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 Maudite soit-elle. [Cyric][TERMINE]

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Joy Lìvìan
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MessageSujet: Maudite soit-elle. [Cyric][TERMINE]   Mer 20 Avr 2011 - 20:50

    Voiles sombres et étendues sinueuses, la nuit éternelle baignait la forêt d’Aduram d’une lueur à la fois glauque et piètre, les reflets des lunes se dessinant à peine en tâches, guides de l’escorte qui progressait au travers des bois neutres non sans prudence, voire méfiance.

    Voilà des jours et des jours qu’ils voyageaient à cheval, ayant troqué la carrosse contre de solides juments à la robe brune. L’escorte solide munie d’une semi-douzaine de chevaux sur lesquels étaient campés le double de gardes formait un anneau vivant autour de la « septième roue de la carriole », transportant un surprenant trésor feignant l’assoupissement contre le dos de son guide. Ils avaient pris la direction malgré les risques que cela impliquait, de la ville de Naelis, et c’était peut-être pour cette raison principale que le silence était de mise dans les rangs.

    D’ailleurs la Protectrice elle-même ne disait mot, installée à l’arrière du cheval le plus massif, ses bras enlaçant le buste du cavalier qui veillait principalement sa protection. Couverte de la tête aux pieds d’une sombre mais simple capeline de facture plutôt bonne et vêtue d’une robe aussi sobre qu’efficace, la Marquise n’attirerait ainsi pas les regards, ses bras étant même couverts jusqu’aux bouts des doigts par de longs gants qui masquaient toute parcelle de peau lumineusement claire et douce. Aucune mèche de cheveu ne dépassait, seul le bas du visage était visible, et l’on devinait avec peine un visage féminin. Tout prêtait à croire que le convoi transportait sûrement une captive ou une malade ; car en eux-mêmes, les soldats s’étaient tous vêtus à l’unisson d’apparats froids et sans dorure ni relief elfique. Leurs oreilles avaient même été soigneusement masquées, sachant qu’ils s’aventuraient en des contrées où leur peau, leur identité et leur passagère de choix auraient bien pu ne pas en revenir.

    Pour autant, ils n’avaient pas le choix. La Marquise avait exigé ce voyage pour une obscure raison religieuse ; avec les bruits de plus en plus inquiétants courant sur le Voile à la durée étonnamment longue, la rumeur enflant que le Dieu en lui-même Arcam avait établi refuge en ces terres de désolation et de chaos cosmopolite. La pauvreté n’avait pas de frontières et de race représentative là-bas, et tout était prétexte à exacerber les colères, les faims, les ambitions et les désirs dans un lieu où la paix n’avait plus de sens. Ainsi était décrit le refuge du Dieu qui avait maudit Joy. Sa seule chance de pouvoir s’en sortir se cachait dans le creux de la ville fantôme de Naelis, tas de ruines encore fumantes.

    Son voyage à Scylla n’avait fait que confirmer sa volonté de pouvoir échapper une bonne fois pour toutes à une malédiction sans échappatoire. Avec Dolce, elle aurait eu la force de tenir, mais succomber devenait une option chaque jour plus honteuse et tentatrice qu’elle se savait incapable de se regarder dans un reflet sans avoir l’immonde dégoût d’en finir avec sa propre vie. A défaut d’en être ressortie vainqueur, Joy avait su au moins admettre l’erreur de son existence, ce qui l’avait certes endurcie, mais d’une manière bien loin d’être positive.

    Un instant, ses pensées s’envolèrent vers l’ombre d’un visage terni par l’oubli. Des traits humains et si expressifs, le regard plein de malice et de témérité, et un pourpoint couleur de tabac … Elle secoua doucement la tête, rajustant le voile de tissu sur son visage d’une main sereine. Tout irait bien. Elle trouverait le Gardien, leur but était proche.

    Cependant, malgré l’optimisme qui se voulait persistant de la jeune elfe, force était de constater que même s’ils atteignaient leur but, au plus ils progressaient, au plus les montures semblaient difficiles à maîtriser. Plusieurs fois des ruades faillirent faire basculer leurs cavaliers, tandis que la douleur se resserrait au fur et à mesure des entrailles de la protectrice, le serpent de feu languissant de s’emparer à nouveau du bon sens d’une Joy de plus en plus irritée.

    Tout s’accéléra alors trop vite. Crescendo, la tension montait, au loin, le spectre de cris, ou peut-être était-ce le vent qui soufflait avec plus d’intensité, s’engouffrant dans la jute et le poil des juments passablement perturbées.

    La marquise sentit le dos du meneur se raidir contre elle ; il interrompit la progression du groupe brusquement lorsqu’un des elfes composant la ceinture de protection de la douce créature de l’Epine vit son cheval hennir à grand bruit, provoquant sa chute. Autour, l’agitation augmenta croissante, les elfes tentant de garder leur calme malgré l’angoisse infernale et illogiquement forte qui cherchait à les piéger. Soudain, la douleur transperça en même temps qu’un feu délirant le bas ventre de Joy, qui gémit de douleur en sautant à terre de la monture, manquant de tomber elle aussi. Perdant lentement toute sensation de son ou d’image, le corps flancha une fois, deux fois, et, tremblante, elle s’agrippa comme elle le pouvait au bras de son salvateur, qui cherchait du regard un détail, une apparition, une lumière quelconque traversant les fourrés. Inquiet, il lança d’un geste nerveux l’ordre d’inspecter les alentours.

    « Il .. Il y a … Pitié, faites que ca s’arrête ! Lâchez-MOI ! »

    D’une rage soudaine, l’elfe glapit et repoussa avec violence le corps du garde, qui tentait de la rappeler à l’ordre, tentant vainement de la ceinturer contre lui.

    « Calmez-vous, Dame Lìvìan, calmez-vous, je vous en prie, vous allez alerter les brigands ! »

    Nul doute, sur ce propos là, il avait raison ; et au vu du remue-ménage inquiétant qui avait pris de court la troupe, la Marquise et le déchaînement étrange qui s’emparait d’elle étaient des signes avant-coureurs d’une présence divine. Ils le craignaient autant qu’ils l’espéraient.



Dernière édition par Joy Lìvìan le Mer 10 Aoû 2011 - 10:14, édité 2 fois
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Cyric
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MessageSujet: Re: Maudite soit-elle. [Cyric][TERMINE]   Dim 24 Avr 2011 - 12:35

    Ses pupilles se dilatèrent.

    Le pas cadencé, Cyric avançait au milieu d’un décor qui semblait ignorer les aléas du temps. Songeur, il poursuivait inlassablement sa déambulation silencieuse entre les arbres d’Aduram. La forêt s’était endormie avec l’arrivée du Voile, dès lors aucune vie, aucun bruit ne venait dissiper l’atmosphère oppressante des lieux. Quand avait-il quitté Fjama ? Une demi-journée auparavant ? Deux, trois luisants ? Rien de moins sûr, les choses étaient restées imperturbables depuis lors. Seuls quelques élancements venaient briser la monotonie de sa marche. Une écharpe ceinte autour du coup venait embrasser son bras, brisé durant une altercation avec un Haut-prêtre drow. Un haut-prêtre, bien sûr il aurait pu tomber sur quelques fantassins de base, de simples bedaines à percer, mais non, sa reluisante bonne étoile lui avait plutôt fait rencontrer le chemin d’un puissant d’Elda. Qu’importe, malgré les balafres et les fractures, il s’en était sorti. Désormais, le Walfen espérait tomber par hasard sur des hameaux sauvages où résiderait un guérisseur au grand cœur, prêt à le réparer sans contrepartie. Il rêvait, bien évidemment, le monde n’était pas aussi altruiste que cette sang-mêlé, cette Fjama. Qui aurait cru que pareilles gens vivaient sur Miradelphia ?
    Le visage emmitouflé dans sa capeline de bure, il se redressa soudainement. Un cri venait de percer la verdure obscure des environs, l’arrachant à ses méditations. Notre maraud tendit l’oreille, des paroles répondaient au hurlement précédent, des paroles qu’aucune bête ne savait prononcer et que très peu d’Hommes pouvaient déchiffrer. -Des elfes-

    Ses pupilles se dilatèrent.

    « Joy ! »

    Néera dû lui souffler des ailes car jamais il ne s’était vu courir aussi vite. Ses joues se rosirent, ses oreilles s’enflammèrent, ses palpitations décuplèrent. Instinctivement, Cyric se revoyait détaler dans les ruelles d’Hasseroi à la poursuite d’une de ses proies, ses manières d’assassin refaisaient surface. Ses pieds parcoururent habilement le tronc d’un châtaigner, et de sa main valide, il attrapa une haute branche. Se hissant dans un grognement imperceptible, il se déplaça alors tel un singe, évitant de faire chanter les nombreuses ramures de son perchoir.
    Ils étaient juste en-dessous, des cavaliers, leur apparat était uniforme et leur visage caché, aucune oreille pointue ne se distinguait. Les chevaux scellés s’agitaient en tous sens, ces derniers tentaient bon gré mal gré de maintenir leur formation en anneau.
    Les yeux du ribaud se plissèrent. Protégeaient-ils quelque chose ? Ou quelqu’un ?!
    Déportant son attention sur la monture au centre du chahut, Cyric aperçut deux silhouettes se débattre. L’une d’entre elles tentait d’échapper à l’étreinte de l’autre. C’est alors qu’il la vit, cet enfant de Kyria, dont la beauté surpassait celle de sa matrone. Il ne s'était pas trompé, ce teint diaphane, ce regard céruléen, ces lèvres enchanteresses, sa dulcinée d’un soir en Scylla.
    « Joy ! » Scanda le maraud.
    Les gardes n’eurent point le temps de bander les arcs, car déjà Cyric s’élançait. La semelle de ses bottes vint percuter le poitrail de l’un d’eux, qui s’effondra dans un hoquet de surprise. Genoux plié sur le corps inerte du soldat étendu au sol, le Walfen dégaina une courte lame, cadeau d’adieu de Fjama. Sa main armée exerçait une légère pression sur la gorge de sa victime, inconsciente. Babines retroussées, il dardait d’un regard mauvais les autres drilles.

    « Joy, est-ce que ça va ?!»

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Joy Lìvìan
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MessageSujet: Re: Maudite soit-elle. [Cyric][TERMINE]   Mer 27 Avr 2011 - 23:16

    Le corps se débattait encore avec violence sous la pression des bras que tout à coup, un violent coup de pied vint repousser le garde qui valsa à terre, les poumons comprimés par le genou asséné férocement par la bête qui avait ainsi bondi des hauteurs végétales. Qu’était-ce ? L’agitation redoubla dans les rangs, tandis qu’un autre garde se précipitait aux côtés de la Protectrice qui semblait toujours aussi crispée au point d’avoir vacillé, à genoux au sol.

    Dans un murmure inaudible, elle crut reconnaître, stupéfaite, la voix, mais les douleurs reprirent aussitôt, aveuglant sa conscience et étouffant ses sens.

    « Ashg..an … »

    Le grondement profond de la gorge de « l’agresseur » et son visage aux traits durcis donnèrent autant de crédit à cette apparence presque animale de l’homme intrus qui avait ainsi agressé l’un des elfes que ses camarades s’approchèrent, dégainant un par un leurs lames dans la direction d’Ashgan. Qui était-il, ils s’en fichaient, mais avoir ainsi attaqué le convoi n’était pas signe de reconnaissance. Et l’homme allait sûrement le payer cher, qu’il soit humain ou non. Une voix grave et sèche s’échappa d’un des soldats masqués qui encerclaient la victime prise au piège par son prédateur.

    « Qui es-tu ? Es-tu un rôdeur mal intentionné ? Comment oses-tu ainsi porter pareille familiarité envers une inconnue ? »

    Mis au pied du mur, Ashgan n’était pas en position de les défier – la condition physique d’un seul elfe n’était peut-être pas avantageuse face à un poids aussi hargneux, entraîné et surtout rusé que celui de l’humain que voilà ; mais face à une semi-douzaine d’elfes qui n’étaient pas en sucre contrairement à ce que certaines légendes négatives envers la race elfique susurraient, la difficulté devenait trop importante pour que l’humain se sente encore en position de supériorité.

    Haletante, ce fut la Dame de l’Epine qui finit par briser l’oppressant silence par un nouveau gémissement de douleur, ses bras se crispant contre son ventre qui semblait être à la source des maux mystérieux qui oppressaient la douce martyre d’Arcamenel. Sa voix chercha à porter jusqu’aux oreilles de son cortège protecteur comme elle le pouvait, ses yeux recouvant peu à peu une once de visibilité et ses oreilles bourdonnant moins.

    « Laissez … Laissez-le … Il ne pouvait pas deviner, c’est un a… »

    La fin de la phrase se perdit dans un cri de protestation surprenant, presque un grognement enragé, alors que le buste de l’elfe se rabattait brusquement, repliée dans une position presque implorante. Le serpent de feu avait étroitement resserré ses nœuds en son bas-ventre, lui donnant l’insupportable sensation d’une brûlure continuelle et croissante en elle, sa peau allant même jusqu’à frémir de cette fièvre intérieure nébuleuse. Ses poings étaient si serrés que ses ongles s’enfonçaient dans la peau, laissant des sillons rouges. L’état de la marquise était si préoccupant que deux gardes abandonnèrent la menace du couperet face au brigand pour s’avancer vers une protectrice en état instable.

    « Qu’est-ce qui vous arrive, enfin, Dame … Voulez-vous qu’on rebrousse chemin ? Apportez-lui de l’eau, j’ai bien peur qu’elle fasse un malaise … Prenez les soins, Usaël, ramenez –moi ça, il faut soigner Dame Lìvìan … Calmez-vous … »

    L’incompréhension était la plus totale ; pourtant l’elfe alpagué obéit à l’ordre de son compère et apporta le plus rapidement qu’il put les remèdes médicinaux de premier secours, pensant vainement que ces herbes pourraient guérir un mal à la racine bien plus profonde et plus enfouie qu’ils ne pouvaient l’imaginer. La main de la Marquise se saisit du bras d’un des deux gardes proches d’elle, sa voix se perdant dans un murmure.

    « Ashgan.. Laissez-le .. Il n’est pas méchant … »

    Les deux gardes s’observèrent, hésitants. Dans un tel état, la belle défaillait trop pour pouvoir être digne de confiance et de sûreté ; pourtant, jamais leur Marquise n’avait été plongée dans un tel état, et aussi mal en point avait-elle pu être, jamais sa maîtrise et son contrôle de soi ne s’étaient dissipés pour laisser place à une folie dans le geste ou dans le verbe. Aussi finirent-ils par lancer à leurs collègues d’une voix un peu méfiante l’ordre elfique de s’assurer qu’Ashgan ne serait pas une menace tant qu’il libérait le garde toujours prisonnier de l’étreinte de sa jambe. Echo qui se répercuta dans un langage plus compréhensible et plus humain à l’adresse d’Ashgan.

    « C’est bon. Lève-toi et ne fais aucune histoire, Humain. La Protectrice a décidé de t’accorder sa bonté, ne fais pas l’idiot. »
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Cyric
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MessageSujet: Re: Maudite soit-elle. [Cyric][TERMINE]   Dim 7 Aoû 2011 - 19:24

    Hal'faniel allait atteindre les deux cent années d'existence, et c'était la première fois qu'il voyait un Homme.
    Bien que camouflés dans l'ombre de sa capuche, ses yeux tombaient presque de leur orbite sous le coup d'une curiosité inhabituelle. Il était le plus jeune des soldats détachés pour cette escorte, un gamin selon certains, aux vues de leur grand âge. Ses camarades avaient combattu avec ou contre les humains à de nombreuses reprises déjà, mais lorsqu'ils virent quelles extrémités ces derniers étaient capables d'employer, la plupart refusait tout nouveau contact, et les rares questions qu'il avait posé sur le sujet n'avait soulevé que des remontrances. La Péninsule, ainsi que ses habitants, n'étaient pas dignes d'intérêts, ceux qui refusaient de l'admettre finissaient indubitablement mal.
    Pourtant, tous les regards étaient en cet instant posés sur lui, cet Homme tombé des arbres. Il fallait avoir le pied léger pour parvenir à tromper l'oreille d'un elfe. Pis, en réalisant sa prouesse acrobatique pour assaillir le garde, bien que pris par surprise, l'humain avait éveillé mille questions chez ses compagnons d'arme si souvent indifférents. Hal'faniel l'aurait parié, il n'était sûrement plus le seul à se demander d'où sortait le bougre répondant au nom d'Ashgan.
    L'énergumène puait la sueur, le sang séché ainsi que l'onguent à base d'herbes. L'elfe tenta de percevoir un arôme particulier qui lui ferait revenir le nom d'une plante familière, jonchant les parterres de l'Anaeh, en vain. Il distinguait à peine le clou de girofle, voir un dérivé de l'ancolie, une fleur du crépuscule, appréciant les coins dépourvus de soleil. Avec ce Voile, elles s'étaient décuplées, dès lors Hal'faniel était incapable de prédire d'où venait le gonze. Au moins, cela indiquait qu'il s'était blessé peu de temps auparavant. Connaissait-il la forêt et ses remèdes ? Etait-ce un fils de la nature, maîtrisant les créations que La Première mit à disposition de ceux qui savent écouter et la vénérer comme il se doit ? Ou bien l'avait-on simplement aider ? L'avait-on attaqué ? Avait-il attaqué ? Tellement de questions sans réponse, mieux valait rester prêt, un trop grand mystère entourait ce sauvage.
    Cet Ashgan possédait toutes les caractéristiques d'une bête: crotté, dangereux, imprévisible, irréfléchi. Derrière sa chevelure de jais, aussi longue que grasse, deux iris imbibés d'un bleu propre à l'Eris le fixaient d'un air défiant. Une barbe naissait sur des joues taillées au couteau et au poing, il avait de petites oreilles ainsi qu'un large nez dépourvu d'élégance. Ses épaules étaient légèrement penchées vers l'avant, le torse rentré voir le dos courbé, sa posture trahissait une nervosité hostile, tel un animal prêt à bondir au moindre geste louche. Non, cet humain avait beau être intriguant, il n'en restait pas moins repoussant et dérangeant.

    Une main gantée se posa sur la garde de son sabre, tandis que l'autre tirait un peu plus sur la bride du destrier qu'une mouche gênante venait sous doute d'effleurer. Des mouches, voilà bien un insecte qu'il détestait. Les mouches sont friandes des cadavres, des défections, elles sont attirées par la saleté, apanage de mille maladies d'où découlent directement l'affliction, ainsi nait, plus ou moins directement, le vice et la vilénie. Hal'faniel retourna sa concentration sur l'Homme.

    Un point restait encore incertains, comment Dame Livian connaissait-elle le nom de cet étranger ? De ce qu'il savait, la Protectrice n'avait révélé aucun don pour une quelconque forme de voyance. Point de hasard, aucune mention de chance, le peuple immortel ne croit pas en ce genre de choses, sans doute Arcamenel s'était-il une fois de plus amusé à provoquer l'improbable, ainsi la belle rencontra la bête.

    Joy laissa s'échapper un gémissement proche de la complainte, elle bafouillait des mots incompréhensibles, son front brûlait tandis que les gouttes de sueur se multipliaient pour finalement devenir une fine rivière s'écoulant le long de ses tempes. Les paupières mis closes ne laissaient distinguer qu'un blanc vitreux et inquiétant.

    "Il faut partir. Dame Livian ne tiendra pas longtemps. On retourne en Anaeh. Un éclaireur, deux sur mes côtés, le reste en ligne. Libérez la fougue de vos cheveux mes frères."

    Tous les yeux se rivèrent alors vers l'étranger qui aboyait son incompréhension, les crocs sortis.

    "Hal'faniel tu prends la courte-oreille."

    Les protestations n'étaient pas chose commune au sein de la garde, mais la bouche d'Hal'faniel s'entrouvrit un moment, estomaqué par ce nouveau fardeau. Reprenant son air impassible, il tendit une main raide en direction d'Ashgan. L'air mauvais, celui-ci fit un bond de primate sans demander son reste pour se hisser. Pour sûr, cet homme-là était vraiment souple. Derrière lui, Ashgan grogna, massant son bras en écharpe, payant le prix de son orgueil mal placé.

    "Direction l'Epine Dorée, au galop !"
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