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 Premier raid de la nouvelle compagnie

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Casèr Gloral
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MessageSujet: Premier raid de la nouvelle compagnie   Jeu 4 Aoû 2011 - 13:03

Les premières lueurs de l'aube perçaient le voile noir de la nuit au campement mercenaire. En ce lieu, seuls les murmures provenant de la Tente brisaient le silence et l'harmonie régnante. La majeure partie des archers longs veillaient tandis que les Centaures dormaient sur leurs deux oreilles avec de si bons guetteurs. Un endroit paisible loin de toute guerre. Ce fut d'ailleurs ceci qui énerva un temps soit peu le chef-mercenaire, Gloral:

"Voilà bien des jours que nous filons vers le Sud à la recherche de contrats disponibles! Pas un raid, pas une bataille, Glenn. Mes hommes ne supporteront plus longtemps l'absence d'action et le manque de vivres évident sans pécule. Si nous ne trouvons pas prochainement..."

A cet instant précis, le talentueux Talmak, lieutenant des bûcherons, fit irruption au sein de la conversation entre les deux hommes. Casoair parut contrarié de la venue impromptue du jeune tacticien. Ses yeux interrogèrent le misérable, cherchant vainement une excuse à l'impudent. "Une chose bien hardie que de pénétrer ainsi sans nouvelle qui en vaille le coup." "Que nous offre ta présence, archer?", lança Glenn.

"On arrive bientôt à Missède d'après nos éclaireurs. Ils sont revenus il y a un quart d'heure à peine. Les rumeurs abondent en cette région. Il est certain qu'elles ne sont pas toutes fondées mais une d'entre elle sort du lot. Une guerre débutera bientôt entre le comté de Scylla et la baronnie de Merval. J'ai cru comprendre que de nombreux faits mineurs en sont la cause. J'en sais rien de plus, chef."

Glenn et Casoair regardèrent alors le mercenaire avec une lueur dans les yeux, l'espoir de combattre. Il y avait là une volonté de dévoiler au monde qu'une poignée de mercenaires pouvait handicaper le camp adverse, la détermination de servir la cause qui paraitrait la plus généreuse. Casoair renvoya Talmak et se tourna vers Glenn, commandant légitime des Centaures. Ils débattirent longuement ensemble afin de savoir de quel côté se ranger. Au début, ils tombèrent d'accord pour protéger les terres scylléennes. Après mûre réflexion, ils décidèrent ensemble d'encourager le triomphe de la baronnie mervalloise. Bien que les deux chefs ignoraient moult détails, ils s'en remirent au destin. En effet, la "réflexion" fut un lancer de pièce audacieux. Pile représentait Merval et face le comté voisin. Ce fut ainsi que la compagnie se mit en marche pour Scylla. Un premier raid.

Ils traversèrent les contrées missédoises en évitant précautionneusement châteaux, places fortes et autres fortifications. Prudence! Les patrouilles ne devaient pas être alertées, bien qu'elles le furent. Certaines dévoilèrent leur couardise et fuirent à la recherche de renforts plus prometteurs, tandis que peu de fous affrontèrent la compagnie. Qu'espérer de mieux que de se retrouver sur une pique, sa propre pique? Ce fut en fait Azäziel qui s'attela à la tâche d'anéantir tout soldat plus ou moins agressif. Il fut certain que la compagnie ne s'attarda sûrement pas en cette région. Tant que le mal ne serait pas grand, Missède et son baron respectable n'enverraient pas de forces majeures. Casoair déclara que nul ne pillerait la contrée missédoises.

Au terme de deux semaines de marche, les mercenaires parvinrent à la frontière de Scylla, à son extrême nord. Passant par les collines boisées, leur approche ne fut que très mal remarquée. Les cavaliers avaient posé pied à terre et se faisaient guider par les chevronnés archers longs. Le pays leur était bien trop familier, un atout majeur. Ils avançaient sûrement et ne craignaient aucune intervention armée. Leur puissance était inégalable tant que de véritables forces scylléennes ne se mettent en marche. Sur un point surélevé et déboisé, les mercenaires établirent un camp. Ils avaient une vue imprenable et tout ennemi recevrait une volée encourageante. En effet, grimper n'était pas aisé sous une pluie de flèches et le chemin évitant les pentes abruptes fut gardé seulement par les Centaures. Une position de force. Alors que les archers longs travaillaient durs pour s'établir durablement, Glenn dépêcha son cavalier le plus doué muni d'une monture étonnamment rapide et lui ordonna de partir vers l'est avec comme mission:
"informer la baronne que deux des plus célèbres compagnies se joignaient à elle."

Deux jours plus tard, ils lancèrent l'offensive sur un hameau peuplé de gueux, cultivant tant bien que mal leur terre. Avec une aisance remarquable, les archers longs encochèrent leur flèche attendant l'ordre d'Harkan, autre lieutenant de Gloral. Les Centaures se séparèrent en deux groupes pour empêcher toute tentative de fuite car selon Casoair, "tous doivent rendre gorge, la couardise n'est pas chose acceptable."Le premier groupe de cavaliers attendit au nord tandis que l'autre se rendait au Sud. Lorsque Harkan lâcha sa flèche enflammée et qu'elle fut suivie de nombreuses volées, les Centaures se mirent à charger avec gloire. Nul n'en réchappa. Même les chiens furent étripés. L'aube fut sanglante.
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Casèr Gloral
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Mar 9 Aoû 2011 - 22:02

Les compagnies avaient battu en retraite, poussées par la crainte de représailles seigneuriales. Les Centaures ralentissaient la cadence pour que les archers longs puissent trotter au pas des chevaux. Le butin ne fut pas d'or ni de pierreries mais la récompense fut un carnage encourageant quant à l'issue de la guerre. Il était fort envisageable que les mercenaires ne seraient jamais repus de sang. Bien que ce fût primordiale aux yeux des hommes, la promesse de richesses habitait leur coeur corrompu par la cupidité et la violence gratuite. Ils se sauvèrent ainsi sur quelques lieues. D'imposants châteaux parsemaient la zone fortifiée de la brande. L'incursion devait déjà être signalée près des chevaliers scylléens. La fumée fut en effet vite identifiée comme cause de brigandage, Casoair considérant ceci comme du haut brigandage, un coup d'éclat face aux gueux acclimatés à la bassesse d'actions. Les poursuivants s'armèrent mais ne purent définir avec exactitude le lieu où marchait au moment même la trépidante compagnie. Ainsi, les lointains vassaux de puissants seigneurs prirent la direction de l'Est, certains que le coup fut de Merval. D'autres, ayant aperçu peu ou prou les 280 hommes, suivirent leur piste fraiche.

Gloral savait tout cela ou alors le devinat-il. L'important fut qu'il pressa ses compagnons de trouver refuge dans une quelconque terre moins armée. Grâce aux talents et à l'entrainement poussé des archers longs, ceux-ci purent faire progresser plus aisément leurs compagnons cavaliers. Même si la région ne prêtait guère à quelques actions montées, elle était parfaite en terme de cachette. Au bout de quelques heures, les archers longs envoyés à l'arrière purent brouillés suffisament les traces et les pistes pour que de simples soldats s'y perdent. Des vétérans dans l'art de la traque anéantiraient tout espoir de leur côté. Aussi, le campement put être installé plus que provisoirement.


"Glenn, Azäziel, Glinaina, Aendel, Talmak, Harkan, suivez-moi, je vous prie."

Gloral interpella ainsi d'un ton léger son associé mais d'un ton plus autoritaire pour les autres. Dans son accueillante tente, Casoair informa ses plus fidèles compagnons que l'éclaireur était revenu et qu'il avait fait un récapitulatif brouillon des évènements au chef-mercenaire. Celui-ci finit par deviner la logique des paroles fortement débitées et parfois incohérentes du cavalier profondément épuisé. Il semblait que Merval avait envoyé ses forces dans les terres scylléennes. La compagnie avait pour mission de se rendre aux abords de la capitale afin de consolider et de renforcer la présence mervalloise en ce sol. Outre cela, le messager fut bien accueilli et la baronne fut fort aise de se savoir assistée par une force déjà en action. Casoair s'assit sur un arbre couché et ne dit plus un mot.

"Les Centaures sont célèbres pour leur rapidité en selle mais celle-ci ne sera pourtant pas utilisée en ce moment. Même si le temps presse, nous devons rester unis. Deux compagnies valent mieux qu'une."

"Très juste, Glenn. Je crois qu'il faudrait que l'on parte aux aurores. Le voyage ne durera que 2 jours d'après moi. Les Elfes passeront devant, leur vue nous sera plus que serviable. Au moindre imprévu, ils nous avertiront. Les Centaures seront au milieu de la formation et progresseront à pied, contrairement aux plus expérimentés cavaliers qui protègeront les ailes. J'en veux une dizaine de chaque côté. J'espère que Glenn en fera partie pour plus d'efficacité. Les archers longs seront à l'arrière et brouilleront les pistes du mieux qu'ils le peuvent. Je voudrais mes deux lieutenants avec moi pour ce poste. Azäziel sera l'ultime personne de la structuration. Il devra élminier quiconque s'approche de nous ou donnera l'alerte en cas d'armée plus rapide que nous ne sommes. Vous avez vos ordres!"

La nuit tomba sur le campement silencieux. Tous furent occupés. Casoair réfléchissait à leur utilité sur un champ de bataille si important pour sa renommée. Une erreur lui coûterait la défaite et la déroute de ses mercenaires. Penché sur des cartes de Scylla, il étudia le trajet le plus direct pour se rendre à la capitale. Enfin, il s'endormit sans lutter. A son réveil, il vit que les hommes furent fin prêts. Casoair fit réunir les semblables personnes que le précédent jour:

"Votre fidélité à la compagnie sera bien vite récompensée. Songez un instant à ce qui nous attend! Votre bravoure sera mise à l'épreuve et les lâches ne seront pas tolérés. Les mots me manquent en cet instant et la fatigue m'empêche d'aligner des mots justes. Motivez les hommes et restez-vous même, fidèles à votre parole."

Deux jours plus tard, ils parvinrent aux environs de la capitale. Casoair ne saurait dire à quelle distance il se trouvait de celle-ci mais il la sentait proche.
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Glinaina
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Jeu 18 Aoû 2011 - 13:38

Cela faisait plus de trois ou quatre semaines que les troupes du Centaure et des Bûcherons, maintenant alliées pour une cause ou une autre, avaient pris la direction du Sud après s'être rencontrées en Oesgard. En ce jour le campement s'était dressé après avoir massacré et pillé un ou deux petits villages scylléens et tout le monde se préparait mentalement et physiquement à la guerre. Eh oui, les deux chefs mercenaire s'étaient déclarés du côté de la baronne Eulalie de Merval pour cette poignante querelle entre comtés voisins riche en contrats et en tueries. Et les mercenaires se donnaient à cœur joie de commencer au plus tôt leur travail des plus... sanglants. Deux jours ne se ressemblant jamais à la perfection, celui-ci fut celui des tacticiens tandis que le lendemain serait certainement celui d'une marche de bon aloi.

« Glenn, Azäziel, Glinaina, Aendel, Talmak, Harkan, suivez-moi, je vous prie.

Glinaina releva la tête à l'appel de Casoair, presque surprise d'y être invitée. Puis, sans perdre un instant, elle rangea le bout de bois qu'elle était en train de tailler avec une certaine maladresse et entra dans la tente de son subordonné. Une fois que tout le monde fut arrivé, il les informa du retour du messager qu'il avait dépêché à Merval ainsi que des instructions de la baronne : se rendre près de la capitale de Scylla pour consolider les forces mervalloises. Quoi de plus simple ? Enfin à première vue... Le plus dur serait certainement d'affronter toute la garde de Pharembourg, ou plutôt d'arriver jusque là-bas sans se faire repérer. Pour tout dire, même si la jeune femme ne dit aucun mot pendant cette réunion, les idées et les suggestions de problèmes (souvent posés par les autres) ne restèrent pas ensommeillées au fin fond de son esprit. Mais elle préférait voir le terrain tel qu'il est autrement que sur une carte avant d'avancer quoi que ce soit.

- Les Centaures sont célèbres pour leur rapidité en selle mais celle-ci ne sera pourtant pas utilisée en ce moment. Même si le temps presse, nous devons rester unis. Deux compagnies valent mieux qu'une.
- Très juste, Glenn. Je crois qu'il faudrait que l'on parte aux aurores. Le voyage ne durera que 2 jours d'après moi. Les Elfes passeront devant, leur vue nous sera plus que serviable. Au moindre imprévu, ils nous avertiront. Les Centaures seront au milieu de la formation et progresseront à pied, contrairement aux plus expérimentés cavaliers qui protègeront les ailes. J'en veux une dizaine de chaque côté. J'espère que Glenn en fera partie pour plus d'efficacité. Les archers longs seront à l'arrière et brouilleront les pistes du mieux qu'ils le peuvent. Je voudrais mes deux lieutenants avec moi pour ce poste. Azäziel sera l'ultime personne de la structuration. Il devra élminier quiconque s'approche de nous ou donnera l'alerte en cas d'armée plus rapide que nous ne sommes. Vous avez vos ordres! »

Sur ce la réunion fut close et chacun alla donner ses instructions si besoin ou bien vaqua à une quelconque occupation. De son côté, Glinaina suivit Aendel jusqu'aux autres elfes pour un nouveau débriefing. Ceux-ci vivaient toujours un peu en retrait des humains qui devenaient de plus en plus nombreux – et somme toute de plus en plus bruyants – et trouvaient donc toujours, à cet effet, un lieu assez calme et invisible aux yeux des humains quand ils ne connaissent pas le chemin pour y accéder. Un brin de secret qu'elle trouvait tout aussi légitime qu'amusant.
De là un plan fut établi et les consignes furent données. Ils étaient peu, très peu par rapport aux Hommes, mais assez pour éclairer la nouvelle Compagnie.


Le lendemain matin se tint une nouvelle et dernière réunion dans la tente de Casoair, avec exactement les même personnes que la veille. Réunion de moindre importance mais servant à la fois de « top départ » et à la fois de moyen au chef mercenaire de rappeler son autorité ainsi que le triste sort qu'il aime réserver aux lâches... Enfin c'est ainsi que notre jeune elfe le compris, tout du moins.
Quelques minutes plus tard, les différents bataillons étaient formés et les elfes se tenaient à l'avant, hors de vue de leurs coéquipiers. La dernière marche sur Scylla pouvait commencer.


Deux journées s'écoulèrent ainsi sans grande rencontre, voire même sans rencontre du tout malgré l'immensité de la plaine environnante. Les quelques villages que l'on pouvait apercevoir étaient assez loin et sans intérêt, donc avaient la chance de ne pas tomber sous le joug d'un assaillant comme un allié de Merval (par exemple). C'est en fin de ce deuxième jour que le long fleuve et ses différents bras furent aperçus, tout comme la capitale de Pharem.

Glinaina était assise sur le sol aux côtés d'un arbre et examinait minutieusement toutes les entrées et sorties qui pouvaient donner accès à la ville fortifiée. Il n'y avait qu'un bras à traverser, mais celui-ci était étroitement gardé. Seul un pont en permettait la traversé, et celui-ci semblait rejoindre avec tristesse ce qui ressemblait à une forteresse toute en pierres... Avec un soupir, l'elfe se releva et partit rejoindre le gros de la troupe en faisant bien attention de faire un détour tout en ne se faisant pas repérer. Déjà le soleil se couchait, laissant bientôt apparaître l'éclat intense des torches.


« Gloral, Hereon. Nous sommes arrivés.

Elle avait hésité à venir directement à l'arrière pour prévenir Casoair, mais le plus pratique s'était avéré être de se poster devant le cortège. Au moins tout le monde pouvait comprendre que la bataille allait bientôt commencer. Une fois les deux chefs présents, elle fit son rapport.

-Pharembourg n'est plus qu'à quelques miles et il n'y a que de la plaine jusque là-bas. Cependant nous avons pu constater un petit problème : le grand fleuve coupant le comté de Scylla en deux se divise non loin d'ici et encercle la capitale, de sorte qu'il soit impossible d'aller jusque là-bas sans passer par un pont. Et le seul qui soit dans le secteur se trouve être étroitement gardé par un fort. Il nous faudra passer par là, donc livrer bataille, à moins que vous n'ayez une autre idée. »

Des idées farfelues, on pouvait en avoir sans problème. Mais restons logiques ! Comment peut-on faire passer plus de 250 hommes sur un même pont sans au moins éveiller de nombreux soupçons, ou ne serait-ce même alerter la garde ? Surtout que tous, sans exception, sont armés ?
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Casèr Gloral
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Ven 19 Aoû 2011 - 13:11

Le soleil s'était caché et l'obscurité devint un fidèle compagnon à tout mercenaire. La consigne avait été claire: aucun feu. En effet, les éclaireurs elfes étaient revenus et avaient annoncé que Pharembourg était en vue. Des complications pourtant connues furent énoncées. Le fleuve représentait une difficulté insurmontable, une épreuve pour la compagnie. La gloire tendait les bras et la mort leur souriait. Évidemment, Casoair entra seul dans sa tente et réfléchit longuement. Il fut certain qu'une tentative de prise de la forteresse gardant le pont se révèlerait infructueuse. Même sans avoir porté un regard sur celui-ci, Gloral savait pertinemment que le pont était protégé raisonnablement. Les hommes manqueraient et le besoin d'armes de siège se ferait cruellement sentir. Une guerre ouverte menacerait la survie de la compagnie. Le comte de Scylla enverrait naturellement une armée pour anéantir les mercenaires. De plus, Casoair manquait d'informations pouvant le guider dans son choix. Que faisaient les deux camps à l'instant même?

Agacé, le chef-mercenaire sortit et vint rejoindre Harkan, fidèlement assis à côté de Talmak. Les deux lieutenants paraissaient invraisemblablement confiants. Ils discutaient tous deux de leur détermination à voir leur contrat honoré et s’interrompirent en voyant apparaitre la silhouette de Casoair. Cet homme-ci s'installa près d'eux avec quelques difficultés dans l'ombre pesante. Il prit le godet que lui tendait Harkan et le vida d'un trait. La boisson était délicieusement sucrée et étonnamment revigorante. Devinant la stupéfaction du chef, le lieutenant lui expliqua que les elfes avaient concocté ce mélange exquis pour leur chef. Talmak précisa qu'il ne présentait pas de traces de poison car il fut préalablement goûté.


"Lieutenants, je crois qu'un repli stratégique est bien envisageable. On ne peut rien face à une forteresse avec nos compétences. Les défenseurs tiendront bon quoi qu'il arrive. Je ne peux compter sur notre assassin qui échouera s'il entre au sein de la forteresse. Les sentinelles sont sur le pied de guerre et il est certain qu'ils noteront la présence d'Azäziel. On ne peut se résoudre à l'envoyer en enfer." Casoair s'humecta les lèvres puis reprit de plus belle. "Ne sous-estimons pas Scylla, notre patrie. Nous décevons certainement le comte pour notre traitrise de mercenariat et nous n'en avons cure. Souvenez-vous, lieutenants, que nous n'abandonnons pas si facilement. Merval veut voir Scylla tomber, qu'il en soit ainsi! Ruinons le pays et incitons la garde à sortir de leurs scandaleuses fortifications! Plus les pillages seront fréquents, plus nous serons considérés comme une menace. Faisons venir à nous le maximum de troupes scylléennes. Tuons les miliciens et emparons nous de toutes richesses!"

Le poing serré, Casoair se releva avec un sourire. Le siège n'était pas dans ses habitudes mais les pillages, ça le connaissait. Il demanda à Harkan d'informer la compagnie avant de retourner dans sa tente pour un repos mérité. Alors que le sommeil s'entendait cordialement avec le chef-mercenaire, le lieutenant s'attela à sa mission. Il invita Talmak à répandre la nouvelle aux Centaures tandis que lui s'occuperait des archers longs et elfes. Lorsque les fidèles bucherons entendirent la nouvelle, ils bondirent de joie. Harkan se dirigea ensuite vers le campement elfe. Aendel se trouvait être en tant que sentinelle et l'amena auprès des autres membres de sa race. Tous furent réunis à l'exception de trois, ayant pour corvée la surveillance. La jeune elfe s'y trouvait et le lieutenant lui sourit à sa vue.

"Amis elfes, Le Chef a décidé que la traversée du fleuve nous était interdite. Je crois en effet que nous n'y trouverons rien de plus qu'une mort inutile. Les positions scylléennes autour de la capitale ne peuvent être réduites à néant par une "poignée" de mercenaires. Aussi, Le Chef nous conduit dès demain vers l'ouest de ce pays où nous pourrons, comme à notre habitude, tendre des embuscades et piller. Glinaina, Le Chef veut vous voir immédiatement."

Il quitta ainsi le campement elfe et se dirigea vers la forêt. Harkan lui dit faussement que Casoair l'attendait un plus loin dans cette direction où il la menait. Au bout d'un moment, n'y tenant plus, le sauvage lui sauta dessus avec une ardeur bien visible. Il lui révéla alors qu'il brûlait pour elle et que si ce n'était pas réciproque, il la contraindrait. Le lieutenant lui vola un baiser et lui mit seulement la poitrine à l'air, profitant bien de cet instant. Il se releva alors et partit tout courant vers le campement humain, laissant l'elfe avec un haut déchiré.

Le lendemain, Casoair leva le camp et partit avec tous ses hommes vers l'ouest où de nombreux pillages sèmeraient la panique. Aux abords d'un hameau, Aendel put distinguer sans mal un attroupement militaire. Leur présence signifiait que le village comptait pour dépêcher une trentaine d'hommes en plus des miliciens déjà présents. Des pluies de flèches s’abattirent sur les malheureux villageois et la cavalerie chargea en priorité les quelques hommes armés et rassemblés. Les têtes volaient et les tripes parsemaient le sol. Lors de cette attaque, certains prirent la fuite bien que blessés et les Centaures perdirent quelques hommes, 5 tout au plus. On regretta leur perte car l'escarmouche fut hâtée, plutôt basée sur la rapidité de l'action. Ils quittèrent rapidement les lieux et vinrent aux environs d'un hameau bien moins conséquent que le précédent. Le bois prit facilement feu et le village devint rapidement un brasier. Tout fuyard fut abattu par la cavalerie qui encerclait les maisonnées.

D'autres pillages suivirent mais ils furent bien moins importants que les deux précédents. En effet, ce fut l'attaque de quelques fermes isolées ou de vaillantes caravanes.
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Glinaina
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Sam 20 Aoû 2011 - 16:37

S'en prendre à un fort juste pour passer un pont était beaucoup trop risqué au goût de n'importe qui, et seul un fou aurait osé tenter un coup pareil ! Et peut-être Casoair était-il des plus imprévisibles, il n'en était pas pour autant irréfléchi. De fait, une autre tactique fut mise au point, plus sournoise que la précédente : piller et massacrer nombre de villages jusqu'à ce que l'armée de Scylla réagisse et sorte de Pharembourg. A cette nouvelle, nombre de mercenaires crièrent de joie. De son côté, lorsque Harkan vint transmettre le mot aux elfes, Glinaina eut du mal à retenir une grimace. A la guerre comme à la guerre, si l'on peut dire...

« Amis elfes, Le Chef a décidé que la traversée du fleuve nous était interdite. Je crois en effet que nous n'y trouverons rien de plus qu'une mort inutile. Les positions scylléennes autour de la capitale ne peuvent être réduites à néant par une "poignée" de mercenaires. Aussi, Le Chef nous conduit dès demain vers l'ouest de ce pays où nous pourrons, comme à notre habitude, tendre des embuscades et piller. Glinaina, Le Chef veut vous voir immédiatement.

Sans un mot, la jeune elfe acquiesça et suivit le lieutenant à travers les bois, là où, selon lui, Casoair l'attendait. En route elle le questionna sur la raison pour laquelle le chef-mercenaire avait pu la convoquer, mais lui-même n'avait pas l'air d'en savoir plus qu'elle. Ils cessèrent donc de parler, n'ayant plus vraiment de sujet de conversation en tête. Ou du moins rien que Glinaina pouvait réellement partager avec son collègue, malgré la confiance qu'elle lui portait.

-Au fait, … ?!"

L'elfe n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait ; elle se retrouva d'un coup allongée sur le sol, l'avenant personnage sur elle. Sur elle ! Déjà son corps commençait à ne plus vraiment lui répondre, agissant de lui-même par-delà l'incompréhension et la peur qui régnaient dans son esprit. Sa respiration devint rapidement lourde, son visage atteignit une blancheur effrayante au fur et à mesure qu'il le caressait tout en lui disant avec ardeur qu'il l'aimait. Elle n'arrivait pas à comprendre. La position difficile dans laquelle elle se trouvait l'empêchait de faire le moindre mouvement, les mots restaient coincés au fond de sa gorge. Puis, au bout d'un moment, il partit après lui avoir déchiré le haut de sa chemise et l'avoir embrassée.



Du sang, des cris, des corps... et une pestilentielle odeur de brûlé. Voilà tout ce qui restait d'un village scylléen, le deuxième depuis qu'ils avaient repris la route. Un massacre comme un autre avec femmes, enfants, époux... Glinaina essuya son épée sur les vêtements de l'un des cadavres puis la rangea dans son fourreau. Elle stoppa son geste en voyant du sang sur sa manche : tient, elle avait réussi à se blesser. Elle leva son bras à auteur de ses yeux et laissa deux petites gouttes de sang tomber sur le sol avant d'ouvrir sa gourde et de verser un peu d'eau dessus pour nettoyer la plaie, comme il y a trois jours. Trois jours. Cela faisait trois jours que son poignard avait failli partir en direction du cœur de Harkan mais n'avait pour une raison méconnue d'elle pas quitté sa main après qu'il lui ait dit son amour de la pire des manières. Trois jours qu'elle en était restée tremblante et que depuis lors le sommeil ne venait plus à elle. Enfin, trois jours qu'elle avait découvert que le sang avait le don de l'apaiser, de la calmer ; ce jour là, pleine de rage, elle s'était entaillé le bras (pas les veines, rassurez-vous). Le sang qui en avait découlé lui avait bizarrement allégé la respiration et fait reprendre le contrôle d'elle-même. Aujourd'hui aussi ce même sang la soulageait de toute cette histoire.

Pour vous expliquer un peu plus explicitement où nous en sommes : depuis que Harkan lui a déclaré sa flamme, notre jeune demoiselle ne dort plus, fait tout pour ne pas le croiser parce que l'envie de sang s'empare d'elle lorsqu'elle le voit, elle lui a bien sûr expliqué la bêtise qu'il a fait (et qui le mettait involontairement en danger) tout en n'hésitant pas à lui dire que s'il l'aimait vraiment, il fallait qu'il la comprenne et qu'il apprenne à respecter ses peurs. Sinon depuis ce jour elle reste beaucoup plus avec les elfes que d'habitude et seul Aendel est au courant de ce qu'il s'est passé. Et ce fut seulement parce qu'il l'obligea à répondre à son interrogatoire ! (En même temps, c'était pour son bien...)

Voilà... Maintenant, vous savez tout. Du sang et des flammes, quelques pillages coordonnés par-ci par-là. Un temps de guerre qui se commence dans un hiver doux, doux comme l'aurore.
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Glinaina
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Ven 26 Aoû 2011 - 16:44

Rien n'avait vraiment changé ces derniers jours, mis à part pour les habitants du comté de Scylla, anciennement appelé Pharem. En ce mois de Verimios de la première année du XI° cycle, une guerre de comtés faisait lever les cœurs, ravivait les flammes tout comme les idées et rendait à la terre ce qui venait de la terre. Pendant une guerre, les hommes tombent comme s'envolent les oiseaux apeurés au son des cris. En cela Port-Cinglant est un premier est un premier exemple de ce que tout Être, au nom d'un idéal ou peut-être même juste pour le plaisir, est capable d'infliger à ses semblables qui lui paraissent pourtant si différents. Les troupes passent, semant horreur et confusion partout où elles passent, chacune à sa façon : injures, massacres, empoisonnement des eaux... Rien n'est trop fort pour mettre l'adversaire à bout.



Dans la nuit seulement éclairée par la lune, une petite lumière jaune-orangée vint s'ajouter à la noirceur de cette nuit froide, s'agrandit puis, au bout d'un moment, s'affaissa jusqu'à disparaître. Quelques secondes plus tard une nouvelle flamme prit naissance, plus forte, plus grande, aussitôt suivie par une autre flamme, puis encore une autre. Un spectacle magnifique, n'est-ce pas ? Surtout lorsque l'on peut diriger soi-même ce danse et...

« Anvar, qu'est-ce que tu fais ?

Le petit garçon sursauta, pris, semblait-il, en flagrant délit. Un moment il avait cru que c'étaient ses parents, mais fort heureusement ce n'était que sa petite sœur Suzanne, âgée de trois ans, qui venait de se réveiller.

-Rien. Il souffla sur les bougies. Rien du tout. La preuve, les bougies sont éteintes ! Je les ait juste ramenées dans la chambre car euh... je ne sais pas où est passée celle qui est toujours dans notre chambre !
-Maman l'a enlevée car elle ne veut pas qu'on les utilises la nuit. Elle dit qu'en ce moment ça attire les fantômes ! Et puis moi, de toute façon, je ne te crois pas.
-Bon, d'accord... Tu ne diras rien à papa et maman, pas vrai ?
-Si tu me passes les deux pierres !

Les deux pierres ? Mes il ne les avaient pas, il n'en avait pas eu besoin ! Le petit Anvar fit grise mine : il venait seulement (enfin... dans l'après-midi) de découvrir qu'il possédait le fabuleux pouvoir de faire du feu et voilà que sa sœur, parce qu'elle n'aura pas eu les deux pierres, dira tout à ses parents ! C'est vrai que sa mère ne veut pas qu'ils allument de bougie pendant la nuit, mais c'est tellement plus joli... Puis une idée lui vint ; de toute façon il ne pouvait plus jouer avec les bougies, alors autant lui faire croire qu'il n'en avait au départ allumé qu'une puis qu'il avait caché les pierres ! Oh, ça, elle gobera cette histoire à coup sûr.

-Je n'ai allumé qu'une bougie avec les pierres, puis je les aient cachées. Je vais aller les chercher, d'accord ? Comme ça, tu ne diras rien à maman. »

La gamine acquiesça, son doudou serré contre elle. Anvar repris donc les bougies puis descendit le petit escalier qui menait à la grande pièce où tout s'y faisait : cuisiner, manger, dessiner, la vaisselle, écouter grand-père quand il venait et c'était également là où dormaient les parents des deux petits. A pas de loup, il alla ranger les bougies et chercha en vain les fameuses pierres jusqu'à ce qu'il entende un bruit sourd. Cela venait de la porte... Il y alla donc doucement et colla l'oreille contre ce qui était en fait un assemblage de bois ; il lui sembla entendre des pas puis plus rien. C'est alors qu'un cri de petite fille raisonna dans la maison en bois, bientôt suivi d'une odeur de brûlé qui s'intensifia très rapidement. Très vite le toit s'embrasa et la mère, qui s'était réveillée, commença à tousser. Alors que la mère et sa fille essayaient en vain de pousser la porte inexplicablement bloquée, Anvar leva la tête vers le feu. Il n'avait que sept ans, et pourtant il lui semblait déjà apercevoir les fantômes dont parlait sa mère au sein des flammes.




Dans la nuit seulement éclairée par la lune, une petite lumière jaune-orangée vint s'ajouter à la noirceur de cette nuit froide, s'agrandit puis, au bout d'un moment, s'affaissa jusqu'à disparaître. Quelques secondes plus tard une nouvelle flamme prit naissance, plus forte, plus grande, aussitôt suivie par une autre flamme, puis encore une autre. Un spectacle magnifique, n'est-ce pas ? Sauf lorsque l'on sait que ce qui parait être la lumière de petites bougies n'est autre que celle d'un lointain carnage dont les cris étaient portés par le vent jusqu'à leurs oreilles. Jusque là, tout acte contre les Scylléens s'était fait de jour. Là, ce n'était pas le cas. Et à vrai dire, ce n'était pas pour rien : déjà cela donnait l'impression à certains mercenaires de bénéficier d'un spectacle de sons et lumières, puis cela permettait de faussement clarifier les pistes. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vraiment attaqués à un village et, visiblement, ceux qui avaient été assignés à cette tâche s'y donnaient à cœur joie ! Et les spectateurs s'amusaient à faire moult remarques sur ce spectacle grandiose. A en écouter les cris, ils en vinrent même à conclure que les gens devaient être enfermés dans leur propre maison alors que celle-ci flambait joyeusement, ce que la femme elfe n'avait pas de mal à imaginer. S'étant mise dès le départ en retrait, elle n'eut aucun mal à revenir au lieu où ils avaient laissé les chevaux (ils ne resteraient pas toute la nuit au même endroit), écœurée. Même si elle avait dressé une barrière à son cœur, ce genre de massacre arrivait toujours à lui faire du mal. A la fois une partie d'elle était atteinte par tous ces cris de douleur, à la fois ce qui devenait peu à peu cette autre « elle » s'en délectait.


Au petit matin, seul des cendres restaient du petit village et quelques traces subsistaient de cette nuit, sauf quelques traces de sabots mal effacées, indiquant que les voyous se dirigeaient vers le Nord-Ouest.
Bien plus loin, bien trop loin pour avoir été ceux qui attaquèrent un village aujourd'hui devenu cendre, la troupe du Centaure ainsi que celle des Bûcherons prenaient une toute autre direction. Un nouveau massacre. Déjà tous se tenaient prêts pour une réelle confrontation qui ne tarderait certainement pas à arriver.





[edit Hanegard] Petit rappel des normes RP à suivre pour la suite : "Même s'il peut être compréhensible que vous soyez pressé, il vous est demandé de suivre un ordre de postage. C'est à dire que vous ne pouvez pas reposter avant que chaque rôliste participant à votre topic ait posté avant. Une fois le premier tour terminé, vous garderez le même ordre, sauf si bien sûr l'un des rôlistes participants disparait de la circulation. Là encore, arrangez-vous entre vous."
(Source : http://miradelphia.forumpro.fr/t13488-normes-rp).
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Malaurie Mytheiril
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Sam 27 Aoû 2011 - 23:08

27 Oglicos de Verimios, 1e année du 11e cycle


Le sortilège de camouflage que Mélodie m'avait prêté fonctionnait parfaitement. Indétectable, je me faufilais à travers les sous-bois, évitant les routes et les endroits trop à découvert. J’avais retrouvé la piste des présumés bouchers de Serrevigne…des mercenaires. Deux compagnies d’après les étendards. J’avais pu fureter dans leurs campements grâce à des sortilèges de divination piégés dans deux japses jaune. Ces hommes étaient entrainés et aptes à se battre dans n’importe quelles conditions. Une plaie…ceux-ci étaient là pour massacrer les habitants de Scylla, sans aucune retenue. Tous sans distinction portaient des capes rouges : le symbole des Centaures de Serramire. Ils étaient plus d’une centaine, la tâche ne serait pas facile.

J’avais repéré des patrouilles à intervalles réguliers aux alentours du campement. Elles étaient sensées surveiller les arrières de la compagnie, afin de vérifier que des opportuns comme moi ne mettent pas leur nez partout.

C’était l’une d’entre elles que je pistais maintenant. Dix personnes en armes, des fantassins à pieds…une proie idéale.

Je les voyais venir sur le sentier étroit. Ils ne se cachaient plus depuis bien longtemps, cette partie de Scylla étant déserte d’après les cartes que j’avais pu consulter à Bordefente. La compagnie devait se reposer entre deux pillages et ne craignait plus depuis un moment de se faire encercler par les armées du Comte de Scylla, ces dernières étant consignées à Pharembourg. La troupe sans étendard effectuait une simple mission de reconnaissance, un simple tour de routine.

Mascarade frémissait à l’idée de goûter au sang humain, mais cette fois-ci, je me passerai de ses services. Cachée en surplomb sur une ancienne ruine à bien une centaine de mètres d’eux. Ils se dirigeaient vers un ruisseau à l’Est pour y puiser de l’eau. Le temps était toujours aussi morose, mais il faisait lourd et chaud. Le sergent de la troupe arriva en premier au ruisseau, simple trouée dans le paysage en plein milieu d’un champ.

Le ruisseau se teinta de rouge lorsque mon projectile transperça le crâne du sergent. S’effondrant sans avoir pu dire un mot, l’eau entra par le trou fait dans tête, emportant des morceaux de sa cervelle. Les neufs autres ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait. Deux d’entre eux moururent dans la seconde qui suivit, tête explosée par une pierre aussi grosse que le poing. Les soldats terrifiés ne purent s’échapper. Ils se dispersèrent, les premiers courant vers la forêt, les autres sautant à pieds joints dans le ruisseau, deux autres se protégeant derrière leurs boucliers.

Quelques secondes plus tard, une pluie de projectiles s’abattit sur les fuyards remontant vers les sous-bois.

Transpercés de part en part, ils rendirent l’âme avant d’avoir touché le sol. Ceux qui enjambèrent le ruisseau subirent le même sort. Abrités derrière leurs boucliers, les deux compagnons hurlaient de terreur, priant Néera tout en pissant dans leurs chausses. La pluie de pierres s’arrêta. Les deux survivants attendirent un moment avant de se déplacer vers la forêt, bien à l’abri derrière leurs pavois.

Mon sortilège de précision prit fin, la gemme se brisa en de multiples éclats. Maintenir ce sortilège demandait de l’énergie et cette gemme n’avait pas survécu. Renforcer la précision, la portée et la puissance d’un tir de fronde par un sortilège d'amélioration, une idée intéressante que j’avais eu du mal à tester, faute de cibles…

Je ramassais mes affaires et laissais ma petite pile de cailloux en place. Harceler les troupes de la compagnie du Centaure prendrait du temps, mais peu à peu, ils comprendraient que leur présence en ces terres n’était pas souhaitée, surtout quand une façonneuse s’en mêlait. Je pris rapidement mes distances par rapport aux mercenaires, restant bien en dehors de leur périmètre, indétectable grâce à mes sortilèges.


Dernière édition par Malou Mytheiril le Sam 3 Sep 2011 - 13:24, édité 4 fois
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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Dim 28 Aoû 2011 - 19:07

Raoul Quilviquie, plus connu sous le nom de « Raoul le dérangé » avait à contrecœur pris la route pour rejoindre le reste de l’ost. En quoi tout cela pouvait bien le concerner lui ? La guerre de Merval n’était clairement pas dans ses priorités. Les brigandages, le pillage avait certes son charme. Mais la guerre, on ne savait jamais quand elle s’arrêtait. Le voile avait déjà fait de terribles dégâts dans les récoltes et l’hiver s’annonçait suffisamment rude comme ça. Bah, on ne choisissait pas sa destinée. Les gueux de Merval devaient être bien affamés pour ainsi venir mordre Scylla en période de disette, mais on allait quand même leur mettre copieusement sur la mouille.

Raoul, membre influent de la brande Scylléenne ne chevauchait pas seul. En tant que banneret, il se devait de venir en compagnie de quelques compagnons. Les guerres étaient le genre d’occasion où il ne fallait pas renâcler dans les moyens. Pour son propre équipement, il n’avait d’ailleurs pas lésiné, au moins pour l’exemple. Raoul avait sorti la panoplie des grands jours, sa préférée. Celle à qui, comme il avait gardé l’âme d’un trouvère, il avait donné des petits noms de ci, de là. Cela faisait plus épique. Ainsi la grande Bertille, sa lance de cavalerie, accompagnait Patrick, son épée, et Béranger, son bouclier. Côté protection, Raoul avait emporté Esmeralda, son armure préférée, surmontée par Gros-Jeannot : son heaume. Enfin il gardait sur lui « La fourberie la Vrai », une dague offerte par le comte lors de leur unique rencontre. Le tout était porté par son cheval. Un cheval dont il ignorait évidemment le nom, parce qu’il n’avait pas que ça à penser.

Autour de Raoul : les troupes du nord de la brande en marche. On en avait laissé sur place pour surveiller les maudits Missédiens, qui à l’occasion pouvaient être de sacrés coquins. Raoul avait pris ce qui lui semblait raisonnable. Il s’avançait avec une vingtaine de chevaliers, une cinquantaine de petits nobles ; qu’on appelait également chevalier pour ne pas les vexer ; et deux centaines de vougiers. Parmi ces derniers, la moitié était équipée en sus d’un arc douteux ou d’autre arme de jet, et se voyait appeler « Archers ».

Il devait effectuer sa jonction avec le reste de l’armée : la brande unifiée pour protéger ses frontières. Ce serait sans doute l’occasion de quelques banquets au cours des fameux conseils nocturnes des bannerets, appelés traditionnellement « Nuit des Chistoles ». L’armée devait d’après les ordres anéantir les régiments de cataphractaires de Merval. Raoul le dérangé ne connaissait que peu le plat-pays, mais il lui semblait bien qu’attaquer leurs cavaliers en plaine ne serait pas une bonne idée. Mais à quoi bon s’inquiéter ? On aviserait sur place.

Il avait pris la route du sud, pour se diriger ensuite vers l’Est. En longeant les limites de la brande, il allait plus vite et avait plus de chance de rencontrer des compagnons. Ainsi finit-il par atteindre la première étape qu’il s’était fixé ce jour-là. Un ruisseau. Il reçut l’approbation de sa troupe en accordant la première pause de la journée. A chacun de casser la croûte et de ne pas oublier de remplir sa gourde avant de continuer.

Raoul profita du temps de pause pour s’avancer hors de la brande et jeter un œil sur la plaine des pouilleux suderons. En compagnie de ses chevaliers, ils goutèrent en petit groupe sans mettre pied à terre. Raoul étalait à l’aide de « la Fourberie du Vrai » son morceau de rillettes sur un bout de pain. Il ne saurait plus dire qui attira alors son attention sur les événements en contrebas. Raoul n’avait pas que ça à faire de retenir le nom de ses chevaliers non plus. Cependant, le spectacle en valait le coup d’œil. Attiré par les capes rouges flottant dans les plaines, les chevaliers avaient repérés des mouvements en contrebas. Pas tout près. Même pas à portée de voix. Ce n’était pas Scylléens et ce n’était pas inoffensif. Et c’était là, tranquillement installé dans un camp près de la rivière. Les chevaliers restèrent discrets et retournèrent vers la végétation pour ne pas ameuter les brigands.

Mais « Raoul le dérangé » était excité comme une puce ! En voyant qu’une sorte de rendez-vous de la truandaille s’était installé, il avait une envie folle d’expérimenter le cadeau de la Margueritte, sorcière de chez lui au crépion rebondie. Il retourna vers ses aides de camps et donna ses instructions en retenant les habituels hurlements. S’en suivit une manœuvre discrète, là où la végétation était la plus dense. On sortit de la sacoche d’un pécore (isolé du reste de la troupe jusque là) la chose puante et on laissa flotter dans l’eau du ruisseau cet étrange artefact offert par la magicienne. « Ça tue pas, mais ça fout la drouille du tonnerre de Nééra. » avait-elle bien dit. Les gros malins en bas ne manqueraient pas de tomber dans le panneau. On avait appelé l’artefact « l’omelette à la Marie Stuart ». Personne ne savait ce qu’il y avait dedans, et on ne voulait pas le savoir. Ce qu’on savait, c'est que ça puait la mort et qu’après ça, les remèdes de bonnes femmes ne dispenseraient pas au moins de la chiabrena molle pendant quelques jours. Parole de Margueritte.

On se mit à philosopher à l’orée du bois : c’était une bonne chose que cette guerre qui donnait l’occasion de salir les pantalons des suderons. La troupe tout entière s’égaya alors que quelques-uns suivaient les mouvements de troupes plus bas. Raoul hésitait. Devait-il attaquer ? Ne devait-il pas ? Ces brigands tuaient du suderons, était-ce vraiment criminel ? Mais il lui semblait bien avoir entendu dire que des « capes rouges » avaient visités un peu trop brutalement l’un de ses villages. Il pouvait encore tolérer les quelques brigands qui infestaient la zone. Mais des massacreurs, ah non alors ! On tond, on viole, mais on ne tue pas ! Et il en va des moutons comme des pécores.

Il opta pour surveiller un peu cette troupe. Si tentative de rentrer dans la brande il y avait, les malotrus se verraient entrelarder dans la plus pure tradition. Raoul et ses hommes se mirent sur le qui-vive. Après une demi-heure passée ici, ils n’allaient de toute façon plus tarder à être repérés et signalés au camp des brigands.

Aucun d'entre eux ne suspectait encore l'escarmouche ayant eu lieu à moins d'une demi lieue.

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Dim 28 Aoû 2011 - 23:41



« Messire, ce n’est pas raisonnable, prenez un peu de repos avant de partir dans cette folle équipée ! »
Le bon Hubert suppliait comme une vieille femme soucieuse de la santé de son jeune chien. Hélas (hélas, vraiment ?), le comte restait intraitable. L’aube ne se lèverait que dans une bonne heure, et pourtant, tout un équipage s’attroupait sur la place de l’Arsenal. Chevaliers des seigneurs de Scylla et de Papincourt jetaient un dernier regard à la rade rescapée, tandis que deux cents reîtres finissaient d’installer barbuttes et carreaux dans leur fonte. Tout autour, pages, écuyers et autres jeunes gens montés laissaient le troupeau piaffer, trembler, en un mot : chevaler.

« J’ai déjà perdu trop de temps avec ces échauffourées maritimes, et si je vous en crois, les Mervalois reprennent à peine leur esprit. Il est temps de débarrasser mes terres de la racaille qui y pullule. » Aetius jetait un regard impérieux à ce conseiller qui avait toujours eu le goût de se faire passer pour un oncle chétif et inquiet auprès de lui. Le bon Hubert, se tenant comme il pouvait à un page immobile quelques degrés plus bas sur le perron, coulait un de ces regards désespérés, dignes d’une courtisane ! Cela, le vieillard le savait très bien, devait enhardir d’autant plus son fougueux maître, qui voyait dans ce spectacle le plus touchant des adieux, y percevait, du moins le croyait-il, une fidélité sincère dans ses yeux rendus humides par l’air froid que fouettait le ressac de la rade.

Lorsqu’on eut bien fini de trembler et de s’équiper, ces centaines de cavaliers se jetèrent dans le plat pays. Le voyage devait être rapide devait être exécuté dans les plus brefs délais, aussi s’était-on démis de tout ce qui aurait pu incommoder la vitesse de la course. Adieu maréchaux-ferrants, adieu putains et apothicaires, adieu piétaille, archers, adieu les lourdes carrioles, adieu les bagages. La chevauchée n’en serait que plus fulgurante et, celle-ci traversant des terres amies, sans risque de rencontrer des gens de mauvaise vie, sinon des collègues.

Ainsi cette armée de cavaliers se rua sur les routes durcies par un hiver encore doux, dévorant la distance sans mal et ne laissant derrière eux qu’un sentier boueux, nourri des défections et des urines des bêtes comme des hommes. On ne se laissa pas aller au brigandage, qui était pourtant de coutume chez les reîtres et les chevaliers de brande lorsqu’ils parcouraient le pays en un tel déploiement. La discipline était stricte, la route longue, souvent lors des deux journées de la traversée, on la parcourut en partie de nuit. On compta quelques destriers blessés sur une route traîtreuse, et les effectifs de pages et d’écuyers maigrirent à mesure qu’on laissait des bêtes et des bagages sur le bas-côté. Cependant, le moral resta bon, l’enthousiasme du comte, infatigable cavalier, piquait l’orgueil des reîtres comme des Papincourtois, qui se prétendaient excellents cavaliers également. Ainsi, le comte et ses émules furent bientôt à Daffodils, où les Landostriens de Sigmund aux Pieds d’Airain rongeaient leur frein, attendant leur employeur pour frapper outre-Gavria, c’est-à-dire au nord du long fleuve qui divisait le pays de Scylla en deux.
La nuit même dans la ville fut sobre. Aetius, qui faisait preuve d’un aplomb teinté de nervosité lorsqu’il s’agissait de ses guerres, fit s’égailler édiles et notables de la ville, leur rit au nez lorsqu’ils l’invitèrent à un banquet donner en son honneur. « Voilà bien mes guerriers suderons ! » se contenta-t-il de leur jeter à la face avec un souverain mépris. Il investit le château de Daffodils et força ses hommes à s’y cantonner, où ils passèrent, pour ceux qui ne vivaient pas sur l’habitant, une courte veillée fortement arrosée.

Ce fut peu avant l’aurore que l’armée d’Aetius, forte d’un demi-millier de chevaliers, de reîtres et d’hommes d’armes, soutenue par une partie de la garnison installé à Daffodils et autant de servants, de pages, de laquais, etc., se dirigea dans l’ouest, où les pillards, constitués en une forte bande, terrorisait l’habitant et égorgeait les troupeaux, et parfois, disait-on avec horreur, l’inverse aussi.
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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Mar 30 Aoû 2011 - 19:44

Glenn salua les deux hommes postés devant sa tente et entra. Il avait besoin d’être au calme et de méditer sur la situation actuelle. Voilà des jours que la récente union des centaures et des bucherons barbus semaient le chaos en Scylla, pour le plus grand bonheur de Merval. La guerre était favorable aux mercenaires et Glenn se réjouissait que ce conflit ai lieu. Seulement, il aurait préféré participer à de véritables batailles et non à des exécutions de gueux… Glenn avait eu du mal à se faire aux pillages, massacrer des innocents n’était pas ce qu’il voulait. Mais Casoair était parvenu à lui démontrer tout l’intérêt de la manœuvre… Repensant à chaque assaut à son propre village natal quand celui-ci avait été la proie d’une bande de pillards drows, il s’était résigné à ne faire que le strict minimum, soit tuer proprement les villageois armés. Un certain nombre de ses compagnons partageaient ses idées sur le sujet et ne désiraient pas se joindre à de telles manœuvres. Compréhensible, de la part d’anciens protecteurs du peuple… Ils restaient donc en retrait, prêt à intervenir si une quelconque résistance apparaissait. Malgré cette réticence de la part d’une grande partie des centaures, Casoair avait décidé de raser tous les regroupements de populations qui croisaient le chemin de la compagnie… L’unique garnison de soldats qui avait croisée leur route était retranchée dans une forteresse imprenable, voir difficilement prenable, pour la troupe. Il avait donc était décidé de contourner la menace et de continuer le manège habituelle jusqu’à qu’un soldat Scyllien pointe son nez. Cette nouvelle remplit d’enthousiasme le cœur des bucherons barbus et d’amertume celui des centaures… Une voix familière le tira de ses pensées : c’était Raymond, un de ses fidèles lieutenants, qui venait de faire irruption dans sa tente

-Glenn, un des barbus vient de retrouver des cadavres près de la rivière… Une patrouille à nous… Il dit que les corps sont transpercés de part en part et pas par des flèches, il faut que tu viennes voir ça…

-Une patrouille entière ?! Vite, va chercher Frajoar et prévient tout le monde, nous devons tripler la surveillance du campement !

Glenn s’équipa rapidement de tout son arsenal et sortit. Il voulait voir de ses propres yeux ce qu’on venait de lui dire. Il sollicita une vingtaine de ses hommes pour l’accompagner et demanda au barbu qui l’avait prévenu de les amener sur le lieu du massacre. Une vingtaine n’était pas de trop, il se pourrait que les assassins soit encore dans les parages, de plus, les hommes s’ennuyaient ferme depuis quelques temps, et de l’action leur ferai le plus grand bien. Ils attendirent que Frajoar les ai rejoint pour partir. Ils trouvèrent le premier cadavre après une dizaine de minutes de marche forcée. Et un simple regard sur les environs permettait de retrouver les 9 autres … Avec une étude attentive de la scène on pouvait deviner ce qui c’était passé : les attaquants avaient d’abord tué les deux centaures qui gisaient près du fleuve et 3 autres avaient tentés de fuir vers le campement tandis que les 5 autres avaient tentés d’atteindre leurs assaillants… Les plus rapides n’avaient pu faire qu’une vingtaine de mètres tout au plus. Frajoar se pencha vers l’un des cadavres :

-Je ne vois qu’une chose capable de faire une chose pareille, la magie. A ma connaissance, aucune arme ne peut transpercer une armure comme, ça et regardez les boucliers : ils sont en miettes ! Ce sont ces pierres, propulsés avec une force inhumaine qui ont fait ça…

Frajoar avait donc eu la même conclusion que Glenn : la magie, son unique crainte, était à l’œuvre… Il observa plus en détails les projectiles et arma son arbalète. Les boucliers n’avaient été d’aucune protection aux malheureux vaincus, peut-être aurait-il le temps d’envoyer un carreau dans la tête du mage s’il se retrouvai face à lui… Mais si il n'était pas eul? Un seul mage aurai très bien pu faire ça tout seul...

-Restez aux aguets, le mage peut se trouver encore dans les parages !

Glenn observa plus en détails les projectiles qui avaient tués ses hommes et se tourna vers Frajoar :

-Regarde, il y a un motif sur celle-ci, ce n’est pas un banale caillou… Ce morceau devait appartenir aux ruines qui surplombent la colline en face de nous, de l’autre côté de la rivière. Raymond et Frajoar, allez faire votre enquête. Si la ou les cibles se trouvent seules, ramenez les moi vivantes dans la mesure du possible, Merval sera surement prêt à payer cher pour des mages Scylliens… Je vous donne la vingtaine d’homme présente, pas plus… J’ai confiance en vos capacités, et cette fois, ce seront eux qui seront pris par surprise, la donne ne sera pas la même. Dans tous les cas, revenez avant que la nuit tombe.

-Bien Glenn, les mages sont souvent trop confiants en leurs capacités, je suis sûr que ceux-ci n’ont même pas pris la peine de brouiller leurs traces…

-BMessieurs, je vous souhaites bonne chance! Vengez nos frères morts en me ramenant les tueurs! Et ne prenez pas de risques inutiles.

Sur ce, Glenn rentra au campement escorté du bucheron barbu qui l’avait accompagné. Depuis qu’ils cohabitaient ensemble, centaures et barbus s’entendaient plutôt bien, de quoi envisager d’organiser une nouvelle compagnie… Cette guerre serait un bon test pour voir si une telle chose était possible. Le chef des centaures rentra directement dans la tente du chef des barbus. Casoair avait convoqué tous les lieutenants, ainsi que Glinaina, que Glenn connaissait bien. Il avait pensé que si elle participait aux débats c’était pour retranscrire les ordres aux elfes, qui restaient un peu à l’écart du groupe… Il ne manqua pas de lui sourire avant d’interrompre le débat en cours :

-Un ou plusieurs mages rodent dans les parages : c’est de la sorcellerie qui a tué mes 10 hommes ! Il faut réorganiser les patrouilles et envoyer des éclaireurs discrets, cette agression n’est qu’une prémisse avant la véritable attaque je le crains…

Glenn apprit donc que réorganiser les patrouilles et envoyer des éclaireurs étaient déjà l’objet du débat en cours. Des éclaireurs avaient déjà été envoyés dans les environs et les patrouilles étaient en train d‘être ré organisé. Parfait, Casoair avait bien compris l’urgence de la situation. Après les dernières directives pour les nouvelles patrouilles données, il ne restait plus qu’à attendre le retour des éclaireurs et celui de Frajoar… Glenn avait toute confiance en les qualités de chasseur de Frajoar, si lui ne réussissait pas, c’était que personne ne le pouvait. Il s’accorda donc un peu de repos et s’assoupit dans sa tente…

-Chef, Frajoar et Raymond sont de retour, ils ont ramenés quelque chose d’intéressant, ils attendent votre ordre pour entrer.

-Hein ?! Euh… Oui bien sûr, fait les entrer.

Encore pas très bien réveillé, Glenn ne saurait dire combien d’heures il avait dormi… Frajoar et Raymond entrèrent, couverts de sueur. Un pansement rudimentaire était posé sur l’épaule droite de Raymond, qui avait dû saigner abondement. Une jeune femme bâillonnée se tenait entre les deux fidèles lieutenants, les pieds et mains liés par des lanières de cuir. Glenn comprit immédiatement qui se cachait derrière cette jeune femme fragile et dégaina instinctivement son épée. Pour le calmer, Raymond prît la parole :

-Glenn, elle a les mains liées, elle ne peut pas lancer de sortilèges : si elle avait pu le faire, elle l’aurai fait depuis un moment, crois-moi.

-Et si elle lance des boules de feu avec les yeux ?

-Impossible, ricana Raymond tout en contemplant, d’un regard étrangement pervers, sa proie.

-Etes-vous sûr qu’elle est à l’origine de l’agression ?

-Ça oui, elle a réussi à déchiqueter 6 de nos hommes avant que je ne la cloue au sol !

Glenn regarda attentivement la magicienne : plusieurs plaies mineures étaient encore ouvertes et son visage était couvert de bleues… Raymond ne s’était pas privé… Comme pour ajouter sa main à la pâte, Glenn gifla violemment par deux fois (sur chaque joue) la femelle sans défense.

-Sale chienne ! Comment à tu oser t’en prendre à mes hommes ! Tu payeras leur mort au centuple !

Puis il décocha un coup de poing, droit dans le ventre de la magicienne. Cette dernière ne supporta pas le coup et allait s’écroulait au sol si Frajaoar ne l’avait pas retenue.

-Félicitation à vous, transmettez les aussi aux survivants. Je vous demanderez des détails sur sa capture plus tard, nous manquons de temps. Emmenez là dans la tente de Casoair, je vous y rejoins.

Raymond et Frajoar saluèrent leur chef et sortirent. Glenn leur emboita le pas. Il entra donc dans la tente de Casoair, habitué à recevoir des visites imprévues de la part du Centaure en Chef. Peut-être devrait-il se faire annoncer avant d’entrer, Casoair et son égal certes, mais au moins par politesse… Comme souvent, Casoair n’était pas seul : des éclaireurs étaient revenus et ils discutaient avec lui. Cette fois, Glenn attendit que la discussion s’interrompe pour parler :

-Voilà la responsable de nos problèmes. Dit-il en désignant la pauvre créature, qui tenait à peine debout. Quand mes hommes l’on trouvé, elle était seule. Je pensais que tu aimerais peut être l’interroger, si c’est un mage de Scylla, ce qui est sans doute le cas, Merval en donnerai un bon prix tu ne crois pas ?

Glenn n’était pas d’humeur à ces choses-là et le chef des barbus se montrerai sans doute plus efficace que lui. De plus, Glenn avait hâte d’entendre les rapports des éclaireurs, il avait comme un mauvais préssentiment…

Veuillez m’excusez pour le retard, mes avocats sont disponibles au 06 12 34 56 78
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Frère Sigmund
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Mar 30 Aoû 2011 - 20:13

Sigmund était impatient. Ses Lieutenants étaient impatients. Ses cavaliers étaient impatients. Tous savaient la guerre proche, après tout, ils étaient venus pour la rencontrer, et lui rentrer dedans comme dans une jouvencelle un jour de pillage. Du coup, ça mouftait pas dans le campement. Comme si chacun voulait faire abstinence et s’économiser pour le labeur du lendemain. Mais serait-ce vraiment pour le lendemain ? Faudrait-il encore attendre ? Encore voyager ? Les agrestes n’en pouvaient plus. Si on ne leur livrait pas bientôt un ennemi, ils en trouveraient un par eux même. Ça c’était déjà vu !
L’endroit était nommé Daffodils. Une cité, avec son château, un morceau un peu trop gros pour la belliqueuse fringale des hurons. Il y avait probablement quelques villages dans les environs. Rien n’était jamais très loin pour une troupe montée. Sigmund avait parlé à ses hommes, promettant que si le lendemain, la guerre n’était pas là, on irait se consoler dans la région et qu’à son zénith, le soleil serait rouge du sang Scylléen. Chacun beugla son enthousiasme et tous se couchèrent tôt, enthousiasmés par leur avenir, quel qu’il soit.

Mais il y eut un messager. Tard dans la nuit, un homme monté était venu pour avertir que le Comte et ses gens étaient au castel, et qu’on livrerait bataille demain contre la racaille qui, par sa seule présence en Scyllée, insultait le Comte et ses armées.

Cette nuit-là, Sigmund fit un rêve étrange. Il était sur un champ de bataille, désert. Entendez par là, qu’il n’y avait que des cadavres. À perte de vue. Sigmund regarda ses mains salies par le sang ennemi qui avait formé une croûte en coagulant sur sa peau. Puis soudain, il réalisa qu’il n’avait plus d’arme. Ni d’armure. Ni aucun vêtement, en réalité il était nu comme une prostitué dans son bordel. Il était sale aussi, vraiment répugnant. Couvert de boue et de sang. Il tenta de réfléchir posément, mais, n’y arrivant pas, il tâcha de trouver son attirail. Au moment où il allait bouger, une main lui agrippa la cheville. Et une tête émergeant du tas de corps se tourna vers lui. C’était une femme. Elle l’implorait du regard, serrant son pied avec force. Sigmund essaya aussitôt de lui donner un coup de pied pour la faire lâcher. Mais elle tenait bon, même après que ses os aient craqué plusieurs fois sous les coups répétés du guerrier. Ce dernier ramassa une lance cassée en deux et la planta dans le poignet exposé, répétant l’acte jusqu’à ce que la main se détache du bras. La femme hurla, et sa bouche s’ouvrit en grand. Un serpent sortit alors de sa gorge en sifflant « Sssssssscylla » et disparut dans le tas de corps.

Quand il se réveilla à l’aube, Sigmund se prépara en hâte avant de rassembler tous ses hommes pour les mettre sur le pied de guerre. Il était un peu ronchon, son humeur assombrie par un mal de tête qui s’était éveillé en même temps que lui. Il ne parla de son rêve à personne, pour la bonne et simple raison qu’il ne s’en souvenait pas. Et puis, qui se serait intéressé à un rêve débile ?
« Aujourd’hui on va à la guerre ! » avait-il dit à ses hommes. Pas de place pour des choses spirituelles.

Une fois le camp levé les deux cent soixante-dix-sept cavaliers des Wandres se mirent en selle pour rejoindre l’Ivrey, son armée, et marcher vers le nord en quête de bataille.
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Mar 30 Aoû 2011 - 21:37

Se consignant dans sa tente, Casoair jetait un œil sur les cartes de Scylla. La région paraissait généreuse aux mercenaires qui bénéficiaient d'un abri dont on ne les délogea pas encore. Pourtant, les pillages devraient alerter les pleutres seigneurs de la comté. Aucune attaque n'avait encore été réalisé, aucune embuscade, à la connaissance de Gloral. La nuit froide s'était installée sur le campement et le chef-mercenaire put ressentir un frisson. Une chose bien compréhensible lorsque l'on était dans une tente sans couvrir son torse. Il sortit donc de sa demeure en toute intimité et enfila un haut qu'Harkan venait de lui nettoyer. Ils conversèrent tous deux du départ précipité de Talmak pour le royaume nain. Tandis que Casoair se trouvait être peiné de n'avoir pu s'y rendre personnellement, Harkan remerciait son chef de l'avoir gracié et de n'avoir persisté à l'envoyer. Le voyage aurait été long et inutile, à ses dires. Alors que Casoair se dirigeait vers sa modeste tente, une envie fit son apparition. Hélas, ce ne fut point la frustration de ne pouvoir se désaltérer allégrement ou le désir sexuel qui l'animait; non, ce fut bien pire. Cette chose là était bien plus humiliante et désagréable surtout pour un chef mercenaire.

Qui pourrait prétendre voir Casoair Gloral, mercenaire de grand renom, déféquer dans ses propres braies sans aucune retenue? Un bruit sinistre vint accompagner l'évènement suivi de près par une odeur qui ne cachait en rien ce que Casoair venait de faire, une émanation répugnante. D'abord épouvanté, Harkan se leva d'un bond et constata avec horreur que le mal s'était abattu sur lui aussi. En quelques temps, tous les mercenaires déclarèrent avoir "les tripes qui giclent". La sorcellerie était la clé de tout cela. Gêné, Casoair partit au ruisseau où il put se rincer abondamment et tenter de faire oublier la contingence. Pourtant, la tâche comme l'effluve demeurèrent persistantes. Dépité d'avoir été abusé par de la magie ou un poison extrêmement fort, Casoair organisa les quelques soins que l'on pouvait administrer aux malades à l'aide de plantes. Au cours de cet incident, Gloral évita Glinaina au maximum, sa fierté l'empêchant de se montrer ainsi aux elfes.

Non remis du terrible trouble intestinal, Casoair entendit avec horreur qu'une patrouille entière avait été sauvagement agressé. Il n'eut quelques précisions seulement lorsque Glenn entra dans sa tente pour le lui expliquer, sentant nettement que l'ambiance était merdique. Gloral demanda plus d'explications qui lui furent fournies. Une magie était à l’œuvre une fois de plus, sans doute était-ce la même personne. Ainsi, vingt cavaliers étaient à sa recherche avec un pisteur hors-pair. Le criminel serait ramené et châtié pour ses crimes. En effet, Glenn reparut, accompagné de deux hommes ligotant une jeune femme. Casoair faillit la faire libérer mais se ravisa, constatant qu'elle avait tenté d'attenter à sa vie par le biais d'une grosse colique, laquelle faisait encore son effet ravageur.

La femme était couverte de bleues et de petites plaies non signifiantes. Glenn, chef incontesté de Centaures, parut venger la mort de ses pairs lors de coups qu'il lui portât. C'est alors que Casoair se rendit compte de la vérité.


"Glenn, regarde les marques noires de cette créature. Elle n'est pas humaine mais drow. Elle a du lancer un charme pour se rendre plus attirante. Cette infamie ne parlera pas et je m'en moque bien. A vrai dire, je ne pense même pas que le comte l'ait mise à son service. Qu'on me l'amène dehors et qu'Harkan vienne me rejoindre, lui qui a tant souffert de cette dysenterie."

A présent à l'extérieur, le lieutenant avait rejoint son chef, tous deux entourés de faces qui ne demandaient que vengeance. Harkan commença en premier et ne renâcla pas à la tâche d'arracher tout vêtement de l'immonde sorcière. Ceci fait, Casoair se fit l'insidieux plaisir de tabasser la drow. Son cri fut inhumain. Certains crurent que la douleur en fut la cause, d'autres que sa nature le lui imposait. Lorsque la torture prit fin, on la leva et l'installa, attachée à un chêne. Inutile de préciser qu'il y eut plusieurs essais infructueux car la drow faillit s'échapper et que Harkan dut la maintenir tandis que Divarast joignaient ses poignets et tiraient bien plus que de raison sur les liens. Le spectacle en enchanta plus d'un qui songèrent à emporter l'être dans leur lit. Cette interdiction leur fut donnée en même temps que l'ordre de déféquer sur la dite drow si l'occasion s'y présentait. Harkan fut le premier a inauguré la sombre et fut loin d'être le dernier. Il posa culotte sur ses jambes, la substance dégoulinant jusqu'à ses pieds. La nuit se poursuivit ainsi alors que certains s'adonnaient à d'autres diableries.

Un jour plus tard, après en avoir discuté avec Glenn, Casoair décida de lever le camp et de fuir vers l'Ouest. En effet, des troupes avaient été repéré au Nord et pourraient anticiper le mouvement des mercenaires. Ceci fut la meilleure option aux yeux de Gloral qui estimait en avoir assez fait d'autant que l'ignominie qui leur avait causé tant de maux avait été puni et abandonné près du même arbre où elle se tenait encore. Elle avait mérité son sort et l'inscription clouée au-dessus de sa tête apparaissait comme évidente:


Drow ayant foulé librement les terres du comte de Scylla
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MessageSujet: Re: Premier raid de la nouvelle compagnie   Sam 3 Sep 2011 - 17:29

Cela faisait déjà plus de deux jours que le dernier assaut avait eu lieu et les mercenaires avaient décidé d'établir leur campement non loin de la forêt, toujours dans le comté de Scylla. Les Bûcherons barbus s'étaient installés au niveau d'un cour d'eau, les Centaures un peu plus loin et, comme d'habitude, le petit groupe elfique avait élu domicile sous les frondaisons (même s'il n'y avait plus trop de feuilles en cette période de l'année). Et au bout d'une demi-journée, il semblait que les problèmes commençaient à arriver. C'était la raison pour laquelle Glinaina avait remonté la rivière et se retrouvait maintenant tapie dans les fougères, son capuchon rabattu sur la tête, à discrètement espionner un tout autre groupe ressemblant plus à des soldats qu'autre chose. Et en plus grand nombre que les deux troupes de mercenaires regroupées. Elle ne savait depuis combien de temps elle était là à écouter tout ce qui pouvait se dire à proximité (soit disant rien de spécialement intéressant) et à voir ce qu'ils pouvaient bien faire là tout en faisant attention de ne pas se faire repérer. Ils avaient l'air prêts à se battre et certains avaient leurs yeux braqués vers la plaine, plus en bas. En effet on pouvait voir de nombreuses capes rouges passer entre les tentes. Ces gredins s'étaient bien positionnés, de sorte à ce qu'on ne puisse pas trop les voir d'en bas. Et il y avait un joli diaporama, si ce n'était qu'une odeur fort désagréable persistait et finissait par réellement devenir écœurante ! Ce devait être un petit animal mort. En tout cas, les humains ici présents n'avaient pas l'air de la sentir plus que cela...

Alors que l'elfe allait repartir, son attention fut soudainement attirée vers les deux campements. Elle ne savait quoi, mais son regard ne pouvait s'empêcher de le rechercher. C'était en fin de matinée, elle ne savait ce qui était en train de se tramer au loin, près d'un petit ruisseau.
Un bruit la ramena alors à la réalité, dirigeant maintenant son attention vers sa gauche. Fichtre, quelqu'un arrivait ! Tout doucement, elle se positionna de façon à pouvoir lancer un projectile et dégaina avec une douce lenteur le couteau accroché à sa ceinture, de telle sorte à ce que la partie argentée ne puisse encore se voir. Puis elle attendit. Fort heureusement pour elle, il ne regardait pas vraiment dans sa direction et ne parut rien remarquer. Et comble de bonheur, l'un de ses comparses vint à l'appeler ! Elle en profita pour prendre soigneusement la poudre d'escampette et rejoindre le campement avant qu'il ne soit trop tard.


« Mae ? {Eh bien ?}
-Estolad ; methyr. A thû en nâr 'orth. Ah in edhil ? {Un campement, des guerriers. Et une odeur de rat mort. Et les (autres) elfes ?}
-Sy nar mae. {Ils vont mieux.}
-Ah Aendel ? {Et Aendel ?}
-Tira nan Amrûn. Avatelitha io anann. {Il surveille l'Est. Il ne reviendra pas avant longtemps.}
-Mae. Bedin cen in edain. {Bien. Je vais voir les humains.}
-Bado, dan sy pain lhaew. » {Va, mais ils sont tous malades.}

La jeune elfe releva un sourcil d'étonnement : tous malades ? Peut-être avaient-ils été contaminés de la même manière que deux des elfes... Mais vu de la façon dont il avait prononcé sa dernière phrase, les humains avaient dû avoir une moins bonne résistance à la maladie. Mais elle ne s'imaginait pas à quel point ils étaient « malades ». De ce fait il y avait donc beaucoup plus de risques que l'eau soit la source de leurs problèmes que toute autre chose comme la nourriture, par exemple. A elle de faire son rapport.

Une fois dans le camp des Bûcherons, Glinaina se sentit presque gênée par la situation actuelle ; autant elle s'était inquiétée pour ses comparses qu'ils n'aillent pas des mieux (surtout qu'un elfe ne tombe généralement pas malade), autant elle se rendait compte qu'ils n'avaient pratiquement rien comparé aux humains ! Et elle devait avouer... que ça puait bien plus qu'à l'accoutumée. Elle préféra donc faire au plus vite et se dirigea directement vers la tente de Casoair, où une réunion tenait déjà lieu. Elle rapporta rapidement ce qu'elle avait pu voir au Nord ainsi que ses soupçons concernant la pureté de l'eau qui descendait la plaine.


« … Ils ne sont pas vraiment sur le pied de guerre, mais ils ont l'air d'être prêts à prendre les armes si l'ordre était donné. Et ils sont à peu près autant que nous, mais je n'ai pas pu tout voir. Faut-il aller les espionner ?

C'est à cet instant que Glenn entra dans la tente, le visage tendu. Il sourit à l'elfe un instant, auquel elle répondit par un signe de tête, avant de reprendre la conversation avec une triste nouvelle dont l'elfe n'avait à peine entendu parler.

-Un ou plusieurs mages rodent dans les parages : c’est de la sorcellerie qui a tué mes 10 hommes ! Il faut réorganiser les patrouilles et envoyer des éclaireurs discrets, cette agression n’est qu’une prémisse avant la véritable attaque je le crains… »

A ces mots, Glinaina devint d'une pâleur sans nom ; un ou des sorciers, ici ? Ne manquait plus que ça ! Elle baissa la tête et serra ses bras afin d'essayer de retrouver un minimum de contenance le plus rapidement possible. Heureusement que personne ne la regardait ! Après un petit moment, elle releva la tête et repris part au débat qui se tenait toujours. Tant d'hommes... Était-ce ce qu'elle avait ressentit dans la matinée ? Encore un mystère à résoudre...

Après quelques minutes de bavardage, la jeune femme retourna extemporanément* dans la forêt et passa de longs moments à surveiller de loin que les soldats ne fassent pas de mouvement offensifs, ce qui heureusement n'arriva pas.
Lorsqu'elle rejoignit le petit campement elfe, elle s'arrêta un instant pour regarder ce qui se passait : on amenait une prisonnière à la tente de Gloral ; elle plaignait d'avance ce qui pourrait bien arriver à ladite sorcière. Elle avait beau détester à juste titre la magie (offensive), la personne qui l'utilisait restait toujours quelqu'un et non pas une arme à détruire. Enfin normalement... Glenn, qui avait jusque là accompagné l'escorte, sortit de la tente. Quelques secondes plus tard ce fut au tour de Casoair avec la captive. Là commençait une véritable torture physique comme psychologique ! N'ayant aucunement l'envie de regarder un tel carnage (elle se trouvait plus haut que le campement même, donc pouvait voir bon nombre de choses), elle détacha son regard de la potence et repris la direction des elfes. Cependant les cris eux-même faisaient effet sur elle.



« Daro sa. Gen cerich ym. {Arrête cela. Tu te fais mal.}

Glinaina releva la tête pour voir celui qui venait de lui parler ; ce n'était autre qu'Aendel, qui s'était agenouillé pour être à sa hauteur. D'un signe de tête il lui demanda de lui passer sa main, ce qu'elle fit sans poser de question. Il versa de l'eau sur la plaie qui se situait sur la paume droite afin d'enlever le sang qui restait encore puis la banda d'un tissu.


-Ça ne fait pas mal, tu sais.
-Mais je n'aime pas que tu ailles t'enfermer dans la solitude et que tu te fasses une entaille à chaque fois que tu en sens le besoin !
Il noua d'un coup sec le tissu, faisant apparaître une grimace sur le visage de la jeune elfe.
-Ce sont les cris de douleur, ceux de haine aussi. J'ai l'impression que seul mon sang peut arriver à me calmer.
-Essaye de trouver un autre moyen, Glinaina. Parce que si aujourd'hui c'est ton sang, demain sera celui d'un autre.
Il lui tendit le gant en cuir qu'elle avait posé à terres quelques minutes plus tôt et se releva pendant qu'elle le remettait par-dessus sa blessure.
-Nous partons, maintenant. Le camp est levé. »

Puis il se dirigea vers l'Ouest, où devaient se trouver les autres pour le départ. Alors qu'il commençait à marcher, il put entendre « Hannon, Aendel. Gen hannon. » {Merci, Aendel. Je te remercie.} ce qui, au fond, le fit sourire. Peut-être sa patience arriverait-elle à garder dans la bonne voie cette jeune fille.




[*HRP : extemporanément = maintenant, sur-le-champ ]
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