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 Le verre de trop

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Fjama
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MessageSujet: Re: Le verre de trop   Ven 27 Juil 2012 - 13:43

Le palais des délices était ce genre d’endroit où la passe vous coûtait un bras. Même si les pratiques tarifiées étaient d’une qualité et diversité à faire pâlir d’envie un bordel drow – ou un temple d’Isten, ce qui revient au même – on n’imaginait pas aisément le marin quidam venir soulager ses mois de mer dans un décor aussi grandiloquent. Après la façade déversant des lourdes grappes de glycines odorantes, la petite troupe gagna le hall d’entrée. Le premier à s’approcher d’eux fut un jeune homme, probablement un demi-elfe, au corps oint d’une huile pailletée d’or. L’éphèbe, fier de son corps hâlé, n’hésitait pas à jouer de sa plastique pour attirer le regard des deux dames accompagnants la vipère. Avouons que la fraicheur insolente du produit avait quelques vertus à mouiller les dessous de demoiselles en goguette, et même de drow aux mœurs plus légères et habitués à ce genre de démonstration. A la demande de Salyä, il eut une petite moue un peu surjouée avant de déclarer.

- Nullement. La Maîtresse cherche donc un esclave particulier ? Peut-être pourrait-elle m’en parler pendant que je m’occupe de la délasser d’une si longue journée ?

Il s’inclina légèrement et désigna d’un geste doux plusieurs divans dans une alcôve de la pièce.

- Mais je vous en prie, venez prendre place.

Le bougre connaissait son travail sur le bout des doigts. Sa voix se modulait entre notes traînantes et suaves sans équivoques et une pointe de rébellion. Bref, pour les spécialistes de ce genre d’endroit, son rôle était celui de l’esclave servile que le maître devait dresser.

Fjama ne disait pas grand-chose depuis tout à l’heure, dans un état second. Comme la sombre, elle avait risqué quelques gorgées du château Quiquempoix. Un sourire extatique se glissait parfois sur ses lèvres. Plus de sensations de manque, plus de malaise, les deux femmes, parfaitement détendues, gardaient plein contrôle sur elles-mêmes. Hormis la sensation de plénitude et d’ivresse légère et joyeuse, elles étaient en pleine forme. La fatigue avait été reléguée très loin aux oubliettes. Aussi, à l’invite du demi-elfe, l’almée, sans plus tergiverser, alla s’installer sur les confortables canapés. De soieries bordeaux avec mille et une arabesques brodées, le moelleux de l’assise réclamait à son occupant de s’y lover sans tarder. Ne se faisant pas prier, Fjama commanda à une serveuse, une petite humaine, du vin rouge de l’an 999, une bonne année au tarif plus qu’abordable généralement.

Pour tenter de convaincre les deux membres restant, le demi-elfe étala un sourire charmant, un peu emprunté.

- Si les services que vous désirez sont d’ordre professionnel, je crains qu’il ne vous faille patienter une petite heure. La patronne ne saurait se montrer avant la tombée de la nuit. Elle tient à ce que ses clients jouissent d’un certain anonymat et vous ne trouverez personne ici qui brisa cette règle de silence. Elle seule peut décider de la lever. Aussi, je vous en prie, prenez place et profitez de nos délices.

Une nouvelle fois, avec une insistance polie, il désigna l’alcôve où Fjama avait pris place. Naturellement, si quelqu’un décidait de faire le pied de grue à l’entrée pour attendre l’arrivée de la patronne ou se montrer trop insistant dans sa recherche d’informations auprès des filles et des garçons là pour le bon plaisir des clients, quelques vigiles, jusqu’à présent discrets, se feront un plaisir de jeter dehors. Dans ce genre de commerce, surtout aussi coûteux, la sécurité était de qualité et on ne badinait pas avec l’ambiance. Toutefois, si les compagnons de la danseuse avaient deux sous de jugeote, ils auraient tôt fait de venir la rejoindre pour profiter du cadre.

Une fois la chose faite, la serveuse leur apportera les consommations désirées. Le coté « délices suaves » leur sera par contre éviter s’ils n’y montrent pas grand intérêt. A présent confortablement installés, ils avaient enfin le loisir de discuter calmement. Ce fut Fjama qui ouvrit le sujet.

- J’ai constaté que les effets négatifs du vin pouvaient être contrecarrés en buvant quelques gorgées. Après un moment de flottement proche d’un orgasme, je me sens parfaitement bien. Mon agressivité et mon agacement m’ont abandonné et mon esprit est clair. Très honnêtement, je me sens même tellement bien que je pourrais sans doute me battre contre une centaine de gobelins sans ressentir le moindre effet de fatigue.

Après une gorgée de vin, elle reprit.

- Quelque chose d’autre me chiffonne. J’ai peine à croire que Di Bianco s’empoisonne lui-même avec son vin. Puis, vu sa piaule, il ne semble pas avoir l’attirail nécessaire pour créer un poison ou une drogue. Vous pensez qu’il est possible qu’il soit un… intermédiaire ?

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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Le verre de trop   Sam 28 Juil 2012 - 20:36

Vincente haussa les épaules face à la répartie de la drow, si celle-ci voulait faire mumuse avec son couteau et bien soit. Au moins la donneuse de leçon était dotée d’arguments convainquant et le mage se dit qu’au moins pour cette galère là, il n’était pas en si mauvaise compagnie ne serait-ce que d’un point de vue purement physique. Il faut dire que d’habitude ses comparses d’infortune possédaient généralement une sale trogne et puaient le bœuf. Aussi amusé qu’exaspéré par l’éternel complainte des non-humains : Force blablabla...expérience blablabla...immortalité blablabla...le pirate se contenta de souffler nonchalamment :

" Ahhh, ces drows et leur petit caractère. "

Voyant la bourse lui filait entre les pieds et entre les doigts par la même occasion, le pirate hésita un instant et puis joua finalement les résignés, pensant que la petite en aurait surement plus besoin que lui. Cette réaction ne lui était pas du tout familier mais pour l’instant le vicomte était trop obnubilé par le loustic qu’il cherchait pour vraiment prendre en compte les quelques piécettes.

***

Manolesti n’était venu qu’à l’occasion dans cet établissement mais il fut surpris qu’un lupanar de cette " classe " soit aussi déserté même à cette heure-ci. Après tout, Thaar ne dormait jamais et même si elle donnait parfois cette impression, cela était seulement dû par les rues désertées aux heures les plus chaudes de la journée. Ma foi, cette quiétude relative ne tombait pas plus mal, au moins on pourrait discuter tranquillement avec la maitresse des lieux. Mais deux désagréments virent à se mettre sur leur route. Le premier était visuel en la personne du mignon qui les reçu. Si l’éphèbe pouvait produire son petit effet sur la gente féminine et autres gitons, le pirate ne voyait en ce golden-boy (ouais, facile) qu’une tête à claques aux manières sirupeuses. Le deuxième désagrément fut vocal, lorsque le minet apprit à notre groupe que la patronne ne serait présente avant une bonne heure. Cela n’était pas de chance et spécialement dans ces circonstances, car cela n’aurait pas posé de problèmes habituellement à notre pirate pour savoir comment tuer une heure dans un bordel mais vu la situation.

Ne voyant pas l’intérêt de faire un esclandre mais asticoté par l’instance du serviteur, le pirate lança un regard au jeune homme qui en disait long sur ses intentions-cela comprenait de la brutalité et du sang voire une lame rouillé-et il rejoignit la danseuse pour se laisser tomber sur les canapés. Les bras reposant sur le dos du canapé, une jambe s’agitant nerveusement tel un ressort, l’homme au chapeau Balayait la salle des yeux effaçant les jeunes garçons de la salle pour ne plus qu’apercevoir les créatures émoustillantes de cette maison des plaisirs. Rejetant la tête en arrière pour fixer le plafond de l’alcôve, le pirate délaissa le vin pour écouter la demie qui exposait ses observations. Sans doute que le manque mettait à rude épreuve la patience du pirate mais ce dernier répondit d’un ton cynique voire cassant :

" Discours typique du drogué. Ma chérie tu viens de parfaitement décrire les sensations qu’un alcoolique ou qu’un drogué ressent lorsqu’il prend sa came. Que se passera-t-il lorsque tu vas dégriser ? Tu comptes bidonnerais ce truc toute ta vie ? Tu ne sais même pas où t’en procurer. Étant donné que je suis le seul à ne pas avoir repris de ce " nectar ", nous allons pouvoir observer avec le temps qui réussira à s’en sortir le mieux. Maintenant concernant Di Bianco, que sait-on vraiment de l’homme ? Tu penses vraiment qu’il ne s’empoisonnerait pas lui-même ? Il peut très bien avoir succombé à sa propre médecine et il est désormais incapable de s’en passer. De plus la chambrette ne prouve rien, ce dernier possède peut-être un laboratoire quelque part ici ou à Langehack… "

Si le discours était à ses débuts courroucé, au fil des paroles, celui devint plus neutre, comme-ci le pirate se perdait dans ses propres pensées qu’il énonçait à haute voix; d’ailleurs Vincente qui regardait de nouveau la salle avait les yeux dans le vide.

" …Mais tu a raison, Di Bianco peut très bien s’avérer être un intermédiaire, il en possède le profil. Sur un bon de livraison j’ai remarqué qu’un certain A.T.-surement notre ami Arbak Tarik-devait fournir à Di Bianco une quinzaine de bouteille. Qui sait, peut-être est-il l’homme que nous cherchons réellement. " Comme si son discours lui était complètement sorti de la tête, Vincente se remettant à fixer le plafond, effectua d’un air détaché une transition radicale. " On se commande une fille ? "


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Salyä Ivilth
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MessageSujet: Re: Le verre de trop   Dim 29 Juil 2012 - 13:59

Il n'existait guère meilleur accueil que celui-ci qu'offrait le demi-elfe à la plastique si tentatrice pour les sens en éveils de la drow. Son regard le parcourut de bas en haut d'un air appréciateur. L'endroit savait choisir ses employés avec discernement et elle se sentait d'humeur à alléger quelque peu sa bourse. Et éventuellement les siennes.
Bon, il ne savait rien sur Di Bianco, mais honnêtement, là, tout de suite, elle avait un peu oublié le pourquoi du comment de sa visite. Elle fit de même que Fjama et se laissa guider par les indications du demi-elfe pour gagner une alcôve moelleuse. Mais même les sofas moelleux restait peu à son appétit qui s'éveillait lentement et s'étirait dans son crâne, comme le chat qui prépare son coussin à coup de pattes avant de s'y allonger.

Alors qu'ils étaient tous installé elle retint le demi-elfe et lui glissa quelques mots à l'oreille. Il acquiesça silencieusement et s'éloigna. Salyä elle, se contenta de retirer sa veste matelassé et de la laisser choir au sol, accompagné de tintements métalliques qui renseignèrent les présents sur partie de l'arsenal de la drow. Mais nul doute qu'elle gardait le strict vital sur elle, bottes et ceintures offraient bien assez de cachette.
Lorsque le demi-elfe revint, tenant une petite carafe d'huile, il l'invita à s'allonger sur un matelas juste à côté. Elle se défit de sa chemise, sans se soucier de ce qu'elle révélait, et alla s'allonger à l'emplacement qu'on lui désignait. Le demi-elfe se mit au travail et elle sentit les doigts agiles presser et détendre les muscles de ses épaules. Pendant ce temps, Fjama et Vincente avait commencé à deviser. La première parlait des effets du vin, qui semblaient s'estomper, en termes éloquents.

-Faut pas se contenter d'être proche, chérie.

Subtilité et élégance était les maîtres mots de la drow en cet instant et cette remarque s'était faite avec toute leur absence qu'il lui était possible de déployer. Vincente s'en mêla ensuite en rappelant à Fjama, et Salyä par la même occasion, ce qu'impliquait le fait d'être drogué. Elle le savait parfaitement et n'avait encore jamais rencontré substance que des flots de sang versés ne suffisaient pas à faire oublier.
Mais, se dit-elle en regardant la bouteille qui traînait sur la table, celle-ci pourrait bien être la première.
Ils reparlèrent de leur petite enquête, il commençait à envisager que Di Bianco ne soit finalement pas la finalité de tout ceci. Le fameux fournisseur et créancier semblait désormais une bien meilleure source de renseignement.

-On aura qu'à demander à la patronne, peut-être qu'elle le connaît s'il vend des bouteilles. Ou que Di Bianco lui en aura touché quelques mots. De toute façon, maintenant qu'on est là, on va pas partir avant d'avoir pus s'entretenir avec la seule ici capable de nous renseigner. Et puis si on pouvait rester là quelques heures de plus...

La proposition suivante arriva comme un poil de barbe nain dans une chope de bière, et Salyä dut se surpasser pour réussir à conserver l'élégance de cette réplique dans sa réponse. Non bon en vrai elle a pas réfléchis plus de deux secondes.

-Une seule ?

Oui, elle était d'humeur joyeuse et se fit servir un nouveau verre de château Quiquempoix par le demi-elfe. Elle resta immobile, à savourer le massage les yeux mi-clos. Mais pendant ce temps elle continuait de réfléchir à ce qu'ils pouvaient bien chercher, et surtout où le chercher. Jusqu'à maintenant ils s'étaient contentés de suivre la piste de Di Bianco. Mais il n'était sans doute pas le seul dans son cas.

-Rien ne nous dit que Di Bianco était le seul à vendre ce vin, on pourrait chercher d'autres fournisseurs qui n'auraient pas disparus eux. On pourrait peut-être mieux comprendre ce qui nous arrive. Puis on attirera peut-être moins l'attention en se dispersant de la sorte.
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