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 La demande et le prix à payer | Tebirahc

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Ven 28 Oct 2011 - 21:41

    La veille, elle conversait avec un Roi ; c'était désormais en haillons qu'elle arpentait les ruelles de Thaar l'arrogante. Un an d'errance l'avait métamorphosée. Les traits de son visage s'étaient durcis et ses yeux aveugles toisaient désormais le monde qui l'entourait avec calme et suffisance. Désormais son seul et unique compagnon, son bâton de marche ouvrait sa route, débusquant les nids de poule et bosses fourbes. Malgré cette assurance, très utile pour une aveugle, elle marchait lentement. D'autant plus lentement qu'elle touchait au but.
    Il lui avait fallu plusieurs longues semaines, pour trouver sa trace. Plusieurs semaines durant lesquelles elle avait eu l'occasion de s'interroger sur le bien fondé de sa démarche. Pourtant, les longues soirées passées à tutoyer une lune invisible n'avait fait, au contraire, que la convaincre. Elle devait le rencontrer, parce qu'il était le seul à pouvoir lui obtenir ce qu'elle désirait sans risquer de déclencher une catastrophe sans précédent. Il fallait en effet être naïve pour espérer pouvoir s'infiltrer jusque dans le cœur du Puy afin d'enlever une enfant sans doute sous bonne garde du plus puissant des cultes noirs. Or, naïve, celle qui se faisait désormais appeler Mémoire ne l'était plus, si tant était qu'elle l'eut été un jour.
    Tebirahc Zaurahel, Gardien de Mogar, Fils d'Uriz, ancien chef de guerre drow ; Obok Senger, dans sa langue natale. Il était de ces êtres qui façonnaient l'histoire, elle en avait conscience et si elle exécrait ses succès, elle n'en demeurait pas moins sincèrement admirative de son parcours. Néanmoins, ils étaient désormais sur un pied d'égalité, tous deux Gardiens des Cinq. Ceux qu'ils avaient pu être n'étaient tout simplement plus.
    Elle ne le craignait pas, mais redoutait à juste le titre le prix qu'il pourrait exiger. Elle ne le connaissait pas – encore – mais doutait qu'il accédât à sa faveur gratuitement. Néanmoins, pour récupérer la fille et les restes de Cyllian, elle était prête à beaucoup. Elles étaient toutes deux filles de Tyra, au même titre qu'elle ; Mémoire était de ces femmes qui attachaient beaucoup d'importance à la notion de famille, aussi étrange et dénaturée fusse-t-elle.
    Heureusement pour elle, Mémoire ne cherchait pas un drow. Si, à cette distance, elle ressentait pleinement la présence de Tebirahc – et ne doutait pas un instant qu'il l'eut, lui aussi, repéré – ce n'était pas son aura qui l'avait amenée jusqu'à Thaar, mais bien la signature atypique de son collier. Fragment brisé du Rubis originel, présent de Tyra à son amant Mogar, il portait l'empreinte de la Voilée et il était possible pour sa Gardienne de le suivre à la trace, si tant était que cette dernière fut fraîche. Très vite, la piste éthérée s'évaporait et Mémoire avait dû faire montre de patience pour ne pas la perdre totalement.
    Il pouvait bien se préparer ; elle arrivait.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Dim 30 Oct 2011 - 15:14

Quelques mois auparavant, il rencontrait le Haut Prêtre Nain dans les terres les plus au Nord, théâtre de futurs affrontements entre nains et gobelins, tel était l’avenir et l’épreuve à laquelle ce peuple devrait survivre selon les desseins du Père.
Aujourd’hui, il allait et venait à travers l’Ithri’Vaan, taillant le bout de gras avec quelques individus, qu’ils furent mercenaires ou bien gardes ou bien juste taverniers et bardes à même de lui rapporter les « on-dit » sans trop en dire sur sa propre personne. Il connaissait sa mission aussi bien que ses désirs pour ce monde à présent qu’il avait le pouvoir d’exercer son influence partout, et il s’y préparait.
Pour semer les graines du conflit aussi bien que pour se mouvoir partout, il lui faudrait des hommes et commençait alors sa recherche de ces futurs collaborateurs et acteurs des guerres prochaines, tout du moins de certaines.

C’est la raison qui le mena à Thaar, dans les quartiers populaires de la cité portuaire, un guide local à travers les rues encombrées qui faisait également guise d’interprète au besoin. Il le mena, sur sa demande, dans quelques cloaques et autres tavernes où l’on trouvait quelques mercenaires de passages et sans le sous, et aux maigres talents le plus souvent.
Il rencontra et discuta, sans pour autant promettre le moindre contrat et la moindre embauche, se contentant de quelques repérages. Au Puy d’Elda et à la tête du Premier Ost, il savait précisément l’effectif et la capacité de ses troupes tandis que là, et bien, il naviguait dans un brouillard plus obscur encore que sa vision.

Il trouva un toit auprès d’une riche et influente famille de la cité qui espérait sans doute tirer de l’accueil d’un tel invité un quelconque avantage, dont ils ne parlèrent pas. Ils offrirent des appartements à lui, et une chambre de domestique pour son guide qui pourtant ne manquerait pas d’être grassement payé ensuite.
La veille déjà, il perçut quelque chose durant sa méditation, à la frontière de ses perceptions, sa présence. Les mages nombreux présents étaient éclipsés par cette personne, une Gardienne, celle de Tari ; Katalina Noblegriffon. Dès lors, et plus encore lorsqu’il s’aperçut qu’elle approchait, il sut qu’elle était ici pour lui, quelque soit sa raison, son objectif, c’était lui.
Dès lors, il s’apprêta, formulant que pour le lendemain on apporte à ses appartements un excellent vin et des mets exotiques et délicieux, il fallait bien recevoir même si celle-ci n’aspirerait peut-être qu’à le tuer ou bien à le déposséder du Rubis, après tout, de ce qu’il avait apprit d’elle, elle était habituée à un certain confort et à une certaine qualité de vie, tout comme lui.
Le lendemain, alors qu’elle était au plus proche, il envoya son interprète à sa rencontre, estimant son chemin et offrant à son homme une description approximative mais surtout l’indication qu’elle était également aveugle, et que ce seul trait devrait la rendre remarquable au milieu des citadins, et il attendit.

L’homme parcourut les quelques rues et ruelles et chercha du regard la Gardienne et quand il la trouva l’aborda, non sans se remémorer les mots de son seigneur du moment « Prends garde à la où tu poses tes mains, un égarement pourrait te coûter plus cher qu’une gifle » sous-entendant une mort tragique, potentiellement douloureuse. Aussi se contenta t-il de se poster devant elle avant de parler avec un accent purement vaanien.

« Katalina Noblegriffon, il vous attend, veuillez me suivre. »

Il se retourna et commencer à progresser, adaptant son rythme et vérifiant qu’elle avait emboité le pas, il l’a mena jusqu’à la demeure, et l’avertit des embûches qu’elle ne pouvait voir. Et finalement, ils parvinrent jusqu’aux appartements prêtés au Gardien. Il ouvrit la porte, l’accompagnant d’un « Je vous en prie, entrez. »
Et il la suivit tout de même, sachant qu’à cet instant, il servirait de serviteur autant que d’interprète, car son seigneur l’avait averti que si la Dame ne connaissait rien au parler des elfes, ses services serviraient, mais on lui avait promit une belle somme pour ce service supplémentaire.

« Katalina, prends donc un siège. »

Et quand elle le fit, l’homme apporta deux coupes pleines d’un vin, sans doute provenant d’Hautval, la chose ne l’intéressait pas.

« Quelle surprise de te rencontrer en dehors de Son Royaume et ici, dans ces terres. Que me veux-tu ? »

Le tout était dans la langue elfique, une prononciation sans le moindre accent, aux sonorités anciennes, quoique Katalina, même si elle avait comprit n’aurait pu le savoir. Pas une once d’animosité, mais il n’avait pas l’intention de se plonger dans des politesses et tourner autour du pot, il voulait savoir.

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Lun 31 Oct 2011 - 12:21

Katalina Noblegriffon était morte, loin au nord de Thaar. D'elle, il ne restait rien, pas même un corps sur lequel pleurer ou une tombe pour se recueillir. Aussi, qu'on l'appelât ainsi ne voulait dire qu'une seule chose ; il l'avait trouvée. Cela n'avait rien d'étonnant, elle n'avait pas essayé d'être discrète. À bien y réfléchir, qu'il envoyât quelqu'un n'était pas étonnant non plus. Il était un Seigneur, un Grand de sa race, et avait l'habitude de se faire servir. Avec ironie, Mémoire se dit qu'elle aurait sans doute réagi pareil, quelques mois plus tôt. Car si elle n'avait certes pas sept siècles d'histoire à conter, elle pouvait se targuer d'avoir réaliser énormément en quelques années, même pour un humain. De ce point de vue là au moins, ils étaient semblables. Autre détail d'importance, tous deux avaient vécu le Voile aux premières loges, et l'épreuve les avait marqué à jamais ; les avaient fortifiés, aussi. Fort heureusement, la comparaison s'arrêtait là. Il avait fait ses preuves dans le maniement des armes et dans le commandement des armées, elle avait fait fructifié un commerce qui ne demandait qu'à fleurir. Il avait toute sa vie servie le Dieu qu'il représentait, elle avait prié les Cinq sans discernement jusqu'à ce qu'Elle la choisisse.

Après deux secondes durant lesquelles elle sembla ailleurs, Mémoire opina doucement du chef et emboîta le pas de son guide. Elle n'écouta ses indications que d'une oreille discrète, se fiant plus sûrement aux vibrations qui traversaient son bâton. Son attention était plutôt tournée vers ce pôle de pouvoir qu'ils rejoignaient ; ce Gardien, qu'elle avait déjà rencontré une fois. Les choses étaient différentes, cependant. La dernière fois, il était venu sur son territoire, s'était aventuré jusque dans le Royaume de la Voilée, là où elle ne craignait rien ni personne. C'était cette fois elle qui était à l'origine de la confrontation, et c'était avec un corps tout ce qu'il y avait de plus mortel qu'elle s'y rendait. Pourtant, elle n'avait pas peur, tout du moins pas pour elle. Si elle ne doutait pas de la force du bras de la Guerre, elle avait cessé de douter de ses capacités. Elle était une Gardienne, de plein droit et de pleins pouvoirs, et elle savait désormais ce servir de cette formidable force. Il y avait cependant une ombre au tableau.

Sous l'invitation, elle passa la porte ouverte, tapotant son encadrement du bout de son bâton. Elle n'eut pas besoin de l'entendre la saluer pour savoir exactement où il était, lui et le Rubis. Ce fameux Rubis qu'il portait, arrogant, juste devant elle. Elle n'avait qu'un geste à faire, une chance unique de pouvoir s'en saisir, au péril de sa vie mais avec – peut-être – une chance de succès ; elle n'en fit rien. Elle devait d'abord penser à Tyra et à son héritage. Elle accepta donc son siège en silence, tâchant d'oublier la tentation que représentait la clef du royaume des morts.

L'entendre parler en elfique lui fit l'effet d'une douche froide, même si elle n'en montra rien. Jusqu'alors, son interlocuteur privilégié dans cette langue avait été Aerandir et elle n'avait jamais pensé avoir à dialoguer en langue sylvaine avec un sombre.

« Tu ne perds pas de temps, nota-t-elle avec calme et avec un elfique presque parfait, quoique teinté d'un accent évident. C'est sans doute mieux ainsi. »

Ses doigts caressaient le bois de son bâton, qu'elle gardait près d'elle comme un repère inébranlable. Mémoire était plus que prête, elle le ressentait dans chaque fibre de son être. La peur n'était plus au rendez-vous, alors qu'elle parlait à un des êtres les plus dangereux de Miradelphia. Au pire redoutait-elle ce qu'il lui demanderait en échange de ses demandes, mais c'était là une sensation qu'elle connaissait bien. Négocier était dans ses gènes, après tout et même si elle doutait de pouvoir marchander avec Tebirahc, au moins saurait-elle tenir la conversation avec dignité.

« Depuis trop longtemps, les tiens détiennent deux filles de Tarï, et je veux les récupérer. Cyllian, qui fut la Gardienne avant moi, dont le corps fut, je l'espère, conservé avec la dignité qui sied à son rang, et Plume, sa fille. »
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Mar 1 Nov 2011 - 14:40

La seconde confrontation des deux Gardiens pouvait commencer, et son approche directe, droit à la raison de la venue de la jeune femme sonnait comme un écho à leur première rencontre où c’était cette même demoiselle qui s’était abstenu de tout et voulait savoir ce qu’il faisait dans le Royaume des Morts. Aussi répondit-il avec un certain amusement.

« Aurais-tu préféré que je m’égare en d’inutile et hypocrite politesses et qu’ensuite, tu en fasses de même ? Bien sûr que non, nous sommes au-dessus de cela. »

Puis il écouta la requête, et haussa un sourcil. Tari racontait bien des choses apparemment, et omettait quelques détails pourtant importants. Plume, la fille née de l’union des deux précédents Gardiens, Fille de Tari ? S’il en avait l’envie, il pourrait revendiquer la même propriété et le même droit sur cette « Fille de Mogar », mais elle ne représentait rien à ses yeux, mais il comptait tout de même l’ennuyer, pour le plaisir et sans craindre quelques retours de bâton du fait d’être dans son monde.

« Quelle arrogance et quelle prétention… Plume, Fille de Tari, et à tes mots, on a l’impression qu’elle est prisonnière et maltraitée. Est-il nécessaire de te rappeler qu’elle n’est pas seulement la fille de Cyllian mais également celle d’Illiv’aere, qui fut Gardien avant moi ? » Il se plut à reprendre les mots de la jeune femme. « A t’écouter, cela suffit alors à la considérer comme une Fille d’Uriz et m’offre autant de légitimité sur elle que celle que tu sembles vouloir en avoir. »

Il marqua un temps de pause, laissant la Gardienne digérer un revers qu’elle n’avait peut-être pas vu venir. Il la savait marchande, et il n’hésiterait pas à faire valoir cette légitimité tout aussi grande pour faire grimper les éventuelles enchères devenues évidentes… Il n’offrirait rien à cette Gardienne par pure charité, ça n’était pas dans sa nature, et elle, ses intentions à son égard, ne méritait aucun beau geste qui ne connaîtrait aucun retour.

« Si il m’apparait comme allant de soit que te sois restituer les restes de Cyllian, je ne trouve aucune raison de t’accorder davantage de droit sur la petite. Qu’es-tu prêt à faire pour que je renonce à la garder sous la protection des Drows, des Zaurahel et d’Uriz ? »

Quoiqu’il douta d’être en mesure ou bien encore d’avoir l’envie de faire l’effort de restituer dans un état « digne de son rang » la dépouille de l’ancienne Gardienne. Se trimballer un cadavre en décomposition à travers toutes les Terres Stériles, c’était la promesse de croiser des charognes et de sentir les effets très « agréable » d’une chaleur et d’un soleil sur la chair… Définitivement, non, il en ferait des cendres, tant que ce sont les siennes, elle devra s’en contenter.
Mais il comptait sur Plume pour d’une part tester « l’humanité » de Katalina, et du coup obtenir un bon « prix ».

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Mar 1 Nov 2011 - 15:44

Arrogante ? Prétentieuse ? Sans doute l'était-elle, mais avec un être de la trempe de Tebirahc, elle ne pouvait agir autrement. Elle ne pouvait pas simplement faire montre de faiblesse, de gentillesse et de compréhension. Elle ne pouvait pas non plus donner l'impression de lui demander une faveur, l'idée de lui être redevable lui était insupportable ; même si, s'il s'agissait là de la meilleure façon de pouvoir obtenir Plume, elle accepterait. En attendant, elle en était à devoir attendre qu'il exigeât son prix. Et il pouvait bien, en attendant, faire valoir son propre droit sur le fille d'Illiv'aere. Elle n'était en effet pas sans ignorer la généalogie de Plume et si elle ne dénigrait pas au Gardien de Mogar sa légitimité sur l'enfant, cela n'entachait en rien sa propre volonté de la récupérer. Dès lors, tout n'était plus que négoce et même si cela peinait Mémoire, Plume n'était sur l'instant qu'une marchandise.

« Je ne peux pas affirmer être surprise, avoua-t-elle avec un léger sourire. Je ne m'attendais pas à te voir accepter sans demander quelque chose en échange. Je te suis reconnaissante, cependant, de l'égard réservé à Cyllian. »

Il la reconnaissait en effet comme fille de Tyra, et reconnaissait la légitimité de sa demande. Bien entendu, il rechignait à lui donner Plume, mais c'était sans l'ombre d'un doute dans le but de lui demander quelque chose. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait offrir au Dieu de la Guerre, ou même ce dont pouvait avoir besoin son Fils. S'il avait voulu l'énerver ou la déstabiliser, il allait être déçue. La Gardienne avait en effet eu du temps plus que nécessaire pour se préparer à cette rencontre, et jamais elle n'avait imaginé qu'il lui suffisait de demander pour obtenir gain de cause.

« Cependant... Avons-nous vraiment envie de jouer à ce jeu, Tebirahc ? » La prise se resserra sur le manche de son bâton, alors que sa main libre effleurait l'accoudoir de son siège. « Je n'imagine pas Mogar s'intéresser à Plume, pas plus que toi. Je souhaites élever l'enfant de ma prédécesseur. Tu désires quelque chose en échange. C'était prévisible, reste maintenant à me dire quoi. »

Et elle attendit. Elle savait que le choix de Tebirahc ne serait pas innocent, et qu'il ferait son possible pour rendre la transaction aussi désagréable que possible.

C'était de bonne... guerre.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Mer 2 Nov 2011 - 16:09

Comme il s’y attendait, et le souhaitait, elle savait devoir marchander pour obtenir Plume, mais à vrai dire, il lui faudrait prendre quelques instants pour réfléchir au prix qu’il exigerait pour la fille. Il lui fallait trouver quelque chose qui lui serait utile, à lui, pour ses desseins et pour les guerres et conflits qu’il comptait faire germer, et dans le même temps, il voulait que la chose pèse pour la jeune femme.

Elle n’imaginait pas que Plume avait le moindre intérêt, à juste titre… Cette enfant n’était d’aucune utilité, et il se refusa à s’interroger sur les raisons et surtout les sentiments qui poussaient la Gardienne à vouloir la récupérer. Si elle avait eu un quelconque pouvoir issue de cette union, il l’aurait su et de fait, l’aurait éliminé pour écarter une possible menace. Non, il douta qu’elle fasse la chose dans un but, au contraire de lui qui ne prenait jamais un être en pitié sans calcul ni motif, Oloryle en était une preuve.

« Elle ne sert à rien dans la mission qui est la mienne, quoique finalement, elle trouve une valeur, non comme individu mais comme bien à marchander, ce qui n’est finalement pas si mal, elle participera à son Œuvre d’une manière inattendue. »

Il supposait que les motifs étaient plus maternelle que raisonnable aussi avait-il choisit de mettre plus encore l’accent sur la vision d’une Plume rabaissée à l’état de vulgaire marchandise.

« Laisse-moi quelques instants réfléchir à ce que sera mon prix. »

Il prit quelques minutes pour trouver ce qui correspondait à ses critères, et la conclusion vint plus vite qu’il ne s’y serait attendu. C’était vraiment simple et parfait à la fois.

« Je veux des armes et des armures provenant des forges de la Péninsule, une bonne quantité. Tu es à la tête d’un important réseau commercial, je crois, se devrait être une tâche facile pour toi, n’est-ce pas ? »

Ainsi pourrait-il agir directement dans la Péninsule, sans avoir pour l’heure besoin de passer par le Puy ou bien l’Ithri’Vaan, sauf pour se fournir en hommes. Ne manquerait plus qu’à trouver quelqu’un pour tisser les bannières factices et il pourra jouer les trouble-fêtes.

« Bien sûr, et même si je crois qu’il est inutile de le dire, toute duperie de ta part serait sanctionné par la mort de la petite Plume, tu t’en doutes.
Marché conclu ?»


Les vies que prendront ces armes, le conflit que provoqueront ceux qui porteront ces armures seront indirectement des vies prises par Katalina, et il trouverait le moyen de le lui faire savoir, d’une façon ou d’une autre. Son comportement lors de leur première confrontation, cette intention de vol avait fait germé à l’esprit du Gardien l’idée de frapper cette dernière, mais pas physiquement… Toute Gardienne qu’elle fut à présent, elle demeurait humaine et jeune, et son mental vacillerait… Et quand bien même ce ne fut pas le cas, cela l’occuperait et l’amuserait un moment.

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Sam 5 Nov 2011 - 22:08

Mémoire n'avait aucune raison d'être étonnée. Elle aurait dû, même, se préparer à une telle demande. Après tout, Tebirahc demeurait un drow, tout fils de la Guerre qu'il fût, et l'idée de blesser, meurtrir ou torturer semblait rester agréable. Il tenait là l'occasion de retourner la gardienne contre les siens. Elle pouvait accepter, mais c'était se résigner à devenir sa complice, à frapper les Hommes. Indirectement, certes, et elle pouvait très bien apaiser sa conscience en arguant qu'avec ou sans elle, le sombre poursuivrait ses desseins et qu'obtenir armes et armures étaient largement à la portée d'un ancien Senger. Ce n'aurait pas été mentir, mais cela aurait été se voiler la face et Mémoire ne le désirait pas. Accepter cette proposition, c'était accepter du sang sur ses mains. Alors que son interlocuteur s'était permis plusieurs minutes de réflexions, durant lesquelles elle était restée silencieuse et sur le qui-vive, elle-même ne s'offrit pas un tel luxe. S'y essayer, c'eut été ouvrir la porte à un refus. Or, elle ne pouvait se le permettre. Elle devait récupérer Plume, l'arracher à cet environnement indigne de la fille de Tyra qu'elle était. Elle devait lui montrer le monde, tel qu'il était vraiment. Elle le devait à Cyllian. Cette femme qui, elle le devinait, avait aimé sa fille autant qu'elle-même avait pu aimer Katialyne. Si les rôles avaient été inversés, Mémoire aurait souhaité qu'on fasse la même chose pour la chair de sa chair.

Il avait raison, elle était jeune et humaine, et naturellement empathique envers la conditions de son peuple. Mais il avait oublié un point très important : elle était une mère qui avait perdu son enfant avant même d'avoir pu vraiment la connaître.

« Très bien. »

Elle allait devoir agir avec intelligence et discrétion. Elle ne voulait pas que le nom des Noblegriffon soient assimilé aux drows, jamais. Si elle avait renoncé à son identité, ce n'était pas pour en entacher librement l'honneur.

Sans plus attendre, et comme l'Élu d'Uriz avait mis leur rencontre sous le signe de l'efficacité, elle se releva. Posant son regard mort sur celui qu'elle ne pouvait pas voir, elle le « regarda » longuement et en silence, se rendant compte avec une certaine surprise qu'elle ne pouvait ni le haïr, ni lui reprocher quoi que ce soit. Il jouait le rôle qu'on lui avait donné, tout comme elle. Ils étaient tous deux des Gardiens et en cela, ils étaient liés. Bien entendu, elle ne le portait pas dans son cœur, et elle doutait de l'apprécier un jour, tout comme elle doutait qu'il apprécierait le jour où elle lui rendrait la monnaie de sa pièce ; et un tel jour arriverait, dût-il se produire un siècle plus tard. Elle avait tout son temps, désormais. Au fond, sa vie prenait le tour d'un jeu dont elle était à la fois pion et acteur.

« Je vais te faire confiance. Dans quatre semaines, je reviendrai ici, à Thaar, avec ce que tu m'as demandé. En attendant le jour de nos retrouvailles, porte-toi bien, Tebirahc. »

Et sans attendre de confirmation, elle commença à s'approcher de la porte. Il pouvait bien la retenir, arguer qu'il lui fallait plus de quatre semaines pour faire l'aller-retour jusqu'au Puy ou autre, elle quitterait cette pièce. Il avait énoncé son prix, elle avait dicté ses propres conditions.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Ven 11 Nov 2011 - 8:54

Et le marché fut conclut.
Il n’y eut pas de poignée de mains symbolique de cet accord obtenu mais qu’importe, il aurait les armes en échange de la petite qui finalement s’avérait utile au plan du Père. Etait-ce là le dessein d’Illiv’aere en la laissant vivre, sûrement pas, mais qu’importe, lui le ferait.
Un jour prochain, il ne manquerait pas, alors que le sang coulera en Péninsule, de rappeler à Katalina sa contribution, peut-être même à Plume, qui sait… Il voulait que les choses soient autrement et au-delà du seul marché passé, il fallait faire assez mal pour qu’elle renonce au projet de le voler, et jusqu’à ce qu’il estime qu’elle saura suffisamment le prix d’un tel désir, il n’hésiterait pas, à la moindre occasion.

Au son, il comprit qu’elle s’était relevée, ne voulant pas faire durer davantage ce moment. Elle demeura pourtant là, face à lui et debout quelques instants. Il ne voulait pas se lancer dans des hypothèses infondées. Il constata juste et attendit, toujours assit.
Elle lui donna un délai… Quatre semaines. C’était plus que suffisant pour les préparatifs qu’un tel marché obligeait à mettre en place, pour le transport et la cache des armes jusqu’au moment propice à leur utilisation, pas avant un moment.

« Dans quatre semaines, c’est d’accord. »

Et il ne lui rendit pas sa politesse et la laissa partir, sans pour autant souhaiter qu’elle aille mal jusqu’à leurs retrouvailles. Quand elle fut sortie, il décrocha le Rubis de son pendentif. Il devrait renoncer à le porter à l’avenir, il savait qu’elle le voyait venir de plus loin encore à cause de lui… Il fallait le cacher, en un lieu qu’elle ne pourra atteindre, ou tout au moins brouiller les cartes. Il lui faudrait réfléchir à cela, et vite.
Sans tourner la tête vers son « serviteur », il s’adressa à lui.

« Tu vas me trouver des hommes, ils n’auront pas besoin d’être trop compétent, il faut juste qu’il soit prêt à accompagner et escorter un convoi marchand en toute discrétion là où je le leur dirais… Tu as quatre semaines. »

Là-dessus, il se leva et sortit après l’homme, et une fois dehors, estimant qu’il n’avait pas de temps à perdre, entre son voyage et surtout sa réflexion d’une cache pour l’Artefact. Il chercha un instant encore la présence de Katalina puis se concentra… Quelques instants plus tard, et comme quelques mois auparavant, il fut Feu et s’éleva avant de filer à toute vitesse.


*
* *



Le voyage vers le Puy n’avait pas prit longtemps, et il put constater qu’à force d’user de ses pouvoirs, ceux-ci lui apparaissaient moins… gourmand. Il conclut dès lors que son inexpérience avait pesé lors de ses premières expériences et qu’à présent il tolérait et gérait mieux les demandes et les efforts que sa magie exigeait de lui.
Il trouva Plume dans sa demeure alors qu’il l’avait recueillit du fait de son ascendance après la chute de Brylyan, traitée en servante par sa mère. Une vie que Katalina aurait sûrement désignée de fortement indigne de son lien avec les Gardiens… Ce à quoi Tebirahc aurait volontiers répondus qu’elle était une bâtarde au sang impur et que la vie était une faveur suffisante pour qu’on en fasse d’autres.

Il alla trouver le corps de Cyllian ensuite, reposant non loin de celui d’Illiv’aere, l’on avait tout de même respecté le fait qu’elle fut Gardienne et favorite de Illiv’aere à cette époque, mais Tebirahc lui n’en aurait pas autant que cela… Il allait la rendre à Katalina, mais pas ainsi, pas sous la forme d’un cadavre qui attirerait la charogne dans la traversée des Terres Stériles.
Il la fit déplacer et déposer dans une « boite » scellée de pierre qu’il amena chez lui. Il commanda d’urgence une urne à un artisan parmi les plus doués du Puy. Cette dernière serait ornée des symboles de Tari, d’une représentation de la mer et sous elle, du Royaume de Tari, serti de quelques saphirs. Il ne négligea pas ce détail, non pas pour satisfaire la Gardienne actuelle mais pour respecter l’ancienne autant que la Déesse elle-même, estimant qu’il n’y avait de contentieux qu’avec l’humaine.

Il s’écoula ainsi tout d’abord deux semaines, durant lesquels il prit le temps de méditer à son problème d’Artefact. Il se résolut à le cacher dans sa demeure, dans une pièce secrète et dans laquelle il prit grand soin de vérifier qu’elle ne fut pas humide et comme il l’avait fait à la Première Cité, il scella l’unique accès et le protégea, si bien que le Feu dévorerait quiconque y pénétrerait… Lui survivrait sans souci, elle… peut-être pas.

Quand l’urne fut prête, il procéda, seul, à une petite cérémonie où il prononça en elfique les prières et récitations d’usage, même si la mort était venue l’emporter il y a longtemps déjà, doutant que la chose ait été ainsi faite, et il embrasa les chairs et les os à l’intérieur, et lorsque se fut fait, l’on versa les cendres dans l’urne.

Le jour suivant, il se mettait en route, avec Plume et l’un de ses hommes qui les accompagna jusqu’à la sortie des Terres Stériles, là où l’attendait son guide et serviteur qui l’assura que ses ordres avaient été suivi, et tout trois se mirent en route vers Thaar, une semaine environ avant le rendez-vous.
Il préféra tout de même se tenir à l’écart de la cité… Il voulait que l’échange se fasse au calme et à l’abri des yeux et des oreilles indiscrètes. Il attendit ainsi, Plume à son côté, l’urne dans ses mains.

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Ven 18 Nov 2011 - 18:17

Spoiler:
 

Malgré son calme apparent, Mémoire bouillonnait. Elle ne pouvait le voir, mais devant elle, ce qui lui avait un jour appartenu brûlait. Une énorme bâtisse, dans laquelle reposait jadis les possessions du comptoir Noblegriffon d'Oësgard. C'était le troisième, depuis le début de la semaine. Trois fragment de plus de sa vie passée qui partaient en fumée. Ce serait le dernier, cependant, elle avait désormais assez de butin – étrange expression pour désigner d'anciennes possessions – pour satisfaire la demande de Tebirahc. Un raclement de gorge discret à sa droite lui fit détourner le regard. « Faut partir, Sérénissime, » lui déclara Haras, avec un semblant de panique dans la voix. Sans doute l'idée de se faire découvrir par la garde avec deux chariots entiers d'armes volées ne lui plaisaient pas. Esquissant un sourire ironique, Mémoire opina simplement du chef. Après avoir vérifiée une énième fois la bonne construction de son sort, elle lui emboîta le pas, laissant derrière elle un brasier inquiétant et les cadavres de trois complices, transpercés par ses piques de glace.
Ils avaient choisi de collaborer avec une drow, librement, sans la moindre contrainte ou la moindre menace... pour cela, ils méritaient leur sort. C'était du moins ce que Mémoire se disait et se répétait. Elle devait récupérer Plume et avait trouvé un moyen d'attirer l'attention des Marches sur les activités sombres. Les hommes qui l'accompagnaient pourraient raconter à qui voudrait l'entendre qu'ils furent employé par une magicienne drow afin de voler la Péninsule.

***
Mémoire avait longuement hésité, avant de revêtir l'aspect d'une femelle sombre, mais l'idée de mêler le nom de ses ancêtres aux actions des drows, fussent-ils menés par un Gardien des Cinq, l'avait tant horrifié qu'elle s'était vite rendue à l'évidence : personne ne devait savoir, et donc, personne ne devait pouvoir la décrire. Même si elle avait changé, elle ne doutait pas de la capacité de certains à la reconnaître. Associer son nom à une drow, par contre, était bien plus difficile.
Il lui avait fallu plusieurs jours d'entraînement pour bien maîtriser le sortilège. Des jours durant lesquels elle avait été ravie de ne pouvoir se contempler. Utiliser la magie de l'illusion sur soi n'était déjà pas chose aisée, mais quand en plus on ne pouvait pas voir le résultat et l'arranger au fur et à mesure... Le premier village qu'elle avait traversé l'avait fuie comme la peste. Le deuxième avait retenu ses rires. Le troisième n'avait semblé rien remarqué, jusqu'à ce qu'un badaud plus alcoolisé que les autres lui demande pourquoi elle avait une oreille plus haute que l'autre. Elle avait profité de son état pour l'interroger, le questionner, tenter devant lui et lui demander son avis. Elle avait ensuite questionné un autre passant, plus sobre, jouant la femelle orgueilleuse et avide de compliments. Dans l'ensemble, le résultat avait semblé à la hauteur.
« Thaar », lui annonça Haras. Comme à son habitude, elle ne répondit pas, lui faisant simplement signe de son bâton de continuer. Les sentiments que lui inspirait l'humain était étrange, perdus entre aversion de celui qui travaillait pour une drow – fusse-t-elle en réalité humaine – et la sympathie du compagnon de voyage agréable. S'il ne parlait que peu, au moins parlait-il bien. « Vous allez en faire quoi, de toutes ces armes ? »
Esquissant un sourire ironique, Mémoire joua son rôle. « Éprouverais-tu des remords, Haras ?
- Pas ça. Juste que ça en fait beaucoup, et que vous êtes seule. »
D'un simple hochement d'épaules, la fausse drow balaya la remarque, comme si elle n'avait aucune importance. Et, de fait, le pauvre ne savait pas quel dindon il était, ni dans quelle farce elle l'avait emmenée. Au moins n'avait-il pas à se préoccuper de se justifier : il était attiré par l'or et l'assumait parfaitement. Mémoire, elle, n'avait cessé de s'interroger. Avait-elle le droit d'agir ainsi ? Sûrement, Tyra ne s'était manifestée à aucun moment, ni pour la dissuader, ni pour l'encourager. Ne participait-elle pas au jeu de la Guerre, en se déguisant ainsi en drow ? Ne prenait-elle pas parti ? Au final, elle avait décidé de s'en tenir à sa version des faits : elle jouait selon ses propres intérêts et ceux de sa Déesse. Elle n'avait plus de race, plus de famille, plus d'amis, seulement sa Déesse. Et si Tyra ne l'empêchait pas d'agir, elle n'avait aucune raison de se morfondre par la suite. « Les bras à armer ne manquent pas. Les victimes non plus. Quant à toi, tu seras payé. Le monde est bien fait, n'est-ce pas ?» Et ce fut tout.
En silence, ils pénétrèrent dans la ville.
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Mar 22 Nov 2011 - 14:13

Lorsque la Gardienne de Tari parvint à Thaar, dans la résidence qui accueillit le premier rendez-vous, aucune trace du Gardien, pas plus que de Plume d’ailleurs. Non, ils n’étaient pas là… Il n’y avait que deux hommes, le même guide qu’il y a quatre semaines et un homme en arme, qui l’attendaient.
Tout d’abord, ils ne la reconnurent pas, et saluèrent avec déférence et crainte comme si elle était une drow véritable, mais elle dévoila aussitôt le subterfuge et passant la surprise d’un tel prodige, ils lui annoncèrent l’absence du Gardien.

« Ust’Chath attend en dehors de la ville, il a pensé qu’un échange à l’abri des regards vous conviendrait mieux, autant qu’à lui. »

Ust’Chath… Le Premier Feu. Voila ce que serait le nom qu’il porterait pour toute autre créature que son peuple.

« Je vais vous conduire à lui, où sont les armes et les armures ? »

Et aussi étonnant que put paraitre la chose, se fut une aveugle qui guida des voyants, et les deux hommes, soucieux de respecter l’image qu’abordait la Gardienne suivirent quelques pas derrière, se comportant avec elle comme si elle avait été véritable sombre.
Arrivé au convoi, elle remercia ses hommes et leur demanda de prendre les rênes afin de conduire le chargement au lieu de rendez-vous.

Il fallu près d’une heure après être sorti de la ville pour rejoindre le Gardien et ses hommes, entre temps la Gardienne avait balayé l’illusion qui la couvrait, et une odeur accueillit la Gardienne, celle de la chair calcinée. De simples voyageurs ou des paysans qui s’étaient égarés jusque là, se retrouvant au mauvais endroit, au mauvais moment et qui avait dès lors été immédiatement dévoré par les flammes.
Dans une cuvette, une dizaine d’hommes en cercle, des mercenaires, le Gardien et l’enfant en son centre.

Le chariot fut arrêté à quelques mètres des deux, et le guide se précipita pour souffler à Tebirahc quelques mots qui le firent sourire. Il venait d’apprendre le déguisement dont avait usé Katalina pour obtenir les armes, quoiqu’il lui faille définitivement attendre avant d’en user… Quelques années sauront faire oublier que quelques armes ont été volées par une drow quand lui-même en usera, ou tout au moins, les mettra entre les mains de ses pions futurs.

Il attendit que la Gardienne approche, alors il fit un geste à l’adresse de deux mercenaires afin que ses derniers vérifient la marchandise, et pour éviter qu’elle ne pense à un piège.

« Ils vont vérifier que tu es une marchande honnête. »

Mais il ne lui offrait pas le choix… Pourtant, il était convaincu qu’elle ne se serait pas déguisée si son intention avait été de lui mentir et qu’elle tenait trop à récupérer l’enfant pour risquer le tout dans une tentative de le duper.
Pendant que ses hommes s’attelaient à leur tâche, il reprit avec une pointe d’amusement.

« On m’a dit que tu avais prit les traits d’une drow ? Dis-moi, Katalina, qu’as-tu fait pour obtenir ce matériel ? As-tu pillé ? As-tu… tué ? »

L’idée qu’elle se soit forcée à cela donnait une saveur plus grande encore à l’échange… Sans compter les vies qui seraient prises avec ces armes, victimes indirectes des désirs de la Gardienne. Elle saurait ; oui, elle saurait le nombre de vies qui seront happés par ces armes, il essaiera même d’obtenir des noms afin de pouvoir un jour lui donner chacune d’entre elles dans les limbes. Il reprit plus sérieusement ensuite.

« Je t’ai pour ma part amené les cendres de Cyllian. J’ai moi-même procédé à quelques antiques rituels elfiques avant de brûler ses chairs et ses os, et ait fait confectionné par l’un de nos meilleurs artisans une urne à la hauteur de son rang. »

Qu’elle apprécie l’attention ou non lui importait peu, ça n’était pas pour elle qu’il avait procédé, mais parce que comme elle, il estimait qu’elle le méritait, à l’instar de tout autre Gardien.

« Je t’ai aussi amené Plume, comme convenu, mais elle ne parle pas un traître mot d’humain ou d’elfique. »

Mais l’enfant n’avançait pas, elle attendait l’ordre du Gardien, et ce dernier attendait que ses hommes confirment la sagesse de la Gardienne.


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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Mar 22 Nov 2011 - 19:43

Pendant quatre semaines, Mémoire avait tâché d'oublier les conséquences futures de ses actes. Se concentrer sur l'idée de se voler elle-même avait, dans un premier temps, occupé sa conscience. User de ses pouvoirs presque en continue, que ce soit pour cacher sa véritable identité, pénétrer discrètement dans les hangars Noblegriffon ou dissuader « en douceur » leurs poursuivants de les rejoindre, avait aidé. Mais dès l'instant où elle avait retrouvé son visage, la réalité s'était imposée. Ce fut donc silencieuse qu'elle rejoignit le lieu de rendez-vous, escortée par les serviteurs de Tebirahc... ou Ust'Chath, comme il semblait se faire appeler désormais. Elle comprenait ce besoin de changer de nom, pour en avoir ressenti un similaire. Il n'était plus celui d'avant son élévation, et que ce soit pour agir anonymement ou pour symboliser sa nouvelle vie, il avait besoin de faire oublier Tebirahc Zauharel. Elle en vint à se demander si, comme elle, il regrettait son ancienne vie. À l'image de la Gardienne de Tyra, l'Élu de Mogar n'avait pas versé dans la religion. Au moins n'avait-il pas changé d'allégeance, la foi allait toujours à Uriz, seule la façon de servir différait. Cyniquement, Mémoire se surprit à penser qu'au fond, le drow continuait à verser du sang et que cela devait lui suffire.

Plus encore que son aura, ce furent les victimes de l'homme qu'elle venait voir qui lui signifièrent qu'elle approchait. Pas de vive voix, non, mais l'odeur nauséabonde qui émanait de leur cadavre noirci était comme une carte lui indiquant ou aller. Cela confirmait bien ses pensées précédentes, et elle eut soudainement envie de se retourner vers le convoi et de le détruire, d'enfermer son précieux contenu dans la glace et de les briser. Malheureusement, agir ainsi entraînerait la mort de Plume et la perte des restes de Cyllian et cela, elle ne pouvait le tolérer. Elle avait déjà trop fait pour faire demi-tour. Elle s'était engagé sur une voie, la sienne, elle s'y tiendrait. Fermant les yeux, elle chassa les visions horribles qui assaillaient son imagination. Katalina avait douté toute la fin de sa vie. Mémoire, elle, ne doutait pas. Quand ils arrivèrent finalement à destination, elle s'ouvrit à la Voix des Morts afin de savoir ce qui l'attendait. Tebirahc n'était pas seul, il était entouré d'une petite dizaine d'âmes, et ce constat lui fit froncer les sourcils, en plus de la mettre sur la défensive. Le Gardien tentait de dicter ses règles et elle n'aimait pas ça. La flamme discrète de l'âme d'une enfant lui fit oublier ses préoccupations, cependant. Il avait tenu parole.

« Si vraiment tu y tiens, répondit-elle avec sérénité dans la langue des elfes. Tu seras déçu de voir que j'ai respecté les termes de notre marché. » Elle balaya la scène de son regard aveugle, s'arrêtant là où elle pensait se trouver Plume. « Toi, par contre, je remarque que tu as pris quelques libertés. La présence d'une petite troupe armée était-elle vraiment nécessaire ? »

S'amusant des méthodes qu'elle avait utilisé, il l'interrogea sur les moyens précis. Pillage ? Meurtre ? D'un point de vue strictement personnel, Mémoire aimait à penser qu'elle n'avait fait de mal à personne. Elle avait simplement pris ce qui lui appartenait, là où elle l'avait laissé. Certes, le feu avait sans doute détruit de nombreuses autres possessions, et engendré des pertes non négligeables pour ses comptoirs, mais elle avait bien travaillé tout au long de sa vie et ce n'était pas ça qui mettrait à mal ses anciennes affaires.

« Si vraiment les détails t'intéressent, je te laisse le plaisir de les découvrir par toi-même. » Il avait lui-même donner le ton lors de leur dernière rencontre. Ils ne s'appréciaient pas et n'avaient rien à gagner à feinter l'inverse. « Venons en aux faits, si tu veux bien. J'ai les armes. »

Il lui affirma avoir, quant à lui, cendres de Cyllian et Plume. Hochant la tête, Mémoire nota avec une certaine satisfaction le soin qu'avait pris Tebirahc à honorer la mémoire de l'ancienne Gardienne. C'était là un détail qui augurait bien pour la suite de leur relation. Elle ne doutait pas qu'ils s'opposeraient par la suite, et pour des sujets divers qui plus était. Mais au moins, quand ils s'engageraient à quelque chose, elle pouvait espérer qu'il tiendrait parole. Cela ne l'empêcherait certes pas d'être sur ses gardes - elle avait trop à perdre par pécher de confiance - mais c'était tout de même quelque chose de rassurant. Patiente, elle attendit que les gardes de Tebirahc eurent fini leur besogne et annonce à leur maître sa bonne foi. Elle se prépara aussi à la possibilité qu'il cherchât à la duper. Elle espérait pourtant qu'il ne ferait pas cette erreur.

Le cas échéant, elle ne savait pas du tout ce qu'il adviendrait. Ni pour eux, ni pour Plume, ni pour les alentours.
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Mer 23 Nov 2011 - 20:50

Pensait-elle qu’il ait l’espoir qu’elle le trompe ? Voyons, c’était une aide non-négligeable et agréable… La Gardienne de Tari apportant une pierre à un édifice qui charriera à l’avenir des âmes dans la violence, jusqu’au Royaume des Morts. Il ne pouvait que désirer qu’une telle idée prenne véritablement forme.

« Déçu ? Voyons, je l’espérais. Tu m’épargnes l’effort de constituer ce stock par moi-même. » Répondit-il avec une forme d’enthousiasme sincère.

Ainsi, une nouvelle fois, rappelait-il à la Gardienne le présent et la participation qu’il lui attribuerait dans ses plans futurs. Cela, il ne manquerait pas de le réutiliser, comme un poignard à remuer dans le cœur de cette humaine. Il saurait la briser sans pour autant provoquer directement la Déesse, et peut-être alors cesserait-elle de convoiter son Artefact par crainte de ce qu’il pourrait lui faire en retour.
Mais tout ceci est une autre histoire… Cela attendra qu’il utilise ce matériel.

« Des libertés ? Oh, ça ? Ces hommes sont là pour escorter le convoi jusqu’à la cachette où ces armes et armures attendront l’heure de servir.
Ne vas pas t’imaginer qu’ils sont là pour toi… Ma lame suffirait s’il m’était venu à l’idée de te tuer, quant aux leurs, elles seraient inutiles, tu es trop puissante pour eux. Non, cela ne fait pas parti de mes plans, et je crois qu’Ils n’apprécieraient pas.»


Et il exprimait la chose avec une assurance sans faille, si les Cinq n’intervenaient pas, il était convaincu que sa lame saurait faire la différence là où les pouvoirs se neutraliseraient… Mais tuer un Gardien n’était aucunement prévu dans son programme, et il avait à cœur de s’y tenir sans trop s’en écarter.
Elle écarta immédiatement ses demandes quant à la méthode, mais il était certain que cette apparence qu’on lui avait indiqué avait été utilisé, et connaissant les manières des sombres, l’affaire n’avait pas été régulière. Lui décida de ne pas insister.

Quelques instants encore passèrent jusqu’à ce que les hommes aient fini leur besogne.

« Ust’Chath, tout est bien là. »

Parole en humain que son interprète du moment ne tarda pas à transmettre au Gardien, celui-ci sourit, parfaitement satisfait par la tournure des évènements. Aussi, et puisqu’elle avait tenu parole, il ordonna en drow à Plume d’avancer vers la Gardienne.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: La demande et le prix à payer | Tebirahc   Jeu 24 Nov 2011 - 20:48


Même si elle n'en laissait rien paraître - un art dans lequel Mémoire avait finit par exceller -, le cœur de la Gardienne de Tyra manquait parfois quelques battements, qu'il rattrapait au centuple la seconde suivante. Elle ne prit même pas la peine de répondre à la provocation de Tebirahc, il pouvait bien se sentir supérieur s'il le désirait. La jeune femme n'avait de toute façon aucune envie de l'affronter, tant parce qu'elle n'était pas sûre, en effet, d'y réchapper que parce qu'elle ne savait pas quelles catastrophes pouvaient naître de leur confrontation. Le Voile avait laissé des marques déjà bien trop douloureuses au Miradelphien, nul besoin de rajouter un cataclysme au lot de malheurs qui s'abattait sur le monde des Cinq. Il pouvait bien se vanter tout son soul, elle ne lui ferait pas le plaisir de le contredire. Il semblait déterminer à mener une sorte de guerre psychologique avec elle, mais Mémoire n'avait pas l'intention de rentrer dans son jeu. Si elle était venue à lui, cette fois là, c'était parce qu'il était le seul à pouvoir lui procurer ce dont elle avait besoin. Leur marché entériné, elle ne chercherait plus à l'approcher et s'il voulait tenter quelque chose, il faudrait dans un premier temps qu'il s'amuse à la trouver.

Finalement, après ce qui lui sembla être une éternité, on rapporta au Fils de la Guerre que Mémoire avait tenu parole. Le drow prononça quelques paroles dans ce qui devait être sa langue natale et Plume se mit en mouvement. Quelques secondes plus tard, une petite main timide agrippait la robe de la serramiroise, qui hésita sur l'attitude à adopter. La présence de Tebirahc alliée au fait que l'enfant ne comprendrait pas un traître mot à ce qu'elle lui dirait la décourageait d'être trop démonstrative. Elle posa pourtant, avec une douceur extrême, sa main sur l'épaule de sa nouvelle protégée et la serra, comme pour mieux l'assurer de sa présence.

« Tout est dit. » Se baissant, elle passa un bras autour de la taille de Plume qui, trop apeurée pour protester, se laissa simplement faire. Sans chercher à la réconforter - ce n'était ni le moment ni l'endroit - elle esquissa une très légère mais néanmoins respectueuse révérence en direction du Gardien de Mogar. Elle avait beau ne pas le porter dans son cœur, il demeurait un Élu, et elle respectait cela. Elle ne chercha même pas à deviner comment il pourrait interpréter ce message - faiblesse, peur, les possibilités étaient trop nombreuses - et quand elle reprit la parole, ce fut d'une voix calme et assurée. « Adieu, Tebirahc. En espérant que notre prochaine rencontre se passe aussi bien que celle la. »

Et, sans ajouter une parole de plus, elle se retourna, commençant à partir. Seule. Elle laissait derrière elle des hommes qu'elle avait déjà payé et un convoi dont elle n'avait plus l'utilité. Offrir ainsi un moyen de transport au drow ne la dérangeait pas. Tout ce qu'elle gardait en tête, c'était la distance qui la séparait encore de Meca.
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