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 Où l'on assure ses arrières.

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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Où l'on assure ses arrières.   Lun 29 Aoû 2011 - 15:15

Umberto Spalda, condottiere de renom au service de la Dame, vint porteur d’une missive de cette dernière pour le comte de Scylla. Un groupe de reîtres, exceptionnellement autorisé à porter les couleurs de la Sérénissime, lui tenait lieu d’escorte. C’est que le drôle ne tenait guère à tomber entre les mains d’un groupe de malandrins en vadrouille qui, profitant des conflits dans la région, s’aventuraient plus loin au sud.
Voici quelle était la teneur du message :

A Aetius d’Ivrey, téméraire comte de Scylla,

Nous vous informons, en ce jour, que messire Diogène de Systolie est révoqué de sa charge de régent et que les domaines qui étaient siens, eux, tombent en commise suite à ses actes de félonie.

Ce parjure occiseur, non content de menacer sa suzeraine de guerre en se basant sur les seuls babillages d’une enfantelet, a tenté d’attenter à notre vie ainsi qu’à celle des héritiers légitimes du trône d’Ydril, dans l’espoir que le chaos lui offre l’opportunité de dérober davantage de pouvoir.
En sus, prétendant parler au nom du pouvoir temporel et spirituel – le forcené recourant à la sorcellerie en appelant cela des miracles –, il lève aujourd’hui ses osts contre sa suzeraine. Le glaive pourfendeur de la Justice saura lui faire rendre gorge.

Nous savons quelles concessions Diogène le Fol vous a accordé mais nous vous enjoignons à ne prêter aucune assistance à sa désespérée rébellion, l’homme ne cherche qu’à attirer des innocents dans sa chute. En outre, nous sommes prêtes à apporter notre ducale garantie à ces accords si Scylla acceptait de partager avec nous son ingénierie.

Inès de Soltariel, Sérénissime Duchesse de Soltariel.

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Où l'on assure ses arrières.   Dim 6 Nov 2011 - 21:50

« apporter notre ducale garantie à ces accords si Scylla acceptait de partager avec nous son ingénierie.

Inès de Soltariel, Sérénissime Duchesse de Soltariel. »


Une fois la lecture de la missive terminée, Hubert replia le parchemin en silence. En tournant son regard vers son seigneur et maître, le comte de Scylla, il embrassa des yeux la chambrette où le conciliabule diplomatique avait lieu. Située dans le château de Laréor, la pièce avait dû être prêtée à l’une des maîtresses d’Aetius pour le temps du tournoi, au cas où il s’ennuyât pendant les festivités ou lors des joutes. Or, lorsque la suite de la duchesse demanda une audience, il était déjà tard, et un banquet faisait rage en dessous, dans la salle commune. Malgré les solides murs de pierres, on n’avait aucune peine à entendre la rumeur des ouds, des chants à boire et des pieds qui devaient, à présent, se bousculer sur les tréteaux installés plus tôt dans la soirée.

Dans ce silence relatif, Aetius, le regard ailleurs, sirotait une corne de vin qu’il avait dû importer au moment où le roué Hubert l’avait traîné jusqu’à la chambrette pour entendre ce que les émissaires de Soltara avaient à proposer. Il s’agissait, ici, d’une sorte de trahison. Pourtant, le comte n’avait pas l’air de s’en retrouver perturbé. Vaguement gêné, à la rigueur – à moins que ce fût le vin qui n’était pas assez à son goût. Tous le fixaient maintenant. Prestépée, qui avait demandé à accompagner son seigneur, Hubert, bien entendu, et également Umberto Spalda, le légat du Soleil Blanc.

Lorsqu’il eut enfin terminé de jouer avec la dive bouteille, le comte coula un regard indifférent sur Hubert, son premier conseiller.
« Ces accords que nous avons avec Ydril sont légaux, mon cher Hubert. » Un silence s’ensuivit, bientôt rejoint par un hochement de tête positif de la part du conseiller. « Pourquoi paierai-je de nouveau ces privilèges, dans ce cas-ci ? » Les yeux d’Hubert s’écarquillèrent une fraction de seconde. Aetius était-il stupide ou tout simplement provocateur ? La guerre qui se profilait serait bien plus importante que les querelles qui séparèrent Merval et Scylla au sujet de Nelen, et les accords dont jouissaient Scylla, c’est-à-dire l’obtention de tous les privilèges de guildes et seigneuriaux qui étaient dispersés naguère entre le baronnage et le patriciat langecins par le comte de Scylla, étaient tout bonnement énormes. Le temps n’était pas à la frivolité, les enjeux étaient trop colossaux. On s’imagine assez bien Hubert à cet instant-là, sa mâchoire contractée au point d’en briser ses molaires.
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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Re: Où l'on assure ses arrières.   Dim 6 Nov 2011 - 22:51

Plus honorable plénipotentiaire se serait cabré, senti offensé, voire aurait rugi, le visage empourpré, en cognant du poing sur une table après la réponse du comte. Cela n’aurait pas manqué de mettre un terme, sous d’hostiles auspices, à l’entrevue – ce qui avait été, de par le passé, un formidable moteur à conflits–. Cependant, l’heur en avait décidé tout autrement lorsque la Dame avait confié cette mission au condottiere Umberto Spalda. Ruffian connu de toutes les posadas – et des alguazils– de Boniverdi, il savait reconnaître ceux de son espèce et, en l’occurrence, n’était nullement dupe sur le jeune homme qui lui faisait face.

Si le nom du comte avait fait le tour de toute la Péninsule, ce n’était pas tant pour ses audacieuses réformes administratives que pour ses faits d’armes, ses conquêtes territoriales et son insatiable soif de pucelles.
Prenant le temps de s’octroyer une pause, juste pour l’effet, car rien n’empêchait l’homme de guerre d’apprécier le théâtre, Umberto parut se rappeler d’un fait d’importance, leva bien haut une main gantée en poussant un grand « Ah ! » de surprise puis, l’air chafouin, tira de son surcot une missive frappée du Soleil Blanc.

« Que les dieux lares me rongent les gonades pour pareil oubli ! Ma maîtresse m’a chargé de vous transmettre ceci. » Dit-il en tendant le pli au dénommé Hubert.

Là, les pouces enfoncés dans son ceinturon auquel pendait une schiavone aussi coquette que mortelle, il patienta, l’air faussement désintéressé.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Où l'on assure ses arrières.   Jeu 10 Nov 2011 - 21:53

Le silence du seigneur de guerre glaça le vieil Hubert qui, en bon homme d’Etat qu’il était, n’en montra rien. Pourtant, la pause que s’octroyait l’émissaire mettait à rude épreuve les nerfs de ce dernier, qui avait suivi de près les affaires du sud, intérêts commerciaux obligent. Et si Aetius s’était contenté de régler ses petits problèmes avec le seigle matois, son conseiller n’était pas homme à porter des œillères. Qu’on sauvât les possessions d’outre-mer des Scylléens contre les chiens de Merval, passe encore, mais cela ne voulait pas dire qu’il fallait négliger les accords qu’on avait passé à Soltariel, et plus précisément à Ydril. Aussi, quand Aetius tressaillait en apprenant les mouvements mervalois, Hubert hoquetait à chacun des coups de théâtre qui scandèrent les relations entre Ydril et sa suzeraine.

Et, une fois que la guerre de Nelen fut finie, Hubert avait déjà une bonne idée de ce qui allait arriver pendant la guerre d’Ydril. Aetius, quant à lui, n’y connaissait goutte, et les affaires du sud lui importaient moins, à ce moment, que la célébration de son triomphe et, secondairement, du retour de la paix entre Merval et Scylla. Si les deux hommes qui dirigeant le comté n’eurent pas du tout la même réaction lorsque le condottiere, théâtral comme le sont les gens de Soltara, sortit de son escarcelle un document frappé du sceau du Soleil Blanc. Hubert, secrètement tranquillisé, se saisit avec lenteur du parchemin, jeta un regard à son maître, qui l’autorisa mollement à briser le scellé, puis commença à lire d’une voix traînante.

« Nous, Inès, Sérénissime duchesse de Soltariel, maîtresse de la Sauge et du Laurier, etc., décrétons que… »

La surprise se lut enfin sur le visage d’Hubert, qui fut si complètement à sa lecture qu’il en oublia de la déclamer. Une fois qu’il eut fini, qu’il eut relu pour être bien certain, sa main se crispa sur la peau et son regard se jeta, soupçonneux, sur le condottiere. Il prit une grande inspiration, puis dit.

« Ce document vous a été remis par la duchesse et vous l’amenez en son nom et pour son compte, vous êtes positif ? » L’émissaire opina du chef, et le silence se fit. Aetius, réveillé par le revirement de son conseiller, se redressa un peu sur son siège : « Eh bien quoi, Hubert ? » Ce dernier lui donna la lettre, essuya un regard réprobateur de la part de son maître : « Cela vaut la peine d’être lu, messire. »

Exaspéré, le comte commença la lecture et réagit comme son serviteur. Il finit par reposer le parchemin et s’écria, encore tout éberlué : « Par le con denté de Tyra ! » Il se leva alors et donna congé aux émissaires, qui auraient une réponse sous peu. Ceci fait, il conversa un peu avec Hubert, si l’on peut appeler conversation un échange de type « c’est bien ce que je pense… » « Je le crois… » « Alors ça voudrait dire… » « Tout à fait. » En échange de son soutien militaire entier, la duchesse récompenserait Aetius en lui octroyant le vicomté de Marcalm, fief historique de la maison de Systolie. Enfin, le comte s’éclipsa à son tour. Il avait quelques ordres à donner.
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