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 Les jeux d'Isten et d'Arcam

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Elystrel
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MessageSujet: Les jeux d'Isten et d'Arcam   Jeu 10 Mai 2012 - 1:59

Début Barkios, an 6 du 11ème cycle
Thaar, temple d’Arcam local
Elystrel paressait, avachi sur une montagne de coussins de tissus chatoyants. Cistre et cimeterres à portée de main, il rêvassait pendant qu’une novice s’occupait agréablement de glisser entre ses lèvres des grenats rouges gorgées de jus. D’un coup de langue, il les écrasait avant de réclamer d’un sourire la suite de sa pitance. Parés de khôl, ses yeux mordorés luisaient d’une certaine satisfaction. Uniquement vêtu d’un pantalon ample en lin noir, rehaussé de quelques broderies en fils d’or, ses bras s’ornaient d’un fourmillement de bracelets sertis de pierres plus ou moins précieuses. Ses longs cheveux d’ébène cascadaient librement sur ses épaules et le long de son dos. Le contraste des couleurs rendait sa peau de cendre presque marmoréenne. S’il n’y avait le nonchalant mouvement de ses muscles déliés lorsqu’il égrenait une suave caresse à sa suivante gémissante, il aurait été aisé de le confondre avec l’une des statues à la gloire de Son Maître. Alors qu’arrivaient dans ce lieu saint deux drows qu’il avait mandé d’une bien curieuse manière – une insistante mélodie chuchotée à leurs oreilles depuis leur arrivée en ville – le barde conta en apparence pour les quelques adeptes présents.

Voici ici l’histoire d’un paysan qui vit sa femme s’en aller au bois en compagnie de son amant. Presque aussitôt, il délaissa bêche et champ pour se mettre à poursuite de sa belle. Lorsqu’il aperçut le cocu, le galant, courageusement, glissa quelques baisers sur la gorge de la dame et s’enfuit dans les bois. Il s’y cacha si bien que le cocu bredouille revient vers son épouse. Furieux, bons nombres d’insultes fleuris et autres petites noms injurieux s’abattirent sur l’indolente. Feignant l’innocence, celle-ci lui demanda pourquoi lui parlait-il ainsi ? Et son mari de lui répondre qu’il avait vu son galant, qui le couvrait de honte et d’infamie, aller avec elle vers la forêt.


Mimant à grand renfort de battement de cils la femme en « détresse », il plaça une main papillon sur son corsage imaginaire d’un air contrit et soucieux.

- Seigneur, dit-elle, de grâce, pour l’Amour de Néera, dites-moi la vérité ! Avez-vous cru voir un homme aller avec moi ? Ne me le cachez pas, je vous en prie !
Reprenant un ton viril et bourru, il singea à nouveau le cornu époux.

- Je l’ai vu ! Oui, je l’ai vu entrer dans les bois !

Feignant de défaillir, il reprit d’une voix féminine à demi-paniquée.

- Malheureuse ! Je suis morte ! Ou je mourrai demain, si ce n’est aujourd’hui ! Il est arrivé la même chose à ma grand-mère et ma mère : J’en ai été témoin. Peu de temps avant leur mort, il fut de notoriété publique qu’un jeune homme les accompagnait, alors qu’il n’y avait personne avec elles ! Maintenant, je sais que ma fin est proche ! Faites venir, Seigneur, tous mes cousins que nous partagions nos biens. Je n’ose rester plus longtemps dans le monde : Avec tout ce qui m’appartient, je me retirerai auprès des adeptes de Tyra.
Il retourna au ton du conteur, puis celui du mari.

En entendant cela, le paysan cria grâce.

- Arrêtez mon amie ! Ne m’abandonnez point ainsi ! Tout ce que j’ai vu était mensonge !

Détournant le visage qu’il cacha d’une main tout en risquant des coups d’œil à travers deux doigts écartés, il enchaîna avec le ton de la femme.

- Oh, non, je n’ose demeurer davantage car je dois songer au salut de mon âme. Mais surtout, à cause de l’action honteuse que vous m’avez publiquement imputée, il me sera toujours reproché de m’être mal conduite. Si vous ne jurez pas sous serment, en présence de nos parents, que vous n’avez pas vu d’homme avec moi, je ne saurai être rassurée sur mon sort et rester auprès de vous. Jurez devant les Cinq que vous ne l’avez vu, promettez que plus jamais vous n’en soufflerez mot et que jamais ne vous m’en ferez reproche et, peut-être, mon cœur se tranquillisera.

Là-dessus, le mari convoqua parents et amis et, au sein d’un temple de Néera, il jura ce qu’elle avait demandé et bien d’avantage.
Parcourant la salle de son regard aveugle, il interrogea son public d’un ton presque suave.

- Connaissez-vous le proverbe lié à cette histoire ?

Dans l’assemblée, certains prêtres, les plus accomplis, s’accordèrent vite à parler de la bénédiction d’Arcam sur les femmes leur assurant un don inné pour la ruse, le mensonge et la tromperie. Elystrel acquiesça d’un léger mouvement du chef, sans en paraître particulièrement convaincu. D’un revers de la main autoritaire, il congédia la plupart des gens et fit alors signe aux prêtres ayant conduits les deux membres du clergé d’Isten de les faire avancer et confortablement installer. Passant très naturellement dans la langue des sombres, en espérant toutefois que les deux elfes noirs aient eu assez de connaissance du commun pour apprécier le conte précédent – l’une venant de Sol’dorn et l’autre ayant à traiter avec des esclaves, cela devrait au moins leur permettre de saisir le sens global -, il leur demanda.

- Que dirait Isten Okhras'Gaath au sujet de cette fable humaine ?

[HRP : Fable de Marie de France)
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Akor'vyr Rilynval
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MessageSujet: Re: Les jeux d'Isten et d'Arcam   Sam 12 Mai 2012 - 15:20

Arrivé à Thaar depuis peu de temps pour certaines affaires religieuses, Akor'vyr entendit l'étrange appel du barde : une mélodie envoûtante qui trottait dans la tête avec insistance et dont on ne pouvait aucunement se débarrasser. Il se rendit donc aussitôt sur les lieux d'où ce chant provenait. Une fois qu'il y eut pénétré, il observa le barde. C'était à ses yeux un individu bien singulier. En ce qui concernait l'apparence, il était plus ou moins tout l'inverse du haut-prêtre : pâle là où le Drow est sombre et vice-versa. Il se demandait s'ils étaient tout aussi opposés de caractère. Sans doute pas autant que cela, à en juger par la belle... Assurément, le barde avait du goût !

D'ailleurs, en parlant de belle, ne lui avait-on réservé aucune beauté ? Aucune courtisane, rien ? Oh, que c'était rude... Quelle indélicatesse ! Il s'était attendu à un bien meilleur accueil ! Non, vraiment, l'hospitalité laissait à désirer... Il avait espéré voir une belle humaine prendre soin de lui dès son arrivée, mais non, rien... Il commençait sincèrement à regretter l'invitation. Où était le respect du à son rang ?

En ce jour, le religieux portait un pantalon moulant et un pourpoint seyant, tous deux sombres, délicatement brodés de fils rouges et argentés et mettant en valeur son corps grand et fin. Il s'agissait avant tout d'habits de voyage plus pratiques qu'une robe, mais cela n'empêchait pas d'avoir du goût. Un représentant d'Isten se devait en effet d'être à son avantage en toute circonstance.

Le haut-prêtre écouta longuement l'histoire, non sans vraiment y accorder un quelconque intérêt. Ces mortels n'avaient que peu d'imagination et de talent pour les histoires. Une femme et son époux, l'infidélité lors du mariage, la vie de couple... Par Isten, ces thèmes lui semblaient tellement ridicules ! Il se sentait bien au-dessus de toutes ces balivernes sans intérêt. C'était d'une banalité affligeante...

Et le barde lui demandait son avis ? Fort bien ! Il allait le lui donner... Sa voix ne cachait guère son opinion, pas plus que ses paroles. Néanmoins, malgré le mépris évident qu'il manifestait, sa voix restait malgré tout suave et son visage affichait un petit sourire suffisant.

« Isten accorde sa bénédiction à ceux et celles qui savent pleinement assumer leur désir et leur ambition. Je trouve cette femme bien lâche car elle ne se consacre pas pleinement à la luxure qu'elle ressent, ce que ferait tout vrai fidèle de la déesse. Elle se satisfait de sa condition auprès de son époux au lieu de tenter de profiter pleinement des dons que le corps féminin a reçus pour charmer et séduire la gent masculine. C'est typiquement cette absence d'ambition et ce manque de clairvoyance que je méprise chez les hommes et bien d'autres.

Si votre mariage vous frustre, pourquoi vouloir continuer ? Pourquoi ne pas chercher à améliorer votre situation ? Pourquoi vous contenter de votre vie ? Cela me semble totalement contraire aux principes d'Isten, qui sont les seules lois que je veux bien suivre fidèlement. Enfin, je ne dois pas être le seul à m'exprimer sur la question, mais sachez que c'est là mon opinion sur le sujet.

Enfin, messire, vous devez savoir que nous ne venons pas pour cela. Évitons donc de nous attarder sur de telles considérations quand nous pouvons aspirer à bien plus... N'êtes-vous pas d'accord avec moi, mon bon ami ? »
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May'Inil Baenrahel
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MessageSujet: Re: Les jeux d'Isten et d'Arcam   Dim 13 Mai 2012 - 13:50

Thaar. Sans doute la ville la plus cosmopolite et riche de l'Ithri'Vaan. May'Inil s'y déplaçait régulièrement, cette plate-forme maritime organisait le commerce dans tout l'Ithri'Vaan et tout marchand qui se voulait important se devait de s'y rendre régulièrement. Voir de s'y installer, ce qui était la solution la plus simple. Sauf quand, comme May'Inil, l'on possédait également des devoirs de prêtresse.
Mais pour une fois c'était eux qui l'amenait ici. Enfin, elle ne savait pas exactement en quoi, elle avait juste appris le déplacement du Haut-prêtre d'Isten depuis le Puy et s'était respectueusement jointe à son convoi aux alentours de Sol'Dorn, jusqu'à Thaar. Toutefois, il n'avait pas encore daigné lui expliquer le motif de ce déplacement, bien loin des terres habituelles du Puy.

Finalement, arrivé en ville, tous deux sentirent, plutôt entendirent, l'appel d'un barde. Seuls eux pouvaient avoir un pouvoir aussi particulier. Le chant la guida à travers la ville, plus intense à mesure qu'elle approchait de sa source. Le genre de tour de passe-passe qu'elle n'appréciait pas, lorsqu'elle n'en était pas à l'origine bien sur. Cela étant dit, elle ne porta aucune réclamation lorsqu'elle se retrouva face au barde mystérieux.
Un être bien singulier, aux origines elfiques incontestables. Il avait la peau blanche et une longue chevelure d'ébène. Il paraissait grand, sa taille était difficile à juger tel qu'il était, allongé sur son lit de coussins moelleux. Elle jugea la petite foule qui l'entourait, visiblement en adulation. Des disciples d'Arcam, ce qui ne semblait guère étonnant dans un de ses temples. Ses yeux se posèrent un instant dans ceux du barde. Outre les couleurs étranges, il s'en dégageait un sentiment dérangeant. Elle décida de passer outre.

Elle portait en ce jour une longue robe d'un jaune éclatant, un décolleté en V pour le moins plongeant descendait entre ses seins jusqu'à son nombril, tandis que son dos était entièrement nue, la robe révélant une infime partie de son fessier. Une ceinture de tissu blanche ornée de quelques grenats ornait sa taille fine tandis qu'une rivière d'améthyste paraît ses épaules. Les manches de sa robe étaient vierges de telles attentions, mais de complexes arabesques en fil blanc s'y déroulaient, se densifiait vers leur extrémité jusqu'à les faire paraître totalement blanche. Ses cheveux impeccablement coiffée, attachés par deux saphirs, se balançaient dans son dos à chaque mouvement de son délicieux fessier.

Elle prêta attention à l'histoire que leur contait le barde, même si elle parlait plus couramment la langue des Sombres à Sol'Dorn, elle avait régulièrement à traiter avec des humains et s'y connaissait donc suffisamment en langue humaine pour comprendre l'histoire. Puis on vint les faire installer, Akor'vyr et elle, sur de confortables coussins prêt du conteur.
Il leur demanda ce qu'ils en pensaient. Elle laissa le haut-prêtre, prompt à prendre la parole, exprimer son avis. Elle grinça légèrement des dents. Elle qui ne souhaitait qu'une meilleure entente entre les deux cultes, ce n'était pas ce genre de comportements qui allait la favoriser. Quoique... elle préférait ne jurer de rien avec les disciples du dieu capricieux.

-Isten n'a que faire du niveau d'ingéniosité déployée par ses croyants, seul lui importe leurs désirs et leurs ambition à les satisfaire. Si cette femme n'est pas satisfaite par son mari, Isten ne peut qu'approuver et ''soutenir'' qu'elle cherche un galant pour se contenter. Toutefois si les aspirations de cette femme sont plus hautes, elle devrait chercher à les satisfaire plutôt que de s'embourber dans ce qui est ''possible'' et d'y abandonner toutes ses aspirations au profit de la tranquilité.
Et pour cela, les moyens utilisés importent peu aux yeux de la déesse. Ce qui lui importe c'est la satisfaction des ambitions. Qu'elles soient grandes ou non. Après tout, il est nécessaire à toute société de posséder de petites gens, ils en constituent même l'écrasante majorité.
Mais si quelqu'un ne se satisfait plus de sa condition, il doit alors, pour la déesse et surtout pour lui, tout donner pour obtenir ce qu'il souhaite.
Mais je pense pareillement que vous nous avez inviter pour parler de sujets tout autre qu'une fable populaire. Non ?
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Elystrel
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MessageSujet: Re: Les jeux d'Isten et d'Arcam   Mer 23 Mai 2012 - 16:52

Le barde écouta patiemment l’avis de ses interlocuteurs, hochant de temps à autre légèrement la tête, plus pour signifier qu’il entendait et non pas qu’il agréait. A la fin de ceux-ci, il héla, d’un geste, deux adeptes dans l’ombre afin de servir en boissons (ou autres) ses hôtes.

- Votre avis m’était précieux pour la suite de notre rencontre, mais il n’est effectivement pas la finalité de cette cavalière invitation. Voyez cela comme le prélude à nos réjouissances.

Il étala alors un sourire mutin et amusé avant d’enchaîner.

- Nous sommes ici dans un temple d’Arcamenel, n’est-ce pas ? Faisons-lui honneur en participant à son Jeu. Naturellement, la belle Isten ne sera pas oubliée.

Il se redressa lentement sur ses coussins. Tranquillement, il attrapa son cistre et l’installa sur ses genoux. D’un geste doux, il en caressa le grotesque à gueule de dragon et positionna ses mains sur les cordes.

- Toutefois, nous ne saurions apprécier le Jeu sans en connaître la finalité, n’est-ce pas ?

Elystrel pinça nonchalamment les premières notes de l’insistante mélodie qui avaient convié les deux drows en ces lieux.

- Si j’ai pris le soin de vous faire venir à moi, cela n’est pas pour trouver des adversaires à ma mesure, mais pour trouver des partenaires. La première manche consistera donc à vous convaincre de devenir mes alliés.

Petit à petit, en arrière-plan des notes égrainées, une multitude de battements rapide marquait le rythme de plus en plus insistant du pincement des cordes. Pourtant, aucun autre adepte, en dehors des trois servants, n’était visible.

- Pourquoi vous demandez-vous sans doute ?

Autrefois, bien avant que les sombres ne soient drow, que les elfes ne se terrent dans leurs cités de pierre nichés dans leur précieuse forêt et que les humains ne dominent la majeure partie du continent et que les nains ne gagnent pour la première fois la surface, les Cinq arpentaient le monde.

Tandis qu’il prononçait ses mots, la fumée des braseros sembla quitter celles-ci pour lentement s’amasser entre le barde et les prêtres.

Dans leur vanité, les races mortelles se croient, à présent, les premiers nés des Dieux, mais il n’en fut rien. Chaque Dieu créa plusieurs êtres pour le servir d’aide, de cour ou de gardiens. Enfermé sur son Ile, Arcamenel ne se contenta pas de donner naissance à l’Amour et la Haine comme le disent les légendes. D’autres mélodies naquit une cohorte d’êtres investis de pouvoirs particuliers, entre autres, les Muses. Condamné à ne pouvoir parcourir lui-même Miradelphia dans son entier autrement que par l’esprit, Arcamenel fit de certains de ceux-ci, ses yeux, ses oreilles, ses lèvres, ses mains et les envoya à travers le monde pour porter sa Voix.
De la brume d’encens s’élevèrent paresseusement quelques silhouettes humanoïdes. Elles s’étiraient comme après un trop long sommeil. Leur attention sembla être attirée soudainement par un bruit de flûte. Dès lors, tels les cobras des charmeurs de serpents, elles se levèrent et se mirent à osciller. Parmi elles, il y avait des mâles gigantesques et cornus, des naïades graciles, des créatures parfois ailées que l’on pourrait aisément rapprochées des fées. Ainsi se mirent-elles à virevolter et à danser. Les sylphes s’agitaient au gré de la mélodie tirée du cistre. Leurs voiles se rassemblèrent finalement au centre de cette petite scène improvisée. Tremblants, ils attendaient un signal.

Le conteur reprit.

Parmi celles-ci, il en fut une qu’Arcam chérissait particulièrement. Il lui avait fait don, dit-on, des traits magnifiques de Kyria alliés avec un charme sulfureux dont la déesse ne savait faire preuve. Ainsi, la Muse possédait une beauté merveilleuse et les faveurs de son Dieu.
Des étoffes vaporeuses des danseurs surgit lentement une silhouette allongée. La femme alanguie darda son index fin vers Akor'vyr et May'Inil et les invita, avec un rire cristallin, à la rejoindre. La brume lentement se modifia pour s’assembler à nouveau dans la même créature leur offrant son dos. Ses hanches battaient la mesure du rythme que les percussions fantomatiques égrainaient. Ses mains se tortillaient comme autant de caresses arabesques sur un amant invisible. Le ménestrel se tut alors pendant un long moment pour se concentrer sur la musique qu’il créait. La mélodie se piquetait de notes suaves et lancinantes comme autant de souffles suspendus lors d’une étreinte. Celle-ci reprit plus lente après une petite apothéose.

Hélas, Arcamenel est volage et ne saurait se contenter d’une seule maîtresse. Et la Dame, insatiable, ne put tolérer de ne point avoir toute l’attention de son Seigneur et Maître. Ambitieuse et maline, elle conçut différents plans qui la hissèrent jusqu’à devenir la « Prime Muse ». Goûtant à plus de pouvoir, elle ne pouvait qu’en désirer encore et encore plus. Il n’était plus question pour elle de n’être qu’une simple Maîtresse. Elle aspirait à siéger à la droite du Dieu Double et régner avec lui, main dans la main, sur ses créations. Arcam goûtait fort à ce jeu de pouvoir que la Dame avait instauré et lui confia alors une quête.
Les êtres fait de fumées se livrèrent quelques facéties sous les yeux des convives. Ceux-ci purent ainsi voir messes-basses et danses s’entrecouper d’autres péripéties plus vindicatives entre les sylphides. Finalement, l’exquise silhouette de la dame, la prime muse, se retrouva à nouveau au centre des attentions.

Pour remplir sa mission, elle quitta à son tour l’Ile du Prisonnier et ses délices. Par delà la vaste Miradelphia, elle instilla dans les êtres qu’elle croisait l’envie, le désir, mais aussi la jalousie. Après son errance, elle s’installa finalement dans la région que nous connaissons aujourd’hui comme Aduram. Son influence grandit avec les années et les cultes en son honneur se multiplièrent.
Les autres créatures fantasmagoriques s’effacèrent pour céder place à une légion d’elfes vénérant la Prime Muse, à présent hissée au rang d’une divinité.

Le temps des Dieux s’achevant sur cette Terre, Arcam rappela auprès de lui la belle et ils s’en furent dans le royaume des dieux.
La brume d’encens s’évapora alors complètement. Dans le, désormais silencieux, temple, des braseros s’échappaient une fumée montant droit vers le plafond, à peine troublée par les quelques courants d’air qui s’infiltraient entre les tentures et les pierres. Le barde reposa son cistre et reprit place sur ses coussins avec un fin sourire.

- Vous vous doutez sans doute de la suite de l’histoire, mais permettez-moi néanmoins d’éclairer votre lanterne.

Après l’exode de elfes d’Aduram, le culte de la Prime Muse perdura jusqu’à aujourd’hui. Si les autres peuples la connaissent sous le nom de Cybelle et la vénèrent occasionnellement, les Sombres l’appellent, je crois, Isten.


Après un sourire en coin chafouin, le regard malicieux, il observa ses invités d’un air interrogatif.

- A votre avis, quelle était la quête dont elle était investie ?
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Akor'vyr Rilynval
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MessageSujet: Re: Les jeux d'Isten et d'Arcam   Mer 18 Juil 2012 - 20:06

Akor'vyr observa longuement le barde tout en écoutant son histoire. Enfin, c'était davantage un mythe concernant les origines d'Isten et ses liens avec Arcamenel. Bien, c'était une version intéressante, il devait le reconnaître, mais il n'était pas homme à rester sagement assis bien longtemps pendant qu'on lui racontait une histoire. Enfin, par courtoisie, il était prêt à faire un effort. L'hôte était si sympathique...

Une fois le récit achevé, l'hôte lui posa une question. Avant d'éventuellement aborder ce point, bien qu'il n'en avait guère envie, il préféra d'abord exprimer son opinion :

« C'est là un récit fort intéressant et je reconnais bien dans votre histoire l'ambition qui caractérise tant ma déesse, mais je crains de ne pas goûter tout cela autant que vous l'auriez aimé, sans vouloir vous offenser, cher ami. Vous m'avez juste fait venir pour me narrer un conte et m'interroger ? Navré, mais je crains de ne pas être bon public en ce qui concerne les vieilles histoires au coin du feu.

Loin de moi l'idée de remettre en question votre talent de conteur, mais je m'attendais à quelque chose de plus... Palpitant. Quelque chose de plus excitant que de vieilles légendes poussiéreuses... La recherche de plaisirs intenses et inédits, par exemple... On accède aux mystères de la déesse de la Luxure par la transe et l'extase, non par de beaux discours. Le plaisir ouvre la voie vers les plus hautes sphères spirituelles. C'est là la meilleure façon de connaître une ascension. Grâce à ces délices, nos sens sont en éveil et notre esprit s'élève pour atteindre des sommets que nul autre ne peut espérer atteindre. Il n'y a rien de plus merveilleux que cette exaltation.

À dire vrai, je ne me soucie guère de ce qu'Isten était par le passé. Elle est notre divinité et je suis son plus grand représentant en ce monde. C'est là tout ce qui m'importe concernant ma déesse vénérée. Je ne prétends pas tout savoir d'elle, mais je suis sans doute l'être le plus proche d'elle. Après tout, n'est-elle pas celle qui m'a désigné pour diriger le culte en son nom ? Pensez-vous vraiment pouvoir prétendre en savoir plus sur ma propre divinité que moi ? Je dois dire que je trouve cette audace surprenante... »


Après avoir exposé sa vision des choses, il se calma, poussa un soupir et lâcha :

« Enfin, si vous insistez, je veux bien jouer le jeu et consentir à réfléchir à la question. Voyons... »

Il se mit alors à réfléchir un bref instant et finit par dire avec un léger sourire aux lèvres :

« N'est-ce point pour s'assurer que le cœur des Drows soit à tout jamais fermé à l'amour de tout autre peuple que le leur, en particulier celui des Elfes, nos frères honnis ? Voulait-elle, en gagnant l'amour des elfes noirs, faire en sorte que continue de régner entre les deux races une haine fratricide ? La déesse lubrique et ambitieuse est-elle une instigatrice du conflit qui persiste encore en ce jour ? Cela expliquerait bien des choses et ressemblerait fort à l'autre aspect d'Arcamenel. Oui, c'est cohérent avec son second visage...

Enfin, peut-être que je fais erreur. Dans ce cas, éclairez-moi, je vous prie... J'ai hâte d'entendre votre réponse. »
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May'Inil Baenrahel
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MessageSujet: Re: Les jeux d'Isten et d'Arcam   Sam 21 Juil 2012 - 14:59

May'Inil resta silencieuse tandis que les fumerolles s'agitaient au rythme des notes qui s'échappaient de l'instrument du barde, mais certaines semblaient venir... d'ailleurs. Elle était captivée par le spectacle qui se jouait face à elle. L'art sous toutes ses formes l'avait de tous temps séduite et celle-ci était pour le moins originale. Allier musique et magie était aussi naturelle que de marcher pour le bardes, et elle avait toujours préféré cette forme d'arcanisme à celle que pratiquaient les différents sorciers, nombreux en terres drows. Ils maniaient la magie avec autant d'esthétique qu'un maçon empilant des pierres. Ses propres talents étaient, évidemment, très différents et, il fallait le dire, bien supérieurs.

Finalement le récit prit fin et May'Inil regagna la triste réalité froide de ce monde. Même si elle n'était pas très froide et certainement pas triste dans l'instant traitez ici. Puis vint la question. Elle commençait à se lasser quelque peu de ce jeu de question réponse. Ou plutôt de ce jeu à sens unique. Elle ne savait même pas qui il était !
Son supérieur, quant à lui, se désespérait de ses futiles jeux d'esprit et aspirait à plus de plaisir. Mais ils étaient dans la demeure d'Arcam, non celle d'Isten -même si d'après l'histoire de la Prime-Muse, les deux revenait un peu au même- et toute chose n'y tournaient pas forcément à l'orgie. Pour elle qui appréciait autant un sonnet bien fait qu'une partie de jambes en l'air -peut-être même davantage, les bons poètes drows n'étaient pas communs, contrairement aux bons amants- c'était assez agréable.

-Je m'imagine mal Isten tiré profit d'une haine. Uriz, Teiweon et plusieurs autres de nos dieux sont sont déjà là pour s'assurer que notre peuple ne connaisse jamais la paix qu'ils redoutent.
En revanche, nous étions à l'origine le peuple de Kyria, tout comme les elfes le sont encore. Peut-on imaginer qu'Isten n'ait agis ainsi que par jalousie ? Arcam, et à fortiori elle, n'ont jamais donné naissance à aucun peuple mortel quel qu'il soit. N'y aurait-elle pas trouvé une occasion de rectifier ce qu'elle trouvait injuste ? Ne souhaitait-elle pas se montrer supérieure à celle à qui vous venez justement de la comparer, et par là-même mériter la place qu'elle désirait aux côtés d'Arcam ?
Cela correspondrait bien plus à la déesse que je sers qu'une envie de carnage.


Elle s'enfonça un peu plus dans les coussins et joignit ses mains sur ses genoux tout en posant un regard inquisiteur sur le conteur mystérieux.

-Cela étant, même si j'apprécie de converser des origines de notre déesse, je goûterai bien plus à l'instant si je savais avec qui je le passe. Vous nous avez inviter, de fort belle manière, et de toute évidence vous nous connaissez tous deux, au moins nos rapports à la déité, mais ne vous êtes toujours pas présentés. Peut-être avez-vous l'habitude que tous savent qui vous êtes, mais nous venons de loin et votre possible célébrité n'est pas arrivé dans nos contrées. Aussi, pourrais-je vous demander qui vous êtes et quels sont vos propres rapports avec Isten ?
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