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 Les ombres se rencontrent [Croissant d'Argent]

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Vaèn E'thil
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MessageSujet: Les ombres se rencontrent [Croissant d'Argent]   Ven 27 Avr 2012 - 10:35

L'homme observait l'horizon de son regard au gris indolent. Le ciel s'annonçait sympathique, mais loin d'être joyeux. Quelques percées dans les nuages inondaient la plaine de Brevise d'une étonnante clarté jaune.
« Le soleil après la tempête... » marmonna t-il en baissant sa capuche encore humidifiée de la dernière pluie.
L'homme ferma les yeux un moment, inspirant une grande bouffée d'air. Il surplombait la rue, campé en bout de toit là où les tuiles étaient les plus fragiles. Plus bas, l'agitation régnait, plus convaincante que d'ordinaire. Les pas claquaient sèchement sur les pavés et les discussions fusaient facilement jusqu'aux oreilles du vieux voleur. « Pourquoi tous ce monde à une heure pareille ? » se demandait-il. Des festivités peut être ? Ou un simple hasard.

Vaèn s'accroupit, attrapa à deux mains le bord du toit, et se laissa tomber en avant. Puis, d'un geste vif il se rétablit contre la façade, posa son pied sur l'embrasure d'une fenêtre, sauta à nouveau pour venir s'accrocher sur la rambarde d'un balcon de pierre. Quelques mètres plus bas, il posait pieds au sol, replaçant sa capuche sur son visage et plongeait dans la foule. Tout s'accéléra.

D'une main rapide, il tâta l'intérieur de sa cape pour vérifier la présence de sa lame, de l'autre il attrapait sa première bourse qui pendait négligemment sur la hanche d'un homme. Il plaça son gain dans une première poche, bientôt rejointe par une autre, puis une troisième. Il se déplaçait souplement au milieu de ce désordre, les épaules voutées, traversant cette marée humaine de ses mains baladeuses. Il déficelait les attaches, adressait des sourires, et disparaissait avant même que l'on ne remarque sa présence. Cependant, le voleur évita un homme où la garde d'une épée dépassait avec sobriété de sa ceinture, et celui d'un riche bourgeois accompagné de deux gardes du corps. Il pouvait gagner gros, certes, mais cela engageait des risques inutiles.

Une fois sa récolte terminée, Vaén se retira de l'artère principale pour gagner une ruelle menant vers des quartiers moins attachants. Quelques regards en arrière pour s'assurer que personne ne le suivait, il passa une porte d'une maison abandonnée pour sortir de l'autre côté. Entre temps il avait repoussé sa cape et abordait un sourire sympathique. Il était passé inaperçus. Apriori.
D'une démarche plus tranquille, feintant de se balader, le vieil homme traversait la rue emplis d'étalages et d'ouvriers. 

« Bonjour à vous belle demoiselle ! » Lança t-il en croisant une femme au tablier brun, un panier de linges sous le bras. Visiblement son caractère de séducteur ne le quittera jamais !
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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Re: Les ombres se rencontrent [Croissant d'Argent]   Mar 1 Mai 2012 - 17:53

Valbon bailla à s’en décrocher la mâchoire. Après s’être longuement frotté les yeux, il s’étira de tout son long avant de faire quelques pas pour se dégourdir les jambes. Jetant un rapide coup d’œil sur la petite chaise inconfortable sur laquelle il avait passé la nuit, il se retint à grand peine de lui donner un coup de pied rageur. Néra seule savait à quel point il pouvait détester ces fichues missions de repérage. Après une petite seconde de réflexion, il se dit que, finalement, Néra n’était peut-être pas la seule à savoir qu’il ne supportait pas ça. L’étrange sourire qui flottait sur les lèvres de Tinfar lorsque ce dernier lui avait donné l’ordre de surveiller la demeure des Baldas lui revint en mémoire. Malgré l’estime qu’il portait à celui qui avait fondé le Croissant d’Argent, Valbon n’était pas encore toujours à son aise en face du sorcier. Il donnait toujours l’impression d’en savoir plus long que quiconque et seuls les Cinq savaient ce que ses pouvoirs lui permettaient de lire dans la psyché des gens.
Chassant ces idées de son esprit, le voleur se concentra plutôt sur les notes qu’il avait prises. Déroulant le codex sur lequel s’étalaient ses observations, il vérifia qu’il n’avait rien oublié. Les allées et venues des membres de la maisonnée ; la disposition des pièces par rapport à la cour centrale ; les heures où on avait soufflé les chandelles ; les fenêtres laissées ouvertes pour profiter des premières chaleurs du printemps… Voyant que tout semblait en ordre, Valbon rangea les parchemins sous sa tunique et, par acquis de conscience, jeta un dernier coup d’œil par l’étroite fenêtre de la mansarde.
Pour l’heure, seules les cuisines de la demeure Baldas étaient éclairées. Le maître de ces lieux n’était visiblement pas un adepte des réveils matinaux.

Alors qu’il allait se détourner et quitter la pièce, un étrange manège attira le regard du voleur : sur un toit proche, la silhouette d’un individu encapuchonné s’était découpée dans l’aube naissante. La seconde suivante, elle avait disparu sur une ultime pirouette. A son corps défendant, Valbon se réinstalla sur sa chaise et observa l’étrange personnage évoluer au sein de la foule.
Voyant ce qui se tramait, le voleur ne put réprimer un sourire. A coup sûr, l’homme était doué. Ses victimes ne s’apercevraient de rien avant de vouloir sortir leurs bourses.
Obéissant à une impulsion, Valbon quitta la pièce et, dévalant les marches quatre à quatre, sortit dans la rue où il eut à peine le temps de repérer la cape de l’homme alors qu’il disparaissait par la porte d’une maison abandonnée. Plutôt que de se lancer à la poursuite d’une ombre, le voleur misa sur sa chance et, fort de sa connaissance du quartier, coupa au plus court pour se rendre aussi vite que possible sur la place Baleyrant. Si sa proverbiale chance ne l’avait pas abandonné, c’était là qu’il aurait le plus de chance de retrouver sa cible.

* * *

Valbon s’était adossé au mur d’une maison modeste. Encore essoufflé, il attendait de repérer l’inconnu. Avec sa peau hâlée, ses cheveux sombres et les vêtements gris qu’il portait, il était presque invisible dans la pénombre que le soleil du matin peinait à chasser. Les mains croisées sur son torse, il scrutait les passants à la recherche de la silhouette qui l’avait menée jusqu’ici.
Il n’était arrivé que quelques minutes plus tôt et commençait vraiment à craindre d’avoir trop tardé lorsqu’enfin un éclat de rire attira son attention. A l'autre bout de la place, une jeune lavandière, son panier au côté, venait de gentiment repousser un homme tout en lui adressant un sourire enjôleur. Reconnaissant son homme, Valbon quitta son mur et se dirigea vers l’inconnu.
Sitôt qu’il fut à proximité, il applaudit lentement des deux mains jusqu’à ce que l’homme daigne lui accorder son attention.


- Bravo l’ami, vous avez fait preuve d’une sacrée dextérité plus tôt dans la matinée. J’ose espérer que la pêche a été bonne. Enfin… je pense que nous nous comprenons. Sans attendre de réponse, Valbon esquissa une légère courbette en direction de la jeune femme et poursuivit : Mais je m’en voudrais de vous interrompre. Vous avez probablement mieux à faire que parler boutique avec un confrère pêcheur quand vous vous trouvez avec une si ravissante personne.

Inclinant la tête une nouvelle fois, Valbon esquissa un dernier sourire d’excuse et se tourna pour partir. Après avoir fait quelques pas, il s’arrêta néanmoins et, sans même se retourner, ajouta :


- Si, toutefois, vous souhaitiez en apprendre plus long sur les meilleurs coins de pêche de la région, j’ai quelques achats à faire ici même. Si le cœur vous en dit, venez donc me trouver.

Après un dernier petit geste de la main par-dessus son épaule, le voleur se dirigea vers un étal proposant du pain frais.
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Vaèn E'thil
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MessageSujet: Re: Les ombres se rencontrent [Croissant d'Argent]   Mer 2 Mai 2012 - 15:45

Son sourire ne le quittait jamais. Quelques fois amical, de temps en temps une simple commodité, mais le plus souvent serein. Le vieux voleur semblait constamment porter une incommensurable confiance en lui, comme s'il restait maître de la moindre situation. Même quand un gars, à l'apparence très typée, criait dans une pleine rue qu'il l'avait surpris entrain de voler les passants quelques instants avant.
Dans ce genre de cas, un coup de dague entre les côtes, tout ce qui il y a de plus discret, suffirait à faire taire cet incongru. Mais depuis de nombreuses années déjà, le vieil homme s'était résolu à suffire cet égoïsme. Pour lui, assassiner autrui ne servait qu'à se sentir vivant, parfois supérieur. Briser tant de rêves d'une simple frappe. Quel égoïsme.

- Voyez-vous charmante demoiselle, je ne semble pas le seul à vous considérez comme une belle femme, déclara t-il à sa compagne d'un sourire tandis que son regard restait fiché sur le dos de l'homme.

Tout en poursuivant sa discutions avec la dame de ménage, Vaèn réfléchissait aux propos de l'étranger. Il n'y avait pas à psalmodier là-dessus, ce type était également un voleur. Ce dernier l'avait vu exercer son art au milieu de la foule pour ensuite le suivre sur une centaine de mètres sans qu(il ne le remarque. Il fallait avoir un certain talent de filature pour suivre ainsi le vieil homme. Il était voleur, certes, mais cela n'en faisait pas un confrère pour autant.

- Des émeutes en ville vous dites ? Poursuivit-il tandis que sa partenaire s'exclamait en employant le timbre fort des ménagères.

Pendant qu'elle lui parlait d'une bagarre dans la taverne du Corbeau Rouge qui avait dégénéré jusqu'à l'intervention de la milice, Vaèn suivait du regard l'homme en gris.
Partout, on retrouvait toujours plusieurs types de voleurs. Du malfrat de campagne qui sévit pour gagner sa vie, parfois jusqu'à trancher une gorge ou violer une fermière, à l'assassin arrogant et égoïste, jusqu'au voleur qui respecte autrui et considère son art au même titre que celui d'un peintre ou d'un musicien. Autant dire qu'il n'avait de considération que pour le dernier. Il se languissait de ses talents et prenait plaisir à se lever chaque matin.

Toujours à observer l'homme, le vieux voleur finit par découvrir les quelques armes cachées dans les plis insondables de ses vêtements, suivis de gestes furtifs et travaillés qui trahirent l'homme.
Vaèn sourit. Cela l'amusait plus qu'il ne l'aurait pensé qu'un "autre" vienne le voir si simplement, malgré les manières brouillonnes dont il l'avait accaparé. Il se rappelait encore de sa dernière altercation avec un groupe de voleurs, où il avait été obligé de fuir dans les égouts pour ne pas finir la gorge tranchée. Depuis, Vaèn ne portait pas une grande foi dans les confréries et les guildes, malgré les multiples propositions qu'on lui avait fourgué tout au long de sa carrière. Il fallait avouer que ses talents n'étaient plus à vanter, mais il chérissait beaucoup la discrétion et les secrets dont il aimait s'entourer.

D'un geste tendre sur le bras de la femme, il salua galamment cette denière avant de se rapprocher de l'homme en gris. De sa main droite, il tâta le fond de sa poche pour en retirer une poignée de piécettes pour se procurer une miche de pain.

- Bonjour à vous ! Jeta t-il au boulanger tout en venant se placer à côté du voleur. Beau temps n'es-ce pas ?

Tandis qu'il posait le cuivre sur le comptoir, il dévisagea l'homme qui se tenait à sa gauche.

- Un soleil ravissant non ? Un temps pour pêcher sans la moindre canne, ou peut être avec plus de subtilité. Puis d'un murmure il lui rajouta à l'oreille : quand un peintre fait un tableau, il utilise bien plus qu'un simple pinceau. Dans mon domaine, on agit avec plus de considération, petit. Et d'une voix forte, il s'exclama : d'ailleurs, on a jamais vu un boulanger crier que son pain était brûlé, n'es-ce pas patron ?

Le vieil homme adressa un clin d’œil à son partenaire tandis que le commerçant lui servait sa briffe en riant à gorge déployée.
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Tinfar Solinar
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MessageSujet: Re: Les ombres se rencontrent [Croissant d'Argent]   Mer 6 Juin 2012 - 6:42

Valbon haussa un sourcil à l’attention du vieil homme avant de reporter son attention sur l’étal du boulanger. Sans plus donner l’impression de s’intéresser à son interlocuteur, il se tapota le menton de l’index et laissa son regard vagabonder sur les mets exposés. Avisant une pile de brioches saupoudrées de perles de sucre, délicatement gonflées et cuites juste à point, le voleur laissa échapper un claquement de langue appréciateur tandis que sur ses lèvres se dessinait un sourire gourmand. Glissant une main sous son pourpoint, il sortit quelques pièces et se servit sans autre forme de procès.
Après avoir englouti une belle part de son achat, il sourit au boulanger et se tourna vers l’homme qu’il avait suivi. Sa moitié de brioche dans une main, des miettes au coin de sa bouche, il l’observa de la tête aux pieds avant de lui répondre :

- Très honnêtement, vieil homme, je me fous pas mal de vos histoires de pinceaux. Se fourrant le restant de brioche dans la bouche, il l’avala rapidement avant de se lécher le bout des doigts. Satisfait, il chassa les miettes qui maculaient son pourpoint d’un geste dédaigneux. Rassasié, il reprit sa démonstration en embrassant toute la place d’un ample geste du bras : Quant à la considération à laquelle vous faites référence, je ne vois même pas de quoi vous voulez parler. Regardez donc ces gens !

De là où ils se tenaient, Valbon et Vaèn pouvaient voir presque toute la place. Dans leur dos, le boulanger vantait les mérites de son pain. Les mains de part et d’autre de sa bouche il haranguait la foule, l’invitant à venir goûter ses merveilles pour un prix modique. Plus loin sur leur gauche, une vieille femme vendait quelques herbes sauvages et légumes de son jardin. Près de là, installée à même le sol, toute sa maigre marchandise posée sur une couverture élimée, une femme entre deux âges présentait des onguents et des potions à des passants indifférents. Malgré les cris qu’elle leur lançait bien peu prenaient la peine de se retourner.
Sur toute la longueur de la place, les étals se succédaient sans aucune logique apparente, sinon celle du premier arrivé premier installé. S’y côtoyaient de modestes marchands, d’habiles artisans et toute une foule bigarrée de bateleurs qui ajoutaient à la confusion de la cité marchande. Cette modeste place du troisième quartier de Langehack offrait à qui voulait le voir un aperçu pittoresque de la cité dans son ensemble.
Prenant la foule à témoin, Valbon expliqua le fond de sa pensée.


- Vous pourriez leur crier qui vous êtes et ce que vous faites, ces gens n’en auraient rien à faire. Absolument rien. La majorité d’entre eux ne vous écouterait même pas, quant aux autres ? Ils vous prendraient simplement pour un fou. Vous voulez savoir pourquoi ? Avant de répondre, Valbon fit un large sourire à son interlocuteur, écarta les bras et tourna lentement sur lui-même comme pour laisser à Vaèn le temps d’admirer sa tenue. Nous ne ressemblons pas à l’idée que ces braves gens se font de nous. Nous sommes trop bien mis, trop souriant et nous nous montrons en plein jour. Comment pourrions-nous, sérieusement, être de ces démons tout de noir vêtus qui se déplacent comme des ombres à la faveur de la nuit et tranchent les gorges d’enfants innocents ? Non mon ami, tous ces gens ne sont pas prêts à voir un voleur apparaitre au milieu d’eux. Ils ont d’autres soucis en tête pour l’instant.

Glissant ses mains dans sa ceinture, Vallbon s’adossa au muret d’un modeste jardin et attendit patiemment la réponse de son interlocuteur.
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