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 Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]

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Dun Eyr
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MessageSujet: Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]   Dim 13 Mai 2012 - 22:38


Spoiler:
 


« Peste des marais !... » gronda le Démon, tandis que ses ailes le portaient bas sur les terres mortes, au ras des talus concassés et des galeries craquelurées.

Ainsi, voilà donc l’Elda et sa ceinture de plaines mortes, et de plateaux vengeurs. Jamais encore, dans sa vie d’énigmes, Xanthe n’avait poussé jusqu’à ces contrées-là ; le destin l’avait maintenu dans la bourbe de Faélia, ou bien appelé plus au Nord et à l'Ouest – voire jusqu’aux Mers perdues du Ponant.
Mais des cieux et des brises comme celles d’ici, celles que déployait avec superbe l’empire des Sombres, jamais encore. Tout y était vicié, jusqu’à l’air qui filtrait aux naseaux du Démon. Cela humait la fange, le déclin et l’âme gâtée.

En d’autres temps, le Démon aurait pu s’y plaire et s’y complaire. C’était un peu rustre, un peu froid peut-être, même pour une Bête du Marais. Mais au moins, l’on n’y rencontrait pas ces sinistres créatures d’hommes, ces chasseurs adipeux et abêtis qui noircissaient la Péninsule et débordaient sur ses abords géographiques.
Pourtant, ce jour – ou soir, tout y était si morne comme pierre – ce n’était ni une rêverie maudite, ni une chasse au grand gibier qui faisait planer l’ombre de Xanthe sur ces territoires caves et écroulés. Le Démon y menait une traque, une grande traque silencieuse et revêche. Ses yeux comme des fentes, et ses naseaux taillés en gouffres, pistaient sa propre perdrix dans l’affolante immensité des environs.

« Là où les trois souches se croisent en deux croix… »
Ces indications stériles et navrantes, qui revenaient sans cesse et lancinantes à l’esprit du Démon, n’aiguillaient que mal sa quête. Dans cette province comme une Anaëh languissante et déchue, la moindre rocaille se peuplait à l’infini de souches tordues, de peupliers brisés. Et des rameaux de bois mort, stupides et graciles, poussaient en tous sens à chaque revers du sol.
C’était une terre ahurissante et morte.

D’une foucade fébrile, le Démon sa cambra entre deux souffles d’air, et ses pupilles profondes balayèrent les alentours décimés. Une pensée lui prit l’esprit et la ramena à la Montagne, aux Nains, et à leur taudis fortifié des cimes de la vieille Almis. Par ces bougres-là, Xanthe avait été banni comme un vulgaire farfadet, un trublion maléfique – et Dun Eyr, sans un regard pour l’humiliation, avait mandé Celui des Marais pour cette stupéfiante équipée jusqu’aux Sombres-Terres.
Tout cela tournait et hantait notre Démon tandis qu’il planait comme une main sinistre et lourde ; sous ses pupilles comme la pierre, la terre était auscultée jusqu'au plus profond de son sein, et livrait ses secrets au jugement de le bête flottante.

Alors Xanthe se prit à souhaiter qu’entre les trois souches, il y aurait là un espion aux oreilles plus furtives et rampantes que les meilleurs aspics – et qu’il serait une mine de savoir dérobé, comme d’autres étaient des fontaines de calamité ou bien des sources de ravage.
Si cet agent – aux émoluments audacieux – pouvait livrer des notes fouillées sur le Drow, alors toute cette chevauchée hargneuse aurait été accomplie justement, et pour un très grand profit.


Brusquement les iris se plissèrent, se rétrécirent aux pupilles fendues des chats – et une lueur plus qu’écarlate perça depuis la gueule fauve du Démon.
Là, en contrebas, derrière ces talus crevassés, il y avait comme deux croix dans la torsade de trois souches éventrées – et, flottant si bas qu’il raclait la terre de ses griffes cornues, Xanthe fut sur le lieu dit en trois battements de ses grandes ailes. La poussière brune, et lourde, vola paresseusement lorsque le Démon s'abattit sur le sol, et son souffle suspicieux embrasait les cadavres d’arbres tombés.

« Voilà l’endroit, ne manque que le maraudeur », se murmura l’esprit de l’Invoqué.

Le regard de la bête passa sur les ombres alentour comme une faux. Toujours alertes, les ailes veinées fouettaient parfois l’air vicié des alentours ; tandis que, juché sur ses trois souches, le Démon patientait.


Dernière édition par Dun Eyr le Ven 1 Juin 2012 - 20:46, édité 1 fois
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Elkafein
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MessageSujet: Re: Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]   Lun 14 Mai 2012 - 15:51

Elkafein grignotait un morceau de viande séché, le dernier de son repas actuel, en dessous d'un foulard qui lui recouvrait le nez et la bouche. Pendant ce temps l'elfe noir observait le cuisson des champignons qu'il avait piqués, de petites branches d'où l'écorce morte avait été « épluchée » et qu'il avait placé au-dessus des braises d'un feu. À l'aide d'une branche, plus grosse que les autres, l'espion remua vivement les braises et ne s'arrêta que lorsqu'il découvrit un morceau d'un blanc salit par les cendres. Il le rapprocha de lui et, après avoir enfilé un gant, le retira des cendres avant de le jeter un peu plus loin. L'os, parce que s'en était bien un, rebondit quelques fois sur le sol de roc de la grotte.

Les restants squelettiques provenaient d'un marchand dont Elkafein avait été mandaté de faire disparaître par un rival. Le prix avait été payé, donc l'espion avait remplit la mission. Comme le marchand était relativement un nouveau venu, qui risquait de surclasser son concurrent, il n'était donc pas vraiment important, reconnu ou très riche. Par le même fait, on avait seulement envoyé Elkafein pour réaliser cette basse besogne. L'espion avait été légèrement déçu par le manque de défi de cette mission et espérait que la prochaine serait plus sportive.

Le drow se remémora les différents scénarios qu'il avait imaginés pour la disparition du marchant : bain d'acide, bain de lave, brûler la bâtisse du marchand, le nourrir à différentes créatures du puy ou des environs, etc. Il avait décidé d'y aller avec le moins coûteux, un simple feu et comme l'une des directives du concurrent avait été : « fait aussi loin que possible » il avait décidé de remplir sa mission pas très loin de l'une des entrés du puy, dans une grotte. Cela lui avait pris une journée et presque toute la nuit pour qu'il ne reste que des cendres.

Le sombre mordit dans l'un des champignons et cracha le morceau presque immédiatement. Un goût horrible de chairs brûlées s'était imprégné aux champignons les transformants en monstruosités. Le sombre jeta les champignons restants dans les braises, se leva et quitta la grotte. Avec un peu de chance, l'odeur de chair brûlées ou celle des champignons attireraient quelques créatures. Lorsqu'il fut sorti de la grotte, Elkafein retira le foulard qui lui masquait le visage, enleva la pince qu'il avait sur le nez et prit plusieurs grandes inspirations d'air. Même avec les précautions qu'il avait prises, la puanteur n'avait en rien pu être totalement repoussé à cette distance. Maintenant qu'il avait terminé sa mission, il pouvait retourner au chaud, dans les couches du puy et y trouver de la bonne compagnie. Il le méritait, selon lu

Alors qu'il s'approchait de l'entrée par laquelle il retournerait chez lui, l'espion vit de loin une silhouette, beaucoup trop large pour être celle d'un drow. Prenant certaines précautions, il dégaina sa dague, qu'il laissa dissimulé sous sa cape et poursuivit sa route. Plus il se rapprochait, plus il se demandait ce que la créature pouvait être, ayant une connaissance limitée dans ce domaine, surtout qu'elle semblait avoir des ailes. N'ayant aucun moyen de savoir si la silhouette l'avait déjà repéré, le sombre décida de poursuivre normalement sa progression, mais en restant sur ses gardes et prêt à toutes éventualités. Lorsqu'il fut à porter de voix l'espion héla la créature :

- Vous cherchez quelque chose en particulier?

Il ne savait pas si la créature comprenait sa langue natale, alors recommença-t-il en langue commune. Restait à espérer que c'était une créature dotée d'intelligence et non une créature affamé, enragé ou autre.
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]   Mar 15 Mai 2012 - 11:27

L’attente fut brève, et vite récompensée.

Xanthe volta sur lui-même lorsque lui parvint la voix de l’inconnu, et ses pupilles fendues et félines scrutèrent dans un souffle le visage du Drow. Pour lui, le Démon des Marais, qui jamais n’avait poussé plus loin que les parages de la Faille, une face de Sombre se distinguait avec grandes difficultés d’une autre face d’un autre Sombre.
Pour autant, ce visage là, juché sur ce long corps de Drow fiché dans la rocaille environnante, ne laissait aucun doute planer. Ce n’était pas le Marchand.

Alors Xanthe étira sa gueule ahurissante, et impulsa à ses lèvres pâles et striées une torsion qu’il aurait voulue plus éclatante. Toute cette ignoble grimace eût du, en pure théorie, figurer un sourire jovial, et bienveillant, et propice aux entendements très lucratifs.

Le Démon se racla deux fois la gorge, et il articula dans la langue commune et si fade de ces terres :
« Salutations, l’émissaire du Marchand. »


Et, par devers lui, Celui des Marais songeait avec amusement que Dun Eyr avait vu juste. Décidément, ce Lirganique avait d’étranges talents de contrebandier.

A cette heure, aux trois souches formant deux croix, c’aurait dû être la rencontre de deux ladres bien en affaires : le Nain chargé de piécettes, et le Marchand porteur de nouvelles secrètes et profitables. C’était ainsi qu’avaient été convenues les choses, par le truchement complexe et entremêlé de quatre intermédiaires et trois corbeaux messagers, par l’échange de missives entre les deux grognards qui faisaient trafic.
Mais voilà que les rudes lois des accords à l’aveugle ne dupaient personne, et la bonne prudence avait éloigné des trois souches chacun des deux grigous. Xanthe se tenait en lieu et place du Nain – et ce Sombre-là devait être le héraut du Marchand.

Devant une telle précision des ruses, Xanthe aurait dû sourire.
Aurait dû, oui, car un trouble le prenait soudain à l’esprit. Et c’était le vent glacé des terres mortes qui, soufflant depuis l’Ouest et le Sud, charriait jusqu’aux naseaux du Démon des tressaillements alertés.

« Quelque part là-bas, songea le Démon, l’on brûle des chairs Sombres. »

La poigne griffue de l’Invoqué, plongée qu’elle était dans les revers énigmatiques de sa peau, déjà en quête de l’or promis pour l’échange, se raidit soudain. Xanthe, d’une impulsion, fit jaillir entre ses griffes les lames de froid métal dont on l’avait affublé ; ses ailes puissantes, et grises comme le brume, se déployèrent et battirent lestement dans l’air morne et empuanti.
Le Démon, soudain, s’était fait méfiant. Quant aux piécettes, elles attendraient que l’énigme ait été dissoute.

Oh, le Démon n’aimait guère la bataille et le fracas des sangs ; et ses ailes, si vives à frapper sous le vent, s’apprêtaient bien plutôt à l’escamoter par la voie aérienne qu’à le précipiter dans la lutte, si un péril le pressait.
Mais Xanthe, gonflant son poitrail bourru, reprit la langue commune et imposa à l’envoyé énigmatique :

« Mène-moi au Marchand, que j’honore la promesse du Nain. C’est à sa propre main que je remettrai les sommes. »


A peine les paroles furent-elles dites, toutefois, qu’une nouvelle pensée troubla le Démon. Son esprit retors évalua l’écheveau des possibles, et trancha dans un prompt jugement.
Alors, étendant plus avant son échine, Celui des Marais prit un ton plus souple pour chantonner en langue commune :

« Ou bien donne moi la raison, Sombre, pour laquelle le Marchand n’est pas ici. »
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Elkafein
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MessageSujet: Re: Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]   Jeu 17 Mai 2012 - 16:57

Les muscles du sombre se raidirent lorsque la créature fit volte face, plus ou moins prêt au pire. Les dents que lui révéla l'autre était ce qui le mettait le plus sur ses gardes. La réponse qu'il lui donna fut l'une des dernières qu'il attendait.

L'émissaire du marchand? Pensa l'espion. Cela pourrait être amusant.

L'elfe noir allait lui demander quelque chose lorsque la créature annonça un fait, un vent avait apporté une faible l'odeur de chairs brûlées. Elkafein se doutait d'où provenait l'odeur mais l'inconnu n'avait pas à le savoir. L'elfe noir haussa les épaules et lui dit avec grand calme :

- Si l'on regarde les habitudes des miens ses choses courantes.

Le soudain déploiement des ailes de la créature mit de nouveau l'espion sur ses gardes, cette fois il fléchit légèrement les genoux, prêt à bondir d'un côté ou un autre pour éviter une éventuelle attaque. Il retint même son souffle lorsqu'il gonfla le torse, s'attendant à une attaque. Mais rien ne vient, sauf la demande d'être mené au marchand pour lui remettre une certaine somme.

Le sombre allait lui demander ironiquement de quels marchands il parlait, puisqu'il en avait beaucoup. Espérant qu'il ne faisait pas allusion au marchand que l'espion venait tout juste de brûler, ce qui aurait expliqué le pourquoi. Lorsque la créature ailé lui demanda de lui fournir la raison pour laquelle le marchand n'était pas présent, l'espion sourit.

Enfin, pensa-t-il.

- Alors là, il faudrait le lui demander directement. Habituellement, lorsqu'on envoi quelqu'un à notre place c'est : qu'on n'a pas fait ce qui nous était demandé, qu'on ne veut pas rencontrer la personne directement, qu'on se croit trop important pour se présenter en personne, qu'on a d'autre pain sur la planche, enfin bref la liste pourrait être longue.

Le sombre s'humecta les lèvres d'un coup de langue, avant de poursuivre :

- Quoi qu'il en soit, on m'a demandé de me présenter dans les environs pour rencontrer une personne. Mais j'observe qu'on a omit de mentionner plusieurs facettes de cette rencontre. Peut-être souhaitez-vous que j'apporte un message au marchand lui-même? Ou si vous préférez, je peux toujours remplir le « contrat » en son nom.

Restant tout de même sur ses gardes, le drow se déplaça vers une grosse roche où il put prendre place et se détendit légèrement. Il conserva tout de même sa dague entre les mains, toujours dissimulé sous sa cape. Si la créature venait à l'attaquer, il n'aurait qu'à se laisser tomber sur le dos, derrière la roche.
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]   Dim 20 Mai 2012 - 21:51

Xanthe étira sa gueule méfiante vers le visage du Sombre, et ses naseaux dilatés happèrent les souffles qui passaient autour de l’étrange badaud de ces contrés désolées. Ses vibrisses comme d’un chat, battaient faiblement autour de son museau dans l’air alerte et froid.
Contrairement aux habitudes de Celui des Marais, le fumet n’était pas tant désagréable. Pour lui, qui avait bataillé dans les taudis et baguenaudé dans la tourbe, la coutume était de respirer la puanteur des Péninsulaires ; ou bien, lorsqu’il déployait ses ailes interminables, les frissons malodorants de la peur. Mais rien de tout cela pour celui-ci, et l’énigmatique Drow qui lui tenait conversation, debout sur la rocaille, paraissait digne.
Oh ! Bien sûr, un fond de Marchand brûlé s’attardait dans l’air… Pourtant le Démon, dans une torsion grimaçante, renvoya l’ex-informateur dans les méandres de l’oubli. Ici, ils étaient en terres de Sombres, l’on y appliquait à la dure les us des Noirauds ; l’agneau éventré, traitons avec le loup, en quelques mots.

Résolu, le Démon s’ébroua lestement – ses ailes veinées jaillirent alentour comme des bourrasques furieuses – et revint à son Sombre, son nouveau ladre d’affaires.
Alors Celui des Marais parla, et il dit ainsi :

« Un boutre soltari, porteur de vingt-sept vierges, voguait il y a deux lunes vers quelque Sanctuaire lumineux… »

Xanthe aimait conter des histoires, et il s’assit même sur son séant pour poursuivre ce récit, repliant les deux longues ailes autour de son corps malingre. Ses canines comme des épieux scintillaient drôlement sous ses gencives grisâtres, tandis que les mots coulaient hors de sa bouche ; la scansion de l’Invoqué était ample et apaisante, et ses intonations trouvaient un surprenant écho lorsqu’elles se nichaient au creux de l’oreille assoupie.

« Le hasard a voulu que l’esquif encontre un mauvais écueil, et la coque s’est largement brisée de la poupe à la proue. Mais un Sombre au pied marin, qui m’envoie dans ces terres en ce jour, a recueille les vingt-sept perles. Esprit noble et sagace, celui-ci entend maintenant présenter ses hommages au meilleur d’entre les Drows et lui offrir ses vierges – qu’elles soient usées à un culte ou une ripaille. »

Xanthe laissa un temps de silence passer entre lui. Un souffle brun courait depuis le volcan tout proche, et apportait une poussière cendreuse qui lui chatouillait les naseaux comme des pinces de mante cliquetante.

« L’on a dit au Marin – pour cette affaire, il ne serait plus question d’un Nain, mais d’un Marin – que le plus admirable des Sombres répondait au nom du Baenfere, ou de Haldren. Pourtant, le Marin aimerait en avoir la juste certitude. »

Et le Démon d’ajouter : « On ne cède pas vingt-sept vierges péninsulaires à un grossier malandrin. »

La longue griffe du Démon s’engouffra dans les replis bombés de sa fourrure et, tout contre la peau râpée et croûtée, elle extirpa une petite bourse de cuir ; contre la corne et le fer de la main gracile, la giberne émettait un joyeux tintement d’or tintinnabulant entre les doigts du Démon.
La gueule hallucinante de Xanthe se releva soudain, et s’éleva jusqu’à rencontrer les yeux du Drow.

« Quatre fois cela si le Baenfere m’est pleinement révélé. »

La langue s’était faite rude et précise. Il ne s’agissait alors plus de conte pour aguicher les esprits, mais bien d’or ; et qui plus est, de l’or d’un Nain ! Autant dire, plus que son cœur et son âme réunies.
Un vent tiède se levait depuis le cratère à l’Est, mais rien ne détournait de la face du Drow les pupilles fendues du Démon. Celui des Marais paraissait, dans la brume de ces terres, hiératique comme une statue de rodministe…
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MessageSujet: Re: Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]   Mer 23 Mai 2012 - 15:43

Le sombre se retint plusieurs fois de demander à la créature d'en venir directement au fait, alors que cette dernière racontait une histoire. Toutefois, il écouta sans manquer un mot de l'histoire, qui lui fit pensé qu'elle serait peut-être utile de la connaître. Le début de l'histoire il ne retint, qu'un esquif ce soit échoué lui importait peu. Ce qu'il retint fut les vierges et leur nombre, qu'elle devait être présenté au plus admirable des sombres et que ce sombre était Haldren Baenfere.

"Le Ditronw Da're? Le C'nros." Pensa le drow avec une certaine résistance. "Admirable? Je doute qu'un sombre puisse éprouver une véritable admiration envers ses semblables, encore plus étrange provenant de la bouche d'une créature ou d'une autre race. Crainte, je peux le concevoir. À la limite du respect, mais bon ... "

Ensuite vint la demande et la récompense qui équivalait à quatre fois ce que l'inconnu avait entre les mains ou était-se des pattes? Le sombre c'était déjà à demi déconnecté du présent, échafaudant une manière d'en apprendre le plus possible sur le dénommé Haldren. Ne connaissant que la réputation ou le titre du personnage, il n'en savait pas davantage, pour l'instant. Puis il revint à la créature, ne voulant pas se mettre en danger plus longtemps que nécessaire. Une question lui assaillit l'esprit, qu'il plaça rapidement en mot :

- De quelle manière, par l'intermédiaire de qui, puis-je vous contacter une fois la révélation prête à être annoncé? Et qui dois-je demander?

L'espion doutait de recevoir le nom véritable de la créature, mais au moins espérait-il avoir le moyen de le contacter. Attendant une réponse, Elkafein débuta une priorité d'information à acquérir sur le dit Baenfere. Puissance, faiblesse, allié, ennemi, réputation, position dans la prise du pouvoir du puy? Le sombre doutait que cette tâche serait aisée et rapidement terminé. Puis, ayant une idée, il se dit que cela pourrait lui permettre de prendre le pouls de la cité, de savoir qui était le plus craint ou enclin à prendre la tête du puy.
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: Ou comment un Nain relève ses filets. [PV | Elkafein] [Fini]   Lun 28 Mai 2012 - 14:46

A la remarque qu’aucun Drow ne saurait être admirable, Xanthe laissa sourdre un doux grondement échappé de sa gorge comme un alambic. Déjà de longues saisons passées à côtoyer la plèbe giboyeuse du Puy et du Volcan, et pourtant l’étrange langage des Sombres lui demeurait insaisissable à l’esprit et à l’oreille.
La nauséabonde odeur du Marchand au rôtissoir s’attardait dans l’air, et soufflait aux naseaux du Démon combien ces terres-là étaient barbares. L’aveuglante blancheur des cimes de Nanie, héraut de ce froid mordant à vous déciller les iris, lui aurait semblé en comparaison bien doux, et quasi-désirable.

Dans l’air sombre et éternellement gris des abords du cratère, Xanthe joua une dernière fois à l’omniscient avec son nouveau traqueur de savoirs.
« Si lorsque tu l’embrochais pour en faire pitance, feula le Démon, le Marchand a susurré dans un râle quelques secrets, tu pourrais déjà avoir une de ces gibernes à piécettes. »

Entre les griffes de Celui des Marais, le bon or tintait avec insistance.

« Mais enfin, reprit Xanthe, si tu as su réduire en civet celui qui a percé l’alcôve du Baenfere, tu sauras bien retrouver tout ce qu’il avait amassé de savoirs… »

Cela semblait au Démon un excellent extrait de logique Sombre ; torve et triste tout à la fois.


Quant à savoir où se retrouveraient l’espion et son payeur, un grand doute planait dans l’esprit de l’Invoqué. Lorsqu’il avait pris son envol depuis les cimes, il n’avait guère songé à cela – et si son Marchand n’avait pas été englouti comme un vulgaire lapereau, le Démon n’aurait plus jamais eu à franchir les terres caves et arides de l’Elda. Considérant la plaine alentour, Xanthe imagina l’ombre d’un instant conserver la même grotte desséchée comme lieu de retrouvailles. Mais la plus élémentaire prudence du trafiquant, est bien celle de toujours se mouvoir, et jamais revenir ; quant à l’étrange phénomène du traqueur traqué, et du Marchand devenu ragout, il serait bon que cela ne devienne pas un cycle sans fin…

Le Démon parcourut en esprit les terres proches, et dans chaque enclave, chaque port, il évalua les parts d’ennemis et d’amis qui pourraient des deux côtés surgir. Telle chaumière était trop crasse pour y poser une griffe, telle autre abritait des chasseurs de Démon égarés par les vapeurs d’alcool ; et dans tel bouge, Dun Eyr ne comptait que des haineux, rapport à quelque rixe d’ivrogne déjà ancienne. L’on y parlait même de pucelle enlevée et de chèvre dérobée, l’une ayant fait office de pitance, la seconde de réconfort.

Secouant sa gueule aux longs naseaux, pour tâcher d’en arracher ces drôles de rêveries, le Démon répondit enfin à son traqueur :

« A Thaar, au Tripot des Trépassés ; il se tient aux abords du port. Le tenancier s’y nomme Brakaa. Fais-y parvenir une tête de cobra lorsque tu seras prêt, dans un sac rouge. Il saura avertir le Marin. »

Et, tandis que ses ailes se déployaient largement, et que déjà le Démon prenait son envol vers l’Ouest et le Nord, il songea que les formalités à accomplir pour prévenir Dun Eyr étaient bien étranges.
Mais, musa-t-il, lorsqu’on connaissait Barkaa et les autres comparses du Nain, on trouvait fort raisonnable de n’avoir à fournir qu’une gueule de serpent dans une ocre besace…
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