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 "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"

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Ernst Monventeux
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MessageSujet: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Jeu 29 Mar 2012 - 16:06

3 semaines après l’attentat de Diantra.
Castelrude
Opafrouille, Brande Scylléenne.

« Alors Monseigneur, c’est très simple. Il suffit de lever le bras délicatement, comme ça… et le rabaisser, et le remonter."
« Oui, bah oui, bah oui… bah… »
« Ah non, remontez… délicatement… oui mais descendez… moins vite… plus… »
« RHHHÂÂÂÂaaaa ! Tu m’énerves ! Tu m’énerves avec ta jonglerie ! Tu m’énerves avec tes tours de passe-passe ! Je suis un guerrier moi ! Les jongleurs je les empale en place publique ! » Rugit Raoul d’Opafrouille en faisant tourner l’objet en tous sens autour de lui.
« Attention Monseigneur attenti… »
Trop tard ! Philibert avait reçu en plein dans le sourcil le vaillant coup de yoyo.
« Bien fait » glissa Raoul.
Philibert mit ses deux mains où se faisait sentir la douleur alors que le sang commençait à couler. « Monseigneur, il faut faire preuve de patience si vous voulez conquérir la belle par vos belles manières… »

Ce fidèle serviteur faisait pour sa part véritablement preuve de patience à essayer d’inculquer à son seigneur quelque notion de culture et de romantisme. Mais il fallait si résoudre : si l’on pouvait épater aisément n’importe quelle gourgandine en maitrisant un yoyo, il était beaucoup plus difficile d’inculquer cet art au seigneur d’Opafrouille.

Bien sûr, cette gourgandine de Solenne n’allait pas résister longtemps aux avances du chevalier Banneret. Que ce soit de bon grés, ou avec deux valets pour la tenir, elle devrait se donner. Mais Philibert avait convaincu Opafrouille de faire quelques efforts, eu égard pour le rang supposé de la belle. Car au fond, on ne savait pas grand-chose de cette pucelle que les gars de Bordefente avaient largués ici un beau jour, réhabilitant le vieux château des Massierani à leurs frais. Un château qui n’en avait d’ailleurs que le nom, s’agissant plutôt d’une ancienne villa fortifiée, et qu’on devait maintenant appeler « La renaissance », allez savoir pourquoi.

Mais force était de constater que c’était peine perdue que toutes ces tentatives pour une approche romantique. On pouvait déjà dire aux deux valets les plus costauds du château de surveiller la porte de leur seigneur le soir de la noce, il en aurait besoin. La Solenne était fort peu sensible au charme d’Opafrouille, et il lui faudrait de solides arguments cette nuit-là.

Justement, alors que Raoul ressayait pour la énième fois de faire remonter le yoyo, un page entra et fit savoir que la Solenne, que l’on avait mandé sans lui donner d’explication, était arrivée.


XXXXXXXXXX

« Mes amis, mes amis. Nul ne doit plus ignorer la vérité ! ».
C’était la raison officielle qu’avait trouvé Ernst pour servir ses projets. D’ailleurs c’était désormais l’unique motif qu’il donnait à chacun de ses faits et gestes. Cela avait suffit et chacun s'était montré prêt à prendre la route avec lui.

Il avait donc pris avec lui les suivants habituels, plus quelques autres en renforts. On n’était jamais à l’abri d’une bavure, et auquel cas, il faudrait du monde pour nettoyer. Le petit vavasseur avait gagné en audace depuis les récents événements, et après avoir évité de justesse le pire, il se faisait même ambitieux. Non seulement il lorgnait sur le contrôle de la région du Mercatin, mais plus encore, il comptait s’imposer comme une personnalité incontournable de la brande.

Tel était le plan qu’il peaufinait alors que lui et sa troupe s’approchait de Castelrude pour rencontrer Raoul d'Opafrouille.

XXXXXXXXXX

« Faites la entrer » ordonna Raoul d’Opafrouille.

Précipitamment, il reprit son entrainement au yoyo, de sorte que la jeune femme le vit à son avantage en entrant. Il espérait bien ainsi la séduire par son habileté. Mais, troublé de sentir la présence de la jeune femme si proche, il s’emmêla du premier coup. Le fil était dans tous ses états et le yoyo pendait misérablement au bout. Le sang d’Opafrouille se glaça, il ne fallait pas que la belle s’imagine qu’il pouvait avoir raté son coup. Aussi, il se mit à faire tourner le yoyo autour de son doigt dans une anarchie totale tout en gardant un air qui se voulait dégagé. Pour cacher son malaise, il sourit à la belle en la voyant entrer alors que le yoyo décrivait de grand cercles autour de son bras, risquant de le blesser à tout instant. Il essayait discrétement de retirer la ficelle accrochée à son doigt, et pour son plus grand malheur, il y parvînt.

Alors que Solenne s’apprêtait à parler, le yoyo plein d'élan se mit à traverser la pièce. Il fonçait droit dans la direction que regardait le pauvre Raoul, c’est à dire droit sur le visage de Solenne.


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Solenne de la Courcelle
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Jeu 29 Mar 2012 - 19:34


    Que de découverte, Solenne était arrivée il y a peu de temps en Scylla. Une semaine ou deux touts aux plus, c’était des terres qui lui paraissaient étrangement hostile contrairement à sa douce Ybaen. Comme tout ceci semblait lointain ! Missède, Ybaen, son château, ses gens. Néanmoins elle devrait si faire il en allait de la vie de son enfant. Le comte de Scylla lui avait offert un toit et une garde minime juste de quoi tenir à l’écart la curiosité malsaine de quelque gens. Assise dans son château tout juste réhabilité, la jeune demoiselle jouait de la harpe tandis que son fils jouait avec les chiens de guerres, il montait sur leurs dos comme s’ils s’agissaient de poneys. Elle songeait d’ailleurs déjà à lui en acheter un. Les chiens n’avaient pas tout à fait le dos adéquate pour être aisément monté, le jeune garçon avait beau tomber il remontait de suite. Il avait une folle détermination et une persévérance sans borne. Ce qui faisait sourire sa jeune mère assise près de la fenêtre dans le salon tout juste rénové, les doigts habile de la demoiselle glissaient et pinçaient les cordes sans même qu’elle est à les regarder. La mélodie qui échappait de la harpe avait quelque chose de doux comme le printemps et d’insouciant comme son fils. Si ce petit était bien trop jeune pour comprendre combien le monde était noir, elle espérait qu’il resta le plus longtemps possible innocent, qu’il ne se rende compte que très tard du lourd fardeau qui posait sur ses épaules.
    Les rayons du soleil réchauffaient la terre de leurs douces chaleurs printanières, il faisait doux Solenne avait ouvert les fenêtres pour laisser entrer le doux parfum du printemps dans sa demeure. La douce brise lui caressait les cheveux de la belle enfant sagement assise, les odeurs légères qui lui parvenaient n’étaient pas aussi douces que celle de son Ybaen, à croire que le printemps avait une odeur délicate de fumier dans la région… Solenne se pinça un peu le nez et renifla doucement, on s’habitue à tout. Alors qu’elle allait reprendre son morceau un homme fit irruption dans le salon, la demoiselle lui jeta un regard noir l’homme se figea et rougit brusquement.


    « Là d’où je viens on frappe avant d’entrer et on s’annonce, ne vous avisez pas de recommencer pareil manquement à la courtoisie auquel cas je serais obligeait de vous chasser ! »

    La demoiselle se redressa dans sa longue robe verte de soie, elle épousait ses formes jouvencelles à la perfection. Sa longue chevelure tomba en cascade sur ses épaules, les reflets violets de sa chevelure brillèrent sous les rayons printaniers. L’homme déglutit difficilement, la demoiselle lui fit face.


    « Hé bien, quel est l’objet de ta venu. Parle ! »


    La demoiselle avait tendance à perdre facilement patience, il était normal la plus part des gens de la maison n’avait aucune connaissance des règles de bienséance ici. Certes elle ne vivait pas dans une grande ville, mais tout de même il semblait que les gens d’ici n’avait reçu aucun éducation ou alors bien peu.


    « Le… Le seigneur Opafrouille demande à vous voir immédiatement. »

    Solenne poussa un râle, elle avait vu dans ses yeux le jour de son arrivait en ces lieux qu’il lui poserait problème. Elle ne pouvait ce pendant pas refuser, étant sur ses terres elle devait de répondre à ses invitations. L’homme avait tendance à la faire mandait à n’importe quel moment de la journée c’était assez agaçant…


    « Titus, rentre je te prie ! Ptolémée, Poséidon, Cassius, Apollon, Athéna, Hermès, Jupiter, Ulysse, Héra, Héraclès ! Ici mes chiens. »

    Les dix énormes molosses levèrent un à un la truffe lorsque Solenne les appela. Ils rejoignirent leur maitresse en courant suivit par Titus. Les chien encerclèrent la jeune femme, Titus arriva le dernier, il avait encore de cour jambe le petit homme. Solenne se pencha pour le prendre dans ses bras :


    « Je dois partir, je reviens d’ici quelques heures tu seras sage ! »

    L’enfant secoua la tête en signe d’approbation et sa mère l’embrassa avant de partir, laissant son enfant sous bonne garde. Héraclès suivit Solenne, lui et elle avait toujours été inséparable et cela n’avait guère changé. Elle monta dans le carrosse qu’on avait mit à sa disposition et le laissa balancer par la cohue de la route non pavé. Elle arriva bien vite chez le seigneur, fut guidé par l’un de ses gens jusqu’à lui. Lorsqu’elle pénétra dans la pièce l’homme jouait du yoyo et il n’était clairement pas doué… Il échappa l’objet qui volait dans sa direction. Les yeux de la demoiselle s’arrondir, ni une ni deux le chien de la demoiselle bondit interceptant le projectile et retomba sur ses pattes. On entendit un craquement sonore, il en était finit du jouait du seigneur.


    « Tenteriez-vous de me tuer ? »

    Dit la demoiselle don le visage se plissa dans une grimace de colère.

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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Jeu 29 Mar 2012 - 23:21

Raoul d'Opafrouille avait la bouche grande ouverte en anticipant le drame qu’il pensait inévitable. Ce chien était providentiel. Le banneret était si content de voir ce miracle qu’il ne pensa pas immédiatement à foutre cette saloperie dehors.

« La Solenne, Ah, comme je vous attendais. Ne faites pas attention à ça, ce n’est qu’une coutume locale, une tradition. Nous veillons aux bons réflexes de nos hôtes, Aha. » Raoul, amoureux et conquis, racontait n’importe quoi avec moult simagrées. Alors qu’il parlait, il prit d’une main qui se voulait douce mais d’une autorité incontestable le bout des doigts de Solenne et la conduisit à un siège à côté de lui.

« C’est un plaisir de vous recevoir ainsi, oui, un grand plaisir… Ah si vous saviez… »
Il cherchait timidement ses mots comme un petit enfant pris en flagrant délit. Son regard tomba sur le molosse qui mâchouillait méthodiquement son yoyo. Belle denture.

« …si vous saviez…. Oui… hein… »
Les mots ne venaient pas, et Opafrouille commençait à s’énerver de cette gêne qu’il ressentait. Ça commençait même à lui chauffer les oreilles.

« Monseigneur me disait plus tôt qu’il comptait sur votre venue pour égayer sa journée. Car il faut admettre que Monseigneur le banneret d’Opafrouille est un homme aux lourdes responsabilités, la triste administration laisse parfois peu de places à l’expression de sentiments plus nobles d’un homme pourtant de la meilleure vertu. Vous êtes en somme sa bouffée d’air quotidienne, d’ailleurs ce ne sont qu’à travers les femmes de votre qualité que les hommes peuvent vraiment ressentir et comprendre les beautés de ce monde »

Raoul n’avait pas tout compris, mais appréciait le sauvetage de son majordome.
« Et puis, n’est-ce pas triste ces murs gris, toutes ces armes sur les murs ? Ce château madame, si je puis me permettre un avis personnel, manque cruellement de teinture colorée, de bougies odorantes, d’un esprit délicat, d’une note subtile enfin. Oserai-je vous l’avouer, si monseigneur me le permet, Raoul acquiesça d’un air grave, mais enfin, ce château était vide et creux sans une présence féminine que vous avez si subtilement su apporter. »

Le majordome installa en même temps qu’il parlait une petite table sur laquelle il posa un verre d’un gris sale, une cruche d’eau vinassée et quelques apéritifs brandais, à base de la rare et précieuse terrine de cerf Ydrilote.

Raoul accompagnait la diatribe de son majordome de nombreux mais habiles mouvements de sourcils. Il espérait monopoliser le regard de « la Solenne ». On discernait dans ses mimiques qu’il ne comprenait pas tout, et qu’il n’aimait pas trop qu’on critique sa décoration, mais qu’il était quand même d’accord. Sans laisser le temps d’une parole à la jeune fille, l’autre compère reprit de plus belle.

« Demoiselle, c’est donc pour nous un honneur et un plaisir que de vous avoir dans nos murs »
« …et puis c’est qu’vous êtes bien mignonne » ajouta un Opafrouille maladroit.

Mais heureusement le serviteur veillait à rattraper chaque bévue.
« Oui… heu… nous parlions tantôt de… c’est un peu délicat, mais nous ne pouvons pas d’avantage taire vos mérites esthétiques alors qu’ils sont là devant nous, éclatants et troublants… Monseigneur me parlait de vos yeux au bleu si… tellement… et pourtant… si… vous voyez… innommable presque… »

Philibert sentait confusément qu’il avait dit une sottise, aussi accéléra-t-il son enchainement.

« Et vos cheveux… sont tellement »
« ...Vos beaux cheveux diaphanes et votre peau de jais. » déclama le banneret qui avait appris par cœur du vocabulaire pour l’occasion. Le majordome essaya de rectifier le tir par une autre tirade.

« Vous embellissez nos compagnes plus que les fleurs. Vous êtes notre plus grand atout madame, et nous avons pour vous les meilleures attentions et les meilleurs soins… »

Raoul s’était lassé du chien qui massacrait joyeusement son pauvre yoyo, il appela d’un geste un serviteur pour qu’il vienne le sortir.
« …aussi soyez certaine que votre sécurité est assurée et qu’il ne faudra nullement hésiter à nous faire appel si quiconque s’approchait de vous. Nous pendrions céans quiconque s’approcherait dans un désir malpropre. Et d’aill… »

Mais le Banneret, qui se lassait finalement autant du chien que de la logorrhée du majordome l’interrompit et en vînt au fait.

« …C’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous allez vous marier avec moi le début de la semaine qui vient. »

Quatre yeux inquisiteurs se posèrent sur Solenne, le refus n’était pas une option viable.


XXXXXXXXXX
Ernst était en vue de Castelrude. Ce n’était pas trop tôt, lui et ses hommes n’étaient pas contre une bonne chopine.


Dernière édition par Ernst Monventeux le Ven 30 Mar 2012 - 23:24, édité 1 fois (Raison : Orthographe)
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Solenne de la Courcelle
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Ven 30 Mar 2012 - 16:48

Elle avait à peine franchit la porte qu’un objet volant très bien identifier car s’agissait en faite d’un Yoyo que le seigneur d’Opafrouille manipulait avec aucune dextérité, avança à vive allure vers son si délicieux visage enfantin. Héraclès fort de ses réflexes animales avait bondit pour intercepter l’objet avant qu’il n’entra en contact avec le faciès de la demoiselle. Elle était passée à un cheveu d’être totalement défigurée, le regard de l’invité qui se voulait légèrement abattu se changea en un foudroyant regard noir. Ses yeux bleus changèrent de couleurs, ils devinrent violet ponctuant son agacement la pierre autour de son cou changea elle aussi de couleur. L’homme s’avança vers elle, la saisissante avec une certaine fermeté qui lui déplut au plus haut point. En aucun cas en Ybaen se genre d’homme ne se serait permit de rêver de tel chose…
On est plus en Ybaen ma douce Solenne. Les gens de la Brande semblaient ignorer les bonnes manières et toutes les choses les plus rudimentaires de la bonne société. La demoiselle se laissa trainer sans y mettre de conviction, elle trainait presque les pieds. Elle s’assit inspirant profondément, tentant de garder son calme et esquissa un sourire qui voulu le plus avenant possible. Un sourire très marchand qui était crispé sur son visage, mais il paraissait tout à fait sincère. De toute façon comment des idiots pareils auraient pu faire la différence. Ils ne la connaissaient de toute façon pas assez… Une fois assise la demoiselle tourna son attention sur ses mains, elle évitait le regard du seigneur avec beaucoup, mais alors beaucoup d’habilité. Le banneret n’avait aucune habilité avec le yoyo, mais avec les mots c’était pire. Mais on vient à son secours !


« Monseigneur me disait plus tôt qu’il comptait sur votre venu pour égayer sa journée. Car il faut admettre que Monseigneur le banneret d’Opafrouille est un homme aux lourdes responsabilités, la triste administration laisse parfois peu de places à l’expression de sentiments plus nobles d’un homme pourtant de la meilleur vertu. Vous êtes en somme sa bouffée d’air quotidienne, d’ailleurs ce ne sont qu’à travers les femmes de votre qualité que les hommes peuvent vraiment ressentir et comprendre les beautés de ce monde. » L’homme était hautement plus à l’aise à la parole que son seigneur.

« Et puis, n’est-ce pas triste ces murs gris, toutes ces armes sur les murs ? Ce château madame, si je puis me permettre un avis personnel, manque cruellement de teinture colorée, de bougies odorantes, d’un esprit délicat, d’une note subtile enfin. Oserai-je vous l’avouer, si monseigneur me le permet, ce château était vide et creux sans une présence féminine que vous savez si subtilement sut apporter. »

Le majordome, quant à lui, il avait langue bien trop pendu, il laissait à peine à son maitre le temps d’en placer une. Il disposa sur la table de la terrine et de l’eau ainsi que des verres pas très propres, la demoiselle aurait voulu être sourde ou bien aveugle, peut-être bien les deux. Il était honoré de la recevoir et bien elle n’était pas vraiment accueillit comme il se devait. Solenne observait les murs gris couvert de poussière et le verre impropre… Tout laissait à désirer. Ce n’était pas un château mais un trou ! Elle avait envie de prendre ses jambes à son cou… Le seigneur ouvrit la bouche avec une maladresse qui découragerait n’importe qu’elle femme. Elle grignotait les en cas pour ne pas être forcée de répondre. Elle mâchait lentement et quand l’homme lui sortit qu’elle avait des cheveux blancs et une peau noire elle ne le dévisagea que plus…
Tant bien que mal elle se retenait de lui dire ce qu’elle pensait. Elle prit une bouchée plus grosse que les autres et la mâcha avec vigueur contenant tout son agacement et on lui annonça son mariage… La demoiselle avala de travers se redressant d’un bon elle se mit à tousser et tapait sa cage thoracique. Le majordome intervient efficacement tandis que son maître ne bougea pas le petit doigt. L’homme lui tapa dans le dos et au bout de trois essaie Solenne recracha le morceau de terrine au visage du seigneur.

Elle inspira profondément. Son souffle saccadait elle articula difficilement les mots qui suivirent.


« Ca me… va …droit au cœur, mais je ne peux pas… accepter. »

Solenne resta polie, à Ybaen une pareil affirmation lui aurait valut d’être la victime de quelques paroles bien sentit de la part de la demoiselle.

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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Ven 30 Mar 2012 - 23:12

Raoul d’Opafrouille s’essuya vivement le visage comme s’y de rien était, se promettant de prendre sa revanche plus tard, à grand coup de dard. L’euphorie l’avait étranglée, la Solenne. Cette malheureuse parvenue ne s’attendait pas à pareille chance visiblement. Il faut dire qu’elle était un peu perdue seule dans son château avec ses chiens et son petit frère. Triste vie que la sienne, pouvait-elle vraiment attendre si bonne fortune alors qu’elle ne témoignait même pas du moindre titre de noblesse ? Bien sûr, cela expliquait sa réaction, trop d’émotions d’un seul coup pour un petit cœur fragile qui ne savait plus comment exprimer son allégresse. Tout de même, Raoul insista sur sa promesse solennelle de venger l’affront de moult joyeuses façons dès les noces inaugurées.

« Ca me… va …droit au cœur, mais je ne peux pas… accepter. »
Ah, la Candide ! Il ne faut pas tourner comme ça les talons devant son destin, quand la chance toque à votre porte, il faut vite ouvrir ! Cela, Raoul lui ferait comprendre bien assez tôt ; à grand coups de ceinturon s’il le fallait. On ne pouvait pas se permettre d’avoir une femme trop écervelée non plus.

« Mais si, mais si. Ne laissez pas votre maigre condition vous plomber toute votre vie. Vous savez, je ne suis qu’un homme parmi d’autres. Et puis je suis seigneur, je fais ce que je veux, n’ayez pas crainte des ouï dire et des rumeurs, je les ferai taire en arrachant des langues si besoin. Et puis ça nous fera un beau spectacle pour nos noces, ma mie ! »
Le banneret parti dans un grand rire qui sembla interminable. Le chien était évacué péniblement de la pièce avec l’assentiment muet de la pauvre Solenne.

« Ah, ça me requinque. Je nous vois déjà tous deux belle enfant, devant l’autel. Qui prendrais-je comme témoin… Philibert ? »
« Monseigneur, ce serait un honn… »
« Je te demande des suggestions triple andouille ! » réprima sévèrement Opafrouille. « Comme il est marrant avec ses idées ! Vous allez voir comme nous rirons ensemble ma tendre Solenne… » glissa-t-il à sa belle « Nan, Amon de Quat’quart fera l’affaire. Envoie le mander. Avez-vous de la famille à inviter ma douce ? »

Philibert sortit, donna quelques ordres et un cavalier s’en alla par la grande porte de Castelrude en un instant. Et c’est ce cavalier que nous allons suivre à présent, tandis qu’Opafrouille négociait une date avec sa belle.

Car ce serviteur, sur un âne, eu tôt fait de croiser sur sa route un groupe d’homme en arme qui nous intéresse vivement. Ce groupe était mené par une figure inconnue du serviteur, mais que le lecteur perspicace aura bien vite reconnue.

Je vous aide. Il portait un long manteau à capuche qu’on ne lui connaissait pas, mais on retrouvait sa vieille épée rouillée, son bouclier sur lequel était peint le lapin noir sur fond blanc, avec cotice rouge. Un œil avisé remarquerait le couteau à saucisson bien installé à sa ceinture, à côté d’un martinet qui avait dû voir plus de fessiers qu’Atus le vrai. Mais là où la stupeur était à son comble, c’était le visage de cet homme. Hideux, sale, déformé, laid et méchant enfin !

Mais ô combien viril...

Il était de ces hommes dont on ne retrouve les traits que dans les récits sordides, de ces hommes mauvais au sujet desquels nous viennent parfois d’étrange envies. A la fois anti-héros, mais avec ce petit quelque chose. Cette pointe, ce goût subtil, et je ne vous parle pas là de l’odeur de transpiration alléchante. Non, cet homme avait une aura, il dégageait quelque chose qui faisait accélérer le cœur, qui le faisait battre la chamade à tout rompre. Il avait dans ses yeux cette beauté troublante, et ses traits déformés apportaient tous ensemble un apaisement, comme la douceur d’un ours sauvage. Oui, comme un ours aux babines carmines qui finissait de dévorer un vieux chien crevé purulent : on avait envie de le prendre dans ses bras, de le consoler après le repas. Cet homme aux joues poilues, à l’air benêt peut être, cet homme pourtant avait ce je-ne-sais-quoi qui distinguait le damoiseau du prince charmant. Oui, cet homme était comme beau sous sa laideur, si puissant, si fier, si monstrueux même, un échantillon rare, une perle, un diamant au milieu des singes. Oui, les cinq en soient témoins, cet homme était beau !

Telles furent les remarques qui assaillirent l’esprit du serviteur lorsqu’il croisa Ernst, serviteur que l’on disait, il me parait pertinent de le préciser, sodomite à grand col. Ce dernier s’arrêta pour contempler la jolie petite troupe de preux chevalier qu’il trouvait bien mignonne.


« Qu’est-ce tu reluques, sottard ? » demanda le beau garçon à gueule de sanglier cité plus haut.
« Vou.. . Rien monseigneur. Vous allez à Castelrude ?»
« Bah on dirait bien, hein… »
« Et bien, je… dois-je vous annoncer ? »
« Bah qu’on veut bien oui. Va dire à ton maître que Monventeux est là, et que je lui apporte bien des nouvelles… »
« Oui monseigneur ».

Le serviteur s’exécuta, encore sous le charme de la voix rauque et suave d’Ernst.
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Solenne de la Courcelle
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Sam 31 Mar 2012 - 16:33

La jeune demoiselle reprenait lentement son souffle, elle prit à contre cœur une gorgée d’eau qu’elle recracha à nouveau. Les tympans de Solenne bourdonnèrent, son cœur accéléra, son teint habituellement opalin vira au rouge cramoisie. Elle ne savait pas si le seigneur faisait exprès de la chercher… Mais là c’était goutte d’eau qui faisait déborder le vase ! Ybaen n’était certes plus à elle, elle avait certes abandonné ses terres, mais ce n’était certainement pas pour être traité ainsi ! Surtout par un paysan qui avait aucune éducation, aucune connaissance même autant le dire il s’agissait de rien de plus qu’un ignare, le peu qu’il avait et dans lequel il devait se complaire il venait surement de son père. Et même s’il avait réussit par ses propres moyens ce n’était sans pas par son intelligence ou son charisme ! Le visage se plissa dans un grimace immonde qui la défigura, l’homme ne prêtait guère attention à elle, elle parlait à son majordome.
Solenne agrippa sa robe avec force, elle se plissa sous ses doigts dans un froissement sonore on aurait dit qu’elle allait là déchirer.


« Espèce de… goujat ! Je ne vous épouserais pas et je n’épouserais jamais un homme dans votre genre. Vous n’avez aucune espèce d’éducation ! C’est à se demander si vous en avez seulement reçu une. »

Elle se détourna de lui rapide et s’éloigna vers la porte par laquelle elle était entré. Elle courait presque. La demoiselle bouscula d’ailleurs sur son passage un ou deux gens du seigneur auquel elle ne demande pas de l’excuser elle était bien trop énervée.

« Héraclès !!! HERACLES ! »


Hurla la demoiselle, le chien ne répondit pas. Elle voulait partir d’ici et vite. Si elle recroisait le visage du seigneur elle risquait fortement de tenter de l’étrangler, ce ne serait pas très bon pour son image. Sa maigre condition, cet homme ne savait vraiment pas à qui il avait à faire ! Non elle ne ferait pas appelle au sire d’Ivrey, elle s’en sortirait seule. Il ne savait pas à qui il venait de s’attaquer, elle avait certainement bien plus de richesse que lui malgré ses années d’errances. Elle rebâtirait sa famille et léguerait à son fils quelque chose de plus grand elle l’espère qu’Ybaen. Seule ce serait une route semait d’embuche, mais surement pas infaisable.
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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Mer 4 Avr 2012 - 10:28

- Vous venez de la part de qui ?
- Visite de courtoisie…
- Ah…
Le portier était songeur… Qui était ce Courtoisie ? Jacquo, ce paillard sodomite, avait parlé d’un Mévindieu…

- Ouvrez bordel ! Je suis envoyé par Atus le Vrai !
C’était un mensonge, Ernst était là de sa seule volonté ou presque. Mais malgré ça, le portier était toujours bien hésitant. On dérangea le banneret d’Opafrouille pour savoir quelle conduite tenir.

Ce dernier était pourtant déjà bien occupé avec sa future femme. On entendait des éclats de voix ; Opafrouille n’était pas du genre à s’en laisser compter, mais la belle non plus. On misait sur un dénouement tragique et c’est à regret qu’on dû venir interrompre la scène.


- Atus le Vrai ? Il m’envoie qui ? Je suis occupé là… Bah, faite entrer ces gueux. » Hurla-t-il de loin.
- Oui monseigneur"
On entendit plus bas un « tenez-là vous » qu’il devait adresser à ses serviteurs.

Ernst entendit le portier revenir vers lui, mais soudain !

...des bruits de lutte et des hurlements. Bon dieu, que se passait-il là-dedans ?

- A moi ! A moi !
Ernst et sa troupe furent perplexes. Devaient-ils enfoncer la porte ?

Leur inquiétude se ravisa lorsqu’ils identifèrent la source de ce vacarme. Visiblement le portier avait des ennuis et n’arrivait pas à s’en dépêtrer. Mais bon, ce n’était que le portier…

Ainsi rassurés de l’autre côté de la porte, on s’interrogeait, sur fond de hurlements ,sur la qualité de la pitance et du vin qu’on allait leur servir. Finalement, après une trentaine de secondes, le silence revînt et on parvint à leur ouvrir.


- Par la corne d’un Missédeuh, j’ai cru qu’il allait me bouffer !
Ernst entra en premier, martinet à la main. En voyant le portier en sang aux avant-bras, il fronça ses sourcils. Puis en dépassant le pas de la porte, il vit le chien attaché, mauvaise beste qui grognait, prêt à mordre encore. Il continua en prenant soin de l’éviter et vint se planter dans la grande salle qui s’offrait devant lui. Il s’approcha de la grande table qui occupait le milieu de la pièce et leva la tête vers le chahut qu’on entendait venir d’en haut.

- Opafrouille, je dois vous parler annonça-t-il.
On entendit des pas brusques et autoritaires venus d’en haut.


- Et vous êtes qui pour venir comme ça me déranger ? hurla une tête carmine, en rage. Visiblement, il sortait d’une dispute. « Vous avez une bonne raison j’espère ! »
Ernst en était à replacer sa bourse correctement quand il vit la tête d’Opafrouille dépassant d’une rambarde au premier étage.

« Je viens vous faire part de la mort de notre estimé Mercatouille… »
« Mercatouille ? Il est mort… Mais vous êtes qui vous ? »
« Ernst Monventeux »
« Monventeux… Comme Clovs ? Le bannerêt réfléchit, Attend, j’arrive. »
L’homme disparut dans une pièce, gueula encore un bon coup, et en revint quelques instants plus tard en tirant derrière lui une jeune pucelle indocile. « C’est ma future femme » précisa-t-il, « elle est encore un peu sous le coup de l’émotion, ne vous en offusquez pas ». Ernst trouva en effet que la jeune femme n’était pas encore bien au fait des coutumes de la brande. « Allez vient cocotte, ta vie de dame commence maintenant » lui dit brutalement Raoul.

C’était souvent comme ça au début : il fallait parfois ouvrir la voie avec un peu de brutalité en plus d’un bon coup de pendeloche. Parfois, il fallait encore un peu plus. Et parfois même, il fallait la battre jusqu’à ce qu’elle soit par terre à supplier s’en plus même se défendre, et terminer avec ses pieds, pour se ménager, sans quoi on finissait par se faire mal bêtement. Bref, dans la brande, la mariée portait systématiquement un voile, mais pour des raisons variées.

Mais Ernst, à dire vrai, se foutait de la femme d’Opafrouille comme des dernières rumeurs de concubinage qu’on rapportait entre un drow et un Alonneuh. Il était là pour affaire, le conseil de la chistole se réunirait pour étudier les circonstances de la mort de Mercatouille, et il fallait qu’il avance ses pions d’ici là.


Aussi s’apprêtait-il à parler politique alors qu’Opafrouille venait s’installer à la large table avec sa future et deux autres hommes ; il laissa s’intaller deux compagnons d’Ernst et fit envoyer manger les autres plus loin. Alors que les consignes étaient données et qu’on s’apprêtait à nourrir les visiteurs, Ernst commença sa petite affaire.

« Je viens de la part d’Atus le Vrai… »
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Solenne de la Courcelle
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Ven 20 Avr 2012 - 13:01

    Quelle horrible journée ! Solenne ne remettrait sans doute jamais. Qui aurait put dire que dans un endroit aussi perdu que la brande un homme déciderait de faire d’elle, son épouse ? Qu’il oserait simplement inviter la jeune demoiselle, inviter était un bien grand mot, car une invitation peut se refuser. Elle qui était de bien meilleure famille était habituée à un certain standing en matière de château le sire d’Opafrouille n’avait jamais vu un château digne de ce nom, sa demeure n’avait rien d’un château, mais tout d’une vulgaire chaumière quoi qu’il fut quelque plus spacieux. Il était hors de question qu’elle resta dans un pareil endroit, de plus le comportement du sire n’avait rien d’agréable ou de galant, les gens des campagnes isolées était tous aussi peu courtois ? Le seigneur n’avait aucun savoir vivre et sa personne était tout simplement repoussante. La laideur de son visage elle si serait sans doute habituée, mais elle ne lui pardonnerait jamais son manque d’éducation. N’est ce pas à la noblesse des terres de donner l’exemple aux paysans ? Si tous les seigneurs de la brande se comportaient ainsi il était plus que normal que ces terres soient méprisées. Et alors que la jeune demoiselle donnait de la voix avec autant de vigueur que le sire on vient les interrompre.
    Ce visiteur fut le bienvenue pour la jeune demoiselle qui tentait désespérément de fuir l’homme qui s’acharnait à vouloir l’épouser. Bien évidemment on ne la laissa pas faire ! Les gens du sire n’avaient pas l’air d’avoir envie de la laisser partir. Pestant de rage intérieurement la demoiselle jura de se venger, si elle était forcée d’épouser cet homme elle leur ferait payer à tous ! Ils s’en mordraient les doigts !
    La jeune demoiselle continua d’appeler son compagnon à poil qui ne répondait pas, ce n’est pas normal le gros chien réagissait normalement à un simplement claquement de langue de sa part. La bataille reprit de plus belle tandis que l’invitait pénétré dans la demeure du sire, elle ne rêvait que d’en sortir et très vite, le plus vite serait le mieux. Le sire se pencha à nouveau par la fenêtre pour parler avec son invité surprise, si on ne la retenait elle l’aurait poussé dans le vide ! Solenne se battait avec l’acharnement d’un lion et très peu d’élégance sur coup, les émotions l’avait gagné et prit le dessus sur tout moyen de réflexions. Il revient à l’intérieure et la prit par le bras sans aucune délicatesse, cet homme ne savait rien sur la façon de traiter une femme.

    On la traina hors de la pièce contre son gré une fois de plus. La demoiselle montra bien son refus d’obtempérer elle si bien que comme un cheval se moquant de son cavalier elle s’assit sur le sol poussiéreux de façon à ne plus avancer du tout. Bien que simple d’esprit l’un des valets du sire un l’esprit plus vif que son maître et souleva la demoiselle pour la faire descendre sans qu’elle ait à marcher. Le sire demanda à ce qu’on la pose avant qu’ils n’aient rejoint le bonhomme et il la tira montrant bien qu’il n’avait pas l’intention de lui laisser le choix. Il la présenta pour sa future femme, il avait un sacré toupet ! Pour faire polie elle sourit sans conviction à la façon d’un carnassier, ce qui étira son visage dans une drôle de grimace. Et la demoiselle écrasa violemment le pied du sire elle n’était pas prête de se rendre, du moins pas sans se battre !


    « Oh je suis désolée, je suis tellement chamboulée par tant d’émotions que je ne sais plus ou je mets les pieds. »

    Cocotte ? Cet homme mérité le peine de mort, personne ne l’aurait appelé ainsi ! Avait-elle l’air d’une volaille ? Si elle avait du lui donnait un surnom à lui elle lui aurait donné un sobriquet peu flatteur qui allait avec son physique repoussant et son comportement digne d’un gueux ! Il lui ferait certainement payer le fait qu’elle lui avait marchait sur le pied, mais elle s’en moquait cette homme ne vivrait pas assez longtemps pour connaitre son secret. Et elle ne porterait pas de voile pas plus que de robe blanche pour se mariage et pour aucun notre si cela devait se produire ! S’il la frappait elle exhiberait les bleues et ne mentirait pas sur leur provenance.
    Ils s’installèrent à table et la demoiselle ignora son soit disant futur époux ! Elle fixa un mur, s’agrippant solidement à ses jupons pour ne pas frapper le seigneur. Mais quand l’homme fit référence à Aetius elle tourna son regard vers lui avec soudain intérêt pour ce que ce dernier avait à dire.
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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Re: "De la difficulté de trouver femme quand on habite la brande"   Sam 28 Avr 2012 - 15:42

Drôle de godinette, songea Ernst.

Il vit la petite étincelle à l’évocation du nom d’Atus le Vrai, nota ça quelque part dans sa mémoire et se lança dans un long monologue. Son discours sur la géopolitique brandaise ne manquerait pas de passionner tout lecteur. Cependant, pour des raisons évidentes de sécurité, on ne pourrait ici dévoiler les subtilités administratives et diplomatiques qui font de la brande un haut lieu d’intrigues en tout genre dont l’influence indéniable ne connait nulle limite dans l’horizon Miradelphienne.

Tout au plus pourra-t-on résumer qu’un sordide attentat avait été fomenté à Diantra à l’endroit du roi en la présence de l’estimé Comte Atus le Vrai (« estimé ? Moi j’estime qu’il est bon qu’à enfourner de la godinette mal dégauchie dans tous les cloaques puants que compte Bordefente et Pharembourg *crachat par terre* »). Le terrible dessein avait été déjoué par l’habile esprit de Carloman Mercatouille (« Bah pourquoi qu’il a fait ça M’catouille ?») qui avait payé de sa vie cet héroïque sauvetage du roi (« Ah bah faut savoir se mêler que d’son trou du cul comme disait ma grand-mère, si on touche à celui des autres, ça sent toujours mauvaisl ») et avait ainsi acquit une certaine notoriété, ce que Raoul d’Opafrouille eu les plus grandes difficultés à concevoir.

Toujours était-il qu’Ernst, pour des raisons de plus en plus opaques, cherchait à obtenir quelque chose du seigneur de Castelrude. Ils semblaient parler par énigme, et à mesure que la discussion s’animait, elle sombrait dans un patois inaccessible à Solenne « L’tronche de fiente n’puit n’points p’endre les rênes », « J’t’dis qu’chia Grand Plâtre d’M’Catouille Fout’ssinque », « C’ti pas un M’vindieux qu’va m’dire qu’doit faire ! » « T’oublie bin vit’ quel sang coul’ dans m’veine».

L’engueulade copieuse semblait un moyen de communication privilégié par les élites brandaises qui ne manquaient pas d’en faire la promotion. Les voix rauques résonnaient puissamment dans Castelrude et les échanges de provocations d’hommes évoquaient les combats de cerfs.

Et puis survint Clodomir de Parmoitié. Ce petit chevalier raffiné était un de ces fils de la brande élevés à Pharembourg et connaissant les usages de tout gentilhomme. Clodomir faisait près du mètre quatre-vingt, ses mains et ses vêtements bariolés étaient propres, comme son couvre-chef à la mode d’il y a trois ans. Clodomir dans la brande faisait figure de chevalier efféminé et était en privé plus souvent la cible de quolibets que d’éloges. Cependant, il s’était quelque fois rendu utile au banneret d’Opafrouille dans des affaires sensibles avec les hommes du conte. Utile tant et si bien qu’il était devenu indispensable et avait acquis une certaine position dans la hiérarchie brandaise, non sans semer quelques jalousies. Cet homme au fait des comportements civilisés avait des points communs avec l’ami d’Ersnt, Lorenzo, si ce n’est que ce dernier n’avait jamais pu sortir de l’ombre et que de Parmoitié lui était respecté.

Bref, il survînt, ce qui sur le coup ne changea pas grand-chose à la situation. Mais l’homme, voyant une jeune demoiselle attablée avec eux songea qu’il devait s’agir de la future de Raoul dont on parlait dans toute la maisonnée. Ne se souciant guère des histoires d’Ernst, qu’il ne distinguait pas des autres pouilleux brandais, il interrompit tout le monde pour faire ses hommages à la dame avant de s’asseoir avec une politesse exquise.

« Tiens ga’de l’autre, il fait le paon à ta belle ! »

« Monsieur, sachez que noblesse sans politesse n’est que ruine des dames ! » rétorqua Clodomir.

« Ah ! Il t’a cloué le Mévindiou ! Que réponds-tu à ça ? »

Ernst eu un «baaaaah» très dépité.

« Assis toi donc plutôt là gamin, dit Raoul à son vassal en lui indiquant un tabouret entre lui et Solenne, vois donc de plus près ma future ! Modâme della Coursel »

Clodomir s’assit avec une délicatesse qui contrastait avec l’ambiance générale et fut le premier à vraiment porter attention à Solenne. Ernst lui ronchonait dans son coin.

« On se marie dans trois jours. Vous y serez hein ? Même vous là, Mévindiou, vous représenterez le Mercatin. »
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