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 Complaisant malentendu [Dandelo]

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Kassandra
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MessageSujet: Complaisant malentendu [Dandelo]   Mar 26 Juil 2011 - 13:04

    Olyssea lui avait ouvert ses portes comme on accueille chaque étranger sur cette terre ; avec une indifférence polie. La lourdeur de la chape nuageuse qui observait les visages nouveaux comme habituels semblait toujours la même chaque jour que les Dieux faisaient, s’épaississant peut-être même un peu plus sensiblement. La pluie les guettait sans pour autant s’abattre sur eux, encore indécise sur le sort qu’elle réservait à ces pauvres gueux-là.

    La tête flamboyante marchait sans réel but précis, se faufilant dans les ruelles pavées, son regard fleuri ne cessant de bondir de surprise en détail qu’elle se faisait un plaisir intelligent de conserver dans sa mémoire. Moult parchemins cloués à chaque arbre, chaque enseigne, chaque pan de mur nu annonçant une chasse quelconque – à laquelle Kassandra n’avait pas réellement envie de participer, la dernière traque qu’elle eut à subir lui ayant offert le rôle mal choisi de proie -, de nombreux paysans se promenant désormais en groupes, et armés, et des chanteurs de rue, des gamins vendant leurs torchons et leurs nouvelles à la criée, ne cessant de conter les méfaits des aventuriers et des rôdeurs, leur imprudence ou leur féroce volonté. La ville vivait aux battements cycliques d’une peur qui, en un sens, les soulageait ; eux, au moins, avaient de quoi se soucier. Qui plus est, ce n’était pas les taverniers et autres aubergistes fortunés qui se plaindraient d’un tel danger : il leur avait apporté quantité de touristes, vagabonds et mercenaires qui brûlaient d’envie de se frotter à l’Animal enragé de Wurfenvald, prêts à payer en piécettes et en souverains s’il le fallait pour avoir une place de choix au premier rang de la prochaine scène du crime.

    Ses pas foulèrent bien rapidement l’entrée d’une coquette auberge, où rapidement, une serveuse bondit sur elle, ses joues rosies par l’agitement d’une clientèle sûrement assoifée lui donnant un air juvénile et enfantin. Tous les sous-fifres avaient eu le même ordre : bichonner le nouveau venu pour lui en soutirer autant que possible.

    « Bien l’bonjour M’dame, binv’nue à la Taverne des Quat’ Loups ! »

    Les Quatre Loups ? Merde, si elle avait su, rien qu’au nom, elle aurait déjà changé d’établissement.

    « Vous avez encore une chambre de disponible ? La moins chère de préférence. »

    Le ton était expéditif, le sourire courtois mais l’œil acéré ; ce n’était pas une pigeonne qu’elle avait face à elle, le message semblait clair. Un peu refroidie par ces hostilités couvertes, la serveuse replia d’un geste un brin irrité son torchon sur son avant-bras, lui désignant du menton l’escalier de bois verni qui menait aux chambres, lançant avec une chaleur bien plus parcimonieusement distillée dans son timbre.

    « La troisième à droite au fond du couloir. Vous n’aurez qu’à v’nir payer plus tard. »

    « C’est très aimable de votre part. »

    Un large sourire dévoilant ses canines plus tard, la rouquine grimpa quatre à quatre les marches, soupçonnant à peine les regards voilés d’intérêt que quelque maraud lui porta, avant de prendre la direction agréablement conseillée. La porte s’offrit à sa vue, pan de bois simple qu’elle poussa sans difficulté ... Tiens tiens, elle n’était pas verrouillée ? Il allait falloir être plus prudente.

    Claquant la porte derrière elle avec douceur, la jeune mousse s’adossa, lâchant un soupir expressif tandis qu’elle envoya valser la sacoche de fortune qui abritait ses affaires et le menu butin acquis jusqu’aux portes de l’Olysséenne. Sa main droite sentit le contact froid de la clé de métal et esquissa un sourire désabusé. Question accueil et sécurité, on repassera. Sans pour autant s’interroger sur la présence du petit objet enclenché dans la serrure, Kassandra se dirigea vers le lit, s’y étalant de tout son long dans un agréable grognement d’aise, battant des jambes doucement avant de rouler sur le côté paresseusement pour fermer les paupières, savourant le calme à peine rompu par l’étouffement lointain des rires et des bouteilles qu’on débouchait avec entrain.

    Et dire qu’elle n’allait pas s’attarder ici bien longtemps. Il fallait qu’elle reprenne plus que rapidement la direction du navire. Déjà qu’elle s’était suffisamment éloignée comme ça, Ajilah allait finir par croire qu’elle cherchait encore à leur faire faux-bond ! Ce qui n’était pas sans être dénué de vérité. L’ennui morne la gagnait parfois, de temps à autre. Tout se passait sans trop d’anicroches, et c’était peut-être pour cette raison que la rouquine n’avait d’autre choix que de provoquer le hasard pour espérer qu’un ennui débarque à l’horizon.

    « Bon, allez, ca suffit les conneries. »

    Se redressant souplement, la jeune femme se dirigea vers la lueur solaire qui tâchait le parquet bon marché, défaisant le nœud du corset d’une main, propulsant ses bottes prestement délacées d’un geste leste, les chaussures allant rejoindre un tas de loques inconnues au bataillon que les iris myosotis ne perçurent pas, tandis que les rayons de l’astre diurne allèrent joyeusement s’étendre sur la peau mise à nue de pirate, qui abandonna ses frusques pour pousser la porte de la petite pièce où un bain tiède semblait avoir déjà été abandonné là, attendant le premier corps venu pour s’y délasser. Plongeant avec délice dans l’eau, la rouquine chantonna distraitement un petit air maritime, ses paupières se fermant alors que sa nuque se détendait sous l’aise de la caresse de l’eau. L’étendard écarlate et bouclé frôlait le rebord de la cuve, la mousse bullant paisiblement sans se soucier de quoi que ce soit ...

    Quand la porte claqua une nouvelle fois, étrange courant d’air masqué.


Dernière édition par Kassandra le Jeu 25 Aoû 2011 - 14:35, édité 2 fois
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Mer 27 Juil 2011 - 16:00

Dandelo marchait lentement, toujours empaqueté dans la cape d’Altiom, les yeux rivés vers le ciel d’un blanc immaculé que seuls venaient troubler quelques nuages plus sombres. S’il avait les idées à peu près claires, il avait encore les jambes lourdes et son visage piqué par le froid, souffrait d’autant plus qu’il demeurait humide de sa récente plongée. Ses cheveux étaient également trempés, et laissaient échapper quelques perles liquides qui dégoulinaient sous son vêtement et roulaient froidement sur sa peau. Merci Lucie !
La fée voletait devant lui, s’éloignant parfois pour obtenir une vue plus large et trouver leur compagnon du jour. Un instant Dandelo s’arrêta, s’appuyant contre une façade humide. Sa mignonne amie s’approcha aussitôt, pensant qu’il se trouvait mal – pensée qui était assez proche de la vérité. Le Clown la regarda gentiment, et lâcha d’une voix légèrement rauque :

« Attends quelques secondes, je vais me sécher. »

Il s’engouffra dans une petite ruelle déserte, assez obscure pour que personne ne songe à y jeter l’œil. Là, il laissa peu à peu la magie venir, envahissant chaque parcelle de son être et le chauffant avec soin. Sa température augmentait rapidement, irradiant alentour en une aura chaleureuse qui sécha ses vêtements. Puis, aussi subitement qu’il l’avait laissée s’étendre, le Magicien renvoya son pouvoir, se jugeant suffisamment réchauffé. Il se redressa, s’étira en savourant le plaisir d’être sec de la tête aux pieds, ce qui était un confort appréciable en la saison.

Il s’apprêtait à quitter sa cache lorsque quelqu’un passa sur les pavés qu’il avait délaissés plus tôt. La silhouette élancée lui était familière, mais elle avançait assez rapidement pour échapper au champ de vision que lui accordait la ruelle. Sa curiosité piquée au vif, Dandelo s’avança aussi rapidement que la discrétion le lui permettait, et eut juste le temps de voir cette silhouette entrer dans une auberge. Il la vit de dos, une incroyable toison rousse descendant dans son dos. Bien sûr, le jeune homme reconnu cette chevelure, il en aurait reconnu les mèches entre mille tant la personne qui les portait lui avait laissé un goût exquis.
Des souvenirs chauds et colorés lui revinrent en mémoire, il se revit à Diantra, pendant le Grand Tournois Royal, embrasser ses lèvres humides, s’enivrer de l’odeur de sa peau et se noyer dans ses yeux. Aucun doute n’était possible, c’était elle.

Un grand sourire étira le visage du Clown et ses yeux pétillèrent de joie et d’excitation, il aurait voulu courir la rejoindre, mais il se borna à attendre. La précipitation n’apportaient rien de bon, surtout aujourd’hui. Il essaya de s’organiser, les pensées encombrées par une légère béatitude.
Lucie, qui s’était blottie sous son manteau pour profiter de la chaleur qu’il dégageait, s’échappa de sa cachette. L’ayant sentie venir, Dandelo recomposa sur son visage la même expression tendre mais fatiguée qu’il avait avant sa découverte et lui souffla tout bas :

« Ecoute, je crois que j’ai un peu trop bu, j’ai pas mal utilisé mes pouvoirs aussi. Je vais aller me reposer dans l’auberge là-bas. Toi, vas retrouver Altiom et aide-le jusqu’à ce que je vous rejoigne.
Comme la fée lui adressait un regard inquiet, il sourit et ajouta : ne t’en fait pas je vais me contenter de dormir. »

Si le fait de devoir mentir la petite ne lui plaisait pas, il savait que c’était là le seul moyen de pouvoir retrouver son amante, comme il l’entendait. Aussi fut-il satisfait de la voir s’envoler, laissant toujours derrière elle cette petite trainée lumineuse.
Cela fait, il s’approcha de l’auberge, inspira et entra. L’endroit était bas de plafond, mais assez profond. Les boiseries semblaient en bon état et une légère odeur fruitée se mêlaient à celle, plus présente, de l’alambic. Il y avait un comptoir usé derrière lequel se tenait une serveuse dont la bouille rougissante semblait légèrement agacée.
Le Don Juan s’avança avec son regard azuré et son sourire, s’accoudant négligemment à la planche :

« Bonjour mignonne !
dit-il avec un clin d’œil. J’accompagne ma cousine à la demande de son père, qui la destine à la vie religieuse, dans un temple de Néera plus au Sud. Elle était lasse et pressée de se coucher, malheureusement, elle semble avoir disparu si vite que je ne sais quelle chambre elle occupe. »

Il alors une expression gênée des plus convaincantes qui suffit à émouvoir son interlocutrice. Cette dernière, qui avait un peu plus rougi, eut un sourire bienveillant et s’exclama aussitôt :

« Décrivez donc vot’ parente, c’est moi qui gère les chambre d’hui ! »


Le Comédien, décrivit et la naïve fronça légèrement les sourcils, identifiant à la couleur des cheveux celles dont le jeune homme parlait. Quand elle lui dit où la trouver, Dandelo la fit fondre du regard avant de lui accorder un baisemain. Le pied posé sur la première marche de l’escalier menant aux chambres, il insista sur la fatigue de sa cousine et la sienne et sur la nécessité qu’on ne les dérange pas dans leur repos. Puis, alors que l’idée surgissait dans son esprit, il commanda à la jeune femme une bouteille d’abricotine et un grand verre, précisant qu’il paierait la boisson en même temps que l’alcool. La fille se fit un plaisir de répondre à ces demandes et il monta, les marches grinçant à chacun de ses pas.

Lorsqu’il arriva au fond du couloir, devant la dite "troisième porte au fond du couloir", le Saltimbanque s’arrêta, posa doucement la bouteille et le verre par terre. Il se défit la cape empruntée plus tôt, laissant l’arc-en-ciel réapparaître. Il se passa une main dans les cheveux, et mit son masque avant de le remonter sur sa tête. Il était, tel qu’il avait été à l’époque.
Il ouvrit la bouteille, et laissa quelques gorgées d’abricotine glisser entre ses lèvres, achevant de lui remémorer ses souvenirs. Cela faisait un an. Se souviendrait-elle avec autant de plaisir que lui des moments qu’ils avaient passés ensembles ?
* Et si elle est avec un autre homme ?
- La serveuse l’aurait dit
- Pas si elle l’ignore.
- Oh ta gueule !*


Et il entra.
La porte claqua derrière lui. Personne.
Puis il remarqua, les affaires abandonnées sur le lit, et les vêtements éparpillés, menant inévitablement vers une pièce adjacente qui laissait entendre quelques légers clapotis. Dandelo sourit à nouveau, abandonna la cape roulée en boule dans un coin et posa bouteille et verre. Puis il se retourna, et avisant la clef sur la porte, verrouilla la chambre de l’intérieur. Tout cela, il le fit le plus discrètement du monde. Il reprit la bouteille, s’accorda une nouvelle gorgée, qu’il n’avala pas tout de suite, préférant laisser l’alcool envahir son palais et s’y défaire de tous ses arômes. Il remplit le verre et le posa sur une des petites tables de nuit qui encadraient le lit. Puis, il glissa la bouteille rebouchée dans une des profondes poches de son manteau, et avança vers la deuxième porte qui, elle, était ouverte.
Le spectacle qui s’offrit alors à lui fut des plus délicieux. L’Exquise trempait dans une eau rendu laiteuse par le savon. De la mousse s’épanouissait çà et là, offrant un habit aussi original que séduisant à la jeune femme dont la chevelure s’épanouissant en une cascade feu le long de la cuve, offrant un contraste magnifique avec le blanc de l’eau. Une scène digne d’être immortalisée par les plus grands peintres ! Dandelo n’était pas un peintre, tout au plus griffonnait-il quelques dessins à l’encre sur son carnet, mais il n’en était pas moins capable d’apprécier tel spectacle. Il la caressa du regard avant de s’approcher.

Elle savait qu’il était là, c’était certain, pourtant elle n’avait pas bougé. Il était si proche à présent qu’il pouvait sentir la tension qui habitait la jeune femme. Assez proche pour qu’elle puisse sentir le parfum musqué de sa peau. Il ne la touchait pas, pas encore. Elle ne bougeait toujours pas. Il quitta son manteau, et retroussa les manches de sa chemise avant d’en défaire le lacet. Puis il se pencha en avant, approchant ses lèvres de l’oreille de sa Belle tout en frôlant ses épaules découvertes du bout des doigts.

« Je t’ai enfin retrouvée, chuchota-t-il suavement, Kassandra … »
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Mer 27 Juil 2011 - 21:20

    Ses épaules se raidirent imperceptiblement, alors qu’au fond de l’eau trouble, ses gestes légers s’étouffaient dans un silence suspendu. Lentement, la rouquine fit glisser ses mains hors de l’étendue savonneuse, offrant ses poignets nus de chaque côté de la cuve, tendant l’oreille, aux aguets. Plus aucun bruit n’avait troublé la douceur ambiante, et seule sa propre respiration mesurée se discernait comme unique mélodie. Pas un pas, pas un souffle, aucun écho d’une tierce personne. Et pourtant, la sensation subreptice qu’elle n’était plus aussi seule qu’elle l’imaginait demeurait.

    Patiente, Kassandra attendait que le chat sauvage qui s’était invité dans l’antre se montre à découvert. Agitant dans un mutisme lascif ses boucles, le nez rêveur, la rouquine cligna paresseusement des paupières. Craindre un voleur ou un agresseur aurait été une réaction logique, mais pas pour elle, qui se sentait parfaitement à l’abri. Réaction pleine d’imprudence ou de confiance extrême, qui se révèlerait peut-être dangereuse. Mais sans armes et nue, difficile de lutter contre la menace. Ne lui restait plus qu'à espérer que l'attrait d'un corps féminin suggéré par l'évanescence d'une eau opaque déstabilise suffisamment son adversaire ...

    Se prélassant avec d’autant plus de nonchalance qu’elle avait peut-être une chance d’être observée par le rai de lumière attiédie que laissait filtrer une porte mal close, la diabolique mousse étendit une jambe humide hors du bain, soupirant avec grâce tandis qu’elle replongeait le fin mollet hâlé dans les profondeurs aquatiques.

    Un frisson lui parcourut l’échine, alors qu’elle aurait juré qu’on venait de se glisser dans son dos. L’hésitation n’était plus permise, ils étaient deux dans la pièce. Ne restait plus qu’à découvrir l’identité de l’intrus, ou de l’intruse, bien qu’elle doutât qu’une femme puisse rester aussi stoïque, ou n’ait aucun mot à dire, pas même un petit crachat de jalousie. Statufiée, la pirate jouait la sourde oreille, l’atmosphère se tendant dans une étrange attente où le premier qui cèderait serait le plus impatient.

    La nacre mordorée de ses clavicules perçurent alors l’agréable esquisse de doigts masculins courant sur sa peau, alors qu’une voix du passé surgissait à sa plus grande surprise, surprise qui transparut dans l’éclat nouveau qui surgit dans ses yeux alors qu’elle susurra à son tour, ingénument.

    « Ca ne se fait pas de s’introduire chez les gens sans frapper ... »

    Voilà qui expliquait cet effluve abricoté tout à fait délicieux qui avait pris le dessus, la senteur fruitée embaumant avec une certaine puissance propre à l’alcool, riche relique de leurs mémorables aventures.

    Car elle n’avait pas oublié, l’insolente, les évènements de l’an passé. Comme si c’était hier, elle n’avait rien perdu des croustillants détails de leurs échanges plus qu’exaltants, ses sens frémissant sans mal des douces réminiscences que lui évoquaient Dandelo, car c’était bel et bien lui. Sa nuque se pencha, le cou gracilement abandonné à son prédateur, alors que ses iris myosotis retrouvèrent avec une surprenante facilité l’azure limpide, un sourire assuré peint sur le bout de ses lèvres. Il n’avait pas changé, ses souvenirs avaient conservé les traits, l’exotisme redoutable et la forme admirable qu’il avait su déployer à leur première rencontre.

    « Envie d’un petit bain, comme au bon ‘vieux’ temps ? »

    Et l’attirance semblait d’autant plus attisée qu’ils s’étaient séparés vivement. Car elle n’avait pas non plus oublié son départ aussi impromptu qu’involontaire, et de quelle façon le brasier qui avait été vivement allumé, s’était retrouvé bien difficilement et brutalement éteint. Une douche froide qui n’avait pourtant souffert d’aucune trace de rancune ; elle n’avait jamais douté qu’un homme puisse avoir la volonté de lui fausser compagnie si proche du but – une certitude qui la rendait aussi orgueilleuse qu’audacieuse -.

    Tendant une main humide en direction de sa nuque, elle attira cette dernière à elle, la chaleur du contact élargissant subtilement son sourire alors que ses lèvres frôlèrent les siennes dans un murmure équivoque et joueur.

    « Tu m’as manqué. »
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Jeu 28 Juil 2011 - 2:14

Ah qu’elle était grisante cette sensation ! Elle envahissait Dandelo, réchauffant son esprit prêt à éclater tellement il était guilleret. Mais, en bon comédien, le jeune homme gardait le contrôle, dissimulant tout cet entrain derrière son sourire en coin. En revanche, ses iris pétillaient comme jamais, et quand ils croisèrent la violine… Ces yeux, bon sang ! Leur éclat semblait complètement irréel. Il y plongea néanmoins sans la moindre retenue, étreignant la jeune femme du regard, à défaut de la prendre dans ses bras. Elle le contemplait également, détaillant ses traits avec presque autant de plaisir que lui. Il écoutait les mots rouler hors de sa bouche, les laissait s’évaporer dans l’air, non sans s’en être délecté au passage. Les mains toujours caressantes, ses lèvres glissaient sur une nuque vulnérable. Doucement, il s’en écarta, guidé par les doigts que la rouquine avait glissés dans son cou. Elle le mena à ses lèvres qu’il embrassa doucement d’abord, avant de s’abandonner la tendresse et à la passion.

« Oh toi aussi ! »
souffla-t-il à la belle.

Le clown se faisait violence pour ne pas céder trop tôt, faire durer, comme cette chaude soirée. Bien sûr, on aurait pu se dire qu’après l’année qui les avait séparés, il avait assez attendu. Mais non. Il voulait en profiter, aussi longtemps que possible.
Et puis après tout, Altiom et Lucie pourraient bien se débrouiller quelques heures, non ?

Après un dernier baiser, plus langoureux que les précédents, Dandelo se recula et laissa une main glisser sur le bras de la rousse, jusqu’à tremper dans l’eau tiède. Usant de ses pouvoirs, ses doigts immergés véhiculèrent leur chaleur dans la cuve, réchauffant l’eau jusqu’à ce que de la vapeur s’élève. Il retira alors la main de l’eau, la passa dans les cheveux de la baigneuse avant de les faire passer par-dessus l’épaule de cette dernière, laissant son dos complètement à nu.

« Comme au bon vieux temps hein ? Répéta-t-il tout sourire avant de poser ses lèvres sur la nuque offerte à son affection. Faisons ça oui. »

Il se redressa et laissa ses mains aller caresser, palper avec soin la peau nue, massant son corps avec soins. Il espérait se montrer aussi habile qu’elle l’avait été, et fut assez content de lui en sentant les muscles se détendre sous son action. La belle semblait sereine, les yeux clos, sourire aux lèvres. Encouragé, Dandelo poursuivit son œuvre tactile affectueusement, ne se lassant pas d’observer les lignes gracieuses que Kassandra laissait paraître et imaginant celles que l’eau savonneuse dissimulait par un jeu de flou et d’opacité laiteuse.

Peu à peu, ses mouvement se firent plus lent, et, finalement, ses bras de croisèrent sur la gorge de sa muse, chaque main effleurant son épaule opposée du bout de doigts. Appuyant son visage à gauche du sien, l’Artiste glissa un baiser sur leajoue exposée, avant de se contenter de l’étreinte qu’il lui donnait. Son regard se perdit dans l’évolution blanche et spiralée de l’eau, animée par quelques invisibles courants, puis passa sur la peau d’une jambe dévoilée. Il sourit, et murmura :

« Kassandra
– pause – La main souple s’empare d’une attention modique et ses doigts délicats aux ongles méphitiques jouent sur ma peau comme une caresse onirique… »

Il récita le poème d’un bout à l’autre, alors que les vapeurs se modelaient peu à peu jusqu’à montrer deux silhouettes dansantes tournoyer dans des rues fumigènes avant de s’évanouir dans l’air quand le dernier s’échappa :

« Je dois ouvrir les yeux, me lever, l’embrasser. »
Susurrait-il à l’oreille de sa douce.

Et le Don Juan se leva, attrapa son manteau et le tendit devant la cuve d’eau, prêt à en faire un peignoir improvisé, comme ça avait déjà été le cas par le passé. Son regard croisa à nouveau celui de la jeune femme, il lui adressa un clin d’œil rieur et détourna la tête, l’invitant à quitter l’eau pour l’étoffe bigarrée.
* Pas mal !
- T'as vu un peu ?
- Je disais ça l'année dernière aussi.
- Ah ta gueule !*


Ah qu’elle était grisante cette sensation !


Dernière édition par Dandelo le Jeu 28 Juil 2011 - 21:04, édité 1 fois
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Kassandra
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Jeu 28 Juil 2011 - 20:23

    Savourant la chaleur nouvelle du bain insufflée par le tendre arlequin, Kassandra s'enfonça avec paresse dans le brouillard chaud, des frissons parcourant chaque centimètre carré de son derme humide et soyeux. Il y avait ce parfum dans l'air de promesses inavouées et abandonnées qui se retrouvaient pour mieux se concrétiser, à la faveur du jour.

    Un premier baiser, puis un second plus fort, plus profond ; un goût d'exactitude et d'exaltation l'enivrait et annihilait ses défenses. Décidément, il semblait que l'idée bien inconvenue de s'être quittés sans un réel au revoir par le passé, ne faisait qu'exsuder la fougue de leurs retours respectifs. Ses lèvres caressèrent encore un peu sa joue, sa nuque, ses commissures, retrouvant ses marques et ses repères avec une douceur suggestive, alors que la pirate appréciait les senteurs de sa peau tannée, de son souffle vif et tiède.

    Patience est mère de sûreté. Un bien bel adage - quelque peu modifié, vous en conviendrez - qui, si elle avait su le respecter au pied de la lettre lors de leur dernière rencontre, ne serait cette fois-ci plus aussi adulé. Leur sagesse et leur retenue forcée les avaient fait perdre l'instant présent à un point suffisamment désagréable pour la rouquine, qui ne voulait plus renouveler l'expérience. On n'allume pas un brasier pour l'éteindre la seconde suivante, pour ainsi dire. Les mains fermes s'aventurèrent avec une délicatesse sur les terrains déjà connus mais ô combien convoités de ses épaules et de son dos, le saltimbanque la touchant, la manipulant, l'esquissant de ses paumes et de ses doigts avec l'habileté masculine qui lui seyait. Ces mains-là auraient pu faire d'elle ce qu'il voulait qu'elle n'aurait pas protesté bien longtemps.

    Un murmure félin s'échappa dans le silence brûlant.

    « Tu n'as pas changé, toujours aussi joueur ... »

    Il menait là une tactique dangereuse, poussant la provocation et le vice sans en être certain de lui-même pouvoir s'y soustraire. une stratégie qui ne lui déplaisait pas, car elle pouvait être à double tranchant et ainsi le faire plier avant elle. Car ni l'un ni l'autre n'ignoraient l'issue, ils n'étaient plus des enfants qui découvraient les sensations des premières fois, des premières approches. La seule chose qui leur échappait était de savoir quand.

    Totalement décontractée, souple et aisée, la silhouette se repaissait de la chaleur et des gestes, mais aussi des mots, ces mots qu'il lui récitait une fois de plus. Son timbre grave la berçait et l'éveillait, étrange paradoxe qui la fit sourire avec malice alors qu'elle se saisissait d'une de ses mains pour en embrasser le creux, la gardant prisonnière dans la sienne.

    « Et toujours aussi talentueux. Je ne me lasse pas de t'écouter. »

    Mutine, la rouquine joua à entremêler ses doigts aux siens avant de s'étirer, le laissant s'échapper pour l'accueillir entre les bras de son manteau qui faisait office de peignoir de premier choix. Y retrouvant son odeur et son habituelle température, la pirate usa et abusa à loisir de ce qu'elle savait déjà de lui, le laissant la frictionner tout en l'observant sans relâche, jouant l'insondable alors qu'il n'était pas dupe. Du bout des pieds, elle se hissa pour déposer un baiser chaste sur son front, alors qu'à nouveau elle s'égara sur sa tempe, sa joue, sa bouche, mordillant légèrement cette dernière avant de la quitter à demi-regret. Tantôt vive et séduisante, tantôt aguicheuse et fuyante.

    Comment pouvaient-ils encore être si maîtres d'eux-même ? Il n'y avait entre eux rien qu'un manteau. S'éloignant de sa portée pour lui filer entre ses doigts de prédateur, la délicieuse rusée l'invita d'un regard à la suivre alors qu'elle rejoignait la chambre, se dressant devant la fenêtre, dos tourné, le soleil venant réchauffer lui-même le minois encore humide de la douce.

    « Alors, dis-moi, est-ce le hasard ou la chance qui décidera aussi de la suite ? »

    Elle en avait terriblement envie et elle ne cherchait pas à le nier. Dans ses yeux brillait l'éclat de gourmandise de la chasseresse en proie à ses désirs les plus résistants. Derrière elle, elle devinait sans mal sa présence, la tentation tout aussi tendue par la volonté d'en finir avec ce petit jeu de patience qui usait son attente et aiguisait ses sens exacerbés.

    Lentement, le peignoir glissa de lui-même - ou bien fut-ce l'insolente diablesse qui le fit ? -, dévoilant les rondeurs des épaules et le début de la courbe cambrée de son dos.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Sam 30 Juil 2011 - 18:40

Une gerbe d’eau échappa à la cuve, éclaboussant le carrelage grossier pendant que Kassandra se levait pour se lover dans l’abri chaleureux qu’il proposait. Elle s’y blottit sans retenue, tandis que Dandelo la serrait tout contre lui avec une ardeur nouvelle. Il s’écarta à nouveau pour mieux contempler le visage parfait de son amante.
Il la gratifia d’un fameux sourire en coin, avant de commencer à la frictionner, doucement d’abord, puis avec plus d’entrain jusqu’à ce qu’enfin, les gestes ressemblent plus à des caresses affectueuses qu’à un quelconque séchage. Le Saltimbanque dessinait mentalement les lignes avantageuses qu’il devinait à travers l’ultime rempart que constituaient ses propres vêtements.
La belle ne semblait pas s’en soucier, au contraire, on aurait dit qu’elle appréciait ce jeu sensuel et rapproché. Prisonnière de son étreinte, elle en profita pour lui livrer quelques tendresses du bout de ses lèvres humides. Lunatique dans son affection, elle le couvait tendrement avant de se faire plus ardente et passionnée, tantôt timide et innocente puis tentante et pulpeuse. Kassandra jouait de ces nuances avec talent et elle, qui séduisait déjà sans atours, ne s’en retrouvait que plus tentante.

Après quelques autres caresses, elle se dégagea doucement des bras du saltimbanque et avança dans la chambre d’un pas léger et silencieux. Elle paraissait si fragile nue dans cet ample manteau, sa démarche était si gracieuse, ses cheveux apportait un flamboiement admirable à l’étoffe bigarrée. Dandelo était sous le charme. Oh bien sûr, il l’était depuis bien longtemps, mais là, ses yeux ne se détachaient pas d’elle. Il suivait chacun de ses pas, chacun de ses mouvements, glissait sur son corps à peine couvert pour retrouver ses iris violine et s’y égarer comme il l’adorait le faire. Mais le regard de la belle se cacha lorsqu’elle se tourna vers la fenêtre.

Le jeune homme imaginait ses paupières closes, ses pommettes légèrement marquées par un sourire et son visage relevé pour faire face aux rayons blancs du soleil. Songeant aux mots qu’elle lui avait glissés, il dit à son tour :

« Il faut dire que le hasard m’a permis de rencontrer une muse exquise. La voix était amusée, mais pas moqueuse. Il ajouta dans un souffle : et, par chance, j’ai l’impression qu’elle n’a pas fini de m’inspirer. »

Il pensait ces mots, et dévorait son amante des yeux, cherchant à graver le moindre détail dans sa mémoire. Elle, si belle, lui tournant le dos, immobile, sa peau claire auréolée par le soleil d’hiver.

« Alors, dis-moi, commença-t-elle finalement, brisant le silence d’une voix basse mais claire, est-ce le hasard ou la chance qui décidera aussi de la suite ? »

Dandelo ne répondit pas. Il avait tellement attendu, tellement désiré cet instant qu’à présent il était presque effrayé que la situation lui échappe. Comme l’amateur de vin hésitant à ouvrir une bouteille de choix par peur d’en gâcher le contenu. Mais voilà déjà que le manteau s’effaçait, révélant des formes attirantes. Les œnophiles pouvaient bien se torturer devant leur cru, Dandelo avait désiré et attendu ce moment il y a de cela un an et y avait souvent repensé avec nostalgie, le souvenir de la rousse ayant attisé quelques fantasmes.

La distance les séparant ne fut bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Du revers de la main il suivi son échine avant de la poser sur sa hanche. Il enfoui son visage dans son cou, s’enivrant de l’odeur de ses cheveux sans se soucier de leur humidité. Il releva la tête tandis que la belle se retournait enfin. Dandelo l’accueillit d’un sourire, sans prêter attention à la chute de son vêtement, qui ne couvrait plus rien désormais.

« Je ne pense pas être prêt à te partager avec l’un ou l’autre, Kassandra, murmura-t-il, qu’ils aillent trouver quelqu’un d’autre. »

Doucement, il écarta les mèches mutines de son visage et sécha du bout des doigts les gouttes qu’elles avaient laissées telles des larmes sur le bord de ses yeux. Puis il s’avança, s’arrêtant à un pouce de la bouche entr’ouverte, comme s’il hésitait. Il releva doucement les yeux, invitant la jeune femme à se noyer dans l’océan azuré de son propre regard, et l’embrassa longuement. Ses mains ayant retrouvé la taille de la jeune femme, il la fit pivoter doucement. Ses doigts remontèrent jusquà ses bras, sur lesquels ils traçaient une ligne sinueuse tandis que la belle s’asseyait sur le lit. Les mains se serrèrent brièvement avant de se séparer. Dandelo en profita pour enlever sa broigne, livrant un torse nu à son amante. Elle l’avait déjà vu lorsqu’il s’était lui-même baigné à Diantra, elle l’avait déjà caressé. Les souvenirs ardents remontèrent, avec le goût amer que la frustration avait laissé à leur séparation.

Il se pencha sur elle, posa une main sur son épaule et la poussa doucement pour l’allonger sur le lit. Suivant le mouvement, il s’étendit au-dessus d’elle en prenant soin de ne pas écraser son corps délicieux. Sa main descendit de la joue de la jeune femme, chatouilla son cou, coula sur sa poitrine et son ventre pour finalement s’arrêter sur ses hanches. Il laissait passait doucement, mais sans les poser, ses lèvres sur la peau exposée de la belle Kassandra. Il se contentait d’effleurer une gorge, un menton, une commissure, son souffle chaud et agité glissant sur son corps sublime.

Elle faisait pour lui l’objet d’un double désir. Il y avait une part ce qu’elle était et de l’autre tout ce qu’elle avait fait naître en lui. Egoïste jusqu’au bout, Dandelo voulait satisfaire ces deux convoitises.
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Mer 3 Aoû 2011 - 22:07

    Maligne, ses mots se murent en chuchotis.

    « J’ai hâte de voir ta prochaine œuvre. »

    Dos tourné, son approche la faisait frémir d’envie de se retourner et de capturer sauvagement ses lèvres pour en finir avec la brûlante pulsion qui lui tordait les sens. Mais il le fit pour elle. Le contact de sa main glissant insidieusement jusqu’au creux de ses reins, son souffle contre son cou, ses lèvres sur sa nuque, lui firent indécemment perdre tout bon sens de la raison, et la rouquine abandonna toute vaine volonté de pudeur, quittant le manteau sans regret. Elle lui fit face, dans le plus simple et le plus attirant appareil qui fut, seulement vêtue de son sourire.

    « Quel possessif … Tu vas faire des jaloux. »

    La patience s’amenuisait, leurs corps se frôlant, se touchant sans que rien encore ne soit à peine osé. L’impression que les secondes s’écoulaient avec la lenteur des heures rythmait leurs respirations troublées par la tension qui s’animait dans l’air. L’atmosphère était comme chargée d’électricité, et le baiser fougueux qui s’en suivit n’en fut que la conséquence irrévocable. Ses mains suivaient la courbe de ses épaules musclées sans relâche, animées d’un sentiment de fièvre léger et diffus qui s’emparait peu à peu de chacun de ses mouvements ; sa silhouette finit par choir sur le lit avec une incroyable douceur, l’impatience de leurs désirs contrastant fortement.

    Le regard qu’elle posa sur Dandelo trahissait délibérément sa faim qui s’attisa d’autant plus alors qu’il se débarrassait de ce qui l’encombrait. A nouveau la mémoire de leurs dernières épopées effleura son esprit échaudé. Dire qu’elle n’avait pas regretté d’avoir trop voulu jouer eut été une réelle aberration : Kassandra s’en était vivement mordue les doigts une fois qu’il avait abandonné la partie. Déclarer forfait contre sa volonté, en voilà là une bien triste issue à laquelle ils se devaient de remédier sans vraiment plus attendre ; ils avaient eu tout le temps pour ça auparavant.

    Fut-ce ces réminiscences ou la température qui grimpait nettement, mais l’ardeur de l’étreinte sembla en subir le contrecoup, alors que ses doigts fourragèrent lascivement dans la chevelure du saltimbanque, ses lèvres se joignant aux siennes dans une myriade de baisers enflammés, entrecoupés par leurs souffles rendus irréguliers par l’adrénaline. Le jeu prenait enfin la tournure tant espérée. Etrangement, la rouquine ne pouvait s’expliquer cette sensation qui lui envahissait l’esprit à chaque fois que leur éternel duel reprenait ; il semblait que chaque geste, chaque mot que Dandelo pouvait avoir sur elle avait une emprise démesurée. L’attraction ne se contrôlait certes pas, mais celle qu’elle avait ressentie depuis le début était, de mémoire de femme, peu commune.

    Ses paumes se firent aussi caressantes que des serpents, s’insinuant entre ses omoplates, contre le creux de son dos, frôlant son torse tandis qu’elles revinrent s’égarer dans sa nuque, les bras resserrant légèrement leur étau qui jusqu’alors n’existait pas. Chaque frisson qu’elle éprouvait, elle s’attelait à le lui rendre au double, quittant toute fausse innocence et tout esprit naïf.

    Comme si elle ne voulait pas quitter la chaleur vivace et vitale qui émanait de son amant, comme si ne plus ressentir les affres de sa peau se soudant à la sienne n’était pas quelque chose d’envisageable, la diablesse pimenta le jeu alors que ses jambes, qui jusque là s’entremêlaient aux siennes, s’enroulèrent comme de vicieuses couleuvres autour du bassin encore bien trop vêtu du saltimbanque ; embrassant sa nuque, la mordillant félinement, le myosotis recroisa à nouveau l’azuré dans un échange brûlant, alors qu’elle frôla ses lèvres, susurrant suavement.

    « Mais qui te dit que je comptais te partager ? »

    Il semblait bien que l’empressement fiévreux de leur bataille charnelle gagna le toucher de pirate, dont les doigts délicats vinrent à jouer le long de son torse, se dirigeant innocemment vers le dernier vestige de sa tenue. Plus qu’une question d’égalité vestimentaire, c’était surtout les pulsions croissantes de la jeune femme qui s’exaltaient crescendo face au saltimbanque ; clairement, il l’enivrait.
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Jeu 25 Aoû 2011 - 8:17

Dandelo ne pensait plus à rien. Tout son être était obnubilé par Kassandra, sa beauté et ses actes. Il aimait l’étreinte de ses jambes gracieuses s’enroulant autour de lui. Il aimait façon posée qu’elle avait de lui parler, qui contrastait avec la fébrilité de ses mains s’affairant sur la boucle de sa ceinture. Il aimait son visage presque concentré, partagé entre le harcèlement du désir, la satisfaction du plaisir et une moue agacée par la résistance du vêtement qu’elle tentait d’ôter à son amant. Il aimait tout ce qu’elle lui faisait ressentir. L’aimait-il, elle ?
*Rah, tu vas pas commencer ! Pas maintenant !
- J’y pensais juste comme ça !
- Ouais c’est ça. Tu ferais mieux de te concentrer sur ce sacré bout d’femme !
- C’est ce que je f…*
De dialogue intérieur du clown fut interrompu par un brusque bruit de déchirure issu de son entrejambe. Le sacré bout d’femme était impatient ! Trop agitée pour en défaire les boutons, la rousse venait ni plus ni moins de déchirer le pantalon du saltimbanque. Ce dernier se redressa légèrement et, d’un coup sec, fit craquer la toile de l’habit jusqu’à pouvoir s’en dépêtrer. Les haillons tombèrent au sol tandis que le corps dénudé allait chercher un peu de chaleur.
*Ça va être pratique pour ressortir, tiens …
- Tais-toi et profite.*
Profiter, ça Dandelo de s’en priva pas. Appuyé sur les coudes, ses mains caressant tendrement les douces épaules de la jeune femme qu’il assaillait de sa bouche gourmande. Embrassant ici, léchant là, mordillant par endroit ou effleurant simplement, rien ne fut épargné à la belle Kassandra. Un délicieux sourire mutin narguant ses joues rosies par le plaisir, cette dernière ne fut pas en reste. Ses jambes étaient toujours savamment enroulées autour de sa proie, l’entourant tels les anneaux d’un serpent pour lui couper toute retraite. Néanmoins, ses mains étaient libres et elles s’affairaient sur le corps svelte du jeune homme.

Quelque part, le hasard faisait bien les choses. La même humidité qui l’avait trempée durant la nuit l’avait forcé à s’arrêter, et donc à la voir. Sans cette chance, aurait-il pu seulement la chercher ? Il ne connaissait que son nom, la douceur de sa peau, l’éclat de sa chevelure et la couleur de ses yeux. Même si le goût de ses lèvres était resté ancré dans sa mémoire parmi les souvenirs de cette chaude soirée d’été à Diantra, il aurait difficilement pu l’utiliser dans son enquête.
Dandelo devait se rendre à l’évidence, il ne savait rien d’elle en dehors des plaisirs qu’offrait son corps et sa répartie. Qui était-elle ? D’où venait-elle ? Autant de questions auxquelles le magicien se jura de trouver des réponses, après. Car pour l’heure il était fort occupé.

Alors qu’il se penchait à nouveau pour mieux l’embrasser, la rousse roula sur la droite, le retournant jusqu’à échanger leur position. Kassandra dessus, et son clown en dessous. Dandelo ne protesta pas, si elle voulait mener la danse il la laisserait débuter, quitte à reprendre l’avantage par sa suite. Mais à cet instant précis il était aux anges. La poitrine rebondie pointant face à lui, quelques boucles rousses effleurant sa peau et toujours ce visage à se damner et ses yeux au magnétisme affolant. À chaque fois qu’il la regardait il trouvait plus de détails à sa beauté.

« Personne, répondit-il finalement dans un souffle à la question posée tantôt, mais lorsque l’on se trouve en compagnie d’une si belle personne, on ne peut que craindre de la voir disparaître ! »

Sa main glissa ensuite dans son dos, dévalant ses omoplates pour suivre la courbe de ses hanches, et finalement se poser sur des fesses aussi douces et fermes que ce qu’elles laissaient imaginer au regard.
Dandelo était parfaitement échauffé. L’intensité du moment que l’on aurait pu croire à son comble, ne cessait de faire mentir les ressentis en augmentant un peu plus à chaque caresse. Tout son corps brûlait d’envie de se fondre en son amante, à l’image de son ithyphallique organe, dressé d’excitation, devant la belle qui semblait en flatter l’encolure avant la chevauchée.

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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Mar 30 Aoû 2011 - 21:51

    La main un peu lourde, le craquement sonore trahissait la volonté d’acier de la demoiselle empressée. A n’en pas douter, il n’était plus question de se soucier à cette heure-ci qui repriserait le pantalon ainsi déchiré, et comment ressortirait-on de la fameuse petite chambre avec des frusques trouées au mauvais endroit. Non, vraiment, les préoccupations étaient toutes autres dans ce lieu aussi exigu que chargé de luxure.

    Le désir qui brûlait crescendo au creux de ses reins finit par éclater lorsque, n’y tenant plus, la rouquine fit basculer la donne, aussi bien physiquement que littéralement, faisant rouler son partenaire d’un habile coup de bassin. Ainsi fièrement assise à califourchon, son port altier narguant de toute sa hauteur le corps soumis à sa pression provocante du saltimbanque, la plantureuse liane rousse se pencha pour lui arracher un baiser avide.

    Les mots avaient laissé la place à un silence aride et bouillant. Ni l’un ni l’autre n’avaient plus aucune envie de gaspiller leur énergie à dialoguer, acte aussi obsolète que destructeur. C’était comme si la pièce avait soudainement vu le mercure éclater et s’épandre en larges flaques sur le sol. L’impatience, l’excitation, ou bien même l’attraction qui s’exerçait entre les deux joueurs invétérés était telle que le vent, la pluie ou l’orage aurait pu gronder sans pouvoir déstabiliser ou ruiner l’alchimie de leurs caresses suaves, de leurs baisers enflammés, de leur étreinte fébrile et néanmoins passionnée.

    A son image, la rouquine acheva de faire perdre totalement pied à son amant en usant de tous les talents – et quels talents ! – dont elle disposait pour pouvoir ainsi à son tour s’abandonner, et céder définitivement, leurs pulsions ayant atteint un apogée grisant.

    Lascives, les ombres bientôt ne formèrent plus qu’une seule silhouette.

    Se laissant glisser dans les méandres de la sensualité, le magnétisme agissait avec une force déroutante ; l’un répondait aux gestes de l’autre spontanément, l’animalité se teintait d’une douceur tentatrice qui éveillait un à un leurs audaces, et leurs souffles s’entremêlaient dans une symphonie sauvage et rythmée. La seule musique qui emplissait la pièce fut bientôt la mélodie des soupirs et des respirations rendues saccadées par l’instant, rendu progressivement extatique et voluptueux, véritable enivrement. La sensation, addictive, les fit vibrer jusqu’à la dernière inspiration, la dernière bouffée de concupiscence.

    Comme si la première étreinte n’avait pas suffi à assouvir pleinement leur envie de l’autre, plusieurs fois, leurs gestes et leurs corps engagèrent à nouveau un autre duel charnel, et à chaque fois il semblât que tout s'intensifiait pour faire naître une envie encore plus violente à chaque fois, jusqu’à ce que la soif s’étanche, jusqu’à ce que les deux êtres, repus et délassés, relâchent leur étreinte d’un commun accord. Dans un accès d’innocence bien trop surprenante pour ne pas être un brin mutine, Kassandra se blottit contre le torse du clown, sa main frôlant subrepticement ce dernier sans qu’aucun son ne franchit ses lèvres. Ce ne fut que lorsqu’elle accrocha son regard myosotis à l’azur de ses iris que, féline, elle laissa courir ses doigts le long de sa peau tannée, à la fois distraite et sage, sa voix suave murmurant dans un ronronnement serein.

    « Ca valait la peine d’attendre une toute petite année. »

    Leurs retrouvailles avaient été plus qu’à la hauteur des espérances fantasmées. Et à vrai dire, elle ne refusait pas l’idée de transformer en habitude ce petit rendez-vous annuel, voire même, de le rendre un peu plus fréquent ... Loin d’elle l’idée de s’attacher, cependant. La pirate ne pouvait pas nier qu’elle appréciait la compagnie, la vivacité d’esprit et les atouts physiques et charmeurs de son compagnon ; mais autant que lui pouvait douter et imaginer moult possibilités sur son identité et sur la vie qu’elle menait, elle-même ne savait pas ce qui se cachait derrière la façade séduisante et le verbe enchanteur. La seule certitude était cette magie qu’il maniait avec une aisance prononcée, et l’idée qu’il puisse ainsi contrôler des éléments qui elle-même la dépassaient ne pouvait pas forcément la rassurer ; lovée contre lui, tant qu’elle demeurait son alliée, elle ne se brûlerait jamais les ailes à son contact.

    Le calme après la tempête. On n’entendait plus rien, la scène, atemporelle et sans bruit parasite, se targuait de n’avoir besoin que de bien peu de paroles. Posant son menton à même le poitrail du jeune homme, ses yeux le défièrent avec malice et curiosité.
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Ven 9 Sep 2011 - 22:34

Le jeune homme était confortablement allongé, Kassandra tout contre lui. Il sentait son souffle chaud régulier, sa peau douce. L’amour avait emmêlé leur parfum en même temps que leurs corps et il régnait un calme presque étrange après la vivacité de la passion qui les avait étreints. Ils étaient presque immobiles à présent, enlacés. Dandelo était adossé à la tête de lit, un bras derrière la tête – l’autre étant occupé à tracer du bout des doigts quelques routes sinueuses dans le dos exposé de sa belle. Comme l’avait fait remarquer la jeune femme alors que leurs regards s’étaient croisés, le jeu en avait valu la chandelle. Pourtant, le visage du Clown se déforma en une moue dubitative alors qu’il lâchait :

« Mouais, pas mal. »

Il éclata de rire devant les éclairs que lui lancèrent les yeux de la rousse alors qu’elle esquissait un geste pour se redresser. Il la fit rouler sur le lit jusqu’à se retrouver dessus, tenant chacun de ses poignet pour l’empêcher de bouger. Il approcha doucement son visage du sien, un large sourire aux lèvres :

« Tu as été… Formidable. Merveilleuse. Sublime. Dit-il en ponctuant chaque adjectif d’un baiser rapide, sur le front la joue, la commissure de ses lèvres pour finalement l’embrasser plus langoureusement. Tu as été parfaite. »

Et ça n’était pas là des compliments immérités. Ces instants avaient été d’une volupté rare. Leur corps semblaient animés d’un seul et même mouvement, l’un répondant parfaitement à l’autre comme s’ils avaient été aimantés. Comme si chacun de leur geste était le mouvement d’une savante chorégraphie dont ils étaient les acteurs. L’harmonie qui semblait s’être emparée d’eux les suivait dans chacune des variations de leur danse. Tantôt lente douce et appliquée, ou ardente et passionnée.

Dandelo avait libéré la rousse et s’était étendu à côté d’elle. Ses yeux bleus contemplaient inlassablement le visage de son amante. Le détaillant à chaque fois comme s’il le découvrait pour la première fois. Il profitait de sa présence, en essayant de ne pas trop penser à l’après, qui revenait néanmoins harceler son esprit.
Après Kassandra.
Il se demanda d’abord s’il la reverrait. Au-delà de l’aspect plaisant de ce genre de ce genre de rencontre, il était séduit par l’idée d’avoir une muse somptueuse, comme en rêve chaque artiste, qui l’inspire de passions aussi intenses que fugaces. Puis il se rebiffa intérieurement : les femmes pouvaient être dangereuses et certains des plus grands de ce monde s’étaient retrouvés en pleine décadence par la faute de femmes qui les auraient séduit au point de les rendre fous. D’un autre côté, pouvait-il envisager de faire une croix sur un pareil trésor ?
* Il y en a beaucoup des femmes.
- Des comme elle ?
- Oh et puis zut ! *

Il secoua la tête avant de l’enfouir entre les deux seins de sa belle. Qui vivra verra, pensait-il. L’imprévu avait quelque chose de relevé qui donne du goût à la vie. Alors il ne prédirait rien et laisserait faire le hasard quitte à lui forcer un peu la main si l’envie lui prenait. Maintenant, il fallait juste jouir de ces instants volés. Ce qu’il avait bien fait jusqu’à présent. Mais il ne put s’empêcher un petit crocher vers le futur en demandant d’une voix moqueuse :

« Et on fait quoi maintenant ? »


Un sourire flottait sur ses lèvres, son regard fixant celles de sa bien-aimée qu’il embrassa rapidement. Il s’écarta à nouveau et repris :

« Sont-ce les Dieux qui t’ont menée vers moi ou as-tu des projets qui t’ont fait passer par Olyssea ? »

C’était plus fort que lui. Kassandra était de ces personnes envoûtantes dont l’image est entourée de mystères participants à son charme. Mais maintenant que Dandelo avait connu pareils délices en sa compagnie, sa curiosité était piquée au vif. Il y avait ce tatouage aussi, qui marquait le bas de son dos. Peu de personnes avaient dû le voir. Peu de femmes se faisaient tatouer. Mais il savait depuis le début qu’elle n’était pas comme les autres. Cependant il se contînt, trop de question d’un coup aurait pu rompre le charme en présence et il n’y tenait pas.


Dernière édition par Dandelo le Mar 3 Jan 2012 - 14:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Dim 9 Oct 2011 - 19:43

    Lascive, la jeune femme feignait la docilité, se laissant piéger entre ses bras puissants pour mieux savourer chaque baiser, chaque frôlement, dans un ronronnement malicieux. Si ses yeux avaient cru devoir trahir l’orgueil que Dandelo avait piqué par sa taquinerie, ils avaient repris cet éclat joueur et pétillant, alors qu’à nouveau Kassandra s’étira, mouvant avec douceur ses jambes qu’elle craignait voir s’engourdir face à un tel choc – ce n’était pas tous les jours qu’elle avait pu partager pareils instants volcaniques, c’était le moins qu’on pouvait dire -.

    Que faire ? L’idée vint presque avec spontanéité en même temps que la question fatale avait été posée. Ni l’un ni l’autre ne pouvaient vraiment fuir comme ils l’auraient sûrement fait en temps normal. Pour autant, ce moment n’avait rien de typique ni de coutumier ; pour une fois, partir précipitamment eut été du plus grossier, et il n’y avait pas de mal à rester en compagnie de l’amant ; pas de risques d’attaches, aucune contrainte, et donc de craintes. Au fond d’elle-même, la rouquine songeait avec d’autant plus de satisfaction que ce genre d’intermèdes était encore plus délicieux qu’ils ne conservaient que les avantages et se débarrassaient des détails ennuyeux.

    Féline, elle bondit habilement hors de leur cocon délicieux pour s’aventurer vers ses vêtements, oubliant toute pudeur et toute nudité, d’où elle ramassa une petite boîte métallique aux reflets dorés, tandis que son autre main venait cueillir au passage la bouteille d’alcool orpheline que Dandelo avait abandonné là. Alors qu’elle revenait vers lui toujours sans mot dire, ses mains lui tendirent le flacon d’ivresse débouché tandis qu’elle se rallongeait à ses côtés, ouvrant la minuscule boîte pour en extirper ce qui ressemblait à de la poudre émiettée, ainsi que quelques feuilles. Distraitement, ses mains agissaient dans l’ombre, alors que sa joue se posa contre son torse, sa voix vibrante et basse s’insinuant comme un souffle pernicieux.

    « Un peu des deux ... Même si en vérité je n’ai normalement strictement rien à faire ici ... Mais peut-être que tes projets ne sont pas si éloignés des miens. Qui sait ? »

    Evasive, elle l’était, peut-être à la fois par prudence mais aussi par volonté de conserver encore un peu ce brouillard de mystère qui les entourait tous deux l’un pour l’autre. Lui avait ses secrets et ses non-dits que Kassandra aurait aimé percer, pour assouvir une curiosité naturelle ; mais parfois, mieux valait vivre dans l’ignorance et profiter du plaisir de ne pas savoir. Le pressentiment qui enflait en elle lui suggérait de ne pas mentir sans pour autant tout avouer, comme si Dandelo avait pu, en d’autres circonstances, représenter une force bien plus hostile que celle d’un amant plus qu’exemplaire.

    D’un regard paresseux, la rouquine chercha les restes d’une chandelle encore brûlante pour allumer le petit rouleau d’herbes qu’elle venait de confectionner – l’habitude avait rendu la manipulation rapide, presque machinale -, en vain. A elle-même, la jeune femme soupira.

    « Ca manque de feu ici. »

    Avec l’ombre de la malice dansant dans ses pupilles, Kassandra croisa le regard céruléen du saltimbanque, ses lèvres effleurant les siennes dans un contact d’une chaleur anormale. Un des détails qui le rendaient à ses yeux d’autant plus fascinant était cet étrange aura qui se dégageait de ce corps souple et relâché, nonchalant. Il était mage, et semblait contrôler certain élément avec une aisance mesurée. Etait-ce là un indice sur sa propre identité, ou un simple détail dans la profusion de la palette qui colorait le personnage du saltimbanque ? La rouquine l’ignorait et ne comptait pas en rester là, même s’il n’était pas dans ses habitudes de mener des interrogatoires corsés après de tels ébats.

    « Après Diantra, Olyssea ... La prochaine fois, où se retrouvera t-on ? » Elle se redressa à mi-coudes, prenant une moue mystérieuse et joueuse. « ... S’il y a une prochaine fois, bien sûr. »
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Mar 25 Oct 2011 - 4:56

Dandelo tendit le bras pour saisir la bouteille qu’on lui tendait. Il porta le goulot à ses lèvres et s’immobilisa une seconde en laissant les effluves fruités envahir son palais avant de finalement renverser la bouteille pour laisser quelques gorgées d’abricotine couler dans sa gorge.

« Ma foi,
commença-t-il, j’arpente la Péninsule pour faire spectacle ici et là. J’étais déjà dans la région lorsque j’ai entendu parler de cette histoire de bête sauvage et de chasse. J’y ai vu une occasion de gagner un pécule supplémentaire et de me divertir un peu. »

Il avala une nouvelle rasade de liqueur avant de reprendre d’une voix plus malicieuse :

« Niveau finance, l’entreprise n’a pas encore été très fructueuse, mais pour ce qui est du divertissement, je suis ravi. »

Il lui sourit et observa ses doigts s’activer autour du contenu de son écrin, transformant rapidement ces quelques feuilles à fumer en un rouleau bien dosé. Il ne put retenir un sourire devant les vaines tentatives de sa muse et l’accueillit volontiers contre ses lèvres lorsqu’elle en manifesta l’envie. Il leva une main, pour placer un doigt sur la bouche de la jeune femme, réclamant quelques attentions. Il lui tendit la bouteille d’abricotine et s’empara, en échange, des herbes roulées. Le tenant à la base entre son index et son majeur, il approcha se sa bouche le bout destiné à brûler le premier. Il souffla dessus – pour la mise-en-scène – tandis que sa magie en embrasait le sommet. Au même moment, les bougies éteintes se rallumèrent et les buches empilées dans l’âtre d’une cheminée poussiéreuse s’enflammèrent.
Les yeux pétillant de malice, le Clown tira une longue bouffée avant de rendre à sa belle ce qui lui appartenait. Il laissa la fumée s’insinuer en lui avant de la laisser repartir doucement, dans un soupir.

« Moi, souffla-t-il, je trouve qu’on est pas mal ici. Il s’interrompit, se redressa avant de poursuivre : Quoi qu’un peu de nourriture ne serait pas de refus. Je vais aller chercher ça. »

Il se s’écarta lentement, et se leva, pas plus pudique que Kassandra l’avait été. Néanmoins, si cette dernière n’allait pas s’en émouvoir, la serveuse, en bas, aurait sûrement une réaction moins nonchalante confrontée à pareille vision. Dandelo rigola intérieurement à l’idée de ce spectacle, avant de s’emparer de sa chemise chiffonnée pour s’en vêtir. Il se pencha ensuite pour se saisir de son pantalon, et s ete redressa, tendant ce qui restait du vêtement à bout de bras. La toile était largement déchirée, de la taille à l’entrejambe. Amusé, il l’enfila malgré tout avant de constater que la déchirure donnait accès à une vue bien gênante. L’apparence globale était d’autant plus pittoresque que le jeune homme était maintenant obligé de tenir son pantalon pour éviter qu’il ne tombe. Le Clown se laissa à rire de sa situation avant de penser à une solution.
Abandonnant l’habit à ses pieds, il s’approcha maladroitement du lit avant de s’y laisser retomber. Sous l’œil attentif de son amante, il chercha le bord du drap et le déchira de manière à obtenir une longue bande de tissu. Il se releva, remonta son pantalon et enroula le tissu au niveau de sa taille en une ceinture improvisée qu’il acheva d’un nœud grossier. Il attrapa son manteau, l’enfila et le ferma : la malheureuse bande de tissu était cachée et son pantalon tenait. C’était parfait. Ainsi paré, il se s’assit contre sa belle, embrassa son sein, remonta sur son épaule, sa gorge, et glissa sur ses lèvres un baiser aussi vif que son regard pétillant.

« Le Destin semble décidé à nous mener l’un vers l’autre, je ne doute pas qu’il y ait une prochaine fois. Cependant, j’ignore où et quand se déroulera notre prochaine rencontre, donc j’aimerais profiter de celle-ci. Attends-moi, ma belle, je ne serais pas long. »


Il sorti à reculons, presque à contrecœur, comme s’il craignait que sa muse ne s’évapore en son absence.
* Ce qui est relativement sot, il faut l’admettre.
- Oui bon, ça va.*

Débattant ainsi intérieurement du fondement de ses craintes, Dandelo descendit l’escalier menant aux chambres pour retrouver le comptoir usé du rez-de-chaussée, ainsi que sa sa rougissante serveuse.
La mignonne ne douta pas un instant de sa bonne foi, lorsque le Don Juan lui expliqua qu’après leur sieste réparatrice, sa cousine et lui s’étaient trouvés affamés. Il commanda du pain et du fromage ainsi qu’un peu de charcuterie. Il allait monter son butin lorsque lui vînt l’idée de prendre une nouvelle bouteille d’abricotine. Au moment précis où il allait passer commande, la porte d’entrée de l’auberge s’ouvrit, laissant un courant d’air glacé parcourir la pièce tandis que deux gardes entraient dans l’établissement.

L’uniforme, qu’il avait déjà pu voir dans la matiné, rappela au jeune homme qu’il s’était engagé dans une quête auprès de quelques gens et que, s’il n’était pas disposé à y retourner tout de suite, il aurait été de bon ton de se renseigner, ce qu’il entreprit aussitôt :

« Bien le bonjour braves gens ! La beste a-t-elle été démasquée ?

- Nan, grogna le premier garde en tapotant son ventre rebondi d’une main potelée, et on est pas près d’mettre la main d’sus à c’te bestiole, si les mercos foutent le bazar ! »

Encouragé par le masque de surprise qui s’était étalé sur le visage du Comédien, le garde continua :

« Y nous ont déjà cramé la taverne ces brutasses. On cherche le responsable. Ils viennent pour la récompense mais ils cassent tout, on va pas laisser faire, v’comprenez ?

- Naturellement, répondit Dandelo en offrant au militaire une rasade d’abricotine. J’ai entendu parler de cet incendie, mais on m’a dit que les coupables étaient des nains.
- Que nenni, postillonna le gras, ça c’t’une feinte. Le maraud serait magicien !
- Ca alors ! Vous avez donc un suspect ?
- Farpaitement !! »

Le deuxième garde fixait Dandelo, il voulut prendre la parole mais son binôme, qui devait être mieux gradé, le fit taire d’un geste de la main. Il se contenta donc de fixer le jeune homme, en se raclant bruyamment la gorge.

« On cherche un jeune type, cheveux bruns, plats, yeux bleus, la peau mate. Il serait ivre mort. Le deuxième garde toussa plus fort. Ah oui, il a une cape, foncée. »

Tandis que le subordonné levait les yeux au ciel, Dandelo se félicita d’avoir laissé la cape d’Altiom dans la chambre.

« Et bien messieurs, déclara-t-il finalement, je vous souhaite bonne chance dans vos recherches ! La justice triomphe toujours ! »

Il prit le panier de victuaille sous son bras et, après avoir salué les deux gardes qui ressortaient, il remonta vers la chambre, hanté par le regard du deuxième garde : il savait !
Il hésita un instant devant la porte, avant de l’ouvrir prestement. Il avança aussitôt vers son amante, posa son panier, et l’embrassa avec fougue et passion. Lorsque leur langoureuse étreinte s’acheva, il eut un sourire contrit :

« Il semblerait que j’ai quelques problèmes avec la maréchaussée. Je dois filer et tu devrais en faire autant, j’en suis désolé. »


Il la regarda un instant, plongeant son regard profond dans ses yeux dansant. Il alla ramasser la cape d’Altiom qu’il avait laissé en boule dans un coin, puis se dirigea vers la porte. Sur le seuil il s’arrêta et dit :

« À bientôt Kassandra ! »


Puis il disparut de la pièce, dévala l’escalier pour tomber nez à nez avec les deux gardes stupéfaits. Le gros resta ébahi un instant tandis que le deuxième pointait du doigt la cape qu’il tenait encore à la main. La porte de sortie étant obstruée par ces deux individus – et ne tenant guère à un se faire arrêter – Dandelo utilisa sa magie pour faire jaillir quelques voiles d’étincelles qui aveuglèrent l’assemblée avant de courir vers la fenêtre la plus proche et de passer à travers.

Il roula au sol, sur les pavés durs et froids, tandis que des morceaux de verre retombaient avec fracas, sans lui causer de blessure mais entaillant son manteau à plusieurs endroits. Il se releva comme il put et s’enfuit à toutes jambes. Il était déjà bien éloigné lorsqu’il entendit les premiers cris du gradé et ne se risqua pas à attendre ce dernier. À présent il fallait se faire discret, et retrouver Altiom avec qui devait être Lucie.

Bon sang, quelle journée !


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Kassandra
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MessageSujet: Re: Complaisant malentendu [Dandelo]   Dim 6 Nov 2011 - 17:43

    Songeuse, la rouquine laissa ses souvenirs lui rappeler les quelques affiches clouées à la hâte ça et là à l’entrée de la ville. Des annonces, somme toute concises mais expéditives, annonçaient clairement la couleur : un prédateur à trouver, et de l’argent à la clé. Un peu d’adrénaline, de sang et de piécettes sur lesquels aucun mercenaire, et à plus forte raison, aucun badaud doué du sens de la raison ne cracherait. Donc, nécessairement, de quoi mettre la pagaille dans une région déjà assez secouée par la menaçante ‘Bête’.

    « Ah oui, j’ai vu ça ... Cette histoire de tueur met tout sens dessus dessous. Enfin, vu le pactole à gagner, ca m’étonne pas vraiment. »

    En guise d’échange de bons procédés, le rouleau passa de main en main au même rythme que la bouteille, dont une quantité raisonnable fut chapardée pour finir sur les lèvres de la diablesse, qui humecta ses lèvres avec délice. Une fois le paradis artificiel consumé, la cheminée et les chandeliers s’accordèrent sur la même partition, s’éclairant soudainement d’une lueur bienfaitrice qui fut accueillie avec un soupir d’aise de la part de la jeune femme. Se calant un peu plus contre le torse de son amant, la rouquine délaissa la bouteille pour récupérer son dû, dont elle savoura une bouffée amplement méritée.

    « Cela dit, les raisons de ta présence ne sont pas les miennes. »

    Avec tout autant d’amusement, elle put admirer les efforts prodigieux de Dandelo, qui sur une initiative appréciable, s’était échappé du lit pour constater l’étendue des dégâts du pantalon et ses ingéniosités afin de cacher ce qui ne devait être vu, pour ne pas choquer les esprits olysséens. Etouffant un rire dans une gorgée d’alcool, la rouquine mima de souffler un baiser de la main à l’adresse du saltimbanque, tandis qu’une fois la porte refermée, la jeune femme s’étala de tout son long, agitant paresseusement ses jambes alors qu’elle tirait une taffe excessive du petit rouleau précédemment allumé.

    Alors que la fumée s’échappait de sa bouche pour s’étioler dans l’air chargé d’une chaleur agréable, Kassandra songea aux priorités post-détente. Ne jamais trop s’éterniser, même dans de pareils instants. Bien que le calme et la nouveauté de la situation avaient quelque chose d’appréciable que la pirate ne reniait pas, le soupçon que tout ceci aurait une fin un peu brute ne la quittait pas. Elle conservait toujours une ombre de rancune pour les deux idiots qui étaient intervenus, à tort, la dernière fois que nos deux étranges oiseaux s’étaient rapprochés d’une manière similaire.

    Enfumant nonchalamment la pièce, la pirate laissa son regard violine errer sur le tas de vêtements encore là. La curiosité avide qui l’habitait l’aurait volontiers poussé à fouiller pour chercher d’éventuels indices supplémentaires oubliés par Dandelo, afin d’en savoir encore un peu plus sur lui ... Ce qui n’était peut-être pas des plus loyaux, mais après tout, il n’y avait pas de règles définissant réellement ce qu’il en était. Aussi la jeune femme soupira, trop empâtée dans une flemmardise délicieuse pour penser à autre chose.

    Malheureusement, et comme elle l’avait inconsciemment prédit, l’accalmie fut d’une durée étonnamment courte : ce fut un saltimbanque étrangement pressé qui s’engouffra vivement dans la chambre, pour y déposer le tas de victuailles et lui ôter toute parole possible par un baiser des plus houleux – une attention loin d’apaiser la rouquine dans le sens escompté ; il était infatigable ? -. L’explication de cette fougue fut pourtant bien moins enthousiasmante que celle espérée, et la demoiselle d’apprendre qu’une fois de plus, il y aurait deux gardes pour venir perturber le cours des choses. Marmonnant quelque chose qui ressemblait à s’y méprendre à des jurons bien sentis, l’incendiaire rouquine le retint par le col, l’embrassant une dernière fois, et le regarda s’éloigner, s’étant redressée, sur le qui-vive. Avant qu’il ne parte, elle lui lança.

    « Toujours aussi imprévisible ... A la prochaine ! »

    Se laissant retomber de tout son long contre l’oreiller moelleux, la créature s’extirpa du lit tant bien que mal pour se pencher, et attraper ses frusques pour les enfiler prestement. Brusque, la jeune femme écrasa le mégot contre le mur – faute de mieux, et un peu à contrecoeur -. Du regard, elle avisa distraitement le panier qu’avait laissé Dandelo ... Alors que de lourds pas résonnaient au loin, s’approchant dangereusement de la porte. Il fallait faire vite. Achevant de nouer son corset, la rouquine se saisit du panier et l’envoya valser dans un recoin de la pièce, avant de prendre la direction de la porte à pas rapides et d’appuyer sur la poignée pour sortir et ...

    A quelques mètres devant elle, non loin de l’issue salvatrice, le garde semblait interroger un des clients de l’auberge. Concentré, il n’avait sûrement pas entendu le grincement du parquet, ni même du pan de bois qui s’était ouvert. Inutile d’attendre que le bougre la remarquât. L'air de rien, marchant le plus silencieusement du monde non sans quelque peu raser le mur opposé comme si c'eut été l'action la plus banale et la moins suspecte au monde, la pirate eut à peine le temps de s’engouffrer dans l’escalier que le garde s’était retourné ... Pour ne voir qu’une porte ouverte donnant sur ce qui avait tout l’air d’un lieu fraîchement déserté.

    Déjà sortie, Kassandra ne put guère entendre les gracieux noms d’oiseau qui résonnèrent dans l’auberge des Quatre Loups.
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