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 A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]

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Tahly
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MessageSujet: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Dim 26 Juin 2011 - 15:04

Vous souvenez-vous des contes pour enfants que l'on vous racontait le soir pour essayer de vous endormir quand vous aviez décrété que vous n'étiez pas fatigué (ce qui n'était généralement pas le cas, il faut dire) ? De ces fabuleuses histoires de princesses enfermées depuis cent ans (euh... étaient-elles toutes des elfes ?!) dans un donjon gardé par un dragon et du preux chevalier au cœur pur qui devra affronter le pauvre animal ailé pour récupérer la belle qu'il n'a jamais rencontré mais dont il tombera forcément fou amoureux ? Oui, vous vous souvenez de ces histoires. Mais vous souvenez-vous de celles mettant en scène une charmante sorcière qui ne cause pour une fois pas mort d'homme ? Non ?! Ah oui, c'est vrai... Chez vous, les sorcières sont toujours méchantes, bêtes, pas drôles et surtout... vieilles, moches et faciles à tuer malgré leur puissance magique. Là, vous vous en souvenez de ces sorcières là ? Oui ? Alors dites-vous que c'est faux, que l'on a endormi votre vigilance ! Ces vieilles folles sont plus lucides qu'elles ne le paraissent ! Ce n'est qu'un petit conseil, mais si vous vous retrouvez chez l'une de ces rares encore vivantes : faites attention à ce que vous buvez !!!
-Tahly



Miradelphia, fin du mois de Barkios de la première année du XI° cycle. Une petite cabane assez instable, au fin fond des territoires neutres. A l'intérieur, une drow habillée de couleur pourpre était assise sur l'une des quatre chaises entourant la petite table trouée par les mites, jouant avec l'un de ses petits poignards. Elle gardait en même temps un regard sur la vieille femme dont la peau était creusée par les rides qui se balançait misérablement sur sa chaise tout en caressant son « chat ». En fait, c'était ce qui restait d'un animal ressemblant à un chat noir : une peluche ayant le même pelage qu'un animal vivant, ne dégageant aucune odeur de décomposition mais ayant... des boutons cousus à la place des yeux. Même pour Tahly, qui était habituée à côtoyer la nécromancie, cet être-là la rendait mal-à-l'aise. Ces « yeux » qui vous regardent sans vous voir, les caresses lancinantes et les faux chuchotements que lui prodiguait la vieille... S'il y avait bien quelque chose qu'elle aurait aimé faire, c'était envoyer cet être immonde par l'une des deux minuscules fenêtres de la cabane sans même la toucher des doigts, ce qui ferait un bon exercice pour sa télékinésie. Mais il fallait faire attention à la vieille, malheureusement.

La vieille, tant qu'on y est : sorcière humaine renommée – du moins dans sa jeunesse - ayant dépassé le siècle et sachant manipuler la télékinésie tout comme, pouvait le deviner Tahly, la nécromancie ou du moins quelque chose lié au sang. Petite, toute maigrelette et sauvagement ridée de la tête aux pieds, elle ressemblait en tous points aux sorcières des contes pour enfants, celles destinées à les terroriser pour qu'ils laissent leurs parents tranquilles : ses vêtements n'étaient que de vieilles guenilles tâchées de partout, elle s'aidait d'une cane pour aller d'un bout de la petite pièce à l'autre tout en boitant, trainant ses pieds nus et lacérés par on ne sait trop quoi et marmonnait constamment entre ses dents -pour le peu qu'il lui en restait, toutes jaunies- de sombres palabres. Et sa demeure n'était guère mieux : toute en bois troué par les termites et le temps, des toiles d'araignées parcourant le plafond (bizarrement, aucune toile n'était à hauteur de tête ou plus bas), de la poussière partout à vous faire éternuer régulièrement et les fameux pots contenant diverses herbes, bestioles, petits membres d'un corps quelconque (il devait même y avoir un doigt de pied de nain !)... Et tout cela grinçait et s'entrechoquait dès qu'il y avait du vent, c'est-à-dire au moins trois longues fois par jour depuis qu'elle était arrivée, il y a un peu moins de deux jours.

D'ailleurs, peut-être vous demandez-vous ce que notre jeune sorcière qui déteste tout être ne se terminant pas dans un plat et n'ayant pas de sang drow (les demis font partie de ces êtres infâmes) fait chez une humaine décrépite et complètement demeurée ? Disons que Tahaliann a en quelque sorte besoin d'aide, et que bizarrement... la personne qui était certainement la plus à même de répondre à ses questions est la sorcière Kamat, dite « la Faucheuse de rêves ». Donc là elle était en apprentissage, et ce n'était pas si simple que ça en avait l'air.
Un nouveau grincement sortit la drow de sa « contemplation » de la vieille. Elle regarda alors en direction de la fenêtre et aperçut les frondaisons commencer à danser. Puis, comme d'habitude, la pluie s'abattit aussitôt sur la forêt, rendant tout chemin impraticable à cause de la boue et, surtout, infiltrant la cabane ; quelques gouttes tombaient en effet de temps à autre sur le plancher après avoir traversé le toit et imbibé les différentes toiles d'araignées qui s'y trouvaient. Et cette tempête allait encore une fois durer quelques petites heures, juste le temps pour que l'eau boueuse monte jusqu'au palier de la porte, et qu'ainsi le lendemain il faille encore une fois pousser comme un forcené la porte pour pouvoir sortir...

Mamé Kamat (comme elle s'appelait) était assez calme, ce soir là. Elle était dans sa phase mystérieuse. L'autre phase, qui avait de quoi faire peur - mais qui était tout de même amusante - survenait quand il arrivait quelqu'un ou bien à chaque fois qu'il s'agissait de « cuisiner ». A ce moment-là on pouvait voir ses yeux s'agrandir d'un plaisir fou ainsi que sa réaction quelque peu enfantine. Ici, elle ronronnait à la place de son chat. C'était bon signe.
Un petit bruit régulier : quelqu'un qui frappe à la porte. Tout de suite, la vieille se redresse, montrant ses dents en un sourire tout à fait hideux. Ses yeux pétillent, elle abandonne peu à peu sa peluche pour sa cane.


« Deux... Deux, hihihi !

A la grande surprise de Tahly, Kamat commence à frapper dans ses mains tout en riant aux éclats, faisant tomber sa cane par terre et manquant de peu d'atterrir sur le sol à son tour. Puis elle avança sa main droite vers la porte qui s'ouvrit d'elle-même, laissant apparaître deux voyageurs trempés jusqu'aux os.

-Entrez entrez, enfants... Entrez entrez ! Oh thé, oh thé, voui voui voui voui voui !!!

Puis elle disparut dans l'arrière-pièce qui servait de cuisine comme de laboratoire tout en continuant de chantonner pour elle-même des « voui », des « thé thé thé » et des « trois ». Avec un petit soupir de résignation, Tahly fit signe aux étrangers de s'installer.

-Elle va revenir, elle prépare juste le thé. Ne vous inquiétez pas si elle à l'air un peu folle, c'est normal. »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Lun 27 Juin 2011 - 23:26

Riders On The Storm by The Doors on Grooveshark
Une pluie pure, fraîche et surtout drue inondait la forêt d'Aduram. Altiom ne pouvait s'empêcher de penser que là-haut dans ces masses éthérées et cotonneuses d'où provenait l'ondée se cachaient peut-être des anges pleurant toutes les larmes de leurs corps devant la violence qui ébranlait ce monde. Du moins il préférait que ce soit leurs larmes plutôt... qu'autre chose.
- Aaaah c'est vivifiant n'est-ce pas? lança-t-il alors à son compagnon de vadrouille, qu'il avait d'ailleurs retrouvé par pur hasard en plein sous-bois alors que tous deux cherchaient la cachette où ils avaient enterré leurs magots respectifs. Ils avaient dû interrompre les-dites fouilles lorsque cette lourde averse les surprit. Les deux comparses prirent alors le semblant de piste présent à des kilomètres à la ronde, qui ne devait guère être emprunté que par des musaraignes, des blaireaux ou des loups. Et tel le fil conducteur qui guide leur vie, le sentier fangeux les mena directement à la prochaine étape, pour le moins inopinée, de leur périple.
- Une habitation en plein cœur d'Aduram? Et occupée! ajouta le vagabond en apercevant des lueurs chancelante à travers les fenêtres poisseuses de la masure. C'est soit un ermite amoureux de la nature, soit un reclus complètement ravagé qui sortira de sa cabane en beuglant, un couteau à la main et essayera de nous découper en petits morceau pour nous manger plus tard dans la soirée, en ragoût... accompagné d'une délicieuse sauce aux cèpes... Il marqua une pause. Et le pire dans tout ça c'est qu'il risque de se régaler... on doit être délicieux en sauce aux cèpes, conclut-il sur le ton de la plaisanterie.
Arrivé au seuil de ce qui promettait d'être une singulière rencontre, et optionnellement sur le seuil de la porte, Altiom fixa le panneau de bois vermoulu avec un regard résigné:
je passe en première ligne, si je crie "booyah" et que je me baisse, tu prends cette caillasse, il montra du doigt une pierre à sa droite sans tourner la tête, et tu l'envoies en pleine poire de notre futur ex-hôte pendant que je dégaine mes armes et que je cherche une autre entrée pour le prendre à revers.

Brandissant vaillamment le poing, le voyageur nanti se décida à annoncer sa présence et frappa lentement quatre coups. L'humain et le demi-elfe n'eurent pas à attendre bien longtemps avant que la porte ne s'ouvre, dans un grincement quasi-cataclysmique soit dit en passant, sur un intérieur des plus "douillets" et quelque chose s'apparentant à une vision d'horreur: la propriétaire des lieux. Altiom tourna légèrement la tête vers son acolyte et chuchota: je suis à deux doigts de crier "booyah" là.
- Entrez entrez, enfants... Entrez entrez ! Oh thé, oh thé, voui voui voui voui voui !!!
- Ôter? Il haussa un sourcil. Hm... nos chausses? Se présenta alors aux deux hommes une troisième invitée, jusqu'alors restée hors de vue depuis le palier.
- Elle va revenir, elle prépare juste le thé. Ne vous inquiétez pas si elle à l'air un peu folle, c'est normal. Un peu? Absolument barrée oui. Sur ce, le noble déchu se déchaussa tout-de-même. Que la personne qui l'accueille soit saine d'esprit ou non, il se refusait à maculer son plancher de boue. Quelle charmante compagnie quoi qu'il en soit. Une vieille femme totalement secouée, une drow aux atours pourpres plutôt mystiques et... un chat empaillé. Enfin, après sa rencontre avec un certain elfe noir schizophrène, ses préjugés sur cette race tant haïe dans la péninsule s'étaient estompés, quand bien même avaient-ils enlevé son frère aîné, Silpheed d'Ydril, quelques années auparavant. Et pour preuve de sa bonne volonté, il s'avança vers elle, s'agenouilla, saisit délicatement sa main et y apposa un courtois et respectueux baiser: mon nom est Altiom, le sien Eidren. Nous ferez-vous l'honneur de nous révéler le vôtre? Il espérait seulement que la coutume foncièrement humaine du baise-main ne soit pas perçue comme une outrageuse offense par son interlocutrice. Il avait l'habitude des gifles, mais c'était pour lui une joie sans cesse renouvelée que de pouvoir y couper.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Lun 19 Mar 2012 - 17:23, édité 3 fois
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Eidren Alderion
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Mar 28 Juin 2011 - 16:40

Altiom…Encore lui ! ne put s’empêcher de penser Eidren. Non pas qu’il ait de l’aversion envers le vagabond, mais le retrouver au beau milieu de la dense forêt d’Aduram était des plus…inattendu. Tout deux venaient retrouver leur part de la récompense reçue suite à l’attaque du convoi qui s’était déroulée dans cette même forêt, quelques semaines plus tôt. Malheureusement, le temps s’était montré peu clément pour les deux voyageurs : une forte pluie commençait à tomber, les contraignant à stopper leurs recherches.
-Aaaah c'est vivifiant n'est-ce pas? Lança Altiom
-Il est vrai qu’une petite averse de temps en temps n’est pas des plus dérangeant…Enfin, je lui aurais été gré de patienter une petite heure, mais apparemment, le ciel en a décidé autrement.

Après quelques minutes de marche, les deux itinérants retrouvèrent ce qui dans le temps devait être un chemin, lequel les mena directement vers une masure.
-Une habitation en plein cœur d'Aduram? Et occupée!
Pris dans un élan d’excentricité, le vagabond imagina une série d’hypothèses saugrenues :
-C'est soit un ermite amoureux de la nature, soit un reclus complètement ravagé qui sortira de sa cabane en beuglant, un couteau à la main et essayera de nous découper en petits morceau pour nous manger plus tard dans la soirée, en ragoût... accompagné d'une délicieuse sauce aux cèpes... Et le pire dans tout ça c'est qu'il risque de se régaler... on doit être délicieux en sauce aux cèpes
-Toutefois, les odeurs qui émanent de cette masure ne sont pas des plus… « engageantes » et ne rappellent hélas en rien une quelconque sauce aux cèpes. Au fond, je me demande si je ne préfère pas continuer mon chemin.

Comme pour lui donner tort, l’averse redoubla de violence et le tonnerre gronda.
-Ok, j’ai rien dit…


Ils s’approchèrent de la curieuse habitation jusqu'à ce qu’Altiom s’arrête brusquement. Le jeune homme élabora un plan de bataille au cas où l’autochtone s’avérait aggressif.
Altiom se décida enfin à frapper à la porte. Cette dernière s’ouvrit lentement dans un affreux grincement. La créature qui se présenta alors aux deux itinérants était digne d’un conte pour enfant. Laide, puante, crasseuse voûtée et poilue étaient autant d’adjectifs qui pouvaient définir légitimement la « femme » qui se trouvait en face d’eux. A côté d’elle, Germaine aurait presque pu être potable ( presque hein ! J’suis pas fou…). Son visage n’était qu’un amoncellement de plis et de taches de vieillesse. Sous son nez, un duvet avait poussé mais il était si dru que « moustache » était le seul terme qui lui rendait véritablement justice.
-je suis à deux doigts de crier "booyah" là.
-Tu m’étonnes…

En regardant par l’ouverture de la porte, Eidren aperçut également divers bocaux aux contenus plus dégoûtant les uns que les autres. De l’orteil confis en passant par la surprenante collection de larves et d’oeils, le demi elfe avait enfin une idée quant à l’origine de la puanteur.
- Entrez entrez, enfants... Entrez entrez ! Oh thé, oh thé, voui voui voui voui voui !!!
Les yeux du sang mêlé s’écarquillèrent. Il avait devant lui un être avait accumulé toutes les pires tares physiques, mais également psychologiques que l’on pouvait imaginer.
- Elle va revenir, elle prépare juste le thé. Ne vous inquiétez pas si elle à l'air un peu folle, c'est normal.
Le regard du demi elfe se posa ensuite sur l’inconnue qui venait de parler. Une drow. De quoi pouvait-on rêver de plus ? Une splendide tueuse sanguinaire et un vieux laideron complètement taré du bulbe, réunies dans le seul et unique abri des environs un jour d’orage qui plus est. C’était exactement le genre de tableau qui dépitait Eidren.
Heureusement, la gouaille d’Altiom parvint à dérider le voleur. Le vagabond, après les avoir présenté partait déjà à la conquête de la drow…


Dernière édition par Eidren Alderion le Sam 24 Déc 2011 - 14:14, édité 1 fois
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Tahly
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Mar 28 Juin 2011 - 21:23

Le premier qui entra était un piètre humain (elle ne pouvait voir que derrière lui se trouvait un demi-elfe) trempé jusqu'aux os, les cheveux bruns coupés assez court et d'un âge ni bien jeune, ni ne révélant une grande maturité physique. Elle ne pouvait dire ce que cela donnait en âge humain, mais ce devait être un jeune adulte. Un jeune adulte complètement fou ! Sans aucune gêne et tout sourire, il vint directement s'agenouiller auprès d'elle et, après s'être présenté ainsi que son compagnon, il lui prit la main et la baisa ! Non mais quelle horreur ! Même les mâles drows étaient plus respectueux que cela (en même temps ils avaient intérêt pour leur vie) ! C'était quoi cette manie humaine de jouer la « galanterie elfique » ? Depuis quand baise-t-on la main d'une femme sans la connaître un minimum ?! Elle sentit son visage s'empourprer, mais non d'une timidité inhabituelle, mais d'une colère qui ne laissait rien augurer de bon – pour lui. Son poignard était posé sur la table ; elle avait juste à l'imaginer planté dans la gorge de cet imbécile pour...

« Lui Humain. Toi Sombre. Toi colère. Toi apprendre, comme magie. Trois. Pas deux. Pas un.

La concernée regarda la vieille grand-mère avec fureur, puis se força à se calmer. Mamé Kamat avait sans problème perçu la colère que le geste d'Altiom avait provoqué et la raison pour laquelle elle les avait tous les trois abrités devait être assez importante pour qu'elle se montre sérieuse ; la première fois depuis qu'elle avait entendu parler de cette folle à la maison ! Doucement, elle retira sa main de celle de l'imprudent (qu'est-ce qu'elle aurait aimé le corriger !!!) et se présenta à son tour. Kamat avait besoin de trois personnes pour on-ne-sait-quoi et visiblement elle allait devoir faire groupe avec ces deux énergumènes ! Donc autant se montrer « gentille ». Qu'est-ce que ce mot pouvait sonner elfe dans cette situation...

-Tahly... Appelez-moi Tahly.

Contente de l'effort de son élève, Kamat repris son éternel sourire immonde. De nouveau dans sa phase de petite folle, elle incita les deux nouveaux arrivants à s'assoir à table, où trois chaises bancales étaient encore inoccupées. C'est d'ailleurs seulement à ce moment-là que Tahaliann s'occupa un peu d'Eidren. Enfin... Ce n'était pas vraiment « s'occuper » dont il s'agissait. C'était plutôt « dévisager sans regarder intensivement ». De grande taille (à peu près vingt centimètres de plus qu'elle, ce qui était énorme) et de fine stature, ses yeux clairs avaient quelque chose de... trop clair. Si elle devait le comparer à Altiom, elle n'était alors pas sure de pouvoir le classer dans la catégorie des Humains. Mais elle préféra ne rien dire. Sinon il paraissait de la même tranche d'âge que son compatriote.

Un plateau arriva magiquement à table avec trois tasses remplies d'un liquide brunâtre sentant les épices fortes serrées (les tasses) les unes contre les autres, laissant croire jusqu'au bout que les tasses allaient se renverser, ce qui faillit arriver lorsque le plateau se posa tel un oiseau alcoolique sur la table. Mamé arriva derrière en s'aidant de sa cane et en tenant une quatrième tasse dans sa main libre. Une fois assise, la vieille invita ses hôtes à prendre un verre tout en riant comme une... Pas « comme » : c'est une folle !


-Buvez, dit-elle, sinon moi pas dire. Moi pas donner.

Elle avait bien insisté sur ce dernier mot tout en regardant Altiom, qui devait certainement se sentir gêné d'avoir un regard aussi louche posé sur lui. Puis, comme pour montrer sa bonne fois, elle but dans sa propre tasse. Après avoir inspecté cette boisson Tahly y trempa juste les lèvres, puis attendit que les deux autres aient goûté à la leur avant d'en reboire un peu. Mais c'est que ce n'était pas mauvais du tout ! Très fortement épicé... comme à la drow. Le seul hic était qu'il y avait un petit arrière-goût d'alcool et que les tasses aient été données séparément ! Après, elle avait eu vent que tous les êtres non drows servaient directement les assiettes et ne présentaient pas le plat avant ; ne risquaient-ils pas de se faire empoisonner trop facilement ?!
Alors qu'elle se posait toutes ces questions sur la culture humaine, Kamat parlait, riait aux éclats toute seule et adressait même un ou deux clins d'œil à son hum... chat ? rendant la situation de plus en plus bizarre. Et personne n'avait l'air de s'en soucier. Même pas elle, quoi que peut-être... Non, même pas. Enfin, la vieille sorcière au sourire édenté reposa sa tasse sur la table puis posa ses bras très maigrelets sur la table de façon à bien pouvoir rapprocher sa tête de ses invités.


-Trois. Un pour le chemin, deuxième pour la roche, l'autre pour le contrôle. Trois partiront, trois arriveront. A trois, trois-cent-quarante ils feront. Une quête attend vous. Aventure, expérience. Richesses attendront vous. Vous accepter ? Vous chercher, trouver le Dranynth'Wardhna ?

Cette demande était assez surprenante, mais fit naître un sourire sur le visage de la Sombre. Ainsi donc, ils allaient effectivement devoir faire équipe ? Même si elle détestait le soleil, elle devait avouer qu'avoir pour compagnons de quête les deux autres attablés, et ce même si l'un d'entre eux avait fait une énorme gourde dès son entrée en scène, que ce n'était pas si mal. Ça devenait même intéressant !

-Si Eidren et Altiom sont prêts à partir je ne sais trop où... j'accepte ! »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Mer 29 Juin 2011 - 15:36

Une fois de plus, Altiom en était convaincu, il avait fait une gaffe monumentale dès son entrée. A vrai dire ça devenait plus une marque de fabrique qu'autre chose au fil du temps. Il observa avec appréhension le visage cendré de la drow qui prenait une teinte légèrement plus rosée et pensa au premier abord l'avoir simplement gênée, mais sa crispation soudaine remit le voyageur sur le droit chemin: il l'avait définitivement foutue en rogne ; et se promit du reste de parfaire sa connaissance de la culture drowe à l'avenir.
- Lui Humain. Toi Sombre. Toi colère. Toi apprendre, comme magie. Trois. Pas deux. Pas un, fit l'ancienne sur un ton soudain terriblement sérieux. La jeune femme, du moins "la plus jeune des deux", sembla s'apaiser et soustrait sa délicate main de son étreinte.
- Tahly... Appelez-moi Tahly. Apparemment satisfaite, la vieille bigote sombra à nouveau dans sa transe euphorique et convia ses visiteurs à s'attabler en attendant le délicat breuvage promis quelques instants plus tôt.
Le silence pesant qui s'installait fut brisé par un récital improvisé de percussions sur tables, accompagné d'une symphonie de fredonnements rythmés. Le nobliau s’arrêta alors qu'arrivait le plateau, lévitant dans un concert de tintements alarmants. Il se tint prêt à rattraper au vol les tasses si l'assemblage précaire venait à valdinguer. Mais l'objet volant plus ou moins identifié arriva à bon port. Si le doute était déjà difficilement permis, la démonstration l'effaçait cette fois-ci complètement: il s'agissait bien-là d'une sorcière. Typique de celles que l'on trouvait dans les contes qui plus est. Cette dernière rejoignit ses trois convives en s'esclaffant sauvagement, bien que son rire eût plus tenu du couinement d'un goret affolé.

-Buvez, sinon moi pas dire. Moi pas donner, intima-t-elle en posant sur Altiom un regard tout bonnement indescriptible, évoquant la surconsommation de quelque opiacé, teinté de folie furieuse. Il lui répondit par un sourire gêné et baissa le regard sur sa tasse en lançant une œillade inquiète à son comparse. Le liquide exhalait mille et une senteurs étonnamment variées. Et puis merde cet espèce de thé sentait foutrement bon! Ni une ni deux, le vagabond nanti en fit baisser le niveau de moitié. Le mélange de saveurs corsées frappa alors ses papilles avec force. Il avait voyagé de par toutes les terres et les mers de Miradelphia, du Sud au nord, d'Est en Ouest, des villages isolés aux capitales grouillantes en passant par tant de lieux relégués aux abysses de l'oubli, et ainsi goûté à d'innombrables mets... et pourtant les ingrédients de cet étrange nectar restaient pour lui nimbés de mystère. Oh, non! Il reconnaissait-là une touche liquoreuse assez fraîche... du génépi peut-être? Quoiqu'il en soit, il siffla ce qui restait du singulier breuvage.
- Exquis votre... hm... thé? Si jamais vous souhaitiez faire passer cette recette à la postérité, je serais heureux d'en faire profiter les générations futures, suggéra le jeune homme en admiration, mais la propriétaire des lieux se contenta d’ignorer, royalement il faut bien le souligner, sa proposition pour se lancer dans un nouveau monologue énigmatique.
- Trois. Un pour le chemin, deuxième pour la roche, l'autre pour le contrôle. Trois partiront, trois arriveront. A trois, trois-cent-quarante ils feront. Une quête attend vous. Aventure, expérience. Richesses attendront vous. Vous accepter ? Vous chercher, trouver le Dranynth'Wardhna ?
- Si Eidren et Altiom sont prêts à partir je ne sais trop où... j'accepte !
- Et bien soit, je vous accompagnerai volontiers à la recherche du Dranyntawaranalgash! répondit le voyageur après un tiers de quart de moitié de seconde d'hésitation. Il attendit la réponse de son ami et se tourna vers la thaumaturge ridée, armé de son plus délicieux sourire et lui tendant sa tasse désespérément vide: s'il vous en reste un peu, pourrais-je avoir une deuxième tournée?
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Eidren Alderion
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Jeu 30 Juin 2011 - 14:55

Ainsi, la fameuse drow se nommait Tahly. Un nom assez inhabituel pour une sombre puisqu’il aurait aussi bien pu être porté par un elfe, songea le demi elfe avec amusement. Tandis qu’Altiom se faisait « sauver la mise » par la vieille décrépie, Eidren s’intéressa à la drow et en particulier aux raisons qui pouvaient expliquer sa présence auprès d’une…humaine. Vu comme l’ancienne avait calmé la sombre on pouvait facilement croire qu’une certaine hiérarchie était établie entre les deux individus, malgré la célèbre aversion qu’ont les drows envers les autres peuples. L’attention du voleur se posa alors sur le plateau qui flottait littéralement en l’air. La gâteuse possédait non seulement la tête de l’emploi pour être une sorcière, mais également les pouvoirs.Tout allait vraiment pour le mieux.
Le dit plateau se posa avec plus ou moins de délicatesse sur la vieille table autour de laquelle s’étaient rassemblés Altiom, Tahly et Eidren. Les trois tasses qui se présentaient à eux contenaient un liquide brun duquel, contre toute attente, émanait un délicieux fumet.

-Buvez, dit-elle, sinon moi pas dire. Moi pas donner.

...Mais de quoi pouvait-elle bien parler…? Poser la question à la drow ? Il fallait mieux éviter, bien qu’elle soit certainement la plus à même de répondre. A la sorcière ? Si ses réponses étaient aussi claires que ses phrases habituelles…bref, autant éviter de perdre son temps. Eidren aurait bien sollicité l’avis d’Altiom sur la question, mais il était manifestement trop absorbé par les fragrances de la fameuse tisane pour prêter une quelconque attention au voleur.
Tahly but finalement sa tisane, imité par Altiom et…Eidren.

-Trois. Un pour le chemin, deuxième pour la roche, l'autre pour le contrôle. Trois partiront, trois arriveront. A trois, trois-cent-quarante ils feront. Une quête attend vous. Aventure, expérience. Richesses attendront vous. Vous accepter ? Vous chercher, trouver le Dranynth'Wardhna ?
Encore des énigmes…comme si l’ancienne n’en était pas une à elle seule, pensa Eidren. Il avait prêter une oreille dans un premier temps distraite aux palabres de la vieille folle, mais lorsque le terme « richesse » fut employé, il se mit à écouter attentivement. Le demi elfe essayait de lier la déclaration de la sorcière à une quelconque logique, cherchant le sens véritables de ses paroles. Il semblait clair que les « Trois » le désignait lui ainsi qu’Altiom et Tahly, mais pour le reste…Apparemment ils allaient devoir partir à la recherche du…Dranyntawaranalgas, comme le disait Altiom.
-Si Eidren et Altiom sont prêts à partir je ne sais trop où... j'accepte !
-Euh… loin de moi l’idée de troubler cette conviviale atmosphère, j’ai juste une simple question…Où sommes nous censé aller, et pour faire quoi ?

Le regard réprobateur de la drow fut la seule réponse qu’on daigna lui donner. Après tout, peut-être qu’il n’y avait pas de réel danger…


Dernière édition par Eidren Alderion le Mar 6 Sep 2011 - 14:36, édité 3 fois
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Tahly
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Jeu 30 Juin 2011 - 21:35

« Si Eidren et Altiom sont prêts à partir je ne sais trop où... j'accepte !
-Et bien soit, je vous accompagnerai volontiers à la recherche du Dranyntawaranalgash! S'il vous en reste un peu, pourrais-je avoir une deuxième tournée?

La grand-mère sourit à la demande d'Altiom : c'était bien rare qu'on lui redemandait de son fameux thé ! Au fond, encore une chance pour lui qu'il ne connaisse pas la recette de ce breuvage, sinon il n'aurait jamais osé le boire jusqu'à la dernière goutte d'eau ! Ce fut la raison pour laquelle elle ne lui répondit pas sur cette question. Mais elle devait avouer que l'envie de lui montrer la théière contenant le reste du liquide alcoolisé et épicé lui titillait la moustache. Il risquerait fort d'en tomber par terre ! Non... Le mieux, ce serait de lui donner la liste des ingrédients à son véritable départ. Il la prendrait certainement pour une folle et les oublierait très vite ! Ainsi, sa recette serait tout de même préservée. Et elle pourrait encore s'amuser avec ! Elle se leva donc et repris la tasse d'Altiom, puis demanda d'un signe de main ainsi qu'avec son large sourire habituel aux deux autres s'ils en voulaient de nouveau. Tahly, visiblement fidèle aux mœurs drows, refusa poliment. Elle ne devait pas apprécier que le thé soi servi dans des tasses différentes... Eidren, lui, ne devait vraiment pas être à l'aise dans ce milieu dédié à la sorcellerie ! Inutile donc de vous dire qu'il n'en reprit pas. Beaucoup trop méfiant, à son goût...Encore une chance, il avait bu la moitié de sa tasse ! D'ailleurs, quand on parle du loup... Sa réponse (ou plutôt « question ») ne la surpris que très peu. Kamat ne savait pas pourquoi -mais l'avait ressentit dès le début- mais elle sentit que cette aventure n'était pas prête de se finir ! Ceci confirmait donc ce qu'elle avait toujours retenu : « A trois, trois-cent-quarante ils feront. ».

-Euh… loin de moi l’idée de troubler cette conviviale atmosphère, j’ai juste une simple question…Où sommes nous censé aller, et pour faire quoi ?

Mamé Kamat attendit de revenir de la « cuisine » pour répondre à la question du jeune demi-elfe. Enfin... Si c'était répondre... Disons plutôt qu'elle baragouina encore une fois de plus !

-Toi prévenant, demi-elfe. Mais trop. Dranynth'Wardhna secret, disparaître si vous connaître son essence. Seul vieux Dilok sait. Lui vivre île Falaises d'Arkan. Suivez cœurs et esprits, puis vous trouver. Si vous foi avoir.

Avec un grand sourire, elle tendit la tasse qu'elle tenait toujours dans sa main à Altiom puis se rassit. Tahly la regardait, encore plus surprise qu'au début ; Mamé Kamat se montrait de plus en plus secrète décidément... Même si elle s'était un peu calmée, elle ne s'en montrait pas moins folle sur le point de la conscience. Était-ce la magie qui l'avait rendue ainsi ? Si c'était bien le cas, c'est soit qu'elle avait eu un énorme incident avec, soit qu'elle y avait beaucoup trop touché. Elle devait donc être encore plus puissante qu'elle n'en avait l'air. A moins qu'elle ne soit devenue folle par simple maladie humaine... C'était possible aussi. D'ailleurs, en repensant à ce que la vieille venait de dire, elle se heurta à deux ou trois petits points.

-Mamé Kamat, vous dites que nous trouverons l'objet recherché - vous ne pourriez pas le redire au fait ? - en ayant la foi. Mais la fois en quoi ? Et n'est il pas trop dangereux pour une drow d'aller se balader chez les Nains, surtout en ce moment. Les Nains sont bien la seule race pour laquelle on peut avoir du respect sur le champ de bataille... De plus, je ne suis pas sure qu'ils apprécient au plus haut point les Elfes.
-Nains apprécier Eidren. Moi donner toi objet. Eux comprendre, laisser toi passer. Moi donner trois objets. Vous utiliser eux. Aide. Vous pas affronter dragon, mais plus important encore. Vous pas perdre. Sinon Dilok punir vous. Pluie tomber. Vous partir demain aube. »

La discussion était close. La vieille repartit dans l'arrière-pièce, laissant les trois compagnons de quête ensemble autour de la table. Après une petite discussion, Tahaliann prit congé et alla s'allonger sur le lit de fortune qu'elle avait depuis la nuit dernière. Eidren et Altiom avaient certainement intérêt à faire de même, car ils risquaient d'avoir une sacrée journée le lendemain !


Le lendemain à l'aube, les trois aventuriers étaient prêts et oh miracle, il faisait beau ! Un peu trop de soleil au goût de la drow, mais c'était mieux que de la pluie torrentielle. En guise d'au-revoir, Mamé Kamat leur confia à chacun un objet, comme elle l'avait annoncé la veille : à Tahly un collier au médaillon d'argent dont différentes runes en faisaient le tour. A Eidren un petit galet gravé, lui aussi, de runes, mais également creusé d'un côté. A Altiom, elle confia tout simplement une clef. Rouillée, minuscule, mais tout de même une clef. Puis ils partirent, laissant très loin derrière eux la vieille qui câlinait son chat tout en miaulant doucement ainsi que la petite demeure bancale.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Sam 2 Juil 2011 - 12:04

Extatique, Altiom avala derechef le succulent nectar d'une traite, le sourire jusqu'aux oreilles. Cette vieille folle était sympathique tout compte fait... Agréable, accueillante, polie, souriante -même si dans son cas cela s'apparentait plus à un défaut- et très bavarde. Ou trop. La grammaire si particulière dont elle s'entichait n'aidant pas. Quoiqu'il en soit, Eidren choisit cet instant pour poser la première question à peu près censée du jour: euh… loin de moi l’idée de troubler cette conviviale atmosphère, j’ai juste une simple question…Où sommes nous censé aller, et pour faire quoi ? Le vagabond ne prêta qu'une oreille distraite à la suite de la conversation, empêtré dans une torpeur béate bien trop douce pour qu'il daigne s'en extirper. Le tonnerre ajoutant un bruit de fond sourd et lointain, comme un rythme régulier, entêtant, assommant. Il eut soudain l'impression de choir d'une hauteur vertigineuse et releva promptement la tête alors qu'il piquait du nez. Secouant son chef et ouvrant grand les yeux tel un hibou effarouché, il parvint à rattraper la conversation en plein milieu d'une phrase: (...) vous pas affronter dragon, mais plus important encore. Vous pas perdre. Sinon Dilok punir vous. Pluie tomber. Vous partir demain aube.
- Exact. Ne pas affronter le dragon. Génial. Meilleure idée de la journée. Du siècle! approuva le nobliau en opinant légèrement du chef, avachi qu'il était sur sa chaise grinçante. Il avait déjà affronté une hydre il y a peu -pas commode comme bestiole soit dit en passant- et bien d'autres créatures fabuleuses auparavant, mais jamais il ne s'était frotté aux dragons l'arme à la main. Et il ne comptait pas s'y mettre en ce jour! Mais si pour lui le conseil de la sorcière sonnait comme la plus parfaite des évidences, il espérait qu'il en soit de même dans la tête de ses compagnons.
Enfin, la petite équipée aurait tout loisir de traiter de ce genre de sujet une fois le-dit lézard à portée de glaive, pour l'heure une bonne nuit de sommeil les attendait! Altiom retira ses frusques détrempées qu'il entassa négligemment dans l'un des coins les moins crasseux de la hutte, ce qui ne permettait pas pour autant de le désigner autrement que par la locution "absolument abject". La pluie n'avait même pas eu la bonté d'épargner ses braies, et s'il en fut grandement tenté, le voyageur se résigna à ne pas se dénuder totalement, troquant son confort contre la courtoisie la plus élémentaire. Il avait manqué de se faire étriper pour un baise-main, inutile donc d'essayer d'imaginer quel châtiment dépassant l'entendement Tahly lui réserverait si jamais il osait se dépouiller du dernier morceau de tissu qui recouvrait sa chair. Il allait s'allonger sur un vestige de canapé rongé par les mites quand il s'aperçut que c'était-là le seul semblant de lit de la pièce. Fidèle à lui-même, il céda volontiers sa place à l'unique représentante de la gente féminine présente dans les parages. Drowe, humaine, elfe ou naine, tel l'univers, l'imagination ou la folie, sa galanterie ne connaissait pas de limite (non, même pas les naines). Le nobliau s'étendit donc de tout son long sur une couverture rêche et à moitié moisie qu'il dégota dans un recoin sombre et poussiéreux. C'était ça ou partager la couche de la fol-dingue fripée en même temps...
Voilà. Une merveilleuse soirée dans un taudis vieux comme le monde, trempé jusqu'aux os, recruté par une vieille bigote pour aller chercher une... chose au nom tout juste prononçable en compagnie d'une Sombre qui menaçait de réduire sensiblement son espérance de vie au moindre faux pas. Une chance pour lui qu'il ait toujours eut un faible pour les femmes caractérielles. Jetant un dernier coup d’œil à la vitre poisseuse martelée par les trombes incessantes, Altiom s'emmitoufla tant bien que mal dans le plaid d'une autre époque, souhaita une bonne nuit à ces deux compagnons d'infortune (et accessoirement délogea d'une pichenette l'araignée qui avait cru bon d'élire domicile dans les replis de sa couverture) et s'endormit sur fond d'orage, bercé par l'incessant roulement de la colère céleste.


Le trio infernal partit dès l'aube, le lendemain, pour sa périlleuse mission. Après la rituelle distribution des objets mystérieux d'une utilité apparente très relative et les sempiternels adieux déchirants, constellés de douloureux sanglots... Bon bon bon très bien, pas de version romancée, on est tous de grands garçons et de grandes filles prêts à encaisser la dure et impitoyable vérité: après avoir fui à toutes jambes l'amas informe de bois et de pierres que constituait la chaumière de la sorcière, chacun étudia son bibelot avec une ferveur quasi-religieuse. En ce qui concernait le sans logis, l'artefact crucial à la réussite de la quête ne se trouvait être qu'une simple clef. Quoique non, n'allons pas trop vite en besogne: une petite clef rouillée! Et je suis censée la mettre où? Le nobliau eut une légère mimique de révulsion en anticipant la réponse la plus sordide que l'on puisse lui donner et reprit: hmm non j'n'ai rien dit.
Ainsi fonçaient fièrement (et tête baissée) les trois aventuriers, droit vers leur objectif, droit vers les ennuis, le cœur vaillant, l'esprit léger... et les sapes mouillées.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mar 12 Juil 2011 - 20:38, édité 1 fois
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Eidren Alderion
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Mar 12 Juil 2011 - 19:47

-Toi prévenant, demi-elfe. Mais trop. Dranynth'Wardhna secret, disparaître si vous connaître son essence. Seul vieux Dilok sait. Lui vivre île Falaises d'Arkan. Suivez cœurs et esprits, puis vous trouver. Si vous foi avoir.

D’accooord... Le demi elfe avait espéré une réponse un brin plus… « informative » et avait seulement eu droit à une énième énigme. Trop prévenant…On n’est jamais trop prévenant, surtout lorsqu’on se retrouve dans une masure avec une drow et une vieille folle, et en particulier quand cette dernière vous envoie à pétaouchnoc les bains pour aller chercher on ne sait trop quoi. Même si l’idée de richesse titillait la curiosité d’Eidren, il fallait bien admettre que leurs ordres de quête manquaient cruellement d’explications…Ce qu’avait également souligné Tahly. Enfin, ça ne semblait plus être à l'ordre du jour pour elle; la drow s'était en effet plutôt vite désintéressée aux véritables significations des paroles de l'ancêtre. A coup sûr, Tahly en savait plus qu'elle le laissait savoir et Eidren ne manquerait pas de la cuisiner à ce sujet. Après tout, elle était la première arrivée dans la masure et il devait bien y avoir une raison pour qu'elle s'y trouve...les drows ne sont pas réputés pour se laisser gentiment dicter leur conduite sans récompense à l'arrivée.
Mémé Kamat, car c’est ainsi que l’ancienne était surnommée, leur signala par la suite que le départ aurait lieu demain à l’aube et qu’avant de partir, les trois compères se verraient attribuer trois objets. La vieille repartit alors dans l’arrière pièce pour regagner ce qui semblait être sa chambre. Sans se faire prier, Tahly alla se coucher sur le seul et unique sommier de la pièce ce qui tiqua Eidren. Non pas qu’il ait spécialement envie de dormir sur le lit seulement une once de politesse de la part de la drow aurait peut-être permis à Eidren d’appréhender Tahly sous un autre angle…
De son côté, Altiom s’était dégoté une vieille couverture crasseuse à moitié rongée par les mites puis s’allongea à même le sol. Sans plus attendre, le demi elfe l’imita et s’assit simplement par terre contre le mur. Très vite la fatigue accumulée de la journée vint à l’assaut, le plongeon dans un sommeil étrange et sans rêves.

Dès l’aube, le petit groupe quitta la masure de Kamat. Cette dernière donna alors un objet à chacun d’entre eux. Tahly eut droit à un mystérieux médaillon serti de runes, Altiom une étrange clef doré et Eidren à une curieuse pierre elle aussi gravée à la manière du collier de la drow…D’après le discours de la vieille, ces objets devraient leurs être utile durant leur quête. La perplexité du demi elfe avait atteint sont paroxysme et il n’essayais même plus de trouver une quelconque logique qui aurait pu lier les babioles entre elles. Négligemment, il enfourna le galet dans la poche intérieure de sa cape puis jeta un coup d’œil en direction de l’ancienne qui lui sourit à pleines…dents. Au moins, ils n’auraient plus à supporter la dérangeante présence de cette vieille bigote drapée d’un épais voile de mystère.
Comme Mamé Kamat l’avait prédit la veille, le soleil était au rendez vous et ce fut dans un silence presque religieux que la petite troupe hétéroclite s’enfonça à travers la forêt, allant à la rencontre de son destin…ou courant à sa perte.





Dernière édition par Eidren Alderion le Dim 3 Juin 2012 - 20:44, édité 1 fois
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Tahly
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Mer 20 Juil 2011 - 20:30

Assise sur la haute branche d'un arbre, Tahaliann regardait avec attention le médaillon que lui avait confié Mamé Kamat. Cet objet lourd et inscrit de runes de bas en haut et de gauche à droite était encore plus étrange que tous les talismans drows magiques qu'elle ait pu voir. Le disque que formait cet objet était décomposé en trois cercles, chacun attaché à différentes runes (quatre par cercle et toutes identiques), celles-ci formant des sortes de cheveux. Même pour elle qui avait quand même eu plusieurs fois à faire avec des objets magiques, et ce pour différentes raisons, ça ne rimait à rien. Les runes ne voulaient rien dire, elles ne s'accordaient pas entre elles et elle ne ressentait aucune magie... Alors pourquoi des runes ?! Voici la question qu'elle se posait depuis leur départ de la petite chaumière (si on peut appeler l'abri de Kamat ainsi), c'est-à-dire depuis trois jours. Et le fait de ne pas réussir à trouver une réponse correcte à sa question ne la réussissait pas ; ça lui donnait envie de tuer de l'humain, ou de l'elfe s'il en passait par là. Malheureusement ce n'était JAMAIS le cas.

Un petit bruit vint faire frémir ses deux oreilles pointues. Quelqu'un approchait, et ce n'était ni le demi-elfe ni l'insensé, au son des pas. Peut-être allait enfin pouvoir se déchaîner sur quelqu'un, enfin ! Sans bouger pour ne pas attirer l'attention sur elle, elle attendit patiemment que les deux hurluberlus soient dans son champ de vision (en tournant les yeux vers l'arrière du chemin) pour entamer un sort qu'elle n'avait pas utilisé depuis fort longtemps. Une fois prête, les deux humains qui avançaient tranquillement sans même se douter du potentiel danger qui les guettaient se trouvaient déjà dos à elle. Un sourire des plus sadiques vint éclairer son visage et, tout en sautant de sa branche, elle dégaina son épée. Le premier fut vite fait, il n'entendit que trop tard la lame glisser hors de son fourreau. Le deuxième, lui, esquiva sans problème l'attaque suivante. Par contre il fit exactement ce que Tahly attendait de lui, c'est-à-dire qu'il essaya de crier. Bien sûr, elle ne le laissa pas faire, mais c'était la meilleure excuse possible pour toucher sa chère et tendre petite peau. Elle le pris par la gorge et l'accula contre l'arbre tout en le désarmant de sa seconde main (vu la tête qu'il faisait ce n'était pas bien difficile), puis rapprocha son corps du sien, bien trop près, juste pour le bloquer -et le narguer en même temps. C'est avec des yeux pétillants que la drow lui chuchota à l'oreille :


« Je croyais que les humains étaient moins bêtes que les elfes, et donc ne regardaient pas leurs pieds en marchant, mais plutôt autour d'eux. Il semblerait que je me sois trompée... Tant mieux, je pourrais m'amuser quelques instants ainsi !

Elle adorait la peur qui se lisait dans ses yeux, il serait tellement amusant de voir geindre cet homme avant de le relâcher... Mais un autre bruit se fit entendre (damne !) ainsi que le son d'une voix masculine, non loin d'ici mais encore hors de vue. Ne pouvait-elle donc pas s'amuser un tout petit peu ?

-Fichtre, t'as de la compagnie mon gars ! Mais je te préviens : parle seulement une seule fois de moi à qui que ce soit et ta mort sera bien plus longue et terrible que tu ne l'imagines ! »

En petit cadeau d'adieu, elle lui balafra un coup la joue gauche avant de s'enfoncer dans la forêt, suivie de l'œil critique et supérieur de son jouet. Il était heureux que son compagnon arrive juste à temps. Et elle savourait déjà ce qui allait suivre. Elle lui avait promis qu'il allait très mal finir s'il la mentionnait à qui que ce soit, ce qu'il avait déjà avoir fait vu les cris qu'elle commençait à entendre, mais même son corps se serait quand même sérieusement abîmé s'il n'avait strictement rien dit. Oh, ce sort consistant à donner la lèpre à quelqu'un lui avait vraiment manqué !



Quelques minutes plus tard, elle arriva au lieu où ils avaient passé la nuit. Rien n'avait changé et les affaires étaient déjà prêtes pour le départ. C'est avec un petit sourire angélique qu'elle s'assit sur les restes d'un tronc d'arbre déraciné et qu'elle essuya avec un chiffon le sang qui maculait sa lame. Elle n'était pas un assassin, mais elle devait avouer que ce petit (ces petits plutôt) lui avait mis un peu de baume au cœur. Le Puy commençait à lui manquer, et ils étaient encore loin de trouver le fameux objet cherché. Ils avaient encore deux ou trois jours avant de pouvoir prendre un bateau pour l'île ou réside le Déchu (puisque Dilok signifie Déchu en drow) et après il leur faudrait encore trouver où se cache le Dranynth'Wardhna, si c'était bien le bon nom. Et ça risquait d'être long... Lorsqu'Eidren revint, elle lui demanda où est-ce qu'ils étaient rendus sur la carte (encore au niveau des territoires humains...) et essaya de visualiser par où ils devaient passer. C'est alors que surgit des fourrées la créature la plus immonde qu'il soit, un lapin ! Un lapin ? Oui, mais pas de n'importe quelle couleur.


« Mais c'est quoi cette chose ?! »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Jeu 21 Juil 2011 - 21:06

Altiom se réveilla finalement, en dernier cela va de soi et alors que l'après-midi était déjà bien entamé, complètement à l'ouest. Eidren avait le nez dans ses affaires et Tahly était aux abonnés absents. Il se releva difficilement, cligna des yeux, se gratta la tête, s'étira, bâilla bruyamment, vérifia si son collier familial et la clef rouillée comblaient toujours le vide de sa poche..... et se recoucha. Une petite demi-heure plus tard, il était debout.
- Par toutes les nobles mal baisées de la Péninsule et ses environs, J'AI UNE DE CES FAIMS! articula-t-il après quelques minutes à scruter pensivement les rations peu ragoûtantes à la disposition du groupe. Hm bon, je vais essayer de dégoter quelque chose d'agréable à becter dans cette forêt. Un lièvre, un sanglier, un cerf... même un rat tiens! Et sans plus d’ornement littéraire, ils s'enfonça dans la sylve touffue.
Il lui fallut bien dix minutes avant de repérer ne serait-ce qu'un nid d'oiseau. Le vagabond sortit son stylet pour entailler une pierre proche, histoire de noter la position du festin potentiel si jamais il revenait bredouille. Des œufs pourquoi pas, mais là tout-de-suite il aurait préféré un bon civet! Avec quelques champignons... des cèpes et des chanterelles, oui. Ça devait se trouver par ici. Peut-être un peu de ciboulette, si jamais il en trouvait dans une clairière. Deux-trois pousses de menthe pour la petite touche de fraîcheur... Et c'était complètement perdu dans ses réflexions culinaires, la bave aux lèvres et le regard vague, qu'il se retrouva nez à nez avec un phacochère des plus farouche. Bon, nez à groin plutôt.
- Hruiiiiiik! couina ce dernier.
- HAAAAAAAARH! hurla son opposant, défouraillant prestement la lame de sa canne-épée. Dans un mugissement de tonnerre, si tant est que le tonnerre ait jamais mugi, la force de la nature à défenses se rua à une vitesse folle sur le chasseur en mal de bidoche. Le nobliau se déporta promptement de côté, esquivant la charge de peu. Mais à peine eut-il échappé à la créature que celle-ci rempila pour une nouvelle attaque, les yeux exorbités, ébranlant la forêt toute entière du martèlement de ses sabots. A nouveau, les réflexes du sans-logis, aiguisés par des années de voyage en pleine nature, lui furent salutaire. A grand renfort de grognements, le suidé entama son troisième assaut, mais cette fois-ci pas de fuite. Altiom abaissa son yari, droit sur la hure de son terrible adversaire. Le coup d'estoc retentit en une succession d'échos sous les frondaisons.
- HRUUUUUUUUUUUIIIK!!!!!! Si d'habitude un sanglier blessé se révèle être la cause d'une mort prématurée et presque inévitable, celui-ci détala comme un beau diable, avec une troisième narine comme trophée. La douleur était peut-être trop vive pour qu'il daigne continuer le combat. Dans tous les cas, le repas de ce soir venait de prendre la poudre d'escampette.
Il fallut bien une nouvelle demi-heure de recherches pour que l'aventurier ne tombasse sur quelque laporidé (autrement dit sur un lapin). Et quel lapin! Il était... d'une race parfaitement inconnue au vagabond nanti. Le poil... rose? Ni une ni deux, il fondit sur l'animal, plus soucieux de montrer cette étrange bête à ses compagnons que de faire cesser les rugissements de son ventre. Premier échec. La boule de poiles s'arrêta quelques mètres plus loin, remuant frénétiquement le museau. A nouveau le nobliau bondit. Deuxième échec.
Et il eut tout loisir de les cumuler ainsi, jusqu'à ce que le duo comique arrive devant un buisson familier. Trente-sixième échec, et le petit rongeur débarqua en plein campement! Boulant depuis les fourrés, son prédateur maladroit se rendit compte que non content d'être doté d'un coloris singulier, le lapin semblait en plus l'avoir volontairement ramené jusque-là.

- Mais c'est quoi cette chose ?!
- Le menu de ce soir, mam'zelle! répondit-il enjoué en se remettant sur pieds, les cheveux parsemés de feuilles et autres brindilles. L'attraction du moment s'était postée exactement entre les trois camarades... Étrangement. Le sans-logis l’attrapa cette fois-ci du premier coup, lui-même étonné de sa réussite. Soudain le silence se fit. La forêt se tut. Et le lapin glapit. Un grondement, d'abord inaudible, commença à emplir les environs. Tel un séisme, une tempête ou un millier de buffles chargeant à plein allure... Ou quelques milliers de lapin? Gardant le sien à la main, Altiom récupéra prestement ses affaires et brandit sa canne-épée, peu rassuré.
- Je n'ai pas la moindre idée de ce qui peut provoquer ce bruit... mais je suis sûr que c'est titanesque, il jeta un coup d’œil à son petit protégé, et rose.
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Eidren Alderion
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Dim 24 Juil 2011 - 1:09

Les yeux du demi elfe s’ouvrirent lentement. La lumière du soleil qui filtrait à travers le feuillage des arbres avait été suffisamment forte pour le tirer de son sommeil. Un sommeil somme toute assez étrange, complètement dénué de rêve comme si le réveil lui-même en était un.
Autour de lui, la vie bourdonnait. Qu’il s’agisse de la végétation luxuriante à la teinte émeraude ou du petit lapin rose qui observait silencieusement le campement, assis sur une magnifique Amanita Muscaria…

...
...
Un lapin rose??
Le demi elfe fut pris d’un élan de panique et ferma les yeux. Calme toi, ce n’est rien, tu es juste pas encore bien réveillé… Lentement, il rouvrit ses paupières. Plus de lapin. Etait-ce son imagination qui lui jouait des tours ? Eidren avait du mal à en être totalement convaincu…
Laborieusement, il repoussa sa couverture et se leva. Le demi elfe constata que les braises du feu de camp étaient mortes depuis longtemps et que Tahly devait déjà être debout, probablement partie en reconnaissance. Ses affaires étaient empaquetées avec soins, prêtes à partir. Quant à Altiom, il était étalé de tout son long bras et jambes écartés dans une position des plus…artistiques. L’Homme de Vitruve dans toute sa splendeur. Un léger filet de bave allait et venait, suivant le rythme des ronflements du vagabond accentuant le mysticisme de cet idyllique tableau. Un mouvement arracha le sang mêlé à son étrange contemplation : tout près de la souche, un petit buisson touffu semblait être prit de…soubresauts…Pris de stupeur, Eidren bondit en arrière, trébucha sur les jambes d’Altiom, dont les ronflements s’intensifièrent, et s’étala dans la poussière. En moins de deux, il se releva et dégaina son épée qu’il pointa aussitôt vers la source de son effroi. Des gouttes de sueurs commençaient à perler son front, le sang battait ses tempes; il expira profondément, évacuant progressivement ce sentiment de perte de contrôle qu’il détestait tant. D’ordinaire, il ne se laissait jamais aller ainsi et maîtrisait avec une quasi perfection ses émotions ; mais cette fois, plus rien n’allaient comme il le voulait…L’atmosphère lui paraissait si lourde, insupportable. Après un effort de concentration, Eidren parvint à isoler sa peur et à retrouver une certaine…contenance dirons nous. Sa frayeur passée, il fronça les sourcils et s’approcha à pas de loup, tel un jardinier avide de sève guettant une plante mal taillée…Aussi vive que l’éclair, son sécateur arme s’abattit sur la touffe de végétation, décapitant ça et là des petites branches innocentes, sacrifiées sur l’autel de la peur d’un voleur égaré. Prudemment, le sang mêlé s’agenouilla pour examiner son œuvre de plus près. Rien. Il venait de s’acharner sur un pauvre buisson des plus ordinaires et par la même occasion de passer pour un abruti fini, si par malheur quelqu’un avait assisté à cette scène déplorable. Comme si de rien n’était, il rangea son arme en sifflotant. Il décida alors de faire une ronde autour du campement. Machinalement, il fouilla dans ses poches. Ses doigts effleurèrent l’étrange pierre sertie de runes que lui avait remise Mémé Kamat. Babiole sans intérêt ou artefact légendaire au prix exorbitant ? Nul ne saurait le dire, pourtant le voleur avait un pressentiment étrange…comme si ce caillou insignifiant cachait en réalité un potentiel inexploité jusqu'à maintenant et que son heure de gloire ne tarderait plus à arriver.

Pfff….ressaisis-toi Eidren ! Tu parles d’un galet offert par une vieille moche dont l’incohérence des propos égale celle d’un aliéné.

Se laissant finalement emporter par le calme de la forêt, il continua sa ronde.


Lorsqu’Eidren revint au camp, plus tard dans la journée, Altiom n’était plus là, contrairement à Tahly qui en profita pour lui demander où ils en étaient de leur trajet. Le demi elfe sortit sa carte et se plaça à côté de la sombre.
-Nous sommes ici. Il nous reste environ deux jours, quatre au plus, pour rejoindre l’embarcadère ou on pourra joindre directement l’île de Dilok. (Il se frotta mécaniquement le menton avant de poursuivre) Autrement, nous pouvons couper à travers la forêt puisqu’à trois lieues d’ici se trouve un autre embarcadère. Le trajet du navire est direct mais beaucoup plus cher, en particulier à cause de l’augmentation fulgurante du cours du pétrole ces derniers mois. A vous de voir la solution qui vous convient le mieux.
Soudain, le fameux lapin rose bondit d’un fourré, suivit par Altiom qui lui sauta dessus. Eidren écarquilla les yeux,Tahly se figea.
-Mais c'est quoi cette chose ?!
- Le menu de ce soir, mam'zelle! répondit Altiom sur un ton enjoué.
Le vagabond était couvert de poussière, des brindilles et des feuilles parsemaient ses cheveux. Un véritable épouvantail. Il devait courser la pauvre bête depuis un moment déjà et semblait fier de sa prise. Brusquement, la forêt se tut. Les chants des oiseaux, le vent dans les feuillages…plus rien. Le temps semblait s’être figé. Un grondement se fit alors entendre, allant en s’amplifiant jusqu'à résonner à travers la forêt entière. Peu rassuré, Altiom rassembla ses affaires et brandit son arme, Eidren et Tahly l’imitèrent.
Je n'ai pas la moindre idée de ce qui peut provoquer ce bruit... mais je suis sûr que c'est titanesque, il jeta un coup d’œil à son petit protégé, et rose.
-Rose ? Comme quoi ? Un lapin géant qui aurait mangé de la salsepareille runiquemment modifiée ? railla Eidren. Bon, déclara ensuite le demi elfe, nous ne devons pas traîner plus longtemps ici, j’ai pas franchement envie de connaître l’origine de ce vacarme…Partons au nord pour rejoindre l’embarcadère le plus proche : plus vite on partira d’ici, mieux ça sera.


Sans autre forme de procès, le trio se mit en marche. Une marche normale dans un premier temps, mais dont le rythme s’accélérait nerveusement à mesure que le grondement s’intensifiait. Ils couraient désormais à travers la forêt à en perdre haleine, filant droit devant eux, fuyant une menace invisible et implacable. Les branches des arbres leur fouettaient violemment le visage, permettant à Eidren et Tahly de rejoindre le move capillaire improvisé par Altiom un peu plus tôt.
La forêt d’Aduram laissa brusquement place à une immense vallée rocailleuse. Au loin, on pouvait discerner le bleu de l’océan qui s’étendait jusqu'à l’horizon.

Regardez !!

Sur le flanc ouest, un gigantesque nuage de poussière se déversait en direction du centre de la vallée, tel une vague indomptable engloutissant tout sur son passage. Eidren plissa les yeux et saisit pleinement l’ampleur du désastre qui allait s’abattre sur eux. Aucune tempête, aucun séisme n’était comparable à ce chaos céleste. Ils étaient des milliers mais ne semblait faire qu’Un. Aussi fatidique que le Destin, aussi puissant que le courroux des Dieux, une fantastique armée de lapins roses fondaient sur nos trois héros…



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Tahly
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Jeu 11 Aoû 2011 - 11:25

« Mais c'est quoi cette chose ?!
-Le menu de ce soir mam'zelle !

Tahaliann n'en revenait pas. Elle gardait l'index pointé sur la proie d'Altiom, suffoquée qu'une telle créature puisse exister. Un lapin rose ? Ils étaient entrés dans le pays des lutins des bois ou quoi ?! Et le pire, en regardant bien cette chose, c'est qu'elle ne se débattait pas comme un lapin ordinaire – du peu qu'elle avait pu en voir – mais comme un être humain moins chétif que sa peau ne le faisait penser. En effet, malgré qu'il soit pendu par les oreilles, l'étrangeté se balançait et frappait (ou plutôt essayait de frapper) la main d'Altiom de ses deux pattes avant ! A ce moment, Tahly se demanda pourquoi le panthéon l'avait gardée de faire une crise cardiaque.

*C'est pas possible. CA ne peut pas exister. Je fais un cauchemar... juste un cauchemar...*

Toute aussi pétrifiée qu'elle était, elle ne ressentit aucunement le brusque changement d'atmosphère. C'est uniquement la réaction des deux comparses qui lui fit reprendre ses esprits : ils étaient soudainement tendus, s'étaient limite redressés pour mieux entendre. La femme drow se concentra immédiatement ses fines oreilles pour comprendre ce qui pouvait bien alerter ainsi ses partenaires. Aucun bruit, aucun. Tout était devenu silencieux, comme juste avant l'attaque d'un raid drow. Mais là ses « chers » comparses n'étaient pas dans la région, donc le calme ne s'était pas installé grâce à eux. Alors qu'est-ce que ça pouvait bien être ?

Un horrible et gargantuesque grognement se fit tout à coup entendre, à plusieurs reprises. Le premier était assez lointain, et plus il y en avait, plus ce cri bizarroïde s'intensifiait, enveloppant la forêt elle-même et gagnant en assurance. A ce bruit non identifiable, Altiom ramassa ses affaires et dégaina ses armes tout en gardant le « charmant » lapin rose, aussitôt imité par la drow et le demi-elfe. Sauf pour le lapin bien sûr.


-Je n'ai pas la moindre idée de ce qui peut provoquer ce bruit... mais je suis sûr que c'est titanesque, et rose.
-Rose ? Comme quoi ? Un lapin géant qui aurait mangé de la salsepareille runiquemment modifiée ? Bon, nous ne devons pas traîner plus longtemps ici, j’ai pas franchement envie de connaître l’origine de ce vacarme…Partons au nord pour rejoindre l’embarcadère le plus proche : plus vite on partira d’ici, mieux ça sera.

De moins en moins rassurés, ils partirent en faisant bien attention de marcher au lieu de prendre directement la fuite (et puis quoi encore ?!), marche qui devint de plus en plus intensive au fur et à mesure des grondements, jusqu'à ce qu'ils se mettent à courir.

-Regardez !!

Le trio venait juste de sortir de la forêt, déboulant maintenant sur une colline rocailleuse et très espacée. A l'Ouest se tenait une affreuse ligne noire de monde, faisant penser à un assaut de cavalerie. Top départ, cette ligne commença à se déformer pour laisser entrevoir dans un amas de poussière la ruée de milliers de lapins roses visiblement prêts à en découdre avec nos trois héros.

-Bon, et si on allait dans le même sens qu'... ?!

La jeune femme faillit s'étrangler en se retournant : une autre armée incroyable venait de sortir de la forêt, encore plus hideuse que la précédente ! Commandés par l'un des leurs, ces nounours infâmes commencèrent à marcher à la fois dans la direction des lapins, à la fois dans celle des trois humanoïdes. C'est alors qu'apparurent dans le ciel après quelques énormes « BOUM ! » de petits animaux marrons volant au-dessus de leurs têtes, comme catapultés par on ne sait trop quoi.

-Alors comme ça, nous voici plongés dans la pire des batailles possibles. Et si on rejoignait l'embarcadère la plus proche ? »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Ven 12 Aoû 2011 - 3:57

(NB: musiques d'ambiance entre les "¤")

La fuite éperdue du trio infernal -du quatuor désormais- les avait conduits au beau milieu d'un terrain qu'on aurait cru façonné par les Cinq eux-même: LE champ de bataille idéal. Devant, dans le lointain, ils pouvaient tout juste discerner une large étendue bleutée fusionnant avec le ciel: l'océan d'Eris. A leur gauche, une masse grouillante dévalait une pente caillouteuse dans un couinement dissonant qui emplit toute le vallon. A droite se dressait une montagne dont la cime allait se perdre dans les nuages. Et (le narrateur prend-là une voix ténébreuse avant de finir sur un ton désillusionné) derrièèèèère...... des genre d'ours parfaitement hideux.
Tandis qu'une goutte de sueur perlait négligemment sur la tempe de l'aventurier pétrifié par l’absurdité de la situation -absurdité qui ne laissait pas la moindre place à une quelconque terreur- des sons sourds, étouffés et manifestement distants se firent entendre, suivis d'un vague sifflement aiguë tombant progressivement vers les graves, s’apparentant à la chute de quelque objet. Des ombres terrifiantes se dessinèrent sur le sol.

- HAAAAMSTEEEEEEERS!!!! hurla instinctivement Altiom. La zone fut alors mitraillée par une multitude de boules de poils. De croquignolets rongeurs s'extirpèrent des fourrés... dont l'un coiffé d'un casque à plumes, trop grand pour lui, qui leva bien haut sa petite patte et s'adressa à ses troupes en ces mots: (non j'ai vraiment essayé mais c'est intranscriptible What a Face voir ici), qu'on aurait pu traduire par "MES CHERS FRÈRES! VOICI VENUE L'HEURE DE NOUS BATTRE POUR NOTRE BONNE VIEILLE TERRE! VOICI VENUE L'HEURE DE MOURIR POUR CEUX QUE NOUS AIMONS! ET VOICI VENUE L'HEURE D'EXTERMINER CES INFÂMES ET PERFIDES FÉLONS! EN AVAAAAAAAAAANT!!!".
- Alors comme ça, nous voici plongés dans la pire des batailles possibles. Et si on rejoignait l'embarcadère la plus proche ?
- Ouaiiis.... ouais je crois que c'est une bonne idée, articula avec une lenteur excessive le nobliau, sous le choc devant ce spectacle d'un tel surréalisme. Il commença à reculer doucement puis se retourna et se mit à courir vers l'étendue bleutée: foncez! FONCEZ! Et tous trois foncèrent.
Le magma rosâtre, telle une vague implacable, déferlait dans la combe à l'encontre de la petite équipée. Le choc semblait inévitable, et l'on imaginait déjà -en déglutissant sous le coup de l'angoisse que cette pensée engendrait- le titanesque affrontement qui s'ensuivrait, la plus terrible des batailles que le continent ait jamais portées, un véritable cataclysme qui coucherait des forêts entières, pulvériserait les montagnes, fendrait les plaines, éradiquerait TOUTE VIE SUR TERRE, VAPORISERAIT LES EAUX ET DÉCHIRERAIT LE CIEL POUR ENGLOUTIR LE MONDE DANS LE NÉANT MOUAHAHAHA!!!
Non faut pas déconner, mais ça resterait quand même une bonne grosse baston des ghettos.


La course effrénée avait menée nos trois héros au centre même de la plaine, sur une petite élévation autour de laquelle se massaient les trois armées, l'heure était venue de combattre!
- Je me farcis les lapinoïdes, Tahly sur ton flanc droit: repousse les hamsters, Eidren position défensive essaie de tenir les... hm... oursons à distance! Son petit protégé rose toujours lové dans un de ses bras, le vagabond fit ostensiblement tournoyer son yari pour intimider ses opposants qui stoppèrent un temps leur avance. C'était sans compter sur leur soif d'en découdre! Ils ravivèrent leur hargne et fondirent têtes baissées, oreilles au vent sur leur proie -oui proie... non mais ils sont roses quoi ces lapins, va savoir ils sont peut-être aussi carnivores- toutes dents dehors! Moulinant tant bien que mal au travers de la foule de rongeurs, lardant, tranchant, tailladant, sabrant, lacérant, charcutant, labourant, bref repeignant le camp des roses en rouge, Altiom parvenait à avancer au travers de la mer couleur guimauve tandis que ses deux camarades retenaient tant bien que mal les autres factions. La lutte était intense, les coups nets, précis, mais puissants -quand il s'agit de tailler à travers dix lapins à la fois, faut pas lésiner- cependant le sans-logis le sentait au fond de lui... il ne tiendrait pas, la multitude de rongeurs ne se fatiguait pas, mais lui commençait à faiblir. L'un de ses opposant parvint à lui mordre la jambe, heureusement sans pouvoir traverser sa robuste botte, mais presque immédiatement un second lui gnaqua la main, faisant couler son sang pour la première fois de l'affrontement. C'en était trop, il devait se servir du Flux pour garder le rythme! Et alors se produisit un étrange phénomène... là où il devait d'habitude clore ses paupières puis intensément se concentrer pour lancer l'Exaltation, il n'avait plus besoin que d'une simple pensée pour déchaîner le sort à son plein potentiel, comme si la magie était en ce lieu inépuisable et incroyablement concentrée, comme s'il en saisissait désormais les moindres rouages... Le nobliau ne ressentait plus la moindre douleur ni la moindre fatigue, il en oublia ce qu'était la peur elle-même, ressentant sa volonté s'embraser d'un feu nouveau, feu qui se transposait presque physiquement en une chaleur émanant de son métabolisme avivé.
- Eidren! Tahly! Si l'un de vous maîtrise un tant soit peu la magie c'est le moment ou jamais! Y a quelque chose ici qui la décuple à un point... c'est pas croyable! Et si... -il n'avait jamais tenté cela auparavant, mais en ce monde tout semblait possible- et s'il lançait un second, voire un troisième sort? Tout-de-même prudent, connaissant les risques d'une utilisation abusive de l'énergie ésotérique, Altiom commença par un sort qu'il ne maîtrisait quasiment pas, mais qu'il savait ne pas être trop gourmand en magie: l'Empathie. Et alors ce fut comme s'il venait d'hériter d'un nouveau sens: il pouvait voir à travers la magie. Chaque être, chaque variation du Flux, chaque sentiment, chaque émotion, il était illuminé par tant de clarté, c'était comme de regarder l'astre diurne sans que sa lumière ne puisse plus vous brûler les yeux. Il pouvait ressentir les centaines de milliers d'âmes qui grouillaient en cette plaine, chaque armée était exactement équivalente en nombre.
- Envoyez tout ce que vous avez, je les vois, je les sens tous ils sont si nombreux, plus qu'on ne peut l'imaginer, on doit atteindre cette foutue rive au plus vite! Le nobliau percevait la quantité démesurée d'énergie que consommait tous ces sortilèges, mais la magie alentour était si dense, il avait l'impression d'être en train de vider un océan à la petite cuillère. Le doute n'était plus permis, il pouvait lancer son dernier sort, le seul dont il n'avait jamais que rêvé de maîtriser un jour. Ayant une conscience plus grande que jamais de la magie même, il commença à influer sur elle, en son état le plus naturel, sans la moindre altération, il ouvrit son corps, ceux de ses compère et leurs armes au Flux pour que tous irradient de magie pure. Ce qu'il n'aurait pu réaliser qu'avec des années d'entraînement, il le fit en quelques secondes: la Plénitude, sa dernière botte en réserve. La drowe, le demi-elfe et l'humain ressentirent instantanément l'effet du sortilège: ils réfléchissaient plus vite, pouvaient bondir plus loin, frapper bien plus fort et rapidement, se mouvoir avec un équilibre parfait et une aisance irréelle, leurs réflexes étaient aiguisés au-delà du possible et même la plus acérée des lames n'aurait plus été en mesure d'ouvrir leurs chairs. Leurs corps émettaient un bourdonnement étrange, grave et constant, comme s'ils entraient en résonance avec le Flux, tandis qu'ils flamboyaient d'une lueur dorée.
Ils étaient au centre d'un combat réunissant trois armées aux effectifs illimités, mais pourtant ils semblaient remporter la bataille à eux seuls! Tous trois guerroyaient avec une efficacité frôlant la perfection, chacun venant combler le vide que l'autre laissait, dans une harmonie absolue, comme s'ils jouaient-là une pièce répétée depuis des mois pour cette unique représentation. Dans une symphonie d'éclats métalliques, d'acrobaties périlleuses -néanmoins exécutées avec une aise déconcertante- de sortilèges dévastateurs et autres cris d'agonie, le petit groupe se rapprochait de l'embarcadère, taillant dans les armées ennemies comme on taillerait dans du beurre ramolli avec une hache de guerre à double tranchant aiguisée y a pas deux minutes (oui à ce point). Cependant, à mesure qu'ils avançaient vers l'eau et que les effluves salées venaient titiller leurs narines, le ciel virait lentement au rouge, prenant des teintes plus sanglantes et guerrières. De leur côté les ennemis semblaient changer du tout au tout... certains pourrissaient sur pieds, avançant dans un râle morbide alors qu'une de leurs oreilles se détachait. D'étranges animaux aux yeux rouges, et manifestement plus idiots que les autres, venaient gonfler les rangs des lapinoïdes... et gonfler le reste de l'auditoire avec leurs immondes cris à la "BWAAAAAAAAAH". Mais... ce n'était rien en comparaison du terrible maléfice qui allait s'abattre sur les aventuriers du dimanche...

- DES LAPINS DE CAERBANNOG!!!! *Musique sinistre à l'orgue + craquement de tonnerre + rire diabolique* Les horribles créatures bondirent toutes ensemble à la gorge de nos protagonistes, et même avec l'aide de la Plénitude ils n'évitèrent que de peu les démoniaques créatures, c'est dire!

Ils se débarrassaient à grand peine de ces fabuleuses forces de la nature que rien ne pouvait défaire aisément -si ce n'est la sainte grenade d'Antioche- lorsqu'un grondement, un grondement à glacer le sang, envahit la vallée toute entière, semblant provenir de la terre elle-même. L'atmosphère semblait plus lourde. Les armées cessèrent leur lutte destructrice, un silence de mort s'abattit sur la combe, plus un bruit ne vint déranger l'angoissante quiétude qui s'était emparée des lieux. Altiom jeta une œillade éperdue à ses camarades. Le vent se leva au loin, tel un murmure fantomatique. La nuit tombait tout juste, les ombres asseyaient leur emprise sur le monde. Dans l'air montait une tension oppressante, comme celle qui précède l'orage et la tempête, le chaos et la destruction, la mort et le néant.
- Sérieux j'aime pas ça... lança le nobliau en se rapprochant de ses compagnons. Le sol trembla alors, de plus en plus et de plus en plus fort, le vacarme croissant jusqu'à la limite du supportable... et cessant soudainement.
- Ayé fini? questionna timidement le voyageur. A ce moment la petite butte qui les séparait encore d'Eris se désintégra dans une cataclysmique explosion, projetant avec une force inouïe des rochers et des pans entiers de terre à des dizaines de mètres alentours. Et là, au centre du cratère fumant, se dressa une colossale silhouette ténébreuse. Elle resta immobile quelques secondes, observant nos trois héros de ses yeux rougeoyants comme les brasiers de l'Enfer, semblant les jauger avant l'affrontement fatidique. Enfin elle poussa un effroyable cri, semblable à mille âmes torturées, à mille râles d'agonie, à mille hurlements de douleur, à mille vents rugissants.



Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mar 24 Mar 2015 - 19:58, édité 2 fois (Raison : Zizic lien mort)
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Eidren Alderion
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Mar 6 Sep 2011 - 1:30

La progression de nos héros avaient dans un premier temps été fastidieuse : la marée de lapins roses suivit du bombardement hamsteriale puis de la charge des Ourshirrim les avaient mené au coeur d’une bataille violente, sans merci, sans pitié…sanglante. Autour d’eux, les trois factions s’entredéchiraient et tentaient en même temps de les tailler en pièce. Mais ils ne l’entendaient pas de cette oreille et opposaient une résistance des plus acharnées : leurs lames dansaient vivement, distribuant blessures sur blessures à leurs petits mais trop nombreux assaillants. Mais la fatigue commençait à gagner Eidren et ses acolytes dont les coups perdaient en vigueur, malgré le nombre considérable de cadavres ennemis qui jonchaient le sol. L’utilisation de la magie semblait être la seule issue, leur permettant d’avoir un ersatz de répit pour prendre la fuite…jusqu'à la révélation d’Altiom :
- Eidren! Tahly! Si l'un de vous maîtrise un tant soit peu la magie c'est le moment ou jamais! Y a quelque chose ici qui la décuple à un point... c'est pas croyable!
Sans plus attendre, le sang mêlé s’ouvrit à l’appel du pouvoir : il laissa cette mystérieuse énergie l’envelopper, la faisant parcourir chaque fibre de son être jusqu’à ce qu’elle l’étreigne entièrement. La horde des lapins et autres rongeurs plus ou moins identifiés stoppèrent un instant face aux changements d’attitude opéré par leur adversaire. Il était désormais nimbé d’une lumière argentée, ses cheveux étaient agités dans par une légère brise et de ses yeux émanaient une lueur de démence. Le carnage pouvait commencer.
S’arrachant à leur contemplation et oubliant la peur qui les pétrifiaient, nos intrépides hamsters s’élancèrent à l’assaut du demi elfe qui disparu soudainement, dans un éclat d’argent qui les tailla en pièces.
La sensation de quasi toute puissante était grisante, incitant Eidren à repousser les limites de l’enseignement de Natessa. Il combinait désormais l’Acuité et l’Envol sans le moindre contrecoup physique et distribuait la mort avec une facilité diabolique. Son épée lacérait à tout va, et imité par ses deux compagnons, ils se frayaient un chemin à travers la masse grouillante multicolore. Les sorts d’Altiom venaient parfaire leur ballet de mort, leurs permettant d’agir en harmonie les uns avec les autres, comme s’ils étaient un seul et même Etre pour lequel le mot limite n’avait plus aucun sens. Qu’importe le nombre d’ennemi ou leur force, rien ne paraissait être en mesure de les stopper et ce, malgré l’affluence constante de lapins roses et autres bizarreries que seul un ivrogne enfumé par la Nicotiana et piqué à l’héroïne pourrait imaginer. Puis vint le tour des légendaires, craints, vicieux, effroyables, cornemuses LAPINS DE CAERBANNOG !!! Ils essayèrent d’attenter à la vie de nos héros, mais comme on dit entre gens de bonne société : « Ils ont prit CHER les Cassegrains !! »
Ne parvenant pas à stopper la marée inexorable malgré sa redoutable efficacité, le trio dû battre en retraite, non sans faire d’innombrables victimes. Ils fuirent en direction de l’océan d’Eris quand tout à coup les trois armées se figèrent. Un bruit sourd résonna à travers le vallon. La terre tremblait à un rythme régulier et les secousses étaient de plus en plus proche.
-Ayé fini ?
Le sol se déchira, envoyant voler d’immenses morceaux de terres dans toutes les directions, écrasant lapins hamsters et zombisounours. Unn épais nuage de fumée s’éleva du cratère, il ne tarda pas à être dissiper par une respiration lente et puissante. Stupéfait face à la monstruosité qui lui faisait face, Eidren eut un mouvement de recul. Un lapin noir de plusieurs centaines de mètres de hauteur les jaugeait de son regard sanglant. Ces yeux étaient si brillants, si flamboyants qu’ils paraissaient être deux fenêtres donnant sur les Enfers. Le Dar’krâbit poussa un hurlement à faire frémir les dieux eux même : une plainte horrible dans laquelle on pouvait entendre l’écho des milliers âmes damnées qui le composait.



- Les épées ne nous seront plus d’aucun secours face à un tel démon ! Suivez-moi, l’embarcadère n’est plus loin !!
Leurs capacités physiques, accrues par l’utilisation abusive mais légitime de la magie leur permirent de joindre le gué en quelques minutes tandis que le Dar’krâbit les poursuivait se mouvant avec lenteur et annihilant quiconque osait se dresser sur son passage.
A plusieurs occasions, ils se tournèrent afin de d’évaluer la distance qui les séparait de cet apocalypse ambulant. Leur avance leur laisserait quelques minutes de répit.
Enfin, ils arrivèrent à l’embarcadère où un vieil homme à la moustache blanche les attendait. Il portait une veste de cuir noir usée par les voyages et marqué de raies blanchâtre par les embruns de l’océan.
- Bien le bonjour les jeunes ! Tabernacle !! V’là un sacré bestiau qui vous course !!!
Faisant fis de toute forme de politesse, Eidren alla à l’essentiel :
- Nous devons joindre les terres des Nains au plus vite, votre embarcation est-elle disponible ? J’ai…(il fouilla un instant dans la poche intérieure de sa cape)…trois billets en classe… « baliste ».
Le visage du vieux loup de mer s’illumina.
- V’nez avec moi les jeunes !
Il les mena sur son fameux trois mats fin comme un perdreau et embarquèrent sans tarder. Une fois sur le pont, le marin beugla ses ordres :
- Toi la, dit-il à l’attention d’Altiom, l’botteux au sourire niais ! T’prendras la barre d’ma coque. La d’mi salade, t’prendras la baliste en tête de pont.
Il aperçut alors Tahly qu’il dévisagea d’un air lubrique au possible.
- Ma chère mad’moiselle, reste pas plus longtemps ‘vec ces niaisous. J’t’invite dans ma bien chaude cabine ou j’pourrai d’récurer l’coquillage ! Tordieu, on va s’prendre une sacré brosse…
Et il agrémenta sa proposition d’une coquine tape sur le doux postérieur de la sombre qui riposta d’un crochet du droit en pleine face envoyant valdinguer notre intrépide marin. Il se releva avec difficulté, le nez en sang mais souriant.
- Alalala…bon, pisque ma proposition d’botte pas, va m’faire la vigie tiens ! T’feras moins la maligne au bout du mât. Allez! File!.....elle m'aguiche...

Il se retourna alors pour voir Altiom et Eidren qui le regardaient d’un hébété. Très vite, il se reprit :
-BANDE DE LARVES ! A VOS POSTES !! C’TE GALERE Z’EN ETES RESPONSABLES ALORS MAGNEZ VOUS !!!
Eidren ne se fit pas prier plus longtemps et monta sur le pont en vitesse. Il repéra l’imposante baliste et la réserve de projectiles qui se trouvait à côté de l’engin. Les-dits projectiles étaient en réalité d’énormes carreaux d’argent sertis de runes, ils étaient positionné dans un énorme barillet. Barillet qui devait être fixé sur la baliste et permettait de tirer cinq coups sans avoir à recharger. A grand peine, le sang mêlé parvint à charger l’appareil de guerre puis se plaça, prêt à tirer.
Pendant ce temps, le bateau s’était doucement écarté de l’embarcadère grâce aux manœuvres d’Altiom et, s’en allait lentement, droit vers l’horizon






























QUAND SOUDAIN, transperçant les flots, déchaînant les cieux, foudroyant les dieux, il jaillit : immense, ténébreux et menaçant, il se dressa devant le rafiot qui manqua de chavirer sous les violents tumultes de la houle. Il poussa à nouveau son horrible hurlement, pétrifiant les aventuriers, les glaçant jusqu'à la moelle et abreuvant leurs esprits de milles et unes horreurs les tourmentant jusqu'à ce qu’ils oublient la notion même de l’espoir. Eidren se sentait chuter, perdu dans un insondable et oppressant gouffre. Autour de lui, des formes fantomatiques aux visages tourmentés, défigurés par la souffrance et la terreur essayaient de le saisir et de l’entraîner, toujours plus loin…et dans les ténèbres les lier.
Alors que tout semblait perdu, un scintillement presque imperceptible, mais gagnant lentement en intensité vint raviver les âmes de nos héros, qui jusqu’à maintenant vaincues, sombraient toujours plus loin dans le Vide. La faible lumière devint étincelle puis chandelle, chassant peu à peu les âmes damnés. Elle gagna en amplitude et devint un véritable soleil, un cœur pulsant dont l’éclat purificateur aspirait la noirceur des abysses…
Eidren ouvrit péniblement les yeux sur un ciel obscur et orageux : d’inquiétants nuages tournoyaient au dessus d’eux, ils semblaient s’amonceler pour un ultime assaut. Le demi elfe fronça les sourcils…Non, ce ne sont pas des nuages. Il se retourna précipitamment et fut saisi d’effroi : la Dark’râbit était sur le point d’engloutir le navire. Le sang d’Eidren ne fit qu’un tour : il se releva, trébucha mais parvint jusqu’à la baliste. Uns fois positionné, il l’arma et déchargea rageusement un premier barillet, puis un second : les raies d’argent perforèrent les ténèbres du Dark’râbit. De leur côté, Tahly et Altiom, eux aussi sortis de leur torpeur, soutenaient l’initiative du sang mêlé : ils avaient prit les derniers postes de combats vacants. D’énormes plaies béantes laissèrent filtrer la lumière du soleil à travers son immense gueule qui retira son enveloppe, libérant ainsi le navire.
La silhouette démoniaque du Lapin Noir se reforma et toisa chacun des matelots avant de replonger dans un fracas d’écume, s’évanouissant dans les profondeurs de l’océan d’Eris…


Dernière édition par Eidren Alderion le Sam 24 Déc 2011 - 14:31, édité 2 fois
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Tahly
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Ven 16 Sep 2011 - 17:19

« Je me farcis les lapinoïdes, Tahly sur ton flanc droit: repousse les hamsters, Eidren position défensive essaie de tenir les... hm... oursons à distance!

Déjà, un lapin rose ! Mais là... Non, c'en était trop !!! Alors oui, elle allait plumer les « hamsters » (elle n'en avait jamais vu auparavant, mais elle supposait que c'étaient les fameuses boules de poils), et dans la joie et la mauvaise humeur qui plus est ! Alors que les lapins poursuivaient leur folle chevauchée vers les trois protagonistes de cette fantastique histoire, que les oursons sur deux pattes dont leur chef avait une voix des plus niaises et portait une sorte de casserole sur la tête brandissaient leurs armes et enfin qu'il pleuvait des hamsters tout partout, chaque membre du plus incroyable des trios se tourna vers l'une de ces armées très... insolites et le carnage commença : les lames tranchaient les chairs des petits ennemis, coupant les têtes et dispersant leurs boyaux un peu partout dans la plaine (oui bon on va s'y arrêter là. Juste pour vous dire que c'était du joli !) …
En ce qui concerne Tahaliann, le travail fut tout d'abord de faire voler toutes les boules de poils qui volaient vers le trio, ce qui déjà demandait une forte concentration, et de hacher menu ceux couraient dans tous les sens un peu trop près d'elle. Mais le problème était loin d'être là, parce que... Comment voulez-vous trancher des animaux qui sont individuellement barricadés dans des espèces de cages en verre ???



C'est alors que l'appel d'Altiom résonna : la magie est décuplée ici ? Tiens, elle ne l'avait pas eu le temps de le remarquer... Mais la reprise de parole du nobliau la dissuada de toute prudence, au point qu'elle essaya un sort simple pour un magicien de base, mais qu'elle avait toujours un mal fou à réussir : allumer un feu. La main droite en avant, la sombre se concentra pour accumuler un maximum d'énergie magique et ainsi enflammer ces microbes poilus au plus vite ! Bon, ça avait peu de chances de marcher, et en plus vu la quantité d'énergie qu'elle arrivait à percevoir son propre sort lui exploserait en pleine figure si jamais elle échouait. Mais qui n'essaye rien n'a rien, après tout... Une étincelle, puis plusieurs autres prirent naissance dans le creux de sa main, le rouge d'un bon feu apparut au grand soulagement de la jeune femme quand... SBAAM ! Elle se retrouva cul par terre avec devant elle un épais nuage de fumée noire. Mais c'était quoi encore ?! Elle l'avait réussit son sort, donc ça n'avait pas à exploser comme ça ! Et puis... *nous ferons ici une petite parenthèse le temps de l'énumération de toutes les bonnes raisons qu'une sympathique drow a à réussir tout ce qu'elle fait en sorcellerie. Donc pour cela nous allons faire un documentaire sur le « lapin rose ». Le lapin rose est un petit animal dangereux et extrêmement mesquin, donc si vous en croisez un, n'essayez surtout pas de l'emmener avec vous, on ne sait jamais ce qu'il peut avoir dans sa petite tête ! Bon, ça va être bon ? Oui. Donc pour finir nous allons juste mentionner qu'ils ne sont pas comestibles puisque les rares qui en ont mangé sont tous morts prématurément d'une mort des plus atroces. Biiiip...*

Tahaliann pouvait désormais voir à travers ce qui restait de l'épais nuage de poussière, sans pour autant que ce dernier se soit fait effacer par le vent. Non, il était baigné d'une douce lumière qui provenait du corps même de la drow, ce qui l'avait dans un premier temps laissée bouche bée avant de vraiment ressentir la folle puissance magique du sortilège d'Altiom. Un sourire des plus narquois se dessina son fin visage : les choses allaient être horriblement (pour leurs ennemis) plus faciles. La drow se releva et usa de toutes ses aptitudes pour laisser un maximum de corps de petits rongeurs sur le sol, complétant ainsi la danse héroïque des trois compagnons de l'objet dont il ne fallait pas connaître l'essence.
L'explosion provoquée involontairement par Tahly s'était en fait avérée être non une déficience du lacement du sort, mais de la réaction qu'eurent les lances-hamsters avec le feu... Ne dit-on pas qu'il ne faut jamais, au grand jamais mettre le feu à la poudre ?!


Leur course vers la rive fut vite reprise et alors que l'odeur de sel commençait à bien se faire sentir, un énorme rugissement venu des profondeurs se fit soudainement entendre, retombant en des échos sordides sur tous les êtres présents ici même. Un silence. Même les lapins et les oursons bizarroïdes avaient arrêté de se battre entre eux, ce qui était loin d'être rassurant pour les trois voyageurs.


-Ayé, fini ?

La simple question de l'humain déclencha l'explosion de la dernière colline les séparant de leur but, où la sorcière eut le bon réflexe de se concentrer sur le plus gros des débris qui leur arrivaient dessus pour qu'elle -enfin ils- ne se fasse pas écraser. Ce qui sortit du cratère nouvellement créé la laissa presque sans voix (mais nettement moins que la vue de toute une chevauchée de lapins roses) : un lapin GIGANTESQUE ! Fort heureusement pour lui, il était beaucoup plus esthétique ; il était noir et couvert de runes dorées, ce qui était pas mal du tout. Seulement, il était « un peu » trop grand à son goût. Et un peu moins dangereux n'aurait pas été mal non plus...

-Les épées ne nous seront plus d’aucun secours face à un tel démon ! Suivez-moi, l’embarcadère n’est plus loin !!

Les pouvoirs conférés par le même sort qui leur avait permis d'avancer vers la rive leur permirent de distancer le plus facilement du monde le lapin noir ainsi que tous ses congénères microbes et autres contingents inamicaux. Finalement ils arrivèrent à l'embarcadère où un vieux croutons à la cane douteuse les accueillis. De là le demi-elfe troqua leur montée à bord contre trois billets de classe « baliste », ce qui interpela quelque peut la drow ; comment avait-il pu avoir de tels billets et, surtout, pourquoi le vieillard ne posait-il pas de questions et semblait-il même amusé par cette situation des plus inhabituelles ?
Une fois montés à bord, l'homme à la cane et au gilet de cuir noir assigna à chacun une position, en terminant bien entendu par la demoiselle.


-Ma chère mad’moiselle, reste pas plus longtemps ‘vec ces niaisous. J’t’invite dans ma bien chaude cabine ou j’pourrai d’récurer l’coquillage ! Tordieu, on va s’prendre une sacré brosse…

Et se coquin eut même le toupet d'appuyer ses paroles par un geste qui lui aurait valut la vie si la sombre y aurait connu quoi que ce soit en bateaux ! Cet hurluberlu osa la toucha sans son accord préalable ; mais quel imbécile ! La réponse vint rapidement, l'elfe noire lui décrocha un crochet du droit qui fit saigner le nez du vieillard. Et il souriait... De son côté, Tahaliann avait revêtu un masque meurtrier et contemplait de ses yeux devenus noirs celui qui devait s'avouer plus que chanceux de ne pas être en train de se faire étrangler ou de ne pas servir de cobaye pour un sortilège. Enfin pas tout de suite.

-Sois heureux que ce soit ton bâtiment, parce qu'il se pourrait qu'il t'ai involontairement sauvé la vie... pour l'instant.

Puis, comme il le lui demanda juste après, elle alla monter au mât pour faire ce qu'on appelle « vigie », ce dont elle ne pouvait que deviner à quoi la fonction correspondait, ne sachant strictement rien sur la marine. Le vaisseau ne tarda pas à prendre la mer, quoi que lentement, entament sa route sur l'horizon bleu.



C'est alors que la terre se mit à trembler (euh... plutôt que des vagues venues de nulle part basculaient le bateau) et qu'un nouveau cri d'outre-tombe vint déchirer l'air. IL était là, bien plus terrifiant et menaçant que sur terre, accompagné de ses sbires aux mille visages tourmentés par des douleurs que seul quelqu'un torturé par la Mort même pourrait comprendre, de ces âmes qui viennent danser la noirceur du monde et ne se privent de vous arracher la vôtre pour l'emmener au plus profond des abysses, là où la notion même d'Espoir n'est plus qu'une légende douteuse et dont personne n'en a de doute façon jamais entendu parler. En un seul instant, le Dark'râbit avait étendu son emprise sur les trois « races inférieures » (il faut regarder du point de vue d'un démon) et les plongeait chacun dans l'abîme le plus profond qu'il soit. Et petit à petit, les âmes terrifiées venaient appeler celles de nos trois compagnons.

Jamais Tahaliann n'avait connu telle horreur, même au sein même de la société drow – qui ne se montrait pratiquement jamais clémente et préférait même se montrer des plus sadiques de temps à autre. Mais la seule chose qui l'empêchait de sombrer dans la dépression était la beauté du spectacle qui se déroulait autour d'elle, toutes ces âmes tourmentées qui venaient danser à vos côtés. Cela lui donnait presque l'envie de les rejoindre, mais au fond d'elle même elle savait pertinemment qu'il ne fallait pas se laisser charmer, au risque de finir dans la souffrance pour l'éternité. Faire des études magiques lui avaient servi une fois de plus ! Alors que les âmes s'approchaient de plus en plus d'elle, une soudaine lumière apparut sur le bateau, perçant le désespoir et faisant fuir les damnés. Elle s'intensifia de plus en plus pour enfin disparaître, laissant nos trois héros fasses à un ciel orageux. A peine la drow se remit-elle de ses récentes émotions qu'elle descendit en vitesse de la dunette, sentant que tout n'était pas fini (et aussi pour découvrir quelle avait bien pu être cette mystérieuse lumière). En effet, Eidren ne perdit pas de temps pour tirer avec une baliste au-dessus de leurs têtes, aussitôt imité par ses deux comparses. Après un temps et de nombreux trous dans ce qui s'avéra la bouche du démon-lapin, ce dernier se recula pour les toiser une dernière fois de son regard de braise avant de s'affaisser dans l'eau, provoquant de puissantes vagues prêtes à engloutir à leur tour le vaisseau.
Au bout de seulement quelques minutes, le paysage redevint normal, sans Dark'râbit ni bisounours et lapins roses (sans oublier les hamsters), comme si tout ce qui venait de se passer n'avait été que dans leur imaginaire.




Tahaliann se tenait à l'avant du navire, appuyée sur le bastingage. Toutes ses pensées se torturaient dans sa tête tellement elle ne pouvait comprendre ce qui venait de se passer. Rien de cela n'existait, et pourtant toutes ces choses semblaient bien vraies, au moins sur tous les plans sensoriels. Mais qu'est-ce qui pouvait bien se passer ? Et c'était quoi cette lumière ? Elle n'avait pu voir d'où elle provenait, et rien n'avait l'air d'arriver par hasard : le navire avec le vieil ermite pas net, les trois billets (comme par hasard) en classe on-ne-sait-trop-quoi et l'éclat de lumière alors que les ténèbres étaient prêts à les arracher de la terre ferme... Et cela faisait toute une journée qu'ils avaient été attaqués. Bref, toute cette histoire avait fini par la mettre de mauvaise humeur.


*Au fait, où est-ce qu'il est passé le vieux ?!*

La drow se retourna et scruta le bateau à la quête de ce bougre d'hurluberlu. Comme d'habitude depuis qu'ils avaient eu leurs postes respectifs , on ne le revoyait pas et elle ne se demandait même pas ce qu'il pouvait bien faire tout seul... jusqu'à maintenant. Avec un soupir de désespoir, elle se releva et entra dans le bâtiment, prête à dégainer son arme s'il venait à apparaître trop brusquement.
Elle ne retrouva pas le vieux bonhomme (ce qui l'agaçait encore plus même si dans le fond elle n'avait aucune envie de le revoir – sauf pour le torturer un peu) alors elle alla même frappé à ce qui ressemblait à une porte de cabine. Aucune réponse. Donc elle crocheta la serrure à l'aide de ses pouvoirs, ce qui fut plus fatiguant et casse-tête qu'elle ne l'avait au premier abord pensé. Au moins quelque chose de normal, pour une fois ! Comme le manque de réponse le lui avait laissé penser, le « commandant » du navire n'était pas (ou plus, qui sait) là. La chambre était dans un bazar pas possible et, surtout, puait. Mais il y avait cependant quelque chose de bien pratique posé sur la table : une carte avec un itinéraire dessus. Enfin une trouvaille ! Elle y jeta un œil et découvrit qu'ils n'allaient pas droit au but. En fait, ils faisaient un petit détour vers ce qui ressemblait à une île certes minuscule. Un repaire de pirates ? Une escale dans une auberge d'ivrognes gai-luron ? Ou bien... Pire ? Quoi que peut-être serait-ce l'antre du fameux Dilok. Pourtant ils n'étaient pas encore dans les territoires nains ! Oh, et puis zut ! Qu'elle laisse donc les hommes s'en occuper ! Rengainant son épée, elle enroula la carte puis remonta sur le pont où la pluie commençait à tomber et où les nuages s'épaississaient à vue d'œil.


-Altiom, y a le vieux qui a oublié sa carte en sautant par dessus bord - enfin je pense que c'est ce qu'il a fait, puisqu'il n'est plus là – et je crois qu'elle t'intéresserait. En tout cas nous sommes sensés aller sur une île qui doit se trouver... juste devant nous ? »

En effet, un immense rocher (qui s'avéra en fait être une île avec une sorte de manoir hanté planté dessus) se dessinait peu à peu à travers la pluie qui tombait maintenant de plus en plus fort. Et il plu tellement au bout de quelques minutes qu'il fallut s'y arrêter au moins pour se mettre à l'abri – il fallait dire que le toit du paquebot fuyait !
Le manoir était d'extérieur vraiment glauque : tout était noir et rempli de statues de pierre représentant des femmes-démon avec des fouets à la main et des ailes de chauves-souris... L'intérieur était meublé mais vide, presque pire que l'entrée du fait du manque de statues. Tahly n'hésita pas à jeter un œil un peu partout, mais rien qui s'y trouvait n'était extraordinaire, hormis le couloir qu'elle venait d'emprunter qui se trouvait s'être boucher juste derrière elle ! Elle eut beau rechercher des indices magiques partout près de ce mur, de le détruire avec les faibles moyens qu'elle avait ou encore de l'expulser de sa tête au cas où ce serait l'un de ces rares sorts vous faisant croire que telle chose existe alors qu'en fait non, eh bien le mur restait toujours là ! Non mais pourtant il fallait bien qu'elle soit venue de quelque part !?


*D'accord j'ai compris... T'es un château dit « hanté » ? Eh bien sache que puisque tu me cherches tu vas me trouver, et que t'as intérêt à avoir des fondations solides, parce que là, j'en ai ras-le-bol !!!*

Sur ce, en oubliant complètement ses deux compagnons qui devaient se trouver dans une autre salle de cette vieille demeure, elle partit arme dégainée et tête baissée trouver un moyen de rejoindre le bateau et quitter cette mesquinerie au plus vite !
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Lun 19 Sep 2011 - 2:34

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Avec une hâte toute justifiée, l'équipe de choc abandonna la lutte devant la toute-puissance démoniaque qui se dressait devant eux tel Azazel l'Oblitérateur. Contournant d'abord le colosse, ils parvinrent promptement à un petit embarcadère -qu'Altiom s'étonnait de ne pas avoir repéré plus tôt... bah, le feu de l'action sûrement- sur lequel se tenait un vieillard d'apparence... hmm disons douteuse.
- Bien le bonjour les jeunes ! Tabernacle !! V’là un sacré bestiau qui vous course !!! baragouina-t-il dans son parler burlesque du fin fond de la cambrousse. Eidren s'occupa de le couper dans son élan -avec succès- avant que le navigateur ne reparte dans sa folle diarrhée verbale et tous embarquèrent, guettant de leurs yeux inquiets la monstruosité ténébreuse qui s'approchait implacablement.
- Toi la, l’botteux au sourire niais ! Le-dit botteux sourit niaisement pour ne pas le contrarier. T’prendras la barre d’ma coque. La d’mi salade, t’prendras la baliste en tête de pont.
- HISSEZ HAUT! acquiesça le nobliau à sa manière, et il partit directement au timon. Cependant forcé de se retourner lorsqu'il entendit le si familier craquement d'un nez qu'on emplâtre.
- (...)elle m'aguiche... fut la seule bribe de l'infructueux plan dragouille de l'ancien à parvenir à ses esgourdes. BANDE DE LARVES ! A VOS POSTES !! C’TE GALÈRE Z’EN ÊTES RESPONSABLES ALORS MAGNEZ VOUS !!! Ni une ni deux, Altiom partit s'accrocher au gouvernail et entonna un chant marin parlant de courage, de tempêtes, de rhum, d'hydres, de terribles serpents de mers et bien-sûr de femmes.
Mais comme toujours dans ces petits moments de bonheurs qui viennent innocemment éclairer d'une lueur chancelante l'ombre de la bataille: il y eut un problème: DIANTRE! Où est passé le Lapinausaurus Rex?!
"SPLAOURTCH!!!!!" fut la seule réponse que l'Ydrilote ne recevrait jamais... Car l'équipage d'opérette fut alors frappé par toute la puissance du Démon! Mille et une années de torture, de souffrance et d'horreur concentrées en quelques secondes vinrent les heurter avec une terrible et irrépressible force, les tirant sans qu'il leur soit possible de lutter d'une quelconque façon jusque dans les tréfonds du Néant avec un grand "N". Autrement dit le Néant.

Ooooh le mal de crâââââne.... Le voyageur nanti se releva en se tenant la caboche, transi de douleur. Étrangement sa migraine passa aussi vite qu'elle était venue. Il voulut alors sortir son yari, croyant avoir été abordé par quelque engeance infernale du Dark’râbit. Il voulut seulement: sa main tâtonna dans le vide sans rien trouver d'autre qu'une poche pleine de fins et légers parchemins.
- Cinqu..ante... euro? Haussant un sourcil en ouvrant de grands yeux stupéfaits, il leva alors le museau pour découvrir qu'il se trouvait dans ce qui ressemblait à une ruelle? Mais bien plus grise, plane, ni dalle ni pavé -la puanteur propre aux villes quant à elle ne s'était pas fait la malle. SORCELLERIE! QUELLE EST CETTE NOUVELLE MALÉDICTION?!
- Hey mec déstresse! le héla un nouvel arrivant, aux bras duquel se tenait une jeune femme ravissante au sourire goguenard. Elle l'aguiche! aurait commenté l'autre vicelard. D'autres joyeux lurons et charmantes jouvencelles les accompagnaient. Altiom ne remarqua qu'à cet instant leurs curieux accoutrements, dont lui-même était affublé. Des genre de tuniques, très légères, écourtées des manches jusqu'au milieu des bras. Et ces... braies? Chausses?
- Qu'est-ce que cela? questionna le vagabond d'une voix fébrile en triturant le tissu bleu et épais qui couvrait ses jambes.
- Bah... c'est un jean quoi. Ho tu débarques d'où vieux?
- Un... djine. Et ceci qu'est-ce donc?
- Une chemise! répondit l'individu avec une moue inquiète qui se mua en un sourire amical. Bien classe d'ailleurs.
- Une chemise... Et, hm, pourriez-vous m'indiquer la direction de la mer d'Eris depuis ici? Ou le cocher le plus proche, je me débrouillerai pour la suite.
- Jamais entendu parler, mais j'suis pas une masse en géo non plus. Devant la mine déconfite du nobliau, il continua: tu m'as l'air complètement à l'ouest gars, je sais exactement c'qui te faut! On va en boîte, là, ça t'dit d'venir avec nous?
- En... boîte? Ne craignez-vous pas d'être serrés aussi nombreux que vous êtes? La bande partit d'un grand rire à cette remarque et on entraîna le triste sire dans la folie du jeudi soir.
Et quelle folie! Ils arrivèrent au devant d'un sobre bâtiment de pierre, au toit plat, aux murs aussi droits qu'ils pouvaient l'être, doté de plusieurs terrasses et d'une simple porte devant laquelle se massait une foule extatique retenue par deux grands mastards. Se raccrochant à la moindre similitude avec son monde, l'Ydrilote imagina-là l'équivalent probable du service de garde d'une taverne renommée. Cependant les sons lourds et étouffés qui sortaient de l'établissement ne lui évoquait rien de connu, sinon des tambours de guerre. A cette pensée son angoisse augmenta d'un cran:
qu'y a-t-il là-dedans?
- Une putain de soirée! fit son comparse éméché.
Le groupe arriva alors sur le seuil de la surprenante auberge. L'un des malabars avait une peau noire comme l'ébène. Le nobliau s'approcha de son camarade pour lui chuchoter:
foutredieu un drow!
- Hein? Eh t'occupes c'est qu'un videur, on va passer mais fais pas d'connerie. Après tout, le jeune homme connaissait ce monde mieux qu'Altiom, et il prit donc sur lui de suivre son conseil, affichant un grand sourire au mastoc.
- Allez-y, fit-il comme prévu. Une autre bande de fêtard, de loin plus imbibés, se présenta elle aussi à lui: vous restez dehors.
- Heuin? Quoi? Allez nooon! Fais pas ta pute là, on rent'quoi! Leurs suppliques rageuses se perdirent dans les couloirs d'entrée, envahis par une mélodie puissante, rythmée, sauvage et entêtante.
- Je n'avais encore jamais entendu ce genre de musique...
- HEIN?!
- JE N'AVAIS ENCORE JAMAIS ENTENDU CE GENRE DE MUSIQUE!!!
- AH BON? T'ES PLUS POP ROCK?!
- EUH... OUI? Peauproque? Quel était encore cette nouvelle étrangeté? Pas le temps de pense il fallait danser! Voilà donc ce qu'était une boîte... un lieu sombre, chaud, incroyablement bruyant, baigné dans une atmosphère de fête dénuée de limite, dans un océan de pulsations, de flashs, de fumée opaque, de rais multicolores et... de gens. Et Altiom adorait ça! Observant ses nouveaux amis, il s'essaya à cette danse inconnue, loin de la gigue mais si familière. Presque instinctive.
Il ne se rendait plus compte du temps qui passait, en synergie avec la musique, comme en transe. Ce fut-là sans compter sur son estomac qui lui rappela qu'il devait aussi penser à se rincer le gosier!

- EH, ON PEUT S'HUMIDIFIER LA TUYAUTERIE ICI?!
- LA-BAS! fit son compère en montrant un bar autour duquel s'agglutinaient une bonne vingtaine de soiffards. S'accoudant au comptoir -avec appréhension toutefois, ce-dernier émettant une lueur à mi chemin entre le blanc et le violet-, il appela le serveur: DE L'EAU-DE-VIE MALTÉE S'IL VOUS PLAÎT!
- WHISKY?!
- EUM... JE CROIS!
- PUR OU AVEC DU COCA?
- DU CO-... MAIS QU'EST-CE?! L'homme lui montra une bouteille totalement inconnue du voyageur... Coca Cola? NON JUSTE DU OUISKI! Arriva alors son camarade.
- HEH T'AS DE QUOI PAYER?!
- ÇA SUFFIRA?! demanda en retour Altiom en sortant une liasse.
- T'AS DE QUOI ACHETER TROIS BOUTEILLES AVEC ÇA OUAIS!
- ALORS C 'EST MA TOURNÉE RAMÈNE TES AMIS! Ainsi quelques morceaux de papier avaient ici une si grande valeur... drôle de monde assurément.

Ooooh le mal de crâââââne.... encore? Une lumière dorée perçait à travers les minces rideaux d'une fenêtre, à droite. La vision embuée et la tête sens dessus dessous, Altiom essaya tant bien que mal de se mettre sur son séant. Il était dans une chambre, dans un lit plus précisément, une jeune femme dans chaque bras -et une bouteille vide dans sa main droite. D'autres jeunes gens terrassés par le sommeil gisaient ça et là dans des positions plus acrobatiques les unes que les autres: à moitié sur un matelas, une jambe sur un canapé et la tête directement sur le parquet.
Soudain une aveuglante lumière irradia depuis l'extérieur, forçant l'Ydrilote à fermer ses yeux. Puis tout s'éteignit: il était revenu dans son monde. Une écrasante masse ombreuse se préparait à engloutir le navire et tous les espoirs des aventuriers... Mais voilà que repartait le demi à l'assaut, et sans demi mesure! Vaillamment il pointa une monstrueuse baliste sur la créature et décocha un trait d'une pureté lilial, tel le bras immaculé de la justice -hoho la belle antithèse-, arrachant un épouvantable cri à la sale bâÿte (et un bon morceau de son hideuse face). C'était le moment ou jamais de porter le coup de grâce: Altiom se précipita vers un M45 Quadmount, autrement dit quatre Browning M2 cal.50 montées en batterie, chargé de munitions d'argent.

¤V'là l'engin¤:
 
- UN PETIT APERÇU DE L'ENFER AVANT QUE TU NE RETOURNES Y CROUPIR VIL DÉMON! hurla le voyageur avant de sombrer dans une hilarité des plus malsaines, ses yeux lançant des éclairs de folie furieuse. ARH ARH AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARH!!!! Et en guise d'aperçu, le-dit démon eut droit à ses quatre chargeurs offerts par la maison, à défaut de 80 coups par seconde. Achevée, l'aberration malfaisante abdiqua pour retourner piteusement sous les flots.
Jetant une œillade aux côtes, le sans-logis observa les masses grouillantes qui s'entre-déchiraient par dépit sous l'ondée rageuse, à défaut d'avoir pu se saisir de trois malheureux intrus. Une multitude de points noirs se détachèrent alors sur l'horizon cendré, grossissant lentement. Et sur l'embarcadère ravagé, il se tenait toujours là, impassible, immuable, stoïque et farouche. Ce même sanglier croisé plus tôt dans la forêt, arborant un regard vengeur qui semblait lui dire "Gruiiik..." qu'on pourrait traduire littéralement par "On se retrouva...".

- POUUUUUR LA MÈRE PAAAAATRIIIIIIE!!!!! couina du haut de son zeppelin de guerre le général de la Grande Armée de l'URSM*, et Altiom vit alors que les tâches noires qu'il avait pris pour quelque nuée d'oiseaux se trouvaient être une véritable armada de dirigeables -et il se rendit d'ailleurs compte qu'en réalité il n'avait jamais entendu parler de dirigeables, pourquoi diable savait-il ce qu'était ces choses? L'un d'eux, en survolant le champs de bataille, largua alors quelque chose, indiscernable à une telle distance, et la lutte cessa. Tous les combattants, muridés, ursidés comme léporidés, se tournèrent vers cet objet: sentence ultime des belettes communistes, attendant l'instant du jugement.
Une formidable clarté illumina alors toute la plaine, forçant chaque observateur à détourner son regard, puis une boule incandescente d'une taille ahurissante commença à croître avant de disparaître, ne laissant qu'une colonne de fumée opaque montant jusqu'aux cieux où elle s'étiolait en une large et rougeoyante couronne. La vague de chaleur vaporisa les centaines de milliers de petites créatures, dévorante et insatiable, se repaissant goulûment de leurs âmes. Le trio dut s'accrocher de toutes ses forces au bastingage lorsque leur rafiot manqua de chavirer sous la puissance de l'onde de choc, mais ils tinrent bon.
Enfin ils en avaient terminé. Nulle trace d'une nouvelle menace venant troubler ces instants de paix difficilement gagnés, le vent était stable et les courants tranquilles: l'Ydrilote se permit de lâcher sa quadri-mitrailleuse et laisser la barre. Il se dirigea vers les corridors d'intérieur, espérant y dégoter de quoi gueuletonner alors que Tahly en ressortait justement: Altiom, y a le vieux qui a oublié sa carte en sautant par dessus bord - enfin je pense que c'est ce qu'il a fait, puisqu'il n'est plus là – et je crois qu'elle t'intéresserait. En tout cas nous sommes sensés aller sur une île qui doit se trouver... juste devant nous ?
- A l'évidence nous n'avons plus besoin de la carte pour l'instant, mais on ne sait jamais. Je prendrai quelques rations pour notre escale au passage.
Nos trois héros débarquèrent donc sur la grise et morne plage du rocher isolé, sous une pluie battante, frappés par la vision d'horreur qu'offrait la demeure lugubre se dressant devant eux. Bien emmitouflé dans sa cape, la tête encapuchonnée, Altiom partit à la recherche d'un endroit au sec pour leur petite boustifaille improvisée: peine perdue, les rares sentiers menaient à des murs rocailleux trop abrupts pour être escaladés. Mais au sommet de l'un d'eux, il crut apercevoir une silhouette... une ombre... était-ce? Impossible! Le nobliau ferma ses yeux pendant trois interminables secondes et lorsqu'il les rouvrit: plus rien. Une simple hallucination. Forcé de rebrousser chemin, il suivit ses camarades jusque dans l'antre sordide, gagné par la chair de poule.
- J'aime bien la déco, ne put-il s'empêcher de commenter en passant à côté d'une statue à l'allure démoniaque. Arrivés dans un hall aussi sobre que sombre (c'est-à-dire beaucoup), l'équipée commença à inspecter l'endroit. Une lumière blafarde filtrait à travers les persiennes derrière les rares fenêtres de la pièce. Quelques buffets et commodes, noircis par l'humidité et courbés par le poids du temps trônaient ça et là, austères. Un tapis, qui jadis avait pu être carmin ou pourpre mais aujourd'hui tirait sur le gris (comme à peu près toute cette fichue île), recouvrait tant bien que mal le parquet craquetant, rongé par les mites et enfoui sous une couche de poussière séculaire. Autre détail aguichant de ce haut-lieu de villégiature: des toiles d'araignée. Au  plafond, sous les meubles, après les carreaux, dans chaque coin et recoin.
- Non, non j'avoue... J'admire vraiment le décorateur d'intérieur qui nous a pondu cette perle. Et tout en inspectant minutieusement chaque petit détail en jaspinant sans fin sur sa moindre trouvaille, il perdit de vue sa camarade drowe. Ce ne fut que le bruit bref et soudain provenant d'une coursive adjacente qui lui permit de se rendre compte qu'elle avait tout simplement disparu! Son acolyte hybride heureusement avait été témoin de la scène et lui indiqua le mur derrière lequel Tahly tambourinait de ses poings menus.
- Ah merde, TAHLY!! De nouveau, Altiom fit appel à la Plénitude et frappa le mur à plusieurs reprises, sans que ce dernier ne bouge d'une brique. Une seule explication possible: il disposait de quelque protection magique... et pourtant le vagabond n'en ressentait pas la moindre once. C'était comme si ce mur ne devait pas être détruit tout simplement. Quel merdier! Viens, on doit chercher un moyen de la rejoindre!
Ainsi après une inspection en règle de la masure, le duo de choc dut se rendre à l'évidence: le seul couloir qu'ils désiraient emprunter à peu près autant qu'ils désiraient passer une nuit en compagnie de mamé Kamat semblait être celui qui pourrait les mener à leur compagne.
Descendant jusque dans les entrailles-même de l'île, dans un véritable dédale aux murs suintants, un escalier sans âge les conduisit à une salle chaude et étrangement rassurante, d'où émanait une musique aux accents suaves, entêtante. Un lieu transpirant de sécurité, d'aise, de lasciveté, comme envoûté par quelque sortilège voluptueux... Une chaude lumière dorée parachevait cette ambiance, émanant de braseros disposées tout autour. Les murs supportaient eux aussi quelques torchères entrecoupant de larges et riches tentures aux broderies chatoyantes. Quatre piliers soutenaient le plafond, entourant une piscine rectangulaire au centre, à laquelle on accédait par des marches descendant en pente douce. Et dans cette eau d'un bleu lagon se prélassaient mille chimère et fantasmes.
- Des... des sirènes...? Eidren des sirènes! exulta le sans-logis à la vue de ces hybrides aussi séduisantes qu'extraordinaires. Et son regard se porta alors autour du bassin: allongées sur tant d'étoffes et de draperies, appuyées sur tant de coussins et traversins, de plantureuses créatures à la peau d'ivoire, de feu, de caramel ou d'ébène, toutes satinées ou huilées, à la chevelure ardente, blonde comme les blés ou noire comme le jais, aux yeux d'un bleu profond comme l'océan, d'un turquoise aux reflets étincelants ou encore d'un vert d'émeraude hypnotisant, elles les attendaient. Aucunes ne se ressemblaient, excepté en trois points: elles possédaient chacune deux cornes qui leur partaient du front pour s'enrouler sur elles-même, une longue queue terminée comme une pointe de flèche sortait vers leur coccyx, et enfin deux ailes dénuées de plumes saillaient depuis leurs omoplates.
- Et ça ce sont... des succubes? De viles tentatrices qui n'ont jamais habité que les contes de l'ancien temps! Mais les voilà bien en chair! Et quelle chair... Dans la tête de l'aventurier déjà les premières barrières dressées face à la tentation dévorante cédaient... et puis elles s'amusaient déjà entre elles, voilà quand même qui poussait à consommation! (Sous entendu "du fruit défendu"). On... on ne- peut-être qu'on ne devrait... pas rester... là... peut-être qu'on devrait... Deux diablesses enjôleuses s'approchèrent de la pair. Hmm... désolé mesdemoiselles, on ne fait pas dans l'échangisme, plaisanta Altiom, utilisant l'humour comme ultime protection. Chaque chasseuse, féline, choisit sa proie et entama son sensuel ballet: tournant autour de sa victime, la pressant sous ses caresses toujours plus vives, toujours plus osées, l'enserrant de ses bras avides et l'embrassant de ses lèvres voraces en mordillant avec ardeur ses moindre points sensibles. Mais... cela peut toujours changer j'imagine...
Complètement magnétisé, le nobliau ne résista pas plus longtemps à l'irrépressible désir de se vautrer dans ces douces soieries en compagnies du harem surnaturel. On invita d'abord les hôtes de marque à tirer quelques lattes sur le narghileh déjà bien entamé par les espiègles petites fripponnes (le vagabond accepta bien-sûr immédiatement, par pure politesse cela va de soi), puis on fit porter fruits et nectars à Eidren et Altiom, embaumant la pièce d'une nouvelle senteur fraîche et épicée. Laissant les deux hommes se reposer à souhait, leurs servantes manipulatrices allèrent jusqu'à porter elle-mêmes les coupes à leur lèvres, à leur tendre les fruits juteux pour qu'ils n'aient plus qu'à y croquer goulûment et s'en délecter. Les nouvelles saveurs heurtèrent leurs papilles dans une effarante déflagration de sapidité, des goûts dépassant leurs fantasmes culinaires les plus fous venant transcender les jeunes et ignorants êtres qu'ils étaient.
- Un véritable orgasme gustatif..., commenta notre cuistot national, tout esbaudi. Et tandis que leurs bouches témoignaient d'un détonant feu d'artifice gastronomique, les démones avaient déjà à moitié déshabillé leurs jouets animés qu'elles commençaient à oindre d'un liquide brillant jusque dans leur intimité. J'aime quand on m'enduit d'huile. Et la-dite huile se trouva être un puissant aphrodisiaque, qui ne manqua pas de remplir son office! La friction émoustillante fut à peine terminée qu'un Ydrilote bouillonnant bondit sur ses quatre masseuses (oui chez les succubes on ne manque pas d'effectif). Plus fringant que jamais (qui a dit "monté comme un poney" dans l'assemblée? è_é Oui je sais que toute référence cinématographique est bonne à prendre mais un peu de tenue dans les allusions tout-de-même!), le joyeux drille tira à reculons ses partenaires jusqu'à la piscine et tous les cinq y plongèrent comme des dominos, nus comme des vers. Des vers très sexy. Même l'eau était parfaite, ni trop fraîche, ni trop chaude.
- PAR LES CINQ EIDREN ELLE EST BONNE! D'AILLEURS ELLES SONT TOUTES BONNES! Viens piquer une tête! Les sirènes se joignirent à leur tour aux festivités, et Altiom eut alors à se poser l'une de ces fameuses questions existentielles: comment on fait les bébés? comment font ces charmantes créatures aquatiques pour profiter de ce si généreux cadeau de Mère-Nature qu'est le sexe? Pour tout dire, celles-ci semblaient impatientes de lui répondre, aussi ne se fit-il pas prier:  eh bien je ne vais pas me faire prier! Voilà.
Le reste de la nuit ne fut que plaisir, jouissance, et volupté sans borne. Tous les sens de nos deux aventuriers de l'extrême furent comblés (oui alors pour l'ouïe il faut avoir un soupçon d'imagination, un esprit aussi tordu que déjanté, penser à une mélodie... vocale et faire le lien avec la situation. Pas besoin de debriefing?) Mais finalement, contre toutes attentes, et malgré ce qu'en disent les mensongers contes de l'ancien temps, succubes et sirènes laissèrent partir sans plus d'histoires que quelques derniers (et langoureux) baisers d'adieu leurs amants béats encore étourdis de contentement.


Ainsi le trio se retrouva au détour d'un couloir donnant sur une gigantesque salle dont les hauteurs se perdaient dans l'ombre, traversée par une faille apparemment sans fond. Rêveurs et abasourdis, ils interpellèrent leur camarade: hEeeEyYyy! WooOooaaA Lyly t'as loupé quelque chose... de ma-gi-que... Faudra vraiment qu'on te présente à celles qui habitent là un jour! Mais tandis qu'ils s’apprêtaient à lui conter les merveilles de leur nuitée, un mugissement de rage caverneux ébroua l'équipée, réveillant les deux zigotos de leur état second.
- Non... Une luisance embrasée commença d'éclairer les tréfonds des caves par-delà la crevasse, et il apparut. Le Dark'râbit était revenu dans sa plus pure forme: tout entouré de flammes, rougeoyant depuis l'intérieur même de son être, comme animé d'un feu malveillant. Il s'engagea sur le mince pont qui enjambait le gouffre béant.
- Je m'en charge! fit le nobliau dans un élan d'abnégation -ou peut-être était-ce la chicha?- d'un ton solennel et résigné avant de rejoindre son formidable adversaire. [HRP: je remets le dialogue original en anglais, c'est plus authentique! (ÔvÔ)]
- You cannot pass! L'innommable créature s'embrasa alors, étalant sa toute-puissance devant ce simple mortel. I am a servant of the Secret Fire, wielder of the Flame of Anor! The Dark Fire will not avail you, Flame of Udûn! Le monstre ténébreux dégaina, mais s'aidant de la Plénitude, son opposant put parer la lame ardente du démon qui se volatilisa dans un aveuglant éclair blanc. Argh! Go back to the shadow. Le lapin de l'ombre sortit alors son fouet incandescent qu'il fit vigoureusement claquer dans l'air saturé de magie. Et dans un dernier baroud, Altiom prit son yari à la verticale avant de l'abaisser avec force sur le pont: YOU… SHALL NOT... PASS!!! Le démon s'avança alors, et la passerelle de pierre s'effondra sous ses pieds, engloutissant la bête dans l'abîme. Mais cette dernière se devait de jouer un dernier mauvais tour: de son fouet, elle entraîna dans sa chute le voyageur qui ne put se retenir que quelques instants. Il jeta un regard à ses compagnons et murmura: fly, you fools! avant de lâcher prise, tandis qu'un râle haineux monta des profondeurs.

*: Union des républiques socialistes mustélidés
HRP:
 


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mar 24 Mar 2015 - 20:10, édité 7 fois (Raison : Zizic lien mort)
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Eidren Alderion
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Jeu 22 Déc 2011 - 16:39

Glauque était le terme qui désignait le mieux le manoir dans lequel notre trio avait atterri. Tout était terne, gris, figé dans une triste mélancolie. Altiom souligna à plusieurs reprises la décoration des lieux, qui était en effet des plus discutables.
Excepté pour ces étranges statues, ne put s’empêcher de penser Eidren.
Des succubes…êtres imaginaires peuplant les fantasmes des hommes (et à n’en point douter de certaines femmes), véritables déesses du sexe et de la débauche… Taillées dans un ébène des plus purs, les créatures aux formes plantureuses avait su capter le regard intrigué du demi elfe.
Il fut tiré de sa contemplation lorsque Tahly pris les devant et s’avança dans un profond couloir bien sombre puis disparue soudainement du champ de vision du sang mêlé. Le vagabond remarqua l’absence de la drow quelques instants après et commença à s’exciter contre le mur qui les séparait
.
- Laisse tomber, lâcha Eidren, m’est avis que ça ne sert pas à grand-chose. Espérons simplement que le couloir qu’elle a emprunté rejoindra le notre. D’ailleurs, au risque d’énoncer une évidence, je suggère de rester groupir…

Les pérégrinations de nos deux malandrins les menèrent jusqu’au plus profond de cette île mystérieuse. Il déambulèrent un moment dans ce curieux manoir, s’enfonçant toujours plus loin et espérant retrouver leur acolyte.
Alors qu’ils descendaient prudemment les marches couvertes de fanges et autre humus visqueux, une douce mélopée leur parvint. Elle semblait naître des confins du château et mêlait le son harmonieux d’une harpe à des rires cristallins. L’écho qui se répercutait dans le sombre couloir fit frémir Eidren qui mit machinalement la main sur la poignée de son épée. Mais au fur et à mesure de leur progression, les craintes du demi elfe s’estompèrent jusqu’à disparaître entièrement. Comme dans un rêve, les deux envoûtés pénétrèrent dans ce qui semblaient être une vaste chambre où de véritables divinités les attendaient. Au centre, dans un bain fumant, un groupe de délicieuses jouvencelles à la peau de satin dévisagèrent les nouveaux arrivants. Un peu plus loin, sur une immense pile de coussins multicolores, d’autres créatures plus intrigantes encore vinrent à leur rencontre : ailes de cuirs et queue de diablesse…Le demi elfe resta sans voix. Des succubes, des vraies ! Leurs visages angéliques, leurs divines courbures, leurs enivrants parfums…Alors qu’il opposait une ultime résistance au désir qui l’envahissait, une des créature lui attrapa doucement la main et la glissa sensuellement contre sa joue tout d’abord puis la fit lentement descendre le long de son coup avant de finalement la placer sur sa poitrine. Comme s’il était transporté vers un autre monde, l’esprit d’Eidren s’éloigna de la réalité, toutes les entraves morales qui l’avaient retenu jusqu’à maintenant volèrent en éclats. Sans plus attendre, il s’abandonna à l’étreinte de la succube…



Jusqu’aux premières lueurs de l’aurore (si tant est qu’on puisse la voir quand on culbute des démones dans des sous terrains), nos deux héros profitèrent des joies de la Luxure. La nuit pouvait donc se résumer à : multiples parties de jambes en l’air et orgie orgasmique des familles.



Ainsi, les trois compagnons se retrouvèrent au détour d’un couloir qui menait à une pièce aux proportions gigantesques. Deux imposantes rangées de piliers soutenaient les voûtes de pierres sculptées. Chacun s’arrêta un instant (même Altioum, et ce malgré la chicha), momentanément figé par le sentiment de petitesse et d’insignifiance qui pesait sur eux. Un peu plus loin, il s’aperçurent que le pièce était traversée par une faille immense. Seul un mince pont permettait de rejoindre l’autre côté.
Alors que Tahly, suivie d’Altiom et d’Eidren s’élança sur le frêle ponceau, l’immense pièce fut envahie d’une lueur orangée, comme si tout s’embrasait soudainement. Un puissant mugissement vint confirmer les pires craintes des aventuriers. Le Dark’rabît était de retour. Tandis que la drowe et le demi elfe finissait de franchir le pont, Altiom fit volte face, une féroce détermination avait embrasé son sempiternel regard de Dom Juan.

- Je m'en charge!
Comme s’il était animé par une force nouvelle, Altiom marcha en direction du Démon qui se tenait de l’autre côté du pont. Dans une langue totalement étrangère au demi elfe, il provoqua son incroyable adversaire :

- You cannot pass! L'innommable créature s'embrasa alors, étalant sa toute-puissance devant ce simple mortel. I am a servant of the Secret Fire, wielder of the Flame of Anor! The Dark Fire will not avail you, Flame of Udûn! Le monstre ténébreux dégaina, mais s'aidant de la Plénitude, son opposant put parer la lame ardente du démon qui se volatilisa dans un aveuglant éclair blanc. Argh! Go back to the shadow. Le lapin de l'ombre sortit alors son fouet incandescent qu'il fit vigoureusement claquer dans l'air saturé de magie. Et dans un dernier baroud, Altiom prit son yari à la verticale avant de l'abaisser avec force sur le pont: YOU… SHALL NOT... PASS!!! Le démon s'avança alors, et la passerelle de pierre s'effondra sous ses pieds, engloutissant la bête dans l'abîme. Mais cette dernière se devait de jouer un dernier mauvais tour: de son fouet, elle entraîna dans sa chute le voyageur qui ne put se retenir que quelques instants. Il jeta un regard à ses compagnons et murmura: fly, you fools! avant de lâcher prise, tandis qu'un râle haineux monta des profondeurs.[i]
Spoiler:
 
- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO!!!!! ALTIOUUUUUUUUM!!!!!!
-Mode chicha on-
La lueur du feu démoniaque du Dark’rabit éclaira un instant l’insondable gouffre puis fini par disparaître, plongeant par la même occasion Tahly et Eidren dans l’obscurité.
- Gottferdöm…Altiom avait la lampe torche, lâcha un Eidren dépité (et à n’en point douter encore sous l’effet de la chicha), Viens Tahly, ajouta-t-il tristement, ne traînons pas plus longtemps ici et exauçons sa dernière volonté.

Et vlan ! En moins de 2 pages de rp, l’effectif se trouvait amputé d’un de ses membres (dont « l’efficacité » subissait du même coup une diminution de 33,3333333….%). Qu’à cela ne tienne, les deux survivants, bien qu’accablé par cette perte aussi inattendue que…euh….soudaine, ne renonceraient pas aussi facilement.
Leur avancée à travers la pénombre était assez pénible et ce malgré la demi nyctalopie d’Eidren, qui n’enlevait par conséquent que 50% de la noirceur des ténèbres (c’est pas si mal vous me direz, mais bon).
Après plusieurs heures d’errance dans les ténèbres, ils parvinrent enfin à rejoindre la surface. Dehors, les rayons d’un soleil radieux vinrent agresser les rescapés, obligeant Eidren à mettre sa main en visière afin de balayer les environs du regard. Contrairement au manoir (dont la coloration ne dépassait pas les 256 nuances de gris), le paysage qui s’offrait à eux était à la fois coloré, teinté d’onirisme et saupoudré de mélancolie : sous un ciel azuré, une forêt émeraude bordait la montagne dont ils venaient de sortir. Par delà les arbres s’étendaient des champs dont les blés dorés dansaient au gré du vent. Vallons et collines se succédaient jusqu’à l’horizon, de temps à autres, on pouvait remarquer la présence de quelques chaumières sur leurs versants.
De ses oreilles demi elfiques, Eidren perçut les sanglots d’un petit ruisseau qui devait se trouver à quelques pas de leur position actuelle. Il fit signe à Tahly de le suivre et ensemble, main dans la main comme deux jeunes amants, ils dévalèrent gaiement la pente jusqu’au point d’eau.
Profitant de cet instant de répit, le voleur s’aspergea le visage dissipant ainsi les dernières volutes de chicha qui embrumaient encore son esprit…Il se tourna alors vers sa compagne d’aventure :

- Qu’est ce quechlblbllbl…

L’ensemble des vêtements de la drowe avait mystérieusement disparus, mettant à nu (c’est le cas de le dire) ses formes généreuses, seul son ceinturon avec les différents effets qui lui étaient attaché étaient encore présents. Tahly se redressa alors et dévisagea curieusement Eidren ; son mouvement eu pour effet de ballotter sa poitrine généreuse, ruisselante de gouttes argentées…

MAIS QUEL EST CE MALEFICE ?? faillit-il hurler.
Ni une ni deux, le demi elfe plongea la tête dans le court d’eau. Un profond sentiment de honte l’avait envahit, son visage ayant pris une magnifique teinte pivoine. Il émergea quelques secondes plus tard et vit du coin de l’œil que Tahly avait recouvré l’ensemble de ses effets. Elle lui demanda machinalement si tout allait bien.
- Oui oui, ne vous en faites pas…Tout va trèèès bien.
Jugeant ses paroles un brin contradictoires avec sa dernière réaction, il s’empressa d’ajouter :
- Mais je dois bien vous avouer que suite aux récents évènements, notamment la disparition d’Altiom , je suis quelque peu…chamboulé. Mais je compte bien poursuivre cette mission.
Eidren regarda alors Tahly droit dans les yeux, ne laissant transparaître qu’une ferme détermination à aller jusqu’au bout de l’aventure, quelque qu’en soit le prix (cela lui permettait également de se concentrer sur autre chose que les seins de la drowe).

Ils reprirent tout deux la route. Pendant quelques heures, ils longèrent le faible ruisseau qui ne tarda pas à rejoindre une véritable rivière. Ils suivirent ainsi les eaux sur quelques lieux, coupant à travers la forêt à certains moments. Leur marche était rythmée par les joyeux gazouillements d’oiseaux aux plumages multicolores auxquels se joignaient les doux sanglots réguliers de la rivière…A plusieurs reprises, ils croisèrent la route de vieux paysous qui les saluèrent gaiement en agitant leurs chapeaux d’pailles et leur crièrent des encouragements. Eidren leur aurait bien demandé où ils étaient mais le soudain engouement dont ils avaient fait preuve ne lui disait rien qui vaille, aussi, le demi elfe accéléra sa marche et les ignora.

Alors que la nuit étendait son manteau sur les collines, Tahly et Eidren parvinrent à joindre un petit hameau niché au creux d’un vallon. Durant l’ensemble du trajet, notre demi elfe s’était efforcé de ne pas reluquer la drowe. Il se contraignait à marcher en tête de fil même si de temps à autre, il la laissait passer devant malgré lui.
Ils arrivèrent donc dans un petit village aux chemines fumantes. L’air s’était lentement rafraîchi et quel ne fut pas le bonheur de nos deux intrépides zaventuriers que de trouver une petite auberge de laquelle émanait un doux fumet de dinde aux marrons.
Alors que la température avoisinait les 281° Kelvin (soit 8°C pour les incultes ), ils se décidèrent à rentrer dans le bâtiment…
A l’intérieur, une dizaine d’hommes s’étaient réunis autour d’une table sur laquelle était clouée une vieille carte de la région. Tous étaient suspendu au lèvres d’un colosse en armure à la barbe grisonnante.

-…Les barricades de l’ouest ne nous retiendraient pas longtemps mais je crains que les Lentrians nous tendent une embuscade dans les gorges de Lignecuivre. Toutefois, il faut bien avouer que nous n’avons ni les moyens ni le temps d’assiéger leur citadelle…

Le vétéran frappa la table de son immense poing, faisant sursauter la petite assemblée. Il se tourna alors vers Eidren et Tahly.
- Que suggérez vous messeigneurs ?
Le demi elfe fronça les sourcils.
- Je vous demande pardon ?
- Avez-vous un plan d’action pour forcer ces couards de Lentrians à quitter leur précieuse citadelle ? Nos 300 spartiates menés par Tahaliann n’en feront qu’une bouchée mais vous devez d’abord trouver un moyen de les déloger. Le Pahcniivdim est votre seul espoir de retrouver le Dynvargartruc

Spartiates, Lentrians, citadelle, Pahcniivdim, dynvargartruc…tout prenait peu à peu forme dans l’esprit du demi elfe. D’un pas conquérant, il se fraya un passage à travers les soldats et observa minutieusement la carte. Son cerveau fonctionnait à toute allure, envisageant chaque possibilité d’infiltrer l’imposant bastion. Le plan détaillé qui était fourni en annexe du doc 2 lui permettait d’avoir un aperçu ultra détaillé des lieux. Finalement, il sortit un bic de sa sacoche de voyage et entoura un endroit précis : les falaises de Coupenoire. (ça ne vous parle pas? Ben moi non plus)

-Les falaises ont pour particularité de s’élever à plusieurs centaines de mètres au dessus des hautes murailles de la façade ouest de la citadelle lentriane, expliqua Eidren, plongeant cette dernière dans une obscurité quasi-totale une fois que le soleil aura quitté son zénith. Si on parvient à rentrer dans la forteresse « par le haut », un groupe d’infiltré n’aurait plus qu’à lever la herse pour permettre aux spartiates de rentrer.

-Et comment infiltrer la forteresse par les airs ? interrogea le bûcheron barbu.

Un vieil homme s’avança à son tour et annonça d’un air triomphant :


- J’ai peut être la solution…




Dernière édition par Eidren Alderion le Dim 9 Sep 2012 - 11:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Jeu 12 Jan 2012 - 19:48

« Wrruiiii ?

*Oh ma tête... Qu'est-ce qui s'est passé encore ?*

-Wrruiii ? Wriù...

La femme drow rouvrit alors les yeux malgré la douleur qui la lancinait. Sur le coup elle ne savait plus trop où elle en était... Le château, le mur et... un coup dans la tête ayant réussit à l'assommer. Mais il y avait quelque chose qui clochait, quelque chose qui n'était pas là tout à l'heure... Mais quoi ?!

-Wriù wrruiii ?

Tahaliann se stoppa à l'entente de ce bruit des plus étranges et regarda autour d'elle : elle se retrouva nez à nez avec une espèce de de... de lémurien gris à tête triangulaire et aux yeux ronds comme des patates OGM ! Du jamais vu ! De plus que cet idiot là tenait un objet avec ses deux pattes avant ; un disque avec de nombreuses runes inscrites dessus. Vous ne le reconnaissez pas ? Eh bien - fort heureusement pour elle (quoi que...) - la drow, si.

-Pu... saleté de biscornu rends-moi ce machin là !
-Wrriuip ?!

Et comme vous devez certainement vous en douter, une course poursuite commença entre l'animal de taille proche de celle d'un hobbit (*Un hobbit ? C'est quoi encore ce machin là ?* -*Eh oh c'est moi qui raconte l'histoire !*) mais d'une minceur presque extrême et Tahly ! Attention première à gauche, troisième à droite, au rond point prendre la quatrième sortie, aller toujours tout droit pendant environ cinq cent mètres, n'oubliez pas de vous mettre dans la file de droite puis tournez à droite. Maintenant vous arrivez sur un cul-de-sac avec une veille porte en fer bien rouillée sur votre gauche, une porte en bois plutôt normale sur votre droite et le « petit » lémurien coincé entre vous, le mur et les deux portes. Que faites-vous ?

1-Vous tabassez l'animal pour enfin reprendre ce qu'il vous a dérobé (soit disant le fameux collier de Mamé Kamat).
2-Au final vous vous dites que vous en avez marre de cette quête et que de toute façon ce collier ne vous servira à rien donc vous allez voir ce qu'il y a derrière la porte en bois puisque, après vérification, celle qui est rouillée est coincée.
3-Vous essayez quand même de récupérer l'objet en usant de votre don de pédagogie.
4-Là, c'en est trop ! Vous retournez en arrière...
5-Au bout d'un petit moment, le lémurien semble vous faire signe. Un brin douteux, vous le suivez tout de même. (C'est bien parce qu'il a l'air de vous aimer !)
6-Vous donnez votre langue au lémurien chat.

Réponse : Vous optez pour l'option 1, mais alors que vous faites le premier pas l'option 5 se présente à vous. Finalement, vous vous retrouvez avec l'option 2. Quoi ? Vous auriez préféré l'option 6 ???


Tahly ouvrit doucement la porte par laquelle venait d'entrer l'étrange animal (qui venait aussi de disparaître d'ailleurs...) et resta bouche bée devant le spectacle qui s'offrit à ses yeux : une salle remplie de succubes ! La pièce était composée de coussins aux couleurs de l'or et du feu et, contrairement à tout ce qu'elle avait pu voir du manoir, de nombreux meubles de belle facture ornaient la pièce, des lustres dorés portant des boules lumineuses magiques faisant office de bougies éclairaient les somptueuses femelles aux tenues très... dénudées. Certaines d'entre elles se maquillaient avec grâce ou s'arrangeaient de sorte à être la plus avenante possible. D'autres attendaient, sirotant une boisson dont la couleur ne disait strictement rien à Tahaliann, ou bien discutaient tout en se pavanant, laissant à penser qu'il allait se passer quelque chose. Et cet événement fut annoncé peu de temps après par une « succube-matrone » qui ouvrit brusquement la porte face à celle où se situait la drow, armée d'un fouet se divisant en trois lianes. Toute aussi émerveillée qu'amusée (ou encore même intéressée), Tahly continua de regarder ce spectacle des plus incongrus, sans même se soucier d'être vu ou pas. Mais depuis quand ces démones existaient-elles ?


-Bon les filles, vous entrez en scène dans deux minutes. Les sirènes sont prêtes -au moins- et le décor est mis en place. Il ne manque que vous et nos deux invités ! Alors maintenant magnez-vous avant de gâcher la surprise !

Puis elle accompagna sa tirade par un claquement retentissant de son fouet et la majorité des succubes se mit en marche vers une troisième porte. Une fois la dernière passée, la porte se referma et la succube-matrone se tourna seulement vers la nouvelle arrivée.

-Hé bien, tu en as mis du temps pour venir toi !
-Parce que vous m'attendiez ?!
La démone eut un petit soupir avant de répliquer :
-Oui, et maintenant nous avons du retard dans notre timing ! Et en plus je ne sais pas qui t'a habillée, mais tu n'es pas présentable accoutrée ainsi de la tête aux pieds ! Allez les filles, occupez vous de cette demoiselle avant que l'heure ne sonne ! Si ça continue, elle ne sera pas prête pour la scène finale...

A ces mots, les cinq diablesses restantes sautèrent sur Tahly qui n'eut pas même le temps de se débattre avant de se retrouver collée magiquement sur une chaise et une bande de folles en train de l'inspecter de bas en haut. En vingt minutes top chrono, elle se trouva transformée en... drow à l'apparence de succube. Et il fallait avouer que ce n'était pas vilain, au contraire même !
Sa tenue violette de voyage avait cédé la place à un haut d'un rouge soyeux ne cachant que sa poitrine tout en restant bien décolleté, ainsi qu'une jupe d'un rouge assez foncé allant jusqu'aux genoux mais étant fendue sur les deux côtés. Bien sûr, quelques pastiches (collier de perles ou bracelet en or à mettre juste sous l'épaule) avaient été rajoutés. Et une paire de fines bottes allait avec tout cet apparat... Tahaliann n'en revenait pas : jamais elle ne s'était trouvée aussi séduisante ! Il faudrait qu'elle retienne cette tenue pour quand elle rentrerait au Puy.

Alors l'horloge sonna la nouvelle heure. Les démones poussèrent un cri qui devait être de victoire, même s'il aurait pu être classé dans ceux d'impatience. Elles lui rendirent son arme ainsi que ses bagages (dont le poids avait bizarrement changé) et la poussèrent vers une énième sortie, où la matrone l'attendait. Elles longèrent un long couloir, la matrone l'arrêta un instant tout en regardant l'horloge miniature qu'elle avait au poignet et lui dit :


-Bon, tu te souviens des instructions ? Alors maintenant vas-y et bon courage avec le demi !

Le « demi » ? Eidren ??? Pourvu qu'elle n'ait pas compris les sous-entendus de la succube ! Et puis quoi encore... Elle avec un demi-elfe ? Bon d'accord, c'est mieux qu'avec un elfe, mais quand même !
Trois succubes étaient au bout du couloir et tenaient des engins tout à fait particuliers... L'une d'elles pris un petit panneau dont la partie supérieure pouvait se relever et annonça :


-Scène 88, première, action !

Et à Tahly de rejoindre ses deux compagnons qu'elle pouvait apercevoir au loin. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que ce château était bien plus étrange qu'il n'y paraissait et surtout que ce que les garçons devaient le penser ! Alors qu'elle venait de les rejoindre, elle s'arrêta, pensive ; le visage de la matrone... il lui rappelait celui d'une certaine femme, mais en plus jeune. Et cela l'étonnait fort que ce ne soit qu'une simple coïncidence. Mais où avaient-ils étés envoyés ?! Il y avait de quoi en devenir fou !

En ce qui concerne la suite, vous la connaissez déjà : les trois compagnons de nouveau réunis pour le meilleur et surtout pour le pire se retrouvèrent dans une salle tellement immense qu'ils se sentirent tout de suite beaucoup plus petits... Et alors qu'ils empruntaient ce qui semblait être l'unique sortie (un vieux pont de pierre si mince qu'on ne pouvait y passer qu'à la file indienne), le lapinoïde géant fit soudainement surface et Altiom, embrasé (c'était le cas de le dire) d'une force nouvelle, combattit avec fougue le lapin de feu ! Fort malheureusement pour lui, le lapin, dans un ultime cri de haine, réussit à tirer notre super héros vers le bas grâce à son immense fouet. Celui-ci se mis à parler une langue totalement étrangère à Tahly, mais cela faisait mythique. Comme dans un conte de mages !


*Je le fais ou du moins j'essaie ? Non, la flemme... Quoi que... Ça nous éviterait de perdre un compagnon pour rien.*

Le Dark'rabbit augmentant considérablement l'énergie magique de leur environnement, la sorcière pouvait toujours essayer d'élever l'humain dans les airs. Peut-être n'y arriverait-elle pas, mais au moins ça ne lui coutait rien d'essayer... Elle concentra donc toute son attention sur le pauvre Altiom qui se trouvait en ce moment même sur le point de chuter, essaya de le prendre puis arrêta soudain en sentant toute son énergie magique se faire arracher par (certainement) le Dark'rabbit. Et le pauvre bougre tomba, entrainé par l'infâme monstre...

*Mince... Bon bah un de moins, j'ai envie de dire.*
-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO!!!!! ALTIOUUUUUUUUM!!!!!! Gottferdöm…Altiom avait la lampe torche. Viens Tahly, ne traînons pas plus longtemps ici et exauçons sa dernière volonté.

Les deux rescapés du démon géant continuèrent donc leur chemin, attristés qu'ils pouvaient l'être après la chute de leur ami (ça dépend pour qui). Une longue traversée de souterrains s'ensuivit, Tahly aidée par son habitude de la noirceur du Puy. Puis, au bout de quelques heures, ils se retrouvèrent sous un soleil déchirant qui obligea un instant la drow à s'abriter à l'ombre. Et que de choses étranges, eux qui avaient pris l'entrée se trouvant au beau milieu d'une île perdue, les voilà à la sortie en plein milieu du continent (bah oui il n'y avait ni le cri des mouettes, ni l'odeur de mer) ! Et en plus dans un coin quasi paradisiaque... pour elfe, vu la tonne de forêt se trouvant juste en face d'eux. C'est alors qu'Eidren pris Tahaliann par la main et ils prirent tous deux la clef des champs, main dans la main... Charmant, non ?

Arrivés à un petit cours d'eau, ils s'assirent pour boire un peu et également se nettoyer le visage, parce que bon passer un temps fou sous la pluie puis dans un château hanté poussiéreux... Hum ! Tahaliann entreprit soigneusement de se laver quelque peu (sans pour autant enlever les vêtements qu'elle portait) et, lorsque son compagnon voulu lui adresser la parole, elle se retourna vers lui. Et il eut une telle tête qu'elle se demanda s'il n'avait pas avalé de travers un piment de chez elle ! Le plus troublant était qu'il plongea volontairement la tête dans l'eau. Quoi ? Il n'aimait pas sa nouvelle tenue (fallait-il déjà qu'il la remarque ! Ah, les hommes...) ?! C'en était franchement vexant...


-Eidren, vous allez bien ?
-Oui oui, ne vous en faites pas…Tout va trèèès bien. Mais je dois bien vous avouer que suite aux récents évènements, notamment la disparition d’Altiom , je suis quelque peu…chamboulé. Mais je compte bien poursuivre cette mission.

La drow fronça un peu les sourcils suite à l'aveu du demi-elfe, mais son regard franc et déterminé finit de la convaincre de ses « bons » sentiments.

-Bon, il serait peut-être bien de repartir avant que la nuit ne tombe. Ce n'est pas que j'ai peur du noir, mais déjà que nous avançons en territoire inconnu, il serait bête de nous perdre encore plus !

Sur ce ils repartirent, longeant le faible cours d'eau qui rejoignit, après quelques heures de marche, une véritable rivière. De là ils longèrent celle-ci à contre-courant, coupant parfois à travers bois. Pendant tout ce temps la drow resta silencieuse, écoutant le chant calme de la rivière, le « cui-cui » énervant des petits oiseaux ainsi que la respiration légère du demi-elfe. A cela, elle n'y avait jamais été habituée, du fond du Puy. Et elle avait presque honte de se dire que ce n'était pas si mal, au moins musicalement parlant. Mais la roche et les intrigues de son lieu natal lui manquaient quand même !
A plusieurs reprises, les deux compagnons croisèrent des paysans, tous habillés de leur chapeau de paille et d'une fourche, mettant du foin dans les charrettes. Bizarrement, ils étaient très enjoués de les voir passer dans leur campagne, au point qu'ils les saluaient à grands cris et leurs souhaitaient bonne chance ! Non mais c'est bon ils n'allaient pas à un mariage là ! Qu'est-ce qu'ils avaient tous à agir de la sorte ? Une question qui ne trouva pas de réponse puisqu'elle ne demanda à aucun d'entre eux ce que signifiait cette grande et nouvelle amitié... Et le plus étonnant était qu'ils n'étaient même pas méfiants envers une drow, surtout sans le fameux collier de Kamat ! D'ailleurs, il avait dû rester au château celui-ci... Non vraiment, il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond.


Alors que la nuit étendait son emprise sur ce monde et que les capes étaient sorties à cause du froid qui peu à peu envahissait l'air, notre duo de choc parvint à un village en apparence tranquille et aux cheminées fumantes... Quel fut leur bonheur de pouvoir entrer dans une auberge des plus normales ! (après tout ce qui venait de se passer...)
Lorsqu'ils entrèrent dans la bâtisse, ils y découvrirent tout un petit attroupement de villageois, entourant un homme armé contant une histoire, ou plutôt établissant un plan de guerre. Après un petit moment celui-ci tapa du poing sur la table, faisant sursauter l'assemblée ! Puis il se retourna et leur demanda leur avis sur la question. Eidren se dirigea vers la carte que tenait le guerrier et, après un court instant de réflexion, échafauda rapidement un autre plan. En attendant Tahly s'était appuyée contre le mur en dehors du cercle. Elle écoutait les suggestions de son camarade, yeux fermés, et imaginait très bien ce qu'il était en train de décrire : la citadelle des Lentrians, le Pahcniivdim, les falaises de Coupenoire... Envoyer des leurs par le haut ? A condition de trouver un moyen de voler sans mettre en danger leurs éclaireurs, les tours de la citadelle formaient de par leurs positions et leur forme de très belles pistes d'atterrissage.


-J'ai peut-être la solution...

Le silence se fit alors, aussi intéressé que pesant. Tahaliann était toujours appuyée contre le mur, la jambe gauche pliée, le pied sur le mur, ce qui laissait sans problème voir grâce à l'ouverture de sa jupe la musculature délicieuse de sa jambe mise à nu. Il y eut un certain temps avant qu'elle ne daigne relever la tête et ouvrir les yeux, fixant avec attention le vieil homme qui affirmait avoir la solution à leur problème.

-Parle, vieil homme, si tu connais un moyen de faire entrer par les airs un groupe de soldats sans les mettre en péril. Sinon, laisse-nous y réfléchir.
-Hé bien, Dame Tahaliann, certaines machines ont été mises au point pour qu'avec un certain élan elles puissent planer, ou voler si vous préférez, ce qui ici revient au même. Mais les amortisseurs n'existant pas encore, il y a un petit inconvénient que seuls des gens comme vous pouvez comment dire... réparer ?

Le vieillard commença à s'entortiller les doigts, certainement par peur d'en avoir trop dit ou bien de voir sa proposition être rejetée, ce qui risquait fort d'être le cas si son problème était de grande taille.

-Et quel est ce problème dont tu doutes tant ?
-Hé bien... Les appareils peuvent se poser et être manuellement dirigés... Mais pour qu'ils soient sans risque, il faudrait que des mages y appliquent leurs pouvoirs.
-Des pouvoirs dis-tu ? Elle se retourna vers tout le petit monde réunit dans l'auberge qui la fixait, chacun buvant les paroles de la drow. C'était excitant ! Quelqu'un a-t-il une autre proposition à faire ?
Aucune réponse. Malgré les risques possibles, ce devait être le meilleur moyen d'infiltrer cette citadelle par le haut !
-Très bien ! Dans ce cas, je suis prenante. Pour quand les machines peuvent-elles être prêtes ?
-Elles le sont, madame.
-Mademoiselle. Dans ce cas, va les chercher immédiatement. John et Telvan, allez-y avec lui et prenez avec vous assez de monde – mais pas trop, n'oubliez pas que nous devons rester discrets – pour installer au plus vite ces engins ! Nous les essaierons cette nuit même. Et si tout va bien, nous attaquerons d'ici trois jours.

Cette dernière phrase, c'était juste pour le cas où quelqu'un serait de mèche avec les Lentrians. Ce n'était pas pour dire, mais cette guerre était présente depuis bien trop longtemps pour être encore acceptée en cette région ! Bien sûr qu'ils attaqueront bien plus tôt, la nuit prochaine même. La drow eut un regard complice avec le vétéran, qui la connaissait depuis assez longtemps pour savoir comment elle fonctionnait et surtout ce que sous-entendait sa dernière phrase ; il fallait que toutes les troupes soient prêtes pour le prochain coucher du soleil.
Elle attendit que le vieux ait quitté la pièce avec les deux nommés pour rejoindre la table où se trouvait la carte de la citadelle.


-Vétéran Olwen, de combien et de quels mages disposons-nous ?
-En plus de vous, nous avons deux mages pratiquant la télékinésie, Sylvia ici présente (il montra d'un signe de tête une jeune elfe à l'air hautain) a une affinité avec le vent, cinq le feu et trois l'eau, à moins que je ne me trompe.
-Très bien... Elle réfléchit un instant avant de reprendre : Et combien de machins volants le vieux possède-t-il ? Une chose qu'elle avait oublié de demander...
-Cinq madame.
Tout le monde se retourna vers celui qui venait de parler, un petit jeunot qui essuyait toute une panoplie de pintes tout en les écoutant. Son visage devint aussitôt rouge concombre euh... pivoine tant la timidité le pris !
-Eh euh... Bah quand je lui sers à boire il ne peut pas s'empêcher de me parler de ses vaisseaux volants ! Il dit en avoir cinq... Je euh... C'est bon ?
Olwen fit un signe de tête au gamin pour lui indiquer qu'il avait répondu correctement à leur question silencieuse.
-Cinq ? Ce sera de trop comme pas assez.
-Nous n'en prendrons que quatre. Je suppose que l'on peut placer deux personnes dans chaque véhicule, un mage et un autre. Puis elle se pencha un peu plus sur la table, indiquant par là qu'elle allait parler à voix basse. Eidren, vous serez avec moi, nous volerons jusqu'à cet endroit. Elle désigna du doigt un point précis du côté gauche de la citadelle, là où devait se trouver une grande tour. Sylvia, vous serez avec Anselme, vous vous poserez sur la petite tour se trouvant à droite des falaises. Une fois posés, vous resterez pour réceptionner un deuxième véhicule avec Telvan et Eva. Vous ne partirez qu'une fois que vous serez quatre. De notre côté nous ferons de même pour le dernier véhicule, avec Hewlett et Anvar. Des questions ?

Personne n'en avait, alors ils passèrent directement au véritable plan, celui qui leur permettrait de lever la herse sans se faire repérer. Chacun y apporta sa pierre, et bien avant qu'un soldat ne vienne annoncer que les fameux engins volants étaient prêts, tout avait été décidé et calculé dans les moindres détails. Alors ils sortirent de l'auberge et allèrent pour la plupart jusqu'au lieu indiqué par le soldat.
Pendant le trajet, le vétéran fit part à Tahaliann de son inquiétude concernant le fait qu'elle fasse partie des éclaireurs. Si elle était prise, ce serait eux qui seraient fichus ! Ces Lentrians étaient capables d'obtenir n'importe quelle information d'une personne, et s'y donnaient à cœur joie lorsqu'ils capturaient l'un des commandants de leurs ennemis ! Mais elle était inébranlable : elle était déjà entrée dans la citadelle par le passé et avait même visité en douce certaines parties du fort ! De plus, il fallait qu'elle et Eidren retrouve l'un de leurs amis tombé dans le même précipice que le Dilek'dhjiainn (ou si vous préférez le Dark'rabbit, mais elle venait de se « souvenir » de son véritable nom) et que celui-ci étant d'après les dernières informations possession des Lentrians, Altiom se trouvait encore plus en danger que si il était tombé dans le gouffre des neuf Enfers ! C'était pour cela qu'elle tenait à prendre elle-même part à cette mission d'infiltration.

Une trentaine de minutes plus tard, au beau milieu d'une clairière, était en train de se faire du jamais vu ; et oui, mesdames et messieurs, jamais dans l'Histoire du monde déjanté de Tifortou (and tou, for ti...) nous n'avions assisté à l'essai de machines volantes ! Enfin volantes... Ces véhicules, pouvant porter deux personnes à la fois , représentent de grands aigles aux ailes ouvertes et aux griffes sorties pour affronter tous ennemis. Leur principe ? Une fois qu'ils quittent le sol, leurs ailes déployées embrassent l'air pour planer. Pour le décollage, deux mages aident à ce qu'il prenne le vent (pour ne pas dire le large). Pendant tout le temps où l'engin plane, vous avez quatre manettes à disposition à l'avant, l'arrière, à gauche et à droite. Ces deux dernières permettent (évidemment) d'aller à gauche et à droite, celle de devant vous permet d'incliner l'animal, ce qui vous fait faire un très beau piqué droit sur votre cible et, en dernier lieu, la manette arrière permet de vous redresser, mais faites attention à ne pas trop tirer dessus, vous feriez des roulé-boulés et vous scratcherez ! Mais ne vous inquiétez pas, il n'y a pas encore eu de mort ! Bon courage et surtout bon vol.

Ça y est, le dernier avait désormais décollé. Il fit un petit tour puis revint et entama la procédure d'atterrissage. Sylvia joua avec ses pouvoirs et, quoi que l'on crut à la mort rapide des deux énergumènes qui se trouvaient à l'intérieur, l'engin se posa sans même se casser ! C'était bien, très bien. Tout le monde s'y était fait, et une seule chose interpelait les habitués de jeux de stratégies et les minutieux : sur de la pierre, ça allait faire un boucan pas possible ! Mais comment faire ? Alors le lieutenant eut sa petite idée sur la question, et demanda à partir sur-le-champ pour que cette histoire soit réglée au plus vite. Ayant l'accord de tous, il courut jusqu'au village, monta à cheval et galopa jusqu'à un autre hameau au loin. En même temps, les aigles furent cachés et tout le monde rentra à l'auberge. Comme à son habitude, la drow ne dormi que quelques heures et, dans la nuit fraiche et étoilée, sortit profiter de cette nuit de calme avant la tempête. En y réfléchissant, il y avait quand même quelque chose de louche dans cet endroit... Depuis quand l'appelait-on Tahaliann et qu'elle était chef de guerre ? Surtout qu'elle n'avait jamais voulu bouger le moindre petit doigt pour arriver à de telles fonctions ; elles apportaient bien trop de problèmes que de plaisirs, selon elle. Une seule chose lui semblait sûre en ce moment précis, c'est qu'ils n'étaient jamais partis de la maison de Kamat, mais qu'elle les avaient pris dans un enchantement, et cela avait le don de la faire bouillir de colère. Mais, en même, ils étaient tous partants pour l'aventure. Mais où les dirigeaient-elles ?

Un iota écœurée, elle prit la petite bourse qui pendait à son ceinturon et commença à jouer avec, la lançant à la verticale pour la rattraper. Au fait, la succube... son visage... celui de Kamat ?!

« Wruic ! »
-Pardon ?
Rien. Un silence. Seule la bourse se mit à gigoter dans tous les sens ! Tahly l'ouvrit immédiatement, prête à lancer un sort au cas où. Quelle fut sa surprise de voir sortir de la besace la tête triangulaire d'un mini lémurien qui en plus n'avait pas l'air de se sentir très bien ! Mais quel cauchemar !!!
-Toi ?! Mais qu'est-ce que tu fiches là ?
-Wrùùùùùù...
-Punaise... Ecoute-moi bien : j'accepte de ne pas te mettre au feu tout de suite mais à une condition, c'est que tu me soit utile. Compris ? Parce qu'aussi non tu finiras en plus de cela écrasé sur un rocher.
Le petit animal rentra la tête dans les épaules puis fit signe de la tête pour indiquer qu'il se rendrait utile. Pitoyable... Et le pire c'est qu'alors qu'elle reposait la besace à côté d'elle, le lémurien, pris de vertige, se mit à vomir dans la besace même.
-Bon, et bien tu sais ce qu'il te restera à faire...
La drow soupira un coup... Vraiment, rien n'allait dans ce vaste monde !

La journée fut dédiée aux préparatifs, certains étant faits de sorte que les Lentians ne puissent les voir, dans la forêt avec diverses protections mises en place. Nos deux compagnons n'eurent guère le temps de se croiser et encore moins de discuter, chacun étant affairé à sa propre enseigne. Tahly n'avait même plus le temps de penser à autre chose qu'à leur attaque surprise, et cela lui semblait tellement naturel qu'elle connaisse tout ce petit monde qu'elle ne se questionna pas une seule seconde, même concernant l'amitié désinvolte qu'elle ressentait envers le demi-elfe et l'humain disparu. Et le petit lémurien avait fait ses preuves, si bien qu'il avait hérité d'un nom : Lotha, qui signifie « Petit » en Drow, même si parfois elle avait l'impression qu'il était plus grand que la nuit ou encore le matin même.


Nous voici enfin à l'heure fatidique. Les spadassins s'approchaient peu à peu de la citadelle sous le couvert des arbres, les « voleurs » se trouvaient quant à eux déjà sur le sommet des falaises avec les machines planantes qui avaient été améliorées dans la journée grâce à une sorte de tissu à la texture inconnue à Tahly qu'ils avaient enroulé autour de chaque roue afin d'éviter tout bruit d'atterrissage. Et ça marchait pour les essais ! C'était à Eidren, Tahly, Sylvia et Anselme de partir les premiers. Tahaliann regarda un instant Eidren et lui fit un signe de tête pour le dire qu'elle était prête. Dans un bel ensemble, ils poussèrent tous deux l'engin en courant (petite précision : à cet endroit précis, la falaise forme une pente, donc en très peu de temps ils obtiennent une vitesse convenable pour décoller), sautèrent dedans et la drow qui se tenait à l'arrière actionna la manette arrière. Lotha se trouvait déjà dans le vaisseau, ne prenant guère de place comparé aux deux humanoïdes. Pour l'équilibre, les deux autres télékinésistes s'en chargeaient.


-Eidren, je vous laisse vous occuper du contrôle du véhicule, comme dit lors de l'entraînement. Par contre, n'oubliez pas de me prévenir avant de faire piquer l'engin... Ah, j'allais oublier ! Dans l'après-midi ils ont mi un produit pour protéger cet appareil qui a déjà irrité les mains de quelques uns. Tenez, mettez-en vous sur les mains. »

Alors qu'elle tendait une boîte de crème adoucissante à son comparse, elle tint la manette de droite juste le temps qu'il puisse se frotter les mains avec l'onguent.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Dim 15 Jan 2012 - 12:52

Foundations of Stone by Howard Shore on Grooveshark
Calme et serein, le monde se remettait du chaos qui l'avait secoué. Monstres légendaires, armées innombrables, aventuriers dénués de peur et tentatrices aux nombreuses formes. Le silence se faisait de nouveau roi en ces contrées troublées par le murmure de la guerre. Tout était tranquille désormais.

Lentement l'astre déclinait. Derrière les monts immémoriaux, derrières les crêtes écorchées, derrière les sommets immaculés, projetant dans un dernier baroud ses fiers rayons sur les faces blanchies de ces aïeux de roche aux traits figés. De la blancheur au rougeoiement, du doux rose à l'indigo mystérieux, disparaissait la roue de feu pour laisser poindre sa sœur sélénite. Balayés par les souffles hurlants, fouettés par les vents mordants, les pics résonnaient d'une symphonie caverneuse, toute en échos. Tel le chœur de cent ancêtres qui de leurs voix puissantes auraient fait trembler les vallons et les cimes, la roche et les cieux, le blizzard mugissait au travers de la chaine enneigée.
Et dans l'étendue glaciale, dans la nuit tombante, depuis les fondations mêmes de la terre quelque chose se faisait entendre. Qu'était-ce? Un tremblement, un séisme peut-être bien, au creux d'antiques cavernes? Non... Un grondement, sourd et lointain, qui perçait les flancs des hauts contreforts. Un grondement oui, puissant, terrible, surnaturel, qui ébranle le monde comme il ébranle votre être.
You cannot pass! Tantôt tambour, tantôt râle, tantôt cri étouffé! Tantôt tintement, tantôt crépitation, tantôt pulsation! Voilà qu'il cessait, emplissant les airs d'un silence lourd d'une insupportable tension. I am a servant of the Secret Fire, wielder of the Flame of Anor! Et soudain il rejaillissait d'entre les éperons escarpés! Plus fort! Plus grand! Plus haut! Plus prodigieux! Dominant de ses graves roulements les longues plaintes du vent, embrassant enfers, terres et empyrée! Oui c'était bien-là le chant du Démon. Sombre et rougeoyant, drapé de ténèbres et luisant d'un feu noir derrière l'opacité de ses inquiétantes fumerolles. Plongeons dans le flanc de la montagne, traversons ensemble cette crevasse tordue, dévalons cette pente glissante que la pluie aura longuement creusée, au fond, tout au fond! The Dark Fire will not avail you, Flame of Udûn! Jusqu'au coeur des grottes, jusque dans les abysses de l'Ancien Temps... et les secrets qu'il abrite!
- YOU… SHALL NOT... PASS!!! hurla Altiom, haut et clair en plantant son yari dans le pont, surpassant de sa voix le grondement sépulcral de son adversaire. Crispé sur sa prise, il lança à la bête un regard hargneux et décidé: il mettrait à bas son formidable ennemi ou trépasserait dans ces souterrains! Le monstre s'avança, posa sa patte ardente et chuta tandis que la passerelle de pierre se dérobait sous lui... L'Ydrilois avait vaincu. Éreinté, il se retourna pour rejoindre ses compagnons. Mais apparut alors une fulgurante langue de feu, cinglant l'air dans un grésillement mystique. Le guerrier se sentit emporté en arrière par une irrépressible force et n'échappa à la chute que par un étonnant réflexe. Se retenant avec peine, il fixa ses compagnons d'un œil résigné. Tous deux avaient compris: il ne les suivrait pas. Fly, you fools! Et il se laissa choir.
- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO!!!!! ALTIOUUUUUUUUM!!!!!!

Mais ne croyez pas que c'en était-là fini d'Altiom! Plongeant telle une flèche, les membres collés au corps, les cheveux plaqués sur son visage et les yeux plissés dans une extrême concentration que n'égalait que sa résolution, lentement il rattrapait son némésis, lentement il rattrapait sa destinée. La faille semblait ne pas avoir de fond, la chute ne pas devoir s'arrêter, le duel ne jamais aboutir! Quelle arme aurait pu percer la cuirasse embrasée de tel béhémoth, quel bretteur aurait pu prétendre pouvoir le jeter à bas? La réponse était pourtant simple: celui qui recevait l'aide des dieux. Un scintillement, une étincelle argentée parmi les flammes et le brouillard. Un objet... métallique... qui tournoyait paresseusement dans l'air vicié de la caverne, comme attiré vers le nobliau. Une dague? Une masse? Une... poêle? Non. La poêle.
- Germaine, la Toute-Puissante et Miséricordieuse, vous me venez en aide en cette heure décisive. A jamais je serai votre champion, votre héraut, votre main et votre lame, promit le suderon dans un murmure que les tréfonds de la montagne devraient à jamais garder secret. Ravivé d'un nouveau feu intérieur, il se saisit de l'engin de cuisson massive, guidé qu'il était désormais par la Divine Rôtisseuse!
- PAR LA PUISSANCE DU TÉFLOOOOOOOOOOON!!! mugit-il en fondant sur son opposant. S’agrippant tant bien que mal à l'écorce brûlante qui servait de peau au démon, il abattit de toutes ses forces l'ustensile! Une fois, deux fois, trois fois! Mais la crevasse se faisait plus mince et le duo tourbillonnant heurta de plein fouet une saillie, momentanément séparé. Le Dilek'dhjiainn -j'avoue, j'ai copié/collé, buuuh je suis faible- empoigna alors l'humain. Enserré dans ces griffes chacunes aussi longues que lui, le pauvre ne pouvait espérer briser la terrible étreinte. Et pourtant, dans un aveuglant éclair, il se défit de l'emprise du monstre! Les deux ennemis échangèrent encore nombre de coups plus dévastateurs les uns que les autres. Et soudainement, les murs s'évanouirent alentours, ils avaient atteint le fond du gouffre: une gigantesque salle inondée, que la créature illumina brièvement de sa lueur rubescente avant que tout ne soit replongé dans l'obscurité. Le choc fut inouï, soulevant d'imposantes vagues, décrochant des pans entiers de roc, faisant résonner les tunnels d'un éternel écho.
16 - The End Of All Things by Howard Shore on Grooveshark
Trois jours et trois nuits durant luttèrent-ils, des plus absolus tréfonds jusqu'au plus haut sommet. Trois jours et trois nuits durant Altiom s'était échiné à repousser la fabuleuse bête hors de ces lieux de néant et d'absolue noirceur où elle ne pouvait être vaincue. Car voilà qu'il l'avait menée au-devant des dieux, à l'ultime cime du plus élevé des monts. Passablement éreinté, vidé de toute magie, de toute émotion, de toute pensée, de toute essence, sa vie ne tenait plus qu'à un mince fil. De son armure n'avaient subsisté que les haillons de ses braies, et c'était presque nu qu'il combattait au travers des bourrasques gelées. Oui, cette fois-ci ça y était, il ne pourrait plus longtemps tenir. Bientôt son regard se voilerait, drapé de vide il serait emporté au royaume de ses ancêtres, et tout serait terminé...
- Pas tant que je respirerai!! GERMAINE, Ô TOUTE-PUISSANTE ET MISÉRICORDIEUSE!!! JE NE PUIS DÉFAIRE LE DÉMON SEUL, FRAPPEZ PAR MA MAIN!!! DONNEZ-MOI LE POUVOIR DE LE SURPASSER AVANT QUE JE NE FAILLISSE A LA TÂCHE QUI ME FUT CONFIÉE!!! L'espace d'un instant, le Dilek'dhjiainn frappé d'effroi se figea totalement, cependant bien vite il reprit ses assauts. Mais alors que le champion perdait tout espoir, un éclair d'une blancheur liliale zébra les cieux tourmentés jusqu'à la poêle de siège. Et à l'instant même où il la touchait, celle-ci irradia d'un éclat d'absolue pureté jusqu'au firmament. Un sourire: le suderon se savait victorieux. Esquivant une puissante frappe, il bondit à la gueule de l'animal et y asséna un formidable coup, ébranlant le sommet neigeux jusqu'à ses racines. Terrassé, le mythique adversaire s'écroula, de la cime il plongea dans l'abîme, disparaissant à tout jamais dans la tempête qui cinglait de toutes parts.
Subjugué par l'épuisement et exempt de tout devoir, Altiom s'allongea enfin sur le doux tapis neigeux pour s'abandonner au trépas, dans la sérénité et la plénitude. Plus de lutte, plus d'efforts, seules la paix... et l'attente. Mais il avait encore un rôle à jouer ici bas avant d'être rappelé.

Madder by _ on Grooveshark
Mais attendez... c'est pas qu'on tomberait dans l'épico-tragico-dramatique là mais presque... tututu, trop de sérieux tue le sérieux! Il est largement temps de repasser à du bon gros délire psychédélico-medfan!
La nuit était tombée sur la forteresse des Lentrians. Notre duo de choc entamait sa mission commando et Leonardo observait le triomphe de son ingénierie de guerre. "Un sur quatre" devait-il se dire, et vous comprendrez bien assez tôt pourquoi. Quelques minutes plus tard, la herse se leva dans un couinement à filer une attaque à votre hamster. Ou votre poisson rouge, rayez la mention inutile. Bref: l'armée pouvait maintenant entrer en force. Trois cents Spartiates, soit, c'est suffisant pour prendre un fort (tant que les mecs en face sont pas plus de dix milles bien-sûr, restons raisonnables). Mais parce que cette bataille ne mettrait pas fin à la guerre, qu'elle devait être fulgurante et surtout parce que chez Lustucru on aime en faire plus, voilà qu’apparaissaient multitudes de lueurs chancelantes au-dessus des collines qui faisaient face à la citadelle. Immédiatement la panique s'empara des troupes alliées -exception faite des Spartiates qui n'ont jamais les jetons, bien évidemment. Était-ce là les renforts adverses venus écraser la tentative de siège? Y avait-il un traître parmi les rangs qui avait éventé leur raid secret? Ha! Que non point! Regardez qui survole, allègre et béat, ses hommes? "It's a bird... It's a plane... It's a superman" criaient quelques badauds. Et ils n'étaient pas loin de la vérité! Notre Tioum-tioum national était de retour à la tête d'une armée (oui et il... vole. Faut pas se poser de questions, c’est comme ça).
Les larges colonnes traversèrent les plaines jusqu'à la porte en un rien de temps, transportées par la perspective d'une bataille en bonne et due forme! "Quatre sur quatre" renchérit le vieil inventeur en voyant approcher la terrible machine de guerre qu'il avait participé à mettre sur pied. Oui, c'était bien cela: ses plus terribles inventions réunies en un régiment d'élite feraient là leur baptême du feu! Ses chars d'assaut crachant la mort à 360°, ses hélicoptères transportant d'habiles arbalétriers chargés de nettoyer les toits et l'Architonnerre, puissant canon à vapeur encore jamais vu sur un champ de bataille! Grâce au soutien des Spartiates, les renforts pénétrèrent la place forte avec une aisance déconcertante. Tandis que les tanks arpentaient les rues, pulvérisaient les masures et hachaient littéralement la soldatesque ennemie en deux sans rencontrer ce que l'on pourrait appeler une "résistance décente", les arbalétriers aériens abreuvaient leurs camarades Lentrians de traits en gloussant niaisement de leur supériorité. Ne parlons même pas de la pièce d'artillerie qui tenait à elle seule l'entrée de l'endroit. Bref, pour résumer: une bonne grosse pâtée des familles. Malgré tout, les combats commençaient à s'étendre à l'intérieur des coursives du château, là où les troupes perdaient leur avantage technologique. Le nobliau fut donc forcé d'intervenir et reléguer le commandement à un second. Ainsi se posa-t-il devant ses deux compagnons stupéfiés -ou au moins vaguement estomaqués-, brandissant fièrement la Sainte Poêle.

- A travers le feu... et l'eau, commença-t-il, comme s'il narrait un vieux conte. Du plus profond cachot au plus haut sommet j'ai combattu le Dilek'dhjiainn. Jusqu'à ce qu'enfin je pus jeter à bas mon ennemi, qui alla se briser sur le flanc de la montagne. Les ténèbres m'entourèrent, je m'égarai hors de la pensée et du temps. Les étoiles tournaient au-dessus de moi, et chaque jour était aussi long qu'une existence sur la terre. Mais ce n'était pas la fin. Je sentis de nouveau la vie en moi. Je fus renvoyé ici, pour accomplir ma tâche.
- Altiom..., fit l'un des deux (au choix, histoire de bien plagier le script du film à fond :mrgreen:).
- Altiom? Oui... c'est ainsi que l'on m'appelait. Altiom le Drille. C'était mon nom, continua-t-il songeur. Puis d'un ton plus vif: je suis Altiom le Bleu! Ehm, le "Cordon" Bleu. C'n'est... pas moi qui ai choisi. L'accoutrement... non plus. Quoique ça me va plutôt bien... Lyly, Dredren, n'êtes-vous pas d'accord?
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Eidren Alderion
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Sam 17 Mar 2012 - 19:13

    Le plan suivrait donc l’idée d’Eidren : grâce aux machines volantes de Léonardo, l’assaut de la citadelle pourra se faire par les airs. L’intervention de Tahly au cours de la réunion permit de peaufiner la stratégie. L’attaque se devait d’être discrète mais plus important encore, les machines devaient être fiables. Pour le décollage ainsi que pour l’atterrissage, l’aide de plusieurs mages étaient nécessaire, leurs talents mystiques auraient pour but de stabiliser l’appareil et de faire en sorte que l’équipe d’infiltration soit en état d’accomplir sa mission une fois dans la forteresse. Parmi les sortisans, il y avait notamment un certain Anselme. Reconnaissant un de ses collègues de rp, Eidren alla le saluer :
    - Anselme ! Quelle surprise ! Voilà bien trois mois que vous avez disparu et je vous retrouve ici !
    L’interpellé dévisagea son interlocuteur avec une certaine stupeur.
    - Euh…excusez moi mais j’ai peur de ne pas comprendre. Nous serions nous déjà rencontré… ? répondit-il, dubitatif.
    - Pas directement, lui expliqua alors le demi elfe, mais si vous vous souvenez bien vous avez organisé un event « Pamphlets et Surins à Serramire ». Un titre accrocheur mais quel dommage que vous vous soyez volatilisé alors que l’histoire atteignait son paroxysme…
    - Je…en réalité…
    - Ne vous inquiétez, le rassura Eidren, on en discutera après la bataille. Si vous voulez bien m’excuser, j’ai ma collègue de rodéo aérien qui m’attend ! Au plaisir de vous revoir.
    Et il laissa là Anselme. Le pauvre hère regarda s’éloigner cet étrange personnage avant de finalement retourner à ses occupations, quelque peu chamboulé par ce qu’il venait d’entendre.

    ---------------------------


    Les premiers essais à bord des planeurs furent des plus concluants et aucune perte ne fut à déplorer. Les machines volantes ressemblaient à des aigles géants au vol quelque peu mécanique certes, mais à la maniabilité plutôt aisée. En effet, le seul moteur était l’impulsion de départ et une fois lancé on dirigeait l’appareil avec un ensemble de manettes accompagnées de quelques boutons.


    Jusqu’aux dernières heures du jour, les troupes s’affairèrent aux préparatifs de la bataille. La tension s’emparait peu à peu des hommes qui commençait à devenir distant les uns par rapport aux autres, un silence inquiétant régnait dans le camp. Silence que seul les derniers aiguisages de lames ou le craquement des bûches dans les braseros venait perturber, faisant parfois sursauter quelques trouillards trouffions.
    Eidren, qui quittait la tente qu’on lui avait assigné afin qu’il puisse se reposer quelques heures avant l’offensive, passa à côté du campement en les saluant, et s’en alla rejoindre le groupe d’infiltration qui devait terminer la préparations des machines volantes aux bordures des falaises de Coupenoire.

    Lesdites falaises étaient une véritable manifestation de la force sauvage et destructrice de la Nature : vue de loin, on avait l’impression de suivre une immense plaine puis plus rien, comme si un pan entier du monde avait sombré dans le néant. D’un certain point de vue, cette impression n’était pas totalement fausse puisque les falaises étaient nées lors d’un effroyable séisme, ce dernier avait provoqué l’effondrement d’un énorme morceau de terre, comme si cette dernière avait été tranchée. La coupure était si nette que la terre et la pierre formait une façade pratiquement uniforme, dénuée de tout relief. Quelques rares plantes téméraires étaient parvenues à fixer leurs racines dans les minuscules failles du roc, mais voyaient leur trop grande audace punie par la quasi absence de lumière. Pointés vers le ciel, leurs branches nues, véritables mains cadavériques, imploraient désespérément le Soleil… « de la lumiiière…pitiiiiééé… ma photosynthèse…»


    Seul un pâle croissant de lune permettait de distinguer les silhouettes noires qui se mouvaient sans bruit autour des cinq planeurs. Ces derniers avaient été placé en ligne et n’attendaient plus que leurs pilotes pour s’envoler.
    Après un dernier court briefing sur les objectifs de leur mission, chacun prit position dans un appareil qui lui était destiné. Eidren et Tahly rejoignirent le leur, ils seraient les premiers à partir avec Anselme et Sylvia.
    Lorsque la drow signifia au demi elfe qu’elle était prête, ils se mirent tous deux à pousser l’incroyable engin. Les premiers pas furent difficiles à cause du poids que représentait le véhicule mais ils prirent facilement de la vitesse en arrivant au niveau de l’escarpement. Entraînés par l’élan, leur allure augmenta rapidement et, lorsque leur poussée n’était plus nécessaire, ils s’installèrent à bord en prenant soin de ne pas modifier la trajectoire par un déséquilibre. Le planeur gardait une trajectoire rectiligne grâce à l’action des télékinésistes et n’avait plus qu’une dizaine de mètres à parcourir sur la pente avant de quitter la terre ferme.

    - Eidren, je vous laisse vous occuper du contrôle du véhicule, comme dit lors de l'entraînement. Par contre, n'oubliez pas de me prévenir avant de faire piquer l'engin... Ah, j'allais oublier ! Dans l'après-midi ils ont mi un produit pour protéger cet appareil qui a déjà irrité les mains de quelques uns. Tenez, mettez-en vous sur les mains.
    Le sang mêlé attrapa le tube de pommade que lui tendait sa coéquipière et se massa rapidement les mains.
    - Merci bien, lui dit il en lui rendant la crème, n’ayez pas d’inquiétude pour le plongeon je vous préviendrai.
    Au moment même où il termina sa phrase, le planeur quitta la falaise. Eidren attrapa fermement le manche à balais et le tira vers légèrement vers lui pour faire remonter le nez de l’appareil. La manœuvre fut un peu brusque et fit trembler la carlingue.

    - Veuillez m’excuser, les commandes sont plutôt nerveuses.
    Une fois qu’ils furent stabilisés, Eidren risqua un coup d’œil en contrebas. Sous eux, une mer de ténèbres s’étendait à perte de vue. Insondable et impénétrable, elle rappelait au demi elfe les visions de désespoir et de détresse qu’avait projeté le Darkr’abbit durant son assaut, lors de la traversée de l’Océan d’Eris…Une peur irrationnelle lui noua l’estomac et il déglutit lentement. Il repensa alors à Altiom qui s’était sacrifié pour leur permettre à lui et à Tahly de s’enfuir. Pour honorer la mémoire du disparu, impérative était la victoire. Reprenant alors courage et refoulant au fond de lui cette angoisse naissante, Eidren se recentra sur ses objectifs.
    Décrivant de larges cercles tout en veillant à rester à bonne distance des bordures de la falaise, le planeur perdait peu à peu en altitude jusqu’à ce qu’enfin quelques lueurs se dessinent au fond de ce terrifiant précipice : la forteresse était en vue.

    - Prête ? Cramponnez-vous !!

    Eidren poussa la manette en avant et l’appareil plongea. Le vitrage du cockpit protégeait les deux occupants mais la vitesse était telle que le vent parvenait à s’engouffrer à l’intérieur même de l’appareil, fouettant leur visage.
    A mesure qu’il s’approchait de la forteresse, les traits de cette dernière apparurent de plus en plus distinctement. Entourée par d’imposants remparts mesurant plus d’une vingtaine de mètres chacun, elle paraissait imprenable. A intervalles réguliers de hautes tours étaient truffées de meurtrières, à leur sommet une baliste avait été installée. Mais plus surprenant encore était le donjon central, qui se voyait entouré d’une sorte d’immense terrasse au niveau du troisième étage. Vu de dessus, cette « terrasse » prenait la forme d’une étoile géante dont chacune des branches était reliée à une des tours de garde. Dans une parfaite unité, les sentinelles patrouillaient sur la façade sud de cette vaste place surélevée. Comme prévu, la partie Ouest c'est-à-dire la plus proche de la falaise, était déserte. Elle restait néanmoins éclairée par de nombreuses torches disposées ça et là.
    Priant pour qu’aucun garde ne repère leur arrivée, Eidren amorça l’atterrissage. S’interdisant de faiblir face à la vitesse folle de l’appareil qui résistait à la manœuvre, il agrippa la manette à deux mains et, au prix d’un effort surhumain (= easy pour un demi elfe, vous en conviendrez), parvint peu à peu à la tirer jusqu’à lui.
    Mais l’appareil se redressait bien trop lentement. A une telle vitesse, le choc serait terrible et le planeur allait s’écraser.

    - Je crois que c’est maintenant que j’ai besoin de votre aide, donnez tout ce que vous avez !!
    L’atmosphère autour de Tahly semblait alors se figer : les tremblements cessèrent brusquement et tout doucement la trajectoire de l’appareil fut rectifiée. Malgré l’intervention de la magie leur vitesse restait très élevée. Trop élevée au goût du demi elfe.
    Les roues du planeur ricochèrent contre la pierre à plusieurs reprises dans un bruit sourd, grâce aux peaux dont elles étaient recouvertes. Afin de perdre en vitesse, Eidren amorça progressivement un large virage qui menaça de retourner l’appareil.
    Également guidé par la magie de Tahly, ils purent s’arrêter sans encombre.
    Une fois qu’ils furent sortis de l’appareil, ils allèrent « cacher » ce dernier dans un coin d’ombre pour retarder au maximum l’alerte des lentrians.

    - Grâce à vous nous sommes en vie, dit Eidren à la drow, j’espère que les autres parviendront à atterrir indemne sans rameuter la garde.
    A peine eut il le temps de clore sa phrase qu’un sinistre craquement résonna dans le lointain, suivit d’un hurlement à peine audible.
    - Anselme…
    Désormais, sauf retournement scénaristique, toute chance de terminer ce fameux rp avait disparue…
    A l’aide de Tahly et autres mages au fur et à mesures que les autres planeurs arrivaient, aucune perte supplémentaire ne fut heureusement à déplorer.

    - Bien, faisons comme prévu initialement : on se sépare en deux groupes de quatre. L’un ira avec Tahly et empruntera le passage sud ouest, l’autre passera par le donjon et se séparera à nouveau en deux groupes : une partie ira localiser le Pachnivdiim la seconde viendra avec moi et suivra l’itinéraire sud est.
    Plantant son regard dans celui de la sombre, Eidren ajouta :
    - On se retrouve à la herse d’ici une demi heure maximum, faites attention à vous.
    Sur ces dernières paroles le sang mêlé fit signe à ses coéquipiers de le suivre. Tous étaient équipés de manière semblable pour que chaque membre puisse se substituer à un autre en cas de problème.
    Profitant de la brume nocturne qui avait envahi le fond du précipice dans lequel se trouvait la falaise, le demi elfe conjura son pouvoir : un brouillard blanc apparu lentement, l’enveloppant lui et ses hommes.
    - Restez près de moi et débarrassez vous à vue des sentinelles de la partie nord.
    Pendant quelques mètres, le groupe d’infiltration longea la paroi du donjon et passa devant un amoncellement de vieilles caisses, éventrées pour la plupart, et quelques tonneaux vides qui, d’après l'odeur qui s’en dégageait, avaient dû contenir de la nourriture. Ils continuèrent leur progression jusqu’à arriver dans une zone remarquablement bien éclairée par les torchères.
    Les premières sentinelles furent alors visibles. Un des soldats banda silencieusement son arbalète mais Eidren l’arrêta net et d’un mouvement de tête lui intima de lever les yeux. Au sommet de l’imposante structure centrale, plusieurs espèces de gigantesques miroirs projetaient d’intenses halos lumineux sur la place. Lesdits halos décrivaient des trajectoires régulières et circulaires.

    - Enfer et damnation !
    Ces « projecteurs » rendaient toute approche suicidaire si ne serait ce qu’un seul morceau de fesse était à découvert. Mais le temps pressait, il fallait qu’ils trouvent une idée et vite !
    A leur position actuelle, ils demeuraient indétectables d’une part grâce à la brume d’Eidren qui se fondait avec la brume naturelle, et d’autre part grâce aux faibles zones d’ombres près des murs de la tour…mais delà à ce qu’un garde ne s’approche un peu trop et qu’il ne s’interroge sur la nature de cette brume…il n’y avait qu’un pas. Regardant tout autour de lui afin de trouver une échappatoire, l’attention du voleur se fixa alors sur les tonneaux aperçus un peu plus tôt…





    Les sens en alerte et la main crispée sur le manche de son épée, Gaspard répétait mécaniquement le parcours de ronde qu’on lui avait attribué. D’un œil vif, il scrutait la pénombre avec méfiance s’attardant sur les moindres détails, qu’il s’agisse de joyeux phalènes aux yeux rouges qui virevoltaient autour des torches ou encore des tonneaux rangés en file indienne qui venaient d’apparaître le long du mur, à quelques mètres de la porte d’entrée du donjon.
    Forsaken Fortress Invasion 2 by Koji Kondo on Grooveshark
    . . .

    Les traits de Gaspard se crispèrent alors avec férocité, ses pupilles se dilatèrent et ses yeux s’injectèrent de sang. Il mit la main sur la garde de sa Mortenzen, prêt à dégainer en cas d’attaque. Les battements de son cœur s’amplifièrent, véritables tambours de guerre dont la cadence allait crescendo. Ne faisant qu’un avec son rythme cardiaque, Gaspard psalmodiait lentement :
    - Boum ! Boum !...Boum ! Boum !...Boum ! Boum !
    Voyant que les tonneaux demeuraient immobiles, Gaspard se détendit et ralentit la fréquence de ces « boum ! boum ! ».
    Finalement il se détourna puis continua sa patrouille.

    - …Meuuuarr…Tonneaux, lâcha-t-il en louchant.
    La tension avait en apparence disparue mais après quelques secondes des bruits de petits pas pressés se firent entendre…Le sang de Gaspard ne fit qu’un tour ! Et dans un mouvement mêlant délicatesse et fluidité, telle une patineuse russe effectuant un triple axel lors des J.O. d’Alberville de 1992, il fit volte face.
    Rien, les tonneaux étaient toujours immobiles.

    - Grrrblbl…
    Une fois de plus il se détourna en ronchonnant. Hélas, à peine eut il le temps de reprendre sa foulée mécanique, le grincement d’une porte aux gonds mal lubrifiés le fit tressaillir. Cette fois-ci, faisant fi des cabrioles dignes de Natalia Linitchouk, il dégaina son arme avec fureur. Les veines palpitantes saillaient sur ses tempes tandis que l’écume de ses lèvres coulait le long de son menton avant de souiller son plastron de fer dans un petit crépitement digne du HCl concentré qui attaque la peau.
    Il s’aperçut que la porte était fermée et que, pour son plus grand bonheur, les tonneaux avaient enfin disparu…



    Après s’être faufilée dans l’enceinte du donjon, la petite troupe se débarrassa des tonneaux, soulagée d’être passée sans avoir été repérée et soudainement se retrouva face à une vingtaine d’arbalétriers qui les tenaient en joue.
    Ceux de la première rangée avaient posé un genou à terre pour ajuster leur cible, ceux de la seconde se tenaient derrière de grand bouclier dont seul dépassaient le sommet de leurs heaumes et la pointe de leurs arbalètes.

    - FREEZE !! ordonna l’un d’eux.
    Tout allait de mal en pis. Les infiltrés lancèrent des regards inquiets à Eidren, attendant des ordres. Leur mission semblait compromise mais dans leurs yeux se lisait toutefois une indéfectible volonté de poursuivre malgré la réalité qui s’imposait. Qu’importe les blessures et les morts, poursuivre quoiqu’ils leur en coûtent était leur destinée.
    - FREEZE MOTHAAFUUUCKAAAAA !!!!!!!!!!!!
    Le sang mêlé se tourna alors en direction du sergent lentrian qui osait lui donner des ordres. Calmement, il le dévisagea, soutenant son regard avec insistance. C’est alors que tout se figea, les contours des hommes, des objets et de la pièce elle-même devinrent étrangement troubles, innombrables reflets dans une rivière calme d’apparence dont les eaux silencieuses contenaient la fureur grandissante. Le sang mêlé, seul affranchi de cette mystérieuse inertie, se dégagea de sa cape et en une fraction de seconde, lança sa première dague. La lame suivait une trajectoire parfaitement rectiligne et se ficha dans la gorge du sergent dont la torpeur figeait toute expression faciale. Aussi subitement qu’il s’était stoppé, le temps reprit son cours et le sergent porta les mains à son cou avant de choir en avant. Les soldats des deux camps reprenaient peu à peu leurs esprits mais à peine les lentrians eurent-ils le temps de comprendre ce qui se passait que les soldats du demi elfe dégainèrent leurs armes et firent feu. Un mur de carreaux traversa l’étroit couloir et s’abattit sur la garde, transperçant ceux de la première ligne et ricochant sur les immenses pavois de la seconde. En réponse, les lentrians envoyèrent une volée qui fit un carnage à travers la troupe d’Eidren. Les boys tombaient les uns après les autres, la première rafale eut tôt fait de décimer une bonne moitié de la troupe. Usant de l’acuité pour esquiver les traits mortels de ses ennemis, le demi elfe bondit en avant, épée au clair. Les arbalétriers le mirent en joue et déchargèrent leurs munitions sur lui, en vain : chacun de ses gestes anticipaient à la perfection les trajectoires suivis par les carreaux. Le demi elfe n’était plus qu’à quelques pas de ses ennemis. Réalisant que leurs arbalètes ne leur seraient d’aucun secours, ces derniers dégainèrent leurs armes et laissèrent tomber leurs pavois d’acier. FATAL ERROR 404Une erreur qui leur fut fatale : pendant que le voleur faisait diversion, ses compagnons s’étaient relevés et avait réorganisé leur ligne de tir. La chute des lourds boucliers sur le sol de pierre résonna à travers le couloir, gong fatidique annonçant une mort inéluctable. Au moment même où l’écho se répercuta, une nouvelle volée de traits s’abattit sur les lentrians. Les rares soldats indemnes de cette ultime salve virent leur espoir de survie tranché par la lame du demi elfe.
    Le couloir n’était plus qu’une scène de carnage dans laquelle les dépouilles des morts gisaient dans un mélange de sangs. N’accordant qu’une brève attention aux pertes, Eidren intima à ses hommes de se relever.

    - Dépêchez-vous ! Le temps nous manque et il nous faut encore traverser ce donjon.
    Lorsque les arbalètes furent réarmées et les lames nettoyées, les cinq derniers survivants se mit en marche et traversèrent le corridor. Ils arrivèrent devant une porte qu’un des soldats enfonça d’un coup de pied. Immédiatement, ils pénétrèrent à l’intérieur et abattirent les premiers soldats d’un carreau bien placé. Laissant tomber leurs arbalètes, ils dégainèrent leurs épées et montèrent au corps à corps. L’affrontement fut bref, l’effet de surprise leur donnant un avantage certain. Ils étaient désormais à une sorte de pièce carrefour qui leur offrait différentes voies : à leur gauche se trouvaient un escalier en colimaçon aux marches étroites qui montait au sommet du donjon tandis qu’à leur droite un escalier similaire menait au premier étage, celui où se trouvait le fameux mécanisme permettant de lever cette putain de herse.
    - Renhart et Mordecaï avec moi, on prend celui de droite. Vous autres, partez devant pour localiser le Pachnivdiim, n’oubliez pas le signal convenu lorsque vous l’aurez trouvé.
    Ainsi le reste de la troupe se sépara. Le demi elfe et ses compagnons dévalèrent les marches quatre à quatre et veillant à faire le minimum de bruit possible. Les cadavres des sentinelles avaient certainement déjà été trouvés et l’alerte donnée mais avec un peu de chance, l’effet de surprise jouait encore en leur faveur.
    Arrivés en bas de l’escalier, ils se débarrassèrent sans peine des deux hommes qui montaient la garde et poursuivirent leur course folle de nouveau à l’air libre. Les « rues » de la forteresse étaient désertes, toutes les forces étaient concentrées sur les remparts : les formes noires qui se mouvaient lentement sur le mur étaient nombreuses. Scrutant les fameux murs grâce aux contours dessinées par la lune, ils localisèrent les petits fortins qui abritaient manivelles et autres vilebrequins dont la fallacieuse et complexe combinaison déclencherait le levé de herse tant escompté.

    - Tahly ne devrait pas tarder à apparaître pour activer l’autre mécanisme…


    Les mots venaient tout juste de quitter ses lèvres qu’il repéra la drow et le reste de sa troupe qui prenaient d’assaut le fortin du mécanisme ouest. Les premiers bruits des affrontements parvinrent aux sentinelles qui quittèrent immédiatement leur poste pour prêter main forte à leurs frères d’armes. Tapis dans l’ombre, Renhart, Eidren et Mordecai virent passer quatre d’entre eux et grâce à leurs arbalètes abattirent les deux derniers.
    La voie était libre, ils foncèrent en direction du fortin et se retrouvèrent face au panneau de contrôle du dispositif actionnant la herse. Ce dernier était agencé d’une manière plutôt étrange : loin des habituels leviers, il se présentait en effet sous la forme d’une sorte de grand cadre noir au centre duquel une colline verdoyante s’étendait sous un ciel bleu azuré, le pastel des couleurs étaient bien trop frappant pour qu’un tel paysage puisque réellement exister. Juste en dessous dudit cadre ce trouvait une planche tout aussi mystérieuse sur laquelle une multitude de minuscules cubes de pierres, portant chacun une rune, avaient été fixés.

    - Par les Cinq ! Quelle est cette machine du diable ? lâcha Mordecai en effleurant les pierres marquées de runes.
    - Ne touche pas ! s’exclama Eidren.
    Trop tard. Le léger tapotement, déclencha un petit bruit de clochette et fit apparaître un second cadre, gris cette fois, dans le premier. Ce nouveau cadre contenait un visage à la peau blanche arborant un sourire à s’en décrocher la mâchoire. Il y avait également d’autres runes qui rappelaient celle présente sur la planche.

    - Ayraur rountaïme sist’m , prÔblém ? tenta de déchiffrer Eidren, quelqu’un aurait une idée de ce que cela signifie ?
    Se grattant le menton comme pour catalyser sa réflexion, Renhart réfléchissait. Soudainement, un sourire traduisant la joie que lui procurait sa trouvaille intellectuelle se dessina sur son visage.
    - Ma grand-mère que disait toujours que lorsqu’un abruti de troll te barre la route, il suffit de lui dire « HALTE ! » pour le supprimer ! (note : je sais, c’est nul)
    Les sourcils de Mordecai et ceux du sang mêlé effectuèrent le traditionnel ballet qui s’opérait en cas de consternation profonde causée par un raisonnement aussi abracadabrant que pathétique.
    - …Et… ? Que suggères tu ?
    - Laissez-moi faire.
    Renhart se plaça devant la planche. Il la balaya du regard puis appuya simultanément sur trois runes précises.
    Alors que le paysage du cadre noir disparaissait, le bruit caractéristique des engrenages et rouages qui s’emboîtent les uns dans les autres lors de leur période de reproduction se fit alors entendre.
    La herse se levait enfin...


    Le fameux crissement figea l’ensemble des gardes lentrians qui couraient en direction des fortins dans une vaine tentative de stopper les infiltrés. Le son tant redouté ricocha contre les falaises de Coupenoire et les remparts de la forteresse avant de se perdre dans les profondes gorges de Lignecuivre. En réponse à cet écho, un effroyable mugissement guerrier s’éleva dans la plaine qui faisait face au bastion.
    300 spartiates déferlèrent dans la forteresse, la force lentriane fut prise de court et se retrouva noyée sous cette vague implacable. Hurlements de rage et de douleurs, bruit des glaives et de l’hémoglobine qui gicle…La sanglante symphonie venait de commencer. La progression des assaillants fut fulgurante mais ne mit pas longtemps à se retrouver face au gros des forces ennemies : le déploiement des Kamov-50 permit aux lentrians de reprendre l’avantage. Les canons 2A42 crachèrent leur meurtrière pluie de feu, constellant les murs de centaines de milliers d’étoiles pourpres. Sans distinction aucune : alliés comme ennemis, tout y passait. La cour du bastion n’était plus qu’un réservoir débordant de chair et de viscères éparpillés ça et là.
    La division aéroportée marqua une grande courbe dans sa trajectoire afin de survoler la champ de bataille et évaluer l’étendue des dégâts (et accessoirement réitérer son INFÂÂÂME boucherie si un éventuel survivant pointait le bout de son nez)…Mais alors qu’ils survolaient une dernière fois leur massacre, une soudaine onde de choc souleva l’agglomérat de chair et de sang qui emplissait la cour, telle une bulle volcanique de quinze mètres de diamètre, elle explosa projetant bras, zieux, lambeaux de peau et autres intestins dans toutes les directions.
    Au centre de ce cratère, une incroyable puissance pulsait, cadencée par la respiration furieuse d’un homme. Dédain et folie se lisaient sur son visage dégoulinant du sang de ses ennemis.
    THIS IS



    Les autres spartiates s’extirpèrent des innombrables cadavres, et reprirent d’une même voix la hurlement vociférant de leur chef de guerre. Le monster de griffes et d’épines sanguignolentes poursuivit sa progression au sein de la forteresse anéantissant tout sur leur passage.
    Face à cette résurrection inattendue, les hélicoptères engagèrent à nouveau le combat lors de leur second passage. Ils allaient ouvrir le feu une nouvelle fois quand subitement un trait luminescent transperça la carlingue du leader de la formation : l’appareil s’enflamma, partit en vrille et s’explosa contre le donjon central. Les kamov rompirent maladroitement leur formation et tentèrent d’identifier l’origine de ce tir aussi magique qu’innatendu.

    Ride of the Valkyries by Richard Wagner on Grooveshark

    Les hélico de Léonardo avaient le soleil dans le dos ♫(OH YEAH !!) et plongèrent sur les K-50. Postés sur les bords des engins volants, les arbalétriers arrosaient les lentrians de leurs carreaux magiques. Des traits luminescents zébrèrent le ciel rouge de l’aurore (Beaucoup de sang avait coulé cette nuit) qui était désormais le théâtre d’un affrontement des plus détonnant, les déflagrations rageuses s’accompagnaient d’explosions assourdissantes. L’empyrée se déchirait, les carcasses des déchus chutaient lentement, laissant derrière elles un sillage de fumerolles sombres.

    Désormais épaulés par les hélico de Léonardo, les spartiates continuèrent leur massacre. Ils furent ensuite rejoint par des gros tanks des familles (eux aussi de confection Léonardienne) qui dévastèrent encore plus ce qu’il restait des méchants.
    Cette armée dévastatrice dont l’hétéroclicité n’avait d’égale que l’efficacité avait pour meneur un gars qu’on avait tous cru mort parce qu’il était tombé dans un gouffre en affrontant un lapin démoniaque. Armé de la poêle magique, don de la sublime Germaine au visage flétri et aux seins flasques, Altiom était de retour.
    Chevalier au slip étincelant, il était la plus parfaite incarnation de…du…du gars en slip qui brille.[/i]
    - Altiom..., fit l'un des deux
    - Altiom? Oui... c'est ainsi que l'on m'appelait. Altiom le Drille. C'était mon nom, continua-t-il songeur. Puis d'un ton plus vif: je suis Altiom le Bleu! Ehm, le "Cordon" Bleu. C'n'est... pas moi qui ai choisi. L'accoutrement... non plus. Quoique ça me va plutôt bien... Lyly, Dredren, n'êtes-vous pas d'accord?
    - Et bien…en réalité c’est…comment dire ? Hmm…Original, finit par dire Eidren face à la mine torturée de son acolyte.




    Tandis que l’armée de nos trois drilles finissait de mettre une dérouillée aux lentrians, les deux pèlerins qui avaient eu pour ordre de localiser le Pachnivdiim s’enfonçaient d’avantage dans les entrailles de la forteresse. Ralnis et Brynjolf, car c’est ainsi qu’ils se dénommaient, avaient tous deux saisis une torche et descendaient prudemment les marches humides menant à ce qui semblait être les catacombes de la forteresse.
    L’escalier leur paraissait interminable. L’infernal colimaçon auquel s’ajoutait peu à peu une forte odeur de putréfaction eut tôt fait d’inspirer la nausée à Ralnis.

    - Par les Cinq ! dit-il en plaçant une main sur son visage, mais d’où provient cette puanteur ? Le Pachnivdiim est-il vraiment dans cette direction ?
    - Les informations de nos espions sont on ne peut plus claires, le sanctuaire qui l’abrite se trouve sous la forteresse et d’après le plan, c’est le seul moyen de s’y rendre. Quant à la puanteur…(un sourire béat illumina le visage de Brynjolf) je t’avais dit qu’il ne fallait pas que je passe devant.

    Shadows and Echoes by Jeremy Soule on Grooveshark

    Après ce qui paru être de longues heures à nos aventuriers flatulents, les marches les menèrent à l’intérieur d’une vaste grotte souterraine. Ils continuèrent prudemment leur avancée, les sens en alerte. L’humidité qui perlait aux extrémités des stalactites, quittait de temps à autres la roche pour se noyer dans les flaques souterraines dans un doux tintement. L’endroit était empreint d’une certaine sérénité, loin de la violence de la bataille.
    Au fur et à mesure de leur progression, les façades rugueuses et grossièrement taillées de la caverne s’affinaient, comme si des sculpteurs s’étaient mis en tête de travailler la pierre pour rendre ses formes moins agressives. En effet, les parois se faisaient de plus en plus lisses et les contours de fines gravures commençaient peu à peu à apparaître. En approchant la lumière des torches, les nombreux caractères constitués d’agencement divers de traits droits tournés dans différents sens auxquels s’ajoutaient quelques points noirs rappelant les accents que l’on trouve dans notre langue ou dans l’écriture elfique, ces écritures relataient l’histoire du monde, de sa genèse à son inéluctable fin. S’ils avaient su les décrypter, Ralnis et Brynjolf auraient compris que le monde qu’ils connaissaient était sur le déclin, que leur rôle était loin de se limiter à être de simples éclaireurs flatulents à l’humour gras et à l’hygiène douteuse ayant pour seul but de retrouver une relique perdue.
    Non, ils étaient bien plus que cela. Ils étaient l’offrande.


    Alors que Ralnis explorait son nez en tentant vainement de décoder les symboles sibyllins qui figuraient sur une stèle de granit noir, Brynjolf avait pris un peu d’avance, laissant son compagnon en retrait. Il s’abandonnait à la contemplation de ce lieu étrange qui malgré les profondes ténèbres, lui inspirait un sentiment de quiétude tel qu’il n’en avait jamais ressenti auparavant. Il s’enfonçait un peu plus dans ce temple caché, comme s’il avait toujours connu cet endroit. Sa mémoire n’en avait pas souvenir, mais une partie de son être répondait à l’appel muet du sanctuaire. Sans prendre pleinement conscience de l’itinéraire qu’il suivait, ses pas le conduirent jusqu'à une immense place aux proportions parfaitement symétriques. En son centre, un mystérieux autel de forme peu commune avait été bâti. Son aspect allongé similaire à celui d’une flèche géante dont la pointe désignait Brynjolf, il était parfaitement poli et sa teinte était d’un noir si pur qu’il absorbait tout reflet lumière de sorte que sa surface paraissait être dénuée de toute aspérité. A la base du triangle, deux ailes de pierres sculptées dans un bloc de roche unique étaient repliées. L’aventurier n’y prêta qu’une brève attention, se demandant à quel genre de culte pouvait bien être voué ce sanctuaire. Il tourna un moment autour de cet autel des plus curieux et remarqua que sur la pointe de la flèche il y avait une sorte de renforcement parfaitement lisse, rappelant l’empreinte grossière d’une main. Peu à peu, une idée s’insinua insidieusement dans son esprit, idée qui l’invitait suavement à toucher la surface d’ébène. Brynjolf approcha lentement sa main et s’arrêta à quelques centimètres de la roche. Le doute et sa prudence retenaient son geste et formaient l’ultime rempart face à la force attraction qui émanait de l’autel et s’insinuait en lui. Pris soudainement d’un élan de panique et réalisant qu’une force invisible était à l’oeuvre, il voulut ouvrir la bouche pour crier à l’aide, mais ses mots se perdirent dans sa gorge. L’irrésistible tentation devint injonction et fit voler en éclat ses dernières protections : ladite force le projeta en avant et lui fit violemment apposer sa main sur l’empreinte. Les ailes de pierres se déployèrent puis enveloppèrent l’ensemble de l’autel, une insondable noirceur envahit Brynjolf lorsqu’il hurla.
    Surpris par le râle de son compagnon, Ralnis s’enfonça violement son majeur dans son nez jusqu’à la troisième phalange. A grand peine il le retira de sa narine et courut en direction du cri.

    - BRYNJOLF !!
    Il passa sous une arche partiellement écroulée, gravit quelques marches et arriva enfin à la place de l’autel. Ce dernier se dressait seul au centre de l’espace, les grandes ailes de pierres, auparavant repliées étaient désormais déployées. Au sol une épaisse flaque de sang grandissait progressivement. L’épée dans une main et la torche dans l’autre, Ralnis s’approcha prudemment de l’autel d’ébène. Il fit quelques pas hésitant et stoppa net quand il s’aperçut que la source du sang se trouvait être la pointe du laraire. Un souffle glacial le fit frissonner et éteignit brusquement sa seule source de lumière.
    - Q-qui est là ?...Brynjolf c’est toi ?
    Plongé l’ombre, il avait l’impression d’avoir perdu la vue, que son corps avait disparu et qu’il n’était plus qu’un esprit piégé dans l’inertie du néant. Il fit un pas en arrière et tomba de tout son long, des éclaboussures de sang maculèrent son visage.
    C’est alors que deux yeux rouges apparurent dans les ténèbres, baignant le temple d’une lueur sanglante et transperçant l’esprit de Ralnis, mettant à nue toutes ses pensées. L’ensemble de ces muscles se tétanisa, son âme fut submergée par la puissance haineuse de ce regard flamboyant dénué de pupille. Lorsque sa vision s’accoutuma à cet éclat, il se rendit compte qu’il était face à un antique monstre aux écailles tranchantes et aux dents acérées. Une voix cruelle, dénuée de toute pitié résonna dans la tête de Ralnis :

    - Le sang de ton compagnon a libéré mon esprit de sa torpeur. Tu es la dernière offrande nécessaire à mon retour.


    Dans un geste de désespoir, le malheureux ouvrit son téléphone portable et appela le premier numéro de son répertoire. Mais avant qu’il n’ait pu transmettre le moindre message, la monstruosité s’était redressé et ouvrit son immense gueule. Son haleine fétide, infecte putréfaction a vous soulever le cœur ne laissait aucune doute : Ralnis n’allait pas tarder à retrouver son compagnon…L’immense gueule béante happa l’offrande, symbole de renaissance, qu’elle déchiqueta de ses crocs démesurés. Les hurlements de douleurs résonnèrent un moment dans le temple, leur écho se perdit dans les ténèbres, dernière trace éphémère de l’existence de Ralnis.






    La forteresse lentrianne était à feu et à sang. L’odeur de la mort, les cadavres disloqués auprès des remparts ravagés, les corbeaux et vautours qui attendaient leur heure…et pourtant il n’y avait qu’un mot à mettre pour qualifier ce désastre : la victoire.
    Les vainqueurs quittaient la citadelle par petits groupes disparates. On épaulait les blessés gémissant jusqu’à l’infirmerie de fortune qui avait été installée non loin de l’entrée du bastion. La victoire quoique réjouissante était amère. Il avait dû payer un lourd tribut pour faire tomber les lentrians.
    Mais le lourd silence qui pesait n’augurait rien de bon. Eidren pressentait que ce n’était pas tout à fait fini : le Pachnivdiim (quoique ce fut) n’avait toujours pas été localisé et il était sans réponse de Ralnis et Brynjolf. Il jeta machinalement un coup d’œil à son Samsung Player Star 2. Toujours pas de smeuss.

    Le demi elfe n’avait pas participé à la bataille au même titre que les 300 spartiates. Lorsque sa mission avait été menée à bien et que la herse s’était levée, lui et Tahly avaient rejoint Drouss (le gros barbu du début) et Léonardo pour superviser le reste de l’attaque, c’est alors qu’Altiom les avait retrouvé.
    Ils étaient de nouveau réunis tout les trois et Drous leur faisait un rapide bilan des pertes quand soudain la terre se mit à trembler violemment. La panique se répandit au sein du campement, déséquilibrant certains soldats. Le grondement du séisme fut accompagné d’un déchirement sinistre qui provenait des restes fumants de la forteresse. Le ciel devint menaçant et grondant, répondant à l’appel de sauvage de la terre. Un vent chaotique, chargé de mort souffla sa fureur sur les soldats qui poussèrent des cris de terreur. Le donjon central de la forteresse, seule partie restée relativement intacte jusqu’alors, explosa de l’intérieur, projetant des gravats des toutes les directions. A travers l’épais nuage de poussière qui c’était levé, une silhouette gigantesque se dessinait peu à peu…

    - Par le souffle du créateur…c’est impossible…, lâcha Léornado.
    Pétrifié, le vieillard n’en croyait pas ses yeux. Les légendes disaient vrai.
    Majestueuse incarnation de la Puissance, le dragon noir aux yeux de sang assura sa prise sur le tas de ruines dont il venait de s’extirper et poussa un rugissement titanesque qui déchaîna les cieux. La voûte céleste se fit tempête et libéra sa sauvagerie : le flot des pleurs du monde, larmes du déclin, annonçait l’inéluctable : le retour d’Albin le Fléau et la disparition prochaine de toute vie.
    Le Seigneur du Chaos déploya ses ailes titanesques et prit son envol.
    - Libre…enfin !
    Les millénaires d’emprisonnement avait attisé sa rage et décuplé sa soif de vengeance. Il cracha son feu démoniaque et embrasa l’immensité.



    - Sonnez le repli !! vociféra Drous, Tous à couvert dans les gorges !!
    Tandis que les rescapés courraient se mettre à l’abri, les archers s’étaient mis en position et tentait d’atteindre le dragon. Ce dernier vira dans leur direction et déversa à nouveau son feu, mettant fin à cette vaillante mais ô combien pathétique résistance.
    Un corps incandescent traversa la toile de la tente où se trouvaient les trois Drilles, ils parvinrent à s’extraire avant que le voile de feu ne les enveloppe. Un des gardes n’eut pas cette chance : la peau du misérable se mit à bouillonner puis se désagrégea en lambeaux noircis, mettant à nue une chair tendre que les flammes s’empressèrent de dévorer. Ce ne fut qu’une des nombreuses horreurs que croisèrent nos compagnons au cours de leur éreintante fuite. Tous les survivants encore en état de se déplacer déguerpissaient en direction des gorges qui bordaient l’ouest de la forteresse. A chaque passage, Albin terrassait des centaines de soldats : son souffle de feu incinérait, ses griffes massacraient et sa mâchoire déchiquetait. De temps à autre il volait à ras le sol et saisissait des régiments entiers qu’il emportait dans le ciel pour ensuite relâcher les corps disloqués de ses victimes sur les fuyards. Les serres en avant, tel un rapace s’apprêtant à arracher du sol sa proie, il fondit sur leur petit groupe. Alors qu’Altiom s’apprêtait à encaisser le choc avec sa magistrale poêle, Eidren plongea sur Tahly qui courait en tête. Les griffes acérées ricochèrent contre l’ustensile puis passèrent à quelques centimètres de la tête du sang mêlé qui avait le nez dans la argentée chevelure de la sombre (Oh my god that’s so….sweeeet…) Véritable refuge de délicieuses fragrances et de volupté, il ne put s’empêcher de fermer momentanément les yeux pour profiter de cet instant divin.
    Une fois la menace écartée, temporairement tout du moins, il l’aida à se relever et plongea son regard déterminé dans ses iris aux reflets d’azur.
    - Rien de cassé ?
    Profitant de ce mince répit, il voulut estimer la distance qui les séparait de la crevasse et savoir dans quelle direction elle se situait. Se figeant soudain, il mesura alors l’étendue du désastre. Le monde avait été remodelé pour être la plus fidèle représentation de l’Enfer : à travers la lande carbonisée, les râles d’agonie des malheureux piégés par les flammes envahissaient les oreilles des survivants. Les effluves de la chair calcinée étaient insupportables, la fournaise leur arrachait des larmes brûlantes de tristesse et de désespoir. Les cadavres brûlés aux postures suppliantes et aux visages ravagés, figés dans un rictus d’atroce souffrance étaient légion. Mais parmi la dévastation et l’horreur, le sang mêlé aperçut les gorges : elles n’étaient plus qu’à une centaine de mètres. A son entrée, il vit un individu qui leur faisait de grands signes en agitant les bras. C’était Léonardo.[/i]
    - En avant !!

    Les gorges n’étaient plus très loin, ils pouvaient le faire.
    Albin atterrit lourdement sur un autre groupe de soldats, ses dents aussi tranchantes qu’une tronçonneuse venant à bout d’une motte de beurre fondue annihilèrent ceux qu’il n’avait pas broyé entre ses pattes.
    Soixante mètres.
    Il prit à nouveau son envol, et balaya le champ de bataille à la recherche des derniers survivants qui attisaient sa fureur.
    Cinquante mètres.
    Tout à coup il remarqua nos trois héros et vira dans leur direction en poussant son effroyable cri.
    Quarante mètres.
    Tel un augure funeste auquel on ne peut échapper, son ombre démesurée survola les derniers fuyards.
    Trente mètres.
    Vingt mètres, ils y étaient presque, bientôt ils seraient en séc…Et le sol trembla violemment lorsque le dragon d’obsidienne se posa devant l’entrée des gorges.
    Puis, comme si les éléments eux même se soumettaient à la puissance infernale du Seigneur de l’Entropie, le silence se fut, pesant et lugubre. Le monstre fixa tour à tour chacun des trois héros, lorsqu’il croisa le regard de Tahly, il eut un mouvement de dédain et recula.
    Léonardo, qui observait la scène à l’abri fronça les sourcils. Alors même que la mort ne tarderait pas à l’emporter, son intarissable soif de connaissances le poussait à scruter les évènements. Une voix dans sa tête lui murmurait des paroles d’espoir, écho de souvenirs lointains. De longues soirées passées à dévorer les antiques ouvrages de la bibliothèque d’Eckmül lui revinrent peu à peu à l’esprit. Dans sa jeunesse, il avait lu bon nombre de livre mais l’un d’entres eux l’avait toujours laissé perplexe.
    Dragonborn by Jeremy Soule on Grooveshark
    Alors qu’Albuin le Fléau du Monde ouvrait sa grande gueule, concentrant son feu infernal, les écrits incompris de Léonard lui revinrent en mémoire.

    His defeat was merely delay
    Til the time after the flatulent offering
    But no-one wanted to believe
    Believe he’ll come back
    And when he’ll rise in the dark sky
    His fire will change Earth into Hell
    But,
    There’s one he fears.
    In his tongue, she is Divaqueen :
    DRAGONPORN !!


    - PUS TOA DLA !!

    La voix de Tahly dissipa le geyser enflammé qui s’échappait de la gueule béante du dragon. Le choc des énergies contraires se répercuta sur des dizaines de mètres à la ronde, les flammes avides s’étaient éteintes, dans le ciel la foudre avait cessé. Albin lui-même paraissait décontenancé, l’onde de choc née des mots de la Sombre semblait lui avoir fait brusquement perdre l’équilibre et instauré dans ses noires pensées, un ersatz de doute.
    Son antique Némésis s'était réincarnée dans la Sombre, la divaqueen se dressait à nouveau devant lui...
    Spoiler:
     




Dernière édition par Eidren Alderion le Dim 9 Sep 2012 - 13:19, édité 1 fois
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Tahly
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MessageSujet: Re: A la quête du ... ?! [Altiom et Eidren]   Jeu 12 Avr 2012 - 19:24

L’atterrissage fut assez brusque, faisant un peu plus de bruit que lors des essais sur l’herbe fraîche de la vaste plaine de… bon bref, notre duo de choc s’en sortit indemne, tout aussi bien grâce à la force « typique » des demi-elfes que des pouvoirs télékinésistes de la drow ! En effet, comme pour les couples, si l’un manquait l’autre se retrouvait sans appuis, et le couple en question se scratchait… un peu comme Anselme et l’elfe !
Assez rapidement, les autres aigles planeurs arrivèrent à une vitesse folle, si bien que pour le premier Tahaliann eut peur de ne pas arriver à assez freiner l’engin et de se le payer en pleine tête. Ce serait quand même bête de terminer cette quête aussi stupidement, non ? Après tout nous n’étions qu’au début (quoi que plutôt au milieu) du film ! Mais fort heureusement, la machine volante se posa sans trop de dommages collatéraux, mais avec un bruit peu commun, dérangeant même. Mais bon ! La garde ne pointa aucunement le bout de son nez (à savoir si c’était parce qu’ils avaient tous les oreilles bouchées ou si c’était parce qu’ils étaient habitués à ce type de bruit), et nos agents secrets s’en tenaient très bien ainsi.


« Bien, faisons comme prévu initialement : on se sépare en deux groupes de quatre. L’un ira avec Tahly et empruntera le passage sud-ouest, l’autre passera par le donjon et se séparera à nouveau en deux groupes : une partie ira localiser le Pachnivdiim la seconde viendra avec moi et suivra l’itinéraire sud-est.
Plantant son regard dans celui de la sombre, Eidren ajouta :
- On se retrouve à la herse d’ici une demi-heure maximum, faites attention à vous.
-Vous aussi, répondit-elle sérieusement. Et surtout ne vous perdez pas dans leurs dédales, il parait que c’est pire que des intestins de dragon pour s’y retrouver !

Ainsi, les deux groupes se séparèrent, celui dirigé par l’assassin partant vers le donjon. Pour ce qui est de celui de Tahaliann, il leur fut dans un premier temps assez facile d’entrer dans la tour adjacente à celle d’atterrissage, côté Sud-Ouest. Les gardes n’avaient pas l’air de penser qu’il leur serait une nuit utile de surveiller le haut de leurs tours, si bien qu’ils passèrent sans aucun problème par la trappe menant à l’intérieur. Cependant, le petit groupe ne s’imaginait pas qu’il entrait dans un lieu régné par la douleur et la sorcellerie.

Il fallait le dire, ça puait ! Une odeur acide et des plus nauséabondes saturait l’air déjà irrespirable de la tour, au point que certains avaient au bout de quelques secondes la tête qui tournait, tout comme leur estomac… La drow avait la chance d’avoir pu toucher à la nécromancie, ce qui l’avait habituée à pas mal situations, mais même là… Eidren donnait rendez-vous dans une demi-heure ? Et bah si dans vingt minutes ils n’étaient pas sortis c’est qu’ils étaient tous morts asphyxiés…
Mais passons ! Malgré cette horreur ne pouvant être de la nature, la petite troupe avança avec bravoure, tête la première enfin euh… torchon mouillé sur le nez en premier ! Pendant leur marche silencieuse, Tahaliann regarda un peu le trio qui l’accompagnait : Mogre, un nain voleur aux goûts à l’elfique ; Nolwenn, garçon manqué humaine et grande gagnante au dernier concours de bière (et promoteur de bagarres dans les diverses auberges); Liam, mage humain du feu très réservé, muet comme une carpe mais néanmoins plutôt normal lui… Et avec une télékinésiste et nécromancienne drow chef d’une grande armée humaine, franchement, ils formaient un beau quatuor !

Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à un embranchement à trois sorties, le carrefour étant toujours aussi désert qu’en haut. Ça en devenait même inquiétant à la fin… Ils s’arrêtèrent, se posant la question de quel chemin prendre. Nolwenn proposa immédiatement de continuer tout droit et de ne pas faire comme la majorité de ces zigotos d’aventuriers qui n’étaient pas capables de penser dans la simplicité et d’aller droit au but ! Mogre, lui, prit immédiatement un petit objet dans sa bourse et la posa avec une grande délicatesse sur la carte dépliée de la cité lantrienne. Tahly essayait de réfléchir malgré l’odeur torride et le mage ne trouva pas mieux que de s’appuyer contre le mur, l’air complètement blasé par ce qu’il se passait… Le nain efféminé leur expliqua que le mieux était de prendre le chemin qui les mènerait au bon azimut, ce qui ne signifiait pas forcément « aller tout droit ».


-Le seul problème, cependant, est cette terrible odeur… Nous allons finir par ne plus pouvoir marcher et donc ne jamais lever cette herse !
-Et dans la direction que tu dis prendre, l’odeur est encore plus forte qu’ici !

C’est à ce moment qu’ils entendirent un petit « Bêêuuurp… » venant du fond de la sacoche de la drow. Ah, ça devait être Lotha qui ne supportait plus leur nouvel environnement. N’empêche qu’il aurait quand même pus éviter de vomir dans sa sacoche ! Avec un petit soupire, elle desserra l’entrée de la bourse et prit le mini lémurien dans le creux de sa main. Il était aussi pâle qu’un mort !
Sans même prévenir, l’animal prit ses pattes à son cou et se dirigea vers l’un des couloirs : celui de droite. Et comme si cela ne suffisait pas, il commença à grandir jusqu’à avoir la taille d’un deux-tiers de nain. Non mais qu’est-ce qu’il faisait ? Ce fut le mago qui répondit à leur question silencieuse :


-L’air est meilleur dans ce couloir. Il veut juste respirer un minimum.
-Et t’aurais pas pu le dire avant ? Ça nous aurait fait gagner du temps sur les tergiversions du nain !
-Mademoiselle, sachez que moi au moins j’utilise mon cerveau avant de foncer tête baissée dans l’inconnu !
-Merde mais c’est qu’il parle vraiment comme un elfe trop léché celui-là ! De plus, …
-Bon, vous deux, ça suffit. Je vous signale qu’on a une quête commune et donc qu’il va bien falloir s’apprécier ne serait-ce que pour encore… Vingt minutes ?

Mouais, non… Vingt minutes, ça allait peut-être être de trop. Surtout s’ils ne croisaient personne à combattre. Quoi qu’il en soit, ils prirent le couloir le plus respirable, mais se retrouvèrent assez vite envahis par une magie toute aussi exécrable que la précédente odeur. Pour les deux personnes capables de ressentir la magie, ce fut horrible : tous leurs sens magiques furent immédiatement bloqués !

*Oh non ce n’est pas vrai…*

-Faites attention, on risque d’avoir de gros problèmes…
Et sbam ! Tout d’un coup un éclair passa juste devant le nez des quatre protagonistes, le faisant exploser par la même occasion.
-Merde !

Des mages ! Tout de suite Tahaliann et Liam préparèrent leur sorts, mais malheureusement ils se trouvèrent incapables de les utiliser correctement, l’environnement les empêchant de bien doser la magie et risqueraient donc d’envoyer valser (ou bien de brûler) leurs coéquipiers… Pour la drow cela ne posa aucun problème, elle avait juste à sortir son épée et à « foncer dans le cas », tout de suite précédée par Nolwenn. Liam, lui, avait l’air beaucoup plus embêté. Tandis que le nain prit le temps de retrousser ses manches, dégainer avec une antique délicatesse ses armes et sautiller comme un lapin presqu’invisible aux dents finalement bien acérées ! (« Ça fait partie de l’histoire ça ? »)
Vous l’avez bien compris, nous nous retrouvons avec des magos d’un côté et une bourrine, un assassin maniéré, une sorcière avec une épée à la main et un mage qui ne sait plus où donner de la tête ! Magie noire et ragoutante contre lames acérées, vous imaginez bien que les lentrians eurent beaucoup moins de mal que leurs « envahisseurs » à avoir leurs ennemis. (« Euh… ?! ») Et pourtant, et pourtant… Alors que tout commençait à aller mal, alors que la sorcellerie les entourait, quelque chose des plus impressionnants se produisit : le nain se mis à éclater de rire, d’un rire pire que contagieux ! Très vite, nos quatre hurluberlus furent pris d’un fou-rire tout à fait hors contexte. Une véritable torture ! C’était à croire qu’ils allaient tous mourir de rire et que leur mission allait s’en arrêter là ! (« Non mais c’est quoi ce scénario de m**** ? ») C’est alors que …



« Hé ho c’est bon ! Non mais c’est quoi ça ? Ça ne s’est pas du tout passé ainsi !!! Bon maintenant, tu me laisses raconter cette aventure parce que là ton film c’est du pur n’importe quoi !
-Mais…
-Allez, dégage ! »

Bon, comme vient de vous le dire l’autre zigoto de service, nous n’avons eu aucun mal à entrer au sein même de la tour et de la sorcellerie était à l’œuvre, nous empêchant d’utiliser correctement nos pouvoirs. Cependant, il ne faut pas croire que nous ne rencontrâmes pas des soldats ! Je suppose même qu’ils avaient placé l’un de leurs sorts au niveau de la trappe pour être prévenus lorsque quelqu’un la passait. Et inutile de dire qu’on était bien bêtes de passer par là, parce qu’à moins de creuser un énorme trou à grand fracas dans le mur, on ne pouvait y entrer autrement ! Mais là, je m’égare un tant soit peu.

Au départ, pas un garde ; puis, au fur et à mesure, nous entendîmes des bruits pires que les cris des prisonniers dans les cachots du C’nros, mais néanmoins moins « maladifs » que la puanteur qui se dégageait d’on ne sait où. Ca donnait plutôt un arrière-goût de « chez soi » qui n’était pas si mal, je trouve… Et parmi tous ces bruits, une sorte de chant s’élevait au-dessus de la mêlée, voix que je reconnu presque instantanément : c’était la mienne, sacre bleu ! Alors nous nous sommes approchés de la source du chant et là, au passage, nous sommes tombés sur des brutes sanguinaires et complètement stupides. On aurait pu dire des nains enragés voulant imiter sans grand succès des drows. Franchement, c’était pitoyable ! C’est à ce moment là où nous nous sommes rendu compte qu’il nous était complètement impossible d’utiliser nos pouvoirs sans porter atteinte à nos propres coéquipiers. Alors nous nous sommes pour beaucoup portés sur le corps-à-corps, sauf Liam, et les Lentrians furent rapidement mis hors service. Stupides… Pire que des Elfes !
Malgré tout, cette histoire nous handicapait d’un membre, qui ne savait malheureusement rien faire d’autre autre que sa magie (pour le combat). Ça n’a fait que nous aider à « perdre » lorsque nous avons croisé leurs magos, mais comme le conteur à deux balles avait tant de mal à vous le dire, on a malgré tout quand même réussi à gagner la partie. Mais avant de les croiser, nous arrivâmes sur les lieux d’où le chant prenait naissance dans une mélodie que je connaissais depuis de longues années. Elle provenait d’une statue me ressemblant étrangement ; non en fait c’était carrément moi, mais habillée bizarrement : les habits sculptés ressemblaient à ceux des Elfes à une très vieille époque, me faisant penser à quand les Drows n’existaient pas encore (ce qui m’horripilait). Alors que les autres me regardaient, complètement éberlués, je me suis approchée de la statue pour mieux voir quel était le disque qu’elle tenait dans sa main gauche. Je ne fus pas trop étonnée de reconnaître le collier que m’avait confiée Mamé Kamat à notre départ de sa vieille chaumière dégradée.


« Lotha ?
-Wruuuui ?
-J’aurais besoin du collier que tu m’as piqué chez les succubes. Et à taille humaine.

Lotha ne mit pas longtemps à le retrouver tout au fond de ma besace, et il dut sortir et prendre la taille d’un nain pour que le collier redevienne normal. A peine l’avais-je récupéré qu’il rétrécit aussitôt et se cacha une nouvelle fois dans la besace avec son petit cri caractéristique, qu’il referma aussitôt sur lui. Il avait bien raison, l’odeur était toujours aussi insupportable. Et pourtant, on commençait à s’y habituer. Je regardais le disque lourd comme une pierre et contempla une énième fois les symboles qui y étaient gravés. Je n’eus même pas besoin de demander à qui que ce soit s’il connaissait la traduction de ce machin, le nain s’avança de lui-même et l’examina ; il en vint juste à la conclusion que ce devait être le véritable Talisman de Némésis, fabriqué par les Nains et enchanté par les Elfes, grâce à lequel elle réussit à enfermer à jamais le Seigneur des Enfers, le dragon le plus noir et dévastateur de tous les Anciens Temps ! Puis il regarda de nouveau la statue, avant de me questionner.

-Dites, dame Tahaliann, vous n’auriez pas un lien de parenté très proche avec cette héroïne ?
-Je ne pense pas, mais vu la ressemblance… Et que lui est-il arrivé à cette Némésis ?
-Elle est morte en même temps que son sort se concluait. Une belle fin, pour une si grande mage !
-Une Lentrianne ?
-Non, pas du tout. Mais ces infâmes vers se sont permis de tout prendre de ce qu’il restait d’elle, tout sauf le collier on dirait. Même sa voix ils nous l’ont volée !
Le nain eut une larme à l’œil, qu’il sécha très rapidement.
-Mouais… Et si on repartait ?

Ainsi nous avons repris les couloirs et avons enfin rencontré les mages à l’intersection des trois tunels. Vous savez ce qu’il s’est passé, sauf la fin. Liam, n’ayant pas directement participé à la bataille, s’était fait tout petit au cas où. Fort heureusement, parce qu’il réussit à interrompre le maléfice qui nous touchait. En fait on avait à faire à la fameuse torture infernale des Lentrians, qui consistait à vous faire mourir de rire. Je ne sais pas comment il a réussi à retourner la « fameuse torture » contre ses inventeurs, mais cela ne nous fit pas de mal. L’arme ressemblait à une grosse baguette bleue avec une étoile au bout, ce qui était vraiment trop enfantin à mon goût (ils ont perdu de mon estime, pour le peu que j’en avais pour eux, en un seul petit instant !), et vous imaginez bien qu’on l’a coincée à une torche, l’étoile pointée sur eux, et qu’on les a laissés mourir de rire pendant qu’on avançait dans le couloir. Non, franchement, ils ne valaient vraiment pas la peine qu’on prenne notre temps à les voir souffrir comme il se doit !

Puis nous avons repris la marche. L’air se faisait de plus en plus léger, nous pouvions même enlever le tissu que nous avions mis à nos nez pour que la puanteur ne nous atteigne pas trop. Avant d’enfin parvenir au point de passage permettant d’aller jusqu’à la herse. De là, il nous fallait faire une petite traversée aux voltigeurs pour atteindre notre objectif, situé dans le mur juste à côté. Et là, il fallait utiliser mes pouvoirs de télékinésiste. Encore une rencontre et nous y étions. Cependant, les lantriens que nous croisâmes se montrèrent encore plus corsés : cette fois-ci nous avons eu à faire avec un savant mélange d’épéistes et de magiciens, si bien que la bataille fut rude ; étant sans défense, Liam s’engagea quand même à utiliser sa magie du feu. Vous imaginez bien que malgré tout, ce n’était pas tout à fait ça ! Sorcellerie contre magie, l’impact entre les différents sorts produit une jolie explosion quelque peu… inimaginable (disons que la boule de feu de Liam se transforma en lancé de fleurs et que toute autre magie en ces lieux se changea en bizarreté de la nature : l’eau devint grenouilles, la protection magique en lapins roses. Euh … ?!), et nous eûmes malencontreusement un mort : Mogre voulut éviter un lapin encore plus coloré qu’un éléphant rose et tomba malencontreusement en arrière, fit une mauvaise chute… Malgré qu’on soit en plein combat, je ne pu m’empêcher de mettre ma main devant les yeux tellement la scène tait pitoyable… Une mort si débile ! Et en plus accompagnée de lapins ROSES ! Bon, bah on le pleurera quand on aura le temps (ce qui ne risque pas d’arriver).
Une fois notre dernier combat terminé et les lapins exterminés par une certaine drow *sifflote*, nous sommes enfin arrivés à une sorte d’ouverture devant servir d’entrée de nourriture pour les magos de la tour. Il y avait un même trou rectangulaire de l’autre côté, et visiblement personne ne surveillait. Mais là je préférais m’en assurer avant.


-Nolwenn, je te fais passer la première. Si tu vois quelqu’un… je te laisse t’en charger.

Ni une ni deux, l’humaine se fit un plaisir à passer la première, faisant confiance à son commandant. Ce fut difficile et très lent, mais au moins elle arriva à bon port et en un seul morceau (allez, dites-le : vous auriez aimé que je me rate, c’est ça ?). Elle s’engagea et, quelque secondes plus tard, nous vîmes sa tête passer par le trou, regardant vers le sol. Voyant qu’il n’y avait personne, elle balança le corps d’un lantrien salement amoché, ce qui me fit sourire. La voie libre, Liam balança un bout de corde que l’humaine attacha de son côté. L’autre bout de la corde solidement attaché de notre côté, je me suis accrochée à la corde et ait traversé l’espace vide à la Tintin. Liam passa juste après moi, et nous coupâmes la corde.
Moins de cinq minutes plus tard, la herse se levait, laissant entrer tous les spartiates qui attendaient depuis près de vingt minutes dans la forêt. Les Lentrians ne se laissèrent cependant pas faire, et une infâme boucherie eut lieu. Mais bon, je ne vais quand même pas vous la raconter, puisque vous la connaissez déjà ! Tout se termina avec l’arrivée du vieillard et de ses aigles volants – au fait, comment a-t-il fait pour les récupérer celui-là s’il n’en avait que cinq au total, sachant qu’il y en a un qui s’est scratché ? Mais ceci est (encore) une autre énigme…



Une fois tout ceci enfin fini, Tahly alla rejoindre Eidren et fut surprise de reconnaître la personne qui se trouvait à ses côtés… Altiom ?! Mais c’est qu’il avait changé de look lui aussi ! (et dans le fond, qu’est-ce qu’il fichait là ?)


-Altiom..., fit l'un des deux
- Altiom? Oui... c'est ainsi que l'on m'appelait. Altiom le Drille. C'était mon nom, continua-t-il songeur. Puis d'un ton plus vif: je suis Altiom le Bleu! Ehm, le "Cordon" Bleu. C'n'est... pas moi qui ai choisi. L'accoutrement... non plus. Quoique ça me va plutôt bien... Lyly, Dredren, n'êtes-vous pas d'accord?
La drow était quelque peu éberluée par ce qu’elle voyait et surtout entendait : « Altiom le Cordon Bleu » ? Mais on n’est pas à un concours de cuisine bordel ! Et puis franchement, à quoi rimait tout ça ? Autant sa nouvelle tenue était pas mal, fallait l’avouer, autant la poêle qu’il tenait fièrement le rendait vraiment ridicule… C’est seulement à ce moment-là qu’elle convint que tout ce qui arrivait ne pouvait être la réalité. Même les lapins roses (elle commençait à y être habituée, au final)… SURTOUT les lapins roses !
- Et bien…en réalité c’est…comment dire ? Hmm…Original, finit par dire Eidren face à la mine torturée de son acolyte.
-Pour tout vous dire, Altiom, votre nouvel uniforme est plutôt pas mal – quoi qu’un peu trop disco à mon goût – mais la poêle… Je préfère nettement la bonne vieille épée, même si ça reste très classique. Sinon je suis d’accord avec Eidren, ça change !


Nos trois héros rencontrèrent maintenant un barbu qui leur fit rapidement un bilan des pertes. Alors même qu’il n’avait pas terminé, le donjon de la citadelle explosa d’un coup, laissant sortir de son sein une énorme bestiole noire comme les ténèbres aux yeux rubis capables de vous glacer le sang en une fraction de seconde. Le vieillard (qui n’était comme par hasard pas loin du trio) geignit quelque chose, complètement pétrifié, étant certainement le seul à mesurer l’ampleur du désastre.
Le dragon (oui je sais un dragon, une énorme bestiole… de loin il n’est pas si gros que ça…^^’) déplia alors ses immenses ailes et prit son envol. « Libre… enfin ! » Voici ce que l’on pouvait entendre dans sa propre tête, l’animal n’ayant nullement le besoin de parler pour se faire entendre. Drous (le barbu) fut le premier à reprendre ses esprits (ou du moins à savoir quoi faire dans une telle situation) et vociféra :


-Sonnez le repli !! Tous à couvert dans les gorges !!

Alors une course folle débuta : c’était devenu du chacun pour sa poire, les femmes et les enfants pas d’abord et nos petits gens s’enfuirent à travers la plaine pour atteindre lesdites gorges. Le libéré Albin le Fléau piquait régulièrement et avec grande joie sur tous les petits personnages qui n’étaient pour lui que des marionnettes, de la chair à canon trop filandreuse et même pas assez grande pour être véritablement appréciée au dîner, les prenait entre ses griffes obscures, s’enlever dans les cieux et les lâchaient sans autre forme de procès, se délectant de leurs cri d’agonie et des petits crac/boum qui venaient caresser ses fines oreilles à chaque atterrissage de cadavres. Ne se lassant aucunement de son petit jeu, il le fit à de nombreuses reprises, crachant par-ci par-là des langues de feu sur les petits personnages, ce qui donnait un de ces parfums… digne des Neufs Enfers ! Oh comme il s’en délectait… Mais bientôt, il n’eut plus de gros tas à se mettre sous la griffe… C’est alors qu’il vit nos cinq hurluberlus facilement repérables avec l’un portant un slip qui brille. Voyant qu’ils étaient proches des gorges, il fonça directement vers l’entrée pour les y devancer et, pourquoi pas, en faire un festin de leurs corps minuscules. Enfin… Ce serait à peine l’entrée !

Pendant ce temps, la drow, le demi, l’humain, le vieillard et le barbu couraient de concert, et à un moment Albin vint sur eux. Eidren eut la présence d’esprit d’avertir tout le monde de l’assaut et, surtout, de se jeter sur Tahly pour la mettre à terre. Tout ceci l’avait plongée dans ses pensées, lui rappelant à l’esprit des sons et des images qui n’étaient pas à elle. Elle avait un peu l’impression d’être cette Némésis dont ils avaient vu la statue, plus qu’un peu même, et cela l’agaçait. Lorsqu’elle se sentit chuter elle voulut riposter, mais en apercevant Eidren elle arrêta toute action, et ils restèrent là comme deux zigotos pendant un court moment, à se regarder droit dans les yeux alors que ça n’était vraiment pas le moment…


-Rien de cassé ?
-Euh… Non, merci.

Le gentleman se releva alors et l’aida à faire de même, puis ils reprirent leur course folle. Il ne resta plus que quelques mètres, quelques malheureux mètres avant d’enfin arriver aux gorges ! Leonardo arriva le premier au lieu de leur délivrance malgré ses vieilles jambes et nos trois lascars ne purent le suivre bien loin à cause du dragon qui se posa devant l’entrée. Celui-ci les fixa chacun leur tour des ses yeux injectés de sang. Regard de feu, regard de destruction. Regard de haine et de vengeance que nulle paix n’aurait pu apaiser. Le monstre ouvrit grand sa gueule de titan et … ?

-Pousses-toi de là !

Albin referma son clapet, complètement décontenancé. Cette voix ! Etait-ce vraiment elle ? Lui qui pensait ne jamais la revoir… Lui avait pensé que ce n’était qu’une simple ressemblance ! Non… Némésis ? Sa Némésis, ici ? Son cher et tendre amour, revenue d’Antan ? Ce… !
Tahaliann, énervée par la tournure des choses et ayant de plus en plus l’impression de jouer un rôle qu’elle ne voulait pas (elle avait trop la flemme de faire l’héroïne… trop de problèmes après), elle avait poussé l’audace (pas besoin de pousser pour le coup) à crier sur le Seigneur des Enfers lui-même ! Et comme si ce n’était pas assez, elle renchérit :


-Bon alors tu te pousses ou quoi ? Je te signale qu’on a une fichue quête à terminer et que là, franchement, ça commence à bien faire de ces contretemps ! Donc maintenant tu te barres, tu vas jouer ailleurs et tu nous laisses passer ! Compris ou il faut que je te réexplique tout en drow ?!
Il n’en revint pas. Comment osait-elle lui parler ainsi, Lui le Seigneur des Ténèbres ?! Mais oui… Après tout, elle l’avait déjà fait. Elle l’avait scellé dans un autel, et ce pendant des millénaires ! Haine… Vengeance… MEURTRE !!!!!!!
-Rha, tu oses te dresser contre moi… Tu ne comprendras jamais, Sœur !
-Je ne suis pas ta sœur, même si nos peaux sont de même couleur. Et il est temps de retourner dans tes propres ténèbres, loin des Hommes ! Ton court règne est terminé, Albin !
Puis, en chuchotant à ses comparses :
-Surtout ne me touchez pas. Protégez-vous le temps que cette histoire soit réglée. Et… Eidren, pourriez-vous prendre soin de Lotha pendant un petit moment ? »

Alors que le Fléau s’apprêtait à abattre une fois pour toute son ennemie jurée, un halo blanc se forma tout autour de Tahaliann, la protégeant de toute attaque extérieure, et notamment du feu. C’était un sort propre au Talisman de Némésis. Et sans même s’en rendre compte, la drow se mis à chanter, le même chant que celui qu’elle avait entendu dans la tour de magie des Lentrians.

(Chanson ici)

Le dragon poussa un cri rauque et alors que la magie s’actionnait, il essaya en vain d’au moins tuer les acolytes de Némésis. Peine perdue, ils se défendaient bien ces deux gaillards ! De plus il sentait sa force être aspirée, tout comme la vie de Tahaliann l’était. Au pire, s’il n’arrivait pas à contrer cette malédiction, il y aura d’autres sacrifices en son honneur pour le libérer !
Cependant, la drow ne comptait se laisser prendre par la mort aussi facilement. Mais c’était tellement attirant… Sa force disparaissait, ses genoux tremblèrent jusqu’à ce qu’ils cèdent. Mais le chant continuait, l’entraînant avec lui.
Malgré leur lourdeur, ses yeux bleus s’ouvrirent. Le dragon était toujours là, combattant comme un forcené. Elle n’y arrivait pas… Elle périrait avant lui… Elle regardait, les yeux vides, Altiom et Eidren qui… qui… se battaient. Elle eut alors une idée : Lotha. De sa main libre, elle secoua sa sacoche où le petit être s’était caché. Et tout en chantant, elle lui tendit le Talisman. Le lémurien comprit tout de suite, s’agrandit à une vitesse folle, prit le collier et fonça. Le chant continuait, et Lotha sentit sa propre énergie commencer à décroitre.
Sans être remarqué par le dragon, il se faufila entre le poêliste et l’épéiste et attendit q’Albin ouvre grand la gueule. Avant même que celui-ci ne voit quoi que ce soit, il lança le collier qui entra en plein dans le gosier du monstre ! Le chant continuait toujours, de plus en plus fort au fur et à mesure que la drow reprenait des forces. C’était joué, enfin.

Elle crut le voir tomber après un dernier cri. Ce devait bien être ça, ils devaient avoir réussi, eux tous. Le chant s’arrêtant enfin, Tahaliann perdit connaissance, s’effondrant doucement sur le sol.







Petit à petit, les odeurs reprirent sens en la drow, le toucher, l’ouïe revinrent en même temps à la vie. La vue et le goût attendirent quelques instants, puis s’éveillèrent à leur tour. Tahaliann se trouvait dans une chambre faite en majorité de bois, dans un lit moelleux même. Cette chambre sentait comme l’herbe médicinale, le jour entrait faiblement à travers les rideaux fermés. Très peu de temps après, une personne qu’elle ne connaissait pas fit irruption dans la pièce, blablatant on ne sait trop quoi dans un langage inconnu à elle. Mais, visiblement, il était heureux de la voir. C’est alors, après avoir fait quatre-cent fois les cent pas, qu’il se résolut enfin à lui parler dans un dialecte assez compréhensible.

« Mamma mia ! Mais qué, qu’est-cé qué vous nous avez fé peur ! Trois mois, trois mois qué ça cé passé… Même vos deux amis ont eu lé temps dé faire un concours dé bière ! Ah mé, Ah mé ! Né bougez pas, yé m’en vais vous en chercher un !

Ne pas bouger ? Il était bien drôle lui ! Il croyait vraiment qu’elle se sentait en ce moment même assez à l’aise pour se faire un petit footing ?! Non mais… Et c’était lui le docteur ? En tout cas, à part ça, elle n’avait pas vraiment compris ce qu’il avait déblatéré avec son accent d’on ne sait où, mis à part qu’Eidren et Altiom s’étaient visiblement pris une sacrée pinte en son « absence »… La drow soupira, se demandant où est-ce qu’elle était tombée. Puis un faible sourire vint illuminer son visage à la vision du demi-elfe faisant un concours de bière… Elle aurait bien aimé voir ça !
La porte s’ouvrit à ce moment-là, laissant entrer ledit demi-elfe. Son sourire ne fit que s’agrandir ; elle avait l’impression que cela faisait des mois qu’elle ne l’avait pas vu.


-Hé bien, alors on fait la java quand le « chat » n’est pas là ? Racontez-moi donc tout ce qu’il s’est passé je vous prie ! Il me semble avoir raté bien des choses, n’est-ce pas ? Ah, et… Bonjour, au fait. »

Elle laissa son compagnon de fortune parler, s’asseyant sur un tabouret. Une fois qu’il eut fini laissa alors sous-entendre qu’il faudrait qu’ils partent bientôt. Une fois qu’elle serait correctement rétablie.

Dans le fond, en y repensant, c’était peut-être bien la première fois que notre sorcière se montrait aimable.
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