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 Passé et présent. [Ha - Libre]

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Johann
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Sam 14 Avr 2012 - 19:49

Le confort d'une cellule, avec des gardes qui rentrent toutes les heures pour vérifier si la prisonnière ne s'est pas volatilisée ? Le châtelain ne pouvait pas réellement imager que ca pouvait être bien mieux et surtout bien plus reposant qu'une nuit passée à la belle étoile en Aduram ou loin des routes fréquentées à cause de bandits en tout genre et autres opportunistes. D'ailleurs, si Joh n'avait pas eut autre chose que la cruche d'eau à portée de main - qu'elle réservait pour le châtelain en cas de soucis - les pauvres gardes se seraient pris à tour de rôle les fameuses choses.

C'est vrai, c'était bien loin du confort et de la horde de serviteurs dont ses hôtes pouvaient se plaindre, c'était aussi loin de ce qu'elle vivait avant tout ça. Mais c'était toujours mieux que la veille !

Le réveil se fit au petit matin, oh elle avait eut droit à un certain traitement de faveur en plus de la cruche d'eau, tel que la petite bassine pour une toilette rapide qui était généralement laissé aux prisonniers "de marque" pour qu'ils puissent être présentables quand le châtelain irait leur rendre visite. Le nettoyage finit par achever les dernières traces de combat de la veille, ainsi la prêtresse, si elle osait tenir sa promesse ne retrouverait plus la majorité des bleus ou des petites égratignures qu'elle avait pris le temps de nettoyer pour rien. Quant à la plaie au front... Et bien, de l'histoire ancienne et bien qu'elle soit encore visible on aurait presque dit que la bagarre s'était passée il y a plusieurs jours, ou encore qu'un guérisseur expérimenté était passé discrètement par sa cellule.

Le châtelain finit par rentrer, accompagné par la fameuse prêtresse de Néera. Joh daigna à peine ouvrir un oeil pour les voir rentrer, bien que réveillée depuis plusieurs heures elle avait préféré demeurer assise, les yeux fermés comme pour se reposer. Le premier s'installa sur un tabouret, reprenant tant bien que mal une partie des accords proposés, la seconde quant à elle viendrait constater pour son plus grand malheur qu'il n'y avait plus besoin de soins que vraisemblablement que ceux-ci n'avaient potentiellement servis à rien comme lui avait signalé la dragonnière. Elle resta étonnamment calme, comparé à la veille, peut-être même trop.

"Il était question de ma liberté et d'un libre accès à vos terres, que ce soit pour les quitter ou pour les traverser, comme pour n'importe quel voyageur. Je n'ai pas envie de me retrouver avec une armée au train si un jour il me reprend l'envie de repasser par ici pour honorer la mémoire de mes compagnons qui sont tombés ici lors de la campagne contre les drows."

C'était aussi une façon d'en remettre une couche, tout juste promus, elle avait mené ses hommes au combat contre les drows qui assiégeaient la cité d'Alonna, et si cette bataille avait été perdue, alors jamais ce châtelain ne serait à cette place, face à elle et à la place de cette cité s'élèverait simplement une cité en ruine. Mais là n'était pas le sujet.

"Mais de toute manière, rien ne me garantis que vous tiendrez parole, ou simplement que vous puissiez croire ce que vous allez entendre."

Il voulait de la confiance ? Avec toutes ces guerres civiles elle avait eut son compte de nobles traitres qui ne tenaient ni leurs engagement ni leurs serments d'allégeance qu'ils trahissaient de la manière la plus perfide qu'il soit. Il fallait plus que quelques mots pour la convaincre.

Et ça, le châtelain ne pouvait que le savoir, il avait sûrement déjà dû faire quelques exécutions ou interroger quelques prisonniers de guerre, ceux-ci étaient capables de dire n'importe quoi pour avoir la vie sauve alors qu'ils avaient une lame sous la gorge. Et lors de la première guerre civile, la vérité n'avait même pas permis à ceux-ci de vivre plus longtemps, et seul un gage de bonne foi pourrait établir cette confiance.

"Et puis, il faut avouer que ni l'endroit et encore moins les circonstances sont propices à établir une certaine confiance." dit-elle en lui désignant les chaines. "Vous voulez savoir ce qu'il s'est passé là bas ? Ca sera d'égal à égal et avec mes garanties ce qui inclus l'intégralité de mes possessions."

Avec la horde de gardes qui attendaient le moindre mouvement du noble ? Même s'ils n'entendaient pas, ils pouvaient toujours les interrompre, et si le châtelain en question voulait rester discret... Après si celui-ci avait déjà entendu la réputation de Johann, il pouvait être quasi certain qu'elle tiendrait sa parole, mais les choses avaient changé depuis... Douter ne pouvait être que permis. Mais après tout, le vieil adage ne disait-il pas "l'ennemi de mon ennemi est mon ami ?" Joh prendrait ce risque en assurant ses arrières autant que possible, elle n'avait pas le choix. Par contre pour le châtelain, c'était une autre histoire, mais l'assurance de sa prisonnière pouvait-elle être un signe de l'importance de l'information ?
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Lun 16 Avr 2012 - 10:40

    Ma robe de prêtresse enfilée je me sentais légèrement mieux, comme si le simple fait de porter ce vêtement m’apaisait. Comme le voulait l’usage, je ne portais aucune parure à l’exception de mon alliance, seul bijou que le Grand Prêtre avait accepté de me voir garder. En même temps il n’avait guère eut le choix et le ton glacial sur lequel je lui avais dis que jamais je ne retirerais cette bague avait fini de le convaincre qu’il valait mieux céder à ce seul désir de ma part. Comme nous nous apprêtions à rendre visite à Johann, je pris ma besace en cuir pour jeter un dernier coup d’œil à sa blessure. D’ailleurs en parlant de blessure, je profitais qu’Hanegard ait le dos tourner pour regarder mon avant bras. Bon, ça ne me faisait plus mal, mais les marques rouges étaient devenues légèrement plus sombres. Un bel hématome que je me traînerais encore quelques jours. Bah ! C’était les risques du métier ! Bien que je ne sois pas habituée à cela avec mes patients habituels.
    Le trajet jusqu’à sa cellule se fit en silence. Hanegard semblait soucieux et je ne voulais pas gêner ses réflexions. Dès que nous fûmes devant la porte, je m’effaçais derrière lui et gardais toujours cette distance avec lui une fois qu’il fut installé sur le tabouret.

    Aussitôt dans la pièce, mon regard glissa sur le visage de la prisonnière toujours enchaînée. La blessure à son front semblait aller bien mieux, les quelques hématomes qu’elle arborait encore la marqueraient quelques jours encore mais tout semblait normal. Néanmoins je grimaçais légèrement en voyant ses poignets que je n’avais pas soignés la veille. Elle n’avait pas l’air d’avoir forcé davantage, cependant tout ce sang coagulé me déplaisait fortement. Il fallait nettoyer les plaies qu’elle s’était elle-même infligée pour tenter de se libérer de ses attaches, mais comment faire si on s’obstinait à la maintenir attachée ?
    Mais après tout, elle avait toutes ses chances de quitter ce cachot dans les minutes à venir si elle donnait les informations promises à Hanegard. Mais là encore ce n’était pas gagné…

    Johann semblait plus calme que la veille pourtant elle ne perdait pas le nord et à ses précédentes exigences, elle rajouta le fait d’être détaché pour parler librement. Bien que la veille je l’avais considéré innocente, à ce moment je devenais méfiante. Soupirant, je tournais mon regard vers Hanegard.


    - Il me faut soigner les blessures à ses poignets mais avec ces chaînes je ne peux rien faire.

    Loin de moi l’idée de prendre des décisions à sa place, mais il fallait au moins qu’il sache que mon travail à moi n’était pas terminé dans cette pièce. Et puis je ne la pensais pas folle au point de tenter quelque chose contre moi alors qu’il y avait toute une petite armée de l’autre côté de la porte et que mon époux se trouvait lui-même dans cette pièce. Non elle était plus intelligente que ça. Après tout il lui suffisait de coopérer pour se retrouver dehors avant midi alors à quoi lui aurait servit de s’en prendre à quelqu’un ?
    Laissant à Hanegard le soin de répondre à la prisonnière et de prendre une décision, je me tournais vers la petite table en bois et posais ma besace. Comme la veille j’en sortis tout mon petit bric à brac de guérisseuse et je m’activais à préparer la même mixture que j’avais appliquée sur son front.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Lun 16 Avr 2012 - 11:10

Le moins que l’on puisse dire est que Johann avait bien fait d’éviter la carrière diplomatique lorsqu’elle avait choisi de se tourner vers le métier des armes. Certes les diplomates affirment que plus votre position est faible plus vos exigences doivent être fortes, mais cette règle atteint ses limites lorsque vous n’avez plus aucun atout dans votre jeu. La différence entre persévérance et obstination parait parfois malaisée à définir, sauf dans les cas comme celui qui nous intéresse. Et Johann se situe largement au-delà de la frontière de l’obstination !

Qui croyez-vous être pour me dicter vos exigences ? Si je l’ordonne, votre tête tombera sur l’heure sous la hache du bourreau, ou bien vous vous retrouverez en route pour Diantra afin que le régent décide de votre sort. Cessez de prendre vos grands airs et réfléchissez cinq minutes ! Quoi que vous puissiez m’apprendre sur la mort de Trystan, ce ne sera jamais que votre parole, alors ne surestimez pas votre capacité de négociations avec moi.

Je commençais vraiment à en avoir assez de ses grands airs. Une prisonnière n’a pas à traiter d’égal à égal avec son geôlier, et elle aurait déjà du être reconnaissante de ne pas se retrouver dans une situation bien pire. J’aurais pu choisir de la faire discrètement exécuter afin de me débarrasser de cette encombrante prisonnière, ou de me faire bien voir d’Aetius en la lui livrant. Un procès discret et une exécution publique bien sanglante dans la foulée aurait sans aucun doute réjoui la plèbe de Diantra.

L’une des dernières barrières qui me retenait de la faire jeter dans le plus profond cachot de la forteresse pendant quelques semaines afin de voir comment sa morgue résisterait à un tel séjour était ma loyauté envers la mémoire de Trystan. De son vivant, j’avais beaucoup admiré le roi grâce à qui je dirigeais désormais Alonna et grâce à qui j’avais rencontré Jena. Les doutes sur la culpabilité de Johann dans sa mort constituaient une digue qui peu à peu s’effritait alors que ma colère montait.

Sortant le papier que j’avais fourré dans mon pourpoint, je le lançais aux pieds de Johann et repris.


Ceci est un laissez-passer tels que ceux qu’utilisent mes messagers, il permet à son porteur de circuler librement à travers la baronnie. Je jure devant Néera de vous laisser quitter Alonna en échange de vos informations. Acceptez ou refusez cette offre, mais sachez qu’elle n’est pas négociable.

Pas fou pour autant, j’avais veillé à dater l’ordre de plus de deux semaines auparavant, et de ne le laisser encore valable que trois jours. Amplement de quoi permettre à Johann de quitter Alonna si elle acceptait mon offre, mais en aucun cas un ordre permettant de prouver une quelconque entente entre nous. Il restait maintenant à savoir si Johann allait accepter la main tendue ou cracher dedans. Pour moi, cela ne changerait que mes certitudes quant à la mort de Trystan, mais pour elle il n’était question de rien d’autre que sa vie ou sa mort. Restait à espérer que son instinct de survie aurait le dessus sur son caractère buté.
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Johann
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Lun 16 Avr 2012 - 20:43

Il la traitait comme une moins que rien, au sens propre du terme, et ça devait être ça le pire. Se faire prendre de haut devait être pire que la torture pour elle qui avait lutté la quasi totalité de son existence pour être reconnue non pas en tant que "ventre" mais en tant que personne et surtout que soldat puis commandant. Mais depuis ce jour là... Elle avait tout perdu, et ce genre de situation ne faisait que lui rappeler, ce qui n'aidait pas à la rendre aimable et a la calmer ou elle ne restait au final qu'une personne capable de tuer de sang froid. Mais au moins la prêtresse allait dans son sens, enfin... Pour pouvoir s'occuper d'elle, ce qui était l'un des rares attentions douces auxquelles elle avait eut droit de la part d'un être humain, mais fallait-il encore qu'elle ne soit pas une religieuse pour que ça ait un sens.

Elle se saisit de la missive, un simple laisser passer qui ne laissait que 3 jours pour quitter le territoire, ou tout du moins la ville. Elle ne comptait de toute manière pas y rester plus longtemps. En faisant ça il s'assurait de ne pas être mouillé plus que ça a des affaires avec quelqu'un se triballant avec l'image de traitre à la couronne. Elle eut quelque peu de mal à déchiffrer les mots, et il fallut le concours mental de la dragonne pour l'aider à tout lire en cherchant ou était l'arnaque

"Avec l'intégralité de mes affaires. Me laisser repartir ainsi reviendra au même que de me trancher la tête directement après m'avoir livré au rat. Et il est hors de question que je reparte sans mon cheval et mon épée."

Elle ne repartirait jamais sans ça, c'était du suicide mais surtout sentimental et en conséquent, elle ne dirait strictement rien. De plus jurer en prenant un dieu pour témoin... Ce genre de promesse n'avait plus aucune valeur, maintenant qu'elle avait fait l'expérience des gardiens ce genre de promesses sans fondement ne valait plus rien, seuls les actes et les gestes valaient quelque chose.

"Jurer par les dieux a autant de valeur que la parole de ces gardiens qui se servent de leurs pouvoirs pour leur intérêts personnels sans se préoccuper des conséquences. Vous voulez que j'ai confiance en vous ? Ayez confiance en moi, sinon quoi que je vous raconte n'aura aucune valeur."

Elle n'avait pas bougé, gardant ses mains en évidence pour lui faire comprendre que c'était ce geste de confiance qu'elle attendait. Pour des hommes d'armes, garder ses mains ainsi était une preuve de non hostilité, puis elle lui tendit une main, pour échanger une poignée significative. Signe entre combattants qu'ils ne s'entretueraient pas à la moindre occasion. Un geste d'une grande valeur, et pourtant presque insignifiant pour beaucoup.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Mer 18 Avr 2012 - 8:07

Je haussais les épaules pour indiquer que l’équipement et le cheval de Johann ne m’intéressait aucunement et qu’elle pourrait repartir avec. Croyait-elle donc que j’aurais l’usage de cela ? S’il arrivait que des gardes se servent dans les affaires des prisonniers, de telles pratiques n’avaient pas lieu à la citadelle. L’obliger à fuir sans monture ni arme aurait quasiment été la condamner à mort, surtout si comme je le soupçonnais elle prévoyait de s’enfoncer dans l’Aduram. J’extrapolais peut être, mais le royaume semblait lui être interdit pour le moment et je ne la voyais pas prendre la direction de Lante ou de Thanor.

Bien sur que vous repartirez avec vos affaires.

Johann étendit ses mains devant elle, puis en tendit une. Il ne s’agissait pas là d’une proposition au baron mais à l’ancien soldat. Une sorte de code d’honneur lie les combattants dignes de ce nom, et je comprenais bien qu’elle se basait dessus. Saisissant sa main, je la serrais en silence, les mots étant inutiles à ce stade. L’accord se scellait par l’honneur, et elle comme moi savait que si l’un ou l’autre le trahissait, plus aucune entente ne serait possible par la suite.

Ouvrant la porte, j’ordonnais :


Passez moi les clés.

Revenant près de Johann, je déverrouillais ses chaînes qui glissèrent au sol dans un froissement métallique.

Suivez-moi. Une cellule n’est pas le meilleur endroit pour parler.

Renvoyant les gardes à leurs occupations, je menais Johann et Jena jusqu’à une petite salle, hélant au passage un serviteur pour qu’il nous amène de quoi manger. Si mon épouse et moi-même sortions de table, notre ex-prisonnière désormais invitée n’avait pas du avoir grand-chose à se mettre sous la dent. Sise dans une tour et isolée, la salle ne pouvait être rejointe que par un seul couloir à l’entrée duquel deux gardes en armes refoulaient les curieux. L’endroit parfait pour être au calme et éviter que des oreilles indiscrètes ne nous écoutent.
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Johann
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Mer 18 Avr 2012 - 12:51

Il finit par saisir cette main tendue, mais en comprenait-il réellement le sens ? S'il avait réellement été un homme vivant par les armes depuis toujours ca aurait été certainement le cas, mais l'oisiveté de sa position actuelle pourrait avoir affecté ces notions là. De toute manière, s'il la trahissait Joh ne se gênerait pas pour le lui faire payer avec pertes et fracas de manière à ne plus lui laisser l'occasion de le faire.

Il finit par la détacher, et enfin elle se retrouvait libérée de ces entraves peu confortables qui avaient de toute manière été nécessaires. Elle se massa doucement les poignets en contrôlant l'état de ceux-ci. Le lien avait bien fait son office, malgré la présence des fers qui n'avaient pas forcément aidé. Elle resta cependant assise, en silence, attendant la suite des évènements : qu'il se décide à aller parler ailleurs. Il avait enfin compris qu'une cellule avec assez d'oreilles aux murs n'était pas le meilleurs endroit pour ce genre de "complot".

Elle se releva donc, passant à côté de la prêtresse pour lui attraper de nouveau le même poignet, mais cette fois avec une certaine douceur, elle avait une vue parfaite sur les siens, de manière à mettre une image sur ce que Joh disait.

"Regardez bien, ca a déjà commencé à cicatriser, arrêtez donc de vous borner à vouloir gaspiller vos produits sur moi et gardez les pour ceux qui en ont réellement besoin."

Elle resta ainsi quelques secondes, l'histoire que la prêtresse comprenne bien ce qu'elle voulait dire avant de suivre l'invitation du baron vers ce qui semblait être une salle isolée. Au passage il commanda de la nourriture à un serviteur, certainement pour s'occuper pendant que Joh raconterait son histoire... Mais avant il fallait bien qu'elle sache ce que lui savait, pour ne pas avoir à répéter ou simplement se fendre la poire des âneries qu'il avait pu entendre. C'est d'ailleurs une fois la porte refermée derrière eux qu'elle posa sa question.

"Avant de commencer, j'aimerai savoir ce qui vous est arrivé jusqu'aux oreilles. l'histoire que je sache quelles rumeurs et autres ragots peuvent circuler."

(Je te laisse le soin de décrire la pièce :/)
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Dim 22 Avr 2012 - 12:04

La pièce était assez chichement meublée. Simplement une armoire dans un coin, une grande table et quelques sièges sur lesquels nous nous étions assis. Pas le grand luxe mais ce bureau n’avait pas pour but d’accueillir des conférences plénières. Plusieurs chandeliers apportaient un appoint au faible éclairage qui passaient par la meurtrière, rappel que cette pièce faisait également partie du système de défense de l’enceinte intérieure de la citadelle.

Une fois que le serviteur nous eut apporté de quoi nous restaurer, je le congédiais et vérifiais que plus personne ne demeurait dans le couloir. De toute façon, pour arriver jusqu’à nous il aurait fallu à un curieux passer devant les gardes qui avaient pour ordre de n’autoriser quiconque à nous rejoindre sans mon ordre expresse. Je ne voulais pas d’autres témoins à ce que Johann allait nous révéler que ma femme et moi.

Rumeurs ? Ragots ? C’est bien de cela qu’il s’agissait, car personne ne semblait en mesure de s’acorder sur un récit unique de la mort du roi. Attrapant une carafe de vin, j’en servais trois verres et commençait :


Tout le monde semble s’accorder sur le fait que Diantre a été la proie à des troubles civils suite à l’inaction de Trystan face aux provocations du comte de Scylla, lequel clame que ces provocations étaient en fait organisées par ses ennemis afin de créer un fossé entre son bien aimé cousin et lui.

Il fallait admettre que le roi avait semblé manqué ces dernières années de la vigueur et de la réactivité qui étaient siennes du temps de la guerre civile. Pour autant, lui jeter la pierre restait injuste, tant le monarque se voyait affaibli par la disparition de son sénéchal puis de sa femme, perte dont il avait semblé ne pas réussir à se remettre. Pour avoir moi-même perdu ma première femme bien des années auparavant puis craint de perdre Jena, je ne pouvais le blâmer. Le poids de l’homme public est parfois insoutenable au mari.

C’est ensuite que les raisons de chacun s’obscurcissent. Lorsque le comte de Scylla a amené son armée devant Diantra, il proférait vouloir défendre le roi des émeutiers, et nul n’ignore qu’en effet les mouvements d’émeutes sont incontrôlables et que des débordements sont fréquents. Pour autant, l’armée royale aurait du être en mesure de s’interposer en cas de troubles civils trop importants dans la capitale.

Les troubles civils constituent la hantise des gouvernants, tant il est malaisé de les réprimer à moins d’être prêt à se rougir les mains et à rester dans l’histoire comme un boucher. Je connaissais peu Trystan, n’ayant eu que peu de fois l’occasion de lui parler, mais je doutais qu’il ait été prêt à massacrer son propre peuple. L’absence de réaction de l’armée royale s’expliquait-elle par la volonté du monarque de préférer la voie diplomatique ? Johann pourrait sans doute apporter un éclairage là-dessus.

Bref, le comte prend d’assaut le palais, les émeutiers en font de même quasiment simultanément, et au milieu de tout cela Trystan est assassiné. Le comte jure que ce sont les émeutiers, alliés à vous-même, Johann, et à l’ancien mage royal, qui ont porté le coup fatal. D’autres sources affirment au contraire que ce sont les scylléens qui sont les coupables.

Bien entendu, tous les partis cherchaient à accuser l’autre et faisaient de leur mieux pour brouiller les pistes. Si la mort de Trystan arrangeait les ambitieux, personne ne pouvait accepter de porter le poids de sa culpabilité, pas même un adversaire déclaré du roi. Il est toujours malaisé de se hisser sur le trône après avoir tué son prédécesseur, car la perte de l’inviolabilité royale s’applique alors à son meurtrier qui risque de finir un jour comme sa victime.

Si le comte de Scylla est innocent du meurtre du roi, on ne peut que l’accuser d’être un opportuniste qui a sauté sur l’occasion afin d’asseoir ses propres ambitions. Il a autrefois servi sous mes ordres dans l’armée de Serramire, et à l’époque je ne pense pas qu’il se serait abaissé au régicide, mais j’admets ne pas savoir à quel point la soif de pouvoir peut l’avoir changé.
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Johann
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Mar 24 Avr 2012 - 23:33

Joh s'installa sur la chaise proposée, la pièce était simple et elle n'avait pas vraiment besoin de plus et ce qui semblait être une partie du système de défense de la forteresse suffirait amplement pour ce genre de révélations. C'est seulement une fois un plat de nourriture apporté, le serviteur congédié et les verres de vin servis que le châtelain commença sa version des faits. Qui n'était pas si loin de la vérité ou tout du moins sur la base des faits : deux factions qui n'étaient pas d'accord au sujet d'Aetius d'Ivrey, comme par hasard celui qui est maintenant le régent.

"Votre théorie de l'opportuniste est presque parfaite et tient parfaitement la route et reste une des possibilités."

Elle venait de se tirer une balle dans le pied, car ca la désignait donc comme du mauvais côté et donc coupable de trahison. Mais après tout, elle ne savait pas mentir et elle ne lui donnerait que les faits agrémentés de sa vision personnelle de ceux-ci. Elle n'avait pas touché à la nourriture, le faire malgré sa faim aurait été un signe de faiblesse. Aaaaah l'honneur mal placé.

"Mais ne trouvez-vous pas étrange que ces deux factions qui se sont affrontées se soient manifestées en même temps ? Que les deux avaient eut accès au château beaucoup trop facilement sans oublier que l'une d'elle à ouvert la porte aux armées du rat qui ont mises à sac Diantra et parfois assassiné ou violé leurs épouses ?"

Ah, la grande théorie du complot. Résultante de la paranoïa ambiante de la plupart des personnes, et celle-ci comme bien d'autres était basée sur des faits, ce qui ne pouvait que la rendre plus réelle et probable.

"Mais commençons par le début, lorsque les premières émeutes ont éclaté la garde de la ville a été mobilisée, et quelques chefs des petits mouvements ont été mis sous les verrous. Ce qui était à déplorer était que les gens suivaient comme de brave moutons sans vraiment comprendre ce qu'ils suivaient. Un statut quo finit par s'installer lorsque l'armée fut mobilisée. Une armée est faite pour combattre et défaire une armée ennemie, pas pour contrôler des civils." Elle fit une courte pause. "Je vous laisse imaginer le résultat lors de la manifestation qui a suivit quand les armes sont sorties, ce jour là quelques responsables des plus vindicatifs y ont perdu leur tête dans ces affrontements stupides de pierres contre arbalètes."

Il ne fallait pas être sorcier pour deviner que ceci avait mis le feu aux poudres et que ceux qui organisaient tout ça, qu'ils soient dans un camps ou dans l'autre avaient monté les gens pour qu'ils agissent dans le même sens.

"Malheureusement nos effectifs se sont réduits avec les désertions lors de la grande émeutes, ce qui nous a forcé à nous réfugier dans le château jusqu'à ce qu'il tombe. J'ai reçu à ce moment là l'ordre de déposer les armes et de ne pas sacrifier ma vie, celle qui dépendait de moi et de faire cesser ce massacre, par Trystan lui même." A l'entendre, plusieurs vies étaient concernées, alors qu'une seule pouvait être comprise par les gens aux secrets, car sa mort aurait signifié la fin d'un des secrets les mieux gardés du royaume. "J'ai ensuite été enfermée dans les cachots, étant considérée comme une sorte de chien au service du roi par les émeutiers. Étrangement, pour une fois ils avaient arrêté de se foutre sur la tronche pour nous tomber dessus. Puis ils se sont calmés jusqu'à l'arrivée des armées du rat au pied des remparts."

Un peu comme s'ils avaient reçu les mêmes ordres, ca elle ne le disait pas mais ce n'était pas difficile à comprendre vu la manière dont elle en parlait. Pour elle c'était sûr, quelqu'un avait tiré les ficelles de ce carnage, et le seul a en avoir profité n'était d'autre que ce chien d'Ivrey. C'était peut-être le surestimer d'avoir organisé tout ça, mais ceux qui veulent du pouvoir sont capables de tout et celui-ci avait grimpé des échelons d'une maière beaucoup trop rapide et ne pouvait être que trop gourmand.

"J'ai été libérée quand les remparts sont tombés, sans personne pour mener convenablement les hommes au combat et surtout avec des traites pour ouvrir les portes il ne leur avait pas fallut beaucoup de temps pour commencer à brûler et piller la ville." Elle ricana. "Ces abrutis pensaient que je leur permettrais d'inverser la tendance pour protéger la ville et le Roi, car au final, certains lui étaient toujours fidèle malgré les discordes, mais la bataille était perdue d'avance, il fallait rétablir Trystan sur son trône pour que les combats cessent."

Elle finit par se saisir du verre de vin et par en boire et de garder le silence quelques secondes qui paraissaient une éternité. Son regard c'était assombrit, un peu comme si elle revivait cette bataille sanglante pour une cause perdue d'avance.

"J'ai dû réunir des hommes, qu'ils soient soldats ou non pour prendre d'assaut le château qui était tenu par les fidèles du Rat afin de nous assurer que le Roi était en sécurité, c'était quasiment les seuls qui n'étaient pas montés au remparts pour défendre la ville. C'était de toute manière ici que le fameux Rat se rendrait et en tenant la place c'était le meilleur endroit pour lui faire perdre la tête. Mais c'était déjà trop tard quand je suis arrivée, il était déjà mort."

Sur les derniers mots sa voix manqua de s'étouffer. Elle finit le verre du vin cul sec, ca aurait été n'importe quel alcool fort il aurait subit exactement le même traitement et puis parler ca donne soif ! La suite débuta de manière plus résumée et presque précipitée comparé au début du récit clair et concis. Il était clair que les derniers morts n'avaient pas été simples à prononcer."

"J'ai emmené avec moi ceux qui voulaient encore se battre pour venger le Roi et tuer le rat d'Ivrey pendant la bataille, ceux qu'on a attrapé vivant affirmaient avoir vu le Rat quitter la salle ou Trystan a étér etrouvé mort peu avant que nous n'arrivions, mais nous n'étions pas assez nombreux, sous équipés, blessés et épuisés. Vous connaissez donc la suite. J'ai perdu tous mes hommes lors de cet assaut contre la garde du Rat, tous sont morts sauf ceux qui se sont rendus. J'ai été blessée quasi mortellement, soignée de manière à ce que je survive jusqu'à mon jugement pour avoir "Aidé les émeutiers et tenté d'assassiner le sauveur de Diantra" et donc qualifiée de "Traitre à la couronne". J'ai ensuite eut tout mon temps pour récupérer et m'évader la veille de mon exécution. Les détails et la suite ne vous regardent pas, mais sachez que je termine toujours ce que je commence."

Ces derniers mots signifiaient clairement qu'elle n'abandonnait pas l'idée de décapiter le Rat, sans pour autant qu'elle ne le précise. Si Hanegard cherchait quelqu'un qui haïssait au plus haut point le Régent, il venait de faire mouche !

"Si ce n'est pas lui qui l'a tué en personne, ce ne peut qu'être qu'un de ses sbires. Avec la tournure des évènements tout laisse croire que quelqu'un tirait les ficelles de tout ce bordel et les choses sont un peu trop allées dans le sens d'une personne en lui facilitant la tâche. Un assassinat pour affaiblir le Roi, puis frapper là ou ca le déstabiliserait le plus, c'est à dire au peuple en créant deux factions dissidentes avec des chefs qui réussissaient au final à s'entendre comme cochon sur la marche à suivre sans que ces incompétents d'espions royaux ne voient quoi que ce soit. A mon avis beaucoup trop d'argent à circulé dans cette histoire, et je serai curieuse de jeter un œil aux finances de Scylla." Elle n'avait pas cessé de jouer avec le verre vide. "Sans oublier la condamnation à mort de ceux qui avaient été en première ligne et les plus vindicatifs en faveur du Roi et contre le Rat."

En parlant d'assassinat, elle parlait apparemment de la Reine, ce qui ne semblait pas l'affecter plus que ça. Après ca pouvait paraitre étrange qu'elle n'y accordait que peu d'importance en ne le mentionnant même pas.


Dernière édition par Johann le Mer 25 Avr 2012 - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Mer 25 Avr 2012 - 11:14

J’écoutais attentivement Johann sans l’interrompre, fort intéressé par son histoire qui confirmait pour partie mes craintes. La haine évidente et affichée qu’elle ressentait envers l’Ivrey jaillissait tel un flot déchainé, et je n’aurais pas aimé être le comte de Scylla le jour où il allait se retrouver face à cette furie. Je me doutais intérieurement que Johann patienterait le temps qu’il faudrait mais ne renoncerait jamais à régler ses comptes avec celui qu’elle estimait, sans doute à raison, être le meurtrier du roi Trystan.

A ce sujet, la façon dont elle parlait de Trystan alors que jamais elle n’avait prononcé le nom de la reine, assassinée peu de temps auparavant, me surprit. Certes c’est le roi qu’elle servait, mais pour autant le mort de Liliana constituait l’élément déclencheur de la période durant laquelle Trystan avait semblé perdre ses moyens et manquer de la fermeté nécessaire pour mâter la révolte avant qu’elle ne prenne trop d’ampleur. Pour un peu, on aurait juré que cet assassinat visait à affaiblir l’esprit du monarque au moment où il allait se retrouver face à une rébellion, et là-dessus je me trouvais tout à fait en accord avec les soupçons de Johann.


Donc vous non plus n’étiez pas là lorsque le roi est mort.

Me resservant du vin et servant également une coupe à Jena qui nous écoutait pour l’instant en silence mais avec attention, je repris :

Je vais être franc avec vous Johann. Oui, je crois que le comte de Scylla est sinon l’assassin du roi, du moins le commanditaire. Les émeutiers auraient pu tenter de tuer Trystan bien avant son arrivée, hors ils ne l’ont pas fait. « A qui profite le crime ? »… à l’actuel régent bien entendu. Pour autant une suspicion n’est pas une preuve, et sans preuve il est impossible de dénoncer publiquement l’Ivrey.

Accuser le comte ? L’autoproclamé protecteur du royaume ? Non, je savais qu’une telle accusation ne servirait à rien, le régent aurait beau jeu de se récrier de sa bonne foi et de jurer à nouveau qu’il avait tenté l’impossible pour sauver son cher et bon cousin royal. D’ailleurs, aucun témoin même direct ne serait crédible au vu de la gravité de l’accusation. Il ne faudrait pas moins qu’une intervention divine, Néera elle-même apparaissait et révélant au monde le régicide pour que l’accusation soit crédible. Non, une telle idée ne pourrait être menée à bien.

Toutefois Johann, si une accusation ouverte est inutile, laisser courir des rumeurs peut se révéler un moyen détourné d’arriver à ses fins. Le terreau existe tant les concours de circonstances qui ont favorisé l’Ivrey dans cette affaire sont anormaux.

Le peuple croit souvent ce qu’il voulait croire, et le cousin régicide portant lui-même le coup fatal constituait une magnifique histoire à raconter dans les tavernes. Je ne pensais pas que Johann soit réceptive à ce genre d’idées, ses méthodes semblant plutôt du genre de celles consistant à foncer dans le tas en braillant des cris de guerre, mais savait-on jamais ? Peut être un jour prendrait-elle ouvertement fait et cause pour un parti opposé au régent, bien que la façon dont mes gardes l’avaient récupéré laissait à penser qu’elle finirait plutôt en ermite loin de tout. Dommage… mais je ne pouvais faire plus pour elle que lui rappeler l’existence d’une autre voie.

N’oubliez pas que l’Ivrey n’a pour l’instant reçu la loyauté de presque aucun des grands féodaux, sa position est bien moins solide qu’il n’y parait. Il n’est pas régent du royaume, juste régent de Diantra. Aetius va vite se rendre compte que mes pairs ont eux aussi les dents longues et ne laisseront pas un parvenu récupérer tout le pouvoir dont disposait Trystan.

Déjà à l’époque de la guerre civile la solidité du royaume faiblissait, la rébellion ouverte des barons et celle plus larvée de Merwyn démontraient la fragilité du système centralisé tel qu’il existait. Le roi avait su resserrer la vis et avec le temps peut être aurait-il pu renforcer suffisamment son pouvoir pour que sa mort ne laisse pas le royaume au bord de l’implosion. Mais le temps lui avait manqué, on pouvait soit se contenter de regretter cela, soit tenter de profiter de la situation nouvelle que créait cette disparition.
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Jeu 26 Avr 2012 - 0:16

Au moins il était de son avis, comme quoi les rumeurs ne lui avaient pas lavé le cerveau et il n'était pas un de ses braves moutons qui suivraient un homme juste parce qu'il s'autoproclamait héro et sauveur du fils du roi dont il avait causé la perte sans compter qu'en prime il n'y avait strictement aucune preuve. Elle ne souligna pas le fait que son verre restait vide, mais qu'importe.

"Nous n'avons pas trouvé de survivants qui pouvaient nous dire qui était l'assassin direct, les cadavres ne parlent pas, et c'est sûrement l'état de tout ceux qui ont mené l’insurrection. Attaquer directement est simplement inconscient, surtout avec les moyens dont je dispose."

Oh, oui la petite idée de balancer des rumeurs pour faire vaciller le pouvoir royal, mais des rumeurs de tavernes n'iraient certainement pas bien lin, il fallait les lancer dans les cours et les hautes sphères pour leur donner plus d'importance que celle d'un ivrogne échoué sur une table.

"Et je connais les dégats que peuvent faire les rumeurs, assez ont courue sur mon dos pour que je m'en apercevoir. un peu comme celle qui vous a fait croire que j'étais l'assassin de Trystan."

Oui, elle était réaliste, même si faire ainsi n'était pas vraiment dans ses attributions, elle devait apprendre et très rapidement pour jouer sur le même terrain que son ennemi. Déclencher une 3ième Guerre civile était le seul moyen viable pour destituer le Rat, mais était-ce seulement possible ?

"Mais répendre moi même ces rumeurs c'est tout simplement du suicide, ma tête est mise à prix, et même si l'affiche n'est pas parvenue partout, mon nom reste connu dans les milices et corps d'armées. Jouer à ce petit jeu serait me condamner et mon dernier ordre est de survivre."

Il n'avait peut-être pas été directement prononcé, mais il avait été compris. Trystan la savait liée à l'une des dernières créatures de son espèce encore vivante et que sa mort causerait l'extinction de celle-ci. Il avait peut-être été beaucoup trop gentil jusqu'au bout...

"Par contre les rumeurs de cours feront beaucoup plus de dégâts, il suffit qu'un serviteur entende sans le vouloir une partie de ce qui a été dit ici même. Il le répètera forcément, une petite soirée mondaine et les hordes de servants de chacun des nobles venant échangeront leurs commérages et avec un peu de chance le bouche à oreille fera oublier d'ou vient la rumeur, comme toujours." Cette rencontre n'était peut-être pas fortuite. "Finalement la balle est dans votre camps, c'est votre terrain, pas le mien."

Elle lui laissait donc la partie la plus délicate ou il aurait le plus d'efficacité ? Laissons aux nobles les commérages et aux soldats les batailles, et pour elle, ca serait la bataille.

"Quant à moi, je ne suis pas partie les poches vides, je peux réserver quelques petites surprises de mon cru pour une armée aux pieds des remparts, vous saurez ou me trouver à ce moment là."

C'était au sens littéral du terme, elle connaissait par cœur les plans de défense de la ville, pour les avoir appris avant et après la première guerre civile, surtout après les travaux visant à corriger certaines failles et elle n'était pas prête de les oublier, surtout avec le temps passé dans les égouts et celui qui lui avait fallut pour s'en remettre à ressasser les stratégies. Diantra était tombée 3 fois de la même manière et une 4ième était tout à fait envisageable, et pas seulement graçe à un dragon ! Mais est-ce que le temps les garderait intacts... La question était toujours à voir. Au pire elle ferait ce travail en personne, et surtout elle semblait très sûre d'elle sur ce dernier point, si Diantra tombait pour être libérée du joug du rat, elle serait de la partie avec quelques vétérans qui rembourseraient une dette.

"Ca fera beaucoup de travail pour vous, que vous soyez prêtresse ou non, plus que quelques bleus et égratignures qui ne sont que de simples souvenirs." finit-elle par dire à la femme présente

Oh, elle se doutait qu'elle n'était pas une simple prêtresse, sinon elle aurait été congédiée. Une personne de ses services de renseignement ? Ou un de ses proches ? Ca importait peu maintenant, c'était juste une personne de plus au courant d'une version plus officielle que celle qui était racontée partout.

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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Lun 30 Avr 2012 - 8:18

Sirotant tranquillement mon vin, je réfléchissais à ce que venait de dire Johann. Ni elle ni personne ne pourrait jamais prouver de façon certaine que le régent se trouvait être l’assassin du roi, à moins d’un coup de théâtre auquel je ne croyais guère. Oh, bien des gens dans le royaume devait le soupçonner du crime, lui seul disposait des moyens sur place pour accomplir ce forfait… mais soupçonner et prouver sont deux choses différentes.

Oui, des indiscrétions pourraient fuiter comme quoi il existerait une preuve de la culpabilité du régent.

« Vous saurez où me trouver à ce moment là ». Que voulait-elle dire ? Certes j’avais indiqué ma fidélité à Trystan et à sa mémoire, mais de là à s’imaginer que j’allais débarquer à Diantra avec une armée de biquettes de guerre enragées afin de pendre par les valseuses le vil et sale comte de Scylla. Pouah ! Non, d’une part je n’avais pas achevé le projet biquette et l’heure de révéler la toute puissance de mon arme secrète devrait attendre, d’autre part je ne me sentais pas de lever l’étendard de la rébellion.

Je saurais… je saurais… qui étais-je pour réunir une ligue de seigneurs contre le régent ? Après tout, mes racines nobles se trouvaient inexistantes, ma lignée commençant à moi-même, et j’avais même servi un félon à l’époque de la guerre civile. Si les projets de Merwyn s’étaient réalisés, je serais surement aujourd’hui un des généraux de ce royaume du nord qu’il rêvait de créer. Rêve brisé par le pouvoir royal à l’époque où ce terme possédait encore un sens. Mais désormais, le pouvoir royal se limitait à un gamin manipulé par l’assassin de son père. Ô tempora, ô mores !


Nous verrons Johann, toutefois mon rôle premier est de veiller à maintenir étanche la frontière du royaume et de veiller sur mon peuple. Le roi Trystan m’a confié Alonna, et c’est aux intérêts d’Alonna que je dois veiller en priorité. Bien sur, si d’autres de mes pairs se levaient contre l’usurpateur, alors je pourrais être amené à les rejoindre. Mais ni mon lignage ni mon passé ne me permettront d’être celui qui en premier lèvera l’oriflamme.

Voilà, petite mise au point pour Johann afin qu’elle n’en attende pas trop de moi. Indépendamment du fait que je ne pouvais soulever seul une révolte, en avais-je envie ? Je connaissais la guerre et je la haïssais. Une guerre contre Diantra serait sanglante et indécise, à moins de disposer d’une union de plusieurs terres qui passeraient un pacte contre l’usurpateur. Et au final pour quel résultat ? Certes Aetius se trouvait être un félon obsédé sexuel à tendance psychopathe névrosé, mais lui donner un remplaçant améliorerait-il les choses ? Je n’en étais même pas persuadé.

Oui, celui ou celle qui appellerait à la révolte devrait être de sang plus noble que moi et disposer d’une voix qui portait plus dans le royaume que celle de la lointaine Alonna. L’avenir seul nous dirait si un tel champion apparaitrait, mais je ne comptais pas jeter dans la balance mon avenir et celui de Jena sur un simple coup de dé.
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MessageSujet: Re: Passé et présent. [Ha - Libre]   Mar 8 Mai 2012 - 17:05

Curieux mais absolument pas téméraire. C'était juste avoir l'info et rien de plus, a quoi ca servait donc d'avoir ce qu'il faut pour agir, de savoir comment le faire sans pour autant se lancer là dedans ? La cause de tout ce bordel avait été l'immobilisme et il restait enfermé comme la plupart des nobles qui se pissaient dessus rien qu'à l'idée d'une guerre qu'ils déclareraient.

"Garder la frontière étanche à quoi ? Les elfes sont nos alliés, les Drows n'ont plus donné signe de vie depuis des années. A rester immobile tout en affirmant haïr le régent tout ce que vous réussirez à faire c'est à vous faire tomber dessus par celui-ci qui réduira à néant tout ceux qui s'opposent à lui en les prenant un par un. Chercher c'est prendre le risque d'être découvert, mais aussi celui de se trouver des alliés lorsque le pire arrivera." Fallait-il qu'elle lui donne des cours de stratégie ? "Agir rapidement ne lui permettra de se réorganiser assez vite surtout si vous avez des alliés pour effectuer une attaque coordonnée sur Scylla et Diantra. Et comme il en profite pour devenir le Régent d'Erac... Il suffit d'une diversion pour qu'il envoie ses armées là bas."

Simple, rapide et efficace, en prime il y avait déjà des conflits d'intérêts en Erac depuis la disparition d'Asteride d'Erac, les bruits de taverne n'avaient pas désemplis à ce sujet et si le Régent y envoyait ses troupes, il se découvrirait sur un autre front qu'il faudrait ouvrir et là ça serait la victoire assurée vu que s'il ne s'était pas assuré de la loyauté de ses voisins... Et bien oui, c'était a priori le meilleur moment.

Et puis le lignage... Elle n'était pas la mieux placée pour en parler, elle n'était pas noble et ne l'avait jamais été. Une famille de paysan ne permet pas réellement d'atteindre les hautes sphères d'un corps d'armée, seules les compétences en avaient été la cause sous le règne de Trystan, après sous celui du rats, seule celle d'écarter les cuisses devait compter. Mais c'était une autre histoire.

"Mais puisque vous ne voulez pas bouger et que vous avez ce que vous voulez... J'attends que vous teniez votre parole." Avait-elle dit en haussant les épaules. "Et si ce plateau de bouffe est orphelin, je me ferai un plaisir de l'adopter pour ma route si ca ne vous dérange pas."

C'était presque comme si elle s'était désintéressée de la suite. Elle avait balancé ce qu'elle avait à dire, et c'était tombé dans l'oreille d'un inactif donc au final elle n'avait strictement plus rien à faire en ces lieux mis à part déguerpir. Sauf peut-être emporter un plateau de bouffe qui restait sûrement la dernière chose intéressante, si elle ne devait pas répondre à d'autres questions indiscrètes du genre les raisons de sa guérison ou comment elle s'y était prise pour s'évader de Diantra aussi "facilement".


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