - 17:16

Y’a pas, être Baronne, c’est le pied.

Il est vrai, quelle autre situation vous offrirait de boulotter des crevettes et deviser de coutumes Naines avec un confrère Baron si avisé, tandis qu’au dehors un petit bonhomme vous injurie sur dix-huit mètres de purin ? Sans oublier la nuée des Tyrell, dont le degré d’humour semble inversement proportionnel à leur âge : la juvénile Alice était proprement hilarante, et si Loras se défendait convenablement sur l’échelle de l’amusement en envoyant les Nains dans les abreuvoirs, l’on ne pouvait pas en dire de même pour le grand-tante-à-gâteaux Natacha et son hiératique de mari, le Mance.
Quant au Nain, il se passait de commentaires. De toute façon, Ydria riait trop pour en parler.

Arrêtons-nous toutefois un instant sur un personnage bien inconnu de toute cette histoire, et qui a pour nom Euzèbe.
Euzèbe, bel échalas de vingt-sept ans et déjà voûté, poussiéreux jusqu’aux oreilles et la vue rongée par les lorgnons, a le malheur d’avoir pour fonction les Registres du Manoir de Sybrondil – c’est-à-dire qu’il noircît à longueur de journées et de nuits des grimoires feutrés qu’au reste personne ne lira. Fascinant, non ?
Et, cruauté des possibles pour notre bon Euzèbe, il allait devoir écrire un petit quelque chose, une brève bafouille pour le moins, sur le Festin du Nain Purino-Pyromaniaque.
Mais qu’écrire, qu’écrire … ?
De toute façon, on s’en fiche, c’est un domestique – son métier est de souffrir.

Le départ précipité de Dun Eyr avait quelque peu sonné le glas de toute cette joyeuse sauterie, et comme un parfum d’adieu flottait sur la Grand’Salle devenue champ de bataille. Ydria, assise sans plus de façons au rebord d’une grande fenêtre de verre, dégustait un bon petit cru de l’Ouest tout à son goût, tandis qu’au pied de la tourelle dansait le Nain sur le purin en flammes ; le Capitaine Okary, quant à lui, pestait en silence contre ce Loras qui lui avait volé sa vengeance – et le bruit de petites claques répétées, dans l’arrière-salle, indiquait que Bathyn devait entamer sa sixième apoplexie de la journée ; ce qui était un joli score.
Quant au reste des Tyrell, et au Sieur de Hetalia, ils entouraient plus ou moins les fenêtres et la table du festin, selon que l’odeur des excréments en flammes les ait ou non rebutés de manger.
Lorsque l’infortuné saucier s’apercevrait que l’on n’avait guère touché à son met, il regretterait tout le mal qu’il s’était donné pour cela.

Enfin, pour l’heure, le Nain ayant été débouté dans le plus grand ridicule, le Festin avait atteint son objectif premier – pourtant, à voir le Nain qui bondissait de joie sur sa brouette renversée, Ydria conçut que le rejeter manu militari à la porte du domaine ne serait pas une idée tout à fait raisonnable, car trente Nains demeurent une armée.
Et il fallait bien avouer que le Nain – l’odeur mise à part – avait un certain charme.
Aussi, appelant un petit page, Ydria lui dit :
« Va dire au Sieur Dun Eyr qu’il est le bienvenu au Manoir, cette nuit, où lui sera donné hospitalité. »

Puis, se retournant vers ses convives, la Dame d’Othyll leur lança dans un sourire :
« Beaux sires, nobles Dames, votre venue ici en ce jour fut une joie pour tout Sybrondil, et à n’en pas douter nos liens iront se resserrant. Aussi, tous vous êtes bienvenus à demeurer en ces murs pour la nuitée. Mais qu’à ceux qui partent, il soit donné toutes mes salutations. »

Cela ne voulait pas dire grand-chose, mais ils devaient avoir saisi l’essentiel, non ?
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitimeSam 1 Jan 2011 - 10:34

Les nains et les biquettes… une longue histoire d’amour et d’aventure. Harnyll lui-même, un jour où une bergère se montrait trop farouche, se sentit de mener un retour à la nature et dut se rabattre sur les… euh bref, passons là sous silence cet épisode qui ne grandit pas le personnage, même s’il comprit ce jour là pourquoi les légionnaires ont des poches au niveau des tibias.

Quoi vous ne saviez pas ?

Ben c’est pour y mettre les pattes des moutons bien sur…

Toujours est-il que le baron d’Ysari, ce fier et bel homme à la démarche sensuelle et à l’œil ce soir là plutôt lubrique regardait avec un intérêt non dissimulé le nain écrire des injures scatologiques dans du fumier. Par les dieux, aucun des bouquins qu’il avait pu lire sur les mœurs des nabots ne mentionnait cette curieuse coutume ! Passionnant ! Vraiment passionnant ! Gothral, le nain rencontré au printemps, faisait preuve de beaucoup plus de retenue… il lui faudrait donc rencontrer un troisième nain afin de déterminer quelle attitude était réellement la norme chez les petits barbus.

Restait juste à espérer que Dun Eyr n’attendait pas qu’on lui rende la pareille, bien que l’abus de melon avalé la veille commençait lui aussi à vouloir envoyer une réplique au nain, et il y aurait eu de quoi rédiger la charte judiciaire complète d’Ysari. Serrant les fesses comme s’il s’était trouvé dans certaines tavernes de Sybrondil où les serveurs ont des pantalons très moulants, le baron se dirigea vers le festin que personne n’entamait pour cause soit d’apoplexie, soit de crise de fou rire au dernier degré, soit de vomissements bruyants. Petites natures ! Goûtez moi donc ces merveilles sorties tout droit des cuisines du château, oubliez Dun Eyr et son purin enflammé.

Non, décidément, rien à redire, il adorait cette charmante Ydria. Voilà une noble qui ne pétait pas plus haut que son cul, et une telle chose est remarquable tant nombre de leurs pairs avaient un balai enfoncé profondément dans l’anus. Elle savait admirablement bien recevoir, et il pouvait paraître dommage que sa fidélité envers Aurore l’empêche d’user et d’abuser des chambres des soubrettes du lieu. La maîtresse de maison semblait quand à elle vouloir garder le nain pour sa consommation personnelle, preuve de son gout pour l’aventure.

Pour autant, le festin en lui-même risquait d’être raccourci, car il paraissait peu probable que Dun Eyr accepte d’y participer. De toute façon, vu son odeur, seuls les estomacs les plus robustes y auraient résistés. La maîtresse des lieux dut arriver à la même conclusion car elle offrit à ses invités de passer la nuit dans sa demeure. S’inclinant comme un courtisan à la cour royale de Diantra, le baron répondit à sa chère voisine :

Belle dame, passer la nuit dans vos murs sera un plaisir.
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MessageSujet: Re: Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny]   Le Festin du Nain [PV | Harnyll | Tyrell | Dunny] I_icon_minitime

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