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 [Temple de Kiel] Dans l'antre de la Cruauté

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Malagyrr Rilynt'tar
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MessageSujet: [Temple de Kiel] Dans l'antre de la Cruauté   Lun 13 Juin 2011 - 14:26


Temple de Kiel
(by phoenix fang ©)

Les nuées de vapeur enrobaient l'horizon. A perte de vue, l'obscurité profonde dessinait des draps de satin noir aussi bien sur les toitures que dans les ruelles en contrebas. Seuls quelques feux de moyenne et de grande envergure empêchaient l'obscurité de gagner la totalité du panorama, engendrant des lueurs dansantes, dans les tons rouge orangé, sur les plus hauts murs. Sinistre était le mot qui convenait le mieux à cet horizon là, mais aucun drow ne s'en plaignait. Le Puy était leur domaine, leur patrie, l'obscurité y était reine, mais n'était-ce pas là la matière première avec laquelle leur âme avait été confectionné ? Certains diraient que la haine et la bestialité primaient sur tous les autres ingrédients, mais il en était un pour qui l'obscurité nourrissait certaines fantaisies.

A travers la seule fenêtre que concédait la tour dans laquelle elle était sculptée, les langues de feu léchaient les mains ténébreuses. Aucun des deux parties ne s'admettait vaincu, parfois les ténèbres reculaient sous un panache de chaleur, d'autrefois c'était les reflets du feu qui concédaient du terrain aux bras musculeux dont l'obscurité s'armait en de rares instants. Insensible à ce spectacle, la petite pièce nichée au plus haut du bâtiment ne s'éclairait faiblement que lorsque le feu prenait le dessus. Autrement, elle baignait dans une confortable pénombre où mobilier et objets ne se définissaient que vaguement. On y devinait certains détails, un bureau massif par exemple, et derrière un imposant siège dont les arêtes de fer luisaient parfois, en tout cas quand le jeu d'ombre et de lumière s'y prêtait. Il y avait bien quelques énormes grimoires effeuillés sur une autre table, non loin de la fenêtre, et à ne pas s'y tromper, quelques étagères fixées au mur. Ce qui était beaucoup moins évident, c'était sans doute la présence d'un drow dans cette même pièce. Un oeil entrainé aurait pu y chercher âme qui vive, il n'y aurait vu qu'une pénombre plus ou moins opaque selon les coins. Bien sûr, un drow l'y aurait aisément trouvé car leurs yeux étaient mieux affutés que quiconque.

La tête légèrement penchée en avant sous une large capuche, le Haut Prêtre de Kiel méditait au sort du monde. Immobile, aussi immobile que pouvait l'être un prédateur tapis dans les fourrés à guetter sa proie, il trônait en silence sur son siège. Les paupières closes, de sorte que ses yeux n'étaient que deux traits verdâtres en plein milieu de son visage, il méditait aux murmures de sa déesse. Ses interventions se manifestaient par des soupires au plus profond de ses entrailles. Soupires qui obstruaient alors ses pensées, comme si une conscience étrangère se mêlait à la sienne et lui dictait de faire et d'agir conformément aux préceptes divins. Folie prononcée ou bien réalité ? Malagyrr Rilynt'tar n'avait jamais réfléchis à cette question. Il ne se l'était, en réalité, jamais posé car la réponse ne l'importait pas plus que la question en elle-même. Il se savait capable de bien des choses, et parmi ces choses là, la cruauté était l'art dans lequel il excellait avec un talent incompréhensible. Capable d'inventer les pires ignominies du jour au lendemain, elles se tissaient avec autant d'aisance dans son imaginaire que l'épée se dessinait dans l'esprit du forgeron.

Le plancher en bois grinça sous le poids de deux bottes lourdes. A leur vitesse de déplacement aussi bien qu'aux grincements qu'elles engendraient, Malagyrr sut que le prêtre Mournintra, son messager attitré, venait le déranger. Deux coups secs retentirent contre la porte. Malagyrr attendit sur son siège. Deux nouveaux coups retentirent, le message était donc important, en tout cas dans l'imaginaire de Mournintra. Les pas du Haut Prêtre de Kiel résonnèrent derrière la porte avant qu'elle ne s'ouvre lentement sur sa silhouette haute, son visage grisâtre ne baignait plus dans l'ombre de sa capuche qu'il avait rabattu dans son dos, hormis sa moitié inférieure ( bout du nez, lèvres et menton ) qui restait dissimulé derrière un gorgerin rehaussé. Ses paupières s'entrouvrirent et son regard de félin transperça celui du messager. Sa voix froide mais incroyablement douce, presque sifflante, enveloppa la scène.


▪ Parle

▪ Sieur Tebirahc, de la Maison Zaurahel vous attend dans la Grande Salle mon seigneur.

Le Gardien d'Uriz ici ? L'information était bien assez insolite pour piquer à vif la curiosité de Malagyrr. Fermant la porte de son nid, le drow fila sous le nez de son messager et descendit dans la Grande Salle où la statue de la déité Kiel était représentée tirant sur les chaines du supplices, arrachée à un cri de terreur absolue. Arrivé à la hauteur de Tebirahc, Malagyrr ferma les yeux et marqua une légère inclinaison du buste en guise de révérence.

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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: [Temple de Kiel] Dans l'antre de la Cruauté   Ven 24 Juin 2011 - 6:59

[Désolé pour l'attente, j'ai été appelé à d'autres obligations, désormais, je répondrais promptement =)]

Un pas succède à un autre qui s’évanouit bien vite, et sur cette route qu’est la vie, emprunté par chacun avec plus ou moins d’empressement, le Gardien continue sa marche, les premiers pas d’une nouvelle existence où le paysage diverge tant du précédent qu’il ne serait pas étonné d’avoir même changé de monde…
Il n’est plus là, au regard du Gardien, de races, rien que des lueurs difformes parlant quelques langages différents, se disputant dans un balai insensé innombrable et au milieu des danses endiablés, des feux se dissipent, absorbée par l’obscurité ambiante, un si beau spectacle qui nait du désordre… Voici ce qu’est la Guerre.
Ce qui n’était d’abord qu’une conviction, qu’un projet, devenait au fil des méditations, des apprentissages et des discussions occultes avec le Dieu qui le fit naître, une façon de penser toute naturelle, intuitive.

Pour l’heure pourtant, bien loin de le suivre, il gagnait les lieux où siégeait les puissants de ce peuple duquel il est né et qu’il servi des siècles durant, à l’instar de ses ancêtres, mais dont il doutait à présent partager plus que du sang et des traits qu’il ne voyait d’ailleurs plus depuis son Illumination à la Bataille d’Ellyrion.

Ses pas guidés par deux hommes d’armes portant ses couleurs, davantage présent pour lui épargner les trahisons d’un parcours qui n’épargne nullement la vie que de celles de ses congénères – pour les éventuels fous qui penseraient l’atteindre – le conduise à travers les étages de la noblesse, jusqu’à celui où repose en cercle le Panthéon Sombre, à l’exception de ceux qui trônent sur ce dernier, et plus en avant, jusqu’au sanctuaire de la cruauté, le Temple de Kiel Elghinn, sa visite du jour.
Ses yeux morts ne peuvent apprécier les lieux, mais ses sens embrassent d’autres choses venant des lueurs avoisinantes, adeptes, prêtres ou victimes, désormais distinctes. Un prêtre vint à leur rencontre, et c’est un des hommes qui l’accompagne qui prit la parole.

« Annoncez au Haut Prêtre que le S’argt Tebirahc Zaurahel désire le rencontrer. »

Si le ton demeure courtois, respectueux des rangs, une chose est pourtant certaine, il ne saurait faire trop attendre le Gardien. Les minutes s’écoulèrent, peu nombreuses fort heureusement, alors que Tebirahc se laissait aller à pousser plus loin ses perceptions nouvelles, secret de polichinelle qu’il se garderait bien de confier à quiconque, bien qu’aucune parade n’existe, connu ou non, mais préserver la surprise n’a pas de prix.

Puis le Haut Prêtre arriva, c’est tout du moins ce qu’il comprit quand, voyant une nouvelle lueur, l’un de ses gardes souffla à son oreille.

« Le voila, S’argt. »

Et les deux soldats s’inclinèrent comme il se doit devant le Haut Prêtre tandis que le Gardien n’esquissait qu’un maigre salut de la tête. Les soldats reculèrent, se mettant suffisamment en retrait pour que les deux hommes paraissent seuls.

« Vendui Haut Prêtre Rilynt’tar, j’espère ne pas vous interrompre pendant une cérémonie avec ma visite, mais j'aimerais que nous fassions plus ample connaissance. »

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Malagyrr Rilynt'tar
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MessageSujet: Re: [Temple de Kiel] Dans l'antre de la Cruauté   Dim 26 Juin 2011 - 10:10

[HRP: Pas de soucis ! Bonne lecture]


«
- Vendui Haut Prêtre Rilynt’tar, s'exclama le Gardien d'Uriz après avoir abaissé salutairement son menton. J’espère ne pas vous interrompre pendant une cérémonie avec ma visite, mais j'aimerais que nous fassions plus ample connaissance.

- Les créations de Kiel Elghinn ont toujours servi les desseins d'Uriz, affirma Malagyrr de sa voix ensorceleuse. Je ferais piètre figure en prétextant le dérangement. »

Malagyrr n'ignorait pas le nom du Drow qui lui faisait irrémédiablement face. La Maison Zaurahel avait marqué l'histoire du Puy de son fer luisant. Ang'afae, le dernier, avait martelé le nom de sa lignée sous son manteau d'Obok Senger d'Thalack ; dit titre dont le fils avait hérité plusieurs siècles plus tard, et sous lequel il n'avait déjà guère plus besoin de s'illustrer, si Malagyrr en croyait ses ombres.

Tapis derrière son gorgerin, un vague sourire s'esquissa. Si l'Obok Senger d'Thalack wun l'Tagnik'zur, le Haut Seigneur de Guerre au Dragon, ainsi nommé car il chevauchait seul la wyvern, souhaitait faire connaissance, ils feraient connaissance. Malagyrr n'était pas imperméable aux rapports de force, non plus à l'importance que revêtait chaque rapprochement entre les murs du Puy.

«
- Veuillez me suivre, proposa-t-il en tendant ses bras vers les imposantes portes de l'ouest, noires comme l'onyx, habillées de chaînes épineuses ciselées dans le métal froid, qui gardaient l'Allée-aux-Sombres. Les fidèles se presseront bientôt ici-même. Nous serons à notre aise dans l'Allée-aux-Sombres. »

Au moment où Malagyrr terminait de prononcer ces mots, deux novices affiliés à la garde firent pivoter les portes sur leurs gigantesques gonds. Un tapis de lumière grelottant s'écoula sur les dalles de marbre noir, révélant l'entrée d'un couloir plongé dans la pénombre, que quelques lanternes accrochées aux murs ne semblaient en mesure d'inquiéter.

L'Allée-aux-Sombres était un dédale de couloirs que peu de privilégiés avaient expérimenté. Elle était la représentation du chemin suivi par Kiel Elghinn pour atteindre la cruauté originelle, source de toutes les terreurs. Autant dire, l'antre des ténèbres par excellence.

«
- Peu en ce monde ont prétendu fouler ce lieu sacré Sieur Zaurahel, pas même vôtre père. Vôtre wyvern s'y plairait volontiers, à condition de ne pas s'enfoncer trop loin. »

Malagyrr saisit la lanterne aux carreaux crasseux qu'on lui tendit et se figea dans l'entrée.

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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: [Temple de Kiel] Dans l'antre de la Cruauté   Dim 3 Juil 2011 - 8:02

« Seulement si il n’y aurait eu là que prétexte et non la réponse à vos obligations. »

Car il avait beau être Gardien, il ne se sentait pas le droit de priver les croyants des cérémonies de leurs cultes, aussi, une cérémonie aurait excusé parfaitement la moindre pratique publique vouée à Kiel.
Et de pratiques vouées à Kiel apparaissant à la foule, le Haut Prêtre en était coutumier… Un meurtrier à en croire les dires, qui fut intronisé par les meurtres de ses concurrents. Dans le Premier Ost, un tel homme aurait été exécuté, car seul le mérite à la guerre permet de gravir les échelons – avant tout pour n’avoir que des officiers de valeurs et non juste des opportunistes - , mais le reste de la société drow pour la plupart tolérait et acceptait ses pratiques que les Zaurahel trouvaient contreproductive à l’ensemble. Tebirahc donc ne s’égarerait pas à juger ses actes passés et son parcours, il l’avait fait il y a bien longtemps quand il avait consenti jeune à la véracité de la logique de ses ancêtres et ne faisait plus de cas par cas depuis.

Le Haut-Prêtre le guida jusqu’à ce lieu qu’il appelait l’Allée-aux-Sombres, et si ses hommes qui le suivaient quelques mètres derrière lui purent embraser ce lieu quelques instants, Tebirahc s’adressa tout de même à eux.

« Restez ici. »

Les gardes acquiescèrent sans chercher à discuter l’ordre qui allait donc laisser seul le Gardien, autant par souci de respecter la hiérarchie qu’en sachant que jamais il ne prendrait de décision risquée sans avoir de nombreuses façons de s’en tirer indemne.
Il prit donc seul le pas du Haut-Prêtre, ne pouvant pas apprécier la teneur des lieux, juste les lueurs de l’homme devant lui, des flammes dansant dans les lanternes qui le guideraient tout autant que son guide, lui permettrait de se tenir au cœur des couloirs.

Il écouta le Haut Prêtre avant de répondre lui-même.

« Nous n’avons jamais été féru de tortures, ni mon père, ni le sien, ni le premier d’entre nous d’ailleurs. Nous sommes des guerriers, non des tortionnaires, Haut Prêtre, et les seuls hommages indirects fait à Kiel Elghinn sont la cruauté de quelques stratégies, tout le reste, nous le laissons à ceux qui préfèrent faire souffrir que se battre. »

La plus récente était l’achèvement de Nisetis, où durant une semaine, il avait bombardé mais surtout prier les Cultes des Nuisances et des Maladies d’abattre leurs malveillances sur les habitants dont les réserves de nourritures, d’eau s’étaient trouvé affecté et les corps dévorés par quelques maladies, sans pour autant permettre la fuite, avant de donner finalement l’assaut.

« Quant à Tagnik’zur… Je ne peux voir ce lieu, mais sans vouloir être offensant, il est un seigneur implacable et puissant dans l’immensité des cieux, mais sur et sous terre, il est malheureusement tout l’inverse, aussi, je doute qu’il se plaise en un lieu qui ignore sa grandeur. »

C’était dit avec autant de sérieux que de légèreté, afin que la rectification ne pèse pas trop lourd sur les épaules du Haut Prêtre.

« Mais puisque mes yeux ont été brûlé par Uriz, je suis certain que vous me permettrez d’apprécier le sacré de ce lieu par vos mots, n’est-ce pas ? »

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Malagyrr Rilynt'tar
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MessageSujet: Re: [Temple de Kiel] Dans l'antre de la Cruauté   Mer 6 Juil 2011 - 10:11

Malagyrr observa avec intérêt le retrait des gardes, intrigué de savoir s'il s'agissait là de maquiller confiance ou de faire valoir respect. N'ayant lui-même rien ordonné sur la présence souhaité ou non d'un corps d'armé dans l'Allée-aux-Sombres, l'acte avait quelque chose d'étonnant, d'imprudent à certains égards, de suffisant à d'autres, mais d'irrémédiablement étonnant. Malagyrr n'était pas sans connaître les capacités de son invité, autant qu'il pouvait jugé de la portée de son bras. Il esquissa donc un vague sourire brisé derrière un muret de métal, et reporta son entière attention sur Tebirahc, joint à sa hauteur.

«
Nous n’avons jamais été féru de tortures, ni mon père, ni le sien, ni le premier d’entre nous d’ailleurs, expliqua ce-dernier. Nous sommes des guerriers, non des tortionnaires, Haut Prêtre, et les seuls hommages indirects fait à Kiel Elghinn sont la cruauté de quelques stratégies, tout le reste, nous le laissons à ceux qui préfèrent faire souffrir que se battre.

- Je ne peux en vouloir à mes prédécesseurs d'avoir, volontairement ou non, dissimulé certaines excroissances de la cruauté aux yeux d'un certain nombre, rétorqua Malagyrr en soutenant l’œil vide du Gardien d'Uriz. Le bras du guerrier croit simplement ôter la vie, ne se souciant guère d'y voir souffrance, il abroge tout espoir, mais alors il oublie celles et ceux que le condamné laisse dans son giron et combien notre Déesse se reput du malheur et de la cruauté laissés par une chaise vide dans un cœur submergé par le chagrin. En cela et en bien d'autres choses, tout guerrier est un digne serviteur de sa Volonté. »

Sur ces mots, il tendit son bras gauche et leva la lanterne à la hauteur de son cou, repoussant de ce simple mouvement la pénombre qui recouvrait d'un voile l'entrée du couloir.

«
Quant à Tagnik’zur… Je ne peux voir ce lieu, mais sans vouloir être offensant, il est un seigneur implacable et puissant dans l’immensité des cieux, mais sur et sous terre, il est malheureusement tout l’inverse, aussi, je doute qu’il se plaise en un lieu qui ignore sa grandeur. »

Il se contenta d'acquiescer à la remarque, ne pouvant contesté ni le trône de la wyvern ni celui que l'esprit se fabriquait de lui-même.

«
Mais puisque mes yeux ont été brûlé par Uriz, je suis certain que vous me permettrez d’apprécier le sacré de ce lieu par vos mots, n’est-ce pas ? Ajouta Tebirahc.

- Je me fais grand plaisir d'être votre guide, Sieur Zaurahel, répondit Malagyrr. Venez. »

Et les deux drows de s'engouffrer dans l'Allée-aux-Sombres tandis que ses portes se refermaient derrière leurs pas, laissant les seuls bruits de l'Allée leur parvenir. On entendait alors le clapotis d'un courant d'eau voguant à faible allure qui pourtant ne se distinguait d'aucun recoin du long couloir, mais aussi un vague murmure, parfois muer en un chuchotement plus proche, dont les mots restaient voilés d'incompréhension.

«
L'Allée-aux-Sombres n'est connu que de quelques hauts dignitaires de notre société, car eux seuls possèdent la résistance nécessaire pour ne pas s'essayer à déchiffrer les murmures que vous entendez, narra Malagyrr en avançant lentement, son regard voyageant d'un bord à l'autre du couloir, caressant les parfaites formes humaines sculptées dans la roche noire des murs. Elle est la représentation du chemin suivi par Kiel Elghinn pour atteindre la cruauté originelle, celle qui anéantit l'esprit sans se préoccuper du corps. Les murs attestent de ce voyage. »

Alors Malagyrr se dirigea vers un pan de mur et invita le Gardien à détailler de ses mains la sculpture d'une femme drow bien en chair et à demi nue dont le regard sans vie s'expliquait aux formes voluptueuses, imprécises, qui lui voilaient les oreilles ; des formes hautes de plus de deux mètres symboliques des tourments de Kiel.

«
Alyrae Dearn. D'après les textes, elle aurait été la première drow à effleurer la présence de Kiel. La pauvre en aurait perdu la raison au point de s'infliger les pires sévisses par la suite. »

Malagyrr guida son invité à la sculpture voisine où le corps immortalisé dans la même position se creusait cette fois-ci des pires sillons que les griffes drow pouvaient s'infliger.

«
La cruauté n'a en ce sens que peu de rapport à la torture, trancha-t-il en approchant la lanterne du mur pour creuser l'ombre des sévisses corporels. La cruauté se veut un murmure qu'on laisserait en suspend dans un esprit bouillonnant, un poison qui le rongerait à lui en faire perdre la raison. La torture physique n'est que facilité face à un tel procédé. Elle est l'apanage des simples d'esprit. »

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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: [Temple de Kiel] Dans l'antre de la Cruauté   Mar 12 Juil 2011 - 16:31

Tebirahc ignorait si c’était là une vérité dissimulée, dans tout les cas, il ne s’était jamais posé la question. Le Culte de la Cruauté n’avait jamais obtenu un véritable intérêt aux yeux des siens, ça n’était pas le seul dans ce cas, aucun drow ne pouvait prétendre offrir autant à chaque culte tant la chose serait compliquée à imaginer.
Dans tout les cas, il n’eut rien à redire aux mots du Haut Prêtre, c’était un raisonnement qui se tenait, et il n’avait aucune intention de lui mentir. Mais le guerrier ignore et sans doute se fiche bien de la souffrance qu’il provoque, des malheurs qui suivent la mort d’un homme sur un champ de bataille… Quel piètre combattant se serait si à chaque coup, voir avant le moindre d’entre eux, il se questionne là-dessus.
Ainsi ne répondit-il rien d’abord, avant de reprendre sans hostilité le Haut Prêtre, offrant de Tagnik’zur un légitime portrait de seigneur céleste, ce à quoi son interlocuteur n’eut rien à redire. Après quoi, pour changer de sujet, invita t-il le maître des lieux à lui décrire et à lui raconter l’endroit, sous couvert de sa cécité.

Le Gardien se contenta de suivre la lueur proche et mouvante, de se fier également aux autres, fixe, pour se repérer par rapport aux murs. Il écouta avec un intérêt non feint les propos du Haut Prêtre.
Des murmures incompréhensibles tout autour, qu’il finit par ignorer simplement, revenant à la paisible contemplation des lueurs, plus que jamais depuis qu’il était devenu Gardien, le Feu sous quelques formes que ce soit avait un pouvoir d’encrage pour son esprit, autrefois lors de ses méditations, la chaleur d’une flamme le rappelait à son corps, et aujourd’hui, il pouvait les connaître sous toutes les coutures et les faire danser à volonté.

« Un tel parcours ne devrait-il pas être réservé aux adeptes du Culte qui aspire j’imagine à comprendre, entreprendre et réussir ce parcours, plutôt qu’aux hauts dignitaires de notre société qui ne peuvent saisir toute l’implication de ce lieu ? »

Peut-être était-ce le cas, mais il était étrange de faire parcourir à des hauts dignitaires un tel lieu, du moins ne comprenait-il pas le but que nourrissait le Culte à offrir ce passage à de telles personnalités, à moins qu’égarer leurs esprits pour les briser soient dans leurs projets… Qui sait.
Quand le Haut Prêtre l’invita à détailler les formes d’une sculpture, il le fit en l’effleurant du bout des doigts, son sens de toucher accrue percevant la moindre des nuances, bien que le tableau final, car il n’avait pas encore apprit à véritablement exploiter ces choses là, ne ressembla pas à grand-chose. Mais il écouta encore.
Quand le Haut Prêtre distingua cruauté et torture, sans d’abord ajouter l’aspect physique, Tebirahc comprit qu’ici pourtant, il pourrait reprendre son interlocuteur, et quand ce dernier eut fini.

« La cruauté est une torture, Haut Prêtre, et la torture n’est pas que physique, cela, nul véritable bourreau ne l’ignore, il faut savoir jouer sur les deux tableaux, non pas un seul. Vous parlez d’usage d’un simple d’esprit, je crois que nombre sont ceux qui vous parlerait de chemin comme un autre, à moins que par là vous ne parliez uniquement du physique, pour le physique, sans s’intéresser et creuser sur l’impact que cela aurait sur l’esprit. »

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