AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Jeu 19 Jan 2012 - 13:02

    Le palais était bien silencieux ce jour là, l’effervescence habituelle semblait avoir déserté les couloirs qu’elle traversait, cela lui rappelait les mois qui avaient suivis la mort d’Armand. A ce moment là, tout le monde l’avait consciencieusement évité, sûrement pour ne pas être obligé de supporter les pleurs d’une mère en deuil. Depuis, il y avait toujours chez certains nobles de Missède une réserve, ils ne s’adressaient plus à elle de la même façon, sûrement parce qu’en trois ans elle n’avait jamais quitté ses robes noires… Oui elle était en deuil, elle ne parvenait pas à oublier la mort de son fils, et même trois longues années n’avaient pu effacer la douleur qu’elle ressentait. Pourtant Viktor avait toujours tout fait pour qu’elle aille mieux, pour qu’elle soit enfin apaisée, mais il n’était presque jamais là et ses absences étaient encore plus difficiles à vivre. Mais comment le blâmer de partir des semaines loin de Missède, loin d’elle. Avait-elle sourit en trois ans ? Avait-elle était d’humeur joyeuse ? Non.

    Pourtant la présence de Catherine à ses côtés avait changé bien des choses. La jeune femme s’était toujours évertuée à la divertir, à la sortir de sa morosité et bien qu’elle ne le lui eût jamais dit de vive voix, elle lui avait probablement sauvé la vie. Elle lui avait réchauffé le cœur à des moments où elle aurait souhaité mourir. Mais cette période là de sa vie était loin derrière elle. Son guérisseur lui avait annoncé quelques semaines plus tôt qu’elle était à nouveau enceinte. Si elle avait éprouvé une immense joie, l’homme de science l’avait aussitôt averti que sa constitution fragile risquait de rendre la suite de sa grossesse difficile. Bien qu’il lui ait parlé avec un sourire rassurant pendu aux lèvres, il ne lui avait pas caché le gros risque de fausse couche qu’elle encourait.

    Mais de cela, Kathleen ne voulait pas s’en inquiéter. Sa Dame de compagnie et Néna étaient les seules autres personnes au courant de son état, et la jeune femme attendait avec impatience le retour de Viktor pour lui annoncer la nouvelle. Elle était sûre qu’il serait heureux de l’apprendre, après tout, il avait autant souffert quelle de la mort de leur enfant.
    Ce jour là, pareille à tous les autres en apparence, Kathleen avait fini par décider de quitter ses vêtements de deuil et de retrouver des couleurs. Elle devait retrouver une alimentation saine et faire en sorte d’aller mieux pour que cette grossesse se passe au mieux.
    La servante qui s’occupait d’elle le matin fut surprise de la voir si enjouée, en même temps, elle avait vidé la moitié de sa penderie sur son lit pour trouver la robe qu’elle désirait porter. Son choix s’était arrêté sur une robe orange, toute en froufrou et en dentelle, comme c’était la mode à Missède. Au diable son chignon serré, ses boucles blondes retrouvèrent enfin leur liberté et elle se plaisait à porter ses cheveux détachés, avec juste quelques épingles de-ci de-là. Ce changement de style radical fit donc son effet lorsqu’elle pénétra dans le petit salon ou se réunissait Dames de compagnie, noble Dames en visite et servantes occupées à servir tout ce petit monde.


    - Bonjour Mesdames, veuillez m'excusez mais ce matin je ne resterais pas en votre compagnie. Dame Catherine, m’accompagnerez-vous en promenade dans les jardins ? Il serait dommage que le seul jour où le soleil apparaisse, nous restions enfermé à l’intérieur n'est-ce pas ?

    Ne prêtant guère attention aux bouches bées que provoquèrent ses paroles, Kathleen adressa un sourire à sa première Dame de compagnie et attendit d’elle une réponse. L’atmosphère à l’intérieur même du palais était devenue trop pesante, elle avait besoin d’aller s’aérer un peu, loin de toutes ces femmes avides de ragots et visiblement pas si ravies que ça de la voir à nouveau souriante. Peut-être que l’une d’entre elle avait espéré que sa mauvaise mine continuelle la ferait répudier et que sa place serait à prendre ! Raté, car Kathleen comptait bien retrouver des couleurs avant le retour de Viktor.


Dernière édition par Kathleen de Missède le Jeu 19 Jan 2012 - 23:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Catherine de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 09/01/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 18 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Jeu 19 Jan 2012 - 22:43

Au cours de ces trois dernières années, une amitié était née entre Catherine et Kathleen. Si la dame de compagnie avait accepté son nouveau statut en pensant avant tout à fuir les griffes de sa mère, elle trouvait aujourd'hui de nombreuses raisons d'être heureuse de cette situation. La vie au palais de Missède était agréable, et la baronne était une femme tout à fait admirable. Ceux qui fuyaient sa morosité depuis la mort d'Armand la trouvaient probablement fragile, faible même. Catherine n'était pas de cet avis. Elle côtoyait Kathleen depuis longtemps maintenant, et avait comprit dès le départ que la baronne était une femme d'une force rare, et que si le choc l'avait ébranlée, elle s'était battue pour garder l'esprit. Elle avait toujours l'amour de Viktor, bien que les absences répétées de celui-ci ne facilitaient pas les choses. Catherine s'était efforcée de rassurer Kathleen, de lui répéter qu'elle ne devait pas désespérer, qu'elle méritait l'amour de son époux et qu'elle donnerait à nouveau la vie à un être cher. Et le temps avait fini par lui donner raison : Catherine était l'une des rares confidentes à être au courant de la grossesse de la baronne. Et elle priait chaque soir pour que l'enfant naisse viable et qu'il apporte au couple de Missède le bonheur qu'il méritait. Evidemment, la crainte de la fausse couche était présente. Catherine craignait pour l'enfant presque autant que Kathleen, tant elle souhaitait que la baronne reprenne goût à la vie, mais elle ne faisait jamais part de ses inquiétudes et se montrait toujours rassurante. Après tout, la confiance et l'état d'esprit de Kathleen avaient peut-être une incidence sur la grossesse. Dans ce cas, le retour prochain de Viktor ne serait pas une mauvaise chose.

Dans le petit salon, les servantes étaient aux petits soins auprès des dames qui attendaient la venue de la baronne. La plupart étaient ici uniquement pour s'afficher, et elles ne se privaient pas de piailler sur la morosité de la baronne en l'absence de l'intéressée. Il était certain qu'elles se répandraient en compliments une fois que celle-ci serait dans la pièce. Cette hypocrisie agaçait Catherine au plus haut point, qui avait comprit que Kathleen attendait de la franchise de sa part. Elle ne s'était jamais permise d'aller au-delà de son rôle, mais s'était toujours comportée de façon naturelle et elle savait que la baronne l'appréciait pour cela.

Toujours est-il que lorsque Kathleen entra dans la pièce, les dames la regardèrent sans un mot, bouches bées, stupéfaites de cette métamorphose. La baronne, auparavant vêtue des vêtements sombres du deuil, leur apparaissait aujourd'hui en couleurs, un grand sourire aux lèvres. Même Catherine ne s'attendait pas à un tel changement, bien qu'elle savait que la baronne reprenait goût à la vie depuis l'heureux événement dont elle lui avait fait part. Lorsqu'elle annonça qu'elle ne voulait que la compagnie de Catherine ce matin-là, tous les regards se tournèrent vers l'intéressée avec une pointe de jalousie. Nombre des dames présentes ne comprenaient pas, et ne comprendraient jamais pourquoi cette "jeune idiote" avait droit aux égards de l'épouse de Viktor. Catherine les ignora, ravie au contraire de cette honneur, et elle s'empressa de rejoindre Kathleen.


- Vous avez tout à fait raison, madame la Baronne.

Elle suivit Kathleen et les deux femmes quittèrent ensemble cette pièce étouffante, laissant les commères discuter entre elles. Elles se dirigèrent vers les jardins. Catherine sentit la fraîcheur de l'hiver lui fouetter doucement le visage, mais l'air était plutôt agréable à la sortie d'un lieu où il faisait un peu trop chaud.
Lorsque les deux dames furent entre elles, Catherine, ravie de constater la bonne humeur de Kathleen, lui confia, le sourire aux lèvres :


- Votre bonne humeur matinale a bien surprit ces dames, il semble qu'elles se soient acoutumées à votre ancien visage. Pour ma part, votre sourire me ravit, et j'imagine que la nouvelle que vous m'avez confiée il y a quelques jours n'est pas étrangère à cela.
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Ven 20 Jan 2012 - 14:02

    L’air frais de ce matin hivernal aurait rebuté n’importe laquelle des dames affalées dans les fauteuils du salon, mais pas Catherine. Lorsque Kathleen lui avait proposé cette petite balade, elle avait su que seule sa Dame de compagnie accepterait de la suivre. Et puis de toute façon, elle n’avait pas proposé aux autres de se joindre à elles. Leurs piaillements constants lui étaient devenus insupportables. Depuis la mort d’Armand, elles avaient tant colporté de ragots sur sa santé physique et mentale, sur ses chances de concevoir, sur son teint pâle et ses traits tirés et sur tant d’autres choses qu’elle n’avait même plus eu l’envie de les contredire. Sa mine morose, ses pensées tristes…. Aucune de ces femmes n’avaient essayé de l’aider, de l’écouter et de la réconforter, sauf une, Catherine. Et se retrouvait à cet instant seule avec elle dans les jardins la ravissait.
    Son sourire s’étira un peu plus, lui faisant presque mal aux joues tant elle n’était plus habituée à cela. Marchant d’une allée à l’autre, les deux femmes ne pouvaient guère contempler les fleurs, l’hiver avait emporté toutes les couleurs du jardin, mais ce n’était pas pour les charmes de cet endroit que Kathleen avait voulu quitter les murs du palais, s’était pour s’aérer autant le corps que l’esprit.

    Les paroles de Catherine la firent sourire davantage. Bien que règles et protocoles soit son lot quotidien, cette jeune femme s’était toujours montré honnête et franche avec elle, ce qui lui avait beaucoup plus dès leur première rencontre.


    - Je reconnais que cette nouvelle me réjouit au plus au point. J’avais peut-être besoin de cela pour tourner définitivement la page. A partir d’aujourd’hui je ne me rendrais plus dans le salon des Dames, j’en ai assez de la compagnie de ses vipères... Pourrez-vous vous charger de prévenir l’intendant à notre retour. Comment ces femmes peuvent-elles s’imaginer savoir ce que je ressens ? Je ne supporte plus leur insinuation à peine dissimulée et encore moins leur messe basse lorsque je rentre dans une pièce.

    Une bonne chose de décidée. Après tout ces femmes n’étaient aimables avec elle que pour s’attirer faveur et passe-droit. Ne plus se rendre à ses petites réunions matinales leur donneraient à toutes un nouveau sujet de médisance mais Kathleen n’aurait plus à souffrir de leur paroles, parfois blessantes. Combien de fois s’était-elle entendu dire que le choc provoqué par la perte d’Armand l’avait probablement rendu stérile ou que les absences répétées de Viktor étaient sûrement dues à son manque flagrant d’enthousiasme lorsqu’il était là…
    S’arrêtant devant un bosquet de rosier, Kathleen regarda les feuilles d’un vert sombre et poussa un long soupir. Elle avait hâte de revoir ces rosiers en fleurs, ils lui rappelaient tant le château de son enfance. La Roseraie. Tout était dans le nom ! Elle se souvenait des jardins remplis de rosiers de toutes les couleurs, embaumant l’air de leur parfum si particulier… Viktor avait fait planter ceux-ci juste avant son arrivée, pour qu’elle ne se sente pas trop dépaysé en venant vivre à Missède...


    - J’ai hâte que le printemps revienne. J’aime voir ses rosiers fleuris. Dites moi, avons-nous des nouvelles de Viktor ? Une lettre ? Et de mon père, savez-vous si un coursier est arrivé ce matin ?

    Kathleen avait ordonné à l’intendant de faire transité tous ses messagers par sa demoiselle de compagnie, s’était sa façon à elle de lui prouver sa confiance et de l’impliquer un peu plus dans les affaires courantes du palais. Mais cela faisait plusieurs jours qu’aucune nouvelle de Viktor ne lui parvenait et la dernière lettre de son père remontait à plusieurs semaines. Le vieil homme avait une santé fragile, surtout depuis la disparition de Grégoire. Ce souvenir faillit lui faire perdre sa bonne humeur mais elle chassa cette pensée et se tourna vers Catherine toute souriante.
Revenir en haut Aller en bas
Catherine de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 09/01/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 18 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Sam 21 Jan 2012 - 14:44

Catherine esquissa un sourire en imaginant la réaction des dames lorsqu'elles apprendraient que la baronne n'irait plus au salon. Elle acquiesça à la demande de Kathleen et avait déjà hâte d'annoncer la nouvelle à l'intendant. Cela faisait un certain temps que le comportement de ces vipères exaspérait Catherine au plus haut point, et elle était ravie de cette décision. Cela allait probablement alimenter encore un peu les quolibets à l'égard de la dame de compagnie qui faisait l'objet de la plus grande jalousie, mais celle-ci n'en avait que faire. Seul comptait le bien-être de son amie.

- Vous pouvez compter sur moi, je le ferais savoir dès notre retour.

Catherine demeura silencieuse lorsque la baronne se remémorait son enfance auprès d'un bosquet de rosier. Elle savait à quoi pensait la jeune épouse de Viktor, qui lui avait déjà parlé du château de La Roseraie, un lieu qui devait lui manquer même si elle semblait heureuse à Missède. Catherine ne pouvait que la comprendre. Elle avait toujours connu la baronnie de Missède et ne s'était que rarement aventurée en-dehors. L'idée qu'un jour, un homme dont elle ne sait rien pourrait l'emmener loin de tout cela lui faisait peur. Elle espérait avoir la chance de trouver un homme bon, un mari aimant comme semblait l'être Viktor en dépit de ses absences.
Ce fut Kathleen qui tira la dame de compagnie de ses pensées en lui demandant si des nouvelles étaient arrivées. Catherine réfléchit quelques instants. Elle aurait aimé lui donner une réponse positive afin de contribuer encore un peu à la bonne humeur de son interlocutrice, mais il n'avaient rien reçu depuis quelques jours. Catherine connaissait trop bien la baronne pour ne pas savoir qu'elle avait besoin de recevoir des nouvelles, d'autant plus que son père ne donnait pas signe de vie depuis un certain temps.


- Hélas, nous n'avons de nouvelles ni de l'un, ni de l'autre. Mais je suis certaine que tous deux se portent bien et qu'ils pensent à vous. Peut-être recevrons-nous une lettre demain.

La santé fragile du père et les absences répétées d'un mari pesaient forcément sur le moral d'une femme enceinte qui avait connu des difficultés à enfanter. Catherine pesta intérieurement contre le manque d'attention que ces deux hommes semblaient porter à la baronne. Les expéditions de Viktor n'étaient probablement pas sans risque, et il n'était pas bon de laisser une épouse seule avec ses inquiétudes. Ce n'était pas bon pour l'enfant... mais elle se rappela que Viktor n'était toujours pas au courant.

- Allez-vous annoncer l'heureuse nouvelle à Viktor lorsque celui-ci rentrera ?

Sa question n'avait pas d'autre intérêt que de focaliser la discussion sur le sujet qui semblait le plus ravir Kathleen.
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Sam 21 Jan 2012 - 17:23

    Que cette promenade en compagnie de Catherine pouvait être revigorante ! Kathleen avait l'impression de respirer à nouveau. Loin du salon grouillant d'informations croustillantes de dernière minute, la jeune baronne se sentait bien plus à l'aise. Depuis qu'elle vivait à Missède elle s'était pliée sans rechigner aux règles et au protocole, pour Viktor, pour qu'il soit fier de son épouse, mais aujourd'hui elle avait besoin de retrouver ses valeurs, ses plaisirs, ses moments de folies qui avaient tant fait pester son père lorsqu'elle était plus jeune. Une bourrasque de vent fit voleter ses cheveux blonds la faisant sourire un peu plus. Coquette, elle l'avait toujours un peu était, et voir ses boucles blondes enfin libres la rendait heureuse. Cela pouvait paraître bizarre à toutes les personnes extérieures au couple dirigeant de Missède, mais il suffisait de savoir que Viktor était fou de ces fameuses bouclettes pour que soudain ce sourire amusé devienne compréhensible. Si son changement de tenue allait surprendre son époux, elle était certaine que la première chose qu'il remarquerait c'était ses cheveux enfin dénoués.

    Revenant au présent, la baronne se tourna vers sa dame de compagnie et tenta de masquer sa déception lorsqu'elle lui annonça qu'aucune nouvelle n'était arrivée. Comme la veille, et l'avant veille, et le jour d'avant encore. Pensait-il seulement à elle là où il était ? Elle n'en savait rien. Chaque jour elle essayait de se rassurer, imaginant qu'il n'avait peut-être pas l'occasion de lui écrire, ou que c'était trop risqué pour lui d'envoyer un malheureux coursier lui porter le moindre petit bout de papier couvert de son écriture. La petite touche d'espoir que tenta d'insérer Catherine dans sa phrase ne fit que renforcer son sentiment d'abandon. Que ce soit aujourd'hui ou demain, elle était certaine de ne recevoir aucune nouvelle, ni de l'homme qu'elle aimait, ni de son père. L'un parce qu'il était probablement trop occupé à guerroyer et l'autre parce qu'il ne voulait pas l'inquiéter avec ses problèmes de santé. Heureusement que l'intendant de la Roseraie l'informait le plus souvent possible de l'état de santé du maître des lieux.


    - Oui, probablement demain.conclut-elle sans grand espoir.

    La jeune femme à ses côtés profita du silence qui s'installait pour changer de sujet et l'amener à parler de quelque chose qui ferait revenir sa bonne humeur. C'était étonnant de voir comment elle la connaissait si bien. Viktor avait bien choisi en lui présentant sa cousine quelques mois après la mort d'Armand. La jeune femme d'abord simple demoiselle de compagnie, était vite devenue sa confidente, son amie même. Certes il existait toujours entre elles une distance voulu par cette fichue bienséance mais c'était tout de même agréable d'avoir une amie à qui parler de tout. Elle savait qu'au beau milieu de la nuit elle pouvait la faire appeler, ou bien lui demander de régler certains détails quotidien à sa place. L'absence de Viktor au palais rendait sa charge de travail plus lourde et vite insupportable, aussi l'aide de Catherine la soulageait grandement. Parler de sa grossesse lui rendit instantanément son sourire et, prenant le bras de la jeune femme, elle reprit sa marche le long des allées quadrillées des jardins.


    - J'ai hâte qu'il rentre pour le lui annoncer. Je suis sûre qu'il sera aussi heureux que moi. Seulement, j'aimerais qu'il revienne avant que je sois sur le point d'accoucher, il n'y aurait plus d'effet de surprise.

    Ponctuant sa phrase d'un rire, Kathleen tenta d'imaginer la scène. Leur route croisa celle d'un couple enlaçait à l'angle d'une haie, les deux jeunes femmes voulurent s'esquiver sans bruit, mais leur approche fut remarqué et une fois reconnu l'homme mit genoux à terre et la demoiselle s'inclina en une profonde révérence, bafouillant salutations et excuses. Lâchant un « euh... Continuez », Catherine et Kathleen reprirent leur marches, avant que cette dernière n'explose de rire lorsqu'elles se furent éloignées.

    - Comme... comme cela m'avait manqué...de rire ! Par les dieux j'en ai assez de tout ça. Savez vous monter à cheval ? Néna n'arrête pas de me rabattre les oreilles qu'il ne sied pas à une Dame de mon rang de battre la campagne à cheval mais je donnerais n'importe quoi pour entre à nouveau en selle. Nous pourrions nous éclipser une petite heure cet après midi, sans la prévenir, quand dites-vous?

    Trop enjouée ? Oui cela pouvait paraître louche en effet, pourtant sa soudaine joie de vivre était sincère. La vie au palais n'avait rien fait pour arranger son humeur ses dernières années et depuis quelques jours elle repensait souvent à sa vie à la Roseraie. La légèreté qui rythmait sa vie d'alors lui manquait, elle voulait retrouver son entrain et la grain de folie qui lui avait valu l'affectueux surnom 'petit diable'.
Revenir en haut Aller en bas
Catherine de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 09/01/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 18 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Dim 22 Jan 2012 - 19:27

La déception de Kathleen n'échappa guère à la demoiselle de compagnie, mais que pouvait y faire Catherine ? Rien, malheureusement, elle n'avait pas le pouvoir d'obliger les deux hommes si chers à la dame à lui écrire. Elle n'insista pas davantage sur ce point, car elle devrait mentir si elle voulait faire croire à son amie qu'elle était plus confiante qu'elle. Et s'il y avait bien quelque chose qu'elle se refusait à faire, c'était de mentir à Kathleen de Missède.

Heureusement, l'enfant à venir était le sujet idéal pour permettre à la baronne de puiser un peu de bonheur. Ravie de voir Kathleen sourire de nouveau, Catherine écouta avec attention les paroles de son amie alors que les deux femmes poursuivaient leur promenade. La hâte avec laquelle Kathleen attendait le retour de son époux rassurait Catherine sur l'idée qu'elle se faisait du mariage. Malgré les difficultés, le couple régnant sur Missède était solide et Kathleen semblait avoir trouvé le mari idéal. Cela avait tendance à atténuer les inquiétudes qu'avait la dame de compagnie sur l'avenir, elle qui ignorait encore qui serait l'homme qui l'emmènerait loin d'ici et s'il serait aussi attentionné avec elle que Viktor pouvait l'être avec Kathleen.
Alors qu'elle songeait à cela, sans pour autant perdre le fil de la discussion, les deux femmes aperçurent justement un couple qui semblait filer le parfait amour. L'espace d'un instant, Catherine éprouva presque de la jalousie. Mais sa peur maladive de l'institution du mariage avait toujours le dessus et il faudrait sûrement du temps pour la chasser. Elle allait de toute façon être obligée de se débarrasser de cette peur le jour où sa mère perdrait patience et lui présenterait un choix qu'elle ne pourrait refuser. Pour l'instant, Catherine espérait simplement repousser l'échéance le plus longtemps possible. Elle était heureuse à Missède, hors d'atteinte de l'inconnu et de ses dangers.

Riant de bon coeur avec Kathleen à l'attitude des deux amoureux, Catherine ouvrit de grands yeux lorsque la baronne lui proposa une balade à cheval. La jeune fille n'avait déjà pas l'habitude de s'éclipser dans la campagne sans escorte, elle avait encore moins l'habitude de le faire à cheval, pour la bonne raison qu'elle ne savait pas monter. Sa mère lui avait toujours interdit de le faire, craignant qu'elle se blesse, mais Catherine la suspectait aussi de craindre autre chose. Encore une de ses croyances comme quoi l'équitation pouvait nuire à ses chances d'enfanter un jour. Catherine n'y croyait guère, mais sa bonne vieille mère était particulièrement soucieuse des convenances, et considérait l'équitation comme une discipline réservée aux hommes. Malgré la peur de l'inconnu, Catherine était curieuse d'essayer et d'accepter l'invitation de la baronne, ne serait-ce que pour l'occasion de faire quelque chose qu'on lui avait longtemps interdit.


- Je... ne sais pas monter à cheval, mais j'aimerais beaucoup vous accompagner.

L'entrain que montrait Kathleen à faire ce qu'on semblait lui avoir déconseillé à elle aussi amusait Catherine. Si elle montait à cheval pour faire plaisir à la baronne, personne ne le lui reprocherait. Elle était dans son rôle de dame de compagnie. Et cette sortie égayerait encore un peu Kathleen, qui en avait bien besoin en ce moment. Il restait un minuscule détail : Catherine ne savait pas monter à cheval, était-il possible d'apprendre en cinq minutes ? Elle n'en avait aucune idée. Par le passé des hommes avaient proposé de lui apprendre pour tenter de la séduire, mais sa tyrannique génitrice avait aussitôt protesté.
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Dim 22 Jan 2012 - 22:46

    Ainsi Catherine ne savait pas monter à cheval ? Qu'à cela ne tienne, elle allait apprendre ! Depuis que la jeune femme était entrée à son service, Kathleen n'était plus montée en selle mais cela ne s'oubliait pas, elle n'aurait donc aucun mal à reprendre ses marques. Un large sourire aux lèvres, Kathleen reprit la direction du palais. Marchant d'une allure légèrement plus rapide, mais suffisamment lente pour n'éveiller les soupçons de personne, les deux jeunes femmes remontèrent les allées du jardin. Tout le long du trajet Kathleen rassura sa dame de compagnie en lui prodiguant quelques conseils utiles et en lui promettant de ne pas y aller trop vite et de ne pas partir trop loin les premiers temps, car il était évident que si elles parvenaient à échapper à la vigilance de Néna cette fois, elles recommenceraient forcément.
    Parvenu dans le palais, Kathleen lâcha le bras de Catherine et marcha un pas devant celle-ci comme il était convenu. Croisant la route de Harold son intendant, elle lui fit signe de les suivre et arrivaient dans le couloir de ses appartements privés se tourna vers lui.


    - Harold, j'attends de vous la plus grande discrétion, je veux que vous alliez prévenir le maître d'écurie qu'il nous selle deux chevaux. Allez également prévenir le chef de la garde que je souhaite faire une sortie à cheval, je ne veux pas toute une escorte, juste une poignée d'homme, lui et deux autres. Ne dites pas un mot de cela à Néna d'accord, je peux vous faire confiance?
    - Tout ce que vous voudrez madame.

    L'homme fit demi-tour tandis que Kathleen ouvrait la porte de sa chambre et la refermait derrière Catherine. Une fois seules, la jeune femme poussa un long soupir, dans cette pièce elle pouvait enfin se permettre de ne pas se tenir en baronne et s'était un réel soulagement. Se précipitant vers une mâle contenant les vêtements qu'elle avait ramené de la Roseraie, Kathleen en sortie deux tenus parfaitement appropriée pour l'équitation. L'une taillée dans un tissu marron soyeux, l'autre dans un dégradé de bleu tout à fait ravissant. Kathleen tendit la bleue à Catherine et lui expliqua qu'il faudrait qu'elle porte sous la robe une sorte de pantalon à la place de ses jupons. Tout en ce changeant, Kathleen décida d'engager la conversation sur un sujet qui tracassait son amie.

    - Votre mère m'a écrit hier. Elle souhaitait vous revoir près d'elle prochainement pour vous présenter quelqu'un. Apparemment elle veut vous voir mariée prochainement ! Je sais que cela ne me regarde pas mais...

    Avant qu'elle n'ait pu terminer sa phrase, Harold frappa et passa la tête à l'embrasure de la porte. Tout était près mais il fallait faire vite, Néna serait bientôt dans les parages. Remerciant son intendant, Kathleen prit la main de la jeune femme et l'entraîna dans les couloirs, passant par des passages dérobés pour arriver plus rapidement dans la cour extérieure du palais. Le chef de la garde était là, ainsi que deux soldats en armes et les chevaux sellés. Pas de Néna en vue, elles pouvaient donc s'éclipser en toute tranquillité. Profitant des derniers préparatifs, Kathleen expliqua à son amie comme se comporter à cheval.

    - N'ayez crainte, nous irons lentement. Faisons quelques tours de cour avant de partir.

    L'un des soldats se fit un devoir d'aider les deux femmes à monter en selle. Après quelques minutes pour que Catherine puisse se familiariser avec l'animal, Kathleen donna le signal du départ. Le chef de la garde devant, les deux soldats derrière, le petit groupe se mit en route. Il fallut plusieurs minutes pour sortir de la ville, mais dès qu'elle vit les étendues vertes devant elle, Kathleen se sentit enfin libre. Serrant la fourrure de sa cape autour de sa gorge, la baronne tourna la tête vers sa dame de compagnie.

    - Vous vous débrouillez très bien.l'encouragea-t-elle en souriant A propos de votre mère....je me suis permis de lui répondre. Je lui ai dis que votre présence à mes côtés m'étaient indispensables et que je ne pouvais pas envisager de vous laisser partir pour le moment. J'espère que vous ne m'en voulez pas...

    Kathleen savait que sa dame de compagnie n'était pas rassurée à l'idée de quitter Missède pour épouser un inconnu. Elle pensait que la retenir près d'elle était un moyen de la soustraire des griffes de sa mère. Et puis en réalité, elle appréciait trop sa compagnie pour la voir s'en aller, c'était peut-être égoïste de sa part mais elle était baronne après tout !
Revenir en haut Aller en bas
Catherine de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 09/01/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 18 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mer 25 Jan 2012 - 13:30

Aussitôt décidé, les deux femmes étaient en route pour mener leur petite escapade. Catherine s'amusait de voir l'entrain de la baronne pour se soustraire à la surveillance de Néna. Elle avait beau être l'épouse du maître des lieux, elle aussi avait besoin de se défaire des griffes d'une femme un peu trop pesante par moments. La dame de compagnie ne perdit pas une miette des conseils que lui donnait Kathleen, espérant les retenir pour les appliquer au mieux. Elle craignait de ne pas y arriver, mais cette crainte était doublée d'une certaine excitation à l'idée de l'escapade qui se préparait. Les deux femmes se préparèrent rapidement. Alors qu'elles enfilaient une tenue plus appropriée pour l'équitation, Kathleen commença à lui faire part d'une nouvelle qui ne manqua pas de lui glacer le sang. Catherine sentit sa colère monter contre sa propre mère. Voilà que celle-ci préparait des plans dans son dos et tentait de monter la baronne contre elle. Les deux femmes furent interrompues avant que Kathleen n'ait terminé, et Harold les incita à se dépêcher. La discussion serait remise à tout à l'heure, lorsqu'elles seraient sorties.

Une fois à l'extérieur, Catherine oublia un instant sa mère pour se concentrer sur le cheval sellé qui n'attendait plus qu'elle. Avec les conseils de Kathleen et l'aide de l'un des soldats, Catherine parvint à monter en selle, ce qui constituait déjà un exploit. La position n'était pas des plus confortables, mais elle s'y habituerait. Elle eut un sourire en songeant à la tête que ferait sa tyrannique mère si elle la voyait ainsi. Pas très assurée, Catherine acquiesça lorsque la baronne lui proposa de faire quelques tours avant de se mettre en route, de façon à ce qu'elle s'habitue un peu. Ce n'était pas aussi difficile qu'elle l'avait imaginée, du moins tant qu'elles avançaient au trot. Lorsqu'enfin elles quittèrent la cour pour entamer leur escapade, Catherine sentit un sentiment de liberté l'envahir. Elle se tourna vers une Kathleen souriante qui la félicitait de ses efforts. Rien ne pouvait lui faire davantage plaisir. Finalement si, les paroles qui suivirent ravirent au plus haut point la dame de compagnie, à tel point qu'elle manqua de peu de perdre l'équilibre.


- Vous avez... oh, madame la baronne, je ne sais que vous dire. Merci. Vous n'avez pas idée du service que vous me rendez.

Comment pourrait-elle en vouloir à Kathleen d'avoir prit cette initiative ? Elle venait de lui offrir un sursis supplémentaire. Nul doute que sa mère allait être furieuse, mais elle ne pourrait pas s'opposer à la volonté de la baronne. Même si Catherine savait bien que le jour fatidique finirait malheureusement par arriver.

- Je suis, moi aussi, ravie de rester à vos côtés. J'affectionne tant Missède que j'ai peine à imaginer quitter cet endroit un jour.

Evidemment, elle n'allait pas passer sa vie à demeurer aux côtés de Kathleen. Mais elle n'était pas encore prête pour ça, et elle ne savait pas quand elle le serait. Peut-être y mettait-elle de la mauvaise volonté... peut-être qu'en attendant ainsi, elle passait à côté d'une chance, une chance qui aurait pu faire d'elle une baronne ou une comtesse dans une autre province du royaume. Elle aurait pu se retrouver à son tour avec tant de gens à son service, et une dame de compagnie qu'elle choisirait elle-même. Plus elle attendrait, moins les nobles se bousculeraient à demander sa main. Cela aussi, elle y songeait, mais ça ne faisait que l'inquiéter davantage encore.
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mer 25 Jan 2012 - 13:54

Chevaucher, c'est mauvais pour la santé.

Ou tout du moins, pour les fesses.

Viktor était en train d'en faire une fort amer expérience alors qu'il chevauchait en direction de Missède. D'un côté, il avait hâte d'être enfin de retour chez lui. De l'autre... c'était compliqué. Missède avait été bien moins joyeux et heureux à vivre ces derniers temps. La mort d'Armand planant sur le jeune couple régnant. Kathleen n'avait pas quitté ses vêtements de deuil depuis que le nourrisson était mort. Trois longues années que ses robes colorées et chatoyantes avaient été remisées dans un placard et qu'elle seraient sans le moindre doute dévorée par les mythes en ce moment même si les servantes n'en prenaient pas soin malgré le peu d’intérêt que leur portait la baronne.

Les quelques passages qu'avait fait Viktor à Missède pendant ces trois années qu'il avait passé à établir son autorité en Isgaard n'avaient pas été pour le rassuré. Kathleen avait eu petit à petit l'air de se transformer en spectre. Ses cheveux n'étaient plus laissé libre, son sourire avait disparut... à peu de choses prêt, Viktor aurait crut se retrouver face à sa mère. Heureusement, la jeune femme n'était pas assez aigrie pour cela.

D'une certaine façon, la perspective de retourner à Missède et de se retrouver à nouveau face à ce simili épouvantail qu'était devenu Kathleen l'effrayait et le rebutait. Il n'avait pas la moindre envie de se trouver à nouveau face à elle. Leur dernière nuit ensemble avait été un véritable désastre.

La troupe de cavaliers de la Garde de la Bibliothèque avançait pourtant rapidement en direction de la ville. Déjà parce qu'à bien y réfléchir, Viktor préférait les robes de deuils et ses coiffures qui lui empêchait de glisser ses doigts dans ses cheveux (grrrrrrrrrrrrrrr) plutôt que de devoir dormir encore une fois sur la route ou dans une auberge.

Un peu plus loins, alors que Missède se dessinait enfin à l'horrizon, un groupe de cavalier commença à s'approcher de la troupe du baron. Leur présence était-elle préméditée ? Sans doute pas. Viktor n'avait pas envoyer le moindre mot pour avertir de sa venue et il n'avait pas attendu une seule seconde depuis qu'il avait débarquer au port de Chiard pour repartir vers Missède. Peut-être qu'il aurait dut le faire... Kathleen aurait sans doute aimé savoir qu'il serait bientôt de retour. Elle risquait de lui en vouloir pour ne pas l'avoir prévenu. D'un autre côté... d'un autre côté, si elle s'énervait après lui, cela ferait toujours du temps en moins pendant lequel elle ne pourrait pas pleurer Armand.

Petit à petit, le groupe se rapprochait... une escorte de Gardes de la Bibliothèque ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? Deux jeunes femmes accompagné de gardes de la bibliothèque ? Si certains s'amusaient à se servir de leur position pour jouer les séducteurs des demoiselles de la cour, cela risquait de mal tourner pour eux. Viktor n'était pas particulièrement de bonne humeur.

La grande salamandre de Missède flottant derrière Viktor, le baron de Missède fila en direction des quelques cavaliers un petit peu plus loin.

Il crut se tromper en reconnaissant l'une des deux cavalière présente dans le groupe.


« Kathleen ? »
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mer 25 Jan 2012 - 14:39

    Heureuse de voir que sa dernière phrase ravissait sa demoiselle de compagnie, Kathleen donna un coup de talon sec dans le flanc de sa jument prenant de cours tout le groupe de cavalier. Les protestations des gardes la firent rire davantage mais après bonne longueur à galoper et à savourer le vent qui fouettait son visage et faisait voler ses cheveux, la Baronne obligea sa monture à réduire l’allure puis à s'arrêter. Visiblement elle aussi avait aimée cette brève chevauchée. Kathleen se pencha pour caresser son encolure et entendre par la même sa petite escorte. Novice dans cet exercice, Catherine ne s’était pas risquée à pareil départ mais il était indéniable qu’elle appréciait cette sortie autant qu’elle. Après avoir promis au chef des gardes de ne plus partir de la sorte, le petit groupe reprit la route, alternant petit trot et longue avancée au pas. Bien qu’elle aurait aimé repartir à nouveau au grand galop, Kathleen s’abstient de toute folie et préféra continuer le reste de la promenade à hauteur de son amie afin de pouvoir recueillir ses impressions.

    - Une autre fois, lorsque vous serez plus à l’aise en selle, vous goutterez à ce sentiment de liberté et vous ne pourrez plus vous en passer. Tout le monde vous dira que monter à cheval est mauvais pour la santé, pourtant je suis tellement heureuse en cet instant que je doute de ces théories farfelues !

    Le soleil avait décidé de briller aujourd’hui, et l’heure avançant il montait toujours plus haut dans le ciel. Kathleen savait qu’il serait bientôt temps de rebrousser chemin pour ne pas malmener sa vieille Nane, mais elle se promit intérieurement de recommencer autant de fois qu’elle le pourrait. Alors qu’elle s’apprêtait à donner le signal du retour, le chef de la garde l’informa qu’un important groupe de soldat monté s’approchait. D’abord hésitant sur la conduite à tenir, il finit par la rassurer en lui déclarant qu’il s’agissait des couleurs du Baron.

    D’abord surprise, Kathleen eut besoin de plusieurs secondes pour assimiler cette information. Viktor était de retour. Voilà, ce que voulait dire cette bannière ! Le groupe de soldat avançait si vite qu’il ne leur fallut qu’une minute pour arriver à leur hauteur, Viktor en tête. Cela faisait des semaines qu’elle ne l’avait pas revu et probablement des mois que son cœur n’avait pas réagit ainsi à sa présence. Le ventre noué et le cœur battant la chamade, Kathleen dirigea son cheval vers celui de son époux. A voir l’air surpris qu’il arborait, la jeune femme compris qu’il était loin de s’attendre à retrouver une épouse souriante, loin de ses vêtements noirs et de son chignon serré.


    - Quelle heureuse surprise ! Je suis tellement contente de te revoir enfin, à présent je suis totalement comblée.

    A voir sa tête la jeune femme se demanda s’il était toujours en état de choc, mais pouvait-on réellement parler de choc après tout ? ….hmm… Oui un peu, trois ans à porter le noir, trois ans à ne parler qu’à une ombre… trois longues années avec si peu de contact…. Etait-ce les dieux qui avaient décidé ce matin de chasser ses idées noires et de mettre sur sa route son époux ? Elle n’en savait rien, mais elle les remerciait tous ! Dans le doute on ne sait jamais !
    Parvenu à sa hauteur, Kathleen se surprit à avoir envie de se jeter sur lui pour le couvrir de baisers. Cela ne lui était plus arrivé depuis longtemps, mais la présence de tous ces soldats autour d'elle la refroidit quelque peu.


    - Dame Catherine et moi nous sommes éclipsée une petite heure pour profiter de ce beau soleil. Et ...et toi, as-tu fais bonne route ?

    A voir sa mine fatiguée et sa barbe de trois jours il avait plutôt l’air d’avoir exécré son voyage. Etait-il seulement heureux de la revoir ? En tout cas pour l’heure il n’en laissait rien paraître.
Revenir en haut Aller en bas
Catherine de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 09/01/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 18 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Dim 29 Jan 2012 - 21:53

La demoiselle de compagnie prenait goût à cet exercice, elle que les gens jugeaient si sage au premier abord profitait pleinement de cette escapade. Elle s'amusa de voir la baronne déployer tant d'efforts, faisant rugir les gardes qui ne tenaient pas à la voir prendre des risques pour-lesquels ils seraient tenus pour responsables. Catherine se surprit à vouloir la suivre au grand galop, mais sa bonne conscience l'incita à ne pas oser. Elle n'était pas suffisamment rodée pour l'exercice, et elle ne voulait pas gâcher une si belle journée en se blessant.
Les deux femmes bavardaient tranquillement, projetant de nouvelles sorties à cheval, projet qui réjouissait d'avance Catherine. Il était tellement agréable de quitter l'enfermement au château, elle aurait du mal à contenir son impatience en attendant leur prochaine sortie. La balade se poursuivit à un rythme plus calme, permettant à la petite troupe de profiter du paysage et du soleil qui réchauffait les coeurs pour une journée d'hiver.

Quelque temps plus tard, on informa aux dames que des cavaliers approchaient. Quelle ne fut pas leur surprise d'apprendre que ceux-ci arboraient les couleurs du baron... celui-ci ne leur avait absolument pas annoncé son retour pour cette journée. Kathleen ne sembla pas songer un instant à lui faire ce reproche, la voilà qui s'élançait dans sa direction. Restant en arrière, Catherine sourit, ravie de voir une autre bonne nouvelle combler le bonheur de la baronne après tant de mois passés dans la douleur. Avec les gardes, elle approcha doucement du groupe, alors que Viktor et Kathleen se retrouvaient après tant de temps d'absence. Visiblement, le couple aurait préféré un peu d'intimité et tout ce monde autour d'eux ne leur permettait guère. Ils auraient tout le temps une fois rentrés au château.

Restant silencieuse pour ne pas risquer d'importuner le couple régnant sur Missède, Catherine songea à ce que signifiait ce retour. Viktor et Kathleen auraient du temps à rattraper, peut-être que la baronne n'aurait plus besoin de sa présence ici. Elle prit peur un instant en songeant à ce qui se passerait si elle devait retourner auprès de sa mère. Puis elle se dit que ceci était ridicule, Viktor était un homme important donc très occupé, il y aurait toujours des absences même courtes qui obligeraient Kathleen à pouvoir compter sur la présence de sa dame de compagnie.
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mer 8 Fév 2012 - 19:37

Viktor restait pétrifié devant la vision qu'il avait sous les yeux. Kathleen. C'était elle ? C'était vraiment elle ? Il n'en était même pas certain et ne parvenait pas à le croire. Il avait laissé une réplique de sa mère en moins aigrie il y a quelques mois et voilà qu'il la retrouvait presque comme il l'avait rencontré chez sa cousine à Sinlieh.

Intérieurement, Viktor se mit à prier pour que cela ne soit pas un rêve et qu'il ne se réveille pas soudain dans son lit relativement peu confortable à Isgaard ou avec une fois de plus endormis à son bureau, un parchemin collé au visage. Mais au final, il n'avait jamais rêvé de retrouver Kathleen ainsi. Sans doute parce que cela lui paraissait vraiment trop fou pour être du domaine du réalisable. Il fallait tout de même être honnête. A son départ, Kathleen tenait plus de la fontaine éplorée que de la jeune cavalière qu'il avait en face de lui à ce moment précis.

- Quelle heureuse surprise ! Je suis tellement contente de te revoir enfin, à présent je suis totalement comblée.

Et lui donc. Il ne savait toujours pas s'il devait y croire ou pas. Pourtant, il se jura intérieurement de faire mettre au pal toute personne qui viendrait le réveiller et le tirer de ce délicieux rêve dans lequel il se trouvait.

Viktor regarda Kathleen et... ses cheveux. Il réussi à se retenir de lui foncer dessus pour glisser ses doigts dans les cheveux de la jeune femme qu'elle avait enfin libéré. Seul la présence des Gardes de la Bibliothèque et de la dame de compagnie de son épouse l'empêchèrent de le faire. Pourtant, l'envie y était très clairement.

- Dame Catherine et moi nous sommes éclipsée une petite heure pour profiter de ce beau soleil. Et ...et toi, as-tu fais bonne route ?

Viktor hocha la tête, essayant de reprendre un peu de contenance alors que son esprit commençait à se peupler d'images de baisers chastes... et moins chastes également... pas du tout chastes aussi... surtout... essentiellement... uniquement en fait. Il avait envie de la serrer contre lui.

Mais ce n'était pas encore le moment de le faire. Ils devaient retourner à Missède et se retrouver seul. Alors seulement il aurait la possibilité de se laisser aller à de grands élans de romantisme et de tendresse avec sa jeune épouse. Mais pour l'heure, il ne pouvait pas le faire. Pas en publique.

« Plus que passable, grogna Viktor en repensant à la traversée qui lui avait fait vomir tripes et boyaux par dessus le bastingage. Il vaudrait mieux retourner à Missède à présent. »

Il n'y eu guère plus de mot échangé et l'escorte repartis directement en direction du palais. Aucun des deux époux n'avait vraiment envie de rester dehors. Viktor n'était pas d'humeur pour une balade. Seulement pour un bon lit et un oreiller confortable... et des cheveux blonds dans lesquels fourrer ses doigts sans déclencher une crise de larmes. Quant à Kathleen... il n'en savait rien. Mais elle n'avait, à l'évidence, pas envie de rester là.

Malheureusement, c'était sans compter la cour de Missède.

Le baron avait été absent longtemps et, bien qu'elle ait quelque peu tenue la baronnie, ce n'était pas à Kathleen que les conseillers et les quémandeurs s'adressait, mais bel et bien à son époux. La nouvelle de l'arrivée du baron n'avait pas mit bien longtemps à se rependre dans les couloirs du palais et la foule des nobles engloutit littéralement le seigneur de Missède.

« Je viendrais des que possible, eut-il juste le temps de glisser à la jeune femme avant que le Chambellan, le garde des seaux et le capitaine de la Garde ne l'accapare complètement."

Mais il n'avait pas la tête aux affaires. Tout se à quoi il aspirait, c'était revoir les cheveux de Kathleen descendre librement le long de son dos. Comme pour s'assurer qu'il n'avait pas rêvé.
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Jeu 15 Mar 2012 - 19:14

    Ces retrouvailles étaient loin de se passer comme elle les aurait rêvées. Il lui fallut une longue minute pour qualifier l’attitude de Viktor à son égard. Distant. Presque froid même. Tout son enthousiasme se prit une claque magistrale et elle perdit peu à peu le sourire. Sourire qu’il ne voyait de toute façon déjà plus puisqu’il avait fait reprendre la route à son cheval. Baissant les yeux sur ses mains, Kathleen se rendit compte à la couleur des jointures de ses doigts qu’elle avait les poings fermement serrés. Un coup d’œil vers Catherine, un fin sourire et elle donna à son tour un coup de talon pour suivre le groupe qui retournait lentement vers sa prison.
    Car c’est bien cette impression qu’elle eut en regardant se dessiner devant elle les contours de la ville. Une prison, dont les gardiens n’étaient que des femmes aigries, méchantes et mauvaises langues. La seule différence cette fois, c’est qu’elle y retournait avec la ferme intention de ne plus se laisser marcher dessus. Le trajet de retour fut presque trop rapide à son goût, elle avait l’impression qu’une poignée de seconde s’était écoulée lorsqu’elle posa pied à terre. Essayant de reprendre un peu de contenance, Kathleen s’approcha de Viktor et le suivit dans le couloir. Peut-être qu’elle pouvait lui glisser un mot, tenter de lui parler un peu, de le décrisper… Après tout c’était sa faute s’il était devenu aussi distant, elle avait passé ces derniers mois à pleurer et à vivre cloîtrer, rien de bien attirant. Mais alors qu’elle allait se lancer, toute une armée de chambellan, conseillers et serviteurs s’abattirent sur eux comme une nuée d’insecte. Il eut juste le temps de lui dire qu’il la verrait plus tard et malgré son :
    ‘Mais j’ai quelque chose d’important à te dire…’, il fut loin d’elle en moins d’un battement de cil.
     
    Poussant un soupir à fendre l’âme, Kathleen se tourna vers sa Dame de compagnie. Celle-ci se tenait toujours près d’elle, fidèle ombre toujours là pour la rassurer. Le temps que les couloirs se vident, les deux femmes restèrent silencieuses et dès le dernier froissement de vêtement la Baronne prit la main de la jeune femme dans la sienne.

     
    - Il m’en veut. C’est évident…. Et puis il a été si froid…. Peut-être qu’il….
     
    Et là, flash ! Lumière, tout devint clair pour elle. Visiblement ces longs mois à ne se soucier de rien d’autre que de son chagrin avaient obscurcis son esprit et elle n’avait même pas pensé à l’éventualité qu’il puisse être allé voir ailleurs. Durant l’année écoulée il avait été plus souvent absent que présent à Missède. Peut-être entretenait-il une maîtresse quelque part, à moins qu’il soit du genre à changer de conquête tous les soirs…. La douleur qu’elle ressentit fut si violente qu’elle crut un instant que ses jambes ne la tiendraient plus longtemps. A aucun moment elle n’avait imaginé qu’il puisse se détourner d’elle mais le souvenir de leurs dernières entrevues étaient encore fraîches dans sa mémoire. Et cette froideur, cette distance qu’il avait mis entre eux dès son arrivée….
     
    - Il ne m’aime plus….
     
    Lorsque les mots franchirent sa bouche, ils devinrent soudain si réels que ses yeux s’emplirent à nouveau de larmes. Ces larmes si familières étaient presque rassurantes. Mais non elle ne pleurerait pas, elle se l'était promis le matin même. Plus de larmes, elle en avait trop versée en ces lieux. Elle qui avait cru que venir à Missède lui procurerait le plus grand des bonheurs...elle y avait surtout connu la plus grande des souffrances. Après une longue minute de silence, Kathleen déclara à sa suivante qu'elle se rendait dans son boudoir mais qu'elle souhaitait si retrouver seule. Ce n'était pas chose aisé d'avoir un peu de solitude lorsque l'on s'appelle Kathleen de Missède mais là elle en avait terriblement besoin.
    Regagnant ses appartements seule, elle s'installa sur le fauteuil près de la fenêtre. C'était l'endroit qu'elle préférait dans tout le palais. Elle pouvait regarder les jardins, et surtout voir par delà l'enceinte de la cité les vastes étendues. Comme elle aurait aimé se trouver à Missède avec son père et Grégoire. Ah, Grégoire... Son frère lui manquait tant, et ses neveux aussi et Aelalia, la première personne dont elle s'était prise d'affection en arrivant à Missède.
    Sa main glissa sur son ventre encore plat et soudain elle fut terrifiée à l'idée que cette nouvelle ne fasse pas plaisir à Viktor. Après tout elle avait probablement perdu son cœur, peut-être avait-il même penser à la répudier... à moins que sa maîtresse attende elle aussi un enfant de lui....
    Non mais qu'est-ce qu'elle avait à penser ce genre de bêtises... Pas de doute, ils avaient tous les deux besoin d'une longue conversation.
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mer 21 Mar 2012 - 23:56

Comme souvent, le baron avait passé la nuit dans son bureau. C'était une des manies qui caractérisait Viktor et le différenciait de nombre de ses prédécesseurs. En effet, le seigneur de Missède désertait souvent sa chambre pour passer la nuit dans son cabinet de travail. C'était devenu d'autant plus vrai au cour des dernières années alors que la baronne se transformait en épouvantail. Le jeune homme n'ayant pas la moindre envie de se retrouver face à un sosie miniature de son insupportable génitrice passait beaucoup plus de temps dans son bureau.

Cette nuit n'avait pas fait exception aux autres et le jeune seigneur avait passé toute la nuit enfermé dans son bureau. Anne justement était en train d'apporter se qui était ni plus ni moins qu'un petit déjeuné pour le jeune baron. Cette fois au moins, on ne pouvait pas dire que Kathleen était toujours aussi éplorée que depuis le décès du petit Armand. Mais la longue absence de Viktor avait fait qu'un grand nombre d'affaires s'étaient accumulée et demandait son attention aujourd'hui. La nuit avait donc été des plus studieuse pour Viktor. Du moins, c'est se que tout le monde dans le palais s’imaginait.

Frappant timidement à la porte du bureau, la jeune servante attendit un petit peu qu'on lui donne l'autorisation d'entrer. Elle frappa à nouveau, il n'y avait toujours pas la moindre réponse. Personne ne dit quoi que se soit. Viktor devait sans doute être encore en train de dormir et les léger coups ne l'avaient sans aucun doute pas réveillé.

Chantonnant doucement, elle poussa la porte et s'étrangla devant le spectacle qui s'offrait à elle. Ses mains se portèrent à ses lèvres et elle resta figée. Finalement, après un certain temps, un hurlement sortit de ses lèvres devant le macabre spectacle qui s'offrait à ses yeux.

Respirant faiblement, Viktor était adossé à un mur, du sang s'échappant de plusieurs blessures et la main serrée sur le pommeau de son épée, il regardait la servante comme s'il la suppliait d'aller chercher du secourt et en même temps, il paraissait tout à fait soulagé qu'il y ait enfin quelqu'un qui les aient trouvé. Dans la pièce gisait quatre cadavres. Celui d'une jeune femme empalée sur une épée et celui de trois hommes vêtus de noirs, tous morts et baignant dans leur sang.

* * *

Ce fut tout un escadron de gardes de la bibliothèque qui entrèrent sans ménagement dans la chambre de Kathleen. Ils ne prirent pas la peine de frapper ni de se demander si la baronne était décente et si elle pouvait leur ouvrir. En réalité, se fut à peu de choses prêt si les soldats ne défoncèrent pas purement et simplement la porte des appartements de la jeune femme.

S'approchant d'elle, l'officier qui commandait le détachement s'inclina.

« Madame, on viens de retrouver Monseigneur le baron. Quelqu'un a tenté de l'assassiner. Il est grièvement blessé. Nous venons nous assurer de votre sécurité. »

* * *

Dans le bureau de Viktor, l'effervessence des dernières minutes avait fini par retomber. Prêtres et chirurgiens soufflaient un petit peu, leur tâche terminée. Passant une main sur son front en sueur, le haut prêtre de Néera appelé en urgence observa Viktor, plus pâle qu'à l'accoutumé et tout entouré de bandages.

« Le plus gros est fait, assura-t-il a un des gardes de la bibliothèque. Il vivra. »
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Ven 23 Mar 2012 - 8:53

    Si la soirée et la nuit du Baron avait semble-t-il était quelque peu mouvementé, il en était tout autant pour sa jeune épouse. Alors que les heures avaient longuement défilées et que Viktor n’apparaissait toujours pas, Kathleen avait fini par se résigner et avait regagné ses appartements. Il était inutile qu’elle passe la nuit assise sur un fauteuil à attendre que Monsieur daigne venir la voir. S’il voulait s’enfermer dans son bureau et bouder tant pis pour lui. Cependant elle avait beau donner le change devant les domestiques qui portaient son repas, ou l’eau pour sa toilette, à l’intérieur elle était effondrée. Seule pendant plusieurs heures elle avait ressassé l’idée que Viktor ait pu avoir une maîtresse quelque part dans la baronnie, où ailleurs… Elle avait essayé de se remémorer chaque moment qu’ils avaient passé ensemble pour voir à quel moment il avait cessé de l’aimer et l’angoisse d’avoir perdu son amour lui avait si fortement noué le ventre qu’elle se réveilla en pleine nuit, couverte de sueur, tremblante de la tête aux pieds.
    Lorsqu’elle avait voulu se redresser une violente douleur au creux au creux de ses reins la fit grimacer. Sûrement des courbatures liés à son escapade équestre plus tôt dans la journée. Cela faisait si longtemps qu’elle n’était pas montée à cheval qu’elle en ressentait maintenant le contrecoup. Pas plus inquiète mais toujours tirailler par ce mal de ventre et ses courbatures, elle se leva et se dirigea vers une table de toilette sur laquelle une domestique avait posé une cruche remplie d’eau fraîche. Après s’être rafraîchi le visage, la jeune femme se rendit compte qu’elle tremblait toujours autant et que la douleur était loin de disparaître. Bah ! Elle avait surtout besoin de dormir, vaseuse comme elle était, la fatigue et la tension de ses retrouvailles avec Viktor avait fini par l’épuiser aussi bien physiquement que nerveusement. Après une bonne nuit de sommeil ça irait mieux.

    Elle retourna donc vers ce grand lit qu’elle occupait seule depuis de trop longue semaine et ce qu’elle vit la pétrifia sur place. Du sang…. Il y en avait sur les draps, partout… Ses yeux glissèrent sur sa robe de chambre et cette fois elle ne put retenir le cri qui montait à sa gorge. Une minute s’écoula dans le silence et bientôt une domestique en chemise de nuit entra dans sa chambre sur la pointe des pieds. Elle tenait à sa main une bougie dont la flamme vacillante était suffisante pour éclairer la scène qu’elle avait sous les yeux. Elle qui était venue en pensant que sa maîtresse avait fait un cauchemar, elle la trouvait debout, sa chemise de nuit tâchée du même sang qui coulait en long filé sur ses jambes.
    La jeune servante comprit aussitôt se qui se passait et elle quitta la pièce en courant. Combien de temps s’écoula avant qu’elle revienne en compagnie du guérisseur et de Nane ? Kathleen n’en avait aucune idée, la seule chose qu’elle voyait c’était ce sang qu’elle perdait en gouttes épaisses et sombres… Elle savait parfaitement ce que cela voulait dire pourtant elle ne voulait pas l’admettre, elle voulait croire que ce n’était pas ça….

    Le guérisseur la fit s’allonger sur le lit et releva sa robe de nuit sans ménagement. Pendant qu’il l’auscultait elle resta silencieuse, les yeux fixés sur le plafond. Il ne fallut guère de temps au guérisseur pour annoncer la triste nouvelle, il l’aida à se redresser et se tourna vers la domestique visiblement dans le but de lui demander d’aller chercher toute une armada de prêtresse, servante et autre paire d’yeux.


    - Personne ne doit savoir, murmura-t-elle en sentant sa voix vibrée légèrement. Inutile d’ameuter tout le palais, je ne veux pas que cela s’ébruite. Occupez-vous de moi, et toi Annie, fait ce qu’il te dit mais par pitié reste discrète.

    La jeune servante hocha la tête et redressa les épaules, visiblement fière d’être dans les confidences de sa baronne. Le guérisseur fut plus lent à répondre mais devant le regard de Kathleen il finit par céder à sa demande.

    - Très bien, Annie, allez chercher de l’eau et des linges propres.

    Le jour était presque levé lorsque le médecin termina son affaire et présenta à la jeune femme une infusion destinée à la détendre et à l’aider à s’endormir. Mais visiblement la Baronnie n’était pas de cet avis et une poignée de soldat pénétra dans sa chambre alors qu’Annie ramassait les linges souillés et que le médecin rabattait pudiquement les draps sur les jambes nues de Kathleen. Sans lui laisser le temps de protester devant cette intrusion, le garde lui débita une phrase vitesse grand V mais elle voyait que ses yeux allaient des draps couvert de sang, au médecin puis sur elle. Elle aurait pu en être outrée mais les mots qu’il prononça lui firent l’effet d’une bombe. Viktor….blessé…. ici même dans le palais ? Comment cela était-il possible ? Vivant … Il était vivant. Voilà les seules choses qu’elle essayait de garder en mémoire pour ne pas fondre en larmes. Sans écouter les protestations du guérisseur elle quitta son lit et aussitôt Annie lui présenta une robe de chambre épaisse. Bien que pâle et tremblante, Kathleen quitta la chambre à la suite du garde. Sans le soutien d’Annie elle n’aurait pas pu aller très loin car le moindre pas lui faisait tourner la tête et les paroles du guérisseur derrière elle n’arrangeaient rien.

    - Je vous en prie, retournez vous coucher ma Dame, l’hémorragie pourrait….

    Il se tut lorsque la Baronne le foudroya du regard. Le garde s’effaça devant la porte du salon à côté du bureau de Viktor. La pièce avait été transformé en infirmerie et dès son entrée tout le monde ressemblait dans la pièce s’éclipsa lentement et en silence. Seul le garde resta à ses côtés et Annie sans qui elle ne tiendrait plus sur ses jambes.

    - Il a été retrouvé ce matin dans son bureau. Trois hommes ont été également retrouvés mort dans la pièce à côté ainsi qu’une jeune femme.

    La gorge serrée, Kathleen demanda au garde de se poster devant la porte et à Annie de se trouver une occupation. Elle voulait rester seule avec son époux. Il était si pâle… Tirant un fauteuil à son chevet, elle s’effondra dessus, à bout de force. Elle était épuisée mais elle ne pouvait se résoudre à l’abandonner aux mains de tous ces hommes de science qu’il exécrait. S’il fallait que quelqu’un le veille, c’était elle…mais elle ne put s’empêcher de penser à cette femme que les gardes avaient retrouvé dans son bureau….
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Dim 25 Mar 2012 - 6:46

Viktor n'était pas vraiment conscient de se qui se passait autour de lui. Il se rappelait vaguement avoir tenté de refuser lorsqu'il avait vu un prêtre s'approcher, une lueur brillant dans les paumes de ses mains. Il avait même tenté de lui envoyer quelque chose au visage. Au final, cela s'était soldé par un échec puisqu'il n'avait en fait rien réussi à attraper. On lui avait donné quelque chose qui l'avait mis complètement assommé et ensuite, plus rien. Il se doutait en revanche qu'on n'avait pas obéit à son ordre et qu'on l'avait soigné avec la magie. C'était tout à fait logique même s'il répugnait à l'accepter. Lorsque la vie du baron est en jeu, on ne va pas cracher sur quelque chose qui peu le sauver. Quant bien même il ait refusé cette possibilité.

Viktor reprenait petit à petit conscience avec le sentiment parfaitement net d'avoir plus mal encore que lorsqu'il s'était endormis pour être livré au bon soin des guérisseurs. Il n'avait pas encore ouvert les yeux et pour être tout à fait franc, il n'avait pas la moindre envie de les ouvrir. La petite parcelle de conscience qui brillait dans son cerveau était très nettement persuadée et convaincue qu'il valait mieux retomber dans l'état d'inconscience où il se trouvait un petit peu plus tôt. Au moins là, il n'aurait pas à avoir mal.

Petit à petit, il se sentait pourtant revenir à lui, et, au bout de se qui lui parut être des heures, il ouvrit les yeux.

Fixant le plafond, Viktor tentait tant bien que mal de rassembler tout les morceau de sa mémoire pour se rappeler se qu'il faisait là et même pourquoi il avait tellement mal. Quoi qu'on lui ai donné, cela l'avait vraiment complètement assommé. Finalement, le jeune homme regarda autour de lui. Il n'y avait rien du tout la pièce était vide. À l'exception de...

Rassemblant un petit peu des forces qu'il avait, Viktor ouvrit la bouche. Il avait les lèvres et la gorge sèche.

« Kathleen ? »

Une légère quinte de toux le prit, lui tirant une grimace de douleur.

La baronne était pâle, les traits tiré, elle ne semblait pas aller bien non plus. Est-ce que c'était du au réveil quelque peu brutal qui avait été le sien ? Tout était possible. En tout cas, la jeune femme paraissait presque en aussi mauvais état que son époux.

Sa main serrant celle de son épouse, Viktor tenta un sourire qui se mua plutôt en grimace douloureuse lorsqu'il tenta de se redresser un petit peu. Visiblement, ce n'était pas tout de suite qu'il serait capable de gambader à nouveau.

« Pourquoi cette tête ? C'est moi qu'on a percé avec une épée, dit le jeune homme dans une tentative assez maladroite de faire un petit peu d'humour et de tirer à Kathleen un rien de sourire. »
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Lun 26 Mar 2012 - 11:54

    Malgré la douleur qu’elle pouvait ressentir, Kathleen se força à rester près de Viktor. Il est évident qu’elle aurait été mille fois mieux allongée dans son lit mais pour l’heure sa santé lui importait peu. Elle ne voulait pas le laisser tout seul ou au soin d’une autre personne. C’était elle sa femme, elle devait s’occuper de lui. Comme elle aurait du le faire ces derniers mois au lieu de passer ses journées à pleurer. Quand elle revoyait ce qu’avait été son quotidien elle en frissonnait encore. Bien sur elle n’oubliait pas son fils, ni même la peine qu’elle éprouvait encore en pensant à lui, mais elle se rendait compte maintenant de ce qu’avait du ressentir Viktor. Sa propre douleur l’avait renfermé au point qu’elle ne s’était même pas souciée ce qu’il pouvait éprouver lui.
    Les premières minutes elle entendit tout un remue-ménage de l’autre côté de la porte, quelques éclats de voix aussi, mais elle n’y prêta pas attention. Prenant la main de Viktor dans la sienne elle resta sans bouger pendant un temps qui lui parut infiniment long. Au fil des minutes qui s’écoulaient elle se sentait de plus en plus fatiguée, nauséeuse, parfois même au bord de l’évanouissement, mais chaque fois un soupir, un gémissement ou un mouvement de Viktor la faisait tenir bon. Il allait se réveiller et elle voulait être là lorsqu’il ouvrirait les yeux.

    Lorsque ses paupières se soulevèrent enfin, il fixa un moment le plafond, comme s’il cherchait à se remémorait ce qu’il faisait là et ce qui lui était arrivé. Kathleen ne bougea pas d’un pouce, pas réellement certaine qu’il serait ravi de la trouver à ses côtés. Elle n’avait toujours pas compris qui pouvait être cette femme qu’on avait retrouvé morte dans le bureau de son époux. Peut-être qu’il s’agissait de cette fameuse maîtresse dont elle redoutait tant de connaître l’existence…
    Il bougea à nouveau, cette fois pour tourner la tête dans sa direction. Ces yeux cherchèrent un moment avant de se poser sur elle. Il parut surpris de la trouver là mais une quinte de toux balaya sa surprise pour laisser place à une grimace de souffrance. Du mieux qu’elle put, Kathleen attrapa un verre d’eau qu’elle approcha des lèvres de Viktor pour le faire boire. Il était aussi pâle qu’elle et pour cause, ils avaient tous les deux vécus des choses douloureuses durant la nuit. D’ailleurs….ce pouvait-il que tout ceci soit lié ? Avait-on pu l’empoissonner pendant qu’on s’attaquait à Viktor dans son bureau ? Non c’était absurde, personne n’était au courant de sa grossesse. Il fallait qu’elle accepte la vérité : c’était sa faute si elle avait perdu cet enfant. Son guérisseur lui avait suffisamment rabâché qu’elle devait se reposer. Au lieu de ça elle avait foncé droit aux écuries. Viktor s’adressa à elle et tenta même de lui sourire… Il voulait probablement la rassurer mais à l’heure actuelle, elle se posait bien trop de question pour se sentir parfaitement sereine.


    - J’ai eu tellement peur pour toi,murmura-t-elle en se penchant pour embrasser les doigts qu’elle tenait dans sa main.

    Elle s’apprêtait à enchaîner mais à nouveau des éclats de voix dans les couloirs l’interrompirent.


    - Cette fois j’en ai assez, laissez moi passer où vous serez responsable de sa mort. Ouvrez moi cette fichue porte !

    Une seconde plus tard, Alric, mon guérisseur fit irruption dans la pièce. A voir son air plus que sérieux, à la limite de la colère, le garde postait devant la porte n’avait visiblement pas pu le retenir davantage. A sa suite entra un garde immense en comparaison du vieil homme qui l’avait précédé.

    - Monseigneur, je suis heureux de voir que vous êtes réveillez, je vais m’occuper de vous dans un instant. Cependant je me vois au regret de vous retirer la compagnie de votre épouse qui devrait se trouver dans son lit. Dame Kathleen, vous êtes pâle comme un linge, ne m’obligez pas à employer la manière forte avec vous, je vous demande de regagner votre chambre.

    - Il est hors de question que je….commença-t-elle. D’un geste de la main, le vieux guérisseur lui fit signe de s’interrompre. Visiblement ce n’était pas la réponse, ni même le début de réponse qu’il attendait aussi fit-il signe au garde près de lui.

    - Votre santé est trop importante ma Dame et je suis certain que votre mari m’approuvera. Godefroi, je vous prie, avec toute la délicatesse possible évidemment.

    Sous le regard surpris, presque choquée de Kathleen, le soldat s’approcha d’elle et la souleva de son fauteuil. Calée dans ses bras, elle se débattit les premières secondes, mais trop épuisée elle finit par capituler. Annie attendait devant la porte et trotta à côté du garde. Elle s’excusait de ne pas avoir pu retenir davantage Alric, que ce vieux fou n’en faisait qu’à sa tête mais qu’après tout….il n’avait pas tord. De retour dans sa chambre, Kathleen dormait déjà lorsque sa tête toucha l’oreiller…à moins qu’elle ne se soit évanouie !

    ***

    Alric était resté dans le salon aménagé en chambre. Viktor semblait complètement perdu. Voulait-il le traiter de tous les noms parce qu’il avait traité sa femme, la baronne sans le moindre égard pour son rang ? Voulait-il seulement une explication ? Le vieillard opta pour cette dernière option. Après tout il n’avait agi que dans l’intérêt de la jeune femme. Sa fausse couche ne l’avait pas encore affecté moralement, mais physiquement elle avait perdu beaucoup de sang. Il avait déjà eu beaucoup de mal à stopper l’hémorragie alors ci celle-ci reprenait il n’était pas sur d’y parvenir une seconde fois.

    - Je suis navré d’avoir du être aussi ferme avec votre épouse, mais…elle ne devrait vraiment pas être là après cette nuit.

    Sans plus attendre ses doigts experts parcoururent les bandages du Baron à la recherche du moindre signe d’infection.
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Lun 2 Avr 2012 - 11:10

Visiblement, le trait d'humour qu'il avait essayé de faire avait été loin de faire son effet. Kathleen était toujours aussi pâle et ne semblait pas du tout d'humeur à sourire. Non, plutôt d'humeur à marcher au tombeau en fait. En observant bien la jeune femme, on aurait put croire qu'elle était aux portes de Tyra et que chacun de ses souffle serait le dernier.

- J’ai eu tellement peur pour toi.

Doucement, la jeune femme se pencha vers lui et embrassa sa main. Elle semblait tellement pâle et paraissait si mal en point que Viktor craint qu'elle ne s'effondre, trop faible pour se redresser ensuite.

Le jeune homme ouvrit la bouche pour lui répondre quant quelque chose dans le couloir les interrompit. Il n'arrivait pas à identifier la personne qui était en train de parler, mais à l'entendre il était prêt à démonter tout le palais si jamais on ne le laissait pas passer la porte.

- Cette fois j’en ai assez, laissez moi passer où vous serez responsable de sa mort. Ouvrez moi cette fichue porte !

Un drôle de personnage un peu hirsute et gesticulant ne tarda pas à passer la porte, visiblement dans tout ses états. Qu'est-ce que c'était que ce truc ? De quel droit est-ce qu'il faisait comme cela irruption dans la pièce occupée par le baron et la baronne en hurlant sans même avoir prit la peine de se faire annoncer ? Il fallait qu'on le plonge dans un abreuvoir ou le mettre trois semaine au pain sec et à l'eau pour lui remettre les idées en place ? Parce que c'était tout à fait du domaine de l'envisageable.

- Monseigneur, je suis heureux de voir que vous êtes réveillez, je vais m’occuper de vous dans un instant. Cependant je me vois au regret de vous retirer la compagnie de votre épouse qui devrait se trouver dans son lit. Dame Kathleen, vous êtes pâle comme un linge, ne m’obligez pas à employer la manière forte avec vous, je vous demande de regagner votre chambre.

Que que se soit, il avait visiblement pété une durite. Même si c'était un fait très clair, Kathleen semblait bien loin d'être en forme. Pour se qui était de la menace, plus le temps passait et plus Viktor était persuadé que ce guignol était juste suicidaire.

- Il est hors de question que je…

Un signe de la main et le vieil homme rabougris fit s'approcher une sorte de monstrueuse colonne de barbaque. Viktor quant à lui restait tout simplement ahurit par se qui était en train de se passer (et aussi un peu par les drogues qu'on lui avait fait avaler pour atténuer la douleur).

- Votre santé est trop importante ma Dame et je suis certain que votre mari m’approuvera. Godefroi, je vous prie, avec toute la délicatesse possible évidemment.

Si le début de cette scène était tout à fait aberrante, se qui suivait confinait littéralement au sur-réalisme. Le garde qui suivait le guérisseur jusque là s'approcha de Kathleen et la souleva du fauteuil délicatement. Trop fatiguée pour opposer une réelle résistance, le jeune femme fini par se laisser aller, calée contre le garde qui quitta la chambre pour rejoindre la demoiselle de compagnie qui attendait sur le pas de la porte, n'ayant apparemment pas osé entrer dans le petit salon.

Pendant qu'on emmenait la baronne, le vieux guérisseur était en train de bouillonner intérieurement, hésitant entre la théorie d'un rêve ou le fait qu'il se soit réveillé dans une réalité parallèle tant la scène à laquelle il venait d'assister lui paraissait dénuée du moindre sens.

Visiblement, le médecin était particulièrement conscient de se qu'il venait de faire. Même s'il ne semblait absolument pas dérangé du fait d'avoir fait porter la baronne de Missède par une espèce de colosse pleins de muscles à travers tout le palais. Il crut pourtant bon d'expliquer au baron se qui se passait. Choix judicieux.

- Je suis navré d’avoir du être aussi ferme avec votre épouse, mais…elle ne devrait vraiment pas être là après cette nuit.

Le regard de Viktor s’étrécit alors que le médecin vérifiait ses bandages.

« Je vais m'efforcer de ne pas m'énerver, dit-il calmement. »

Ouai. Plus facile à dire qu'à faire.

« Vous avez débarqué ici, m'avez interrompu avec la baronne sans même prendre le temps de vous faire annoncer ni de vous présenter vous même. »

Petit à petit, le ton de Viktor montait. Non, en fin de compte, il n'allait pas réussir à rester calme et à ne pas s'énerver.

« Vous enlevez littéralement la baronne sous mon nez sans la moindre explication et pour vous tout vas bien ? Alors mon petit père, je vais tâcher d'être clair. »

Le hurlement de Viktor durent se faire entendre dans tout le palais.

« VOUS AVEZ TRENTE SECONDES POUR VOUS EXPLIQUER EN DETAIL OU JE VOUS FAIT METTRE SUR UN PAL AVANT LE DEJEUNE !!!!! »
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Lun 2 Avr 2012 - 14:14

    Le vieux guérisseur fronça les sourcils en voyant le Baron s’emporter au fur et à mesure de ses paroles. S’il pensait impressionner le vieil homme de science il se trompait lourdement. Alric en avait vu d’autres et ce n’était certainement pas les colères d’un Baron qui allait le faire trembler de peur. Une fois que Viktor eut terminé de hurler sur sa pauvre carcasse, le guérisseur se fit un plaisir de tartiner la blessure du jeune homme d’un onguent qu’il savait désagréable. Quittant le chevet du Baron, Alric s’approcha de la table sur laquelle ses collègues avaient laissé tout un attirail de potion et autres décoctions. Sans hésitation il en tira une dont le liquide blanc faisait penser à du lait. Il vida quelques gouttes dans un verre d’eau et revint toujours aussi silencieux auprès de son colérique patient.

    - Sachez jeune homme que le traitement infligé à votre….tête de mule d’épouse était inévitable. Buvez.

    Sur ce dernier ordre il pressa le verre aux lèvres de Viktor, mais ce dernier se montra à nouveau récalcitrant. Il voulait une réponse, et bien il allait lui en donner une.

    - Je ne voulais pas vous annoncer cela de cette façon mais vue que vous et votre épouse avaient visiblement le même caractère…. Kathleen a fait une fausse couche cette nuit. Elle a perdu beaucoup de sang et elle doit se reposer au moins autant que vous. Bien que je comprenne son désir d’être à vos côtés, je me dois de penser pour elle à sa santé. Maintenant, buvez.

    Cette fois, il fut bien plus aisé de verser le liquide dans la bouche du Baron étant donné que celui-ci était littéralement bouche bée. La nouvelle avait de quoi être choquante, mais il n’aurait guère le temps d’y cogiter. Le puissant somnifère qu’Alric venait de lui faire boire fit effet en moins d’une poignée de minute. Si les deux têtes couronnées de la Baronnie de Missède voulait guérir rapidement il leur fallait à chacun de longues heures de sommeil et un alitement forcé. Durant la journée, le guérisseur fit déplacer le Baron, deux paires de bras déplacèrent le lit de fortune du jeune homme jusque de sa chambre et tout cela sans qu’il ne batte d’un cil !
***

    Protester ? Elle aurait bien aimé oui ! Se faire trimballer comme un vulgaire sac de pomme de terre dans les bras d’un colosse à travers les couloirs du palais c’était loin de la ravir. Seul hic, elle n’avait absolument pas la force de protester et encore moins de marcher alors autant se montrer docile hein. Elle dormait déjà lorsqu’on l’installa dans son lit, pourtant une main la secoua doucement pour la tirer de son sommeil. Emergeant à moitié, elle vit qu’on approchait un verre à ses lèvres, elle but, puis se rendormit. Il faisait nuit lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux. Sa chambre était plongée dans le noir et elle semblait être seule dans la pièce. Peu importe ce qu’on lui avait fait boire, le résultat était là, elle avait dormi la journée entière et il fallait reconnaître que même si elle avait toujours mal, elle se sentait tout de même en meilleure forme. Quelqu’un avait déposé un plateau sur lequel se trouvait une coupe de fruit, une assiette de viande froide, une cruche de vin et de verre en étain. La vue de cette nourriture fit gargouiller son ventre affamé, et malgré son désir de se jeter sur le plateau, elle se redressa avec une extrême lenteur tant l’effort lui faisait mal au ventre. En quelques pas elle rejoignit la petite table et elle picora un peu dans chaque assiette.
    C’est là qu’elle se rendit compte qu’on l’avait changé car elle se souvenait parfaitement de l’énorme tâche de sang qui recouvrait sa chemise de nuit quelques heures plus tôt. Tout ce sang…elle en aurait pleuré. Mais après tout c’était peut-être un signe d’Arcam, de Tyra ou bien d’un autre. Si ces soupçons étaient justifiés, si Viktor avait une maîtresse qu’il entretenait gentiment depuis plusieurs semaines, voir même plusieurs mois, alors peut-être que la perte de cet enfant faciliterait tout. Elle refusait de vivre auprès d’un homme qui ne l’aimait plus et s’il avait trouvé l’amour ailleurs alors autant céder sa place et partir la tête haute…Après tout elle ne risquait pas de manquer aux missédois, ils l’avaient assez fait souffrir avec son incapacité à mettre au monde un héritier.
    Un bruit sur sa droite la fit sursauter, finalement elle s’était trompée, quelqu’un d’autre se trouvait dans la chambre.
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mer 11 Avr 2012 - 9:18

Lorsque l'effet des drogues qu'on lui avait fait avalé se dissipa, Viktor se rendit compte qu'on l'avait allongé dans son lit. Il y resta un bon moment à ressasser se qu'il avait apprit. Kathleen avait fait une fausse couche. Elle avait à nouveau perdu leur enfant. Est-ce qu'il devait l'en blâmer ? Nombre de seigneurs n'hésiteraient pas à le faire en tout cas. La jeune femme était peut-être incapable d'assurer une quelconque descendance au baron. Parce que c'était bel et bien de ça dont il était question. Ni plus ni moins. Viktor aimait Kathleen, cela il ne le remettait pas en question. Il s'était plusieurs fois demandé si c'était bien vrai pendant ces dernières années. Mais il en revenait toujours à la conclusion que c'était juste une mauvaise passe et que cela finirait par s'arranger.

Mais au delà de ça, il devait penser plus large. Il devait penser à l'échelle de toute la baronnie. Le fait qu'il aimait Kathleen était assez peu de choses remis à cette échelle. Il lui fallait des héritiers. Et pour le moment, la jeune femme n'avait pas été en mesure de lui en donner.

Et maintenant ? Est-ce qu'il devait la répudier pour non fertilité ?

Non, ce n'était sans doute pas une excellente solution. Mais que faire alors ? Faire comme si de rien n'était ? Non, il en était tout à fait incapable. Il ne pouvait pas garder ça uniquement pour lui. Il allait falloir qu'ils en parlent lui et Kathleen...

Mais pour dire quoi ? En parler n'arrangerait rien et ne réglerait pas le problème. Et puis, est-ce que c'était vraiment un problème qu'il était en mesure de régler ?

Non, sans doute pas. Mais ils voulait l'entendre de sa propre bouche. Pas de celle de son guérisseur. Il voulait qu'elle lui dise qu'elle avait perdu un enfant...

Enfin, avant de se lancer là dedans, il fallait déjà qu'il se redresse.

Grimaçant, Viktor se redressa péniblement sur le lit.

Kathleen était debout à côté d'une petite table en train de picorer se qui se trouvait dans les deux assiettes qu'on avait déposé là. Bien que la fin le tenaillait, s'il n'avait pas eu aussi mal, Viktor se serait levé et aurait plutôt porté son intérêt sur la cruche de vin qui était posée à côté. Il avait besoin de boire et de boire plus que de raison.

Les yeux sombres de Viktor restèrent sur la jeune femme blonde qui se découpait dans la lumière de la lune. Et maintenant ? Est-ce qu'il devait dire quelque chose ? Est-ce qu'elle allait lancer la conversation ? Il avait l'impression désagréable qu'ils étaient comme étrangers l'un à l'autre. Ils s'observaient sans rien dire, attendant sans doute que l'autre prenne la parole.

Se fut Viktor qui parla le premier.

« Je veux bien un peu de vin. »

Ni plus ni moins qu'une façon de gagner du temps... et après ? Présentement, le baron n'était pas capable de réfléchir aussi loin.

Tout se qu'il pouvait faire, c'était penser à l'immédiat.

Il remercia Kathleen lorsqu'elle lui apporta la coupe et y trempa ses lèvres avant de relever les yeux vers elle.

« Ton guérisseur... il m'a tout dit, dit finalement Viktr doucement. »

Et maintenant ? Aucune idée. Mais il fallait bien commencer quelque part.
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mer 11 Avr 2012 - 11:32

    Il y avait bien quelqu’un d’autre dans la pièce et étonnamment Kathleen trouvait presque surprenant que ce soit son époux. Il y avait mis si peu souvent les pieds depuis ces dernières années qu’elle était toujours surprise de l’y voir. Les dernières fois qu’il lui avait rendu visite, il était passablement aviné et elle n’en gardait d’ailleurs pas un excellent souvenir, aussi eut-elle une seconde d’hésitation quand il rompit enfin le silence en lui demandant une coupe de vin. Docile, elle lui servit ce breuvage qu’elle détestait et le lui tendit. Il avait l’air d’aller mieux, du moins il avait meilleure mine que le matin. Le silence lourd et difficilement supportable s’installa à nouveau entre eux. Pourquoi y avait-il tant de gêne ? Comment avait-elle pu laisser les choses se détériorer autant entre lui et elle ? Son chagrin l’avait aveuglé au point qu’elle n’ait même pas remarqué qu’il s’éloignait d’elle à ce point. L’aimait-il seulement toujours ? Elle commençait sérieusement à en douter.

    Que pouvait-elle lui dire ? S’excuser comme une gamine ? Non cela ne suffirait pas elle le savait. Mais peut-être que si elle lui parlait, si elle essayait de lui expliquer ce qu’elle avait vécu, peut-être qu’il parviendrait à comprendre. Cela ne l’excuserait pas, mais au moins il saurait que son attitude n’avait rien à voir avec lui. Elle l’aimait, de tout son cœur, et la simple idée de le perdre lui était insupportable.
    Elle rassemblait ses idées, choisissait avec soin les mots qu’elle allait prononcer lorsqu’il lâcha doucement qu’Alric lui avait tout dit. Cette phrase résonna brutalement à ses oreilles, parce qu’elle n’avait pas encore bien réalisé tout ce qui c’était passé la nuit précédente… Elle aurait du se sentir triste, elle aurait même du pleurer…pourtant elle avait l’impression que cette perte tragique ne l’affectait pas…Comme si rien de tout ceci n’avait eut lieu. Grimaçant légèrement, elle s’installa sur le lit à côté de Viktor. Elle avait envie de le toucher, de prendre sa main, de se serrer dans ses bras, mais l’aurait il accepté alors qu’elle l’avait rejeté toutes ses années.


    - J’aurais préféré que ce soit moi qui te le dise...

    Sa voix était légèrement tremblante, parce qu’elle avait peur de la réaction de Viktor. Il aurait pu la répudier depuis longtemps et si ses soupçons étaient vrais, s’il avait réellement trouver le bonheur dans les bras d’une autre, alors peut-être que cela ne tarderait pas à arriver. Elle se rendit compte soudainement que cet enfant qu’elle venait de perdre avait peut-être été sa seule chance de récupérer son mari. Maintenant…plus rien ne le retenait près d’elle.
    Soit, si elle devait s’y résigner alors elle le ferait la tête haute. Plus de larme elle se l’était promis. Levant la tête, elle braqua son regard azur dans les yeux de Viktor. Avant de le laisser filer elle avait besoin de tout lui dire et elle le ferait en le regardant droit dans les yeux, pas en récitant son monologue à ses deux mains, comme elle avait souvent eut tendance à le faire. Aujourd’hui elle n’était plus la gamine de la Roseraie.


    - Je sais que je suis loin d’être une bonne épouse… J’ai faillis à tous mes devoirs et j’en ai horriblement honte. La mort d’…La mort d’Armand m’a été insupportable et au lieu de faire mon deuil avec toi, je me suis enfermée et j’ai laissé cette douleur me dévorer de l’intérieur. J’ai été égoïste, je n’ai pensé qu’à moi alors que tu souffrais aussi… J’en suis tellement désolée…

    Elle qui n’avait quasiment plus dit une phrase entièrement à Viktor depuis deux ans, elle se rattrapait maintenant en laissant libre court à ses pensées. Ils n’auraient peut-être plus jamais d’occasion comme celle-ci de se parler seul à seul alors elle devait en profiter.

    - Hier matin…je me suis réveillée en me disant que j’en avais assez de pleurer. Je voulais quitter cet endroit sombre et triste, je voulais oublier tout ça. Alors j’ai jeté ma robe noire et j’ai détaché mes cheveux…Quand je me suis vu sourire dans le miroir…je me suis rendue compte que la seule personne que je voulais voir…c’était toi. Et je me suis rendue compte de tout le mal que j’avais pu te faire. Je sais que c’est trop tard, et si tu ne m’aimes plus c’est que je t’ai donné toutes les raisons pour me détester… Je ne suis peut-être pas une bonne épouse et je ne t’ai peut-être pas encore donné d’héritier…mais je t’aime…plus qu’aucune autre femme ne pourra t’aimer.

    Bon il avait bien fallut que se mette à rougir sur la fin, en même temps Kathleen n’aurait pas été Kathleen sans ses pommettes rosies ! S’il voulait du dialogue, elle avait fait sa part. Maintenant elle attendait un juste retour, elle voulait qu’il soit franc avec elle et qu’il lui dise clairement comment il voyait l’avenir…avec ou sans elle.
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Sam 21 Avr 2012 - 15:00

Avec une grimace peu encourageante, Kathleen se mit assise à côté de Viktor sur le lit. Est-ce qu'il avait seulement envie qu'elle se mette là ? Non, il n'en avait pas envie. Il avait envie de lui en vouloir et de lui faire mal. Envie de lui jeter des remarques acides par grappes de douze, mais il n'y arrivait pas. Est-ce qu'il l'aurait laissée faire si elle avait tenter de se rapprocher plus encore ? Probablement pas. Mais il y avait une distance entre eux qui, pour le moment lui convenait parfaitement.

-J’aurais préféré que ce soit moi qui te le dise...

Et combien de temps aurait-il dut attendre ? Peut-être même qu'elle aurait décidé de ne rien lui dire. Viktor avait envie de secouer sa femme. De la prendre par les épaules et de la secouer dans tout les sens. Elle avait fait n'importe quoi. Lui blesser et elle qui forçait de façon tout à fait déraisonnable pour tenter vainement de donner le change. Mais à quoi avait-elle bien put penser ? Parce que se forcer à se tenir là pour donner le change et risquer d’aggraver son état était une bonne idée ? Elle voulait mourir ou quoi ? Dans ce cas, il y avait des façons beaucoup moins vicieuses pour parvenir à ses fins. Mais qu'est-ce qu'elle avait dans la tête bon sang ?

Viktor soupirait intérieurement. Il ne savait pas se qu'il convenait de faire à présent. Non, pas du tout. Mais il ne pouvait pourtant pas laisser les choses tels qu'elles étaient. Quant on a un membre gangrené, on le coupe. On attend pas que la pourriture s'installe et nous tue. Restait à savoir si Kathleen était un ''membre gangrené'' qu'il devait laisser derrière lui en passant à autre chose ou pas. Pour être tout à fait honnête, même maintenant, il n'avait pas envie de la laisser. Il avait cherché une potiche à mettre sur le trône après la désertion de cette putain de Serramire. Finalement, il avait trouvé chez Kathleen quelqu'un qui pouvait comprendre les tourments qu'il avait enduré et qui l'avait aidé à les surmonter. Les dieux sont des enfants cruels. Sans doute les maltraitaient-ils en ce moment pour respecter un certain équilibre après tout le bonheur qu'avait partagé le couple.

Dans un soudain élan de détermination qui surprit Viktor, la jeune femme releva la tête. Il avait tellement eu l'habitude de la voir baisser les yeux pour s'adresser à lui ou qu'elle se mette à pleurer qu'il était surprit de la voir prendre les choses en mains comme elle paraissait prête à le faire à ce moment précis.

-Je sais que je suis loin d’être une bonne épouse… J’ai faillis à tous mes devoirs et j’en ai horriblement honte. La mort d’…La mort d’Armand m’a été insupportable et au lieu de faire mon deuil avec toi, je me suis enfermée et j’ai laissé cette douleur me dévorer de l’intérieur. J’ai été égoïste, je n’ai pensé qu’à moi alors que tu souffrais aussi… J’en suis tellement désolée…

Viktor ne dit rien. Non, rien du tout. Que répondre à cela ? Déjà, c'était plus de mot qu'elle lui adressait en un bref instant que pendant les trois années précédentes. Et elle n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter là.

-Hier matin…je me suis réveillée en me disant que j’en avais assez de pleurer. Je voulais quitter cet endroit sombre et triste, je voulais oublier tout ça. Alors j’ai jeté ma robe noire et j’ai détaché mes cheveux…Quand je me suis vu sourire dans le miroir…je me suis rendue compte que la seule personne que je voulais voir…c’était toi. Et je me suis rendue compte de tout le mal que j’avais pu te faire. Je sais que c’est trop tard, et si tu ne m’aimes plus c’est que je t’ai donné toutes les raisons pour me détester… Je ne suis peut-être pas une bonne épouse et je ne t’ai peut-être pas encore donné d’héritier…mais je t’aime…plus qu’aucune autre femme ne pourra t’aimer.

Viktor restait silencieux. Que pouvait-il lui dire ? Qu'il avait tout les jours eu envie de lui enchaîner gifle sur gifle pour la réveiller autant que pour lui donner une autre raison de pleurer parce qu'il ne supportait pas qu'on tourne et retourne le couteau dans sa plaie ? Quoi ? Oui, lui aussi avait été affecté par la mort de Roland. Oui, il aurait aimer avoir autre chose pour l'aider et le soutenir qu'une épouse continuellement ne larme. Il comprenait la tristesse et la détresse dans laquelle s'était plongée Kathleen à la mort de leur enfant. Mais il y avait tout se qui s'était passé ensuite. Elle avait continué à s'obstiner dans cette voix. Elle avait continuer à pleurer. Si bien que les rares fois où il rentrait, il ne voyait qu'un visage défait, pâle, des yeux mouillées et des robes noires et fermées. Au point que les soucis qu'il rencontrait dans le nord finissait très vite par lui manquer.

Il restait là, c'était le moment pour lui de parler. Il en était bien conscient, Kathleen était totalement pendue à ses lèvres et n'attendait que les mots qui en sortait. Mais pour le moment, il restait silencieux. Désespérément silencieux. Pas un seul son ne sortait de sa gorge. Il s'y essayait, mais il n'y avait rien à faire.

« Je ne peux pas me passer de toi. »

Oui, c'était vrai. Cela s'était à chaque fois démentit lorsqu'il était revenu, mais pendant qu'il y repensait, à chaque fois qu'il entreprenait ce voyage entre Isgaard et Missède, il y avait toujours ce léger espoir pour lui de retrouver cette Kathleen souriante et colorée qu'il n'avait pas revus depuis qu'on avait enterré Armand avec les seigneurs de Missède. Pourtant, il y avait toujours eu un petit espoir, bien dissimulé tout au fond de lui, mais néanmoins bel et bien présent, que les choses s'arrangent. Qu'il la retrouve comme avant que leur fils ne meurt.

Et lorsque c'était finalement arrivé, il l'avait délaissée.

« Je suis désolé de ne pas avoir été là hier pour toi. »

Pourquoi est-ce qu'il s'était à nouveau jeté comme cela dans son travail ? Ça n'aurait pas été la première fois qu'il laissait des choses pour un peu plus tard afin de passer un peu de temps avec son épouse. Mais là, il n'en avait rien fait. Bien au contraire, quant il y repensait, il avait tout fait pour ralentir les choses et ne pas avoir à recroiser Kathleen.

Il ne pouvait pas se passer d'elle, mais il lui en voulait.

« Je t'en veux... parce que tu restais dans ton coin sans faire attention à tout se qu'il y avait autour... parce que tu as été folle de n'en faire qu'à ta tête. J'avais l'impression que tu m'abandonnais. Je t'en veux pour ce nouvel enfant qui a été perdu. »

Viktor laissa un nouveau moment de silence. Il serait les dents, chacun des mots lui arrachant la gorge.

« Je t'en veux, mais je n'arrive pas à te détester... »

Le baron leva un regard sur sa femme.

« Et je n'arrive pas à ne plus t'aimer. »
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Mar 24 Avr 2012 - 11:51


    Son discours fut accueilli par un silence si lourd que Kathleen faillit renoncer. Elle comprenait la colère que pouvait éprouver Viktor à son encontre, elle était totalement consciente que c’était elle seule qui avait conduit leur couple en si mauvaise posture… Mais c’était comme si elle venait de se réveiller après un long cauchemar, elle avait envie d’oublier cette nuit noire et déprimante qui l’avait enveloppé pour retrouver à nouveau le soleil. Elle avait quitté ses vêtements de deuil et intérieurement elle s’était promise de ne plus jamais les retrouver… pour personne. Désormais elle porterait ses couleurs en temps de joie comme en temps de souffrance et même si elle souhaitait que sa vie ne soit plus que bonheur et lumière, elle se doutait parfaitement que ce n’était qu’une utopie.
    Elle ne voulait plus être cette Kathleen de Missède, austère et triste, elle voulait redevenir cette jeune femme pleine de vie qu’elle avait connu à la Roseraie.
    Et puis soudain, alors qu’elle essayait de penser à autre chose, Viktor eut sa première réaction. Et le moins qu’on puisse dire c’est que son cœur rata un battement. Pourtant cette phrase, dites avec son ton déprimé n’annonçait rien de bon… « Je ne peux me passer de toi…. » Mais…..

    Et ce « Mais » l’inquiétait au point de faire légèrement trembler ses mains. Et puis il se lâcha et il lui dit plus de mot que les trois dernières années réunies. Il s’ouvrit à elle et pour la première fois elle ressentait ce qu’elle aurait du ressentir depuis toutes ces années. Elle ne l’avait jamais écouté se livrer ainsi à elle alors qu’il en avait certainement eu besoin depuis la mort de leur fils.
    Lorsque le silence retomba, Kathleen resta un moment sans rien dire. Elle devait réfléchir aux mots qu’elle allait prononcer, parce que malgré ces reproches il venait de lui dire qu’il tenait toujours à elle et en cela résidait son seul espoir de récupérer son époux. Sans quitter le chevet de son époux, Kathleen lui prit la main et la serra entre ses doigts fins. Etre si près de lui et ne pas le toucher lui était presque impossible maintenant qu’elle s’était enfin réveillée.


    - Je sais tout le mal que je t’ai fais…et je comprends aussi que tu sois en colère contre moi… Je crois…je crois que je ne réalise pas encore cette fausse couche…Tu sais, quand Alric m’a appris que j’étais enceinte…je n’avais qu’une hâte, que tu reviennes pour que je puisse t’annoncer la bonne nouvelle…Mais tu ne revenais pas… Et puis hier matin j’en ai eu assez d’être enfermée, je n’aurais jamais du monter à cheval mais ça m’a fait tellement de bien…et quand je t’ai vu, j’ai cru que mon cœur allait explosé de joie. J’avais tant souhaité que tu reviennes pour partager mon bonheur et tu étais enfin là…

    Kathleen fit une pause, autant pour laisser à Viktor le temps de digérer ses paroles que pour reprendre son souffle. Elle avait besoin de tout lui dire, pour qu’il n’y ait plus de zone d’ombre ou de doute qui soit permis entre eux. Elle savait les rumeurs qui avaient couru sur elle autant que sur son époux. Il n’était quasiment jamais à Missède et les langues de vipères avaient vite trouvé mille et un amant à la Baronne et autant sinon plus au Baron…

    - Quand nous sommes revenus et que tu t’es plongé dans ton travail….j’ai pensé que…que tu ne voulais plus me voir. Et je ne pouvais pas t’en vouloir, après tout j’avais tout fait pour te repousser… Mais ça m’a fait tellement mal… Toutes ses rumeurs que j’avais entendu sur toi me sont revenues en mémoire…J’ai cru que mon cœur se brisait....

    Voilà qui était fait. Sa chevauchée et l’angoisse qui l’avait habité au retour de Viktor avaient précipité sa fausse couche, elle ne voulait pas l’accuser de quoi que ce soit, au contraire même. Cette fois elle voulait juste qu’ils partagent ensemble la souffrance de cette nouvelle perte.
    Lâchant la main de Viktor, une poignée de seconde s’écoula avant qu’elle bouge à nouveau. Même si elle risquait de se faire envoyer sur les roses, elle se glissa sous les draps près de son époux et posa sa tête sur l’oreiller à hauteur du visage de celui qu’elle aimait tant.


    - Par ma faute, j’ai l’impression que nous sommes devenus des étrangers l’un pour l’autre…. Alors recommençons tout, au moins le temps d’une nuit…après j’accepterais mon sort quoi que tu décides.

    Malgré ces mots qui résonnèrent bizarrement à ses oreilles, son visage s’illumina d’un large sourire et elle tendit sa main jusqu’à caresser la joue de Viktor du bout des doigts.

    - Kathleen de la Roseraie, Baronne de Missède, enchantée !
Revenir en haut Aller en bas
Viktor de Missède
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 466
Âge : 26
Date d'inscription : 02/06/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Lun 30 Avr 2012 - 10:32

Et maintenant, qu'est-ce que Kathleen allait faire ? Il lui avait dit qu'il souhaitait la voir rester à Missède. Oui, c'était un fait. Mais lorsqu'on y réfléchissait, ce n'était pas forcément particulièrement rassurant pour elle. En effet, Viktor n'avait pas brisé les fiançailles qui l'unissait à la serramiroise quant il avait apprit sa coucherie. Le fait qu'il désirait garder Kathleen auprès de lui était encourageant, il n'y avait pas le moindre doute. Il ne la chassait pas, c'était déjà cela. Il n'était pas non plus en train de parler d'un divorce ou d'une répudiation quelconque. Non, loin de là. Kathleen avait donc toujours bel et bien sa chance. Toutefois, l'information était également à prendre avec des pincettes lorsqu'on connaissait les précédents du baron.

Encourageant ? Il n'y avait pas de doute. Est-ce que cela signifiait que c'était gagné pour elle? Non.

Lorsqu'elle lui prit la main, Viktor eu un très léger mouvement de recul. Extrêmement bref, au moment où elle posa sa main sur la sienne. Mais il ne se dégagea pas. Ce contact lui faisait du bien au moins autant qu'il lui donnait envie de fuir. Mais finalement, il n'en fit rien et Kathleen garda sa main. Maigre victoire qu'elle pouvait tout de même savourer comme étant bel et bien sienne.

-Je sais tout le mal que je t’ai fais…et je comprends aussi que tu sois en colère contre moi… Je crois…je crois que je ne réalise pas encore cette fausse couche…Tu sais, quand Alric m’a appris que j’étais enceinte…je n’avais qu’une hâte, que tu reviennes pour que je puisse t’annoncer la bonne nouvelle…Mais tu ne revenais pas… Et puis hier matin j’en ai eu assez d’être enfermée, je n’aurais jamais du monter à cheval mais ça m’a fait tellement de bien…et quand je t’ai vu, j’ai cru que mon cœur allait explosé de joie. J’avais tant souhaité que tu reviennes pour partager mon bonheur et tu étais enfin là…

malheureusement, à ce moment là, Viktor n'en avait pas eu la moindre envie. Il en avait bel et bien conscience. Kathleen s'était, certes, enfermée dans sa douleur, mais il avait fait de même. Il voulait qu'on le laisse souffrir en paix puisque la personne à qui il tenait le plus n'était pas là pour le soutenir, alors autant ne pas faire les choses à moitié. Personne ne devait être là. Et quant il l'avait vu débarquer en orange avec ses cheveux lâché et sa mine rougie par le vent, Viktor n'avait pas voulut qu'elle s'approche et qu'elle perce sa bulle.

-Quand nous sommes revenus et que tu t’es plongé dans ton travail….j’ai pensé que…que tu ne voulais plus me voir. Et je ne pouvais pas t’en vouloir, après tout j’avais tout fait pour te repousser… Mais ça m’a fait tellement mal… Toutes ses rumeurs que j’avais entendu sur toi me sont revenues en mémoire…J’ai cru que mon cœur se brisait....

Oui, il y avait peut-être un petit peu de ça. Tu brise mon cœur, je brise le tien. Une logique infantile et particulièrement stupide, il fallait bien l'admettre. Mais, quoi qu'il en soit, c'était ainsi que les choses fonctionnaient le plus souvent.

Finalement, peut-être face au silence obstiné de son époux, Kathleen lui lâcha la main. Est-ce qu'elle abandonnait ? Est-ce qu'elle avait fini par se résigner ? Viktor n'avait jamais été un très grand bavard et les dernières années n'avaient pas été pour améliorer ce défaut. Il parlait peu. La situation en même temps n'était pas simple et plus que jamais Viktor se refuserait à dire des choses à tord et à travers.

Mais apparemment, Kathleen n'était pas prête d'abdiquer. Après quelques secondes, elle se faufila sous la couverture pour venir toute proche de lui, sa tête à la même auteur que celle de Viktor à qui elle adressa un petit sourire avant de reprendre la parole.

-Par ma faute, j’ai l’impression que nous sommes devenus des étrangers l’un pour l’autre…. Alors recommençons tout, au moins le temps d’une nuit…après j’accepterais mon sort quoi que tu décides.

Recommencer tout... si seulement cela pouvait être aussi simple... s'il suffisait de le vouloir pour que tout soit effacé et que tout puisse recommencer comme si rien ne s'était passé... quel délice.

Le visage de Kathleen s'illumina d'un sourire alors que sa main se tendait dans sa direction pour caresser légèrement sa joue.

-Kathleen de la Roseraie, Baronne de Missède, enchantée !

Malgré son humeur sombre, voir dépressive, Viktor fut incapable de s'empêcher de sourire à Kathleen. Elle avait réussi à chasser une bonne part de ses idées noires. C'était déjà ça. Malgré la fatigue, il avait envie de terter l'expérience. Après tout, il n'avait absolument rien à y perdre et cela ne pourrait que leur être profitable à tout les deux. Alors pourquoi ne pas se prendre au jeu ?

« Viktor de Missède, baron de Missède, ravis de faire votre connaissance Kathleen. »

Le jeune homme prit la main se son épouse et la regarda un moment avant d'y déposer un baiser avec un sourire.

C'était définitivement un jeu auquel il était facile de se prendre. Facile et agréable... mais Viktor voulait le pousser plus loin. Quitte à tout reprendre à zéro, autant commencer par le début. Doucement, il retira son alliance à Kathleen. Puis, sans lâcher la main de la jeune femme, retira la sienne avant de les envoyer toutes deux par terre un petit peu plus loin.

« Dites moi mademoiselle de la Roseraie... il me semble qu'il est peu convenable pour une jeune fleure de se trouver dans le lit d'un homme. »

Cela aurait put passer pour un reproche et un acte de rupture avec le geste qu'avait eu Viktor quelques secondes plus tôt s'il n'avait pas eu un léger sourire sur le visage et si, pour chasser Kathleen, il n'avait pas eu milles occasions bien moins tordues... et d'ailleurs, il n'avait pas lâché sa main.
Revenir en haut Aller en bas
Kathleen de Missède
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 255
Âge : 28
Date d'inscription : 01/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24
Niveau Magique : Non-Initié
MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   Ven 4 Mai 2012 - 10:21

    Si le silence qui s’installa était des plus pesant, c’était le regard de Viktor qui était le plus difficile à soutenir. L’ancienne Kathleen serait sûrement devenue rouge pivoine et aurait détourner ses yeux azurs mais elle n’était plus cette fille là. Son sourire se fit moins tremblant lorsqu’elle vit que Viktor se prenait au jeu. Il glissa ses doigts entre les siens. Savait-il seulement combien ce simple contact lui faisait du bien ? Combien elle avait espéré cela des nuits entières lorsqu’il était loin de Missède ? Non probablement pas, mais lorsqu’il embrassa sa main, Kathleen sentit son cœur se réchauffer brutalement.
    Mais Viktor lui jeta un saut d’eau glacée en plein visage lorsqu’elle le vit retirer son alliance et la sienne pour les jeter sur le tapis. Un petit hoquet de surprise lui échappa et elle faillit se lever pour retrouver son si précieux bijou mais Viktor ne l’avait pas lâché.

    Que signifiait ce geste pour lui ? S’il voulait lui briser le cœur il était en bonne voie. Il n’avait pas l’air de comprendre que ce petit anneau en or avait été la seule chose qui l’avait tenu en vie ces dernières années. Chaque fois qu’elle avait voulu mourir parce qu’elle pensait que plus rien ne la retenait dans ce monde, c’était son alliance qui lui avait fait réaliser qu’elle avait toujours quelqu’un à aimer. Certes il lui avait fallu beaucoup de temps pour retrouver l’envie d’aimer, et surtout pour se rendre compte qu’elle pouvait perdre Viktor, mais sans cette alliance, seuls les dieux savent là où elle aurait pu être.

    Lançant un regard surpris, presque choquée à Viktor, elle attendit la suite, l’explication qui justifierait un tel geste, mais elle n’eut droit qu’à un fin sourire de son époux et une phrase tout à fait surprenant. D’ailleurs elle m’y longtemps à l’intégrer et à la comprendre tant elle ne s’était pas attendue à le voir sourire… C’était la première fois depuis des années qu’il lui souriait….
    Le silence s’installa à nouveau et elle se rendit compte que c’était à elle de répondre. Répondre ? A quoi déjà ? Quesquiladit ? Ah oui ! Ce fut à son tour de sourire, de rire même lorsqu’elle comprit ses paroles.


    - Vous savez ce n’est pas la première fois que cela m’arrive ! Non pas que je sois du genre légère, mais voyez vous, il m’est arrivé de me glisser dans le lit d’un homme dans un auberge alors que je quittais ma région natale.

    Le souvenir de cette première nuit qu’elle avait passé dans le lit de Viktor lui revint en mémoire. Il fallait reconnaître qu’elle avait eu un sacré culot de se pointer devant sa porte pour lui demander si elle pouvait partager sa chambre pour la nuit. Sa chambrière avait disparu et les bruits inquiétants de la bâtisse remplie de voyageurs en tout genre ne l’avait guère rassuré.
    Mais dès qu’elle s’était retrouvée avec Viktor, elle n’avait plus eu peur. Il l’avait accueilli malgré toutes les règles de bienséance et de protocole. Cette nuit là, elle n’avait quasiment pas fermé l’œil. Pas parce qu’elle avait peur de quoi que ce soit, mais parce qu’elle avait voulu savoir si elle apprécierait de dormir ainsi aux côtés de cet homme le reste de sa vie.


    - Je dois vous avouer que je n’ai guère dormi cette nuit là mais pas pour les raisons que vous pourriez imaginer ! J’étais trop occupée à le regarder dormir, à retenir chaque trait de son visage, jusqu’à ce que je sois parfaitement convaincu que c’était lui que je voulais épouser. Vous me le rappelez énormément.

    Lâchant doucement la main de Viktor, elle chassa du bout des doigts une mèche brune qui barrait le visage de son époux. Elle avait toujours aimé se plonger dans son regard, si sombre, si particulier.

    - Je pense que…si je pouvais vous embrasser, je saurais si vous êtes cet homme là. Puis-je vous voler un baiser ?

    Cette dernière phrase raisonna doucement à mon oreille, réveillant d’autres souvenirs. A Sinlieh, au bord d’une fontaine, tous deux trempés des pieds à la tête !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Des nouvelles de Missède [Viktor/Catherine]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Des nouvelles de Fuveau !
» Nouvelles d'Haiti; ce que les journalistes ne disent pas !
» Haiti : Michel Frost craint de nouvelles émeutes de la Faim
» [Campagne] Nouvelles règles de campagne ''maison''
» Les nouvelles de Paris

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Royaume de la Péninsule ~ SUD OUEST :: Duché de Langehack :: Comté de Missède-
Sauter vers: