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 Les vieux amis (pv)

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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Les vieux amis (pv)   Mar 17 Mai 2011 - 17:55

Une semaine après le mariage, la vie avait repris son cour à Dyriet. Les travaux du manoir avançaient et Aureane avait été bien contente de retourner vivre pendant ce temps dans les dépendances. Évidemment, elle avait rejoint la chambre de Nicolaï et laissée la sienne à sa tante et sa sœur. Toutes trois s’occupaient de faire briller les lieux du sol au plafond et se chargeaient de faire mijoter presque continuellement de bons petits plats qui embaumaient l’air. La jeune fille avait l’impression d’avoir retrouvé l’ambiance familiale qu’elle aimait tant à Trois-Chemins. La seule chose qui lui faisait réellement pur étaient les bois qui entouraient le manoir et qui lui rappelaient les enlèvements, mais autrement, elle se sentait comme un poisson dans l’eau dans son nouveau chez-elle et paraissait heureuse comme tout à pétrir le pain ou à aider Nicolaï à tenir les comptes du budget des futurs aménagements du manoir.

Bien-sûr, le jeune homme s’était mis en tête d’en faire petit à petit une dame. Ainsi, il avait bien essayé de faire porter de jolies robes à Aureane, malgré l’air un peu désespéré de cette dernière, qu’elle avait du mal à cacher. Mais elles n’avaient pas fait long feu. Oh, elle les mettait le matin, pour lui faire plaisir, puis en retroussait les manches avant de les recouvrir d’un tablier et finalement au bout d’une heure elle s’était changée pour ne pas abimer le tissu. Au final, les robes durèrent quelques jours avant qu’elle ne les oublie discrètement et en revienne à des tenues beaucoup plus simples quoiqu’à présent de bonne facture. Elle ne voulait pas faire honte à son époux, mais devait pouvoir bouger librement et se tâcher si besoin était et elle se sentait trop mal à l’aise dans ces robes de dame. De toute manière, il n’y avait ici aucun noble à impressionner en dehors de Nicolaï qui lui avait assez répété qu’il ne voulait pas qu’elle le traite en chevalier.

Elle continuait malgré tout à le vouvoyer, sauf lorsqu’ils étaient uniquement tous les deux, les moments qu’elle préférait, et de loin. Elle avait enfin appris à se détendre totalement avec lui et à être elle-même. Un vrai délice. C’était sans doute la plus belle semaine de sa vie. Une semaine qui avait pourtant bizarrement commencée, lorsque la jeune fille, au lendemain de la nuit de noces s’était décidée à offrir son cadeau à son époux. Elle avait sorti un minuscule paquet et l’avait tendu, toute fière, avant de se trouver dépitée devant la perplexité de Nicolaï. Il faut dire que lorsqu’on ne connaissait pas les coutumes trois-cheminoises, se faire offrir un caillou devait un peu déboussoler. Un caillou vraiment tout bête, qui plus est : de forme indéfinie, de couleur vaguement grisâtre, le genre qu’on trouve partout et qu’on piétine sans y prendre garde.

Après un bref instant de silence gêné, elle avait osé murmurer :


" Vous ne savez pas ce que c’est ? "


Non, vu la tête qu’il faisait, il ne savait pas, manifestement. Alors elle lui avait expliqué.

" C’est une coutume trois-cheminoise. C’est ce qu’une épouse peut offrir de mieux à son mari. C’est un présent difficile à obtenir, mais je voulais vraiment y arriver… En fait, il s’agit d’un rituel long et complexe, qui se transmet de mère en fille chez nous. Au bout de plusieurs jours, si tout a été scrupuleusement respecté, que l’on a dit les bons mots et fait les bons gestes au bon moment alors on passe une dernière nuit à réciter un texte, et on obtient un porte-bonheur. "

Elle avait rougit en ajoutant :

" Ça ne marche que si l’on aime très fort son mari. "

Autant dire que la recette se transmettait à Trois-Chemins mais n’était pas très souvent utilisée. En tous cas, il ne s’agissait pas à ses yeux d’un vulgaire caillou, mais d’un objet précieux qu’elle s’était donné beaucoup de mal à obtenir. Elle espérait sincèrement que Nicolaï en comprendrait la valeur. Pour sa part, elle avait apprécié son propre cadeau et écrivait à présent presque tous les jours dedans, relatant l’avancée des travaux du manoir.

Ce fut un soir, alors qu’elle écrivait près d’une fenêtre dans l’idée d’économiser les chandelles – une habitude qui ne l’avait pas quittée – qu’elle entendit Nicolaï rentrer dans la chambre. Délaissant sa plume, elle lui fit un grand sourire et s’exclama :


" Ma sœur m’écrit de Trois-Chemins ! "


Elle devait être occupée à lui répondre, car, comme toujours, sa famille lui manquait. Elle n’aurait pourtant pas voulu être ailleurs que là où elle se trouvait. Elle le prouva d’ailleurs en allant déposer un baiser léger sur les lèvres de son époux.

" Les travaux avancent ? " enchaina-t-elle, sachant qu’il revenait du manoir.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mer 18 Mai 2011 - 14:46

Une semaine.

Déjà une semaine. C'est fou se que le temps avait put passer vite. Tout à fait dingue. Non mais vraiment. Qui aurait put imaginer que cela faisait déjà une semaine complète qu'ils étaient marié? Nicolaï n'en revenait toujours pas. Il avait épousé Aureane voilà une semaine. La vie avait repris son cour à Dyriet. Tout était comme avant si se n'est qu'à présent, il y avait une dame à Dyriet.

Ils étaient retourné vivre dans les dépendances comme avant la nuit de noce afin que cela ne soit pas gènant pour les travaux. Bien sur, Aureane et lui ne faisaient pas chambre à part et elle était venue dans la sienne, laissant celle qu'elle occupait alors à Clémence et Justine. Les trois troischeminoises étaient une véritable terreur de tout se qui pouvait être poussière, bestioles multipatesques, ou mauvaise cuisine. C'était tout à fait étonnant se qu'elles étaient capables de faire. En tout cas, se n'était ni Nicolaï ni les ouvriers du chantiers qui allaient s'en plaindre.

En même temps que la robe de mariée, Nicolaï avait commandé à la couturière d'Arcani deux autres parures. Toutes deux faisaient plus ''dame'' que les vêtements qu'Aureane portait d'habitude. Mauvaise menteuse et plus mauvaise dissimulatrice encore, Aureane n'avait pas un seul instant réussi à lui cacher qu'elle n'aimait pas porter ces robes. Elle les avaient enfilé le matin pendant quelques jours pour lui faire plaisir. Mais bien vite, elle les recouvraient d'un tablier ou allait se changer pour une de ses vieilles robes. Quelques jours plus tard, elle avait commencé à les oublier discrètement pour garder ses vieilles robes.

Nicolaï n'avait rien dit du tout. Il fallait dire qu'il s'y était peut-être prit un petit peu tôt pour les robes et que les vieux vêtements de la jeune femme correspondaient sans doute plus aux taches qu'elle se donnait. Donc cela ne servait pas à grand chose de lui dire de se changer si c'était ensuite pour la voir faire les sols avec une belle robe.

Les moments que Nicolaî préférait de loin étaient ceux où ils n'étaient que tout les deux. Quant elle arrêtait de le vouvoyer pour le tutoyer. Qu'elle venait dans ses bras et qu'ils échangeaient quelques baisers... et parfois plus.

S'il avait été surprit du cadeau de mariage qu'elle lui avait fait (un caillou quoi), mais il le gardait toujours sur lui. Hors de question qu'il s'en sépare. C'était apparemment quelque chose qu'elle avait mis beaucoup de temps et d'énergie à faire. Alors il ne s'en séparerait pas. Surtout que d'après se qu'elle lui avait dit. Il fallait vraiment aimer son époux pour que cela fonctionne. C'était un témoignage d'amour à la troicheminoise en quelque sorte. Une façon de dire à son époux qu'on l'aimait. Mais sans vraiment lui dire comme cela. Un peu compliqué à expliquer sans doute. Mais l'attention avait vraiment touché Nicolaï lorsqu'on lui avait expliqué cette coutume.

Aureane y accordait beaucoup de valeur. Et au fond, c'était cela qui importait. Pour se qui était du cadeau qu'il lui avait offert, il n'avait plus de soucis à se faire quant à savoir si elle l'aimait ou pas. Il la voyait tout les soirs rédiger quelques lignes dedans.

Ce soir là ne faisait pas exception et lorsque Nicolaï entra dans la chambre, elle était justement en train de se tuer les yeux pour écrire à la lumière faible d'un soleil plus que couchant afin de ne pas trop user de chandelles. Elle délaissa immédiatement sa plume pour venir droit sur lui avec un immense sourire.


" Ma sœur m’écrit de Trois-Chemins ! "

Ah? Bonne nouvelle. Il savait que sa famille lui manquait. Même si elle avait ici sa soeur et sa tante, se n'était tout de même pas tout à fait pareil et les nouvelles qu'elle pouvait recevoir de Trois-Chemins étaient toujours un vrai plaisir pour la jeune femme.

Et hop. En passant, elle déposa un baiser léger sur les lèvres de son époux.


" Les travaux avancent ? "

Nicolaï sourit et haussa les épaules en retenant la jeune femme contre lui pour lui déposer à son tour un baiser sur les lèvres. Se qu'il aimait faire ça? Et le meilleur était qu'elle était très loin de s'en plaindre. Bien au contraire. Si elle n'osait pas encore trop aller vers lui ou se lancer dans de grands élans sentimentaux, elle était loin de trouver déplaisant que lui le fasse.

« La deuxième chambre du premier étage est prête. Je pense que le manoir sera habitable pour l'hiver, dit doucement Nicolaï somme toute assez fier. »

Et hop, petit changement de sujet. Il était lui aussi impatient de savoir se qu'on leur avait écrit.

« Quels sont les nouvelles de Trois-Chemins? Guilaine s'est mariée? Tu me montre la lettre? »
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mer 18 Mai 2011 - 20:18

Nicolaï lui rendit son baiser, lui tirant un sourire ravi. Elle ne se souvenait pas s'être sentie aussi heureuse depuis longtemps... jamais elle n'avait été aussi heureuse, en fait. Elle aurait aussi bien pu passer son temps rien qu'avec lui, cela lui aurait suffi. Il finit tout de même par répondre, expliquant que les travaux avançaient petit à petit. L'annonce de l'hiver comme date butoir la fit hocher légèrement la tête. Pour être honnête, et cela le jeune homme le savait sans doute, elle était partagée sur la finalité des travaux.

" Bien, nous serons alors vraiment installés. "

D'un côté, elle avait hâte que tout soit terminé, ne serait-ce que pour avoir un peu de tranquillité et cesser de voir des ouvriers courir partout, même s'ils lui rappelaient les siens à Trois-Chemins et qu'elle se comportait avec eux de façon bien plus naturelle qu'avec Harnyl ou n'importe quel autre noble. Il y avait aussi le fait qu'elle voyait à quel point il était fier de cela, ce qui la remplissait de joie et qu'elle avait conscience que pour Nicolaï il était important d'avoir une demeure à la hauteur de son rang. Mais c'était bien là que le bât blessait : elle, elle se demandait qu'elle serait sa place dans cette nouvelle maison. Lorsqu'elle se rappelait cette chambre qui avait été celle de leur nuit de noces, elle se souvenait aussi qu'elle n'avait d'abord pas osé bouger. Et tout le reste... des pièces et des pièces qui seraient forcément meublées en conséquence ! Des cheminées dans lesquelles elle pouvait se tenir debout ! Tout cela lui donnait le tournis rien que d'y penser ! Alors, si pour Nicolaï elle espérait sincèrement que tout se terminerait rapidement, une partie d'elle-même se disait qu'elle préférait profiter de cette petite vie simple dans les dépendances. Évidemment, elle n'en avait rien dit à Nicolaï, mais il devait se douter de ce qu'elle ressentait.


Pour le moment, il changeait de sujet et elle lui lança un petit coup d’œil surpris lorsqu'il demanda à voir la lettre. Oh... c'était personnel, tout de même ! Pas qu'elles s'écrivent quoi que ce soit qui soit à cacher, mais elle doutait que Guilaine rédige les mêmes mots si elle savait qu'une autre que sa sœur pouvait les lire. Néanmoins, Aureane tendit la lettre à Nicolaï, docile : il ne lui serait pas venu à l'idée de protester. Elle commenta au passage :


" Guilaine ne s'est pas encore mariée, non, son fiancé est occupé à construire leur maison... Mais avec l'éclipse, les récoltes ont été désastreuses alors il faut travailler beaucoup plus et il n'a pas de temps à y consacrer. "


Les traditions étaient strictes : pas de maison, pas de mariage et étant données les circonstances familiales, le jeune homme était obligé de bâtir. Aureane soupira, dépitée pour sa sœur qu’elle savait grandement déçue :


" Ils n'ont pas le choix, le mariage est repoussé. "

C'était une mauvaise nouvelle, mais elle n'y pouvait pas grand chose, même si évidemment elle culpabiliserait d'autant plus lorsqu'elle mangerait à sa faim le lendemain. C'était un souci qui se représentait sans cesse. Elle savait que sa robe de mariage aurait représenté un véritable trésor au sein de sa famille. Mais ils hébergeaient déjà Clémence et Justine, elle ne pouvait pas en demander plus à Nicolaï. Déjà qu'il s'était marié sans qu'elle amène la moindre dot et que son trousseau devait sembler pitoyable aux yeux d'un noble ! Elle pourrait culpabiliser éternellement à ce sujet et, comme toujours, elle le repoussa dans un coin de sa tête, pour continuer plus joyeusement :

" Sinon, tout le monde va bien, le grand sujet de discussion, c'est que le p'tit Colin veut parcourir le monde et descendre dans le sud. Son père essaye de l'en dissuader, évidemment. "


Forcément, quitter le village représentait une absurdité pour les villageois. Sauf si c'était pour épouser un chevalier : là, quand même, ils comprenaient que ce n'était pas une mauvaise idée et depuis qu'Aureane avait eu droit à son conte de fée toutes les jeunes filles en rêvait pour elles-mêmes. Autant dire, qu'elles pouvaient toujours rêver mais que ça ne risquait pas de se représenter étant donné qu'elles restaient confinée à Trois-Chemins !

En tous cas, il y avait une différence notable dans le comportement de la jeune femme : depuis quelques temps, elle parlait beaucoup plus, plus librement du moins et si elle n'osait pas s'opposer en quoi que ce soit, elle paraissait enfin être elle-même. Même elle s'en rendait compte et avait l'impression de revivre. Elle rangea finalement tout son matériel d'écriture et entreprit de défaire sa longue natte pour se préparer à aller se coucher.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Jeu 19 Mai 2011 - 17:12

Une fois de plus, il remarquait qu'Aureane était partagée quant à la fin des travaux. Hésitant entre la joie et l'appréhension. Elle n'avait sans doute aucune raison de le faire. Mais elle avait tout de même peur. Lorsque les travaux à Dyriet seraient enfin terminé, il y aurait largement moins de mouvements. La plupart des ouvriers rentreraient chez eux et ne reviendraient pas pour un bon moment dans le manoir. Après tout, la tâche pour laquelle ils avaient été payé terminé, aucune raison de rester encore ici. Les alentours seraient alors plus calmes. Voir beaucoup plus calme. Se ne serait pas un mal d'ailleurs de pouvoir enfin se reposer au manoir.

Mais voilà... un manoir pour Aureane... elle n'était pas à l'aise avec cela. Sans doute parce qu'elle ne se sentait pas dans le rôle de la Dame de Dyriet. Elle avait l'impression que cela ne lui convenait pas et se demandait sans doute quel serait sa place dans ce nouvel univers où elle porterait de jolies robes dans une grande maison.

La jeune femme était à la fois anxieuse et joyeuse. Un curieux mélange. Il n'y avait pas vraiment quoi que se soit à faire en fin de compte si se n'est d'attendre et de voir se qui allait se passer. Surtout qu'il n'avait pas encore mis en œuvre une de ses idées. Le genre de bonnes idées bien inattendues qu'il avait de façon assez fréquente. Aureane risquait de trouver cela quelque peu inconfortable et serait loin d'être à l'aise. Mais au bout d'un moment, il allait bien falloir qu'elle s'y mette. Une Dame qui marche ou qui voyage cramponnée à son cheval comme une pauvre naufragée à une planche de bois, ça ne fait pas très sérieux tout de même.

Aureane parut quelque peu mal à l'aise lorsqu'il lui demanda de voir la lettre. Apparemment, elle n'avait pas très envie qu'il la voie. Mais comme toujours, elle se comporta en gentille petite épouse et lui tendit la lettre bien docilement... lettre que le jeune homme se contenta de garder dans sa main sans jeter le moindre regard à son contenu. Et de façon bien assez claire pour qu'Aureane le voie.

Et puis... elle lui faisait un résumé. Et en y réfléchissant, il n'avait pas besoin de la lire puisqu'elle lui racontait absolument tout se que la missive pouvait contenir.


" Guilaine ne s'est pas encore mariée, non, son fiancé est occupé à construire leur maison... Mais avec l'éclipse, les récoltes ont été désastreuses alors il faut travailler beaucoup plus et il n'a pas de temps à y consacrer. "

S'il ne se trompait pas dans les traditions, il fallait en effet que l'époux puisse fournir un toit à sa dulcinée pour que le mariage puisse être accepté. Alors s'il était obligé de la bâtir entièrement et que le temps lui manquait pour cela, cela signifiait donc que...

" Ils n'ont pas le choix, le mariage est repoussé. "

Aureane soupira avec un air tout à fait dépité. Elle avait été heureuse pour sa sœur d'apprendre qu'elle s'était mariée avec un certain Amaury. Le garçon n'avait laissé ni une bonne, ni une mauvaise impression à Nicolaï. Mais il avait beaucoup apprécié les quelques mots qu'il avait échangé avec Guilaine. Et puis, après tout, elle était aussi sa sœur à présent. Même s'il ne la connaissait pas trop. Alors c'était normal qu'il soit un peu peiné pour elle d'apprendre que son mariage devait être repoussé. Surtout qu'elle paraissait ravie du partit qu'avaient choisit ses parents pour elle.

Repoussant ses soucis loin dans un coin de sa tête où tout ses problèmes s'accumulaient, elle ne tarda pas à continuer sur une note plus joyeuse.


" Sinon, tout le monde va bien, le grand sujet de discussion, c'est que le p'tit Colin veut parcourir le monde et descendre dans le sud. Son père essaye de l'en dissuader, évidemment. "

Là Nicolaï ne put que se crisper légèrement. Colin voulait découvrir le monde et descendre dans le sud. Peut-être était-il trop paranoïaque, mais lui, il traduisait cette phrase par un: ''Colin veux venir à Dyriet.'' Disons que l'autre amoureux transit d'Aureane ne lui avait pas laissé se que l'on pourrait qualifier de ''bon souvenir'' lors de leur dernière rencontre. Très loin de là. C'était même à son sens quelque chose de tout à fait inverse et pour être honnête, le chevalier n'avait pas la moindre intention de voir débarquer l'autre truc à Dyriet.

Leur dernière discutions n'avait pas été cordiale. Loin de là. Et maintenant qu'il avait épousé Aureane, ses doutes sur le fait que Colin l'apprécie n'en étaient que renfoncé.

Souriant légèrement, Aureane rangea son matériel d'écriture et commença à défaire sa longue natte. Nicolaï quant à lui s'était débarrassé de ses bottes ainsi que d'autres encombrants vêtements pendant qu'elle parlait et était déjà prêt à aller se coucher. Il alla poser la lettre de Guilaine sans l'avoir lut à côté du matériel d'écriture d'Aureane et, se glissant dans son dos, prit la jeune femme dans ses bras. Juste pour le plaisir de la serrer contre lui...

… et de déposer quelques petits baisers dans son cou.


« Tu pense qu'il serait possible d'envoyer quelque chose ou quoi que se soit à Trois-Chemins pour aider Amaury et Guilaine, et ta famille aussi peut être, mais sans que cela ne les vexe? »

Doucement, le jeune homme tira un peu sur la chemise de nuit d'Aureane pour déposer quelques nouveaux baisers sur son épaule.
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Sam 21 Mai 2011 - 19:49

Nicolaï sembla se crisper légèrement à la mention du voyage de Colin, mais la jeune femme ne comprit pas réellement pourquoi : lui en voulait-il toujours de leurs légères altercations ? Elle n'avait pas vu la plupart des échanges qu'ils avaient pu avoir et ignorait à quel point le chevalier pouvait détester le paysan et inversement. Ou trouvait-il lui aussi que quitter Trois-Chemins était une mauvaise idée ? Selon les villageois, ce ne pouvait qu'être stupide d'agir ainsi. Pour être honnête, elle aurait été heureuse de revoir le jeune homme s'il décidait de descendre à Dyriet, mais elle se douta que ce genre de remarque serait malvenu. Et puis, pour le moment, Colin était bien le dernier de ses soucis, étant donné que Nicolaï s'était glissé dernière elle pour l'embrasser dans le cou.

Elle se laissa aller contre lui avec plaisir, alors qu'il lui proposait encore une fois d'aider sa famille. Le sujet avait déjà été abordé mais elle n'avait jamais osé y donner suite : il avait déjà fait tellement pour elle ! La différence sociale était trop grande, il faudrait bien qu’elle se résolve à l'accepter. Cependant, la question méritait réflexion, ils pouvaient peut-être faire quelque chose qui lui permette de moins culpabiliser, qui soit surtout utile à sa famille et qui ne coute pas beaucoup à Nicolaï. Elle prit néanmoins le temps de se retourner pour enlacer le jeun homme et déposer un long baiser sur ses lèvres.

" Peut-être pourrions-nous envoyer un peu de tissu, pour une robe neuve, à Guilaine. Le prix demandé ici me parait tout à fait accessible, alors que là-bas ce sera un présent magnifique. "

L'idée lui paraissait raisonnable et elle était certaine que Guilaine serait ravie. Et puis, un présent de mariage, cela se faisait, ça n'avait rien d'humiliant de l'accepter. Elle embrassa à nouveau Nicolaï, n'ayant visiblement rien contre le fait qu'il continue à tirer peu à peu sur sa chemise de nuit.


" Et... "

Elle s'interrompit, commençant à avoir du mal à réfléchir alors qu'il entreprenait de la déconcentrer ainsi en continuant ses baisers. Faisant un effort pour se remettre un peu les idées en place, elle reprit finalement :


" Et remercier mes parents pour l'accueil par un petit présent... Si c'est tourné ainsi, je pense que mon père ne s'en sentira pas offensé. "


La conversation s'arrêta là, Nicolaï étant manifestement plus intéressé par la confection de mini-Nicolaï et mini-Aureane que par les cadeaux pour son beau-père. A sa décharge, la jeune femme n'en pensait pas moins et ne fit rien pour l'en dissuader, s'abandonnant avec plaisir à ses caresses.

***

Ces sept dernières semaines avaient été paradisiaques, selon l'avis d'Aureane. Épuisée par le mariage, elle avait retrouvé un sommeil de plomb. Mais à présent qu'elle était enfin un peu reposée, ses cauchemars refaisaient peu à peu surface. Déjà la veille, Nicolaï avait sans doute remarqué qu'elle s'agitait dans son sommeil, mais cette fois, les rêves se firent plus précis.

Le sable s'étend à perte de vue, comme toujours. La chaleur est suffocante.
Nicolaï marche devant, elle distingue sa silhouette.
Un rire sardonique s'élève. Sa sœur.
Aureane essaye d'accélérer, mais en pure perte.
Le jeune homme s'éloigne de plus ne plus. Il est déjà si loin !
Le rire résonne dans ses oreilles.
Nicolaï... attends ! Les mots ne peuvent sortir de sa bouche déjà trop sèche.
Nicolaï... Elle ne le voit plus.
Elle va se retrouver seule.
Elle tombe brutalement à genoux dans le sable brulant.

" Nicolaï ! "

Aureane s'assit soudainement dans le lit, tremblante. Elle venait de hurler, à réveiller toute la maisonnée, sans aucun doute, mais elle ne s'en aperçut pas, complètement terrifiée. Il faisait noir, assez pour qu'elle sache qu'elle n'était plus dans le désert, mais l'impression était encore trop forte et elle n'arrivait plus à savoir où elle était. Les battements de son cœur étaient assourdissants.


" Nicolaï ? "

Elle avait murmuré, cette fois, d'une voix suppliante, écarquillant les yeux dans l'obscurité, comme si elle se demandait s'il était là où si elle était perdue toute seule au milieu de nulle part. On aurait dit qu'elle était soudainement revenue dans la folie qui l'avait suivie tout le temps de la traversée des terres stériles.


Dernière édition par Aureane KalonErc'h le Dim 17 Juil 2011 - 16:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Dim 22 Mai 2011 - 20:28

Doucement, la jeune femme se laissa aller contre lui alors qu'il l'embrassait doucement dans le cou.

Oui, bien sur. Il savait que se n'était pas la première fois qu'il lui proposait d'aider sa famille. Loin de là. Il l'avait déjà fait à trois reprises au moins. À chaque fois, la jeune femme avait plus ou moins refusé son aide, se sentant mal à l'aise par rapport à lui ou ayant l'impression que ses parents pourraient mal le prendre. Difficile à dire. Peut-être les deux d'ailleurs.

Doucement, la jeune femme se retourna pour venir l'embrasser doucement. Un long baiser, comme ils en échangeaient souvent à présent qu'ils étaient marié. Mais sans que tien n'en diminue le plaisir malgré le temps qui passait. Il aimait et rêvait toujours autant de l'embrasser ou de la serrer dans ses bras. Mais maintenant, il y avait une grosse différence. Maintenant, ce rêve devenait réalité lorsqu'ils étaient seul tout les deux. Il pouvait la tenir dans ses bras autant qu'il le souhaitait. Et personne n'avait rien à redire à cela. Ils étaient marié.


" Peut-être pourrions-nous envoyer un peu de tissu, pour une robe neuve, à Guilaine. Le prix demandé ici me parait tout à fait accessible, alors que là-bas ce sera un présent magnifique. "

Du tissus pour une robe. Oui, cela il pouvait tout à fait le faire. Et puis, se n'était pas si cher que cela pour lui. D'un autre côté, il avait vu à plusieurs reprises le comportement d'Aureane face à des robes neuve. C'était toujours avec un certain émerveillement qu'elle observait le vêtement. Se devrais sans doute être la même chose au moment où Guilaine recevrait le tissus. Certes, cela aurait été plus pratique d'envoyer la robe elle même. Mais une robe faite serait peut-être pour les Troicheminois quelque chose de trop précieux. Alors allons-y pour la robe.

Pendant ce temps, le jeune homme ne restait pas inactif. Loin de là. Aureane n'avait pas l'air contre le fait qu'il tire un petit peu sur sa chemise de nuit. Alors il ne s'était pas privé pour continuer à le faire... doucement.


" Et... "

Ah oui. C'est sur que d'avoir les mains de son époux qui tire doucement votre chemise de nuit pour vous l'enlever et pleins de baisers dans le coup et sur l'épaule, se n'est pas le top pour parvenir à réfléchir. Ni même à discuter d'ailleurs.

" Et remercier mes parents pour l'accueil par un petit présent... Si c'est tourné ainsi, je pense que mon père ne s'en sentira pas offensé. "

Aureane s'arrêtait de parler à ce moment là. Nicolaî avait, sans le faire exprès bien sur, doucement fait glisser l'autre bretelle de la chemise de nuit se qui avait eu pour effet malencontreux de faire tomber celle-ci sur le sol. Étrange les tournants que peuvent prendre les conversations. On était passé de la lettre que Guilaine leur avait envoyé de Trois-Chemins à l'agréable fabrication de mini-Nicolaï et mini-Aureane.

***

Nicolaï dormait tranquillement sous les couvertures, serrant Aureane dans ses bras. Pouvait-il y avoir un rêve plus aggréable? D'ailleurs le jeune homme n'arrivait toujours pas dans ces moments là à savoir s'il était éveillé ou non. C'était assez destabilisant. Plusieurs nuits, il était resté là, serré contre elle, juste à la regarder dormir. Elle avait l'air calme et serreine. C'était agréable de la voir ainsi. Des fois, elle faisait de petites grimaces ou émettait des sons qui devaient se rapprocher d'un ronronnement, se qui ne manquait pas de faire sourire Nicolaï.

Son sommeil avait été quelque peu agité la veille. Mais cette nuit, se fut pire.


" Nicolaï ! "

D'une détente, la jeune femme était assise sur le lit en hurlant, scrutant l'obscurité comme si elle recelait un monstre horrible et prêt à la dévorer d'un instant à l'autre.

" Nicolaï ? "

Se n'était plus un cris mais un murmure. Un simple souffle. Une supplique. Comme si elle craignait de l'avoir perdu à jamais. Que toute cette histoire n'ait été qu'un simple rêve. Qu'elle était encore à Trois-Chemins avec toute ses soeurs, prête à se marier à Colin et que ce chevalier qu'elle avait rencontré et qu'elle avait aimé n'ait été qu'un simple rêve.

Doucement, le jeune homme se redressa sur le lit pour s'y assoir à son tour.


« Aureane. Je suis là. Juste là. »

Doucement, il tendit une main vers elle et la posa sur son bras.

« Je suis là Aureane. »
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Lun 23 Mai 2011 - 16:25

La jeune fille lui jeta un coup d’œil hébété. Elle tremblait encore comme une feuille, incapable de reprendre emprise sur elle-même. Le sable… Elle regarda autour d’elle comme si elle se demandait ce qu’elle allait voir. Où était-elle ? La main de Nicolaï sur son bras la fit sursauter et elle hocha vaguement la tête pour acquiescer, mais sans vraiment savoir ce qu’il venait de dire. Le sable l’obsédait. Tout ce sable. Le sable. Il y avait du sable partout. Prêt à les engloutir. Peut-être avait-il eu raison de Nicolaï. Peut-être était-ce pour cela qu’il l’avait abandonnée ? Elle se reprit, malgré cette angoisse sourde qui ne voulait pas la quitter : non, il n’aurait jamais fait une chose pareille. Ce n’était qu’un rêve, rien de plus.

Pourtant, elle déglutit et serra son bras de toute ses forces en montrant la chambre de sa main libre :


" Le… le sable… partout… "

Parler la ramenait petit à petit à la réalité. Elle avait froid, tout à coup, se rendait compte qu’elle était trempée de sueur et grelottait. Comme trop souvent depuis qu’elle avait été guérie. Mais le cauchemar avait rarement été aussi violent. Peut-être était-ce parce que ses rêves l’avaient laissée en paix quelques temps. Ils revenaient par vagues et c’était pire lorsqu’ils avaient disparu un temps.


" Nicolaï… "


Elle ne savait plus vraiment ce qu’elle voulait dire, elle voulait juste s’assurer qu’il était bien là. Qu’il lui parle encore et la serre dans ses bras. Qu’il ne la laisse pas. Sa main agrippait toujours son bras frénétiquement, juste au cas où. Elle venait quand même de le voir disparaitre derrière les dunes, la laissant toute seule dans le désert. Se jetant finalement contre lui pour le serrer dans ses bras, elle murmura en bredouillant :

" Tu… tu ne m’abandonnes pas... hein ? "

Non, elle savait qu’il ne ferait jamais une chose pareille, mais elle venait de le vivre, ce qui n’en était pas moins perturbant. Elle se lova contre lui, continuant à observer la chambre avec de grands yeux, comme si elle s’attendait à voir surgir des monstres du désert. Elle avait perdu l’habitude de ces cauchemars qui étaient si fréquents. C’était toujours la même chose, le sable, encore le sable. Parfois, c’était pire, les rêves se mêlaient aux souvenirs refoulés qui la hantaient. Ces bribes la terrorisaient encore plus, elle avait l’impression de manquer sombrer dans la folie à chaque fois qu’elle se réveillait. C’était cela qui lui faisait le plus peur : perdre à nouveau l’esprit, dire des horreurs à Nicolaï et risquer de le perdre.


" Il y avait du sable… " répéta-t-elle d'une petite voix en cherchant du regard autour d’eux, comme si elle n’était pas encore certaine qu’il s’était agi d’un rêve.

Et si tout à coup des tonnes de sable se déversaient sur eux ? Non, elle n’était pas dans le désert : elle reconnaissait la chambre. Celle de Nicolaï, à Dyriet. La sienne aussi, à présent. L’impression d’abandon restait pourtant tenace, ce qui faisait qu’elle restait cramponnée au jeune homme, lui empêchant tout mouvement.

" Et après… il y avait une… caverne ? "


C’était autant une constatation qu’une question. L’idée avait été assez claire dans son cauchemar, mais elle se demandait à quel point cela pouvait avoir un rapport avec ce qu’ils avaient vécu. Y avait-il réellement eu une grotte ou quelque chose y ressemblant ? Ils n’avaient jamais pris vraiment le temps de parler de ce qui s’était passé. Aureane avait préféré oublier après avoir été aidée par Katalina. Mais après ses rêves, elle se posait toujours des questions. Forcément, lorsqu’elle avait été près de Clémence et Justine, elle les avait gardées pour elle et fait semblant de ne pas voir que sa tante lui donnait parfois un léger calmant avant qu’elle ne se couche. Mais cette histoire de caverne revenait de plus en plus souvent. Elle buttait dessus, sans savoir pourquoi.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Lun 23 Mai 2011 - 19:21

Aureane tremblait littéralement comme une feuille au point même que cela en devenait plus qu'inquiétant. Pour sa part, Nicolaï était un petit peu désemparé et ne savait pas s'il pouvait vraiment faire quelque chose. Il n'était pas certain d'avoir déjà vu la jeune femme dans un état pareil. Sauf lorsqu'elle était prise de ses crises de folies. Et c'était loin, vraiment très loin, d'être quelque chose qui le rassurait. Bien au contraire. Elle hochait la tête, mais il était clair pour quiconque la regardait qu'elle ne savait pas vraiment se à quoi elle venait de dire oui. Ni si elle avait même conscience qu'elle était en train de hocher la tête d'ailleurs.

Paniquée, elle s'accrochait à son bras aussi fort qu'elle en était capable et d'ailleurs, on ne croyait pas comme ça quant on la regardait, mais elle avait une sacrée force dans les bras la petite demoiselle. Et voilà qu'elle lui montrait le reste de la chambre de l'autre main.


" Le… le sable… partout… "

Le sang de Nicolaï se glaça instantanément dans ses veines. Elle... elle voyait du sable...

Est-ce qu'elle recommençait à délirer? Est-ce qu'elle était à nouveau sujette à ses crises de délires? Aureane avait visiblement froid et elle était en sueur. De quoi attrapé facilement une mauvaise maladie. Nicolaï quant à lui ressentait un grand gouffre se faire en lui.

Elle avait à nouveau des délires. Non... non pas encore.


" Nicolaï… "

La jeune femme serrait son bras aussi fort qu'elle en était capable et pour tout dire, cela faisait un peu mal. Aucune chance de se dégager. Il aurait fallut trancher le bras pour que le jeune homme pour qu'il puisse se libérer de l'éteinte. La situation de s'arrangea pas puis qu'elle se jeta finalement sur lui pour le serrer dans ses bras... l'empêchant un petit peu de respirer.

Ne sachant pas vraiment se qu'il fallait qu'il fasse, ni si elle avait encore toute sa tête, Nicolaï passa son bras autour des épaules de la jeune femme pour la serrer contre lui. Cela la rassurerait peut-être un peu de sentir qu'il était bel et bien là. Qu'il la tenait dans ses bras. C'était sans doute se qu'elle cherchait à obtenir.


" Tu… tu ne m’abandonnes pas... hein ? "

« Non... je reste avec toi. »

Aureane se lova doucement contre lui tout en fixant tout se qui l'entourait avec des yeux immenses, comme si elle tentait de distinguer des monstres qui seraient resté caché dans l'obscurité tout ce temps et se tenaient prêt à lui bondir dessus d'un moment à l'autre. Si elle avait rêvé des Terres Stériles, Nicolaï avait une petite idée du visage que pouvait avoir les créatures qu'elle craignait présentement de voir surgir. Son bras droit en gardait le souvenir.

" Il y avait du sable… " répéta-t-elle à nouveau.

Elle devait bien se rendre compte que non, il n'y avait rien du tout autour d'eux. Pourtant, quelque chose l'empêchait de se calmer, la faisant de cramponner férocement à Nicolaï.


" Et après… il y avait une… caverne ? "

Nicolaï déglutit. La caverne... comment pouvait-il l'oublier. Il se demandait qui d'eux deux était le plus chanceux. Aureane qui avait tout oublié ou presque... ou lui qui devait se rappeler de tout. Aussi bien de passage légèrement amusant comme les séances de tressage de chevaux à ceux qui l'étaient beaucoup moins... comme le fameux passage dans cette caverne.

Le jeune homme ne savait pas trop quoi faire. Il se contenta de hocher légèrement la tête.


« Oui, il y a eu une caverne... avant le désert... »

Il laissa sa phrase en suspens, ne sachant pas vraiment quoi lui dire. Pas sur que la pure et simple vérité suffise. Ou en tout cas, pas sur qu'elle soit agréable à entendre pour elle. En tout cas, Nicolaï n'avait pas la moindre envie d'évoquer le sujet. Si elle tenait vraiment à savoir, il le lui dirait. Mais la vérité n'était pas plaisante à entendre et en tout cas, surtout pas dans un moment pareil.

Doucement, Nicolaï commença à bercer Aureane, la gardant serrée dans ses bras et en lui caressant doucement ses longs cheveux.


« Tout cela est fini... tu es avec moi, à Dyriet... c'est fini... je ne te laisserais pas. »

Une toute petite hésitation sur le dernier mot. Il avait faillit dire: ''plus''. Mais vu l'état dans lequel elle se trouvait, pas certain qu'elle ait vu la moindre différence.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mar 24 Mai 2011 - 16:31

Entendre le jeune homme confirmer qu’il était bien là et ne l’abandonnait pas, détendit légèrement Aureane. Bien-sûr qu’il restait près d’elle. Évidemment. Qu’était-elle allée imaginer ? Elle se calma un peu, même si elle continuait à scruter l’obscurité, au cas où. Les images de son rêve, ou celles des cauchemars précédents lui revenaient, elle avait l’impression de voir danser des monstres dans chaque ombre. Ses doigts effleurèrent les cicatrices sur le bras de Nicolaï alors qu’elle prenait conscience pour la première fois du lien qu’il y avait avec ce qu’ils avaient vécu. Tout cela restait bien vague, mais était d’autant plus poignant. Elle savait pourtant qu’il n’y avait aucune raison pour que du sable déferle tout à coup dans la chambre, elle avait toute sa tête à présent, du moins elle l’espérait. Non, ils étaient bien en sécurité, c’était terminé.

Elle finit pourtant par reprendre la parole, tourmentée par elle ne savait quel détail, et sentit Nicolaï se raidir à la mention de la caverne. Relevant les yeux vers lui pour observer son visage dans le noir, elle hésita un instant. Qu’avait-elle dit qui justifie une telle réaction ? Elle savait qu’il n’aimait sans doute pas plus qu’elle évoquer ce passage de leur passé, mais pour elle tout ce qui avait trait à leur voyage chez les drows et leur fuite se valait. Tout était plus ou moins aussi confus, sans queue ni tête, les détails les plus vivants n’étaient pas forcément les plus importants. C’était comme un long cauchemar sans fin. De fait, il n’avait réellement pas de fin étant donné qu’elle en rêvait toutes les nuits.


" Oui, il y a eu une caverne... avant le désert... "

Il y avait donc bel et bien eu une caverne, de cela elle était à présent certaine, même si elle l’avait mal située par rapport au désert. Mais le jeune homme ne lui disait pas tout, loin de là, elle le connaissait assez pour en être certaine. Il avait dû se passer quelque chose. Mais quoi ? Et surtout, est-ce que cela valait la peine qu’elle cherche à le découvrir ? Certes, c’était peut-être la clef de ses cauchemars, mais c’était peut-être aussi mieux de tourner la page ? Réfléchissant à cela, elle se calma peu à peu alors que Nicolaï passait sa main dans ses cheveux. Ces gestes de tendresse, elle les adorait et elle aurait pu passer sa vie ainsi.


" Tout cela est fini... tu es avec moi, à Dyriet... c'est fini... je ne te laisserai… pas. "

Il avait eu une hésitation, mal placée, ou alors elle avait rêvé. Tout comme elle se demandait s’il n’avait pas cherché ses mots. En tous cas, elle sentait planer comme un non-dit et ne parvenait pas à s’en détacher. Le silence retomba alors qu’elle continuait à observer la chambre. Elle se sentait toujours légèrement oppressée : on ne se réveillait pas si facilement d’un de ses cauchemars encore moins lorsqu’ils étaient aussi réalistes. Mais au moins, elle ne le serrait plus aussi fort dans ses bras, se contentant de s’y blottir, à présent, appréciant qu’il continue à lui caresser les cheveux. Elle se sentait en sécurité près de lui. Déjà à l’époque, dans les égouts, elle avait été soulagée de le voir, lui et pas un autre. Après coup, elle s’était demandée comment elle avait pu se laisser aller à pleurer dans ses bras, mais à présent, cela ne l’étonnait plus. Avec lui, c’était déjà différent, elle avait l’impression qu’il pouvait la protéger de n’importe quel danger.

Et elle s’exprimait même librement, à présent – enfin, aussi librement qu’une Aureane pouvait le faire. Elle osa même murmurer :


" Tu m’as dit un jour qu’il ne faut pas garder ses soucis pour soi. "


Elle l’invitait ainsi à lui dire enfin ce qu’il taisait, mais sans l’y forcer. Elle respecterait son silence s’il jugeait qu’il était préférable de ne rien dire. Ce n’était pas elle qui forcerait qui que ce soit à parler. D’ailleurs, elle se sentait beaucoup mieux, même si elle n’avait pas l’air décidée à le lâcher. Peut-être profitait-elle un peu de la situation, soyons honnête. Elle finit tout de même par demander timidement :


" Nicolaï… tu veux bien allumer la lumière ? "


Elle s’écarta un peu pour lui laisser la possibilité de bouger, n’osant pas elle-même sortir du lit pour allumer la chandelle. Chasser un peu cette obscurité ne serait pas de refus. Et puis, la question permettait à Nicolaï, s’il le souhaitait, d’éluder la précédente qui avait été posée implicitement. Dès qu’elle le pu, elle se serra à nouveau dans ses bras et hasarda même un petit sourire. Oui, elle se sentait beaucoup mieux, à présent. C’était étrange comme elle pouvait se trouver stupide après avoir paniqué pour un simple rêve. Et pourtant, à chaque fois, l’impression de terreur était si tenace qu’elle mettait du temps à s’en remettre. A présent qu’elle se sentait mieux, elle revenait évidemment à des préoccupations plus terre à terre.

" Je t’ai réveillé… "
constata-t-elle, dépitée.

Elle ne s’excusait pas, parce qu’elle savait qu’il n’aimait pas cela, mais c’était tout comme. Si ses cauchemars recommençaient, alors ils allaient passer de bien mauvaises nuits.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mar 24 Mai 2011 - 18:43

Le boutre tirait lentement des bords pour rester au plus près de la côte malgré le vent contraire. Les marins devaient, depuis le crépuscule, monter régulièrement dans la mature afin de prendre des ris, et les grincements du mat indiquaient clairement que le navire souffrait du traitement qu’on lui faisait endurer. S’il n’en avait tenu qu’à lui, Jav’Hen aurait remis le cap au large afin de trouver des vents plus favorables, mais ses ordres étaient formels : il devait longer la côte jusqu’à trouver leur employeur qui les attendrait sur une plage discrète encadrée par de hautes falaises.

Pour autant, le pirate ne se sentait pas à l’aise. Les patrouilles de la marine ysarainne quadrillaient la mer, et si l’obscurité leur permettait de se fondre dans les ombres de la côte, il tressaillait à chaque fois qu’une voile claquait bruyamment, redoutant que le bruit ne soit entendu par une patrouille. Les gardes auraient beau jeu alors de foncer jusqu’au port de guerre d’Ysari d’où ils pourraient prévenir l’amirauté de la présence d’un navire voguant tous feux éteints. Et se retrouver acculer au vent d’une côte face à un navire de guerre ne pouvait que signifier la fin de l’aventure pour le boutre.

Ouvrant délicatement la lanterne sourde, Jav’Hen jeta un regard à la carte et grommela. Oui, ils devaient se trouver à peu près au bon endroit, la pointe de la Malouine se dessinait devant eux, reconnaissable à sa forme bien particulière qui donnait l’impression qu’un géant l’avait tranché avec une hache. Normalement, la petite anse qui se cachait derrière serait leur point de rendez-vous. Comme pour confirmer ses suppositions, une petite lueur perça les ténèbres, s’allumant puis s’éteignant à trois reprises. Le signal attendu…

Ordonnant de se mettre au près serré, le capitaine pirate descendit dans les fonds, là où attendait son « passager ». Ils l’avaient embarqué à Thaar et depuis l’homme n’avait pas prononcé plus de trois mots. Tout ce qu’ils savaient de lui était son nom : Verness. Durant toute la traversée, il s’était retranché à fond de cale, et lors de ses rares sorties, une lourde cape à capuchon et des vêtements épais masquait intégralement ses traits. Mais quelques jours plus tôt, Jak’Ven avait réussi à le croiser à un moment ou le capuchon ne masquait qu’imparfaitement le visage de ce mystérieux passager.

La capitaine aurait juré qu’il transportait un drow ! Si la présence de ces maudits sombres à Thaar ne choquait personne, pourquoi l’avoir payé afin qu’il l’amène jusqu’à Ysari ? Pourquoi son employeur désirait-il s’acoquiner avec un membre de cette race haïe à travers tout le royaume ? Les questions tournaient en rond dans l’esprit du pirate qui ne savait trop qu’en penser. Mais le plus vite il en aurait fini avec cette mission, le mieux cela serait pour lui.

Lorsque Jak’Ven, suivi de l’inconnu, retourna sur le pont, il vit avec satisfaction que la chaloupe se trouvait déjà le long du flanc du boutre. Par intermittence, le signal sur la plage se rallumait brièvement afin que les pirates puissent souquer dans la bonne direction. Les rames s’abattirent dans l’eau et la chaloupe s’éloigna à vive allure. Les yeux plissés pour tenter de percer les ombres, Jak’Ven vit son passager arriver sur la plage où l’attendaient plusieurs personnes. Sans attendre plus longtemps, la chaloupe reprit la direction du navire, et quelques minutes plus tard, toutes voiles dehors, le boutre pirate s’éloignait de la côte.

Sur la plage, les silhouettes s’étaient déjà fondues dans l’ombre.

_________________
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mer 25 Mai 2011 - 16:26

Auréane se calmait petit à petit alors qu'il caressait ses cheveux. Il savait que ce geste tout simple marchait très bien pour lui permettre de se détendre. Mais aussi qu'elle appréciait qu'il le fasse. Simplement parce qu'elle trouvait cela agréable. Elle continuait à regarder autour d'elle avec une certaine peur et une certaine appréhension, mais au moins, elle n'était plus en train de trembler comme une feuille en s'agrippant de toutes ses forces à lui. Elle se détendait un petit peu.

Petit à petit, alors qu'elle se détendait, Aureane en venait à plus se blottir contre lui qu'à vraiment s'accrocher comme si sa vie en avait dépendu. Elle n'était plus aussi tendue et savourait les petites attentions de son époux, tranquillement lovée contre lui.

Elle se détendit au point qu'elle osa murmurer quelques mots.


" Tu m’as dit un jour qu’il ne faut pas garder ses soucis pour soi. "

Alors ça par contre, c'était vicieux. Elle retournait ses propres conseils contre lui. Arf. Elle avait apprit la petite Aure. En tout cas, l'argument avait fait mouche. C'était certain. C'est vrai. Il ne fallait pas être hypocrite non plus. Comment pouvait-il lui dire qu'il fallait qu'elle fasse tel ou tel chose parce qu'elle ne pourrait que mieux s'en porter alors que lui même ne suivait pas ses propres conseils? D'un autre côté, il n'avait pas vraiment envie de lui dire se qui s'était passé ce soir là dans cette grotte.

Et puis lui dire quoi? Qu'il avait craqué? Qu'elle avait dit des choses horrible et qu'il avait fini par lui dire qu'il ne voulait plus la revoir? Pas certain que cela puisse lui faire du bien. D'un autre côté, peut être que cela le soulagerais lui d'en parler enfin. Il n'avait pas un seul instant voulut évoquer ce voyage avec qui que se soit de peur qu'on ne découvre se qu'il cachait comme un secret honteux et qu'il n'avait en réalité confié qu'à Aureane. Cela pourrait le soulager d'en parler enfin. D'un autre côté, Arcam seul savait se que ce récit aurait comme effet sur la jeune femme. Difficile à dire.

Devant le silence qu'il lui opposait pour l'instant, Aureane se remis à parler doucement.


" Nicolaï… tu veux bien allumer la lumière ? "

Aureane s'écarta un petit peu et Nicolaï quitta le lit. Il ne savait toujours pas s'il devait dire à Aureane se qui s'était réellement passé ou pas. Dans tout les cas, il allait déjà commencer par allumer cette foutue chandelle. Se serait déjà un premier point. Et puis, cela restait une porte de sortie. Il pouvait se contenter d'ignorer la question à peine voilée qu'elle venait de lui poser, ne plus y faire attention et se serait tout.

D'un autre côté, il sentait quant même, bien qu'un peu confusément, qu'il devrait un jour ou l'autre raconter se qui s'était passé à quelqu'un. Raconter ce voyage abominable. Et d'une certaine façon, s'il devait finir par le faire, autant qu'il le raconte à Aureane. En elle il avait confiance.

La lumière allumée, Nicolaï retourna dans le lit où Aureane ne tarda pas à se blottir à nouveau dans ses bras, essayant même de produire un petit sourire.


" Je t’ai réveillé… " constata-t-elle avec un air dépitée.

« Ce n'est rien, murmura-t-il. »

Le jeune homme lui sourit et déposa un léger baiser sur son front. Aureane... l'art de s'excuser sans formuler la moindre excuse en réalité.

Nicolaî prit une grande inspiration. Comme s'il allait sauter dans le vide se qui, de son point de vue, n'était pas particulièrement différent de se qu'il allait faire. Puis, il commença à parler, caressant doucement les cheveux d'Aureane. D'une voix rassurante, comme s'il avait peur que se qu'il allait dire ne la fasse paniquer.


« Si c'est important pour toi, je veux bien te raconter, dit-il doucement. Mais tu risque de ne pas aimer se que tu entendras. Es-tu sure de vouloir savoir? »

Tant qu'on ne savait pas, on pouvait toujours se bercer d'illusion, rester innocent. Mais une fois que l'on savait, il était bien trop tard. Et impossible de faire machine arrière.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mer 25 Mai 2011 - 19:48

Aureane garda le silence un long moment avant de se décider à répondre. Elle avait même fini par fermer les yeux pour profiter de la chaleur de Nicolaï, rassurée par la lumière. Elle entendait les battements de son cœur et sentait ses doigts dans ses cheveux. Si elle avait pu, elle n'aurait plus pensé qu'à cela. Mais il y avait manifestement quelque chose qu'il lui cachait, pour son bien semblait-il. Quelque chose qu'elle avait sans doute bien fait d'oublier. Cela n'aurait tenu qu'à elle, elle n'aurait rien demandé : il lui paraissait parfaitement normal qu'un mari puisse avoir es secrets vis à vis de sa femme. Oui, mais ses cauchemars l'y ramenaient de plus en plus fréquemment. Elle se demandait même si tôt ou tard elle ne comprendrait pas par elle-même.

Elle soupira finalement et murmura doucement en restant tout contre lui :


" Je ne sais même pas ce que je veux savoir... "


Alors comment pouvait-elle poser des questions ? Elle avait l'impression de naviguer en aveugle, quitte à s'échouer sur des récifs. Nicolaï ne pouvait pas grand chose pour elle tant qu'elle ne lui en disait pas plus. Elle resta donc blottie dans ses bras en poursuivant :

" Je ne me souviens plus, mais une partie de moi n'a rien oublié, je le sens. Même...
elle se raidit un instant, même les drows. Tout cela revient plus ou moins confusément durant la nuit. Il y a certaines choses dont je ne veux pas me rappeler. Cette simple pensée me rend malade... "

Comme lorsqu'elle avait cru qu'il exigeait des détails durant la nuit de noces. Elle était incapable de lui en donner, bien-sûr, mais surtout elle ne le souhaitait pas, se sentant envahie par la panique rien qu'à l'évocation de ce qui avait pu se passer. Rien de trop grave, les dieux soient loués, mais elle avait tout de même ces bribes de souvenir en horreur. Quand elle en rêvait, c'était pire que tout... mais heureusement, depuis qu'elle savait ce qu'il en était, elle sentait que les cauchemars sur ce thème se feraient moins pressants.


" Mais il y en a d'autres sur lesquelles je bloque. J'y reviens sans cesse, jusqu'à me souvenir de façon plus précise. "


Elle haussa vaguement les épaules : ce n'était pas toujours pénible, mais c'était épuisant. Le souvenir flottait à la limite de sa conscience jusqu'à la rendre folle de ne pouvoir le préciser. Cela devenait une obsession qui revenait toutes les nuits jusqu'à enfin devenir légèrement plus clair.

" Avant notre mariage, ce qui me revenait sans cesse, c'était ce moment où...
elle rougit légèrement, où tu m'as embrassée. Je n'ai pas réussi à rêver d'autre chose tant que je ne m'en suis pas souvenu clairement au réveil. C'est étrange... mais au moins c'était un souvenir heureux. "

Elle lui sourit à cette pensée qui restait pourtant très vague et poursuivit, mais plus sombrement :

" Là, je rêve de plus en plus d'un moment que je sais être suivi par une caverne. Et je sais que quelque chose s'y est produit. Je me réveille avec le sentiment oppressant que je vais être seule pour toujours, elle le serra un peu plus fort dans ses bras et son débit s'accéléra, et que je ne veux pas aller dans cette caverne ! "

Elle lui disait cela presque comme s'il pouvait décider de l'en empêcher ou de l'y envoyer... En reparler lui coûtait, apparemment, mais elle se força à continuer, essayant d'empêcher sa voix de trembler.


" Je crois que le rêve avancera tôt ou tard... mais je ne suis pas certaine que je veuille entrer là-dedans. "


Il y avait une nuance de panique dans sa voix. Non, si elle avait pu choisir, elle aurait vraiment tout oublié et tiré un trait sur le passé. Mais ce sable qui tournoyait autour d'une caverne... c'était toujours confus et pas forcément fidèle à la réalité, mais cela la poursuivait. Elle essaya de se calmer sans grande réussite et conclut :

" Je ne sais pas si je veux en savoir plus... j'aimerais tout oublier, vraiment... mais je ne peux pas. Nicolaï... "

Elle se redressa, le regardant d'un air perdu :

" Je ne sais pas... je te fais confiance. "

Elle s'en remettait à lui, une nouvelle fois. Qu'il choisisse ce qui lui paraissait le mieux, quelque soit son choix, elle ne lui en voudrait pas, elle en était certaine. Qu'il choisisse aussi ce qui était le mieux pour lui, elle ne voulait pas le faire souffrir par sa faute.

" Fais comme tu préfères, " souffla-t-elle finalement en reposant sa tête contre lui.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Jeu 26 Mai 2011 - 13:55

Quelle poisse. Maudissant les cinq Dieux et les facéties du destin, Jak’Ven brailla quelques ordres afin que ses hommes hissent plus de toile. De la vitesse, oui, il leur fallait absolument de la vitesse pour espérer s’échapper. Pourtant jusqu’à l’aube tout semblait se dérouler selon leurs plans… ils avaient déposé leur passager à l’endroit prévu et comptaient reprendre la direction de Meca afin d’y passer tranquillement les mois d’hiver, leur boutre ayant bien besoin d’un calfeutrage.

Mais voilà… à l’aube, une galée battant pavillon ysarain avait surgi à l’Ouest, leur barrant la route. Conscient que le combat ne serait pas équitable, les pirates avaient viré lof-pour-lof et tenté de s’enfuir. Mais si le boutre pouvait remonter au vent nettement plus vite que la galée, le vent justement venait de tomber, et les rames de la galée battant désormais les flots à pleine cadence, raccourcissaient rapidement la distance séparant les deux navires.

Déglutissant, Jak’Ven compta le nombre de rangs de rameurs. Vingt-quatre apparemment. Un seul navire dans ces eaux pouvait correspondre à cette description, il s’agissait du Lys Noir. Autant dire qu’en ne comptant que les soldats embarqués, cela donnait un avantage numérique à leur adversaire de plus de deux contre un. Un juron aux lèvres, le pirate leva désespérément les yeux au ciel, cherchant un souffle d’air, aussi tenu soit-il.

Mais la mer Olienne est capricieuse, et si les marines y ont surtout été équipées de navire à rames, il s’agissait avant tout de contrer ces interminables calmes plats. Peu avant que le soleil arrive au zénith, la galée se retrouva à portée de tir et ses catapultes ouvrirent le feu, déchirant les voiles du boutre qui pendaient mollement. Lorsque le capitaine du Lys Noir estima se retrouver face à un adversaire suffisamment désemparé, il ordonna l’assaut.

La courte bataille qui s’en suivit n’en avait que le nom, tant les pirates se retrouvèrent rapidement écrasés sous le nombre. Jak’Ven fut l’un des premiers touchés, une flèche lui transperçant la cuisse. La mise hors combat du capitaine sonna le glas des derniers espoirs pour son équipage, et si certains tentèrent de résister, d’autres se rendirent, espérant secrètement être libérés en échange d’un témoignage à charge contre leurs congénères.

Lorsque le Lys Noir reprit la direction de la côte, tirant derrière lui par une amarre le boutre gravement endommagé, seuls six pirates avaient survécu. Enchainés à fond de cale, ils ne pouvaient que se morfondre sur leur sort, le capitaine ayant clairement rejeté toute proposition de coopération. Peu avant son départ pour Langehack, le baron avait en effet convoqué ses capitaines à l’amirauté afin de les encourager à ne faire preuve d’aucune pitié envers les pirates capturés.

Le soir venu, et alors que la côte d’Ysari apparaissait à l’horizon, le second du Lys Noir vint saluer son capitaine.


Que faisons-nous désormais ?
Nous allons jeter l’ancre au large du cap de la Malouine. Il y a au bout de la pointe un gibet pour les pirates.

Oui, décidément, le destin est facétieux… la dernière vision des pirates avant que le nœud coulant ne se resserre sur leur cou serait la petite crique où ils avaient déposé la veille le nécromancien.

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Jeu 26 Mai 2011 - 18:14

La jeune femme semblait rassurée de la lumière qui se trouvait dans la pièce. Peut-être bien autant que les bras de son époux. Au moins maintenant, elle ne tenterait plus de deviner se qui se trouvait dans la chambre, tremblant à chaque fois qu'une ombre bougeait très légèrement pour une raison quelconque.

Les yeux clos, la jeune femme soupira avant de prendre la parole, doucement, restant serrée contre lui, juste au creux de ses bras comme elle aimait tant se placer.


" Je ne sais même pas ce que je veux savoir... "

Avec ça, ils étaient bien avancé tout de même. Il fallait l'avouer. Entre lui qui ne savait pas si c'était une bonne idée de lui raconter ou pas et elle qui ne savait pas se qu'elle voulait savoir, ni si elle voulait le savoir, ils étaient bien partit tout les deux. Encore une fois, ils se retrouvaient dans une impasse. Comme pendant leur nuit de noce. Lui n'osant pas la forcer et elle n'osant pas prendre d'initiative. Non, vraiment, ils étaient tout les deux bien partit.

Heureusement, Aureane décida de continuer à parler, essayant de clarifier un petit peu la situation ou au moins, de dire se qu'elle désirait savoir et se sur quoi elle se posait des questions.


" Je ne me souviens plus, mais une partie de moi n'a rien oublié, je le sens. Même... même les drows. Tout cela revient plus ou moins confusément durant la nuit. Il y a certaines choses dont je ne veux pas me rappeler. Cette simple pensée me rend malade... "

Elle était sans doute incapable de lui donner plus d'explication que cela. Et d'un autre côté, il n'avait pas la moindre envie de lui en demander. Il suffisait de voir la façon dont elle s'était tendue lorsqu'elle avait prononcé ces quelques mots pour comprendre que parler de cela plus que nécessaire n'était pas vraiment la meilleure idée qui puisse être.

Et plus elle parlait, moins Nicolaï avait envie de lui raconter se qui s'était passé dans la grotte. Elle paraissait bien assez traumatisée comme cela. Pas la peine d'en rajouter plus encore alors que c'était totalement inutile.


" Mais il y en a d'autres sur lesquelles je bloque. J'y reviens sans cesse, jusqu'à me souvenir de façon plus précise. "

Elle haussa doucement les épaules, l'air un peu dépité et impuissante face à la situation dans laquelle elle se trouvait. En tout cas, il comprenait se qu'elle pouvait ressentir. Il l'avait longtemps ressentit lui aussi. C'était comme si on avait un voile sur son passé. Qu'on ne pouvait savoir se qui se trouvait là derrière. Et puis, par la suite, on en rêvait. On en rêvait, mais, au matin, impossible de mettre le doigt dessus et le rêve vous échappait. Ne laissant derrière lui qu'un intense sentiment de frustration.

Bienvenue dans le cauchemars quotidien de ton époux Aureane.


" Avant notre mariage, ce qui me revenait sans cesse, c'était ce moment où... où tu m'as embrassée. Je n'ai pas réussi à rêver d'autre chose tant que je ne m'en suis pas souvenu clairement au réveil. C'est étrange... mais au moins c'était un souvenir heureux. "

La jeune femme sourit légèrement avant de poursuivre d'un air un petit peu sombre:

" Là, je rêve de plus en plus d'un moment que je sais être suivi par une caverne. Et je sais que quelque chose s'y est produit. Je me réveille avec le sentiment oppressant que je vais être seule pour toujours et que je ne veux pas aller dans cette caverne ! "

Aureane était loin d'être à l'aise. Cela lui était désagréable de parler à nouveau de cela. Elle ne voulait de toute évidence pas trop aborder le sujet. En tout cas, aussi peu que possible. Pourtant, elle avait également la volonté d'aller jusqu'au bout. Elle voulait savoir. Mais n'osait pas le dire. Et bien qu'elle tentait de ne pas le montrer, quelqu'un d'aussi habituer que Nicolaï à l'entendre parler percevait sans mal les légers tremblements dans sa voix.

" Je crois que le rêve avancera tôt ou tard... mais je ne suis pas certaine que je veuille entrer là-dedans. "

Elle était paniquée à la simple idée de se que son rêve pouvait lui faire découvrir. Nicolaï la sera un petit peu plus dans ses bras pour tenter de la rassurer, mais sans vraiment y parvenir.

" Je ne sais pas si je veux en savoir plus... j'aimerais tout oublier, vraiment... mais je ne peux pas. Nicolaï... Je ne sais pas... je te fais confiance. "

A nouveau, comme à chaque fois, elle s'en remettait entièrement à lui pour prendre une décision sur se qui allait suivre. Et honnêtement, il ne savait pas vraiment se qu'il allait faire pour le moment.

" Fais comme tu préfères, " souffla-t-elle en reposant sa tête contre lui.

Nicolaï continuait à caresser les cheveux d'Aureane. Que faire? Elle craignait de fermer les yeux car à chaque instant, un cauchemars horrible menaçait de débuter pour elle. Alors que faire? Que pouvait-il faire? Il n'était pas certain que lui raconter soit une bonne idée. Mais d'un autre côté, elle souffrait déjà... peut-être valait-il mieux mettre fin à ce carnage insensé dans les nuits de la jeune femme.

« Dans la grotte... nous avions un guide. Un drow appelé Jes'Kar. Il avait pour mission de nous ramener à Thaar. On s'était arrêté pour se reposer et passer la nuit. »

Nicolaï fit une pause pour rassembler ses pensées et chercher comment amener la chose.

« Je ne sais pas se qui s'est passé, mais lorsque tu as vu le drow, tu as été terrifiée. Totalement terrifiée. Est-ce que c'était parce que tu délirais plus que d'habitude ou que tu étais un peu plus lucide, je ne sais pas. J'ai essayer de te calmer. »

Le jeune homme baissa la tête, l'air grave.

« Mais ça n'a pas du tout fonctionné. Tu as pensé que je t'avais trahis et vendue aux drows... »
Il y eu un nouveau moment de silence avant qu'il ne reprenne.

« Je me suis énervé et... je pense que je t'ai dit que je ne voulais plus te revoir. »

Nicolaî serra la jeune femme dans ses bras comme pour lui assurer qu'il ne le voulait plus. Comme si tout se qui s'était passé depuis ne le prouvait pas assez.

« Désolé Aureane. »
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Sam 28 Mai 2011 - 16:01

Aureane eut l’impression que le silence durait indéfiniment. Nicolaï garderait donc pour lui ce qu’il savait… c’était sans doute mieux. Enfin, elle n’en était pas sûre, mais, comme elle le lui avait dit, elle lui faisait confiance. S’il pensait que c’était la bonne solution, sans doute avait-il raison. Il se remit pourtant à parler alors qu’elle ne s’y attendait plus.

« Dans la grotte... nous avions un guide. Un drow appelé Jes'Kar. Il avait pour mission de nous ramener à Thaar. On s'était arrêté pour se reposer et passer la nuit. »


Elle ne s’en souvenait pas. Elle se rappelait de la grotte, des sombres, mais tout était mélangé sans avoir vraiment de sens. En même temps qu’ils aient pu être guidés par un drow ne paraissait pas plus cohérent. Elle hocha néanmoins la tête pour indiquer qu’elle avait compris et qu’il pouvait poursuivre.

« Je ne sais pas se qui s'est passé, mais lorsque tu as vu le drow, tu as été terrifiée. Totalement terrifiée. Est-ce que c'était parce que tu délirais plus que d'habitude ou que tu étais un peu plus lucide, je ne sais pas. J'ai essayé de te calmer. »

Aureane ne dit rien, gênée. Bien-sûr qu’elle avait dû paniquer en voyant un drow, ça n’avait rien d‘extraordinaire ! Un drow, quoi ! Un tueur sanguinaire et sans scrupule ! Etre guidée par un sombre, c’était se jeter dans la gueule du loup ! Comment aurait-elle pu réagir autrement ? Elle imaginait bien Nicolaï essayant de la calmer. Elle eut même vaguement l’impression de se rappeler mais elle aurait été incapable de dire si elle s’inventait cela ou si c’était de réels souvenirs. En tous cas, elle comprenait à présent pourquoi elle faisait un blocage sur la grotte : faire une telle découverte, se savoir à la merci d’un drow alors qu’ils étaient censés s’échapper avait dû être un choc pour elle. Mais elle ne comprenait pas pourquoi Nicolaï avait autant hésité à le lui raconter. Compte tenu de tout ce qu’ils avaient vécu, ce n’était pas si terrible à présent. Pourtant, on aurait dit qu’il s’en voulait et surtout craignait sa réaction.

« Mais ça n'a pas du tout fonctionné. Tu as pensé que je t'avais trahie et vendue aux drows... »

La jeune femme sursauta et se détacha de lui pour le dévisager, incrédule.

« Comment ? »


Non… elle n’avait pas pu lui dire une chose pareille ! Pas à lui ! Pas après ce qu’ils venaient de vivre ! Même si elle ne s’en souvenait presque pas, elle se doutait combien il avait dû souffrir et elle, elle avait soudain prétendu qu’il avait pu la vendre aux drows ?

« Non… »


Comment avait-elle pu se montrer aussi cruelle ? Incapable de comprendre, elle le laissa poursuivre, atterrée.

« Je me suis énervé et... je pense que je t'ai dit que je ne voulais plus te revoir. »


Aureane se figea, le dévisageant. A mesure qu’elle intégrait l’information elle sentait son cœur se serrer. Nicolaï la reprit dans ses bras et elle l’enlaça sans trouver ses mots. Il lui avait dit… il lui avait dit… Parce que… Elle l’entendit s’excuser et elle resta contre lui, gardant le silence un long moment. Pas étonnant qu’elle se réveille avec ce sentiment oppressant qu’elle allait être abandonnée. Quelque soit l’état dans lequel elle avait été à ce moment, elle avait dû en être blessée et se sentir trahie… pour une bonne raison, cette fois. Mais finalement… finalement, il était resté. Il l’avait même demandée en mariage. Même si ses cauchemars venaient appuyer sur ses souvenirs les plus douloureux, ce n’étaient que des fantômes du passé, rien de plus. De longues minutes s’écoulèrent pendant lesquelles elle assimila ce qu’il venait de dire et ce que cela impliquait. Si ce qu’il venait de lui avouer l’avait fait se raidir, elle finit par accepter l’idée et par se détendre à nouveau. Finalement, elle avait bien fait de poser la question et lui de parler. C’était pire de ne pas savoir et de se demander ce qui avait pu se passer – ce n’était pas les idées horribles dues aux cauchemars qui manquaient – même si elle avait du mal à croire qu’elle avait pu être si dure avec lui. En tous cas, savoir qu’il avait pu craquer la perturbait moins que la raison qui l’avait poussée à l’abandonner.

Aussi, après de longues minutes à accepter la nouvelle, se raisonner en se disant que cela ne se reproduirait plus et à se creuser la tête sans succès pour retrouver les souvenirs en question, elle prit à nouveau un peu de recul pour le regarder dans les yeux.


« Nicolaï… ne t’excuse pas. Rien ne t’obligeait à veiller sur moi, à cette époque, mais tu l’as fait. Tu ne peux pas te blâmer d’avoir cédé après… je ne sais pas comment j’ai pu… Je suis désolée… c’est à moi de m’excuser, pas le contraire. »

Elle ne comprenait toujours pas comment elle en était arrivée là. C’était tellement absurde ! Pas étonnant qu’il ait pu réagir aussi violemment. Bien-sûr cette pensée lui faisait mal, mais elle ne pouvait décemment pas lui en vouloir.

« Tu sais… j’avais oublié. Ce que j’en ai retenu, c’était que tu ne m’avais jamais abandonnée. Tu aurais pu le faire, j’ai sans aucun doute été un poids pour rentrer et malgré tout lorsqu’on nous a trouvé tu étais encore là, à mes côtés. Et c’est toi qui m’a amenée à la gardienne pour me soigner. Et tout ça alors que nous n’étions même pas mariés. Tu ne vas pas t’excuser pour un moment d’égarement parfaitement justifié. »

L’état d’épuisement dans lequel ils s’étaient retrouvés était assez parlant. Et puis, si elle avait complètement perdu l’esprit, lui avait également eu des hallucinations, les dieux seuls savaient par quel miracle il avait réussi à les sauver du désert. Plongeant ses yeux dans les siens, elle conclut en souriant légèrement :

« Je sais que je peux compter sur toi et j’ai confiance en toi, Nicolaï. Je t’aime. »



[hrp : bienvenue dans le monde des bisounours ! \o/ ]
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mar 31 Mai 2011 - 20:27

Aureane était tout à fait atterrée par se qu'elle entendait. Apparemment, jamais elle n'aurait put pense que se qui se cachait dans ses cauchemars était une chose pareille. Non, jamais. D'un autre côté, comment ne pas lui dire? Ou ne lui dire qu'une moitié de vérité. Pas certain que cela l'ait un tant soit peu aidé. Cela n'était pas certain du tout. Et puis, une fois qu'il avait commencé à parler, comment aurait-il put s'arrêter en milieu de phrase? Ou ne pas raconter toute l'histoire? Les cauchemars d'Aureane auraient sans doute continué. Après tout, c'était le sentiment d'abandon qui était prédominant. Et si c'était le cas, c'était précisément parce qu'il lui avait dit dans cette grotte tout un tas de choses qu'il n'aurait jamais dut lui dire.

Elle s'était figée et était en train de le dévisager, s'efforçant autant que possible de digérer l'information qu'il venait tout juste de lui révéler. Pourtant, au grand soulagement du jeune homme, elle ne chercha pas une seconde à s'écarter lorsqu'il la reprit dans ses bras. Bien au contraire. Elle l'enlaça plus étroitement encore.

Puis, il y eu un long moment de silence. Elle ne disait rien. Rien du tout. Il n'y avait pas le moindre son dans toute la chambre. Rien de plus que ce calme terrible et oppressant. Est-ce qu'elle lui en voulait? Possible. Mais, c'était peut-être autre chose qui se passait dans la tête de la jeune femme. Quelque chose de plus compliqué. Elle pouvait peut-être être en train de discerner une nouvelle limite qu'il avait. Elle en avait déjà trouvé une durant leur nuit de noce lorsqu'elle lui avait posé certaines questions et pas au bon moment. Maintenant, il y en avait une autre, certes encore un peu floue, mais visible, qui se dessinait devant elle.

Non, il était humain. Pas une machine capable de tout encaisser sans jamais broncher. Il lui arrivait de craquer. De se mettre en colère et de tout envoyer balader.

Il y eu un très long moment de silence. Puis, la jeune femme s'écarta un petit peu. Nicolaï eu d'ailleurs une certaine crise de frayeur en la voyant la jeune femme s'éloigner. Il eu peur qu'elle ne veuille s'éloigner de lui, mais n'osait pas bouger pour l'attirer contre lui ou se rapprocher d'elle pour la reprendre dans ses bras. Mais non. Il restait stupidement planté là à la regarder dans les yeux et à attendre.

Espérant qu'il pourrait encore plus tard continuer à la regarder dans les yeux. Qu'elle ne veuille pas partir après qu'il lui ait dit cela.

Mais c'était bien entendu sans compter sur le caractère oh combien aureanesque (pour ne pas dire serpillèresque) de sa jeune escl... épouse. Quoi? C'est quoi ce regard? Allez pas me dire que j'ai complètement tord non plus. Franchement, à peu de choses prêt (voir rien du tout) la seule différence entre se qu'Aureane appelait épouse et qu'on pouvait qualifier d'esclave, c'était juste le nom.


« Nicolaï… ne t’excuse pas. Rien ne t’obligeait à veiller sur moi, à cette époque, mais tu l’as fait. Tu ne peux pas te blâmer d’avoir cédé après… je ne sais pas comment j’ai pu… Je suis désolée… c’est à moi de m’excuser, pas le contraire. »

Elle paraissait tout à fait atterrée. Mais visiblement, plus par se qu'elle avait que que parce que lui pensait se souvenir de lui avoir dit. Enfin, comme d'habitude lorsqu'on y réfléchissait en même temps. Cela pouvait paraître quelque peu absurde, mais bon, c'était le cas. Et puis, c'était Aureane tout de même. Et comme je l'ai dit un petit peu plus tôt, cela la morale de Trois-Chemins, la réelle différence entre une épouse et une esclave, c'est qu'on appelait ça une épouse.

« Tu sais… j’avais oublié. Ce que j’en ai retenu, c’était que tu ne m’avais jamais abandonnée. Tu aurais pu le faire, j’ai sans aucun doute été un poids pour rentrer et malgré tout lorsqu’on nous a trouvé tu étais encore là, à mes côtés. Et c’est toi qui m’a amenée à la gardienne pour me soigner. Et tout ça alors que nous n’étions même pas mariés. Tu ne vas pas t’excuser pour un moment d’égarement parfaitement justifié. »

La jeune femme plongea ses yeux saphirs dans les prunelles métalliques du chevalier, souriant légèrement:

« Je sais que je peux compter sur toi et j’ai confiance en toi, Nicolaï. Je t’aime. »

Bisounoursland ouvrait ses portes et nos deux tourtereaux y fonceaient tout droit sans avoir la moindre idée du plan fomenté par la terrrrrrrrrrifiante Entité. Quel malheur allait à nouveau s'abattre sur le jeune couple? Eh bien... présentement, ils n'en savaient rien.



En fait ils en savaient tellement rien qu'ils s'étaient remis à s'embrasser tendrement.

À s'embrasser et... hum hum hum. Alors, je vais éclaircir quelque chose. Je n'ai AUCUNE envie de faire passer ce topic en orange. Aussi, je vais me contenter d'une simple petite ellipse. Et puis, si vous voulez mon avis, si nos deux tourtereaux continuent à ce rythme, le ou la petit(e) KalonErc'h risque de ne pas être des plus longs à arriver.

* * *

Doucement, il approchait le fétus de paille de sa cible.

Juste sous le nez de sa cher et tendre encore doucement assoupie.

Nicolaï se sentait d'humeur farceuse et avait décidé de commencer la journée par ce nouveaux petit jeu. Le brin de paille fut assez rapidement écarté par un Aureane qui n'avait de toute évidence pas la moindre envie de se lever. Elle poussa un grognement de panda mal luné et se roula en boule avec la couverture. Malheureusement pour elle, la jeune femme se serait en même temps tout contre Nicolaï. Profiter de la chaleur de son corps et sans le moindre doute parce que ce contact lui était plus qu'agréable.

Malheureusement, elle ne se doutait pas que c'était lui son bourreau et le brin de paille ne tarda pas à recommencer à la tourmenter. Elle le chassa cette fois avec un air de chat qui se lance dans la chasse aux papillons.

Changement de stratégie.

Nicolaï se glissa dans le lit pour venir déposer des baiser sur son visage en lui murmurant des mots doux.


« Mon amour... mon ange... il faut se réveiller. »

De façon tout à fait in-intentionnelle bien entendu, les baisers commencèrent à se concentrer sur la moitié basse du visage. Puis, sur une zone un petit peu plus charnue que la jeune femme aimait mordiller: ses lèvres.

« Il y a pleins de choses à faire aujourd'hui... ma demoiselle bleue... il faut m'aider à choisir le tissus et le cadeau pour ton père... et il est déjà dix heure. »
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mer 1 Juin 2011 - 15:58

Aureane dormait à poings fermés et pour une fois, cela lui faisait le plus grand bien. Rester blottie contre Nicolaï en rêvant enfin à des choses plus agréables que ses cauchemars habituels, c’était un vrai plaisir qu’elle n’avait nullement envie d’abréger. De toute façon elle était bien trop fatiguée ces derniers temps pour parvenir encore à se lever à l’aube comme elle avait coutume de le faire. Ce n’était pas qu’elle n’aurait pas voulu, mais elle avait besoin de se reposer et lorsqu’elle ouvrait les yeux, il faisait toujours jour. Et puis, le jeune homme lui ayant fait comprendre qu’elle pouvait bien prendre le temps qu’elle voulait pour se réveiller, elle avait fini par cesser de paniquer dès qu’elle dépassait un peu le temps de sommeil qu’elle s’accordait.

Ce matin là, elle n’avait donc aucune idée de l’heure qu’il pouvait être et n’avait qu’une envie, profiter encore un peu de la chaleur de Nicolaï en gardant les yeux fermés. Jusqu’à ce qu’un moucheron, ou elle ne savait quoi, s’invite autour de son nez. Elle laissa échapper un petit grognement en le chassant maladroitement, sans tout à fait se réveiller. Alors qu’il revenait à l’assaut, elle finit pourtant par ouvrir les yeux, éblouie par la lumière du jour. Nicolaï se glissant près d’elle, elle consentit enfin à se réveiller complètement, l’accueillant avec un tendre sourire et un petit baiser. Elle adorait qu’il l’embrasse, elle adorait se réveiller près de lui, bref, elle l’adorait, lui, et avait constamment l’impression d’être sur un petit nuage à ses côtés. Mis à part ses cauchemars, rien ne semblait pouvoir la tirer de cet état de béatitude. Tout sauf…

Dix heures ? Quoi ? Elle se réveillait après tierce ? Sursautant comme s’il venait de lui annoncer qu’il y avait le feu, elle s’assit précipitamment de l’air de celle qui vient de commettre le péché du siècle. Quoi ? Il était si tard que ça ? D’accord, elle s’était habituée à faire la grasse matinée - disons qu’elle laissait le temps au soleil de se lever – mais là…


" Oh je suis désolée, je ne pensais pas… "

Elle se figea en voyant l’expression de Nicolaï. Non seulement il n’aimait pas qu’elle s’excuse, mais en plus il n’avait pas du tout l’air de lui en vouloir. Lui faisant un petit sourire piteux, elle se dépêcha malgré tout de se laver, s’habiller et se coiffer à une vitesse qui dépassait l’entendement, même si elle y mettait toujours la même rigueur.

Fin prête en quelques minutes, elle fut soulagée de constater que Clémence et Justine s’étaient déjà occupées du petit-déjeuner et de tout ce qu’il y avait à faire comme travaux ménagers dans la matinée. Sa tante la regarda d’un drôle d’œil, Aureane sachant pertinemment que sa parente n’appréciait pas que l’on fasse la grasse matinée. Il faut aussi dire que depuis que le mariage avait eu lieu, Clémence guettait tout les signes possibles et imaginable de grossesse chez sa nièce, même si c’était un petit peu tôt. Bref, Aureane s’efforça de ne pas trop faire attention à elle et elle mangea rapidement quelques miettes de rien du tout, fidèle à son appétit d’oiseau, avant de rejoindre Nicolaï.

Direction, Sigamar, car c’était jour de marché. Justine annonça qu’elle venait d’en rentrer avec leur tante, détaillant à toute vitesse la liste des denrées qu’elles avaient ramenées afin de nourrir tout le monde et de garder le quartiers des domestiques en bon état. A cela s’ajoutaient quelques babioles qui serviraient plus tard au manoir. Mine de rien, Clémence s’arrangeait toujours pour avoir un temps d’avance et secondait parfaitement Aureane qui se demandait comment elle allait faire pour tenir son ménage au beau milieu d’une telle demeure.

Mais pour le moment, le couple allait sortir seul, car Clémence et Justine préparaient à présent le déjeuner, les laissant s’éloigner vers Sigamar tranquillement. Enfin, tranquillement, c’était un bien grand mot, parce que Nicolaï avait toujours dans l’idée d’apprendre à monter à cheval à Aureane. Il lui avait donc déniché une monture plutôt calme et ils avaient sorti le cadeau de mariage d’Aedis, une magnifique selle pour monter en amazone. Déjà qu’en temps normal Aureane n’était pas spécialement à l’aise, mais alors là l’exercice se compliquait : elle n’avait qu’une crainte, basculer en arrière ou glisser en avant… Ils quittèrent pourtant Dyriet ainsi, la jeune femme ne voulant pas montrer ses craintes à Aedis. Après tout, c’était un cadeau magnifique, elle ne pouvait pas se plaindre.

Après une vingtaine de minutes à avancer touuuuut doucement, elle finit pourtant par craquer et se laisser glisser au bas de sa monture, appréciant de retrouver le plancher des vaches. Avec un petit coup d’œil d’excuse à Nicolaï, elle se mit alors à marcher d’un bon pas, tenant sa monture par la bride. Elle espérait juste qu’il ne la force pas à remonter ou pire qu’il ne dise rien mais s’en sente malheureux. Enfin, il fallait reconnaitre qu’elle allait cent fois plus vite ainsi, habituée à la marche à pied depuis son plus jeune âge. Et au moins, là, elle n’avait pas peur de s’étaler à chaque pas.

« Tu as une idée de ce que tu aimerais offrir à mes parents ? » demanda-t-elle alors qu’ils poursuivaient leur route.
Elle n’avait pas vraiment d’idée, c’était la première fois qu’elle se retrouvait dans une telle situation et elle ne savait pas trop ce qui ferait plaisir à son père sans qu’il ne se sente redevable à son tour. En même temps, elle doutait que le marché de Sigamar offre beaucoup de choix, mais en un sens cela n’avait pas d’importance, étant donné qu’il était difficile de qualifier les villageois de blasés.

" Il y a quelque chose de typiquement régional ici ? "


Elle se souvenait avoir été impressionnée par tout ce qu’elle avait découvert la première fois qu’elle était allée à Diantra. Sigamar avait en revanche le mérite de lui rappeler Trois-Chemins et elle s’y sentait comme chez elle. Si bien-sûr elle n’échappait pas aux on-dits locaux de par son mariage, elle aimait bien aller y faire le marché ou se recueillir au sanctuaire. Elle s’y sentait presque chez elle et elle y était encore plus à l’aise que lorsqu’elle devait mettre les pieds dans le bâtiment même du manoir.
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Hormidéas
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Jeu 2 Juin 2011 - 20:34

De nombreuses lunes étaient passées, sans que le voleur ne fasse de rencontre particulièrement intéressante. D’ordinaire, il aimait bien se retrouver dans la grande cité humaine du nom de Diantra. Cela lui permettait de faire les poches à beaucoup de passant, puisque beaucoup d’activités se déroulaient au cœur de la ville. Seulement, comme le voleur se plaisait à le dire, il était libre et ne désirait aucune attache avec qui que ce soit. Libres de ses mouvements, il pouvait aller où bon lui semblait et c’est ainsi qu’il se décida à aller vers les contrées complètement au sud du continent. Il ne croyait pas y avoir déjà mis les pieds et il y aurait certainement quelques personnes à qui il serait en mesure de faire les poches. S’il ne trouvait rien de réellement attrayant, il se verrait dans l’obligation de prendre la mer pour pouvoir atterrir dans une autre ville. Comme c’était amusant la vie d’aventurier! Ne jamais savoir où on allait loger, ni de quoi on allait se nourrir le lendemain. Cette vie lui convenait amplement et il rassembla le peu d’effet qu’il avait rassemblé depuis qu’il avait quitté son père adoptif pour se mettre en route vers le sud.

La route promettait d’être longue et le jeune homme se dit qu’il serait forcément préférable de s’enrôler sur un navire quelconque. La durée du trajet en serait largement réduite et s’éclipser de l’équipage ne serait pas réellement un problème pour le cambrioleur. Quelques jours plus tard à peine, il s’était engouffré dans une taverne à proximité d’un port et remarqua de suite des marins ayant trop de bière dans le ventre pour porter attention aux particularités physique d’Hormidéas. Bien, s’ils étaient trop soûls, ils n’auraient aucun mal à se glisser sur le navire. C’est ainsi, que la matinée suivante, il s’était présenté sur le navire et comme le capitaine était en manque de mousse, il engagea le vagabond de suite. Satisfait, d’une part, d’avoir retrouvé la mer, la seule mère qu’il connaissait réellement et d’une autre part d’avoir réussi à trouver un navire aussi rapidement, promettait à son voyage d’être rapide. S’attelant immédiatement aux ordres du capitaine, il se chargea d’hisser les voiles le plus vite possible. Sur le navire de son père adoptif, c’était une compétition qui amusait souvent les mousses. Celui qui réussissait le plus souvent à hisser les voiles pendant qu’ils se retrouvaient en mer, n’avait pas besoin de payer le nectar rendu sur terre.

Le voyage s’avéra bénéfique pour le vagabond, puisque cela lui permit de retrouver une certaine force que seule la mer réussissait à lui prodiguer. Il aura beau ne jamais y penser, une telle vie lui manquait parfois. Finalement, ils arrimèrent au port d’Orfédie. Celui-ci semblait un peu délabré, mais le jeune homme était persuadé qu’il devait bien y avoir une ville assez riche pour que ses talents de voleurs soient rentables. Il dénicha donc une monture imposante, laissé à elle-même alors que son propriétaire se glissait dans une boutique d’herboristerie. Hormidéas s’approcha lentement de la monture, en la caressant doucement, pour que son propriétaire ne se doute de bien et aussitôt que celui-ci eut détourné son attention du vagabond, il attrapa les reines de la monture et se hissa sur celle-ci. D’abord, elle protesta mais comme il lui caressait l’encolure en lui murmurant quelques paroles, le cheval se calma et Hormidéas réussi a la diriger rapidement vers l’extérieur de la ville. Évidemment, le propriétaire n’avait pas manqué l’occasion de crier quelques jurons en direction du voleur, mais celui-ci finit par ne plus les entendre tellement le cheval galopait rapidement.

Après plusieurs haltes de repos, le jeune homme se rendit au marcher de Sigamar, dans le but de voler quelques étoffes. Il pourrait au moins se faire quelques pièces de monnaie avec le matériel volé, mais n’en espérait pas d’avantage. De plus, comme ça faisait plusieurs jours qu’il ne s’était pas nourris convenablement et ses traits commençaient réellement à s’étirer. Il descendit donc de sa monture et la vendit pour une somme modeste, histoire de se payer un repos le plus rapidement possible. Chose faite, il semblait en meilleur forme et commença à arpenter lentement les boutiques. Celles-ci n’offraient pas grand-chose de valeur, mais elles valaient tout de même le coup d’œil. Tirant ses cheveux en arrière en passant ses doigts dans ceux-ci, il vint se posté près d’un couple qui semblait captivés par ce que pouvait leur offrir les marchands et comme la demoiselle était occupé à observer un morceau de tissu, le jeune homme en profita pour se rapprocher. Si le marchand était occupé avec des clients, il ne risquerait pas de se préoccuper de sa personne. Posant sa main sur l’un des morceaux, sa main vint effleurer celle de la jeune femme par inadvertance. Fronçant légèrement les sourcils, il tourna son regard vers la femme en question. Seulement, lorsque son regard se posa sur le visage de celle-ci, il crut reconnaître la femme qu’il avait tenté de voler dans la rue. Impossible. Elle se trouvait beaucoup trop loin de l’endroit initial où il l’avait vue, mais pourtant, il était bel et bien sur que c’était elle. Après tout, elle avait les mêmes traits, simplement que ceux-ci semblait un peu plus épanouie.


- Pardonnez mon geste…

Il ne cessait de la regarder. Bon son regard pouvait sembler mal poli, mais contrairement à l’ordinaire, on ne pouvait pas voir une façade complètement froide. Il se rappelait bien maintenant. Il l’avait sauvé, alors qu’elle s’était perdue en ville, mais également, parce qu’une charrette avait bien failli la renverser. Les vêtements du voleur semblaient beaucoup moins nobles qu’a l’époque, mais on pouvait toujours sentir cette prestance qui l’habitait.

- Nous sommes nous déjà rencontrez au cœur de la cité de Serramire, Demoiselle Aureane…?

Son regard semblait légèrement perplexe. Le pire qui pouvait arriver, c’était bien qu’elle ne se rappel pas de lui ou simplement qu’elle ce soit rendu compte qu’il était un voleur et avait simplement cherché à lui dérober un bien quelconque. Il sembla finalement remarquer la présence de l’homme qui se trouvait à ses côtés et le jugea pendant un instant, adoptant un air impartial.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Ven 3 Juin 2011 - 15:09

Aureane était sur un petit nuage de béatitude molletonnée. En tout cas, jusqu'au moment fatidique où elle avait apprit l'heure qu'il était. On eu alors le droit à une démonstration de levé d'une Aureane montée sur ressort. On entendait presque le ''jbouing'' qu'ils avaient émis en se détendant. En plus de ça, elle était devenue toute pâlotte et à la voir, on aurait bien put pensé qu'elle avait commis là un irréparable péché. Enfin, il ne fallait pas exagérer non plus. Elle avait fait une grâce matinée. Elle n'avait pas été cracher au visage d'un prêtre de Néera.

" Oh je suis désolée, je ne pensais pas… "

Nicolaï leva les yeux au ciel. Des excuses... comme c'était original. Et puis, ça changeait un peu. C'est vrai quoi. Elle ne s'excusait pas si souvent que ça... bon d'accord, j'arrête le sarcasme. Mais bon, se n'était pas parce qu'aujourd'hui elle avait dormis jusque tard que se serait une véritable catastrophe non plus il ne fallait pas non plus exagérer. Le monde ne s'arrêterait pas de tourner parce qu'elle ne s'était pas levée avec le soleil tout de même. La jeune femme lui adressa comme elle le put une petit sourire tout de même un petit peu piteux. En revanche, elle fit preuve d'une extrême rapidité pour se qui était de s'habiller, de se coiffer et de se laver. C'était incroyable à quel rapidité elle était capable de faire cela. Et pourtant, toujours aussi propre sur elle. Il y avait des compétition troichemolympique pour se préparer? Possible.

En tout cas, elle était en train de filer en direction de la cuisine pour aider un petit peu Clémence et Justine. La tante d'Aureane regarda sa nièce avec un drôle d'air. Et jeta un petit peu le même regard à Nicolaï. Le jeune homme lui accorda un sourire. Le genre de sourire qui montrait qu'il avait passé une... matinée intéressante dirons nous. C'était faux bien entendu. Mais si Clémence le pensait, elle n'irait rien dire à Aureane sur le fait qu'elle se soit levé aussi tard. Inutile de se voiler la face. Clémence devait guetter le moindre signe de grossesse chez sa nièce. Il le faisait aussi pour être tout à fait honnête. Pour se qui était de Clémence, il pouvait s'agir aussi bien de quelque chose de tout à fait innocent que de quelque chose de beaucoup plus ''politique''. Après tout, on pouvait toujours se séparer d'une épouse avec qui on était juste marié. Et avec tout les à priori sur la noblesse que Clémence pouvait avoir, elle devait penser que c'était d'autant plus facile. Par contre, même avec des idées totalement fausses et pourries comme elle pouvait en avoir, on ne se débarrasse pas d'une épouse qui vous donne un, voir des, héritiers.

Un petit déjeuné aussi rapide que frugal dans le ventre, le couple se mit en route vers Sigamar. Et là se posa un nouveau problème: le moyen de transport. Pour Nicolaï, il était tout à fait clair que le cheval s'imposait. Malheureusement, il n'en était pas de même pour Aureane. La demoiselle éprouvait toujours une certaine peur quant au fait de se retrouver ainsi juchée sur le dos d'une monture. Et ce, malgré les quelques leçons d'équitation qu'il avait donné à la jeune femme. Il avait tout d'abord commencé par lui avoir déniché une jolie jument azelane particulièrement calme et docile qui se laissait guider dans rechigner. Un vrai petit bonheur. Et puis, il y avait bien entendu la selle que Theofried lui avait offert au mariage. Une superbe pour monter en amazone.

Se fut donc à la vitesse approximative d'un escargot atrophié et arthritique qu'ils quittèrent Dyriet pour se rendre à Sigamar. Malheureusement, cela ne dura qu'une vingtaine de minutes après quoi la jeune femme fini par craquer et mettre pied à terre pour guider sa monture par la bride, accordant un petit sourire d'excuse alors qu'elle menait sa monture par la bride. Nicolaï ne fit pas le moindre commentaire de descendit lui aussi de cheval, calant son pas sur celui de la jeune femme.


« Tu as une idée de ce que tu aimerais offrir à mes parents ? »

Le fait qu'il gardait le silence la dérangeait peut-être. Mais lui ne savait pas quoi dire. Il était bien plus préoccupé par autre chose. Quelque chose qui n'était pas encore arrivé en réalité mais que le jeune homme voyait approcher de plus en plus clairement. Et la façon dont la jeune femme allait réagir l'inquiétait de plus en plus.

« Pour être honnête, je n'en sais rien, avoua Nicolaï en continuant à avancer. Je pensais commencer par voir se que le marché pouvait bien proposer. »

Il y eu un nouveau moment de silence avant que la jeune femme ne le brise à nouveau. Décidément, elle n'aimait vraiment pas lorsqu'il restait silencieux.

" Il y a quelque chose de typiquement régional ici ? "

Ah. bonne question. Il y avait quelques petites choses qui étaient typiques d'Ysari, mais il doutaient qu'elles puissent tenir jusqu'à leur arrivée à Trois-Chemins. Alors non, il ne voyait pas se qu'ils pouvaient choisir pour le père d'Aureane. Après, peut-être qu'il y aurait quelque chose au marché. Mais pour le moment, se n'était pas le cas. On ne savait jamais. Ils auraient peut-être des surprises.

« Je pense que se serait mieux de voir une fois au marché, dit calmement Nicolaï. Mais je n'ai pas la moindre idée de se que nous pourrons lui offrir. »

En même temps, c'était assez difficile de trouver quelque chose pour que le père d'Aureane ne se sente pas redevable par la suite. Théoriquement, Edouard Eldon lui était déjà redevable. Après tout, il avait marié sa fille sans la moindre dot et avec un trousseau qui n'en était pas vraiment un, ou pas vraiment le sien. Alors difficile dans cette optique de trouver quelque chose qui ferait qu'il ne se sente pas redevable étant donné qu'il devait déjà se sentir redevable à Nicolaï.

Heureusement, le silence ne se prolongea pas longtemps puisqu'ils arrivaient au village et la discutions prit rapidement une autre tournure à savoir le choix du tissus. Et là, en fait, étrangement, c'était plutôt Aureane qui parlait. Sur la qualité du tissus, sur un tel qui était trop fragile pour tenir le coup longtemps avec la vie qu'on menait à Trois-Chemins et tout et tout. Bref, plusieurs choses plus ou moins utiles que Nicolaï notait discrètement dans un coin de sa tête... tout en se demandant si Aureane n'aurait pas préféré ne s'habiller qu'avec des robes un peu grossière plutôt qu'avec celles qu'il lui avait offert.

Aureane sursauta légèrement au moment où un inconnu qui parut être un autre client toucha sa main. Nicolaï dévisagea un instant l'inconnu et manqua de tirer son épée immédiatement, ne faisant que poser la main sur la garde avant de se rendre compte de la stupidité de son geste. Cet homme avait des yeux rouges. Aussi rouges que ceux des sombres. C'est fou se que ce genre de détail peu faire remonter dans votre tête.


- Pardonnez mon geste…

Nicolaï surveillait l'homme du coin de l'oeil, tendu et prêt à tout, même si ses mains avaient quitté son épée. Il n'aimait pas vraiment la façon dont cet homme étrange regardait Aureane. Se n'était pas le regard gourmand de Colin, mais tout de même.

- Nous sommes nous déjà rencontrez au cœur de la cité de Serramire, Demoiselle Aureane…?

Bon, ça allait bien cinq minute, mais là, il ne fallait pas non plus exagéré. En plus, ce type commençait sérieusement à mettre Nicolaï un peu mal à l'aise.

« Dame Aureane KalonErc'h, corrigea-t-il. »

Quant à lui, vu ses vêtements assez riche, sa cape, la fibule argentée qui la tenait et l'épée qu'il portait au côté, il était assez facile de deviner qu'il n'était pas le pécore du coin.

Un peu sec, le jeune homme se posta clairement face à l'inconnu qu'il dévisagea ouvertement.


« Et vous êtes? »
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Ven 3 Juin 2011 - 15:27

Battu par les vents marins et les embruns, le gibet se dressait sinistrement au bord de la falaise. Pour autant, ce symbole de l’autorité baronniale, du droit de vie et de mort dont disposait le seigneur d’Ysari se retrouvait sans aucun fruit. Pas de cadavres de pirates pendant mollement au bout des cordes, pas de corps déchiquetés par les mouettes et les goélands. Rien d’autre que cinq cordes coupées net par une lame bien affutée.

Deux soldats, prévenus par un paysan du coin, faisaient les constatations, mais en quelques minutes ils durent se rendre à l’évidence : les corps des condamnés pendus quelques jours auparavant avaient disparus, enlevés par un ou des inconnus. Point besoin d’être un grand détective et de passer la potence à la loupe pour reconstituer les faits, les marques de roues d’une carriole se devinait encore aisément dans la glaise.

Crachant sur le sol, un des gardes marmonna :


Drôle d’affaire. En dix ans de service, c’est la première fois que je vois ça. Voler des cadavres… en voilà une idée.

Ayant ôté les restes de cordes, les gardes reprirent la route d’Ysari afin de prévenir leurs officiers qu’il allait falloir trouver de nouveaux malandrins pour garnir les potences. Mais sur les raisons du vol, le mystère restait entier et apparemment insoluble. Quel que soit l’auteur du méfait, ses motivations paraissaient incompréhensibles et surtout sans aucun intérêt. Il y avait d’autres moyen moins risqués de se « procurer » des cadavres. Alors pourquoi ceux là ?

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Une partie de la réponse se trouvait au cœur de la forêt d‘Arcani, dans le lieu dit du « tertre des âmes ». Cet ancien repaire de bandits, abandonné depuis plusieurs mois, bruissait d’un renouveau d’activité. Une carriole bringuebalante tirée par une vieille mule à bout de souffle se trainait entre les grands arbres, la discussion entre les deux conducteurs rythmant seule le silence.


Par les couilles d’Arcam, ca pue comme tout un charnier ! Encore heureux qu’on soit grassement payé pour ce travail, sinon je t’assure que j’aurai déjà balancé toute cette merde au fond d’un trou.
Si tu veux mon avis, le patron commence à perdre la boule. D’abord aller récupérer l’autre macchabé dans la fosse… et vas-y la galère qu’on a eu pour le retrouver après tout ces mois…
Ouais, encore heureux que le Voile ait pas rendu l’été trop chaud, sinon tu imagines l’état dans lequel on l’aurait récupéré ? Déjà que là c’était pas beau à voir.

Les deux hommes se turent car l’entrée des anciennes carrières se dressait droit devant eux, et leur employeur justement les y attendait près d’un feu de camp. Un peu à l’écart, un inconnu portant un lourd manteau à capuchon se tenait à côté du cercueil contenant le cadavre que les deux compères avaient dus récupérés la semaine précédente dans une fosse commune d’Arcani.

Les cadavres cachés osu la bâche de la carriole furent descendus et allongés les uns à côté des autres sous un vieux chêne centenaire. Ils n’étaient pas beaux à voir, Jak’Ven et les quatre autres pirates. La marque noirâtre autour du cou et la langue bouffie pendant hors de leur bouche ne laissait aucun doute quand à la fin douloureuse qu’ils avaient connus.

Le déchargement terminé, les deux larbins furent congédiés d’un geste. Une fois qu‘ils furent hors de vue, l‘homme se retourna vers l‘inconnu encapuchonné qui se leva péniblement et vint s‘agenouiller près des cadavres, les palpant et les flairant comme pour vérifier quelque chose. L’inspection prenant du temps, une question impatiente fusa dans l’air :


Alors ? Avez-vous tout ce qu’il vous faut ?

Relevant la capuche qui masquait son faciès drow, Verness le nécromancien se redressa afin de faire face à Lok’Van Tharn, chevalier d’Ysari, et répondit d’une voix sinistre :

Tout ce dont j’aurai besoin. Nous allons pouvoir passer à la seconde phase de votre plan.

_________________
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Sam 4 Juin 2011 - 17:30

Aureane n’était pas une grande bavarde et avancer en silence ne lui posait aucun souci. Seulement, il fallait bien qu’ils réfléchissent un peu à ce qu’ils allaient acheter. Du moins était-ce ainsi qu’elle procédait habituellement : si on savait à l’avance ce qu’on comptait acheter t qu’on s’y tenait on faisait des économies. Mais Nicolaï ne semblait pas décidé à chercher des idées, prétendant qu’ils en trouveraient bien en arrivant. Certes, pourquoi pas, c’était aussi simple comme manière de procéder.

La jeune femme garda donc le silence jusqu’à ce qu’ils arrivent à Sigamar. Là, devant les étals, elle s remit à discuter des mérites des tissus proposés, visiblement comme un poisson dans l’eau au marché du village. Cette ambiance lui plaisait beaucoup, visiblement, même si – ou peut-être justement parce que – il n’y avait que quelques commerçants et qu’il était facile de faire rapidement le tour des denrées proposées. C’était toujours plus impressionnant que Trois-Chemins qui se contentait d’un marchand ambulant, mais au moins, le milieu était populaire, bien plus agréable pour elle que l’ambiance guindé des nobles.
Ce fut à ce moment que sa main effleura celle d’un autre client, qu’elle releva brièvement les yeux vers lui par réflexe et qu’au lieu de s’éloigner elle se figea, saisie.


- Pardonnez mon geste…

Aureane ouvrit la bouche, ne trouvant pas ses mots. Croiser cet homme une première fois était déjà étrange en soi, mais alors une deuxième… Elle s’apprêtait à répondre à sa question lorsque Nicolaï la devança, la prenant de court. A son intonation, la jeune femme vit qu’il n’avait pas l’air ravi du tout et elle se demanda la raison de cette animosité avant de comprendre : il fallait reconnaitre que la plupart des humains voyaient d’un mauvais œil tout ce qui pouvait faire penser aux drows comme les prunelles rouges ou les oreilles pointues. A plus forte raison était-ce compréhensible lorsqu’on avait failli devenir esclave chez les sombres. Aureane était d’ailleurs la première à s’en effrayer, à tel point que les origines de Nicolaï lui-même continuaient à l’inquiéter. Mais là c’était différent. Ne voulant pas que la situation s’envenime inutilement, elle posa discrètement une main sur celle de Nicolaï qui avait été proche de tirer l’épée et s’empressa de faire les présentations, se tournant vers Nicolaï :


« Je vous présente messire… une seconde d’hésitation pour se rappeler du nom, Hormidéas. »

Bien-sûr, comme chaque fois qu’ils étaient en public, elle le vouvoyait et lui parlait avec une espèce de retenue respectueuse qu’elle ne parvenait à oublier que lorsqu’ils étaient en tête à tête. Et puis, toujours aussi peu douée pour s’exprimer, elle sentait ses joues prendre peu à peu une couleur rosée, mais préféra ne pas y faire attention.

« Messire Hormidéas, poursuivit-elle rapidement en se tournant vers lui, je vous présente mon époux, le seigneur KalonErc’h. »

Habituellement, elle n’était pas du genre à étaler les titres et se serait bien passée que Nicolaï l’appelle « dame », mais étant donné que le jeune homme paraissait quelque peu tendu et avait appuyé là-dessus, elle s’était dit que ce ne serait pas plus mal de respecter les usages. Pourtant, elle pouvait s’efforcer tant qu’elle voulait de faire comme, supposait-elle, Nicolaï le souhaitait, elle n’avait manifestement pas l’habitude de se comporter ainsi. Enfin, c’était surtout qu’en général elle se taisait en restant en retrait. Mais si elle se contentait de garder le silence, elle avait l’impression que Nicolaï et Hormidéas allaient avoir du mal à s’entendre ce qui était sans doute dommage.

« Vous souvenez-vous de la fois où je me suis perdue sur le marché de Serramire ? Eh bien, c’est messire Hormidéas qui m’a permis de retrouver mon chemin, ajouta-t-elle à l’intention du chevalier en souriant. Il m’a également évitée d’être renversée par une charrette. »

Visiblement, elle avait un bon souvenir de lui et aucune envie que Nicolaï se fâche en se fiant aux apparences. Et puis, même si cette fois elle avait été présentée comme faisant clairement partie de la noblesse – ou y étant rattachée, elle ne se considérait toujours pas comme étant noble – elle ne le prenait pas de haut, évidemment. D’autant qu’elle était toujours aussi timide, étant donné que tout le temps où elle avait parlé, elle avait trouvé le moyen de rougir de plus en plus et de ne pas trop regarder Hormidéas en face. Tout ce qui sortait de l’ordinaire un tant soit peu la gênait, apparemment.


Enfin, autre détail qui la perturbait quelque peu, même si elle était contente de le revoir, c’était qu’il était tout de même étrange de le croiser par hasard une seconde fois. Déjà une première, elle se souvenait l’avoir dévisagé sans pouvoir s’en empêcher, mais le retrouver à l’autre bout du royaume avait de quoi troubler. Mais bon, pour le moment, elle se contentait de faire les présentations, repoussant ses questions à plus tard, si tant est qu’elle puisse avoir l’occasion de les poser.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Sam 4 Juin 2011 - 19:55

Le regard rougeoyant du bandit ne manqua pas de remarquer la fougue don pouvait faire preuve l’homme qui se trouvait au côté d’Aureane. À peine avait-il effleuré la main de la dame, que le voila près à tirer son épée. C’était, intéressant, mais il se demanda un instant pourquoi un geste aussi rapide à son égard. Après tout, il c’était excuser de son geste. Pour peu, il aurait presque oublié la couleur de ses yeux, s’il n’aurait pas vu la main du chevalier toujours prête à ce saisir de l’arme en cas de besoin, alors que ses pas le rapprochait de lui. Beaucoup de paysans étaient subjugués lorsqu’ils se retrouvaient en présence d’un noble, mais c’était loin d’être le cas d’Hormidéas qui ne fit que se redresser d’avantage devant l’humain. De grandeur pratiquement égal, il soutint le regard posé sur sa personne et retint un léger sourire sous le ton sec qu’on employait envers lui. KalonErc’h?

- Lors de notre précédente rencontre, elle portait le nom d’Eldon, si je ne m’abuse.

La remarque n’était pas dite avec amertume, seulement, sous forme de constatation. Cela signifiait qu’ils avaient célébrer leur union il y avait peu de temps. Le regard de KalonErc’h sur sa personne ne sembla pas non plus impressionner le bandit qui conserva un regard relativement neutre au point de vue de la situation. Il croyait l’impressionner avec son apparence noble et sa ceinture sertie d’une épée? Bon, il fallait tout de même avouer que tout les marchands présent sur la place, semblait impressionner et les passant semblait dévisager le noble dû à son grade, mais le voleur ne se formalisa pas de ses regards. Se plier sous l’autorité de qui que ce soit était contre sa nature, noble ou pas. De plus, l’impassibilité coutumière d’Hordmidéas avait toujours eu une fâcheuse tendance à mettre en colère les personnes qui se trouvait face à lui. Il ignorait toujours pourquoi.

« Et vous êtes? »

Il voulait réellement savoir qui ce trouvait devant lui? S’il osait vraiment lui dire, il risquerait d’être choqué et la demoiselle aussi, ce qu’il n’avait pas envi de faire. Détournant le regard, pas parce qu’il avait peur, mais simplement pour cacher un sourire léger face à ses pensées. Contre toute attente, ce fût la demoiselle qui prit la parole, afin de présenter le personnage qui se trouvait presque mis en garde à vue par son mari. Ah! Elle se souvenait donc de lui, après une légère hésitation. Cela signifiait qu’il ne s’était pas tromper sur la personne qui se trouvait face à lui! De plus, elle employait le terme « Messire ». D’une certaine façon, cela flatta légèrement l’ego du bandit, qui ne c’était jamais vus attribuer un tel titre. Elle savait y faire pour présenter les gens. Ainsi donc, le preux chevalier que voilà, ce nommait Nicolaï. Et comme pour confirmer ce que pensait déjà le voleur, ils étaient mariés. Il apprécia le fait que la demoiselle souligne l’acte héroïque don il avait fait preuve en la sauvant d’une charrette qui avait bien failli faucher sa vie. Grâce à lui, il avait toujours une femme à son bras!

- Il fait bon de voir un visage familier dans un endroit aussi éloignée, dit-il à l’intention d’Aureane.

Son regard était sincère et même pour accentuer ses dires, il laissa un sourire flotter sur ses lèvres. Il jeta un bref regard à l’époux de crainte que celui-ci ne le transperce de part en part pour avoir souris à sa belle dame. Le voleur n’avait pas franchement l’air menaçant, c’était uniquement son quart drow qui faisait ressortir quelques caractéristiques gênante à son égard. De plus, les cicatrices qu’il portait au visage n’avaient certainement rien de tellement agréable à regarder en plein jour, tandis que le soleil éclairait son visage. Enfin, que pouvait-il bien y changer? Elles étaient là et resteraient là jusqu’au jour de sa mort, qu’il souhaitait, lointain.


- Puis-je savoir où est-ce que vous avez effectué votre service chevaleresque, messire?

Il semblait réellement tenir à la réponse de cette question. Après tout, il y avait tellement de terres et de royaume, qu’il pouvait avoir effectué son service dans à peu près une dizaine de ville, ce qui ne limitait pas vraiment les choix. Pendant qu’il écoutait la réponse, le bandit concentra un moment son regard sur les étoffes que le couple était entrain de regarder plus tôt. Celle-ci ne semblait pas être taillée tellement richement et il se demanda un moment si ce tissu servirait à confectionner une nouvelle robe à la dame que voilà.

- Quel bon vent vous amène si loin de la cité de Serramire, Demoiselle Au…KalonErc’h?, demanda t-il à Aureane.

Il avait une façon courtoise d’engager la conversation et Serramire n’était pas franchement situer tout près de l’endroit où ils se trouvaient désormais. De plus, il avait crut comprendre qu’elle habitait à Serramire au moment de l’aider dans les ruelles. Et seul les cinq pouvaient bien savoir ce qui serait advenus de la jeune femme s’il ne l’avait pas aidé. Elle s’était retrouver dans une partie de la ville où bon nombre de bandit se trouvait, pour ne pas dire lui, et ils auraient très bien réussi à l’enlever pour la revendre en esclavage si besoin avait été.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Dim 5 Juin 2011 - 15:05

Aussi discrètement que possible, Aureane posa sa main sur celle du chevalier comme pour le calmer ou lui assurer que tout allait bien. Lui n'était pas rassuré. Non. Vraiment pas. Certes, c'était assez malvenu de sa part de juger quelqu'un d'après une certaine parcelle de sang drow qui coulait dans ses veines. Lui même avait bien un grand père qui faisait partit du peuple Sombre. Mais cela n'empêchait en rien qu'à la vu des prunelles écarlate de cet inconnu (d'ailleurs bien mise en avant du fait qu'il avait ramené ses cheveux en arrière) le mettait mal à l'aise et le ramenait vers le Puy. Se n'était pas vraiment le genre de souvenir qu'on aimait se remémorer.

« Je vous présente messire… Hormidéas. »

Comme toujours, Aureane s'était mise à le vouvoyer lorsqu'ils étaient en publique. Nicolaï avait fini par s'y habituer et ne cherchait même plus à faire quoi que se soit contre cela. Elle avait toujours cette sorte de retenue respectueuse lorsqu'ils étaient en publique. Alors à quoi bon chercher à faire quelque chose d'autre si dans le privé, elle abandonnait le vouvoiement?

« Messire Hormidéas, poursuivit-elle rapidement en se tournant vers lui, je vous présente mon époux, le seigneur KalonErc’h. »

Il n'aimait décidément pas ce titre. Mais en même temps, il aurait été assez hypocrite de sa part de s'en plaindre. Après tout, c'est lui qui avait ouvert les hostilités en l'appelant ''dame''. Alors là, il ne fallait pas râler si elle lui donnait du ''messire'' ou du ''seigneur''. Il l'avait bien cherché. Nicolaï se détendait un petit peu, mais restait tout de même sur le qui vive et fixait Hormidéas. Difficile de dire pourquoi, mais l'attitude quelque peu (voir carrément) nonchalante de ce type l'énervait. Oh bien sur, il n'attendait pas qu'il se prosterne à ses pieds et tout et tout. D'ailleurs, cela l'aurait mis assez mal à l'aise. Mais Hormidéas avait ce je ne sais quoi qui lui tapait légèrement sur les nerfs. Un peu comme Colin en quelque sorte. Sauf que, bien entendu, Nicolaï avait quelques autres raisons de ne pas porter Colin dans son cœur. Mais c'est une autre histoire.

« Vous souvenez-vous de la fois où je me suis perdue sur le marché de Serramire ? Eh bien, c’est messire Hormidéas qui m’a permis de retrouver mon chemin, ajouta-t-elle en souriant. Il m’a également évitée d’être renversée par une charrette. »

A ces mots, Nicolaï eu l'impression que le torse d'Hormidéas se gonflait d'orgueil. Et puis, au vu du grand sourire qu'Aureane affichait, cette rencontre l'avait agréablement marquée. Bon. Il allait peut-être falloir se détendre un petit peu tout de même. Bien qu'il ne fasse pas véritablement confiance à cet homme au regard trop rouge. Bien sur, le royaume comptait nombre d'itinérants. C'était tout à fait certain. Mais... il y avait quelque chose qui le troublait quant même... croiser ce type par le plus grand des hasard aussi loin de Serramire où apparemment, il vivait... c'était un petit peu gros tout de même comme hasard.

Et au vu de leurs dernières expérience, Nicolaï ne méfiait quelque peu des effets du hasard.


- Il fait bon de voir un visage familier dans un endroit aussi éloignée, dit-il à l’intention d’Aureane.

Difficile de dire s'il était sincère ou non en tout cas, son regard lui semblait sincère. Tout comme le léger sourire sur ses lèvres. Oui, c'est certain. Farles de Dyriet aussi était capable de faire de jolis sourire et de faire croire que tout allait bien. Oui, au fond, il n'avait pas l'air bien menacent... n'avait pas l'air...

- Puis-je savoir où est-ce que vous avez effectué votre service chevaleresque, messire?

S'il semblait réellement intéressé par la réponse à cette question, il ne fallait pas non plus être particulièrement intelligent pour comprendre qu'il était au service du baron d'Ysari. Les épouses suivaient rarement leurs mari dans une garnison. Ou alors il ne savait pas où il se trouvait.

« Je suis sous l'autorité du seigneur d'Arcani, dit calmement Nicolaï. »

Pourtant, il y avait quelque chose qui enquiquina légèrement le chevalier. Cela lui paraissait la moindre des choses, mais apparemment, se n'était pas acquis pour Hormidéas. Simplement le fait de regarder son interlocuteur lorsqu'on lui parlait ou simplement lorsque lui nous parlait. Mais apparemment, ce jeune homme semblait bien plus occupé par se qui se trouvait sur l'étal du marchand que par se que le chevalier était en train de lui dire. Surtout qu'il y avait une chance sur quatre que ce type ne sache pas du tout où se trouvait Arcani.

- Quel bon vent vous amène si loin de la cité de Serramire, Demoiselle Au…KalonErc’h?

Nicolaï attendit que la jeune femme réponde. De toute évidence, il faisait ici plus figuration qu'autre chose. Pour le moment, Hormidéas était assez courtois avec Aureane et ne semblait que vouloir engager une conversation polie avec la jeune femme. En d'autre terme, pour le moment lui il ne servait pas à grand chose. Alors tant qu'à faire tapisserie, autant le faire correctement. Nicolaï resta donc planté là comme une jolie plante verte à attendre qu'Aureane réponde.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Mer 8 Juin 2011 - 11:59

Si Hormidéas semblait se contenter de discuter, Nicolaï ne parvenait pas tout à fait à s’apaiser et la jeune femme espéra sincèrement qu’il ne se laisse pas entrainer par ses peurs dues à leur visite au Puy. Elle savait pourtant à quel point cela avait pu les marquer… mais elle espérait qu’il ne craquerait pas devant tout ce monde sans raison apparente. Sa main resta un petit moment sur la sienne, comme pour lui assurer que tout allait bien et que quoiqu'il arrive elle était à ses côtés. Si Hormidéas avait voulu lui faire du mal, il aurait bien eu le temps au moment où ils s’étaient rencontrés à Serramire.

" Lors de notre précédente rencontre, elle portait le nom d’Eldon, si je ne m’abuse. "


Aureane hocha la tête pour confirmer, c’était bien ainsi qu’elle s’était présentée à l’époque. Mais entre temps avait eu lieu le plus beau jour de sa vie et elle avait changé de nom avec plaisir. Puis elle enchaina rapidement sur les présentations, espérant calmer un peu Nicolaï, d’autant qu’elle ne comprenait pas vraiment la raison de son apparente hostilité. Certes, Hormidéas avait quelques caractéristiques drows, mais la surprise passée, le chevalier aurait bien dû voir qu’elle au moins lui faisait un tant soit peu confiance ou du moins qu’il lui avait fait bonne impression la première fois. D’accord, dans d’autres circonstances, elle aurait sans doute réagi comme lui en ne connaissant pas la personne à qui elle avait affaire. Puisque même face au chevalier elle trouvait le moyen de paniquer lorsqu’il faisait référence à son sang drow… peut-être ne comprenait-il pas pourquoi avec Hormidéas c’était manifestement différent. Quoi qu’il en soit ce dernier ne les avait pas agressés et se comportait même avec toute la courtoisie possible, sans pour autant faire preuve de respect exagéré devant le titre de Nicolaï. Voilà qui aurait aussi dû convenir au seigneur des lieux.


Apparemment, Hormidéas souhaitait engager la conversation et il ne tarda pas à reprendre aimablement qu'il était agréable de voir un visage familier.
Comme toujours, Aureane s’empourpra un peu plus, essayant de retrouver ses mots pour bredouiller timidement :

" Le plaisir est partagé, messire. "

C’était vrai, même si la situation lui apparaissait toujours assez étrange. La question suivante s’adressait à Nicolaï mais n’obtint qu’une réponse brève. Visiblement, le chevalier, lui, n’avait pas envie de poursuivre la conversation. Aureane ne dit rien, mais remarqua, un peu gênée, que le jeune homme s’était à nouveau tendu, pour elle ne savait quelle raison. Bon apparemment, il n’appréciait pas particulièrement cette rencontre, ce qu’elle trouvait quelque peu dommage, surtout qu’elle était quand même redevable à Hormidéas, même si au fond elle ne savait presque rien de lui. Du coup, ce dernier s'adressa à nouveau à elle, lui demandant ce qu'elle faisait si loin de Serramire, bien que la réponse commence à être logique étant donné ce que venait de dire Nicolaï et l'annonce de leur mariage.


La jeune femme jeta un petit coup d’œil à son époux comme pour vérifier qu’il n’avait rien contre le fait qu’elle réponde. On ne savait jamais, elle ne voulait quand même pas le fâcher et s’il lui faisait comprendre que ça commençait à bien faire et qu'il se lassait de cette discussion, elle s’arrangerait pour couper court. Mais étant donné que le chevalier s’était muré dans un silence de l’air de vouloir la laisser se débrouiller, elle finit par reprendre, quoiqu'un peu hésitante :

" Eh bien mon époux étant originaire du sud, je suis venue m’installer ici lorsque…
elle baissa les yeux, mal à l’aise, cherchant une façon de présenter les choses, …nous sommes rentrés de voyage. "

Elle n’avait aucune envie d’évoquer le Puy, bien-sûr, ou la raison de leur présence à Serramire. Avouer que l’on avait fini aux trois-quart folle n’était pas très agréable. Un voyage, c’était vague, mais étant donné que lui-même s’était toujours montré évasif dans ses réponses, elle espérait qu’il ne s’en offusquerait pas. Hésitant un instant, elle finit par lui retourner poliment sa question, étant donné que Nicolaï restait muet, peu disposé à discuter.


" Et vous-même, messire ? "

Au moins le chevalier pouvait être rassuré sur ce point, il n’était pas le seul auquel elle donnait du "messire" à n’en plus finir. Simple marque de politesse, au demeurant, qu’elle ne comptait pas abandonner de sitôt. Elle espérait juste que Nicolaï ne lui en voudrait pas de relancer la conversation, mais il aurait été malpoli, à son sens, de ne pas retourner la question. Et puis, la réponse l’intéressait, même si comme toujours il fallait bien la connaitre pour discerner qu’elle faisait là preuve de curiosité.

" Sigamar n’a guère de points communs avec Serramire. "


Elle se tut, gênée. Elle ne voulait pas que Nicolaï pense qu’elle sous-entendait que le village qu’il avait sur ses terres était vraiment perdu par rapport à Serramire – même s’il fallait reconnaitre que c’était bien vrai. Enfin, il devait bien se douter que ce n’était pas ce qu’elle voulait dire étant donné que Trois-Chemins était bien pire que Sigamar de ce point de vue là. Mais disons que croiser ainsi Hormidéas sans raison apparente dans deux lieux aussi différents la surprenait, même si ce n’était pas pour lui déplaire.
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MessageSujet: Re: Les vieux amis (pv)   Ven 10 Juin 2011 - 19:32

C’était vrai que lorsque la demoiselle avait raconté le sauvetage particulièrement héroïque du bandit, que celui-ci aurait pu bomber le torse de fierté, mais il n’en fit rien et resta égal à lui-même. Cela signifiait, qu’il resta toujours aussi impassible devant l’animosité apparente du seigneur de Dyriet. Ainsi, le jeune homme avait raison, lorsqu’il affirmait que la demoiselle avait changé de prénom. Cela signifiait que le mariage était tout à fait récent entre elle et ce chevalier au tempérament légèrement bouillant à son égard. Il eut un léger sourire plus prononcer en entendant les paroles aimable de la noble. Parce que, fallait bien l’avouer, désormais qu’elle était officiellement marier avec l’un d’eux, elle était considérer comme étant une noble. Il semblerait que cela lui fasse également plaisir de le revoir.

C’était une toute autre histoire lorsqu’il s’aventura à poser une question au chevalier. Celui-ci ne semblait pas tellement ravi que sa femme engage une conversation avec un étranger, affichant des caractéristique drow, qui plus est! Seulement, même si cela semblait le déranger, il ne semblait pas être sur le point de rompre les retrouvailles. La réponse brève de sa part, n’eut pour effet que de provoquer un léger hochement de tête de la part d’Hormidéas. Après tout, il ne s’attendait pas vraiment à ce que le principal concerner délaisse subitement ses angoisses pour lui déballer l’ensemble de sa vie militaire. Il n’était pas idiot, après tout. De plus, même s’il n’avait pas fixé son interlocuteur dans les yeux, le jeune homme avait été prêt à l’écouter peu importe la longueur du discours de celui-ci. Il portait d’avantage attention aux mots qu’au contact visuel qu’il pouvait y avoir entre lui et ses interlocuteurs. Finalement, comme il savait qu’il n’y aurait absolument rien à tirer du seigneur des lieux, il se concentra à engager la conversation avec la jeune femme. Il remarqua l’air buté de Nicolaï du coin de l’œil, mais ne réagit pas pour autant. Après tout, désormais ce n’était plus un secret, il ne le portait guère dans son cœur.


" Eh bien mon époux étant originaire du sud, je suis venue m’installer ici lorsque…nous sommes rentrés de voyage. "

Le bandit fronça légèrement les sourcils devant l’hésitation visible de la demoiselle. Certes, elle ne semblait pas être la personne la plus extravertie, mais à voir qu’elle hésitait sur les motifs précédent leur installation en ses lieux, il savait qu’elle ne cherchait pas à lui dire la vérité. Il ne doutait pas de son honnêteté, seulement, parfois, il y avait certainement chose que l’on ne préférait pas raconter, surtout à un homme qui était pratiquement un étranger pour elle. Cependant, il défronça aussitôt les sourcils lorsque la politesse lui fût rendue. Au moins, quelqu’un relançait la conversation et cela le rassurait légèrement. Il n’était pas franchement doué dans ce domaine et il pouvait voir que la noble ne l’était guère plus que lui.

- La raison de ma venue en ses lieux, est simplement le fait que j’aime beaucoup voyagé. Les contrés du Sud m’était encore inconnue jusqu'à il y a plusieurs jours.

Tout ce qu’il racontait là était tout ce qu’il y avait de plus vrai. Le bandit avait toujours aimé l’aventure et les voyages et donc, il était évidemment qu’il se retrouve souvent dans une ville qui lui était tout à fait étrangère. Le bien fait d’être un homme libre, c’était qu’il pouvait lui-même décider du moment où il quitterait les lieux afin de visiter d’autre contrée. De plus, chaque fois qu’il arrivait dans un nouveau village, il prenait soin de s’informer sur l’endroit où il se trouvait, donc évidemment, avant de rencontrer ce charmant petit couple, il savait qu’il se retrouvait sur les terres du seigneur de Dyriet.

" Sigamar n’a guère de points communs avec Serramire. "

- Vous avez tout à fait raison. Les rues de Sigamar ne sont absolument pas comme celles de Serramire, mais charmante, tout de même. Nous y rencontrons des gens charmant.

Ils décidèrent finalement de se diriger vers un nouvel étalage, où cette fois, des bijoux en tout genre s’alignait. Hormidéas jeta un bref regard à l’époux, afin de voir s’il faisait toujours la plante, mais quand ils s’étaient mis à bougés, le chevalier n’avait visiblement pas manqué l’occasion pour les suivre. Bon, après c’était normal, il était venu avec sa femme après tout et le bandit présentait des caractéristiques peu charmante à première vue.

-Vous savez, le seul ennui de beaucoup voyagé, c’est que nous n’avons pas toujours un lieu où se loger pour la nuit. En générale, c’est assez simple à trouvé, mais parfois…, dit-il à l’intention d’Aureane.

Il espérait fortement que sa requête serait prise comme elle se devait. Il se demanda un moment s’il l’avait prononcé clairement ou bien, si c’était toujours aussi vague. Ses traits semblèrent se tirer légèrement, tandis que la faim le tenaillait de nouveau. Il n’avait pas suffisamment d’argent pour se nourrir.
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