AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Salyä Ivilth
Drow
avatar

Nombre de messages : 1520
Âge : 188
Date d'inscription : 14/11/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  182 ans (après ellipse)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mer 30 Mar 2011 - 19:27

Salyä vit Krevan lui signifier son refus de faire couler le sang de ce garde. Puis il se pencha vers elle, glissant ses lèvres contre son oreille. Si elle s'était trouvé dans le même état qu'à l'auberge, nul doute qu'elle aurait été excitée comme une puce par la situation. Néanmoins, la dite situation était dans un cadre relativement critique, assez pour que son appétit sexuel se mette en sourdine.

Il ne lui glissa que quelques mots quasiment inaudibles.

Capturez-le vivant.

Salyä lui lança un regard intrigué lorsqu'il s'éloigna, toujours aussi silencieusement. Pourquoi donc tenait-il à le capturer vivant ?
La réponse était assez évidente : savoir pourquoi ils avaient été attaqués. Logique, mais risqué, elle aurait préféré qu'ils continuent de s'éloigner rapidement et sans plus se soucier de cet incident. Toutefois il était évident qu'un tel comportement serait assez mal vu dans une guilde.

Soupirant faiblement, Salyä dépassa les deux autres tueurs et se camoufla du mieux possible derrière la cheminée, elle avait besoin d'observer avec minutie la scène.
Le mercenaire était situé presque au sommet du toit, qui était un modèle en double pente légère et recouvert de tuile de bois comme le reste du quartier. Son regard était rivé sur ses compagnons au loin et il n'avait apparemment pas repéré le moindre signe de la présence des trois fugitifs près de lui.

Le seul moyen de le contourner rapidement et discrètement était de marcher sur l'extrême bordure du toit, sans tomber et pas trop vite pour ne pas se faire repérer. Le tout en portant bien évidemment une robe rouge et blanche.
Une vrai partie de plaisir, vraiment.

En y réfléchissant, elle avait peut-être une idée qui, si elle ne lui simplifierait pas la tâche, augmenterait grandement ses chances de réussite. Elle se rapprocha du bord du toit en veillant à rester dans l'angle mort de la cheminée, et inspecta la ruelle.
Les mercenaires au sol étaient encore loin, elle aurait le temps de faire de ce qu'elle voulait faire. Prudemment, elle passa une jambe dans le vide, chercha un appui, ces murs rustiques en étaient littéralement recouverts. Une fois qu'elle en eut trouvé un, elle fit passer sa deuxième jambe et l'ensemble de son corps dans le vide avant de trouver un deuxième appui, tout en se maintenant accrochée au rebord du toit par les mains.

Elle était désormais totalement invisible depuis les toits, et pourrait progresser en longeant le rebord silencieusement. Elle éprouva un peu sa prise, et, satisfaite, commença sa progression minutieuse, mais bien plus rapide que si elle avait eu à se soucier du champ de vision du garde.
Elle était plus ou moins arriver à la moitié lorsqu'elle sentit une tuile de bois lâcher sous sa main gauche. Son poids l’entraînant légèrement, elle envoya la tuile s'écraser dans la ruelle, ne parvenant pas à l'attraper de sa main libre.

Le bout de bois cogna contre le sol, produisant dans ses rebonds une série de bruits aigus. Salyä ne s'autorisa plus une respiration et demeura parfaitement immobile, n'osant même pas reprendre prise avec sa main gauche, malgré la douleur qui naissait dans son bras droit et particulièrement son épaule droite. Cicatrice de merde, elle jura qu'elle se vengerait d'Azrayen. Tôt ou tard.
Elle entendit le garde sur le toit bouger légèrement, se rapprochant du bord, elle pouvait le distinguer au bruit de ses pas et à la lumière dont l'intensité allait croissant. Puis il s'arrêta. Suivirent quelques minutes parmi les plus stressantes que l'assassine ait connue, elle n'osait plus inspirer, seul le douloureux battements de son cœur lui parvenait aux tempes.

Puis le mercenaire s'éloigna de nouveau et Salyä s'autorisa une expiration lente et diffuse avant de prudemment reprendre sa route. Nul autre incident ne vint troubler son parcours jusqu'à ce qu'elle atteigne l'extrémité du bâtiment et ne se hisse de nouveau sur le toit, prudemment.
Le mercenaire n'avait pas bougé, bien qu'il semblait légèrement plus alerte, lançant fréquemment des coups d’œils à l'endroit où Salyä avait fait tomber une tuile.

Tant qu'il lui tournait le dos, cela importait peu à l'assassine. Salyä dégaina une dague, qu'elle empoigna à l'envers, la lame de l'arme lui serait de toute façon inutile. Elle s'approcha discrètement du porteur de lanterne, posant chacun de ses pieds avec la précaution d'un félin, attentive aux tuiles sur lesquelles elle posait les pieds, évitant les pourris et les déchaussées.
Dès qu'elle fut assez près, elle s'élança et, en deux longues foulées, arriva à hauteur de sa cible. Celle-ci s'était rendue compte de sa présence mais n'eut rien le temps de faire qu'une main se plaquait sur sa bouche. Salyä frappa une seule et unique fois la tempe du mercenaire avec le pommeau de son arme, l’assommant sur le coup.

Elle soutint d'un bras le corps et rattrapa de sa main libre la lanterne, la maintenant à hauteur d'homme tandis qu'elle faisait signe à Krevan qu'il pouvait venir, même si elle se doutait que l'assassin n'avait pas perdus une miette de la scène.
Revenir en haut Aller en bas
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 18/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Dim 10 Avr 2011 - 9:22

Kervan grimaça en entendant le tuile tomber au sol et arma son deuxième couteau de lancer. Si le garde repérait Salyä, il mourrait avant d’avoir pu appeler à l’aide, la gorge transpercée par une lame effilée. Mais la drow avait apparemment réussi à se coller suffisamment contre le mur pour rester parfaitement invisible du toit et aucune exclamation de surprise ne jaillit pour montrer sa découverte. Satisfait, l’assassin rengaina son arme et observa la suite de la scène, ne pouvant toutefois par moment s’empêcher de jeter de furtifs regards derrière lui vers le cercle de lumières qui peu à peu se rapprochait d‘eux.

Heureusement pour les trois assassins, le garde fut proprement neutralisé avant qu’il ne soit nécessaire pour eux de filer. Kervan et Larme jaillirent de leur cachette dès que Salyä eut mené sa mission à bien et la rejoignirent. Le garde, proprement assommé, ne risquait plus de leur poser de problème dans l’immédiat, toutefois le drow lui ligota solidement les poignets et les pieds puis le bâillonna. Si jamais le gaillard revenait à lui avant qu’ils ne puissent être en sécurité, mieux valait qu’il ne soit pas en mesure de les handicaper.

Bien que n’étant pas un colosse, Kervan disposait d’un musculature nerveuse forgée par des années d’exercices rigoureux sur les terrains d’entrainements de la Guilde et n’eut guère de mal à se balancer le garde sur l’épaule. Ainsi chargé, il allait lui falloir être plus lent et plus précautionneux mais la capture d’un prisonnier qui pourrait peut être les éclairer sur cette sombre histoire valait bien cela. D’un geste, il fit signe à ses compagnons de reprendre leur marche.

Se laissant glisser au sol dans les ruelles puantes, les trois assassins s’éloignèrent rapidement du secteur des recherches, laissant les faisceaux des torches et les ordres braillés par les gardes loin derrière eux. Pour cette nuit en tout cas, ils avaient réussi à échapper à leurs poursuivants. Guidé par le drow, ils débouchèrent dans les faubourgs les plus extérieurs de Thaar, là où les dernières masures laissait déjà peu à peu place à la campagne.

Un dilemme sévère se posait à l’assassin drow : que faire désormais ? Rentrer à la Guilde ou tenter d’en apprendre plus sur place ? La Citadelle des Âmes se trouvait à plus d’une heure au galop de cheval de la ville, à pied il allait leur falloir la majeure partie de la nuit et peut être même une partie de la matinée. Certes si leurs chevaux avaient réussi à atteindre la citadelle, guidés par le délicieux appel de la mangeoire bien pleine, leurs frères comprendraient sans doute qu’un problème se posait et leur viendrait en aide. Mais cela faisait beaucoup de « si », et un assassin n’aime guère laisser le hasard décider pour lui.

L’autre solution consistait pour Kervan à se rendre dans une véritable planque des Lames à Thaar même, sachant bien qu’il allait probablement se faire taper sur les doigts par ses supérieurs pour y avoir emmener une non-initiée. Mais ils risquaient d’être vus… quelques mendiants ou ivrognes les regardaient passer, sans oser bien sur s’interposer sur leur chemin. Dans le quartier, la prudence est une vertu, toutefois contre une pièce de cuivre ces gaillards vendraient leur mère. Et à moins de massacrer tout le quartier, ils ne pourraient pas être sur que personne ne les observait.

Non, impossible de rejoindre la planque discrètement, surtout avec un prisonnier. De plus, si un interrogatoire s’imposait, le bruit risquait d’attiser les curiosités. Il ne restait donc plus que la solution la moins honorable. Bifurquant dans une impasse un peu moins pouilleuse que le reste du quartier, Kervan mit le cap sur l’enseigne d’un loueur de chevaux. La serrure des écuries, bien qu’à l’épreuve des tire-laines du coin, ne résista pas longtemps à sa batterie de rossignols forgée par des maîtres dans l’art du crochetage.

Entrant dans l’écurie suivi par Larme et Salyä, Kervan leur intima à voix basse.

Prenez des chevaux, nous rentrons à la citadelle.

En pleine nuit, le drow ne voulait pas éveiller le propriétaire, ni risquer de pouvoir être reconnu par lui. Il allait donc falloir s’abaisser au vol, ce qui le répugnait profondément. Oh certes il savait que l‘urgence de la situation l‘imposait, mais tout de même… un assassin n’est pas un voleur et son code de l’honneur très strict le sépare de cette caste méprisable. Afin de soulager quelque peu sa conscience, Kervan sortit quelques pièces d’or de sa bourse, de quoi couvrir largement la perte de trois chevaux, et les jeta dans le box le plus proche.

Quelques minutes plus tard, la porte de l’écurie à nouveau verrouillée derrière eux, les trois assassins prirent la route qui quittait Thaar pour longer la côte. Lorsque les gardes comprendraient que l’un des leurs avait été fait prisonnier, il serait trop tard pour tenter de rattraper les assassins. Quel que soit l’origine de la traque, Kervan doutait que le prince de Thaar en ait été informé. Entre la puissance politique et les assassins existait une sorte de pacte de neutralité qui arrangeait tout le monde. Le prince laisait les assassins en paix, et ceux-ci ne se mêlaient pas de ses affaires et veillaient à ce que les assassinats à Thaar restent suffisamment régulés pour ne pas lui poser de problèmes.

Mais alors d’où pouvait bien venir l’attaque ? Tout en veillant à ce que le garde qu’il avait installé en travers de sa selle ne tombe pas et en réfléchissant à ces questions, Kervan jetait de légers regards à Salyä. Que pouvait-elle bien penser de la tournure des événements ?
Revenir en haut Aller en bas
Larme pourpre
Humain
avatar

Nombre de messages : 9680
Âge : 31
Date d'inscription : 29/05/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 23 (16 d'apparence)
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Jeu 14 Avr 2011 - 16:17

Larme pourpre avait son regard concentré sur les alentours et ne s’occupait pas vraiment de ce que faisait Salyä. Toutefois, sa manœuvre pour capturer le garde lui sembla un tout petit peu longue car le cercle des lumières revenait dans leur direction.

Finalement, Krevan lui indiqua que c’était terminé et qu’il était venu le moment de filer d’ici sans plus attendre. Krevan hissa le mercenaire sur son épaule tel un gros sac de patate et parvint à descendre de la sorte et sans aide jusqu’au sol, pas mal...

Larme pourpre se laissa ensuite guider par son parrain à travers les ruelles qu’il connaissait bien jusqu’à ce que le trio atteigne l’écurie d’une petite auberge des faubourgs. En chemin, ils ne rencontrèrent que quelques ombres plus sombres que le reste dans ces ruelles non éclairées. Personne ne s’intéressa à leur présence et ce fut réciproque.

Krevan avait décidé de capturer ce mercenaire pour l’interroger sur cette attaque, ça ne faisait aucun doute. Par contre, où et comment voulait il faire cela ? En tout cas pas en ville, c’était trop risqué. Est-ce qu’il fallait rentrer à la guilde ? Déjà qu’ils amenaient une « prétendante » qui n’avait pas encore vraiment accepté de les rejoindre, apporter un prisonnier n’était peut-être pas une bonne chose à faire. En tout cas, il n’en aurait jamais été question pour Larme pourpre dans le passé. En cas de doute, il fallait s’arranger pour contacter d’abord son supérieur ou au mieux, s’arranger pour le faire venir (à condition d’être dans un endroit absolument en sécurité). Bref… Krevan crocheta la serrure de l’écurie (comme quoi il y avait tout de même des personnes assez « riches » pour posséder des chevaux dans cette partie peu fréquentable de la ville). Aucune idée donc, s’il s’agissait d’une réserve de chevaux de la guilde ou s’ils allaient se contentaient d’en voler, mais après tout peu importe, cette question ne dérangeait pas Larme pourpre le moins du monde.

Krevan leur ordonna donc de prendre des chevaux et laissa une bonne compensation financière à la place en guise de dette. (D’ailleurs, il devait avoir une technique intéressante pour éviter que ses nombreuses pièces ne s’entrechoquent dans sa bourse).

Avant de partir, Larme pourpre indiqua par signes à Krevan qu’il connaissait un endroit boiseux et tranquille dans les environs si besoin était de s’arrêter (pour interroger le mercenaire par exemple) avant de retourner à la guilde. (Il s’agissait d’un coin repéré auparavant où l’assassin avait failli enterrer sa victime mais l’avait finalement jugé inconvenant et s’était rabattu sur un vieux cimetière abandonné et en ruine, l’endroit idéal pour une telle tâche en fin de compte…). Après, c’était à Krévan de décider en tant que son supérieur.

Le trio mena les chevaux par la bride histoire de ne pas éveiller l’attention par des bruits de galops jusqu’à être à une distance raisonnable de la sortie pour pouvoir les enfourcher et « fuir » au loin de la ville de Thaar.

Ainsi se terminait finalement (ou presque, car il restait à interroger le mercenaire) la première mission de Larme pourpre pour la guilde. Mainetant, est-ce que Salyä allait les y rejoindre ? Si elle le désirait, elle devrait alors passer à son tour un « examen d’entrée ». Il y aurait alors des chances pour que Krevan, l’ayant ramenée, soit à nouveau chargé de parrainage et que du même coup, Larme pourpre en revanche acquière son autonomie…
Revenir en haut Aller en bas
Salyä Ivilth
Drow
avatar

Nombre de messages : 1520
Âge : 188
Date d'inscription : 14/11/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  182 ans (après ellipse)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Lun 18 Avr 2011 - 9:18

Pendant que Krevan s'occupait de ligoter le garde, Salyä alla récupérer son petit sac qu'elle avait abandonnée près de la cheminée où ils s'étaient abrités. Elle revint au niveau des deux autres assassins alors qu'ils redescendaient dans les ruelles boueuses, et elle les suivit, bondissant du toit et atterrissant délicatement au sol.

Ils continuèrent leur chemin au sol, ne croisant que peu de monde. Salyä s'amusa à considérer à quel point la situation pouvait changer les comportements humains. En temps normal, elle aurait sans aucun doute été agressé à se promener ainsi vêtue dans ces ruelles.
Mais là, en compagnie de deux personnages inquiétant, dont un drow portant sur son épaule un prisonnier identifiable comme l'un des gardes de la ville, les quelques mendiants n'osaient même pas ne serait-ce que lever les yeux sur elle.

Elle commençait à avoir froid, sa tenue n'était pas adapté à une balade nocturne, elle n'était pas censé la porter dans ce genre de situation. Néanmoins elle continua sa marche stoïque, suivant les deux autres sans un mot.
Elle n'avait pas l'habitude de se laisser ainsi mener, mais elle ne connaissait rien de leur fameuse guilde et n'était pas sure de pouvoir les retrouver un jour si elle décidait de s'éclipser seule. Elle se contenta donc de suivre en silence.

Krevan, qui ouvrait la marche, semblait légèrement hésité avant de prendre une décision et de marcher d'un pas sur jusqu'à un loueur de chevaux. Ils entrèrent par effraction dans l'écurie, et récupérèrent sur son ordre un cheval chacun.
Choisissant rapidement l'une des bêtes, Salyä remarqua que Krevan lançait quelques pièces d'or dans l'un des box. Ainsi donc il était du genre noble assassin. Pourquoi pas après tout, bien qu'elle ne comprenne pas que l'on puisse percer dans le métier avec ce genre d'idéaux. A moins bien sur que la raison soit autre, peut-être un contact de la guilde qu'ils n'avaient pas le temps de réveiller, après tout elle n'avait encore qu'une vague idée de l'étendue des Lames Dansantes.

Le petit groupe d'assassins partit ensuite au galop le long de la côte. Salyä n'avait aucune certitude sur l'endroit où ils l'emmenaient. Peut-être à leur QG, peut-être à une planque extérieure, peut-être simplement à un endroit tranquille pour interroger le garde, toutes les hypothèses semblaient crédibles et elle ne parvenait pas à déceler le moindre indice dans le comportement de Krevan ou Larme Pourpre.
Elle continua donc de suivre passivement le mouvement, chose qu'elle trouvait un rien frustrant.

Une rafale de vent frais la fit crisper ses muscles soudainement et elle manqua tomber de son cheval. Sa tenue n'était définitivement pas adapté à une telle escapade.
Assez fort pour qu'il l'entende, mais sans trop élever le volume pour autant, Salyä s'adressa à Krevan.

-Pourrait-on s'arrêter quelques minutes que j'enfile une tenue plus adaptée ? Celle-ci est définitivement trop légère.

Krevan sembla peser le pour et le contre. Au-delà du simple confort (enfin, presque de la survie) Salyä avait d'autres raisons de vouloir changer de tenue. Elle ne savait toujours pas où Krevan et Larme l'emmenait, et même si elle n'envisageait pas du tout une quelconque trahison, il était possible qu'il l'emmène à la rencontre d'autres de leurs collègues. Et ceux-ci deviendrait ses propres collègues si elle parvenait à entrer dans cette guilde. Et elle n'avait pas vraiment envie de faire sa première impression dans cette robe ultra-courte au décolleté à la limite du possible.
Ce n'était pas le côté vulgaire qui la gênait (ça ne la gênait jamais) mais plutôt le côté dangereux. Bien sur tout professionnel savait que l'habit ne faisait pas le moine, comme on dit, mais elle aurait immanquablement plus de prestance en arrivant dans son armure noire, armes aux hanches, que dans cette robe, ressemblant plus à une courtisane qu'à une assassine (ceci dit, les deux étaient parfois très proche).
Elle espérait donc que Krevan accepterait la pause. Qui plus est, cela leur permettrait peut-être d'interroger le prisonnier.
Revenir en haut Aller en bas
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 18/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Lun 18 Avr 2011 - 13:03

Tagada Tagada voilà les daltons ! Enfin presque… ils sont quatre eux aussi du moins. Nos trois assassins et leur prisonnier, lequel risquait de passer un moment désagréable dès que la chevauchée s’arrêterait. En général un assassin qui est devenu une cible le prend fort mal et ressent un besoin instinctif de démontrer à son agresseur l’ampleur de son mécontentement. Ampleur souvent fort aiguisée avec des piquants empoisonnés ou des garrots d’étrangleur en général.

Par signe, Larme Pourpre indiqua à son parrain qu’il connaissait un endroit isolé non loin où ils pourraient s’arrêter si nécessaire. Entre ça et Salyä qui venait d’indiquer qu’elle désirait faire une pause afin de changer de tenue, un consensus semblait se dessiner. Pas une mauvaise idée que cela, sinon la Guilde allait croire qu’ils revenaient avec une nouvelle recrue pour les petits plaisirs des assassins. Si jamais la drow les rejoignait, un tel premier contact risquait par la suite de peser lourd, aussi Kervan signifia d’un hochement de tête son assentiment.

Où donc Larme comptait-il les mener ? Il y avait bien un ou deux villages dans le coin, mais ce ne pouvait certainement pas être là. Directement dans les bois, était-ce cela que le jeune homme avait indiqué? Kervan gardait une hésitation sur la signification du dernier signe de son compagnon et se demandait s’il s’agissait d’un abri directement dans les bois où d’un ancien lieu d’habitation désormais abandonné.

Bah, dans un cas comme dans l’autre, dès lors que Larme leur trouvait un endroit à l’abri du vent, ils seraient à leur aise pour que Salyä puisse s’habiller de manière plus conventionnelle. Et quitte à s’arrêter, autant en profiter pour interroger leur prisonnier. D’ailleurs, nota Kervan, quitte à se retrouver à la fin avec un cadavre sur les bras, autant s’en débarrasser dans un endroit tranquille où personne ne risquait de mettre la main dessus.

Jetant un regard au ciel, Kervan nota que l’aube ne tarderait plus. Bien que la route menant de la citadelle à Thaar soit peu fréquentée, il ne tenait pas vraiment à s’y balader avec un garde ligoté sur sa selle. Poussant un grognement de dépit à l’idée de ne pouvoir rentrer tout de suite à la Guilde, le drow se retourna vers Larme. Restait à espérer que l’endroit isolé auquel avait fait allusion le jeune assassin l’était vraiment.


Nous allons nous mettre à l’abri. Guide-nous.
Revenir en haut Aller en bas
Larme pourpre
Humain
avatar

Nombre de messages : 9680
Âge : 31
Date d'inscription : 29/05/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 23 (16 d'apparence)
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mer 20 Avr 2011 - 17:43

Après plusieurs bonnes minutes de cavalcade pour s’assurer de laisser la ville loin derrière eux, les assassins ralentir un peu. Salyä n’était décidemment pas dans une tenue très adéquate et il fallait s’occuper du prisonnier, au moins pour prendre le temps de l’attacher un peu mieux pour qu’il ne risque rien de dangereux en cas de réveil.

Salyä demanda de s’arrêter un instant pour enfiler quelque chose sur son dos. Faire une petite pause, à présent qu’ils étaient hors de danger dans l’immédiat, était une bonne idée. Ca leur permettrait de faire le point sur la situation et de s’occuper du prisonnier.

Krevan demanda à Larme pourpre de les guider jusqu’à l’endroit isolé repéré plus tôt dans la journée. L’assassin opina et passa en tête du groupe. Un signe de la main leur indiqua de suivre. Ce n’était pas très loin d’ici, (à cheval en tout cas) cinq bonnes minutes de plus environ. Question isolement, ils ne devaient avoir aucun risque d’être dérangé en pleine nuit.

L’endroit en question était au milieu d’un bois humide, juste avant une ruine de village et son cimetière (là où le pauvre « marchand » repose à présent). De nuit, ils ne devaient pas avoir de risque d’être dérangé. C’était moins évident de jour car il devait y avoir des brigands ou autres suspects qui sévissaient dans les parages. En sortant de la route principale, on pouvait trouver une petite masure en bois pourri dont le toit était un souvenir, qui demeurait dans une minuscule clairière artificielle à présent en friche. Juste derrière se trouvait une petite marre dans laquelle on pouvait fortement suspecter qu’il s’y trouvait déjà un ou deux cadavres. Mais personne n’aurait l’idée d’aller se frotter aux ronces et aux plantes carnivores avant de plonger parmi les lentilles d’eau, les roseaux et les batraciens pour enfin aller remuer la vase à la recherche d’un macchabé. Mais c’est l’évidence du lieu qui avait poussé Larme pourpre à aller voir un peu plus loin pour trouver un coin plus adapté à la cache d’un corps. De plus, il n’y avait pas de grosses pierres dans les environs pour s’assurer que le cadavre ne puisse pas remonter à la surface…

Ce lieu semblait parfait pour ce qu’ils avaient à faire. Il n’y avait pas de traces récentes, ce qui était logique si le lieu avait été abandonné (même par des bandits puisque cette cache était trop évidente).

Avant de quitter le sentier et de mener les deux autres à la cabane, Larme pourpre indiqua par quelques signes (un du poing pour leur dire de s’arrêter, un pour se désigner, un autre désignant ses yeux puis la direction du la cache) pour signifier d’attendre pendant sa brève inspection des environs histoire de s’assurer qu’il n’y ait absolument personne, ce qui ne lui prit pas plus de deux minutes.

Larme pourpre mit ensuite pied à terre et attacha les rênes de son cheval à une branche avant d’inviter ses compagnons à l’intérieur de la cabane en ruine donc la porte était miraculeusement « intacte ». L’intérieur était en revanche un champ de débris en tout genre. Déjà que l’espace était restreint, on pouvait trouver notamment deux meubles, une table, des chaises et ce qui pouvait ressembler à un sommier, le tout à moitié brisé (sans parler de l’oreiller et du duvet éventrés), étaient renversés au milieu de l’unique pièce. Que s’était-il passé ici ? Une bagarre ? Une fouille très poussée ? Une explosion magique ? En tout cas, il ne restait plus grand-chose en état.

Larme pourpre releva la seule chaise qui avait encore tous ses pieds, ça pouvait servir. Que faire d’autre ? Peut-être éclairer un peu la pièce ? L’assassin se débrouillait dans la pénombre mais ne voyait pas dans le noir, et la lune était cachée par les arbres alentours, impossible de distinguer quelque chose d’utile dans le fourbi qu’il y avait au sol. En attendant, l’assassin se mis dans un coin tandis que les autres découvraient les lieux. L’heure de l’interrogatoire allait très probablement sonner. A force, l’idée de comprendre un peu mieux la situation, (savoir si on leur en voulait personnellement ou à qui, et savoir à cause de quoi), commençait sérieusement à envahir ses pensées…
Revenir en haut Aller en bas
Salyä Ivilth
Drow
avatar

Nombre de messages : 1520
Âge : 188
Date d'inscription : 14/11/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  182 ans (après ellipse)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Sam 23 Avr 2011 - 13:37

Salyä remercia intérieurement Krevan, sans doute avait-il lui même compris le pourquoi véritable de cette demande d'arrêt.
Larme Pourpre leur fit signe qu'il allait en reconnaissance et s'engagea dans un bois. Il ne mit que quelques minutes avant de revenir et de les guider jusqu'à une masure abandonnée, derrière laquelle se trouvait une mare.

De ce qu'elle avait compris de la situation des assassins, c'était Larme qui avait eu un contrat, Krevan n'étant venus pour une raison que Salyä n'avait pas saisit. Elle se demandait si cet endroit avait été choisit par Larme comme la dernière demeure de sa cible. L'endroit s'y accordait parfaitement, même si un tout petit peu trop évident.
Les seuls habitants du lieu devaient être des animaux ou d'éventuels brigands de passage, car l'endroit semblait définitivement abandonné de toute forme de vie un tant soit peu civilisé.

Les assassins attachèrent leurs chevaux (dont il n'étaient pas vraiment les propriétaires mais bon). La cabane n'était plus qu'une ruine, le toit inexistant, des meubles brisés éparpillés partout dans la pièce principale (et sans doute la seule de ce qu'elle arrivait à voir dans l'obscurité).
Larme redressa la seule chaise qu'il eut pus trouver, sans doute pour asseoir le prisonnier. Salyä quant à elle chercha du regard un coin isolée qui pourrait lui servir pour se changer. Elle aurait préféré un repaire un petit peu plus imposant, malgré sa pudeur peu développée, elle préférait éviter de se déshabiller devant d'éventuels futurs collègues, pour ne pas faire trop mauvaise impression.

La cabane n'offrant aucun endroit hors de vue (elle se résumait à une pièce, comme l'avait présumé Salyä), surtout depuis que Larme avait trouvé de quoi improviser une torche, elle sortit dehors, elle ne serait pas à l'abri du vent mais au moins serait-elle invisible pour les deux assassins.

Elle se plaça du côté de la bâtisse où le vent était le moins violent, puis entreprit de se changer rapidement. Elle enleva sa robe et sortit son armure de son sac, enfilant d'abord la sous-couche de cuir, appréciant aussitôt de ne plus sentir le vent sur sa peau, puis accrocha une à une les différentes pièces : plastron, jambières, épaulières, gantelets, bottes...
Une fois arnachée, elle rangea sa robe dans son sac et en sortit ses différentes armes. Les fourreaux de ses dagues vinrent s'accrocher à sa ceinture, ainsi que la sacoche ou elle gardait ses armes de jet. Elle retira les aiguilles qui restaient dans ses cheveux, en retira le poison à l'aide d'un petit chiffon et les rangea dans la sacoche, avec les deux dagues de lancer précédemment rangées.

Pour finir elle défit une à une chacune de ses tresses, laissant librement ses cheveux cascader, secouant la tête pour qu'ils reprennent leur habituel aspect anarchique, se contentant de dégager son visage.
Elle referma son sac, nettement moins encombrant, laissant avec soin dépasser la poignée de son cimeterre crénelé. Une fois prête elle reprit son sac à l'épaule, puis revint dans la ruine, où Krevan avais déjà fais asseoir le prisonnier sur la chaise.

Elle alla s'appuyer contre l'un des murs encore intact, attendant la suite des événements.
Revenir en haut Aller en bas
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 18/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mar 26 Avr 2011 - 8:50

Un excellent coin décidément que cette cabane dégottée par Larme Pourpre. Isolée et disposant d’un vide-cadavre, c’est-à-dire d’une mare selon le terme couramment usité. Les trois assassins devraient pouvoir rester au calme le temps nécessaire pour mener à bien l’interrogatoire du prisonnier. Une fois que Larme eut reconnu les alentours comme surs, ils pénétrèrent dans la cabane dont l’intérieur ressemblait à un véritable champ de bataille, à croire qu’une horde de nains était venu y boire. Mais tant que les murs et le toit tenaient, cela leur suffirait amplement.

Kervan eut un jugement appréciateur des habitudes que prenait Larme dans ses nouvelles fonctions. Disposer en permanence de quelques caches autres que la Guilde pour mener à bien ses missions constituait l’une des bases nécessaires au métier d’assassin, et le jeune homme semblait décidément prendre à cœur son instruction. Bien qu’étant toujours sous la tutelle théorique du drow, il devenait de plus en plus vraisemblable qu’il allait sous peu se voir offrir sa première mission officielle par le Maître de la Guilde, c’est-à-dire une mission où il n’aurait pas un instructeur pour le surveiller.

Chaque assassin se souvenait, en général avec nostalgie et une discrète humidité de l’oeil, de sa première mission « officielle » où il ne pouvait pas compter sur l’aide d’un maître en cas de problème. Il lui fallait revenir à la Guilde avec sa feuille de route remplie, et la tension se mêlait souvent à l’excitation lorsque le nouvel assassin était convoqué pour s’en voir expliquer les détails. Généralement le Velg'larn Zhaunil se chargeait en personne de ce premier briefing en compagnie de l’ex-instructeur. Kervan espérait ainsi se retrouver bientôt à assister son chef pour briefer Larme sur une mission en complète autonomie.

Mais en attendant il leur fallait achever cette mission ci.

Leur prisonnier dormait encore du sommeil du juste, sans se douter que la situation tournait plutôt mal pour lui. Tout en le ligotant fermement à la chaise branlante qui se trouvait être le seul élément d’ameublement encore en état, Kervan en profita pour se rincer abondamment l’œil en admirant sans vraiment se cacher sa collègue en train de se déshabiller. Ce genre de spectacle ne se refusait pas, ce d’autant plus que la pudeur ne semblait pas faire partie des défauts (oui, dans son cas la pudeur se serait classer ainsi) de Salyä.

Soulevant une paupière et observant l’œil vitreux du garde, le drow eut une mimique de satisfaction. Avant de commencer l’interrogatoire, il préférait faire un point de la situation avec ses deux alliés. Bien que n’étant pas bourreau de formation, un assassin en connait suffisamment sur l’art de faire souffrir un homme pour en assurer les fonctions en cas de nécessité. Se passant les mains sur le visage, Kervan résuma ses pensées à voix haute.


Bien, nous savons que les gardes, ou tout du moins une escouade de gardes, nous cherchait. Tout du moins cherchait l’un de nous trois. Je doute que ce garde sache le pourquoi de cette traque mais à tout le moins il pourra nous dire quel officier en a donné l’ordre et nous en apprendre un peu plus sur le gaillard. Des avis sur la méthode à employer ?

Le drow parlait de la méthode d’interrogatoire bien sur. La Guilde disposait dans ses bibliothèques d’un classement qui se voulait exhaustif des différentes méthodes permettant d’optimiser la durée et la qualité des infirmations recueillies en fonction du supplicié, de ses antécédents, points forts et points faibles, etc. Là, en l’absence d’outils, il allait falloir procéder à la simple. Regardant Larme et Salyä, le drow jaugea leurs réponses. L’un finissait son apprentissage, l’autre pourrait devenir sous peu postulante, aussi chaque réaction et chaque proposition possédait son importance, car nul doute qu’Haven Do’orst attendrait que lui que son rapport soit complet sur ces points là également.
Revenir en haut Aller en bas
Larme pourpre
Humain
avatar

Nombre de messages : 9680
Âge : 31
Date d'inscription : 29/05/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 23 (16 d'apparence)
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mar 26 Avr 2011 - 21:05

L’ambiance était « parfaite » pour un « interrogatoire » : un prisonnier pour commencer, un lieu isolé en pleine nature, une pièce étroite et en désordre, une chaise presque solide, une obscurité très oppressante atténuée par une maigre torche de fortune éclairant de vagues silhouettes, trois silhouettes même : une derrière pour soutenir la victime et deux devant, l’une accusatrice, l’autre exécutrice… Pauvre homme…

Salyä sortit pour éviter de se changer devant ses nouveaux complices, ce que Larme pourpre put parfaitement comprendre. Ce fut moins le cas en remarquant rapidement qu’elle restait (pratiquement à la vue) près de la cabane. D’ailleurs, Krevan ne se gêna pas pour déplacer la chaise du prisonnier afin de jeter un œil par l’une des deux fenêtres qui étaient condamnées par des planches noircies ou un résidu de volet encore intact. Tout en ce faisant, il ligotait son prisonnier avec tout même une bonne méthode malgré la distraction. Larme pourpre lui lança un regard quelque peu inquisiteur. « S’intéresser » au corps d’une femme (ou d’un homme) était une tentation pour en apprendre plus sur la « physionomie fine » de ces individus afin de mieux s’attendre à ce qu’on était sensé devenir plus tard, (Larme pourpre sachant désormais qu’il n’était pas sensé, en tout cas d’après ses nouvelles connaissances, exister de « milieu » ou de « ni l’un ni, l’autre »). En revanche l’idée d’afficher son corps lui était complètement incongrue et fortement associée au mot « vulnérabilité ». Le fait que Krevan agisse de la sorte lui fut difficile à comprendre, si ce n’était un manque de respect, c’était un manque de confiance apparent… A moins que ce ne soit cette étrange attirance, ces étranges agissements que certaines personnes de sexe opposé avaient, ceux qui se tenaient par la main et s’embrassaient… Une chose que Larme pourpre n’avait encore jamais réussi à comprendre jusque là, même s’il était évident que ça avait un rapport avec « l’amour », ce sentiment inconnu, et les « bébés ». L’idée étrange que Krevan et Salyä puisse soudainement faire ce genre de chose (se tenir la main, s’embrasser, rigoler ensemble…) lui traversa l’esprit, l’obligeant à se secouer la tête pour la chasser tellement elle lui paraissait saugrenue.

Krevan avait terminé son « œuvre » (aucun risque que le prisonnier ne se détache tellement il était bien, -et fortement- ficelé). Il vérifia qu’il dormait toujours en lui soulevant une paupière, tendis que Salyä (qui avait mis un certain temps à se changer) revint justement dans la pièce. Elle portait à présent une jolie pièce d’armure formée de plusieurs morceaux amovibles (c’était pour ça que sa « sacoche » paraissait si encombrante !), et les cheveux détachés laissés en une cascade quelque peu désordonnée. Elle avait assurément une tout autre apparence et ressemblait bien plus à une bonne combattante (si ce n’était un assassin), preuve que l’habit ne fait jamais le moine, seuls les actes comptent, (et encore, on peut aussi s’en méfier de ceux-là)...

Le Drow fit un rapide point de la situation à haute voix, histoire de confirmer que tout le monde pensait plus ou moins la même chose (Un avantage de facilité d’avoir la parole dans ce genre de situation). Larme pourpre était d’accord sur sa façon de penser. Un « sous-fifre » se contente généralement d’exécuter des ordres en ne connaissant que le minimum nécessaire. Toutefois, on pouvait en apprendre suffisamment s’il consentait à être « coopératif ». D’ailleurs, s’il ne l’était pas, on l’obligerait à le devenir. C’était pour sûr le principe de « la question » : obtenir la bonne réponse par tous les moyens. D’ailleurs, Krevan leur demanda leur avis sur la méthode à employer… Qui a dit qu’ils n’avaient pas « d’instruments » ? Larme pourpre retourna un pan de son habit au niveau de la poitrine, découvrant une série de fines aiguilles : idéal pour les points sensibles du genre « tendons » et « nerfs », surtout quand l’adversaire est immobilisé… Sinon, il y a la bonne vieille méthode des articulations, une autre méthode très douloureuse et qui en terme de torture, n’est pas non plus « définitive » à l’inverse des amputations ou autre traumatismes du genre, et en plus on peut insister « dans les deux sens » (à part pour la nuque, qu’on garde généralement pour la fin…). Larme pourpre proposa cette idée supplémentaire en mimant d’abord un doigt qu’on tord violement puis en désignant le reste des articulations de son bras puis en ajoutant un signe qui voulait dire tout autre chose mais était synonyme de « etc » : les deux index tournant l’un au dessus de l’autre vers l’avant. Même Salyä avait dû comprendre son idée. De toute façon, la méthode en elle-même importait peu, on pouvait toujours improviser, l’important étant le résultat, « la fin justifiant les moyens » comme on dit aussi…

Ce n’était pas le premier interrogatoire auquel Larme pourpre avait assisté. En effet, une fois, son « employeur » lui avait demandé de capturer quelqu’un et de le ramener pour l’interroger sur qui avait voulu le trahir lors d’un deal avec son réseau nocturne qui avait mal tourné. Etrangement, Larme pourpre n’avait fait qu’assister à la « question », son employeur jouant à la fois le rôle de l’accusateur et du bourreau. Jugeant son nouveau mais jeune garde du corps trop inexpérimenté dans ce domaine contrairement à lui, mais lui demandant tout de même son, avis, de temps en temps du genre « qu’est-ce que tu penses du fait de lui briser « ceci » ou « cela », ou bien de lui tordre « ça » ? » (il aimait bien « briser », en plus c’est propre, ça ne met pas de sang partout)… Après avoir obtenu ce qu’il voulait du prisonnier en revanche, il lui avait demandé de l’achever proprement puis d’aller déposer le corps de ce traitre un lieu assez précis afin que son nouvel ennemi puisse le découvrir, ce qui fut fait bien entendu…

Bref, il allait rapidement falloir passer aux choses sérieuses, on n’allait pas y passer toute la nuit… On laissait à Krevan le choix d’une méthode efficace pour réveiller cette « innocente » victime…
Revenir en haut Aller en bas
Salyä Ivilth
Drow
avatar

Nombre de messages : 1520
Âge : 188
Date d'inscription : 14/11/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  182 ans (après ellipse)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mer 27 Avr 2011 - 19:42

Le garde était attaché à la chaise, les deux autres assassins l'avaient plus ou moins attendus et elle s'interrogea brièvement sur l'invisibilité dont elle avait penser bénéficié. Quoiqu'il en soit Krevan semblait satisfait, peut-être un poil trop satisfait, de leur prise et résuma rapidement la situation.

Bien, nous savons que les gardes, ou tout du moins une escouade de gardes, nous cherchait. Tout du moins cherchait l’un de nous trois. Je doute que ce garde sache le pourquoi de cette traque mais à tout le moins il pourra nous dire quel officier en a donné l’ordre et nous en apprendre un peu plus sur le gaillard. Des avis sur la méthode à employer ?

Salyä laissa Larme s'exprimer, si l'on pouvait dire ainsi, en premier. Il montra tout un arsenal d'aiguilles et autres petits instruments. Ce petit se plaçait vraiment haut dans son estime malgré son apparence. Il proposa également les méthodes ''basiques'' : torsions, points sensibles, articulations... Du fiable et du rapide, mais peut-être un peu trop expéditif, plusieurs victimes avaient déjà claquées entre les mains de Salyä ou s'étaient évanouis à cause d'une douleur trop soudaine.
Elle avait depuis un certain temps adopter les méthodes plus ''modernes'' comme elle se plaisait à les qualifier.

Une fois sûre que Larme avait finis de s'exprimer, elle s'avança d'un pas, tout en saisissant dans sa sacoche deux fioles de poisons.

-En complément, on peut aussi utiliser ça.

Devant l'air légèrement incompréhensif de ses confrères, ou plutôt l'air interrogatif, ils devaient bien avoir une vague idée de ce qu'elle allait en faire, mais demandaient plus d'informations. Qu'elle s'empressa de donner.

-La première fiole -dit-elle en mettant en avant la plus grosse des deux- contient un acide qui ronge les tissus. C'est très douloureux mais au final assez peu destructeur et donc peu de risques ''d'abîmer'' le prisonnier. Je l'utilise souvent et ça donne de bons résultats.
Si ça suffit pas, on a aussi ça
-ajouta-t-elle en montrant la deuxième fiole, bien plus petite- contient un poison entraînant la nécrose rapide des chairs de la victime. C'est moins douloureux mais l'effet psychologique est indéniable. Par contre faut parfois amputer pour éviter que ça ne se répande trop.

Oui, elle aimait les poisons, elle aimait presque autant qu'un coup de lame bien placé. Peut-être même plus à la réflexion. Il y avait quand même des choses qu'elle préférait, mais elles ne servaient à rien pour faire parler un prisonnier. Enfin, pas en présence de deux autres assassins en tout cas.

-Alors ? Demanda-t-elle en regardant Krevan.


Dernière édition par Salyä Ivilth le Jeu 28 Avr 2011 - 19:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 18/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Jeu 28 Avr 2011 - 12:02

Satisfait, Kervan tira une chaise, certes un peu branlante mais qui semblait pouvoir soutenir son poids et s’installa devant le prisonnier, les bras négligemment croisés sur le dossier. Ni Larme ni Salyä ne semblait montrer la moindre réticence à s’occuper de la victime si besoin était. Pas plus qu’ils ne semblaient avides de s’y mettre, signe de qualité chez un bourreau qui doit rester détaché et purement professionnel vis-à-vis de son métier. Avant de réveiller le garde, l’assassin donna ses dernières instructions pour la suite.

Je poserai les questions, vous deux, vous interviendrez à chaque fois que je vous le demanderai.

Ayant reçu un signe de tête des deux assassins pour indiquer qu’ils comprenaient, puis le drow flanqua une paire de claques au prisonnier. Un gémissement sortit de ses lèvres et le gaillard ouvrit péniblement les yeux, ramené peu à peu à la réalité. L’espace d’un instant il fixa les lieux atour de lui sans apparemment réussir à comprendre ce qui lui arrivait, le temps que son cerveau remette tous les éléments à leur place. Se retrouver ligoté à une chaise et entouré par trois personnes à l’air sinistre dut lui permettre d’obtenir une idée assez claire de la situation sans trop de difficultés.

Bien, mon garçon, je vais te poser des questions et tu vas me répondre.

Cela fut dit d’un ton parfaitement calme et détaché, sec mais sans agressivité. Pour un peu on aurait pu croire que l’assassin parlait de la pluie et du beau temps, où de la hausse du prix des matières premières sur le marché de Thaar. Le drow avait en effet choisi la bonne vieille méthode de l’interrogatoire à froid, méthode qui consistait à faire poser les questions calmement par une personne ne bougeant ni ne frappant le prisonnier, la douleur étant apportée par un ou plusieurs bourreaux qui eux ne parlaient pas. Cela renforçait le sentiment du supplicié de se retrouver face à une machine déshumanisé, de ne plus être maître de son destin.

Première question. Ton nom et ton unité ?
A… allez vous faire foutre.
Mauvaise réponse. Larme, une main.

Il ne ressortait aucune colère dans les paroles de Kervan. Pour un peu on aurait presque pu y trouver une once de regret, comme si l’assassin se retrouvait contrarier de devoir faire torturer le garde. Simple impression bien sur, le drow ne désirant pas que la haine et la douleur émanent directement de son personnage dans la pièce qu’ils jouaient tous les quatre. Tout au long de l’exercice, le drow devait rester l’oreille attentive, et ne surtout jamais sortir de ce rôle. Trop souvent les clercs en charge des interrogatoires prenaient un plaisir malsain à voir torturer leur victime, ce qui nuisait à la qualité du résultat final.

Arracher les ongles, briser les doigts, s’attaquer aux tendons, employer les substances de Salyä, le choix restait libre dans la méthode qu’allait employer Larme. Seule la zone à « travailler » venait d’être définie. La question posée pourtant ne prêtait guère à conséquence, mais mieux valait commencer par des informations peu importantes le temps de briser mentalement et physiquement le garde avant de passer aux véritables questions, celles auxquelles les trois assassins attendaient vraiment des réponses précises et complètes.
Revenir en haut Aller en bas
Larme pourpre
Humain
avatar

Nombre de messages : 9680
Âge : 31
Date d'inscription : 29/05/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 23 (16 d'apparence)
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Jeu 28 Avr 2011 - 19:20

Salyä présenta à ses collègues des substances plus que douteuses contenues dans de petites fioles. L’une rongeait les chairs lentement et douloureusement, l’autre les nécrosait plus rapidement telle une gangrène fulgurante. Pourquoi se trimballait-elle avec ça sur elle ? Ce n’était probablement pas pour des missions d’assassinat. Apparemment en tout cas, elle avait l’air de s’y connaître en matière de torture…

Finalement, Krevan ne fit aucun choix sur ce qui lui avait été proposé, considérant seulement les possibilités offertes. Du coup, il prendrait (naturellement) le rôle de l’inquisiteur et laisserait aux deux autres le rôle de tortionnaires, leur laissant libre choix de leurs méthodes et outils. Après tout pourquoi pas ? Un peu de variété ne fera pas de mal ! (Enfin, façon de parler). Ainsi, la victime ne sait jamais à quoi s’attendre, c’est encore plus vicieux ! Avec l’ambiance, les méthodes variées et le scénario de l’interrogatoire, on mettait toutes les chances du bon côté pour s’assurer que le prisonnier parlerait rapidement (pour éviter de trop souffrir). Le côté psychologique était important, peut-être le plus, pour que la victime ne puisse se retrancher derrière aucune logique, rien qui lui permette de résister jusqu’à en venir à préférer une mort rapide plutôt que d’avantage de torture…

La torture n’était pas ce que Larme pourpre connaissait ni appréciait le plus (en tout cas par rapport à sa « profession »), mais bon. Quand faut s’y mettre, faut s’y mettre ! Et puis, ce n’était pas comme si le mot « culpabilité » lui disait quelque chose non plus. En ce qui concernait la pitié, c’était encore autre chose, qui n’avait rien à voir avec la définition qu’on pourrait lui donner. Bref… Krevan s’installa en face du mercenaire en réussissant à redresser une chaise tordue mais pas inutilisable (en tout cas elle avait quatre pieds), puis réveilla son nouvel « ami » par la bonne vieille technique de la baffe.

Quand l’autre finit par ouvrir l’œil un peu plus vivement, démontrant qu’il venait de comprendre la situation, le Drow ne fit pas dans la tergiversation ni la douceur : il lui annonça clairement la couleur.

Le mercenaire était un crétin, cela va sans dire. Il essaya de jouer au gros dur sans même essayer de réfléchir à mentir ou à « discuter » (s’il y avait moyen). Insulter ses tortionnaires pour toute réponse à une question somme toute sans conséquences. A moins qu’il fût masochiste ? A ce rythme, il n’allait pas faire long feu… Peut-être valait-il mieux « l’épargner » un peu ? Ou au contraire lui montrer clairement qu’il avait intérêt à répondre ce qu’on voulait entendre de lui s’il voulait préserver son « intégrité »…

En réaction immédiate, Krevan demanda Larme pourpre de se charger d’une main de ce cher poli monsieur. D’accord… Dans ce cas, on allait commencer par la main la plus courante histoire qu’il ne se dise pas que ce n’était pas grave car il pourrait heureusement toujours compter sur l’autre…

L’aiguille traversa la chair assez rapidement, juste entre l’index et l’annulaire. S’enfonçant à l’intérieur de la main, glissant entre les deux articulations jusqu’à buter, voir s’encastrer dans un tarse. C’était plutôt propre comme opération d’ailleurs. Mais bien que vive, cette douleur n’était pas suffisante. Et pour ajouter à la chose, Larme pourpre saisit la main pour la comprimer et attrapa l’auriculaire (le plus fort, si ce n’est le plus utile des doigts après le pouce), afin de le désarticuler lentement, très lentement, en tirant dessus, jusqu’à finir la chose violemment et que ça finisse par craquer par trois fois sans écouter d’éventuelles suppliques du mercenaire .

Même s’il serra les dents au début, le mercenaire ne put pas résister longtemps à la douleur qui allait croissante. Larme pourpre saisit un autre doigt puis regarda Krevan pour confirmer si cela suffisait afin qu’il puisse poser reposer la question suivante (ou reposer la première peu importe), du moment que le mercenaire voulait bien se décider à parler (ou pas). Avant de l’abandonner pour retourner « à sa place », Larme pourpre récupéra violemment son aiguille. Enfin non, c’était une feinte ! Et puis quoi encore ? Elle était bien où elle se trouvait, enfin presque… Elle serait mieux vigoureusement plantée à la perpendiculaire. Ce n’était pas très douloureux (quoi que ça recoupât la blessure précédente) mais c’était plus « visuel », et cette fois ça saignait.

Allait-il continuer à jouer au dur ? Est-ce que cette « introduction » était suffisante pour lui faire cracher quelque chose d’utile ou au contraire était-ce ridiculement supportable et qu’il lui en faudrait beaucoup plus pour parler… (Toutefois, on pouvait difficilement croire que ce ne soit pas du masochisme, à moins que ça ne soit juste de l’absurde courage)… En tout cas, Larme pourpre cédait la place à Salyä, histoire qu’elle se fasse -peut-être ?- un peu plaisir…
Revenir en haut Aller en bas
Salyä Ivilth
Drow
avatar

Nombre de messages : 1520
Âge : 188
Date d'inscription : 14/11/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  182 ans (après ellipse)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Jeu 28 Avr 2011 - 21:12

Krevan s'installa face au prisonnier et donna ses instructions. Larme et Salyä seraient les véritables bourreau de l'interrogatoire donc. Préférait-il ne pas se salir les mains ? Détestait-il la torture ? Ou était-ce un test ? Elle n'en savait rien, et à dire vrai cela lui importait peu. La perspective de torturer quelqu'un retenait toute son attention.
L'interrogatoire commençait doucement. Krevan réveilla le prisonnier et lui expliqua très brièvement la situation, d'un ton froid et sans âme qui impressionna Salyä, elle qui avait toujours du mal à se montrer sans émotions.

La première question était simple. On entamait toujours un interrogatoire par une question simple, puis on torturait inévitablement devant le manque de réponse (sauf en cas de peureux qui se débinent à la simple vue d'une lame) et une fois la personne brisée, on pose les vraies question, et comme ça elle répond sans réfléchir.
La scène rappela quelques souvenirs à Salyä et elle bougea son épaule droite, qu'elle avait involontairement contractée.

Le mercenaire refusa de répondre, classique. Preuve qu'il manquait de calme, il les insulta même. Insulter son bourreau n'est jamais une bonne idée, mais c'est le réflexe qui vient à toute personne manquant de sang-froid. Elle le savait mieux que quiconque.
Krevan demanda l'intervention de Larme, une moue boudeuse se peignant sur le visage de Salyä. Ceci dit il avait hérité de la main, une partie peu intéressante à maltraiter. Elle ne manquait pas de potentiel, mais Salyä préférait s'attaquer au torse ou au visage.

Larme ne manqua pas d'imagination, fichant une de ses aiguilles entre deux os, passablement douloureux, et le mot était faible. Il disloqua littéralement l'auriculaire du bonhomme pour continuer, puis redressa l'aiguille, ce qui fit couler du sang cette fois.
Salyä ne pu empêcher un air sadique de se peindre sur son visage. Elle se délectait de la situation, et surtout se délectait à l'avance du rôle qu'elle allait avoir à y jouer. Elle espérait tomber sur une bonne partie du corps.

Le mercenaire finissait de hurler sa douleur, manquant d'air sans doute, ou alors s'y habituait-il petit à petit. Le fait que la douleur est dépassé le cri d'agonie pur était peu probable, pas encore assez violent.

Anticipant sa future intervention, du moins elle l'espérait, Salyä récupéra ses ongles-griffes dans sa sacoche et les glissa doucement au bout de ses doigts, avant de tremper un à un ceux de la main droite dans le flacon d'acide, faisant attention à ne pas s'en mettre sur les doigts ou ne pas en renverser une seule goutte. Le tout derrière son dos, pour que le prisonnier ne puisse voir ce qui l'attendait. Le futur effet n'en serait que plus agréable.
Revenir en haut Aller en bas
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 18/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Lun 2 Mai 2011 - 8:04

Le drow ne bougea pas, ne fit aucune remarque, ni sourit même pas tandis que les deux bourreaux exerçaient leur art sur le jeune homme. Pareil à une statue, il se contentait d’observer la scène d’un regard vaguement intéressé, comme une curiosité qui ne mérite pas pour autant que l’on s’y attarde. Une bonne vieille méthode qui faisait souvent ses preuves, le prisonnier préférant ensuite avoir affaire à cette personne calme qui ne faisait que parler plutôt qu’aux tourmenteurs silencieux.

Quel est ton nom ?
J… Joan Ferus.

Bien, le premier pas venait d’être fait. Un interrogatoire ressemble à une partie d’échecs psychologique, chacun avançant ses pions les uns après les autres. Pendant un temps les deux adversaires s’observent, la souffrance servant à affaiblir la position de la victime jusqu’à ce qu’enfin il se retrouve en échec. Une première pièce de la défense adverse venait de tomber, mais Kervan ne comptait pas dévoiler trop rapidement ses batteries.

Quel âge as-tu Joan ?
Vingt ans.
Tu bosses pour la garde de Thaar depuis longtemps ?
L’an dernier.

Des questions innocentes, toujours des questions innocentes, le temps de créer un lien entre eux deux. Attaquer de front constituait souvent une erreur, même le pire couard de l’humanité risquait de se montrer incomplet ou de dévier certaines réponses si les sujets sensibles se voyaient aborder dès les premiers instants. La souffrance ne faisait pas partie que d’un affaiblissement physique, l’affaiblissement psychologique jouait aussi un grand rôle.

Qui est le chef de ton unité ?
Le capitaine Orlon.

Sans qu’un muscle de son visage ne tressaille, le drow tiqua intérieurement. Joan n’avait pas un seul instant hésité à donner le nom de son chef, alors qu’il ne pouvait bien évidemment pas être abruti au point de ne pas croire que les assassins cherchaient à comprendre ce qui venait de se passer la nuit même. Pourquoi dès lors révéler aussi aisément son chef d’unité, à moins que celui-ci ne soit pas impliqué ? Sentant instinctivement qu’il venait de mettre le doigt sur un élément clé du problème, Kervan insista d’une voix toujours aussi calme :

Mais ce n’était pas lui qui commandait ce soir, n’est-ce pas Joan ?

Le silence se fit dans la pièce, juste rythmé par la respiration haletante du prisonnier. Oui, pour simple garde qu’il soit, il devait en savoir plus sur le sujet, avoir remarqué quelque chose d’anormal, de différent, mais la terreur qu’inspirait les trois assassins ne se montraient pas encore assez forte pour faire céder ses verrous mentaux.

N’est-ce pas ?
Je… je ne… sais pas.
Joan, Joan, mon garçon. Tu te moques de moi en disant cela.

D’un geste, Kervan fit signe à Larme et Salyä de reprendre leurs travaux, sans cette fois limiter la zone de travail. Joan ne semblait pas un sujet d’une difficulté extrême, car en soi il n’avait été qu’un simple exécutant lors de l’attaque, mais pour en presser toute la pulpe il fallait taillader la chair.
Revenir en haut Aller en bas
Larme pourpre
Humain
avatar

Nombre de messages : 9680
Âge : 31
Date d'inscription : 29/05/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 23 (16 d'apparence)
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mar 3 Mai 2011 - 20:14

Salÿa y était allée plus « subtilement » que Larme pourpre mais sa manière de faire semblait inspirer plus de surprise et de peur au prisonnier qui la regardait faire d’un air terrifié.

Le jeune mercenaire céda rapidement, la surprise et la colère avaient laissé leur place à la souffrance et au supplice. Seule la peur demeurait car il ne savait pas s’il survivrait et encore moins si on le laisserait survivre… Pour le moment en tout cas, il préférait inconsciemment ne pas succomber à un évanouissement spontané, histoire de ne pas se réveillé en découvrant toutes les horreurs qu’on aurait pu lui faire durant son absence.

Il répondit donc aux premières questions, toutes simples, posée par Krevan presque comme un adulte à la fois calme et intransigeant interrogerait un enfant qui venait de se faire prendre à faire une bêtise.

Le mercenaire était jeune pour un humain, tout juste les vingt ans. Il s’appelait Joan et travaillait pour la garde de Thaar depuis peu, ce n’était qu’un troufion. Il annonça le nom de son chef d’unité sans hésitation, comme s’il ne le considérait pas plus que ça, en tout cas il ne semblait pas le craindre. Cet homme en question, lui aussi n’était seulement qu’un maillon de la chaine de commandement et lorsque Krevan lui demanda implicitement qui commandait, Joan resta muet. Le silence était pesant dans cette atmosphère particulière. Krevan insista pour l’obliger à lâcher quelques mots. Mais il mentit difficilement en disant qu’il ne savait pas. Peut-être était-ce vrai ? Mais il ne faisait aucun doute qu’il avait un minimum d’informations à ce sujet. Peut-être pas un nom, mais quelques indices.

Un « je ne sais pas » n’est jamais une réponse satisfaisante dans un interrogatoire. Krevan demanda donc à ses deux acolytes de reprendre leurs travaux sans plus de précision.

La torture pouvait dans un sens s’apparenter à une étude de la physionomie et de la douleur. Larme pourpre avait commencé par la main, cette fois ce serait la jambe. Laissons le haut à Salÿa qui semblait apprécier ce qu’elle faisait. Il ne fallait pas trop en faire, juste assez et de façon suffisamment éprouvante pour que la victime préfère raconter tout ce qu’elle sait plutôt que de subir à nouveau cette douleur à la moindre hésitation…

Le jeune homme, comprenant son erreur, tentait vainement de retarder l’inévitable en suppliant ses bourreaux, mais ceux-ci restèrent sourds. Larme pourpre opéra avec une, puis deux, puis trois aiguilles, des ponctions dans l’interstice articulaire du genou. Comme le mercenaire était bien attaché, impossible de lui désarticuler ce membre de manière classique. Il fallait pour cela effectuer une bonne torsion en s’aidant de la cheville. L’avantage, c’est qu’on pouvait feinter ou faire d’une pierre deux coups en dévissant la cheville par la même occasion. Maintenant, si jamais il avait eu une chance de fuir, celle-ci se trouvait réduite à 0. Toutefois, rien n’était définitif et si jamais il réchappait à ce petit jeu macabre, il pourrait guérir de ces blessures… « Si »… C’était peut-être la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher : une hypothèse peu probable.

Larme pourpre n’aimait pas vraiment faire ça en fait. Le torturer et le laisser vivre d’accord, ou le tuer rapidement et proprement, mais retarder une mort inévitable par une souffrance intense était quelque chose de terrible, une situation dans laquelle l’assassin ne voudrait jamais se retrouver. Autant se mordre la langue !… Ah oui… mais non, cette solution n’était plus possible pour Larme pourpre. Mais en parlant de ça… Un interrogatoire de la sorte ne risquait pas de lui arriver non plus… Mais peu importe, le problème n’était pas là, mais plutôt : combien de temps cet interrogatoire allait-il durer ? Le jeune mercenaire pleurait et gémissait de peur et de douleur. Courageux ou résigné ? En tout cas, il n’avait pas cédé à l’évanouissement…
Revenir en haut Aller en bas
Salyä Ivilth
Drow
avatar

Nombre de messages : 1520
Âge : 188
Date d'inscription : 14/11/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  182 ans (après ellipse)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mer 4 Mai 2011 - 16:52

L'interrogatoire reprit, Krevan continuait avec les questions de bases. Le prisonnier disait s'appeler Joan et avoir vingt-ans . Inutile, mais plus l'on répondait à des questions, plus l'on était prêt à répondre à d'autre. Le syndrome du ''c'est pas une de plus qui va changer quelque chose''. Très utile pour les bourreaux.

Le prisonnier travaillait pour la garde depuis un an, ils n'auraient pas pu tomber sur pire troufion comme victime. Il n'hésita pas à livrer le nom de son capitaine, ce qui ne fit qu'à peine tiquer Salyä, mais qui sembla perturber Krevan.
Elle comprit le fond de sa pensée lorsqu'il posa la suite des questions, insinuant que ce n'était pas le chef d'unité qui commandait cette nuit. Ce qui était confirmé par la réaction du jeune homme, qui mentait très mal.
Mal lui en prit, Krevan fit signe aux deux assassins de reprendre leur œuvre.

Salyä s'orna d'un grand sourire. Elle savait qu'elle n'arriverait pas à imiter la froideur parfaite de Krevan, ou même celle de Larme. Elle n'était pas encore capable de faire taire ses pulsions au point de rester insensible lors d'une séance de torture.
Elle choisit donc d'utiliser son comportement pour perturber encore plus le garde. Elle s'avança d'une démarche souple, sensuelle même, et vint se positionner derrière le garde. Larme avait déjà commencé à enfoncer les aiguilles dans le genou de l'homme, et celui-ci s'épanchait en supplications, demande de pitié.
Salyä, elle, resta un moment inactive, elle attendait que son collègue est finit ce qu'il avait à faire. Une souffrance n'était efficace que si elle était solitaire, une personne qui souffrait deux fois, à deux endroits différents, subissait moins la douleur, et l'impact psychologique était moins fort.

De plus, elle savait qu'il percevait sa présence, il n'avait pas pu oublier qu'elle s'était placée derrière lui. Les hypothèses de ce qu'elle attendait devait se bousculer dans son crâne, entre l'expression de sa douleur et les probables dernières prières qu'il adressait.
Lorsque Larme enfonça sa dernière aiguille et se retira quelque peu, elle commença à agir. Arquant ses doigts, et les redoutables ongles qu'ils portaient, vers l'arrière, elle vint faire glisser ses paumes sur le prisonnier, des mouvements délicats et légers qui tenaient tout à fait de la caresse érotique.

L'une des mains de Salyä vint distraitement frôler le visage du garde, tandis que l'autre se glissait sous son haut, glissant doucement sur son torse et son abdomen. Bien sur, tous comprenait parfaitement que ça n'allait pas durer, les inquiétantes griffes qui ornaient les doigts de Salyä n'étaient pas là pour faire jolie. Le tout était de savoir quand cette machination allait virer au bain de sang. Et le type n'avait aucune moyen de le faire.

Salyä vint approcher ses lèvres de l'oreille gauche du garde, mais ne dit rien, se contentant d'inspirer et expirer, comme le ferait un prédateur en embuscade. Elle sentait que sa présence gênait le garde, qui n'essayait de savoir d'où viendrait la prochaine douleur.
Des doigts de sa main gauche, celle où les griffes n'étaient pas empoisonnées, elle piqua légèrement la peau, se contentant de titiller le prisonnier, attirant son attention sur son ventre. La douleur vint d'autre part.

Soudainement, elle mordit à pleine dents dans le lobe de l'oreille. Certaines des rumeurs qui courraient sur les drows, dans les chaumières ou auprès des enfants pas sages, faisaient référence à une dentition de prédateur, capable de déchiqueter la chair sans effort. C'était loin d'être les plus fausses. Sans contexte, les dents de Salyä n'était pas capable de ''déchiqueter la chair sans effort'', mais elles furent bien assez -et même trop- douloureuses au yeux du garde, qui essaya de se soustraire à la morsure en se secouant autant que possible. Geste vain et même stupide, Salyä sentit quelques chaires lâcher et le goût du sang se répandre dans sa bouche, légèrement acide, un nectar qu'elle appréciait.

Elle relâcha toutefois rapidement sa prise, et le prisonnier arrêta de hurler -elle avait à peine remarquer qu'il avait commencé. Il ne tarda pas à s'y remettre, car les ongles de Salyä mordirent cruellement dans le ventre de l'homme, et remontèrent le long de son torse, creusant des sillons sanglants et arrachant plusieurs cris de douleurs au prisonnier.
Mais son traitement n'était pas finis, loin de là. Ils venaient de finir le plat principal, manquait encore le dessert...

Retirant sa main gauche de sous les vêtements du garde, Salyä laissa quelques instants les gouttes de sang tomber une à une, dans une régularité morbide fascinante, sur le garde qui pleurait devant la douleur.
Il avait oublié, ou n'y prêtait plus attention, la main droite de Salyä, celle qui était resté la paume contre la joue de sa victime, attendant patiemment son heure. Et elle venait d'arriver.
Distraitement, sans plus y prêter attention, Salyä dessina du bout des ongles quelques arabesques sanglantes, creusant de fin sillons dans la joue tendre du jeune homme, lui arrachant une nouvelle salve de cris. Il essaya dans un premier d'échapper aux ongles mortelles, mais lorsque l'un d'eux transperça presque sa joue il se calma, surtout que les doigts fins et agiles se rapprochaient de l’œil, venant bientôt en épouser les contours, sans cesser de découper à les chairs sur leur passage, répandant également l'acide si douloureux. Toutefois, le produit était déjà épuisé lorsqu'elle s'attaqua à la périphérie de l’œil. Elle ne voulait pas risquer d'endommager sa vue de manière irrémédiable, pas encore tout du moins.

Elle traça de petit sillons tout autour de l’œil, sillons dont le sang venait se perdre dans les cils, voir parfois couler en petite quantité sur l’œil lui même. La douleur était insoutenable, cela se voyait dans la tension qui parcourait le corps de la victime, mais elle n'osait plus bouger, pas même pousser un cris, de peur de perdre son œil.

Lorsque finalement Salyä retira sa main, et s'écarta toujours aussi sensuellement, le garde rabattit soudainement la tête en avant, libérant les cris qu'il avait contenus si longtemps. Et il était bien conscient d'une chose, du moins Salyä le supposait-elle : la drow n'avait touché qu'à un côté du visage, elle pouvait tout à fait recommencer de l'autre.
Revenir en haut Aller en bas
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 18/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Jeu 5 Mai 2011 - 8:16

Kervan admira de nouveau la technique de Larme et de Salyä dans l’art de la torture, notant toutefois que la drow semblait encore plus à son affaire dans ce domaine que l’humain. Cela n’étonnait pas outre mesure l’assassin qui commençait à bien connaître son jeune ami. Larme était un porteur de mort efficace mais faire souffrir ses cibles ne faisait pas partie de sa nature profonde. En un sens, il s’agissait d’un assassin dans le plus pur sens du terme selon les normes historiques de la Guilde, une ombre venue au milieu de la nuit porter un unique coup fatal. Mais pas un bourreau…

Salyä à l’inverse, de par sa nature drow peut être, semblait prendre un plaisir presque physique à s’occuper de Joan. En elle paraissait se mêler des sentiments de mort, de torture et de plaisir, un cocktail aussi puissant que potentiellement dangereux en l’absence de contrôle. La manière dont la belle s’y prenait collait sur ce point parfaitement avec la méthode employée pour l’assassinat d’Hector. Force était également de reconnaître que Salyä usait avec un art consommé de la sensualité qui émanait d’elle pour mener à bien sa tâche.

Deux profils différents, chacun avec leurs forces et leurs faiblesses. Certaines missions demandaient de s’infiltrer rapidement, de frapper vite puis de filer. D’autres au contraire impliquaient une approche plus ouverte qui amène l’assassin à se mêler au cercle proche de sa future victime, le cas Hector en était parfaitement représentatif sur ce point. Kervan se souvint de ce que lui avait un jour dit le maître des Lames : « Kervan, mon jeune ami, il n’y a pas un profil unique définissant un bon assassin. Le bon assassin est celui qui utilise intelligemment les armes que lui a fourni le destin ». A leur manière, avec leurs particularités, Larme comme Salyä remplissaient la définition du maître.

Rapprochant légèrement sa chaise du garde en pleurs qui haletait encore sous l’effet des tortures subies, le drow reposa la question qui lui tenait à cœur.


Alors, Joan, qui a commandité l’assaut de cette nuit ?
Je… je ne sais pas.

Poussant un soupir de regret quasi-théâtral, Kervan leva la main pour indiquer à ses compagnons de continuer. Les yeux du prisonnier étaient presque révulsés et il tentait inutilement de lutter contre ses liens. D’une voix hystérique, il cria :

Je vous jure ! Je ne sais pas, un homme encapuchonné est venu à la caserne…

La main de l’assassin resta suspendue en l’air, complètement figée dans l’attente de la suite.

Et ?
Il s’est enfermé avec les officiers.
Qui ?
Les… les sergents Taos et Fletcher, responsables du secteur sud des faubourgs. Ils sont restés ensemble plusieurs minutes puis l’homme est reparti.

Kervan s’était tut et avait repris sa position détendu sur la chaise. Il savait désormais que le barrage mental du garde venait de se briser, il ne lui restait plus qu’à prendre son épuisette et à en récupérer les meilleurs morceaux. Il en va ainsi dans la plupart des séances de tortures… à un moment le supplicié craque et raconte en bloc toute l’histoire. Il faut alors savoir attendre patiemment que les informations remontent, sans plus chercher à le brusquer.

Les sergents sont venus nous ordonner de nous équiper, en disant que nous allions faire une descente sur un entrepôt servant à de la contrebande.

Kervan eu un petit sourire. Parler de contrebande à des gardes revenait à jeter un morceau de viande saignante à un prédateur affamé. Tous savaient que sur les marchandises de contrebande finissaient en partie dans les poches des gardes eux-mêmes. Le peu de scrupules des miliciens de Thaar suffisait à faire le reste pour les inciter à suivre les ordres sans même chercher à se poser des questions sur leur origine exacte.

Ils nous ont donné vos signalements.
A nous trois ?
Non, juste vous deux.

Le prisonnier regardait Kervan et Larme, mais pas Salyä. Ainsi donc c’était bien les deux assassins eux-mêmes qui étaient visés. Encore qu’il paraissait malaisé d’être certain de ce dernier point. En effet, Kervan et Larme ayant mené ensemble plusieurs missions à Thaar ces dernières semaines, le jeune homme accomplissant le contrat soit en coopération avec son tuteur, soit sous son regard attentif. Un indicateur au fait de ces informations, même s’il n’avait visé qu’une cible aurait forcément donné les deux signalements, persuadés que l’un n’irait pas sans l’autre.

Ils vous on ordonné de nous tuer à vue, n’est-ce pas ? En trouvant une raison à peu près plausible à cela ?
O… oui… ils ont dit qu’il ne fallait pas laisser de traces pour que nous puissions nous attaquer ensuite aux autres contrebandiers… mais je ne voulais pas…
Ne t’inquiète pas Joan, tu ne faisais qu’obéir aux ordres.

Une légère lueur de soulagement apparut dans l’œil du garde. L’assassin ne semblait pas lui en vouloir, peut être car l’idée d’être lui-même une cible appartenait aux risques du métier qu’il faut savoir accepter. Par contre tous pouvaient aisément deviner que les deux sergents risquaient sous peu de recevoir la visite d’un émissaire de la Guilde « fort contrarié » par leurs agissements. Le genre de visite qui ne se déroule pas avec des petits fours et un verre d’alcool à la main.

Merci pour ton aide.

D’un seul mouvement fluide, le drow dégaina un poignard de sa manche et le planta en plein cœur du garde. Après quelques soubresauts, le corps de Joan s’immobilisa tandis qu’une tâche rouge naissait sur sa chemise, vite absorbée par le tissu. La lame fine utilisée par le drow avait été forgée pour tuer sans que cela n’entraine l’écoulement de flots de sang. Que ce soit sur ses vêtements ou sur le sol, le sang est l’ennemi de l’assassin ayant mené à bien sa mission et regagnant la sortie sans se faire repérer.

Lestez le corps et balancez le dans la marre. Larme, nous rentrons à la Guilde. Salyä, veux-tu te joindre à nous ?
Revenir en haut Aller en bas
Larme pourpre
Humain
avatar

Nombre de messages : 9680
Âge : 31
Date d'inscription : 29/05/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 23 (16 d'apparence)
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Dim 8 Mai 2011 - 13:05

Après un flot de souffrances, plus que nécessaire mais toute fois inévitables dans cette situation, le mercenaire ne put plus résister. Soutenir une douleur intense et brève était une chose, conserver une douleur violente et concentrée en quelques points en était une autre… Lorsque Krevan leva la main à nouveau, le jeune Joan s’empressa de parler…

Il ne savait pas qui avait organisé la descente et donné les ordres, c’était vrai. Mais cela ne constituait pas tout ce qu’il savait (autrement dit : rien) et c’était évidemment toutes ces informations annexes qui étaient recherchées par les trois assassins. Cédant complètement, pleurant de douleur et de peur, il raconta toute son histoire, guidé par les questions de son interlocuteur à la voix neutre. Il ne voulait pas agir de la sorte, il se repentait tellement la leçon avait été terrible de conséquences pour lui.

Krevan avait obtenu tout ce qu’il voulait, il n’ya avait plus rien à tirer de ce futur cadavre. D’ailleurs, il ne tarda pas à le devenir car Krevan le « remercia » à sa manière. Il mit fin à ses souffrances d’un coup direct au cœur, fibrillant celui-ci une ultime fois. Ce ne fut pas sans douleur mais ce fut rapide. Le sang s’arrêta de circuler et Joan s’évanouit définitivement.

Mais qui avait donc pu ordonner de les traquer, lui et Larme pourpre ? N’importe qui ayant cru identifier des assassins n’aurait sûrement pas pu intervenir de la sorte pour déclencher un tel déploiement de forces, surtout face à des représentants de la guilde… Il s’agissait soit d’une figure importante et influente de la région (mais qui en dehors du prince, qui était sensé avoir passé un marché avec les assassins pour que ce genre de chose ne se produise pas ?…), ou bien d’un traitre ! Il restait une possibilité peu probable d’une sorte d’épreuve ridicule organisée par leurs supérieurs pour les tester…

Il allait falloir mettre ça au clair. Dès que le rapport serait rendu, on aurait rapidement le fin mot de l’histoire. Espérons-le en tout cas…

Krevan agit clairement comme le chef du trio en ordonnant aux autres de finir le boulot pour ne pas se salir. Mais peu importe. Larme acquiesça, ayant eu le temps de réfléchir à la question bien avant. Il fallait aller récupérer quelque chose de suffisamment lourd pour lester le corps sans qu’il ne remonte à la surface après quelques mois de putréfaction. Dommage que la baraque ne possède pas de briques… ou qu’elles aient déjà toutes été utilisées… Il fallait donc utiliser des sacs de terre. Il n’y avait pas de sacs à proprement parler, mais des restes de draps et de taies demeuraient parmi les débris et il ne fallait pas grande chose pour rafistoler quelque chose d’utilisable. Par contre ça allait prendre un tout petit peu de temps afin de finir le travail correctement.

Sans attendre Larme pourpre s’attela à la tâche en récupérant ce qu’il y avait d’utilisable. Quelque coups d’aiguille avec l’une des sienne équipée d’un crochet auquel un fil arraché au tissu était noué et hop, on obtient un large sac en toile, pas très solide mais suffisamment résistant pour contenir jusqu’à cinquante litre de terre (ou autre). Ne restait plus qu’à récupérer de la terre à mettre dedans. Pour cela, mieux valait être au plus près du lieu de « décharge ».

Aidé de Salÿa, Larme pourpre transporta le corps jusqu’à proximité de la marre. Comme de par hasard, il y avait par ici un endroit où la surface n’était pas plane et la végétation mal répartie, montrant que la terre y avait déjà été creusée… Autant prendre exemple et garder les mêmes mœurs. Une pelle de fortune bricolée avec un gros débris suffirait largement à remplir le sac. Une fois l’opération terminée, il ne restait plus qu’à aplanir la zone de terre entamée, à refermer le sac, l’attacher fermement à la jambe du cadavre puis, (à deux c’est beaucoup plus facile), à balancer ce sac dans la marre en essayant juste de ne pas glisser dedans ni de se faire éclabousser par la colonne d’eau vaseuse soulevée par la « bombe ».

Ils avaient perdu beaucoup de temps au final à cause de toute cette histoire, et la nuit était déjà pas mal avancée. Mais au moins, ils avaient éclairci un peu le problème et pouvaient avoir l’esprit plus tranquille pour pouvoir rentrer à la base.

Maintenant, est-ce que Salÿa allait les suivre ? Elle avait été impliquée dans l’affaire mais finalement il s’avérait que celle-ci ne la prenait pas en compte. Son signalement n’ayant pas été donné, elle pouvait repartir « tranquillement » de son côté ou choisir de son plein gré de rejoindre la guilde.

Au vues de la situation, Larme pourpre n’envisageait pas de nouvelles missions aux alentours de Thaar dans les prochaines semaines. Si on lui confiait effectivement une mission, se serait sûrement bien ailleurs, peut-être même une longue mission afin qu’on l’oublie un peu par ici…
Revenir en haut Aller en bas
Salyä Ivilth
Drow
avatar

Nombre de messages : 1520
Âge : 188
Date d'inscription : 14/11/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  182 ans (après ellipse)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   Mar 10 Mai 2011 - 18:02

Une fois les bourreaux éloignés, Krevan reprit l'interrogatoire. Le garde répondit encore par l’ignorance. Après avoir crus un bref instant que ce garde était un dur à cuire malgré son jeune âge, souriant à la perspective de reprendre la torture, Salyä fit une petite moue lorsque le dialogue reprit et que Krevan baissa la main.

De ce qu'elle en comprenait, un inconnu avait corrompus, ou fait chanté ce détail importait peu, deux des officiers de la garde de Thaar. C'était eux qui avaient ordonnés la descente.
Elle fut légèrement rassurée lorsque le garde désigna Krevan et Larme. Ce n'était donc pas elle qui était recherchée, une bonne chose.

Par contre, les deux assassins devaient l'avoir mauvaise. Ils étaient grillés à Thaar apparemment, pas directement par la garde, mais par quelqu'un qui avait semble-t-il moyen de faire pression sur la-dite garde. A moins que la cible ne soit plus générale et ne concerne toutes les Lames Dansantes, certaines personnes ne devaient pas voir d'un très bon œil guilde dans cette cité. Le contraire serait pour le moins étonnant.

Quoiqu'il en soit, cette histoire ne la concernait pas... Pas encore, ne pouvait-elle s'empêcher d'espérer. Elle apprécia la façon dont Krevan fit croire au mercenaire qu'il allait s'en sortir. Elle regretta toutefois la promptitude avec laquelle il l'élimina.
Elle aurait aimé pouvoir réellement apprécié la lueur de terreur dans ses yeux lorsqu'il aurait compris qu'il ne s'en sortirait pas. L'étonnement qu'elle pouvait lire dans ses pupilles était à peine agréable.

Krevan leur ordonna de se débarrasser du corps. Elle ne put qu'admirer la célérité avec laquelle Larme se mit au travail. Elle-même n'était pas une professionnelle de la disparition de corps. Elle aimait tuer, et aimait revendiquer ses meurtres.
Elle avait même imaginé les signer pendant un temps, mais s'était convaincus que ce n'était pas une bonne idée finalement. Néanmoins, elle ne faisait que rarement disparaître les corps, tout au plus tuait-elle ses cibles dans un endroit discret, mais elle s'assurait qu'ils soient toujours retrouvés à un moment ou un autre. Juste pour le plaisir.

Une fois que Larme eut préparé un sac, Salyä l'aida à transporter le corps du garde, à remplir le sac de terre puis à balancer le corps dans l'eau. Elle avait pris appui sur un petit rocher, et faillit tomber à l'eau lorsqu'elle fit rouleur la pierre.
Elle remarqua alors un petit bout de botte qui remontait à la surface pas loin du rocher, puis l'extrémité d'un pied. Elle fit de nouveau rouler la pierre, dans l'autre sens, et ce qui devait être une jambe se renfonça dans l'eau. Apparemment certains assassins ne se fatiguaient pas trop lorsqu'il s'agissait de cacher les corps.

Elle regagna la masure, la nuit était complètement tombé. C'est à ce moment que Krevan posa la question qu'elle attendait tant.

Salyä, veux-tu te joindre à nous ?

Elle fit une dernière réflexion sur la question. Trois secondes tout au plus, le temps de comprendre qu'elle n'avait rien à perdre, ou presque, et tout à y gagner.

-J'accepte avec plaisir.

Ses yeux pétillaient, pas de la lueur malsaine qui ne les avait pas quitté de tout l'interrogatoire, mais bien d'excitation et de curiosité, elle se demandait réellement à quoi pouvait bien ressembler les Lames Dansantes.
Elle en attendait beaucoup, peut-être trop d'ailleurs.

Elle monta sur son cheval et suivit Krevan et Larme. Bientôt les trois assassins repartirent dans la nuit, en direction de la citadelle des Lames.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Deux assassins pour une seule cible [PV: Larme Pourpre/Haven Do'orst]
» [FB] Deux tueurs pour une victime. Mais qui remplira sa mission?
» Deux royaumes pour une seule décision
» Levis x caniche gris moyen (dept 42) ADOPTE
» Deux charmeurs pour une jument. [Privée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Ithri'Vaan ~ CENTRE :: Principautés de Thaar :: Thaar (Cité)-
Sauter vers: