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 La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.

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Eulalie Tranchepie
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MessageSujet: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Dim 7 Aoû 2011 - 2:24

Les généraux auxiliaires eurent fort à faire afin de répartir les millices et autres soudards dans les places fortes du Mervalois. Tandis que ces menées sombres s'accomplissaient, la flotte baronniale, qui mouillait à quai à Merval, forcissait. Les troupes embarquaient par centaines dans les augustes bâtiments de la marine du lion, dûment applaudies par la populace du crû
. Les étendards flottaient haut alors que les hérauts hurlaient les noms des régiments qui devaient prendre place sur chaque navire. Les Clothons les plus rutilants emplissaient la rade, les classes XIX et XXIII se disputaient les faveurs de la populace en liesse. Les enfants, si sensibles à ces âges où la ferveur militaire fait battre le coeur d'émotion criaient en voyant les lourds bâtiments fendre les flots, si énormes qu'on se demandait comment de telles constructions pouvaient éviter de couler.

Le rassemblement des troupes avait pris du temps mais la déclaration de guerre ayant tardé, la baronne avait pu réunir ses ouailles et l'embarquement signait la fin des préparatifs. Afin de dissimuler l'assaut, chacune des villes côtières assemblait ses troupes dans ses navires et la jonction devait être faite à Merval d'où partirait l'armada.

Des centaines d'ardents combattants, massés sur les navires attendaient le grand départ qui ne tarda guère. Les trompes sonnèrent "La victoyre est nostre!", hymne du Lambin au cours de la campagne des 900 éborgnés.

Le Loxodontesque, paré de fleurs multicolores, prit la tête de l'escadre du seigle, avec à sa tête le très illustre Commandantissime Flahaut Goultepoyre. Toutes voiles dehors, les navires avançaient, direction le port de Pharembourg. Flahaut avait personellement, secondé par le maréchalissime Glaucosme de Fierfeslin, orchestré cette offensive audacieuse. Ses espoirs, ceux de la baronne et de tout son peuple reposaient sur lui. Sous deux jours à peine, les navires entreraient dans le port de Pharembourg et la conflagration débuterait, dans une orgie de flammes et de chaos. Flahaut en salivait déjà, alors que ses hommes, tenus par une angoisse légitime, espéraient la fin du conflit. Galvanisés pourtant par les navires qu'ils voyaient autour du leur, ils gardaient le coeur au ventre et faisaient tous amène figure.




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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Sam 13 Aoû 2011 - 14:11

Les fustes comtales avaient fait leur travail. Prévenues des mouvements de flottes dans les eaux mervaloises, les cités de la côte de sel s’agitèrent. On finissait de combler une dernière fissure, de lustrer une dernière hallebarde. Les paysans, occupés à rien, entraient en masse dans les villes et, le plus souvent, on les chassait, ces traîne-savates brutaux et païens ! C’est que l’on n’allait point nourrir tous les mendiants des salines pharétanes, non plus ! Ainsi allait la guerre et le reste des cités libres firent comme Pharembourg il y avait de cela quelques semaines lorsque le comte préparait son expédition punitive sur Nelen. On se claquemura entre les murailles, on empêcha quiconque de sortir et on pendit, dans une joie perverse, les rares Mervalois qui avaient dû rester. Et lorsqu’on en trouva pas, la hargne populaire se retourna contre les gens les plus en lien avec cette race de l’est, car on les disait espions et empoisonneurs, comme leur maîtresse la baronne de Merval.

A Pharembourg, il en était de même. On s’activait partout. On huilait une dernière fois la machinerie de guerre, on levait tout ce qui savait tenir une arbalète, un arc et une épée dans les auberges et les rades des faubourgs comme de la cité. On vit même des nains, assister par des dizaines de servants d’armes, monter les Pucelles, les trois trébuchets du comte, symboles de son droit sur les vassaux. Bref, tout ça.
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Shyska
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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Dim 14 Aoû 2011 - 14:00

L'elfe avait eu le plus grand mal à passer inaperçue. Puis considérant qu'elle n'y arriverait pas comme ça, elle s'était retirée et s'était rendue à La Dross où elle avait pu se procurer une armure aux couleurs de Scylla et un cheval. Elle avait ensuite rallié Pharembourg en peu de temps, poussant son cheval sur ses limites. S'étant faite accompagnée par un ami, elle lui laissa sa monture aux abords de la ville et le regarda repartir vers la ville des bandits. Shyska fit volte face et s'engagea silencieusement dans une ruelle déserte. Parfaitement briefée sur sa mission, elle savait où elle allait et ce qu'elle devait faire. Pharembourg fourmillait de soldats qui, trop occupés autour des machines de guerre ne faisaient pas attention à elle. La sylvestre se fondait dans la masse grâce à l'armure (même si elle flottait un peu dedans quand même...) et la nuit tombée, toujours pas remarquée elle pu enfin s'en libérer.
S'étirant avec délice et inspirant l'air frais du soir, elle passa à l'action. Se fondant parmis les ombres, elle chercha les sentinelles du regard puis avec la plus grande discrètion, elle s'approcha dans le dos de l'une d'elles et lui assena un puissant coup de pommeau sur la nuque. Le garde s'effondra sans un cri, inconscient. Shyska le rattrapa avant qu'il ne touche le sol et peinant sous son poids, elle parvint avec difficulté à le déposer en douceur sur les pavés l'abandonnant là, dissimulé par l'angle d'une maison.
Elle banda ensuite son arc déjà armé, visa avec soin et laissa le trait partir. Celui-ci fendit l'air et trancha l'une des cordes du trébuchet le plus proche avant de finir sa course au pied du second. Le claquement de la corde qui cède attira l'attention d'une autre sentinelle qui s'écroula un projectile fiché dans la gorge avec un bruit de casserole, alertant les autres.
L'elfe bondit hors de sa cachette et courut en direction d'un autre trébuchet, s'arreta à mi chemin pour décocher deux flèches qui touchèrent juste. Deux autres soldats tombèrent, l'un blessé, l'autre mort. La rôdeuse reprit sa course.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Lun 15 Aoû 2011 - 11:57

Tout ne se passa comme prévu pour la petite rôdeuse. Arrivée aux abords de la ville sur son pimpant palefroi, vêtue aux couleurs des cités libres de la côte de sel, elle se présenta, sous la lumière déclinante de la fin de journée, devant l’une des portes qui perçait la longue muraille de Pharembourg. Le pont levis était levé, et entre la muraille et la jeune elfe, il n’y avait que le grondement du fleuve qui ceignait la ville comtale. Une sentinelle du corps de garde, cependant, cria un puissant « qui va là ? » et l’espionne de répondre, avec un accent à couper au couteau quelque chose sur son appartenance à l’armée du comte. Après un instant de flottement, le lourd pont levis s’abaissa et la herse fut levée. Mais lorsqu’elle eut traversé le fleuve et rejoint la porte, qui s’ouvrait alors, l’elfette eut le vif déplaisir de découvrir une demi-douzaine d’hommes en armes qui l’attendaient de pied ferme.

Le passage à tabac ne dura pas longtemps et fut bientôt suivi par un transfert vers les geôles de Bordefente, où résidait le comte. Enchaînée avec le reste des criminels, on ne prit même pas la peine de l’interroger, et le soir même, lorsque la nouvelle traversa la cité en émoi, on grima l’elfe et l’attifa d’habits exotiques et bizarres. Malmenée par une procession de gardes qui la traînaient comme on traîne un animal capturé, on lui fit rejoindre la place de l’Arsenal, où une grande foule s’était rassemblée. Sur la petite estrade de bois qui servait à l’exhibition des prisonniers et autres ladres urbains, un bourreau et un héraut se tenaient, hiératiques, compassés et immobiles. Elle fut alors offerte au bourreau, qui le tint fermement avant d’enfoncer son col dans le creux d’une pièce de bois qu’il referma sur sa nuque et ses poignets. On mettait la petite elfe au pilori.

« En ce rude hiver où la sorcière de Merval essaye de faire ployer les fières cités libre de Scylla, le comte, qui veille sur notre sécurité et notre réputation à tous, a fait attraper cette créature. L’étrangère, lorsqu’elle fut questionnée, avoua faire partie la suite de la baronne en tant qu’astrologue : nécromancienne plutôt ! On retrouvait celle-là alors que, barbouillé du sang d’on ne sait quel animal, elle s’adonnait à de sombres rituels, comme il est d’habitude chez sa race ! Et après qu’on lui eut posé la question, elle avoua avoir pour mission d’empoisonner les puits des prud’hommes de Pharembourg, car la sorcière craint d’affronter la noble cité libre sans aucun artifice. Celle-ci alla même plus loin, car la baronne de Merval, sûrement liée par quelques pactes avec les gens des sombres forêts de l’est, lui aurait promis qu’après la bataille, cette nécromantique elfique pourrait s’en repartir avec quinze GROS charriots remplis d’enfants ! »

Un murmure d’indignation secoua la populace en colère, murmure qui s’embrasa pour se transformer en cri et en insulte. Et tandis que le héraut continuait placidement son récit d’une voix forte et maîtrisée, les plus braves (ou était-ce les agents de ce bon Hubert ?) jetèrent les premières boules de boue, les premières pierres sur l’elfe entravée. Le bourreau lui-même ajouta un peu à cette scène en se saisissant de l’arc de la jeune malheureuse et en l’exhibant vers la populace. On avait ajouté à la va vite des plumes et le bois avait pris une teinte verte et lorsque le bourreau jeta l’arc dans un brasero qui se tenait au milieu de l’estrade, l’arc, qui s’enflamma, crépita et produisit des flammes sombres et verdâtres. C’en fut bien assez pour le peuple en colère, car il avait peur et l’état de siège lui pesait. Grêlons et boue plurent sur l’elfette.
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Shyska
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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Lun 15 Aoû 2011 - 15:50

Shyska se figea en apercevant la demi douzaine d'hommes qui l'attendait et ne réagit pas tout de suite, effarée. Ce n'est que lorsqu'ils passèrent à l'action qu'elle voulut faire demi tour et s'enfuir. Seulement ils fûrent plus rapide et la sylvestre ne tint pas longtemps face au nombre, sa vitesse qui aurait pu la tirer de cette situation étant amoindrie par la lourde armure. Sans celle-ci, elle les aurait vaincu et la rôdeuse se promit de profiter de la moindre occasion pour leur montrer la puissance elfique.
Groggy par le nombre de incalculable de coups qu'elle s'était pris, elle ne suivit pas le trajet jusqu'aux geôles d'elle ne savait où et fut surprise en reprenant ses esprits de constater qu'elle était enchainée comme le reste des prisonniers.

Elle put rager à loisir de s'être fait aussi bêtement attrapée ainsi que regretter amèrement d'avoir raté son sabotage en beauté et tué des hommes inutilement jusqu'à ce qu'enfin, on vienne la chercher.
Les gardes la revêtirent d'un accoutrement exotique parfaitement ridicule et l'elfe n'en comprit l'intérêt que lorsqu'elle fut trainée comme un animal sur la place. Elle ne s'était presque pas débattue, griffant et gesticulant de temps à autre, mais c'était juste pour la forme. Elle préférait observer le terrain et évaluer ses chances de fuite enfin de survie (plutôt mince d'ailleurs). Puis de toute façon, elle n'aurait eu aucune chance de leur échapper. La voilà maintenant dans une bien mauvaise passe, entravée, impuissante et, livrée aux insultes de la foule en colère.

« En ce rude hiver où la sorcière de Merval essaye de faire ployer les fières cités libre de Scylla, le comte, qui veille sur notre sécurité et notre réputation à tous, a fait attraper cette créature. L’étrangère, lorsqu’elle fut questionnée, avoua faire partie la suite de la baronne en tant qu’astrologue : nécromancienne plutôt ! On retrouvait celle-là alors que, barbouillé du sang d’on ne sait quel animal, elle s’adonnait à de sombres rituels, comme il est d’habitude chez sa race ! Et après qu’on lui eut posé la question, elle avoua avoir pour mission d’empoisonner les puits des prud’hommes de Pharembourg, car la sorcière craint d’affronter la noble cité libre sans aucun artifice. Celle-ci alla même plus loin, car la baronne de Merval, sûrement liée par quelques pactes avec les gens des sombres forêts de l’est, lui aurait promis qu’après la bataille, cette nécromantique elfique pourrait s’en repartir avec quinze GROS charriots remplis d’enfants ! »

Outrée par les propos du héraut et surprise par les mensonges affirmés avec un tel aplombs, Shyska ne put s'empêcher de protester mais ses arguments furent couvert par la clameur du peuple. Elle cracha avec dégout, son regard criant vengeance. Puis les premiers projectiles fusèrent...le bourreau, voulant faire le beau jeta son arc désormais vert et souillé par des plumes dans le feu qui brûlait au centre de l'estrade et fit enfler démesurément la haine de la rôdeuse. Elle se débattit comme un beau diable pour tirer son arme des griffes du brasier mais en vint. Finalement, elle ferma les yeux, se résigna et se replia au fond d'elle même attendant la fin de cette humiliation cuisante.
Le début fut facile à supporter, les humains visaient très mal mais ajustèrent peu à peu leur tir et finirent par réussir à la toucher. Au bout d'un temps qui lui parut infini, étouffant sous la boue et meurtrie par les pierres, elle se libéra enfin en sombrant dans l'inconscience, satisfaite de n'avoir offert aucun cri ni gémissement à la plèbe.
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Pierrick Savoran
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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Mar 16 Aoû 2011 - 12:52

Il était arrivé à Pharembourg quelques jours avant la venue des navires, s’installant dans une auberge non loin de l’objet de sa mission, et alors qu’on parlait de quelques mervalois capturés et pendus, qu’il put écouter, attablé le soir, et apprécier les tensions et le mépris des voisins venant des locaux, et si on avait peu goût de ce qui venait de l’est, on s’inquiétait fort peu de ce qui vient du nord, il fut pourtant tout à sa tâche, errant dans les rues, repérant tant un chemin pour parvenir à sa cible que pour quitter les lieux, se cacher quelques temps avant tout simplement de quitter cette cité, sous couvert de faire quelques emplettes communes.

Sa vie avait définitivement changé, si bien que d’homme lige, il était devenu un mercenaire, offrant son poignard et ses talents à qui possède l’or pour le louer. Mais il se promit que c’était là qu’une période transitoire, si de nombreux mercenaires se plaisaient dans cette vie, lui ne voulait nullement se sentir pareille à une putain.

La nuit venue, et après des concoctions d’une recette qui lui permettrait de teindre ses cheveux de noir, craignant que sa blondeur ne le trahisse si d’aventure il laissait ne serait ce qu’un témoin. Sortant par la fenêtre, il s’éloigna tout d’abord de sa cible, allant allumer un feu suffisamment loin pour détourner l’attention du gros de la garde, et le temps que le feu ne prenne sérieusement, il se trouvait déjà hors de portée.

Cette diversion faite, il se rendit là où il trouverait l’objet de sa mission, usant de sa magie pour se fondre dans les ombres à l’insu des quelques patrouilles qu’il trouva sur sa route, se cachant de leurs regards. Il se posta non loin de sa cible et y envoya son ombre, repérant les gardes, leurs nombres et leurs armements avant de se retirer.

La chose brûlerait une bonne part de son énergie, mais c’était là le prix à payer pour la redoutable efficacité de ses ombres, et paré, il se lança à l’attaque. Un instant fugitif, il fut visible, l’instant d’après, il disparaissait à nouveau, fit perdre la vue à l’un des gardes, effrayant un second tandis que son ombre se retournait contre lui et fondit sur un troisième, autant que possible la moindre lumière dans son approche, jusqu’à avoir prit suffisamment de vitesse et avoir fait s’évanouir la distance qui le séparait de sa cible pour l’éliminer avant de se fondre à nouveau dans les ombres, allant tuer celui qui se débattait toujours avec lui-même, ne se souciant guère de celui qui, pour de nombreuses minutes encore serait parfaitement aveugle.
Il se débarrassa de façon similaire des quelques autres gardes présent, usant et abusant de la traitrise des ombres, de sa magie, qui n’arrangerait nullement la réputation de sorcière de la baronne mervaloise si la chose devait être sue, achevant l’aveugle d’un lancer précis, il s’intéressa au mécanisme qui tendait et détendait la chaine qui fermait la voie navigable et s’arrangea pour la détendre totalement, ouvrant la voie aux navires en route, avant de trafiquer ce même mécanisme pour couper court à la moindre réparation.

Il alluma quelques instants un feu suffisamment grand pour être aperçu par les navires mervalois et le couvrit plusieurs fois suivant un certain rythme afin de leur envoyer le signal, après quoi, il l’éteignit totalement. Par prudence toutefois, il se trouva un coin parfaitement sombre, lui permettant de garder un œil attentif sur le dit mécanisme, afin de s’assurer que la voie demeurerait ouverte jusqu’au passage de tout les navires à venir, ensuite seulement s’éclipserait-il, ainsi seulement était-il sûr d’obtenir la paie désirée.

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Lun 22 Aoû 2011 - 14:26

La large porte qui donnait sur la salle du mécanisme s’ouvrit de nouveau, et ce dans le plus grand fracas. Des dizaines d’hommes affluèrent soudain dans la grande pièce du fortin. En effet, le mécanisme de la chaîne était situé dans les tours verrouillant l’accès à la rade, afin qu’on évite, justement, que, lorsqu’un assaut audacieux, l’ennemi puisse défaire trop facilement les lourds chaînons qui barraient la route aux navires adverses. Ainsi donc, manœuvres et reîtres s’engouffrèrent dans ce qu’on appelait le moulin de sang, car la pièce, dotée d’un puissant levier aux nombreux bras, pouvait accueillir au moins une cinquantaine de manœuvre ou une douzaine de bœufs, qui devaient actionner la chaîne pour la tendre et la détendre.

Aussi, lorsque cette foule entra dans la pièce et découvrit les cadavres, on poussa des cris d’effroi. Les reîtres dégainèrent leur épée et aboyèrent des insultes comme des prières à Mogar, mais lorsque l’agitation fut à son comble, un nain, qui était caché entre les longues jambes de ses comparses, rugit quelques ordres avec son accent gutturale, sa voix cassante. Il avait fier allure, le petit nain, tout enferré dans ce qui semblait être une armure lourde naine. L’exotisme et la robustesse de l’équipement, alliée à la barbe fleurie et le caractère gueulard de l’ingénieur semblaient d’ailleurs faire un travail admirable sur l’assemblée, qui commença à exécuter les ordres qu’ils commandaient. Un de ses apprentis remarqua que l’un des grands rouets apparents servant à la chaîne avaient été brisés, et cela fit paniquer les quelques manœuvres, rejoints par un flot continu d’autres porte-faix entrant via cette grande porte où le nain, entouré d’une poignée de reître, donnait ses ordres, observait ses accomplissements et contrôlait qui entrait et qui sortait.

« Par pierre noire ! jura-t-il, le maroufle nous est sabotage la tour. J’espoir que l’autre tor n’est pas attaque, sinon, impossible de remonte la radechaîne ! »

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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Lun 22 Aoû 2011 - 19:33

L'auguste armada du seigle fendait les flots, vitrifiant au passage quelques navires de pêches, assez hardis pour continuer de croiser dans les eaux d'outre-Merval. Les feu grégeois fonctionnaient si bien que l'eau s'embrasait et que les navires devaient se détourner pour ne pas subir de graves avaries au grand désespoir des marins qui élevaient le poing vers les dieux en pestant.

Le commodore Goultepoyre arborait un fier sourire, confiant à son second dans un accès d'assurance "Figurez-vous mon joli, que jamais, oncques ne vit Merval avoir ne serait-ce qu'un seul navire éclairer la route, les assauts brutaux et aveugles sont de loin les plus dévastateurs." Le second fit la moue et sourit à la fois, comme pour exprimer à son capitaine à quel point il trouvait ces dires idiots et à quel point il était assez poli pour n'en rien dire.

La nuit tomba et Pharembourg était en vue, les vaisseaux approchèrent de la rade. Le signal lumineux avait été aperçu depuis une heure, mais les préparatifs ayant pris un certain temps, les Clothons étaient en retard sur le plan d'attaque initial. Avant peu pourtant 6 Clothons de conflagration de catégorie XIX "Gigantoria Seiglia" se mirent en position de chaque côté de l'embouchure et les vigies, armées de longues vues firent leur office. On brûla les torches qui font des lumières bleues. Flahaut Goultepoyre donna un coup de sabre dans le bastingage et hurla "MAIS FOUTRENEERA, NUL AUTRE QUE MERVAL NE SAIT DONC CE QU'EST UN PRUDHOMME?"

Les ordres furent donnés, le repli fut lancé dans le calme et sans chahut.

Goultepoyre s'amusait durant la retraite à imiter l'accent scylléen, provoquant l'hilarité chez ses officiers. Ce commandant, aussi féroce au combat que peu porté sur les stratégies, savait remonter l'humeur de ses hommes, et il leur promit bien des victoires contre les Scylléens.

" Passe donc la jarre, que le scylléen se désaltère
Puis te montre la technique du reître qui tombe par terre
Sur leurs corps ils peignent à l'encre noir
d'anciens calligrammes qui en vieux scylléen signifient "à boire"

Il tint parole. On pilla des villages de pêcheur, une petite cité même, que des médisants appeleraient un bourg, et l'on rentra, dans la liesse de ne pas être mort et de n'avoir sacrifié au destin aucun Clothon. On dansa, on fit la fête aux héros au port de Merval et Flahaut fut exécuté.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: La force brute d’un assaut aveugle et fracassant d’une escadre de dromons.   Dim 28 Aoû 2011 - 18:48

Le coup de théâtre n’oublierait pas d’être utilisé par tous les trouvères du sud. La redoutable flotte mervaloise, cette forêt de mâts, de voiles et de cordages, se repliait sans même s’oser sur Pharembourg. Sans le savoir précisément, positivement, le peuple sentait qu’il était passé à côté d’une catastrophe sans nom. En effet, galéasses marchandes, cogues étrangères, boutres thaarii, la rade pharembourgeoise était bondée de bâtiments inactifs, immobiles et vulnérables à la première torchère venue. Beaucoup, au sein du patriciat, avaient chèrement payé le pouvoir pour bénéficier d’un sauf-conduit vers l’Arsenal. Ce parc à navires, puissamment protégé, jusqu’alors vidé de la moitié de ses résidents habituels, avait été submergé par les lourdes galées marchandes qui, normalement, croisaient paisiblement sur les quais civils. On avait même fait un peu de place et placer une poignée de dromons et de galéasses en dehors de l’Arsenal, tant par intérêt pour le lucre que par tactique.

Que serait-il advenu de Pharembourg si les agents de la sorcière, que les crieurs et récitants injuriaient lors de discours bruyants où les insultes les plus originales, les moqueries les plus mordantes étaient récompensés par les lazzis de la foule, l’argent des patriciens. Fort heureusement, la chaîne avait tenu et l’estuaire, bien que déchaîné, avait été évité l’attaque. Les dromons mervalois, qui ne portaient pas des sots, auraient risqué beaucoup en franchissant cet accès étroit vers la ville. Les puissants navires de guerre ennemis auraient dû s’adonner à un débarquement au compte-goutte, pendant que les ladres ainsi transbordés seraient pilonnés de toute part, tant par les scorpions des murailles que par les arbalètes des tireurs embusqués dans les bâtiments des coponniers, de solides logies bâtis en pierre contrôlant, comme il pouvait, le maigre estuaire pharembourgeois.

Ainsi, l’anxiété avait fait place à la joie. Elle mit cependant du temps à venir, et, longtemps après la disparition des redoutables escadres clothoniennes, les cœurs ne savaient s’ils devaient se serrer d’angoisse ou de bonheur. Finalement, c’est un enthousiasme féroce, une émotion étrange, mélangée de haine et de peur, qui affleura chez les citoyens, qui criaient victoire tout en fustigeant les lâches du levant, qui paradaient comme des paons, incapables d’égratigner la fière cité libre de Pharem ! Cette inclination commune, l’union provoquée au sein de la piétaille par cette victoire sans bataille, renforcée par les haines renouvelées par cette démonstration de force opérée mervaloise, était, on s’en doute, aussi excitante que dangereuse. C’est ainsi que le prudent Hubert, qui s’était retranché au palais de l’Arsenal avec des dizaines de ses gens, finit par sortir de sa tour d’ivoire et prépara, avec la hâte que provoquent souvent ces situations d’urgence, ce qui devait être une célébration du triomphe pharembourgeois. Les crieurs cessèrent de prêcher contre les agents de Merval, qui étaient souvent dépeints sous les traits de ces quelques marchands du levant installés après les événements des Noblegriffon mervalois, pour déclarer que le comte, en raison du courage de sa populace, offrait un banquet aux hommes libres de Pharembourg. On apaisa un peu la rage qui avait pris au ventre les menus, ou, lorsque l’on s’y voyait contraint, l’on désignait à la joyeuse foule la demeure d’un Mervalois par trop abouché avec son ancienne suzeraine, souvent un pauvre hère ne jouissant pas de faveurs assez considérables auprès du bon Hubert.

La nuit tomba dans cette atmosphère chargée, électrisée par cette étrange sensation que, si elle le voulait, la foule amassée se transformerait en une horde enragée, un ennemi bien plus grande que cent dromons bourrés d’hommes de la Cataphracte. Finalement, les haines, les joies, tout cela fut canalisé autour de quelques pendaisons, d’un petit incendie d’une maisonnée ou encore de l’humiliation d’un nanti venu du levant ou allié avec lui par quelque transaction devenue rétroactivement scandaleuse une fois la guerre déclarée.

Le comte revint quelques jours plus tard de son expédition, et l’on organisa de nouveau des festivités, comme pour renforcer, dans la joie ou dans l’adversité, les victoires de leur suzerain, cet étranger de noble lignage qui protégeait les intérêts de son nouveau peuple. Heureusement, les effusions furent moins sauvages qu’auparavant, et le bon Hubert se félicita que son seigneur ne fût point dans son château lorsque, la flotte adverse partie, les populations s’adonnèrent à un enthousiasme frénétique.
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