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 Armand regagne Scylla [Aetius]

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mer 30 Mar 2011 - 23:28

Etrangement, l’amertume du savon n’avait jamais eu si bon goût.
Le corps qui en était mouillé devait y être pour quelque chose. Le coup, les épaules, les jambes. Toute l’anatomie de la danseuse sans nom avait cette saveur désagréable qu’Aetius goûtait à chaque nouveau baiser et coup de langue. Prostré dans sa baignoire, étouffé par la chaleur d’un bain qui ne voulait pas se rafraichir, le comte se laissait aller à l’après-coup d’une union plus lente que les dernières fois, mais plus intense, dans un sens. Etait-ce l’eau ou la batelière qui l’avaient ainsi épuisé ? Dénoué et vide, l’Ivrey se remémorait, un début de vertige dans la tête, les griffes de Fjama dans son dos, ses courbes généreuses venant se frotter à son corps humide, l’étreinte partagée dans un silence perturbé par le lent clapotis de l’eau mousseuse. Caressant la peau dorée de sa maîtresse, il se laissait aller à la rêverie, proie facile des lèvres taquines de sa partenaire.

Tout à coup, ses yeux s’évadèrent du vague où ils étaient emprisonnés et se posèrent de tout leur perçant sur Fjama. Ils reflétaient une sorte de surprise mêlée de joie et d’appréhension. Il resta un instant ainsi, l’observant en chien de faïence puis dit soudain : « Vous devez rester ici. Et vous n’avez pas le choix. Vous l’avez eu il y a une heure, et vous lui avez tourné le dos. » L’appréhension teinta le visage de la jeune femme, qui jeta un « Pardon ? » étonné à son amant. Celui-ci, prenant ceci pour une dénégation pure et simple eut un air peiné. Et après l’air peiné, l’air gêné. Coincé entre la bassine et le corps de la métisse, il ne pouvait que rester là, bloqué entre le marteau et l’enclume. Un silence, pesant pour Aetius, on s’en doute, s’installa. Et ce dernier, qui aurait voulu mettre le plus de distance entre son amante et lui, ne put qu’écarter un peu ses bras des formes de sa conquête et de ne plus y jeter un coup d’œil. Mal à l’aise et ne sachant trop quoi dire dans de telles situations, il reposa sa nuque sur le rebord de la baignoire, fixa un instant le plafond et résista, bien vainement, à une force secrète qui agissait contre sa volonté. Et finalement, rabaissant la tête, il la fixa de nouveau et dit d’une voix plus abrupte qu’il ne l’aurait voulu.
« N’êtes-vous pas heureuse ici ? »


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Fjama
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Jeu 31 Mar 2011 - 0:41

Nageant dans l'instant de félicité, Fjama ronronnait presque contre le poitrail d'Aetius. Caressant sa peau du bout de doigt, baisant ses lèvres avec douceur, elle somnolait bercée par le clapotis léger provoqué par leurs respirations. Réalisant qu'il la fixait, elle releva les yeux vers lui, plongeant dans les siens d'acier. Elle aimait leur couleur froide et vive, leurs éclats joyeux lorsque ses lèvres s'étiraient d'un sourire. Il brisa la quiétude du moment.

- Vous devez rester ici. Et vous n’avez pas le choix. Vous l’avez eu il y a une heure, et vous lui avez tourné le dos.

- Pardon ?

Interloquée, la réponse spontanée lui avait échappée. Qu'est-ce qu'il voulait dire par "pas le choix"? Et comment ça elle l'avait eu il y a une heure ? Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Se forçant à regagner un état d'esprit moins embrumé, elle se dégagea légèrement des bras de son amant, alors qu'il la libérait. L'avait-elle vexé ? Visiblement, il était aussi mal à l'aise qu'elle. Profitant de la distance les séparant, elle fronça un instant les sourcils en examinant la pièce comme si le soleil qui y filtrait lui soufflerait une réponse.

- N’êtes-vous pas heureuse ici ?

Cette fois-ci, elle retint un nouveau "hein ? pardon?". Elle peinait à trouver le rapport entre les deux phrases prononcées. Elle soupira légèrement avant de planter son regard miel et feu dans son vis-à-vis.

- Sire... Cela n'a aucun rapport avec le fait d'être heureuse ou non. Je goûte aux instants savoureux que vous m'offrez. Mais ... je suis comme une flamme, vous ne pouvez pas me garder ici sous peine que je m'éteigne. Je ne suis pas une noble courtisane qui soupire dans l'attente que son doux seigneur daigne lui rendre visite. J'ai besoin d'être libre. Aussi, je ne comprends pas réellement votre affirmation. Est-ce un ordre du comte ou la demande de mon amant ? La réponse différerait légèrement.

Elle marqua un temps, venant effleurer la joue du sieur du revers de la main.

- Pour l'instant, je ne désire pas quitter votre compagnie. J'aime à me trouver auprès de vous. Mais comme vous, j'ai mes propres devoirs et envies. Loin d'être incompatibles avec le fait de passer du temps avec vous, ils nécessitent tout de même que je ne reste pas ici en permanence.

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Sam 2 Avr 2011 - 5:24

Fjama eut un soupir malheureux. Sans le vouloir, par un souffle involontaire ou du moins si léger qu’il aurait pu n’être rien, elle avait courroucé le seigneur. Les braises s’avivèrent chez le jeune homme ombrageux. Et lorsqu’elle planta son regard dans le sien, celui-ci, imperceptiblement, reprenait un peu la force de cette cruauté inhumaine qui au fin fond de ses prunelles se terrait, rampante ; et son regard, ce bleu si clair et si glacé, était rehaussé par des sourcils partagés entre l’appréhension et l’envie furieuse de casser quelque chose de beau. De briser. Le terme était approprié. Briser était ce qui faisait de la noblesse la noblesse. Une aptitude à la destruction et au saccage, à la domination pure, simple et brutale. Né pour occire, éduqué pour élever cette bassesse au rang d’art, tel était la vraie nature de cette race dégénérée et sanglante de loups qu’on appelait bergers. « Un chevalier c’est fait pour tuer. » Combien de fois avait-il oublié cet état de fait et combien de fois la réalité cinglante l’avait rappelé à l’ordre ?

Aetius aurait pu être un homme bon. Il aurait fait un prêtre clément et doux, un peu passionné et parfois trop exalté, certes, mais être de bien. Les prêtres avaient essayé de faire taire l’impétuosité de l’enfant, à coup de sermons et de badines, et si on leur avait laissé plus de temps, qui sait ce qui serait advenu ? Au lieu de ça, l’enfant devint chevalier, puis champion et puis comte. C’était le sang qui voulait reprendre son rang ou le destin qui le ramenait vers les plus hautes sphères ou le hasard qui s’acharnait. En tout cas, Aetius aurait pu être un homme bon si on n’en avait pas fait un seigneur. A présent, il était maître en ses terres, bien comme mal étaient devenus de simples mots et sa volonté primait. Cela avait de quoi faire perdre la tête à beaucoup de jeunes gens, encore plus à Aetius. Aussi sa colère n’avait pas de limite, au contraire, ses agents étaient nombreux et zélés. Elle était devenue le juste courroux d’un seigneur qui se devait de montrer sa force. Bref, elle avait été magnifiée au lieu d’être contenue.

On imagine bien l’état dans lequel était Aetius lorsqu’il dut essuyer un refus de la part de la danseuse. Et malgré les paroles qui auraient pu être suffisantes dans d’autres circonstances, il restait ce soupir malheureux qui continuait de danser sur sa rage froide. Pourtant, et tandis que la jalousie et la cruauté se chamaillaient avec sa haine, la belle rousse eut cette question fatidique : était-ce l’amant ou le seigneur qui parlait ainsi ? Dans un premier temps, l’Ivrey éructa intérieurement qu’il n’était qu’une seule et même personne, mais était-ce vrai ? Le jeune homme se sentit blêmir soudainement. Etait-il comte et amant ? L’un à la fois ? Changeait-il ses habitudes quand il changeait d’activité ? Les souvenirs l’inondèrent pendant une fraction de seconde. Les fleurs échangées avec une damoiselle dans un château à Erac, les rixes au sortir d’une joute, le temple. Il n’avait jamais été si heureux que lorsqu’il rêvait, se nourrissait de projets, lorsque, dans le jardin d’une noble maison, il s’étonnait à se voir baron, à s’asseoir aux côtés de son père, à sa droite, sa main dans la sienne. Le fils et le père réunis.

Instinctivement, sa main se porta à son collier. Il serra le pendentif, se crispa sur le cuir et ne le lâcha plus. On aurait dit qu’il essayait de le cacher et de le pénétrer en même temps. Et soudain, son regard sortit du vague et retourna aux yeux ambrés de sa conquête. Un sourire vint se peindre sur ses lèvres et sa main, celle qui tenait le pendentif, alla se coller à la joue humide de la danseuse.
« Oui. Sûrement, » fit-il, la voix encore dans le lointain. Voulant sûrement éviter qu’elle ne s’en aperçoive, il l’embrassa avant de l’étreindre simplement, doucement. Relevant la tête après un long baiser, il finit par dire, mutin : « Mais je suis sûr que vous resterez encore quelques temps dans les parages. » Il la fit alors glisser sur lui jusqu’à ce que son dos ce trouvât sur son torse et commença ses caresses. Ses doigts cerclèrent lentement ses seins arrogants avant de longer sa chute de reins et ses jambes avec une lenteur qu’il épiça de quelques baisers dans le cou et de mordillements sur le lobe des oreilles pointues. Les mains du seigneur se réunirent enfin au bas du ventre caramel pour se séparer de nouveau dans deux sens opposés, l’une allant prêter main forte aux dents et aux lèvres, l’autre descendant flatter l’intimité de la métisse, qui finit par réagir aux attentions de son amant par des soupirs et un corps qui se cambrait, vaincu.
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Fjama
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Sam 2 Avr 2011 - 22:07

Impossible de tenir une conversation avec ce jeune homme. Soit il se tenait éloigné perdu dans ses propres pensées ou ses violences, soit il ne cherchait qu'à la faire sienne. Aussi autant par envie que de guerre lasse, elle se laissa câliner, presque docilement. Il finirait bien par se lasser d'elle. Après tout, les hommes, et plus encore les nobles, étaient capricieux et éphémères.

La journée passa presque en silence, d'étreintes en baiser, de rêveries en douces violences. Éreintés et pantelants, les deux fougueux amants finirent par s'assoupir pour de bon. D'abord nichés l'un contre l'autre, puis chacun de leur coté. Le comte dans son riche lit, la danseuse lovée au coin du feu. Les cauchemars remplacèrent rapidement ses tendres considérations sur son amant.

Thaar, une auberge, un grenier, un serpent cramoisi s'étiraient paresseusement sur les draps blancs d'un lit d'enfant. Entre les replis, il se faufilait silencieux ruban de soie. Il ouvrait sa gueule constellée de crocs effilés, suintant de poison. Les anneaux écarlates s'enroulaient autour d'une silhouette chétive, parodie d'étreinte, alors que la mâchoire se refermait sur une gorge fine. Debout, Fjama observait la scène de loin, étrangère à son propre monde. La vipère basculait à présent la poupée de chiffon, pour mieux l'avaler. Lentement, elle glissait dans la gorge et déformait peu à peu le corps gracile du reptile. Bientôt, il ne dépassa plus de la gueule que quelques cheveux de laine rouge. Fjama détourna la tête.

Tout commençait toujours avec un serpent. Jamais il n'avait le même rôle, mais tout débutait entre ses longues dents fines. Les images de batailles défilaient à nouveau. Les bannières différaient à chaque nouvel épisode. Les oriflammes claquaient dans le vent chaud sec, gorgé de sable. Les armes s'entrechoquaient brutalement et le sang gorgeait la terre aride. Puis venaient les flammes, énormes, dévorantes, purificatrices. Elles consumaient tout, léchaient les corps étendus au sol, s'en nourrissaient avec voracité.

Fjama gémit dans son sommeil et se retourna vers le feu agonisant.

Dans son songe, elle marchait péniblement à travers des ruines, serrant une poupée de chiffon contre elle comme une enfant. Les pas silencieux ne troublaient aucunement la quiétude du lieu. Là, debout au milieu de ce nul part, se tenait une haute silhouette vêtue d'un armure sombre. La métisse s'approchait d'elle, jusqu'à tendre sa main vers le casque pour le retirer. Elle devait voir ce visage. Il le fallait. Alors que le heaume basculait en arrière, une main agrippa son poignet. La poigne était rude, sans douceur. Elle tirait le corps de la danseuse contre le froid métal. De surprise, la demie lâcha sa poupée puis se débattit. L'étreinte se refermait sur elle, implacable. Fjama se concentrait de toutes ses forces, saisissant un pinceau rouge pour en barbouiller son assaillant, jusqu'à un coup brutal et sans appel sur sa tempe.

Dans l'âtre, les flammèches crépitaient autour des braises, jusqu'à une nouvelle flambée. Des cendres jaillissaient une danse ardente nouvelle.

Le crépuscule teintait à présent le ciel de ses nuances écarlates. Comprimée, Fjama reprenait peu à peu conscience. Ses cheveux poissaient de son propre sang. Sa tête était lourde, sa vision trouble. Elle ne pouvait bouger. Sur sa gorge se refermait une mâchoire dure et impitoyable. La chaleur naissait entre ses jambes ouvertes. Elle voulait crier, mais aucun son ne franchissait ses lèvres. Elle voulait pleurer, mais ses yeux se révélaient désert. Elle voulait frapper, mais à la place, elle l'attrait contre elle. Son serpent fait amant. Peu importait sa violence, l'horreur qu'il suscitait en elle : il n'y avait que lui qu'elle désirait de tout son corps, de toute son âme.

Brutalement, elle s'éveilla en sursaut. La respiration affolée secouait ses épaules. En pestant, elle tapotait les draps pour étouffer les flammes nées de son cauchemar. Elle risqua ensuite un coup d'œil au comte endormi. Un soupir, elle secoua la tête, chassant les dernières images de ses pensées, les repoussant avec autant de hargne qu'il lui était possible de rassembler. Elle s'habilla à la hâte et griffonna sur un bout de papier trouvé sur un écritoire. Elle le laissa sur l'oreiller. Laconique, le message ne comportait que quatre mots : "Mon nom est Fjama".

Aetius dormait encore. Bienheureux étaient les hommes une fois repu d'amour. Pourtant, Fjama remarqua les traits crispés, les vas-et-vient des yeux sous les paupières closes. Pour apaiser les mauvais rêves desquels le jeune homme était la proie, elle baisa doucement son front, ses tempes, ses lèvres délicatement. Puis elle fit volte-face, quittant la pièce en silence, les draps brûlés sous le bras. Finalement, il lui avait la promesse de lui laisser sa liberté. En échange, elle avait promis de rester auprès de lui et de revenir après chacune de ses escapades.

Les jours passèrent sans qu'elle ne quitte la demeure comtale. La nuit venue, les deux amants se retrouvaient, assouvissaient le feu couvant en eux. Chaque regard ou geste avait le don de raviver leurs flammes. Une fois satisfaits, ils restaient l'un contre l'autre, échangeaient des paroles badines ou des rumeurs sans importance que la demie glanait au gré de ses promenades dans le château. Puis, il lui proposa de l'accompagner aux chasses données en Ysari. Elle accepta. Par envie de découvrir une autre région, mais aussi, parce qu'il comblait ses désirs et qu'elle aspirait encore à passer du temps auprès de lui. Que signifiaient quelques semaines ou mois pour une sang-mêlée après tout ?
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