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 Merval s'en va en Erac

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Cléophas d'Angleroy
Ancien
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Masculin
Nombre de messages : 304
Âge : 32
Date d'inscription : 22/12/2011

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 42 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Merval s'en va en Erac   Mar 17 Avr 2012 - 17:01

    Ne donnez votre sceptre qu’à ceux dont la vie dépend de la vôtre.
    Cela faisait quelques semaines déjà que le Baron avait été nommé Seigneur Justiciaire. Quelques semaines qu’il avait passées en ses terres, afin de les pouvoir ordonner avant que de les quitter pour une durée incertaine. Jusque là ses ordres furent clairs et il délégua ses responsabilités à un homme de grande importance et à qui il accordait une confiance sans limites : Hespérion. Cet homme avait toujours été proche de Cléophas et de son père avant lui. Nul ne savait qui il était vraiment et de lui l’on ne savait pas même d’où il venait. Les rumeurs disaient qu’il fut un étranger rencontré lors des grandes excursions de Corvall, d’autres qu’il fut un marchand d’esclaves et de bien dont la richesse ne fut pas à envier. Ce qui est néanmoins certain est qu’il resta au service de la famille de Corvall dès lors qu’il la rencontra et cela faisait désormais plus de sept lustres qu’il avait arpenté les rues de Merval. Il n’était pas un souterrain qu’il ne connût guère, pas une auberge dont il ne tâtât pas le drap, pas un égout qu’il ne visitât point, pas un puits qu’il ne descendît, pas même une colline qu’il ne gravît. S’il était un homme qui pouvait gouverner la Cité en l’absence du Baron, ce fut bien lui d’autant plus qu’il connaissait les manières des rats qui pouvaient peupler les bas-fonds de la Cité. Le mystère n’a jamais cessé de tourner autour de son personnage et lorsque l’on le voyait dans une rue, l’on le regardait avec crainte plutôt qu’avec déférence. Hespérion ne craignait rien de la foule, encore moins quoique ce fût des princes et vaquait insouciant aux mille occupations qu’il se trouvait ou qui lui furent reléguées. Jusqu’à présent il avait à la cour baronniale le rôle de grand chambellan et de fait supervisait tous les autres offices de la cour de Merval. Il s’était acquis une réputation d’homme intègre et c’est lui qui avait initié le Baron à l’art de tout connaître du monde. Si un mot au nord de Merval était prononcé, Hespérion en était informé la nuit même et l’allait répéter à son seigneur. Cléophas savait qu’il pouvait compter sur lui pour ce qu’il avait servi la famille en maintes façons et qu’il n’avait jamais failli à sa tâche.

    Partir acclamé est la meilleure garantie d’un retour.
    Cléophas avait fait réunir le conseil dans la salle des murmures. Portes et fenêtres closes, tapisseries décrochées et boissons prohibées, les Preux étaient assis, graves, autour de leur seigneur. Cléophas avait à sa droite Hespérion et le chambellan à sa gauche et face à lui se tenait le chef des corporations. Entre Hespérion et le maître des clefs se tenait l’ambassadeur de Merval et face à lui, coincé entre le chambellan et le chef ingénieur était le maître des plumes. Tous écoutaient attentivement le Baron qui leur livrait ses dernières instructions avant son départ.

    « Toutes les demeures et champs situés dans l’enceinte des murailles seront désormais sous la responsabilité de notre Maître des Clefs. En mon absence, il n’est pas une caravane qui ne soit autorisée à entrer dans la cité sans être vérifiée tandis que le Palais demeurera sous haute garde et ne devra aucunement être ouvert à quelque membre étranger aux conseils et à la maison baronniale. Les grands et petits ports ainsi que l’arsenal seront sous la garde du Chef des Corporations qui devra avoir grand cas de la sécurité de nos quais et de la valeur des marchandises y étant déchargées. Je charge le Chef Ingénieur de la supervision des travaux effectués dans la cité et de tous les autres chantiers entrepris en son nom et au nom de Merval. Ambassadeur, je vous donne pour mission d’aller informer chaque comptoir et chaque maison étrangère qui se serait établie en nos terres de mon absence, si le besoin est nécessaire vous vous chargerez des négociations avec les puissances étrangères qui viendraient à nous visiter pour quelque demande que ce soit, fût-elle d’ordre commercial ou diplomatique. L’entretien du palais et de ses dépendances sera à la charge du chambellan et tous les hommes de la maison baronniale dépendront de lui ; sachez que votre autorité n’excèdera pas la muraille palatiale. L’hospice est la seule exception à cet ordre et vous devrez y assister les prêtres dans leur tâche. Le Maître des Plumes se chargera de recueillir ce qui devra l’être dans les bourgs et de les transcrire à ce qu’ils ne soient pas oubliés. Enfin, je vous annonce que le Grand Chambellan gouvernera la Baronnie en mon nom mais ne prendra aucun ordre qui n’ait été validé par ma personne au préalable. Vous dépendrez toujours de son office et il sera seul capable de délivrer des cachets ayant valeur patente. Tels sont mes ordres et je vous ordonne de les observer.»

    Le conseil acquiesça silencieusement et le maître des plumes se chargea de transcrire ses ordres sur un parchemin qui fut scellé de cire pourpre par le Baron lui-même. Les ordres furent précédés d’une formule d’usage et le sceau fut attaché à deux longs lacets de soie, pendant sous la signature de Cléophas. Il se dégagea de son fauteuil massif et il jeta un regard à sa cité. Au loin, il voyait l’océan immense caressé par l’écume, venant lécher les jetées d’albâtre du port. Les tours des dents voyaient passer les navires et les voiles se dressaient par dizaines dans les ports. L’arsenal semblait vivre derrière ses hautes murailles et il semblait qu’il pût sentir du haut de cette pièce inconnue du monde, l’odeur du cumin et de la muscade qui s’élevait en un nuage de poudre colorée depuis les marchés portuaires. Les grandes tours plongeaient la cité dans un halo d’or et d’argent et derrière les vitraux ouvragés le Baron pouvait apercevoir quelques silhouettes étouffant sous les brocarts. Force était de constater que la cité vivait bien que ce jour ait été particulièrement propice aux réjouissances. Le Baron avait choisi de s’en aller en pleines célébrations…il avait offert aux marchands et aux paysans le droit de ne pas rejoindre les champs en ce jour et les portes étaient grandes ouvertes et laissaient passer des gueux, des négociants et d’autres aventuriers qui auraient emprunté la route des marais. Cette dernière aurait sans doute été chargée de caravanes et de cortèges et le chemin s’avérait long mais lorsque Cléophas paru derrière les grilles du Palais, la clameur populaire devint telle que le son des trompettes n’était guère plus retentissant que celui d’un triangle.

    Passés les murs, les hommes sont nus.
    Le cortège eut grand mal à quitter la cité tant les rues de Merval furent encombrées. Le peuple s’était massé pour festoyer et saluer le Baron qui les gratifiait d’un signe de la main depuis son carrosse. La garde était omniprésente dans la ville pour contenir les éventuelles rixes car bien que le Soleil fût haut les tavernes étaient déjà chaudes de duels. Le carrosse baronnial était précédé de vingt hommes montés, dont trois portaient haut les bannières de Merval et d’Angleroy et suivi par autant. Cinq cavaliers formaient un mur opaque de chaque côté de la voiture, dépouillée de beaucoup d’ornements. Leurs armures étaient plutôt simples et se constituaient de harnois ouvragés dont les ciselures représentaient le griffon mervalois tandis que leurs têtes étaient protégées par des morions décorés d’autant de ciselures. A leurs ceintures pendaient des dagues et le fourreau de leurs épées était décoré de plumes de paon, seule tâche de couleur au tableau martial. Les hommes de fer semblaient effrayants et pourtant fascinants sur leurs montures noires comme le jais. La voiture quant à elle n’avait rien d’extravagant, sinon ses fenêtres à croisillons et le velours de ses sièges pour ce qu’elle était une des rares que le Baron n’ait pas faite refaire. Son bois était d’un noir naturel seulement sublimé par quelques couches de vernis et rehaussé du blason de Merval en quelques endroits. Dans sa voiture, le Baron avait fait apporter quelques prunes d’or, déposées dans un bol d’argent. Le cortège quittait les blés et s’enfonçait dans les marais, cette langue de terre trempée par les rivières souterraines et qui se jetait dans la mer en une baie de sables mouvants. Sur la route, l’on apercevait de nombreux marchands transportant leurs tonneaux d’alcool à dos de mules ou laissant leurs caisses de laine dans de larges chariots ; des gueux marchaient et avaient semble-t-il parcouru des lieues entières pour rejoindre la capitale ; et d’autres princes sur leurs palanquins de velours et de plumes et des mercenaires aux mailles couvertes de cuir bouilli, aux armes salies ou rouillées et d’autres individus encore, princes sans terres ou nobles sans or marchant en colonnes, méprisant du regard tous ceux qui croisaient leur chemin. La muraille pharétane était loin et Diantra loin derrière le mur et les terres d’Erac loin derrière la capitale tant et si bien que le Baron ne comptait pas les jours qui le séparaient du Médian, de peur de vouloir rebrousser chemin et rentrer en Merval…ce qui n’aurait pas été plus idiot.
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