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 Alea jacta est [Aetius] [Terminé]

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Chadden Charis
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MessageSujet: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Dim 27 Fév 2011 - 15:31

~ Apoptose - Hexenring ~






Une lune moins un jour avait passé.


De son entrevue avec l'Aigle de Scylla, et malgré le temps qui l'en séparait désormais, Chadden gardait quelques souvenirs précis. En premier, bien sûr, l'éclat encore vif de leurs jeux d'acier. Ca, c'était rassurant. Connu, expérimenté, décortiqué : l'art du fer en guise de repère, de quoi réfléchir et se concentrer sur de probables exercices à soumettre au jeune Comte.

En second souvenir, le faste - ce fichu faste des sangs-bleus. Tapisseries, babioles et tentures, soieries et bijoux : la mémoire rustre du jeune sang-mêlé avait fait de ce bref aperçu un salmigondis de couleurs et de brillances si exagérées qu'elles en devenaient agressives. Rien que d'y songer le mettait mal à l'aise, et il espérait pouvoir éviter ce monde étrange et bariolé autant que faire se pourrait.


En troisième, enfin, sa propre demande.

Quelle est la meilleure de toutes tes armes ?


Marchant dans les rues de Pharembourg, tapotant sa besace, le bâtard souriait. Comme il l'avait promis, il venait avec la sienne, de meilleure arme - même si, à tout prendre, celle-ci ne l'avait finalement jamais quitté. Et à présent que le délai demandé était écoulé, que son long voyage lui avait permis de clore quelques parenthèses importantes de son existence, c'était le coeur assez serein qu'il se rapprochait de son but.

Sérénité et assurance. Il devait, pour un temps du moins, oublier le Vagabond de la Péninsule et n'être plus que Chadden, maître d'armes de l'Ivrey. Tout entier dévoué à son objectif qui dépassait la simple allégeance.

Il avait pris soin de se reposer avant d'entrer en Pharembourg, et s'était refusé à songer aux réponses potentielles du Comte suite à sa requête. Ne s'attendre à rien de spécifique, pour mieux s'adapter le moment venu. Ne pas se laisser distraire. Être à la hauteur.

Chassant le malaise incertain qui le prit en vue du domaine seigneurial - Dia, tout ce luxe l'étourdissait - le bâtard ne permit pas à ses belles résolutions de défaillir sur le seuil de son nouveau maître. Ainsi, ce fut avec calme mais fermeté qu'il se nomma et demanda à ce qu'on annonce instamment sa venue au régent lui-même.


Dernière édition par Chadden Charis le Mar 26 Avr 2011 - 20:26, édité 1 fois
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Dim 20 Mar 2011 - 16:26

Chadden s’en alla à Bordefente, ce château qui dominait tout Pharembourg. Il y demanda une audience et fut éconduit. On lui conseilla d’aller pêcher au palais de l’Arsenal, où il aurait plus de chances d’harponner le bon seigneur, qui y séjournait pour l’automne, disait-on. Ainsi Chadden dut se débattre parmi les rivières d’êtres vivants qui bondaient venelles et artères de l’active cité. Bousculé par les carrioles au parcours cahoteux et les reîtres à la mine patibulaire, il finit par s’affranchir de la foule une fois arrivé sur la place des Echevins, ou place de l’Arsenal, où trônait le palais du dit Arsenal. Planté au milieu d’un grand vide comblé par le badaud et le colporteur, ce vestige de l’ancien pouvoir communal qui gouvernait autrefois les passions de la ville surplombait les cris et les errances d’une masse clairsemée.

Une fois introduit, non sans mal, par une porte modeste qui trouait l’édifice impavide, un hallebardier le guida dans les larges couloirs pour le mener jusqu’aux râteliers. A mesure qu’il progressait, les couloirs se faisaient plus étroits et plus sombres. Et sans le bruit des bottes du soldat et le cliquetis de son poignard sur sa demi-armure nue, il aurait pu imaginer le cri d’un innocent qu’on suppliciait à quelques portes de là, tant la fraicheur du lieu, hermétique aux embruns chaleureux de l’Olienne, rappelait les appartements très spéciaux des invités non moins spéciaux des princes. Quel révolutionnaire, quel seigneur de guerre vaincu reposait (le terme est mauvais) derrière les portes cloutées qu’ils dépassaient à mesure qu’ils approchaient du seigneur de Scylla ?

Enfin, on traversa une nouvelle porte surveillée par un corps de garde imposant et l’on fit face à une armurerie importante, où hallebarde, épées, arbalètes dormaient tranquillement sur divers râteliers disposés en ordre contre les murs et les tables. Dans cette salle d’armes jonchée de tabourets et d’hommes de guerre qui s’adonnaient au jeu et à la boisson, on n’entendait rien d’autre que le rire gras de sacs à vin et le chant du métal que l’on bat étouffé par un lourd huis, caché derrière une étagère recouverte de carreaux. Au bout de la salle, une large porte, cloutée elle aussi, qui finit par s’ouvrir avec fracas. Dans l’embrasure, la silhouette d’un Aetius torse-nu, ruisselant de sueur et d’un peu de sang. Collé sur son épaule, un espadon simple dont on pouvait deviner le tranchant émoussé. Collé sur son visage, un sourire ravi et fatigué. Dans son dos, on apercevait une demi-douzaine d’hommes. Certains avaient l’allure sévère du moine de Mogar, d’autres la mine enjouée du page qui venait d’assister à un beau combat.

S’échinant lentement vers le troquet que tenait les hommes d’armes des râteliers, qui n’avaient pas cillé à l’arrivée de leur seigneur, Aetius acheva sa course en faisant tomber l’énorme arme sur un malheureux serviteur qui se plia en deux pour ne pas la faire tomber puis s’installa sur un tabouret rabougri qui se cachait derrière la petite table. Remplissant un bock qui traînait d’un vin clair, il avala quelques goulées d’air, trois gorgées de vin et reposa le récipient sans délicatesse.
« Ah par Mogar Laogzed, le Malebretteur m’a donné du fil à retordre ! Voyez comme il m’a saigné, le saigneur ! » Et alors le seigneur de montrer une blessure qui tenait plus de la bosse que de la plaie, sur le haut de son bras gauche. « Mais je crois que je lui en ai fait voir aussi, cette fois-ci ! Aumônier, à l’aide. » Un prêtre d’Othar se distingua soudainement des auxiliaires ; il s’approcha et posa une main sur la blessure avant de réciter quelques mantras inintelligibles. Et pendant que le clerc officiait, Aetius, qui embrassait d’un regard épuisé la salle d’armes, tomba sur le pâtre du septentrion.

« Ah ! » fit-il, simplement. Le ton était à la surprise, mais le visage n’exprimait rien, ce qui était étrange de la part de ce jeune homme souvent prompt à montrer ses émotions. « Vous voilà déjà, maître Chadden ? » Il se mit debout soudainement, ne laissant pas à l’aumônier le temps de peaufiner ses soins, prit son bock pour enquiller une nouvelle rasade. « Mais installez-vous, notre duel ne presse plus, maintenant que vous êtes ici. » Nouvelle rasade. « Dites-moi, aumônier, savez vous où en est la lune ? Hum… Ah… Bien, bien bien. » Dernière rasade. « Allons, venez, ce Caruw ragaillardirait même la Pleureuse ! »
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Chadden Charis
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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Lun 28 Mar 2011 - 16:03

~ WoW OST - Utgarde Keep ~






Que l'on lui présente porte close, passe encore. Qu'il lui faille redoubler de persévérance et de patience pour obtenir les informations convoitées, passe encore. La foule, ses cavalcades, ses ladres renfrognés, ses coups d'épaule brutaux et aléatoires qui le faisaient dériver dans la marée humaine comme la proue d'un navire subissant les hochements d'une écume facétieuse, passe encore. Mais ces méandres de pierre, sinueux comme des couleuvres et aussi ténébreux que le fondement d'un drow, voilà qui avait de quoi faire perdre à Chadden une part non négligeable de son habituelle impassibilité.

Enfermé. Cloîtré. Forcé de suivre l'échine de son présumé guide sous la lueur incertaine des torches, d'écouter le fracas de métal que produisait son arme à chaque entrechoc, et de passer les moellons gras des murs où le sang de quelque illustre - ou non - prisonnier avait du se mêler au mortier. Nerveux, le pâtre se frotta l'oreille gauche. Pour un peu, il aurait juré avoir perçu l'un de ces hurlements trémulant, ces vagissements hideux que l'on prête aux fantômes des condamnés ; de ces cris qui vous habitent l'âme à jamais ; mais sans doute n'était-ce là que la rémanence de l'extérieur, exacerbée par son ouïe bien trop fine et son inquiétude grandissante.

Et si... Et si le Comte, vexé par son outrecuidance, avait finalement décidé de le jeter aux oubliettes ? Et si le pari risqué fait au culot venait de se retourner contre lui ? Où était la cour ? Où étaient les jardins ? Où dia l'emmenait-on, finalement, au gré de ces couloirs qui le coupaient méchamment du bon air extérieur ?


Lorsque l'on passa enfin les portes de l'armurerie, ce fut un Chadden proprement diminué, à moitié pétrifié de frayeur, qui se glissa derrière son guide. S'essuyant le front du plat de la paume, notre berger inspira profondément et bénit la lumière incertaine de l'endroit qui masquait pour l'heure les signes les plus évidents de sa nervosité. Allons ! Il était grand temps de se reprendre. Et l'arrivée proprement fracassante du Comte ne fit qu'entériner sa décision.

Sans prendre part aux viriles festivités, le bâtard alla ranger son bâton avec soin auprès de l'un des nombreux râteliers, où trônaient quelques glaives rangés de guingois, enchevêtrés dans la chaîne brisée de ce qui avait dû être un fléau d'armes. Transi le temps du voyage, le voilà qui mourait de chaud. Aussi la pelisse fut-elle détachée à son tour, et lovée dans le même recoin. Plus libre de ses gestes, il pourrait espérer mieux se défendre si l'invite dissimulait un quelconque piège à son endroit. Quelques soldats éméchés, plus habiles à faire rouler les dés qu'à manier le fer, ne devraient pas présenter un obstacle trop insurmontable. Théoriquement.

Et ce fut alors qu'il revenait d'un pas prudent vers le troquet improvisé que l'oeil ciel du Comte accrocha le sien. L'expression presque neutre de l'Aigle étonna Chadden, de fait ; suffisamment, du moins, pour qu'il en oublie de faire acte de déférence - à moins que ce ne fût son périple dans la caverne labyrinthique qui ne l'eût à ce point perturbé. Penchant légèrement le visage de côté, il demeura un temps silencieux. Mais ses mains, comme de nerveux animaux, s'en allèrent se nicher sur la garde de ses deux armes.


- Allons, venez, lançait un Aetius détendu et repus de faits d'armes, comme en témoignait son allure et l'éclat satisfait dans ses propos. Ce Caruw ragaillardirait même la Pleureuse ! »


Chadden hésita, d'abord, entre bougonner un refus ou prétexter quelque excuse trouvée sur le vif. Il se contenta, finalement, de protester à mi-voix, quelque chose comme « je ne bois pas avant de combattre » avant de, sur un petit sursaut, se rendre compte de ce que risquait de signifier un refus dans la maison du jeune Seigneur. Lâchant un soupir, le berger d'obtempérer finalement, et de trouver place dans la mâle assemblée.

Epiant d'un oeil incertain le breuvage qu'on ne manquerait sans doute pas de lui verser, le bâtard grappilla un semblant de sang-froid pour observer les soldats qui peuplaient les lieux, s'attardant sur l'allure roide des prêtres puis coulant un regard sur le Comte lui-même. Aussi à l'aise qu'un chien dans un jeu de quilles, il attaqua de but en blanc.


- Vous avez choisi votre arme ? »
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Mer 30 Mar 2011 - 18:15

L’aumônier le rassit incontinent. Savourant le blanc pendant que les mains du guérisseur faisaient effet, il écoutait les différentes gens de la suite, qui parlaient de tout et de rien. Et puis le maître d’armes et sa raideur vinrent l’agacer. Avait-il choisi son arme ? A peine de retour, le métisse ne pensait donc qu’à ce duel ? Aetius avala une nouvelle gorgée et posa le bock. Un frisson de douleur traversa son corps lorsque le sortilège du guérisseur commença à faire son effet. « Est-ce fini ? » glissa-t-il au prêtre, une moue collé aux lèvres. Le barbu releva la tête pour lui signifier que non.

« Oui, j’ai choisi mon arme. Et vous ? » Aetius ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase. L’aumônier lui avait fait signe que tout était arrangé. La plaie avait cessé de le faire souffrir. Elle n’était plus qu’une grosse croûte à présent. Satisfait, le comte se leva et ordonna qu’on l’habille. Un page voleta auprès de lui et l’aida à le dévêtir puis à le ceindre de chausses et d’habits plus dignes de son rang. Sans plus attendre, l’Ivrey se dirigea vers les forges avec ses hommes pour y rejoindre un étroit escalier qui débouchait non loin de sa chambre. En chemin, il posait des questions à son maître d’armes, sur son voyage, sur ses affaires, s’il avait pu les régler une bonne fois pour toutes. Il l’interrogea ensuite sur l’arme qu’avait choisie le berger puis se lança dans une tirade sur ses obligations.

« Sur ce, je vous autorise à prendre congé, j’ai des gens qui doivent me jurer allégeance, » fit le comte une fois la porte de sa chambrée atteinte. « Nous nous retrouvons demain, à l’aube et au râtelier, maître Chadden. Je viendrai avec mon arme. » Et sur ces entrefaites, il disparut dans la chambre.










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Chadden Charis
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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Ven 1 Avr 2011 - 17:05

~ Gjallarhorn - Taklax ~





S'il avait choisi son arme ? Quelle question ! Le choix était fait depuis longtemps en ce qui le concernait - n'était-ce pas son défi, après tout ? Le Comte était l'élève, lui le maître ; en l'occurrence, la question au tac au tac de l'Ivrey lui sembla quelque peu déplacée. Ainsi, si la roideur du tireur d'épée agaçait l'insouciance d'Aetius, de son côté, l'esprit compassé et suffisant du jeune Comte irritait Chadden.

Il ouvrit la bouche, et s'apprêta à assener au chevalier-qui-ne-l'était-plus-tant un discours bien pensé et probablement sentencieux au sujet des limites maître-apprenti lorsque ce dernier, coupant court à toute tentative - et peut-être était-ce mieux, finalement - repoussa le guérisseur jusqu'ici penché sur sa plaie pour se redresser. Refermant la mâchoire aussi sec, Chadden roula discrètement des yeux puis suivit le mouvement, reposant le bock auquel il n'avait pas même eu le temps de goûter. Au moins ceci lui éviterait de s'irriter le palais avec la liqueur locale.

Ravalant sa fierté, le bâtard consentit à n'être qu'un papillon de plus dans le sillage du Comte. Faisant honneur à sa verve légendaire, il se fendait de réponses aussi brèves que laconiques aux interrogations du jeune seigneur. Non, le voyage n'avait pas posé de problème particulier. Oui, il était monté loin au Nord. Non, tout ce qu'il devait résoudre ne poserait plus souci désormais. Non, il ne dirait rien au sujet de l'arme choisie avant le duel en lui-même.

Enfin il fut temps d'abréger l'entretien. Sans s'encombrer de louanges et autres courbettes, Chadden salua d'une brève inclinaison du buste, tourna les talons et, laissant le Comte à sa bonne soirée, se retira.



Le bâtard passa une nuit courte.


Un baquet d'eau fraîche, quelque nourriture grappillée dans les cuisines, et voilà maître Chadden aussi vif que dispos dès potron-minet. Il profita des quelques heures avant le point du jour pour flâner là où il le pouvait, repérer les lieux et respirer l'air du dehors qui lui manquait si terriblement entre les épais murs de pierre. Sans toutefois sacrifier à ses nouvelles obligations, le sang-mêlé prit plaisir à explorer le domaine ainsi qu'à tâter les limites de la liberté qu'on lui accordait dans l'enceinte ; et, tandis que l'aurore perçait à peine sous la peau des nuages, le pas leste et alerte, il se rendit aux dispositions du Comte.

Les habituels pelisse et bâton ayant déserté ses épaules et ses mains, ce fut un Chadden en gilet de cuir, épées sanglées aux flancs et besace jetée en travers du dos, qui patienta auprès des éventaires de l'armurerie. Allant de long en large, ni vraiment nerveux ni tout à fait détendu, il ne permit pas à ses muscles de s'engourdir durant l'attente - qui, suivant les caprices du Comte et son humeur du jour, se pouvait fort bien d'être longue.

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Lun 4 Avr 2011 - 0:53

Le comte fut au lieu donné et ce, à l’heure. Le prince négligent semblait prendre les combats plus au sérieux que le reste, en cela encouragé par un conseiller qui se contentait très bien de sa place d’administrateur des affaires courantes, c’est-à-dire du comté. Acoquiné avec plusieurs tireurs d’épée, il passait le plus clair de son temps à éprouver son talent à la pointe d’une rapière, d’un espadon ou d’un arc, ne manquant jamais de fougue lorsqu’il s’agissait d’échanger quelques passes. Débarquant quelques minutes après le berger, il entra par la porte qui donnait vers l’extérieur, vers l’arsenal. De nouveau, il était accompagné. Quelques pages suivaient plusieurs pas derrière, une poignée d’hommes habillés de rouge et ceints d’épée l’encadraient et deux individus, étranges taches qui juraient dans ce décor tout martial (quoique), finissaient de décrire la suite du comte. C’était deux hommes charpentés, bien que l’un dépassait largement le physique déjà imposant de l’autre. Ce dernier était d’une peau cuivrée et flanqué d’un visage sévère. L’autre était son maître et le maître d’Aetius aussi. Vincente Manolesti et son garde du corps de Zurthan accompagnaient le seigneur, sûrement pour le défendre ou pour observer la scène.

« Vous me permettrez cet excès de soldats, mais le roi m’a fait prendre conscience de certaines choses. Sont-ce là vos armes, maître Chadden ? »Il fit un geste de la tête en direction des épées qu’avait amené Chadden. « Je pense vous surprendre quant à moi. » Et en disant cela, il retira son baudrier et le jeta à un page qui recula sous le choc. « J’ai choisi de combattre à mains nues. »
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Chadden Charis
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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Mer 6 Avr 2011 - 19:03

~ BSG OST - Scar ~





La ponctualité autant que l'affluence de gens d'armes surprit Chadden. Brièvement, ses craintes de la veille lui revinrent en tête et il crut, l'espace d'un instant, qu'il s'agissait là d'hommes de main prêts à l'engeôler sur ordre express du Comte. Masquant de son mieux le petit éclat blanc de peur qui passa dans son regard à cette pensée, Chadden inspira et roula machinalement des épaules pour se décontracter. Lorgnant le zurthan et son maître aux atours excentriques, le bâtard finit par se focaliser à nouveau sur son élève. Après tout, il allait avoir la réponse à sa question posée une lune plus tôt.


- J’ai choisi de combattre à mains nues », lâcha alors l'Ivrey avec confiance tandis qu'il se débarrassait de ses effets.


Nouvelle surprise. Cette fois, le jeune sang-mêlé ne prit pas la peine de la dissimuler. Sourcils hauts, il dévisagea un temps son interlocuteur en faisant silence, perplexe, intrigué et amusé. Lorsqu'il fut clair que le Comte ne plaisantait pas sur son choix, il approuva d'un hochement de tête.


- C'est donc là ta meilleure arme ? Pas de tutoiement ! Chadden déglutit, se reprit. C'est... un choix courageux. Un choix censé aussi, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il soit vôtre. »


Ce disant, plus ferme et de nouveau maître de lui-même, le bâtard défit les sangles de ses épées, les déposa soigneusement au râtelier puis abandonna également sa besace à leur côté. Le sac de peau rencontra le sol dans un bruit de métal tintant.


- Mains nues, soit. Nous serons donc deux », ajouta-t-il sobrement en présentant ses paumes vides de toute arme au Comte et à l'assemblée.


L'on passa en salle, et les deux adversaires se mirent en position. Malaxant calmement ses poignets, au repos, Chadden observait le Comte qui pour sa part avait déjà adopté une posture offensive. C'était étrange de le voir si confiant en ses seules mains, alors qu'on le disait surtout épéiste. Peut-être, plus sournois qu'il n'y paraissait, que l'Ivrey avait opté pour une arme pernicieuse, une quelconque pointe dissimulée ou une autre traîtrise ; aussi, prudent, le bâtard décida d'observer l'art de son adversaire avant de porter lui-même ses assauts.

Comme de bien entendu, l'Aigle de Scylla, sous l'oeil paterne de ses hommes, ouvrit les hostilités. La plupart de ses attaques, menées de front, trahissaient la même force et la même impétuosité que Chadden avait pu souligner lors de leur précédent duel. A la différence que cette fois-ci, lui sembla-t-il, les coups n'étaient pas portés pour jouer. Il y avait quelque chose, dans la vibration des muscles, dans leur tension sèche et dans le vrombissement de l'air à chaque attaque tentée, qui parlait d'une puissance et d'une violence que le jeune bâtard n'aurait pas soupçonné de la part d'un être aussi insoucieux.


Qu'à cela ne tienne ! Lui, de son côté, fluide et précis, se contentait pour l'heure de l'esquive. Avec économie de mouvement ; un buste penché, un appui changé, rien qui ne lui fasse perdre de forces inutiles tandis qu'il jaugeait les enchaînements de son adversaire. Lorsqu'il s'estima assez renseigné, Chadden décida de passer à l'action.

Ce serait simple. L'art d'Aetius péchait par les mêmes faiblesses qu'auparavant : des appuis trop francs, un défaut de variation dans les angles d'attaque, pas assez de souplesse. Vif, mais manquant d'adaptabilité. Puissant, mais prévisible. Après une dernière esquive, le bâtard s'élança. Pivotant du talon, il feinta un crochet au visage de son adversaire ; celui-ci, probablement, contrerait l'attaque mais - ce faisant - ouvrirait sa garde. Il n'y aurait plus ensuite qu'à frapper au bas du sternum, puis à enchaîner.


Sauf que non.


Oh, la première partie de son travail se déroula sans grand mal. Alors que l'Ivrey se rabattait pour entamer une nouvelle série de coups, Chadden lança sa feinte, prêt à accueillir le contre du Comte. Ce qu'il accueillit beaucoup moins bien, ce fut la force de la riposte. Car le jeune noble ne se contenta pas de bloquer le bras attaquant ; d'un revers d'une violence inouïe, il le frappa. Le bâtard ne dut sans doute le salut de ses os qu'à l'angle d'attaque qui lui permit d'accompagner d'instinct le choc ; ce choc-là le fit douloureusement vibrer jusqu'à l'omoplate et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le bâtard se retrouva projeté à quelques pas - heurtant, l'épaule démise, sans ménagement le sol.

Stupéfaction.

Sonné, Chadden mit quelques instants à comprendre ce qu'il venait de se passer. La douleur tiraillant sans relâche son bras inopérant, il se redressa avec lenteur. Ainsi, elle était là, la fameuse traîtrise. C'était ça, l'arme secrète du Comte. Ce même souffle qu'il avait senti lors du premier duel, celui qui avait bien failli lui coûter une sacrée blessure. De la magie. De la foutue magie.

Le souffle raccourci, Chadden considéra le Comte en silence. Il avait raison d'être confiant, le bige... Mais quelle que fût sa sorcellerie, elle n'estompait guère ses faiblesses. Aetius possédait plus de force que quiconque ; mais lui, le bâtard, avait la maîtrise de son côté. Enfin, ce combat prenait une tournure vraiment intéressante. Enfin, l'affrontement prenait vraiment des allures de défi. Enfin, le Comte lui parlait un langage que lui, le bâtard, comprenait.

Et Chadden, lentement, se mit à sourire.


Reculant contre la paroi, il s'aida de cette dernière pour remettre son épaule en place d'un claquement sonore et sinistre, qui le fit à nouveau gronder de douleur. S'assurant que ses muscles lui répondaient à nouveau, le sang-mêlé se remit calmement en position.

C'était simple, finalement. Simple et insensé. Il devait assurer sa place, donc gagner ce combat. Mais pour vaincre, il lui faudrait mettre le Comte hors combat sans que celui-ci, du contre ou de l'attaque, ne l'atteigne une seule fois.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Mar 26 Avr 2011 - 1:43

Le premier échange s’était conclu en un coup cinglant. Un revers avait enfin porté, et ce avec une violence phénoménale. Le maître d’armes ne put qu’encaisser le choc et voltiger à quelques pas de là. Atterrissage forcé sur le sol dur de la salle d’armes. Silence. La lutte avait clairement été à l’avantage du métis, et il fallait bien avouer que les feintes et les esquives avaient fini par échauffer un Aetius pourtant passablement calme. Enfin, calme n’est peut-être pas le mot. Concentré, plutôt. Possédé, même. Tandis que le maître d’armes se relevait lentement, le souffle court et bruyant, Aetius aspirait de grandes goulées à un rythme diablement lent. On n’aurait pas dit qu’il sortait d’un combat. Le comte respirait avec une régularité qui tenait de l’insolence. Ses paumes grandes ouvertes, pointés en direction de son adversaire encore consterné, il montrait toutes ses dents, son sourire partagé entre une naïveté juvénile et un je-ne-sais-quoi carnassier.

« Je n’ai peut-être pas été entièrement honnête lorsque j’ai dit ne combattre qu’à mains nues, » lâcha-t-il en direction de son rival, qui n’avait pas d’encore tout remettre. Ce dernier finit cependant par déceler la ruse et considéra un instant son patron et la véritable nature de l’engagement. Aetius se relâcha. Ses bras descendirent le long de son corps et ses paumes se refermèrent doucement. Le geste, semblait-il, provoqua un frisson qui traversa le corps du jeune chevalier, qui ne put résister à clore les paupières pour mieux apprécier la vibration qui bousculait son corps. Une énergie, indicible, se diffusait brutalement dans ses veines bouillonnantes, imprégnait ses muscles chauds. Un trait de sueur glissa sur son front, qu’il écrasa à l’aide de sa main tremblante.

Il avait durement blessé le maître d’armes. A vrai dire, c’était la première fois qu’il mettait sa magie en œuvre dans ce genre de combats. Il avait bien subi quelques entraînements avec messire Vincente, mais les coups n’étaient pas réellement portés, et il n’avait encore jamais réussi à atteindre son maître. Aujourd’hui, cependant, il prenait un peu conscience de cet art qui rendait ses ennemis si fragiles. Peut-être était-ce dû à l’usage trop fréquent de la magie, peut-être à l’impression de puissance que ce combat avait dégagé, mais Aetius fut partagé entre un sentiment de satisfaction difficilement répressible et la sensation de se servir d’un arcane qu’il ne maîtrisait que trop peu. Vu l’impact d’un simple revers dévié sur Chadden, un coup plus franc risquerait de tuer tout simplement son adversaire. A cette pensée, le seigneur eut un regard en direction de Vincente, qui ne sembla pas voir un prétexte à arrêter le spectacle.

Lorsqu’il se retourna vers Chadden, celui-ci souriait. Et c’était un bien vilain sourire, de l’avis d’Aetius. Celui-ci, qui trouvait un moyen de se déculpabiliser dans cette effronterie, demanda d’une voix polie s’il voulait cesser le combat ou reprendre plus tard, le temps qu’un guérisseur répare ce problème d’épaule. Le berger grogna un refus avant d’aller se remettre l’épaule d’un coup brutal.

« Soit, » fulmina Aetius en se mettant en garde. La danse reprenait.
De nouveau, le comte engageait. Un direct mou partit en direction de la belle mouille du maître d’armes, qui évita cette attaque téléphonée sans difficulté. Les coups se suivirent, venant frapper le vide sans grande conviction tandis que Chadden jouait des jambes pour maintenir les paumes destructrices de son élève à une distance respectable. Il profitait de toutes les erreurs. D’abord des plus flagrantes. Il distribuait ses coups avec l’économie d’un prêtre mais touchait juste. Cependant, le disciple apprit vite et décida d’exécuter une poignée d’approches peu originales et répétitives, mais offrant le moins d’ouverture possible. Les coups étaient similaires, mais la force surhumaine d’Aetius lui permettait de dominer le duel, forçant l’adversaire à transformer ses esquives en retraites.

Ce dernier s’échina un instant à rester au plus près d’Aetius, cherchant prudemment le coup, unique et fatal, qui le mettrait hors d’état de nuire. Il tenta bien une ou deux ripostes vicieuses, mais la défense du seigneur se reconstituait avec une vitesse fulgurante, presque surnaturelle. La logique de ce combat s’écartait grandement d’une boxe classique. Impossible de jouer le harcèlement, impossible de sacrifier quelques gnons contre un uppercut convaincant. Indéniablement supérieur sur le plan de la puissance, Aetius en jouait avec une mauvaise foi digne d’un spadassin consommé à l’art du meurtre. Il laissait une place très réduite au comportement sportif pour s’amuser de la domination qu’il exerçait sur son maître d’armes. Petite revanche sur sa défaite à l’épée ? En tout cas, le seigneur finit par changer de méthode et fit entrer une nouvelle inconnue dans l’équation. Et il n’eut à s’en servir qu’une fois.

Poussant un droit trop loin, Aetius laissa une ouverture sur toute la partie gauche de son corps, tête inclue, à Chadden. Ce dernier, le voyant sur le point d’être déséquilibré, s’engouffra dans la brèche et jeta une frappe puissante au niveau de la mâchoire (ou était-ce le crâne). Mais c’était sans compter sur le gauche d’Aetius, qui aurait dû manquer de puissance et ne jamais atteindre l’abdomen vulnérable du maître d’armes. Certes, il ne l’atteint pas. A vrai dire, la paume gauche resta quasiment coller au corps du chevalier. Pourtant, il dégagea une force étrange et vibrante qui transperça l’air pour se répandre sur le ventre de l’adversaire. Chadden y perdit son souffle et son élan fut sapé. D’un entrechat maîtrisé, prévu, l’Ivrey esquiva sa frappe pour contre-attaquer d’un coup unique au côté. Sa paume vint étreindre le cuir censé protéger Chadden. Le contact fut moins fort qu’auparavant, presqu’une caresse oserait-on dire, mais la faiblesse de l'attaque n'empêcha pas le métis d'aller s'écraser contre le sol lisse.

Admirant, un instant, la carcasse qu’il avait soulevé avec tant de facilité, Aetius abandonna sa position. Ses paumes se fermèrent de nouveau, le pouvoir l’envahit encore. Puis il cria.
« Un guérisseur ! »

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MessageSujet: Re: Alea jacta est [Aetius] [Terminé]   Mar 26 Avr 2011 - 20:02

~ Oblivion OST - King and Country ~








Il ne devait pas perdre.
Il ne devait pas perdre.
Il ne pouvait pas perdre.


Dents serrées, Chadden enchaînait les feintes, les approches, s'effaçait et revenait à la charge inlassablement alors que la lutte entre le Comte et lui installait un rapport de forces toujours plus déséquilibré. A l'origine enflammé, presque extatique, face au défi que lui présentait son adversaire, l'entrain de départ se muait de plus en plus en frustration hargneuse, désespérée. Il ne pouvait pas perdre ce combat, c'était insensé. Insensé de devoir battre en retraite à la simple perspective d'être effleuré par l'un des monstrueux revers du jeune d'Ivrey. Insensé de constater qu'un art répété, affiné et aiguisé sans relâche depuis des années puisse être mis en déroute pour deux ou trois tours de magie - qu'il avait appris quand, d'ailleurs ? Insensé de sentir ses forces décroître, alors que c'était à lui, à lui, de pousser son disciple à bout.

Insensé. Insensé. Insensé.

C'était injuste, irréel, inconcevable. Le bâtard avait toujours fait confiance aux capacités de son corps, à ses facultés comme à ses sens, aux fruits des multiples entraînements qui l'avaient bâti comme une arme. Jusqu'ici, rien ni personne n'avait pu le prendre à ce point en défaut. L'idée même de devoir ployer l'échine devant cet homme, ce jouvenceau qui ne savait probablement rien de l'effort - ou si peu - et qui s'était contenté d'offrir sa confiance à ce qui pourtant le méritait le moins - à savoir les arts magiques - le hérissait, et transformait sa combativité en une pugnacité aussi étonnante qu'effrayante, dans sa situation. Car oui, il tenait tête. Et même, dans l'absolu, se défendait de manière plus qu'honorable pour être à ce point capable de faire front malgré la douleur qui tourmentait son bras, et lançait des décharges blanches dans son épaule au moindre geste brusque.


Mais l'opiniâtreté, pourtant remarquable, du jeune demi-sang, trouvait là ses limites. De vives et précises ses attaques se faisaient plus violentes, plus risquées aussi. Comprenant l'approche de son adversaire, le Comte s'était replié sur une stratégie qui ne laissait à portée plus aucune ouverture, et c'était désormais lui qui menait entièrement la danse, fatigant, épuisant le maître d'armes à mesure que s'enchaînaient les passes. L'esprit de Chadden tournait à vide, embrasé de colère et de déni. Dans d'autres circonstances, il aurait compris qu'il était plus sage de tout stopper, que poursuivre leur échange ne pouvait qu'être dangereux pour lui. Dans d'autres circonstances, il aurait immédiatement flairé le piège lorsque le flanc gauche s'ouvrit à ses assauts, mais sa volonté de vaincre était telle qu'elle le fit se jeter à corps perdu dans la brèche, avec l'énergie du désespoir.

Il comprit un battement de cils trop tard.

L'air soufflé, dur et sans pitié, s'écrasa dans son ventre avant que la paume d'Aetius n'ajoute un autre choc, décisif, contre son flanc. Il y eut un craquement sinistre lorsque l'attaque porta. Il résonna loin à l'intérieur du corps meurtri de Chadden, fit exploser ses sens et éparpilla pour de bon la cohérence de son esprit. Peu de temps après, le bâtard gisait au sol et s'appliquait à y rester immobile.


A peine conscient, le bâtard chercha vainement son souffle. Sans doute d'ailleurs se serait-il étonné de n'avoir pas perdu encore connaissance, si la douleur ne submergeait pas toute pensée construite et si le sang n'emplissait pas sa bouche, rendant d'autant plus ardue sa quête d'une salvatrice goulée d'air. Incapable de faire autre chose que d'hoqueter pitoyablement, il n'émit aucune protestation quand les guérisseurs tantôt appelés se penchèrent sur lui.

Une ultime pensée lucide flotta sur sa conscience avant qu'il ne sombre tout à fait. Vouloir instruire le Comte dans son art était une terrible erreur. C'était comme d'offrir un trône à un enfant. Bien trop de pouvoir dans des mains qui n'en useraient qu'à leur bon plaisir. Le Comte, définitivement, n'était pas que ce jeune noble distrait qu'il avait imaginé tout d'abord. C'était un homme dangereux. Parce que personne, sans doute, n'avait pris le temps de lui poser des limites.


Cette effrayante constatation ne dura qu'un temps, comme un instant de grâce - et probablement ne s'en rappellerait-il pas au réveil. Quoi qu'il en fût, une chose au moins demeurait certaine : pour cette fois-ci, le Comte avait vaincu. Et cette victoire était sans appel.
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