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 [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]

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Joy Lìvìan
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MessageSujet: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Jeu 9 Fév 2012 - 21:45


    « C'est vous, le dénommé Elystrel ? Le Gardien d'Arcam ? »L'homme était le centre des attentions, impossible de se trouver dans la même pièce sans pouvoir s'empêcher de l'observer du coin de l'oeil. Avec un brin de nonchalance, désabusé et charmeur à la fois, la petite cour qui le cernait semblait se pâmer de ses mots. Eut-il pu raconter les plus sottes âneries ou les mythes époustouflants de la région que leur réaction n'eut pas été si différente.La voix de l'elfe avait brisé l'ambiance échaudée de la taverne dans laquelle se trouvait l'inconnu aux traits particuliers que le garde sylvain venait d'aborder. A la réponse approbative, le soldat n'attendit pas bien longtemps avant de signifier ses réelles intentions, arrachant le joli-coeur à ses belles naïades.« Veuillez nous suivre s'il vous plaît. Quelqu'un aimerait particulièrement vous rencontrer. »Si la phrase ne manquait pas d'être ironique entre l'ordre imposé et la politesse ampoulée qu'équilibrait le propos, le ton, lui, ne souffrait d'aucun refus. Le concerné, pour sa part, semblait se moquer des convenances et les suivit, plus parce qu'ils avaient piqué sa curiosité que par toute cette prétendue oppression et ces menaces voilées.Pour autant il les suivit. Qui pouvait bien se permettre pareille fantaisie ?Ainsi la calèche avait-elle démarré sur les chapeaux de roue, piétinant tantôt les déserts secs et traversant les quartiers miséreux, tantôt les plaines et les vallées plus calmes, alors que rapidement les chemins rongés par la verdure s'enfonçaient progressivement dans des bois de plus en plus épais, des clairières de moins en moins dense. Ils traversèrent un parcours si sinueux et si long qu'assurément, tout prédisait à les perdre dans un traquenard de Kyria. Et pourtant.Des jours et des jours plus tard, le drôle de cortège arriva à destination, laissant un Elystrel pour le moins fourbu. L'étonnant point de chute était pour ainsi dire mirifique. Une demeure, sorte de pavillon dont les proportions s'accordaient avec celles des hautes cimes qui bordaient l'endroit, dont les colonnades et les divers patios étaient noyés par d'étranges lierres grimpants aux fleurs aussi pâles que la pierre qui caractérisait l'habitation - noble, cela n'en faisait aucun doute tant l'ornementation, bien que discrète, se mariait d'un raffinement peu commun -, accueillait à bras semi-ouverts notre cher hybride. Semi-ouverts, oui, car à cette ambiance aussi sereine que solennelle rythmée par un courlis tranquille - sûrement des fontaines intérieures -, une étrange sensation de gravité étreignait les murs. Il ne fallait pas venir du culte d'Arcam pour le percevoir, c'était presque palpable : ce lieu, aussi parfait fut-il pour un sylvain, cachait quelque chose.La dite chose était comme alanguie, son corps frêle étendu sur la surface d'un large siège qu'on avait placé en direction du soleil qui baignait la large ouverture vers les petits jardins. Sa peau, encore plus pâle qu'au temps où Cyric était encore là pour la décrire, se gorgeait tant qu'elle le pouvait de lumière, espérant sans doute que l'astre la réchauffe une bonne fois pour toutes. S'il pouvait la brûler, c'eut été encore préférable, malheureusement, le soleil était encore trop doux pour elle, trop caressant. De là, on ne pouvait voir que l'ombre d'une chevelure d'une longueur fascinante cascadant sur les bras du confortable fauteuil, tandis que le tissu de la robe ivoire, fluide et simple, glissait à ses menues chevilles.Ses yeux clos pour ne pas affronter de visu un rayon agressif finirent par s'ouvrir, une main venant ombrer les iris polaires qui aperçurent la silhouette du fameux nouveau Gardien s'extirper du carrosse, alors que les deux gardes le conduisaient à l'intérieur. Son coeur frappait sa poitrine avec une telle force, soudainement, que la douleur manqua de la rendre plus pâle encore si c'était possible. Comprendrait-il ? Serait-il généreux et amène, ou bien perfide et cynique ? L'angoisse et les appréhensions faisaient leur travail à merveille, alors que la Protectrice rongeait son frein tout en ne désirant plus qu'une chose ; que l'on toque aux portes et qu'on lui présente celui qui la tirerait une bonne fois pour toutes de deux ou trois siècles d'une infortune létale.Les questions se bousculaient, mais ce ne fut qu'après un temps infini durant lequel elle crut bon de rajuster un peu sa mise - il n'était pas véritablement question de paraître belle mais moins maladive que ce que les traits tirés et l'allure chevrotante de son corps inspiraient -, alors qu'une 'jeune' servante ouvrit rapidement les portes, laissant alors passer à sa suite les deux gardes qu'avait côtoyé le gardien, encadré par les deux enfants de Kyria qui annoncèrent d'un ton solennel la présence de l'intermédiaire divin qu'il était.« Dame, il est ici. Le Gardien d'Arcam. »S'étant alors redressée pour quitter l'étreinte tendre de son fauteuil, la charpente amaigrie de la Protectrice fit face à un des personnages les plus déconcertants qu'elle aurait pu rencontrer de son existence. Faisant signe aux gardes et aux quelques servantes encore présents qu'ils pouvaient disposer, la douce se réfugia de guerre lasse dans un siège à proximité, sans lâcher du regard la silhouette qui se tenait face à elle - sûrement aussi dubitative qu'hilarante et perplexe ; de tels traits étaient indescriptibles tant ils semblaient incroyables -. Ses propres iris frôlèrent ses entrelacs morts, s'interrogeant sur la véritable vision dont disposait à présent Elystrel.Sa voix douce vibra dans l'air, un calme apparent déguisant son angoisse en courtoisie.« J'ose espérer que vous pardonnerez mes manières quelque peu impudentes ; mais cela fait si longtemps que je tenais à rencontrer le gardien d'un Dieu. Vous et vos autres homologues vous faites si rares. »Tellement rares. Les recherches avaient pris un temps fou, tel qu'ils avaient ainsi réussi à quitter un cycle pour en entamer un nouveau sans pour autant avoir encore sauvé Joy de son incurable plaie.


Dernière édition par Joy Lìvìan le Dim 13 Mai 2012 - 12:00, édité 1 fois
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Elystrel
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Dim 19 Fév 2012 - 2:42

Début an 6 du 11ème cycle, trois semaines après « l’Illumination » d’Elystrel.
    Depuis ma « promotion » - en quelque sorte – au rang de Gardien d’Arcam, ma vie s’enchaîne à un rythme, à contrario des croyances au sujet de Celui dont je suis devenu la Voix, studieux et efficace. Entre les leçons du Grand Prêtre pour mieux appréhender mes nouveaux pouvoirs, l’étude des différents parchemins pour mieux connaître l’organisation des différents clergés et la reprise en main de la construction de Son Temple à Naelis, la tournure des événements me laissent un peu sur ma faim. Autrement dit, je m’ennuie. Même si je comprends Son plan, que je m’habitue à être Son outil jusqu’à la fin de mes jours, ma vie d’errance me manque. Heureusement, je sais que cela ne durera pas éternellement et que je dois simplement ronger mon frein afin de tisser les bases propices à Ses desseins.

    A dire vrai, le plus mortellement ennuyeux est cette doute cette sensation d’être en permanence nimbée d’une aura qui oblige les esprits les plus faibles et malléables à me vénérer d’une certaine manière. Soyons honnête, cela n’a rien de désagréable de se sentir choyé et désiré et que le moindre de mes caprices fasse loi au sein du temple. Ne parlons pas de la gaudriole ! J’enchaîne les maîtresses sans avoir besoin de leur faire réellement la cour. Pas de chasse, pas d’attrait. Pour peu, j’aurais l’impression d’enchaîner les catins en les payant en coup de reins. Bref, je m’emmerde.

    Malgré tout, je goûte tout particulièrement aux instants passés avec la jeune Shana.– Enfin jeune, entendons-nous, je suis incapable de fixer un âge sur un visage humain avant qu’il ne soit vraiment vieux. Aussi, les jeunes femmes oscillent en permanence entre 16 et 23 ans. Une excellente manière de les flatter : Les plus âgées apprécient de se sentir comme de fraîches fleurs et les plus jeunes aiment à être reconnues comme des femmes faites. – La jeune prêtresse de Néera, ma scribe attitrée à présent, semble immunisée à ce halo qui endort la méfiance et attire la sympathie. Malgré la rémission totale de ma blessure suite à ce que nous nommeront dorénavant le « Malheureux Coup de Poignard qui a failli mettre un terme à Ma Glorieuse Existence » - Etrangement, elle ne semble pas spécialement convaincue du nom -, elle est restée auprès de moi. J’ignore ce qu’elle a dernière la tête – une espionne de Néera me crie ma parano – mais sa fraîcheur et sa franchise piquante m’est savoureuse. N’allez pas croire que je lui jette des fleurs afin qu’elle retranscrive exactement ce que je lui dicte, son secours me permet réellement de m’habituer en douceur à ma nouvelle vie et vision.

- En parlant de vision, je crois que Jorace se repaît du pâle éclat de soleil jouant dans tes cheveux blonds.

D’un geste de la main, l’hybride invita l’homme à pénétrer dans la pièce. Ainsi s’interrompit la rédaction de ses pensées. Il pensait instaurer ce petit rituel quotidien afin de lui permettre de faire le tri entre ses pensées, ses rêves étranges, la Mélodie lancinante qui ne cessait plus de bourdonner à ses oreilles et les chuchotis d’Arcam qui, parfois, lui dictaient la conduite à tenir. Se relevant du divan où il s’était alangui, il ébouriffa les cheveux de la novice. A l’humain, il adressa un sourire torve.

- Laisse-moi deviner… J’ai manqué ton explication au sujet du Grand Vitrail au-dessus de la nef centrale et tu es très courroucé de mon manque d’intérêt pour les détails sur la construction de Son Temple ? Vilain, vilain, Elystrel que je suis…

Il feint un long soupire et passa son bras autour des épaules de Jorace pour le conduire vers la sortie.

- Pour me faire pardonner, allons profiter ensemble de cette fraîche soirée d’hiver à la taverne. Un bon coup de l’alcool local le plus infâme me punira pour ma terrible erreur.

A Shana, il lança un clin d’œil complice en quittant ses appartements, armes et cistre récupérés. D’un bon pas, ils gagnèrent alors la taverne, une des meilleures de la ville, où le gardien avait établi son second fief. Il joua quelques airs en début de soirée, poussant fortement à la consommation d’alcool, dans le but d’arrondir ses finances – un accord avec le patron des lieux pour empocher une partie des revenus dès qu’il entonnait ses chants si particuliers, même si la présence régulière de l’hybride garantissait à l’auberge une certaine aisance –.

Elystrel narrait, par pur plaisir, une conte marin lorsque les elfes firent irruption dans la salle principale. L’étonnement céda rapidement place à la curiosité quant à la raison de leurs présences. Aussi, à peine, le chef de la petite troupe avait énoncé son vif désir de s’entretenir avec lui, que le barde ramassait déjà armes et instrument pour les suivre. Après un au revoir général, il glissa quelques mots à Jorace.

- Tu diras à Shana et au Grand Prêtre qu’une affaire me tiendra éloigner de Naelis pendant une ou deux semaines. Probablement plutôt deux. Je compte sur toi pour protéger la petite et mener à bien la mission que je t’ai confiée durant mon absence…. Ah oui, évite de finir le seul rhum portable…

Son sourire visé au coin de ses lèvres, il agrippa une ou deux bouteilles et suivit son escorte. Après être grimpé dans la calèche, il engloutit une bouteille tranquillement en égrainant quelques notes. De toute manière, vu la tête de ses compagnons de voyage, il ne tirerait rien de tangible d’eux et devrait attendre d’être confronter avec celle qui l’avait mandé. Néanmoins, il se montra compagnon de voyage agréable, très actif et toujours en train de chercher à mettre l’ambiance. S’il arriva rapidement à dérider la garde, difficile de résister à son « charme », le passage en Aduram refroidit à nouveau l’atmosphère. Le barde, dès les premiers arbres franchis, se mura dans un pseudo-silence peu amène, se bornant à chantonner et jouer sur son cistre un air proche de la symphonie pervertie des lieux. Heureusement, son statut de gardien et l’habitude lui permettait, à présent, de rester conscient et d’appréhender petit à petit ce qui clochait.

Arrivé sur les lieux mirifiques, Elystrel quitta avec délice la calèche. Avoir passé la quasi-totalité des derniers jours ses deux mètres dix pliés en deux, le fessier en compote, il ne rêvait plus que de trois choses : Courir pendant plusieurs heures pour se dégourdir les jambes, un bain pour se délasser, se laver correctement tout bêtement et une demoiselle avenante pour assouvir certains besoins. Hélas, chez les Sylvains, il avait autant de chances de trouver une catin ou une dévergondée qu’une vierge drow. Au merveilleux paysage, s’il voyait d’une autre manière, le gardien n’afficha pas le sourire séduit sans doute attendu pour une si jolie retraite. Maussade à la perspective de ne pas pouvoir satisfaire ses petits caprices, le coté solennel et guindé l’agaça directement. L’empressement à le mener à la maîtresse des lieux, seule information qu’il ait pu glanée lors du périple, lui arracha un vague soupire grogné.

Le cistre en bandoulière, les cimeterres aux fourreaux – si on avait tenté de lui réclamer de poser les armes, il s’était arrangé par quelques passes-passes de son cru pour les garder – il arriva alors dans l’antre de la Dame. Celle-ci lui paraissait famélique, maladive, pâle et cristalline. Malgré la relative rareté des elfettes sur les terres qu’il fréquentait, il se souvenait néanmoins de jeunes femmes un brin moins… transparentes. Poli et bien élevé, il s’inclina devant la protectrice.

- Je pardonnerai vos manières oui. A condition qu’on satisfasse mon estomac, mon envie de prendre un bain et de me dégourdir les jambes après nos présentations. Le voyage fut fort long et, avant d’en venir au fait dont vous semblez si pressée de m’entretenir, j’eus préféré me reposer.

Insolent, il esquissa un sourire et fit quelques pas pour prendre la mesure de la pièce dans laquelle ils se trouvaient.

- Etant donné qu’il n’y a que Cinq Dieux, oui, nous sommes effectivement assez rares. D’autant plus que Kyria n’a pas choisi de nouvelle Gardienne depuis que la dernière s’est éteinte.

Il lâcha un soupire un peu agacé avant de reprendre un visage un peu plus amène.

- Vous devriez reprendre place.

Il s’approcha d’elle et la guida galamment à son siège. Quant à lui, il semblait plutôt heureux d’arpenter en long et en large les lieux pour ramener un peu de sang dans ses jambes engourdies. Pas d’humeur à tergiverser, et vu l’empressement à le faire venir il devait sans doute être de même pour la dame, il aborda le sujet épineux sans plus tarder.

- Vous me semblez plus morte que vive. Vous souffrez de la langueur inhérente à la perte d’un être cher… et sans doute quelque chose d’autres. Si vous le voulez bien, j’aimerai que vous me contiez cette histoire… pendant que vos serviteurs me serviront de quoi calmer ma faim.

Si le phrasé en langue elfique du sieur se parait de quelques fioritures et rythmiques alanguies, le ton demeurait moins doux qu’à l’accoutumé. Se rendant compte de ses façons un peu abruptes, il s’excusa d’un sourire plus doux.

- Si cela concerne l’affaire urgente pour laquelle vous avez requis mes services naturellement.
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Joy Lìvìan
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Dim 19 Fév 2012 - 21:30

    Sans gêne. Caustique et néanmoins poli. Petit trublion déguisé sous des allures charmeuses. Le genre de personnalités qui en fait rougir plus d’une, mais qui n’arrachait en cette heure qu’un profond soupir d’ennui. Il ne rendrait pas les choses faciles, elle en avait la quasi-certitude alors qu’il gambadait de long en large, explorant du regard chaque détail, ne manquant pas de scruter sa maigreur tout en la commentant de façon aussi élégante que possible. Il quémandait grossièrement des soins dont il ne saisissait pas l’urgence au goût de la protectrice ; est-ce que si elle se levait et exigeait de la même façon qu’il le faisait un remède miracle, il lui obéirait au doigt et à l’œil ? Pas sûr.

    Elle s’était senti alors comme une grand-mère à qui on avait déjà ôté canne ou bâton de vieillesse ; désespérément raccrochée à la moindre branche, agrippée au moindre rebord, effrayée par le vide constant qui la menaçait d’une chute glorieuse à chaque pas. Son corps frêle se serra alors que ses mains se croisèrent le plus paisiblement du monde sur ses genoux osseux.

    Sa douceur naturelle se ternit un peu face au lunatisme perturbant de l’inconnu, alors qu’il abordait d’un ton un peu plus solennel – si cela était possible chez cet être – la fatigue apparente, les traits tirés, et les suppositions qu’il soupçonnait derrière ces symptômes peu habituels. Achevant sa parade et ses tirades, le fier coq se tint devant elle, obstiné à profiter de ses jambes tant qu’il le pouvait encore.

    Tempérant ce dernier d’un geste leste, Joy reprit.

    « Vous aurez tout ce qu’il vous plaira une fois cet entretien terminé. »

    Il n’était pas au goût du jour d’improviser un petit déjeuner en terrasse afin de papoter comme deux gourgandines repues et heureuses de leurs mises ou de leurs prétendants, et cette perspective avait d’autant plus froissé l’hybride. Un hybride ... Si Joy avait été Joy, elle aurait sûrement émis quelques réserves. Le sang qui coulait en lui n’était pas totalement établi, et l’on pouvait presque présumer à cet homme un caractère aussi bien trempé que ses origines. Jusqu’où pouvaient alors aller les relents de violence qui clair-semaient ses origines ? La question, bien que teintée d’un évident préjugé, tarauda la protectrice.

    « Vous n’êtes pas là pour la perte de mon mari. Il n’existe aucun moyen tangible, aucun talent de résurrection en qui que ce soit pour pallier à cette douleur, et quand bien même ce serait le cas, j’aurais préféré voir Tyra en personne. »

    Elle le sentait irrité, mais elle n’avait ni la patience ni la clémence de jouer les aimables idiotes. Elle avait trop perdu de temps avec les fadaises divines d’Arcam pour considérer avec une réelle courtoisie le porte-parole de l’auteur de cette odieuse farce qui avait duré suffisamment à son goût.

    Ainsi ne passerait-elle pas par quatre chemins, à l’image de l’étonnant interlocuteur qui ne se privait pas de laisser libre cours à ses pensées les plus sincères, plaisantes ou non. En voilà un qui ne manquait pas de culot ; et bien qu’il en fallait plus pour user l’éternelle indifférence de la dame, le pli qui pinça ses lèvres en un sourire des plus aigres témoigna du sérieux de la présence du Gardien – il n’était certainement pas amené ici de force pour qu’on lui fasse découvrir les charmes de l’hospitalité de l’Epine Dorée -.

    « Je vous ai appelé parce que votre Dieu m’a maudit. D’une manière étrange, et il y a de cela des années. Mais il ne semble apparemment pas lassé de son petit jeu. »

    Bien sûr. Naïvement, on peut toujours imaginer qu’une distraction lasse et qu’on l’abandonne pour se consacrer à autre chose. Ca n’avait pas été le cas. Et rien n’avait apaisé la situation ; pis, depuis ces dernières années, la solitude exagérait les crises, qui devenaient, parfois, des épisodes de démence telle qu’aucun serviteur n’osait réellement pénétrer l’enceinte des appartements tant il se murmurait de choses.

    « Un des prêtres de votre Dieu m’a, il y a deux cela bien deux siècles, trouvé si froide et insultante face à ses attentes qu’il a jugé intéressant d’implorer ce dernier pour se venger. Depuis, j’ai des – elle marqua une pause de réflexion, toujours indécise face aux qualifications qu’on pouvait appliquer à un tel cas sans tomber dans le vulgaire, ce qui était assez difficile – crises invivables où je ne suis plus moi-même et où mon désir est ... libidineux jusqu’à l’indécence. »

    Le terme était joli, presque poétique, et pourtant. Sa voix, nerveuse, s’étouffa légèrement dans une respiration profonde ; il y avait un malaise inextricable, qui défendait toute hilarité de la part d’Elystrel. Elle s’appliquait tant bien que mal à nommer l’entité de manière à bien faire comprendre que si Arcam avait pu être aussi bénéfique que possible à sans doute bien des maux et des malheurs, il restait pour lui le plus haïssable des êtres, tout dieu qu’il était. Il n’était pas sien, il n’était pas dans ses croyances, pas dans sa foi, pas dans son cœur. Il n’y avait, à vrai dire, plus grand-chose dans ce dernier.
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Lun 20 Fév 2012 - 18:11

Il haussa d’abord un sourcil, puis un autre. Il s’apprêta plusieurs fois à l’interrompre. Finalement, il lâcha avec une franchise crasse son avis.

- En tout cas, ça ne vous a pas rendu plus aimable, ça c’est évident. Vous devriez peut-être y céder de temps en temps à cette envie, vous seriez peut-être moins « casse-burnes » - en humain -

Il s’installa alors tranquillement au sol à moitié vautré. Vu qu’elle ne comptait apparemment pas être une hôte agréable, il décida de ne pas se gêner non plus.

- Tout d’abord, ne confondez pas un prêtre dont vous avez repoussé les avances avec le Dieu. Lui, Il ne vous a pas maudite. Les Cinq n’interviennent pas si souvent pour des broutilles pareilles.

Il leva l’index pour attirer son attention sur une précision.

- Attention, je ne cherche pas à diminuer l’importance de votre douleur, pas plus qu’à la qualifier de négligeable. Simplement, à Son échelle, cela n’est guère qu’un caprice d’un de Ses fidèles.

Il se redressa un peu pour planter son regard mort et pourtant vivant dans l’océan glacé de la dame.

- Procédons simplement. Pourquoi devrais-je défaire ce qu’un fidèle à Celui que je sers à nouer au profit d’une Dame qui ne Le prie pas et qui n’a, apparemment, rien appris de cette malédiction ?

Il enchaîna sans lui laisser le temps de répondre.

- Très pratiquement, je n’ai rien contre de vous libérer de l’emprise d’un désir dévorant. Contrairement à la Croyance populaire et la déformation du Dogme par les fidèles au fil des siècles, Arcamenel ne prône pas spécialement une sexualité débridée. S’il découle de sentiments ou d’une passion, il en sera ravi pour vous. Toutefois, comme vous ne ressentez que le désir physique et naturel, comme toutes les créatures de Kyria, cela n’a aucun intérêt pour lui de vous garder sous cette emprise.

Il marqua un temps.

- Ainsi, pour respecter le désir de Son prêtre de vous apprendre quelque chose, nous allons modifier votre « malédiction ». Vous ne serez plus en proie à un désir dévorant. Vous serez libre de ce désir dévorant qui vous tue à petit feu. Vous serez vous-même à chaque instant.

Le barde esquissa un sourire en coin.

- En échange de cette libération, vous devrez accomplir plusieurs tâches.

Il leva un premier doigt.

- La première est la plus simple. Vous devrez recevoir vos invités, en particulier ceux que vous mandez pour vous aider, et les sang-mêlé en tout genre, avec hospitalité dans votre cité. Naturellement, s’ils sont vraiment louches, j’entends par là louche type racaille et belliqueux, pas louche simplement parce qu’ils ne correspondent pas à vos standards, vous serez exempte de cette demande.

Après cette demi-boutade sur l’amabilité de la dame, il redressa un second doigt.

- Vous aurez un an pour trouver une passion. Art, Magie, Savoir ou un être de chair et de sang. En d’autres mots, vous devrez retrouver goût à la vie.

En soulevant un troisième doit, il se fit plus sérieux d’une certaine manière.

- La dernière forme un tout, sera plus complexe et vous coûtera plus. Vous devrez rassembler plusieurs artistes et leur commander une œuvre spéciale dédiée à Arcam. Un prêtre d’Arcam vous assistera dans cette tâche. Toutefois, vous aurez l’obligation de suivre l’avancée de travaux et de vous intéresser à chaque artiste. Une fois, les œuvres exécutées, vous aurez l’obligation de vous rendre au temple deux fois par mois afin de goûter au Chant d’Arcam. Je ne vous demande pas de le prier. La prière, si le cœur n’y est pas, n’a aucun intérêt autre que se donner bonne conscience. Simplement de lui rendre hommage comme vous le feriez pour la déesse qui a votre préférence.
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Joy Lìvìan
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Mar 21 Fév 2012 - 21:37

    A sa réplique pour le moins cinglante, l'elfe lui rétorqua, aussi mécanique que distante.

    « Vous comptez me soigner par les insultes ? »

    Elle le laissa alors parler, ne cherchant même pas à l'interrompre une seule fois. Là où plusieurs lui auraient bondi à la gorge, là où d'autres l'auraient giflé, méprisé, là où les plus hautains lui auraient ri au nez et l'auraient congédié sans autre forme de procès, elle demeurait de marbre. Une statue n'aurait pas donné meilleur effet sentimental. C'était à la fois effrayant et énervant. N'était-il donc pas possible d'arracher un sourcillement, un froncement, ne serait-ce qu'un pli dans ce visage lisse et ces yeux brillants ? La fatigue avait voilé les traits doux d'un brouillard si opaque qu'il était bientôt devenu impossible d'en démêler un ressenti clair.

    Ses propos, intérieurement, lui donnaient une furieuse envie de lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas éprouver quoi que ce soit qui relevait de la compréhension face à une telle injustice. Elle n'était responsable de rien, si ce n'était peut-être d'une joliesse trop attirante. L'instinct brut et impulsif du prêtre était à l'origine d'un tel désordre, et Joy n'y pouvait rien, strictement rien. L'hybride n'était pas si imbécile que ça, il devait bien le comprendre.

    Pourtant il persistait à lui faire savoir que tout devrait venir d'elle : qu'elle allait devoir apprendre à substituer sa froideur et son orgueil naturels par une chaleur, sinon humaine, au moins plus sincère et prononcée que la douloureuse prétention qui peignait chacun de ses gestes. Qu'elle devrait trouver une passion, un intérêt, peu importait - ce qui en soi était le point le moins litigieux pour Joy, qu'autrefois, les arts attiraient -. Le plus incroyable pour elle serait d'avoir à se vouer corps et âme à l'offre d'une oeuvre, quelle qu'elle fut, en l'honneur du dieu le plus honni de son panthéon personnel - et d'en subir tous les dommages collatéraux qui en découlaient comme l'accompagnement d'un prêtre d'Arcam, des visites régulières à un des temples -.

    C'était trop. Après un silence aussi anormal que pesant comme du plomb, la protectrice éclata pour la première fois face à Elystrel de rire. Un rire certes loin de sonner comme une mélodie d'enthousiasme, et plutôt comme un désespoir à peine étouffé.

    « Excusez-moi mais ... Je suis censée apprendre quelque chose de ce qui m'est arrivé ? Je suis censée y voir une leçon de morale ? »

    Le ton était intemporel et calme, aussi vicieux qu'une couleuvre qui se hissait sournoisement avant de mordre sa proie d'un coup de croc fugace. Il lui semblait totalement ridicule de s'imaginer dans les situations que lui avaient décrites Elystrel, avec un sérieux si déconcertant qu'elle ne pouvait bientôt plus que frémir de peur à l'idée que tout cela soit réellement la punition éternelle qui l'attendait pour un acte dont elle n'était rien d'autre que le jouet.

    L'incrédulité déborda pour bientôt laisser sortir des mots qui, s'ils n'étaient pas réellement blessants, laissaient fermement comprendre que l'issue du problème ne lui convenait pas vraiment.

    « Bientôt, vous me demanderez d'aller voir le responsable de cette histoire et de le prendre pour nouvel époux ? »

    Un peu abrupte à son tour - après tout, l'échange, des deux côtés, n'avait pas été à un seul moment réellement chaleureux ou aimable, comme l'aurait tant souhaité le Gardien avec un humour proche de l'ironie -, l'elfe ferma les yeux un court instant pour se recentrer et tenter d'éviter l'incident diplomatique avec une personnalité pour le moins sulfureuse. L'un comme l'autre n'avaient pas d'intérêt à verser dans l'agressivité, ni dans le cynisme. Qui plus est, son éprouvement la rendait maladroite ; et elle n'avait vraiment pas envie de parler de quoi que ce soit de réellement intime avec un homme aussi dérangeant que celui qui lui faisait face. Interrompant ce qui aurait pu être le début d'un violent écart verbal d'un signe de dénégation, la veuve se reprit d'une voix plus douce et ma foi, un peu désolée.

    « Je veux dire ... Ecoutez. Je comprends que ca puisse peut-être vous surprendre ou vous énerver, mais je ne suis pas capable de faire tout ça maintenant. Physiquement, je veux dire. Même si je le voulais, je ne pourrai pas faire tout ça maintenant, ou même demain, d'un claquement de doigt. »

    La protectrice croisa les bras, l'observant sans vraiment craindre qu'il puisse perdre son sang-froid. Au pire rirait-il en se demandant s'il avait affaire à une demeurée ou une idiote qui voulait lui faire perdre son temps.

    « Peut-être que quelque chose de progressif serait plus adapté. »
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Elystrel
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Sam 25 Fév 2012 - 14:44

- Oui, vous êtes supposée apprendre de tout, chaque jour. Tout immortel que nous sommes, nos vies ne se figent jamais. Chaque événement affirme ou modifie notre personnalité. Certes, la malédiction a sans doute été imposée surtout par dépit de ne pouvoir vous trousser, ceci dit… autant y voir autre chose qu’un acte égoïste et vous en servir pour évoluer.

Il haussa une épaule.

- Ce que j’essaie de vous faire comprendre est finalement assez simple : Vivre derrière votre mur de glace, ce n’est pas vivre. Je ne vous demande pas de devenir une extravertie, ni une câlineuse maniaque. Je laisse le soin au Gardien d’Elenwë de tenter de vous fondre dans son moule bienveillant et mignon. Je vous parle simplement de profiter de votre vie sans vous enfermer derrière des atours de glace. Les émotions, le partage d’émotion n’a rien de mauvais. Cela n’empêche pas de gouverner ou de faire preuve de sagesse ou que sais-je…

Il esquissa un vague sourire doux pour lui-même. Ah les diatribes contre le mode de vie glacial des sylvains,

- Si cela peut vous rassurer, cela n’est pas un reproche uniquement destiné à vous. Tous les elfes sont concernés, les sylvains ou les sombres. Quelques part entre les instincts tous puissants et l’élégante froideur, il y a un équilibre qu’il serait intéressant de trouver.

L’hybride se redressa et s’étira nonchalamment avant de reprendre temporairement son exploration des lieux, le temps de formuler une réponse.

- Je ne vous demande pas d’accomplir vos tâches à la seconde, voyons. Vous avez des mois, des années pour parvenir à un résultat. Attelez-vous y tout simplement. Commencez, créez dès que vous serez sorti de cette langueur et que vous aurez repris des forces.

Avec un air taquin, il se rapprocha un peu et désigna la place auprès d’elle pour demander poliment s’il pouvait s’asseoir. Après avoir pris place, il se saisit des mains de la dame entre les siennes chaudes ornées des cales d’un homme qui manie des armes ou escalade régulièrement.

- Sans vous vexez, une fois encore, je vous rappelle qu’ici vous demandez mon aide. C’est à vous d’être courtoise, pas à moi que vous avez mandé presque militairement, pas à moi qui ai fait le voyage juste parce que vous vouliez me parler et utiliser mes dons. Je suis le Gardien d’un Dieu ombrageux et il m’a choisi à son image. Je suis en position de refuser. Vous ne l’êtes pas. Autrement dit, vous n’avez pas réellement le choix.

Il referma légèrement l’étreinte de ses mains sur les siennes juste pour lui prouver que même physiquement elle n’aurait pas vraiment la possibilité de faire quoique ce soit si l’envie lui prenait. Il arrêta presque immédiatement et sourit.

- Toutefois, je vous laisse la possibilité de refuser mon offre, mais vous devrez alors vivre des années de plus dans cette état de détresse ou mourir de votre langueur.

Elystrel relâcha les doigts captifs et continua.

- Pour dénouer la malédiction, il faudra que je me lie temporairement à votre esprit, votre cœur afin de déterminer la manière exacte dont on vous l’a imposé. Il y a la manière forte ou la manière plus douce. Je peux pénétrer vos pensées à la manière d’un conquérant victorieux, violement et implacablement. Ou alors je peux y aller avec délicatesse et douceur de manière à ce que cette forme « d’invasion » se passe sans heurt ou douleur.

Il étendit légèrement les mains devant lui, paumes ouvertes.

- A vous de choisir. Souhaitez-vous mon aide ou préférez-vous que je m’en aille ? Préférez-vous que j’envahisse vos pensées brutalement ou que nous fassions cela « ensemble » ?

Le barde se surprenait lui-même de ce sens « diplomatique ». Il s’autoproclamait pourtant « Roi des Connards ». Arcam avait-il une si bonne influence sur ses manières ? Il en doutait. Il s’attendait à un ordre facétieux de Celui-ci lors que la dame accepterait – car elle n’avait pas le choix si elle voulait faire cesser ses tourments comme dit précédemment -.
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Joy Lìvìan
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Lun 27 Fév 2012 - 15:34

    S’en servir pour évoluer. Elle était bien bonne. Dommage que ce n’était ni une blague ni une mascarade destinée à dédramatiser la chose. C’était, de fait, pire que mieux que de se rendre compte que la réalité avait le même goût qu’un point d’humour mal placé.

    Joy le savait. Au fond, ca n’était pas une surprise – le prétendre était hypocrite - : elle avait toujours été baignée dans l’orgueil et la froideur. Les dénonciations du gardien ne lui arrachaient aucune mimique offusquée. Ce n’était sûrement pas la faute à ses parents qui avaient du eux-mêmes recevoir une éducation semblable à la sienne, le mal était ancré comme de puissantes racines dans la famille des Lìvìan ; aussi était-il quasiment logique de constater que toute sa vie ne s’était résumée qu’au maintien de ses émotions les plus naturelles, faisant d’elle la parfaite petite chose fragile dont on ne rêve que de briser l’impeccable image.

    Le voilà qui paradait, qui rassurait, ou du moins, tentait d’apaiser les relents de contestation. Lorsqu’il s’installa face à elle, son port se raidit imperceptiblement ; à sa façon d’emprisonner ses mains dans les siennes, sa peau tiqua et son regard se plissa. La chaleur qui se dégageait du toucher qu’il lui imposait ne lui plaisait pas ; peut-être parce qu’elle lui rappelait trop l’âcre sensation de ses propres démons. C’en était si dérangeant que lorsqu’il resserra subrepticement son étreinte, Joy chercha aussitôt à se dégager. Elle n’eut pas besoin de grands gestes, car rapidement Elystrel lui-même se décida à délivrer ses doigts des siens.

    « Certes. »

    La victoire lui fut concédée dans un soupir si faible qu’il ne l’entendit peut-être qu’à moitié, mais qu’importait.

    Presque à l’instant où il lui fit sa proposition, Joy songea qu’il n’était même pas envisageable de le laisser, lui, accéder ainsi à son esprit. Offrir sa mémoire ou ses souvenirs au Gardien d’Arcam relevait de l’irréaliste. Elle ne lui faisait pas confiance, elle avait beaucoup trop de rancœur envers son dieu pour pouvoir seulement se laisser manipuler par son si sympathique porte-parole. Au-delà des affinités, il y avait une aversion qu’elle ne pouvait ravaler qu’à un certain prix.

    Mais, et ce mais là était beaucoup trop important pour être négligé, elle ne pouvait pas se payer le luxe de dire non. C’était déjà un manque au premier principe de sa guérison. Elle devait cesser ces excès de fierté et avouer qu’au fond, elle avait réellement besoin d’Elystrel.

    Joy, après une légère hésitation, tendit ses mains graciles de son plein gré, apposant ses paumes contre les siennes, avec la méfiance et la prudence d’un chat échaudé. Ce geste servit de réponse aux questions du Gardien, qui pouvait alors faire son office.

    « Faisons ainsi. »

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Elystrel
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Dim 1 Avr 2012 - 17:07

Il n’esquissa pas le moindre sourire victorieux lorsqu’elle glissa ses mains dans les siennes. Il savait pertinemment qu’elle l’aurait pris comme un défi supplémentaire et se serait « refermée » - enfin, si on pouvait vaguement dire qu’elle s’était ouverte –. Il resserra doucement son étreinte sur les doigts faméliques de l’elfe.

- Concentrez-vous simplement sur ma voix et sur l’événement qui a mené à votre malédiction. Cela nous évitera à l’un et à l’autre de perdre du temps et m’évitera de me perdre dans les méandres de votre esprit.

Puis, il se mit à chanter. D’abord, cela ne fut qu’un vague chuchotis sans paroles, un simple murmure fredonné. Lentement, il cala son rythme sur celui du cœur battant de l’oiselle. Comme des amarres à la surface de l’esprit de la dame naissait une chorale des différents passages que le barde égrainait. Une fois satisfait du cocon doucereux offert à l’esprit de celle-ci, une fois que la mélodie l’emplissait entièrement, il souffla quelques paroles intelligibles en elfique.

Dans ses eaux, permettez-moi de plonger
Au cœur de la tempête, jusqu’à me noyer.

Pour la sauver et la guérir de sa douleur
Sur le chemin de mélodie et d’eau, je sombre.


Lentement, délicatement, les mots pénètrent le songe éveillé de Joy. Sur l’océan spirituel de la protectrice, la Voix navigue. Avec précaution, Elle se rapprochait du centre de son problème. Plusieurs fois, le reflux l’entraîna en arrière et manqua de briser le souffle de la mélodie, de la submerger de sa violence et de noyer l’intrus. A force de persévérance, Elystrel réussit à gagner l’îlot de douleur qui consumait Joy.

Captive de cette eau trouble,
L’enfant de Ma Sœur se noie.
Sur son corps meurti
Danse dangereusement la malédiction.

Envieuse et avide, elle attire et dévore
Envieuse et avide, elle attend son heure.

Son Chant s’insinue et distille bénédictions
Mélodie submerge et lave les maux.

Même folle, elle n’ose s’y opposer.
Les heures perdues sur ses mensonges
Maintenant se consument sur leur bûcher funéraire.
Même si comme elle je chéris le vice,
Je connais assez la Haine
Pour prier pour sa destruction à deux reprises.


La « lutte » interne pour briser la malédiction ne dura pas réellement longtemps. Après tout, il était relativement aisé pour le Gardien d’Arcam de défaire un sort jeté par un haut-prêtre du même culte. Parvenir jusqu’à elle lui avait été bien plus difficile que dénouer cette pelotte de nœuds. Très techniquement, il lui avait suffi de « lire » le souvenir lié, voir le lanceur de sort et la présence insidieuse de la malédiction pour libérer la dame. Cependant, il restait à présent à l’extraire du corps de la belle. Remontant le flot sonore qu’il avait préalablement tissé, chargé de son fardeau, il regagna la lisère de l’esprit de celle-ci. Au même instant, la symphonie cotonneuse créée pour faciliter l’acte cessa.

Là, Elystrel s’approcha de Joy et baisa ses lèvres. Non pas une embrassade langoureuse toute de langue et de désir, non, juste un baiser chaste. Pour aider le mal à quitter le corps de l’elfe, il aspira lentement celui-ci. Puis, il brisa la communion de leurs lèvres en reculant vivement. Un effort de contrôle sur lui-même, l’empêcha d’envoyer valdinguer la pâle demoiselle d’un revers de la main violent. Il grimaça et toussa longuement. Dégoûté, l’hybride détourna le visage et continua de se tortiller de douleurs. Son visage se congestionna et bientôt il cracha un filet d’énergie saumâtre. A l’air libre, celle-ci se dissipa instantanément. Rapidement, il se remit sur pied et tituba jusqu’à une balustrade où il prit appui pour mieux rassembler ses esprits.

Sur sa langue roulait encore la saveur viciée du sortilège. Cette véritable horreur lui soulevait le cœur. Le pire dans cette affaire était qu’à ses oreilles, juste pour lui, tintait le rire d’Arcam qui se fichait allégrement de sa poire. « La prochaine fois, choisis l’autre méthode » finit-il par lui glisser hilare. Entre ses dents, le barde grinça une série d’insultes.

- Enfoiré de connard de putain de… argh.

Finalement, après avoir pesté tout son saoul, il coula un regard vers la dame afin de s’assurer de son état. Avec un geste lent et pitoyable, il demanda.

- Je pourrais avoir à boire cette fois-ci ?
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Mer 11 Avr 2012 - 19:25

    Tout d'abord irrégulièrement, comme de trop rares battements, les images défilaient dans son esprit, la tiédeur de ses paumes la ceignant dans une étreinte l'invitant aux réminiscences. Et puis les traits se précisèrent, des sons et des odeurs revenaient, presque plus vraies que nature, saisissant par ci par là des bribes, de courts instants de vie, jusqu'à atteindre le précieux trésor tant recherché.

    Un regard.

    Par saccades, puis par rafales, elle revoyait presque impuissante la scène se redérouler avec une lenteur digne d'une procession religieuse, sans pour autant éprouver de réelle mortification. Elle savait déjà ce qui se passerait. Elle connaissait tous les chapitres, toutes les lignes, tous les dialogues de cette intrigue-là. A vrai dire, d'un tel point de vue omniscient, tout semblait soudainement affreusement futile, anodin, presque enfantin. Il n'y avait rien à craindre, parce qu'il n'y avait en surface rien à voir. Pourtant, les ressentiments étaient là, fertiles, tapageurs, vivaces. Ils brûlaient de rompre les carapaces et d'éclater au grand jour.

    Un soupir. Dédaigneux.

    Que se serait-il passé si elle avait accepté ? Est-ce que tout cela l'aurait quand même sauvé d'une fatalité bien supérieure à une simple coïncidence ? N'y avait-il pas en réalité une épée de Damoclès suspendue, prête à tomber à chaque instant, n'attendant que plus encore la prochaine occasion de vous piéger ?

    L'envie, étincelante, réprimée violemment. La douleur du rejet.

    Partie intégrante d'une tranche de vie qu'il n'avait pourtant pas connu, le Gardien accompagnait le moment d'une mélopée étrange. Si le chant avait le pouvoir de décupler les sensation, la mélodie qu'il fredonnait maintenant avec puissance avait l'effet d'un miraculeux remède contre l'oubli. Il soignait presque les détails, enjolivait les couleurs, rendait le réel encore plus réel. La force, l'impact de ce qu'ils reconsidéraient ensemble d'un seul et unique oeil en faisaient presque frémir les épaules de Joy.

    Et puis l'obsession, qui prenait forme, lentement, sûrement, naissant comme une infection en son sein.

    Ses mains se serrèrent imperceptiblement alors qu'elle sentit une chaleur inhabituelle se presser contre ses propres lèvres. Ce n'est rien. Ce n'était rien du tout. Trop absorbée par le tourbillon spirituel qui guidait le porte-parole divin sur le chemin de ses souvenirs, l'elfe ne sut comment réagir. Elle savait que le repousser aurait été aussi idiot que puéril ; il fallait sûrement bien quelque sacrifice de ce genre pour qu'Arcam la laisse en paix. Mais l'accepter était autrement plus difficile qu'elle ne l'imaginait ; pour sa conscience fermée, quasiment virginale, le dernier homme qui l'avait embrassé ... La vérité lui fut plus douloureuse qu'elle ne le songeait.

    Tout spectateur extérieur aurait conclu avec cynisme que la belle avait depuis bien longtemps enterré son mari. Petite profiteuse jouant d'une innocence et d'une pudeur feintes, elle était une convoitise. Peut-être bien qu'au fond, la situation ne lui déplaisait pas tant ... Un haut-le-coeur la saisit, et elle ignora comme elle pût ces relents sournois qui lui donnaient le vertige.

    L'étrange toucher prit fin, et la protectrice ne pouvait pas clairement établir si l'acte l'avait fait se sentir mieux ou pis. Alors que la vue lui revenait et qu'elle se demandait à quoi tout cela aboutirait, les râles d'Elystrel et son attitude maladroite et souffreteuse la fit froncer les sourcils. Non pas inquiète, mais plutôt perplexe, ce qu'elle voyait là lui échappait ... Et le son du crachat ne l'incita pas davantage à s'enquérir de sa santé. Alors quoi, toute cette mascarade et ce malaise parce qu'ils s'étaient embrassés ? C'était donc à ce point qu'il la méprisait ?

    Son geste était en soi une insulte qui valait bien des termes, pour autant elle se gardait de tout commentaire vexé ou piquant. Elle ne retint malgré tout pas longtemps la bride de politesse qui enveloppait ses dires, alors qu'elle s'approchait d'une caraffe de cristal pour déverser l'eau contenue dans un verre ciselé avec précision. Elle tendit ce dernier à l'adresse du Gardien, n'ayant pour sa part cure du goût qu'aurait pu avoir ce baiser - pour elle, il n'y avait strictement rien, rien que l'amertume qui la rongeait depuis qu'Elystrel avait ouvert les hostilités par sa franchis -.

    « Tenez. Je ne voudrais pas que mes lèvres vous laissent un goût de mort. »

    Que ce fut le sort ou sa propre personne qui l'écoeurait, Joy ne faisait pas de réelle différence. Il ne l'appréciait pas plus qu'elle, mais si lui ne faisait pas de manières, elle se forçait cependant à feindre une certaine 'courtoisie'. Apparemment, lui n'avait pas décidé de faire dans la dentelle.

    « Vous devriez peut-être aller vous reposer. Vous en avez peut-être assez eu pour votre journée. Après tout, vous pourrez rester ici aussi longtemps que vous le souhaiterez. »

    Avec un sourire qui laissait comprendre qu'elle n'était pas aussi sotte que ce qu'Elystrel pensait bien fortement en lui, la sylvaine lui accorda un regard en biais assez lourd de sens.

    « Enfin, loin de moi l'idée de vous emprisonner. »
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Jeu 12 Avr 2012 - 23:22

Il acceuillit le verre offert avec empressement et se dépêcha de le vide d’une traite avant de se resservir lui-même – maintenant qu’il savait où l’objet se trouvait, c’était nettement plus simple – Cela durera un temps. Il se débarrassait lentement du goût horrible du sortilège qui avait franchi ses lèvres. Il reprit finalement la parole.

- Vos lèvres n’ont rien à voir là-dedans, Dame. Mon Dieu a juste cru bon d’ajouter un goût particulièrement horrible au sortilège que j’ai aspiré hors de votre corps. N’en prenez pas ombrage, vous êtes aussi délicieuse qu’il est possible à une elfe de l’être.

Il soupira alors et prononça d’un ton contrit.

- De même, je suis navré d’avoir volé ce baiser – quand bien même, cela n’en était pas réellement un à mes yeux -. Cela n’est pas dans mes habitudes de prendre ce qu’une femme ne désire pas offrir. Et comme j’ai eu le loisir de contempler dans votre esprit le dernier homme ayant poser ses lèvres sur les vôtres, pour l’indiscrétion, je vous retourne le même type de faveur : La dernière elfe que j’ai embrassé était ma défunte épouse, il y a bien des siècles de cela.

Devant son regard mort, il ne pouvait soustraire l’image de la belle Neaniel sur son lit de mort ainsi que les souvenirs ayant trait à leur histoire et sa tragique fin. Sautant sur la proposition de la protectrice, il reprit son air nonchalant coutumier en repoussant cette vision douloureuse. Il s’étira légèrement, faisant rouler sa musculature comme un grand félin paresseux.

- Effectivement ceci dit, je prendrais bien un bain et du repos. Je ne compte pas m’attarder outre mesure ici. Ne pensez pas que je fuis là votre hospitalité et votre aimable compagnie. J’ai simplement à faire au Temple et ne puis, pour l’instant, me permettre de séjourner trop longtemps hors de ses murs.

Avec un sourire taquin, il ajouta plus par défi que par réelle envie.

- Naturellement, si vous souhaitez me frotter le dos, je ne suis pas contre votre présence.

Certain qu’elle n’allait pas relever, il enchaîna.

- Réfléchissez à la manière dont vous allez accomplir les tâches que mon Maître vous a commandé, je vous aiderai demain à trier vos idées et aux possibles moyens de mise en œuvre.

Il s’inclina profondément, presque à en frôler le sol du revers de la main.

- Tâchez de prendre du repos. Même si vous ne la sentez pas pour l’instant, la fatigue ne tardera pas à vous gagner. La levée de la malédiction aura probablement pour conséquence un besoin d’un grand nombre d’heure de sommeil. A demain ou après-demain selon votre état, ma Dame.
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MessageSujet: Re: [Cité]Soigner le mal. [Elystrel][Terminé]   Dim 13 Mai 2012 - 12:00

    Elle ne répondit pas à ses flatteries ; sincères ou non, elles n’étaient pas là la preuve d’une vanité de la part de Joy, qui s’était simplement piquée d’une réaction qu’elle avait mal interprétée. Elle qui savait si peu de choses quant à la magie était bien en deça des farces et des facéties qu’un Dieu pouvait faire à son Gardien.

    Ce furent les confessions d’Elystrel qui déridèrent la protectrice. Elle qui depuis le début de cet entretien avait achevé le portrait d’un égocentrique aussi cynique qu’insolent, ne manqua pas de sourciller face à son aveu. L’elfe eut du mal à l’imaginer marié. Oh bien sûr ce n’était pas une brute épaisse d’apparence, ni un borgne estropié. Il avait la beauté du peuple sylvain, mélangé à cet âcre goût de l’élégance noirelfique qui devait en impressionner plus d’un – les humains devaient être fort sensibles à ce genre de merveilles de la nature -. Joy supposa qu’il avait peut-être été bien plus meurtri qu’elle, alors, pour avoir opéré un changement tel qu’il n’était aujourd’hui plus homme à aimer. Comme elle avait pu aimer Dolce.

    Elle soupira, baissant les yeux vers ses propres pieds. Avait-il vu le visage de Cyric, ou pis, celui de Vioron ? Il n’en toucha mot ; par respect ou par ignorance, elle ne pouvait le dire et n’avait pas vraiment envie de le savoir. La sylvaine finit par lui répondre, sa voix témoignant clairement que la blessure n’était pas totalement cicatrisée.

    « Je vous en prie, vous ne m’êtes guère redevable en matière de souvenirs. Il fallait bien que je vous laisse entrer dans ma mémoire, après tout. »

    Joy remercia cependant le sens inébranlable de l’humour de l’hybride de reprendre le dessus ; changeant ainsi radicalement de sujet, elle n’avait rien à feindre, et ce fut un sourire aussi énigmatique que sceptique qui ourla ses lèvres. S’il y avait de nouvelles choses qui pouvaient bien plus les lier qu’il n’y paraissait, l’enfant de Kyria doutait fort qu’une amitié de ce genre puisse prendre.

    L’homme lui suggéra de réfléchir à ce qui avait été dit, et de ne pas négliger quelques heures de repos bien mérité. Ils auraient tout le temps, ensemble et seuls, de diriger la protectrice dans la voie lente et sûre d’une guérison définitive. Acquiesçant sans attendre en sachant qu’Elystrel avait en effet fort à faire ailleurs, elle s’inclina à son tour en sa direction, tandis qu’elle l’accompagnait jusqu’à la porte qu’elle lui ouvrit. D’une voix douce, l’elfe salua courtoisement l’hybride.

    « J’y songerai, ne vous en faites pas. A demain. »

    Elle laissa la porte se refermer sur Elystrel, tandis que ses pas la menèrent d’elle-même vers la balustrade de la fenêtre. L’épuisement ne l’avait pas encore engourdi, mais il devait mieux savoir qu’elle les conséquences de ce genre de phénomènes. S’appuyant au rebord de pierre, elle savoura les rayons solaires réchauffer son visage et ses mains froides un long moment avant de suivre les conseils du Gardien, s’abandonnant à un sommeil sans rêves dans la chambre protectorale.
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