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 Le tournoi de Laréor

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Le tournoi de Laréor   Jeu 13 Oct 2011 - 12:26

L’Isle Bigorne avait annoncé la fin de la guerre. Qui des deux seigneurs avaient appelé à des négociations ? Nul ne sait. Etait-ce pas lassitude ? Nous n’en savons rien. Tout ce qui était sûr, c’est qu’à Laréor, cette petite bourgade scylléenne de quelques milliers d’âmes, le comte de Scylla et la baronne de Merval s’étaient réunis pour les derniers détails du traité, qu’ils signèrent ici-même. On s’était d’ailleurs vite mis d’accord, car les exigences de la sorcière, une fois n’est pas coutume, n’était pas extravagante. En échange des prisonniers de la bataille de Port-Cinglant et d’un droit de passage dans les ports nelenites, Merval reconnaissant la souveraineté scylléenne sur l’archipel levantin ; proposition alléchante qui avait cependant été contrée par une demande d’alliance défensive en cas d’agression des possessions nelenites par un tiers. Ceci fait, on procéda à un échange de présents diplomatiques et, finalement, à un mariage entre deux des favoris des seigneurs, un petit vassal du comte et une dame d’atour de la baronne, afin que le traité soit scellé par du sang partagé.

Et c’était en l’honneur de ce mariage que les deux rivaux avaient organisé, à la va vite pour sûr, un petit tournoi improvisé au pied de Laréor. Les hérauts d’armes, quelques semaines auparavant, avaient annoncé la nouvelle où ils le purent en un temps si restreint, et malgré l’hiver, malgré les désolations de la guerre, les marchands les plus hardis, les chevaliers les plus proches et la populace la plus oisive avaient rejoint Laréor. La ville, une antique cité remontant aux invasions pharétanes, était un étrange pot-pourri des différentes influences qui touchèrent le comté. Autrefois collée à l’estuaire du fleuve de la Gavria, c’était un important port commercial, tant pour les navires fluviaux que maritimes. Laréor, d’ailleurs, signifie : celle qui arme, c’est-à-dire celle qui construit et fournit les bateaux. Mais peu à peu, Pharembourg redevint le centre névralgique du commerce comtal, et Laréor, inquiète pour sa sécurité, commença à se retirer de l’estuaire pour rejoindre la colline qui surplombait l’est de l’estuaire.

Ainsi, la bourgade se compose de ce qu’on appelle banalement la Ville-Haute, où se dresse un château de petite ampleur au milieu d’un labyrinthe de maisons à colombages hauts, pour certains, de quatre étages. En bas de cette première enceinte, la deuxième ville, la plus ancienne, celle de la population véritable : on y retrouve peu d’artisan de luxe, mais surtout du pêcheur, du vagabond, du soldat et, majoritairement, des ouvriers, ces centaines de ladres travaillant dans les chantiers navals. Cette zone de Laréor, appelée simplement le Port ou encore les quartiers pharétans, est certes plus aérée que Ville-Haute, ce qui ne l’empêche pas d’exhaler une odeur nauséabonde où se marient les senteurs des carcasses de poisson, de suie, de peaux d’animal, de bois pourri et de sciure panée aux déjections que la noble gent de Laréor jette du haut de leurs pénates.

Mais je digresse, car nous ne sommes pas là pour en apprendre plus sur la joyeuse Laréor, mais bien pour parler du tournoi qu’avait organisé le prince du sang en l’honneur de la fin de la guerre. Comme je disais, malgré le temps, qui pressa le marchand comme le chevalier, une foule afflua, et bientôt le bourg se gonfla de quelques milliers d’habitants de plus. Beaucoup de paysans des alentours, désoeuvrés dans l’hiver, avaient rejoint charbonnier, maçons et charpentiers sur les routes pour venir construire, dans les faubourgs de la ville, des maisons temporaires. L’urgence des ouvrages avaient rendu les maîtres d’œuvre imprudents et négligents, si bien que les bâtisses qui venaient fleurir aux abords de la route, le souffle du vent aurait pu les faire s’écrouler. Et pourtant, les nobles familles et les coteries de chevaliers ne pouvant loger chez l’habitant se les arrachèrent à prix d’or car, après tout, dans cet océan de carrioles et de tentes, il fallait bien se distinguer un peu, n’est-ce pas ?

Non loin de ce fatras de vie, de ce refuge pour reître, maréchaux-ferrants, merciers et autres filous, on avait installé le berfrois, où devait loger la noble assemblée pendant les tours de lice, et, on s’en doute, la barrière où devraient s’affronter les différents jouteurs. On avait décidé d’organiser, du moins officiellement, deux épreuves : les joutes et le pas du Calice. Les joutes étaient organisées comme le tournoi royal, à un point près : il avait lieu au nom de la reine d’honneur et de beauté. Les tournoyeurs tournoieraient alors pour atteindre l’ultime joute contre le champion que la reine désignerait. Le vainqueur déciderait alors s’il laisse à la reine son titre, ou s’il l’octroie à la dame dont il portait les faveurs. Bien entendu, combattre pour une dame est une chose honorable, mais beaucoup des chevaliers regroupés ici pensaient plutôt à la récompense du vainqueur du tournoi ainsi qu’aux armes que le vaincu devait au chevalier qui l’aurait mis à terre.

Le pas du Calice était encore autre chose. Il s’agissait de combattre pour le Calice, symbole de Néera, en l’occurrence, un imposant ciboire d’or serti de pierreries semi-précieuses. Les tenans, les chevaliers défendant le Calice, de un à cinq, défendraient le gué d’un ruisseau où les venans, de un à cinq eux aussi, tenteraient de dérober le ciboire.
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Jeanne de Sephren
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Ven 14 Oct 2011 - 0:14

Une fois n’est pas coutume, Jeanne goûta particulièrement au trajet à la menant jusqu’à Laréor. Les raisons, bien que nombreuses, résidaient principalement dans le soulagement de voir le conflit entre ses deux vassaux se terminer avec des pertes raisonnables et un accord aussi admirablement scellé. Puis la présence de Guiche - son frère de lait, fils du Vicomte de Tall – constituait l’autre aspect agréable de ce voyage. De fait de leurs nouvelles obligations, le temps passé ensemble revêtait une importance toute particulière. Malgré les relents de mauvaise humeur du jeune homme à cause de sa non-participation aux joutes – une blessure récente reçue lors d’une échauffourée entre Albino et Del Lughi où il fut pris à partie – la joie de se retrouver ensemble suffisait à éclairer le morne périple sur les landes transies de froid.

La vision du port scintillant d’un début d’après-midi d’hiver, les toits des quartiers pharétans fit se bousculer aux fenêtres du carrosse les deux protégés de Guilhem. Redevenus enfants l’espace d’un instant, le haut-lignage céda rapidement sa place à la faveur des assauts en force du jeune chevalier. Une fourbe morsure ducale plus tard – hargneuse la petite Jeanne – Guiche se voyait dans l’obligation de reprendre son rang de vassal pour que l’auguste séant de la duchesse puisse prendre place sur ses genoux et mirer à son aise l’architecture héritée de l’envahisseur. Férue d’histoire, elle lui expliqua alors brièvement la raison de cette cassure entre la Haute-Ville et le Port.

Le cortège ducal se dirigea vers le château. Les jeunes gens reprirent alors la contenance seyant à leur rang. Lorsque l’on déboucha dans la cour de l’édifice, Guiche aida naturellement la duchesse à sortir du carrosse. Convenu qu’il assurerait la sécurité rapprochée de sa souveraine, il se plaça deux pas derrière elle alors qu’elle saluait le maitre des lieux et le comte trublion. Malgré la fraîcheur de leur dernière rencontre, Jeanne se para de son plus charmant sourire pour féliciter Aetius pour la sagesse dont il avait fait preuve pour résoudre le conflitle et lui assura qu’elle se réjouissait d’assister au tournoi. Avec un intérêt non-feint, elle lui demanda également s’il participerait. Car si le personnage lui était détestable, elle n’ignorait pas qu’il faisait montre de moult adresse lors du combat. Cette facette-là de l’Ivrey l’attirait d’avantage que toutes ses pitreries et ses palabres de séducteur acharné.

Puis, elle gagna les appartements attribués afin de s’y délasser dans l’attente des festivités.
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Nandita Tellus
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Sam 15 Oct 2011 - 12:15


    Laréor, cité portuaire du comté de Scylla, montrait la pleine force de l'hiver du pays. Les vents soufflaient forts ce jour là et la neige roulait le long des chemins de terre verglacés. La mer ne semblait pas en calme et l'embrun volait à l'intérieur des terres rendant les tissus poisseux et malodorants. Les mouettes n'étaient pas en reste et cherchaient le poisson faible pouvant venir s'écraser sur les berges, ces oiseaux des côtes ballotés par les longues rafales de vent semblaient ressentir la faim bien plus que le danger du temps approchant.

      - "Et dire que le vieux bonhomme m'avait dit qu'il ferrait un temps magnifique..."

    La jeune sang-mêlée continua de ronchonner dans son châle qu'elle essayait de garder sur les épaules pour la protéger du froid. Ce vieux morceau de torchon contrastait avec sa robe, mais en ces temps froids et humides d'hiver même son sang qui était plus chaud que celui d'une humaine ne lui permettait pas d'éviter les engelures. Elle était donc très reconnaissante envers la vielle voisine de son échoppe qui lui avait prêté cet habit en l'entendant parler de sa sortie.
    Quant à son mari c'était bien autre chose... Le vieux crouton pouvait être bien désagréable et divaguait la plupart du temps. Mais lors de ses brefs instants de lucidité il pouvait être une compagnie très intéressante, il connaissait tellement de choses sur le monde qu'on aurait pu croire qu'il avait vécu plusieurs vies. Nandita espérait qu'il fasse meilleur à Diantra et que le vieux couple n'avait pas froid, bien que particulièrement envahissants ils étaient comme une seconde famille pour elle depuis la mort de son père. Mais avant toute chose elle priait que le soleil montre le bout de son nez...

    De nombreux badauds sillonnaient les chemins rejoignant ce tournoi pour célébrer la fin de la guerre. L'ensemble était pour le moins hétéroclite, on y retrouvait de nobles personnalités accompagnés de leurs servants, de chevaliers venant trouver l'honneur et le combat, des marchands espérant trouver le sou en écoulant leur marchandise, les fermiers et poissonniers de la région qui se retrouvaient sans occupation durant l'hiver et venaient admirer les joutes, et jusqu'aux mendiants espérant récolter quelques pièces.
    La demi-elfe franchi la porte de la vieille ville surplombant le port dont les effluves envahissaient les rues et promettaient mille merveilles aux êtres vivants. Elle venait pour voir le tournoi mais espérait par la même occasion rencontrer des marchands avec qui elle pourrait faire affaire et ainsi remplir ses stocks de matières premières.
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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mar 25 Oct 2011 - 8:04

-Inscrit donc le nom du gagnant veut-tu ! Oui, mon nom, celui de Glenn Hereon ! »

Le scribe hésita un instant avant d’inscrire le nom de Glenn. Ce dernier, accompagné de cinq de ses compagnons, reconnaissables grâce à leur cape rouge, avait délibérément doublé toute la file de guerriers et rustres en tout genre qui désiraient eux aussi s’inscrire pour participer au tournoi. Symbolisant la réconciliation entre Scylla et Merval, Glenn avait décidé d’y participer. D’autant plus qu’une épreuve assez inédite avait attiré son attention : le pas du Calice. S’il n’était pas sûr de remporter le tournoi, il était certain de remporter cette deuxième épreuve, accompagné de ses compagnons si nécessaire. Bref, une occasion de remporter argent, gloire et honneur. Le scribe regarda donc avec insistance le garde Scyllien qui était censé assurer l’ordre devant la table des inscriptions. Le garde, un vétéran endurci, osa enfin prendre la parole. Il faut dire que la présence des colosses rouge ne le rassurait pas du tout :

-Messieurs, il me semble que cette dame et son groupe étaient là avant vous, je vous prie donc d’attendre calmement à la fin de là… »

Une voix féminine coupa le garde avant qu’il termine sa phrase :

-Non, ce n’est pas grave, laissez. On ne va pas faire des histoires à peine arrivé, hein Glenn ? »

Au dernier mot prononcé, les centaures tressaillirent : seul les lieutenants avaient le droit d’appeler leur chef par son prénom, comment cette inconnue avait osé, elle qui prétendait ne pas vouloir faire d’histoires ? Glenn se retourna promptement et fixa l’inconnue. Elle paraissait d’une vingtaine d’années, une longue chevelure blonde lui descendait jusqu’aux épaules… Une jolie créature certes. Mais on pouvait aussi constater son armure de cuir et sa panoplie d’armes en tous genres : une épée longue dans le dos, une série de couteaux de lancer à la place de la ceinture et plusieurs dagues dissimulées un peu partout… Une fois son inspection faite, Glenn poussa un cri de surprise :

-Merissa ? Mais comment est-ce possible ?

-Ah, j’avais peur que tu ne me reconnaisses pas… »

Merissa était la jeune sœur d’Adin, le chef d’une ancienne compagnie de mercenaire. Glenn entra dans cette compagnie de suite après son départ précipité de son village natal. Il resta dans cette troupe pendant 5 ans avant de rejoindre l’armée de Serramire. Il y serait resté éternellement si Adin n’avait pas trouvé la mort, car entre temps il était devenu son meilleur ami, bien que beaucoup plus vieux que lui… Merissa et Glenn avaient le même âge, ils étaient donc passé de l’adolescence à l’âge adulte ensemble et ils développèrent une relation plutôt intime… Mais suite à leur énième dispute provoquée par la mort d’Adin, Glenn préféra stopper cette romance en quittant brusquement la compagnie. Bref, 3 ans qu’ils ne s’étaient pas revus…

-Comment aurais-je pu oublier ton visage ? Je m’attendais à ne plus te revoir…

-Et moi donc ! On m’a dit que tu étais mort ! Si je n’avais pas entendu ta voix je ne t’aurai pas reconnu, tu as pris un sacré coup de vieux !

-Tu me sous-estime… Non, c’est toi qui es restée jeune !

Le garde osa une fois de plus ouvrir la bouche
-Vous discuterez plus tard, vous gênez tout le monde ! Inscrivez-vous puis partez ! »

Glenn adressa un regard noir au garde, qui ne desserra pas les dents pour autant. Merissa lui demanda de la retrouver à l’auberge du fer rouge, là où elle avait une chambre. Quelle coïncidence, Glenn avait aussi réservé dans cet établissement… Une fois que le scribe finit de noter le nom de Glenn pour les joutes et ceux des autres centaures pour le pas du calice, Glenn adressa un sourire à Merissa et partit en direction de l’auberge, suivi de ses mercenaires. Il allait avoir une longue discussion avec son ancienne compagne. Elle avait à coup sûr pris la suite d’Adin…. Les Centaures avaient donc une alliance à leur proposer…



Dernière édition par Glenn Hereon le Ven 18 Mai 2012 - 15:17, édité 1 fois
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mar 25 Oct 2011 - 19:23

Enfin, après ce Voile, ces guerres et tous ces troubles qui agitaient la Péninsule, venait enfin l'heure des réjouissances! Du noble pédant au soiffard en mal de logement, en passant naturellement par la clique de marchands grassouillets et autres bourgeois essayant vainement de venir péter plus haut que leur cul, Laréor étalait là tout ce que la société avait à offrir... en bien ou en mal. Oh bien sûr paix ou pas, on ne coupait pas aux habituels clivages: les sang bleu au chaud, les autres dehors à bleuir de froid (ce qui compensera me direz-vous).
Et parmi la populace grouillante quatre individus, aussi burlesques que débraillés, avançaient d'un pas sûr, impérieux, conquérant, comme si le monde leur appartenait, la mine réjouie, l’œil vif, parlant fort et rugissant de rire!

- (...) donc là, après avoir mé-tho-di-que-ment pourri le moindre goguenot d'Pharembourg, y'a ce bouffon d'garde qui vient nous voir "hooay bah finalement n'a pas b'soin de vous, la guerre est finie zou rent' chez ta mère"!!! conta Halvdan en réprimant difficilement le puissant rire qui montait dans sa poitrine.
- Et ainsi la Glorieuse Force des Coalisés livra-t-elle sa dernière bataille... contre les Saint-Chiottes de la Grande Cité de la Côte de Sel, déclama avec une emphase surampoulée Altiom, son regard (faussement empli d'admiration devant les prouesses de sa troupe) levé au ciel.
- Quoiqu'il nous faille ayouter qu'Aalnis dè Daubè-Panse aula youé dans cè conflit oun rôle d'importancè capitale! renchérit Alaric.
- Et comment! Dire que sans son énorme bourde, louée soit-elle, nous n'aurions ni perdu la moitié de nos troupes, ni goûté à cette mémorable expérience qu'est la fièvre nelenite!
- POUAHAHAHAHAHAHAHAHA!!!! beugla sans retenue Gildebert, s'octroyant moult œillades contrariées du badaud lambda qui maraudait dans les rues en cette fraîche matinée, avant de reprendre sur le ton de la plaisanterie: MAIS BANDE D'ENFLURES VOUS M'AVEZ FAIT LOUPER ÇA POUR GARDER VOS FICHUS COFFRES?!!!
Oui, une belle équipée assurément qui déambulait de-ci de-là sur les pavés humides de Laréor! Mais si elle manquait à l'évidence de courtoisie ou autre sens des civilités, elle n'était pas dépourvue de but. Premièrement, et c'était lui qui surpassait tous les autres: s'amuser, s'éclater, se bidonner, se fendre la poire, se taper le cul par terre en bref. Ensuite, si le divertissement était à l'honneur, une note de professionnalisme venait malgré tout teinter l'ambiance: le jeu des alliances. L'Ydrilote comptait bien trouver quelque compagnie, guilde ou tout autre groupuscule indépendant auquel il pourrait joindre forces et desseins! Il fallait toujours garder quelques opportunités de truculentes bastonnades et autres joyeux étripages sous la main, histoire de contenter la troupe lorsqu'elle commençait à tourner en rond (Nelen ne regorgeant pas d'attractions aptes à sustenter sa bande d’espiègles reîtres). Chemin faisant, la petite clique continua de déballer son lot d'anecdotes croustillantes et de blagounettes salaces (attendant la soirée pour entonner quelque chanson grivoise).

Sur ces entrefaites le quatuor sans corde déboula dans un poste d'inscription, il y avait foule et l'attente se faisait latente. Un rapide regard de l'un à l'autre: on attend? Haussements d'épaules des trois autres (= pour quoi faire?) Bon ben... on attend pas. Et l'on se fraya son chemin à grand renfort de coudes, de "s'cusez j'suis pressé" ou de "tu la vois celle-là? T'VEUX T'LA MANGER EN PLEINE FACE?! Non? Bah dégage!" (remercions d'ailleurs Halvdan pour la dernière variante). Quoi qu'il en soit, sans plus de mal qu'une floppée de "HOOOÉÉÉÉ!" et deux ou trois "gros bâtard" patauds, l'entreprise se vit couronnée de succès.
- Holà mon brave, nous souhaiterions nous inscrire pour le tournoi!
- Comme tout l'monde ici quoi, voulez faire quelles épreuves? Tournoi, Pas du Calice? Devant la moue intriguée du nobliau le garde daigna expliquer brièvement l'intérêt de l'histoire.
- Oh, je vois. Et bien inscrivez-moi dans le Pas.
- Pareil.
- Idem.
- Et yé vais postùler au toulnoi per favore.
- Huin? Qu'est-ce qui baragouine c't'oiseau?
- Il souhaiterait participer au tournoi tout simplement.
- Bah qu'il essaie d'parler comme nous'aut' si y veut s'faire comprendre l'Ydrilote de mes deux.
- MA...?! VA FA'N CULO FROCIO! tonna le suderon.
- Quoa?
- Oh rien il dit que vous... avez du culot!
- Hmgn... bon, vos noms, pas qu'ça à fout'. Le bougon personnage griffonna ensuite sur son vélin les appellations données avant de grogner un "suivant" dédaigneux.
La petite équipe sortit alors de l'endroit, encore hilare de la scène, quand le voyageur aperçut un pimpant blondinet tout engoncé dans son armure d'apparat, cheveux au vent -aurait-il eu une jaquette qu'elle aurait flotté dirons les mauvaises langues-:
HAHA! Mais que la fièvre d'outre-mer me gagne si ne voilà pas le Chevalier à l’Étron d'Airain! Gloire! Gloire! Et posant ironiquement genou à terre, il héla la foule et ses compagnons: PROSTERNEZ-VOUS, PLEUTRES!, PROSTERNEZ-VOUS DEVANT LE GRAND FLATULEUR DE NELEN! Simulant un profond respect au nouvel arrivant, ceux-ci s'exécutèrent le regard au sol, devant un attroupement de citoyens et futurs jouteurs mi-rigolard mi-méprisant. Aaaah, ce cher Ninis! Quel bon vent gastrique t'amène?

HRP:
 
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Aarnis d'Ack
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mar 25 Oct 2011 - 20:14

En voyant la foule se prosterner devant lui par effet de "moutonisme" Aarnis eut un sentiment mitigé entre la fierté et une sorte de honte acceptée. Il opta pour la première solution et se pavana donc devant les badauds et Altiom agenouillés :

- Ce n'est que trop d'honneurs, commença-t-il avec emphase descendant de son cheval, et relevez vous ou vous allez sentir mes chausses, ce que personnellement je vous déconseille étant donnée mon incapacité à contrôler mon sphincter anal.

Cette phrase déclencha, allez savoir pourquoi, l'hilarité des quatre compères. Les pécores présents partirent aussi d'un rire vide parce qu'ils ne comprenaient rien... mais bon ils rigolaient quand même.

Aarnis continua dans son rôle de chevalier hautain et remonta les rangs de la foule hilare mais néanmoins toujours agenouillée, et repartit en arrière se ravisant. Il prit alors Halvdan par le colbac et lui tint à peu près ce langage :


- D'où tu rigoles toi? D'où? hein? hein? HEIN? MMEEUUUUAARRRRRRRRR.

La stupeur frappa alors la foule qui s'arrêta alors de rire instantanément... laissant place au rire clair et incontrôlable d'une seule et même personne, le blondinet aux étrons d'airain. Ce rire était tellement puissant que le chevalier a sûrement du se casser une côte au cours de cette séquence mémorable.

Le rire de la foule reprit plus saccadé et nerveux cependant.

Aarnis reprit ses esprits et se dirigea vers le représentant de l'organisation du tournoi médusé et apeuré, s'accouda nonchalamment au "comptoir"et s'adressa à lui :


- Dites moi mon pas brave, pourriez vous m'inscrire au Pas du Calice dans la même équipe que ces joyeux drilles là bas? fit-il d'un des tons les plus insultants qui puissent exister désignant Altiom et ses trois compères du pouce (le ton étant destiné au responsable pas à Altiom et ses amis). Merci, termina-t-il d'un ton qui voulait à peu près dire "de toutes façons même si tu veux pas tu le feras".

Il s'éloigna du stand, fit peur a quelques villageois, fit mouiller quelques villageoises avec son regard spécial "temps humide" et arrivant au niveau d'Altiom passa son bras autour des épaules de ce dernier et lui fit la proposition suivante :


- Viens on brûle une taverne.


Dernière édition par Aarnis d'Ack le Mer 16 Nov 2011 - 17:46, édité 2 fois
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mer 2 Nov 2011 - 20:26

Hrp :
Spoiler:
 

Il venait de croquer à pleines dents dans une pomme bien verte dont le jus dégoulina sur son menton. Il essuya d’un revers de main le suc de ce fruit qu’il trouvait délicieux avant de mâcher sa bouchée tout en se gaussant. Voila quelques jours que Vincente était arrivé au château de Laréor et la vie y était ma foi bien agréable. Il n’était que Vicomte et de plus, noble d’une autre contrée mais en tant que " conseiller " du prince de sang et vu le rôle qu’il eut joué dans " l’entreprise Nelen" , il s’était vu offert une place avec le gratin Langecin. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il était bien à son aise dans ce petit bastion : le vin était bon, les draps du lit bien propres et les courtisanes enclines à de nouvelles expériences. Voila pourquoi par une matinée plutôt douce pour la saison, Manolesti se bidonnait dans sa literie pomme à la main, jolie brin de fille dans l’autre et fier chapeau à plume sur la tête.

La damoiselle qui minaudait tout en traçant quelques arabesques sur le torse puissant de notre protagoniste demanda :

" Quel est l’objet de votre humeur mon sieur ?

- Oh c’est sans doute dû à vos cris de cette nuit ou encore les positions qui vous avez prises. Dit Manolesti d’un air taquin

- Voyons messer…dit la jeune femme. d’un air mi-offusqué mi-troublé, la rongeur de ses joues évoquant la gêne de paroles si cru de son intimité.

- Ahaharh, ne vous inquiétez ma dame je ne disais cela que pour vous chiner, un gentilhomme tel que moi gardera le secret de nos ébats. Non, si je suis de bonne humeur c’est parce que le tournoi du comte de Scylla prend forme et qu’il me tarde d’y assister; n’est-ce pas Bash ? "

La plantureuse amante se demanda un instant à qui s’adressait la question puis sursauta lorsqu’elle vit à travers les rideaux du lit une silhouette massive qui se tenait près de la porte. Vincente amusait de la détresse de la gourgandine la rassura :

Ne vous inquiétez pas ma chère, il n’est là que pour notre sécurité. Il apostropha l’homme dans un dialecte tout en claquement de langues et sons gutturaux et le garde du corps après un grognement sorti. Il revint quelques minutes plus tard, lorsque la belle eu quitté les bras du vicomte avec un empressement qui signifiait que la vision du zurthan l’avait quelque peu secoué. Quant à Manolesti, ce dernier était assis dans un fauteuil, vêtu de ses chausses et fumant la pipe. Il ne considéra pas Bash mais sentait que l’homme en avait marre de jouer le frisson exotique afin que le pirate n’est point à congédier trop rapidement la dame qui partageait son lit.

" Je sais Bash, je sais, mais que veux-tu je ne suis pas un goujat. " Dit l’homme en souriant " Ne pensons plus à ça, je nous aie inscrit pour le tournoi, pour moi la lice et pour nous le calice. " Il regarda son bras où la vipère noire entrelacée le calice-vieux souvenir-de Néera " Tu ne trouves pas qu’il me revient de droit ? " Le massif zurthan sourit.

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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mer 16 Nov 2011 - 17:14

    Bien avant que le Tournoi ne débute, la Baronne avait fait route, accompagnée de sa famille, jusqu'au Comté de Scylla. Des affaires sommaires mais quelque peu urgente, malgré tout, l'avaient appelées à se rendre au sein de cette Villa, propriété du Comte, perdue en plein sud scylléen. Ce lieu reculé avait amené à bien des discussions mais aussi de belles retrouvailles entre cousin et cousine, sans parler de son oncle. Les diverses préoccupations réglées, tous étaient repartis en direction de Laéror, ville portuaire, où se déroulait ledit tournoi. Le Sire Raymond d'Ancenis n'en était que trop impatient et sa fougue d'antan resurgit en histoire passionnée de batailles et de combats lors desquels il avait mainte fois prouvé sa valeur à la lame ainsi qu'en tant que stratège. Nul doute que Blanche avait entendu déjà des dizaines de fois ces récits qu'elle connaissait pratiquement par cœur à l'heure actuelle et qui l'ennuyait quelque peu.

    La Baronne avait négocié sa montée à cheval lors du trajet, préférant le cuir de sa selle au velours confortable des banquettes des carrosses. Elle n'était pas contre une chevauchée malgré ce vent glacé qui lui fouettait ses joues rougies et ébouriffait sa chevelure obsidienne. Cependant, le contrat était tel qu'elle devait retrouver sa calèche à hauteur des environs de Laéror afin d'éviter quelques rumeurs et racontars au sujet de ses bienséances. Les apparats nobles seraient aussi de rigueur.

    En cours de chemin, le Sire Raymond fit arrêter le cortège, sommant sa fille de retrouver son rôle de Baronne. Laéror était en vue. Sans rechigner mais avec sa froideur naturelle, Blanche d'Hautval descendit de son destrier et rejoignit son coche attitré dans lequel, elle ne tarda pas à se changer. Sur ce petit intermède, la suite reprit la route. Déjà, les chevaux pénétraient les rues de la ville se dirigeant vers l'endroit assigné au noble bien qu'elle séjournerait avec sa famille, sans doute, non loin des appartements du Comte.
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Loss Tarot
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Jeu 17 Nov 2011 - 14:33

Assis avec le peuple tout en restant indifférent à l'excitation montante et aux beuglements bovins autours de lui, Loss observait la loge de son regard sans vie, son bâton de marche calé sur l'épaule en attendant le départ imminent des joutes...Compétition dont il se fichait éperdument pour ainsi dire...En effet, le mage ne se trouvait à Laréor uniquement afin d'avoir l'opportunité de rencontrer le seigneur du comté. Il commençait d'ailleurs à réfléchir de quelle manière il allait l'aborder puisque notre compagnon à la joie constante douta que l'on laisse une personne d'aussi basse extraction que lui entrer en contact avec le gratin local, d'autant que la dite extraction avait été jetée aux ordures sept ans plus tôt. Enfin, si l'objectif de Tarot consistant à demander l'entretient du grand seigneur moyennant "services" échouait, notre ami pourrait toujours essayer chez l'un de ses vassaux, solution plus raisonnable, sans doute moins confortable, mais dont les chances de réussites (et par conséquent les chances de ne pas se faire mettre dehors à grand coup de pied dans le fondement) étant sans doute plus élevées auprès d'eux...

Si Loss allait directement voir le grand patron du fief, c'était uniquement parce que l'unique chariot ayant bien voulu le transporter contre quelques uns de ses onguents cheminait vers ce maudit tournoi dont la foule commençait à exaspérer notre principal protagoniste: non pas qu'il soit agoraphobe, mais le bruyant environnant l'empêchait d'effectuer son quota minimal de sommeil...Sacrilège impardonnable et outrage manifesté par un profond soupir...

"...Cruelle destinée"

Ainsi, le mage comptait attendre la fin de la première journée de jeu assis paresseusement sur les étais de bois tout en regardant des pauvres bougres plus bêtes les uns que les autres se mettre joyeusement sur la figure afin de prouver leur virilité au fatras de dames empoudrées présentes sur les lieux...Occupation oh combien inintéressante, mais qui avait le mérite de ne pas requérir un quelconque effort physique en plus de ne pas trop perturber le petit confort de notre ami: en effet l'hiver local était autrement plus doux que celui d'Oësgard auquel il avait l'habitude, ajouté à cela le fait que le froid n'effectuait pour ainsi dire aucune prise sur lui au vu de ses "aptitudes" Loss pouvait s'assoupir tranquillement...Du moins si la voix éraillée et insupportable de son voisin de banc cessait de lui beugler dans les oreilles...

Dans tous les cas, le nordique pessimiste jugea que le meilleur moment pour espérer intercepter le comte de Scylla sans se faire émasculer par la garde serait la fin de l'imminente et ennuyante joute, dans la cohue générale qui suivrait la sortie de lice...Il pourrait alors lui exposer ses requêtes et les éventuels mais toutefois bien incertains avantages que le prince de sang en retirerait...
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Cyric
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Ven 25 Nov 2011 - 14:21

    Evincés entre deux oreilles rouges et trônant au-dessus d'une truffe humide, les yeux du ribaud découvraient finalement le sujet aux principales discussions qu'entretenaient la populace depuis presque cent lieues. Le tournoi de Laréor annonçait, de manière officielle, la fin d'une guerre dont Cyric ignorait jusqu'à l'existence avant de pénétrer en terres humaines.

    Les circonstances qui avaient poussé la sorcière mervaloise à lever les armes contre le seigneur d'Ivrey lui restaient obscures, même s'il devait avouer ne pas y avoir prêter forte attention. Les affures ne le concernant point ne l'intéressaient point, une façon de penser primitive mais sienne depuis toujours. Aetius vivait, c'était la seule chose importante pour l'heure.
    Car le Walfen n'avait pas quitté le royaume des songes pour revenir patauger parmi les porcs et entendre dire que l'unique but de son voyage était enterré six pieds sous terre. Ce comte représentait l'unique noble à avoir un jour côtoyé de près notre surineur. Si les dieux ne dédaignaient poser leur regard sur la jacquerie, peut-être se montraient-ils plus réceptifs à l'appel d'un homme habité par le même fluide rubicond que celui des Rois, enfant illégitime de la lignée souveraine.
    En y repensant, son plan semblait posséder quelques failles, chevaucher jusqu'en Scylla, la hargne au ventre, pour venir quémander l'aide d'un homme qu'aucune amitié ni code d'honneur ne rattachaient au ribaud. L'on pouvait parler d'un certains lien du sang, pas le leur certes, mais celui qu'ils firent couler un crépuscule en Saint Ripolin. Cette histoire épique ne faisait pas d'eux des frères, ni même des compagnons, ils avaient simplement abaissé leur glaive du même côté. Pourtant, Cyric ne cherchait pas à rendre l'idée moins ridicule qu'elle n'était, une sombre certitude grouillait au sein de sa petite caboche. Depuis son départ d'Anaeh, sa rage n'avait fait que grandir alors que les galops de son canasson le rapprochaient inlassablement des côtes de Sel. Cette haine le rendait indolore au mépris d'y perdre la raison, les émotions s'effaçaient lentement, ne rendant que plus présent cette envie d'explosion. Cogner, massacrer, tuer, se faire cogner, se faire massacrer, se faire tuer, chacune de ces idées semblaient assez bonnes pour dissiper le mal qui rongeait son être depuis qu'il avait quitté la marquise, cette elfe maudite, Joy Livian.

    La chaleur s'échappait d'entre ses lèvres, prenant forme d'une fumée volatile, son souffle écourté par ce froid hivernal venu percer ses pauvres habits. Le temps des contemplations terminé, l'ancien sicaire talonna les flancs de son destrier puis s'enfonça dans la marée pouilleuse qui infestait les quartiers pharétans de Laréor, il y vendit le cheval pour un prix dérisoire et dépensa une partie de ses écus dans quelques alcools abrutissants, comme si cela pouvait apaiser ses ardeurs. L'air mauvais, notre maraud partit ensuite vers la place où se déroulaient les joutes.

    Ses épaules emmitouflées dans cent morceaux de tissus rapiécés, Cyric se frayait un chemin à coup de vives bousculades et de gifles cinglantes. Ceux qui tentaient d'y répondre par la violence recevaient un pied en travers du genou ou de l'entre-jambes, mais généralement la mine farouche qu'il affichait suffisait à écarter la majorité des va-nu-pieds, agglutinés sur la route.
    Après moult questions crachées au visage de pauvres malchanceux, et plusieurs pressions du pouce sur les cols, le Walfen finit par se retrouver face aux loges abritant l'Ivrey.
    Une de ses paupières, close par le poing d'un margoulin plus audacieux que les autres, n'effaçait en rien ses airs de bête sauvage qu'un aura hostile venait appuyer.
    Des hommes au poitrail de maille serpentaient devant la tribune du seigneur, l'un d'eux voulu repousser notre ribaud et fut rapidement remercié par une vile clef de bras avant de se retrouver en position délicate, un coutelas sur la glotte. Les lames de la soldatesque s'extirpèrent bientôt de leur fourreau, révélant leur acier au grand jour. Les drilles réagirent à la surprise de cette prise en otage par un encerclement très professionnel. Il n'y avait aucune échappatoire, mais si le Walfen était en bien mauvaise posture, il pouvait sentir un cœur battre encore plus vite que le sien. Son bouclier humain dont la respiration défaillait à l'instar de son assurance, ce pauvre ladre qu'une peur sans nom habitait, si près de perdre la vie, le destin entre les mains d'un ribaud aux vieilles habitudes retrouvées. Ce dernier avait presque oublié quelle puissance exaltait le parfum d'une telle situation.
    Avec toute la prestance qu'on attribuait si volontiers aux barbares venus du Nord, Cyric beugla alors un tonitruant:

    "AETIUUUUS!!!"


    Les chevaliers censés jouter n'avaient pas encore mis le pied à l'étrier, que déjà la paix connaissait un moment d'instabilité.

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Dim 27 Nov 2011 - 15:41

La foule était calme. Les joutes entre écuyers et chevaliers de petite renommée finissaient de combattre en ce matin frais et la lice était préparée pour les chevaliers qui avaient réussi à l’emporter lors des manches précédentes. Cyric n’eut donc aucun mal à faire office d’animation principale dans ce temps de flottement, notamment lorsqu’il saisit un homme de la maréchaussée à la gorge. Voilà exactement ce dont ce tournoi avait besoin : du chahut. Alors que Scylléens et Mervalois sortaient d’une guerre à peine enterrée, les grivolants et autres narquois risquaient, à chacune de leur bévue, se servir d’amadou à cette nappe de souffre qui couvait lors de ces festivités.

La garde était donc nerveuse, et, malgré les instructions, on avait tiré la lame au clair. C’est que le reître avait soif de sang ! Ainsi la nasse se refermait sur l’ancien sicaire et compagnon d’armes du comte. Et malgré son air patibulaire pour le moins caractéristique, les chiens qui l’entouraient n’eurent pas la vivacité d’esprit d’associer cette bête assoiffée de sang (sûrement un vétéran mervalois mécontent venu tenter quelque chose à sa suzerain ou son ancien ennemi, l’Ivrey) et le gentilhomme qui accompagnait le comte quelques mois plus tôt.

C’est pourtant le hurlement de Cyric qui le sauva. Au milieu de la foule interdite, il eut nul mal à se démarquer. Le beuglement fut salvateur en cela que les brigands qu’il menaçait étaient sur le point de se jeter à sa gorge, peu enclins à l’expectative. Au lieu de cela, certains d’entre eux se tournèrent vers Aetius, et Aetius se tourna vers eux. Il examina un instant la situation, plus courroucé par le fait qu’on crie son prénom comme on crie « sanctuaire ! » que par la prise d’otage bricolée sur le tas. Et alors qu’il allait faire signe à la meute de s’emparer du chien errant, il distingua, contre toute attente, maître Tombétoile. Etait-ce son timbre qu’il avait reconnu ? Ou bien sa gueule de gueux ? A moins que ce fût la situation qui mit la puce à l’oreille, car après tout, Ashgan n’était pas homme à éviter les ennuis.

En tout cas il expira profondément, la colère s’était transformée en lassitude. Il fit un geste négligé à ses hommes, qui abaissèrent glaives et longs couteaux, puis invitèrent notre sympathique porte-flambe à les accompagner dans un lieu plus tranquille.
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Cyric
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Lun 28 Nov 2011 - 15:53

    Sur le chemin qui menait auprès de l'Ivrey, on braillait, on crachait, on maudissait. Cyric avait éveillé les appétits théâtrales d'une maraille virulente. Cette foule, dont les yeux quittèrent la barrière dédiée aux joutes pour mieux venir railler les épaules voûtées du ribaud, jouissait face à pareille démonstration de force, sitôt supposée tentative d'assassinat. Le désarmement d'une drille occasionné devant les tribunes seigneuriales était un affront de bon goût, et la prise en otage ne venait que parachever avec brio ce que l'on nommait déjà attentat. La foule exultait, si le comte n'avait pas pris la peine de tuer ce mécréant sur place, il était presque sous-entendu qu'une prochaine mise à mort grandiloquente s'ensuivrait.

    Les mottas de terre gelée pleuvaient en coordination avec du graviers de toutes tailles, l'ensemble restait porté sur quelques quolibets mal inspirés. Dans un premier temps, sourire absent, air menaçant, notre maraud se contenta de répondre par un silence fébrile. Ces gueux-là pouvaient le considérer comme quelque surineur mervalois, crier "pute" et "seigle matois" dans la même phrase jusqu'en perdre haleine, si cela leur seyait.
    Mais une pierre, lancée avec plus de précision que ses consœurs, vint soudainement percuter la tempe du Walfen. Sa peau céda, sa patience aussi, faisant couler les premières gouttes de sang, un cas comme dans l'autre. Sous la coupe d'une fougue animale, Cyric s'élança sur le premier peigne-cul que les Cinq mirent à la portée de ses crocs. Telle une bête, ne se souciant point des coups portés dans son dos ni même des bras venus le contenir, il mordit le cou du pécore. Il mordit si férocement que sa victime finit par pisser rubis, colorant bientôt la dentition du maraud de ces reflets vermeils.

    Lorsqu'il se tint finalement devant le sire au kerkand, Cyric affichait un visage boursoufflé et poisseux, son dos se courbant sous la douleur. Malgré cela, ses lèvres indiquaient un air satisfait, son ton un brin malicieux.

    "Monseigneur." Il posa genou à terre. "J'ai prié pour que vous ne soyez jamais tué, comme vous me l'aviez demandé." Cette réplique n'était pas sans rappeler une histoire en Oesgärd. La malice prit alors les traits de Dame Cynisme. "Je suis bien heureux que les Dieux m'aient écouté." Un instant. "J'ai besoin de vous, Aetius."

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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Lun 28 Nov 2011 - 17:11

« Ventre Saint-Gris ! Tu es encore plus laid que dans mes souvenirs ! »

Aetius, léger comme à son habitude, était passé de la colère froide à l’amusement le temps d’un regard. C’est que l’allure de son gentilhomme assassin ne manquait pas d’humour. Cette silhouette quasi-animale avait perdu le statut de ‘quasi’ lorsque le comte put contempler son visage et ses frusques de plus près. Les légendes racontaient qu’il existait, au-delà de la Faille, une race ancienne et maintenant disparue d’hommes-porcs. Le Cyric qui se présentait à Aetius devait être le genre de créature à faire fuir les hommes-porcs. Ou à les manger.

Il rêvassait à ces contes de bonnes femmes lorsque le gueux qu’il avait en face de lui ne lui demande, de but en blanc, son aide. Il avait besoin de lui, le ladre ! Il ne manquait pas de toupet. Après tout, toute la cour le croyait mort. Mais il semblait aller mieux, merci. Le prince du sang ignora donc tout simplement les demandes du revenant, inspecta une dernière fois le visage (la gueule) couvert d’hématomes, se dit encore une fois qu’il était bien laid, ce sicaire-là, puis s’exclama :

« Nous te croyions noyé, que s’est-il passé ? »
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mar 29 Nov 2011 - 23:25

    Au contact d'Aetius et de son aura frivole, les traits du Walfen se détendirent. La présence de l'Ivrey dégageait une odeur étrangement apaisante, presque amicale, malgré ses paroles affligées d'un mépris si propre aux gens de la race nobilière. Pour sûr, on ne pouvait oublier le fossé qui séparait leurs croyances, leur culture, leur passé. Cependant, le comte savait curieusement éveiller Dame Gaieté, ou une de ses proches cousines, chez notre ribaud.

    Par conséquent, les déblatérations sans importance commençaient juste, que déjà, Cyric prenait ses aises. Comme s'il pouvait passer outre les protocoles, il alla tranquillement s'avachir dans une chaise, se débarbouillant la gueule d'un revers de main.

    "Qu'est-ce qui faut pas faire pour attirer votre attention messire. Ces conneries m'ont desséché le gosier! J'boirais un tonnelet tout entier!! Et si je dois vous raconter les mille choses qui me sont arrivées, vider deux ou trois godets me semble indispensable!" Un sourire espiègle fit gercer ses lèvres.

    Prenant le verre qu'on lui servit avec la plus grande des générosités, l'ancien sicaire entama alors un résumé de ses nombreuses aventures.
    "Ce voyage me coûta bien plus qu'une cicatrice." Il entreprit ensuite de relever une de ses manches pour montrer, non sans grande fierté, les zébrures innombrables qui parcouraient l'un de ses bras. "Souvenir d'une rencontre avec un Grand du Puy."
    Le temps passa et Cyric continuait de déguster le vin, évoquant plus en détail son combat contre le Haut prêtre de Meingal. Sans doute notre brave maraud omit-il certaines précisions dérangeantes pour placer ce temps économisé dans quelques actions bourrées d'héroïsme, à défaut d'honnêteté. Il évoqua les rafles fréquentes d'une Naelis dévastée, les attaques dévastatrices de paysans révoltés, sans oublier son altercation avec des soldats du Royaume de l'Anaeh. En revanche, Cyric négligea volontairement d'informer quiconque sur l'existence de Joy, enfant du peuple éternel, Protectrice de l'Epine Dorée. Le récit resta très vague au sujet de sa bien-aimée, les propos du ribaud y mêlaient beaucoup de mensonges et un soupçon de vérité.

    "Je suis tombé éperdument amoureux de cette femme, cette..." Parmi les méandres de ses pensées, son nom su instinctivement se faire prononcer. "Fjama." Un nouveau sourire trahit la satisfaction du ribaud, trop heureux à l'idée d'avoir su improviser si rapidement."Mais le problème, c'est qu'elle est maudite par les Dieux, enfin, un en particulier... Arcam. Et ce, sans raison! Vous savez comme les Cinq peuvent être cruels monseigneur. Malheureusement, je ne peux me résoudre à la laisser tomber. Je souhaite me battre pour elle, et vous feriez de même, je vous l'assure ! Si seulement vous aviez vu ses yeux d'or, ses formes plantureuses, cette belle et longue crinière pourpre, oh... Je vous le jure messire ! Je suis prêt à subir le courroux divin!" Le ribaud prit finalement ses airs graves. "Aetius, aidez-moi."

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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Dim 4 Déc 2011 - 19:00

Si notre brave sicaire se ragaillardissait en la société de son ancien employeur le comte de Scylla, ce dernier se rembrunissait à vue d’œil. Non pas qu’il ne veuille point tailler une bavette avec son ancien compagnon d’armes, mais il est vrai que le langage très franc (trop franc ?) du filou, le gargarisme dont il faisait preuve, le temps qu’il faisait perdre à l’hôte d’un tournoi, agaçait quelque peu Aetius, qui fut sur le point d’abandonner le porté disparu sans autre forme de procès. Hélas, le jeune chevalier avait encore un peu de rêves dans sa caboche vide, et lorsqu’il entendit son compère parler d’une histoire d’elfes noirs, de sectes et de dieux maléfiques. Il n’en fallait pas plus. Aetius était captivé, et lorsque le tranche-montagne qui lui servait de vis-à-vis laissa passer un silence dans son histoire rocambolesque, Aetius répliqua qu’il n’était pas sans connaître l’âcre goût de l’acier puysart, exhibant alors fièrement cette estafilade qui séparait sa gorge en deux. Un drow, sûrement, dit-il, un véritable géant qui ne s’en était pas laissé conter.

Et voilà que l’importun embrayait sur des histoires d’amour. Et cela donna encore un peu de curiosité au jeune prince du sang. Quand le fils de la Sorgne se répandit sur cette Fajama, Fyama ?, cela ne dit rien à Aetius. Cette métisse qui fut, pour un temps, sa maîtresse, avait laissé son nom sur un bout de parchemin à la fin de leurs étreintes, déposant le message à un amant endormi. Et lorsqu’il fut sorti des limbes, celui-ci l’eut lu avec négligence. Le prénom, trop exotique, avait certes retenu l’attention du chevalier, mais pas sa mémoire, si bien que Cyric parlait d’une étrangère. Les mirettes d’or, la cascade rousse, tout cela fut voyagé l’imagination du jeune homme sans jamais rappeler un quelconque souvenir à celui-ci. Aussi l’oublieux sourit sincèrement et fut heureux pour le va-nu-pied, rêvant d’une idylle entre filous, d’un amour entre marginaux. Voilà qui était digne d’une ballade !

« Tout cela est bel et bon, Ashgan, finit par conclure Aetius. Et tu dis être prêt à subir les punitions de cinq dieux pour ton amie. Un sourire méchant apparut dès lors sur le visage d’Aetius, qui avait une idée. Voyons donc quelle valeur à ton amour. Les bardes racontent les histoires de ces jeunes chevaliers qui, poussés par la passion, traversent mille tourmentes et vainquent autant d’adversaires pour gagner le cœur de leur damoiselle. Aujourd’hui, au lieu d’un cœur de demoiselle, tu vas tenter de gagner mon intérêt. Tancrède ! Va trouver quelque chose qui siérait à maître Tombétoile, il va nous montrer sa valeur. »

Et sans rien dire d’autre, il fixa son compagnon d’un air satisfait et entendu, attendant de lui qu’il comprenne la farce dont il serait le dindon.
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mar 6 Déc 2011 - 21:33

    L'haleine d'Aetius s'imprégnait soudainement d'un relent nauséabond qui rendait ses paroles imbuvables, arrachant au maraud quelques rides d'insatisfaction.
    Il ne voyait pas où l'Ivrey souhaitait en venir, ses réponses ne voulaient jamais rien dire. L'œil mauvais, Cyric ne pipa mot. Après un temps dédié au silence, se contentant simplement de reposer son verre sans un bruit, il se leva puis marcha jusqu'au jeune comte. Là, notre ribaud ploya genou tandis que sa tête s' inclinait, ses longs cheveux noirs tombés tels des rideaux sur des yeux clos. Une voix grave s'échappa d'entre ses lèvres pincées.

    "Je suis prêt à vous prouver tout ce qu'il faudra." La mine farouche du Walfen se dressa alors et vint défier celle, sadique, du seigneur. "Mais avant de jouer du couteau ou de la mandoline selon votre bon vouloir, j'aimerais sûrement voir si je ne me suis pas trompé en étant venu jusqu'ici. Prouvez-moi que les Dieux vous portent en aussi haute estime que je l'espère. Prouvez-moi que vous pouvez exaucer mes souhaits."

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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mer 7 Déc 2011 - 22:55

Il fallait qu’il gâche tout, ce pendard sans goût. Aetius, son verre obstruant nez comme bouche, ne révélait que ses yeux pâles à ce compagnon qui, pour la première fois, venait ployer l’échine devant son maître. Après ses absences et son arrogance, le voilà face contre sol, comme un vassal jurant allégeance à son seigneur. Il se soumettait, il honorait sa part du marché. Après tout, il lui avait promis d’être son homme contre son assistance dans quelques affaires de sang, loin dans le nord.

Mais il fallait qu’il gâche tout, ce sicaire grossier. Il releva la tête et planta son regard fier dans celui d’Aetius. Et lui dit toutes cette vilaine chose. Le sourire charmant, les historiettes d’amour courtois, tout cela avait disparu. Un rictus haineux s’y était substitué. L’instable seigneur se remémora ce que ce brigand ingrat lui devait, et Saint-Ripolin refit surface devant ses yeux.

Aetius projeta poing et verre contre la tempe de l’assassin. Le geste fut sec, le choc brutal. Sans rien y comprendre, Cyric fut projeté contre le sol de pierre. Le sang poissa bientôt son front, se coulant jusqu’à son œil droit. Secoué, il ne vit pas revenir son ami le ciboire, qui vint cogner contre son arcade sourcilière.

« ‘Exaucer tes souhaits’ ? M’as-tu pris pour ta putain, Tombétoile ? » Aetius, dressé sur ses jambes, avait jeté le verre d’argent déformé par l’impact d’avec l’épais filou. Incommodé car ne pouvant voir le faciès brutalisé de son ancien compagnon, le comte le saisit par le cheveu, le releva jusqu’à lui et le fixa du bleu glacial de ses mirettes. « T’es-tu cru dans le vieux-quartier, dans une maison sharasienne ? » Un coup de genou aussi gratuit qu’explosif buta contre la mâchoire de l’engourdi, qui s’étala sur le sol.
« Tu m’appartiens, Tombétoile ! Tu m’as juré allégeance. Ta fidélité, je l’ai scellé en massacrant un village tout entier. Te souviens-tu de Saint-Ripolin ? Comment aurais-tu pu oublier… » Sa voix n’était plus qu’un souffle secret. « Et voilà que tu daignes me revenir… pour une vulgaire femme ?! » Il ponctua, bien intelligemment, sa déclaration peinée par un coup de bottes dans les côtes. Cette petite leçon donnée (et ce gratuitement !), il ordonna à Tancrède et aux hommes de la pièce d’équiper le petit ingrat d’une voix monocorde.
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MessageSujet: Re: Le tournoi de Laréor   Mar 13 Déc 2011 - 23:57

    Le coup porté à sa tempe l'avait surpris autant qu'étourdi. Ses yeux voyaient encore flou lorsqu'on l'agrippa pas les cheveux pour mieux gracier sa mâchoire d'un violent coup de genou.

    Une fois de plus, il goûtait au prix fort salé de sa stupidité. Un épais liquide rubicond baignait dans le creux de sa bouche, encroûtant ses narines, obstruant son gosier. Le morceau de peau chiffonnée, dont il se servait comme joue, brûlait de mille feux malgré le baiser prolongé que celle-ci échangeait avec une dalle glacée. Le souffle lui manquait, ses cottes le tiraillaient.

    Mais tout ceci ne pouvait réprimer l'envie de rire qui lui titilla alors les babines, un rire moqueur et méprisant.
    Cyric jurait comme il pissait, à chaque fois que le besoin se faisait ressentir. L'allégeance, notre ribaud l'imaginait marchant sur quatre pattes, l'écaille visqueuse et la langue fourchue. Et s'il comprenait le sens du mot fidélité, l'utilité d'en user ne s'était jamais faite ressentir. Oui, les babillages de l'Ivrey parvenaient irrémédiablement à étendre sœur Sourire sur la gueule du maraud.

    Aetius s'était bercé d'une douce illusion. Croire que le Walfen puisse revenir dans l'unique intention d'honorer une de ses nombreuses dettes, révélait de la bêtise ou naïveté selon l'âge.
    Pourtant, si le sicaire se retrouvait de nouveau face contre terre, c'était par sa faute. Ainsi s'acquittait-il une énième fois des colères qu'engendrait ce manque de jugeote trop souvent fidèle à son arrogance. Comme s'il pouvait se permettre d'oublier. Les négligences se payaient en dents cassées lorsqu'on ne possédait pas de porte-monnaie assez rond pour fanfaronner, par conséquent Cyric pouvait s'estimer chanceux de manger encore autre chose que liquide.

    L'envie de rire s'était estompée depuis déjà bien longtemps. Tandis que Cyric prenait pleinement conscience du bourbier dans lequel il venait de s'empêtrer, l'amertume enlaça lentement l'ombre d'une rage grandissante, à l'instar des serpents qui étouffaient leur proie sans un bruit. Le maraud avait trop osé pour la journée, et s'il n'était pas aussi orgueilleux, ses grognements se seraient alors mués en louanges. Mais le loup restait égal à lui-même, ses messes-basses priaient le bras vengeur de Tyra au lieu de vénérer les bonnes grâces accordées par Néra.

    Il devait désormais se plier selon les désirs d'Aetius jusqu'au moment opportun. Là, un souhait serait exaucé, par la main des Dieux ou la sienne, sa bien-aimée serait exorcisée ou un comte se verrait privé de sa capacité à procréer.
    Cette promesse faite, le ribaud tenta non sans mal de se remettre sur pied, puis il tourna son faciès amoché en direction d'Aetius. L'espace d'un instant, il le dévisagea, un sadisme étrange dans les traits.

    "Vous n'allez pas regretter de m'avoir retrouvé."
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Le tournoi de Laréor
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