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 La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]

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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Mer 7 Sep 2011 - 14:30

Olysséa se drapait paresseusement de sa parure d'ombre, laissant encore poindre une lueur violacée au ponant, dernier vestige de ce jour sanglant. Les rues n'avaient pas manqué d'animation, entre une foule vengeresse, une auberge en flamme et cette bande de joyeux gamins des rues qui s'amusaient à perdre la légion de mercenaires dans les coupe-gorges les plus sordides. Et de tous ces délassements, on pouvait remercier un habile saltimbanque et son fier acolyte, mais il avait encore fallu qu'on vienne gâcher tous leurs efforts pour animer la ville endeuillée. La Bâÿte -comme disaient les locaux avec force diphtongue- avait de nouveau frappâÿ! Le crime avait néanmoins fourni un bon prétexte pour rassembler tous les pseudo-enquêteurs qui arpentaient rues et venelles et faire le bilan des trouvailles de la troupaille.
Ainsi, en ce qui concernait le voyageur nanti, les-dites informations s'étaient révélées être des plus sensibles -sinon de simple ragotages. Mais il devait en avoir le cœur net, car si jamais Hubert avait dit vrai, l'enquête risquait de prendre un tout autre tournant. Et quand bien même, il aimait le risque, et c'en était là un grand qu'il avait de se retrouver au fond des cachots de la baronne (sans jeu de mots douteux). Bref, après une petite menace adroitement glissée dans l'habituel tsunami de paroles qui dévalaient sa gigotante langue, on alloua au sans-logis une entrevue avec son Honneur ; de mauvaise grâce soit, mais les faits restent les faits.


On fit donc passer le noble déchu sous la grande herse du fort jusque dans la cour intérieure du castel, à l'abri des ténèbres, puis via moult coursives vides et silencieuses. Car qu'auraient dit les gentilshommes à la vue d'un gueux se pavanant dans les grandes allées du centre du pouvoir? Ah... ces vaines querelles et chicaneries, ces rumeurs au détour des couloirs sombres et glacials du château, ces ronds de jambes par devant et ces enculades verbales par derrière... la joie de se sentir part de ce simulacre de noblesse décadente... en un mot: la cour. Avec mélancolie, Altiom se rappelait les mille et une facéties dont il abreuvait ce ramassis de lèche-grelots, l'un de ses favoris -et rare- passe-temps de l'époque, outre l'entraînement martial. Intérieurement, il se promis d'un jour passer à Langehack -épicentre de cette caste écœurante- et se fondre dans cette masse grouillante d'incapables histoire d'y semer la zizanie... par pur sadisme. D'ailleurs en y repensant, il faudrait qu'il propose à Dandelo de l'accompagner, lui qui semblait chérir ce genre de pantalonnades décalées.
Trêve de babillages, l'équipée arrivait désormais dans une large salle, bordée sur sa droite par d'étroites mais hautes fenêtres s'élevant jusqu'au plafond. Derrière le groupe, des bûches crépitaient allègrement dans leur âtre, baignant la pièce d'une lueur rubescente et muant leurs ombres murales tantôt en danseurs agités, tantôt en peintures obcures et inquiétantes.

- Hmm... vous comptez rester là à poireauter combien de temps? Non parce que quand je disais que je ne pouvais en parler qu'à la baronne, ça signifiait "la baronne, seule", railla le nobliau en prononçant ses derniers mots d'une lenteur insultante.
- Rah mais ça va on est pas sots non plus! Moue d'étonnement sincère de la part d'Altiom.
- Et donc vous attendez... quoi à vrai dire? Avec un regard mauvais, venant soutenir celui mêlant satisfaction profonde et béatitude sereine du vagabond, le garde s'en alla à contrecœur avec ses hommes, en grognant diverses imprécations qu'il n'aurait osé envoyer à la face du sans-logis par peur de sa répartie acide. Moi aussi vous me manquerez! conclut donc celui-ci la main en l'air et le sourire aux lèvres.
La porte claqua paresseusement et le voyageur se retrouva dès lors seul avec le silence oppressant, enserrant le vaste salon de ses griffes étouffantes, semblant atténuer les craquements même des flammes. S'approchant de la tablée centrale, il commença à inspecter les mets déjà servis pour la baronne, qui ne tarderait donc pas. Sur les argenteries et plats s'esquissait la lutte chatoyante du reflet argenté de la lune contre celui rougeoyant des braises.

- Bien, bien, bien qu'avons nous-là... se murmura l'Ydrilote en scrutant les denrées plus raffinées les unes que les autres: de la palette à la diable au veau marengo en passant par une pimpante caille aux raisins farcie. Il y avait dix fois trop pour une seule personne! Un tel étalage n'avait pour seul avenir qu'un terrible gâchis de nourriture, au mieux les chiens en profiteraient-ils! Non Altiom ne pouvait laisser pareille horreur se produire, prenant son courage à deux mains -qu'il lâcha vite pour une fourchette et un coutelas dans chacune-, il entama de se découper une bonne tranche de chevreuil en sauce aux cèpes et au cumin tout en s'enquérant d'une coupe qu'il remplit d'un liquide rouge sang. Après avoir humé ses effluves épicées et goûté à l'exquis nectar, il reconnut-là un cabernet franc. En parcourant le monde, il n'avait pas seulement visité myriade de lieux, il avait aussi découvert une foultitude de cultures et tenté d'embrasser tous leurs aspects: le culinaire passant en tête de liste.
Ce fut ainsi sur cette douce parenthèse anisée qu'arriva son Honneur. Apercevant la silhouette, le vagabond saisit prestement une serviette pour s'essuyer la bouche.

- Bien le bonsoir dame Clélia! lança-t-il tout guilleret. Je me suis permis de goûter à la chère qu'on sert en votre castel, car il y a en a ici bien assez pour tout un régiment de nain... sauf peut-être en bière. Quoi qu'il en soit c'est-là une divine cuisine... -et alors la jeune femme entra dans la lumière- ... pour une divine beauté, fit Altiom tout subjugué par le ravissement qui s'avançait avec grâce vers lui. Car dans sa tête baronne rimait avec matrone et non avec madone. Que l'on me foudroie sur-le-champ si j'ose prétendre m'être attendu à telle splendeur! D'abord soucieux de l'interroger sur la véracité des dires d'Hubert, il relativisait maintenant sur la futilité de presser pareilles dérangeantes interrogations.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Dim 11 Déc 2011 - 20:31, édité 3 fois
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Lun 26 Sep 2011 - 18:37

    Les temps troubles qui agitaient les terres de la Louve avaient beau nouer les estomacs et faire frémir les chairs les plus coriaces, il semblait que la règle ne s’appliquait pour autant pas à la baronne des lieux, pour qui une table aussi fournie que variée avait été dressé dans le plus grand soin. La gastronomie olysséenne avait ses indémodables qu’on ne cessait de présenter chaque soir et chaque midi, au grand dam de Clélia elle-même – qui, nombreux l’avaient saisi au sein de la cour, préférait le sucre aux volailles sans contestation -.

    Les bouteilles de grands crus et les viandes en sauce l’attendaient pourtant en trépignant, que le premier visiteur qui aperçut ne fut pourtant pas celui escompté. Un noble déchu, rien que ça ! Les gardes au-dehors, à défaut de jaser comme de vulgaires commères, s’échangeaient des regards lourds de sous-entendus. Qui savait comment réagirait la baronne elle-même en voyant un hère pareil débouler dans ses appartements pour lui raconter on ne sait quelles balivernes ! Encore heureux qu’il n’avait pas montré le bout de son nez pendant le dessert ! Il avait ainsi sûrement évité de peu de se faire écharper.

    L’attente creusait l’appétit, aussi Altiom se fit le goûteur de toutes ces exquises denrées, sans doute la volonté de bien faire et d’éviter un empoisonnement fâcheux à la douce souveraine avait-elle pris d’un assaut irrésistible le cœur chevaleresque de l’ydrilote. Le fumet que dégageaient les saveurs de chaque hors-d’œuvre avaient, il fallait l’avouer, de quoi faire plier le plus intraitable des résistants.

    Aussi, quelle ne fut la surprise de la Baronne elle-même, lorsqu’ayant pénétré dans l’antre de ses repas quotidiens, elle remarqua que quelqu’un s’était chargé à sa place de commencer les hostilités gastronomiques. Le genre de détails qui passent aussi inaperçus qu’une calèche royale en pleine Diantra. L’ombre d’un sourire s’était peint sur le visage encore masqué par la pénombre des lieux, alors que s’avançant pour finalement se laisser choir avec toute la lassitude – des plus attendrissantes – dans le moelleux fauteuil qui narguait Altiom, la Louve se dévoila aux yeux affamés de celui qui avait osé mander audience.

    Une moue amusée suspendue à son visage, la jeune femme l’écouta sans broncher, appuyant sa joue contre sa paume, sans sourciller, comme distraite par le tour attrayant d’un prestidigitateur hors pair. Une fois que le silence fut revenu, la baronne eut pour simple réaction un éclat de rire cristallin.

    « Vous venez donc simplement pour vous servir comme bon vous semble dans une assiette bien garnie ? En voilà un motif ‘urgent’. »

    L’ironie douceâtre de ses propos contrastait avec l’air incroyablement courtois qui se mouvait dans son regard d’encre. Comme si Altiom avait fait partie des assiettes ou des tapisseries, l’indolente se servit un peu de volaille à contre-coeur et se saisit de la bouteille, remplissant sa coupe du nectar, avant de suspendre son geste et de relever enfin son regard pour le poser avec malice sur le visage de l’inconnu facétieux.

    « Et à qui ai-je donc l’immense honneur de faire profiter de mon hospitalité gustative ? »

    Remplissant la coupe de ce dernier, elle la reprit cependant pour la mettre de son côté, la rendant ainsi inatteignable pour les bras de l’ydrilote. Appuyant ses coudes et joignant ses mains pour y apposer un visage dont l'expression semblait partagée entre la curiosité intéressée et l'envie de jouer un peu en dépit du reste, la toute jeune femme finit par soupirer, raisonnable.

    « Après tout, je ne vais pas partager mon repas avec un inconnu si je ne sais même pas son nom, et encore moins la raison de sa présence inopportune. »

    Sous couvert d’une amabilité et d’un visage aussi séduisant qu’inoffensif, la Louve n’était pas aussi naïve qu’on se plaisait à l’imaginer. Dans les ombres de la massive cheminée, plus loin, le garde pourpre, ombre planant perpétuellement au dessus des moindres faits et gestes baronniaux, surveillait d’un œil averti l’échange qui se profilait, et s’annonçait pour le moins palpitant.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Mer 28 Sep 2011 - 20:54

Qui un jour avait dit que les baronnes étaient toutes de vieilles harpies insensibles et manipulatrices aux cœurs d'une glace si froide que les feux de l'enfer ne suffiraient à les dégeler ; de disgracieuses et geignardes mal-baisées, aussi sèches d'âme que de corps? Ah... oui, c'était Altiom. Et bien il aurait un addendum de taille à ajouter à son essai si chichement nommé "Bégueules aigries et gourgandines libidineuses: chroniques d'une noblesse rayonnante".
- Vous venez donc simplement pour vous servir comme bon vous semble dans une assiette bien garnie ? En voilà un motif ‘urgent’.
- N'est-ce pas? Et c'est-là bien moins de dérangement que ces mets mériteraient, ajouta Altiom le plus sérieusement du monde, sans que l'on puisse dire avec certitude s'il était sincère ou se riait de la jeune femme. Et tandis qu'elle baladait ses yeux du liquide carmin emplissant sa coupe jusqu'à son outrecuidant invité de marque -à défaut de le balader tout court-, l'indolente reprit:
- Et à qui ai-je donc l’immense honneur de faire profiter de mon hospitalité gustative ? Mais avant de pouvoir répondre, le pauvre vagabond se vit spolié du breuvage qu'on lui resservait.
- Pas à moi à ce que je vois. Les us Olysséens veulent-ils que l'on prive ses hôtes de désaltérant, ou bien que la baronne soit seule à se pinter? Il fit mine de se lever pour récupérer son "dû" avant de se rasseoir, les sourcils légèrement froncés et un sourire en coin. Quoique cela pourrait être amusant. La douce, accoudée, déposa son ravissant minois sur ses fines mains, attendrissant tant le sans-logis qu'il ne put poursuivre ses taquineries.
- Après tout, je ne vais pas partager mon repas avec un inconnu si je ne sais même pas son nom, et encore moins la raison de sa présence inopportune.
- Bien, bien, bien. Vous ne me laissez à l'évidence pas le choix... Cela dit je n'ai rien contre les femmes autoritaires -vous qui savez pimenter bien des jeux- alors allons-y pour la version courte, car il y a certaines choses que je me dois de taire. Se levant d'un bon, il entreprit de conter le récit qu'attendait la douce: il est de coutume de commencer les présentations par son prénom, bien qu'il ne s'agisse-là que d'une nébuleuse appellation vaguement assimilable à quelque sens obscur. Mes chers parents ont eu l'idée de me nommer Altiom. Je ne sais pas si l'invention est de leur fait ou si ce nom ressurgit d'un passé révolu mais je n'ai guère croisé d'autres humains, elfes, nains ou même drows portant pareille dénomination. Quant à mon pays... et bien je viens de toute part et ne vais nulle part en particulier, j'ai appris à passer partout inaperçu, vaquant à des occupations insoupçonnées qui n'intéresseraient que ceux qu'elles menacent. Et tout en s'étalant longuement sur ces menus détails, sa diatribe n'apprenant au final que son simple prénom à la baronne, il s'était approché d'elle pas à pas, une lueur malicieuse brillant comme un reflet de soleil sur le lagon de ses iris. Mais vous n'en faites pas partie, et vous n'avez donc pas à vous en soucier. Arrivant alors à moins d'un demi-mètre de son Honneur, il s'assit directement sur un pan de table libre et continua à voix basse, légèrement penché: si je suis ici, c'est pour vous entretenir d'un sujet plus que préoccupant. Je sais de source sûre que vous avez dors et déjà aperçu la bête, qu'elle n'en serait pas une, et surtout que vous seriez personnellement en danger. Le nobliau redressa alors son buste, une main appuyé sur son genou. Il n'avait pas mentionné que la-dite source infaillible n'avait pas carburé qu'à l'eau, qu'il n'était pas sûr du bien fondé de ses dires, ni même de la provenance de ses informations. Mieux valait paraître sûr de soi et passer pour un idiot que laisser croire à la baronne qu'il n'avait demandé audience que pour ses beaux yeux. Ou pas? Je ne suis peut-être qu'un voyageur, mais la richesse m'accompagne, et ce n'est aucunement la récompense qui m'a poussé à proposer mon aide dans cette enquête. Cela peut paraître difficile à croire mais les problèmes des autres me tiennent à cœur tels que s'ils étaient miens, alors je ne vous demande qu'une chose. Faites-moi confiance et parlez sincèrement: que savez-vous? Aucun trémolo, aucune note d'émoi n'était venue troubler la demande d'Altiom, il fixait intensément Clélia au fond des yeux comme pour lui prouver qu'il n'y avait pas là l'ombre d'un mensonge. Puis d'un ton aussi léger que jovial il ne put s'empêcher de briser le sérieux de l'instant: vous avez de magnifiques yeux bleus...


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Dim 16 Oct 2011 - 20:36, édité 1 fois
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Laëssya
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Jeu 29 Sep 2011 - 18:37



    L’on se lançait des courtoisies sur un ton plaisant, au beau milieu de ce qui pouvait ressembler à un véritable festin, bien que ce dernier ne fût tout d’abord destiné à une seule et unique personne. Et tout ceci le plus naturellement du monde, alors que la noble ne savait rien de son semblable, jusqu’à ignorer son nom, tandis que lui en savait bien d’avantage, et était sur le point de révéler une partie de ses connaissances, mais certainement pas qu’il était un pique-assiette. D’une toute autre façon, la Louve le savait déjà, mais plutôt que de le rabrouer, avait fait preuve de clémence et l’avait invité à sa tablée.
    Et tout ce beau monde s’apprêtait à dégoiser sur des sujets de la plus haute importance, quand un bruit de chute se fit entendre non loin de là, un bruit sonore de balais et de seau métallique percutant le marbre des marches.

    Ziioup’, aïe ! CLANG CLANG CLANG, SBAF ! « PUTAIN DE MERDE !! »

    Une Laëssya furieuse gisait au bas des marches, les yeux flamboyants d’une noire colère. Elle se releva aussi sec, fulminante, avant de donner un grand coup de pied dans ce fichu seau à cause duquel elle avait trébuché.

    CLANG CLANG CLANG !

    N’en résulta qu’un tohu-bohu monstre susceptible de réveiller toute la maisonnée, et une violente douleur au niveau de l’orteil droit de la nouvelle camériste, qui se mit à jurer bien plus bas qu’elle ne l’avait fait précédemment. En se retournant, elle foudroya également l’escalier de son regard émeraude, comme s’il n’avait pas été autre que le précurseur de sa cabriole. Mais quel était le crétin d’architecte qui avait eu l’idée tout aussi stupide de créer un truc aussi glissant ?! Cependant, et l’escalier put en être heureux, elle se garda bien de lui flanquer à lui aussi un coup de pied belliqueux.

    Et puis si cette cruche d’Alodie lui avait signalé chaque latrine de cette maudite baraque, peut-être n’aurait-elle jamais posé ne serait-ce qu’un seul pied sur ces marches de malheur, ayant décidé d’un autre itinéraire bien plus direct et moins dangereux ! Au lieu de ça, l’autre sotte l’avait larguée au beau milieu de cette habitation bien plus grande qu’elle n’y paraissait de prime abord, et la voilà qui écumait les couloirs et les pièces, toute déterminée qu’elle était à trouver son graal : de nouveaux chiottes à récurer.

    A quoi bon s’apitoyer sur son sort, toutefois ? Autant continuer cette tâche des plus laborieuses, et en finir au plus vite. La mâchoire crispée, la jeune femme, armée de sa brosse, s’en alla ramasser le seau qui trainait un peu plus loin, au bout du couloir menant à une grande pièce. Intriguée par les bruits qu’elle y entendait, deux grands yeux verts et innocents pointèrent au détour du couloir, cachés derrière le coin d’un mur, observant ce qu’il s’y déroulait. Ces mêmes yeux s’écarquillèrent lorsqu’ils découvrirent que la Géniallissime et Ultra-Glamourissime, Honorofiante et Honorifiée Dame de la Cour Triomphale et Truculente de la Belle et Grande Louve Olysséenne aux Yeux d'Argent et d'Encre Clélia d'Olyssea dinait là, en compagnie d’un illustre inconnu, très vraisemblablement en train de lui faire du gringue. Plus loin, caché dans l’ombre, demeurait le même garde qui l’avait accompagnée jusqu’aux appartements de dame Alodie.
    Aaah, par les cinq, pour peu que la GUGHHDCTTBGLOYAECO apprenne que ce fût la courtisane et nouvelle camériste qui était à l’origine de tout ce foutoir, et s’en était fichu d’elle.

    Oubliant ses peines et ses douleurs, la jeune femme décampa aussi sec, sans avoir été aperçue –du moins l’espérait-t-elle-, en direction du traitre escalier.

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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Dim 16 Oct 2011 - 19:30

    Ecartant le verre de la portée de sa main, l’indécente l’affronta du regard, sans sourciller, un sourire affable et amusé suspendu à ses lèvres, alors qu’elle l’écoutait se justifier, tenter de taquiner et d’amadouer, non sans érafler au passage, ce qu’il considérait sûrement comme l’étiquette mielleuse et ridiculement ampoulée d’une cour baronniale. Pourtant, toutes ses pirouettes ne lui arrachaient qu’un pur et simple sourire, aussi agaçant qu’indécrottable ; qu’avait-elle à craindre d’un tel énergumène ? Il semblait si hypnotisé par la chaire appétissante qui lui tenait tête qu’il en perdait toute son offensive.

    Mais il ne fallait jamais parler trop vite, et la Louve eut tout le déplaisir de goûter cette maxime alors que l’homme que voilà, en dépit de rocambolesques pitreries, était porteur d’un message bien plus grave qu’il n’y paraissait.

    Il cracha l’intolérable vérité, le plus naturellement du monde ; eut-il espéré une réaction de la régente que cette dernière ne vint pas. Impassible, pourtant saisie d’un frisson inconnu en son for intérieur, le buste altier de la douce se redressa à son tour, son visage venant à provoquer celui du mâle dominant sans aucune pudeur, murmurant du bout des lèvres.

    « Un affamé doublé d’un flatteur ... »

    Rompant la tension palpable qui naissait de leur étrange proximité, l’innocente damoiselle se laissa retomber aussi sèchement contre le dossier moelleux, soupirant d’une capricieuse lassitude.

    « Tout ce que mon père méprisait. Je ne sais pas vraiment au nom de quoi dois-je vous faire confiance. »

    Prenant son temps, la jeune femme s’enfonça un peu plus confortablement, dégustant une gorgée de vin alors que ses yeux s’égaraient dans l’espace vaste de la pièce rougeoyante, ses iris semblant se voiler dans des songes nimbés de nébulosité. Sa voix se mua d’un subtil sérieux, alors que le trait fin qui dessinait chaque contour de sa moue esquissait les reflets d’une réflexion plus profonde.

    « Les charmeurs sont aussi nombreux en ce monde que les cupides et les personnes intéressées. Cette histoire de Bête n’est pas qu’une question d’argent, Altiom. Vous ne pouvez pas pousser le vice sans limite simplement pour l’appât du gain. »

    Ses yeux, vifs et saisissants, empoignèrent le regard céruléen de son interlocuteur avec une sincérité prête à désarçonner le cavalier le plus aguerri.

    « J’espère que vous ne jouez pas. Les conséquences seraient regrettables, vous l’imaginez. »

    Les menaces planaient, sous couvert d’un calme perturbant ; la baronne ne plaisantait plus, il n’y avait alors plus l’once d’un rire doux ou d’un geste taquin. Comme si les mots du noble déchu avaient eu l’effet d’une douche glacée, où la seule chaleur résidait encore dans l’âtre brûlant dont les braises faisaient encore vibrer leurs ombres respectives dans une obscure et vacillante fragilité, l’enfant avait cédé sa place à l’adulte, implacable et méthodique.

    « Ce serait, en fait, plutôt à moi de vous demander qui vous a dit tout cela ... Aurais-je donc des traîtres dans mes rangs, prêts à raconter à qui veut l’entendre la menace réelle qui pourrait nuire à la vie de la baronne d’Olyssea ? »

    Le ton semblait s’être adouci, presque attristé, ses paupières s’abaissant l’espace d’un instant pour trahir le dessin fugace d’une angoisse peut-être déguisée ; qui savait, après tout, ce qu’éprouvait réellement la jeune Clélia, et pire encore, à quel drôle de jeu elle jouait ?

    Un bruit lointain, semblable à une cascade métallique, résonna, étouffé, par-delà les murs. Si l’intervention étrange et inconnue n’arracha qu’un simple froncement de sourcils à Clélia, on était bien en mesure de se demander ce qui se tramait dans le manoir olysséen. Le menton légèrement relevé, prête à interpeller le garde pour aller voir ce qui se passait, la noble crut au loin distinguer l’ombre d’un visage, mais l’illusion fut si brève que bien vite toute son attention revint cerner la gravité de l’instant.

    La jeune femme se tut finalement, se perdant dans un moment de mutisme où elle ne fit que tendre la seconde coupe à Altiom, alors que ses iris reprirent le chemin pour faire face à l’annonciateur de présages bien peu réjouissants.

    « Cet entretien est de la plus haute confidentialité. Si vous comprenez tout ce que cela induit, tant mieux. Sinon, vous pouvez sortir tout de suite. »

    D’une main légère, elle désigna derrière lui les portes de bois ouvragées qui l’avaient laissé pénétrer l’endroit tant convoité.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Lun 24 Oct 2011 - 19:33

L'apathie tue, paraît-il, pourtant il fallait bien admettre qu'elle avait ses bons côtés, et dans le cas présent permit à Altiom de ne pas faire cas des piques de la baronne. Ça et l’habitude, précisons bien, car se faire traiter d'affamé, flatteur, charmeur et cupide n’étaient que bien pâles injures face à tout ce qu'on avait pu lui envoyer en travers de la figure. D'ailleurs une noble qui ne se permettait pas de le conchier sans plus d'artifice ni retenue apportait un certain vent de nouveauté dans ses pérégrinations.
- Un affamé doublé d’un flatteur ...
- Affamé certes, flatteur nenni-da! Je dis ce que je pense et pense ce que je dis, Madame. Suite à cela il se contenta d'écouter, et la baronne avait ma foi fort à dire! Si les révélations de l'insouciant hurluberlu n'avaient dans un premier temps pas semblé émouvoir le moins du monde son Honneur, voilà qu'elle paraissait de plus en plus grave et sérieuse, comme si l'onde de choc de ses paroles se répercutait en elle avec, à chaque instant, plus d'ampleur encore.
- Altiom. Vous ne pouvez pas pousser le vice sans limite simplement pour l’appât du gain. J’espère que vous ne jouez pas. Les conséquences seraient regrettables, vous l’imaginez, fit-elle sur un ton on ne peut plus péremptoire, venant d'une œillade irrépressible chercher la vérité au fond de son âme. Le voyageur se contenta de soupirer. Les choses étaient toujours ainsi: on le savait voyageur, on l'imaginait détrousseur, avide, hâbleur et baratineur. Ce serait, en fait, plutôt à moi de vous demander qui vous a dit tout cela ... Aurais-je donc des traîtres dans mes rangs, prêts à raconter à qui veut l’entendre la menace réelle qui pourrait nuire à la vie de la baronne d’Olyssea ?
Ce pauvre Hubert risquait de casquer! Mais nul besoin d'élucubrer quelque menterie: un raffut de tous les diables tonna au loin, venant se briser en une multitude d'échos dans le dédale de corridors froids et austères du castel jusqu'à la salle où se jouait l'avenir de la baronnie (ouais carrément, ça lambine pas chez Lustucru).
- Je crois qu'en ce qui concerne les menaces, vous avez déjà bien assez des servants maladroits, commenta l'Ydrilote avec une moue amusée. Finalement détournée de la fâcheuse question, l'attention de la dame revint à l'instant présent... ET A LA COUPE D'ALTIOM OUIII!!! Il s'en saisit prestement, en abaissant légèrement le chef en remerciement.
- Cet entretien est de la plus haute confidentialité. Si vous comprenez tout ce que cela induit, tant mieux. Sinon, vous pouvez sortir tout de suite. Et hop, un petit signe vers la sortie.
- Magnifique porte assurément, mais ne fatiguez pas votre auguste bras, je sais par où m'éclipser si nécessaire. Même si d'habitude j'ai une préférence pour les issues moins... usuelles, abandonnant le ton mi-détaché mi-taquin qu'arborait habituellement sa voix, il continua: Clélia, ne vous laissez pas abuser par mon air désinvolte, si je ne comprenais rien des enjeux de cette affaire je n'aurais jamais pu arriver ici jusqu'à vous, avec de telles informations en ma possession. Et ne blâmez pas non plus ceux qui m'en ont fait part, des hommes de valeur, peut-être pas des flèches je vous l'accorde, mais ils ne méritent aucun châtiment, car je suis là pour vous aider, non vous trahir. Engloutissant le nectar carmin d'une goulée, il attendit quelques instant avant de continuer, les sourcils froncés dans quelque effort de réflexion. Mes paroles ne semblent pas vous convaincre, et ce n'est-là que sagesse, mais dites-moi ce que je puis faire pour vous assurer de mon désintéressement?
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Lun 31 Oct 2011 - 20:54

    « Commencez déjà par oublier les ‘Clélia’ et autres familiarités, ce sera une raison de moins de vous renvoyer à la taverne la plus proche. »

    Sur ce point d’honneur, la jeune femme était on ne peut plus honnête et sérieuse. Un rictus suffisamment lourd de sens apparut brièvement sur l’ombre de ses lèvres, tandis que ses bras se croisèrent ; position de recul ou de méfiance, quoiqu’il en soit, la Louve olysséenne ne pouvait en effet pas dire qu’elle accordait une confiance aveugle en cet homme aussi improbable que désinhibé face aux bonnes manières ; et pourtant, en comparaison, ses dires valaient le coup qu’on y attache un peu d’attention.

    Aussi était-ce ce détail – qui n’en était plus vraiment un à présent – qui empêchait la jeune baronne d’agir comme elle l’aurait fait en d’autres circonstances. Agissant comme la personne patiente qu’elle avait rarement été, la jeune femme haussa les épaules, son regard grave contrastant avec la nonchalance du geste.

    « Pour le reste, que pouvez-vous faire, mh ? Vous immoler par le feu, avaler une fiole de poison ou vous jeter sans armes dans les bas-quartiers ? Vous savez sûrement qu’il n’y a rien pour prouver votre désintérêt. »

    Et c’était vrai. Quoiqu’elle lui demanderait, Altiom, qu’il le fasse ou non, ne pouvait pas prouver par un acte ou une parole pleine de bonne foi son honnêteté. La jeune femme n’avait rien à exiger de lui sinon une sincérité indéfectible et une promesse de garder tout ceci pour lui jusqu’à sa mort, qu’elle fut proche ou lointaine.

    « J’ai croisé cet animal, en effet. J’étais là quand l’un de mes gardes s’est fait sauvagement assassiné par ce qui n’était rien d’autre qu’un rôdeur. »

    L’aveu tomba comme un cheveu dans la soupe ; murmuré à la pointe d’une voix grave et chuchotante, elle n’était pourtant pas du domaine de l’illusion. Le regard penché vers la surface libre du vin, les yeux d’encre reprirent un parcours aisé jusqu’aux iris aiguisées par la curiosité du maraud, son visage perdant toute trace de malice ou de gravité pour ne laisser respirer qu’une impassibilité frémissante.

    « On a décidé que son sort, à cette époque, bien que regrettable, devait être un malheureux cas isolé. Il a été décidé que le corps serait laissé tel quel, pour n’alerter ni la population ni les gens de mauvaise augure. »

    Une fois de plus, nombreux seraient ceux prêts à jurer que la blonde enfant qui soufflait ces mots était franche ; et tout aussi nombreux, ses détracteurs crieraient à la comédie pure et simple. Mais parmi cette étrange mélancolie, qu’elle soit feinte ou non, surnageait la certitude que la perte de Feodo avait été réellement douloureuse, ou du moins, vécue comme l’échec et l’ignorance d’un danger qui aurait pu être écarté, faute d’orgueil. La baronne aurait pu éviter d’être la proie d’un malade ; elle aurait pu éviter ce qui la poussait en ce soir ombrageux, à se confier, avec le calme angoissant d’un condamné à mort.

    « D’autres gens ont péri, rien ne s’est déroulé comme on aurait pu le prévoir. Qui pouvait le prédire, après tout ? La folie frappe souvent de manière aléatoire, unique. Alors les braves paysans ont cru au retour de Wurfenvald, et c’est tout Olyssea qui vit dans la peur. »

    Un silence gênant s’installa, pendant lequel la Louve porta sa coupe aux lèvres et but une longue gorgée, peut-être un peu trop longue. Reposant froidement le récipient qui martela le bois noble, elle reprit.

    « C’est quelque chose d’intolérable. Personne ne peut admettre qu’une victime de plus s’ajoute à la liste, et ce sous le prétexte que tant que cet animal ne m’aura pas retrouvé et vidé de mes entrailles, il continuera à le faire avec d’autres. J’ignore d’où vient son obsession, mais je ne peux plus fermer les yeux sur le fait qu’elle existe. »

    Quittant enfin le regard de son interlocuteur, muet depuis le début de ses confessions jusqu’à la fin, pour contempler les reflets bouillants d’un âtre agité, la question, surprenante, rompit la tension du moment.

    « Qu’en pensez-vous ? »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Mer 2 Nov 2011 - 19:08

En fin de compte, la baronne se décida à mettre les points sur les i et l'insolent à sa place! Mais? Mais... mais OUI! PRESQUE CINQ MINUUUUUTES!! ALALALALA MAIS C'EST UN RECORD AB-SO-LUUUUUU!!! Eeeeeet la palme revient sans conteste à... SON HONNEUR!! Obnubilé par ces pensées, Altiom fit son possible pour réprimer le rire qui montait dans son thorax, prêt à éclater au grand jour, et toussa bruyamment alors qu'il détournait la tête, tout en cachant son visage du mieux qu'il le put. Pousser les nobles à bout, ça n'a pas de prix.
- Pour le reste, que pouvez-vous faire, mh ? Vous immoler par le feu, avaler une fiole de poison ou vous jeter sans armes dans les bas-quartiers ? Vous savez sûrement qu’il n’y a rien pour prouver votre désintérêt.
- Hélas non, mais je ferais toutes ces choses si elles pouvaient gager de ma sincérité... et surtout si j'avais la moindre chance d'en ressortir vivant.
Puis vint l'heure des confessions, pari risqué pour la Dame, le déluge ne fut pas interrompu par le vagabond, soucieux de ne pas la couper dans son élan. Il écouta consciencieusement chaque parole, les yeux légèrement plissés, recoupant le réel déroulement des événements avec les informations plus officielles. Quelque chose le tracassait dans cette histoire, pas moyen de mettre le doigt dessus mais il y avait quelque souvenir rattaché à cette histoire qui s'échinait à remonter à la surface de ces flots tumultueux qu'était la psyché de notre voyageur. C'était récent lui semblait-il, moins d'un mois probablement, mais à vrai dire il bourlinguait tellement qu'une si petite période représentait déjà une sacrée brochette de réminiscences. Bah, cela lui reviendrait bien en temps voulu...
- C’est quelque chose d’intolérable. Personne ne peut admettre qu’une victime de plus s’ajoute à la liste, et ce sous le prétexte que tant que cet animal ne m’aura pas retrouvé et vidé de mes entrailles, il continuera à le faire avec d’autres. J’ignore d’où vient son obsession, mais je ne peux plus fermer les yeux sur le fait qu’elle existe. Ah non! Là il y avait vraiment anguille sous roche! Pas moyen de se rappeler quoi et pourtant cela semblait si important, comme une intuition, un pressentiment. Qu’en pensez-vous ? Altiom mit un petit moment à réagir, perdu qu'il était dans ses pensée et pas sûr d'avoir bien écouté.
- Ce que j'en pense..., répéta-t-il à voix basse, comme pour ajouter un certain réalisme à la question. J'en pense que vous devez bien être la première baronne à demander l'avis d'un vagabond. Vous faites preuve d'une rare ouverture d'esprit, et c'est un don des plus précieux entre les mains d'une personne de pouvoir telle que vous. Clél- votre... Honneur, se reprit l'Ydrilote en levant les yeux au ciel, il y a des points d'ombre dans cette histoire. Ce rôdeur... quelque chose à son sujet m'interpelle mais je ne puis vous dire quoi, cela m'échappe. Ce peut-être en bien comme en mal à vrai dire, notre tâche s'en verra peut-être simplifiée... ou considérablement compliquée. Le noble déchu se lança une dernière fois à l'assaut des remparts de l'oubli, mais la tentative fut vaine. Non, je suis désolé. Peut-être cela me reviendra-t-il plus tard, en attendant il nous faut un plan. Si le tueur en a après vous, il serait plus sage de rester bien à l'abri en ces murs... mais cela ne réglerait pas le problème. J'ai... peut-être une autre idée.
Le voyageur descendit de la table et amena une chaise devant la baronne, sur laquelle il s'assit à califourchon (sur la chaise, je précise :mrgreen:). Toujours aussi sérieux, il fixa longuement la Louve sans mot dire, le visage impassible, cherchant la meilleure façon d'aborder le sujet. Et puis après une bonne vingtaine de seconde, il se lança vaille que vaille: soyez l'appât! Eh ouais plus raffiné tu meurs. Que la soi-disant bête croie son heure venue! Aveuglée par son instinct, elle tombera dans le piège que nous lui tendrons! Je me chargerai de votre défense, une baronne sans protection n'est aucunement crédible, tandis qu'à deux elle croira vous voir rejoindre en secret l'objet de vos désirs défendus. Noble et roturier, brûlant d'une passion interdite l'un pour l'autre, voilà qui contentera sa curiosité. Vous laisserez quelques gardes en embuscade alentours, et quand elle sera sur nous, le piège se refermera! Altiom resta coi, accoudé sur le dossier du siège. Le plan était certes risqué, et le coup de l'amourette interdite très classique, mais il y avait une mince chance de réussite... en cherchant bien... avec une bonne dose d'optimisme... très bien: c'était désespéré.
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Dim 4 Déc 2011 - 11:15

    Evidemment, lui ne cernait sûrement pas l’importance du respect à une femme. Surtout une baronne aussi jolie. Convaincu de pouvoir se la glisser dans la poche comme une conquête de taverne mal léchée, Altiom faisait pourtant fausse route en décidant de prendre à la légère les recommandations trop polies de la Louve. Si sa patience apparente faisait d’elle quelqu’un d’affable, elle ne tolérait pourtant pas bien longtemps les gus qui se prenaient pour des marginaux au-dessus des règles.

    Sans pour autant expliciter qu’il n’était pas la peine de discuter ou de rire ouvertement du protocole ampoulé de la noblesse, la jeune femme écouta à son tour le maraud égrener sa ritournelle, jouant distraitement avec le pied ouvragé de sa coupe.

    Rester là, oui, c’eut été le plus sage. Mais Clélia ne pouvait pas se résoudre, étrangement, à la solution la plus simple et la moins salissante, qui était de refourguer les basses besognes à de parfaits étrangers. Si la « Beste » en avait après elle, pourquoi ne pas l’affronter ? De fait, tout avait commencé par une affaire personnelle. C’était lui qui avait égorgé sous ses yeux impuissants Feodo, c’était lui qui s’était trouvé, ruisselant de boue et de sang, tout contre elle, ses babines retroussées, l’envie de mordre profondément sa chair jusqu’à l’agonie pour n’en faire qu’un délicieux repas de plus …

    Un frisson parcourut ses bras, la cheminée ronflant pourtant bruyamment. De temps à autre, le garde faisait signe à une servante d’aller agiter avec un tison les braises et les bûches, maintenant une température aussi agréable que chaleureuse dans la pièce au confort excessivement luxueux pour une seule petite personne.

    L’observant dans un silence à la fois religieux et troublant, la baronne arqua un sourcil incrédule tandis qu’il confondait chaise et canasson, laissant un ange passer entre eux avant de s’emballer dans une nouvelle théorie décapante.

    Peut-être pas tant que ça. Si la jeune femme avait jugé, à raison, l’homme qui voilà comme un farfelu mal léché mais sûrement bourré … de bonnes intentions, son intelligence avait envoyé un coup d’éclat qui fit se redresser avidement l’olysséenne.

    « L’appât. Seule, il m’est impossible d’agir, évidemment, et aucun garde n’acceptera de me suivre sans que quelqu’un ne s’y oppose. Mais si vous m’accompagnez … Et simplement accompagner, inutile de s’embarrasser de fioritures romanesques.

    L’animal que nous traquons ne pense pas, ne ressent pas, ou plutôt, n’éprouve plus rien qu’une faim violente. Tout ce qu’il suffit de faire, c’est de l’attirer à vous … Et de la capturer une fois qu’elle se sera montrée. »


    Son regard se reposa une énième fois sur le visage extasié de l’ydrilote. Inutile de lui préciser qu’elle en toucherait quelques mots à quelques élites pourpres ; il allait de soi que sans remettre en cause le plan esquissé par le suderon, la baronne n’était pas folle et ne confierait pas sa vie à deux mercenaires cupides. Ainsi saurait-elle échaffauder seule sa sécurité personnelle … Le plus important était, quelque soient les dommages collatéraux, d’en finir avec la Bête une bonne fois pour toutes.

    « Soit. Une assemblée se tiendra demain, dès l’aube. J’y lancerai définitivement l’assaut ; et une fois tous les mercenaires éclipsés, arrangez-vous pour vous isoler un peu, je vous rejoindrai. »

    Se délectant d’une gorgée supplémentaire, l’esprit baronnial dériva sur les perspectives futures. C’était risqué, mais au fond, on n’attirait pas des mouches avec du vinaigre …
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Bâÿte d'Olyssea [Quâÿte - terminâÿ]   Sam 10 Déc 2011 - 8:42

Tout d'abord Altiom ne réagit pas. Ensuite... il ne réagit toujours pas. Et au bout d'un moment, finalement, son cerveau se décida à donner signe de vie et commanda une flopée de mots à ses cordes vocales: vous... acceptez. Haha! Ai-je déjà vu baronne si courageuse? Croyez-bien que si ma condition le permettait je m'empresserais de vous demander votre main! Débordé par l'enthousiasme il n'avait -une fois de plus- par réfléchi avant d'agiter sa frénétique langue et se reprit donc avec un rire gêné: eeet... vous refuseriez. Assurément.
Les derniers mots de la Dame avaient été clairs: l'affaire était conclue, il pouvait maintenant disposer. Mais allez faire quitter cette appétissante tablée, la chaleur de l'âtre et la compagnie d'une si belle femme à tel hédoniste! Ainsi resta-t-il quelques instant sur sa chaise, balançant innocemment ses jambes en promenant sur la pièce un regard anxieux, à la manière d'un enfant qui souhaite demander une chose sans l'oser, de peur de se faire généreusement houspiller.
- Bon! Je crois avoir suffisamment abusé de votre hospitalité, fit-il soudain. Il se leva et rangea lentement son siège, comme pour prolonger ces moments le plus possible avant le froid de l'hiver. Oh, mes compliments au cuistot au fait. Le nobliau sortit un petit pot de sa besace: tenez, dites-lui d'ajouter un peu de ceci à son omelette. C'est une épice que j'ai glanée lors d'un lointain voyage. Les autochtones appelait ça du poivre rouge je crois, vous m'en direz des nouvelles. Altiom, toujours sur la brèche pour faire évoluer la culture!
Et tandis qu'il commençait à partir, pour la première fois la pensée de ce qu'ils auraient à affronter le percuta vraiment. Le genre de situation où, au moindre faux pas, tous deux risquaient de passer de chasseurs à chassés. Le genre de situation qui demandait plus qu'un semblant de confiance: une réelle entente. Mais jusqu'alors une certaine tension régnait entre eux, tension que le nobliau avait participé à créer et qu'il se devait donc d'apaiser. Même si cela induisait... des excuses.

- Em... ma Dame, avant de partir je... Si je vous ai offensé, ou si vous vous êtes sentie insultée, je tiens à m'excuser. Tous ces protocoles, ces titres, ces règles et ces manières... Toutes ces choses mettent des barrières entre les hommes et les femmes, la noblesse et le peuple, elles nous divisent et... rien de bon ne les justifient. J'ai toujours eu pour habitude de considérer ceux qui ont pavé ma route comme mes égaux, qu'ils soient de haute lignée ou crèvent la faim au fond des ruelles et, il eut un léger rire, vous n'êtes certainement pas la première, ni la dernière j'imagine, à trouver cette... disons familiarité débordante plutôt déplacée. Si vous êtes capable de comprendre cela, et de l'accepter, tant mieux. Sinon, ma foi... je ferai avec et nous en resterons à la sacrosainte bienséance. Avec un léger mouvement du chef et un discret "passez une bonne nuit", il s'en fut vers l'obscurité et son souffle mordant qui l'attendaient de pied ferme au-dehors. En temps normal il aurait eu le culot de demander s'il ne restait pas une chambrée de libre dans le château, bien-sûr, mais il aurait risqué de briser la fragile confiance si difficilement instillée. Baissant le museau vers la petite libellule qu'abritait son pauvre veston de cuir, il murmura: eh bien ma Lulu, je crois qu'on est quitte pour une bonne crève. J'espère que Dandy profite bien de mon manteau, qu'il serve au moins à quelqu'un, parce qu'on va avoir de quoi se cailler les meules haha! Cale-toi bien au fond de la poche!
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