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 [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces

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MessageSujet: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Mar 17 Mai 2011 - 21:06




L'aventure pouvait commencer.


En fait d'aventure, l'équipage du sémillant dromon "La Moisson Rouge" eut tout d'abord à subir les caprices de la mer depuis Meca jusqu'à Thaar ; ce qui ne fut pas un souci pour les plus marins d'entre eux, mais posa peut-être problème à d'aucuns plus habitués à sentir sous leurs semelles une terre solide et immuable - plutôt que le plancher craquant des navires. Fort heureusement, aucune tempête ne vint mettre à mal leur vaisseau, et les brumes sournoises de la Mer Olienne ne firent pas s'écorcher leur coque contre quelque récif habilement dissimulé. Le péril, à vrai dire, fut autre. Car il leur fallut, pendant une poignée de jours, se côtoyer et apprendre à se connaître, partager corvées et nourriture ; à n'en pas douter, quelques liens se tissèrent entre les aventuriers pendant la traversée. Même si la nature des dits liens variait certainement d'un individu à l'autre et pouvait n'être pas des plus aimable...


Finalement, au bout d'une douzaine de jours de mer, la côte frangée de l'Ithri'Vaan et les fortifications de Thaar furent en vue. Il y eut quelques contacts à prendre et quelques pattes à graisser pour que les écluses du port s'ouvrent à eux ; franchissant la porte des flots, La Moisson Rouge entama un nouveau périple sur les eaux plates et paisibles du fleuve Olyia. Inutile de préciser qu'avant cela, une brève halte en Thaar même fut nécessaire - ne fut-ce que pour le ravitaillement ; car sept jours supplémentaires de navigation les séparaient encore de leur but premier.

Le trajet fluvial se déroula sans encombre une fois de plus. Remontant le long de l'Olyia aux vastes berges, le vaisseau des compagnons eut le loisir de croiser d'autres embarcations qui, elles aussi, glissaient sur les eaux sereines - que ce fût en direction de l'amont comme de l'aval ; quelques bateaux de pêche, d'autres de plaisance - rares ; des petits canaux habiles et ces barques longues, effilées, depuis lesquelles des travailleurs aux mains usées halaient le bois flottant. Par instants, des séries de troncs solitaires fendaient l'écume, filant droit. L'activité sur les rives était pour sa part disparate ; d'abord concentrée sur le territoire estréventin, elle ponctuait de petits hameaux miteux et de maisons de pêcheurs les berges plates, piquetées d'ajoncs ; puis, à mesure que La Moisson Rouge pénétrait plus avant vers le coeur du continent, les rares signes de présence humaine laissèrent d'un côté place aux troncs solides de l'Aduram et - sur l'autre rive - à ceux, anciens et moussus, de la secrète et inquiétante Anaëh.





On touchait au début de l'après-midi lorsque le navire et son équipage parvinrent au croisement de la Sirilya et de l'Olyia. Ici, la présence de la civilisation connaissait un regain d'activité. La frontière avec Oësgard n'était pas loin, après tout ; et, de part l'emplacement stratégique de cet embranchement entre deux fleuves, on avait placé sur les rives quelques postes de veille, surplombés d'une ou deux tours de pierre. De nombreux embarcadères jetaient dans l'eau leurs pontons de bois moisi. Une poignée de jeunes hommes à la mine patibulaire lançaient des filets dans une onde que l'on devinait poissonneuse. D'autres, armés, veillaient de loin sur le silence de l'Anaëh. Mais du côté Elfe de l'Olyia, on n'apercevait nul guetteur.

Quoi qu'il en fût, La Moisson Rouge avait l'embarras du choix quant au lieu où mouiller ; peut-être que Vincente jugerait cependant bon de ne pas le faire trop près des avants-postes, afin d'éviter les questions compromettantes. A l'Ouest s'étendaient les terres humaines, dont le pays morne et rude d'Oësgardie se faisait ambassadeur. A l'Est, rognant sur la plaine, se dressait la masse imposante, immémoriale, de la Forêt des Sylvains. Au Nord l'Olyia continuait de serpenter, remontant vers la Nanie où elle prenait sa source ; enfin, au Sud, commençait ce territoire sans maître entre la Péninsule et l'Ithri'Vaan, ce vestige meurtri de l'Aduram ancienne, où se terrait, quelque part, la raison de leur présence ici.


Neider fut parmi les premiers à descendre du navire. Soufflant et se frottant énergiquement les avants-bras, il retrouva avec un soulagement non feint la stabilité du sol terrestre. S'il avait fait montre, durant le voyage, d'une bonhommie aimable et enjouée, poli avec chacun, prévenant même - quoique bien trop bavard - il semblait cependant que son enthousiasme fût sensiblement retombé maintenant que l'Aduram dressait sa masse boisée devant eux.


- Grmbl, bien, bien, bien, marmonna-t-il en passant une main sur sa nuque et en frissonnant derechef, car l'air était frais. Nous y voilà, pas vrai ? Si ma mémoire ne me fait pas défaut... Il va nous falloir pénétrer là-dedans, cap droit au Sud. Théoriquement... Il y aurait une ancienne voie marchande à trouver, depuis laquelle l'accès vers... "l'antre" proprement dit serait assez aisé. Malheureusement je ne connais pas du tout les lieux. Il ajouta aussitôt, avec un rire nerveux : Mais une ancienne route marchande, par ici, ça ne doit pas être bien difficile à trouver ! »


Et de pointer d'un vague geste du menton la lisière des bois. L'on apercevait bien quelques sillons en effet, de petites routes de terre partant de la plaine pour s'enfoncer en forêt, mais la plupart, rarement empruntées, paraissaient s'effacer sitôt les premiers arbres franchis. Seules deux d'entre ces routes, prenant toutes deux leur origine à l'Ouest - l'une des deux semblait même avoir été anciennement pavée - pouvaient apparemment encore servir de sentiers fiables. Mais de là à dire jusqu'où...




[HJ : Navré pour le retard, toutes mes excuses ! Ordre de post : Vincente - Lysia - Aetius - Salamandre. A vous de jouer.]

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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Jeu 19 Mai 2011 - 12:04

Le trajet jusqu’à leur destination ne fut pas parcouru d’embuches cependant il parut bien long. Vincente du moins fut ravi de se retrouver de nouveau sur l’eau, à la tête de son vaisseau; naviguant joyeusement sur les flots. Il barrait au gré des vents et des courants tout en fredonnant quelques airs typiques d’un matelot, observant son équipage et du coin l’œil la clique qu’il avait recruté sur Méca. La traversé fut l’occasion de faire connaissance, du moins pour certain, Vincente eu notamment plus de facilité à échanger avec son disciple le comte de Scylla et le siffleur dont il se méfiait tout de même, mais l’ambiance resté bonne. Lors du voyage d’ailleurs, Manolesti put entreprendre de continuer à s’entrainer avec Aetius même si cela fut dans un cadre très réglementé, car une puissance mal contrôlée aurait pu faire couler le vaisseau. Quant à celui nommé Sal, peu s’en occupèrent le bonhomme aussi bien physiquement que psychologiquement avait l’air brisé et le fait qu’il soit un mage de feu laissait planer une forte suspicion à son égard. Neider fut quelque peu indisposé pendant la traversé mais sut distraire par ses histoires et les pirates pendant le travail ou leur pause se laissaient à écouter toutes sortes d’histoires que le conteur savait mettre en scène. Manolesti pensa que ce fut la fille qui dut avoir le plus de mal à apprécier le voyage, car pour sa sécurité celle-ci avait été consigné dans une cabine qu’on lui avait attribué, cependant celle-ci avait le droit de faire deux promenades par jour et était conviée à la table du capitaine mais cela s’arrêtait ici, la superstition et le vice de l’équipage ne devait entraver la bonne marche de cette entreprise. Ainsi après un bref ravitaillement à Thaar afin de préparer l’expédition, on prit les eaux calmes de l’Olyia. Cette partie du voyage fut elle aussi calme, peut-être même trop calme, il régnait sur ce lieux une tranquillité et un silence quelque peu malsain et le fait qu’une rive appartienne aux elfes rajouté une touche d’ésotérisme à l’ensemble. On finit par accosté dans un coin tranquille, légèrement éloigné d’un quelconque poste de gardes qui n’aurait peut-être pas arrangé les affaires de nos amis.

Le pirate regarda son guide qui essayait de ne pas faillir à sa mission et il avait plutôt intérêt en effet à ne pas lâcher Vincente maintenant qu’ils en étaient arrivés là. Le temps était maussade, nuageux et une légère brume flottait dans la forêt n’inspirant en rien à la ballade de plaisance. Manolesti qui se senti l’âme d’un aventurier doublé d’un limier sourit malicieusement à Neider et pendant que Bash supervisait le débarquement et que sa troupe s’affairaient à descendre, il parti en chasse d’une piste. Marchant prudemment, scrutant le bois qui n’émettait que peu de sons; quelques bruits d’oiseaux tout au plus. Il aperçu quelques traces de passages mais rien de bien probant, de vulgaires petits sentiers qui avait du être fait par des sentinelles ou des chasseurs, rien qui ne faisait pensait à une route commerciale. Cependant deux voies plus loin pouvaient correspondre à la suggestion du guide, l’un d’elle était pavé. Le pirate revint près de l’embarcation pour faire le point :

" J’ai trouvé une route pavé qui sera notre piste. On va l’emprunter en direction du Sud jusqu’au prochain indice. On va prendre de l’eau et des vivres pour deux jours ainsi que deux cordes et quelques autres babioles utiles; chacun portera sa ration. S’il n’y a pas de question, nous allons commencer à nous mettre en route. "
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Lysia
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Ven 20 Mai 2011 - 20:33

L'océan et ses multiples dangers n'avaient jamais effrayé la jeune fille. Et pourtant, lorsqu'elle embarqua, entourée de ces hommes tous aussi singuliers les uns que les autres, elle ne s'était jamais sentie aussi peu en sécurité. La superstition des voyageurs força rapidement Lysia à se retirer, la majeure partie du temps, dans une étroite cabine peu acceuillante. Les quelques promenades qui lui étaient concédées lui permettaient de s'enquérir des nouvelles de la traversée, et de la manière dont avançait l'expédition. Elle posait cependant peu de questions, et ne restait jamais bien longtemps à l'extérieur, sentant aisément les regards lourds de reproches qui lui étaient attribués par l'équipage. Elle avait tenté d'en savoir plus sur les différents participants à "l'aventure", mais le peu de temps dont elle disposait n'était absolument pas suffisant pour mener à bien ses petites enquêtes. Elle se résigna donc rapidement, et finit par accepter sa mise à l'écart, puisque de toute évidence, elle ne pouvait rien faire.
Lorsque le navire longea des terres elfiques, Lysia n'attendit aucun accord, et se rendit immédiatement sur le pont, d'où elle observa attentivement le paysage. Elle n'avait jamais eu la possibilité de se rendre sur le royaume des elfes, et ne manquerait certainement pas une occasion de l'observer. Cette partie de l'excursion passa bien trop vite à son gout, puisqu'ils accostèrent peu de temps après.

Le petit homme fut le premier à retrouver la terre ferme, le regard attentif, il scrutait les environs en délivrant un flot de parole, alternant entre le rire nerveux et le sourire crispé. Lysia l'observa quelques instants, puis posa les yeux sur l'homme au chapeau, qui donna les premières instructions. Elle s'étonna de n'entendre aucune précaution sur un quelconque combat que pourraient livrer les aventuriers. Après tout, la forêt était peu recommandée, et nombreux devaient être les groupes mal organisés qui ne sortirent jamais vivants de ces territoires. Lysia jeta un coup d'oeil autour d'elle, puis prit la parole;

- Il me semble que nous devrions adopter une certaine organisation... Militairement parlant évidemment, puisque cette forêt parait-il, abrite quelques créatures que nous ne voudrions pas rencontrer, ou encore combattre. Il serait bien imprudent de laisser notre groupe paraitre faible et désorganisé.

Elle semblait probablèment inquiète et peu confiante, et même si les dangers étaient peu nombreux à ce stade de l'aventure, il serait bien avisé d'adopter dès à présent une certaine attitude, qui garantirait peut-être par la suite la sécurité de leur groupe.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Ven 20 Mai 2011 - 23:07

La traversée ne fut pas brève, et elle ne fut pas, somme toute, très agréable. Non pas que le jeune noble n’ait pas le pied marin. Après quelques escales au bord de navires d’amis de la cour, la nausée était passée, tout comme les sudations. Il aurait bien coupé à ce baptême vomitif et éviter tout contact avec la mer, ce continental enraciné, mais ses conseillers l’avaient vite convaincu qu’un homme dont un tiers de ses terres était insulaire et un autre tiers constitué de côte se devait de pouvoir arpenter le pont d’une coque de noix sans dévoiler de la plus dégoûtante des manières la composition de son midi.

Aussi subir la mer sur son propre terrain ne le dérangeait pas. Bien au contraire, les embruns océaniques et le soleil marin qui venaient éclabousser le bois du pont lui donnaient tout deux grand-faim. Tout comme les menus entraînements auxquels avaient pris l’habitude de se livrer Aetius et le capitaine de la Moisson Rouge. Les divertissements étaient donc au rendez-vous, tout comme la nourriture : un marin entreprenant avait cédé une cargaison d’épices à maître Manolesti pour une bouchée de pain (Aetius y flairait un moyen d’apaiser l’homme d’affaires au sujet de quelque dette en souffrance). Les poulardes n’étaient donc pas au rendez-vous, mais la poiscaille et les viandes fumées prirent un goût plus délicat une fois envahies de poivre d’orient ou de levure ydrilote.

La traversée avait l’air de surclasser les meilleurs bordels de Langehack, alors que pouvait donc déplaire au prince du sang ? Etait-il doué d’une exigence injuste, comme le sont la plupart des princes ? Non pas, l’homme, s’étant découvert un destin pour la soie et l’or très tardivement, avait longtemps eu les goûts simples du soldat. Etait-ce, alors, la présence d’une femme à bord qui le rendait nerveux ? Non plus. Il était aussi sensible à la superstition des vieux marins qu’aux conditions misérable de la chiourme, ces pauvres diables ahanant sous la menace du fouet.

Ce qui déragea vraiment le seigneur, ce furent les deux premiers jours de cette aventure maritime. En effet, le groupe, parti dans l’empressement et tandis qu’une tempête se profilait, put savourer un avant-goût de ce qu’Eris préparait à Meca et ses pirates. Les vents, balayant la mer, l’excitant de leurs sifflements vibrants, avaient réveillé des vagues considérables. Et pendant deux journées entière, le dromon, ce pièce de bois fragile et étroite, se laissait bringuebaler, ne déviant jamais son avancée placide, rapide et régulière. L’expérience ne fut pas de tout repos, et pendant celle-ci, Aetius, enfermé comme il se devait dans sa cellule avec le reste de sa suite, écoutait ses hommes converser gravement sur la force de cette mer-là, vantant parfois la solidité du bois de construction dans lequel avait été fabriqué ce bâtiment, mais ponctuant toujours leur discussion sur le fait qu’avec des flots pareils, on pouvait s’attendre au pire. L’Ivrey, qui restait un chevalier, tentait d’être aussi stoïque que possible. Et ses hommes, qui étaient tous des marins faits, mettaient ses suées sur le compte du mal de mer qui revenait lui faire des siennes plutôt que sur la peur de mourir noyer comme un vulgaire rameur.

Finalement, les compétences du capitaine firent leurs effets, et la Moisson Rouge s’en tira sans dommage. Et Aetius parut renaître. Comme s’il voulait rattraper le temps passé, il déploya une énergie surnaturelle, s’entraînant avec entrain, mangeant comme un ours, babillant comme un gosse. Sauvé par sa bonne étoile de la noyade, aussi hypothétique fût-elle (sa noyade), il semblait vouloir savourer cette traversée comme s’il allait mourir une fois arrivé à bon port.

Et lorsqu’ils furent arrivés à bon port, son allant ne disparut pas. A vrai dire, cet air d’aventure qu’il humait, cette forêt qui leur faisait face, tout cela le mettait d’excellente humeur. Et tandis que la femme qui avait rejoint cette équipée fit part de ses inquiétudes à propos du voyage qui les attendait et des précautions qu’ils devraient peut-être prendre, Aetius partit d’un grand rire. Délaissant de nouveau Lysia pour concentrer son attention sur la brigandine qu’un de ses hommes lui attachait au corps, il finit par lâcher.
« Ne vous inquiétez pas, damoiselle : si j’ai pu occire un Kerkand à moi seul, je ne pense pas qu’il puisse arriver quoi que ce soit à notre petit groupe. »

*

Puis ils partirent, rejoignant le sentier. La route édentée de pavés serpentaient entre les arbres immenses. Et plus ils s’enfonçaient dans la forêt, plus l’atmosphère qui pesait dans ces bois de malheur devenait trouble. Le chemin, qui méritait encore ce nom à l’orée d’Aduram, n’en finissait plus de s’étrécir. Les arbres eux-mêmes, à mesure que les heures de marche passaient, se faisaient plus nombreux. Sans qu’il s’en rende compte, un silence oppressant avait supplanté le chant des rares oiseaux.


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La Salamandre
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Sam 21 Mai 2011 - 16:15

Lorsque le promeneur parcourt la cote déchirée de Meca, il n’est pas rare qu’il se voit percuter par la rage de l’Eris. On raconte que, voyant son peuple s’enhardir affrontant la fureur de l’Océan, et craignant que celui-ci ne découvre le chemin vers le royaume éternel, Néera, la déesse de la vie, offrit son seul présent à celle de la mort. Un souffle, un vent, une tempête perpétuelle qui chasserait le marin trop intrépide…

Morgan avait l’habitude de subir le fracas d’Eris contre la coque d’un navire, et ce vent furibond avait pour lui la douceur d’une caresse. Oui le voyage fût agréable, voila bien des jours que le pirate n’avait pu mettre un pied sur un pont et ce début d’aventure l’enchantait. Peut être était-il seulement chagriné par le fait que ce dromon ne soit qu’une coquille de bois tractée par la seule force humaine…

La Salamandre, quant à elle, était bien moins à son aise. De l’eau… De l’eau partout. Ca recommence, encore de l’eau… Rhaaaaaaa qu’il détestait cet océan d’eau… Non il n’était pas à l’aise et restait la plupart de temps recroquevillé non loin de son branle, adossé à un mur de planche. Les bras collés contre son corps, il semblait tenir en son sein une sorte d’animal, comme une enfant câlinerai un chat ou un avare une pièce d’or. Ici, nul question d’argent, ni de chatons, non, entre ses doigts osseux dansait une flamme aux reflets cuivrés. Un feu magique assurément, qu’il dégageait lui-même et s’en servait comme d’un talisman. Il détestait l’eau.

Notre fier pirate au tissu d’un jaune sali ornant le haut du crâne prenait plaisir à regarder la vie du bâtiment. Et bien qu’il n’aimait pas beaucoup le nobliau, pirate oblige, il ne pouvait s’empêcher d’attendre avec un certain amusement, les entrainements que le poudré prenait avec le capitaine. Il aurait même dû les appeler leçons tellement ce pauvre gentilhomme prenait l’habitude de rencontrer le plancher humide du pont.

Mais bientôt on accosta à destination. Morgan n’était pas franchement heureux, l’endroit semblait quelque peu sinistre, il pressentait des embêtements. Sans vraiment se soucier de ses compagnons d’infortune, il vérifiait son matériel. Une fois chacune de ses armes correctement placées, il se permit d’attraper un de ces sacs de voyage posés là, et y fourra sa ration ainsi que celle du maudit lézard. Il ne se faisait pas vraiment d’illusions, ce cadavre ambulant n’était pas capable de porter son barda, voire même de songer à ces choses. Il laissait les autres déblatérer alors que Sal’ trépignait dans son coin. Lorsqu’enfin ils partirent, Morgan siffla son compagnon comme on appelle un cabot pour l’enjoindre à le suivre.

Les heures s’écoulaient lentement…

Hmmmmm drôle d’odeur ! Drôle de goût ! Oui ! Oui ! Sal’ n’avait jamais sentie pareil parfum ! Il humait l’air, reniflant tantôt à droite, tantôt à gauche. Il sautillait sur place, parcouru de spasme de délectation, et n’arrêtait pas de fureter partout. Morgan l’avait calmé oui… oui… Plusieurs fois même tout au long du chemin. Mais cette nouvelle odeur était si particulière, si sombre… Une odeur de magie corrompue… Oui… Ca sentait bon ! Et puis il y avait ce bois, ce bois partout, qui n’attendaient que lui. Un cadeau de l’Ilharn ! Il fallait qu’il le brûle ! Mais pas tout de suite gentille forêt, non, sois douce ma forêt, attend que Salamandre trouve cette bonne odeur ! Il devait commencer par elle oui… Il devait la calciner, la rôtir, la braiser. Il devait la voir, la toucher, la sentir, il devait en absorber chacune de ses fibres. Oui ! Il devait commencer par elle… Patience petite forêt…
Alors que la tension était presque palpable, nos compagnons avançaient en silence. Seul un fou pouvait se réjouir dans cet endroit…
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Lun 23 Mai 2011 - 12:13

A l’entente des paroles de la jeune fille, Vincente la considéra un instant puis reporta son regard sur le faciès de plusieurs de ses hommes et de son équipe. Ils étaient tous des forbans et rare ici était celui qui n’avait pas encore tué quelqu’un. Si l’on prenait le temps de compter, on avait à vue de nez une vingtaine d’homme, dont deux mages de vent et un mage de feu, alors question sécurité déjà que Vincente tel l’aventurier qu’il était s’en soucier autant que sa centième bouteille de rhum, alors avec cette équipage, on pouvait se sentir tranquille (du moins concernant les attaques extérieures.)On éclata de rire :

" Ma chère comme vous l’a souligné le comte, nous ne courons pas de danger. Maintenant si cela peut vous rassurer nous allons nous organiser…alors Neider sera notre guide, bien entendu je serais le chef de cette expédition…hum je crois que cette organisation me convient " dit-il dans un grand sourire. " Sur la route pavée nous formerons deux colonnes afin que si l’on nous attaque, les hommes de chaque colonne se mettent dos à dos. De plus deux éclaireurs de chaque côté de la route avanceront en tête afin de nous prévenir du danger. Bon si cela vous a rassuré nous allons nous mettre en route. "

Ainsi la troupe expéditionnaire nouvellement formée se mit en marche. Au fur et à mesure que l’on avançait, la forêt parue plus dense, les arbres donnaient l’impression de se resserrer et ce même silence pesant était là. Mais Vicente en tête avec Neider ne semblait pas plus inquiet que ça, fredonnant d’un air serein, le regard posé sur son guide et les alentours cherchant du regard un endroit ou " la plante s’accouple avec la pierre " surement une zone rocailleuse. Après une heure ou deux de marche ils laissèrent la piste pavée qui était complètement engloutie par cet être vert qui portait le nom de forêt et on continua la progression à travers les arbres. Le pirate savait que le soleil se coucherait dans quelques heures et il espérait trouver la grotte décrite avant la nuit afin d’y établir le campement.
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Lysia
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Mer 25 Mai 2011 - 14:02

HJ; désolée un peu court, période d'exam...

La réflexion que Lysia s'était permie de faire n'avait absolument pas alerté qui que ce soit; elle haussa les épaules, comme pour se résigner, et ignora l'éclat de rire de l'homme au chapeau. Il mis rapidement en place une certaine organisation, puis se mit en route, avec à ses côtés le petit homme. Elle aurait déjà du s'habituer à cet air moqueur que prenaient les hommes lorsqu'ils s'adressaient à elle, mais elle n'y parvenait pas. Les femmes étaient bien trop faibles et destinées à élever des enfants pour les mentalités de la plupart des voyageurs. Mais c'était ainsi, et elle n'y changerait rien. De toute façon elle n'en avait pas l'intention. Elle se plaça au coeur de l'expédition, observant curieusement les alentours, prudence légèrement mise de côté.

La jeune fille posa rapidement les yeux sur un binôme atypique. Il était constitué du pirate qu'elle avait remarqué dans la taverne, et d'une espèce de silhouette encapuchonnée qui trépignait sur place, semblant se délecter de la situation. Lysia plissa les yeux, comme pour mieux l'apercevoir, mais elle n'y parvint pas. Les traits de son visage étaient innacessibles à la jeune fille qui restait perplexe. Elle garda le regard posé sur la silhouette quelques instants, puis s'en désinteressa, et regarda à nouveau la forêt qui se dressait devant les aventuriers, menaçante.
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Sam 28 Mai 2011 - 17:52

L'ancienne voie pavée, tel avait donc été leur choix - motivé, sans doute, par le sens pratique. Il serait certes plus simple de suivre le tracé d'une telle route à travers la flore toujours plus envahissante. Du moins... Il l'aurait été, si la forêt elle-même ne semblait pas avoir décidé de se battre contre ce sillon de pierre en son sein.

Les débuts de la progression, pour le petit groupe d'aventuriers, se firent sans rencontrer de souci spécifique. Ils ne croisèrent pas âme qui vive au détour du chemin emprunté, et leur avancée ne fut accompagnée que du claquement de leurs semelles sur les pavés couverts de mousse et par les trilles furtives de quelques oiseaux, loin dans les frondaisons qui s'épaississaient au-dessus de leur tête. Puis, à mesure qu'ils grignotaient les lieues, la sylve changea. Ce ne fut rien, au début, rien que ces racines entortillées qui faisaient parfois d'étranges saillies hors de l'humus, sur les bas-côtés. Rien que ces noeuds gonflés dans l'écorce, et ces branches alourdies par un lichen gris comme s'il avait mille ans. Mais plus ils pénétraient le coeur secret de l'Aduram, et plus ces détails prirent de l'importance. Bientôt, la forêt obscure et silencieuses dans laquelle ils avançaient n'eut plus rien à voir avec le bois paisible et apprivoisé qu'ils avaient pu observer depuis les rives de l'Olyia.

Cela craquait, cela grinçait. Les troncs se murmuraient les uns aux autres des chants de branches épuisées, de troncs tordus, de feuilles froissées. La mousse, plus abondante que jamais, avait disloqué les pavés - quand elle ne les avait pas tout simplement avalés. De plus en plus de racines venaient serpenter à même la route, étendues comme de gros boas paresseux, et qu'il fallait enjamber soigneusement sous peine de trébucher.

Ce n'était pas vraiment un décor reposant, loin de là. Il y avait, dans cette lente métamorphose de la forêt, quelque chose d'anormal, d'aberrant. Car si, certes, les racines au creux de la terre paraissaient vives et gorgées de sève, les troncs en revanche noircissaient, se tordaient comme des aulnes, et leurs branches enfin se rejoignaient, inextricables, de part et d'autre du sentier comme un fouillis de ronces entre la terre et le ciel. L'impression qui s'en dégageait était celle d'arbres ambitieux qui, à force de vouloir grandir trop vite, seraient morts avant d'atteindre les nuages. Et la pulsation de leur colère, assourdie mais bien présente, rendait tout à fait muette l'obscurité du sous-bois.

Vincente eut peut-être l'impression que la route disparaissait tout à fait entre les arbres... Mais ses yeux devaient lui jouer des tours, car il n'en fut rien ; bien que les pavés eussent presque tous abandonné la lutte au profit de l'humus, de la terre et des herbes folles, il en restait quelques irréductibles à offrir leur dos plat et rassurant sous la semelle des aventuriers.

L'arrêt de leur route, en réalité, advint plus brutalement.

Il prit la forme d'une roulotte, échouée au milieu de leur chemin comme une épave - et qu'ils découvrirent après avoir contourné un énième bosquet d'arbres. Effondrée sur son flanc, la dite roulotte présentait des essieux vides vers le ciel ; sa toile déchiquetée, envahie de mousse, pendait lamentablement. Hors de son flanc crevé, triomphant, un arbre tordu s'élevait et s'épanouissait ; ses racines, vertes et énormes, gonflaient tout autour de la scène et achevaient de mettre en déroute les dernières traces de la voie pavée. A l'usure du bois, on devinait que la roulotte n'était pas bien vieille, peut-être même n'était-elle là que depuis un an, sinon moins ; en revanche, l'arbre qui l'avait crevée et qui s'élançait hors de sa carcasse paraissait, lui, âgé de près d'une centaine d'années.

Sinistre avertissement, ce spectacle mettait un point final à la voie jusque là suivie. Plus de pavés pour les guider, mais des taillis, des ronces et des bosquets épaissis par le pinceau d'une nature folle. Le seul point positif était l'évasement de la sylve en petite clairière à cet endroit, qui permettrait la halte et le bivouac si les voyageurs pensaient cela nécessaire. Quant à la suite de leur périple, il leur faudrait aviser.


[HJ :
Attention !

A partir de maintenant commence la quête proprement dite. En tant que MJ, c'est à moi de gérer le décor et les PNJ, Neider compris ; si j'ai laissé du lest jusqu'ici, à présent je reprends les rênes en main !
Le décor est interactif. N'hésitez pas à observer, farfouiller, à faire des choix - tâchez qu'ils soient judicieux cependant.
Lorsque vous avez l'idée d'une action précise (même en cas de "simple" observation), envoyez-moi un petit MP détaillant brièvement ce que vous voulez faire (sous Chadden Charis ou sous Entité), et je vous en donnerai le résultat ; de sorte à ce que vos posts ne soient pas "coincés" dans l'attente de ma réaction.
Il se peut, au cours de l'aventure, que j'effectue quelques jets de dés pour vos personnages (pour la réussite d'une action, par exemple), mais n'hésitez pas à carrément les solliciter si vous désirez mettre en jeu vos propres talents (comme par exemple la sensibilité à la magie, une ouïe aiguisée, ce genre de choses). Vos personnages sont forcément doués dans quelque chose en particulier, mettez leurs capacités en pratique.

Gare à vous, et bon jeu !]

_________________
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Dim 29 Mai 2011 - 14:13

Si le sorcier mécan respirait à pleins poumons les sortilèges tortueux et oubliés qui emplissaient cette forêt maudite, Aetius quant à lui ne les ressentit nullement. Et comme la Salamandre n’eut pas l’heur de prévenir ses camarades de l’étrange magie qui animait le lieu, le jeune comte arpentait le chemin défoncé sans plus de prudence que d’habitude – c’est-à-dire avec imprudence. Aussi, avec toute la négligence et la légèreté dont il était capable, lorsqu’ils arrivèrent dans l’étroite clairière le bonhomme s’avança sans autre forme de procès vers la roulotte abandonnée, suivi par son escorte personnelle, qui, elle, n’était pas aussi détendue. Le lieu ne dégageait certes pas une atmosphère champêtre. Les bois torturés et humides qui les entouraient tigraient la mousse omniprésente de leurs ombres allongées par la lumière crépusculaire de l’astre mourant. L’éclat, rougeâtre, puissant, du soleil filtrait entre les cimes et les troncs de cette forêt mystérieuse, offrant une touche irréelle à l’endroit déjà peu ordinaire.

Bref, sans prendre gare à l’ambiance étrange qui transpirait de cette clairière perdue, à l’avertissement sinistre que prodiguait la roulotte et son étrange disposition, Aetius s’avança jusqu’à la porte inexistante de la roulotte et finit par s’y introduire. La pièce était sombre, des débris pour seuls bibelots. Et une forte odeur de viande faisandée s’en dégageait. Alors que le prince du sang recouvrait son museau d’une main pour amenuiser la violence de cette fragrance bestiale, une ombre, au coin de son champ de vision, se déplaça. Aussitôt en alerte, l’Ivrey sortit de la roulotte d’un bond en arrière, évitant de peu ces griffes qui lui frôlèrent le visage.

« A moi mes hommes !, » cria-t-il une fois dehors. Et, une fois qu’il eut mis quelques pas entre lui et la tanière de ce tigre maigre et nerveux, il défourailla avant de gronder à son page de lui apporter son bouclier.
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La Salamandre
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Dim 29 Mai 2011 - 19:43

Morgan commençait à s’ennuyer. Oui, oui, la forêt dégageait quelque chose d’inquiétant, de glauque. Il l’avait compris. Mais ce vieux baroudeur s’y était habitué. Les heures de marche quasi-silencieuse, dans un rythme constant n’étaient pas pour l’y aider. De la verdure… Partout.

Lentement, le chemin disparaissait sous les pas des voyageurs mais l’enturbanné n’y prêtait plus vraiment attention. Le foutu lézard n’arrêtait pas de gesticuler, parfois même, il s’éloignait du chemin, poursuivant une odeur que lui seul reniflait. Morgan était las de devoir le rappeler sur le droit chemin, ses jurons étouffant alors le silence végétal.
Bientôt, la forêt laissa place à une sorte de clairière plus dégagée offrant le spectacle d’une roulotte éventrée par un auguste arbre. Alors qu’on commençait à inspecter les lieux, Morgan en profita pour déposer au sol son lourd barda. Cette pause supposée lui permettant de laisser respirer ses épaules endoloris. Le nobliau pénétra dans la maison ambulante suivie de près par quelques uns de ses hommes, mais Morgan n’en avait cure, occupé qu’il était à surveiller d’un œil autoritaire le curieux mage élémental, lorsqu’un cri, non plutôt un ordre, parvint à ses oreilles. Le pirate détourna vivement la tête en direction de la source de cette plainte pour apercevoir une ombre menaçante filtré à travers son antre de bois. Son sang ne fît qu’un tour… Il se précipita vers le danger.

L’odeur était plus forte ici. Patience petit bois, patience, tu bruleras bientôt. Arh oui ! Très bientôt ! Il était si impatient, les nerfs à fleur de peau. Prêt à bondir sur cette proie qu’il traquait dont l’odeur n’arrêtait pas de venir le hanter depuis plusieurs heures désormais. Oui presque…

La Salamandre balançait ses bras ballants de gauche à droite, tel un métronome hoqueteux. Ses yeux furetaient dans toutes les directions alors qu’un filet de bave crasse rejoignait ses deux mâchoires ouvertes béatement. Alors qu’il renifla bruyamment, il entendit l’homme vêtu de métal scintillant hurler quelque chose à l’attention de ses compagnons. Il y avait quelque chose dans cette roulotte, oui, il le sentait. Ca avait un drôle de goût contre son palet. Il avança d’un pas en direction de cette embrasure dont ne s’échappait aucune lumière. Mais c’est alors qu’un étrange phénomène arriva...

Papillon ? L’étrange insecte, tout de jaune acidulé vêtu, s’était posé nonchalamment contre l’arrête distordu du nez du mage. Interloqué, ce dernier restait planté là, immobile, louchant devant ce petit animal qui semblait le fasciner. Papillon ! Papillon ! Petit papillon… Tu as la couleur du Soleil…
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Dim 5 Juin 2011 - 0:10

Le pirate était perdu, obnubilé par quelque chose qui n’avait pas remarqué depuis qu’ils avaient mis les pieds dans cette forêt mais qui à présent se faisait sentir. D’abord léger puis plus présent…oui de la magie, celle-ci avait une saveur acre voire épicé, du moins ce que ressentait Vincente qui pour lui la ressentait comme vieille, exotique et dangereuse; mais puissante. Cependant il n’aurait pas pu précisément en localiser la source, forêt semblait en être imprégner et ce n’était pas la morphologie des arbres qui le contredirait; leurs formes hideuses et leurs racines gonflées de sèves laissaient transparaitre tout l’ésotérisme du lieu. Manolesti resta pensif devant un lieu aussi étrange puis d’un coup il bailla devant le soleil couchant et se demanda s’il avait pensé à prendre du rhum pour la nuit.

C’est à cet instant précis que le paysage offrit un spectacle bien singulier, une roulotte était éventrée sur le sentier qu’ils empruntaient avec un arbre tout à fait cocasse planté en son sein, exprimant le dégout et tenant plus par son aspect à l’insecte que du végétal. Triste scène et inquiétant avertissement mais ce qui chiffonnait Vincente était le calme de ce lieu, il ne lui avait pas semblé entendre le son d’une quelconque faune depuis son arrivée et cela était étrange. Pendant qu’il réfléchissait à la question, le comte et son esprit aventureux se prospèrent tacitement à l’inspection de la roulotte. Mais à peine avait-il mis les pieds à l’intérieur, qu'il bondit en arrière, grondant des ordres à sa garde. Tout le monde s’était mis en garde face à la carcasse en demandant ce qui se passait; personne n’ayant vu ce qui avait pu se passé ou voir ce que le comte avait pu apercevoir. Un silence essaya de s’installer mais il était entrecoupé par des ordres, des questions…

- Qu’est-ce qui se passe ?

-Merde…

- Qu’est-ce que c’est ?

- On voit qu’dalle pignouf


Le pirate qui était resté légèrement en retrait regarda le compagnon du siffleur qui se désintéressait de l’action avec un détachement déconcertant. Puis voulant à son tour savoir ce qui se tramait dans ce squelette de bois, le mage encra ses pieds au sol en positionnant ses mains au niveau ventre, à l'horizontales et les paumes face à face. Il inspira profondément et une distorsion commença se créer entre l’espace laissé entre ses mains. Il expira, produisant un cri guttural, libérant ses mains par la même occasion et une forme fendit l’air, cela ne pouvait être vu mais il rentra dans le bois décharné facilement créant un impact qui fit voler plusieurs éclats de bois autour de la caravane. Cette dernière trembla et commença à s’affaisser par endroit, mais rien ne bougea à l’intérieur, juste le son du vieux bois qui craquait suite au choc. Puis soudain un animal bondit des débris pour faire face à la troupe. On aurait dit un félin, il avait le pelage sombre et était en position d’attaque, mais la force et la vigueur l’avait quitté, sa silhouette était sec et son poil malade. Cela n’enlevait rien à sa férocité, une bête fatiguée ou morte de faim pouvait être terriblement dangereuse, mais le pirate se focalisa sur un objet brillant qui avait l’air d’être accroché au cou de la bête. D’humeur princière, Manolesti annonça :

" Deux dragons d’or à celui qui me rapporte la chose brillante au cou de la bête. "


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Lysia
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Mar 7 Juin 2011 - 10:28

[Sautez mon tour, bac dans une semaine... Je reprendrai en cours de topic]
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Mer 8 Juin 2011 - 15:11

Un silence oppressé avait pris la petite troupe après les ordres jetés à la volée par le prince du sang. Pendant un court instant qui se distendit merveilleusement longtemps, la seule rumeur qui parvint à l’ouïe d’Aetius fut les cliquetis des arbalètes que l’on finit de porter à l’épaule, des pas étouffé par l’herbe haute de son page qui lui amenait son écu, les grognements renfrognés des vétérans attendant l’ennemi tapis dans la pénombre de la roulotte abandonné. La hausse soudaine d’adrénaline n’était pas malvenue par les hommes, qui pouvaient enfin affronter quelque chose de solide au milieu de cet océan d’ombres, muet et menaçant. Finalement, sûrement agacé par l’attente, le capitaine Manolesti se campa profondément dans le sol et, après un bref moment de concentration, défit avec lenteur un pan entier de la caravane, qui s’effondra. Le bois cria puis alla s’étaler sur l’herbe et les racines qui envahissaient la clairière, laissant un soupçon de la lumière déclinante du soir faire son entrée dans la ruine.

Un cri rejoignit le gémissement du mur catastrophé et gisant, un ombre s’extirpa des décombres, un pas léger vint épouser avec la légèreté du velours le plancher des vaches – bien que l’expression ne soit guère idoine dans cette prison de lianes et de ronces, car on n’eut pas vu de bovin dans les parages depuis quelques milliers d’années. La chose, efflanquée et malade, embrassa d’un regard furieux l’assemblée réunie. Se mouvant lentement, dans un premier temps, pour analyser le nombre de ses assaillants, elle finit par bondir vers la noirceur des arbres, et ses yeux, à mesure qu’ils traversaient les flaques de lumière que laissait traverser le mur des feuilles et des troncs, jetait autant d’éclairs à l’adresse des intrus.

Finalement, un des hommes du comte se reprit et tira un carreau dans la direction du félin. Le mécanisme déclencha un bruit sec et brutal qui réveilla le reste des soldats, qui prirent pour cible le gros chat et appuyèrent sur la détente de leur arc d’acier. La bête, surprise par le premier carreau qui vint se ficher à un pas d’elle, menaça d’un feulement ses ennemis, mais le reste des traits transformèrent bientôt le cri en un hurlement de douleur et de surprise qui s’éteignit juste après avoir été glapi. Le félin, un carreau planté dans la gorge et l’abdomen, était raide mort, gisant à l’orée du bois. Deux hommes allèrent vers elle tandis que les autres, moins braves ou plus prudents, s’animaient déjà à recharger leur lourde archerie en jetant des regards dans les parages.

Aetius quant à lui rejoignit feu la roulotte d’un pas plus prudent. Et plus il s’approchait, plus la carcasse éventrée du vieux bâtiment à roues exhalait une odeur de pourriture, comme ce monstre de bois avait, après son écorchage en règle, dégager l’odeur de sa propre mort. Le prince, une fois qu’il eut atteint cet animal agonisant, ne put plus penser qu’à l’odeur de viande faisandée qui venait agresser son odorat. Pressant une manche de sa brigandine sur son nez, il fit une rapide visite de la roulotte, soulevant parfois quelques monceaux d’os et de chair putréfiée qui ornait l’ancien habitat pour voir si l’animal gardait quelque trésor secret. Un cri de ses hommes le fit sortir de la carriole. On lui tendit le pendentif que portait au cou le chaton d’Aduram. Le collier était de facture ancienne, au style elfique. Le pendentif, d’un argent vif, était entortillé pour former des arabesques représentant abstraitement quelque motif floral qu’Aetius ne reconnut pas. Le tendant aux hommes qui s’était pressé autour de la trouvaille, le prince finit par dire, d’un timbre bas et soucieux.
« Il semblerait que nous ayons tué l’animal de quelqu’un. »
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: [L'Amphisbène] Chemins de lianes et de ronces   Mer 15 Juin 2011 - 7:47

La nuit tombait tandis que l'on levait tentes et feux. Quelques sentinelles furent placées à l'orée des bois, essayant, tant bien que mal, de percer l'obscurité infranchissable qui s'était abattue tout autour des arbres, comme une chape de plomb.

Aetius faisait le tour de l'installation de fortune lorsque son pied vint taper contre ce qu'il pensait être une racine. Irrité, le prince baissa la tête à la recherche du coupable, et tout ce qu'il vit, c'est le pan d'un coffre de bois et de fer. Interloqué, Aetius commença à creuser, bientôt rejoint par ses serviteurs, qui déterrèrent une large et lourde malle protégée par une imposant verrou représentant une tête de mort. On la fit sauter au bout de quelques essais et le coffre s'ouvrit en grand.

"Oooooooh, fit Aetius, le trésor de la quête, des bijoux aussi anciens que précieux ! Youpi !"

Et tout est bien qui finit bien.

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