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 Où l'Ivrey prépare sa guerre

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Frère Sigmund
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MessageSujet: Où l'Ivrey prépare sa guerre   Lun 25 Juil 2011 - 0:08

Le soleil se levait à peine lorsque Sigmund se réveilla. D’un geste sec, il repoussa la fille qui s’était endormie sur son bras après avoir fait sa plaisante besogne. Il voulut lui dire de sortir, mais réalisant qu’il ignorait son nom, il se contenta de grogner. Lentement, il se redressa et se cambra en soulevant ses bras pour s’étirer après l’apathie du sommeil. Il se frotta ensuite énergiquement les yeux, comme chasser cet étrange brouillard qui occupait son esprit depuis son réveil. Cet état était sûrement dû à l’imminence de sa rencontre avec l’Ivrey de Scylla, elle devait avoir lieu le jour même.

Sigmund et ses gens du Septentrion étaient arrivés aux abords de la cité de Pharembourg, où résidait le Comte. Ils avaient fait le déplacement suite à la livraison en Oësgardie d’une missive par un jeune cavalier portant l’aigle vert sur son tabard. Ce dernier avait arrêté sa monture devant Sigmund avant de sortir un rouleau de parchemin qu’il avait déroulé d’une main rendue tremblante par la proximité d’autant de guerriers. Sa voix mal-assurée commença à lire :

« Je suis porteur d’une missive écrite de la main du Seigneur Aetius d’Ivrey, Comte de Scylla, Prince du Sang, Protecteur de … »

Il avait continué ainsi assez longtemps pour que Krasm lui écrase une taloche sur l’arrière de la tête en lui faisant les gros yeux. Un rire nerveux s’étrangla rapidement dans sa gorge tandis que ses yeux fuyaient ceux de l’impatient. Il ouvrit sa besace fébrilement et en tira un parchemin plié en trois et scellé par un cachet de cire verte. Le géant se tenant à côté de celui qui semblait être le chef s’était alors avancé jusqu’à lui pour lui prendre la missive et la donner à son capitaine.
Celui-ci brisa le cachet pour examiner les caractères calligraphiés sur le parchemin. Il leva la tête vers le visiteur, et hocha la tête en prononçant d’une voix grave comme le roc :

« Dis à ton maître que je viens le voir. »

Puis, le visage livide, ce dernier avait marmonné quelques mots, levé timidement une main en salut et avait talonné sa monture pour repartir.
Maintenant Sigmund était aux portes de cet Aetius.

Il se leva et sortit de sa tente. Le campement était encore silencieux. Il salua une des vigies d’un signe de tête, et s’éloigna vers le fleuve qui passait non loin de là. Les eaux avaient été refroidies par l’hiver, mais cela ne dérangeait pas Sigmund qui avait connu le froid des montagnes du Landnostre. Il y voyait plutôt un moyen de se réveiller efficacement, de manière avoir les idées claire et l’esprit lucide. Il plongea donc.

Quelques heures plus tard, Sigmund arrivait en ville, encadré par deux de ses Lieutenants, Alern le Colosse et Drîn Croc-de-Dragon. La populace se retournait au passage de ces gens, s’émouvant de la taille de l’un et de la lame de l’autre, et demeurait épatée à la vue de leur Capitaine. C’est que le trio avait fière allure. Si bien que plusieurs badauds les suivirent jusqu’à ce qu’il s’arrête au castel de Bordefente. Un garde s’avança alors que les trois cavaliers mettaient pied à terre. Sigmund le regarda dans les yeux avant de déclarer d’une voix forte en se frappant le poitrail d’un poing serré :

« Je suis Sigmund, Capitaine des Gentilshommes du Septentrion, dit-il, annonce moi à ton seigneur, il m’attend. »
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Aetius d'Ivrey
Ancien
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MessageSujet: Re: Où l'Ivrey prépare sa guerre   Lun 25 Juil 2011 - 23:52

Introduit au sein du château de Bordefente, les trois reîtres furent conduits incontinent dans un corridor étroit, sans lumière, labyrinthique. La forteresse, dominant le port, la cité et les anciens faubourgs à présent enceints d’une muraille, avait, depuis quelques siècles, été la demeure des Pharembourg. Cette lignée, longtemps incontestée, vit chacune de ses générations ajoutés une touche personnelle au symbole même de leur puissance. Aussi, au fil des ans les ailes s’étaient étendues, les tours s’étaient amoncelées, les dépendances avaient envahi l’extrémité nord de la muraille urbaine. Chapelle, jardins intérieurs, donjon avaient été les victimes de travaux incessants, et dans un recoin de la forteresse, on pourrait sûrement trouver un mur d’échafaudages peuplés de manutentionnaires grassement payés. Il ne fallait donc pas s’étonner que le chemin vers la grand-salle fût sinueux.

La dite grand-salle était sûrement la plus grande de Bordefente, mais elle n’offrait pas pour autant un spectacle digne des palais des autres princes du sud. Ramassée sur elle-même, habillée de tapisseries peu visibles à cause du manque de lumière, la salle, malgré son étendue, donnait une impression de souterrain. Courte de plafond, elle était éclairée par une seule et grande baie constituée de vitraux et de blocs de pierres. Ce mur lumineux avait été percé une ou deux générations plus tôt lorsque la paix régnait fragilement. Cependant, il puisait sa luminosité du jardin intérieur principal, qui servait presque de puits de lumières dans ce bastion chaotique et profond. On avait abandonné tout autre projet de conversion de la forteresse en élégant palais lorsque les troubles refirent surface, si bien qu’on ne peut guère remarquer de graciles fenêtres donnant sur le cœur de la ville, mais plutôt des meurtrières habilement placées. Mais cessons les digressions pour revenir à la salle commune, car les dernières nouvelles qui venaient des îles levantines, couplées aux déclarations provocantes de la sorcière de Merval, agitait le château depuis quelques jours déjà.

La salle, où les tables étaient jonchés de dessins, de cartes, d’aiguières et de coupes de fruits laissait aisément deviner le trouble qui habitait à présent les lieux. D’ailleurs, lorsque les trois Landnostriens furent annoncés, Aetius, installé sur un siège sans grand attrait mais surélevé par un parvis de bois, finissait de recevoir le renouvellement d’hommage de ses vassaux de la brande scylléenne, tandis qu’une multitude d’hommes d’armes, de pages, de chevaliers et de seigneurs mangeaient, buvaient, disputaient ou dormaient tout simplement sur le sol. L’apparat n’était donc pas le premier des soucis du comte, qui n’en négligeait cependant pas sa mise, une sorte de pourpoint de soie blanche rehaussé d’une cape enrichi de ce qui semblait être la fourrure d’un loup blanc.

Lorsqu’il vit arriver les trois ladres, qu’il entendit le héraut qui les introduisait, il embrassa d’un regard curieux ces fameux capitaines des Gentilhommes du Septentrion, hommes de cordes et de sac, disait-on, qui furent les âmes damnées de Baudoin le Traître pendant la guerre civile. De l’eau avait coulé sous les ponts et Aetius, plus intéressé par comment on sert plutôt que qui l’on sert, n’avait pas hésité à mander des hommes de cheval et de valeurs, chose qui manquait tant dans le sud. Sa première analyse fut des plus plaisantes. Le capitaine, ce grand diable à la barbe fournie et au bras aussi gros qu’une de ses cuisses, dégageait une aura de puissance, et son casque ailé fut pour Aetius, Aigle de Scylla, un bon présage pour la guerre. Aussi, exalté par cette rencontre et la vision d’horreur qui accompagnait les trois barbares, le comte se leva devant eux.

« Ah, amis ! Il est bon de voir venir à Scylla des prud’hommes qui soutiennent le droit ! Installez-vous, mangez, buvez tout votre soûl, car bientôt ce sera la guerre ! »


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Frère Sigmund
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MessageSujet: Re: Où l'Ivrey prépare sa guerre   Mar 26 Juil 2011 - 17:04

« Euh … marmonna le garde qui mesurait deux têtes de moins que le plus petit des trois. S’vous voulez bien m’suivre ! »

Il fit volteface, mal-assuré et pénétra dans les entrailles du château, flanqué du trio ravageur, qui ignorait superbement les badauds rassemblés autour de la scène pour satisfaire leur curiosité. Lorsqu’ils passèrent la porte, la luminosité blanche de l’hiver laissa place à une pénombre constante. Cela ne semblait pas pour autant les inquiéter et le garde les guida dans le dédale de corridors et d’escaliers, jusqu’à arriver dans un vaste dépotoir.
Il s’agissait en réalité de la grand-salle dont l’état-major avait fait son quartier général. Et c’était un beau bazar. Sigmund, toisait tous ces gens avachis sur leur parchemin, songeant avec fierté à l’ordre qui régnait dans son propre campement.

Le garde le mena jusqu’à un homme brun au regard bleu et clair, qui, posté sur une assise élevée, semblait se satisfaire du discours de quelques freluquets. Celui qui les avait amenés annonça alors d’une voix timide :

« Messire Sigmund du Septentrion et ses compagnons. »

L’homme détailla le trio et un sourire se dessina sur son visage alors même que ses yeux croisaient le regard émerillonné du capitaine. Il se leva et ouvrit légèrement les bras avant de prononcer quelques salamalecs. Sigmund reconnut dans le geste, l’invitation traditionnelle de la tribu Kanaär lors des échanges de politesses. Invitation, qui appelait à un coup de tête dont l’intensité devait être proportionnelle au respect que l’on accordait à son interlocuteur.
Aussi, flatté que le Comte connaisse si bien ses traditions, Sigmund s’approcha pour lui donner un coup de tête phénoménal. Un coup à arrêter un taureau à la charge, racontèrent plus tard les témoins. Une si belle marque de respect que le nobliau en fut quelque peu hébété et retomba sur son siège, tandis que l’assistance était littéralement assommée par la surprise. Les yeux étaient ronds et les bouches ouverte, un homme au ventre rond était même en train de baver, lorsqu’enfin, gardes et chevaliers mirent l’acier au clair, prêts à pourfendre les trois individus.
Loin de s’en émouvoir, Sigmund éclata d’un bon rire gras – oui, le fameux « Arharharh ! » - accompagné par ses deux acolytes, alors que l’Ivrey se redressait sur ses deux jambes. Il observa les barbares hilares avant de joindre son rire au sien.

Les gens se regardèrent incapable de réagir, puis peu à peu, les lames d’abaissèrent et quelques rires nerveux se joignirent à la marrade. Puis, lorsque chacun eut rigolé comme il se doit, Sigmund tira un tabouret et s’assit devant le seigneur en grognant un « causons ». Bien droit sur son assise, il caressa doucement sa barbe fournie avant d’entamer la discussion :

« Je suis un bon guerrier, déclara-t-il, comme chacun des miens. »

Les deux lieutenants se frappèrent violemment la poitrine du poing en lâchant un « GNAR ! » sonore. Puis leur Capitaine reprit la parole :

« Je suis aussi un juste, j’aime savoir pourquoi je me bats. Il marqua une pause et braqua un regard d’acier dans les yeux de son interlocuteur : Alors dis-moi Scylléen, pourquoi me battrais-je pour toi ? »



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Irène Aurst
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MessageSujet: Re: Où l'Ivrey prépare sa guerre   Mar 26 Juil 2011 - 21:51

La rumeur, cette vérité qui se promène comme un mensonge, de bouche à oreille, soufflait déjà depuis quelques semaines sur le château lorsque, sur l'injonction de l'Ivrey, prêtres et crieurs avaient unis leurs voix pour en informer le reste monde. La Guerre ! Là ! Aux portes de Scylla ! Merval était devenu l'Ennemi. Certains, avides de sang, se préparaient à combattre, leurs bouches tordues par des rictus malsains, plus qu'exaltés en songeant aux spectacles de désolation qui découleraient d'une telle annonce. Certaines, priaient et pleuraient déjà pour leurs fils, maris, pères. D'autres encore préféraient festoyer et se sevrer des plaisirs de la vie en prévision d'un aller simple au royaume de Tari... Mais ! Peu importait au final. La Baronne et ses infâmes serviteurs devaient être, et seraient, châtiés. Car, aussi vrai que la Gliève se jetait en Mer Olienne, un scylléen valait à lui seul dix mervalois !

L'agitation grondait entre les murs du château de Bordefente, entre le flot continu de vassaux venu rendre visite au seigneur d'Ivrey pour lui renouveler leur allégeance, ou négocier on ne sait trop quoi, et les cris des serviteurs afin d'organiser les préparatifs de la guerre. La situation si particulière provoquait un déséquilibre au niveau des serviteurs, certains corps de métier absolument primordiales se retrouvant en sous-effectifs. On réquisitionna donc quiconque œuvrant à des tâches moins importantes, sur l'instant. Couturière, par exemple. Pourquoi ces femmes auraient-elles continuer à réaliser des tenues superflues, qui s'entasseraient dans des armoires, quand la guerre était imminente ? Et, voilà comment la douce et inexpérimentée Irène se retrouva là.

Pleine de bonne volonté, mais malgré elle peu accoutumée à ses situations de grandes pressions, elle exécutait les tâches confiées sans un mot, se rendant la plus discrète possible afin de ne surtout pas importuner les autres serviteurs. Concentrée à sa tâche, elle portait si peu d'attention à l'agitation qui l'entourait qu'elle sursauta violemment quand une main moite et rêche se referma sur son bras. Elle releva les yeux vers le visage d'un homme qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Il était grand, son visage semblait tailler à coup de serpe, quelques rides au coin des yeux et deux-trois mèches blanches dans sa crinière auburn témoignaient de son âge avancé, pour quelqu'un de sa condition. Son souffle était rapide et ses joues rougies par la précipitation.

« Lâche ça. » dit-il d'une voie sans appel avant de l'entraîner, au pas de course, à travers des couloirs sinueux qu'il semblait connaître par cœur. Soudain, il s'arrêta. Ses grands yeux fixèrent ceux d'Irène et, un instant, elle craignit de se noyer dans leur bleu si froid et profond. « Un seul faux pas, et le seigneur te fera subir MILLE tourments qui te laisseront pour morte. Et, crois moi, tu préféreras l'être. » Il avait martelé ses mots sur un ton menaçant, son index battant chacune de ses syllabes. Il reprit sur une voix plus douce, bien que toujours aussi grave. « Vois ces trois hommes là-bas. Sers leur à boire et... » Pause. Il jeta un regard rapide sur le corps fluet de la douce et réajusta sa robe, s'arrangeant pour qu'elle souligne plus la faible poitrine de la jeune femme. « Écoute, garde tes lèvres closes, cambre les reins, et fais toi oublier. »

Irène ne détachait pas son regard des trois hommes. Celui assis sur le tabouret semblait être le chef, il était massif et impressionnant. Il était trop loin pour qu'elle puisse clairement distinguer ses traits, mais son regard fut attiré par la longue et broussailleuse barbe de l'homme. Un frisson la parcourut à l'idée d'approcher cet homme sans aucun doute capable de la briser comme une vulgaire brindille, si l'envie lui prenait. Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus à ce sujet que, déjà, on lui plaçait un plateau entre les mains et la poussait dans la grand-salle. Elle inspira un grand coup, et entreprit de la traverser d'un pas déterminé, bien que très légèrement craintif, en direction du Comte et de ses trois invités. Irène serrait le plateau avec force, craignant plus que tout au monde qu'il ne lui échappe.

Le trajet, pourtant relativement court, lui sembla durer une éternité. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu'elle craignait que quelqu'un l'entende. Une fois arrivée à proximité, elle s'inclina humblement et présenta le contenu du plateau aux hôtes d'Aetius d'Ivrey...
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Où l'Ivrey prépare sa guerre   Ven 29 Juil 2011 - 0:12

Encore sonné par le coup de boule galamment offert par le rustre du Landnostre, il fallut un instant au comte, qui alla se clouer sur son siège, pour recouvrer toute sa lucidité. Sa mâchoire s’était pourtant entrouverte pour laisser s’échapper un rire franc, rejoignant la cacophonie grasse de ces tonnerres joyeux vomis par les poitrails des grands diables du nord. Dans un élan inconscient d’enthousiasme, une joie indicible et impérieuse avait saisi l’Ivrey, et cette exaltation furieuse ne disparut pas. Au contraire, le jeune prince du sang, happé par ce mouvement de l’âme si irrésistible, se leva d’un bond, et tandis que son esprit confus reprenait empire sur lui-même, de nouveau son cœur prit les devants et jeta à la face du barbare une poignée de paroles d’une voix forte.

« Pourquoi vous devriez être à mes côtés ? Bois-de-cerf ! Mais parce que vous êtes un juste, tout comme moi, et que nous soutenons tous les deux le bon droit ! La sorcière des marais pharétans m’a provoqué pour la dernière fois, que les dieux m’en soient témoins ! Je ne laisserai plus cette nécromante bafouer mes vassaux et me dérober mon bien. Depuis trop longtemps, cette garce piétine les coutumes et les traditions, s’arroge des privilèges qu’elle n’a pas, provoque et perd les prud’hommes. Je ne serai plus le spectateur impuissant de ces abominations, messer Sigmund, et, comme on le fait d’un chien qui mord, je vais apprendre à cette levrette échaudée ce qu’il en coûte de malmener mes hommes et conquérir mes terres. Croyez-moi, messer, je vais battre le seigle matois à tel point qu’elle ne sera plus que farine, et avec elle et le sang qui gorgera le sillon de ses collines, je pétrirai un pain rouge, un pain aux arômes si goûteux, aux fragrances si fortes, que lorsqu’ils le mangeront, les Scylléens seront apaisés et heureux. Car ce pain, messer, c’est la gloire, c’est l’honneur vengé, c’est l’épée qui tranche et tue, ce pain, Sigmund, entendez-moi, c’est la justice. C’est la justice ! »

Debout face à son audience, l’esprit encore hagard et le yeux brillant d’une lumière de violence, le jeune rhéteur s’était perdu dans ses circonvolutions. Et, comme pour pallier la faiblesse de sa diatribe, le chevalier fit ce qu’il savait faire de mieux. Il dégaina d’un geste ample et bruyant son épée, d’un mouvement presque théâtral, et cria de tout son souffle : « POUR LA JUSTICE ! » Et l’assemblée de le suivre et de lever, haute et clair, l’épée pour rugir dans un écho puissant : « POUR LA JUSTICE ! NOËL ! AU COMTE ! »

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Frère Sigmund
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MessageSujet: Re: Où l'Ivrey prépare sa guerre   Sam 30 Juil 2011 - 21:17

Sigmund observait le comte, il écoutait son discours enflammé les sourcils froncés par la concentration – notre homme ne comprenant pas encore parfaitement tous les mots de la péninsule – puis, les gens crièrent. Sigmund attrapa la première coupe à sa portée sur le plateau de la gueuse qui s’était approchée discrètement. Il la vida d’un trait sans même s’intéresser à son contenu, puis après l’avoir brusquement reposée, il se leva de toute sa hauteur et cria à son tour « POUR LA JUSTICE ! » dans un mugissement qui, dit-on, fit trembler les murailles mervilloises tant il était puissant.
Naturellement ses deux subordonnés réitérèrent leur grognement, suivi par l’éternel coup sur la poitrine. Ah ça, ils avaient de la gueule, les trois. Et le Comte aussi. D’ailleurs, Sigmund l’aimais bien celui-là. Ca n’était pas un de ces culs poudreux qui pètent dans la soie, mais un homme de vrai, animé par la vertu.

Après cet échange enflammé les discussions fusèrent de toute part, certains se répandaient en compliments sur les talents d’orateur de leur souverains, d’autres continuaient de maudire la Sorcière de Merval. Sigmund lui, se tourna vers la bonne et ordonna d’un ton ferme en désignant la coupe :

« Femme ! Un autre ! »

On le servit, il but et écrasa la coupe sur son support pour la deuxième fois. Il écarta quelques gens trop envahissant, et posa une énorme main sur l’épaule d’Aetius :

« Tu es un homme brave et juste, Scylléen ! Tu m’as convaincu et tu as bien fait ! Car quand la Galopée d’Airain se montrera sur le champ de bataille, et que la Charge du Septentrion sonnera, nul ennemi ne sera épargné ! NUL ! »

« GNAR ! » « BLAM ! » firent les deux autres. Puis le Capitaine écrasa la main du Comte entre ses doigts puissants pour sceller leur accord. Les mines des trois chevaliers de Wandres étaient solennelles. Sigmund lâcha enfin le membre endolori de son nouveau suzerain pour s’emparer d’une nouvelle coupe, prêt à la vider comme les autres. Mais il s’arrêta dans son geste soudain pensif, et jeta la coupe encore pleine sur le plateau de la servante. Il fit volte-face et s’engagea dans le corridor par lequel ils étaient entrés.

Le soir même dans le campement de Compagnie, on festoyait avant la bataille, les guerriers s’excitaient sur le harem qu’ils avaient été cherché en ville et s’enivrait comme le voulait la coutume, celle-là même qui, demain, les pousserait à trousser les mervaloises sur les corps de leurs maris vaincu. On allait se battre, on aimait ça.

Sigmund lui, était dans sa tente. Il mangeait devant ses armes, songeant avec plaisir aux pillages à venir pendant que deux catins s'occupaient des préliminaire dans sa couche. Sa gamelle fini il se tourna vers elle et les besogna en homme bon et vigoureux, avant de se laisser choir sur le côté, et de dormir, rêvant de charges et de haro.

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