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 La Traque. (Quête)

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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Sam 7 Jan 2012 - 13:43

(On a changé les rangs de post, donc maintenant je poste là.)

Un autre cri déchira le silence sylvain. Cette fois là, le son provenait d'un endroit non-loin de la clairière où les nains se reposaient et leur officier put donc se remémorer de la direction, et, en bondissant accourir vers le lieu-dit suivi des guerriers étant prêts à ce moment. Au fur et à mensure Lucullus dispersait ses soldats et ils n'étaient qu'une petite dizaine à le suivre, transportant tant bien que mal le matériel de chasse. Sur le chemin deux de ceux qui étaient chargés de patrouiller autour du camps à la recherche d'indices les rejoignirent et arrivés sur le lieu du crime ils se rendirent compte, bien que ce ne fut pas la première des réactions, qu'ils n'étaient pas les premiers à arriver sur place. Il était difficile, dans les conditions actuelles de reconnaître ce nain, compagnon d'arme ou non, son état ne leur permit de le savoir qu'après des examens attentifs. Josuf fut reconnu par son cousin Baldruf, et vengeance fut de suite demandée. On chargea de transporter le corps déchiqueté vers la clairière, ce que deux volontaires se chargèrent de faire, laissant au cousin la capacité d'assouvir sa faim de bête. Même s'ils n'étaient que cousins éloignés, l'honneur de la famille et du clan exigeait cela.
La mort d'un de ses hommes porta un grand coup à Lucullus, une affaire si triviale et même futile pour eux -qui pourraient reprendre leur chemin et retourner à Lante- se soldait par la mort d'un brave soldat du IIIe Régiment (qui n'existait sans doute plus) de l'infanterie légère nain? Après tout, s'ils faisaient ça, ce n'était que pour le bien de la cité -et un peu la récompense, il ne faut pas abuser- qu’empêchait le lieutenant de quitter cette région de pouilleux superstitieux et malhonnêtes, surtout s'ils devaient perdre d'autres hommes et se retrouver en seconde position pour la traque, derrière un couple d'humains qui ne s'étaient élancés vers la direction de la bête juste avant leur arrivée, sans même se soucier de ce brave nain, qui avait donné sa vie pour indiquer à ces deux chiens la direction que le "monstre" avait prise.

Déjà d'autres mercenaires crasseux arrivaient... Ils devaient partir, chose qu'il firent, emboîtant les pas du couple qui lui, était déjà loin, sans aucun doute proche de la monstruosité nanophage. Du sang les guidait jusqu'à leur proie, qui s'était pour un temps retrouvé chasseur d'un des leurs. Une fois de plus ils perdirent toute efficacité dans la progression en forêt et et ils parvenaient presque à entendre des pas lourds derrière eux, suivis de souffles lourds. Le reste des mercenaires les suivait. Les premiers étaient même en train de bousculer l'arrière-garde naine, on entendit des injures et quelques coups aussi. Les hommes souhaitant dépasser les nains, ceux-ci leur bloquaient le passage, ce à quoi les rustres répondirent en forçant le passage, faisant ainsi tomber un nain. Le reste de la troupe se retourna d'un bloc, sortant ses armes et faisant front aux mercenaires arrêté soudains dans leur élan face au très célèbre "mur de nains", mais se faisant heurter par ceux qui se trouvaient derrière eux. On assista donc a carambolage d'humains face à des nains sur un sentier généralement fréquenté que par quelques biches. Cela dura jusqu'à ce que le nain tombé se relève et que Lucullus ordonna la reprise de la marche, laissant les mercenaires dans un enchevêtrement de bras et de jambes, tentant en vain de se relever et reprendre la course, vu qu'une rixe venait d'éclater entre quelques guerriers, qui se transforma finalement en bagarre général au beau milieu des oiseaux et des feuilles mortes, laissant les nains seuls, reprendre la chasse, poursuivant un couple, bien loin devant.


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Fjama
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 9 Jan 2012 - 0:35

Plusieurs fois, la course de l’almée fut entravée par quelques branchages mal intentionnées. Les Cinq que ne donnerait-elle pas pour un bon coup de feu sur toutes cette fichue végétation ! Quelle était la main taquine qui s’évertuait à planter des ronces là où elle devait passer à toute vitesse ? Satanée Kyria ! Pour conjurer le sort, elle cracha rapidement au sol avant de se signer pour se protéger d’éventuels effets néfastes. Un peu de superstition face aux dieux, de la prudence même selon son point de vue, ne pourrait pas faire de mal vu les circonstances.

Arrivée à l’endroit approximatif du cri, les deux compères constatèrent la mort tragique du nain. Evidemment, cela était fort triste. De l’avis de Fjama du moins, la situation était d’autant plus dommageable qu’elle voyait là son premier nain de près. Elle avait ainsi tout le loisir d’observer de quelle matière était construit le petit personnage. Tripes et boyaux, barbe souillée, il ne restait plus du nain qu’une lointaine odeur de bière et de sang et un amas rougeâtre. D’ailleurs, leur proie, on s’en doutait, ne faisait pas dans la cuisine raffinée et le remplissage d’estomac distingué. Des morceaux de nains, il y en avait, littéralement, un peu partout. Là du sang, là un bout d’intestin, tout cela transpirait une délicatesse et un sens de la mise en scène irréprochable. Ne s’attardant pas plus que son compère, la rouge fila, sur ses talons, le long de la piste sanguinolente. A sa remarque du sieur, elle lui jeta tout de même un regard biaisé. Il la prenait pour une docile et faible jeune fille qu’un simple jeté de bête pouvait abattre ? Haaa, elle avait hâte, si hâte de brûler le gaillard repu de chaire humanoïde et un petit bout de cette damnée verdure !

Après plusieurs minutes de courses échevelées afin de réduire la distance chasseurs-proie, dans la lueur diffuse du soleil d’hiver, apparut brièvement une hirsute chevelure rousse. Le feu follet flamboyant tressautait au rythme de la course effrénée. L’idée de stopper le jeu d’une gangue de flammes affamées jusqu’à la bête traversa l’esprit de la sorcière. Elle s’imposait de plus en plus implacable en son sein. Déjà, elle esquissait le geste, concentrait l’énergie nécessaire à arrêter la chasse d’une cuisante manière. De base, la saltimbanque n’était pas reconnue pour sa patiente et sa retenue. Mais, le froid environnant s’instillait doucement au travers de sa mante. La course et l’excitation de la chasse ravivaient ses plus bas instincts. Pire que tout sans doute, elle claquait des dents, congelée. « A pyromancienne gelée, bête dûment cramée » lui criait intérieurement une incongrue et insidieuse petite voix.

Le tintement de sa bourse à sa ceinture, toutefois, fut salvateur.

Voilà qu’enfin revenait à l’esprit de Fjama la seule chose qu’elle aimait autant que la liberté, la danse, le feu, la chaleur et le sexe : la richesse. Ah, les jolies pièces rondes et dorées se bousculaient déjà, en rêve, sur ses mains offertes. Hélas, trois fois hélas, à cadavre consumée point de deniers ! A cette nouvelle maxime, la sorcière gronda, feula. Hargne en sus, elle étira le pas, tigresse ardente, pour diminuer encore la distance la séparant encore de sa proie. Il n’y avait plus d’Elrick, plus de nains qui, derrière, s’entrechoquaient avec le reste de la troupe. Rien que l’objectif, l’heureuse perspective de la récompense et les dommages collatéraux qu’elle envisageait de plus en plus colossaux. Après tout, il y avait assez de forêt, non ?

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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mar 10 Jan 2012 - 23:03



Le bosquet s’embrasa aussi brusquement que silencieusement. Les fougères se tordirent sous l’action des flammes, se recroquevillant avec raideur tandis qu’un filet de fumée torturée s’élevait vers la cime d’un arbre proche. Le poing de Dandelo se desserra finalement et son regard glissa sur le péquenot qui venait de débouler devant eux. Pour peu, c’était ce crasseux engraissé qui aurait fait office de grillade. En effet, à l’approche du fauve, le Magicien avait laissé s’échapper un flot du pouvoir mobilisé de manière à pouvoir user de ses flammes avec rapidité. Seulement voilà, faut de Beste, ils étaient tombé sur Alceste. Et tout dégoûtant qu’il fut, il ne méritait sans-doute pas d’être brûlé vif.

Le saltimbanque soupira avant de se tourner vers la jeune femme au sein paniqué qu’il abritait. Il lui fit un bien gentil sourire, qui sembla la détendre une seconde, jusqu’à ce que ce soit la baronne qui s’adresse à elle, assénant ses injonctions d’une voix sèche. La gueuse s’écarta, les yeux mouillés par l’émotion.
*Diplomate la noblionne… songea celui qui était plus ou moins devenu son sauveur. Salope.
- Altiom ne s’en plaint pas !*

Il baissa la tête pour dissimuler le large sourire qui venait d’apparaître sur son visage. Il lutta une seconde pour reprendre un air sérieux et se redressa scrutant la forêt qui les entourait. Il ne voyait rien bien sûr, pas plus que tout à l’heure. Enfin, c’était ça ou regarder l’autr…

« Oh mon dieu ! »

Dandelo se tourna aussitôt vers la Dame, avant de réaliser que cette dernière pointait exactement son doigt vers les fourrées qu’il observait auparavant. Bref, c’était là une audacieuse feinte qui aurait pu fonctionner si la baronne s’était trouvée accompagnée par d’autres gens que nos joyeux drilles : sensible à la prestation théâtrale de la sang-bleu, le clown se détourna pour pouffer, essayant de dissimuler son rire sous le couvert d’une toux grasse. Il se retourna juste à temps pour voir les bienfaits de la Compréhension éclairer le visage de l’Altiom tandis que la Clélia détalait. L’autre fille, toujours troublée regarda la baronne s’éloigner et fit brusquement volte-face. Le manteau qui avait couvert ses épaules tantôt tomba à terre tandis que la donzelle reprenait sa course en se dandinant, son fessier faisant office de pendule hypnotisant.

La quittant des yeux, Dandelo fit quelques pas et se pencha pour ramasser son vêtement. Il se redressa pour l’enfiler tandis qu’un bruit mat suivit d’un gémissement précédait les menaces imagées de l’Ydrilote. Prenant soin de dissimuler la déchirure de son pantalon – qui était miraculeusement passée inaperçue il faut croire – le jeune homme ne put qu’être amusé entre la situation actuelle et celle dans laquelle il se trouvait quelques heures plutôt. Le souvenir de ces instants passés aux bras de l’exquise Kassandra le rendait déjà nostalgique. Ah ! Que n’aurait-il pas donné pour avoir eu droit à un plus long répit en sa délicieuse compagnie ! Il avait presque encore le goût de l’Abricotine dans la bouche, mais rien qu’au souvenir de l’alcool, des relents de sa cuite incendiaire se firent sentir et il préféra secouer la tête pour chasser ces mauvaises pensées.

Revenant au présent, Dandelo constata soudain qu’Altiom avait déserté la scène à son tour, le laissant seul avec l’épais individu au patois douteux. Baissant les yeux sur son visage porcin, le saltimbanque ne put que constater que l’obscène tas de graisse fixait de ses petits yeux la silhouette déjà éloignée de la fille qu’il comptait bien trousser. D’un geste, il attira son attention, ils s’affrontèrent un instant du regard puis, faisait office de « Bouh ! » un voile d’étincelle jaillit de nulle part, juste devant le bonhomme qui roula en arrière d’un sursaut – peut être aidé par Lucie–. Le magicien éclata de rire avant de se retourner pour rejoindre les deux autres membres du trio au pas de course.



Dernière édition par Dandelo le Sam 14 Jan 2012 - 14:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 12 Jan 2012 - 21:43



Alceste rugit comme un buffle lorsque la botte de cuir durci lui heurta les parties intimes, encore toutes vigoureuses des aventures qu'elles avait vécues avec la gourgandine, ou du moins de leur avant-goût. Gourgandine qui, après avoir entendu crier la baronne -car visiblement, c'était bien la baronne Clélia qui errait hors de la cité- s'était mise à hurler de nouveau et, toute humide de larmes qu'elle était, détala sans demander son reste. Lorsque les élancements de son sexe complètement rompu cessèrent quelque peu, il se releva rouge de colère. Furieux, il n'avait pu ni culbuter sa chienne de biche, ni se venger de l'humiliation qu'il venait de subir, devant -aussi impensable soit-il- la baronne elle-même d'Olyssea. Que faisait-elle là, d'ailleurs ? Visiblement, elle ne cherchait pas à être reconnue. C'était loupé.

Il remonta à nouveau ses braies qui n'avaient cure de rester en place et lança un regard vers le chemin qu'avait emprunté sa gazelle. Elle méritait une punition et Alceste allait se faire un plaisir de la lui affliger, sexe endolori ou non ! La partie n'en serait que plus excitante. Il commença à trainer sa bedaine à sa poursuite lorsque son œil aperçut un mouvement à sa gauche. L'espèce de pitre clown, tout fringué de couleurs criardes, faisait des gestes pour attirer son attention. Ses compagnons l'avaient abandonné, seul, et visiblement sans défense. Un sourire empâté dégoulina du visage d'Alceste. Il l'avait , sa vengeance. Il réorienta sa panse de direction et se mit en marche d'un pas lourd, tout en jouant du fil de la lame de son couteau. Il eut suffit de quelques minutes à peine pour le retrouver de nouveau étalé sur le sol. Une étincelle vive éclata à quelques centimètres de son visage accompagnée de son claquement sec fit trébucher notre pauvre Alceste de tout son gras.

Jurant, il jeta un regard noir au saltimbanque, qui l'aurait sûrement fusillé sur place s'il ne s'en allait pas déjà, tout sourires et ricanements, se retrouvant très vite hors de vue.

*Ils ne perdent rien pour attendre.*

Déterminé, il se releva -pour la énième fois- d'un bond, déclenchant un ballet vivant et joyeux de bourrelets fantastiques. Mais avant même qu'il ne se mette en marche, il sentit sa tête pivoter de 180 degrés, le décor se muant en un kaléidoscope de couleurs, sa nuque gémir sous le coup et les os de sa colonne vertébrale craquer comme du bois trop sec. Une force puissante lui écrasa face contre terre. Ses dents, percutant la rocailles, volèrent en une multitude de fragments d'émail jaune et malodorant. Sa bouche s'emplit du goût amer et cuivré du sang.

Sa vue se brouilla par les larmes alors qu'il regardait littéralement par dessus ses épaules.

C'est là qu'il la vit.





La Bête abandonna sa proie tout aussi promptement qu'elle lui avait rompu le cou. Le corps s'étala sur le sol humide aussi mollement qu'une poche à douille et exhibait à présent sa tête grossière, qui regardait toujours son agresseur d'un angle assez inquiétant. Le pourtour de sa nuque était enguirlandé d'une couronne constituée d'un mélange douteux : chair et os se battaient en duel, formant une masse désordonnée.

La Beste d'Olyssea enjamba le corps inerte et poursuivit sa lancée comme si de rien n'était, alors qu'Alceste s'agitait encore de la bedaine, animé de ses derniers courants nerveux qui luttaient pour leur vaine survie. Cependant la Bête n'avait pas le temps d'attendre. Elle détalait comme si le ciel la poursuivait. Et ç'en était pas moins car non loin d'elle, une pyromancienne accompagnée d'un mercenaire, tous deux armés jusqu'aux dents, la talonnait et suivis de près par une tribu au complet de nains en armures étincelantes. Mais depuis quelques instants, elle ne fuyait plus mais traquait. Son odeur était là, tout près. La Bête folle d'Anaëh l'avait repérée, embaumant l'air près du gros. Elle ne pouvait être trompée. Se souvenait de tout. Le carrosse. Cette voix froide. La douleur des coups portés par les gardes. Les herbes folles. Ses yeux. Sa fourrure blonde. Cette peau pâle. Et son arôme, fruité et si … appétissant. C'était elle qui était à l'origine de tout, de sa condition, de ces poursuites. Il fallait dès à présent y mettre fin.

Tournant à l'angle d'un chêne défraichi par les intempéries, abimé par la proximité de la route fréquentée, la Bête repéra une touche vive de couleur. Un humain galopait clopin-clopant, à moitié étouffé de son rire bruyant. Il avait l'air beaucoup trop frêle pour valoir la peine de s'arrêter mais, pauvre de lui, il se situait entre la Bête et sa proie. Erreur. Son rire s'étouffa quand la créature à moitié elfique lui sauta dessus. Trop distrait pour s'en rendre compte, sans défense, il ne s'était sûrement pas attendu à être attaqué. D'une patte furtive, la Bête s'était approchée ni vue ni connue de la brebis abandonnée du troupeau. Elle s'agrippa toutes griffes dehors au corps puant l'Humain et logea ses crocs au niveau de l'épaule. Les dents s'enfoncèrent jusqu'à l'os. L'animal et sa proie volèrent tous deux au sol et furent reçus par l'herbe froide et la boue vaseuse. La saleté rendait le visage de l'elfe encore plus bestial qu'il ne l'était, les traits déformés par la rage de la Bête.

Dans sa chute, le prédateur atterrit un peu plus loin, ayant pris trop d'élan. Un filet de sang neuf s'ajouta aux couches déjà séchées de ses congénères et coula de ses lèvres. Le gibier, affaibli de l'épaule, serait trop ralenti pour le rattraper. De toute manière, il ne valait pas la peine de s'attarder. Sans perdre un instant, La Bête se remit à quatre pattes et dévala le chemin à grandes enjambées.

Une seule chose comptait à ses yeux : elle.



_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
Site de l'artiste: http://www.3mmi.org/v9/
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 22 Jan 2012 - 12:57

    Si la ruse avait été des plus ridicules, au moins avait-elle eu le bon sens d’épargner trois vies sur quatre. Cavalant déjà à une vitesse surprenante pour une petite noble habituée d’ordinaire à des rythmes plus martiaux, la Louve n’avait pourtant aucune idée de la réussite de son plan ; seul l’idée qu’aucun cri ne les hélant de la part du paysan en rut pouvait lui confirmer qu’ils s’en étaient sortis de peu.

    Trop tard pour regarder en arrière. Redressant les pans de sa cape et de sa robe pour courir sans gêne possible, la baronne sentit, comme un désagréable frisson à l’échine, la fraîcheur forestière devenir froideur amère ; et si les arbres tendaient des branches accueillantes quoiqu’un peu dénudées vers le ciel, tout était maintenant devenu un épais voile broussailleux qui empêchait parfois de voir à trois pas devant soi. Le calme s’était dissipé, prenant des allures menaçantes où régnait une tension palpitante. Les racines s’entremêlaient, moqueuses, tentant de briser la cheville de la malheureuse à chaque foulée. Les troncs et les arbustes morts éraflaient les tissus précieux, qui disséminaient comme par enchantement l’imperceptible effluve baronniale. Bientôt, à bout de souffle, se faisant la plus muette et la plus indétectable possible, Clélia regarda autour d’elle, les joues rosies, n’avouant sûrement jamais qu’un divin soulagement s’était emparé de son être quand elle vit non loin la silhouette d’Altiom la rejoindre.

    L’absence du saltimbanque ne la frappa pas sur l’instant. Ce fut pourtant lorsqu’il lui sembla distinguer au lointain l’illusion de cris humains que la dame fronça les sourcils, murmurant à son compère.

    « Il vous a suivi ? Le Clown, est-ce qu’il était sur vos pas ? »

    Apparemment pas. Cet abruti avait-il cru le temps propice à conter fleurette à la première gueusaille venue ? C’était à prévoir. A moins que le dénommé Alceste ne lui ait coupé toute tentative d’échappée.

    Si l’encre de son regard ne laissait planer qu’un profond mystère impénétrable quant à ce qui circulait entre ses deux tempes, son corps ne la trahissait que trop bien. S’étant campée comme si elle se savait d’avance traquée par un rôdeur invisible, sa main plongea dans les ténèbres de sa cape pour en dégainer sans un bruit une lame d’une taille raisonnable. En voilà une surprise.

    Sous l’air autrement ébahi de l’ydrilote, Clélia chassa toute interrogation ou taquinerie prête à sortir d’un geste impertinent de la main, lui intimant de se taire tandis qu’elle posait un index ferme sur ses propres lèvres. Articulant de la façon la plus correcte possible sans qu’aucun son ne puisse se faire entendre, la jeune femme indiqua le sentier improvisé qu’ils venaient tous les deux d’emprunter pour en arriver là.

    « Inutile de revenir sur nos pas. Votre camarade nous rattrapera. Ecoutez-moi bien. Gardez votre arme en main et maintenez-vous dos à moi, le plus près possible de mon propre dos, c’est compris? Je me chargerai de l’autre côté. On va avancer par là, tout semble être vierge de pas … »

    Sans plus attendre, elle se positionna, ses épaules contre le dos masculin, redressant son épée, faisant signe à Altiom qu’ils allaient commencer leur lente et périlleuse progression au travers des fougères quelque peu hostiles.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mer 1 Fév 2012 - 10:49

Courir. Altiom avait la dérangeante impression que sa vie ne se résumait plus qu'à ce mot! Si ce n'était après avoir mis le feu à quelque taverne, s'être fait surprendre avec la femme du boulanger (et par le boulanger), avoir regardé un garde de travers ou lorsque venait le moment de payer ses consommations au zinc, il fallait que ce soit parce qu'un elfe enragé s'était mis en tête de lui croquer le cuissot!
- Votre H-hh-hh-votre Honneur si vous -hh- pouviez juste ralentir la cadence! suffoqua-t-il en bondissant par-dessus racines, ronces et autres belettes effarouchées. Comment la baronne voulait-elle être protégée si elle filait en douce sans prévenir ses gardes du corps? Et puis d'ailleurs... où était passé Dandy? Un instant plus tard le vagabond déboulait devant une Clélia toute en lambeaux. Enfin ses vêtements du moins, alternative ô combien plus plaisante.
- Ma foi vous devriez tenter cette petite touche "capes & soieries en guenilles" à la cour, vous feriez des ravages assurém-
- Il vous a suivi ? Le Clown, est-ce qu’il était sur vos pas ? coupa l'intéressée.
- Le Clown. Leee Cl-oui, euh non! Il était par... là-bas eeeet... Em je... et bien. Je n'crois pas, bredouilla fébrilement le nobliau en pointant trente-six directions différentes. Merde si l'arlequin s'était fait avoir Altiom ne se le pardonnerait pas! Le luron avait bon cœur et lui était fort sympathique, plus qu'un partenaire il était devenu un sacré camarade! Et même en mettant toute émotion de côté, privés de sa magie les deux traqueurs voyaient leurs chances grandement réduites. Et nous ne parlons pas des chances de réussite, simplement de survie! Mais bref, toute l'attention du drille s'était déjà détournée vers la baronne et sa... dague? Ah si tous les appâts étaient aussi malins!
- Oh v-, commença l'Ydrilois, interrompu d'un geste péremptoire. Mais j-, de même. Soit, conclut-il, affichant la moue d'un bambin qu'on aurait privé de sa friandise favorite.
- Inutile de revenir sur nos pas. Votre camarade nous rattrapera. Écoutez-moi bien. Gardez votre arme en main et maintenez-vous dos à moi, le plus près possible de mon propre dos, c’est compris? Je me chargerai de l’autre côté. On va avancer par là, tout semble être vierge de pas … Sans mot dire, le gardien de la belle se colla tout contre elle. Pour une fois que l'idée ne venait pas de lui!
- Réflexion faite notre plan aurait peut-être nécessité quelques em... perfectionnements, murmura Altiom avant de continuer sur un ton on ne peut plus espiègle, faussement sérieux: mais je suis content de voir que vous êtes finalement revenue sur les "fioritures romanesques", ce stratagème manquait cruellement de... "lyrisme". Et nous allons probablement mourir ainsi, main dans la main... pour peu que cet enragé d'elfe ne les grignote pas au passage. Non, décidément il ne s'arrêtait jamais. Mais tout en babillant il chercha une façon de compenser la perte de Dandelo, quelque chose qui puisse ramener un semblant d'équilibre... et fatalement, il pensa magie.
- Ma Dame, je sais comment profiter au mieux de ces derniers instants! Une seconde de réflexion et un froncement de sourcil plus tard il reprit: je veux dire, pour nous préparer à accueillir notre invité de marque. J'ai quelques bases en... disons ésotérisme, de quoi nous octroyer un léger avantage. Ou plutôt réduire celui de la Beste. Vous allez sentir... quelque chose, comme une chaleur, s'immiscer en vous, surtout ne la repoussez pas. Laissez-la affluer, vous envahir toute entière.
Alors sans plus d'explications le voyageur se concentra. Totalement d'abord pour ouvrir son esprit et son corps au Flux, pour se laisser bercer par la douce mais puissante houle éthérée. C'était-là un sort auquel il s'était déjà exercé bien souvent sur lui-même: la Plénitude, mais aujourd'hui pour la toute première fois, il allait tenter de le transmettre à quelqu'un d'autre. En même temps. Une pratique risquée, qui pouvait tout bonnement échouer si Clélia ne l'acceptait pas de tout son être. Mais l'échec était exactement le luxe que tous deux ne pouvaient s'offrir, il choisit donc de n’employer qu'une seule facette du sortilège et se contenta de décupler les réflexes du duo. Car privée d'effet de surprise, la proie n'aurait d'autre choix que de se frotter aux lames des traqueurs. Quoique pour être tout-à-fait franc, le suderon ne comptait pas immédiatement faire parler les armes. Après tout c'était un être doué de raison, pas une créature sauvage?
...
Ha, naïf qu'il était!

- Bien. Clélia, si cela devait être notre dernière conversation, je tenais à vous dire que vous avez été d'excellente compagnie et que... et bien que je regrette sincèrement de n'avoir pu la partager que si peu de temps. Abandonnant son air solennel pour ses sempiternelles intonations enjouées, il ajouta: oh, et qu'un peu de légèreté ne vous ferait pas de mal, vous êtes tellement plus belle quand vous souriez.

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Elrick
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 2 Fév 2012 - 22:01

L'équipée que constituait une danseuse itinérante et un chevalier royal continuait de progresser à travers la forêt. Enfoncés dans les fourrés, ruisselants de rosée et transis de froid malgré leurs épais vêtements, ils semblaient écrasés par le poids des arbres qui les entouraient et progressaient plus ou moins difficilement dans un environnement qui n'était pas le leur.

Mais aucun ne semblait prêt à renoncer. Elrick était pris dans le jeu, courant à la poursuite de leur proie sans se soucier de sa cape lourde d'humidité ou de ses bottes qui s'enfonçaient à chaque pas un peu plus dans le mélange de boue et de feuilles mortes qui tapissait le sol. Malgré la gêne occasionné, il ne rangeait pas son épée. Bien trop risqué, elle était couverte d'eau et la température risquait de la faire geler dans le fourreau.
Il n'y avait pas pire erreur pour perdre une demi-seconde qui peut s'avérer fatale lors d'un combat.

Alors que la piste vermeil laissé par leur proie, et qui permettait à l'étrange duo de la suivre à la trace, s'amenuisait de plus en plus ils tombèrent finalement sur une petite clairière ou du moins un léger trou dans les arbres. Le sol malmené indiqua rapidement aux deux chasseurs que des gens étaient passés par ici voilà peu.
Cela dit, plus que ça, c'était surtout l'autre corps, mutilés de manière atroce comme si on lui avait coupé la tête et recollé dans l'autre sens, qui renseignait sur la précédente occupation du lieu. La Bête balisait sa piste, semant les cadavres comme d'autres sèment les cailloux blancs. Enfin, elle en semait un peu moins, quand même.

Quoiqu'il en soit, la piste de sang repartait de plus belle à travers la fourrés. Elrick ne put s'empêcher de noter que ce corps là était bien moins abîmé que les précédents. Pour un peu, il avait été tué proprement. Le bougre n'avait pas eu de chance, il avait du se trouver sur le chemin du tueur, ce qui ne lui avait laissé aucune chance de survie.
Cette précipitation était inquiétante, pour que la Bête laisse ainsi un corps sans le dévorer elle devait se savoir traquée, ce qui n'était pas de bon augure. A moins que, pour une raison inconnue elle ne soit... pressée ?

La piste était de nouveau fraîche et visible, aussi s'enfoncèrent-t-il à travers les fourrés sans hésitation. Quelque chose semblait dire à tous que tout ceci arrivait bientôt à sa fin, et Elrick en était pour le moins impatient.
Elrick dut brusquement s'arrêter pour éviter de bousculer un homme écroulé au sol, l'épaule blessée. Aucun doute quant à l'agresseur. Mais cette fois, la Bête n'avait même pas pris la peine de tuer. Il était désormais certain que leur cible était pressée. Et il commençait à douter que ce soit leur présence qui la fasse paniquer, celle du clown ne l'avait même pas inquiété ou semble-t-il ralentis.

-On dirais qu'elle cherche quelque chose... ou quelqu'un.

Il ne put s'empêcher de faire cette réflexion à voix haute après une cavalcade muette à travers la forêt.
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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 6 Fév 2012 - 11:14

"Hardis compagnons! Ne perdons pas courage, nous pouvons presque entendre la respiration de la Beste et de ces deux mercenaires au devant! Vengeons le sang de notre frère!"

Sur ces paroles homériques, Lucullus galvanisait ses troupes en sueur entre fougères, broussailles et arbustes, évitant de peu bouleaux, cyprès et autres conifères.
Le premier nain, sans doute à cause de son casque en acier lui couvrant ses yeux, ne vit pas le cadavre -ou ce qui semblait en être un- et s'étala de tout son long son long -quoique pas si long- dans les branches et les feuilles mortes, retournant ainsi le cadavre qui regardait désormais les reste des nains de ses yeux morts la tête derrière le dos. Pour se relever, le nain distrait enfonça sa hache entre les deux omoplates du macchabée, sans plus se soucier des formalités. D'ailleurs cela ne semblait choquer personne dans l'assemblée présente, ni le bruit de la hache retirée par la suite ainsi que la vue de cette même hache essuyée sur les restes du malheureux. Pour l'inspecter, on le retourna, et les nains firent un rapide diagnostique de sa mort et y ajoutèrent le facteur hache.

"On en fait quoi chef?" demanda le nain responsable de la blessure béante que le cadavre avait eu droit dans le dos.

"Mettez-le bien en évidence en travers du chemin, pour nos amis pouilleux derrière" répondit le lieutenant en référence aux mercenaires qui leur avaient donné tant de mal quelque temps plus tôt.

Comme si de rien n'était, ils continuèrent leur route, sur les talons du couple. De façon bien ordonnée cette fois-ci, les premiers nains chargés d'ouvrir la route aux autres étaient équipés de grandes cognées, frappaient les éléments naturels nuisibles aux petits guerriers. Ceux placés derrières les premiers surveillaient les fourrées et la cime des arbres. L'arrière garde elle, reculait petit à petit munie de boucliers, armes d'hast et haches, au cas où une menace, qu'elle soit bestiale ou bien gueuse ne vienne par l'arrière. Bien entendu cette équipée produisait un bruit qui faisait fuir tout être vivant à des dizaines de mètres à la ronde, mais pour l'instant le but de Lucullus n'était pas de se soucier de l'hibernation de la marmotte d'Olysséa.
Au sol, les taches de sang et les traces de passage de la femme étrange et du dandy muni d'une épée -qui devait à cet instant-là avoir laissé d'autres traces que celles de ses pieds- guidait l'expédition naine à travers la forêt touffue.
L'"avant-garde" parvint enfin à distinguer à quelques distances de là, le couple tant recherché. On fit parvenir également qu'une troisième silhouette, au sol, se distinguait également. Tout travail à la cognée cessa immédiatement, et bien que la discrétion naine ne fût jamais chantée dans une épopée ou tout autre ode, il semblait que les trois personnes n'avaient pas remarqué le bruit que produisaient les nains en avançant.
Lucullus ordonna à tous les nains de se tenir prêt à intervenir. De là, leur parvint même une phrase, dite par le guerrier d’apparat.

-On dirait qu'elle cherche quelque chose... ou quelqu'un.


A ce moment-dit, les nains bondirent, entourèrent les trois de leurs armes et Lucullus fit une entrée théâtrale -des feuilles mortes et de la boue plein le costume- en déclamant:

"Toi peut-être!"

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Fjama
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 6 Fév 2012 - 22:25

Lorsqu’ils passèrent devant un nouveau corps, les deux mercenaires n’y jetèrent qu’un regard vague, juste le temps de prendre note du relatif bon état de la victime de la bête rousse dûment traquée. D’un commun accord silencieux, ils allongèrent encore un peu le pas pour combler toujours cette distance que l’elfe sauvage recreusait sans cesse entre lui et ses poursuivants. Bientôt, ils tombèrent sur un gaillard blessé.

Pour une raison inconnue, Fjama s’arrêta auprès du saltimbanque rampant et jurant un charmant chapelet de grossièretés imagées. A bien y repenser la cause de ce regain d’intérêt pour le genre humain de la part de l’almée, il serait facile de la rapprocher de la vêture bigarrée du bougre blessé. Après quelques mots tranquillisants – ceux qu’on offre à tous les malades – elle s’agenouilla auprès de lui. Saisissant un foulard à sa taille, la danseuse nettoya prestement la plaie pour en jauger la profondeur et les risques encourus par le jeune homme. Momentanément toute à sa tâche, sa concentration sur les alentours s’affaiblit. Si bien que lorsqu’une armée de nains jaillit hors des fourrés, elle sursauta comme une pucelle à la vision d’un vît dressé.

Le battant remis de ces terribles émotions, elle avisa la troupe sans mot dire avant de se remettre à sa besogne guérisseuse. A grands renforts de gestes complètement inutiles, elle sembla psalmodier quelques prières ou rituels de guérison. Pourtant, vu les maigres compétences de la dame en la matière, le clown devrait sans doute quérir prochainement un vrai soigneur s’il ne souhaitait pas risquer une infection. Puis, avec ce que la bête avait mis à la bouche, cela n’en serait que plus prudent ! Qui savait où avait traîné Alceste et le nain auparavant ! Sur cette pensée, la pyromancienne fit sauter le bouchon d’une flasque de rhum bon marché et en versa copieusement sur la morsure de pauvre hère. Connaissant ce type de douleur, elle grimaça presque autant que lui avant d’esquisser furtivement un sourire en coin sadique. Encore une fois, elle y adjoint quelques gestes cabalistiques. A la voir d’aussi près, malgré tous les allures de rituels de soin qui ne changeaient rien à son état, Dandelo pourrait sans doute faire mettre le doigt sur l’étrange – et invisible pour un profane - déploiement de magie autour d’eux.

- Voilà. Cela devrait te permettre de continuer la traque à nos cotés.

Sur ces mots, elle se redressa et avisa enfin les nains.

- Vous vous rendez compte qu’en nous « barrant le chemin » vous n’aurez pas plus de récompense que nous, j’imagine ?

Nonchalamment, elle nettoya de quelques coups de langue ses doigts encore poisseux du sang de Dandelo. Elle coula ensuite un regard sur les armes des petits êtres et redressa les mains. En souriant, elle continua sa diatribe.

- En bref, je vous conseille de bien vouloir aimablement reculer et baisser vos armes afin que nous puissions tous reprendre cette traque comme il se doit dans une saine ambiance de camaraderie. Sous peine d’un revers de flammes fort peu amène.

Dès l’apparition des nains, mais surtout une fois que la parodie – bien exécutée – de soins magiques sur l’un deux, les deux mages à ses cotés purent aisément percevoir le tissage d’un sort conséquent qu’on tient prêt à relâcher en cas d’attaque et, maintenant, non-coopération. Au vue des filaments énergiques incandescents, et avec un peu de concentration, ceux-ci comprendraient bien vite que la dame toute souriante qu’elle fut s’apprêtait à relâcher un brûlant tourbillon de flammes tout autour d’eux. Non, vraiment, se mettre sur la route d’une pyromancienne fauchée, qui grelottait était une fort mauvaise idée. D’ailleurs, même pour un non-initié, il commençait à faire plus chaud, non ? En apparence du moins, les nains gardaient l’ascendance sur le petit groupe composé d’un clown blessé, d’un chevalier et d’une demoiselle souriante.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mer 15 Fév 2012 - 4:09

Lucie voletait discrètement entre les branches et parvînt à rejoindre le couple de tête assez rapidement. Dandelo, lui, marchait toujours, contemplant le ciel d’un air songeur, la tête dans les nuages et l’esprit encore ailleurs. Le simple fait qu’il tienne debout relevait du miracle étant donné qu’il ne regardait absolument pas où il mettait les pieds, se contentant de filer droit dans la direction qu’avaient suivis Altiom et sa Dame. Dire qu’il avait espéré trouver gloire et fortune en participant à la chose. Elle était belle la noble quête, avec les péquenots dispersés dans une jungle humide et boueuse sous un ciel crasseux. Quelques corbeaux noirs aux mornes croassements eurent été du plus bel effet. Mais cette fois-ci, l’Artiste n’était pas sur les planches, se pliant à la mise en scène d’un quelconque spectacle pour gagner des jaunets.
*J’aurai préféré, songea-t-il en soupirant.
- Belle motivation, t’es désespérant.
- Faudra peut-être arrêter les frais à un moment.
- Chante-donc, tu diras moins d’âneries.*

Souriant à la réplique qu’il venait de se lancer, Dandelo murmura un « Pourquoi pas après tout, ça égayera un peu. » avant de froncer les sourcils en réfléchissant à une chanson. Comme sa mémoire ne lui en soufflait aucune d’appropriée, il se contenta de fredonner un air à grands renforts de « La-la lalala » tapant des mains et claquant des doigts pour marquer le rythme. Puis enfin les mots coulèrent dans sa bouche et il lança d’une voix forte, toujours sur la même mélodie :


Oh ! Parle-moi des femmes ! De putes ou bien des gueuses,
Et mêmes des nobles dames aux courbes malicieuses !
D’la ribaude à Diantra, cambrée comme un genou !
Qui s’glisse dans tes draps puis réclame un bijou.
Et y’a les missédiennes, à la langue ingénue,
Qui jouent les comédiennes et en prennent plein le…

Il s’interrompit, sursautant au piaillement furieux d’un oiseau dérangé dans son nid. Riant intérieurement, il marchait d’un pas enjoué comme si il se trouvait sur une route ensoleillée du méridion.
*Hé ! Songeait-il. On n’est pas prêt de tomber sur la Bête. Faudrait une chance de cocu pour la trouver. Ils auraient dû appeler ça « Loterie champêtre » sur leurs affiches, et pas…*
Le temps sembla s’arrêter brusquement, sur ce léger et imperceptible mouvement qui chatouillait le bord du champ de vision du Clown. Une ombre floue et insaisissable. Puis, sans qu’une seconde ne se soit écoulée, il y eu le choc.



Etendu sur le sol où il avait été projeté, Dandelo était appuyé sur son côté droit, le bras adjacent s’étant plaqué sur l’épaule gauche que l’on venait d’alléger d’un bon morceau. La bestiasse avait croqué un morceau de lui. Aucun point vital n’était touché mais la blessure saignait abondement et puis, merdre, ça faisait un mal de chien.

Ah souffrance, sœur de ses malheurs depuis la tendre enfance. Elle ronge, elle ronge, sans pitié ni remord. Mais voilà qu’il l’accueille, la tolère, qu’il la supporte. Ô douleur, tu n’en as pas fini.

Rampant à moitié sur son profil indemne, le Magicien ruminait sa rage. Furieux d’avoir baissé sa garde, de s’être exposé, furieux que la bête en ait profité.
Ayant en mémoire la description des victimes qu’on leur avait faite plus tôt, Dandelo s’attendait à un nouvel assaut. Mobilisant son pouvoir, il dispersa à nouveau quelques flammes de la taille d’une olive, prêt à les transformer en un chapelet d’explosion si la bête pointait le bout de son nez. Seulement voilà, la tignasse rousse qui apparut n’était pas la bonne. Une magnifique jeune femme venait d’arriver d’entre deux troncs, comme pas magie. Elle était accompagnée, d’un autre type qui se contenta de parler comme si Dandelo n’était même pas là.
*Ordure, pensa ce dernier, un peu de respect pour les blessés.*
La rouquine semblait moins indifférente, et se pencha sur lui pour l’examiner. Il écarta sa main rouge de sang pour lui laisser voir la morsure et il articula à l’adresse du connard prétentieux :

« Eh Coco Bel Œil ? T’as trouvé ça tout seul ? »

Il serra les dents en étouffant un gémissement plaintif lorsqu’une étoffe rencontra sa plaie, mais il ne put retenir une exclamation de surprise lorsque ce fut une bande de nain qui déboula de nulle part. Les nains. Le coup de la taverne n’avait donc pas suffit à les mettre hors-course. Aucun d’eux ne semblait l’avoir reconnu et le saltimbanque craignait que sa voix ne le trahisse aussi se tâcha-t-il de rester silencieux, à l’image de son infirmière. Il ne put cependant retenir, un cri doublé d’un juron lorsque la délicieuse créature lui renversa sa gourde d’alcool sur la chair à vif. Il resta quelques secondes, la tête à même le sol, respirant par saccade pendant que la belle continuait d’opérer. Enfin c’est là un bien grand mot, le traitement direct ce limita à l’odorant désinfectant, qui se fut agrémenté de quelques incantations aux résultats peu apparents. Trop distrait pour se concentrer sur le flux, Dandelo ne se put se rendre compte que la jeune femme avait bel et bien utilisé la magie. Sans s’attarder sur ces atours de charlatane, le saltimbanque la remercia poliment, s’émerveillant intérieurement de sa beauté.
*J’voudrais bien jouer au docteur, tiens !
- D’abord Kassandra, puis elle…
- Il doit y avoir un truc avec les rousses.*

Elle prit la parole, s’adressant aux nains pour les raisonner. Cette fois, Dandelo ne put rater le déploiement magique qui s’opéra en échos à la menace à peine voilée de la jeune femme. C’était comme une lourdeur dans l’air, s’étalant progressivement. Le Clown se redressa doucement balayant la scène du regard : un groupe de nains armés de pied en cap faisait face au minet malpoli et à la séduisante personne qui semblait prête à faire étalage de ses talents en matière d’arcanes.
Avec son tact habituel, le jeune homme rompit le silence pesant qui menaçait de s’installer en lâchant d’une voix légèrement rauque :

« Sinon moi, c’est Dandelo. » Il se força à sourire et observa tout ce beau monde, mais ne parvînt pas à comprendre comment il avait pu se foutre dans un tel bazar.
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 19 Fév 2012 - 19:38



La Bête continuait de courir inlassablement, sans prêter gare au sang qui tâchait son torse nu, déformant toujours plus ses traits elfiques à présent méconnaissables. Mais la saleté, elle en avait tout autant cure que la proie qu'elle venait d'abandonner derrière lui. Ses pattes élancées et livides, plaquées de glaise séchée, frappaient lourdement le sol. L'odeur l'enivrait tant… Le moment qu'elle attendait le plus allait arriver. Depuis que cette créature aux cheveux d'or l'avait chassée, battue, menacé sa vie, elle s'était jurée d'avoir ses représailles. Et si l'écho de la colère de Kÿria -certes déformée par le caractère buté de notre gentille Bête- vivait dans la flamme de ses yeux, c'était la vengeance qui guidait ses pas et … ses crocs.

L'animal tourna à l'angle d'un grand tronc à l'écorce grisâtre et sauta par dessus un fourré. L'odeur flottait dans l'air, aussi clairement que s'il s'agissait d'une trainée de sang. Plus il marchait, plus l'arôme se faisait alléchant, puissant. Quelques fois, il devait rajuster sa trajectoire car il s'éloignait de la piste. Mais il suffisait de sentir les plantes, les troncs pour savoir qu'elle les avaient effleurés. Il y avait aussi ces traces de pas. Sur le sol humide, elles étaient encrées dans la terre, très visibles. Mais le chemin était parfois parsemé de roches, de mousses, de sol plus dur, qui rendaient cette piste difficile à suivre. Le mieux restait de suivre son odorat. Les femelles humaines dégageaient des effluves plus puissantes et plus fortes que les mâles. Beaucoup plus intenses et plus faciles à pister.

La Bête la revoyait encore. La belle créature aux cheveux dorés. Elle revoyait encore son regard du bleu si intense lorsqu'il se posa sur elle. Sa cage à roues l'avait renversée, alors qu'elle était si faible et perdue. Si loin d'Anaëh, la Bête était devenue folle. La Symphonie des Arbres n'était plus. La Symphonie d'Aduram avait empiré son état. Tout avait commencé avec la folie des bûcherons. Les humains, détruisant une partie d'Anaëh, avaient détruit une partie de l'âme d'Elandril pour l'offrir à la Bête, vengeresse de la Prime Forêt. Sa haine avait emmené Du Eryn Rhavan à poursuivre les tueurs hors d'Anaëh. Sa haine avait traversé Aduram et s'était alors encrée dans l'esprit de l'elfe. Ce n'est qu'à moitié conscient qu'Elandril s'était réveillé en terres Olysséennes. Qu'il avait vu sous ses yeux, les Cheveux d'or demander sa mise à mort. C'était là que l'elfe avait perdu toute sa confiance au peuple humain. C'était là que l'elfe avait perdu toute sa conscience et était devenu la Bête, Du Eryn Rhavan. Depuis, c'était la vengeance qui guidait ses pas. Un os brisé pour chaque brindille rompue. Elle s'était décidé de faire payer à la Péninsule, les erreurs des bûcherons. Et avant tout, de commencer par Celle-aux-cheveux-d'or.

Justement, en parlant de la proie. L'odeur s'était tout à coup faite plus fruitée, plus réelle. Elle n'était plus un simple témoin de passage mais sa présence était nettement perceptible. Du Eryn Rhavan s'approchait du but. La Bête huma l'air frais de la forêt Olysséenne, tellement plus souffrante qu'Anaëh. Ses narines frétillèrent doucement et un sourire se dessina peu à peu sur son visage. À quatre pâtes, elle courba l'échine pour être aussi près du sol que possible, puis continua silencieusement sa procession. L'herbe lui chatouillait le torse nu mais n'y prêtait aucune attention.

Elle était là. Progressant doucement sur le chemin terreux, adossée à un homme armé. Une dague entre ses mains, son attention et ses yeux bleus intenses à l'affut du moindre mouvement. Un frisson d'excitation parcourut le dos de la Bête. Ses griffes labourèrent le sol d'impatience. Elle avait presque déjà l'impression de sentir son sang chaud dans sa bouche. Couler sur ses lèvres. Elle pouvait presque imaginer son goût. Cuivré et fruité, à l'image de son odeur.

Puis brusquement, la Bête bondit de sa cachette pour faire face au couple. S'arrêtant à quelques pieds d'eux, elle hurla d'un cri strident, inhumain et encore moins elfique, qui retentit dans la vallée. Les deux proies se retournèrent simultanément pour faire face à l'origine du bruit. Alors, leurs regards se croisèrent. Le bleu olysséen rentra en contact avec l'or de la folie. Il y eu comme un instant, où le temps sembla suspendu, hors d'atteinte. La chute des feuilles même paraissait ralentir lors de ces retrouvailles. Le vent chassa les cheveux blonds de la jeune créature pour glisser doucement jusqu'aux narines de la Bête … qui sourit de plaisir.

Un clin d'œil plus tard, Du Eryn Rhavan avait sauté sur la baronne, toutes griffes dehors.





« Sinon moi, c’est Dandelo. »

Un hurlement perça le silence qui venait de s'installer au sein du groupe. C'était un son perçant et tonnant, qui semblait provenir de moins d'une lieue au nord de là où était allongé le clown blessé. Le groupe étrangement composé des nains, du mercenaire, de la demi-drow et du saltimbanque se retournèrent vers l'endroit duquel retentissait à présent un nouveau cri mais bien plus perceptible : celui d'une femme.

Les choses n'allaient pas en s'arrangeant, décidément.

_________________
Ombre fugace
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 27 Fév 2012 - 14:48

    « Vous avez le chic pour romancer le pire, Altiom. »

    Elle ne voyait pas vraiment où il voulait en venir, mais la gravité de sa voix lui servit de preuve assez consistante pour qu’elle accorde crédit à sa proposition. Alors, quand une étrange tiédeur étreignit tout d’abord son ventre, jusqu’à remonter en son sein pour s’étendre comme un fluide vertueux dans chaque parcelle de son corps encore vierge de magie, Clélia n’eut d’autre réaction que l’acceptation.

    Face à sa diatribe sentimentaliste, la baronne ne put retenir un sourire à la fois lassé et amusé. Elle n’aurait su dire si le sacripan était honnête ou blagueur ; quoiqu’il en soit, sa remarque eut l’effet salutaire de détendre une atmosphère tendue au possible. A voix basse, elle souffla.

    « Je… »

    Le reste de ses paroles s’engloutit dans sa gorge brusquement nouée.

    Altiom n’allait pas savoir avant un bon moment ce que ce « je » était supposé annoncer.

    Elle se tenait là, face à eux. A la fois vibrante d’impatience et d’une force tranquille, la Bête les dardait d’un regard étincelant, affamé. A cet instant, le sang de la baronne s’était comme gelé dans ses veines, alors que ses yeux n’osaient pas quitter la silhouette meurtrière de peur que dans l’inattention, elle n’en finisse avec elle. Ses mains aux jointures blanchies s’étaient crispées sur l’arme. Ils n’avaient qu’une chance, et elle ne se représenterait pas.

    Le temps avait suspendu les choses, et le cours de ces dernières reprit aussi brutalement, l’animal bondissant sans autre avertissement sur son alléchante proie.

    Un cri, un véritable cri, fendit l’air boisé.

    Les deux corps entremêlés valsèrent dans les fougères moites, roulant dans un nuage de poussière. Si le choc semblait avoir asséné un violent coup dans le ventre de la Louve, cette dernière fut soulagée de voir que la puissance de l’impact avait entraîné son adversaire plus loin. Alors qu’il trépignait, grognant de rage, Clélia chercha du regard Altiom, l’encre de ses yeux accrochant les siens avec plus encore d’urgence que si la baronne elle-même s’était agrippée à son bras dans une cascade de sanglots apeurés. A cet instant, le signal était clair : peu importe le moyen, le but devait être accompli.

    Ils étaient deux. Si lors de leur première rencontre, Féodo avait péri, c’était par imprudence et par solitude. Il avait été seul face à l’animal fou, l’avait sous-estimé, et s’était bêtement laissé piéger, comme bien d’autres après lui. Parce que personne ne mesurait réellement ce qu’étaient capables de faire ces crocs ensanglantés et ces griffes terreuses.

    Se redressant le plus rapidement possible, Clélia sentit une chaleur légère humidifier sa poitrine. Fébrile, le sang qui tâchait sa mise n’était pourtant pas le sien ; aucun accroc n’avait lacéré sa chair pour le moment. Il y avait eu d’autres victimes avant qu’il en arrive à la dénicher. Dandelo avait-il rencontré le chemin de l’elfe ? C’était fort possible, mais il n’y avait plus qu’à espérer que le saltimbanque ne rejoigne pas la triste liste des victimes. Pour la Bête, tout cela n’était qu’une mise en bouche pour le festin final.

    Campée face à la Bête, la jeune femme semblait attendre qu’il revienne l’attaquer. Immobile, la chevelure blonde souillée par les sols mousseux olysséens, ses mains maniaient l’épée de telle sorte que la lame s’affichait comme un barrage d’acier entre elle et lui.

    Doucement, à la manière de celle qui cherche à apprivoiser pour mieux soumettre, elle suivait chacune de ses avancées, comme le reflet parfait d’un miroir. Ils se jaugèrent à nouveau, sans un mot. Lorsqu’il se tapissait, pourléchant ses babines pour mieux savourer par avance la morsure qu’il lui infligerait, elle se tendait imperceptiblement. Lorsque lui se demandait quel endroit de sa chair serait le plus juteux et le plus appréciable, elle imaginait quelle partie de lui transpercer de sa lame pour sentir son corps s’alourdir mortellement.

    Elle finit par briser le silence d’une manière surprenante. Sa voix ne trahissait pas une once de panique ou de frayeur. Tout au plus le timbre était-il plus rauque qu’à l’accoutumée.

    « Tu sais que c’est la fin pour toi. Tu peux encore te rendre sans résister. »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 1 Mar 2012 - 14:55

Je...? Ah facétieux destin qui une fois de plus laisse un élément d'intrigue secondaire en suspens tandis que reprend la trame principale, ne nous accordant pas même le temps de brûler d'impatience que l'action se radine déjà, tambour battant... "MAIS JE QUOI?! FOUTREDIEU DE BESTE!!" hurlait intérieurement Altiom, un soupir désabusé comme seul témoin de sa frustration... enfin c'était loin d'être une première pour lui. Quoique la précédente interruption de ce genre avait témoigné d'autrement plus de... "classe"? Pour peu qu'une hydre puisse avoir la classe cela dit. Maiiiis de fil en aiguille voilà que le narrateur se met à déraper (toujours en train d'essayer de caler sa bondjû d'histoire d'hydre à droite à gauche). Bref revenons-en à cette chère baronne coupée en plein élan lorsque l'Élan déboula en pleine baronne (histoire de boucler la boucle). L'esprit du nobliau était on ne peut plus clair en cet instant: protéger Clélia, capturer l'elfe! Mais... avec quoi? Le pauvre hère n'avait rien prévu, et pourtant les Cinq savent qu'il n'était pas exigeant! Un piège à ours, une tapette à souris, un filet à papillon, quoi que ce soit pour les tirer de l'impasse!
Ça ou... le dialogue.

- Tu sais que c’est la fin pour toi. Tu peux encore te rendre sans résister. Le "dialogue" donc. Qui consiste généralement à rassurer, apaiser, amadouer, intimider pourquoi pas. Cependant -et pourtant loin d'être couard- le vagabond avait la nette impression que ce dernier aspect n'était pas exactement le plus approprié à la situation. Si forcer un coupe-jarret à se soumettre est une chose, dompter une bête sauvage requiert une approche un tantinet plus délicate. Et la seule façon d'apprivoiser un animal qu'Altiom connaissait, c'était de le caresser dans le sens du poil (pas littéralement, évidemment, sans quoi les choses seraient devenues un brin embarrassantes).
- Ma Dame je crains que les menaces ne nous soient pas d'un grand secours ici, commença à chuchoter le nobliau. Regardez-le. La lueur dans ses yeux, l'état dans lequel il est... il n'a plus rien à perdre. Pas même la raison si nous manquons de veine. Alors, toujours convaincu que la situation pouvait trouver un dénouement calme et sans davantage d'effusions de sang, l'Ydrilote profita de ces quelques secondes d'accalmie pour se rapprocher lentement, son yari abaissé, les bras écartés, un sourire presque amical imprimé sur son visage. Par prudence il resta à une certaine distance de l'elfe, son sort avait beau toujours fonctionner, il connaissait ses limites. Et ainsi il en arrivait au moment fatidique: comment amorcer une conversation avec un sylvestre psychopathe couvert de sang, de boue et d'autres matières que nous éviterons de citer par pudeur? Comme ceci.
- Holà mon bon ami! Voilà une... euh... bien belle journée pour faire connaissance n'est-il pas? Soit le temps est un peu frisquet mais c'est la saison qui veut cela. Em... j'imagine qu'il fait meilleur en Anaëh, le soleil brille, les oiseaux chantent et euh... les plantes... poussent...? Du grand art. Outre la rage, la folie, la perdition et une vieille note de courses collée par la saleté, le traqueur à l'essai pouvait jurer lire sur le visage de la Beste une pointe de... consternation? Bah, cela pouvait tout aussi bien être son imagination. Il y avait pourtant bien quelque étincelle dans ces yeux. Eh mais... Cette lueur, et ces traits de visage. Ce comportement sauvage, ce semblant de démarche bestiale, animale! Eh mais! Mais je l'ai déjà vu c't'oiseau! Par les miches de ma boulangère il était là quand... Oh merde j'crois qu'on l'a mérité celle-là. L'heure n'était pas aux explications, mais Altiom devrait tout-de-même en toucher deux mots à Clélia. Une fois de plus l'affaire se trouvait être bien plus complexe qu'il n'y semblait, une fois de plus des innocents payaient pour les fautes de leurs pairs. L'incident commençait à prendre bien trop d'ampleur.
- On va passer à autre chose. Le suderon s'éclaircit diligemment la gorge et d'une voix claire mais douce proclama: im gerin erdaer faeg andeith, heniach nîn? Le a nîn nedh-Anaëh... errîn? Ebœnnin, ah hast. Ebœnnin maethad in edhil, drafad in galadh. (J'ai un très mauvais accent, tu me comprends? Toi et moi en Anaëh... un souvenir? Des hommes avec des haches. Combattant les elfes, coupant les arbres) Et bien au moins nous sommes fixés, je parle toujours aussi bien l'elfique qu'un Nelenite le patois des Wandres... OH, UN GOLEM! Il y avait un golem! La mémoire lui revenait tout d'un coup, cela devait sûrement rappeler quelque chose à l'elfe! Pris d'un espoir fou, il imagina voir cette crise se résoudre d'elle même, sans autres combats, sans autres morts. Conscient qu'il détenait là l'ultime occasion de la désamorcer, il demanda une dernière fois au sylvestre d'éviter le dénouement tragique qui se profilait à l'horizon, l'air grave et douloureusement préoccupé.
- Ù maeth, far maeth. Teli armaeth egor ten caruva erdaer naeg an men pain. (Pas de combat, assez de combats. Venir sans lutter ou cela nous fera tous beaucoup souffrir) Non il faut sérieusement que je pense à réviser mes conjugaisons d'elfique...

HRP:
 
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Elrick
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mar 13 Mar 2012 - 19:11

Tout se passait à peu près normalement, si l'on considère comme normal de courir dans une forêt détrempé à la recherche d'une bête inconnue. Le blessé inconnu s'était adressé à Elrick, d'un ton plein d'ironie qui témoignait d'une certaine santé, lorsque les nains surgirent des fourrés. Trop abasourdis, Elrick renonça à se demander comment les petits êtres et leur attirail avaient pus passer inaperçus aux oreilles du groupe. Il est des phénomènes qu'il ne valait mieux pas chercher à expliquer.

"Toi peut-être!"

Elrick avisa rapidement que brandir son épée ne serait que provocation et vaine menace, aussi la lame resta-t-elle abaissée, mais bien présente et prête à servir si, vraiment, le besoin s'en faisait sentir. Ceci dit, celui qui semblait être le chef s'était adressé à eux avant de taper, ce qui restait bon signe, bien que ses paroles soient légèrement obscures aux oreilles du chevalier qui ne put retenir un :

-Pardon ?

Accompagné d'un haussement de sourcils prononcés et d'un air un brin méprisant peu adapté à sa situation. Rattrapant son erreur, il reprit une face plus avenante, globalement neutre parce qu'il avait de toute façons du mal à paraître affable dans ses bottes crotté et ses habits détrempés. Tout au moins, la lame était-elle vierge de toute trace de sang, comme n'importe quel combattant l'aurait déjà remarqué.

-Je ne vois pas de quoi vous parlez, Messire nain, si la Bête me cherchait elle serait bien stupide de ne pas avoir déjà fait demi-tour. Et je me permets de faire remarquer que lorsqu'on se déplace ainsi en pays étranger, il convient mieux de faire preuve d'un peu plus de diplomatie.

Des relents de magie attirèrent l'attention d'Elrick sur une Fjama souriante. Pour l'avoir côtoyé depuis le début de la mâtinée, ce seul fait était étrange pour le chevalier. Mais ça avait sûrement à voir avec ce qu'elle s'apprêtait à relâcher sur les nabots en armure. L'idée que ce genre de démonstration pouvait parfois avoir des conséquences fâcheuses pour les hommes à proximité effleura brièvement Elrick qui se prépara lui aussi à recourir à ses talents si les ardentes compétences de la jeune femme débordaient un peu de leur cadre. Des accidents regrettables qui survenaient moins rarement qu'on ne voulait bien le croire.
Le blessé jugea utile de rompre le silence qui pesait sur la scène.

-Sinon moi, c’est Dandelo.
-Elrick, enchanté, répondit le chevalier par réflexe.

Puis deux cris vinrent coup sur coup percer l'atmosphère. Elrick se tendit, près à partir. Seul les nains qui les entouraient le retinrent, s'élancer à travers leur rang signifierait une mort instantané.

-Décidez-vous vite, j'ai bien l'impression qu'on ne nous attendra pas !
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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 19 Mar 2012 - 18:07

Quelle impression! Lucullus exultait. Rien de tel pour lui que de voir autant de réactions désespérées de la part des ces personnes encore si suffisantes quelques heures plus tôt. Malgré l'apparence calme de celle qui se faisait passer pour -un bien mauvaise- guérisseuse, il sentait que les trois encerclés étaient nerveux. Après son entrée théâtrale, le comique nain attendit leur réponse qui se fit tragique. Ce fut la femme qui prit la parole en premier, suite à un très long silence. Non seulement elle avait durant de longues minutes ignoré leur présence en faisant des pas de danses d'un quelconque marabout des forêts pour espérer guérir l'homme a terre qui s'était sans doute fait agressé par leur proie. Mais en plus, comble de l’impertinence après avoir vaguement réconforté le blessé, elle se mit à fustiger leur action, les invectiver et les menacer.

-Vous vous rendez compte qu’en nous « barrant le chemin » vous n’aurez pas plus de récompense que nous, j’imagine ?
En bref, je vous conseille de bien vouloir aimablement reculer et baisser vos armes afin que nous puissions tous reprendre cette traque comme il se doit dans une saine ambiance de camaraderie. Sous peine d’un revers de flammes fort peu amène.


A la moitié des paroles prononcées Lucullus se sentit défaillir, la garce se léchait ses doigts plein de sang. Des haut-le-coeur lui vinrent. Il détourna son regard, écoeuré par son acte qu'il ne pouvait supporter. D'ailleurs, cela ne sembla choquer que lui. Evidemment, il ne tenait guère d'attention aux menaces de la sauvageonne, des flammes! Un bon coup de hache dans le ventre lui ferait bien comprendre de quel bois sont fait les nains.
Le silence se fit à nouveau, lourd comme avant, les nains de la troupe regardaient avec perplexité leur lieutenant vacillant. Mais il fut bien heureusement meublé par le saltimbanque blessé, ou quelque chose ressemblant à cela.

« Sinon moi, c’est Dandelo. »

Ce fut l'une des rares fois de sa vie que Lucullus eut à baisser les yeux pour regarder un homme. Il semblait avoir plus d'humour que l’interlocutrice précédente, quoique sa voix raisonnait étrangement, sans doute à cause de sa blessure récente. Le travail qui avait été fait dessus d'ailleurs ne satisfaisait pas l'oeil aguerri de Lucullus. Il demanderait plus tard à un de ses nains de refaire tout ça.
Le troisième homme, à l'attitude méprisante et qui se prenait pour un preux chevalier en raison de sa longue lame, se devait en leur présence leur montrer ses connaissances en matière de droit international Miradelphien.

-Je ne vois pas de quoi vous parlez, Messire nain, si la Bête me cherchait elle serait bien stupide de ne pas avoir déjà fait demi-tour. Et je me permets de faire remarquer que lorsqu'on se déplace ainsi en pays étranger, il convient mieux de faire preuve d'un peu plus de diplomatie.


Puis il se présenta sous le nom d'Elrick. Mais les présentations furent de courte durée, en effet, non loin de là, un autre cri retentit. C'était la bête, une fois de plus. Ce qui leur valut une autre remarque du chevalier-professeur:

-Décidez-vous vite, j'ai bien l'impression qu'on ne nous attendra pas !


Lucullus ouvrit enfin la bouche à ce moment:

"-Oh que si, on m'attendra. Cela nous a fait tellement plaisir de voir vos têtes effarées, appelons ça de l'humour nain... du Sud. Hahahaha! Non, franchement, vous ne nous faites pas peur femme sauvage. Par contre vous devriez apprendre quelques règles d'hygiène, à moins que cela ne soit inconnu dans votre village. Quelle insulte ce doit être, nous ne sommes pourtant pas spécialistes en ce domaine, mais vous me semblez plusieurs siècles en retard, en matière de médecine également. Dans quelle forêt habitiez-vous? Sans mentir, si votre magie se rapporte à votre talent de guérisseuse, alors vous devez être la plus mauvaise sorcière de ces bois.
Qu'à cela ne tienne...
Et puis vous, pédant chevalier, ravalez vos livres de lois, je parie même que vous n'avez jamais lu de votre vie, nous sommes ici en chasse, sous la protection du prévôt de la ville. Autre chose?
Sinon, mon nom est Lucullus, lieutenant de cette petite troupe de l'infanterie légère naine, à votre service. Soyez sans crainte guignol, nous vous prodiguerons de vrais soins à la fin de cette chasse, l'incompétence ne fait pas partie de nos défauts, contrairement à d'autres.
Eh bien? Qu'attendez-vous? En route! La bête n'attend pas!"

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Fjama
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mer 28 Mar 2012 - 11:26

Tout s’embraya fort rapidement par la suite. La patience, qualité certes louée mais faisant défaut à la demi, se réduisit l’espace des quelques paroles du nain à néant. A peine Lucullus eut-il terminé sa diatribe qu’un mur épais de flammes vint à roussir sa barbe et celles de ses braves ! Un cercle de feu dont la forte chaleur suffit à faire friser le poil et reculer d’un bon mètre par simple instinct de survie se dressa entre la fine équipe et l’escouade de gens de petites tailles. L’effet vicieux du sort milimétré et préparé depuis plusieurs minutes – elle n’avait nullement l’intention de tuer des inconnus – grimpait le long de armes et armures métalliques pour « échauder » un peu plus le caractère belliqueux de nos amis nains. Comprenez par-là que cette tentative n’avait que l’effet de faire d’un sauna de la sueur nanesque et les baigner dans une chaleureuse odeur faisandée ou de leur faire lâcher la garde de leurs armes.

Profitant de la panique qui ne manquerait pas de naître – gageons que les nains avaient suite à l’interlude Mogar quelques soucis avec les brasiers ayant réduit à peau de chagrin leur glorieuse civilisation – Fjama attrapa la main d’Elrick. Ainsi accompagnée de son valeureux allié, la métisse bouscula deux nains aux prises avec leur inconfortable situation après avoir déchiré dans le voile de flammes une ouverture pour ne pas cramer son camarade. Quant à Dandelo, libre à lui de suivre s’il le désirait, elle ne l’empêchait guère. Toute la hargne et la colère accumulée depuis le début de la traque n’était tourné que vers la bestiole. L’espoir de récolter de quoi renflouer sa bourse était plus forte que l’envie d’en découdre avec la nanesque plèbe.

Pas question de se laisser voler la vedette plus longtemps ! Pas question d’attendre sagement comme le désirait le détestable petit personnage ! Rien à foutre de son avis et ses acerbes commentaires ! L’or était là, à portée de main ! Alors, elle courut vers la source du tapage sans toutefois entraver le reste des mercenaires de tenter de se tailler la part belle à sa suite. On pouvait cracher allégrement sur le caractère merdique de l’almée, elle n’en restait pas moins assez loyale pour ne pas s’en prendre aux autres concurrents de la petite chasse. Enfin… elle n’irait pas jusqu’à les tuer. Elle n’avait fait que réagir pour ne pas perdre déjà la chasse.

Il ne faudrait que quelques minutes aux nains pour pouvoir reprendre en main leurs armes et calmer le coup de chaud. Alors elle continua à courir en entraînant Elrick jusqu’à déboucher là où une femme et un homme se tenaient dos à dos face à… un elfe.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 2 Avr 2012 - 16:40

Tout compte fait, l’autre nobliau n’était peut-être pas si pédant que ça. Il avait même été le seul à lui répondre, sans compter le hurlement qui déchira le silence quelques brèves secondes plus tard. Dandelo lui adressa un signe de tête, du genre « enchanté », alors qu’un nain reprenait la parole, et pas pour quelques mots. Le petiot déblatéra son charabia sans faire grande attention du caractère urgent de la situation. L’artiste se surprit même à se demander comment une aussi petite chose pouvait contenir assez de salive pour baver autant de mots.

Quand il s’arrêta finalement de baragouiner, le clown sentit comme un tremblement silencieux prêt de lui. Sa jolie infirmière devait être arrivée à bout de patience, et craignant un instant qu’elle ne tue tout le monde dans un déchaînement de magie – après tout ce qu’il lui était arrivé aujourd’hui plus rien ne l’aurait surpris – il tendit une main dans l’espoir de l’apaiser, sans toutefois savoir comment. Le processus échoua admirablement puisqu’en l’espace d’une seconde la troupe du petit peuple se trouva littéralement emmuré dans une prison de flammes. Admiratif devant cette maîtrise de l’élément dont il dépendait lui-aussi, Dandelo leva des yeux brillant vers la jeune femme qui s’était retournée…
… Vers Elrick, dont elle attrapa la main avant de filer au pas de course.

* Fichtre, songea le blessé en regardant le couple s’éloigner, j’aurais préféré qu’elle s’enchaîne à mes doigts !
- Deux dans la même journée ?
- Je deviens trop gourmand, hein ?
- Ça doit être ça, ouais.*

Voulant se relever, il lâcha un juron après s’être appuyé sur le mauvais bras, réveillant la douleur qui le lançait plus discrètement jusqu’alors. Il prit une grande inspiration, se dressa sur ses jambes et s’élança à la poursuite des deux autres zigotos. Et ils courraient vite ces deux-là, trop vite pour que notre homme puisse espérer les rattraper avant qu’ils ne s’arrêtent. Et pourtant, il ne se ménageait pas, loin de là. Dandelo courrait sans retenue, au détriment même de sa propre sécurité. Les branches volantes lui griffaient le visage et il manqua de se vautrer à maintes reprises. On aurait même pu se demander s’il sortirait indemne de cette simple course tant son achèvement semblait incertain. Et pourtant le saltimbanque finit par apercevoir les deux jeunes gens qu’il poursuivait, et arriva bientôt à leur hauteur.

« Eh, s’écria-t-il à bout de souffle, les amoureux ! »

Il fit encore quelques pas avant de s’arrêter, s’appuyant sur ses genoux pour reprendre son souffle.

« Vous auriez pu attendre l’infirme ! »


Comme personne ne releva sa plaisanterie il se décida à se redresser pour voir que le couple regardait dans la même direction. Suivant leur regard, Dandelo eut la joie de reconnaître Altiom et sa blonde avant que ses yeux ne glissent sur une troisième silhouette, à l’allure bien moins civilisée.
*C’est qui celui-là ?* se demanda-t-il en le détaillant. L’individu était sale, pire même, de mémoire il avait rarement vu quelqu’un d’aussi crasseux – et pourtant il avait croisé Alceste un peu plus tôt – mais ce qui retînt vraiment son attention, plus que sa tignasse rousse et que ses oreilles pointues, c’était le sang qui souillait sa bouche et le haut de son torse, comme si…

« C’EST TOI ?!
Hurla Dandelo, brusquement hors de lui. TU PENSAIS ME BOUFFER L’EPAULE ET T’EN TIRER COMME CA, SALE FILS DE PUTE ? »

Marchant d’un pas vif vers la créature tout t’en faisant pleuvoir sur elle une cascade injurieuse, il laissa sa magie l’envahir, prêt à transformer ce tas de chair boueux en une fleur sanguine habillant un sol calciné. Ils le voulaient vivant hein ? Il y a des gens qui vivent très bien sans leur bras. La transition est juste un peu douloureuse.
Il sentait les flammes prêtes à jaillir sur une petite impulsion de sa volonté. Ah la rousse avait fait une belle démonstration de ses talents tout à l’heure, et maintenant c’était à lui de l’épater. Il allait sauver tout le monde de la vilaine bête, séduire une minette de plus et accomplir sa vengeance. Finalement, tout allait pour le mieux.

Un sourire carnassier étirant son visage, il marchait vers la bête et lâcha d’une voix plus maîtrisée, alors même qu’il lançait son sort:

« Tu vas voir de quel bois je me chauaaAaAaAAAH ! »


La ceinture de fortune qu’il s’était noué à la taille quelques heures plutôt venait de se détacher, après avoir été desserrée lors de la course du magicien. Privé de cette attache, le pantalon déchiré du jeune homme venait de lui tomber sur les pieds, lui faisant un monumental croche-pattes. Bref, il venait de s’étaler de tout son long, de la manière la plus ridicule qui soit.

Mais avant même qu’il eut touché le sol, une série de détonations explosa et un chacun pu sentir la terre trembler légèrement avant qu’une légère onde de choc ne portent jusqu’au groupes, feuilles et branchages calcinés.
Perdant toute attention au moment de sa chute, Dandelo venait de libérer involontairement sa magie, entraînant de multiples explosions loin dans la forêt. Relevant doucement la tête, son regard se posa sur le type planté devant lui. Il n’avait même pas été égratigné.
*Oups*

Pas un seul de ses cheveux n’avait roussit. Des cheveux… Roux.
*C’est moi ou chaque personne rousse que j’ai croisée aujourd’hui s’est débrouillée pour me faire la fête ?*

Et maintenant, que pouvait-il arriver de pire ?
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Elandril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mer 4 Avr 2012 - 20:27




Ça y est. Il l'avait retrouvée, enfin. C'était jouissif de pouvoir observer la terreur sur son visage, sentir la peur animer son corps de geste fébriles. Lorsque le corps lourd de la bête s'écrasa sur celui de la femme-aux-cheveux-d'or, ils valsèrent tout deux dans le décor, sans autre forme de procès. Le sol dur et sec déchira la chair du visage de l'elfe mais celui-ci n'en avait cure. Cela ne rajoutait qu'un peu de sang à celui qui maquillait déjà sa tête. Il se releva un peu plus loin et reprit ses cercles concentriques autour de sa proie. Après l'attente qu'elle avait subie, la Bête comptait bien s'amuser avec sa souris. La faire souffrir puis lui donner l'espoir qu'elle ait une chance d'en échapper, puis l'abattre. Doucement. Lentement. Le sourire sur le visage presque enfantin de l'elfe s'étira un peu plus, dessinant une hideuse face diabolique et ensanglantée. Son dos ondula à la manière d'un serpent.

Quand la blonde se mit à parler, il ne comprit pas un mot du langage humain, bien entendu. Mais la Bête pouvait détailler le ton. Il était sans peur, déterminé et ferme, aussi étonnant soit-il. Les mots étaient aussi cinglants que des ordres, aussi secs que des injures. Mais pour elle, les mots étaient aussi vides que l'âme d'un bois mort. L'elfe sauvage sursauta presque lorsque l'autre homme prit à son tour la parole : il l'avait presque oublié. Celui-ci commença à s'adresser à la Bête avec des grands gestes ridicules qu'elle observa d'un air peu convaincu. Lorsqu'il eut cessé de l'importuner, la Bête replongea les yeux dans ceux de la baronne.

« Im gerin erdaer faeg andeith, heniach nîn ? Le a nîn nedh-Anaëh... Errîn ? Ebœnnin, ah hast. Ebœnnin maethad in edhil, drafad in galadh. Ù maeth, far maeth. Teli armaeth egor ten caruva erdaer naeg an men pain. »

La Bête tourna la tête, affolée. Elle connaissait ce langage et il éveillait en elle quelque chose … d'étrange. Comme un picotement dans sa tête. Comme un souvenir qui tentait de se creuser un passage dans cet amas nerveux de haine et de fureur. Bien que la folie la possédait, loin de la Symphonie, et qu'elle ne pouvait comprendre ces paroles, le langage d'Anaëh ranimait en elle la part elfique qui était bien trop enfouie en elle, suffisant pour déstabiliser la Bête un moment.

Alors, tout s'ensuivit beaucoup trop vite. Il y eut d'abord des éclats de voix incompréhensibles qui força l'elfe à se retourner pour se rendre compte que le groupe s'était agrandi et qu'ils étaient à présent plus de trois. Puis les flammes. Surgies de nulle part, elles éclatèrent dans les airs subitement. La lumière d'une flamme qui détonna à quelques centimètres de la Bête la fit sursauter et l'éblouit un moment. La terre se mit à trembler légèrement tandis que le feu commençait à surgir aléatoirement. La Bête vit des arbres bruler. Un éclair. Les plantes autrefois resplendissantes se ternissaient, défraichissaient. La cendre s'envolait dans les airs. Puis des hectares entiers prirent feu. Elle vit des sourires diaboliques. Des visages moqueurs qui valsaient au rythmes des flammes. La fumée créait un véritable rideau grisé, presque solide, qui l'empêchait de faire quoi que ce soit contre l'incendie. Bientôt, ce fut tout Anaëh qui brula sous les rires assourdissants des humains. La blonde jubilait. Les enfants criaient de joie…

Petit à petit, la magie crée par Dandelo s'immisça dans la folie de l'elfe. Des visions foudroyèrent ses yeux et sa tête fut emplie d'un tonnerre assourdissant. Les mercenaire ne surent si c'était la démence ou la peur des flammes qui le força à se recroqueviller mais la Bête finit par hurler de terreur, gigoter dans tous les sens. La magie nourrissait en quelque sorte sa crise, lui faisant revivre le Voile, la violence et la peur. Loin d'Anaëh, des arbres, de Kÿria, elle était perdue. C'était comme vivre l'effet inverse de la Symphonie. Une Symphonie corrompue et qui rendait fou…

Lorsque les détonations cessèrent, le corps de l'elfe se releva. La Bête fit face à la Blonde, une expression de haine indescriptible étalée sur sa face, puis sans réfléchir, sous la panique et la peur, s'élança maladroitement sur elle, prête à en découdre, à mordre ses chairs jusqu'à satisfaction et jusqu'à étendre sa soif sèche qui lui rongeait la gorge et l'âme...


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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 12 Avr 2012 - 20:55

    Le langage que baragouinait Altiom la laissa un instant incrédule. Pensait-il désarçonner l'animal fou en invoquant une langue aussi farfelue pour détourner son attention ? C'était là un stratagème aussi bancal qu'original, et rapidement la baronne saisit à la réaction de la Bête qu'il y avait dans ces termes incompréhensibles d'apparence un sens réel. Il lui échappait - ce qui ne lui plaisait pas forcément -, mais la phrase avait eu son petit effet, et l'elfe en était tout perturbé. Son regard vacilla un instant. C'était peut-être le bon moment pour ...

    Un craquement de branches les fit communément sursauter, interrompant ses pensées. Tour à tour, les voix se firent entendre, les présences se multiplièrent à leurs côtés, et la tension, loin de s'amoindrir ou de s'apaiser, s'accentuait par les notes de colère revanchardes qui sonnaient dans les bouches des nouveaux venus. La Louve put alors constater brièvement la blessure profonde du saltimbanque, son regard convolant à peine sur ses accompagnateurs dont l'allure dénotait.

    A quoi cela rimait-il ? Le clown se détacha du groupuscule, menaçant au possible. Et puis soudainement, une chaleur irréelle les surprit. Des flammèches pétaradaient, le sol vibra sous leurs pieds et un étrange grondement parcourut les racines forestières ; au loin, des crépitements inhabituels résonnaient en écho. La situation devenait critique, et si pour l'heure, la bizarrerie magique - car il ne pouvait s'agir là que de sortilèges - n'avait fait aucun dommage collatéral visible, le malaise qui trahit Dandelo ne présageait rien de bon.

    La distraction fut alors rapidement jetée aux oubliettes pour l'elfe, qui en avait assez d'attendre le bon vouloir de ces messieurs pour croquer la jeune femme.

    Lorsque l'être trapu fonça sur elle dans le but d'étancher sa faim, son corps bascula en arrière, et, n'ayant pas la vivacité suffisante pour l'esquiver, incapable de réprimer la force du choc, elle amortit sa chute comme elle put. Pour autant son épée arracha à l'animal un cri de douleur : et pour cause, la lame s'était abattue dans son flanc, l'arme étant restée fidèlement vissée à sa main qui ni ne tremblait ni n'hésitait. Sûrement mise en déroute par le flux magique et par la tournure imprévisible des évènements, les sens de la Chose avaient été floués. Pour autant, la blessure de l'Animal le rendait encore plus dangereux et fou de colère ; aussi ne devait-elle ni baisser sa garde, ni lui laisser le temps de reprendre le dessus plus vite qu'il ne le pourrait.

    Mis à mal pour le moment, l'elfe fou avait roulé non loin d'elle, la laissant pour le moment encore saine et sauve. Du moins le songea t-elle avant de sentir une tiédeur humide à sa cuisse. A cet endroit précis, la robe s'était parée d'un large éclat vermillon : la bête avait du enfoncer ses griffes puissantes dans la mêlée, et la douleur vive lui rappelait à présent que l'inattention était cher payée.

    Relevant un nez impérieux dans la direction des mercenaires en ignorant la plaie des plus lancinantes, la baronne aboya presque à leur adresse - ton compréhensible sous l'urgence de la menace, qui pour l'heure, les guettait finalement tous -.

    « Il serait peut-être temps d'agir ! »



(Désolée du retard à tous.)
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 29 Avr 2012 - 7:39

Oui, c'était ça! Il avait éveillé l'intérêt de l'elfe, il l'avait tiré pour un temps de sa rage aveugle! Maintenant il devait le garder le plus lucide possible, ne surtout pas le brusquer et-
- C’EST TOI ?! TU PENSAIS ME BOUFFER L’EPAULE ET T’EN TIRER COMME CA, SALE FILS DE PUTE ? Bon. Une fois de plus la technique diplomatique n'aura pas abouti. Enfin rien d'étonnant à cela, le dandy avait été sérieusement amoché. D'autres mercenaires commencèrent à affluer alentours, la situation était bien partie pour finir en queue de poisson.
- Non non non attends Dandy on vient juste d-
- Tu vas voir de quel bois je me chauaaAaAaAAAH ! Et voilà que le vengeur masqué offrait en sus de son sens inné de la théâtralité... l'avant-première de sa pièce en trois actes pour son trio favoris. Et pour fêter cela myriades de feux d'artifice! Feux d'artifices qui contre toute attente tétanisèrent le sylvain, octroyant un court répit à tout l'équipe, dont Altiom profita d'ailleurs pour glisser un énième commentaire inutile: eh Dandy on a déjà assez à faire avec une Beste, pas la peine de sortir la tienne!
Mais l'instant d'inattention suffit à l'elfe: en une seconde il renversait la baronne au sol, lacérait ses chairs et... se prenait une épée dans les côtes. Ah ça la petite avait de la ressource, c'était indéniable!
- Il serait peut-être temps d'agir ! Et du sang-froid! Sans trop réfléchir, souhaitant protéger la belle sans blesser la bête, le nobliau ne trouva rien de mieux que de charger épaules en avant. Pas plus gracieux qu'un taureau enragé, il percuta sa cible de plein fouet, mais dieux qu'elle était coriace! Impossible de la faire lâcher prise!
- M'enfin! Calme! Calme foutredieu! Deri, deri!! (Pas bouger, pas bouger!!) Dandy, si tu peux me refaire p'ter ces feux d'artifesse c'est vraiment de pas ref-UAÏE! Mais lâche, lâche mon bras veux-tu?! Sans autre solution à sa portée, le suderon n'eut d'autre choix que d'envoyer une vigoureuse châtaigne en plein sur la plaie récemment ouverte. Mais tel un sanglier blessé, le sylvain se révéla de fait encore plus dangereux sous le coup de la douleur! Au moins s'était-il momentanément détourné de Clélia.
- OUUAAÏE MA PAROLE IL EST EN TRAIN D'ME BOUFFER VIVANT!! vagit le lutteur en sentant le bestiau lui croquer les guiboles à pleines dents. Il passa tant bien que mal ses bras autour de son cou, serrant aussi fort que lui permettait son soudain afflux d'adrénaline pour tenter de lui faire perdre connaissance sans avoir à lui refaire le portrait.
- SAUTEZ-LUI DESSUS QU'Y PUISSE PLUS BOUGER!!
En pleine mêlée le combat était éreintant, acharné, incroyablement intense et douloureux: épique! Mais vu de l'extérieur la baronne, l'elfe et le nobliau, ces trois guignoles tout en sang, grognant, gémissant, souffletant et beuglant, à moitié couchés les uns sur les autres, donnaient plus dans le pathétique-cocasse qu'autre chose. Raison de plus pour mettre un terme à l'affrontement!

HRP:
 
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Elrick
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 29 Avr 2012 - 10:09

Finalement la situation avait vus un dénouement ardent alors que la pyromancienne laissait échapper le sort longuement préparé, au grand dam de la troupe du petit peuple. Si Elrick n'avait rien contre les nains, le chef de cette troupe était proprement insupportable et il n'eut aucun regret quant au geste de sa coéquipière. Celle-ci l'entraîna d'ailleurs à sa suite en lui attrapant la main et les rôles se retrouvèrent inversé. Il avait d'ailleurs un certain mal à suivre la magicienne colérique et manqua plus d'une fois trébuché sur une racine trop prononcée.
Ils arrivèrent bientôt à la lisière d'une clairière ou se déroulait un duel à trois avec à notre droite une femme et un homme, sans doute des mercenaires même si la première n'en avait guère l'allure, et à gauche la Bête en personne, qui comme précédemment supposé par le chevalier royal n'était pas plus Bête que Fjama ou lui. La réunion fut rapidement complétée par l'arrivée aussi soudaine que pittoresque de Dandelo, qui se lança dans une diatribe contre leur proie, avant de s'étaler au sol tout en lâchant un sort du plus bel effet qui donna un soudain coup de chaud à Elrick. Le nombre de mages au mètre carré s'élevait sans cesse.

Ce qui était étonnant, ce fut la réaction de la Bête. Elle se recroquevilla sur elle-même et semblait perdue, affolée. Elrick commença d'ailleurs à s'approcher, ne quittant pas l'ennemi des yeux. Il aurait sans doute pus se jeter directement dessus, mais vus ce que la Bête en question avait fait par le passé il n'était pas certain de vouloir tester sa force contre la sienne. Mais l'elfe se releva avant qu'Elrick ne soit arrivé et malgré une tentative pour essayer de l'attraper avec le filet qu'il traînait depuis le début -lequel s'échoua misérablement dans la boue, à moitié refermé sur lui-même, où se tenait l'elfe quelques secondes plus tôt- leur ennemi parvint à se jeter en avant avec une vivacité hors norme pour se jeter sur la femme qui ne se laissa pas démonter et réussit à le repousser.

Le chevalier perdit encore quelques précieuses secondes lorsqu'il marcha malencontreusement sur le filet au sol, tranchant les lanières qui le retenaient d'un coup d'épée, il n'avait pas de temps à perdre et de toute façon ce truc était déjà inutilisable. La mêlée avait encore changé, désormais le mercenaire qui semblait connaître Dandelo avait rejoint le combat et tentait de faire lâcher prise à la Bête sur sa jambe, en essayant vainement de l'étouffer.
L'enchevêtrement de corps était tellement confus qu'il voyait mal comment intervenir là-dedans. A moins que, le mercenaire semblait réussir à maintenir la tête de l'elfe à peu près immobile, entre sa jambe et ses bras qui lui enserraient le coup. Oui, il y avait peut-être quelque chose à tenter. Empoignant son épée à deux mains, le chevalier rejoignit en deux pas la mêlée pour abattre le plat de sa lame sur le visage de l'elfe. Bien sur, le tranchant aurait sans doute mis un terme à l'affrontement, mais on le lui demandait vivant, donc on faisait avec les moyens du bord.
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Elandril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 29 Avr 2012 - 11:35

La Bête rugit et s'écrasa sur la baronne. Mais cette dernière était bien plus en forme que l'elfe et paraissait beaucoup moins perturbée par l'effusion de flammes et de magie, tant et si bien qu'elle n'eut aucun mal à éviter les coups sauvages. Ce fut sa lame qui, dans la chute, saigna en premier le corps frêle et fou de l'elfe. L'acier entailla profondément les chairs et la Bête ne put réprimer un nouvel hurlement de rage. Elle s'écarta violemment de sa proie pour éviter d'autres éraflures. Le capharnaüm qui régnait l'empêchait de se concentrer. Des gens, des visages inconnus apparaissaient autour d'elle. Sa colère brouillait ses sens et rendait ses gestes stupides et maladroits. Sa main se porta à son flanc ensanglanté, qui avait été crevé par la lame. Le sang ruisselait à grosses goutes. L'animal porta ses doigts rougis à sa bouche, savourant l'arôme de son propre sang. Son regard enflammé de haine se plongea dans Celle-aux-cheveux-d'or.

Un instant après, il était à nouveau sur elle. D'un mouvement vif, elle ne put le voir s'approcher et il eut juste le temps d'attraper sa jambe avant qu'elle ne l'ôte. Ses griffes s'agrippèrent à la peau rosée, faisant perler doucement le sang qu'il rêvait de boire. Du liquide si précieux, de la vie qu'il voulait absolument... Cette vision redoubla sa frénésie et il approcha ses crocs pour rendre sa proie complètement hors d'état de fuir. Mais avant que sa langue ne savoura le goût de la jeune humaine, quelque chose le percuta violemment, en l'envoyant bouler un peu plus loin. Quelques lambeaux de chair étaient restés incrustés sous ses ongles sales, mais elle était déjà trop loin. La Bête se releva et eu à peine le temps de reconnaître l'homme qui l'avait attaqué qu'elle était déjà sur lui. Ses dents crevèrent la peau, déchirant tissus et cuir. Ses bras frappaient. Ses griffes lacéraient. Seule sa gueule émettait encore des halètements de fureur. Elle avait envie d'en finir vite. L'homme tenta de lui sauter dessus mais faute de pouvoir de rouer de coups, sa jambe immobilisée, il porta ses mains au cou de l'elfe et serra l'étau dans l'espoir de lui faire perdre connaissance. Le sang monta à la tête de l'animal mais il planta sa gueule dans le bras qui était en train de l'étouffer et se mit à ronger la viande crue.

Il y eut un reflet lumineux. L'éclat d'un acier. Puis un lourd objet froid s'écrasa sur le sommet du crâne de l'elfe. La Bête perdit connaissance en même moment qu'Altiom, un lambeau de chair de son poignet.

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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 7 Mai 2012 - 17:36

Ah la garce ne comprenait donc pas l'humour nain. Qu'à cela ne tienne! Maintenant il fallait que tous ces nains se débarrassent de ces flammes. Certains soufflaient sur leur doigts, d'autres sautaient comme de jeunes biquettes ou encore éventaient leurs camarade à l'aide d'une cape ou d'autre chose. Finalement le brasier ce calma et il en résulta plus de peur que de mal. Plus de sueur que de mal conviendrait mieux à la situation d'ailleurs. Mais les trois captifs en avaient profité pour se faire la malle. Quoi de plus normal. Et au moment où les nains se ressaisissaient, à quelques mètres de là, d'autres se débattaient avec la Beste. Le temps pour eux de se remettre d'aplomb et d'arriver au niveau des combats, la "Chose" était déjà à peu près maîtrisée et ils la vue qui leur était proposée donnait l’impression d'avoir un magma de corps enchevêtrés et sanguinolents en face de soi.
Comme pour mettre un terme à cette mascarade, le semblant de chevalier, prisonnier des nains quelques temps plus tôt, abattit sa lame sur le crâne de l'ignoble créature qui s'était défendu bec et ongles tout ce temps. Voilà que les choses étaient finies. Plus rien ne restait à faire pour eux les nains.
Lucullus et sa troupe s'étaient rapprochés de manière à former un arc de cercle autour de la scène de combat. Les protagonistes s'affalèrent sur l'herbe et les feuilles mortes, tandis que le lieutenant ordonna à l'intendance de ficeler le monstre.

"- Heureusement que j'ai dit que l'intendance suivra!"

Les petits guerriers donnèrent également les premiers soins aux glorieux combattants avec l'efficacité naine et non pas la charlatanerie de la pyromane. Certains devaient ne plus être capable de rentrer à Olysséa par leurs propres moyens malgré leur forme apparente, due uniquement à l'adrénaline. Ils se demandèrent donc si la construction de brancards de fortunes valait mieux que l'envoi d'estafettes rapides jusqu'au secours les plus proches. Ce fut là un grand débat qui se termina avec l'arrivée de quelques autres mercenaires inconnu. En bons nains zélés et avisés et baignant depuis l'enfance dans les instances bureaucratiques, il entreprirent de prendre le nom de chaque personne ici présente que l'intendant se chargea de noter sur un parchemin retraçant toute l'expédition à Olysséa. L'intendant faisait en effet office de chroniqueur également. Bien entendu des mercenaires se montraient quelque peu réticents à donner des informations sur eux à quelques nains fouineurs.
Une femme, à première vue courageuse dans le combat épique contre la Beste et sur qui cette dernière n'avait pas lésiné en griffures, ne paraissait pas à sa place dans cette forêt, entourée de rustres et autres vauriens. Mais Lucullus n'y prêta guère attention... A quoi bon alors qu'un spécimen unique se dressait sous ses yeux, une Chose qui aurait pu ressembler à un elfe, mais vraiment vaguement. Le lieutenant prit un morceau de bois et entreprit de toucher l'épiderme de la bête sauvage. Avec un peu de courage il mit le doigt, puis toute la man. Il commença alors une inspection minutieuse du spécimen, suivi de l'intendant qui griffonnait toujours. Lucullus ouvrit même les yeux de son cobaye, inspecta ses pupilles, ses oreilles, ses parties génitales. Etant donné la manière efficace, à la naine dont il était ficelé, à part les pieds (qu'il regarda également) il ne pouvait faire mieux. Il se conversa quelque temps avec l'intendant et quelques nains et annonça:

-"Camaraaaades! Tout porte à croire que ça... cerait un elfe. Je ne suis pas un spécialiste dans ce domaine, mais les quelques études d'anatomie que j'ai pu faire à l'école militaire de Diantra et à Lante avant cela, me laissent penser que c'est bel et bien un grand dadais à grandes oreilles. C'est en tout cas un beau spécimen. A faire examiner par des érudits!"

-"En effet!" rajouta l'intendant.
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mer 16 Mai 2012 - 20:22

    La douleur lui arracha un grognement de rage que sa gorge exulta comme un défouloir pitoyable en comparaison de ce que ses chairs éprouvaient. Son cœur battit comme jamais il n’avait pu jusqu’alors heurter sa poitrine, à lui en faire mal, alors que son corps s’agitait pour s’échapper, tremblant de fureur et de douleur. Alors que les crocs bestiaux narguaient sa jambe de porcelaine, la Bête … roula plusieurs mètres plus loin dans un nuage volatil de poussière.

    Il avait changé de proie, et s’attaquait maintenant à Altiom, qui avait agi de manière étrangement héroïque, ce qui était loin de déplaire à Clélia – sa jambe le remercierait plus tard -. Il n’y avait pas une minute à perdre ; tentant péniblement de se redresser pour achever l’animal – il n’était presque plus question de l’amener vivant sous les yeux de la foule -, la Louve fut doublée, et la Bête férocement assommée.

    Le calme qui s’en suivit était aussi déroutant que salutaire ; les respirations saccadées de la troupe de mercenaire fut d’abord le seul bruit qu’on entendit pendant un instant où chacun se dévisagea. Puis peu à peu, de petits hommes – des nains – se chargèrent d’isoler Altiom, Dandelo et ces autres étrangers qu’elle n’avait encore jamais vu – une flamboyante créature, un homme l’accompagnant – pour les soigner ou vérifier leur état. Plusieurs nains voulurent à son tour s’approcher d’elle et la soigner, gestes qu’elle repoussa inconsciemment, ses yeux fixant dans le vague la silhouette rapidement ligotée de l’elfe meurtri et engourdi.

    Etait-ce bien fini ?

    L’ouïe lui revint au lointain alors qu’elle percevait les bougonnements du nain le plus proche, et qui semblait aussi être le plus gradé. Accompagné d’un intendant prêt à tout relever, le regard d’encre de la Baronne saisit au vol le livret rempli de notes.

    « Ca suffit. »

    S’avançant jusqu’au scribe, interloqué, la femme profita de son étonnement passif pour s’emparer des écrits qu’elle jeta dans les flammèches encore ardentes qui brûlaient autour d’eux, restes incandescents des arts de la rouquine.

    « Je vous remercie infiniment du service que vous avez rendu aux terres olysséennes. Cet animal est maintenant hors de danger… Je vous demanderai donc de vous en tenir là, sur ordre de la baronne Clélia d’Olyssea. »

    Perplexes, les mercenaires pouvaient l’être. Grimaçant soudainement alors qu’elle voulut faire deux pas, la Louve déplora sa robe souillée de sang, et l’état de sa jambe. Alors qu’elle s’apprêtait à parler, un bruit étouffé se fit entendre, comme une série de démarches martiales qui s’empressaient de rejoindre la source de leur vacarme précédent.

    Débarquant des fourrés, la Garde Pourpre accourait au secours baronnial, après avoir été alertée par une gueuse – une catin au visage tuméfié et à la robe brunâtre - terrifiée, qui avait juré avoir vu la Bête de ses « prop’ yeux ».

    ---

    Ils étaient de retour.

    Accueillis sous les vivats de fascination et les jets de cailloux qu’on lançait à la cage de la Beste évanouie. « Mort ! Mort au Monstre ! » « Tuez-le ! », criait-on dans les venelles alors que le cortège paradait presque morbidement, dans une sobriété auditive surprenante. Chaque mercenaire avait été placé à l’arrière d’un cavalier de la Garde baronniale, Clélia occupant elle-même son propre destrier qui guidait le convoi vers la demeure de la dirigeante, là où ils recevraient chacun et chacune la récompense qui leur incombait. Pour leur bravoure et leur acte d’honneur.

    « Olyssea vous sera toujours reconnaissant de ce que vous avez fait. Pour eux, pour chaque victime. » La phrase du discours qui ponctua ces remerciements prompts – car ce fut sur la grand place de la ville que la diatribe de victoire de la baronne fut proclamé – fut accompagnée de nombreux cris d’ivresse. La Beste, elle, se dirigeait sûrement vers sa mort, disparaissant pour la dernière fois aux yeux de tous et toutes.

    Dans l’intimité, une fois la liesse du peuple quittée, les mercenaires et leur cortège arrivèrent à l’hôtel particulier baronnial. Entre les moulures fines, les cadres de feuilles d’or et les marbres divers, le détonnant spectacle d’une vingtaine de nains, d’une métisse rougeoyante, d’un saltimbanque, et de deux humains somme toute originaux malgré le commun des mortels était présidé par la baronne qu’on avait entre temps changé et soigné à la hâte.

    A chacun, fut remis or et paroles honorifiques – ces dernières étant vraisemblablement des vétilles pour ceux que l’appât du gain avait alléché, et félicitait maintenant agréablement bien -. Les dernières paroles de la jeune femme furent pour Altiom, ses prunelles marines se fichant dans les siennes.

    « Ma vie est sauve, grâce à vous. Je pense que rien ne pourra vraiment valoir ce que vous avez fait, mais je vous prie d’accepter mes plus sincères remerciements. »

    Esquissant une révérence presque impeccable – le mollet droit la titillait encore largement -, la baronne lui adressa un étrange simulacre de sourire, avant de quitter la haute salle. Les raccompagnant au dehors, les gardes laissèrent alors ces olibrius, glorieux vainqueurs pour un temps, festoyer leur victoire et savourer leurs butins plus que satisfaisants dans les tavernes les plus chaleureuses de la cité.



[Fin du RP et de la quête ! Un grand merci à vous tous pour cet event qui était notre premier. En dépit des retards, j’espère que vous aurez apprécié l’animation : D !]
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