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 Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]

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Hans
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Dim 29 Juil 2012 - 22:32

Dans ses appartements, dont l'atmosphère restait encore emprunte des fragrances du baron de Merval, Anseric goûtait d'être arrivé à ses fins, tout en pestant de ne pouvoir les poursuivre plus. S'il avait été accueilli en bonne diligence, le comte n'en demeurait pas moins coincé. Il fit contre mauvaise fortune bon cœur, œuvrant dès qu'il lui fut possible pour la bonne reprise de ses affaires. De la garde baronniale, qui s'était logée dans la ville, chacun des membres allait et venait, et la tour fut occupée toute la soirée par ce va et vient de suppôts arétans.

Les osts réunis ne tardèrent pas à apprendre la nouvelle, et peu après survint une missive du comte, proclamant que le siège se terminait, et avec lui ses dispositions belliqueuses. Désormais, les gueux pourraient aller et venir comme bon leur semble hors de la ville, sans qu'il n'y eut plus aucune rapine. Si cette cessation des hostilités eut certainement échaudé la troupaille, Anseric, en bon goupil, sut tuer dans l’œuf toutes ces velléités de pillerie, ordonnant que l'on se saisisse sans attendre des bagages larausiens. Aussi la nuit se passa sans heurts, sinon ceux de soudards se disputant des biens si chichement abandonnés. On en riait désormais grassement, alléguant qu'à la prochaine trahison de la troupe (qui prenait cette mauvaise habitude), ils se hâteraient tant qu'ils en laisseraient leurs hardes.

Une telle réputation ne servait guère le parti larausien, qui des malhabiletés politiques avait fait son fond de commerce ; Anseric s'était trouvé presque heureux de ne plus diriger ces hommes, dont la fiabilité le laissait pantois. Il envisageait alors les suites de la guerre, pensant ces partisans dispersés dans les garnisons du pays. Ainsi ventilés aux quatres vents, ces gens redeviendraient raisonnables ; voila ce qu'il suggérerait à sa cousine, le temps venu. Une telle compagnie risquait de se laisser aller aux maraudes, sinon.


Mois de Barkios, septième jour de la deuxième ennéade.


Le lendemain fut ponctué de rencontres prolifiques ; Anseric rendit tour à tour visite aux petits vassaux de la garnison, ainsi qu'à Adelin de Sainte-Berthilde. S'il ne parlait pas de sa cousine en les termes de vassale, notre homme n'hésitait pas à faire comprendre qu'Arsinoé avait rejoint ses vues sur la royaume, aussi le comte discuta plus aisément des menées eraçonnes du régent, que des dissensions de la famille olysséane. Le jugement de Kerthan occupait néanmoins majoritairement les esprits, chacun allant de sa suggestion pour s'adjurer la fidélité de Laraus. Là où les uns suggérèrent de décapiter Vosker, et d'autres de le prendre à nouveau comme vassal, Anseric glissa l'idée qu'on l'exila auprès d'Aetius. Après tout s'il servait aussi mal le régent qu'il ne l'avait fait ici, les frondeurs ne pourraient que s'en féliciter. Notre héros avait formulé cette idée avec innocences, mais lorsqu'il pénétra dans le hall, aux côtés du châtelain, le comte espérait que cette suggestion se retransmette de l'oncle à la nièce.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 31 Juil 2012 - 14:14

Scrutant longuement le faciès de roturier du Sieur de Laraus, Arsinoé ne parvenait pas pour autant à sonder les intentions de celui-ci. Etait t-il simplement bon comédien, feignant la nonchalance devant la gravité de sa situation ; ou accordait t-il réellement aussi peu d'importance à son propre sort que ses récentes cocasseries le suggéraient ? Une formule plate lâchée d'une voix sourde, et le drôle croyait alors bon de demeurer coi, scrutant de ses yeux verts le sol dallé, ou peut être encore les bottines pourpres de cuir chamoisé de sa marquise. Elle s'était attendue à ce qu'il implore sa clémence, qu'il renie avec véhémence toute attache avec le comte d'Arétria qui l'aurait par quelque abjecte menterie poussé à la félonie. Et pourtant le bâtard en disait encore moins que sa créature, qui avait au moins tenté d'employer l'ignorance comme bouclier. S'il se pensait désemparé, elle l'était tout autant, voulant au plus vite mettre une fin à ce pénible intermède mais ne sachant guère comment s'y prendre. Le jugement n'était après tout qu'une des nombreuses fonctions régaliennes qui ne lui avait pas été inculquée dans sa jeunesse, son ascension au trône n'ayant que trop rarement été sérieusement envisagée.

« Doux sire, je ne puis imaginer l'horreur que fut votre court séjour dans les oubliettes, j'espère seulement que l'hospitalité sans faille qui vous est offerte saura en adoucir la mémoire et réparer ma grave faute. Il me chagrine de devoir constater la folie de ces temps, ou un seigneur légitime se voit contraint de ruser afin de rendre visite et hommage à sa dame. Bien que certains vous diraient doublement félon, je sais que les actions téméraires qu'ont entrepris vos hommes en votre nom et sous vos ordres étaient pavées de bonnes intentions. Me sauver des griffes de l'envahisseur et me livrer Anseric en prime, je vous en serais redevable si seulement nous n'étions pas arrivés à un compromis quelques instants auparavant. Néanmoins vous pouvez considérer votre période de manquement au devoir de féauté comme pardonnée et oubliée, qu'une vulgaire mésentente ne vienne pas si tôt empoisonner et écourter nos règnes. Je demanderais simplement que vous renouveliez ici le serment liant nos deux familles, le même que votre père fit à mon oncle il y a tant d'années.Peut être même que votre fidélité affichée encouragera vos semblables à faire de même. »

Elle se leva alors, prête à accepter les vœux de Kerthan et de pouvoir ensuite, et enfin, trouver repos. Savait t-il que dire? Rien n'était moins certains, mais elle était moins préoccupée par la formulation de ceux-ci que part la lueur étrange qu'elle cru apercevoir dans les yeux de l'homme, pouvant aussi bien n'être qu'un jeu de lumière qu'un signe de démence.
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Kerthan Vosker
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 31 Juil 2012 - 15:26

Kerthan écouta les paroles d'Arsinoé, de plus en plus surpris face a la gentillesse affichée a laquelle il n'y croyait pas. Il était pardonné ? Il suffisait d'un simple serment ? Il n'avait peut être pas toute sa tête comme les autres, mais il y comprit tout l'intérêt et vu d'un très bon oeil la Marquise de Sainte Berthilde.

Il n'en fallut pas plus en voyant le mouvement d'Arsinoé pour se mettre a genoux devant elle, parlant enfin clairement :

Je jure, moi, Kerthan Vosker, Seigneur de Laraus, qu'à partir de cette heure et à l'avenir, je ne ferais aucun tort a vous, Arsinoé de Sainte Berthilde, Marquise du marquisat de Sainte Berthilde. Je vous manifesterai une fidélité parfaite et sans tromperie, ainsi qu'un homme doit se comporter a l'égard de son seigneur. Je ne porterais atteinte a aucun de vos terres, celle Arétria en tant que comté ou alors de la baronnie d'Olysséa, dans l'intégrité de leurs limites et de leurs dépendances, sans en avoir votre ordre immédiat en personne.

Et moi, Kerthan, je ne vous porterais pas atteinte, ni dans votre vie, ni dans vos membres qui constituent votre corps, ni dans notre honneur ou les honneurs que vous possédez aujourd'hui ou que vous acquérez dans le futur. Et moi, Kerthan susnommé je ne vous enlèverais rien de tous les biens susdits, et je ne vous tromperais pas personnellement, ni un homme ou des hommes, une femme ou des femmes ne vous tromperont sur mes conseils ou mes instigations. Et s'il arrive qu'un homme ou des hommes, ou une femme ou des femmes veuillent vous enlever ou vous enlèvent tous les biens susdits, je vous viendrai en aide par l'exercice d'une fidélité parfaite, sans tromperie sauf contre Kerthan Vosker, seigneur de Laraus.. Et cette aide et la force susdite, je vous les procurais sans tromperie toutes les fois ou vous m'en ferez la demande en personne, ou par vos messagers ou votre messager; et je ne vous en empêcherais jamais de les requérir.


Relevant la tête, il donna son serment a Arsinoé en fixant la Marquise de ses yeux verts.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 7 Aoû 2012 - 12:21

« ...de les requérir. »

Il était heureux que la salle soit désertée, elle n'était pas le moins monde convaincue qu'elle aurait su maintenir une façade solennelle et affable pour les yeux d'autrui alors que le seigneur de Laraus marmonnait une incantation de fidélité aussi longue que lassante. Mais elle supposait que les geôles humides enfouies sous la forteresse ne laissaient guère d'autre divertissement à un homme que d'imaginer et ingurgiter un tel serment, et si sa longueur renforcerait son emprise sur l’âme du seigneur, soit. Le silence régnait à nouveau, il était enfin temps de mettre fin à cet entretien des plus désagréables. Faisant quelques pas vers Kerthan, encore agenouillé mais ayant relevé sa tête afin de la scruter d'une manière qu'elle jugeait quelque peu insolente, elle prit délicatement son avant bras de sa main nue, l'incitant à se redresser et de lui permettre de clore cette farce. Elle ne connaissait que trop peu le rituel accompagnant le serment, mais elle savait néanmoins quelle en était la prochaine étape. On l'avait toujours dite grande, comme toutes les Sainte Berthilde ; ce n'était pourtant qu'en s'étirant et avec l'aide tardive du bâtard qu'elle parvint à poser ses lèvres sur les siennes, gardant ses yeux ouverts tout du long. Elle laissa durer le moment juste aussi longtemps qu'il le fallait, questionnant un instant la nécessitée de ce baiser de vassalité alors qu'ils étaient seuls. S'en était assez, elle recula de quelque pas et se dirigea vers la grande table vide ou était posés une liasse de parchemin, une plume et de l'encre. Si l'unité théorique du marquisat était rétablie, la réalité était tout autre et ne semblait elle vouloir être corrigée aussi aisément. Envoyer d'autres lettres foisonnantes de promesses et assurances serait futile, mais la fin du siège lui offrait une autre solution. Elle devait après tout se débarrasser prestement des reîtres de Laraus campant sous ses murailles, sans quoi ils provoqueraient assurément un autre incident avec les Arétan occupés en ce moment même à piller leur bagage. Pourquoi alors ne pas profiter de leur nombres et de la présence du seigneur de Laraus afin d'appuyer quiconque elle enverrait traiter avec les seigneurs absents ?

« Nous voilà réconciliés, et vos erreurs commises en toute ignorance oubliées. Il eut été plus conforme de renouer notre lien de suzeraineté dans la salle du trône, en présence des grands de l'Atral ainsi que des reliques de ma famille, mais les circonstances voient ma cour bien réduite. De plus, nous pouvons espérer que les moins perspicaces ne s'attardent pas sur votre tentative de trahison qui après tout aura été plus envisagée qu’actionnée, il ne nous servirait donc en rien d'ébruiter l'affaire. Votre seule présence, quelles qu'en soient les raisons, est louable en vue du silence accablant de vos congénères. Les Adhemar, Kelbourg, même les Saint-Aimé qui nous sont pourtant liés de sang ont ignorés mes missives lorsque je repris mes droits, et encore quand je fut agressée par la horde du comte. Je requiers leur allégeance afin de pouvoir réellement entamer mon règne, et leur force si je dois préserver le marquisat. C'est pourquoi je vous somme de rendre visite à chacun de ces seigneurs, accompagné de votre ost et de mon sénéchal le sire Adelin, et de revenir avec réponses favorables et, si les cinq le veulent, leurs gens. »

s’attablant, elle se mit à préparer la missive qui témoignerait de la légitimité de sa mission. Le message était bref, la graphie propre de la marquise octroyant à Vosker et au sénéchal pleins pouvoirs de négociation. L'attribut de loin le plus crucial restait de tout évidence le sceau de Sainte-Berthilde, et elle prit un certain plaisir à frapper la cire argentée encore chaude de la forme du cerf dressé. Tendant le vélin à son vassal, elle en profita pour le congédier convenablement.

« Le temps presse, vous partirez donc le lendemain et je vous attendrais avant Verimios. Vous savez tout ce qui est nécessaire pour mener à bien votre mission, si ce n'est pour quelques détails qu'Adelin se fera un plaisir de vous transmettre. Sachez que mes pensées n'auront de cesse de se tourner vers vous et votre mission, et que tout comme feu mon oncle le marquis tenait votre père en haute estime, j'espère pouvoir m'en remettre à vous en mon temps de détresse. Que Néera veille sur vous, ainsi que sur cette terre qui lui est dévouée. »

l'Audience achevée, et les pas du bâtard résonants au loin, elle pouvait s'en retourner à...à quoi ? La situation était des plus étranges, et elle devait s'avouer quelque peu décontenancée de se retrouver l’hôte d'un homme qu'elle avait il y a peu compté parmi ses ennemis. Celui-ci s'activait en ce moment même à prendre la mesure des forces et hommes de sa marquise, ou peut être récusait t-il simplement l'apathie. Elle aurait certainement pu l'inviter à la rejoindre, peut être était-ce ce qu'il attendait, mais elle n'avait aucune envie de faire à nouveaux office d'audience aux vanteries et élucubrations du vieil homme. Une visite de sa cousine aurait elle été la bienvenue, leur dernière rencontre datant de plus de sept années, mais la grossesse de la baronne semblait la contraindre à la réclusion, à moins que ce ne soit la honte. Toujours est t-il qu'elle ne s'abaisserait pas à l'inviter personnellement, ayant assez fait fi de sa fierté pour toute une vie. Non, elle était tout à fait capable de se divertir seule, même si la vieille forteresse ne disposait pas des conforts offerts par le manoir d'Hélias à Thaar. Achevant de rédiger deux nouvelles lettres, qu'elle fit aussitôt porter à son colombier, elle fit appeler sa dame de compagnie, Maude, ainsi qu'un jeu d'échec qu'elle avait fait ramener d'Orient.
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Hans
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Jeu 9 Aoû 2012 - 21:13

Alors que la cérémonie d'hommage allait battre son plein, Anseric s'était ravisé, tournant les talons à la dernière seconde. Un homme l'avait retenu par le bras, et il découvrit ce nez syphilitique du bon Boliard, dit Grand-vît, qui semblait avoir un message capital (l'homme, pas le nez). Rapidement au fait de la situation, le comte oublia sans peine Vosker et ses turpitudes, pour regagner ses appartements. Une fois n'est pas coutumes, il s'employa à envoyer plusieurs missives, si bien que les mauvaises langues diraient de cette histoire qu'elle fit couler plus d'encre que de sang. Or de sang il était question, puisqu'Anseric venait d'apprendre la nouvelle de Pont-Lamor, et de la déroute des rebelles eraçons. Son espoir de voir Aetius repoussé, ou du moins ralenti, par l'éveil du duc légitime se retrouvait balayé.

Peu après, le comte recevait la rumeur de l’acquittement de Vosker, ses préoccupations avaient déjà changé ; il consultait alors une carte d'Erac. Au moins le diable de Laraus ne trainerait plus dans ses pattes. En ce sens là, l'angélisme de sa cousine avait eut un effet positif, bien qu'on en verrait sous peu les déboires, gagea l'homme. Ses décisions arrêtées, il s'en fut vers le hall.

Interrompre le jeu d'Arsinoé n'était guère dans les plans d'Anseric ; il ne s'en priva pas néanmoins, estimant sa cause trop importante pour qu'on la sacrifiât à la bagatelle. Alors que la dame de compagnie débarrassait le plancher, le comte, lui, occupa l'espace de ses cent pas. Il déployait cette énergie écrasante, simplement pour l'exposition de son plan d'attaque. Il roulait des épaules, tapait du pied, déroulait les vélins, bombait le torse, vantait sa victoire future.

"Madame, s'il vous échoit de ménager le soutient de vos vassaux, il me revient désormais d'urger vers les affaires supérieures. Nos terres se voient menacées par l'Ivrey, qui vient de remporter bataille face à ses ennemis eraçons. Frappons sans attendre! La menace d'une tête de pont royaliste si près de nos pénates m'est insupportable, et je vais de ce pas en écarter le danger. Je vous demanderais, à titre de ban, le concours de deux centaines de vos preux, en armes et montés, afin d'aller bouter le Régicide hors de notre vue.

Daignez accepter de recevoir en vos murs mon épouse votre cousine, ainsi que ses gens. Ils s'en retourneront dans leurs demeures dès notre victorieux retour, mais avant cela, je ne peux prendre le risque de vous voir assaillie par quelque vassal, tout ébaudi des manœuvres du Régent."


Son congé pris sommairement, l'homme quitta sans attendre la ville, regagnant un camp plongé dans l'effervescence du départ futur. Dès le lendemain, la cohorte de l'Atral prenait la direction de l'Avosne, afin d'en découdre sans attendre avec l'armée royale. En tête de cortège, Anseric espérait désormais une prompte victoire sur sa Némésis.

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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mer 22 Aoû 2012 - 13:46

Mois de Barkios, premier jour de la troisième ennéade.


Les intempéries de la semaine passée palissaient face au déluge qui s’abattait aujourd’hui sur les vertes plaines du Berthildois. Le soleil ne devait plus être loin de son zénith, et pourtant on l’aurait cru couché tant les nuages menaçants venu d’Arétria détournaient ses rayons. Un chevalier avançait lentement dans la boue du campement bien diminué des ex-assiégeants, évitant de son mieux la populace trempée qui s’y activait encore. Le cerf dressé que l’on distinguait sur sa cuirasse ruisselante d’eau le marquait pour un chevalier au service des Sainte Berthilde, et le vélin qu’il tentait tant bien que mal de protéger de la pluie lui avait été remis par sa dame quelques instants auparavant. Arrivant enfin devant un grand pavillon arborant le loup des Olyssea, il s’adressa au garde qui lui semblait être le chef de la troupe, tout en lui tendant la missive.
« Remettez cela à votre dame, de la part de sa cousine la marquise. »


Citation :

A l’intention de ma cousine la baronne d’Olyssea et comtesse d'Arétria, Clélia d’Olyssea,

Cela fait près de huit années que je ne vous ai pas vu, et nos adieux n’étaient pas à la hauteur d’une si longue attente. Suite au départ de votre époux, que Néera récompense dûment son hardiesse, je me vois sombrer dans un océan de morbidité, chaque objet qui m’environne me rappelant le triste sort de mes parentes. Le destin ne fut pas clément à nos familles, et pourtant nous voyant toutes deux à leur tête je trouve enfin raison d’espérer que cette époque soit révolue. Qu’ensemble, jeunes et unis par le sang, nous puissions réparer les erreurs qui aujourd’hui conduisent nos gens à s’estriller dans les collines d’Erac.
Pardonnez-moi ces paroles grandiloquentes, de douces rêvasseries qui ne sont pas aux fondements plus prosaïques de cette missive. Il est insensé que vous demeuriez dans ce qui est de toute évidence un campement militaire alors que votre époux a réparé quelconque désaccord il pu y avoir entre nous. J’ai fait préparer de vastes appartements adjacents aux miens dans l’espoir que vous les occupiez, rien ne me procurerait plus grande joie. On ne peut savoir ce qui nous attend le lendemain, mais nous devons saisir cette opportunité de nous voir à nouveau lorsqu’elle se présente, en attendant le retour victorieux de votre conjoint.

Arsinoé d'Olyssea, Marquise de Sainte Berthilde.


Dernière édition par Arsinoé d'Olyssea le Sam 1 Sep 2012 - 20:11, édité 2 fois
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 28 Aoû 2012 - 14:02

Mois de Barkios, deuxième jour de la troisième ennéade

    Citation :
    A Arsinoé d'Olyssea, marquise de Sainte-Berthilde.

    Ma chère cousine,

    Je reprends, si vous me le permettez, avec justesse vos mots : huit années se sont écoulées dans un silence frappant, et les conditions dans lesquelles se font nos retrouvailles ne sont pas des plus idéales. La chance voulut que nos intérêts sachent se rejoindre et trouver un terrain d'entente, qui je l'espère sera annonciateur d'une ère prolifique et positive à notre famille qui saura trouver le temps et la force de se souder à jamais. C'est donc avec une certaine joie que j'accepte votre invitation, et vous rejoins aussitôt que cette lettre aura quitté mes mains pour vous parvenir. Je laisserai à mes hommes le soin d'en avertir mon époux et tiens à vous remercier encore chaleureusement de votre hospitalité.

    Que les Cinq veillent sur vous et votre progéniture.
    Clélia d'Olyssea, baronne d'Olyssea et Comtesse d'Arétria.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Lun 3 Sep 2012 - 18:30

Barkios; Printemps; deuxième jour de la troisième ennéade; An 6

Arsinoé d'Olyssea relisait pour la sixième fois le message que son intendant lui avait porté une heure auparavant, soupesant chacun des mots d'Aemon d'Ancenis, analysant tous ce qu'ils impliquaient. Le contenu n'aurait pu être plus laconique, preuve de prudence ou de méfiance, chose qui ne manquait pas de l'irriter. Il y avait en effet six jours qu'Anseric avait fait marche pour l'Eraçon, et encore aucun mot du conflit qui s'y déroulait assurément ; si Clélia recevait des nouvelles de la part de son époux elle ne les partageaient pas. Elle avait finalement craqué la veille et envoyé une poignée d'hommes prendre la mesure du conflit qui opposait le comte aux Ancenis, mais elle ne pouvait espérer leur retour avant le surlendemain. Ses yeux en venaient à un passage d'une toute autre nature mais à sa manière tout aussi troublant : le baron avançait l'idée d'épousailles entre leurs personnes. Elle ne savait toujours que penser de la notion, ne sachant rien de l'homme sinon qu'il avait été aussi contraint à l’exil suite au débâcle du sac de Diantra. Au moins possédait de l'aplomb, ou peut être une certitude que le sort du sire de la Rochepont était scellé. S'il disait vrai et que celle qui avait jadis été sa belle-sœur se joignait au conflit, il semblait bien que les perspectives militaires de son cousin soient funestes. Elle jugeait néanmoins l'Arétan trop expérimenté et rusé pour se laisser ainsi prendre au piège, elle ne serait surprise d'apprendre que son ost faisait en ce moment même marche arrière.

Un bruit de pas derrière elle, et le vélin s'envola dans les flammes du brasier. Elle se retourna tout en cachant de son corps le parchemin et le blason qui l'ornait -il ne servait à rien d’inquiéter indûment ses hôtes- et eu le plaisir de se retrouver face au Vicomte de Boisanger. Derrière son faciès anodin se cachait l'un des plus grand esprits de la péninsule, et qu'il se soit proposé d'assurer l'éducation de son fils avait été une des rares bonne nouvelle à accompagner la fin de son éxil. Il était venu l'informer qu'Adrien maîtrisait dorénavant suffisamment les lois de la courtoisie pour ne pas se couvrir de honte ; ses habitudes Thaari ne sauraient convenir en noble compagnie, et pourraient avoir de biens lourdes conséquences si jamais il révélait son ascendance véritable. Le remerciant pour ses services, et l'assurant qu'il pourrait reprendre son enseignement traditionnel dès le lendemain, elle se retrouva enfin seule avec son fils. Vêtu d'une veste sinople bordée de velours noir, ses fins cheveux châtains dont il était si fier brossés et lavés, tous seraient forcés de voir en lui un légitime Sainte Berthilde. Le prenant par la main, elle se dirigea alors vers les chambres récemment occupés par sa cousine. Contrairement à ses deux précédents invités qu'elle avait logé dans des appartements aux niveaux inférieurs de la forteresse, Clélia se trouvait dans ceux normalement réservés à la famille proche de la marquise, dernièrement occupés par Aliénor de Saint-Aimé lors du bref règne de son frère. Le couloir y menant était comblé de valets achevant de déplacer les possessions de leur maîtresse, tous s'écartant et s'inclinant devant la marquise et son fils.

Un domestique au crane rasé ouvrit la porte ouvragée, révélant les murs tapissés du vestibules, une fresque représentant la victoire d'un ancien marquis contre les païens du nord couvrant la toiture. Clélia ne la fit pas attendre longtemps, mais visiblement trop pour Adrien qui s'agitait et ne voulait rester droit. Enfin, Clélia vint la recevoir en personne . Souriante, Arsinoé s’avança lentement vers sa cousine qu'elle n'avait revu depuis si longtemps, tenant fermement la main moite de son fils. Celui-ci s'agenouilla devant la baronne, marmonnant quelque mots en rapport avec Néera, avant de se retirer prestement derrière les jupons de sa mère. Elle prit alors délicatement les mains de sa cadette entre les siennes. Ses souvenirs avaient été émoussés par le temps, mais se retrouver face à une femme dans la fleur de l'age et arrivant au terme d'une grossesse alors qu'elle se rappelait d'une enfant aux portes de l'age adulte l'interpella un instant, même si ce n'était pas une véritable surprise. Se ressaisissant, elle accueillit Clélia d'Olyssea comme il se devait.

« J'espère que vous trouvez ces appartements à votre convenance, et ne voyez aucun signe malheureux dans le triste sort de la dernière occupante. Ma cour est tellement réduite et pauvre en divertissements qu'il me paraissait préférable de rester proche de vous, que je puisse profiter de votre compagnie, et réciproquement, en attendant le retour de votre époux. Adrien manque de compagnons de son age, il ne parle que de rencontrer votre fils. La notion me séduit aussi, qu'il serait heureux pour l'Atral d'avoir à sa tète deux princes unis par des liens d'amitiés. Avec votre accord, je propose que nous nous retirions à votre boudoir, que nous puissions entreprendre de combler le gouffre que mon exil à creuser entre nous, et ainsi de mettre loin de nos esprits la guerre qui fait rage au sud. »


Dernière édition par Arsinoé d'Olyssea le Jeu 21 Fév 2013 - 16:04, édité 1 fois
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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 4 Sep 2012 - 2:08


22ème jour de Barkios.

Malgré la discipline qui régnait dans les rangs il était difficile pour un tel cortège de se déplacer avec discrétion. Composé à part égale de chair ainsi que de métal, le serpent sinuait à travers la plaine de l’Atral arborant les armoiries des régions odéliannes et Etherniennes. Et pendant que le voyage s’effectuait afin de rallier le marquisat voisin et ainsi porter secours à la gente dame injustement accablée par ses parents et vassaux félons, on discutait dans les rangs que l’on soit soldats, auxiliaires de troupes ou nobles. Et d’ailleurs c’est à la noblesse que nous allons nous intéresser, nous approchant de quelques nobles et notamment du comte d’Odélian, Grégoire de Dens, qui accompagné d’autres nobles et notamment du baron d’Etherna, discutait avec ce dernier :

" Le nord souffre mon bon Jérôme, Serramire est sans tête depuis trop longtemps et ce ne sont pas ces quelques pantins qui arrivent au pouvoir pour seulement quelques jours qui inverseront la tendance. Il parait même il y peu que celle qui se fait appeler marquise aurait été en pourparlers pour unir sa maison à un suderon ancennois qui se voyait déjà maitre du nord. Cette marquise est d’une sottise, préférant aller quémander de l’aide à des hommes du sud plutôt qu’à sa patrie, je vous le dis mon ami, cette gourgandine ne tiendra plus très longtemps, la colère gronde. " A cette diatribe, certains des nobles présent firent semblant de ne pas avoir entendu le parjure, alors que d’autres plus zélé, crachèrent par terre en signe d’affirmation. " Quant aux pays frontaliers ces derniers se meurent sur la bordure, mais après tout c’est peut-être mieux ainsi. J’ai entendu que le pauvre hère qui se surnomme lui-même " le terrible " , s’empêtre depuis des années dans une guerre civile dont l’issue ne lui serait pas favorable; ce n’est pas tellement lui qui est terrible mais plutôt sa situation. " Sur ces quelques bons mots, quelques nobles de l’assistance émirent quelques rires. Pour éviter la gêne et préserver la bienséance, le comte préféra éluder la comparaison qu’il aurait pu effectuer avec la révolte d’Etherna, afin de ne pas faire perdre la face à son protégé. " Et que dire de ce marquisat pour lequel nous allons nous battre ? Des vassaux et de surcroit des parents de la marquise qui viennent non pas pour lui souhaiter la bienvenue mais pour l’assaillir, la traiter en paria, le nord souffre mes bons amis. "

Ainsi après ce constat acide, il y eut quelques minutes de flottement, peut-être dans l’attente d’une réponse de la part du baron, mais la critique n’était plus qu’une constatation qu’un véritable sujet de débat. Puis la conversation reprit sur des sujets divers, les hommes étaient confiants et on préférait discuter tranquillement rompu à ce genre de rengaines, plutôt que de pisser de trouille dans ses chausses. Sûrement quelques nouvelles recrues avaient ce sentiment, ce nœud au fond de la gorge, cette boule dans l’estomac, mais pas le comte, pour lui cela ne serait qu’un conflit de plus qui pourrait avec un peu de chances se réglait rapidement.


***

24ème jour de Barkios.

Après avoir parcouru la région, vu se succéder les paysages et les hameaux (nous passerons sur les quelques frasques inhérentes à ce genre de voyage), l’armée qui devait comprendre deux milles têtes auxiliaires comprises, voyait poindre l’objectif qu’il devait atteindre. En effet Grégoire voyait le château de Dame Arsinoé se dessinait dans l’horizon et le noble n’était pas mécontent d’être enfin arrivait à destination. Cependant alors que l’on pouvait apercevoir le château, Grégoire fut étonné de rien apercevoir dans les alentours du castel. En effet, la plaine était vide, dépourvu d'armée ou de tentes qui démontrait la félonie des vassaux de la marquise ? Le sieur de la Rochepont avait-il emporté toute son armée ou alors une partie de celle-ci couvait sournoisement au chaud à l'abri des murailles du château ? Et quand était-il de la baronne d'Olysséa ? Le comte n’avait aucun griefs contre la baronne dont le seul crime avait surement été d’obéir en épouse et de joindre ses forces à celle de son mari mais elle n’en restait pas moins félonne et que celle-ci cherche à retrousser ses babines qu’elle goutera à la trique. Puisque les abords du château était vierge de toutes présence hostile-du moins à première vue-la cohorte s'avança dans la plaine tout en gardant une distance raisonnable pour ne pas se faire arroser de traits depuis les murailles. En effet il aurait été fâcheux que l'ennemi embusqué derrière les murs puissent assaisonner nos preux libérateurs et pire encore si ces flèches ne venaient d'arcs ennemis mais de ceux de la marquise pensant que les troupes de l’infâme couple revenaient à la charge. Le comte après avoir scruté le panorama qui s'offrait à lui, fit mander un messager ailé et distribua les consignes :

" Tenez vous prêt, On installera le campement plus tard, je veux que vous placiez les scorpions sur cette crête et les armes de sièges par ici et que l’on m’apporte ce fichu piaf ! "

Citation :
A son excellence la marquise de Saint Berthilde, Arsinoé d’Olysséa,
Moi, Grégoire de Dens, comte d’Odélian, accompagné de Jérôme de Clairssac, baron d’Etherna, nous tenons aujourd’hui devant vos murs afin de vous porter assistance devant l’affront que l’on vous a fait. Je tiens avant de pouvoir vous rencontrez enfin en personne à vous renouveler une nouvelle fois ma sympathie et mon soutien dans cette épreuve et vous demandes de me faire un bilan rapide de la situation. De plus j’aimerais avoir le plaisir d’une entrevue avec votre personne Ainsi qu'avec peut-être votre cousine (si celle-ci est dans vos murs) afin de régler rapidement cette situation qui doit j’en suis sur, vous peser depuis votre retour sur ses terres.

Après ce bref message, Grégoire remit le message au volatile qu’on s’empressa de libérer afin que la situation ne s’éternise.





Dernière édition par Grégoire d'Odélian le Jeu 6 Sep 2012 - 1:01, édité 2 fois
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 4 Sep 2012 - 11:16

L'ordre de partir avait été donné par le Comte, Jérôme avait donc apporté ses dernières consignes à son frère avec soulagement. Il était partit en tête, le premier à avancer vers la guerre qui s'annonçait, à sa suite il y avait trente cavaliers lourds qui formaient sa garde, deux cents cavaliers lourds puis cent légers. Venait ensuite l'infanterie, deux cents hallebardiers, le même nombre d'arbalétriers et trois cents lanciers. Au milieu de ce cortège composé des troupes etherniennes étaient disposés un bélier et une baliste avec soixante dix servants. Tous ces hommes partaient au combat et nul ne savait combien en reviendraient. Les bannières flottaient au vent, neuves et immaculées alors que c'était leurs premières sorties depuis la prise de fonction du Baron.

La jonction avait été faite rapidement avec les troupes du Comte d'Odélian et c'est naturellement qu'ils avaient pris la tête du cortège, laissant les forces de la baronnie à l'arrière. Jérôme avait une humeur sombre étonnante vu l'engouement qu'il mettait au combat, pour lui l'honneur était important lors d'un affrontement individuel mais il avait depuis longtemps acquit le fait qu'il n'y en avait pas à la guerre. De la gloire certes, pour le vainqueur, mais aucun honneur. De plus l'histoire se souvenait toujours de la version de celui qui avait gagné et non du perdant. Pour sa part, Jérôme avait plutôt connu la victoire aux côtés de Grégoire mais il était toujours de ceux qui bataillaient sans en tirer la gloire qui retombait sur le commandant, il était toujours resté dans l'ombre et l'heure était venue d'en sortir, aujourd'hui c'était lui qui était à la tête de ses hommes et ceux-ci se battraient pour lui et mourraient en son nom.

Le Baron avait naturellement rejoint Grégoire pour être à ses côtés, accompagné de Clément d'Huguelain et de quelques nobles etherniens. Jérôme ruminait intérieurement ses plans alors que les discussions allaient bon train dans la suite du Comte. Jérôme avait déjà participé à plusieurs batailles et il n'avait pas non plus la peur au ventre, aguerrit dans cet exercice qu'était une boucherie en règle. La guerre prenait toujours son lot de carnage et de sang.

Le Comte finit par adresser la parole directement au Baron qui sortit de sa réflexion pour écouter. La critique envers les marquis de Serramire qui se succédaient était acerbe, Jérôme acquiesça de la tête aux propos de Grégoire, non parce qu'il était en accord avec tout ce qu'il disait mais sur ce point la, c'était le cas et il n'était pas de ceux qui se cachaient derrière un semblant de fidélité et d'hypocrisie. Il savait aussi que Grégoire appréciait le franc parler et il ne mâcha pas ses mots, ni son langage

"Vous avez fichtrement raison votre grandeur, ils se succèdent à une vitesse effarante ces derniers temps et aucun n'a réussit à relever la situation. Nombre des bandits récemment attrapés venait d'ailleurs de Serramire."

Il marqua une courte pause

"Alonna doit se sentir seul face à sa destinée, espérons que les drows ne se voient pas pousser des ailes devant notre fébrilité et des idées d'invasion vu l'état dans lequel sont Serramire et Oësgard. Et ne parlons pas des évènements actuels un peu partout dans la péninsule. entre la guerre civile meurtrière d'Oësgard, la campagne du régent contre Erac, Sainte Berthilde et ses vassaux, il semble que la guerre soit partout..."

De nouveau, il marqua un arrêt

"Il faut espérer que la situation change et se stabilise dans un futur proche, le nord mérite beaucoup mieux que ce qu'il se passe en ce moment. En tout cas vous voila partit pour mettre un peu d'ordre en Sainte Berthilde"

Sans s'en rendre compte, il tomba de nouveau dans un certain mutisme, il songeait toujours à sa rencontre avec le Comte d'Aretria et la promesse qu'il lui avait faite de ne pas lever son épée contre lui. Il ne pensait pas à ce moment qu'ils entreraient en conflit si rapidement et du coup, cette conversation très courte prenait tout son sens. Il attendait également des nouvelles de ses éclaireurs où qu'ils soient.


***


Les paysages se succédèrent, il se passa deux jours sans aucun heurt, il semblait que toutes les armées potentielles devaient se trouver au même endroit....Jérôme avait donné des ordres précis et sans discussion possible sur le fait que ses hommes ne devaient en aucun cas se livrer au pillage, il ne le tolèrerait pas, surtout qu'ils étaient venu pour venir en aide à la Marquise et non pour saccager ses terres.

Enfin le château de la Marquise fut en vue, nul doute que l'armée réunie d'Odélian et d'Etherna n'était pas passée inaperçue. Le Baron se demandait quel effet cela ferait à la Marquise de voir de nouveau une armée aux pieds de ses murs. Enfin celle la était alliée et venue pour l'aider, les conditions n'étaient donc pas les même.

Le Comte fit envoyer un message envers la maitresse des lieux, tout le monde était en attente, qu'allait il donc se passer maintenant ?


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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Sam 8 Sep 2012 - 14:16

    Le départ de la baronne fut alors annoncé peu après que les troupes avaient été autorisées à entrer dans la ville de Sainte-Berthilde. Son arrivée, bien que marquée d’une certaine discrétion propre à l’esprit olysséen – l’élégance de la sobriété préférée au tapage de l’exhibition -, était éminemment attendue par Arsinoé, et lorsque le calèche aux armoiries de la Louve apparut dans le domaine de la marquise, tous étaient aux aguets.

    La jeune femme qui avait alors tant fait couler d’encre et créé tant d’inquiétudes et d’incompréhension dans le cœur de sa cousine se dévoila au regard de la course berthildoise. Drapée d’une simple robe émeraude, une blondeur candide éclairant sa chevelure que l’on voyait alors de loin, les traits de son visage semblaient emprunts d’un profond contentement. Pas de fierté, pas d’orgueil excessif : Clélia d’Olyssea était apaisée de revoir sa famille, tout autant que pouvait l’être une femme enceinte.

    Le petit Yvain se tenait à ses côtés : son père avait marqué d’un sceau irrémédiable son visage, et tout en lui était digne du savant et néanmoins explosif mélange génétique et comportemental de ses parents. Il arracha quelques moues attendries aux caméristes, tandis que les gardes pourpres qui les accompagnaient se voyaient imités dans leur démarche par le petit bout d’homme.

    Yvain imita Adrien, saluant comme il se devait un membre adulte de son sang, tandis que sa mère accorda un sourire à Arsinoé d’une nature bien éloignée de l’ambivalente hautainerie qu’on dépeignait au sujet de la baronne d’Olyssea. Ses mains blotties dans les siennes témoignant les retrouvailles pudiques et néanmoins importantes des deux cousines, la jeune femme baissa cependant la voix pour répondre à la marquise.

    « Vos paroles sont bien sages, ma cousine, et après ce délicat voyage et ces étranges circonstances, nous avons en effet bien des choses à nous confier, et beaucoup de temps perdu à rattraper. »

    Elles s’enquirent toutes deux de rejoindre le boudoir laissé à leur disposition afin d’échanger moult conversations qui échappèrent à bien des ouïes curieuses et malsaines, et dont la teneur échappera au lecteur avisé.

    ~~~
    Barkios, Printemps, 3ème jour de la troisième énneade, an 6.

    Citation :
    A l’attention de sa Sérénissime Jeanne de Sephren, Duchesse de Langehack, et avant tout amie de cœur,

    Je vous écris ces mots de Sainte-Berthilde, car votre présence et vos bons mots espiègles manquent à mes jours assombris par les guerres et les menaces qui s’accumulent. Mon sang se voit menacé, comme vous l’avez sûrement appris, par celui d’hommes aux desseins peu engageants pour l’avenir de nos peuples. Ma confiance en ces hommes qui s’arrogent plus qu’ils ne le méritent n’est pas si grande, et je crains d’être attachée plus qu’il ne le faut à mes terres et à ma famille.

    Cette lettre est là pour vous avertir. Dès aujourd’hui, à l’heure où ma plume asseoit mes écrits, la chair de ma chair devient vôtre. Seul les Cinq savent ce que le futur me réserve, mais en tant que femme, je veux que vous sachiez la confiance que je vous renouvelle, et quelle dame d’influence vous êtes. Votre existence m’est bénéfique plus que vous ne pouvez l’imaginer, à moi et à ceux que vous saurez guider par vos paroles et vos agissements réfléchis.

    Puissent les Dieux nous permettre de nous revoir au plus vite, de la meilleure façon qui soit.
    Avec affection,

    Clélia d’Olyssea.

    La lettre venait d’être cachetée du sceau de la Louve, et la baronne se dirigeait de son propre chef vers les volières de la demeure d’Arsinoé, où elle décidait alors d’envoyer la missive. Le regard plus obscurci qu’il ne l’était auparavant, sa main caressait doucereusement la courbure maternelle de son ventre alors qu’au loin le volatile se réduisait à un point sombre.

    Au même moment, le soleil d’une après-midi entêtante inondait l’intérieur de la calèche apprêtée à la hâte, où une nourrice et quelques gardes pourpres s’étaient entassés aux côtés d’Yvain. Ils quittèrent Sainte-Berthilde sans un regard derrière eux - sans même que personne au domaine ne sut réellement où s'en allaient alors ces gens-là - ; la silhouette baronniale quant à elle, se contenta d’observer ce départ en promenade derrière les grandes fenêtres de ses appartements. L’inquiétude ne chassait pas le danger – elle ne pouvait alors imaginer que le lendemain lui donnerait raison -, mais c’était le mieux qu’elle avait à faire.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Dim 9 Sep 2012 - 15:44

Barkios; Printemps; sixième jour de la troisième ennéade; An 6


C'est morose qu'Arsinoé ressortit des appartements de sa cousine, l'entretien écourté par l'arrivée heureuse d'un chevalier qui malgré quelques problèmes d'élocution parvint à lui faire comprendre qu'une autre armée s'était entre-temps présentée aux portes de Cantharel. Anseric serait t-il déjà de retour de son expédition dans l'Eraçon ? Si c'était le cas, elle redoutait déjà ce qui l'attendait aux portes de la cité ; il n’apprécierait pas plus sa tiédeur à l'égard de l'ost nordique que son épouse. Que celle-ci ait jugé bon d'éclipser son fils la blessait d'ailleurs plus qu'elle ne voudrait l'admettre, tout en renforçant sa détermination à confronter l'homme qu'elle tenait responsable pour la triste tournure des évènements.

Arrivée en haut des parapets, ce n'est cependant pas son ost qu'elle pu distinguer en contrebas ; au lieu du renard les oriflammes arboraient les trois roses des d'Adhémar et le sanglier des de Kelbourg. Adelin était donc parvenu à rameuter deux de ses châtelains, bien que l'absence du blason de Godfroy de Saint Aimé soit troublante. Ils étaient en passe d'ériger un campement à moins d'une quart de lieue de la troupe d'Odélian, signifiant fort heureusement qu'ils ne s'attaqueraient pas aux envahisseurs sans en savoir plus. Ils ne devraient plus tarder, et en effet il ne lui fallu pas longtemps pour apercevoir une petite troupe progressant vers les portes, leurs cuirasses étincelantes par cette lumière de fin de journée se démarquant de l'étendue boueuse où s'était jadis dressé le campement des Olysseens. Les portes s'ouvrant accompagnées de leur mélodie de grincements, elle descendit rapidement les marches de la tour de garde pour se retrouver face à un homme sortit de son passé, Frédéric de Kelbourg, que quelques écuyers aidaient à descendre de sa monture caparaçonnée. Adelin l'accosta aussitôt, une expression inquiète sur son visage.

"Je sais notre position délicate ma dame, mais de là à accueillir en nos terres les forces armées du comte d'Odélian ! Vous pourriez assurément mettre un temps de coté votre querelle avec votre cousin pour vous liguez contre Grégoire Berdevin. Les exactions de son frère sont trop fraîches pour être aussi aisément mises de cotés


"Mais le sont moins que le souvenir qu'ont mes vassaux de la missive d'Anseric leur ordonnant de se soumettre au moindre d'entre eux : Kerthan Vosker. Non, ma ligne de conduite est toute tracée, je ne laisserai pas cette vieille querelle s'interposer entre nos intérêts communs. Quoi qu'il en soit, je vous suis redevable d'avoir en un si bref délais gagné à ma cause deux seigneurs ainsi qu'hommes de qualités.
Dévisageant alors l'assemblée, elle se tourna finalement vers le sire de Kelbourg, quelque peu décontenancée. Je n'avais de doute que vous répondriez à mon appel, mon oncle le marquis avait toujours fait l'éloge de votre probité. Je ne vois par contre nul part le sire d'Adhémar..."

Un homme maigre et sec, à l'aube de la cinquantaine, il humecta ses lèvres -qui esquissaient un fin sourire depuis la mention de son compagnon de route- avant de répondre. "Je vous prie de m'excuser pour ma venue si tardive, si la guerre n'avait éclaté au sud de mes terres sachez que ma venue ne se serait fait attendre. Je viens accompagné de trois-cents braves, et deux-cents autres de mes gens arriveront sous peu à l'insistance de votre sénéchal, une décision avisée à la vu des vilains des deux cotés de vos murailles. Vous faites néanmoins erreur en déclarant Martin d'Adhémar un prud'homme, seul l’appât du gain explique sa venue, votre oncle en témoignera."

"Cela est fort bien, mais où est t-il ? Il est grand temps de renouer formellement les liens de suzeraineté."


"A son insistance, nous l'avons laissé ainsi que Messer de Vosker avec le gros de notre force dans l'éventualité de velléités belliqueuses des soudards d'Odélain et Etherna.
  Répondit le sénéchal, visiblement gêné par la dernière remarque de Frédéric. Il apporte un demi-millier d'hommes à notre cause, et bien que la promesse de son allégeance vienne en effet avec quelques conditions, ce n'est rien dont ne saurons nous accommoder. Le jeune seigneur de la Touranne se montra par contre plus réticent, je crains qu'il désire vous rencontrer en personne avant de prendre n'importe quel engagement. La mort de ses neveux l'an passé lui pèse encore lourd de toute évidence, nous ne pouvons compter sur son support pour l'instant."

s’empourprant, l'affaire lui tenait visiblement à cœur, le sire de Kelbourg avança d'un pas tout en se frappant le buste de l'index.
"Thiégaud et Aliénor étaient de mon sang au même titre que Godfroy, leur mort amplement méritée - je regrette seulement ne pas avoir pu m'occuper moi même du félon- ne justifie en rien sa traîtrise."


"Nous nous occuperons de son cas plus tard, le moment est aux réjouissances, à l'hommage. Adelin, je vous chargerai pendant ce temps de remettre ce vélin aux seigneurs qui ont fait si longue route dans l'espoir de me rencontrer."


Citation :
A sa grandeur le comte d'Odélian, Grégoire Berdevin,

Une missive ne saurait contenir tout ce qu'il me faut dire, c'est pourquoi je vous invite de rejoindre aussitôt qu'il vous sera possible mon siège afin que nous puissions discuter en toute tranquillité. Ma cousine la baronne est en effet mon hôte, ainsi que ses gens, mais je puis me porter garante de la sûreté de tous.

Arsinoé d'Olyssea, Marquise de Sainte Berthilde


Dernière édition par Arsinoé d'Olyssea le Jeu 18 Oct 2012 - 12:02, édité 3 fois
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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 11 Sep 2012 - 23:08

Dès qu’il eut fini le billet que la marquise venait de lui envoyer, le comte prit le temps de la réflexion. Ainsi la missive confirmait la présence de la baronne d’Olysséa en ces murs et il fallait supposer que celle-ci était accompagnée. Grégoire ne doutait pas de son action entreprise, la marquise avait eu besoin d’aide et tous les paramètres en compte avaient décidé le noble à porter secours à cette demoiselle en détresse. Cependant même si il était de toute manière trop tard pour changer d’avis et faire marche arrière, il ne fallait pas néanmoins être imprudent. Après tout même si les missives avait su montrer de quels bois la marquise était fait, rien ne valait une confrontation de vis-à-vis et même alors certains prédateurs savaient vous tromper, surtout ses furies que l’on nommait femmes, adeptes de la tromperie. Oui, vous l’aviez compris, le comte restait méfiant et l’idée d’une rencontre au sein de la citée en compagnie de troupes ennemies lui semblait suspicieux. Cependant Grégoire était un juste et sa cause était noble, alors il ne craindrait nuls tourments. Il décida cependant que Jérôme resterait en arrière, il avait besoin que ce dernier organise le campement ainsi que les troupes, car en cas de traquenard il faudrait réagir rapidement; les étendards qui venaient d'apparaitre à quelques lieux de leur position pourraient s’avérer aussi bien des alliés que des ennemis dans les heures à venir.

Ainsi après avoir salué le baron plus comme son ancien frère d’arme que par les convenances dû à son nouveau titre, il lui assura que tout se passerait bien. Il enfourcha sa monture et après un rapide balayage de la plaine, le comte et le gant noir chevauchèrent tranquillement jusqu’au porte de la citée. Ils étaient passés, pas de carreaux fichés dans la gorge tiraient depuis les murailles, pas d’entourloupes, mais en revanche la ville semblait animer surtout avec les couleurs bariolées qu’arborait une tripoté de spadassins et troufions d’armée. Grégoire et son escorte restait alerte même si l’accueil lui semblait bon et l’on guida la troupe au travers des artères de la ville jusqu’à arriver au château. Une fois avoir traversé moult couloir et pu apercevoir le style austère de cette maison qui avait sans nulle doute besoin d’un noble fort à sa tête, le comte fut mener devant une jeune femme blonde au regard marron dont la beauté semblait mise à l’épreuve par les événements qui l’accablaient. Le comte, la main sur la garde de son épée, s’inclina légèrement :

" Votre excellence, enfin nous nous rencontrons. Je suis bien aise de vous voir en vie malgré la fatigue qui vient ombrager votre grandeur. Toutefois vous n’avez plus à vous inquiéter, Le baron et moi-même sommes ici afin e vous aider à sortir de cette détresse dans laquelle vos vassaux vous ont plongé au lieu de vous accueillir à bras ouvert. Cependant pendant que je devise avec vous, le temps pourrait venir à manquer, j’aimerais donc que vous me mettiez rapidement au courant des derniers événements de la situation. "


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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mer 12 Sep 2012 - 7:33

Une réponse à la missive du Comte ne tarda pas à arriver de la part de la Marquise de Sainte Berthilde. Après l'avoir lu, Grégoire rentra dans une phase de réflexion intensive, il devait faire un choix mais il n'était pas aisé. Ses conseillers lui auraient (avaient) tous déconseillés de se rendre à l'intérieur des murs de la cité, se livrant ainsi et se jetant dans la gueule du loup. Une fois sa décision prise, personne ne pouvait le faire changer d'avis et c'est ainsi que Grégoire annonça qu'il répondrait à l'invitation de la dame Arsinoé. Dès lors s'ensuivit un brouhaha sur les personnes qui désiraient accompagner le Comte et son escorte ainsi que sur le nombre de gardes qu'il devait prendre avec lui, Jérôme était de ceux qui étaient le plus enclin à suivre son mentor. Il fut finalement décidé que seul le gant noir accompagnerait sa Grandeur et que le Baron organiserait le campement et prendrait le commandement le temps que le Comte soit de retour.

Les deux nobles se saluèrent plus amicalement que protocolairement et Grégoire enfourcha sa monture, prenant la direction de la cité. Jérôme ne le lâcha pas une seconde du regard, tous les yeux étaient rivés sur leur seigneur qui se dirigeait vers les hauts murs, dans l'attente d'une félonie. Rien ne se passa et au bout d'un temps interminable, les portes s'ouvrirent pour laisser le passage à la délégation avant de se refermer lourdement dessus, les faisant disparaitre à la vue de tous.

Le temps allait sembler interminable avant que le Comte ne soit de retour mais cela ne devait pas entrer en compte pour le Baron placé à la tête de l'armée. Les ordres fusèrent et il alliait le geste à la parole, ses bras se levant et s'abaissant au rythme de ses instructions et ses doigts montrant des positions aux officiers en charge d'exécuter ses dispositions.

Ainsi, l'on vit des hommes regrouper les armes de siège et une garde solide se former autour avec en tête le fait qu'ils répondraient de leur vie si elles étaient sabotées ou détruites. Les chevaux furent éloignés pour éviter que les odeurs de crottins n'envahissent le camp et des latrines commençaient à être creusées à bonne distance pour les mêmes raisons. D'autres soldats partirent à la recherche de bois pour bâtir un mur de rondins qui les protègerait en cas d'affrontement. Dans la même logique, une tranchée se formait autour du "campement", assez large pour éviter qu'un cheval ne la franchise d'un saut et ainsi empêcher une charge contre eux. Des éclaireurs partaient à chaque instant et une garde avait été mise en place et patrouillait autour. Enfin les tentes pointèrent le bout de leur toit. Cela pouvait sembler un travail titanesque mais vu le nombre d'hommes présents, il avançait à un rythme continu et on ne savait jamais ce qu'il pouvait se passer, ils pouvaient repartir dans l'heure ou s'éterniser pour une durée inconnue alors autant prendre les précautions d'usage même si certains penseraient que le Baron exagérait.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mer 12 Sep 2012 - 20:12

Il y avait bien longtemps que le grand hall de la forteresse n'avait été pareillement investi, la moitié des foyers de la salle ayant dû été allumé pour l'occasion. Entre les colonnades et draperies aux couleurs vieillies se tenaient près d'une cinquantaine de nobles et dignitaires, Berthildois ou Olyseens, venu assister à la cérémonie d'hommage du seigneur Frédéric de Kelbourg ainsi qu'à l'audience qui lui succéderait. La marquise avait en effet gracieusement invité Grégoire Berdevin et Jérome de Clairssac, et tous étaient curieux de savoir quels mots seraient échangés entre les seigneurs du nord et les cousines qu'ils provoquaient. Celles-ci étaient assises cotes à cotes en bout de salle, Arsinoé sur un trône à la fois considérablement plus imposant et moins confortable que la chaise ayant été improvisée pour sa parente.

Après une longue attente principalement marquée par un silence lugubre, les nobliaux prenant exemple sur leurs maîtresses aux mines graves, Arsinoé fut soulagée d'enfin entendre des bruits de pas se rapprochant. Passant outre la porte déjà ouverte, une troupe d'hommes s’avançait vers elle dans une cacophonie d'armures grinçantes : Le comte d'Odélian, ses hommes, et les chevaliers de Cantharel les escortant. Ne trouvant aucun signe du baron d'Etherna, elle s’apprêtait à accueillir formellement l'homme agenouillé et s’enquérir sur l'absence de son compagnon lorsqu'il se redressa et prit la parole, frappant au cœur des choses. Jetant un coup d’œil nerveux à sa cousine qui venait d’être menacée, Arsinoé se ressaisit et après un moment d'hésitation, se leva et répondit à l'homme blond au regard dur en face d'elle.

"C'est le cœur enjoué que je vous accueille en mes terres, Grégoire Berdevin. Votre visite est de bon aloi, et l'assistance que vous me proposez l'est encore plus par ces temps troublés. Je ne souhaite pas cependant entacher le bon nom de ma cousine, Clélia d'Olyssea. Toute détresse que mes cousins purent provoquer n'est que le fruit d'une mésentente qu'il nous est grand temps de corriger, et ce malgré l'absence du comte d'Arétria qui en ce moment même guerroie au sud. C'est la haine que celui-ci porte pour l'Ivrey qui le pousse à de telles extrémités, sans quoi je ne doute point qu'un autre accueil m'aurait été réservé. Je ne puis le nier, je fus un temps contrainte à accéder à ses demandes et ne reçu aucun hommage de sa part ; ma faiblesse ne peut être excusée, mais je l'espère atténuée par son fondement : le bien être de mes sujets. Aujourd'hui, avec votre soutien et celui de mes vassaux, et guidée par ces mêmes principes, j'espère réparer ce mal avant qu'il ne soit trop tard. Avant qu'il ne gangrène tout l'Atral et ne le plonge à nouveau dans la guerre. C'est pourquoi, au nom du roy Eliam Fiiram et de l'autorité que mon sang m'accorde, je convoque le sire de la Rochepont. Qu'il mette fin à son agression illégitime envers les défenseurs du roy et nous rejoigne prestement ; que nous puissions repartir sur des bases saines et que la paix soit préservée."

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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Sam 15 Sep 2012 - 9:00

    Assise aux côtés d’Arsinoé, Clélia cachait habilement son ennui face à tant de langueur et de cérémonies protocolaires. Tant de faste et de manières ampoulées pour accueillir des gens qui n’étaient pas de leur famille, pas plus qu’ils n’étaient affiliés à leurs terres … La Louve était plus qu’agacée de ces interventions odéliannes, et d’autant plus déçue lorsqu’on l’avait mise au courant de la participation à ces forfanteries d’Etherna. De Clairssac avait donc la parole légère, de la même façon que ce Vosker. C’était une constatation pleine d’amertume, mais que saurait retenir l’olysséenne au moment voulu.

    Patiente, donc, et bien malgré elle, la jeune femme savait que ces présences et cette gênante entrevue – dont, à n’en pas douter, l’atmosphère serait glacée – était à imputer à sa cousine. Cousine qui avait espéré, peut-être un peu naïvement, que tous ces preux nobles n’étaient là que pour de bonnes et louables intentions. Pour la baronne, il semblait évident que ces sous-fifres d’Ivrey avaient tout autant à gagner à dompter la menace berthildoise ; le bien-être des peuples, peu leur importait, tout cela n’était que prétextes fallacieux.

    Et si les pensées de la jeune femme se faisaient de plus en plus aigries et vipérines, extérieurement, la moue tranquille, ses divagations – alors qu’au loin on annonçait Messer Berdevin – tournèrent à l’inquiétude. Yvain était-il en lieu sûr ? Déraisonnablement protectrice envers le premier héritier qu’elle avait su offrir à son époux, elle avait agi sans se soucier de ce qu’en penserait autrui. Arsinoé l’avait peut-être mal pris, mais tout cela n’avait aucune sorte d’importance face à la précieuse vie de sa descendance.

    Les voix la ramenèrent sur terre, tandis qu’elle considérait le comte d’un œil impassible, d’où ne suintait ni haine ni sympathie.

    « Je suis fort encline à reconnaître mon manque de chaleur à l’égard de ma famille et de mon sang, Messer. Sachez cependant que nous n’avons pas attendu votre divine venue pour recourir à des négociations, et mon époux et ma cousine auront été capables, bien que vous en doutiez, de trouver terrain d’entente. »

    Elle laissa un temps d’attente, où nombre de visages se crispèrent, interloqués.

    « Certes, la fragilité de ces accords réside dans un rapport de confiance qui se trouve troublé, pour bien des raisons. Et force m’est pourtant de reconnaître que ma cousine et moi souhaitons les mêmes buts : unir nos contrées, et redonner prospérité aux terres de Sainte-Berthilde, qui ont cruellement souffert ces dernières années. Nos moyens n’ont peut-être pas été les mêmes pendant un temps, mais sachez, Messer de Berdevin, que mon repentir et ma volonté suffira amplement à ma cousine. »

    Bien des sourcils se froncèrent, bien des murmures s’échangèrent, et l’assemblée de s’agiter. Que faisait donc la Louve ? S’inclinait-elle ? Etait-ce une mascarade, ou une reconnaissance de torts sincère ? Tous étaient dans l’expectative.
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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Sam 15 Sep 2012 - 16:32

Détachant son regard de la marquise, les yeux du noble se décalèrent avec une lenteur légèrement inquiétante pour s’arrêter sur celle qui venait de prendre la parole. Ainsi donc, voila la moitié du couple parjure, la baronne Clélia d’Olysséa, une enfant tout au plus qui n’avait pas l’air de mesurer les conséquences de ses actes; une louve tu parles, un louveteau tout au plus. Et que dire de son discours, une synthèse empestant la flagornerie, le mensonge et le venin; un camouflet au visage de Grégoire aurait été du même effet. Ce que la noble faisait passer pour des excuses à demi-mots n’étaient qu’insultes et bravades et elle parlait déjà comme si la région de Sainte-Berthilde était sous sa coupe. Expirant par le nez pour signifier consciemment ou non son exaspération, il s’adressa dans un premier temps à la baronne :

" Comte d’Odélian, damoiselle, je suis comte d’Odélian. Ne me confondez pas avec la piétaille que vous avez l’habitude de côtoyer, mon sang est plus bleu que celui d’une vulgaire baronne. " Cette phrase prononcé avec mépris et suffisance s’adresser aussi bien à la baronne qu’au reste de l’assemblée. Le comte n’avait rien d’un nobliau et son discours ne serait gorgé de douceur et de révérence. " Je sais que je devrais parler avec égard, vous êtes une noble dame, portant la vie de surcroit mais pour moi vous n’êtes qu’une félonne et si cette maison était la mienne vous porteriez les fers et seriez mener au cachot. Tout votre discours n’est qu’une grossière plaisanterie et les négociations que vous portez si bien en avant ne sont que mascarades. En effet il fut facile de faire accepter vos conditions à votre cousine lorsque l’on se trouve du bon côté de l'épée, je ne suis pas sur cependant dame Clélia que votre cousine aurait accepté si facilement vos modalités si elle avait pu faire jeu égal avec la force armée qui campait sous ses murailles. "

Grégoire était-il hypocrite ? N’avait-il pas eu les mêmes pensées que celles des ces vassaux qu’il qualifiait aujourd’hui de félons, en regardant le marasme qui s’emparait de Serramire ? C’était en effet possible mais aujourd’hui n’était pas le sujet de cette discussion. Reportant son attention sur la marquise, le ton se voulait moins sec :

" Votre excellence, je suis là à votre demande, une demande d’aide d’une dame désespéré par les troubles qui l’accablaient. Le comté d’Odélian et d’Etherna n’ont aucune prétention sur cette région et n’ont nullement l’intention d’ingérer les affaires qui y sont exercés; nous nous plierons donc à votre choix…Cependant j’aimerais m’entretenir avec vous en privée de cette affaire. Remerciez votre conseil et demandez à ce que votre cousine regagne ses appartements, le temps que nous pussions parler convenablement. "

Le comte avait en effet fait une longue route et il aurait aimé pouvoir s'asseoir, se reposer et prendre une collation avant de parler du problème plus posément.

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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Dim 16 Sep 2012 - 14:36

Le moment était tout choisi pour mettre fin à cette audience, l'ambiance pesante et glacée régnant sur la salle ne laissant guère espérer un retour à la discussion courtoise. Sa fonction première avait après tout été rempli : informer le monde de la divergence entre elle et ses parents, qu'ils soient contraints de revoir leur position arrogante. La chose laissait néanmoins un arrière goût amère ; Clélia indiquait une volonté de trouver terrain d'entente, mais qui savait quelle colère cachaient ses yeux bleus, ou comment réagirait le sire de la Rochepont ? Maîtrisant avec soin son expression, elle adressa un regard amiable au comte d'Odélian sans pour autant relever la dernière boutade à l'encontre de sa cousine, avant de faire signe d'approcher à son sénéchal quelques mètres plus loin.

"La cérémonie touche à sa fin mon oncle, je vous laisserai congédier ces seigneurs et trouver à chacun des appartements convenables pour la nuit, le comte dans ceux occupés il y a peu par mon cousin. Je vous demanderai aussi de fermer les portes du castel, ainsi que de mon colombier, jusqu'à ce que le chemin à emprunter m’apparaisse plus clairement."
Murmura t-elle.

Alors que la salle se vidait, Adelin guidant Grégoire Berdevin jusqu'à ses quartiers, elle se tourna vers sa cousine et lui glissa quelques derniers mots.

"Sachez que malgré le différent que mon hôte a brutalement souligné, je ne porte aucune rancœur contre votre personne, ni même celle de votre époux. Jamais je ne laisserai une querelle triviale me priver du bonheur que votre compagnie m'apporte ; j'espère simplement que le comte partagera votre bon sens et amabilité à son retour de guerre."


Cela dit, elle déserta à son tour le hall et retrouva ses appartements à la clé d'une centaine de marches. Se reposant quelques instants, elle en profita pour retirer le lourd sceau en or marqué du cerf de sa famille -du moins sa famille du coté maternel- et d'informer ses domestiques de préparer un souper pour deux. Lorsqu'elle se sentit prête, et qu'on l'ait informé que la chère l'était aussi, elle somma au garde devant sa porte de présenter au comte d'Odélian son invitation à la table de la marquise. Lorsque celui-ci fit son entrée, elle était déjà assise, bien que n'ayant encore touché les mets devant elle. Elle ne dit rien, et le laissa prendre place en face d'elle. Alors qu'il découpait le cygne citronné, une espèce abondante autour du Lac aux hermines à l'ouest, elle sirotait de l'hypocras tout en regardant l'homme rude par dessus sa coupe.

"Maintenant que nous pouvons nous entretenir en toute tranquillité, je vous laisserai commencer par exposer vos intentions et conseils. J'avais cru bon de faire parvenir au comte d'Arétria une missive au contenu fort similaire à ce que vous avez pu entendre il y a une heure, mais rien ne garanti qu'il accède à mes demandes, ne reconnaissant d'autre autorité que la sienne. Je vous sens encore plus pessimiste que moi à cet égard, je vous demande donc de m'aider à mieux voir dans ce marasme qui se dresse devant moi."

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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Lun 17 Sep 2012 - 22:13

    Alors que le repas allait s’entamer sous d’intimes auspices, on toqua aux grandes portes. Le garde ouvrit cette dernière, et laissa entrer une des nombreuses caméristes d’Arsinoé, une jeune femme au carré brun bouclé et aux hautes pommettes. Celle-ci semblait plus que perturbée, et son regard agité trouva un réconfort presque instantané dans la présence de la jeune femme – bien que la haute stature du comte d’Odélian, homme de nature froide et austère, l’impressionnait fortement -.

    « Son Excellence, Sa Grandeur » signa la dame de compagnie d’une courbette intimidée « Son Honneur Clélia d’Olyssea aimerait vous faire savoir qu’elle est quelque peu ... souffrante, des douleurs la lancent, à cause de, vous savez, sa grossesse, et alors ... »

    Visiblement, la jeune fille était aussi angoissée que si c’était elle qui était sur le point d’accoucher ou de perdre les eaux. Réussissant cependant à se calmer sous les mots de celle qu’elle servait depuis plusieurs années, la camériste souffla et reprit.

    « Son Honneur souffre et aimerait être à vos côtés, mais elle sait pertinemment que vous n’avez peut-être pas le temps pour elle, aussi aimerait-elle savoir si elle peut se joindre à vous pour le souper. »

    La demoiselle de main ne savait pas vraiment si cette requête était de bon aloi ; les querelles de l’après-midi avec le comte Grégoire et la baronne Clélia présageaient une ambiance quelque peu glacée pour le dîner. Pour autant, la marquise accepta, de bon grâce sûrement, et aussi et surtout parce qu’elle savait qu’une femme enceinte, de surcroît sa cousine, n’était guère à négliger en ce genre de situations.

    Aussi, en dépit des réactions que pourrait avoir le seul homme de la soirée, la camériste reparut quelques minutes plus tard à peine : ouvrant la porte à l’aide du garde, la baronne fit son entrée, c’est le moins qu’on puisse dire, de manière remarquée. Son visage, s’il parut autrement ravi – quoique teinté des spasmes de la douleur - de constater la présence de sa cousine, ne manqua pas de marquer sa surprise d’un haussement de sourcils à la présence de Grégoire - un peu comme si elle avait dit "Oh, vous êtes encore , vous ?", mais un peu plus courtoisement -. A croire que ces deux-là ne savaient pas se quitter d’une semelle !

    « Ma chère cousine, croyez bien que ma visite se serait faite en des circonstances bien moins gênantes mais ... » Et de frôler son ventre habillé d’une main toute explicite. « Il semble être aussi agité que toute la maisonnée ! »

    Alors qu’on lui apprêtait tout naturellement un fauteuil de choix et une place tout aussi convenable à la tablée aux fumets délicieux, la jeune olysséenne d’accorder un regard au comte, cette fois-ci un brin plus neutre que les coups d’oeils ô combien énamourés décochés précédemment.

    « J’espère que vous ne m’en voudrez pas de ce petit imprévu ; il faut dire que les enfants ne préviennent jamais. » Petit rire de gorge. « On m’a dit que le baron d’Etherna, ce cher Jérôme de Clairssac, se trouvait aux portes de la ville ! J’espère que votre homme se porte bien, aussi bien qu’à notre dernière rencontre lors de ce tournoi ... Ah, il était gai comme ... comme un pinson, tiens. »

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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mer 19 Sep 2012 - 1:12

Le comte eu l’air dégoutté d’apprendre qu’on lui offrirait la même chambre que celle qui fut anciennement celle d’un traite, ne sachant comment il devait se comporter devant cette proposition. Mais le plus urgent était de faire savoir à ses hommes qu’ils étaient inutiles de démolir les murs pour l’instant.

" Votre invitation est d’une grande générosité votre excellence, cependant je ne puis l’accepter, du moins non sans avoir au préalable fait savoir à mes hommes dans quelle situation nous nous trouvons. Ainsi afin d’éviter qu’une méprise ou qu’un long silence ne déclenche un incident fâcheux à l’encontre de votre citée, j’aimerai que l’un de vos messagers puissent transmettre un message au baron, que j’écrirais dans les minutes à venir. "

Après un signe de tête approbateur de la marquise, Grégoire effectua un salut assez sec devant les deux femmes et disparu guidé par le dénommé Adelin qui le mena à travers les couloirs du château jusqu’à ses appartements. Il semblait que c’était la chambre aux dignitaires, tout en restant du moins assez classique, on pouvait notamment y trouver un bureau et un nécessaire pour écrire. Le comte avant de refermer la porte demanda à ce que l’on appelle le grouillot et que ce dernier se tienne prêt à apporter le message dès que le noble le lui remettrait. Fermant la porte, Grégoire se défit de son baudrier et posa Accalon près du bureau alors qu’il attrapait une feuille et une plume, l’a plongeant dans l’encre pour commencer à gratter. La lettre était succincte, décrivant sa bonne santé ainsi que celle de son hôte la marquise qu’il avait enfin vu pu voir en personne. Le noble confirmait aussi la présence de la baronne d’Olysséa et de quelques unes de ses troupes dans l’enceinte de la citée, mais à ce qu’il avait pu voir, leurs nombres étaient dérisoires. Il indiqua que la baronne l’avait cependant invité à rester pour souper et dormir afin de pouvoir discuter du conflit et qu’il avait accepté du moins pour l’instant. Ceci impliquait qu’il ne pensait pas s’attarder au château et qu’il enverrait une prochaine lettre dans l’après-midi du lendemain afin de tenir le baron au courant de l’avancé des " négociations " et que si aucune lettre signée de son sceau et de sa main ne venait à lui être remise, c’est qu’un mal lui serait arrivé.

Signant la lettre et y imposant son sceau, le comte qui avait entendu les bruits de pas du supposé messager lui demanda d’entrer lorsque celui-ci frappa à la porte. Le fixant un instant pour savoir à quel genre d’homme il avait à faire, Grégoire sentit le garçon de bonne foi-de toute manière avait-il le choix ?-et lui tendit la missive en lui demandant de la remettre en main propre au baron d’Etherna. Puis de nouveau seul, le comte s’affala sur le lit, une main sous la tête, une autre sur la manche de son poignard-on est jamais trop prudent- il se laissa aller à quelques rêveries le temps de se reposer du long trajet qu’il avait parcouru aujourd’hui. L’heure du souper peu éloigné de son arrivée, il n’eut pas trop à attendre et après avoir fait un brin de toilette et essayer de décrotter ses vêtements, il suivit le domestique qui était venu le chercher jusqu’à la salle à manger. Saluant son excellence de son invitation et prenant place à la table, l’homme s’apprêtait à gouter au met qui avait l’air ma foi succulent avant d’entamer la conversation lorsqu’une camériste fit irruption pour parler de l’état de santé de la baronne. Décidément cette emmerdeuse avait décidé de lui pourrir la vie, reposant sa fourchette et le morceau de volaille fumant qui y était embroché, le comte dit froidement à l’assemblé :

" Si son honneur ne se sent pas disposé, cette dernière ferait-elle mieux de s’allonger dans sa chambre, les efforts ne lui sont sans doute pas conseillés et l’odeur de la nourrir pourrait lui provoquer des maux de cœur. "

Aussi prévenant et avisé qu’avait été cette tirade qui sous-entendait aussi que le baronne n’était pas désiré, la marquise cru bon cependant de s’alourdir de ce fardeau qui n’était nullement le bienvenu dans la conversation qu’ils allaient démarrer. Sentant bien l’ascendance et le mal aise que pouvait provoquer cette cousine face une marquise fraichement arrivée et qui ne souhaitait surement pas cracher sur ses parents du moins de manière aussi ouverte, Grégoire dit d’un ton las :

" Je pense qu’il serait plus sage que nous reportions cette discussion et mes conseils à l’après diner, sauf si cette fois encore votre parente se fait une obligation de nous suivre partout. Je sais que je peux ne paraitre qu’assez piètre diplomate mais si en effet son honneur s’évertue à nous suivre telle votre ombre je ne pourrais que vous donnez que mes conseils avec franchise sans en voir la portée qui sera entravée par les chaines du sang qu’il est normal que vous estimiez. "

Sur ces mots les portes s’ouvrirent afin de faire passer le ventre rond de la louve d’Olysséa qui contrairement aux dires de la camériste, paraissait radieuse. Expliquant le motif de sa visite, le comte ne lui lança qu’un regard froid avant d’enfourner la bouchée qu’il n’avait pas pu honorer tout à l’heure. Finissant d’avaler la viande savoureuse du volatile et se rinçant le gosier, sirotant l’hypocras qu’on lui avait servit, il écouta la péronnelle discourir sur son intrusion et sur son vassal avant de répondre :

" En effet, son honneur est bien informé, le baron d’Etherna se trouve au campement. J’ai aussi entendu dire que le seigneur de Clairssac avait malmené votre mari lors de la joute. Mais pour répondre à votre question, le baron se porte bien, c’est un solide gaillard, un homme droit et apte mais ce que j’aime surtout chez cet homme, c’est sa loyauté. Une notion que j’affectionne particulièrement dans un monde ou même se propres parents peuvent se retourner contre vous. "

Le comte finit sa phrase en adressant un toast à la baronne, arborant un sourire narquois avant de boire une gorgée. Puis s’adressant à la marquise :

" Votre excellence, cette viande est délicieuse assurément, mes compliments. Mais j’avoue avoir un faible pour la viande de gibiers, avez-vous gouté du loup ou de l’ours ? Ces mets sont rares et durs à préparer mais l'on s'en délecte une fois dans l'assiette. "
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Jeu 20 Sep 2012 - 18:41

« Faites attention à la portée de vos allusions votre grandeur. Si mes armoiries arborent en effet un cerf, le loup d'Olyssea occupe en mon cœur une place tout aussi importante. Épargnez donc à ma cousine votre ire, elle qui doit déjà souffrir les bravades de son enfant ne devrait être tenue responsable des agissements de son époux. » Répondit Arsinoé, non sans quelque froideur.

Faisant signe d'approcher à un jeune page qui venait de remplir à nouveau la coupe du Comte, elle lui somma sèchement de faire servir la nouvelle arrivée, puis à l'attention de celle-ci expliqua avec indulgence : « Je ne saurai priver de cette bonne chère une femme portant la vie, bien qu'il ne s'agisse bien tristement non pas d'ours ou de loup. C'est de bonne grâce que je vous offre ma part, que je ne me sentais autrement pas de taille à attaquer. »

Elle s’empara alors d'une grappe de raisins qui ferait guise de souper, profitant du silence relatif que ces paroles avaient instauré. Elle espérait simplement Grégoire Berdevin assez subtil pour ne pas s'attarder longuement sur sa dernière boutade, ses armées et même ses intentions qu'elle jugeait amicales ne pouvant excuser les manières rustaudes que sa parente se plaisait à attiser. Comme l'affirmait Grégoire, la raison aurait dicté que Clélia demeure cloîtrée dans ses appartements si souffrante elle était -chose dont Arsinoé doutait fortement. Mais sa cousine n'était point sotte, et si elle avait eu vent de la visite nocturne du comte, s'y introduire était la chose la plus naturelle qui soit. Arsinoé s'était donc décidée à ne pas la décevoir, les cachotteries ne pouvant après tout que retarder la confrontation qui s’avérait inévitable. Attendant que chacun fut repus, elle prit finalement la parole avec une certaine appréhension.

« J'avais un temps désiré vous éviter ces discussions traitant du sort de votre conjoint, votre union pouvant à n'en point douter être un bien lourd fardeau. Ce qui vous conduisit à lever les armes contre ma personne, l’aînée de notre famille, pourrait à nouveau nous mener à une impasse ; toutefois je prendrai à cœur votre déclaration d'une volonté de repentir. Sa grandeur le comte d'Odelian fut peut être quelque peu abrupte dans sa condamnation, mais cette sorte de courage est précisément ce qu'il faut pour nous extraire de la méprisable situation dans laquelle le sire d'Arétria nous a plongé. Vous qui le connaissez mieux que quiconque : le pensez vous capable d’entendre la raison une fois mit au courant de l'arrivée du bon comte ici présent, ou encore de mes propos à son encontre lors de l'audience ? Résistera t-il à la tentation de prendre par la force ce qui ne peut et ne doit être sien ? Je me surprend parfois à regretter feu Raphaël de Voriel, qui jamais n'aurait été aussi prompt à mettre de coté toutes les lois des dieux et des hommes. Ne vous méprenez pas, je ne le déclare pas félon, bien qu'il le soit déjà aux yeux du roi. Je désire simplement qu'il récuse toute volonté de s'accaparer les terres et privilèges qui comme vous le savez me reviennent de droit. C'est afin de nous concerter sur quel chemin nous mènerait à cette issue, qui nous est à tous souhaitable, que j'avais voulu m'entretenir privément avec Grégoire Berdevin. Vos conseils seraient bien entendu tout aussi précieux, si vous parvenez à passer outre l'amour que vous lui portez tout naturellement. »

S'adressant finalement au sire d'Odélian, elle ajouta d'un ton on ne peut plus sérieux :

« J'avais escompté aller à l'encontre de l'ost d'Arétria lors de son retour de l'Eraçon, accompagnée de mes vassaux et leurs gens, ainsi que de vous même si vous voulez comme je le crois surveiller cette affaire jusqu'à sa conclusion. Ne possédant néanmoins aucune expérience dans le domaine militaire, je me dois de soumettre cette notion à votre jugement. »


Dernière édition par Arsinoé d'Olyssea le Ven 21 Sep 2012 - 14:34, édité 1 fois
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Ven 21 Sep 2012 - 12:26

Le soleil continuait sa route vers l'ouest, le campement avançait à bonne allure, les latrines étaient terminées et la tranchée suivait le même chemin. Le bois ramené jusqu'ici était à la découpe pour faire de bon rondins et quelques uns commençaient à être levés et enfoncés profondément dans le sol tout autour. Les jeunes recrues se plaignaient qu'ils n'avaient pas signé pour travailler mais pour se battre, les vétérans eux ne disaient rien et rembarraient les petits nouveaux, ils savaient, eux, que tout cela était pour leur protection et que ça leur sauverait peut être la vie.

Les tentes commencèrent à faire leur apparition, celle du Comte en premier était dressée en plein milieu, elle était grande et ne pouvait pas être manqué. Celle du Baron fut montée juste à côté, ensuite venaient celles des nobles qui faisaient comme un cercle autour de la tente de Grégoire. Les soldats montraient les leur une fois qu'ils auraient terminé leurs corvées et ils finiraient ainsi de conclure le dressage du campement.

Jérôme était sans cesse harcelé par les nobles qui voulaient se faire bien voir ainsi que par les informations qui remontaient des officiers pour connaitre l'avancement des choses. Pour sa part, après avoir donné ses ordres, le Baron était resté une grande partie du temps statique, le regard vers les murs de la cité qui s'étendait devant lui, il se demandait comment cela se passait à l'intérieur et qu'est ce qui allait ressortir de toute cette histoire. Lui même apprécié Anseric, tout du moins après le peu de temps qu'il avait passé avec le jour et de la joute et il espérait qu'une sortie pacifique serait possible. Il se souvenait de sa promesse en cas de conflit et de ne pas lever son épée personnellement sur le Comte ou son épouse. Grégoire n'était pas connu comme le plus grand diplomate mais il avait la poigne suffisante pour se faire entendre, Jérôme priait Néera que tout se passe pour le mieux. Il reçu aussi des nouvelles de certains éclaireurs qu'il avait envoyé avant son départ, ce qu'il entendit le frustrait au regard du peu d'informations qu'il recevait mais certaines étaient intéressantes.

Un message du Comte arriva au campement, Jérôme l'ouvrit et parcourut les lignes qui y étaient couchées. Grégoire allait bien, c'était une bonne chose, il n'y avait pas eu trahison, du moins pas encore, il allait manger et dormir au château, raison de son absence. Le comte ajouta quelques détails intéressant au niveau stratégique, à savoir que la Baronne, épouse d'Anseric était bien présente mais qu'il y avait peu de troupes à l'intérieur pour la protéger. Il ajouta qu'il enverrait une autre lettre le lendemain dans le courant de l'après midi et qu'en l'absence de celle-ci, c'est qu'il lui était arrivé un malheur. Jérôme rangea la lettre et il passa la consigne aux autres nobles sur la situation actuelle. tout le monde semblait sur le qui vive mais un souffle de soulagement aurait pu être palpable d'avoir des nouvelles du Comte
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mer 26 Sep 2012 - 19:34

    Se contentant de laisser Arsinoé répondre avec justesse aux mesquineries déguisées et cousues de fil blanc du comte d'Odélian, Clélia haussa les épaules d'un geste emprunt de lassitude. Les remarques d'un homme un peu trop sûr de lui dans un territoire qui n'était pas le sien, et qui se mêlait à des histoires de famille qui n'était pas la sienne ne la faisaient qu'amèrement rire. Elle doutait fort que Grégoire de Berdevin eut apprécié que quelques énnéades plus tôt un geste similaire de sa part, mais préféra taire ces pensées. C'était à la marquise de savoir apaiser ses convives les plus échaudés.

    Poliment, la Louve esquissa un petit signe du menton en guise de remerciement à l'attention de son aînée.

    « Ah, mais je vous en remercie, ma chère. Vous êtes, après tout, bien plus à même que quiconque de comprendre ce qu'enfanter signifie. Notre descendance ... Voilà là notre bien le plus précieux, n'est-ce pas ? »

    La jeune femme d'adresser un regard autrement plus doux, tandis qu'elle songeait par ses propos à Adrien, mettant totalement de côté l'hypothèse que le comte eut pu connaître les joies de la paternité.

    Puis la conversation reprit un virage plus réaliste, et la baronne se contenta d'écouter parler sa voisine de table, dépiautant distraitement l'aile de la volaille sans véritablement y toucher, ses mains provoquant plus de cliquètements qu'elles ne servaient à la sustenter. De temps à autre, une camériste s'approchait pour s'enquérir de l'état baronnial, ce à quoi Clélia se contentait de murmurer vaguement qu'elle souffrait un peu moins, même si l'enfant s'agitait parfois comme un beau diable.

    Arsinoé décida en effet qu'il était temps de parler ouvertement, franchement, et rompit la volonté odélianne avec le tact qui l'avait toujours caractérisée. L'ambiance n'était ni détendue, ni tout à fait sereine, ce qui ne pouvait qu'être compréhensible. Coincée en tenaille entre sa famille et ses défenseurs, la jeune femme avait sûrement quelques peines à utiliser les mots justes.

    Ce fut après un court silence que Clélia d'Olyssea prit la parole, posant un regard calme et résolu sur le visage de sa parente.

    « Il est vrai qu'ici les sentiments n'ont guère leur place, je vous l'accorde. Les liens qui m'unissent au comte d'Arétria sont forts, et publiquement indéniables. Néanmoins, j'ai été autrefois seule maîtresse de mon destin et de mes terres, et mon discernement en tant que personne seule, s'il s'est enfoui pour le bien de mon mariage, n'en est pas mort pour autant. »

    Après avoir bu une longue gorgée d'eau, la blonde enfant reposa sa coupe.

    « L'homme que j'ai épousé est aussi celui auquel j'ai décidé de vouer une confiance totale et aveugle ; aux dépends de ce que le futur me réserverait. Néera soit louée, notre mariage semble fécond et prometteur. Il est le père de ma progéniture, ses décisions ont toujours été aussi les miennes, et il est par ailleurs le baron d'Olyssea. Mais un titre pareil n'a de réelle valeur que lorsqu'il s'accompagne du sang qui lui est affilié ; ce n'est pas à vous que je l'apprendrais, Arsinoé. »

    Un étrange sourire teinté d'un brin de mélancolie ou de sagesse entre-parut sur les lèvres de la Louve, qui poursuivit, sans vraiment laisser le temps à qui que ce soit d'interrompre sa tirade.

    « Je suis une bien faible femme, très chère cousine, et d'autant plus que lorsqu'il s'agit de la prunelle des mes yeux. Je ne saurais souffrir qu'Yvain, ou qu'aucun autre de mes futurs enfants, soit à un seul instant l'objet des représailles et des guerres, pas plus que je ne tiens à ce que les terres d'Olyssea et son peuple subissent le courroux mortel et que le sang de milliers d'hommes s'écoule injustement une fois de plus. Cette situation me serait intolérable. »

    Elle se tourna alors entièrement vers celle qui jusqu'alors, avait été tiraillée et malmenée par Olyssea et Arétria dès son accession à la régence berthildoise, et lui saisit les mains avec une douceur tendre. L'honnêteté et la solennité du moment n'étaient aucunement factices, même si les mots de la baronne, à présents soufflés presque à mi-voix, semblaient avoir tenu en haleine les protagonistes de l'étrange scène.

    « Ce que je vous adresse là ne s'adresse qu'à vous, et uniquement à vous mais que sa Grandeur en soit témoin. Si vous décidez dès ce soir que mon mari, Anseric de la Rochepont, doit être défait, je l'accepterai. Je l'accepterai sans haine, ni violence, et ferai alors quitter l'entièreté de mes hommes de votre ville. Mais jurez-moi. Jurez-moi, je vous en prie, qu'aucun mal ne sera fait, pas plus à mes enfants qu'à mes terres. »
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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Sam 29 Sep 2012 - 11:19

Les quelques mots d’esprit du comte ne furent pas reçu avec les honneurs auquel on aurait pu s’attendre, pire la marquise venait jouer les arbitres réprobateurs. Cette réaction de la part de ses convives le déçut quelques peu mais ne l’étonna à vrai dire guère plus que ça, car après tout il ne fallait pas trop en demander à une femme. Ces dernières ne comprenaient qu’assez peu les jeux et mots de l’esprit et à ses tares s’ajoutait aussi la politique et la guerre, le marasme dans lequel se trouvait la marquise donnait raison aux théories de Grégoire. Laissant couler la remarque de la marquise, le comte ne fit que renvoyer un visage sombre plein de mépris pour cette dame qui hier encore envoyait dans toute la péninsule des demandes d’aide et qui aujourd’hui se montrait douce avec ses assaillants et froide avec ses défenseurs. Le comte pensa un instant qu’il s’était trompé, trompé de cause, trompé de combat; pensant sauver une dame en détresse, il ne trouvait qu’une jeune fille trop gâtée par les années qu’elle avait passé dans l’Estrevent.

Le silence qui s’était installé fut rompu par deux discours, le premier fut prononcé par Arsinoé et le second par sa cousine et une fois encore, le comte ne put que donner raison à sa pensée, la guerre était une affaire d’homme. Si la situation n’avait pas été aussi grave, le noble aurait pu en rire et faire mander un trouvère pour que ce dernier écrive une scénette sur ce qu’il avait devant les yeux; Grégoire pensait déjà à un titre pour cette histoire : la sotte et la colombe. Alors que celle qui se prétendait marquise ne faisait qu’énoncer un galimatias de mots doux et de conciliation, la baronne d’Olysséa dans une image saisissante, effectua un discours poignant de repentie. Oui mes amis, un discours émouvant au possible avec sa jolie frimousse sincère, sa chevelure d’or et son ventre rond, elle aurait fait fondre les cimes les plus hautes de nanie et peut-être même fait chialer un drow. Cependant ce mièvre discours n’avait fait que rebondir sur Grégoire qui ne voyait là encore qu’une pauvre ruse, d’une femme maligne qui voyait la situation lui échapper. Qu’est-ce qu’une noble dame enceinte jusqu’aux yeux venait faire ici ? N’avait-elle pas guidé une partie de son ost devant les murs de cette citadelle ? Aurait-elle tenu pareil discours si la situation ne tournait pas à son désavantage ?

Ainsi la louve qui pleurait des larmes de crocodile concluait son plaidoyer ridicule par son retrait pur et simple de ses troupes pour rentrer dans sa belle région et à vrai dire, son discours entrait en bonne résonance avec celui de sa cousine. Une dame tout à fait conciliante qui ne cherchait nulle vengeance, nulle justice ou exemple, souhaitant simplement que le comte qui l’avait soumis par la force abandonne ses prétentions. Ahhh qu’il était bon d’être un frondeur dans la belle région de Sainte-Berthilde où la clémence attendait ceux qui avaient tenté de vous déposséder. Las de cette guerre à la façon du beau sexe, Grégoire était fatigué de ce conflit, semblant avoir duré des mois alors que celui-ci n’avait débuté seulement quelques semaines auparavant. Repoussant son assiette et écartant sa chaise, le noble se leva comme révolu dans sa décision :

" Bien…son excellence, je dois vous informer que je compte quitter votre table ainsi que votre citée, en effet ma garde et moi-même quitteront votre maison dans les plus brefs délais afin de rejoindre notre campement. Je suis au regret de vous dire que je ne peux vous aider si vous n’êtes pas prêt à vous aider vous-même et embrasser ce destin de marquise qui vous a fait revenir dans le royaume des hommes. Je consens très bien à la vue de votre position qu’il faut savoir jouer avec la conciliation ne serait-ce que pour vos futurs relations avec vos principaux vassaux mais cependant la faiblesse dont vous faites preuve aujourd’hui face à cette épreuve ne pourra que vous porter préjudice dans votre règne futur. Si vos intentions ne sont que de pardonner à ceux qui hier encore campaient sous vos murs à la tête d’une armée, quel message adressez-vous au reste de la péninsule ? Qu’est-ce qui empêchera ces mêmes vassaux de revenir, voyant le peu de risques qu’ils prennent à venir vous chercher querelles ? Je ne vous encourage pas à la mort ni au sang, mais vous conseille de vous montrez ferme quant aux mesures qui doivent être entreprise vis-à-vis de ceux qui ont bafoué vos droits. Il est temps de trancher votre avis, de cesser d’agir comme une jeune noble mais comme la marquise que vous êtes censé être. "

Grégoire n’avait pas élevé la voix, ni fait preuve dans son attitude de mépris ou de violence; non comme depuis qu’il était arrivé ici, il s’était montré franc et plein d’aplomb essayant de prodiguer désespérément ses conseils à une jeune femme perdue. Passant sur le fait que depuis son entrée, la marquise traitait le comte comme l’un de ses vassaux à qui elle indiquait quand parler et se taire entre autres choses, le Grégoire reprit :

" Mon campement restera jusqu’en dans les heures matinales de demain puis quittera votre terre, vous laissant concilier à loisir avec son honneur et son mari, j’ai espoir cependant qu’avant de lever le camp, son excellence aura pris la mesure de la situation dans laquelle elle se trouve et me fasse parvenir une missive dans laquelle celle-ci montera la détermination de ses positions. Je vous l’ai dit tout à l’heure, je ne suis pas votre ennemi et Odélian n’est pas là pour ingérer dans cette affaire mais je ne gaspillerais pas du temps, des hommes et des ressources pour être relayer au rang d’observateur, de valet qui n’est là que dans le seul but de vous servir selon votre bon plaisir. Mon ton peut paraitre dur, mais ne voyez aucune offense, aucune insulte dans mes propos, simplement la constatation du contexte que j’ai sous les yeux. Que les cinq veillent sur vous, Son excellence, son honneur. "

Après une sèche inclinaison du buste, l’homme se dirigea vers la sortie pour aller récupérer ses hommes et rejoindre son campement; défendre l’honneur d’une femme était l’un des devoirs d’un chevalier, mais cet honneur avait ses limites.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Dim 30 Sep 2012 - 11:54

Toute la dureté dont s'était armée la marquise depuis l'arrivée de l'ost nordique s’évapora au contact des paroles empreintes de tendresse et de dignité de sa jeune cousine. Émue, elle ne put réprimer un sourire ainsi qu'un soupir de soulagement : elle ne saurait dire jusqu’où elle serait allée, peut-être valait-il mieux ne plus y penser. Sans hésitation, elle répondit alors à la demande de Clélia d'une voix chaleureuse et légèrement rauque: « Je le jure, que les Cinq en soient témoins », laissant le moment s'étendre encore un peu avant de doucement retirer ses mains de leur douce étreinte, trop consciente de la présence de Grégoire Berdevin.

Les doutes l'assaillirent presque aussitôt, telle était sa nature. Non pas qu'Arsinoé remettait en cause la sincérité de sa parente ; mais maintenant que celle-ci avait par sa déclaration balayé ses dernières incertitudes à l'égard de sa ligne de conduite, elle se retrouvait confrontée aux difficultés pratiques que posaient la chose. Comment s'assurer qu'Anseric ne pourrait la châtier pour ce qu'il percevrait assurément comme une perfidie, ou qu'il ne puisse se venger de la probité dont faisait preuve sa femme ? Même si elle parvenait à le contraindre à renier tous droits sur Sainte Berthilde, ce dont elle doutait fort, le comte l'avait plus frappé par son ambition et son aigreur que par sa droiture ; comment s’accommoder d'un tel homme ? C'est en se remémorant sa brève mais mouvementée rencontre avec le sire d'Arétria que son admiration pour le courage de Clélia fut à nouveau décuplée. Sa cousine méritait décidément plus qu'une promesse laconique.

« Sachez que quoi qu'il advienne entre ma personne et Anseric de la Rochepont, votre fils Yvain demeurera l'héritier légitime du comté, et votre place de baronne ne sera nullement remise en question. Votre époux est un homme de qualité, et jamais je n'oublierai l'amitié et fidélité dont vous faites preuve en acceptant qu'il soit réprimandé pour ses actes peu réfléchis. Je... »

La suite sa phrase fut perdue dans le grincement de la chaise du comte, qui la mine sombre s'était soudainement relevé avant de se lancer dans une tirade d'une violence à peine mitigée par son ton faussement calme. La surprise qu'avait provoqué en elle l’interruption fut rapidement remplacée par un mélange d'indignation et d'embarras, ses joues s'empourprant au fur et à mesure que Grégoire Berdevin dressait un tableau de son incompétence et sa faiblesse perçue. Elle aurait certainement répondu comme il se devait à cette démonstration d'effronterie si son estomac ne s'était noué : la désertion du comte d'Odélian portait un coup terrible à ses perspectives, et elle serait bien sotte de laisser sa colère prendre le dessus lorsqu'il laissait entendre que quelques mots bien choisis pourraient encore retourner la situation. C'est donc l’œil torve mais sans dire mot que la marquise observa son départ, se disant que même pareil outrage était préférable aux hypocrisies doucereuses d'Anseric.

Deux domestiques firent leur entrée quelques instants après que la porte de chêne se soit refermée, ayant cru bon d'attendre le départ du comte mais pas plus longtemps pour apporter quelques entremets et débarrasser ce qu'il restait de l'oiseau. La camériste de la baronne leur jeta un regard envieux alors qu'ils s'éclipsaient par une issue dérobée, ne goûtant visiblement pas à la compagnie de la marquise qui de temps à autre lui jetait un regard distrait. Celle-ci n'avait guère d'appétit mais se servit néanmoins : préférant un beignet de pommes au taillis aux épices, et le silence à une reprises aux discussions interrompues. Le comte avait-il eu raison de récuser la confiance et l'indulgence qu'elle témoignait envers la baronne, dont il doutait clairement de la sincérité ? Retournant la question dans tous les sens, Arsinoé ne parvenait toujours pas à imaginer sa jeune cousine, certes espiègle et impulsive, comme étant capable d'une telle tromperie. Elle devait s'avouer déçue qu'il lui ait fallu si longtemps pour se détourner du chemin tracé par son époux, mais elle ne connaissait après tout rien des liens tissés par le mariage. Si le sire d'Odélian ne pouvait voir qu'il était dans l’intérêt de chacune d'oublier ces affronts réciproques - Arsinoé ne pouvait après tout se targuer d'avoir toujours été d'une grande franchise à l'égard de sa parente -, elle le jugeait bien aveugle. S'essuyant la main droite sur un bord de nappe, ses serviteurs ayant encore une fois omis d'apporter un bassin d'eau chaude parfumée sur lequel elle avait pourtant longuement insisté, Arsinoé brisa enfin le long calme.

« Messer Berdevin semble avoir mal digéré la nouvelle de votre départ, peut-être avait-il escompté se servir de vous comme gage à la bonne tenue de votre conjoint. Je confesse que l'idée de sauver des centaines de vies par une simple menace peut avoir un certain attrait, mais ce serait faire fi de l'affection profonde que je vous porte ainsi que des efforts que vous avez déjà consentis de bonne grâce. Olyssea pourra ainsi se tenir en marge du conflit qui je le crains s'avère inévitable : Anseric de la Rochepont n'acceptera jamais qu'une marquise ne lui répondant pas règne sur ces terres. Ma position trop longtemps restée ambiguë achèvera de le tourner contre moi, j'espère simplement que les circonstances adouciront votre jugement. »

Son ton las trahissait une fatigue autant émotionnelle que physique, les espoirs et doutes qui habituellement hantaient ses pensées étant remplacés par un oppressant désir d'en finir. Le repas aussi touchait à sa fin et avec lui son temps avec Clélia, sa cousine qui comme tant d'autres elle s'était efforcée d'oublier lors de son exil Thaari, et qui maintenant faisait office de sa plus proche relation sur cette péninsule outre son fils; un sentiment qui n'était sans doute pas entièrement réciproqué, songea t-elle tristement.

« Si les Cinq le veulent, nous nous retrouverons bientôt sous des circonstances plus aimables. Il me tarde de revoir les jardins d'Olyssea, ou encore votre ancienne demeure non loin de Sharas. Peut-être Adrien pourrait-il y servir de page ? L'enfant est d’âge, et Adelin n'a de cesse de me répéter qu'il est trop tendre pour cette terre; je me rends maintenant compte à quel point il avait raison. Soupirant, elle reprit d'un ton plus sérieux après avoir vidé sa coupe d'hypocras. Le répit qui nous fut offert par l'aventure Eraçonne du comte touche à sa fin: j'ai il y a peu reçu dire que votre époux s'était en ce début d’ennéade retrouvé confronté au baron Aemon d'Ancenis, l'issue du conflit sera aujourd'hui décidée depuis longue date et le sire d'Arétria sur le chemin du retour. Si vous ne désirez pas vous retrouver en position délicate, il vous faudra prestement regagner votre fief ». Puis ajouta d'un ton attentionné: « Si votre condition vous le permet bien entendu. »

Une fois cela-dit, il ne fallut guère plus longtemps pour que les deux femmes se séparent et regagnent leurs quartiers, la dernière bougie qui illuminait la salle s'éteignant peu après. L'heure était tardive, mais Arsinoé ne pouvait encore gagner l'étendue duveteuse de sa couche, devant d'abord s'atteler à la rédaction d'une lettre des plus cruciales.

************


Barkios; Printemps; septième jour de la troisième ennéade; An 6

Alors que l'aube perçait, un jeune messager portant un billet s'approcha de la tente du comte d'Odélian, informant quiconque l’arrêtait qu'il était chargé de remettre dans les mains du comte le vélin de sa maîtresse.



Citation :
À l'intention de sa grandeur le comte d'Odélian, Grégoire Berdevin,

L’accueil qui je vous ai réservé ne fut aucunement à la hauteur de l'engagement demandé, je le confesse et suis seule responsable. J'avais escompté que nous pourrions nous entretenir privément et dans le plus grand calme nous accorder sur une ligne de conduite prudente mais ferme, une intention compromise par ma veulerie à l'égard de la santé de ma parente. Cela ne trahit cependant pas comme vous l'avez laissé entendre une divergence profonde entre nos positions, et il serait bien malheureux de laisser ma discourtoisie distraite entraver la poursuite de nos intérêts qui se rejoignent pleinement dans notre désir de mettre une fin aux ambitions destructrices du comte d'Arétria. Des sacrifices devront être consentis pour ce faire - la justice ne saurait être parfaite - et si Clélia d'Olyssea doit être pardonnée, je vous avouerais m'en accommoder aisément. Cette clémence ne s'étendra pas à son conjoint, un parvenu qui nous le savons tous est à l'origine du mal qui poussa ma cousine à lever les armes contre ma personne. Puisque vous doutez, à tort, de ma fermeté en cette affaire, je vous ferai le serment suivant : Je n'accepterai rien de moins de la part du félon qu'il ne soit déchu de tous ses titres à l'exception de celui de sire de la Rochepont, en faveur de son fils et son épouse, ainsi qu'à une dissolution des liens maritaux qui l'unissent à la baronne.
Je quitterai Cantharel ce jour même afin de voir justice faite, avec à mes côtés un ost conséquent dirigé par mon Sénéchal. J'espère que satisfais par mes assurances, vous m'apporterez votre soutien qui sera dûment récompensé,

Arsinoé d'Olyssea, marquise de Sainte Berthilde.

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Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]
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