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 La rose ou le glaive ? [Aliénor]

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Edryc Asteranyth
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MessageSujet: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Mer 1 Fév 2012 - 17:10

Le calme régnait dans les alentours, et l'ombre entre les arbres ne semblait pas abriter quelconque menace. Ce jour n'était pas supposé ouvrir une nouvelle page des aventures d'Edryc Asteranyth, car l'aventurier se contentait de suivre ce qui tenait lieu de sentier pour rentrer à Diantra. Il lui restait encore de nombreux jours de voyage, mais l'endurance de son cheval lui avait fait gagner du temps, et il n'était de toute façon pas pressé. Il avait mené ses affaires en forêt d'Anaëh comme convenu, sans réelle complication, et à présent, il guetterait la prochaine opportunité, tendrait l'oreille pour connaître ce que le destin lui réservait pour une future expédition. Cela faisait plus d'un jour qu'il s'était enfoncé en forêt d'Aduram, et il ne s'était arrêté que pour prendre un peu de repos pour lui et sa monture. Habitué à dormir dans des contrées sauvages, il avait désormais acquit la faculté d'émerger d'un sommeil léger au moindre bruit suspect, pour réagir à une quelconque menace. Mais rien n'avait troublé son repos la nuit dernière, et il en était presque déçu. Sa visite dans les territoires elfiques ne s'était même pas soldée par un fait d'armes qui pourrait remplir les pages de son journal, et il commençait à trouver le temps long depuis la dernière fois qu'il avait eu à jouer de son redoutable coup d'épée.

Il avait peut-être trop pris l'habitude de partir dans les quatre coins de Miradelphia jusqu'à en oublier que les choses les plus intéressantes se déroulaient parfois tout près de son point de départ. Le Roi Trystan n'était plus, et il n'avait apprit la chose que quelques jours après son dernier départ de Diantra. Lorsqu'il reviendrait dans la cité humaine, il prêterait l'oreille et tâcherait de se renseigner, car bien des choses allaient changer maintenant que le Roi qu'il avait honorablement servi s'en était allé. Les circonstances entourant la mort de son Roi demeuraient louches et ses sources étaient contradictoires. Curieux qu'il était, Edryc ne saurait s'empêcher d'enquêter sur l'événement, quitte à ne garder ses conclusions que pour lui-même. De même, il n'avait aucune idée de qui allait hériter de la couronne, et espérait que cela n'allait pas conduire à un nouveau massacre. Il avait suffisamment goûté à la guerre civile, théâtre de l'avidité et la cupidité des hommes. Même si au fond de lui, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'un péril imminent le tirerait de son insupportable oisiveté. Peut-être sa prochaine halte dans la grande et belle capitale du royaume des hommes serait plus longue que d'ordinaire.

Sentant décliner la lumière de l'astre du jour, Edryc songea qu'il serait opportun de trouver un endroit où passer sa deuxième nuit en Aduram avant que l'obscurité n'envahisse complètement les lieux. Il lui resterait encore un long trajet à parcourir le lendemain mais il pourrait peut-être quitter la forêt avant la troisième nuit, si le sentier s'espaçait davantage pour lui permettre d'accélérer le pas. Il posa pied à terre, et marcha à côté de son cheval à la recherche d'un coin à la fois discret et pas trop éloigné du sentier pour faire halte cette nuit. Passant entre les arbres, il finit par trouver un endroit tranquille, à l'abris des regards. Il y aurait de toute façon peu de chances pour qu'un voyageur nocturne arrive à l'apercevoir dans l'obscurité, mais mieux valait se méfier, toutes sortes de visiteurs pouvaient s'aventurer sur cette route. L'aventurier attacha son cheval à un arbre, puis réunit un tas de feuillages pour se préparer un lit de fortune. Ce n'était pas le grand luxe, mais c'était son quotidien; un homme qui a connu la guerre et qui passe désormais la majeure partie de son temps sur la route est plus dépaysé dans une auberge qu'à l'extérieur. Il s'installa au sol, alors que l'obscurité envahissait Aduram. Prêt à dormir à la belle étoile - bien que les épais branchages dissimulaient le ciel - Edryc serra machinalement la poignée de l'épée de Lothoedus, en attendant la venue du sommeil. La nuit enveloppa la grande forêt d'Aduram, et l'obscurité fit sombrer l'aventurier dans le sommeil. Mais Edryc Asteranyth ne dort jamais à poings fermés, et le moindre craquement de brindille, le moindre souffle, le moindre bruissement de feuilles plus sonore que d'ordinaire le tirerait instantanément de ce repos. Ses sens lui avaient parfois sauvé la vie dans les contrées les plus sauvages de Miradelphia, et ne l'avaient jamais trahi jusqu'à présent.
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Aliénor Roywyn
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Mer 1 Fév 2012 - 21:12

Comme le temps est long lorsque l'on ne sait comment l'occuper ! Tel était le quotidien d'Aliénor depuis qu'elle était redevenue solitaire. Dépourvue de racines, la jeune femme allait de ville en ville, et son quotidien se résumait à trouver de quoi manger et décider d'où elle se rendrait le lendemain. A force de voyager seule et de ne parler à personne, elle perdait l'habitude de tenir les conversations et avait l'impression de se faire de plus en plus associable. Cet état des choses inquiétait un peu la jeune femme, mais elle avait malheureusement des milliers d'autres soucis en tête. Voler dans les lieux où elle se rendait devenait de plus en plus risqué, et elle devait parfois exécuter des petits travaux à droite et à gauche pour assurer sa subsistance. Evidemment, ces travaux ne duraient jamais longtemps : dès qu'elle touchait sa paye, elle quittait la ville et ne revenait pas. Ca faisait un moment qu'elle n'était plus allée dans une grande ville. Il était plus facile de voler dans les petits villages, mais ceux-ci avaient aussi leurs défauts. La population avait tendance à être plus repliée sur elle-même, plus méfiante envers les étrangers. On se méfiait d'elle partout où elle allait, et à force de voyager seule, les gens voyaient facilement qu'elle était louche. Dans le dernier village où elle s'était rendue, Aliénor avait manqué de peu le lynchage après avoir été surprise à fouiller le coffre d'un magasin. Elle avait réussi de justesse à échapper à ses poursuivants en partant pour la forêt d'Aduram, mais ceux-ci n'avaient pas lâché l'affaire très tôt et elle avait dû s'enfoncer assez profondément dans la forêt pour être enfin tranquille.

La nuit tombait, et la brune était assise contre un arbre, grelottant car le froid hivernal était mordant ce soir. Elle songea au bon vieux temps où elle n'avait pas à vagabonder seule et où elle pouvait compter sur ceux qu'elle considérait comme ses frères. Le temps où chaque soir était prétexte à s'ennivrer pour fêter une quelconque occasion, et où chaque jour annonçait son potentiel de projets plus fous les uns que les autres, mais qui étaient pourtant menés à bien la plupart du temps. Ce temps-là était révolu, Aliénor était seule et avait le sentiment qu'elle devrait se contenter de cette nouvelle condition pour le restant de son existence.
Elle était là, assise, silencieuse, lorsqu'un bruit proche lui parvint. Quelqu'un approchait. Sur le qui-vive, Aliénor se leva dans un silence absolu, avec la discrétion que lui avait enseigné son métier de voleuse. Elle s'éloigna du sentier pour se mettre à l'abris de la vue de l'arrivant, cachée derrière les fourrés. C'était un cavalier qui approchait, et celui-ci semblait vouloir s'arrêter dans les environs. Il serait fou de continuer alors que l'obscurité allait envahir la forêt dans quelques minutes. Aliénor resta cachée, guettant les gestes de l'inconnu. Celui-ci attachait son cheval et se préparait à dormir. Dans sa tête, Aliénor songea que la bonne fortune lui souriait enfin. La venue de ce cavalier, c'était une chance inespérée. Avec un cheval et peut-être l'argent qu'elle trouverait sur lui, elle se faciliterait la vie pour les semaines à venir. Elle attendit patiemment que le cavalier s'endorme, en restant bien dans sa cachette en attendant l'occasion d'agir.


* * *


Un bon moment passa, pendant lequel Aliénor dut lutter contre son impatience. C'était bien une chose qu'elle n'avait pas réussi à apprendre avec son métier de voleuse. Voir cet homme étendu là alors qu'il dormait peut-être déjà lui donnait envie d'agir immédiatement, sans perdre son temps. Mais s'il se réveillait ? C'était tout de même risqué, il avait beau ne pas porter d'armure, il était solidement bâti, bien plus qu'elle. Lorsqu'elle fut à peu près sûre qu'il dormait, elle se laissa enfin convaincre par son irrésistible impatience.
Toujours silencieuse telle une ombre dans la nuit, Aliénor se glissa hors de sa cachette pour avancer vers l'homme étendu au sol. Elle n'avait besoin que d'une chose, son or. Elle détacherait ensuite le cheval et prendrait la fuite avec celui-ci. Alors qu'elle se tenait là, au-dessus de lui, elle songea un instant à le tuer. Il était à sa merci, personne ne les regardait, personne ne le saurait jamais. Elle prendrait beaucoup moins de risques pour le détrousser... ce ne serait pas la première fois qu'elle tuerait quelqu'un. Mais ce serait la première fois qu'elle le ferait sans y être forcée... et cela la gênait un peu plus. Hésitante, elle sortit malgré tout sa dague, au cas où l'homme se réveillerait. Se penchant près de lui sans un souffle, guettant sa réaction, elle se mit en quête de son or. Elle remarqua alors l'épée. Une magnifique épée d'acier, que le cavalier avait gardée près de lui. Pour se défendre ou parce qu'elle avait de la valeur à ses yeux ? Vu comme il était facile pour Aliénor de le tuer maintenant, ça ne devait pas être la première option. Elle se demanda qui était cet homme, si lui-même avait de la valeur. Ce n'était sûrement pas un noble, puisqu'il voyageait seul tout comme elle. C'était sûrement un bandit, un fuyard, un hors-la-loi, un voleur comme elle... un rival qu'elle ne devrait pas laisser circuler. Il fallait qu'elle le fasse, il fallait qu'elle le tue avant de ne plus pouvoir le faire et de le regretter. Elle approcha le tranchant de sa dague de la gorge de l'endormi et s'apprêta à exécuter sa sinistre tâche.
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Edryc Asteranyth
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Mer 1 Fév 2012 - 21:44

La voleuse assassine s'était glissée jusqu'à l'aventurier sans un bruit, et l'homme qui avait voyagé dans des régions où les pillards côtoient les plus féroces bêtes sauvages était sur le point de finir égorgé dans une forêt par une pauvre jeune femme trop effrayée à l'idée de le voir se réveiller. Si ses sens n'avaient jamais trahi Edryc, ils n'avaient malheureusement pas été entraînés à déceler l'approche d'une menace aussi silencieuse. Edryc dormait d'un sommeil léger, mais n'avait pas conscience de cette réalité qui pourrait tourner cette nuit la dernière page de son histoire. Il ne fut pas réveillé par son approche, il ne sentit pas le regard de la jeune femme peser sur lui, et même le cheval ne semblait pas se sentir menacé par la présence de cette inconnue qui ne manifestait pour l'instant aucun geste brusque. Aliénor avait la maîtrise des sens pour atout. Mais Edryc n'avait pas encore abattu ses cartes... il allait devoir le faire rapidement, encore fallut-t-il qu'il sache que la partie était commencée.

Ce fut probablement l'hésitation, l'attente et le geste indécis de la jeune femme sortant sa dague qui entailla la tranquillité d'esprit de l'aventurier endormi. Et lorsqu'elle fut tout près de lui, sa dague effleurant presque la gorge de l'aventurier, Edryc commença légèrement à remuer. Ses sens réagissaient enfin : quelque chose d'inhabituel se passait, sa tranquillité n'était plus, il ne régnait plus chez lui ce calme propice au sommeil. Il se réveilla alors, presque dans un sursaut. Ses yeux s'ouvrirent, mais dans l'obscurité il ne put distinguer immédiatement ce qui se passait. Néanmoins, le souffle de l'inconnue lui parvenait et son sang ne fit qu'un tour. Il prit conscience de l'ombre menaçante tout proche de lui et de cette dague qui lui effleurait la gorge, prête à glisser dans sa chair. Partagé entre un sentiment de peur - qu'il n'osait admettre tant cela portait atteinte à son orgueil - et un sentiment d'incrédulité, il n'eut néanmoins pas à se demander si cela était réel. Le sommeil s'était dissipé en un éclair, et la situation n'avait rien d'un rêve.

L'inconnue savait certainement qu'il s'était réveillé. Ce que voyait Edryc pour le moment, c'était que pour une raison ou une autre, elle ne l'avait pas encore tué alors que rien ne l'empêchait de le faire. Il n'esquissa donc pas le moindre geste de menace, aucun geste brusque, sachant pertinemment qu'elle passerait à l'acte si elle se sentait en danger. L'épée de Lothoedus était posée juste à côté de l'aventurier, mais celui-ci n'aurait pas le temps de s'en saisir et de frapper, car la femme lui trancherait la gorge avant.
Il s'avéra alors que sa seule porte de sortie ne passerait pas par la force, mais par le dialogue. Mais pourrait-elle le comprendre ? Dans l'obscurité il ne parvenait même pas à voir si elle était humaine, sylvaine ou drow, ou autre diablerie. La seule chose qu'il percevait était son hésitation, et cela semblait signifier qu'il y avait une part d'humanité en elle. Il devait exploiter cette faille.


- Que... voulez-vous ?

La lame courte reposait toujours contre sa gorge, et le tranchant lui faisait quelques entailles à mesure qu'il lui effleurait la peau. Qui qu'elle soit, elle n'aurait pas besoin de le mettre en garde : la présence de cette arme était la piqûre de rappel idéale. Pour l'instant, Edryc devait la dissuader de l'exécuter sur place. Il aviserait ensuite sur la meilleure façon qui soit de renverser la tendance et prendre le dessus. Et si elle rechignait à retirer cette lame qui commençait vraiment à l'incommoder, il lui ferait passer l'envie d'agresser des aventuriers... il avait beau être un rêveur bourré d'idéaux et doué d'une certaine sensibilité, cette grognasse pourrait rapidement le mettre en rogne et faire de lui un autre homme.
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Aliénor Roywyn
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Dim 5 Fév 2012 - 0:14

Les yeux de l'homme s'ouvraient, et le regard de l'assassine et de sa victime se croisèrent. Déjà hésitante, Aliénor se sentit un peu plus déstabilisée. Sa victime était maintenant consciente non seulement du danger, mais pire encore, de l'hésitation qui régnait chez elle. Pourquoi était-ce si difficile de tuer cet homme, là, tout de suite ? Quelle différence y avait-il entre maintenant et les fois précédentes ? Elle avait toujours tué dans le feu de l'action, mais prendre quelqu'un en traître, tuer un homme dans son sommeil, ne faisait pas partie de ses habitudes. Dans un sens, ça la dégoûtait. Pas par rapport à sa victime dont elle n'avait absolument rien à faire, mais elle se sentait blessée dans son amour propre. Quoiqu'il en soit, ce malaise allait dans un sens comme dans l'autre : si elle répugnait à tuer un homme qui n'avait aucun moyen de se défendre et qui ne représentait peut-être pas une réelle menace, elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle continuait à hésiter face à lui au lieu d'en finir. Fronçant les sourcils, la jeune femme se demanda ce qu'il pouvait bien penser d'elle et imagina qu'il riait intérieurement de son impuissance. Cela l'énerva, mais pas suffisamment pour franchir le pas.
Impuissante, voilà ce qu'elle était en cet instant. Le mot résonna dans sa tête alors qu'elle se faisait ce constat. Elle voulait se prouver l'inverse, et prouver la même chose à sa victime en l'exécutant. Quel intérêt ? A force d'hésiter ainsi, elle ne faisait que se mettre en danger, elle laissait une chance au voyageur. Elle ne devait pas le laisser en profiter. Et alors qu'elle cherchait encore en elle la force d'esprit pour lui trancher la gorge, voilà que l'homme ouvrait la bouche. Que cherchait-il, que voulait-il ? Sa question était stupide, la réponse était évidente. Aliénor voulait le dépouiller, et elle allait le tuer pour ne pas l'avoir à ses trousses. Sauf si elle n'en trouvait pas le cran nécessaire...

"A quoi suis-je en train de jouer", se dit-elle intérieurement. "Je ne tue pas les gens dans leur sommeil, je ne les prends pas en traître... c'est ainsi que je suis, et je n'ai pas à en avoir honte." Non, elle ne le tuerait pas de cette manière. Mais elle ne pouvait pas non plus le laisser là après lui avoir prit ses affaires, car il se souviendrait de son visage qu'il avait vu de près malgré l'obscurité, et il chercherait à la retrouver. Il y avait une solution, risquée, mais Aliénor préférait en prendre le risque. Elle retira sa lame et se releva en reculant de quelques pas. Elle fixa le voyageur d'un regard où toute hésitation avait maintenant disparu, en laissant place à ce qui ressemblait plus à... de la fierté, oui. C'était ainsi que les choses devraient se passer, quelle que soit leur issue.


- Je refuse de te tuer dans ton sommeil, mais je ne renonce pas à prendre ta vie et tes biens. J'ai seulement décidé de te laisser une chance, inconnu. Ramasse ton épée, à présent.

Aliénor rangea sa dague et tira son épée batarde. Debout face à l'adversaire, la tête haute et l'air déterminé, elle était prête à livrer ce duel. Si son adversaire semblait robuste, elle pouvait compter sur son athlétisme et la protection que pouvait lui offrir sa demi-armure. A présent, si elle le tuait, elle aurait une raison d'en être fière. Et si elle n'en réchappait pas, ce serait une fin plus honorable que toutes celles qui pouvaient l'attendre dans la vie misérable qu'elle menait.
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Edryc Asteranyth
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Dim 5 Fév 2012 - 1:16

Promis à une mort certaine, l'aventurier s'étonna de voir son bourreau relâcher prise et se retirer. Ses paroles n'avaient tout de même pas suffit à la dissuader de passer à l'acte ? Ici, les gens disparaissaient et il n'y avait personne pour témoigner ou pour comprendre ce qui leur était arrivé. La plupart des individus qui s'aventuraient en solitaire dans cette forêt étaient louches et peu d'entre eux auraient hésités à trancher la gorge d'un voyageur endormi. Mais cette femme était différente. Aucun agresseur n'avait jamais réussi à s'approcher aussi près de l'aventurier endormi sans le réveiller. Et curieusement, si elle avait ce don si particulier et si peu commun, elle n'était pas pourvue d'une faculté qui était au contraire très répandue : la cruauté. Les dieux lui avaient probablement ôté ce trait de caractère dans un pur soucis d'égalité. Quoiqu'il en soit, cela n'expliquait pas à Edryc pourquoi cette femme qui le tenait à sa merci quelques secondes plus tôt le laissait maintenant libre de ses mouvements.

Sa surprise n'en fut que plus grande lorsque l'inconnue le provoqua tout bonnement en duel. Mais qui était cette femme qui préférait s'inventer de telles difficultés plutôt que de tuer dans l'ombre sans honneur ? Soit elle était terriblement douée au combat au point de ne pouvoir douter de ses chances de victoire, soit elle était tout bonnement incapable d'aller à l'encontre de ses principes. Ou alors, elle était tout simplement folle. Comment savoir ? L'aventurier jugerait de la réponse au cours de l'affrontement, car elle ne lui donnerait certainement pas la réponse : à l'issue de la démonstration, l'un d'eux n'aurait plus le loisir de faire la conversation à l'autre.

Edryc ne fut pas long à répondre à l'invitation. Il se releva, tenant de sa main droite la poignée de l'épée d'acier. Combattre après avoir été tiré du sommeil n'était pas chose aisée, mais, croyez-le ou non, ce n'était pas la première fois qu'il était confronté à l'exercice. C'était en revanche la première fois que l'agresseur lui offrait la possibilité de se défendre. Il allait devoir faire en sorte que ce ne soit pas la dernière... en face de lui, la femme était sur ses appuis, prête à l'accueillir. Son équipement, bien que léger, semblait indiquer qu'elle avait au moins des notions de combat. Peut-être était-elle diablement douée, peut-être pas. Mieux valait pour elle qu'elle le soit, car Edryc avait suivi l'entraînement de son père depuis le plus jeune âge et avait prit part à bien des batailles. Son adversaire semblait jeune, et l'aventurier était presque certain qu'il faisait déjà tournoyer son épée à l'époque où la jeune femme tétait le sein maternel. Il n'avait pas encore tout vu du monde de Miradelphia, mais il avait visité plus de places et prit part à plus de duels que ne le feraient la plupart des hommes en l'espace de toute une vie.

Tout aussi déterminé qu'elle, Edryc fit face à son adversaire, résolu quant à l'issue que prendrait ce duel. Il n'avait pas souvent eu de femme humaine parmi ses adversaires, mais il ne devait pas en faire une faiblesse ce soir. Elle avait hésité à le tuer dans son sommeil, mais il était persuadé qu'elle n'hésiterait pas à le faire dans un combat régulier. Comme le disait une formule qu'il employait souvent lorsqu'il relatait ses exploits, la mort peut prendre les formes les plus diverses. Ce soir, s'il n'y prenait pas garde, la mort l'attendrait sous la forme de cette jeune femme, fragile en apparence, mais froide et redoutable. En la tuant, il se sauverait lui-même, mais sauverait également le prochain voyageur qui tomberait entre les griffes de cette dangereuse vagabonde en armure.

En avant, guerrier ! S'élançant vers l'adversaire comme il l'avait fait maintes et maintes fois, Edryc sentit venir la parade. Les lames s'entrechoquèrent une première fois, première d'une longue série qui allait tenir en haleine les deux belligérants jusqu'à ce que la mort fasse céder l'un d'eux. La danse des épées démarra, non pas comme une mêlée furieuse, mais comme une joute où savoir et technique portent la violence inhérente au combat. La robuste épée du chevalier Lothoedus Asteranyth, fidèlement portée par son fils, défendait solidement son porteur en déviant habilement les attaques de la combattante qui ne s'en montrait pas moins acharnée. Nul doute que celle-ci savait manier l'épée, mais il en faudrait plus pour impressionner un adepte de la lame longue de la trempe d'Edryc. La symphonie des lames s'entrechoquant sans fin résonna ainsi un long moment entre les arbres d'Aduram. Puis à la faveur d'une nouvelle rencontre des deux lames, l'aventurier maintint une forte pression pour tenter de mettre la jeune femme en difficulté, pour finalement faire un pas vers elle et la frapper en plein visage avec le pommeau de son épée.
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Aliénor Roywyn
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Mar 7 Fév 2012 - 8:50

Etait-elle stupide d'avoir provoqué ce duel ? N'importe qui le penserait. Cet homme était armé d'une puissante épée et il savait s'en servir, cela se voyait. Mais Aliénor ne regretta pas sa décision. Sa vie était vide de sens et elle refusait de la passer baignée dans la honte, condamnée aux pires bassesses. Si cet homme mettait fin à ses jours, elle aurait une belle mort. Et si elle remportait le combat, elle garderait un excellent souvenir de cette soirée et verrait son moral monter en flèche. Dans tous les cas, la situation avait ses avantages. Aliénor n'avait donc aucun regret.
Ce fut le voyageur qui s'élança le premier vers elle. Aliénor para ses coups en mettant en pratique le savoir qu'elle avait acquis auprès de ses anciens frères d'armes, pendant ce qu'elle considérait toujours comme les plus belles années de sa vie. Elle n'avait rien oublié et était une redoutable combattante, mais celui d'en face l'était tout autant. Poussant des cris de rage à plusieurs reprises pour se stimuler et décupler ses forces, Aliénor se battit comme une diablesse. Sa vie était en jeu maintenant, mais aussi le butin auquel elle n'avait pas encore renoncé. Elle voulait l'or de son adversaire et surtout son cheval, car celui-ci lui faciliterait le voyage pour quitter cette maudite forêt. Mais alors qu'elle tentait une nouvelle attaque, un mouvement de son adversaire la déstabilisa, et l'ennemi parvint à dévier sa défense et lui envoyer un coup de pommeau en pleine figure. Le choc fut douloureux mais Aliénor ne laissa pas l'aventurier en profiter, elle releva rapidement sa garde et para de justesse un coup qui aurait pu lui être fatal.


- Tu es doué, inconnu, mais ça ne te sauvera pas !
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Edryc Asteranyth
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Mar 7 Fév 2012 - 9:31

L'aventurier était passé à deux doigts de la victoire, mais la guerrière se montra assez réactive pour ne pas se laisser prendre au piège. Elle relevait maintenant sa garde et continuait de lui tenir tête, mais cette première tentative d'Edryc prouvait que la jeune femme était maintenant dans une position de défense. S'il y avait bien une chose qu'Edryc se souvenait des enseignements de son père, c'était que la meilleure des défenses passait par l'attaque, et qu'on ne gagnait pas un combat en attendant l'initiative adverse. Par ce premier coup de force, l'aventurier s'était arrogé un avantage dans le combat, qu'il ne comptait pas perdre. Il jouerait sur cette carte morale et savait qu'il viendrait à bout de son adversaire, qui finirait immanquablement par se fatiguer, puis par céder. Alors la victoire lui serait servie sur un plateau...

Quoiqu'il en soit, la danse des lames battait toujours son plein, et si Edryc était persuadé d'en venir à bout, il restait éveillé et alerte, toujours concentré pour ne pas perdre la face sur un excès de confiance. La guerrière se montrait habile et résistante, il y avait plus de force en elle qu'il n'y paraissait au premier abord, et l'aventurier songea que bien des hommes ne feraient pas le poids face à l'habile combattante qu'il avait face à lui. Celle-ci, toujours hostile, l'apostropha comme pour lui prouver qu'elle tenait le coup. Edryc ne se laissa guère décontenancer, mais nota qu'elle combattait avec toute sa rage et sa colère. C'était une façon comme une autre de trouver son énergie, tout comme les cris qu'elle poussait en combattant. Edryc, lui, avait sa manière propre de trouver la force physique et mentale nécessaire. Contrairement à elle, il ne montrait ni colère ni aucune émotion en se battant, mais toute son énergie y passait quand même. Lui-même ne s'expliquait pas toujours par où passait cette volonté de fer qu'il décuplait en maniant l'épée, mais il en avait tout de même une vague idée. Le souvenir d'un père dont il avait rêvé de faire la fierté en vain était toujours présent en lui, et on pouvait dire que chaque seconde de son existence était vouée à un même but, celui d'être digne de tout ce qu'il aurait voulu lui prouver. Il en tirait une colère qu'il ne pouvait calmer, mais qu'il ne laissait jamais paraître non plus. Ainsi, de l'extérieur Edryc semblait toujours calme comme la surface d'un lac avant l'orage, alors qu'à l'intérieur l'orage grondait déjà depuis longtemps. De là, il tirait sa volonté, son énergie, toute la hargne qu'il accumulait derrière un visage pacifique et cet air d'être maître de lui-même à chaque instant, même lorsque tout était sombre. Là était sa force.

Il ne répondit pas aux provocations de la jeune femme. Peu lui importait ce qu'elle entendrait avant de mourir. Elle avait choisi son destin, elle avait fait son choix. Il n'y aurait pas de regrets ni pour l'un ni pour l'autre. Mais elle avait préféré l'affronter en face plutôt que de l'égorger par traîtrise, et même si cette idée était stupide, elle démontrait une forme de courage. Quand Edryc l'aurait tuée, il ne manquerait pas de laisser une trace écrite de la nuit qu'il vivait en cet instant. Les générations futures trouveraient peut-être une grande valeur littéraire à ce duel où les principes de l'honneur avaient, envers et contre tout, prit le pas sur la fourberie et la cupidité. Il était permis de rêver, après tout Edryc mourrait bien avant de savoir quel jugement on réserverait à ses écrits. L'essentiel pour lui était de ne pas mourir dès ce soir.

A l'issue d'un jeu infini de parades, de ripostes, de coups d'estoc avortés et autres coups de force, Edryc frappa en diagonale l'épée de son adversaire, chassant celle-ci vers le bas. Il tenta alors de faire glisser sa propre lame vers elle, mais son plan fut contrecarré une nouvelle fois. Alors que les deux lames se bloquaient l'une et l'autre, et que les adversaires se retrouvaient à une très courte distance, Edryc porta un violent coup de genou puis utilisa ses dernières ressources pour pousser du poids de son corps la jeune femme jusqu'à la bloquer contre un arbre. Les lames de deux belligérants se bloquaient toujours l'une l'autre, mais Edryc s'employait maintenant à empêcher son adversaire de faire le moindre mouvement.

Alors un cri déchira la forêt d'Aduram, et quelques volatiles perchés dans les arbres prirent brusquement la fuite. Un bruissement de feuilles, des craquements de brindilles indiquèrent que quelque chose se rapprochait sans chercher la moindre discrétion dans ses mouvements.
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Aliénor Roywyn
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Mer 8 Fév 2012 - 20:10

Aliénor se défendait comme une diablesse, mais son adversaire avait réussi à la placer dans une situation délicate. Pour la première fois depuis longtemps, elle était tombée sur plus habile qu'elle. Mais elle refusait de voir sa défaite acquise : sa ruse ou tout simplement la chance pouvait encore lui faire gagner ce combat. Elle se dit en même temps qu'il serait dommage de tuer un guerrier aussi talentueux que lui... mais si elle l'ajoutait à son tableau de chasse, elle aurait d'autant plus raison d'être fière d'elle. Elle lutta tant bien que mal pour rétablir l'équilibre, mais l'homme la poussait dans ses derniers retranchements. Elle se retrouva finalement bloquée contre un arbre, désormais incapable de faire un autre mouvement que celui de bloquer la lame de son adversaire. Si elle lâchait prise, elle lui laissait tout loisir de la tuer. Et si elle ne lâchait pas... eh bien, il faudrait bien qu'elle lâche à un moment ou un autre, de toute façon.

Alors que la malheureuse songeait au sort qui l'attendait, un cri déchira l'air, surprenant les deux adversaires. Quelque chose bougeait près d'eux, probablement une bête sauvage, et pas la plus inoffensive. Instinctivement, Aliénor mit de côté le combat en cours, car elle avait le pressentiment que son adversaire accepterait lui aussi de faire une trêve plutôt que de prendre le risque de finir dans l'estomac d'un monstre d'Aduram. Elle lâcha prise, se retrouvant à la merci de l'aventurier, mais elle le fixa dans les yeux, attendant de voir dans son regard un signe de connivence qui la mettrait en confiance. Elle resta immobile face à lui, et les deux gardèrent le silence en attendant que la "bête" passe son chemin. Avec un peu de chance, l'obscurité et leur silence leur permettrait de rester inaperçus.
Aliénor prêta l'oreille. La chose se rapprochait. Elle sentit son coeur s'emballer, mais ne céda pas à la panique. Il ne fallait pas faire de geste brusque qui puisse trahir leur présence. Elle avait l'habitude de se faire aussi silencieuse que le vent, mais est-ce que l'homme contre qui elle venait de se battre en était capable lui aussi ? Ils attendirent patiemment que la chose passe son chemin. Après quelques minutes qui parurent interminables, le bruit sembla se faire plus lointain. Ils n'avaient pas vu à quoi ressemblait la bête, mais celle-ci s'éloignait. Aliénor attendit encore quelques instants, avant de rompre le silence et de relever la tête vers l'inconnu. La respiration profonde, ses yeux se posèrent sur le visage de celui-ci, l'observant plus en détail alors qu'il était éveillé et qu'un léger rayon de lune parvenait à filtrer à travers les arbres, et semblaient demander "et maintenant ?"
Pour Aliénor le combat était terminé, mais que pouvait en penser cet homme ? Bien qu'il voyageait seul, il semblait en apparence très différent des stéréotypes du criminel. Mais elle l'avait réveillé pour le menacer de mort, et il souhaiterait peut-être poursuivre le combat par fierté. A moins que les traits fins et les jambes fines d'Aliénor ne l'en dissuadent pour une raison qui lui appartenait.
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Edryc Asteranyth
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MessageSujet: Re: La rose ou le glaive ? [Aliénor]   Jeu 9 Fév 2012 - 11:30

La jeune femme laissait à présent à Edryc l'opportunité d'en finir. Mais celui-ci n'en fit rien : il l'imita en observant le plus grand silence, en attendant que la chose passe son chemin. Quelques craquements sinistres retentirent près d'eux, et il était certain que la créature était tout près, qu'elle les repérerait au moindre geste, peut-être savait-elle déjà qu'ils étaient ici. Après tout, leur petit duel n'avait pas été des plus silencieux, et avait peut-être attiré un redoutable prédateur. Ils attendirent donc, dans l'ombre, que l'animal passe son chemin. Gardant le silence, l'aventurier observa attentivement les traits de la jeune inconnue. Ce n'était pas seulement une fine lame, elle était plutôt belle femme, ce qui la rendait encore plus redoutable. Profitant de cet instant de répit, le regard d'Edryc se perdit presque sur les lèvres pulpeuses de la belle et sur ses formes attrayantes. Il se rendit compte après quelques instants qu'il n'était absolument pas discret, et s'empressa alors de détourner le regard. Dans le même temps, la créature s'était éloignée, et plus aucun bruit ne semblait leur indiquer une quelconque menace. Cela étant, il n'était pas opportun de s'attarder plus longtemps ici. Le repos avait été court, mais Edryc préférait ne pas rester dans un lieu où sa vie avait été menacée par deux fois en moins d'une heure. Aussi, lorsqu'il fit face au regard interrogateur de la belle inconnue dont il ignorait toujours le nom, Edryc rangea son épée au fourreau et rompit le silence :

- Mieux vaut ne pas rester là. Je quitte Aduram. Faisons route ensemble au lieu de nous entretuer bêtement. Il y a bien assez de dangers dans cette forêt pour ne pas nous en causer mutuellement.

Ca paraissait absurde, et lui-même avait hésité à la laisser là. Alors qu'ils se battaient encore dans un duel à mort quelques instants plus tôt, il lui proposait maintenant de l'accompagner. Peut-être qu'au fond de lui, il n'avait pas eu un seul instant le désir de la tuer. Il l'aurait fait en cas de nécessité, mais la nécessité n'était plus là désormais. Et il n'éprouvait pas de haine pour quelqu'un qui avait eu le courage de l'affronter dans un combat équitable. De plus, un peu de compagnie ne serait pas de trop, pour une fois. Il n'était pas dans ses habitudes de voyager avec une femme, peut-être était-cela qui le motivait tant. Il était habitué à voir les femmes demeurer dans les villes, occuper les maisons pendant que leurs hommes partaient en guerre. Celle-ci voyageait seule tout comme lui, et cet air atypique l'intriguait au plus haut point. Bien qu'elle se batte aussi bien que la plupart des hommes, elle avait pourtant conservé cette beauté inhérente à la féminité. Curieux de tout comme à son habitude, l'aventurier se demandait qui elle était, d'où elle venait, et quelle suite d'événements l'avait menée à se retrouver ici.

Bien que le froid de l'hiver était aussi mordant que dans les plaines, il y avait quelque chose d'étouffant à rester dans cette forêt, et Edryc ne serait pas fâché de la quitter. Il n'aimait guère cet endroit, Aduram n'avait pas l'allure quasi-religieuse de la forêt d'Anaëh. Les elfes avaient beau être de redoutables archers, eux ne tiraient pas sans raison, contrairement à toutes les bêtes sauvages qui pouvaient surgir des fourrés à tout moment en Aduram. Lorsqu'il marchait dans cette forêt, Edryc était déjà nostalgique de sa rencontre avec le peuple d'Anaëh quelques jours plus tôt. Il en garderait le souvenir d'une expérience humaine qu'il lui faudrait réitérer.
L'aventurier détacha son cheval de l'arbre, tout en évitant de trop quitter des yeux la jeune femme. Elle n'avait pas encore répondu à son invitation, mais elle verrait déjà qu'il n'avait pas totalement confiance en elle. Si elle comptait profiter du voyage pour essayer à nouveau de lui faire les poches, ce serait peine perdue. Son courage parlait en sa faveur, mais elle s'en était tout de même prise à lui et il savait à quoi s'en tenir.


- Je m'appelle Edryc, dit-il finalement en revenant vers elle, tenant par la bride son cheval. Marchons un peu vers un endroit plus sûr, où nous passerons le reste de la nuit. J'espère quitter cette forêt avant la prochaine lune. Nous nous séparerons à ce moment-là.

Prêt à reprendre la route, Edryc attendait maintenant une réaction de la jeune femme. Peut-être se déciderait-elle par la même occasion à décliner son identité. S'ils devaient marcher ensemble, l'aventurier espérait pouvoir mettre un nom sur sa compagne de route, peu importe qu'il soit véritable ou non.
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