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 Jusqu'où mes pas me porteront (pv)

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Adria
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MessageSujet: Jusqu'où mes pas me porteront (pv)   Sam 7 Mai 2011 - 19:25

Adria s'était perdue. Du moins, c'était toujours pareil : elle se serait perdue si elle avait cherché à se rendre quelque part, mais étant donné qu'elle se contentait d'errer sans réel but, elle estimait que n'avoir aucune idée de l'endroit où elle se trouvait n'avait guère d'importance. Quelque part en Aduram, apparemment, étant donné que la forêt était profonde et ne chantait pas comme Anaëh. Elle suivait plus ou moins un chemin qui serpentait entre les arbres et s’arrêtait la nuit pour faire un petit somme, veillée par Olwë, son loup caméléon. Elle aimait marcher pour le seul plaisir de se promener et passait le temps en chantonnant d’une voix claire. Avec ce qu'elle avait vécu dernièrement, se changer les idées en ne faisant rien n'était pas un mal.

Bref, la jeune fille gambadait comme à son habitude entre les arbres et Olwë faisait de même dans les taillis, essayant de débusquer son déjeuner. Adria aussi commençait à avoir un petit creux et elle finit par s'installer sur une grosse racine pour grignoter une petite galette. Elle se contentait de peu et chercha à l'oreille un point d'eau quelconque pour boire un peu et éventuellement se rafraichir par cette chaude journée d'automne. Avec un peu de chance, elle pourrait peut-être même faire trempette. Cette idée la fit se relever et chercher quelques indices sur la présence de plantes qui indiqueraient qu’un ruisseau ne coulait pas trop loin.


Elle reprit sa marche, jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait : une source, un cours d'eau serpentant entre des pierres. Ce qu'elle n'avait pas prévu de découvrir, en revanche, c'était un humain qui passait aussi par là. La jeune fille se figea et jeta un coup d’œil légèrement inquiet à ses côtés : Olwë venait de disparaitre, usant de sa capacité d'invisibilité, mais elle le savait tout proche et prêt à bondir. Pour sa part, elle se montrait prudente, commençant à se méfier à force de faire des rencontres douteuses, mais le fait de tomber nez à nez avec un inconnu n'avait pas l'air de trop a perturber.


Certes, il était armé, mais Adria ne paraissait pas prête à prendre ses jambes à son cou, bien qu'elle ne franchisse pas la petite dizaine de mètres qui les séparaient. Pourtant sa seule arme apparente se trouvait être une dague, à sa ceinture, qu'elle ne faisait pas mine de saisir. Elle alla même jusqu'à faire un petit signe de la main, calmement, tentant un :

" Bonjour. "

Oh, elle était sans doute un peu inconsciente, mais pas parfaitement stupide : si l'inconnu tentait quoi que ce soit d'hostile, elle comptait bien repartir comme elle était venue. Elle ne voulait pas d'ennui. Mais c'était un humain, pas un drow, c'était déjà ça de gagné. Et puis, elle avait vraiment envie de se rafraichir et n'avait pas très envie de marcher encore pour trouver un autre point d'eau.
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Cahman Lanke
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MessageSujet: Re: Jusqu'où mes pas me porteront (pv)   Mer 1 Juin 2011 - 21:45

Provenant de Diantra, Cahman avait passé plusieurs journées en forêt à la recherche de champignons et d’autres expédients de la nature non encore répertoriés. A la demande de Calimène, il était venu en ces lieux afin de constituer un herbier. Au gré de ses pérégrinations dans les sous-bois, Cahman récoltait diverses plantes et avec toute la méticulosité de ce genre d’opérations, les plaçait une fois séchées entre deux feuilles de papier.

Parfois, lorsque la situation le nécessitait, il prenait le temps de réaliser quelques croquis, techniques et ennuyeux à souhait. Ainsi donc, Cahman œuvrait actuellement sur la description d’un champignon aux teints olivâtres peu engageant mais qu’il pensait avoir identifié comme étant un septi semis, particulièrement recherché pour ses vertus purgatives. Bien qu’il n’entende rien, ou si peu, aux choses de la médecine, Calimène faisait preuve d’un véritable don pour redécouvrir d’anciennes recettes curatives, que ce soit auprès de vieilles rebouteuses ou au travers des pages d’antiques almanachs de médecine. A sa suite, Märr, l’apothicaire de la Divine Comédie, réalisait les préparations.

L’une et l’autre composaient ainsi un duo compétent qui à n’en pas douter se ferait bientôt une petite réputation auprès de la petite noblesse de Diantra.

Cahman avait bondi sur l’occasion lorsqu’elles lui proposèrent de prendre en charge une petite expédition botanique afin d’alimenter l’herbier de la Compagnie. Bien qu’il ait senti qu’il s’agissait d’une affaire arrangée, il n’avait pas tergiversé bien longtemps. Depuis plusieurs semaines en Diantra, il tentait de se faire oublier et tournait en rond en ville, ce qui avait rapidement tendance à lui faire broyer du noir.

Bien que concentré sur son travail, il redressa la tête à l’écoute de plusieurs bruits dans les sous-bois. Le regard dans le vide, il se concentra sur son écoute et détermina des mouvements en provenance de deux directions différentes. Si les premiers tenaient lieux de mouvements animaliers, la bête restait à distance pour l’instant. Le second groupe de bruits étaient ceux d’une marche, légère mais rapide.

Se relevant de toute sa taille, il referma son calepin sans hâte et rangea son crayon dans un creux de la couverture consacré à cet effet. D’expérience Cahman savait juger de la nature d’une approche. Des bandits en maraude seraient venus directement à lui, en écornant les branchages de la végétation. A contrario, un voleur esseulé aurait profité du silence pour bénéficier d’une position avantageuse. Hors, son visiteur semblait juste suivre son chemin.

Voyant émerger une jeune femme, il tenta un sourire agréable afin de ne pas l’effrayer et lui rendit rapidement ses salutations.

« Voilà une rencontre heureuse, Demoiselle » entama-t-il d’un ton cordial.

Il lui fit signe d’approcher de la main, prenant bien soin de ne pas approcher ses doigts du coutelas qui pendait à sa hanche. Vêtu de vêtements adaptés aux rudesses du voyage et des longues routes : de solides bottes aux semelles souples, des vêtements proches du corps afin de faciliter les mouvements tout en conservant la chaleur et sur les épaules, un gilet à capuche.

« Approchez en toute confiance, je n’ai rien … » poursuivit-il en marquant soudainement une pause.

« Huuuummm… A dire vrai c’est aussi ce que dirait quelqu’un de mal intentionné » observa-t-il en faisant une moue insatisfaite.

« Bah ! » trancha-t-il finalement en se penchant pour épousseter plusieurs grosses pierres plates.

« Voilà qui fera office de sièges et de table » poursuivit-il en s’installant sur son séant et en tirant son baluchon de voyage de l’arrière d’une grosse pierre.

« Souhaiteriez-vous prendre une pause en ma compagnie ? Il est rare de rencontrer du monde en plein sous-bois et j’ose y voir là de bons augures… » Continua-t-il en sortant quelques fruits secs.

« Mon nom est Cahman Lanke, actuellement de passage par ici pour le compte d’une herboriste de Diantra… » Dit-il avant de se pencher de côté, afin de mieux écouter les bruits de la forêt.

« Vous êtes suivie par un chien de bonne taille mais qui ne se montre pas, serait-il timide ? » dit-il en farfouillant au fond de son sac et en faisant sortir quelques morceaux de viandes séchées à l’attention de l’animal.
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Adria
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MessageSujet: Re: Jusqu'où mes pas me porteront (pv)   Sam 4 Juin 2011 - 15:59

« Voilà une rencontre heureuse, Demoiselle. »

Adria sourit amicalement en retour, soulagée de ne pas avoir affaire à un humain qui rejetait les elfes ou autre psychopathe qui pouvait se révéler encore plus dangereux. Pour sa part, elle maitrisait parfaitement la langue humaine, depuis le temps qu’elle fréquentait ces terres, bien qu’elle garde de ses origines un accent chantant assurément elfique.

« Ravie de vous rencontrer également, messire ! »

C’était un voyageur, sans doute, du moins ce fut ce qu’elle devina en s’approchant sans se presser, l’observant sans la moindre gêne avec une curiosité évidente. Pour sa part, il était possible qu’il se demande ce qu’elle pouvait faire là, vêtue simplement d’une légère robe blanche et d’une cape. Pourtant, elle avait aux pieds de solides bottines de cuir, preuve qu’elle ne s’était pas perdue ou du moins qu’elle avait bien eu l’intention d’aller marcher à travers la forêt. Finalement, si elle avait d’abord parut méfiante, elle semblait à présent beaucoup moins réticente à faire connaissance.

Pourtant, lorsqu’il lui demanda d’approcher en toute confiance, elle s’immobilisa et fit la moue, manifestement peu convaincue… ou amusée, peut-être par cet enthousiasme qu’on ne rencontrait pas souvent.


« En effet… quoique quelqu’un de mal intentionné ne dirait peut-être rien et sortirait son arme, non ? »

En tous cas, il n’avait pas dit son dernier mot et il la fit sourire en improvisant un siège, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Voilà un humain qui semblait un grand adepte de la vie dans la nature ! Ils ne pouvaient que bien s’entendre !

« De bons augures, vraiment ? » reprit-elle en haussant les sourcils, comme si la remarque lui faisait penser à quelque chose.

Mais il plaisantait, manifestement, et elle alla s’asseoir sans faire plus d’histoires, se demandant ce que lui réservait cette nouvelle rencontre. Pour une fois, elle avait apparemment trouvé quelqu’un d’au moins aussi bavard qu’elle et elle s’empressa de répondre sans se faire prier.

« Je m’appelle Adrianëdel… elle se mordit la lèvre, détourna le regard une seconde et se reprit un instant plus tard comme si de rien était, Adrianëdel, mais on me surnomme Adria, c’est plus simple. »

Mais son interlocuteur avait semble-t-il repéré Olwë qui se tenait non loin, toujours sur ses gardes, donc invisible. Elle hocha la tête en riant, sans s’inquiéter que l’animal ait pu être découvert :

« Oh oui, lui, s’exclama-t-elle en désignant approximativement l’endroit où il se trouvait, c’est Olwë. Vous pouvez ranger votre viande, il n’en mangera pas tant qu’il ne sera pas en confiance… et il est trop tôt pour cela. »

Elle était certaine que le loup était encore prêt à attaquer, pas vraiment du genre à se laisser amadouer par un étranger, même avec de la nourriture. Heureusement, il ne le ferait pas tant qu’elle ne le lui demanderait pas, ou qu’elle ne serait pas en danger. Elle s’abstint donc de prévenir le dénommé Cahman qui aurait risqué de s’en inquiéter. La jeune fille en tous cas semblait moins prompte à s’effrayer que le loup et elle reprit la conversation avec curiosité :


« Alors comme ça vous êtes… hum… cueilleur de plantes ? »

Elle jeta un coup d’œil au carnet qu’il avait refermé un peu plus tôt et poursuivit :


« Moi je suis aventurière, enfin du moins c’est l’idée ! Je me promène ! Je n’ai pas trop besoin de chercher les aventures, elles viennent toutes seules ! »

Elle se releva, alla jusqu’au cours d’eau et s’agenouilla pour se laver les mains avant de boire dedans. Olwë se déplaça d’autant, ne consentant toujours pas à se montrer. Puisque sa petite maitresse n’était pas raisonnable et s’arrêtait sans cesse pour parler à des inconnus, il serait prudent pour elle. Du moins, c’était ainsi qu’Adria s’était toujours représentée les pensées du loup qui la suivait partout. Elle avait pris l’habitude de l’ignorer, purement et simplement. Il était rare qu’Olwë finisse par se montrer, mais tous deux s’en accommodaient.


« Là, l’aventure consistait simplement à trouver à boire ! » s’exclama-t-elle avec humour.

Ce qui pouvait se révéler suffisamment compliqué comme cela mais ne l’empêchait pas de continuer à se déplacer sans gourde, le peu d’affaire qu’elle possédait restant à sa ceinture dans sa petite aumônière.


« Remarquez, ça me suffit amplement ! »

Elle se releva, retourna s’asseoir dans le salon improvisé et ajouta finalement :

« Moi je viens de Scylla, mais je crois que je vais un peu retourner sur mes pas, j’ai envie d’aller voir la mer. Vous êtes déjà allé voir toute cette eau ? »


Ou comment passer du coq à l’âne sans complexe. Mais si Cahman était bavard, Adria avait encore plein de questions indiscrètes à poser ! En même temps, elle avait un don pour s’immiscer dans la vie des gens sans paraitre s’apercevoir qu’elle faisait preuve d’un petit peu trop de spontanéité.
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Cahman Lanke
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MessageSujet: Re: Jusqu'où mes pas me porteront (pv)   Dim 5 Juin 2011 - 19:57

Un loup, voilà qui était bien inhabituel. Non pas de la part d’une elfe, notez-le bien. De la part de ces gens là, Cahman n’aurait pas été surpris de voir les champignons sortir de leurs cachettes pour se laisser cueillir, les sources d’eau fraiche bruisser avec plus de vigueur ou encore un ours se réveiller bien léché en cas de rencontre fortuite. Autrefois Cahman avait pour usage de fuir les Elfes à vue, considérant à raison qu'ils étaient les gardiens d'un verger dont il était bien souvent le garnement. Désormais, avec ses anciennes activités enterrées, il n'avait plus tant d'à priori envers le Grand Peuple, comme on le nommait de par chez lui.

Malgré la remarque de la Dame sur les préférences alimentaires de son animal de compagnie, Cahman installa la viande séchée sur l’une des roches plates, la laissant en évidence. Tirant un gobelet, il agrémenta le plateau de fruits secs d’une petite bouteille de Cidre aux reflets dorés. Provenant d'une fermette pommée - ce qui était de bon augure pour un Cidre - pourtant située à quelques centaines de pas des murailles de Diantra, le liquide se laissait usuellement bien boire. Tout du moins, jusqu'à maintenant, personne n'avait trouvé à y renacler.

« Et bien à dire vrai, je ne fais que la cueillette des plantes répertoriées dans ce calepin, par peur de m’empoisonner au contact d’une plante vénéneuse » ouvrit-il sincèrement. « Par ailleurs, j’ai oublié les gants que j’utilise d’habitude par réaliser les prélèvements de plantes que je ne connais pas encore. Et elles sont nombreuses à être vénéneuses. Alors, pour cette fois, je me contenterai de quelques croquis. Et n’allez surtout pas croire que je sache réellement dessiner, j’ai juste appris à reporter sur papier les caractéristiques particulières de chaque plante » conclut-il provisoirement en remplissant le verre d’une bonne rasade de Cidre. A ses pieds, son sac semblait contenir quelques herbiers et divers petits récipients de cuivre, bouclés par un fermoir de cuir.

« N’hésitez pas, c’est une coutume de par chez moi » dit-il en avançant le verre vers sa visiteuse lorsque celui-ci fut à deux doigts de déborder. « Je l’ai laissé refroidir à demi plongé dans la rivière, peut-être devriez-vous le laisser revenir à température ambiante, sinon, cela peut être un peu indigeste…

Il hésita un instant.

« … Enfin, sauf si vous avez l’habitude de ce genre de boissons, bien entendu »

Il se redressa sur son séant et porta un morceau de viande à sa bouche. Afin de ne pas passer pour un rustre, il mâcha l’expédient de repas un long moment, pendant que sa compagne devisait pour deux. Un loup timide et une aventurière prolixe, que voilà un étrange duo.

M’enfin, ceci était plus agréable que bon nombre de rencontres qu’il avait pu vivre de par le passé.

« De Scylla dites-vous ? Voilà qui fait une trotte à pied » reprit-il en observant le matériel, plutôt réduit, transporté par la voyageuse. Il resta silencieux quelques instants, le temps d’étudier les bruits de la nature.

« Je viens de Diantra, j’ai laissé mon cheval un peu plus haut. Une carne telle qu’aucun voleur n’oserait monter dessus et au cuir si tanné qu’à priori, votre loup n’a pas osé lui coller un coup de crocs… » Poursuivit-il en écoutant par acquis de conscience les réactions de sa monture. Rassuré par le silence relatif, il s’intéressa particulièrement au dernier sujet évoqué.

« La Mer, oui, je l’ai déjà vue. Mais… Si je puis me permettre… » Continua-t-il en adoptant le ton de la complicité. « … auriez-vous quelques récits de voyages à me raconter ? »









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Adria
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MessageSujet: Re: Jusqu'où mes pas me porteront (pv)   Mer 8 Juin 2011 - 17:06

Quelques puissent être les pensées de Cahman envers les elfes, Adria, pour sa part, ne semblait pas avoir quoique ce soit contre les humains et elle lui parlait comme elle l’aurait fait avec n’importe qui, se contentant d’utiliser sa langue pour s’exprimer. Elle eut un petit sourire quand elle vit que le jeune homme insistait, laissant en évidence de la nourriture pour Olwë. C’était gentil de sa part, et si la situation s’éternisait, elle finirait par en proposer elle-même au loup afin que ce dernier ne se sente pas frustré comme un malheureux. Cahman expliqua qu’il ne connaissait pas toutes les plantes et se méfiait des vénéneuses, se contentant de dessiner quelques croquis. La jeune fille haussa les épaules, balayant d’un geste ses explications :

" Oh moi je serais bien incapable de dessiner quoi que ce soit, il faut forcément s’y connaitre un peu ! Sinon vos croquis ne ressembleraient à rien du tout et seraient inutilisables, j’imagine ! "


Simple logique ! Même pour recopier simplement, il fallait bien savoir manier son crayon !

" En tous cas, moi, je serais bien incapable d’en faire autant ! "
conclut-elle avec une pointe d’admiration.

Il fallait dire qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de faire des dessins de quoi que ce soit autrement que dans le sable… ce devait être plus amusant sur un carnet où l’on pouvait vraiment s’exercer. Elle tenterait d'essayer à l'occasion, peut-être quand elle retournerait à Erac reprendre ses cours. Elle jeta un coup d’œil curieux au verre qu’il lui tendait et en huma le contenu, peu convaincue. Grande adepte de l’eau de source, elle n’était pas vraiment habituée à boire quoique ce soit d’autre. Elle hésita en faisant tourner le breuvage dans le récipient et secoua la tête :

" Non, je ne bois pas de cela habituellement… C’est du cidre, n’est-ce pas ? "


Ce n’était pas parce qu’elle n’en buvait en théorie pas qu’elle ne s’y connaissait pas en alcool de toute sorte. Sans goûter, elle compléta :

" Du bon, j’ai l’impression… "


Puis comme pour expliquer ce qu’elle venait de dire, elle ajouta rapidement :

" Il m’arrive de m’engager comme serveuse dans les tavernes. Je crois que celui-ci plairait beaucoup aux clients. "

Elle respira à nouveau l’odeur et sourit. En attendant qu’il lui dise que c’était enfin buvable, elle reposa le verre et alla se désaltérer à l’eau claire, ce qui lui fit le plus grand bien. elle n'était pas pressée, prendre un peu de temps pour discuter ne lui déplaisait pas. peut-être même s'accorderait-elle un petit bain après ça et si Cahman n'en avait pas assez de l'entendre bavarder, elle était même prête à faire un bout de chemin avec.

" Je peux ? " demanda-t-elle finalement en tendant une main vers les fruits secs.

Voilà qui lui faisait bien envie, même si c’était plus par gourmandise qu’autre chose. Elle haussa les épaules lorsqu’il remarqua que Scylla n’était pas la porte à côté.


" Je sais, mais j’aime bien marcher et je ne suis pas du tout pressée. "

Et puis, il fallait bien reconnaitre que les elfes étaient plus rapides que les humains. Elle se mit à rire lorsqu’il parla de sa monture, prétendant que le loup n’avait pas trouvé intéressant de s’en prendre à elle :

" Oh, seul, il préfère s’attaquer à de plus petites proies. Et puis il sait que je n’aime pas qu’il chasse près de moi et encore moins des chevaux qui appartiennent à quelqu’un. "

Après tout, c'était elle qui l'avait élevé, même s'il avait dû se débrouiller seul pour apprendre à chasser. Olwë pouvait se révéler redoutable, mais son avantage se résumait bien souvent à son invisibilité. Au-delà de ça, il était plutôt de petite taille, comme tous ceux de sa race, et pas encore assez expérimenté pour ne rien craindre.

Et voilà que Cahman demandait ni plus ni moins à Adria de parler ! En voilà un qui n’avait pas froid aux yeux !
La jeune fille ne se fit pas prier, plus habituée à ce qu'on lui dise de se taire qu'autre chose.

" Eh bien je suis née chez les miens et je n’ai fait que voyager aux alentours d’Alëandir pendant longtemps. Puis j’ai décidé de devenir aventurière pour pouvoir être avec Olwë, essentiellement. "

C’était le début des ennuis, en un sens, quoiqu’au final, elle n’avait pas à regretter les rencontres qu’elle avait faites. Elle avait subi la vie monotone des elfes bien assez longtemps à son goût. Et puis, elle avait besoin de voir autre chose que ce qu'elle connaissait. Elle ne cherchait pas le danger, mais s'il fallait en passer par là pour vivre pleinement, elle n'allait pas faire demi tour et rentrer se cacher dans le chez-elle qu'elle n'avait de toute manière jamais eu.


" Je suis allée chez les humains et je vous ai trouvés sympathiques et bons vivants et… ah ! J’ai fait une espèce de quête aussi ! Pour aller dans les ruines de Nisetia… tu connais ? Il y avait un minotaure là-bas et c’est d’ailleurs à peu près à cette période que j’ai vraiment pris conscience du fait que je pouvais pratiquer la magie. "

Elle était passée spontanément au tutoiement, comme souvent, mais ne paraissait pas avoir fait attention. Lorsqu'on ne l'agressait pas, elle se montrait assez spontanée avec la plupart des gens.

" C’est là que j’ai rencontré celui qui deviendrait mon professeur de magie, et depuis je gravite autour d’Erac. Enfin, maintenant, j’ai décidé de repartir sur les routes, j’ai un peu besoin de me changer les idées, après… "


Elle s’arrêta subitement, comme si elle craignait d’en avoir trop dit. Visiblement, la dissimulation n’était pas son fort et elle était du genre à parler à tort et à travers avant d’avoir réfléchi à ce qu’elle allait dire.

" Enfin bref, je n’ai pas grand-chose à raconter qui soit très passionnant. Tu sais… la forêt, la ville, la forêt… Je gagne plus ma vie en chantant dans les tavernes ou en faisant un peu de magie qu’autre chose. Mais j’aimerais bien aller voir la mer. Et les nains aussi… j’en ai connu un, une fois et euh… elle s’empourpra et fit la grimace, il avait l’air gentil. "

Encore une fois, elle aurait sans doute mieux fait de se taire. Elle fit la moue pour elle-même et reprit avec plus d’entrain :

" J’ai plus l’habitude de raconter en chantant des histoires qui ne me sont pas arrivées à moi ! Les miennes sont assez… pathétiques ! "
conclut-elle en riant.
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Cahman Lanke
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MessageSujet: Re: Jusqu'où mes pas me porteront (pv)   Mar 14 Juin 2011 - 10:23

« Rien de bien passionnant ? » annonça Cahman d’une voix étonnée. Il réprima une furieuse de fanfaronnades et se concentra sur la petite vie tranquille qu’il s’était choisie. Baisser la tête, rentrer dans le rang et se faire oublier étaient les trois activités que Calimène lui avaient désignées comme prioritaire.

Sans s’en rendre compte, il se rembrunit légèrement. Partagé entre le passé et l’absence de futur, sa main se tendit pour caresser la hampe de son coutelas et durant quelques instants la suspicion aurait largement eu de quoi s’installer entre lui et son interlocutrice. Il gouta le contact rassurant de l’arme et se remémora les souvenirs d’une époque où les choses, à défaut d’être plus simples, étaient prévisibles et rassurantes.
L’imprévisible prévu, voilà ce qui était dans la nature de Cahman.

Il retira sa main de son arme lorsqu’il se rendit compte de son attitude et de la mauvaise impression qu’il devait produire à la « jeune elfe », si tant est que ce terme ait eu une signification.

« Vous en avez déjà décrit assez pour remplir deux vies d’hommes » décrivit-il en levant son index, adoptant un ton professoral.

« Finalement, la plupart de mes congénères passent une vie sédentaire et n’allez pas croire que ce soit là une critique. La chaleur d’un foyer, voir ses enfants grandir et le cycle des récoltes alterner en rythme est finalement une douce occupation. La plupart des hommes s’en plaindront ouvertement auprès de leurs camarades mais en secret, pourquoi aspirer à plus ? » poursuivit-il en pensant peu à peu à ses propres agissements. Peut-être était il venu l’heure de tirer sa révérence, non pas seulement pour un temps, mais définitivement : prendre un emploi convenable, se faire arranger un mariage et n’avoir à courir qu’après une marmaille de garnements.

« Il n’est qu’un seul point que je puisse mettre en doute dans votre récit » dit-il en portant sa gourde à sa bouche.

« C’est le nain » conclut-il.

Il laisse le temps passer durant plusieurs secondes silencieuses, comme si cette remarque se suffisait à elle-même. Devant le silence contraint, il se trouva bien obligé de préciser ses pensées.

« Il m’a été conté qu’il était plus aisé d’obtenir une démonstration de sentiment de la part d’une pierre que de la part d’un nain, en dehors d’histoires mettant en jeu une bière éventée, des pièces d’or rognées ou des galeries mal ajustées » détermina-t-il d’une voix sans hésitation.

« Pour le reste, vous seriez donc une espèce d’aventurière… Mais, vous parlez d’un maître en magie, ne doit-il pas être en train de se demander où vous êtes passée ? » poursuivit-il en tournant la tête sur le côté, agacé d’entendre le familier de la magicienne se promener sans arriver à le localiser, ce qui était en soit un comble.

Se levant lentement, il prit le temps de se masser le bas du dos.

« Pourriez-vous faire venir ici votre animal de compagnie, j'aimerai, si ce n'est trop demander, connaitre son identité » compléta-t-il à ses questions, persuadé d'avoir localisé la bête mais incapable de la faire entrer dans sn champ de vision.

Ce qui en soit, était un autre comble.

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Adria
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MessageSujet: Re: Jusqu'où mes pas me porteront (pv)   Dim 19 Juin 2011 - 14:48

Non, Adria ne trouvait pas sa vie aussi passionnante que cela. Oh, elle ne se plaignait pas, elle aimait voyager et se changer les idées en allant de place en place, mais de là à trouver cela exceptionnel, il ne fallait rien exagérer, elle se contentait de suivre les chemins qui se présentaient et de saisir les opportunités. Enfin, elle devait reconnaitre qu’avec ses dizaines d’années, elle avait eu plus d’occasions de vivre des aventures que les humains. Deux vies d’hommes… c’était plus ou moins ce qu’elle avait, en un sens, et elle savait avoir encore de longs jours devant elle si elle cessait de prendre des risques inutiles pour tromper l’ennui.

Le regard vif d’Adria ne manqua pas la main qui s’était posée sur l’arme, mais elle ne sembla pas réagir, ignorant la possible menace pour une raison connue d’elle seule. En réalité, ce fut à son tour de baisser les yeux lorsqu’il évoqua la chaleur d’un foyer. Un peu dépitée, elle haussa les épaules, dans un mouvement faussement désinvolte :

" Pour moi, cela a toujours été une illusion. "


Et il était cruel de se réveiller ensuite pour s’apercevoir que l’on n’avait rien du tout. Mais heureusement, Cahman ne lui laissa pas le temps de s’assombrir et elle le regarda avec de grands yeux lorsqu’il remit son discours en cause. Le nain ? Quoi, le nain ?


" Oh mais justement, c’est pour ça que je voyage ! Pour ne pas me fier aux on-dit ! Et puis, j’ai dit qu’il était gentil, pas affectueux ou bavard,
rétorqua-t-elle joyeusement, prouvant qu’elle n’avait pas sa langue dans la poche. Mais c’était quelqu’un de bien, vraiment… Il ne m’a jamais reproché ce que je lui ai fait et pourtant, il y aurait eu de quoi m’en vouloir ! "

C'était le moins qu'on puisse dire. A ce souvenir, elle rougit un peu et sauta sur l’occasion pour parler d’autre chose, enchainant rapidement :

" Si Nakor ne me voit pas revenir, oui, il va se demander où je suis et je ne doute pas qu’il a les moyens de me retrouver. Mais pour le moment, il est occupé chez les miens, j’ai quartier libre. Je n’arriverais pas à me concentrer sur des cours de toute façon pour le moment. "

Elle préféra ne pas s’étendre sur le sujet et sourit, amusée, lorsque son interlocuteur se montra agacé de ne pas voir le loup qui continuait à le guetter, invisible.

" Olwë n’est pas un animal de compagnie, au sens où vous l’entendez. C’est un loup caméléon et s’il décide de rester invisible parce qu’il ne vous fait pas confiance, je n’y peux strictement rien. Je ne lui donne pas d’ordre, au mieux je peux lui suggérer certaines choses… et devenir votre ami en quelques minutes n’en fait pas partie. "


Elle ne paraissait pas énervée en disant ces mots, mais le ton sur lequel elle répondait laissait entendre qu’elle avait déjà eu ce genre d’explication et qu’il était inutile d’y revenir.


" Je suis désolée si cela vous mets mal à l’aise, mais il reste sauvage : il ne cherche pas à vous menacer mais à se défendre et à me défendre également… je vous promets que vous n’avez rien à craindre de lui si vous ne vous en prenez pas à nous. "

Elle paraissait tout à fait sincère et, comme pour prouver ses dires, elle s’écria légèrement :


" Viens là, Olwë ! "


Le loup s’exécuta, même si Cahman ne pouvait le voir et juste le deviner à l’herbe légèrement écrasée sur son chemin. Adria enfouit ses mains dans la fourrure, caressa son ami un moment puis le laissa reprendre sa liberté. En un instant le loup se fondit à nouveau dans le paysage, guettant le moindre signe agressif de l’humain.

Revenant comme si de rien était à l’une des remarques précédentes du jeune homme, Adria reprit avec un petit sourire espiègle :


" Jugez-vous toujours les peuples sur ce que les gens racontent ? Que savez-vous des elfes par exemple ? "


Pas trop de mal, apparemment, étant donné qu'il lui offrait une petite collation. Elle huma à nouveau le verre de cidre auquel elle n'avait toujours pas touché, en vérité peu convaincue par l'odeur.
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Jusqu'où mes pas me porteront (pv)
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