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 Non loin d'un tertre

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 15:17

[PV]

Un léger courant d’air vint lui rafraîchir l’esprit.
Non pas qu’il ait spécialement chaud. L’automne commençait à se faire sentir, même dans le pays langecin, dont le climat était pourtant doux. Pourtant, les nuits étaient devenues plus froides, et les journées, s’alourdissant parfois de nuages menaçants, abritaient un air moite qui, s’il n’était pas glacial pour autant, avait la caractéristique de pénétrer les habits et les os du cavalier.
Ce dernier, menant avec relâchement sa jument sur un vieux sentier d’âne qui serpentait dans ce sous-bois où il avait eu la bonne idée de chevaucher la veille puis de se perdre dans la soirée déclinante. Cela faisait quatre jours que le comte avait délaissé sa cour, qui s’était installée dans l’un des châteaux de la frontière, pour rejoindre en catimini la demeure d’une jeune Missédoise qu’il avait courtisé avec une certaine régularité durant ces derniers mois. Hélas, impatient de retrouver la mie puis, une fois que le froid eut envahi la rase campagne, de sentir la chaleur d’un âtre chatouiller ses pieds gourds, il avait fini par rallonger ses marches. Croyant deviner un raccourci qui traversait le bois qui l’hébergeait à présent, il avait donc bifurqué pour perdre tout à fait la grand-route et s’enfoncer toujours loin dans ce terrain accidenté.
Finalement, las de cette escapade vouée à l’échec, il finit par aviser un joli coin de verdure et décida de s’y installer, le temps de vider son outre de vin et se décrasser un peu de cette course. Le dit lieu était un bosquet tout à fait charmant. Une presque clairière jouxtait une sorte de bassin où une cascade s’élevant à trois toises de haut relâchait une eau claire et fraiche. Le choc de l’eau de la cascade se jetant dans le bassin produisait une légère gaze humide, un nuage de brume qui donnait au paysage un aspect idyllique. Tournant le dos au bassin et à la presque clairière, un cube de pierre se tenait près du ru qui coulait à partir du bassin. Ce bloc de roche d’un gris anthracite avait un aspect sinistre qui contrastait avec le reste de l’emplacement, et si Aetius avait eu un brin de curiosité, il aurait pu découvrir que cette étrange exubérance pierreuse n’était rien d’autres que la poterne d’un tombeau.

Une fois qu’il eut démonté, posé son barda et dessellé sa jument, il vint tremper ses bottes dans l’eau aux vertus régénératrices. Apaisé et fortifié au contact du liquide clair, il finit par se déshabiller jusqu’à ne garder que son baudrier et la chemise blanche. Son épée, il la planta sur la ‘berge’. Sans plus attendre, il se jeta à l’eau, poussa un cri de surprise sous l’effet du froid puis tenta de garder pied tout en s’approchant de la cascade, car il ne savait pas nager. Ceci fait, il resta immobile, profitant de la force de l’eau qui fouettait son corps. Et lorsqu’enfin il en eut assez (ou trop froid), il rejoignit ses sangles pour y saisir un morceau de savon, avec lequel il revint au bassin et commença à se frotter.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 15:17

Une lettre arriva peu de temps après le retour des chasses d'Ysari, une lettre portant le sceau des Gwidyr. Aelalia regarda le pli que lui tendait un valet et c'est grand enthousiasme qu'elle ouvrit celui-ci. Une lettre du domaine signifiait une lettre de sa mère et donc une remontrance. A sa grande surprise, c'est son frère qui lui avait écrit. Julyan lui demandait de venir en visite au domaine familiale car selon les mots couchaient sur le papiers, il se languissait d'elle. Une attention touchante et sans attendre Aelalia demanda à ce qu'on lui prépare ses effets et son cheval. Lyrin eut vent de se départ précipité et exigea que sa soeur soit accompagnée par quelques gardes. Prenant congé, Aelalia monta à cheval et tourna le dos à Missède pour quelques temps.

Le voyage vers les terres de sa famille fût relativement court et pris une demie journée tout au plus. Sa mère se trouvait dans la cours quand la jeune noble y pénétra, les joues rougit par le voyages. Point de remontrances, Dame Adriana prit sa fille dans ses bras et fit appeler Julyan pour que celui ci vienne accueillir sa soeur. Une embrassade rapide avant de rentrer dans le manoir pour qu'Aelalia leur raconte les derniers passés à Missède et bien sûr les chasses en Ysari. La jeune rosière ne manqua pas de s'extasier sur les chasses, un de ses grands plaisirs. Le faste et les invités de marques présents, la duchesse de Soltariel, le baron d'Ysari bien entendu et aussi le comte de Scylla. Sa mère tilta en entendant ce nom. Il s'agissait bien du prince du sang, cousin du roi. La blonde à la crinière léonine avoua qu' Aetius d'Ivrey lui avait accordé une danse, un homme fort charmant certes mais avec une réputation de coureur de jupon. Julyan émit un sourire et sa mère démentit ces propos, il faut dire qu'à ses yeux seul le rang compte. Après le récit de ces derniers, Aelalia se retira pour se restaurer. Très vite, l'envie de parcourir les terres familiales se fit sentir. Elle alla demandé à son frère de se joindre à elle, mais celui-ci refusa prétextant un mal de tête. Sans plus attendre Aelalia rejoint les écuries pour y seller Rajid et prendre la route direction la forêt.

La tête dans les nuages, elle ne fit même pas attention à la direction que prit Rajid, c'est en émergeant de sa rêverie qu'elle reprit les rennes. C'est compter sur le flair de l'étalon. Rajid se mit à hennir comme un fou, au vu de son agitation, Aelalia en déduit qu'il avait sentie une jument. Mettant pied à terre, elle continua, son cheval la suivant. Le bruit d'une cascade se fit entendre, elle connaissait cet endroit pour y être venue plus d'une fois s'y baigner. Aujourd'hui l'air était trop frais et le ciel trop sombre à son goût. S'approchant un peu plus, elle put remarquer la cause des hennissements de son cheval. A la limite de la clairière, elle s'arrêta, au sol traînaient des affaires, un homme sans aucuns doutes. Aelalia s'approcha un peu plus, cette fois elle pouvait le voir. Un homme en train de se laver, sa chemise laissant deviner un corps relativement musclé et bien proportionné. Sans gêne, Aelalia le regardait faire. Ne voyant pas son visage, la demoiselle ne pût l'identifier. S'approchant encore, pour finir sur la berge, elle toussota pour faire part de sa présence et son cheval en rajouta une couche en hennissant pour attirer l'attention de la jument. Elle finit par ouvrir la bouche :


" Il est rare que l'on rencontre du monde ici, je suis pourtant une des seules à connaitre cette clairière. "
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 15:54

Tandis qu’il s’attelait à sa toilette, chantonnant quelques lignes de Signorz et ribodez (vous savez, cette petite chansonnette : "Un seigneur, honneste personne comme oncques ne vy / Avait des dignes chevaliers et belles dames en beaux amy"), cette ballade populaire qui avait parcouru le pays, quelle ne fut pas la surprise d’Aetius lorsque, dans son dos se fit entendre un toussotement qui le fit tressaillir. Se retournant incontinent, jetant un regard à son épée puis à la compagnie qui l’attendait, il crut un instant sa perte proche, et que le baron, ayant appris sa vadrouille, avait décidé d’envoyer quelques sbires pour, à défaut de le venger, au moins résoudre cette histoire d’adultère entre le comte de Scylla et l’ancienne fiancée du baron de Missède. On imagine bien qu’Aetius se rasséréna rapidement lorsqu’il n’aperçut que la silhouette gracieuse d’une jeune damoiselle esseulée.

Mais ne l’avait-elle pas déjà croisé quelque part, cette beauté diaphane ? La fixant un long moment avant de la déshabiller d’un regard lent et inquisiteur, il finit par regagner ce sourire charmeur qui lui valurent la haine de tant de parents et tandis qu’il s’essayait à rejoindre la berge sans tomber dans le bassin, dont le calme avait l’air d’insinuer que le trou d’eau serait sans fond, et que le malandrin qui ne se sauverait pas d’une glissade ne se sauverait pas non plus d’une noyade. Aussi, avec une prudence maladroite, Aetius, qui rougissait à cause de sa démarche pataude et son allure qui manquait cruellement de superbe, finit par atteindre la berge. Il était alors séparé de la biche par quelques pas dans les flaques.

« Mais, damoiselle, qui vous dit que je suis du monde ? Qui vous dit que je ne suis pas la naïade de cette rivière ? »

Et tandis que le comte, qui avait décidé de ne pas fuir devant le danger (comprendre : ne pas se rabattre sur des habits moins translucides et collants), continuait de jeter des regards appuyés et des sourires courtois, la jument jumentait.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 17:05

Quand "l'inconnu" montra son visage, Aelalia eut un sursaut de surprise. Mais que faisait le sieur d'Ivrey sur les terres des Gwidyr et encore plus étonnant dans la Baronnie de Missède. La rosière avait eu vent de la mésentente entre le Baron et le Comte, une histoire de tromperie qui avait fait beaucoup de vague et qui avait provoqué bon nombre de commérage. Si bien que le Baron de Missède ne voulait plus du Régent sur ses terres. Aelalia n'avait que faire de ce genre d'histoire et reporta donc son attention sur le prince du sang. Celui-ci parut d'abord surpris puis l'espace d'un instant eut le réflexe de tourner la tête vers son épée, croyant surement être le sujet d'une embuscade. En voyant la jeune femme, il se reprit pour devenir le charmeur tant redouté des hommes et adoré par les femmes. Il faut dire que sa réputation n'est plus à faire. Revenant vers la berge de manière assez ridicule il faut le dire, il répondit :

« Mais, damoiselle, qui vous dit que je suis du monde ? Qui vous dit que je ne suis pas la naïade de cette rivière ? »

Aelalia se mordit l'intérieur des joues pour ne pas rire. L'Ivrey n'était pas du tout à son avantage et ne semblait pas dans son élément. C'est le regard rieur que la douce demoiselle répondit à son tour :

"Messire, une naïade sait nager et je crois qu'au vue du peu d'aisance que vous avez dans l'eau, vous ne faites pas parti des leurs."

Légèrement moqueuse, Aelalia fixait le visage du Comte, tout en souriant intérieurement. Il était maintenant au bord de la berge en faisant face à la jeune femme, sans vraiment chercher à ce cacher. La chemise qui était censée le dissimuler ne servait plus à grand chose. Par pudeur, la damoiselle détourna son regard.

" Que fait le Comte de Scylla sur les modestes terres de ma famille ? Une chasse improvisée ou bien une visite de courtoisie au Baron ? "

Pas très courtois, mais Aelalia n'était pas connue pour sa docilité. Elle se voulait fougueuse, la langue bien pendu et pleine d'entrain, au grand damne de sa mère.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 17:16

Aetius était connu pour être un homme aux humeurs changeantes. On disait que seul Grelots, son fou, était le seul à pouvoir lui tirer un rire, un sourire ou un simple sourire agacé lorsqu’il se complaisait dans la gouaille. Le reste de la cour se gardait bien de jeter une saillie au milieu de l’assemblée et sur le comte sans qu’elle ait sondé le tempérament dans lequel ce dernier était pour la journée. Cependant, il était souvent d’une excellente humeur lorsqu’il était avec une belle femme, aussi on se doute bien que les traits d’esprit et autres moqueries de la petite châtelaine n’avaient pas manqué de tirer un sourire à notre brave prince.

Lorsqu’elle supputa sur la raison de sa venue, Aetius n’eut que l’embarras du choix, et au lieu d’afficher tout de go la raison, un peu immorale, de sa venue, il mentit sans gêne.

« En effet, je venais saluer mon voisin pour ses nouvelles fiançailles, en bon frontalier, voyez-vous. Mais je me suis perdu, semble-t-il. J’ignorais jusqu’alors que je me trouvais sur les terres des illustres Gwidyr, jusqu’à ce que les dieux m’envoient leur représentante la plus charmante. »

Aetius, comme il flattait la belle pouliche (oui, il caressait l’encolure de sa jument, qui s’était rapproché de son maître), tramait de bien troubles pensées dont la jeune vierge était le sujet. Lorsqu’il eut jeté son compliment, il s’arrêta et parut hésiter. Il aurait pu lui demander l’hospitalité, et il s’apprêtait à le faire, lorsqu’il prit conscience que la belle blonde se trouvait être seule, et que cela le ravissait au plus haut point. Avec un bien grivois dessein en tête, il s’approcha d’Aelalia sans crier gare jusqu’à atteindre son étalon et venir l’inspecter.

« Un bien bel animal que vous avez là », dit-il sans détourner son regard du puissant cheval. « On m’a soufflé à l’oreille que votre frère le seigneur de Gwidyr vous avait fiancé, est-ce vrai ? »
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 17:18

« En effet, je venais saluer mon voisin pour ses nouvelles fiançailles, en bon frontalier, voyez-vous. Mais je me suis perdu, semble-t-il. J’ignorais jusqu’alors que je me trouvais sur les terres des illustres Gwidyr, jusqu’à ce que les dieux m’envoient leur représentante la plus charmante. »


Trop de pompeux dans une seule phrase, voilà qui sonnait faux dans la bouche du Comte mais en bonne demoiselle, Aelalia émit un sourire faussement timide avant de répondre avec une certaine ironie :

" Et bien Mon Seigneur, c'est tout à votre honneur. Je suis certaine que le Baron aurait été heureux de recevoir vos félicitations et sa future femme tout autant. "

La pucelle aurait dû être actrice. Papillonnent des yeux face au compliment d'Aetius, elle ne pût s'empêcher de pousser le vice un peu plus loin, en mimant un rougissement semblable à une tomate bien mûre. Le meilleur moyen de flatter un homme et de lui faire croire qu'il vous a dans la poche avec des compliments. Sa mère et elle était peut-être en désaccords sur beaucoup de chose mais Aelalia avait bien suivis son enseignement sur " Comment ne pas se faire avoir par un homme ".

" Vos flatteries me gênent Monsieur."

Le jeu qu'ils avaient entrepris allait être fortement intéressant. Aetius s'approcha dangereusement de la belle, pour finir par inspecter son cheval. Rajid, un brin nerveux et n'aimant pas les hommes, renâcla avec puissant tout en plaquant les oreilles en arrière pour montrer son mécontentement.

« Un bien bel animal que vous avez là »

Il est vrai que l'étalon offert par son frère était le plus beau des écuries des Gwidyr, Julyan s'en était séparé avec regrets mais voyant le bonheur de sa jeune soeur, avait fini par s'y faire.

" D'un caractère aussi affirmé que sa propriétaire Mon Seigneur. "

Encore un sourire, avant de l'estomper pour en venir au sujet qui fâche, le mariage. Aelalia pour fuir son mariage arrangé avec un seigneur bien trop vieux à son goût, avait en quelques sortes accepté un mariage de convenance avec un jeune noble, bien que la chose ne soit pas encore officiel. Elle fût alors fortement étonnée que le Comte soit au courant.

" Je... Et bien, il est vrai mon seigneur que sous peu je serais officiellement fiancée, enfin c'est ce que nous espérons. Mais comment pouvez-vous être au courant de ça alors que ma mère elle-même ne l'est pas ?"
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 19:59

Le début de la conversation s’était placé sous les meilleurs auspices. Un Aetius quasiment nu, une jeune damoiselle rougissante. Non, vraiment, tout allait pour le mieux, et le comte, assuré de son aura, croyait qu’il allait pousser le vice plus loin et ce dans des délais peu chevaleresques. Mais, comme il flattait l’encolure du cheval en imaginant bientôt caresser l’encolure de la pouliche, il découvrit que la damoiselle avait aussi de la répartie. Mordante ou provocante ? Comment le savoir ! Aetius, qui avait un peu connu les jupons de Missède, s’assura qu’il s’agissait d’un petit combat d’esprit pour se mettre en chauffe avant de passer aux choses sérieuses, et rien d’autre.

« Les chevaux comme le vôtre, et leur propriétaire, ne devraient jamais être approchés des vieillards. Ils sont trop faibles pour faire face à l’insoumission, et dès qu’il s’agira de débourrer la monture, ils échoueront honteusement. Ces choses-là, damoiselle, sont réservées à certains hommes, qui savent y faire pour attendrir montures et fiancées. »

Remarque bien grasse venue d’un petit chevalier propulsé comte de Scylla, effectivement. Et toute honte bue, Aetius, dans son drap humide, continuait, innocemment il faut le croire, à s’intéresser à Rajid sans tourner un instant son regard vers la rosière, comme si c’était un professeur qui expliquait une banalité à son élève.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 20:38

« Les chevaux comme le vôtre, et leur propriétaire, ne devraient jamais être approchés des vieillards. Ils sont trop faibles pour faire face à l’insoumission, et dès qu’il s’agira de débourrer la monture, ils échoueront honteusement. Ces choses-là, damoiselle, sont réservées à certains hommes, qui savent y faire pour attendrir montures et fiancées. »

Et bien, voici un adversaire de taille. Qui aurait-pu penser que la jeune de Gwydir se mesurerait face à un homme tel que lui. La belle rosière saluait son esprit, bien qu’il fût facile de voir ses intentions, si elle avait été en admiration devant lui, elle aurait facilement succombé. Mais il en fallait bien plus pour cela.

« Est-ce ainsi, d’une manière fort bien tourné que vous mettez les dames de la Péninsule dans votre lit Monseigneur ? »


Aelalia était loin d’être sotte, elle avait failli se faire avoir étant plus jeune. Un homme de bonne naissance était venu séjourner dans les terres de son frère, à cette époque, la demoiselle ne connaissait rien les jeux de l’amour, de la séduction. Elle avait alors été la cible de ce soit disant gentilhomme. Grâce à lui, Aelalia en avait appris un peu plus sur les hommes et leurs belles phrases. Ne serait-ce que pour ça, elle voudrait le remercier.

Un sourire malicieux aux lèvres, elle regarda le Comte s’intéresser à son étalon. Le faisait-il exprès ? Certainement. Détaillant une nouvelle fois l’Ivrey, elle finit par détourner la tête. Il était encore à moitié nu, sa chemise collant son corps mouillé, à croire qu’il était exhibitionniste en plus d’être un coureur de jupon.

" Je crois que vous feriez mieux de vous vêtir Monseigneur, l’air est fort piquant, il serait dommage que vous preniez froid "

L’œil pétillant, Aelalia se voulait piquante avec une pointe de malice. Non, elle n’était en rien une voyeuse, ni même une dépravée. Il faut bien que quelqu’un se préoccupe de la santé du Comte de Scylla, il serait bête qu’il tombe malade.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 21:41

Toujours agréablement surpris par la tournure de cette conversation, Aetius continua à jouer, plus ou moins bien il est vrai, son rôle de courtois. S’amusant avec la crinière de l’étalon, il se retourna lorsque la jeune femme lui répondit. Il découvrit, à son grand désarroi, un minois un peu moins souriant, un regard qui le fixait effrontément. Cela ne démonta pas Aetius, qui continuait de sourire, irradiant de bonhommie, de politesse ou tout ce que vous voulez. Et le galant finit par se justifier avec un aplomb remarquable.

« Est-ce ainsi, d’une manière fort bien tourné que vous mettez les dames de la Péninsule dans votre lit Monseigneur ? »

« Allons, comme vous, belle damoiselle, je ne suis qu’un amoureux des chevaux. J’ai en horreur qu’on les maltraite ou les violente sans raison, et pense que certaines montures méritent mieux qu’un vieillard fatigué ou quelque piètre cavalier. »

Ils se toisèrent un instant, et le sourire, toujours malicieux, d’Aelalia revint, ce qui fut interprété d’une certaine façon par Aetius. Aussi, quand celle-ci lui demanda de revêtir quelque chose de plus chaud, le chevalier n’y vit rien d’autre qu’un nouveau défi, qu’un nouveau gant à saisir. Prenant la main diaphane de celle qu’il considérait comme une fausse prude aguicheuse, il déploya tout ce qu’il avait pour que, une bonne fois pour toute, elle se taise et succombe.

« Ah ! Que m’importe le vent ? Auprès de vous, Aelalia, qui pourrait oser prétendre avoir froid ? Moi-même, je l’avoue, je brûle d’être en votre société. Votre chaleur m’irradie. »

Et sans autre forme de procès, il s’empressa d’embrasser la paume de cette main qu’il avait capturé, croyant, en mêlant flatterie et gestes chevaleresques, fait flancher la pouliche et la persuader de l’agrément d’être peu vêtu dans cette clairière.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Mer 3 Aoû 2011 - 21:57

Cet homme était réellement surprenant, malgré l’effronterie de la jeune femme, Aetius restait souriant. Décidemment il lui donnait du fil à retordre mais il en fallait plus encore pour dérouter Aelalia qui restait de marbre face à cet homme qui tentait de la faire fléchir. Aelalia de Gwydir était tenace, un trait de famille, Dame Adriana se trouvait être elle aussi tenace, surtout concernant le mariage de sa fille. Mais cela est une autre histoire.

« Allons, comme vous, belle damoiselle, je ne suis qu’un amoureux des chevaux. J’ai en horreur qu’on les maltraite ou les violente sans raison, et pense que certaines montures méritent mieux qu’un vieillard fatigué ou quelque piètre cavalier. »

Un amoureux des chevaux, à en juger par le regard de son étalon, celui-ci n’avait pas l’air tout à fait d’accord avec ce point. Le cheval n’appréciait guère les hommes. On ne peut mentir à un cheval. Seulement le sieur avait raison sur un point, l’équitation est un art qui mérite une certaine élite et non des cavaliers ne sachant pas monter un destrier.
Aelalia eût un sursaut de surprise quand Aetius lui prit vivement la main. Son regard fût interrogateur, avant de redevenir neutre en écoutant la suite des paroles du Comte. Il était vraiment insistant.


« Ah ! Que m’importe le vent ? Auprès de vous, Aelalia, qui pourrait oser prétendre avoir froid ? Moi-même, je l’avoue, je brûle d’être en votre société. Votre chaleur m’irradie. »

L’embrassade qui suivit acheva Aelalia qui fût, il faut le dire presque exaspérée par cette manœuvre un peu moins habile. Souriant faussement, elle minauda.

« Voyons Monseigneur, vous me flattez vraiment trop. »

Quelques instants passèrent avant que la rosière retire sa main vivement. Son regard se fit sombre, ce petit jeu du chat et de la souris devait prendre une autre tournure.

« Pensez-vous m’avoir avec ce genre de flatterie ? Certes je côtoie peu le monde, mais je ne suis pas de celle qui se laisse avoir avec des paroles de ce genre. »
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Jeu 4 Aoû 2011 - 12:34

Lorsqu’elle eut retiré sa main, Aetius eut un moment de surprise. Et lorsqu’elle lui jeta un sombre regard, alors qu’il relevait la tête pour savoir ce qui lui prenait, il eut l’air moins fier. L’air, en effet, devenait plus froid d’un coup. Et pourtant, habitué à la résistance, feinte ou réelle, le comte n’était pas homme à se laisser abattre par de telles broutilles et, sans perdre son sang-froid, mais d’une voix qui contenait moins de joie et plus de surprise, il fit de nouveau un pas.

« Hé damoiselle ! Nulle flatterie, tout est vrai, croyez-m’en. Je vous aime, Aelalia, voilà la vérité. Je vous aime. » Alors il tenta de reprendre la main de la péronnelle, croyant qu’en fuyant vers l’avant, en la mettant devant le fait accompli, elle allait lui passer son caprice et se persuader, elle aussi, de son mensonge. Hélas, la main de la belle n’était plus là lorsqu’il était sur le point de la capturer. Au contraire, elle se déplaçait avec aisance et alla rejoindre la joue du seigneur dans un claquement violent.

Une gifle, voilà tout ce qu’il avait reçu en retour ! C’était à vous dégoûter du métier ! Qui était-elle pour gifler un prince du sang, cette garce-là ? Croyait-elle vraiment qu’il allait accepter un tel traitement ? Rendu tout colère par ce geste outrageant, il lui retourna un regard noir, une moue terrible, le faciès d’un gentilhomme sur le point de laver quelqu’affront.

« Est-ce là ma récompense pour vous avouer mon sentiment, vraiment ? Est-ce là tout ce que vous offrez à mon cœur aux abois ? Une gifle, à moi, qui ne veux que vous protéger et vous adorer comme vous le méritez ? » Et à mesure qu’il martelait ses paroles, qu’il crachait ce soi-disant amour au visage de la beauté, il avançait, impérieux, princier. A chaque pas, à chaque pieds le rapprochant d’elle, à chaque fois qu’il prononçait un nouveau mot, il se persuadait que tout cela était vrai et qu’il pensait chaque parole. Renforcé par ce qu’il disait tant à Aelalia et à lui pour les tromper tous deux, il finit par se jeter sur elle, et d’une main forte, il attrapa son poignet. Son autre bras s’enroula autour de sa taille fine comme un serpent, amenant sans douceur le corps de la jolie blonde vers sa chemise mouillée.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Jeu 4 Aoû 2011 - 13:36

La situation avait viré du tout au tout, la claque qu’elle lui infligea après cette déclaration qui sonnait plus que faux à ses oreilles, déchaina le Comte. Il n’était plus le gentilhomme d’y il y a quelques minutes, il montrait un autre visage. Le regard noir, un visage expriment une effroyable colère, celle d’un seigneur humilié par une petite noble. Aelalia se sentit perdu dans ce tourbillon de colère, ne pouvant penser à autre chose que cette gifle monumentale. Elle avait bafoué l’Ivrey et celui-ci ne se laisserait pas faire.

« Est-ce là ma récompense pour vous avouer mon sentiment, vraiment ? Est-ce là tout ce que vous offrez à mon cœur aux abois ? Une gifle, à moi, qui ne veux que vous protéger et vous adorer comme vous le méritez ? »

Aelalia n’entendait pas ces paroles, perdu dans ses pensées, ne sachant quoi faire. Il avanceait rapidement, elle reculait à mesure, tentant de le fuir cet homme furieux. Pas assez rapidement, il s’empara d’elle, lui agrippant le poigner avec une force telle, qu’elle grimaça sous la douleur. Voilà que maintenant il l’enlaça avec force, sans la ménager. La douce rosière ferma les yeux pour éviter son regard. Que dire ? Quoi faire ? Rien hormis ne pas tenter de se mesurer à lui. Elle tentant tout de même d’échapper à cette étreinte empoisonnée, se débattant avec le peu de force qu’elle pouvait émettre. Rien n’y faisait, elle devait se résigner à rester tel un pantin dans les bras de celui qui était devenu son geôlier.

Rajid comprit rapidement la situation, hennissant avec force, voulant protéger sa maitresse, mais sur un coup d’œil d’Aelalia il ne fit rien. Il fallait éviter d’envenimer la situation bien que la demoiselle fût en colère contre Aetius.


« Vous mentez tout bonnement, vous n’arrivez même pas à vous convaincre vous-même de ces paroles. Aimer ? Vous ne savez pas plus que moi ce que cela signifie et vous osez prétendre le contraire en insistant. »

Son regard se fit aussi dur qu’un roc, défiant le Comte en plantant ses yeux dans les siens. Que voulait-il ?
Tellement en colère, Aelalia ne contrôlait plus ses paroles et elle risquait de le regretter mais tant pis.


« Je ne suis pas de celles servant au bon plaisir de ses messieurs qui prétendent les aimer pour seulement les mettre dans leur lit. C’est ce que vous désirez ? Je peux le voir à travers vos manières détournées par de beaux discours. Votre réputation fait le reste ! »

Elle détourna sa tête, priant intérieurement qu’il la lâche. Son corps était maintenant presque autant trempé que le sien et sa robe aux couleurs pâles laissait entrevoir quelqu’un de ses atouts.

« Alors Seigneur, dîtes sans détour ce que vous espérez de moi ? »
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Jeu 4 Aoû 2011 - 19:05

Difficile de résister à la tentation, même si (ou surtout ?) c’est une jeune femme sur le point d’être abusée. Résister, voilà bien ce qui était au cœur de ce défi. A chaque brusquerie d’Aelalia, Aetius se sentait un peu plus coupable, et la honte qu’il éprouvait de tenir ainsi le mauvais rôle ne faisait qu’exacerber sa colère. Et à mesure qu’il éprouvait cette terrible frustration d’être rejeté comme le premier des malpropres, il se persuadait qu’il aimait Aelalia. Il se répétait ce principe simple et lointain comme un mantra. Leurs corps étaient à présent collés l’un à l’autre, l’odeur de rose qu’exsudait Aelalia finissait de perdre le prince dans ses délires tandis que sa chemise trempée rendait à son tour humide la robe de la captive.

Elle ne le croyait pas, elle le lui répétait, et pourtant ses yeux, sceptiques, semblaient dire autre chose. Aetius, qui ne parlait pas très bien yeux, se contenta de ça, et sa la lâcher du regard, il nia tout ce qu’elle eut pu dire :« Non, c’est faux, je vous aime, Lalia, je vous aime, » et lorsque la jeune femme lui répétait qu’elle n’en croyait mot, Aetius crut sentir son cœur fondre. Après tout ce qu’il avait dit, il aurait été si inconvenant d’avouer sa rouerie maintenant qu’il n’en fit rien et continua de se convaincre. « Damoiselle, j’ai peut-être été avec quelques femmes, mais aujourd’hui c’est mon cœur seul qui supplie d’être prêt de vous, par tous les saints du monde je vous le jure, damoiselle, je vous aime, je vous aime. »

Comme il répétait cette menterie, comme elle tournait la tête, détachant son regard du sien, le comte fut mu par une force qu’il prit pour une violente inclinaison spirituelle pour la jeune rosière mais qui, ne nous le cachons pas, n’était rien d’autre que le désir de faire bonne figure, de ne pas perdre la face. Alors, donc, contraint par cette force, il vint déposer un délicat baiser sur la joue de celle qui se refusait à lui et, sans tenir compte de l’étrangeté de cette douceur parmi les mauvais procédés dont il avait usé juste avant, il renouvela l’expérience jusqu’à parvenir aux lèvres de la nymphe blonde pour les capturer avec la foi d’un fanatique. La belle victime, trop choquée par le contraste entre ses attentions et ses manières, en resta pétrifiée un instant. Lalia ainsi pantoise, le chevalier pensa immédiatement à quelque lutte de sentiments qui se jouait dans le for intérieur de l’embrassée. Ses baisers se firent plus entreprenant, ses lèvres descendirent de nouveau sur ses joues, sur mâchoire, se perdirent sur la gorge soyeuse, tandis que sa main avait relâché le poignet de madame pour venir glisser dans le dos d’Aelalia, pour qu’il puisse l’étreindre tout son soûl.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Jeu 4 Aoû 2011 - 21:12

Il n’avait donc aucune honte à mentir ainsi. Ce coureur de jupon avait dû rarement subir un refus de la part de l’une de ses proies. Aelalia n’était pas ainsi, on ne pouvait l’avoir avec des mots aussi creux que ceux du Comte. C’était tout simplement vicieux et peu chevaleresque. Si elle cédait à ces avances, elle serait perdue. Il ne fallait en aucun cas que cela arrive. Malgré son impétuosité, elle ne tenait pas à finir sa vie au domaine en tant que pariât, sa mère la maudissant de l’avoir mise au monde. Mais voilà que la situation prenaient un nouveau tournant, ses lèvres furent scellées à celles du Scylléen. Ecartelant les yeux de stupeur, elle resta sans voix. Il continua ses assauts, finissant par lâcher son poignet. Il était temps de réagir, toutes sortes de sentiments envahirent la jeune femme, peut-être même à l’instant de ce baiser, elle sentit comme une douce sensation s’emparer d’elle. Mais la rosière refoula vite cet instant de faiblesse, la colère se fit plus présente, oui, elle maudissait Aetius d’Ivrey de lui avoir volé ce baiser. Il n’y avait rien qui pouvait ressembler à de l’amour en cet instant. La demoiselle se raidit au point d’être aussi tendu qu’un arc que l’on bande, une nouvelle fois, Aelalia tenta de s’échapper de lui, se reculant le plus possible, fuyant ses baisers enflammés.

« Laissez moi, il n’y a rien de plaisant dans vos assaut incessants. Il y a plus de goujaterie dans vos actes qu’autre chose»

Mensonge ou vérité, dieu seul le sait, mais jamais la belle rosière n’avouerait quoique se soit. Pourtant elle aurait peut-être aimé croire les dires du Comte, il aurait été tellement plaisant de pouvoir éprouver ce genre de chose. Bien qu’elle ne connaisse rien à l’amour, il parait, d’après les dames de sa connaissance que c’est un doux sentiment. Mais l’Ivrey était incapable d’aimer, du moins c’est ce que pensait la jeune demoiselle abandonnée entre ses bras. Elle avait arrêté de se débattre, fatigué de se battre face à un homme plein d’entrain et emplit d’envie. Mais il est sûr qu’elle ne lui céderait en rien.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Jeu 4 Aoû 2011 - 22:42

Lorsqu’Aelalia se libéra de son emprise, Aetius avait laissé ses mains descendre sur sa croupe rebondie. Ses mains moites épousèrent avec une prudence presque timide, du moins connaissance, les fesses de l’outrée, dont le fin de tissu de mousseline qui les recouvrait épousait parfaitement les formes et renforçait le délice de cette caresse qui, cette fois-ci, ne manquait pas d’être l’acte d’un goujat. Ses mains toutes à leur exploration, aucune force ne retenait plus la damoiselle, qui s’écarta de plusieurs pas de son prince pas si charmant, la rage au cœur. Elle semblait troublée, à la fois surprise, apeurée et en colère. Les yeux luisant d’on ne savait quel éclat, elle cracha quelques paroles bien senties au comte, qui avait du mal à se concentrer sur autre chose que du souvenir encore ardent de ce corps gracieux, sensuel, qu’il avait eu entre les mains quelques instants plutôt.

Cependant, ces souvenirs fort plaisants s’égaillèrent vite lorsque le prince détailla la mise de la demoiselle. Sa robe de mousseline et de soie était détrempée. Elle dévoilait la taille, les épaules et la poitrine hérissée qu’Aetius n’avait fait que sentir, toucher à travers les tissus. La jeune femme était de toute beauté, et sa tenue devenue, par les circonstances, fort peu vertueuse, ne faisait qu’exciter les mauvaises pensées d’un garçon doté de beaucoup d’imagination lorsque l’occasion se présentait. Ainsi Aetius, déjà passablement échaudé par leur contact, ne put hélas pas réfréner l’éveil de son sexe, qui s’allongea malgré le froid et la volonté de son maître. Ce dernier eut la curieuse sensation (?) que son corps lui-même donnait raison à Aelalia, qui allait le tancer d’un regard aussi noir que les Enfers. Pourtant, la jeune rosière, lorsqu’elle s’aperçut que son compagnon, à son tour, se raidissait, elle ne lui offrit que des yeux ronds, de la stupéfaction et un regard qui se fixa un peu trop au goût d’Aetius sur ce phénomène pourtant fort naturel.

Voulant plaider sa défense à la jeune femme, il commença par dire qu’il n’y était pour rien et que sa goujaterie n’était due qu’à la rudesse de ses mœurs, qui ternissait son amour pour elle. Mais à mesure qu’il avançait vers elle, son sexe grossissait sous sa chemise, loin d’être sèche et opaque, et Aelalia, apeurée tant par l’homme que la bête, reculait chaque fois qu’ils avançaient vers elle. Elle recula tant, elle fut si concentrée sur son assaillant, qu’elle en oublia l’étang et, dans un plouf qui ne seyait pas à une jeune dame, finit de tremper sa robe. Paniqué, Aetius s’approcha d’elle pour lui porter secours, mais celle-ci continua sa fuite pour rejoindre le cœur de l’étang. Aetius, brave mais bête, ne crut pas un instant qu’elle savait nager et se jeta à l’eau pour la sauver. Il esquissa quelques mouvements dans l’étang, avança d’un ou deux pieds, puis perdit le sien et commença à nager à la n’importe quoi, comme on disait à l’époque. Partagé entre la peur de la noyade, mort horrible parmi toutes les autres, et le besoin tout chevaleresque de sauver une demoiselle qui n’en avait nul besoin, Aetius s’échinait à tenir sa tête hors de l’eau. Son corps semblait se désarticuler à chaque mouvement, et lorsqu’un geste maladroit du bras l’emmenait vers la rive, un élan du pied le propulsait vers Aelalia. Si la rébellion grondait entre les muscles du jeune seigneur, une chose était sûre, chaque nouveau mouvement qu’il engageait le ramenait plus sûrement au fond de l’étang.
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Jeu 4 Aoû 2011 - 22:51

C’est une fois dans l’eau qu’Aelalia reprit totalement ses esprits, tout en continuant de fuir. Mais qu’elle ne fût pas sa surprise en se retournant pour voir où se trouver le Comte. Quand elle l’avait découvert dans ce lieu qui est son domaine, elle avait eu devant ses yeux moqueurs, le spectacle d’un homme ayant peu d’affinité avec l’eau. La représentation que lui offrait Aetius à cet instant ne fit que confirmer la chose, il ne savait pas nager. Aelalia resta sur place un moment, l’observant ce battre dans cette eau, glaciale par ce temps d’automne avant de finir par revenir vers lui. Elle n’allait pas le laisser ce noyer, même si cela lui avait traversé l’esprit l’espace de quelques secondes. Le visage vide de toute expression, elle se rapprocha rapidement de lui, malgré le fait qu’elle sache relativement bien nager, porter secours à l’Ivrey ne serait pas chose aisée. Frêle demoiselle face à un chevalier fort bien entrainé, ils allaient couler tous les deux. Mais ni une ni deux, elle le prit par le bras et tentant de le tirer vers la berge.

« Seigneur au plus vous débattez ainsi, au plus vous allez vous fatiguer ! Vous ne souhaitez pas coulé ? »

Bien entendu, Aetius ne compter pas mourir ainsi, un mort bien ridicule soit dit en passant. Aelalia le tirait de toutes ses forces mais l’homme devait y mettre du sien, comme tenter de battre des pieds pour se propulser, pour cela peut-être lui fallait-il une carotte au bout d’une canne et qu’il s’efforcerait de tenter de se sauver. Arrivant plus prêt de la berge et donc dans un endroit où il pouvait avoir pied tous les deux, elle finit par le lâcher et l’abandonner sur le rebord de la berge. Essoufflé par ce sauvetage, Aelalia se laissa tomber aux côtés d’Aetius en lui lançant un regard noir. Décidemment, c’était un homme à problème mais la situation était quand même cocasse. Un homme ne sachant pas nager se jette à l’eau pour lui porter secours. Sous l’effet de l’adrénaline, elle se mit à rire, doucement au début puis plus fort. Tout en regardant le prince du sang, elle finit par se radoucir. Celui-ci n’avait pas l’air dans son assiette et n’avait pas encore rassemblé tout ses esprits, vaillement, la douce demoiselle tenta de le sortir totalement de l’eau pour l’allonger sur le sol, ce fût fait plus ou moins bien, mais tentons d’imaginer une dame secourir un chevalier… Une fois, l’Ivrey sur le sol, les pieds toujours dans l’eau, Aelalia se penchant au dessus de lui. Malgré son comportement de goujat (on se souvient des mains baladeuses d’Aetius), elle s’inquiétait quelque peu.

« Monseigneur se sent-il mieux sur la terre ferme ? »
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Sam 6 Aoû 2011 - 22:34

Ainsi donc sa pathétique tentative de sauvetage de la damoiselle s’était retournée contre lui. Et lorsqu’il eut bu quelques fois la tasse, il se dit qu’il allait se noyer lui-même. Cette idée réveilla un désespoir qui offrit des forces insoupçonnées au chevalier, qui se débattit tant qu’il s’épuisa encore plus diligemment. Si la jeune blonde ne lui avait pas porté secours, plusieurs minutes de ce traitement chaotique et froid de la lutte contre un étang se seraient conclues sur une noyade fort heureusement anonyme (quel prince du sang aurait voulu mourir noyé dans un étang de quelques pieds de fond ?). Fort heureusement, donc, Aelalia lui saisit le bras et le tira comme elle put jusqu’à la berge où elle l’abandonna. Il avait encore les jambes dans l’eau fraiche, et il lui fallut un instant pour reprendre son calme et retrouver empire sur lui-même. Il était hors de danger, tout comme Lalia !

Celle-ci cependant n’oublia pas de le foudroyer du regard, et si le prince eût fini de reprendre son souffle, il se serait certainement confondu en excuses. Au lieu de cela, il avalait de grandes goulées de l’air vivifiant et parfumé du sous-bois, aspirant comme si on l’avait empêché de respirer pendant des années. Alors qu’il reprenait ses esprits, il sentit la damoiselle essayer de le tirer complètement sur la berge, et, sous le ridicule de cette scène, elle partit d’un grand rire, franc ou nerveux qui aurait pu le dire ?, avant de tomber à genou à côté de lui, un air vaguement inquiet sur son joli minois.

« Comment pourrais-je aller mal, Aelalia ? Je viens de vous sauver d’une mort ignoble ! » fit-il en souriant comme il peut, se permettant une boutade dans cette atmosphère qui semblait plus détendue.
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Sam 6 Aoû 2011 - 23:10

« Comment pourrais-je aller mal, Aelalia ? Je viens de vous sauver d’une mort ignoble ! »

D’abord inquiète de l’état du Comte, elle afficha vite une mine noire face à cette affirmation qu’il venait de lui tenir. Il inversait les rôles et prenait certainement un malin plaisir à ce moqué. Serrant les poings, elle tenta de rester calme. Aetius était décidemment un homme détestable. Mais soyons honnête, cette boutade montrer qu’il allait parfaitement bien et par conséquent il n’y avait pas lieu de s’inquiéter d’avantage. Ironiquement elle lui balança en pleine figure et sans cacher sa moquerie :

« C’est si chevaleresque de votre part sieur Aetius que je vous dois la vie. »

Il ne perdait rien pour attendre celui là. Croisant les bras sous sa poitrine faisant mine d’être en colère tout en ne prenant pas vraiment conscience que sa tenue était devenue quasiment translucide, elle leva tête boudant un Aetius tout sourire.

« Décidément vous ne changerez jamais, je crois que j’aurais mieux fait de vous laisser patauger dans l’eau tout en vous admirant vous noyer. »

Moqueuse, elle l’était c’est certain. L’ambiance n’était plus comme avant, Aelalia se détendit malgré la situation qui avait précéder pour devenir plus douce. Finalement, Aetius était peut-être un goujat mais il venait de lui offrir un spectacle des plus comiques ce que la demoiselle ne manquerait pas d’oublier. Faisant fit des actes passés, elle lui proposa de l’aider à s’assoir, prenant place prêt de lui, elle tourna la tête vers l’étang se remémorant la scène. Une brise se leva et vint les envelopper de son souffle frais. Frissonnant légèrement Aelalia, chercha de quoi se réchauffer. Elle n’avait pas prévu de prendre un bain, donc rien dans les sacoches de sa selle qui aurait pu servir à les sécher. Cherchant du regard on ne sait quoi, elle tomba sur les habits du Comte, se relevant, elle partit les chercher pour les ramener à son propriétaire. Tout en les déposants près de lui elle marmonna.

« Habillez-vous, c’est le deuxième bain que vous prenez, vous allez finir par attraper la mort. »
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Sam 6 Aoû 2011 - 23:24

Malgré le froid qui l’avait pris et la vaine tentative de sauvetage, convertie en noyade, Aetius n’était pas à plaindre. Les soies de la robe d’Aelalia, déjà passablement humides, étaient gonflées d’eau. Les habits de la pauvrette s’étaient plaqués sur son corps parfait, et la blancheur de la robe n’était plus qu’une gaze transparente qui cachait sans rien dissimuler, la peau diaphane et douce de la damoiselle passablement irritée. Malgré la discrétion des coups d’œil jetés à la dérobée par notre bon comte, elle avait eu l’instinct de couvrir sa nudité avec des murs un peu plus décents, aussi ses bras s’étaient collés à sa poitrine, ce qui ne faisait rien perdre de l’érotisme involontaire qui suintait de la blonde trempée. Elle finit par l’aider à se remettre sur son séant, offrant, là encore involontairement on l’espère, une vision à la loupe de sa poitrine nue et mouillée.

Malgré le spectacle, Aetius sut se maîtriser (il devait être encore trop frais) et se persuada que briser la trêve, douce à son cœur, qui s’était instauré entre les deux jeunes gens n’aurait rien eu de convenable. Aussi resta-t-il étrangement passif, se contentant de rire ou sourire aux piques que la nymphe détrempée lui jeter à la figure sans croire instant qu’elle pensait ce qu’elle disait, car une créature aussi délicieuse pour les yeux ne pouvait pas dire de vilaines choses. Lorsqu’elle lui ramena ses habits, secs bien que dégageant l’odeur d’un homme ayant fait route pendant de nombreuses journées, il se tourna vers lui et, faussement outré, lui répliqua :

« Quoi ? Vous voulez m’insulter damoiselle ! Regardez-vous, vous tremblez comme une feuille. Prenez mes effets, mettez-vous au chaud et au sec, si j’ai pu vivre dans le plat pays de Serramire pendant son hiver, croyez bien que ce n’est pas un petit automne suderon qui me nuira. Allons, allons ! »

Et en continuant à la houspiller, il la força à prendre ses vêtements de voyage. Elle partit se cacher, pudique malgré tout ce qu’elle venait déjà d’offrir au regard de notre libidineux prince du sang, et se changea. C’est à ce moment-là qu’Aetius décida de trembler un bon coup, s’offrant une petite minute de faiblesse tant qu’il était hors de portée de vue de la blonde callipyge (il le savait, il avait contemplé son déhanché s’éloigner !). Et tandis qu’il profitait de ce frissonnement, il imaginait déjà l’étrange allure qu’elle aurait et le fait que, bloqué avec lui tant que sa robe ne sera pas sèche, celle-ci devrait rester en sa compagnie.
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Sam 6 Aoû 2011 - 23:54

« Quoi ? Vous voulez m’insulter damoiselle ! Regardez-vous, vous tremblez comme une feuille. Prenez mes effets, mettez-vous au chaud et au sec, si j’ai pu vivre dans le plat pays de Serramire pendant son hiver, croyez bien que ce n’est pas un petit automne suderon qui me nuira. Allons, allons ! »

Aelalia fût donc obligée de revêtir les habits du Comte, ce n’est qu’une fois hors de portée de celui-ci, qu’elle détailla les vêtements. Certes il lui arrivait de porter des pantalons, des chemises, ou des braies de cuirs mais un pourpoint jamais. Commençant à quitter sa robe, elle se rendit vite compte d’un autre problème, celui du corset. Il lui était impossible de le quitter seule, à moins de disposer d’un couteau. Cachant le haut de son corps avec la limousine, elle demanda au Comte s’il disposait d’un poignard, répondant par la positive, il lui amena rapidement, avant de disposer. Intérieurement, Aelalia pensa que si elle ne lui avait pas demandé de partir, le chenapan qu’il était serait bien resté. Une fois le poignard en main, elle entreprit de couper son corset, en tour de main celui tomba au sol, laissant apparaître une poitrine ferme. Quittant rapidement le reste de ses vêtements, elle s’habilla maintenant avec ceux d’Aetius. Une fois apprêtée, elle se regarda, légèrement ridicule, il fallait faire quelque chose pour ajuster le tout. Le ruban qui retenait sa longue chevelure ferait office de ceinture. Ajustant le pantalon et le pourpoint bien trop grands, elle serra le ruban autour de sa taille, tentant d’harmoniser le tout. Sortant de son buisson, elle se sentait mal à l’aise, pour ne pas dire complètement cruche dans cette qui pourtant ne choquée pas tant que ça. Ramenant avec elle sa robe et ses bottes, elle disposa le tout de manière à le faire sécher, le corset à la main, elle le rangea vite dans une des sacoches de sa selle. Revenant vers Aetius, elle lui déposa la limousine sur les épaules.

« Je ne vais pas abuser de cette soudaine générosité, mettez au moins ça, je suis certaine que vous avez autant froid que moi. »

S’écartant de lui, elle retourna s’assoir, tout en soupirant. Aelalia avait du mal à imaginer qu’elle allait devoir rester avec lui le temps que ses vêtements sèchent. Ce qui veut dire, longtemps, trop longtemps à son goût.
Silencieuse, elle évita de porter son regard vers Aetius, ne sachant trop quoi dire. Néanmoins dans un chuchotement elle le remercia
.
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Dim 7 Aoû 2011 - 1:38

Amusé par la situation, Aetius avait retrouvé un sourire d’enfant et semblait comme un poisson dans l’eau. Un poisson qui saurait nager, bien entendu. En tout cas, il prenait un grand plaisir de cette situation entre le statu quo ante et le malaise, et lorsque la damoiselle lui demanda un objet tranchant, il lui tendit son long poignard et en imposant sa présence jusqu’à ce qu’elle le chassa vers l’étang. Alors il se rassit, passablement impatient de voir le résultat de cette transformation contre-nature. Un bruissement de feuille, des bruits de pas, il se retourna pour constater qu’Aelalia avait beaucoup perdu de son côté sulfureux. On aurait dit un garçon manqué ayant volé les vêtements d’un cadavre trop grand. Le pourpoint, conçu pour un poitrail plus large, tombait bien piteusement sur la poitrine à présent entièrement cachée d’Aelalia, les pantalons semblaient bouffants et n’étaient retenus que par le long ruban qui servait à emprisonner la chevelure d’or de la demoiselle, laquelle chevelure, tombant jusqu’à la taille. Malgré ce dernier petit plus, l’allure d’Aelalia était particulièrement ridicule, et Aetius n’oublia pas de sourire avec une pointe de méchanceté sur les commissures de ses lèvres. Sourire qui disparut lorsque celle-ci, avant de chuchoter un rachitique merci, lui jeta sa limousine, un long manteau de laine, pour qu’il la porte.

Se sentant insulté qu’elle persiste à voir en lui une faible et fragile femme du sud, le prince du sang du sang se rapprocha de nouveau, mais avec lenteur, avec la même démarche, la même douceur que le berger qui vient saisir le mouton à abattre. Lorsqu’il fut près d’elle, il balaya l’opulente chevelure d’or et déposa la limousine sur ses épaules frêles. Le geste fut doux, attentionné, aussi Aetius fut surpris du refus d’Aelalia, qui disait n’en pas vouloir. Le chevalier insista, la rosière refusa, le ton monta, chacun refusant de le porter. Et à mesure qu’Aetius encaissait les refus, Aetius sentait toute la colère et l’humiliation qui avaient disparu lors de sa seconde baignade refaire surface. Alors il se détourna de la belle blonde, rouge de colère, et cria.

« Pour qui me prenez-vous ? Un faible ? Ne soyez pas sotte et prenez ce qu’on vous donne, par la bite de Mogar, quel enfant gâté vous êtes ! » Et sans plus attendre, il défit son baudrier, le jeta vers le reste de son fatras et commença à retirer la chemise poisseuse qui constituait son seul vêtement. Coup de colère stupide ? Amour irraisonné de son corps ? Bonne question. En tout cas, il jeta la chemise détrempée en direction de la rosière avec le plus souverain mépris et jeta un regard de défi à la damoiselle.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Dim 7 Aoû 2011 - 1:58

« Pour qui me prenez-vous ? Un faible ? Ne soyez pas sotte et prenez ce qu’on vous donne, par la bite de Mogar, quel enfant gâté vous êtes ! »

Un Aetius en colère est un Aetius qui enlève ses vêtements. C’est le spectacle qu’il offrait à une Aelalia complètement dubitative. Le regardant faire, elle en resta « bouche bée », le temps que quelques secondes qui parurent interminables. Face au Comte nu, elle rougissait, fulminant intérieurement. Il jouait à quoi ? Resserrant la limousine sur ses épaules, elle détourna le regard. Que voulait-il faire en ce dévoilant ainsi, montrer que le froid ne lui faisait pas peur ? Montrer qu’il était un homme, un vrai ? Se prenant la chemise du Comte en pleine figure, Aelalia ne pût se contenir plus longtemps. Enlevant la limousine de ses épaules, elle l’a roula en boule pour la jeter sur un Aetius rouge de colère.

« Je ne vois pas en quoi le fait d’avoir froid peut être une faiblesse ! Votre colère n’est pas justifié Messire ! Ne montez pas sur vos grands chevaux pour une simple histoire de manteau ! »

Non mais quand même s’énerver ainsi simplement pour ça. Et en plus, il lui faisait le reproche d’être une enfant gâtée, où était le rapport ? Défiant le regard d’Aetius, ils restèrent un moment à se battre visuellement. Dans un coup de colère, Aelalia se retourna, marchant rapidement vers son cheval. Prenant les rennes avec rage, elle grimpa avec vivacité sur son cheval qui piaffé d’impatience en sentant la colère de sa maitresse. Jetant un regard noir vers le prince du sang, elle balança avec fort peu de délicatesse pour une dame :

« Je vous laisse vous battre avec votre manteau, peut-être qu’un autre bain pourrez vous rafraichir les idées ! »

Sans rien ajouter de plus, elle serra les jambes, ordonnant ainsi à l’étalon de partir au galop, ce qu’il n’hésita pas à faire. Disparaissant ainsi, elle pesta contre un Aetius abandonné en plein milieu de la clairière complètement nu.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Dim 7 Aoû 2011 - 2:00

Lorsque la rosière s’enfuit, une étrange sensation de ridicule prit le pas sur la colère qui l’avait saisi. Seul, sans autre auditoire que son propre cheval, il essaya de réfléchir sur l’intérêt qu’il y avait à se dénuder dans une dispute. Il convint assez rapidement que, passé l’effet perturbateur de la chose, ce n’était guère un argument de poids pour remporter la discussion. Alors, tout en tentant toujours de comprendre comment il avait pu penser que la nudité aurait été une défense comme une autre, il commença à jurer et maudire Aelalia, qui fut traité de nombreux noms. Lorsqu’il eut insulté la terre entière de tout son soûl, il fut calme comme jamais. Il ramassa sa chemise humide, l’enfile puis se saisit de la limousine. Sans plus attendre, il rejoignit les fontes qui étaient fixées sur sa monture, en sortit une maille doublée d’un gambison et se revêtit de tout cela. Une fois la selle lacée, il monta, avisa sa position puis se lança sur les traces d’Aelalia.

« Puteborgne, se disait-il, si elle parvient à atteindre son château, à parler à ses frères, c’en est fait de moi ! » Et sur ces bonnes paroles, il traqua la biche avec tout l’entrain et la concentration dont il était capable. Le chemin lui était étranger, le sentier ne manquait pas d’être hasardeux, cependant, Aetius était bon cavalier et, malgré son manque d’habillement qui écorchait son entrejambe, il était bien décidé à… à quoi d’ailleurs ? Il n’allait pas abattre la jeune femme parce qu’elle avait refusé ses avances. La frapper, pour lui apprendre, peut-être ? Non, l’idée paraissait tout aussi saugrenue. Bah ! Il aviserait, se dit-il, tout à son pistage. Il se répéta cette phrase jusqu’à ce qu’il distingue la crinière d’or d’Aelalia qui volait au dessus de son palefroi. Poussant sa bête comme jamais, celle-ci, à sa vue, en vue autant, et le malheureux Rajid, poussé dans ses derniers retranchements, finit par se prendre la patte, enrayant la course effrénée. La damoiselle, stoppée nette, démonta avec violence et s’écrasa sans beaucoup de grâce.

La chute et l’inconscience d’Aelalia n’aida pas vraiment Aetius sur la suite des opérations. Inquiet cependant pour la rosière, il démonta d’un bond et se précipita vers la belle inconsciente, passant, encore une fois, de la colère à la peur.

« Par tous les saints… », commenta-t-il fort benoîtement.
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Aelalia de Gwidyr
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Dim 7 Aoû 2011 - 2:07

Qui aurait pu penser que la fuite tournerait ainsi ? Aelalia pourtant bonne cavalière ne s’attendait pas finir au sol. L’Ivrey l’a poursuivant fût la dernière image qui passa devant ses yeux. Rajid n’avait pas prit la fuite après la chute de sa cavalière, il resta près d’elle quand le Comte se précipita à son chevet. Apparemment inquiet, l’étalon le laissa faire. Une bonne quinzaine de minutes passèrent avant qu’Aelalia ne reprenne ses esprits, ouvrant enfin les yeux, elle ne rendit pas de suite compte qu’elle se trouvait dans les bras d’Aetius. Le regard vague, elle fixa le prince du sang, avant de tourner son regard vers son cheval. Il lui fallu encore quelques minutes pour se remémorer la scène complète. La dispute, la fuite et la chute. Revenant vers Aetius, elle tenta de marmonner on ne sait quoi. Se relevant doucement, elle se tint la tête, encore sonnée par sa chute, pestant silencieusement.

Une fois les vertiges passés et recouvrant la totalité de ses esprits, elle regarda de nouveau Aetius, frustrée et en colère elle ne sût pas quoi lui dire dans l’immédiat, mais en voyant son air inquiet elle se radoucit quelque peu. Doucement, l’étalon s’approcha de sa maitresse, venant coller son museau dans son dos en signe d’affection
.

« C’est de votre faute si j’ai chuté. »

Calme et toujours en fixant Aetius, elle lui reprocha sa chute. Dans un sens il est vrai que s’il ne l’avait poursuivit, elle serait rentrée chez elle sans encombres mais avec un comité fort peu accueillant attendant son retour. Repensant une nouvelle fois à leur dispute, elle se posa moult question mais seul l’Ivrey pourrait y répondre. Sans détours, elle alla droit au but.

« Une chose me tracasse, vous vous déshabillez toujours ainsi quand la colère vous gagne ? »

Bien entendu, on se rappelle tous de l’Aetius qui se déshabille quand il est en colère. La cause étant le manteau, elle fût surprise quand elle le vit sur le dos de son propriétaire. Malicieuse elle demanda une nouvelle fois :

« Je vois que vous avez fini par mettre votre manteau, peut-être voulez-vous récupérer le reste de vos vêtements ? Après tout pourquoi m’avoir poursuivi si ce n’est pas pour cela ?
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Non loin d'un tertre   Dim 7 Aoû 2011 - 2:14

La distance entre les deux jeunes gens était fort courte, notamment lorsque Aelalia se releva lentement pour se poser sur son séant, car Aetius, juché sur ses bras qui empêchait la rosière d’esquisser un geste du côté pour s’échapper de nouveau, n’avait pas bougé d’un cil. Ils se fixèrent un instant, et lorsque le prince vit qu’elle allait bien, il sourit bêtement, heureux qu’elle soit en bonne santé. Les reproches de la petite fille gâtée n’y changèrent rien, et Aetius se contenta d’exhaler un soupir mécanique qui n’entama en rien sa joie enfantine. Lorsqu’elle finit par lui demander pourquoi elle avait eu droit à ce bien curieux effeuillage, c’était un chevalier jeune, espiègle, qui répondit, comme il l’aurait fait à la cour lors d’un échange de traits d’esprit.

« Mais c’est que j’avais trop chaud, damoiselle. » Cela n’eut pas l’air de la convaincre plus que ça, car elle répliqua par un grognement sceptique qui ne seyait guère à une châtelaine. Pourtant, toujours sur le ton de la malice, elle proposa de rendre ses frusques au seigneur, il y eut un silence coupable bientôt suivi par de nouvelles remontrances d’une Aelalia outrée par ce rustre de chevalier capable de la laisser partir nue comme un ver après ce qu’il lui avait fait subir. Soupirant bruyamment, Aetius, qui allait soit l’embrasser, soit lui proposer de panser les écorchures qui couvraient le corps de la rosière, se releva, son désir de revanche tout à fait éteint, puis se dirigea vers son cheval pour vérifier la selle et la laisser sans autre forme de procès.
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