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 [Cité]Là où tout n’est que luxe, calme et volupté [Cyric][TERMINE]

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Cyric
Humain
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MessageSujet: Re: [Cité]Là où tout n’est que luxe, calme et volupté [Cyric][TERMINE]   Mer 11 Jan 2012 - 13:46

    Cyric ne dit rien. Le discours de sa belle était à présent terminé, pourtant, aucun son ne jaillit d'entre ses lèvres. Pas un mot consolant ou réprobateur, juste un silence lourd et mystérieux. Impossible de savoir sur quoi se penchaient ses sombres pensées.
    Les deux vitres teintées du maraud, des jumelles nommées mirettes, s'évertuaient à dévisager ce que la beauté semblait au mieux incarner. Malgré l'opacité de son regard, les histoires de Joy avaient bel et bien éclairé sa lanterne, dévoilant ainsi les zones ombrageuses sur l'origine de cette malédiction divine.

    La colère, le désappointement, la rancœur, tout cela appartenait désormais au passé. Seul subsistait une puissante envie de se rendre utile. Cette tragédie pouvait finalement être la quête dont il rêvait, l'occasion de faire ses preuves et, peut-être, une manière de conquérir l'impossible. S'il revenait glorieux auprès de l'elfe, celle-ci accepterait-elle de lui ouvrir son cœur en retour ? La chose ne pouvait envenimer une situation déjà rendue critique par les déclarations plus ou moins implicites du ribaud. Oui, il devait le faire, il devait tenter. Braver les Dieux était une formalité lorsqu'il s'agissait de remporter pareil butin, et les Hommes savaient rivaliser d'arrogance. Cyric ne reculerait pas.

    Ragaillardi, il entreprit une marche assez silencieuse jusqu'à Joy pour la surprendre, relevant son délicat faciès du bout des doigts. L'hésitation, qui naguère hantait ses gestes après chaque contact avec l'enfant immortelle, s'était évaporée. Les regards se rencontrèrent alors, le bleu polaire de sa Dame à nouveau confronté au brun terreux du pauvre gueux.

    "Je vous rendrai vos droits, j'en fais le serment. Que les Cinq m'en soient témoins."

    Au même moment, quelqu'un frappait à la porte, interrompant Joy et sa réponse qui ne devait point manquer de tranchant. Cyric fut assez rapide pour ouvrir, délester la servante des vêtements qu'elle apportait, la repousser sur le palier tout en lui claquant la porte au nez, puis renchérir avant que Dame Livian ne puisse encore répliquer.

    "Je sais ce que vous pensez. Ce ne sont pas mes problèmes ce que vous faites des votre, et je n'ai sûrement pas à les régler pour vous. Car vous n'apprécieriez pas devenir redevable, surtout envers moi..." Un sourire en coin, il revêtait ses habits sans jamais perdre de vue la Protectrice. "Mais comment m'en empêcher désormais ? Maintenant que je connais cette vérité que vous vous évertuiez à me cacher, il faudrait m'enfermer ici, dans ce magnifique palais qui est aussi votre demeure. L'idée de passer la fin de mes jours à vos côtés est un bonheur que je désirerais faire réalité." Lentement, il s'approcha et caressa d'un revers de main la joue de Joy. "Pourtant, je ne saurais être heureux en vous rendant la situation plus inconfortable qu'elle ne l'est déjà."

    Il était désormais prêt, vêtu tel un parfait voyageur, l'air aussi banal qu'inoffensif.
    Tirant une ultime fois sur le bout de sa tunique, comme pour faire disparaître le plus de plis possibles, Cyric s'empara d'un sac plein de vivres, déposé là à son intention, puis ouvrit la fenêtre de sa chambre. Il ne s'était pas senti aussi fort depuis les temps où il galopait la catin en Oesgardie. Tellement de choses s'étaient passées depuis, mais cette fougue là revenait à présent lui souffler des ailes. Avec légèreté, il bondit sur le rebord, avant de se retourner en direction de sa dulcinée.

    "J'ai changé d'avis, je préfère me déplacer à pied en Anaeh." L'excitation du moment ne faisait qu'accroître son abus de confiance, car demain notre gonze regretterait ces paroles, mais aujourd'hui il en décidait ainsi. Dans un sourire aussi malicieux que mystérieux, ce dernier rajouta. "J'allais oublier, il me faut vous dévoiler ma véritable identité. Je l'ai promis. Approchez..."

    Lentement, la démarche transpirant de prudence, Joy s'avança jusqu'au ribaud. Là, elle offrit son oreille aux lèvres rieuses du manant.

    " Je serai selon vos désirs ma dame, un brigand de grand chemin pour une femme désireuse de se faire enlever. Ou peut-être bien le bouclier de chaire contre une menace encore invisible." Murmures en guise de souvenir à la nuitée qui les avait fait se rencontrer. "Certains me nomment Ashgan Tombétoile, d'autres Cyric Walfen, qu'importe le nom, j'ai oublié celui que mes parents m'ont réellement donné. J'ai oublié ce que les années ont fait de moi, j'ai oublié toutes les choses que j'aurais pu réaliser. Je ne souhaite aujourd'hui garder qu'une seule image, celle de votre sourire, je ne souhaite conserver qu'une seule odeur, celle que dégage votre cou, je ne souhaite posséder qu'une unique saveur, celle d'un baiser." Et sans demander son reste, il embrassa Joy. Tout autour de lui sembla voler en éclat, le monde pouvait à présent s'effondrer, Tyra pouvait l'emporter. De peur qu'elle ne le repousse, Cyric recula aussitôt. Ses yeux criaient famine, et il fallut quelques minutes au ribaud pour retrouver l'usage de la parole. "Un baiser volé, pour ne pas ternir l'amour que vous portez à votre défunt époux... "

    Et il se laissa chuter dans le vide. Un cri de stupeur perça les ténèbres venus l'engloutir. Cyric sourit, ce tour marchait à coup sûr, un moyen connu des plus agiles escamoteurs pour impressionner la galerie.

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Joy Lìvìan
Elfe


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MessageSujet: Re: [Cité]Là où tout n’est que luxe, calme et volupté [Cyric][TERMINE]   Ven 13 Jan 2012 - 21:35

    Il n’y eut plus un mot pour les diviser davantage. L’espoir d’une accalmie après la colère naissait tout juste, et le maraud la saisit, sa présence se faisant soudainement sentir dans le dos de l’elfe, qui tourna imperceptiblement la tête sans oser lever les yeux. Peut-être que si elle le regardait, il …

    D’autorité, il la força avec une douceur aussi naturelle qu’inhabituelle à l’observer comme elle l’avait toujours fait auparavant. Les iris brunes la dévisageaient avec un sentiment nouveau, qui avait quelque chose d’à la fois rassurant et illusoire. Lui rendre son honneur, une bien belle promesse qu’elle-même aurait tant voulu honorer si seulement elle pouvait. Mais il était bien trop tard pour les regrets, les pardons et les oublis. Ce qui avait été fait demeurerait toujours, et aucun remède ne pouvait vous soulager de la culpabilité pesante.

    Alors qu’elle aurait voulu simplement lui dire quelque chose – merci, non, n’insistez pas, c’est inutile, parlons d’autre chose, ou peut-être restez encore un peu .. ? -, la porte les interrompit d’une manière qui arracha à Ashgan une profonde irritation. Vivement, il empêcha toute distraction de s’interposer. Pris au piège dans cette chambre trop grande et trop belle, les deux êtres devaient faire face à leurs propres secrets pour de bon. Et si la protectrice avait rempli sa part du marché, elle ne s’en sentait que trop peu soulagée. Si sur l’instant, les paroles avaient eu un goût divin de délivrance, le remords resserra ses griffes émoussées sur elle tandis que l’humain continuait de s’essayer à l’exercice périlleux du réconfort.

    Le voilà qui voulait jouer au preux chevalier, au courageux sauveur de ces dames. Son intention était louable, ses dires touchants et sa sincérité peut-être crédible … Mais lutter contre la volonté d’un Dieu n’avait rien à voir avec ce qu’il pouvait imaginer. Pensait-il que la réponse se trouvait dans une plante, dans un sort, dans une prière ? Elle avait déjà essayé, oh, au moins suffisamment d’années avaient été sacrifiées à d’inutiles échappatoires sans qu’aucun miracle ne la touche.

    Si elle avait voulu l’empêcher de s’en aller, Joy gardait les lèvres obstinément closes. Il était têtu. Incroyablement borné. Rien ne le changerait, et ce n’était pas là du fatalisme mais de l’observation. Peu importe qui il fût réellement, Ashgan ne mentait pas quand ces yeux-là respiraient d’une telle détermination. Il avait un appétit féroce de vivre et de faire ce qu’il entendait, à sa façon, selon ses propres principes. Qui, dans son monde d’humain, se serait cru assez malin pour l’en détourner eut été ridicule …

    Mais elle savait. Au plus profond d’elle-même. Un mot et il restait à ses côtés. C’était une étrange sensation que d’en être aussi consciente.

    Sa caresse ne lui arracha rien d’autre qu’un regard désarmant en sa direction. Perplexe, hagarde. Elle était en train de le pousser dans un traquenard quelconque, dans une quête sans fin heureuse, sans aucune fin en soi en réalité. Il n’y arriverait sûrement jamais … Jamais, et pourtant. Curieuse et méfiante, elle s’avança, tendant l’oreille, recevant la vérité avant qu’ils ne se quittent pour de bon. Et si une fois de plus, l’homme la berçait de douces flatteries, elles ne furent pas suffisantes à étouffer la surprise qui la saisit lorsque sans crier gare, il lui vola un baiser. Il provoquait le danger, et s’en moquait éperdument ...

    Alors que la chaleur laissait encore une trace périssable sur ses propres lèvres, soudainement, la silhouette de Cyric – ainsi s’appelait-il réellement – bascula dans le vide, disparaissant en chute libre. Poussant un cri d’horreur, l’elfe se pencha vertigineusement par-dessus la balustrade, comme prête à le suivre, hélant bientôt son nom dans une obscurité qui ne lui rendit aucune réponse.

    « Ashgan … Ashgan ! »

    Ses yeux cherchèrent mais ne trouvèrent rien. Rien que la végétation, étouffante, pesante, envahissante. Le corps prostré de la marquise resta ainsi en suspens pendant une éternité telle que lorsqu’elle se décida à définitivement tourner le dos pour la dernière fois à la nuit, cette dernière avait déjà emporté loin d’elle Cyric.
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